Le Courrier des pays de l'Est 2003/6-7
Le Courrier des pays de l'Est
2003/6-7 (n° 1036-1037)
256 pages
Editeur
A propos de cette revue Site Web
Alertes e-mail

Recevez des alertes automatiques relatives à cet article.

S'inscrire Alertes e-mail - Le Courrier des pays de l'Est

Être averti par courriel à chaque nouvelle parution :
d'un numéro de cette revue
d'une publication de Géraldine Bertrand
d'une citation de cet article

Votre adresse e-mail

Gérer vos alertes sur Cairn.info

Cairn.info respecte votre vie privée

Vous consultezLituanie 2002-2003

Relever le défi social

AuteurGéraldine Bertrand du même auteur

Groupe de sociologie politique européenne (GSPE), Université de Münster, Allemagne. Manuscrit clos en juillet 2003.

L’année 2002 a été couronnée de succès : en novembre, à Prague, la Lituanie a été invitée à intégrer l’Otan et, en décembre, à Copenhague, l’Union européenne (UE). A ces décisions qualifiées d’historiques sont venus s’ajouter, au printemps 2003, le référendum d’adhésion, véritable plébiscite, et le règlement de litiges avec la Russie sur l’enclave de Kaliningrad et sur les frontières. Sur le plan intérieur, l’élection surprise de Rolandas Paksas, en janvier 2003, à la magistrature suprême n’a pas entraîné de changement de gouvernement et les priorités économiques et sociales sont demeurées inchangées. La croissance est restée forte en dépit d’une conjoncture internationale déprimée, mais elle ne profite pas encore à tous : rattraper le niveau de vie des Etats de l’UE devrait être le prochain défi.

Des efforts honorés à Prague et à Copenhague

2 Récompensée pour le rythme de ses réformes, la Lituanie intégrera l’UE en mai 2004. R. Paksas, qui avait inquiété les milieux politiques européens pour avoir prôné pendant la campagne présidentielle la renégociation de certains points de l’accord conclu avec les Quinze, notamment dans le secteur de l’agriculture, les a rassurés dès son élection. Les priorités de la politique extérieure lituanienne s’inscrivent dans la continuité : l’intégration aux structures euro-atlantiques et européennes et l’instauration de bonnes relations avec les voisins.

3 La Lituanie a été le premier des Etats baltes à organiser, les 10 et 11 mai 2003, un référendum sur l’adhésion (la Slovénie et la Hongrie l’ont précédée et l’Estonie et la Lettonie, plus eurosceptiques par ailleurs, ont fixé le leur à septembre 2003). En février 2003, les députés du Seimas (Parlement), redoutant une abstention massive, étant donné la faible participation à l’élection présidentielle, ont amendé la loi référendaire[1] [1] « Référendum sur l’UE en Lituanie », w www. robert-schuman. org,24...
suite
. Pour valider le résultat de la consultation, la majorité simple des suffrages exprimés (et non plus le tiers des inscrits) était désormais requise, avec un taux de participation d’au moins 50 % ; le référendum se tiendrait sur deux jours et les électeurs seraient autorisés à déposer leur bulletin dans n’importe quel bureau de vote.

4 Le « oui » a mobilisé l’ensemble des formations politiques, la Confédération industrielle, constituée de chefs d’entreprises et de représentants de diverses associations sectorielles, mais aussi les agriculteurs (17 % de la population active), conscients qu’il n’y avait pas d’alternative à l’adhésion, ainsi que l’Eglise catholique, rassemblant 75 % des Lituaniens. Les opposants, qui se sont polarisés sur la fermeture de la centrale nucléaire d’Ignalina (prévue pour 2009) et sur la perte de l’identité nationale, comptaient davantage sur l’abstention que sur un vote de rejet, si bien que leur campagne est restée terne.

5 Malgré une faible participation au soir du premier jour (21 %), les appels insistants de la classe politique à la mobilisation ont finalement été entendus : 91 % des électeurs se sont prononcés pour l’adhésion (95 % à Kaunas), avec une participation tout à fait honorable (63 %), relativement uniforme sur l’ensemble du territoire, à l’exception des régions à fortes minorités polonaise et russe, qui se sont moins mobilisées (la ville de Visaginas et la région de Trakai)[2] [2] « Lithuanians Support EU with Both Hands », The Baltic...
suite
.

6 La Lituanie souhaite également renforcer sa participation à la Force d’action rapide de l’UE en proposant de mettre à sa disposition trois bataillons motorisés (dont le Balbat, commun avec la Lettonie et l’Estonie, et le Litpolbat, né d’une coopération avec la Pologne), du matériel (bateaux, hélicoptères) et deux équipes d’ingénieurs et de médecins militaires[3] [3] « Lituanian Official Says EU Forces Should not Dupplicate...
suite
.

7 Après de longues négociations, la question de l’enclave de Kaliningrad, rendue particulièrement sensible par le rattachement de la Lituanie à l’espace Schengen, prévu pour 2007, a été résolue. En novembre 2002, l’UE et la Russie ont décidé que les résidents de Kaliningrad traversant la Lituanie pour se rendre dans le reste de la Fédération de Russie utiliseraient un document de transit simplifié, plus facile à obtenir et moins onéreux qu’un visa. Mais des tensions sont vite apparues à propos de l’application concrète de cette mesure. Au printemps 2003, de nouveaux pourparlers entre les trois partenaires concernés (la Russie, la Lituanie et l’UE) ont abouti à un compromis. Les Lituaniens acceptaient de simplifier les formalités d’obtention du document de transit[4] [4] « Government Approves Kaliningrad Transit Rules », The...
suite
et, en contrepartie, les députés de la Douma russe ratifiaient le traité sur la reconnaissance des frontières entre la Russie et la Lituanie, signé en 1997 et entériné par le Seimas en 1999. L’événement est à marquer d’une pierre blanche, car c’est la première fois que les Russes ratifient un accord sur le tracé des frontières avec une exrépublique soviétique[5] [5] « Treats, Accusations Follow Kalinigrad Negociations »,...
suite
. Dans le cas de la Lituanie, en s’y refusant, ils espéraient bloquer son entrée dans l’Otan[6] [6] « Duma Ratifies Border Agreement », The Baltic Times,...
suite
. Celle-ci a estimé à plus de 30 milliards d’euros la mise en œuvre des accords sur le transit depuis et vers Kaliningrad, tandis que la construction d’un train assurant la liaison entre l’enclave et la Russie est à l’étude (sans arrêt en Lituanie, pour éviter la procédure des visas). Par ailleurs, entre 2004 et 2006, l’UE versera à Vilnius 136 millions d’euros pour renforcer ses 920 kilomètres de frontières avec la Biélorussie et la Russie qui deviendront, le 1er mai 2004, celles de l’UE.

8 Parallèlement, la Lituanie prépare son adhésion à l’Otan. Dans le cadre du Groupe de Vilnius, qui réunit dix pays d’Europe centrale et orientale candidats à l’Alliance, elle a apporté son soutien à la politique anglo-américaine en Irak et s’est engagée à y envoyer des troupes de maintien de la paix. L’opération, approuvée par le Seimas fin mai 2003, devrait coûter 1,2 million d’euros au budget de la défense. Ce signal fort à destination des partenaires atlantiques fait écho à la ratification à l’unanimité par le Sénat américain en mai 2003 du protocole d’accession de la Lituanie à l’Otan[7] [7] « More Troops Bound for Iraq », The Baltic Times, 5-11...
suite
. Enfin, en juin 2003, l’entreprise de construction Montuotojas a été la première à avoir été invitée à prendre part à la reconstruction de l’Irak[8] [8] « Iraqi Money Starts Rolling in », The BalticTimes,...
suite
.

9 Mais lors de la réunion du Conseil Otan-Russie à Madrid, le 4 juin 2003, la Russie s’est inquiétée des délais de ratification du Traité FCE (Forces conventionnelles en Europe), qui a fait l’objet d’une version adaptée en 1999. Or, la ratification de cette dernière par les trente pays signataires, dont les Etats-Unis et la Russie, est constamment retardée en raison du différend entre Washington et Moscou sur les troupes russes basées dans d’anciennes républiques soviétiques (Géorgie et Moldavie)[9] [9] « Moscow to Nato : No Military Bases in Baltics »,...
suite
. Les Etats-Unis n’ont en effet pas ratifié le traité renégocié. La Russie redoute aussi le stationnement de troupes de l’Otan à ses frontières. En avril 2003, le commandant en chef des forces alliées en Europe du Nord affirmait que l’Otan n’entendait pas installer de bases militaires en Lituanie, mais il n’excluait pas la présence de troupes ou d’officiers de l’Alliance[10] [10] « Nato has no Plans to Station Troops in Lithuania –...
suite
. Il était contredit en juin 2003 par le ministre de la Défense lituanien qui voyait dans leur implantation un moyen de protéger le pays en cas de danger.

10 Enfin, l’existence même du Groupe de Vilnius a été remise en cause en mai 2003 après l’échec de l’adhésion groupée de ses membres à l’Otan (au sommet de Prague de novembre 2002, seuls sept d’entre eux ont été retenus), qui était son objectif initial. Les autorités lituaniennes ont proposé, non de le dissoudre, comme le proposaient les Estoniens et les Slovènes, mais de l’élargir à la Géorgie, l’Ukraine et l’Azerbaïdjan[11] [11] « Uncertain Future for Pivotal ‘Vilnius 10’», The...
suite
. La Lituanie tentait ainsi de se positionner sur la scène internationale en tant que pont entre l’Est et l’Ouest.

La scène politique intérieure rythmée par les échéances électorales

11 L’hiver 2002 et le printemps 2003 ont vu se succéder les élections présidentielle, municipales et le référendum sur l’adhésion, dont les différents enjeux ont bien été compris par les Lituaniens. Tout d’abord, l’élection confortable de R. Paksas à la présidence de la République a créé la surprise. Certes, en cinq ans d’activités politiques, ce dernier avait déjà un beau palmarès : il avait été deux fois maire de Vilnius et à deux reprises Premier ministre ; par ailleurs, il avait adhéré au parti conservateur, puis libéral, avant de fonder le Parti libéral démocrate. Mais les sondages annonçaient la victoire facile du Président sortant, V. Adamkus, ancien émigré américain dont le nom était associé à l’intégration euro-atlantique. Comme prévu, le 22 décembre 2002, ce dernier est arrivé en tête (35,5 % des suffrages exprimés), devançant largement R. Paksas, qui venait en deuxième position (19,6 % des voix). Entre les deux tours, la plupart des partis politiques, comme les médias, ont appelé à réélire le Président sortant. Pourtant, le 5 janvier 2003, R. Paksas, diplômé de l’université de Léningrad, n’ayant guère d’expérience de l’Ouest et ne parlant pratiquement pas l’anglais, était élu président de la République de Lituanie avec 54,71 % des voix, contre 45,29 % pour son adversaire.

12 L’explication de cette victoire tient dans la campagne menée par le jeune candidat libéral qui a su séduire les électeurs, tant par ses acrobaties aériennes que par ses promesses diverses : réduction de la pression fiscale, rétablissement de la peine de mort pour les trafiquants de drogue, renégociation de certaines conditions d’accession à l’UE, notamment dans les domaines agricole et énergétique, remaniement du gouvernement ou encore renforcement des liens avec la Russie[12] [12] Cf. Céline Bayou, « Rolandas Paksas : un Président...
suite
. A la différence de V. Adamkus, il a courtisé les électeurs d’origine polonaise (6,9 % de la population) et russe (8,1 %), n’hésitant pas, dans le cas de ces derniers, à s’exprimer dans leur langue maternelle. R. Paksas, qui se présente comme un homme de droite, a pourtant obtenu moins de voix de cet électorat (46 %) que son rival (54 %). Il est l’élu des jeunes, des ruraux, des plus pauvres et surtout des minorités polonaises (76 %) et russe (77 %)[13] [13] « Poll : Minorities Cast Ballots for Paksas »,...
suite
. En revanche, V. Adamkus, sûr d’être réélu, a mené une campagne morne qui explique en partie la forte abstention (48 % au second tour). Aux élections municipales qui se tenaient le même jour que le premier tour de l’élection présidentielle (le 22 décembre 2002), le Parti socialdémocrate, actuellement au pouvoir, est arrivé en tête, suivi du Parti des paysans, du Parti de la nouvelle démocratie et de l’Union de la patrie. Dans l’opposition, Union libérale a obtenu de bons résultats dans la plupart des grandes villes (Vilnius, Kaunas et Klaipeda) et s’est imposée comme la formation libérale la plus crédible face à son concurrent, le Parti libéral démocrate, alors dirigé par R. Paksas.

13 L’organisation du référendum sur l’adhésion en mai 2003 a obligé le nouveau Président, entré en fonction en février, le gouvernement et le Seimas à faire campagne d’une seule et même voix en faveur de l’accession à l’UE. Dans ces conditions, R. Paksas ne pouvait tenir ses promesses de remaniement de l’équipe au pouvoir et a confirmé A. Brazauskas, leader du Parti social démocrate, à la tête du gouvernement de coalition de centre gauche (Parti social démocrate et Union nouvelle/ Sociaux-libéraux) qui dirige le pays depuis juillet 2001. Seul le ministre de la Santé, R. Dobrovolskis (Union nouvelle), impopulaire depuis l’augmentation des prix des produits pharmaceutiques[14] [14] EIU, Country Report, avril 2003, p.  13. ...
suite
, a été remplacé par le socialdémocrate, J. Olekas. La nomination de ce dernier a été dénoncée par A. Paulauskas, porte-parole du Seimas et leader de Union nouvelle, qui s’est plaint de la perte d’influence de son parti au sein de la coalition gouvernementale.

14 La scène politique lituanienne a cependant connu quelques controverses au printemps 2003. L’élection de G. Pavirzis (social-démocrate) à la mairie de Vilnius a été mise en cause par les conseillers municipaux libéraux : le 6 juin 2003, le tribunal administratif de Vilnius invalidait le scrutin du 22 décembre 2002 dans la capitale, car trois des 51 conseillers municipaux ayant élu le maire n’étaient pas autorisés à voter du fait qu’ils cumulaient leur mandat local avec un siège au Seimas, ce qu’une loi constitutionnelle interdit depuis décembre 2002. Officieusement, R. Paksas était soupçonné d’avoir négocié avec les sociauxdémocrates le départ du maire sortant, A. Zuokas, (Union libérale), qui avait critiqué son discours d’inauguration à la présidence[15] [15] Lire à ce sujet « Paksas at Cruising Attitude after 100...
suite
. Finalement ce dernier a été réélu le 25 juin. Par ailleurs, des manifestations ont eu lieu en avril contre le renvoi par le gouvernement du Commissaire général de la police, V. Grigaravicius, que sa lutte contre le crime organisé à Kaunas avait rendu populaire. Celui-ci, accusé d’avoir recueilli illégalement des informations sensibles sur des personnalités politiques lituaniennes[16] [16] Lire à ce sujet « Political Intrigue Embroils Lithuania »,...
suite
, a pu réintégrer ses fonctions après avoir reçu de nombreux soutiens, dont celui de V. Adamkus.

15 Les difficultés pourraient s’accentuer à l’approche des élections législatives de 2004. Le gouvernement doit en effet faire face à deux défis : la fusion, en janvier 2003, de trois partis de l’opposition de droite, − Union libérale, Union du centre et Union démocrate-chrétienne moderne −, et la lutte engagée par le Parti libéral démocrate, fondé par R. Paksas en mars 2002, pour devenir le principal parti de centre droit. Même s’il a obtenu moins de voix que Union libérale aux élections municipales, sa popularité ne cesse de se renforcer : fin avril 2003[17] [17] EIU, Country Report, avril 2003, p.  14. ...
suite
, il était en deuxième position dans les sondages (12,6 %) derrière le Parti social-démocrate (16,5 %) mais devant Union libérale (10,5 %). Il est probable que le Président va user de sa position pour tenter d’influer sur les résultats électoraux de sa formation politique. Si la vigoureuse croissance économique et le bas niveau du déficit budgétaire rendent difficile la critique de la politique économique du gouvernement, R. Paksas pourrait, en revanche, s’en prendre à la politique sociale en raison des faibles retraites et du taux de chômage encore élevé.

16 Mais le score du Parti libéral démocrate aux élections de 2004 risque aussi de dépendre de la perception qu’ont les électeurs de la présidence de R. Paksas. Or, ce dernier a déjà défrayé la chronique. Il a d’abord été accusé de corruption pour avoir reçu, lors de la campagne présidentielle, un don (348 000 euros) de Avia Baltika, entreprise de maintenance d’hélicoptères liée à des producteurs d’armes russes[18] [18] « Paksas Dogged by Allegations », The Baltic Times,...
suite
. La contestation est montée d’un cran lorsqu’il a attribué, par décret et à titre exceptionnel pour ses généreux services, la citoyenneté lituanienne au directeur (russe) de cette entreprise[19] [19] « Lithuanian President Awards Lithuanian Citizenship to...
suite
. De plus, la presse dénonce régulièrement l’influence de la voyante géorgienne qui est en permanence à ses côtés et sans laquelle, selon ses propres dires, il n’aurait pu devenir Président[20] [20] « Seer Continues to Bewitch Media », The Baltic Times,...
suite
.

Une économie dynamique

17 En 2002, malgré le ralentissement de l’économie mondiale, la Lituanie a connu une année exceptionnelle. La croissance (+ 5,9 %)[21] [21] EIU, Country Report, avril 2003, p.  5. ...
suite
y a été soutenue par la hausse de la production dopée par les réformes structurelles et par l’essor des services. Le chômage a légèrement diminué et la demande intérieure a repris (+ 6,3 %). Ni la forte progression des ventes au détail, ni l’augmentation des salaires n’ont eu d’effet sur le cours de l’inflation qui est demeurée faible (0,4 % en moyenne annuelle). Les déficits du budget et de la balance des transactions courantes ont reculé (respectivement 1,2 % du PIB en 2002 contre 1,9 % en 2001 et 3,7 % contre 4,8 %)[22] [22] EIU, Country Report, avril 2003, p.  17. ...
suite
. La dette publique s’élevait à 26 % du PIB[23] [23] www. finmin. lt ...
suite
, mais 70 % avaient été contractés à l’extérieur[24] [24] Berd, Transition Report, novembre 2002. ...
suite
. Cependant les fruits de la croissance sont inégalement répartis et l’écart entre quelques grandes villes (Vilnius et Klaipeda) et le reste du pays, moins favorisé, va se creusant[25] [25] « Lithuania Economy Leads Baltic Pack », The Baltic...
suite
.

● Les aléas de la production industrielle

18 L’industrie, qui représente 22 % du PIB, a vu sa production freinée (3,9 % en 2002 contre 16,9 % en 2001) par le ralentissement des approvisionnements en pétrole russe. Mais, en septembre 2002, le rachat par Yukos (Russie) du complexe pétrolier Mazeikiu Nafta a permis de stabiliser les livraisons. En janvier 2003, la production de la raffinerie a repris (après une chute de 3 % en 2002), les exportations depuis Butinge, son terminal offshore, ayant augmenté dès 2002 (+ 20 %). Pour minimiser les pertes dues aux à-coups des approvisionnements, notamment pour cause d’intempéries, trois réservoirs de pétrole devraient être construits[26] [26] « Storage for Butinge », The Baltic Times, 22-28 mai...
suite
. Yukos se montre également intéressé par l’ouverture du capital de Klaipedos Nafta, l’opérateur public du terminal de produits pétroliers du port de Klaipeda, en pleine expansion (son chiffre d’affaires a augmenté de 30 % en un an) et moins longtemps pris par les glaces que celui de Butinge. Hors pétrole, le secteur énergétique a réalisé des profits confortables. Lietuvos Dujos (Gaz de Lituanie) a vu son chiffre d’affaires croître de 20 % en 2002 ; entre le premier trimestre de 2002 et le premier trimestre de 2003, la centrale nucléaire d’Ignalina a augmenté sa production de 25 % et ses exportations de 30 % et a enregistré pour la première fois depuis sept ans des bénéfices[27] [27] « Electricity Output Exports Soaring », The Baltic Times,...
suite
 ; nergie de Lituanie est également bénéficiaire, 30 % de son chiffre d’affaires provenant du marché intérieur et 50 % de ses exportations, qui ont repris notamment vers la Biélorussie, Kaliningrad, la Lettonie, l’Estonie et la Pologne. La situation devrait changer avec la fermeture de la centrale, prévue pour 2009, dans la mesure où celle-ci fournit 75 % de l’électricité de la Lituanie. En compensation, l’UE a accepté de verser 210 millions d’euros pour réorganiser ses installations énergétiques, une somme qui, combinée avec d’autres aides, va placer le pays en deuxième position après Malte pour le montant des fonds structurels par habitant.

● Le plein essor des services et la reprise de la demande intérieure

19 La croissance industrielle s’est accompagnée d’un développement particulièrement dynamique des services, comme les télécommunications et surtout les transports. En 2002, ce dernier secteur, qui représente 13,6 % du PIB, a vu son activité progresser de 9,2 %. Le port de Klaipeda a enregistré un accroissement du fret de 14 % en 2002, ce chiffre recouvrant des hausses plus fortes encore pour les produits pétroliers (+ 30 %), qui représentent un tiers du total, et pour les engrais (+ 21 %). Mais Klaipeda a moins attiré les investissements que les autres ports de la région (Saint-Pétersbourg, Tallinn, Ventspils) et risque dans l’avenir de souffrir de la concurrence des Russes qui développent leurs infrastructures sur la Baltique (Primorsk, Ust-Luga). En janvier 2003, ces derniers ont d’ailleurs suspendu leurs exportations de céréales à partir de Klaipeda, ce qui remet en cause le projet de construction d’un terminal pour les grains principalement dédié au commerce avec la Russie[28] [28] EIU, Country Report, avril 2003, p.  28. ...
suite
.

 - 

Principaux indicateurs économiques de la Lituanie en 1995-2002 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 PIB (variation en %) 3,3 4,7 7,3 5,1 - 3,9 3,8 5,9(1) 5,2(1) Production industrielle (variation en %) 5,3 5,0 3,3 8,2 - 11,2 5,3 16,9 3,9(1) Production agricole (variation en %) 11,0 12,6 8,6 - 5,2 - 14,5 5,4 - 8,5(1) nd Ventes au détail (variation en %) 8,7 5,0 12,9 9,2 - 5,0 10,9 9,8 14,2(2) Formation brute de capital fixe (variation en %) nd 10,9 20,1 10,9 - 6,3 - 3,9 8,7 18,4(3) Taux de chômage officiel (en % des actifs, en décembre) 7,3 6,2 6,7 6,9 10,0 12,6 12,9 10,9 Indice des prix à la consommation (moyenne annuelle, %) 39,5 24,7 8,8 5,1 0,8 1,0 1,5 0,4 Solde budgétaire (en % du PIB) - 4,8 - 3,8 - 2,1 - 5,5 - 8,4 - 3,1 - 1,9 - 1,5(1) Exportations de marchandises (en millions de dollars) 2 706 3 413 4 192 3 962 3 147 4 050 4 889(1) 5 207(1) Importations de marchandises (en millions de dollars) 3 404 4 309 5 340 5 480 4 551 5 154 5 997(1) 6 447(1) Balance commerciale (en millions de dollars) - 698 - 896 - 1 148 - 1 518 - 1 404 - 1 104 - 1 108(1) - 1 240(1) Balance des transactions courantes (en % du PIB) - 10,2 - 9,2 - 10,2 - 12,1 - 11,2 - 6,0 - 4,8 - 3,7(3) Dette extérieure brute (en % du PIB) nd nd 33 nd 43 43 44 43(4) Investissements directs étrangers (en millions de dollars) 72 152 328 921 478 375 439(1) 395(1) (1) Estimation (2) Janvier-octobre (3) Janvier-septembre (4) Fin septembre Source : Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et années antérieures ; Berd, Transition Report 2002.

20 La vigueur de l’activité, en 2002, de secteurs comme la construction (6 % du PIB, hausse de 11,4 % en un an), le commerce (respectivement 15,6 %, + 7,5 %) et le tourisme a confirmé la reprise de la demande intérieure. Même en excluant les produits de la branche automobile, élément important pour le chiffre d’affaires du commerce de détail, ce dernier a enregistré en 2002 une hausse de 12 %. Quant à l’agriculture, qui contribue au PIB pour 7,8 %, elle a enfin connu une hausse de sa production (+ 10,4 % en 2002) et a ainsi pu mieux satisfaire le marché intérieur et l’industrie agroalimentaire[29] [29] EIU, Country Report, avril 2003, p.  23. ...
suite
.

● Le commerce extérieur : entre l’UE et la Russie

21 C’est avec satisfaction qu’en février 2003 la Lituanie s’est vu décerner le statut d’économie de marché par les Etats-Unis, la même démarche ayant été faite par l’UE en 2001. Ce changement devrait lui ouvrir de nouveaux marchés, alors que son commerce extérieur, toujours dynamique, se ressent du ralentissement de la croissance économique européenne et de la hausse du prix du pétrole brut.

22 En 2002, les médiocres performances du secteur pétrolier ont ralenti la progression des exportations et des importations ; le déficit commercial s’est creusé (+ 11,9 % contre + 0,3 % en 2001). A la fin de l’année, la reprise de la production de produits minéraux (19 % du total des exportations) a réactivé les échanges, en particulier avec les pays de la CEI. Hors secteur pétrolier, les résultats sont meilleurs (+ 20 % pour les exportations et + 16 % pour les importations)[30] [30] EIU, Country Report, avril 2003, p.  30. ...
suite
. En 2002, la Lituanie a exporté vers le Royaume-Uni (14 % du total, surtout du textile), la Russie (12 % du total, les exportations de véhicules de transport se sont accrues de 90 %), l’Allemagne (10 %, en baisse), la Lettonie (9 %, part en baisse en raison de la chute de la production de Mazeikiu Nafta). L’UE reste son principal partenaire commercial (48 % de ses exportations et 45 % de ses importations)[31] [31] EIU, Country Report, avril 2003, p.  32. ...
suite
, mais la conjoncture y étant peu favorable aux échanges, en particulier en Allemagne, une partie des exportations lituaniennes s’est dirigée vers la Russie (+ 22 %).

23 En 2002, les importations de la Lituanie ont surtout été composées de produits minéraux (18 % du total), de machines et équipements (17 %), de matériels de transports (16 %), de produits chimiques (8 %), d’articles textiles et de vêtements (8 %). Elles provenaient de Russie (21 %), d’Allemagne (17 %), d’Italie (5 %) et de Pologne (5 %)[32] [32] h http :/ / www. std. lt,15 juillet 2003. ...
suite
.

Les relations France-Lituanie
En mai 2003, le président Paksas s’est rendu en France où il a été reçu par une délégation de chefs d’entreprises du Medef-International. Il a salué l’augmentation des échanges entre les deux pays, la France occupant désormais la 7e place pour ses exportations et la 5e pour ses importations. Au 1er janvier 2003, le montant des investissements français en Lituanie atteignait 42 millions d’euros (soit 1,3 % du total des investissements étrangers dans le pays) et des entrepreneurs français, dont les représentants de Thales, Dalkia, Cogema, EDF, ont proposé d’organiser des forums commerciaux pour faire de nouveaux adeptes.
R. Paksas a exprimé le souhait que la coopération de la Lituanie avec la France soit consolidée dans le domaine énergétique. Afin de conforter l’indépendance de la république balte, il a sollicité et obtenu le soutien de J. Chirac sur un certain nombre de projets d’infrastructures, comme la construction d’une nouvelle centrale nucléaire pour remplacer celle d’Ignalina. « Je suis bien convaincu de l’importance de ce projet et vous pouvez être sûr que je me ferai l’avocat devant l’UE des questions de mise en œuvre des projets d’infrastructures »[*] [*] «Nuclear Ambitions Find New Impetus», The Baltic Times,...
suite
a déclaré le Président français, effaçant par là même les tensions entre les deux Etats, nées du soutien apporté par la Lituanie à la politique américanobritannique en Irak.
Les importations françaises en provenance de Lituanie se sont élevées à 375,8 millions d’euros (+ 1,7 % par rapport à 2001). Elles se composent de combustibles et de carburants (32 % du total, mais - 14 % par rapport à 2001), de produits chimiques en caoutchouc ou en plastique (21 %, + 28 %), de composants électriques et électroniques (17 %, + 18 %), d’équipements du foyer (8 %), d’habillement et de cuir (6 %). Les ventes de bateaux, avions, trains, motos, mais aussi de produits pharmaceutiques, de parfumerie et d’entretien ont connu les croissances les plus fortes.
Les exportations françaises ont, quant à elles, augmenté de 16 % en 2002, pour atteindre 276,6 millions d’euros (la balance commerciale est donc déficitaire au détriment de la France). Elles étaient constituées de composants électriques et électroniques (14 % du total, + 54 % par rapport à 2001), de produits de l’industrie automobile (14 %), de produits chimiques, en caoutchouc ou en plastique (13 %), de produits de l’industrie textile (10 %) et de produits pharmaceutiques, de parfumerie et d’entretien (8 %).

 - 

Les échanges France – Lituanie, 2000-2002 (millions d’euros) 2000 2001 2002 Exportations (fob) 188,9 238,0 276,6 Importations (cif) 236,4 369,5 375,8 Solde - 47,5 - 131,5 - 99,2 Source : Douanes françaises.

● Les finances publiques

24 L’année 2002 s’inscrit dans la continuité d’une politique de rigueur et d’une croissance forte, qui ont consolidé la position fiscale de la Lituanie. Cependant, les recettes budgétaires ont été moins fructueuses que prévu : à la baisse de la TVA sur de nombreux produits se sont ajoutées des carences dans le recouvrement de l’impôt. Pour endiguer le marché noir, l’application de droits d’accise sur le tabac, l’alcool et les carburants a été particulièrement contrôlée. Les recettes provenant de l’impôt sur le revenu (reflétant la reprise de l’emploi et la hausse des salaires réels) ainsi que celles perçues par les collectivités locales ont été satisfaisantes. Mais ce ne fut pas le cas pour celles procurées par l’impôt sur les bénéfices des entreprises et par la nouvelle taxe sur les jeux d’argent[33] [33] EIU, Country Report, janvier 2003, p.  16. ...
suite
.

25 Le budget 2003 prévoit un déficit de 1,5 % du PIB[34] [34] EIU, Country Report, janvier 2003, p.  8. ...
suite
, mais il pourrait être plus important compte tenu des pressions, qui ne manqueront pas de s’exercer sur le gouvernement à l’approche des élections législatives de 2004, et des coûts d’accession à l’UE (environ 0,6 % du PIB prévu)[35] [35] EIU, Country Report, avril 2003, p.  17. ...
suite
. Des mesures ont été introduites pour stabiliser les revenus, comme la réduction du taux d’imposition sur les bénéfices des entreprises et l’introduction d’un impôt sur les profits réinvestis. Le FMI s’est cependant publiquement inquiété de la baisse probable des recettes qui pourrait remettre en cause les réformes en cours, alors qu’une hausse des dépenses sociales est envisagée. A court terme, le gouvernement doit donc améliorer la collecte de l’impôt, achever les privatisations et réformer les retraites (avec l’introduction d’un système de cotisations volontaires associées à des contributions gouvernementales et à des incitations fiscales). L’administration doit également se montrer plus efficace dans l’utilisation des fonds pendant la période de préadhésion.

● Retards dans les privatisations

26 En novembre 2002, la Commission européenne a salué les efforts réalisés par la Lituanie pour attirer les investissements directs étrangers (IDE) (+ 18 % de janvier à octobre 2002). Les principaux investisseurs ont été la Suède (17 %), le Danemark (16 %), l’Estonie (10 %), l’Allemagne (10 %), les Etats-Unis (9 %), la Finlande (6 %), la Russie (6 %) et le Royaume-Uni (5 %). L’industrie manufacturière (qui absorbe 30 % des IDE) est le secteur de prédilection, suivi de l’intermédiation financière (20 %), du commerce (17 %) et des services de communications (14 %)[36] [36] h http :/ / www. std. lt,15 juillet 2003. ...
suite
. Comme l’a indiqué Ikea (Suède), en signant toute une série de contrats avec la Lituanie au détriment de l’Estonie, le faible coût de la main-d’œuvre constitue le principal facteur attractif[37] [37] « Ikea Group Prefers Lithuania to Estonia », The Baltic...
suite
.

27 En 2002, les recettes tirées des privatisations ont été inférieures de 25 % à celles de 2001[38] [38] Les deux principales d’entre elles concernaient Gaz de...
suite
, mais le processus devrait reprendre en 2003 : le démantèlement du monopole d’Etat sur les boissons alcoolisées a pris effet en juillet 2003 et le marché des télécommunications est désormais dérégulé. Mais, à l’automne 2002, le Seimas a adopté des mesures restrictives dans les domaines stratégiques des transports et de l’énergie : dix entreprises sont exclues de la privatisation (dont la centrale nucléaire d’Ignalina, les services postaux, les aéroports de Vilnius, de Kaunas et de Palanga, l’Autorité portuaire de Klaipeda, le service de contrôle aérien) ; dans sept autres, l’Etat restera actionnaire majoritaire (le centre de radiodiffusion radiophonique et télévisuel, Lietuvos Energija, l’aéroport de Siauliai, Klaipedos Nafta, les Chemins de fer lituaniens et deux entreprises de distribution d’eau). Dans d’autres enfin, si ce n’est déjà fait, il peut céder la majorité de ses parts : Mazeikiu Nafta, les compagnies d’électricité encore publiques, Lietuvos Dujos (Gaz de Lituanie), la Compagnie de télécommunications et l’usine d’engrais Achema.

28 Dans le domaine des transports, le gouvernement devrait privatiser, dans le courant de 2003, la compagnie maritime Lietuvos Juro Laivininkyste (66,6 % de ses parts), celle de Klaipeda Klaipedos Transporto Laivynas (80,89 %) et les Chemins de fer lituaniens en cours de restructuration. La mise en vente de 34 % (voire 66 %) du capital de la compagnie aérienne nationale Lithuanian Airlines n’a attiré que SAS (Scandinavie) qui, en juin 2003, a retiré sa candidature.

29 L’opposition de centre droit a dénoncé la présence des Russes dans le secteur sensible de l’énergie. En septembre 2002, Yukos (Russie) est devenu le principal actionnaire de Mazeikiu Nafta, en rachetant 53,7 % des parts, après le retrait de l’Américain Williams International. En avril 2003, Gazprom s’est porté acquéreur de la centrale thermique de Kaunas (qui couvre 80 % des besoins en chauffage de la ville) pour 33,2 millions d’euros. Le groupe russe devrait investir au moins 115 millions d’euros dans la modernisation des infrastructures et s’est engagé à ne pas augmenter ses tarifs pendant cinq ans[39] [39] « Gazprom Signs Kaunas Energy Deal », The Baltic Times,...
suite
. Gazprom est également le seul candidat sélectionné par le gouvernement pour l’achat de 34 % de Lietuvos Dujos (Gaz de Lituanie), mais la conclusion de l’affaire a été reportée en raison de différends sur le prix d’acquisition et sur le prix de vente du gaz. Le gouvernement devrait encore céder Suskystintos Dujos (Gaz liquéfié), ainsi que 12 % du capital de Mazeikiu Nafta à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Dans le secteur de l’électricité, le gouvernement a prévu d’ouvrir, en 2003, le capital des deux sociétés de distribution du pays, Vakaru Skirstomieji Tinklai (VST) et Rytu Skirstomieji Tinklai (RST). Il entend investir 5 % des revenus issus de leur privatisation (et 10 % de ceux provenant de la vente des actions de Lietuvos Telekomas) dans l’indemnisation des Lituaniens spoliés de leurs biens fonciers ou mobiliers durant la période soviétique. Enfin, afin d’éviter une trop grande dépendance énergétique, l’ensemble de la classe politique soutient le projet de construction d’une centrale nucléaire pour succéder à celle d’Ignalina.

● Un système bancaire en bonne santé

30 En 2002, la Banque de Lituanie a détaché le litas du dollar pour l’arrimer à l’euro. Elle a augmenté ses réserves en devises (+ 17 % en un an) et a réussi à maintenir les prix stables (la baisse des prix des biens de consommation et des services a été neutralisée par l’augmentation des loyers et des tarifs des transports, de l’eau, de l’électricité, du gaz, de l’essence et autres produits pétroliers). Pour son gouverneur, l’adhésion à la zone euro pourrait se faire en 2006, soit seulement deux ans après l’entrée dans l’UE et l’adoption du Mécanisme de change européen (MCE II). Le pays compte pendant cette période parvenir à remplir les critères de Maastricht, tandis que la Banque centrale européenne insiste pour que la Lituanie concentre ses efforts sur l’amélioration du niveau de vie de sa population, qui se situe loin derrière la moyenne des Quinze.

31 Quand elle a emprunté sur les marchés internationaux, la Lituanie a bénéficié de conditions favorables et a émis pendant deux années de suite des euro-obligations sur dix ans (pour un montant de 400 millions d’euros en 2003). Ses dix banques commerciales et ses quatre filiales étrangères ont réalisé en 2002 leur meilleur chiffre d’affaires depuis l’indépendance : la Vilnius Bank est arrivée en tête (36,6 millions d’euros), suivie de la Hansa-LTB (14 millions d’euros). Seules trois banques, la Lietuvos Zemes Ukio (Crédit agricole de Lituanie), Sampo Bank et la filiale de Nordea (ex-Merita Bank) ont été déficitaires (16,7 millions d’euros au total pour les trois). Les banques ont vu progresser leurs actifs et leurs prêts (respectivement + 12 % et + 22 % en 2002). Les taux d’intérêt ont été abaissés (de 8,1 % en 2001 à 6,1 % en 2002), en raison d’une stratégie plus offensive à l’égard de la clientèle de la part du secteur bancaire, et le marché des prêts immobiliers, partiellement subventionnés par l’Etat, s’est développé (+ 45 % à Vilnius en 2002). Les dépôts ont augmenté (+ 12 %) en dépit de leur faible rendement (leur taux de rémunération est passé de 2,8 % fin 2001 à 1,5 % fin 2002)[40] [40] EIU, Country Report, avril 2003, p.  27. ...
suite
. Enfin, les Russes ont fait leur entrée dans le secteur bancaire lituanien : la Konversbank, institution financière russe de petite taille et peu connue, a pris le contrôle du quatrième établissement du pays, la Snoras Bank, en acquérant, en mars 2003, la compagnie d’investissement Incorion (Luxembourg) qui détient officiellement la banque lituanienne. Cette astuce juridique a permis à la Konversbank de détourner la législation en vigueur dans son pays, qui limite la participation russe dans des institutions financières étrangères et d’éviter la procédure d’approbation de la Banque de Lituanie, obligatoire dans le cas d’une prise de contrôle direct. Selon le directeur de la Snoras Bank, la Konversbank a été choisie comme acquéreur pour « favoriser l’afflux de capitaux russes dans le secteur bancaire lituanien »[41] [41] « Russia Enters Lithuanian Banking Market », The Baltic...
suite
.

Des inégalités sociales en partie masquées

32 En 2002, le taux de chômage s’est enfin infléchi (10,9 % contre 12,9 % en 2001)[42] [42] h http :/ / www. is. lt/ rdb,15 juillet 2003. ...
suite
, mais ce chiffre est nettement inférieur dans les grandes villes, qui attirent déjà la plupart des investissements étrangers (6 % à Vilnius en février 2003). Un continuel glissement des emplois s’est opéré en direction du secteur tertiaire (31 % des actifs au troisième trimestre de 2002). La mobilité est cependant freinée par le peu d’emplois créés dans le secteur privé, par des infrastructures de transport encore insuffisantes et par le manque de logements. En 2002, le salaire moyen mensuel a atteint l’équivalent de 300 euros, la hausse ayant été plus forte dans le secteur privé (+ 8,6 %) que dans le public (+ 6,5 %). Mais les agents de l’Etat sont toujours mieux rémunérés, avec des salaires de 5 % plus élevés que ceux du privé et les inégalités entre hommes et femmes persistent : les premiers sont touchés par le chômage dans des proportions sensiblement identiques à celles que connaissent les femmes, mais leurs salaires sont plus élevés (de 24 % en moyenne) que ceux des femmes.

33 Le recul du chômage et l’augmentation des salaires ont dynamisé la demande intérieure et le contenu du panier de la ménagère a été quelque peu modifié : l’alimentation est toujours le poste principal, mais sa part dans le budget des ménages a diminué au profit notamment des vêtements (38 %) et des services (17 % pour les restaurants et les bars)[43] [43] EIU, Country Report, avril 2003, p.  17, p.  26. ...
suite
.

34 Toutefois, certains indicateurs sociaux sont alarmants. Signe que la croissance ne profite pas à tous, la pauvreté toucherait, selon la Berd, 22,5 % de la population[44] [44] Berd, Transition Report, novembre 2002. ...
suite
. En mai 2003, les agriculteurs ont vu leurs revenus chuter de 35 % sur un an et ont manifesté leur colère en bloquant les postesfrontières ; ils ont, par ailleurs, exigé que le gouvernement rouvre les négociations avec l’UE sur les subventions agricoles, certains députés ayant promis, pendant la campagne référendaire, d’obtenir une aide supplémentaire pour les producteurs de produits de base (viande et céréales) et d’augmenter le prix du lait fixé par l’Etat[45] [45] « Disgruntled Farmers Block Borders », The Baltic Times,...
suite
. Enfin, la Lituanie enregistre un taux de suicide particulièrement élevé (44 pour 100 000 habitants contre une moyenne européenne de 25 pour 100 000), phénomène que le gouvernement a entrepris de combattre en adoptant un programme de prévention pour 2003-2005[46] [46] « Tackling Lithuania’s Suicide Problem », The Baltic...
suite
.

Annexe

Annexe Chronologie

35 2002

36 12 janvier Rolandas Paksas est exclu de l’Union libérale.

37 18 janvier Valdas Adamkus est reçu par G. W. Bush à la Maison-Blanche. Le Président américain salue les efforts déployés par la Lituanie en vue de son adhésion à l’Otan et la remercie pour son soutien à la lutte contre le terrorisme et sa participation active aux opérations de maintien de la paix en ex-Yougoslavie.

38 2 février La Banque de Lituanie détache le litas du dollar et l’arrime à l’euro. Le taux de change officiel est de 3,4528 litas pour 1 euro.

39 23 février La conférence fondatrice du Forum lituanien sur l’avenir de l’Europe se réunit à Vilnius dans le but de mieux informer la population sur les enjeux européens et sur la place de la Lituanie dans l’UE.

40 9 mars R. Paksas fonde le Parti libéral démocrate, dont il est élu président ; quelques jours plus tard, il se déclare candidat à l’élection présidentielle.

41 14 mars Le président V. Adamkus assiste au Conseil Affaires générales et relations extérieures de l’UE à Barcelone. C’est la première fois que la Lituanie participe à une rencontre de ce type.

42 2 avril Discours annuel du président V. Adamkus au Seimas : l’intégration euro-atlantique reste la priorité de la politique étrangère, mais passe par la consolidation de la démocratie, en particulier par la création d’un système de partis stable.

43 4-5 avril Organisation des « Journées de l’Otan » dans tout le pays pour promouvoir l’Alliance atlantique auprès de la population.

44 7-10 mai AgroBalt 2002, la plus grande foire agricole des pays baltes, a lieu à Vilnius : 483 entreprises agricoles venant de 24 pays différents y participent.

45 7 juin Le gouvernement annonce qu’il est prêt à arrêter le deuxième réacteur de la centrale nucléaire d’Ignalina en 2009, à la condition d’obtenir une aide financière de l’UE. Cette décision permet à la Lituanie de clore le chapitre sur l’énergie dans ses négociations d’adhésion.

46 20 juin Les députés du Seimas amendent la Constitution : les ressortissants étrangers résidant en Lituanie pourront voter et se porter candidats aux élections municipales dès 2006. Celles-ci seront organisées désormais tous les quatre ans (au lieu de tous les trois ans).

47 11 novembre L’UE et la Russie signent un accord stipulant qu’à partir du 1er juillet 2003 des documents de transit facilité (FTD) seront délivrés, gratuitement ou pour un faible montant, par la Lituanie aux voyageurs (Russes, Biélorusses ou Ukrainiens) traversant son territoire en train ou en voiture pour se rendre à Kaliningrad (ou quitter l’enclave). Ce système sera réexaminé au plus tard en 2005.

48 21-22 novembre Au sommet de l’Otan à Prague, la Lituanie est invitée avec sept autres Etats à rejoindre l’Alliance atlantique en 2004.

49 10 décembre Le Seimas approuve le budget pour 2003.

50 13 décembre Au sommet de Copenhague, l’Europe franchit une étape historique en confirmant l’entrée de dix nouveaux Etats, dont la Lituanie. Cette décision prendra effet en mai 2004.

51 22 décembre Premier tour de l’élection présidentielle : V. Adamkus, le Président sortant, arrive en tête avec 35,5 % des suffrages ; il est suivi de R. Paksas, leader du Parti libéral démocrate (19,6 %). Les élections municipales sont remportées par le Parti social-démocrate.

52 2003

53 5 janvier Victoire surprise mais confortable de R. Paksas (54,71 % des suffrages contre 45,29 % pour V. Adamkus) à l’élection présidentielle. Le taux de participation n’est que de 52,65%.

54 23 janvier Le Seimas approuve l’amendement à l’article 47 de la Constitution autorisant la vente de terres agricoles à des personnes morales ou physiques étrangères.

55 5 février Les ministres des Affaires étrangères du Groupe de Vilnius, dont celui de la Lituanie, font une déclaration de soutien à la politique américanobritannique vis-à-vis de l’Irak, ce qui suscite des critiques de la part du Président français.

56 26 février Cérémonie d’investiture du nouveau Président, R. Paksas.

57 28 février La Lituanie se voit reconnaître le statut d’économie de marché par les Etats-Unis. Ce statut lui avait déjà été octroyé par l’UE en 2001.

58 4 avril Visite à Vilnius de Noëlle Lenoir, ministre déléguée aux Affaires européennes. La question qui lui est surtout posée concerne la réflexion très critique de J. Chirac sur la déclaration du Groupe des Dix (dont la Lituanie), en faveur de la campagne américano-britannique en Irak.

59 11 avril Le gouvernement approuve les procédures de transit simplifiées pour les citoyens russes se rendant à Kaliningrad ou en partant.

60 16 avril Les autorités lituaniennes signent à Athènes le traité d’adhésion à l’UE.

61 8 mai Le Sénat américain ratifie à l’unanimité le protocole d’adhésion de la Lituanie à l’Otan.

62 10-11 mai Référendum sur l’accession de la Lituanie à l’Union européenne. Le « oui » l’emporte avec 91 % des suffrages exprimés. Le taux de participation est de 63 %.

63 12 mai La Russie et la Lituanie signent un traité stipulant que les ressortissants illégaux seront reconduits dans leur pays d’origine. La Douma russe doit encore ratifier le document.

64 13-14 mai J. Chirac reçoit son homologue lituanien, R. Paksas, à Paris pour discuter des relations bilatérales entre les deux pays et des questions d’intégration européenne.

65 20 mai Le Seimas adopte une nouvelle loi sur l’éducation qui autorise les minorités nationales, dans les zones où elles sont concentrées, à recevoir un enseignement dans leur langue maternelle.

66 21 mai La Douma russe ratifie l’accord sur les frontières entre la Lituanie et la Russie. C’est la première fois que les Russes reconnaissent le tracé de frontières communes avec une ancienne république soviétique.

67 29 mai Le Seimas approuve l’envoi de 130 soldats en Irak.

68 4 juin Lors du Conseil Otan-Russie à Madrid, Moscou demande des garanties à l’Alliance pour qu’il n’y ait pas de bases militaires étrangères dans les Etats baltes.

69 6 juin L’élection du maire de la capitale, G. Pavirzis (social-démocrate), est invalidée par le tribunal de justice de Vilnius. Le 25 juin, A. Zuokas est élu.

Principales formations politiques

70 Coalition social-démocrate :

  • LDDP Parti démocratique du travail
  • LSDP Parti social-démocrate de Lituanie
  • NDP Parti de la nouvelle démocratie
  • LRS Union des Russes de Lituanie

71 LLS Union libérale

72 NS/SL Union nouvelle/Sociaux-libéraux

73 LKDP Parti démocrate-chrétien

74 LVP Parti des paysans

75 LLRA Action électorale polonaise

76 LCS Union du centre

Résultats des dernières élections

Election présidentielle du 22 décembre 2002 et du 5 janvier 2003

77 Taux de participation : 53,92 % au premier tour, 52,65 % au second tour.

 - 

Candidats Premier tour Second tour (% des voix) (% des voix) Rolandas Paksas 19,66 54,71 Valdas Adamkus 35,53 45,29 Arturas Paulauskas 8,31 Vytautas Serenas 7,75 Vytenis Andriukaitis 7,30 Kazimira Prunskiene 5,04 Juozas Petraitis 3,74 Eugenijus Gentvilas 3,08 Julius Veselka 2,23 Algimantas Matulevicius 2,22 Kazys Bobelis 1,91 Autres 3,23

78 Prochaine échéance présidentielle : décembre 2006

Elections législatives du 8 octobre 2000*

 - 

Partis Nombre de sièges Coalition social-démocrate Composée de : Parti démocratique du travail (LDDP) Parti social-démocrate (LSDP) Parti de la nouvelle démocratie (NDP) Union des Russes de Lituanie (LRS) 51 Union libérale (LLS) 34 Union nouvelle/Sociaux-libéraux (NS/SL) 29 Union de la patrie/Conservateurs (TS/LK) 9 Parti des paysans (LVP) 4 Action électorale polonaise (LLRA) 2 Union du centre (LCS) 2 Parti démocrate-chrétien (LKDP) 2 Union de la liberté 1 Conservateurs modérés 1 Union démocrate-chrétienne (KDS) 1 Union démocrate-chrétienne moderne 1 Jeune Lituanie 1 Autres 3 Total 141 * A la suite de ces élections, l’Union libérale, l’Union nouvelle/ Sociaux-libéraux, l’Union du centre et l’Union démocratechrétienne moderne ont formé une coalition. Le 12 juillet 2001, elle est remplacée par une nouvelle coalition, composée du Parti social-démocrate, de l’Union nouvelle/Sociaux-libéraux, du Parti de la nouvelle démocratie et du Parti des paysans.

79 Prochaines échéances législatives : 2004

Composition du gouvernement (juillet 2003)

80

  • Premier ministre : Algirdas Mykolas Brazauskas
  • LSDP)
  • Affaires étrangères : Antanas Valionis (indépendant)
  • Défense : Linas Antanas Linkevicius (indépendant)
  • Finances : Dalia Grybauskaite (indépendante)
  • Intérieur : Virgilijus Vladislovas Bulovas (LSDP)
  • Economie : Petras Cesna (indépendant)
  • Agriculture : Jeronimas Kraujelis (NS/SL)
  • Transports et Télécommunications : Zigmantas Balcytis (LSDP)
  • Sécurité sociale et Travail : Vilija Blinkeviciute
  • indépendante)
  • Santé : Juozas Olekas (LSDP)
  • Justice : Vytautas Makevicius (indépendant)
  • Education et Sciences : Algirdas Monkevicius
  • NS/SL)
  • Culture : Roma Dovydeniene Zakaitiene (LSDP)
  • Environnement : Arunas Kundrotas (indépendant)

Bibliographie

Sélection bibliographique

Revues

Susanne Nies, « Quelle sécurité pour la région baltique ?», Le courrier des pays de l’Est, n° 1035, mai 2003, pp. 58-70.

Céline Bayou, « Rolandas Paksas, un Président “voltigeur” pour la Lituanie », Le courrier des pays de l’Est, n° 1034, avril 2003, pp. 72-74.

International Monetary Fund, « Republic of Lithuania : Third Review Under the Stand-By Arrangement », IMF Country Report, n° 03/55, mars 2003,83 p.

Marianna Butenschön, Czeslaw Milosz et al., « Litauen zu Gast Vom Mythos der Mitte ins Zentrum des Interesses », Osteuropa, n° 9/10, septembre-octobre 2002, pp. 1125-1369.

Charles Woolfson & Matthias Beck, « Remapping Labour Rights : The Case of Transitional Lithuania », Europe-Asia Studies, vol. 54, n° 5, juillet 2002, pp. 749-769.

International Monetary Fund, « Republic of Lithuania : Second Review Under the Stand-By Arrangement », IMF Country Report, n° 02/131, juillet 2002,75 p.

Géraldine Bertrand, « Lituanie. De bons résultats pour convaincre les partenaires euro-atlantiques » in « Europe centrale et orientale 2001-2002. Une croissance pérenne, un jeu politique rodé, des sociétés désenchantées », Le courrier des pays de l’Est, n° 1026, juin-juillet 2003, pp. 111-123.

Jurgita Maciulyte, « L’agriculture en Lituanie. Dix ans de transition », Le courrier des pays de l’Est, n° 1025, mai 2002, pp. 52-60.

Economist Intelligence Unit, Country Report trimestriel), Country Profile (annuel), « Lithuania ».

 

Notes

[ (1)] « Référendum sur l’UE en Lituanie », w www.robert-schuman.org,24 avril 2003.Retour

[ (2)] « Lithuanians Support EU with Both Hands », The Baltic Times, 15-21 mai 2003.Retour

[ (3)] « Lituanian Official Says EU Forces Should not Dupplicate NATO Functions », BBC, 20 mai 2003.Retour

[ (4)] « Government Approves Kaliningrad Transit Rules », The Baltic Times, 17-23 avril 2003.Retour

[ (5)] « Treats, Accusations Follow Kalinigrad Negociations », The Baltic Times, 27 mars-2 avril 2003.Retour

[ (6)] « Duma Ratifies Border Agreement », The Baltic Times, 29 mai-4 juin 2003.Retour

[ (7)] « More Troops Bound for Iraq », The Baltic Times, 5-11 juin 2003.Retour

[ (8)] « Iraqi Money Starts Rolling in », The BalticTimes, 12-18 juin 2003.Retour

[ (9)] « Moscow to Nato : No Military Bases in Baltics », The Baltic Times, 5-11 juin 2003.Retour

[ (10)] « Nato has no Plans to Station Troops in Lithuania – General », BBC, 14 avril 2003.Retour

[ (11)] « Uncertain Future for Pivotal ‘Vilnius 10’», The Baltic Times, 29 mai-4 juin 2003.Retour

[ (12)] Cf. Céline Bayou, « Rolandas Paksas : un Président “voltigeur” pour la Lituanie », Le courrier des pays de l’Est, n° 1034, avril 2003, pp. 72-74.Retour

[ (13)] « Poll : Minorities Cast Ballots for Paksas », The Baltic Times, 13-19 février 2003.Retour

[ (14)] EIU, Country Report, avril 2003, p. 13.Retour

[ (15)] Lire à ce sujet « Paksas at Cruising Attitude after 100 Days », The Baltic Times, 12-18 juin 2003 ; « Vilnius Hold New Mayoral Elections », The Baltic Times, 12-18 juin 2003 ; « Power Way off Balance », The Baltic Times, 17-23 avril 2003 ; « Mayor’s Office Still Vacant », The Baltic Times, 24-30 avril 2003.Retour

[ (16)] Lire à ce sujet « Political Intrigue Embroils Lithuania », The Baltic Times, 17-23 avril 2003 ; « Power Way off Balance », The Baltic Times, 17-23 avril 2003.Retour

[ (17)] EIU, Country Report, avril 2003, p. 14.Retour

[ (18)] « Paksas Dogged by Allegations », The Baltic Times, 13-19 février 2003.Retour

[ (19)] « Lithuanian President Awards Lithuanian Citizenship to his Russian Sponsor », BBC, 11 avril 2003.Retour

[ (20)] « Seer Continues to Bewitch Media », The Baltic Times, 3-9 avril 2003.Retour

[ (21)] EIU, Country Report, avril 2003, p. 5.Retour

[ (22)] EIU, Country Report, avril 2003, p. 17.Retour

[ (23)] www.finmin.ltRetour

[ (24)] Berd, Transition Report, novembre 2002.Retour

[ (25)] « Lithuania Economy Leads Baltic Pack », The Baltic Times, 16 avril 2003.Retour

[ (26)] « Storage for Butinge », The Baltic Times, 22-28 mai 2003.Retour

[ (27)] « Electricity Output Exports Soaring », The Baltic Times, 10-16 avril 2003.Retour

[ (28)] EIU, Country Report, avril 2003, p. 28.Retour

[ (29)] EIU, Country Report, avril 2003, p. 23.Retour

[ (30)] EIU, Country Report, avril 2003, p. 30.Retour

[ (31)] EIU, Country Report, avril 2003, p. 32.Retour

[ (32)] h http ://www.std.lt,15 juillet 2003.Retour

[ *] «Nuclear Ambitions Find New Impetus», The Baltic Times, 22-28 mai 2003.Retour

[ (33)] EIU, Country Report, janvier 2003, p. 16.Retour

[ (34)] EIU, Country Report, janvier 2003, p. 8.Retour

[ (35)] EIU, Country Report, avril 2003, p. 17.Retour

[ (36)] h http ://www.std.lt,15 juillet 2003.Retour

[ (37)] « Ikea Group Prefers Lithuania to Estonia », The Baltic Times, 10-16 avril 2003.Retour

[ (38)] Les deux principales d’entre elles concernaient Gaz de Lituanie dont 34 % des actions ont été achetées par le consortium Ruhrgas AG et E.ON Energie AG et le Crédit agricole lituanien détenu à 76 % par la Nordeutsche Landesbank Girocentrale. Cette vente a achevé les privatisations du secteur financier.Retour

[ (39)] « Gazprom Signs Kaunas Energy Deal », The Baltic Times, 3-9 avril 2003.Retour

[ (40)] EIU, Country Report, avril 2003, p. 27.Retour

[ (41)] « Russia Enters Lithuanian Banking Market », The Baltic Times, 27 mars-2 avril 2003.Retour

[ (42)] h http ://www.is.lt/rdb,15 juillet 2003.Retour

[ (43)] EIU, Country Report, avril 2003, p. 17, p. 26.Retour

[ (44)] Berd, Transition Report, novembre 2002.Retour

[ (45)] « Disgruntled Farmers Block Borders », The Baltic Times, 29 mai-4 juin 2003.Retour

[ (46)] « Tackling Lithuania’s Suicide Problem », The Baltic Times, 3-9 avril 2003.Retour

Résumé

En 2002, la Lituanie a vu ses efforts couronnés par la confirmation de son admission, en 2004, dans l’Otan et dans l’UE. Si la préparation du référendum sur l’adhésion à l’UE a mobilisé l’ensemble des dirigeants du pays, toutes tendances confondues, ce ne fut pas en vain puisque le «oui» l’a emporté à une majorité écrasante, avec un taux de participation fort honorable. Par ailleurs, la Lituanie a su proposer une solution acceptable par Moscou à l’épineuse question de l’enclave de Kaliningrad, moyennant la ratification par la Douma du traité sur les frontières communes, qui dormait depuis 1997, tout en affichant des sentiments pro-atlantistes dans le cadre du groupe des Dix de Vilnius. L’élection inattendue à la magistrature suprême, en janvier 2003, de Rolandas Paksas, contre le Président sortant, V. Adamkus, n’a pas entraîné de changement d’équipe dans l’exécutif et, même si des controverses ont éclaté à la suite des élections municipales de décembre 2002, un certain modus vivendi s’est installé entre, d’une part, le chef de l’Etat, qui se dit à droite et dont le parti cherche à devenir une force de l’opposition, et d’autre part, un gouvernement de centre gauche. La politique économique, conduite par ce dernier, ne prête en effet guère à la critique : la croissance, forte et durable, s’observe dans tous les secteurs de l’économie, l’inflation est faible et le chômage en régression, les déficits du budget de l’Etat et de la balance des transactions courantes portent sur des montants peu importants, et qui plus est, en recul. Enfin, la Lituanie s’est vu décerner le statut d’économie de marché par les Etats-Unis en février 2003 (la même démarche a été faite par l’UE en 2001), ce qui devrait lui ouvrir de nouveaux marchés. Mais les réalisations du gouvernement sont moins probantes dans deux domaines : les privatisations qui ont pris un certain retard et, surtout, le niveau de vie de la population qui demeure globalement bas, la Berd allant jusqu’à estimer que 22,5 % des Lituaniens sont frappés par la pauvreté.



Lithuania Meeting the Social Challenge
In 2002, Lithuania’s efforts were rewarded by its 2004 admission to NATO and the EU. Preparations for the EU membership referendum which occupied all of the country’s leaders, were not in vain as there was a landslide for the “Yes”, with a very respectable turnout. Lithuania was able to find a solution acceptable to Moscow on the sensitive issue of Kaliningrad while continuing to maintain a pro-Atlantic stance within the Vilnius Group of Ten, as the Duma ratified the common border treaty which had been on hold since 1997. The unexpected January 2002 election of Rolandas Paksas to the presidency over the incumbent V. Adamkus, did not result in any changes in government, despite the controversies which broke out after the December 2002 municipal elections. A certain modus vivendi was reached between the head of State, who considers himself to be rightwing and whose party hopes to become an opposition force, on one hand, and the center-left government, on the other. Economic policy, led by the latter, merits little criticism : strong and lasting growth has been observed in all sectors of the economy, inflation is low and unemployment on the decline. State budget and current transaction deficits do not concern great sums and are falling. Lithuania also was named a market economy by the United States in February 2003 (as did the EU in 2001), which should open up new markets. Government success is less evident in two areas : privatizations have slowed down and, more importantly, the standard of living of the population remains generally low. The EBRD estimates that 22.5 % of Lithuanians live in poverty.

PLAN DE L'ARTICLE


POUR CITER CET ARTICLE

Géraldine Bertrand « Lituanie 2002-2003 », Le Courrier des pays de l'Est 6/2003 (n° 1036-1037), p. 107-120.
URL :
www.cairn.info/revue-le-courrier-des-pays-de-l-est-2003-6-page-107.htm.