2003
Le Courrier des Pays de l’Est
Lituanie 2002-2003
Relever le défi social
Géraldine Bertrand
Groupe de sociologie politique européenne (GSPE), Université de Münster, Allemagne. Manuscrit clos en juillet 2003.
En 2002, la Lituanie a vu ses efforts
couronnés par la confirmation de son
admission, en 2004, dans l’Otan et
dans l’UE. Si la préparation du référendum sur l’adhésion à l’UE a
mobilisé l’ensemble des dirigeants du
pays, toutes tendances confondues, ce
ne fut pas en vain puisque le «oui»
l’a emporté à une majorité écrasante,
avec un taux de participation fort
honorable. Par ailleurs, la Lituanie a
su proposer une solution acceptable
par Moscou à l’épineuse question de
l’enclave de Kaliningrad, moyennant
la ratification par la Douma du traité
sur les frontières communes, qui
dormait depuis 1997, tout en affichant
des sentiments pro-atlantistes dans le
cadre du groupe des Dix de Vilnius.
L’élection inattendue à la magistrature suprême, en janvier 2003, de
Rolandas Paksas, contre le Président
sortant, V. Adamkus, n’a pas entraîné
de changement d’équipe dans l’exécutif et, même si des controverses ont
éclaté à la suite des élections municipales de décembre 2002, un certain
modus vivendi s’est installé entre,
d’une part, le chef de l’Etat, qui se
dit à droite et dont le parti cherche à
devenir une force de l’opposition, et
d’autre part, un gouvernement de
centre gauche. La politique économique, conduite par ce dernier, ne
prête en effet guère à la critique : la
croissance, forte et durable, s’observe
dans tous les secteurs de l’économie,
l’inflation est faible et le chômage en
régression, les déficits du budget de
l’Etat et de la balance des transactions
courantes portent sur des montants
peu importants, et qui plus est, en
recul. Enfin, la Lituanie s’est vu
décerner le statut d’économie de
marché par les Etats-Unis en février
2003 (la même démarche a été faite
par l’UE en 2001), ce qui devrait lui
ouvrir de nouveaux marchés. Mais les
réalisations du gouvernement sont
moins probantes dans deux
domaines : les privatisations qui ont
pris un certain retard et, surtout, le
niveau de vie de la population qui
demeure globalement bas, la Berd
allant jusqu’à estimer que 22,5 % des
Lituaniens sont frappés par la
pauvreté.
In 2002, Lithuania’s efforts were
rewarded by its 2004 admission
to NATO and the EU. Preparations for the EU membership
referendum which occupied all
of the country’s leaders, were
not in vain as there was a
landslide for the “Yes”, with a
very respectable turnout.
Lithuania was able to find a
solution acceptable to Moscow
on the sensitive issue of Kaliningrad while continuing to
maintain a pro-Atlantic stance
within the Vilnius Group of Ten,
as the Duma ratified the
common border treaty which
had been on hold since 1997.
The unexpected January 2002
election of Rolandas Paksas to
the presidency over the
incumbent V. Adamkus, did not
result in any changes in
government, despite the controversies which broke out after
the December 2002 municipal
elections. A certain modus
vivendi was reached between
the head of State, who considers
himself to be rightwing and
whose party hopes to become
an opposition force, on one
hand, and the center-left
government, on the other.
Economic policy, led by the
latter, merits little criticism :
strong and lasting growth has
been observed in all sectors of
the economy, inflation is low
and unemployment on the
decline. State budget and
current transaction deficits do
not concern great sums and are
falling. Lithuania also was
named a market economy by
the United States in February
2003 (as did the EU in 2001),
which should open up new
markets. Government success
is less evident in two areas :
privatizations have slowed
down and, more importantly,
the standard of living of the
population remains generally
low. The EBRD estimates that
22.5 % of Lithuanians live in
poverty.
L’année 2002 a été couronnée de
succès : en novembre, à Prague,
la Lituanie a été invitée à intégrer
l’Otan et, en décembre, à Copenhague, l’Union européenne
(UE). A ces décisions qualifiées
d’historiques sont venus
s’ajouter, au printemps 2003, le
référendum d’adhésion, véritable plébiscite, et le règlement
de litiges avec la Russie sur
l’enclave de Kaliningrad et sur les frontières. Sur
le plan intérieur, l’élection surprise de Rolandas
Paksas, en janvier 2003, à la magistrature suprême
n’a pas entraîné de changement de gouvernement
et les priorités économiques et sociales sont
demeurées inchangées. La croissance est restée
forte en dépit d’une conjoncture internationale
déprimée, mais elle ne profite pas encore à tous :
rattraper le niveau de vie des Etats de l’UE devrait
être le prochain défi.
Des efforts honorés
à Prague et à
Copenhague
Récompensée pour le rythme de ses réformes, la
Lituanie intégrera l’UE en mai 2004. R. Paksas,
qui avait inquiété les milieux politiques européens
pour avoir prôné pendant la campagne présidentielle la renégociation de certains points de
l’accord conclu avec les Quinze, notamment dans
le secteur de l’agriculture, les a rassurés dès son
élection. Les priorités de la politique extérieure
lituanienne s’inscrivent dans la continuité :
l’intégration aux structures euro-atlantiques et
européennes et l’instauration de bonnes relations
avec les voisins.
La Lituanie a été le premier des Etats baltes à
organiser, les 10 et 11 mai 2003, un référendum
sur l’adhésion (la Slovénie et la Hongrie l’ont
précédée et l’Estonie et la Lettonie, plus
eurosceptiques par ailleurs, ont fixé le leur à
septembre 2003). En février 2003, les députés du
Seimas (Parlement), redoutant une abstention
massive, étant donné la faible participation à
l’élection présidentielle, ont amendé la loi référendaire
[1]. Pour valider le résultat de la consultation, la majorité simple des suffrages exprimés
(et non plus le tiers des inscrits) était désormais
requise, avec un taux de participation d’au moins
50 % ; le référendum se tiendrait sur deux jours
et les électeurs seraient autorisés à déposer leur
bulletin dans n’importe quel bureau de vote.
Le « oui » a mobilisé l’ensemble des formations
politiques, la Confédération industrielle,
constituée de chefs d’entreprises et de représentants de diverses associations sectorielles, mais
aussi les agriculteurs (17 % de la population
active), conscients qu’il n’y avait pas d’alternative à l’adhésion, ainsi que l’Eglise catholique,
rassemblant 75 % des Lituaniens. Les opposants,
qui se sont polarisés sur la fermeture de la centrale
nucléaire d’Ignalina (prévue pour 2009) et sur la
perte de l’identité nationale, comptaient davantage sur l’abstention que sur un vote de rejet, si
bien que leur campagne est restée terne.
Malgré une faible participation au soir du premier
jour (21 %), les appels insistants de la classe
politique à la mobilisation ont finalement été
entendus : 91 % des électeurs se sont prononcés
pour l’adhésion (95 % à Kaunas), avec une participation tout à fait honorable (63 %), relativement
uniforme sur l’ensemble du territoire, à l’exception des régions à fortes minorités polonaise et
russe, qui se sont moins mobilisées (la ville de
Visaginas et la région de Trakai)
[2].
La Lituanie souhaite également renforcer sa
participation à la Force d’action rapide de l’UE
en proposant de mettre à sa disposition trois bataillons motorisés (dont le Balbat, commun avec
la Lettonie et l’Estonie, et le Litpolbat, né d’une
coopération avec la Pologne), du matériel
(bateaux, hélicoptères) et deux équipes d’ingénieurs et de médecins militaires
[3].
Après de longues négociations, la question de
l’enclave de Kaliningrad, rendue particulièrement
sensible par le rattachement de la Lituanie à
l’espace Schengen, prévu pour 2007, a été
résolue. En novembre 2002, l’UE et la Russie ont
décidé que les résidents de Kaliningrad traversant la Lituanie pour se rendre dans le reste de la
Fédération de Russie utiliseraient un document
de transit simplifié, plus facile à obtenir et moins
onéreux qu’un visa. Mais des tensions sont vite
apparues à propos de l’application concrète de
cette mesure. Au printemps 2003, de nouveaux
pourparlers entre les trois partenaires concernés
(la Russie, la Lituanie et l’UE) ont abouti à un
compromis. Les Lituaniens acceptaient de
simplifier les formalités d’obtention du document
de transit
[4] et, en contrepartie, les députés de la
Douma russe ratifiaient le traité sur la reconnaissance des frontières entre la Russie et la Lituanie,
signé en 1997 et entériné par le
Seimas en 1999.
L’événement est à marquer d’une pierre blanche,
car c’est la première fois que les Russes ratifient
un accord sur le tracé des frontières avec une exrépublique soviétique
[5]. Dans le cas de la
Lituanie, en s’y refusant, ils espéraient bloquer
son entrée dans l’Otan
[6]. Celle-ci a estimé à plus
de 30 milliards d’euros la mise en œuvre des
accords sur le transit depuis et vers Kaliningrad,
tandis que la construction d’un train assurant la
liaison entre l’enclave et la Russie est à l’étude
(sans arrêt en Lituanie, pour éviter la procédure
des visas). Par ailleurs, entre 2004 et 2006, l’UE
versera à Vilnius 136 millions d’euros pour renforcer ses 920 kilomètres de frontières avec la
Biélorussie et la Russie qui deviendront, le 1
er mai
2004, celles de l’UE.
Parallèlement, la Lituanie prépare son adhésion
à l’Otan. Dans le cadre du Groupe de Vilnius,
qui réunit dix pays d’Europe centrale et orientale
candidats à l’Alliance, elle a apporté son soutien
à la politique anglo-américaine en Irak et s’est
engagée à y envoyer des troupes de maintien de
la paix. L’opération, approuvée par le
Seimas fin
mai 2003, devrait coûter 1,2 million d’euros au
budget de la défense. Ce signal fort à destination
des partenaires atlantiques fait écho à la ratification à l’unanimité par le Sénat américain en mai
2003 du protocole d’accession de la Lituanie à
l’Otan
[7]. Enfin, en juin 2003, l’entreprise de
construction Montuotojas a été la première à avoir
été invitée à prendre part à la reconstruction de
l’Irak
[8].
Mais lors de la réunion du Conseil Otan-Russie à
Madrid, le 4 juin 2003, la Russie s’est inquiétée
des délais de ratification du Traité FCE (Forces
conventionnelles en Europe), qui a fait l’objet
d’une version adaptée en 1999. Or, la ratification
de cette dernière par les trente pays signataires,
dont les Etats-Unis et la Russie, est constamment
retardée en raison du différend entre Washington
et Moscou sur les troupes russes basées dans
d’anciennes républiques soviétiques (Géorgie et
Moldavie)
[9]. Les Etats-Unis n’ont en effet pas
ratifié le traité renégocié. La Russie redoute aussi
le stationnement de troupes de l’Otan à ses
frontières. En avril 2003, le commandant en chef
des forces alliées en Europe du Nord affirmait
que l’Otan n’entendait pas installer de bases
militaires en Lituanie, mais il n’excluait pas la
présence de troupes ou d’officiers de
l’Alliance
[10]. Il était contredit en juin 2003 par le
ministre de la Défense lituanien qui voyait dans
leur implantation un moyen de protéger le pays
en cas de danger.
Enfin, l’existence même du Groupe de Vilnius a
été remise en cause en mai 2003 après l’échec de
l’adhésion groupée de ses membres à l’Otan (au
sommet de Prague de novembre 2002, seuls sept
d’entre eux ont été retenus), qui était son objectif
initial. Les autorités lituaniennes ont proposé, non
de le dissoudre, comme le proposaient les
Estoniens et les Slovènes, mais de l’élargir à la
Géorgie, l’Ukraine et l’Azerbaïdjan
[11]. La
Lituanie tentait ainsi de se positionner sur la scène
internationale en tant que pont entre l’Est et
l’Ouest.
La scène politique
intérieure rythmée
par les échéances
électorales
L’hiver 2002 et le printemps 2003 ont vu se
succéder les élections présidentielle, municipales
et le référendum sur l’adhésion, dont les différents enjeux ont bien été compris par les
Lituaniens. Tout d’abord, l’élection confortable
de R. Paksas à la présidence de la République a
créé la surprise. Certes, en cinq ans d’activités
politiques, ce dernier avait déjà un beau palmarès :
il avait été deux fois maire de Vilnius et à deux
reprises Premier ministre ; par ailleurs, il avait
adhéré au parti conservateur, puis libéral, avant
de fonder le Parti libéral démocrate. Mais les
sondages annonçaient la victoire facile du
Président sortant, V. Adamkus, ancien émigré
américain dont le nom était associé à l’intégration euro-atlantique. Comme prévu, le 22 décembre
2002, ce dernier est arrivé en tête (35,5 % des
suffrages exprimés), devançant largement
R. Paksas, qui venait en deuxième position
(19,6 % des voix). Entre les deux tours, la plupart
des partis politiques, comme les médias, ont
appelé à réélire le Président sortant. Pourtant, le
5 janvier 2003, R. Paksas, diplômé de l’université de Léningrad, n’ayant guère d’expérience de
l’Ouest et ne parlant pratiquement pas l’anglais,
était élu président de la République de Lituanie
avec 54,71 % des voix, contre 45,29 % pour son
adversaire.
L’explication de cette victoire tient dans la
campagne menée par le jeune candidat libéral qui
a su séduire les électeurs, tant par ses acrobaties
aériennes que par ses promesses diverses : réduction de la pression fiscale, rétablissement de la
peine de mort pour les trafiquants de drogue,
renégociation de certaines conditions d’accession
à l’UE, notamment dans les domaines agricole et
énergétique, remaniement du gouvernement ou
encore renforcement des liens avec la Russie
[12].
A la différence de V. Adamkus, il a courtisé les
électeurs d’origine polonaise (6,9 % de la population) et russe (8,1 %), n’hésitant pas, dans le
cas de ces derniers, à s’exprimer dans leur langue
maternelle. R. Paksas, qui se présente comme un
homme de droite, a pourtant obtenu moins de voix
de cet électorat (46 %) que son rival (54 %). Il
est l’élu des jeunes, des ruraux, des plus pauvres
et surtout des minorités polonaises (76 %) et russe
(77 %)
[13]. En revanche, V. Adamkus, sûr d’être
réélu, a mené une campagne morne qui explique
en partie la forte abstention (48 % au second tour).
Aux élections municipales qui se tenaient le même
jour que le premier tour de l’élection présidentielle (le 22 décembre 2002), le Parti socialdémocrate, actuellement au pouvoir, est arrivé en
tête, suivi du Parti des paysans, du Parti de la
nouvelle démocratie et de l’Union de la patrie.
Dans l’opposition, Union libérale a obtenu de
bons résultats dans la plupart des grandes villes
(Vilnius, Kaunas et Klaipeda) et s’est imposée
comme la formation libérale la plus crédible face
à son concurrent, le Parti libéral démocrate, alors
dirigé par R. Paksas.
L’organisation du référendum sur l’adhésion en
mai 2003 a obligé le nouveau Président, entré en
fonction en février, le gouvernement et le
Seimas
à faire campagne d’une seule et même voix en
faveur de l’accession à l’UE. Dans ces conditions,
R. Paksas ne pouvait tenir ses promesses de
remaniement de l’équipe au pouvoir et a confirmé
A. Brazauskas,
leader du Parti social démocrate,
à la tête du gouvernement de coalition de centre
gauche (Parti social démocrate et Union nouvelle/
Sociaux-libéraux) qui dirige le pays depuis juillet
2001. Seul le ministre de la Santé,
R. Dobrovolskis (Union nouvelle), impopulaire
depuis l’augmentation des prix des produits
pharmaceutiques
[14], a été remplacé par le socialdémocrate, J. Olekas. La nomination de ce dernier
a été dénoncée par A. Paulauskas, porte-parole
du
Seimas et
leader de Union nouvelle, qui s’est
plaint de la perte d’influence de son parti au sein
de la coalition gouvernementale.
La scène politique lituanienne a cependant connu
quelques controverses au printemps 2003. L’élection de G. Pavirzis (social-démocrate) à la mairie
de Vilnius a été mise en cause par les conseillers
municipaux libéraux : le 6 juin 2003, le tribunal
administratif de Vilnius invalidait le scrutin du
22 décembre 2002 dans la capitale, car trois des
51 conseillers municipaux ayant élu le maire
n’étaient pas autorisés à voter du fait qu’ils
cumulaient leur mandat local avec un siège au
Seimas, ce qu’une loi constitutionnelle interdit
depuis décembre 2002. Officieusement, R. Paksas
était soupçonné d’avoir négocié avec les sociauxdémocrates le départ du maire sortant, A. Zuokas,
(Union libérale), qui avait critiqué son discours
d’inauguration à la présidence
[15]. Finalement ce
dernier a été réélu le 25 juin. Par ailleurs, des
manifestations ont eu lieu en avril contre le renvoi
par le gouvernement du Commissaire général de
la police, V. Grigaravicius, que sa lutte contre le
crime organisé à Kaunas avait rendu populaire.
Celui-ci, accusé d’avoir recueilli illégalement des
informations sensibles sur des personnalités
politiques lituaniennes
[16], a pu réintégrer ses
fonctions après avoir reçu de nombreux soutiens,
dont celui de V. Adamkus.
Les difficultés pourraient s’accentuer à l’approche
des élections législatives de 2004. Le gouvernement doit en effet faire face à deux défis : la
fusion, en janvier 2003, de trois partis de l’opposition de droite, − Union libérale, Union du centre
et Union démocrate-chrétienne moderne −, et la
lutte engagée par le Parti libéral démocrate, fondé
par R. Paksas en mars 2002, pour devenir le
principal parti de centre droit. Même s’il a obtenu
moins de voix que Union libérale aux élections
municipales, sa popularité ne cesse de se
renforcer : fin avril 2003
[17], il était en deuxième
position dans les sondages (12,6 %) derrière le
Parti social-démocrate (16,5 %) mais devant
Union libérale (10,5 %). Il est probable que le
Président va user de sa position pour tenter
d’influer sur les résultats électoraux de sa formation politique. Si la vigoureuse croissance économique et le bas niveau du déficit budgétaire
rendent difficile la critique de la politique économique du gouvernement, R. Paksas pourrait, en
revanche, s’en prendre à la politique sociale en
raison des faibles retraites et du taux de chômage
encore élevé.
Mais le score du Parti libéral démocrate aux élections de 2004 risque aussi de dépendre de la
perception qu’ont les électeurs de la présidence
de R. Paksas. Or, ce dernier a déjà défrayé la
chronique. Il a d’abord été accusé de corruption
pour avoir reçu, lors de la campagne présidentielle, un don (348 000 euros) de Avia Baltika,
entreprise de maintenance d’hélicoptères liée à
des producteurs d’armes russes
[18]. La contestation est montée d’un cran lorsqu’il a attribué, par
décret et à titre exceptionnel pour ses généreux
services, la citoyenneté lituanienne au directeur
(russe) de cette entreprise
[19]. De plus, la presse
dénonce régulièrement l’influence de la voyante
géorgienne qui est en permanence à ses côtés et
sans laquelle, selon ses propres dires, il n’aurait
pu devenir Président
[20].
En 2002, malgré le ralentissement de l’économie
mondiale, la Lituanie a connu une année exceptionnelle. La croissance (+ 5,9 %)
[21] y a été
soutenue par la hausse de la production dopée
par les réformes structurelles et par l’essor des
services. Le chômage a légèrement diminué et la
demande intérieure a repris (+ 6,3 %). Ni la forte
progression des ventes au détail, ni l’augmentation des salaires n’ont eu d’effet sur le cours de
l’inflation qui est demeurée faible (0,4 % en
moyenne annuelle). Les déficits du budget et de
la balance des transactions courantes ont reculé
(respectivement 1,2 % du PIB en 2002 contre
1,9 % en 2001 et 3,7 % contre 4,8 %)
[22]. La dette
publique s’élevait à 26 % du PIB
[23], mais 70 %
avaient été contractés à l’extérieur
[24]. Cependant
les fruits de la croissance sont inégalement
répartis et l’écart entre quelques grandes villes
(Vilnius et Klaipeda) et le reste du pays, moins
favorisé, va se creusant
[25].
● Les aléas de la production
industrielle
L’industrie, qui représente 22 % du PIB, a vu sa
production freinée (3,9 % en 2002 contre 16,9 %
en 2001) par le ralentissement des approvisionnements en pétrole russe. Mais, en septembre
2002, le rachat par Yukos (Russie) du complexe
pétrolier Mazeikiu Nafta a permis de stabiliser
les livraisons. En janvier 2003, la production de
la raffinerie a repris (après une chute de 3 % en
2002), les exportations depuis Butinge, son
terminal
offshore, ayant augmenté dès 2002
(+ 20 %). Pour minimiser les pertes dues aux
à-coups des approvisionnements, notamment
pour cause d’intempéries, trois réservoirs de
pétrole devraient être construits
[26]. Yukos se
montre également intéressé par l’ouverture du
capital de Klaipedos Nafta, l’opérateur public du
terminal de produits pétroliers du port de
Klaipeda, en pleine expansion (son chiffre
d’affaires a augmenté de 30 % en un an) et moins
longtemps pris par les glaces que celui de Butinge.
Hors pétrole, le secteur énergétique a réalisé des
profits confortables. Lietuvos Dujos (Gaz de
Lituanie) a vu son chiffre d’affaires croître de
20 % en 2002 ; entre le premier trimestre de 2002
et le premier trimestre de 2003, la centrale
nucléaire d’Ignalina a augmenté sa production de
25 % et ses exportations de 30 % et a enregistré
pour la première fois depuis sept ans des bénéfices
[27] ; nergie de Lituanie est également
bénéficiaire, 30 % de son chiffre d’affaires
provenant du marché intérieur et 50 % de ses
exportations, qui ont repris notamment vers la
Biélorussie, Kaliningrad, la Lettonie, l’Estonie et
la Pologne. La situation devrait changer avec la
fermeture de la centrale, prévue pour 2009, dans
la mesure où celle-ci fournit 75 % de l’électricité
de la Lituanie. En compensation, l’UE a accepté
de verser 210 millions d’euros pour réorganiser
ses installations énergétiques, une somme qui,
combinée avec d’autres aides, va placer le pays
en deuxième position après Malte pour le montant
des fonds structurels par habitant.
● Le plein essor des services
et la reprise de la demande
intérieure
La croissance industrielle s’est accompagnée d’un
développement particulièrement dynamique des
services, comme les télécommunications et
surtout les transports. En 2002, ce dernier secteur,
qui représente 13,6 % du PIB, a vu son activité
progresser de 9,2 %. Le port de Klaipeda a enregistré un accroissement du fret de 14 % en 2002,
ce chiffre recouvrant des hausses plus fortes
encore pour les produits pétroliers (+ 30 %), qui
représentent un tiers du total, et pour les engrais
(+ 21 %). Mais Klaipeda a moins attiré les investissements que les autres ports de la région (Saint-Pétersbourg, Tallinn, Ventspils) et risque dans
l’avenir de souffrir de la concurrence des Russes
qui développent leurs infrastructures sur la
Baltique (Primorsk, Ust-Luga). En janvier 2003,
ces derniers ont d’ailleurs suspendu leurs exportations de céréales à partir de Klaipeda, ce qui
remet en cause le projet de construction d’un
terminal pour les grains principalement dédié au
commerce avec la Russie
[28].
Principaux indicateurs économiques de la Lituanie en 1995-2002
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002
PIB (variation en %) 3,3 4,7 7,3 5,1 - 3,9 3,8 5,9(1) 5,2(1)
Production industrielle
(variation en %) 5,3 5,0 3,3 8,2 - 11,2 5,3 16,9 3,9(1)
Production agricole
(variation en %) 11,0 12,6 8,6 - 5,2 - 14,5 5,4 - 8,5(1) nd
Ventes au détail
(variation en %) 8,7 5,0 12,9 9,2 - 5,0 10,9 9,8 14,2(2)
Formation brute
de capital fixe
(variation en %) nd 10,9 20,1 10,9 - 6,3 - 3,9 8,7 18,4(3)
Taux de chômage
officiel (en % des actifs,
en décembre) 7,3 6,2 6,7 6,9 10,0 12,6 12,9 10,9
Indice des prix
à la consommation
(moyenne annuelle, %) 39,5 24,7 8,8 5,1 0,8 1,0 1,5 0,4
Solde budgétaire
(en % du PIB) - 4,8 - 3,8 - 2,1 - 5,5 - 8,4 - 3,1 - 1,9 - 1,5(1)
Exportations
de marchandises
(en millions de dollars) 2 706 3 413 4 192 3 962 3 147 4 050 4 889(1) 5 207(1)
Importations
de marchandises
(en millions de dollars) 3 404 4 309 5 340 5 480 4 551 5 154 5 997(1) 6 447(1)
Balance commerciale
(en millions de dollars) - 698 - 896 - 1 148 - 1 518 - 1 404 - 1 104 - 1 108(1) - 1 240(1)
Balance des transactions
courantes (en % du PIB) - 10,2 - 9,2 - 10,2 - 12,1 - 11,2 - 6,0 - 4,8 - 3,7(3)
Dette extérieure brute
(en % du PIB) nd nd 33 nd 43 43 44 43(4)
Investissements directs
étrangers (en millions
de dollars) 72 152 328 921 478 375 439(1) 395(1)
(1) Estimation (2) Janvier-octobre (3) Janvier-septembre (4) Fin septembre
Source : Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et années antérieures ; Berd, Transition
Report 2002.
Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et années antérieures ; Berd, Transition
Report 2002.
La vigueur de l’activité, en 2002, de secteurs
comme la construction (6 % du PIB, hausse de
11,4 % en un an), le commerce (respectivement
15,6 %, + 7,5 %) et le tourisme a confirmé la
reprise de la demande intérieure. Même en
excluant les produits de la branche automobile,
élément important pour le chiffre d’affaires du
commerce de détail, ce dernier a enregistré en
2002 une hausse de 12 %. Quant à l’agriculture,
qui contribue au PIB pour 7,8 %, elle a enfin
connu une hausse de sa production (+ 10,4 % en
2002) et a ainsi pu mieux satisfaire le marché
intérieur et l’industrie agroalimentaire
[29].
● Le commerce extérieur :
entre l’UE et la Russie
C’est avec satisfaction qu’en février 2003 la
Lituanie s’est vu décerner le statut d’économie
de marché par les Etats-Unis, la même démarche
ayant été faite par l’UE en 2001. Ce changement
devrait lui ouvrir de nouveaux marchés, alors que
son commerce extérieur, toujours dynamique, se
ressent du ralentissement de la croissance économique européenne et de la hausse du prix du
pétrole brut.
En 2002, les médiocres performances du secteur
pétrolier ont ralenti la progression des exportations et des importations ; le déficit commercial
s’est creusé (+ 11,9 % contre + 0,3 % en 2001).
A la fin de l’année, la reprise de la production de
produits minéraux (19 % du total des exportations) a réactivé les échanges, en particulier avec
les pays de la CEI. Hors secteur pétrolier, les
résultats sont meilleurs (+ 20 % pour les exportations et + 16 % pour les importations)
[30]. En
2002, la Lituanie a exporté vers le Royaume-Uni
(14 % du total, surtout du textile), la Russie (12 %
du total, les exportations de véhicules de transport se sont accrues de 90 %), l’Allemagne (10 %,
en baisse), la Lettonie (9 %, part en baisse en
raison de la chute de la production de Mazeikiu
Nafta). L’UE reste son principal partenaire
commercial (48 % de ses exportations et 45 % de
ses importations)
[31], mais la conjoncture y étant
peu favorable aux échanges, en particulier en
Allemagne, une partie des exportations lituaniennes
s’est dirigée vers la Russie (+ 22 %).
En 2002, les importations de la Lituanie ont surtout
été composées de produits minéraux (18 % du
total), de machines et équipements (17 %), de
matériels de transports (16 %), de produits chimiques
(8 %), d’articles textiles et de vêtements (8 %).
Elles provenaient de Russie (21 %), d’Allemagne
(17 %), d’Italie (5 %) et de Pologne (5 %)
[32].
Les relations France-Lituanie
En mai 2003, le président Paksas s’est rendu en France où il a été reçu par une délégation
de chefs d’entreprises du Medef-International. Il a salué l’augmentation des échanges
entre les deux pays, la France occupant désormais la 7e place pour ses exportations et
la 5e pour ses importations. Au 1er janvier 2003, le montant des investissements français
en Lituanie atteignait 42 millions d’euros (soit 1,3 % du total des investissements étrangers
dans le pays) et des entrepreneurs français, dont les représentants de Thales, Dalkia,
Cogema, EDF, ont proposé d’organiser des forums commerciaux pour faire de nouveaux
adeptes.
R. Paksas a exprimé le souhait que la coopération de la Lituanie avec la France soit
consolidée dans le domaine énergétique. Afin de conforter l’indépendance de la république
balte, il a sollicité et obtenu le soutien de J. Chirac sur un certain nombre de projets
d’infrastructures, comme la construction d’une nouvelle centrale nucléaire pour remplacer
celle d’Ignalina. « Je suis bien convaincu de l’importance de ce projet et vous pouvez
être sûr que je me ferai l’avocat devant l’UE des questions de mise en œuvre des projets
d’infrastructures »
[*] a déclaré le Président français, effaçant par là même les tensions
entre les deux Etats, nées du soutien apporté par la Lituanie à la politique américanobritannique en Irak.
Les importations françaises en provenance de Lituanie se sont élevées à 375,8 millions
d’euros (+ 1,7 % par rapport à 2001). Elles se composent de combustibles et de carburants
(32 % du total, mais - 14 % par rapport à 2001), de produits chimiques en caoutchouc ou
en plastique (21 %, + 28 %), de composants électriques et électroniques (17 %, + 18 %),
d’équipements du foyer (8 %), d’habillement et de cuir (6 %). Les ventes de bateaux,
avions, trains, motos, mais aussi de produits pharmaceutiques, de parfumerie et
d’entretien ont connu les croissances les plus fortes.
Les exportations françaises ont, quant à elles, augmenté de 16 % en 2002, pour atteindre
276,6 millions d’euros (la balance commerciale est donc déficitaire au détriment de la
France). Elles étaient constituées de composants électriques et électroniques (14 %
du total, + 54 % par rapport à 2001), de produits de l’industrie automobile (14 %),
de produits chimiques, en caoutchouc ou en plastique (13 %), de produits de l’industrie
textile (10 %) et de produits pharmaceutiques, de parfumerie et d’entretien (8 %).
Les échanges France – Lituanie,
2000-2002 (millions d’euros)
2000 2001 2002
Exportations (fob) 188,9 238,0 276,6
Importations (cif) 236,4 369,5 375,8
Solde - 47,5 - 131,5 - 99,2
Source : Douanes françaises.
Douanes françaises.
● Les finances publiques
L’année 2002 s’inscrit dans la continuité d’une
politique de rigueur et d’une croissance forte, qui
ont consolidé la position fiscale de la Lituanie.
Cependant, les recettes budgétaires ont été moins
fructueuses que prévu : à la baisse de la TVA sur
de nombreux produits se sont ajoutées des
carences dans le recouvrement de l’impôt. Pour
endiguer le marché noir, l’application de droits
d’accise sur le tabac, l’alcool et les carburants a
été particulièrement contrôlée. Les recettes
provenant de l’impôt sur le revenu (reflétant la
reprise de l’emploi et la hausse des salaires réels)
ainsi que celles perçues par les collectivités
locales ont été satisfaisantes. Mais ce ne fut pas
le cas pour celles procurées par l’impôt sur les
bénéfices des entreprises et par la nouvelle taxe
sur les jeux d’argent
[33].
Le budget 2003 prévoit un déficit de 1,5 % du
PIB
[34], mais il pourrait être plus important compte
tenu des pressions, qui ne manqueront pas de
s’exercer sur le gouvernement à l’approche des
élections législatives de 2004, et des coûts
d’accession à l’UE (environ 0,6 % du PIB
prévu)
[35]. Des mesures ont été introduites pour
stabiliser les revenus, comme la réduction du taux
d’imposition sur les bénéfices des entreprises et
l’introduction d’un impôt sur les profits réinvestis.
Le FMI s’est cependant publiquement inquiété
de la baisse probable des recettes qui pourrait
remettre en cause les réformes en cours, alors
qu’une hausse des dépenses sociales est envisagée.
A court terme, le gouvernement doit donc améliorer la collecte de l’impôt, achever les privatisations et réformer les retraites (avec l’introduction d’un système de cotisations volontaires
associées à des contributions gouvernementales
et à des incitations fiscales). L’administration doit
également se montrer plus efficace dans l’utilisation des fonds pendant la période de préadhésion.
● Retards dans les
privatisations
En novembre 2002, la Commission européenne
a salué les efforts réalisés par la Lituanie pour
attirer les investissements directs étrangers (IDE)
(+ 18 % de janvier à octobre 2002). Les principaux investisseurs ont été la Suède (17 %), le
Danemark (16 %), l’Estonie (10 %), l’Allemagne
(10 %), les Etats-Unis (9 %), la Finlande (6 %),
la Russie (6 %) et le Royaume-Uni (5 %).
L’industrie manufacturière (qui absorbe 30 % des
IDE) est le secteur de prédilection, suivi de
l’intermédiation financière (20 %), du commerce
(17 %) et des services de communications
(14 %)
[36]. Comme l’a indiqué Ikea (Suède), en
signant toute une série de contrats avec la Lituanie
au détriment de l’Estonie, le faible coût de la
main-d’œuvre constitue le principal facteur
attractif
[37].
En 2002, les recettes tirées des privatisations ont
été inférieures de 25 % à celles de 2001
[38], mais
le processus devrait reprendre en 2003 : le
démantèlement du monopole d’Etat sur les
boissons alcoolisées a pris effet en juillet 2003 et
le marché des télécommunications est désormais
dérégulé. Mais, à l’automne 2002, le
Seimas a
adopté des mesures restrictives dans les domaines
stratégiques des transports et de l’énergie : dix
entreprises sont exclues de la privatisation (dont
la centrale nucléaire d’Ignalina, les services
postaux, les aéroports de Vilnius, de Kaunas et
de Palanga, l’Autorité portuaire de Klaipeda, le
service de contrôle aérien) ; dans sept autres,
l’Etat restera actionnaire majoritaire (le centre de
radiodiffusion radiophonique et télévisuel,
Lietuvos Energija, l’aéroport de Siauliai,
Klaipedos Nafta, les Chemins de fer lituaniens et
deux entreprises de distribution d’eau). Dans
d’autres enfin, si ce n’est déjà fait, il peut céder la
majorité de ses parts : Mazeikiu Nafta, les
compagnies d’électricité encore publiques,
Lietuvos Dujos (Gaz de Lituanie), la Compagnie
de télécommunications et l’usine d’engrais
Achema.
Dans le domaine des transports, le gouvernement
devrait privatiser, dans le courant de 2003, la
compagnie maritime Lietuvos Juro Laivininkyste
(66,6 % de ses parts), celle de Klaipeda Klaipedos
Transporto Laivynas (80,89 %) et les Chemins
de fer lituaniens en cours de restructuration. La
mise en vente de 34 % (voire 66 %) du capital de
la compagnie aérienne nationale Lithuanian
Airlines n’a attiré que SAS (Scandinavie) qui, en
juin 2003, a retiré sa candidature.
L’opposition de centre droit a dénoncé la présence
des Russes dans le secteur sensible de l’énergie.
En septembre 2002, Yukos (Russie) est devenu
le principal actionnaire de Mazeikiu Nafta, en
rachetant 53,7 % des parts, après le retrait de
l’Américain Williams International. En avril
2003, Gazprom s’est porté acquéreur de la
centrale thermique de Kaunas (qui couvre 80 %
des besoins en chauffage de la ville) pour 33,2
millions d’euros. Le groupe russe devrait investir
au moins 115 millions d’euros dans la modernisation des infrastructures et s’est engagé à ne pas
augmenter ses tarifs pendant cinq ans
[39]. Gazprom
est également le seul candidat sélectionné par le
gouvernement pour l’achat de 34 % de Lietuvos
Dujos (Gaz de Lituanie), mais la conclusion de
l’affaire a été reportée en raison de différends sur
le prix d’acquisition et sur le prix de vente du
gaz. Le gouvernement devrait encore céder
Suskystintos Dujos (Gaz liquéfié), ainsi que 12 %
du capital de Mazeikiu Nafta à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.
Dans le secteur de l’électricité, le gouvernement
a prévu d’ouvrir, en 2003, le capital des deux
sociétés de distribution du pays, Vakaru
Skirstomieji Tinklai (VST) et Rytu Skirstomieji
Tinklai (RST). Il entend investir 5 % des revenus
issus de leur privatisation (et 10 % de ceux
provenant de la vente des actions de Lietuvos
Telekomas) dans l’indemnisation des Lituaniens
spoliés de leurs biens fonciers ou mobiliers durant
la période soviétique. Enfin, afin d’éviter une trop
grande dépendance énergétique, l’ensemble de
la classe politique soutient le projet de construction d’une centrale nucléaire pour succéder à celle
d’Ignalina.
● Un système bancaire
en bonne santé
En 2002, la Banque de Lituanie a détaché le litas
du dollar pour l’arrimer à l’euro. Elle a augmenté
ses réserves en devises (+ 17 % en un an) et a
réussi à maintenir les prix stables (la baisse des
prix des biens de consommation et des services a
été neutralisée par l’augmentation des loyers et
des tarifs des transports, de l’eau, de l’électricité,
du gaz, de l’essence et autres produits pétroliers).
Pour son gouverneur, l’adhésion à la zone euro
pourrait se faire en 2006, soit seulement deux ans
après l’entrée dans l’UE et l’adoption du Mécanisme de change européen (MCE II). Le pays
compte pendant cette période parvenir à remplir
les critères de Maastricht, tandis que la Banque
centrale européenne insiste pour que la Lituanie
concentre ses efforts sur l’amélioration du niveau
de vie de sa population, qui se situe loin derrière
la moyenne des Quinze.
Quand elle a emprunté sur les marchés internationaux, la Lituanie a bénéficié de conditions
favorables et a émis pendant deux années de suite
des euro-obligations sur dix ans (pour un montant
de 400 millions d’euros en 2003). Ses dix banques
commerciales et ses quatre filiales étrangères ont
réalisé en 2002 leur meilleur chiffre d’affaires
depuis l’indépendance : la Vilnius Bank est
arrivée en tête (36,6 millions d’euros), suivie de
la Hansa-LTB (14 millions d’euros). Seules trois
banques, la Lietuvos Zemes Ukio (Crédit agricole de Lituanie), Sampo Bank et la filiale de
Nordea (ex-Merita Bank) ont été déficitaires
(16,7 millions d’euros au total pour les trois). Les
banques ont vu progresser leurs actifs et leurs
prêts (respectivement + 12 % et + 22 % en 2002).
Les taux d’intérêt ont été abaissés (de 8,1 % en
2001 à 6,1 % en 2002), en raison d’une stratégie
plus offensive à l’égard de la clientèle de la part
du secteur bancaire, et le marché des prêts
immobiliers, partiellement subventionnés par
l’Etat, s’est développé (+ 45 % à Vilnius en 2002).
Les dépôts ont augmenté (+ 12 %) en dépit de
leur faible rendement (leur taux de rémunération
est passé de 2,8 % fin 2001 à 1,5 % fin 2002)
[40].
Enfin, les Russes ont fait leur entrée dans le
secteur bancaire lituanien : la Konversbank,
institution financière russe de petite taille et peu
connue, a pris le contrôle du quatrième établissement du pays, la Snoras Bank, en acquérant, en
mars 2003, la compagnie d’investissement
Incorion (Luxembourg) qui détient officiellement
la banque lituanienne. Cette astuce juridique a
permis à la Konversbank de détourner la législation en vigueur dans son pays, qui limite la participation russe dans des institutions financières
étrangères et d’éviter la procédure d’approbation
de la Banque de Lituanie, obligatoire dans le cas
d’une prise de contrôle direct. Selon le directeur
de la Snoras Bank, la Konversbank a été choisie
comme acquéreur pour « favoriser l’afflux de
capitaux russes dans le secteur bancaire lituanien »
[41].
Des inégalités sociales
en partie masquées
En 2002, le taux de chômage s’est enfin infléchi
(10,9 % contre 12,9 % en 2001)
[42], mais ce chiffre
est nettement inférieur dans les grandes villes,
qui attirent déjà la plupart des investissements
étrangers (6 % à Vilnius en février 2003). Un
continuel glissement des emplois s’est opéré en
direction du secteur tertiaire (31 % des actifs au
troisième trimestre de 2002). La mobilité est
cependant freinée par le peu d’emplois créés dans
le secteur privé, par des infrastructures de
transport encore insuffisantes et par le manque
de logements. En 2002, le salaire moyen mensuel
a atteint l’équivalent de 300 euros, la hausse ayant
été plus forte dans le secteur privé (+ 8,6 %) que
dans le public (+ 6,5 %). Mais les agents de l’Etat
sont toujours mieux rémunérés, avec des salaires
de 5 % plus élevés que ceux du privé et les inégalités entre hommes et femmes persistent : les
premiers sont touchés par le chômage dans des
proportions sensiblement identiques à celles que
connaissent les femmes, mais leurs salaires sont
plus élevés (de 24 % en moyenne) que ceux des
femmes.
Le recul du chômage et l’augmentation des
salaires ont dynamisé la demande intérieure et le
contenu du panier de la ménagère a été quelque
peu modifié : l’alimentation est toujours le poste
principal, mais sa part dans le budget des ménages
a diminué au profit notamment des vêtements
(38 %) et des services (17 % pour les restaurants
et les bars)
[43].
Toutefois, certains indicateurs sociaux sont alarmants. Signe que la croissance ne profite pas à
tous, la pauvreté toucherait, selon la Berd, 22,5 %
de la population
[44]. En mai 2003, les agriculteurs
ont vu leurs revenus chuter de 35 % sur un an et
ont manifesté leur colère en bloquant les postesfrontières ; ils ont, par ailleurs, exigé que le
gouvernement rouvre les négociations avec l’UE
sur les subventions agricoles, certains députés
ayant promis, pendant la campagne référendaire,
d’obtenir une aide supplémentaire pour les
producteurs de produits de base (viande et
céréales) et d’augmenter le prix du lait fixé par
l’Etat
[45]. Enfin, la Lituanie enregistre un taux de
suicide particulièrement élevé (44 pour 100 000
habitants contre une moyenne européenne de 25
pour 100 000), phénomène que le gouvernement
a entrepris de combattre en adoptant un
programme de prévention pour 2003-2005
[46].
2002
12 janvier
Rolandas Paksas est exclu de l’Union libérale.
18 janvier
Valdas Adamkus est reçu par G. W. Bush à la
Maison-Blanche. Le Président américain salue les
efforts déployés par la Lituanie en vue de son
adhésion à l’Otan et la remercie pour son soutien
à la lutte contre le terrorisme et sa participation
active aux opérations de maintien de la paix en
ex-Yougoslavie.
2 février
La Banque de Lituanie détache le litas du dollar
et l’arrime à l’euro. Le taux de change officiel
est de 3,4528 litas pour 1 euro.
23 février
La conférence fondatrice du Forum lituanien sur
l’avenir de l’Europe se réunit à Vilnius dans le
but de mieux informer la population sur les enjeux
européens et sur la place de la Lituanie dans l’UE.
9 mars
R. Paksas fonde le Parti libéral démocrate, dont
il est élu président ; quelques jours plus tard, il se
déclare candidat à l’élection présidentielle.
14 mars
Le président V. Adamkus assiste au Conseil
Affaires générales et relations extérieures de l’UE
à Barcelone. C’est la première fois que la Lituanie
participe à une rencontre de ce type.
2 avril
Discours annuel du président V. Adamkus au
Seimas : l’intégration euro-atlantique reste la
priorité de la politique étrangère, mais passe par
la consolidation de la démocratie, en particulier
par la création d’un système de partis stable.
4-5 avril
Organisation des « Journées de l’Otan » dans tout
le pays pour promouvoir l’Alliance atlantique
auprès de la population.
7-10 mai
AgroBalt 2002, la plus grande foire agricole des
pays baltes, a lieu à Vilnius : 483 entreprises agricoles venant de 24 pays différents y participent.
7 juin
Le gouvernement annonce qu’il est prêt à arrêter
le deuxième réacteur de la centrale nucléaire
d’Ignalina en 2009, à la condition d’obtenir une
aide financière de l’UE. Cette décision permet à
la Lituanie de clore le chapitre sur l’énergie dans
ses négociations d’adhésion.
20 juin
Les députés du Seimas amendent la Constitution :
les ressortissants étrangers résidant en Lituanie
pourront voter et se porter candidats aux élections municipales dès 2006. Celles-ci seront
organisées désormais tous les quatre ans (au lieu
de tous les trois ans).
11 novembre
L’UE et la Russie signent un accord stipulant qu’à
partir du 1er juillet 2003 des documents de transit
facilité (FTD) seront délivrés, gratuitement ou
pour un faible montant, par la Lituanie aux voyageurs (Russes, Biélorusses ou Ukrainiens)
traversant son territoire en train ou en voiture pour
se rendre à Kaliningrad (ou quitter l’enclave). Ce
système sera réexaminé au plus tard en 2005.
21-22 novembre
Au sommet de l’Otan à Prague, la Lituanie est
invitée avec sept autres Etats à rejoindre
l’Alliance atlantique en 2004.
10 décembre
Le Seimas approuve le budget pour 2003.
13 décembre
Au sommet de Copenhague, l’Europe franchit une
étape historique en confirmant l’entrée de dix
nouveaux Etats, dont la Lituanie. Cette décision
prendra effet en mai 2004.
22 décembre
Premier tour de l’élection présidentielle :
V. Adamkus, le Président sortant, arrive en tête
avec 35,5 % des suffrages ; il est suivi de
R. Paksas, leader du Parti libéral démocrate
(19,6 %). Les élections municipales sont
remportées par le Parti social-démocrate.
2003
5 janvier
Victoire surprise mais confortable de R. Paksas
(54,71 % des suffrages contre 45,29 % pour
V. Adamkus) à l’élection présidentielle. Le taux
de participation n’est que de 52,65%.
23 janvier
Le Seimas approuve l’amendement à l’article 47
de la Constitution autorisant la vente de terres
agricoles à des personnes morales ou physiques
étrangères.
5 février
Les ministres des Affaires étrangères du Groupe
de Vilnius, dont celui de la Lituanie, font une
déclaration de soutien à la politique américanobritannique vis-à-vis de l’Irak, ce qui suscite des
critiques de la part du Président français.
26 février
Cérémonie d’investiture du nouveau Président,
R. Paksas.
28 février
La Lituanie se voit reconnaître le statut d’économie de marché par les Etats-Unis. Ce statut lui
avait déjà été octroyé par l’UE en 2001.
4 avril
Visite à Vilnius de Noëlle Lenoir, ministre
déléguée aux Affaires européennes. La question
qui lui est surtout posée concerne la réflexion très
critique de J. Chirac sur la déclaration du Groupe
des Dix (dont la Lituanie), en faveur de la
campagne américano-britannique en Irak.
11 avril
Le gouvernement approuve les procédures de
transit simplifiées pour les citoyens russes se
rendant à Kaliningrad ou en partant.
16 avril
Les autorités lituaniennes signent à Athènes le
traité d’adhésion à l’UE.
8 mai
Le Sénat américain ratifie à l’unanimité le
protocole d’adhésion de la Lituanie à l’Otan.
10-11 mai
Référendum sur l’accession de la Lituanie à
l’Union européenne. Le « oui » l’emporte avec
91 % des suffrages exprimés. Le taux de participation est de 63 %.
12 mai
La Russie et la Lituanie signent un traité stipulant
que les ressortissants illégaux seront reconduits
dans leur pays d’origine. La Douma russe doit
encore ratifier le document.
13-14 mai
J. Chirac reçoit son homologue lituanien,
R. Paksas, à Paris pour discuter des relations
bilatérales entre les deux pays et des questions
d’intégration européenne.
20 mai
Le Seimas adopte une nouvelle loi sur l’éducation qui autorise les minorités nationales, dans
les zones où elles sont concentrées, à recevoir un
enseignement dans leur langue maternelle.
21 mai
La Douma russe ratifie l’accord sur les frontières
entre la Lituanie et la Russie. C’est la première
fois que les Russes reconnaissent le tracé de
frontières communes avec une ancienne république soviétique.
29 mai
Le Seimas approuve l’envoi de 130 soldats en
Irak.
4 juin
Lors du Conseil Otan-Russie à Madrid, Moscou
demande des garanties à l’Alliance pour qu’il n’y
ait pas de bases militaires étrangères dans les Etats
baltes.
6 juin
L’élection du maire de la capitale, G. Pavirzis
(social-démocrate), est invalidée par le tribunal
de justice de Vilnius. Le 25 juin, A. Zuokas est
élu.
Principales formations
politiques
Coalition social-démocrate :
-
LDDP Parti démocratique du travail
-
LSDP Parti social-démocrate de Lituanie
-
NDP Parti de la nouvelle démocratie
-
LRS Union des Russes de Lituanie
LLS Union libérale
NS/SL Union nouvelle/Sociaux-libéraux
LKDP Parti démocrate-chrétien
LVP Parti des paysans
LLRA Action électorale polonaise
LCS Union du centre
Résultats des dernières
élections
● Election présidentielle du 22 décembre 2002
et du 5 janvier 2003
Taux de participation : 53,92 % au premier tour,
52,65 % au second tour.
Candidats Premier tour Second tour
(% des voix) (% des voix)
Rolandas Paksas 19,66 54,71
Valdas Adamkus 35,53 45,29
Arturas Paulauskas 8,31
Vytautas Serenas 7,75
Vytenis Andriukaitis 7,30
Kazimira Prunskiene 5,04
Juozas Petraitis 3,74
Eugenijus Gentvilas 3,08
Julius Veselka 2,23
Algimantas Matulevicius 2,22
Kazys Bobelis 1,91
Autres 3,23
Prochaine échéance présidentielle : décembre
2006
● Elections législatives du 8 octobre 2000*
Partis Nombre de sièges
Coalition social-démocrate
Composée de :
Parti démocratique du travail (LDDP)
Parti social-démocrate (LSDP)
Parti de la nouvelle démocratie (NDP)
Union des Russes de Lituanie (LRS) 51
Union libérale (LLS) 34
Union nouvelle/Sociaux-libéraux (NS/SL) 29
Union de la patrie/Conservateurs (TS/LK) 9
Parti des paysans (LVP) 4
Action électorale polonaise (LLRA) 2
Union du centre (LCS) 2
Parti démocrate-chrétien (LKDP) 2
Union de la liberté 1
Conservateurs modérés 1
Union démocrate-chrétienne (KDS) 1
Union démocrate-chrétienne moderne 1
Jeune Lituanie 1
Autres 3
Total 141
* A la suite de ces élections, l’Union libérale, l’Union nouvelle/
Sociaux-libéraux, l’Union du centre et l’Union démocratechrétienne moderne ont formé une coalition. Le 12 juillet 2001,
elle est remplacée par une nouvelle coalition, composée du Parti
social-démocrate, de l’Union nouvelle/Sociaux-libéraux, du Parti
de la nouvelle démocratie et du Parti des paysans.
Prochaines échéances législatives : 2004
Composition
du gouvernement (juillet 2003)
- Premier ministre : Algirdas Mykolas Brazauskas
- LSDP)
- Affaires étrangères : Antanas Valionis (indépendant)
- Défense : Linas Antanas Linkevicius (indépendant)
- Finances : Dalia Grybauskaite (indépendante)
- Intérieur : Virgilijus Vladislovas Bulovas (LSDP)
- Economie : Petras Cesna (indépendant)
- Agriculture : Jeronimas Kraujelis (NS/SL)
- Transports et Télécommunications : Zigmantas
Balcytis (LSDP)
- Sécurité sociale et Travail : Vilija Blinkeviciute
- indépendante)
- Santé : Juozas Olekas (LSDP)
- Justice : Vytautas Makevicius (indépendant)
- Education et Sciences : Algirdas Monkevicius
- NS/SL)
- Culture : Roma Dovydeniene Zakaitiene (LSDP)
- Environnement : Arunas Kundrotas (indépendant)
·
Revues
·
Susanne Nies, « Quelle sécurité pour la
région baltique ?», Le courrier des pays de
l’Est, n° 1035, mai 2003, pp. 58-70.
·
Céline Bayou, « Rolandas Paksas, un
Président “voltigeur” pour la Lituanie »,
Le courrier des pays de l’Est, n° 1034, avril
2003, pp. 72-74.
·
International Monetary Fund, « Republic of
Lithuania : Third Review Under the Stand-By Arrangement », IMF Country Report,
n° 03/55, mars 2003,83 p.
·
Marianna Butenschön, Czeslaw Milosz et
al., « Litauen zu Gast Vom Mythos der Mitte
ins Zentrum des Interesses », Osteuropa,
n° 9/10, septembre-octobre 2002, pp. 1125-1369.
·
Charles Woolfson & Matthias Beck,
« Remapping Labour Rights : The Case of
Transitional Lithuania », Europe-Asia
Studies, vol. 54, n° 5, juillet 2002, pp. 749-769.
·
International Monetary Fund, « Republic of
Lithuania : Second Review Under the
Stand-By Arrangement », IMF Country
Report, n° 02/131, juillet 2002,75 p.
·
Géraldine Bertrand, « Lituanie. De bons
résultats pour convaincre les partenaires
euro-atlantiques » in « Europe centrale et
orientale 2001-2002. Une croissance
pérenne, un jeu politique rodé, des sociétés
désenchantées », Le courrier des pays de
l’Est, n° 1026, juin-juillet 2003, pp. 111-123.
·
Jurgita Maciulyte, « L’agriculture en
Lituanie. Dix ans de transition », Le courrier
des pays de l’Est, n° 1025, mai 2002, pp. 52-60.
·
Economist Intelligence Unit, Country
Report trimestriel), Country Profile
(annuel), « Lithuania ».
[(1)]
« Référendum sur l’UE en Lituanie », w
www. robert-schuman. org,24 avril 2003.
[(2)]
« Lithuanians Support EU with Both Hands »,
The Baltic Times, 15-21 mai 2003.
[(3)]
« Lituanian Official Says EU Forces Should not Dupplicate NATO Functions »,
BBC, 20 mai 2003.
[(4)]
« Government Approves Kaliningrad Transit Rules »,
The Baltic Times, 17-23 avril 2003.
[(5)]
« Treats, Accusations Follow Kalinigrad Negociations »,
The Baltic Times, 27 mars-2 avril 2003.
[(6)]
« Duma Ratifies Border Agreement »,
The Baltic Times, 29 mai-4 juin 2003.
[(7)]
« More Troops Bound for Iraq »,
The Baltic Times, 5-11 juin 2003.
[(8)]
« Iraqi Money Starts Rolling in »,
The BalticTimes, 12-18 juin 2003.
[(9)]
« Moscow to Nato : No Military Bases in Baltics »,
The Baltic Times, 5-11 juin 2003.
[(10)]
« Nato has no Plans to Station Troops in Lithuania – General »,
BBC, 14 avril 2003.
[(11)]
« Uncertain Future for Pivotal ‘Vilnius 10’»,
The Baltic Times, 29 mai-4 juin 2003.
[(12)]
Cf. Céline Bayou, « Rolandas Paksas : un Président “voltigeur” pour la Lituanie »,
Le courrier des pays de l’Est,
n° 1034, avril 2003, pp. 72-74.
[(13)]
« Poll : Minorities Cast Ballots for Paksas »,
The Baltic Times, 13-19 février 2003.
[(14)]
EIU,
Country Report, avril 2003, p. 13.
[(15)]
Lire à ce sujet « Paksas at Cruising Attitude after 100 Days »,
The Baltic Times, 12-18 juin 2003 ; « Vilnius Hold
New Mayoral Elections »,
The Baltic Times, 12-18 juin 2003 ; « Power Way off Balance »,
The Baltic Times, 17-23 avril 2003 ; « Mayor’s Office Still Vacant »,
The Baltic Times, 24-30 avril 2003.
[(16)]
Lire à ce sujet « Political Intrigue Embroils Lithuania »,
The Baltic Times, 17-23 avril 2003 ; « Power Way off
Balance »,
The Baltic Times, 17-23 avril 2003.
[(17)]
EIU,
Country Report, avril 2003, p. 14.
[(18)]
« Paksas Dogged by Allegations »,
The Baltic Times, 13-19 février 2003.
[(19)]
« Lithuanian President Awards Lithuanian Citizenship to his Russian Sponsor »,
BBC, 11 avril 2003.
[(20)]
« Seer Continues to Bewitch Media »,
The Baltic Times, 3-9 avril 2003.
[(21)]
EIU,
Country Report, avril 2003, p. 5.
[(22)]
EIU,
Country Report, avril 2003, p. 17.
[(24)]
Berd,
Transition Report, novembre 2002.
[(25)]
« Lithuania Economy Leads Baltic Pack »,
The Baltic Times, 16 avril 2003.
[(26)]
« Storage for Butinge »,
The Baltic Times, 22-28 mai 2003.
[(27)]
« Electricity Output Exports Soaring »,
The Baltic Times, 10-16 avril 2003.
[(28)]
EIU,
Country Report, avril 2003, p. 28.
[(29)]
EIU,
Country Report, avril 2003, p. 23.
[(30)]
EIU,
Country Report, avril 2003, p. 30.
[(31)]
EIU,
Country Report, avril 2003, p. 32.
[(32)]
h
http :// www. std. lt,15 juillet 2003.
[*]
«Nuclear Ambitions Find New Impetus», The Baltic Times, 22-28 mai 2003.
[(33)]
EIU,
Country Report, janvier 2003, p. 16.
[(34)]
EIU,
Country Report, janvier 2003, p. 8.
[(35)]
EIU,
Country Report, avril 2003, p. 17.
[(36)]
h
http :// www. std. lt,15 juillet 2003.
[(37)]
« Ikea Group Prefers Lithuania to Estonia »,
The Baltic Times, 10-16 avril 2003.
[(38)]
Les deux principales d’entre elles concernaient Gaz de Lituanie dont 34 % des actions ont été achetées par le
consortium Ruhrgas AG et E.ON Energie AG et le Crédit agricole lituanien détenu à 76 % par la Nordeutsche
Landesbank Girocentrale. Cette vente a achevé les privatisations du secteur financier.
[(39)]
« Gazprom Signs Kaunas Energy Deal »,
The Baltic Times, 3-9 avril 2003.
[(40)]
EIU,
Country Report, avril 2003, p. 27.
[(41)]
« Russia Enters Lithuanian Banking Market »,
The Baltic Times, 27 mars-2 avril 2003.
[(42)]
h
http :// www. is. lt/ rdb,15 juillet 2003.
[(43)]
EIU,
Country Report, avril 2003, p. 17, p. 26.
[(44)]
Berd,
Transition Report, novembre 2002.
[(45)]
« Disgruntled Farmers Block Borders »,
The Baltic Times, 29 mai-4 juin 2003.
[(46)]
« Tackling Lithuania’s Suicide Problem »,
The Baltic Times, 3-9 avril 2003.