2003
Le Courrier des Pays de l’Est
Pologne 2002-2003
Vers des temps meilleurs ?
La vie politique polonaise n’a jamais
été très paisible. Ce fut encore le cas
récemment avec l’exclusion du Parti
paysan de la coalition au pouvoir en
mars 2003, l’opposition notoire entre
le Premier ministre et le Président, la
confiance accordée de justesse par la
Diète, en juin, au gouvernement de
Leszek Miller, après de nombreux
remaniements ministériels provoqués
par les profondes mésententes au sein
même de l’équipe dirigeante sur les
réformes à engager (finances publiques,
audiovisuel, Code du travail,
santé...). Le tout sur fond de scandale
majeur avec «l’affaire Rywin», jetant
le discrédit sur la classe politique et
les médias et révélant des connivences
douteuses entre les deux. Bien
qu’impopulaire, ce gouvernement
parvient néanmoins à se maintenir, en
raison d’une opposition divisée,
incapable de proposer une alternative
crédible. L. Miller peut pourtant se
targuer de succès, notamment lors du
dernier round de négociations sur
l’agriculture avec l’UE et la victoire
du «oui» au référendum sur l’adhésion en juin 2003. Mais à cet égard,
si la Pologne a réussi la reprise de
l’acquis communautaire, l’incertitude
demeure sur sa capacité administrative à gérer les fonds communautaires
au niveau national comme régional.
Après deux années d’atonie de l’activité et la perte de compétitivité des
produits polonais, la croissance est
repartie fin 2002, mais à un rythme
relativement lent. La reprise s’effectue dans un contexte de chômage très
élevé (la situation du marché du travail
est une des principales faiblesses de
l’économie polonaise) et de fortes
tensions sur le budget, avec une
consommation des ménages qui
marque le pas, peu d’investissements
de la part des entreprises et l’infléchissement des IDE. La grande
réforme à venir sera celle des finances
publiques qui s’annonce très impopulaire, avec la baisse attendue des
prestations sociales. Enfin, le secteur
bancaire, bien qu’en partie assaini,
(un stock de créances douteuses
subsiste), n’a pas encore montré sa
capacité à financer la croissance et à
collecter l’épargne.
Polish political life has never
been very peaceful. This was
recently the case with the exclusion of the Peasants’ Party from
the ruling coalition in March
2003, flagrant opposition
between the prime minister and
the president, as well as the
meager confidence accorded to
Leszek Miller’s government by
the Diet in June, after numerous
ministerial reshufflings in the
wake of profound disagreements between coalition
leaders on reforms to be
undertaken (public finance,
media, labor law, health, etc.).
All of this rested on a major
scandal, the “Rywin Affair”,
which discredited the political
class and the media by
revealing dubious connivance
between the two. Albeit unpopular, this government has,
none the less, been able to
remain in power, as the divided
opposition is incapable of
providing a credible alternative.
L. Miller has proved himself
capable of success, in particular during the last round of EU
agricultural negotiations and
with the victory of the “Yes” in
the June 2003 membership
referendum. While Poland
succeeded bringing its legislation in line with the EU, it is
still uncertain whether she will
be capable of managing
community funds on a national
as well as regional level. After
two years of lackluster activity
and a decline in the competitiveness of Polish products,
growth resumed at the end of
2002, but relatively slowly. This
recovery is taking place within
a context of very high unemployment (the labor market is
one of the main weaknesses of
the Polish economy), intense
tension over the budget,
sluggish domestic consumption,
low company investments, as
well as a turnaround in FDIs.
Extensive reforms will be
undertaken in pubic finances
and promise to be very
unpopular because of the
predicted reduction in social
services. While the banking
sector has partially been
revamped (a backlog of dubious
debts remains), it has not yet
proved its capacity to finance
growth and to collect savings.
Le 13 juin 2003, le Premier
ministre Leszek Miller (Alliance
de la gauche démocratique,
SLD) obtenait un vote de
confiance de la Diète par 235
voix contre 225, relégitimant
ainsi l’autorité de son gouvernement, ébranlée par les attaques
de l’opposition. Quelques jours
plus tôt, 17,5 millions de
Polonais, soit 58,85 % du corps
électoral, participaient à un référendum sur
l’adhésion européenne : une majorité de 77,45 %
d’électeurs choisissaient le « oui », conférant au
projet d’adhésion la légitimité populaire qui lui
manquait encore. Le 19 juillet 2003, la commission d’enquête parlementaire chargée d’éclaircir
« l’affaire Rywin », du nom de ce producteur de
films qu’Adam Michnik, rédacteur en chef du
journal
Gazeta Wyborcza, avait accusé de tentative de corruption, se réunissait pour la 58
e fois,
sans parvenir à identifier les instigateurs, ni à
démontrer l’implication du gouvernement. En
fait, si l’on s’en tient au temps des évènements,
ces faits, rassurants pour l’équipe au pouvoir,
n’annonçaient qu’une pause éphémère dans une
vie politique autrement plus instable. La période
2002-2003 a été en effet dominée par trois feuilletons à rebondissements majeurs : les négociations
avec l’Union, suivies de la campagne du référendum sur l’adhésion, le
turnover inistériel
chronique, les tensions au sein de la coalition
gouvernementale, qui ont abouti à l’exclusion du
Parti paysan (PSL), et « l’affaire Rywin ». Mais
pour bien prendre la mesure de ces événements
et ne pas se tromper de diagnostic, il faut aussi
insérer le temps court, celui des évènements, dans
« le temps moins court »
[1], celui des processus.
Ce faisant, les évènements d’apparence les plus
inattendus s’insèrent en fait dans des continuités
qui structurent la vie politique polonaise.
La même analyse est valable dans le domaine économique. Après deux années d’atonie de l’activité, qui s’est accompagnée d’une perte de
compétitivité des produits polonais, la croissance
est repartie au second semestre de 2002 et s’est
confirmée durant les premiers mois de 2003, mais
à un rythme relativement lent. Toutefois, ce début de reprise ne s’est traduit par aucune amélioration sur le marché du travail où le taux de
chômage demeure excessivement élevé. Par
ailleurs, l’assainissement nécessaire des finances
publiques a été ajourné afin de repousser à des
temps meilleurs un ensemble de mesures jugées
impopulaires.
Succès et fragilités
du gouvernement Miller
Jérôme Heurtaux
[*]
● L’agenda européen
de la politique nationale
S’agissant du référendum, l’attention des acteurs
du champ politique s’est concentrée essentiellement, comme au temps de la Pologne communiste
[2], sur le chiffre de la participation : un
résultat inférieur à 50 % aurait invalidé la
consultation et renvoyé le projet d’adhésion à
l’Union européenne (UE) aux calendes parlementaires. Le soulagement du Président,
A. Kwasniewski, qui s’était investi personnellement dans la campagne pour le « oui », et du
Premier ministre, qui avait mis son mandat en
jeu, était donc compréhensible au terme d’un long
suspense : seuls 17,6 % des électeurs s’étaient
rendus aux urnes le samedi, premier jour du
scrutin, et trois heures avant la fermeture des
bureaux de vote, le dimanche 8 juin, l’estimation
de la participation avoisinait seulement les
45 %…, démentant l’optimisme des derniers
sondages d’opinion. En réalité, le chiffre final a
dépassé le seuil requis et le niveau habituel de
participation aux élections législatives. Par leur
vote, les Polonais ont confirmé leur soutien à
l’entrée de leur pays dans l’Union européenne,
dernier acte majeur d’un cycle de pré-adhésion
qu’avaient en partie refermé les sommets de
Copenhague (13-14 décembre 2002) et d’Athènes
(16 avril 2003). Si ce dernier resta formaliste, il
en fut autrement à Copenhague où la délégation
polonaise, menée par le Premier ministre, négocia
les conditions d’adhésion jusqu’au dernier
moment. Parce que ce sommet entérinait les
résultats de plusieurs années de négociations et
qu’il préfigurait les rapports futurs entre la Pologne
et l’Union, le gouvernement souhaitait montrer
sa capacité à obtenir des concessions de la part
de celle-ci et prouver le caractère avantageux de
l’adhésion. Comme il s’en est ouvert dans la
presse en révélant les « coulisses » des discussions
de Copenhague, Leszek Miller craignait la
démission de son ministre de l’Agriculture, le
dirigeant du Parti paysan (PSL), Jaroslaw
Kalinowski, qui faisait de la satisfaction des
revendications polonaises sur les quotas de lait
une condition
sine qua non du maintien de son
parti dans la coalition gouvernementale. Les
engagements de l’UE
[3] permettaient à L. Miller
et à son équipe de rentrer triomphalement à
Varsovie et de terminer une année clairement
dominée par la question européenne, ce qu’illustrait parfaitement un sondage réalisé du 3 au
5 janvier 2003 par le CBOS
[4] : 60 % des personnes
interrogées déclaraient que la fin des négociations
avec l’Union et le sommet de Copenhague étaient
l’événement le plus important de l’année 2002
en Pologne, loin devant la visite du Pape en août
(18 %)
[5]. Mais la route de l’Union était encore
longue. L’actualité des premiers mois de 2003
était en effet marquée par l’imminence du référendum, dont l’issue n’était pas assurée, les
conflits au sein de la coalition provoquant
l’expulsion du PSL du gouvernement et par le
constat d’un décalage entre la reprise juridique
réussie de l’acquis communautaire et la préparation de l’administration polonaise. A l’heure où
Aleksander Kwasniewski ratifiait le traité
d’Athènes (23 juillet), l’incertitude régnait encore
sur la capacité de la Pologne à gérer les fonds
européens
[6].
● Le Premier ministre plie,
mais ne rompt pas
Il était une fois un Premier ministre sans majorité depuis cinq mois, dont la cote de popularité
est inférieure à 50 % depuis plus d’un an
[7], interrogé en avril 2003 par une commission d’enquête
parlementaire sur une affaire de corruption, en
conflit avec plusieurs membres de son équipe,
lâché par ses ministres des Finances successifs,
soutenu du bout des lèvres par un Président
beaucoup plus populaire, etc. En dépit de ces
difficultés, Leszek Miller pouvait aborder la pause
estivale en toute tranquillité. Après tout, son
prédécesseur à ce poste, Jerzy Buzek, avait
rencontré au moins autant de difficultés et avait
résisté durant toute la législature (1997-2001)
[8].
La coalition gouvernementale qu’il dirigeait avait
aussi explosé, le contraignant à former un
gouvernement minoritaire. Au final, si Leszek
Miller a procédé, jusqu’à la démission du ministre
de l’Agriculture, Adam Tanski, le 26 juin 2003,
à douze changements ministériels en moins de
deux ans, il est encore loin d’égaler le
turnover
ministériel du gouvernement Buzek, qui détient
toujours le record (21 remaniements). Comme lui,
il souffre d’une impopularité chronique et ne
parvient pas à défendre son action. Il est vrai que
le bilan provisoire du gouvernement Miller était,
au 30 juillet 2003, peu visible. Si la suppression
des caisses régionales de santé et leur remplacement par un fonds national préfigurant
l’harmonisation et la rationalisation de l’accès aux
soins ne pouvaient être que populaires, le bilan
dans ce secteur a été gâché par la révocation du
ministre de la Santé, Mariusz Lapinski (SLD),
pour « gestion inconséquente », le 17 janvier 2003.
Son successeur Marek Balicki (Union du travail,
UP) démissionnait à son tour en avril en raison
d’un désaccord avec le Premier ministre sur la
nomination du président du fonds national de
santé
[9]. De même, la faillite des chantiers navals
de Szczecin en juin 2002 et la réforme du Code
du travail en juillet, qui introduisait davantage de
flexibilité au profit des employeurs, avaient
provoqué l’ire des syndicats et des affrontements
violents entre les manifestants et la police. En
octobre 2002, le syndicat Solidarité appelait à
manifester à deux reprises dans la capitale polonaise contre la politique gouvernementale.
Le désaccord public entre le ministre de l’Economie, du Travail et des Affaires sociales
[10], Jerzy
Hausner (SLD) et le ministre des Finances,
Grzegorz Kolodko (SLD), partisan de la rigueur
budgétaire − conduisant finalement à la démission
de ce dernier le 11 mai 2003 − illustrait les atermoiements de la politique économique et
entretenait l’incertitude sur une réforme des
finances publiques. De plus, le gouvernement
devait renoncer à faire voter plusieurs lois qu’il
jugeait importantes. Outre l’abandon de la
réforme de la culture, qui visait à rationaliser le
financement de ce secteur et la démission du
ministre qui en avait la charge, Andrzej Celinski
(SLD), en juillet 2002, le gouvernement devait
abandonner le projet de loi créant une vignette
automobile, en raison de la décision de son
partenaire de la coalition, le Parti paysan, de voter
avec l’opposition contre cette mesure, stratégie
qui allait se solder par l’exclusion du PSL de la
coalition gouvernementale, le 1
er mars 2003.
Enfin, Leszek Miller annonçait, le 29 juillet 2003,
le retrait du projet de loi sur l’audiovisuel, censé
préparer ce secteur aux règles de la concurrence
en vigueur dans l’Union européenne, en raison
du « climat » lié à l’affaire Rywin. Mais les succès
en politique étrangère (fin des négociations,
victoire du oui au référendum, retour de la
Pologne sur la scène internationale à l’occasion
du conflit irakien – la sécurisation d’un secteur
du pays confiée à la Pologne étant notamment
présentée comme la promesse d’une manne pour
les entreprises polonaises) allaient être capitalisés
sur le plan intérieur. Bien qu’attaqué par son
ancien partenaire, le PSL, qui proposait même
au président Kwasniewski de bâtir avec lui une
nouvelle majorité en nommant un nouveau
Premier ministre, il s’alliait avec le petit Parti
paysan démocrate de Roman Jagielinski (PLD)
et quelques députés non inscrits. Profitant de la
mobilisation variable de l’opposition, de l’attitude souvent favorable des petits clubs parlementaires
[11], de l’attitude équivoque du parti
d’Andrzej Lepper, Autodéfense (
Samoobrona),
et de la discipline des clubs SLD et UP, le
gouvernement obtenait souvent à la Diète la
majorité dont il avait besoin. C’est dans ces
circonstances pourtant inconfortables que le
gouvernement Miller provoqua l’opposition en
posant la question de confiance le 13 juin, épreuve
d’autant plus délicate que A. Kwasniewski, issu
du même parti que L. Miller, venait de consulter,
au lendemain du référendum, tous les partis « pro-européens », initiative qui était perçue comme un
désaveu du Président à l’égard du Premier
ministre. S’il ne faisait pas taire les critiques, le
succès de L. Miller était un camouflet pour
l’opposition qui montrait son impuissance à se
débarrasser du Premier ministre, mais aussi pour
le Président polonais, qui multipliait les signes de
défiance à l’égard de son ancien camarade de parti.
● Un parti dominant...
et les autres
Bien qu’à la tête d’un gouvernement impopulaire,
L. Miller conservait le
leadership au sein de
l’Alliance de la gauche démocratique (SLD). Le
deuxième congrès de son parti (29-30 juin 2003)
se tint dans une période favorable pour lui : il
pourrait continuer à cumuler les fonctions de chef
du gouvernement et de chef de parti. Même si
l’érosion des intentions de vote se poursuivait
depuis décembre 2002, le SLD bénéficiait d’une
remontée notable en juillet 2003, avec 25 % de
réponses en sa faveur, se situant ainsi loin devant
les deux partis d’opposition de droite, Droit et
justice (PiS) et Plate-forme civique (PO). Cette
situation apparemment paradoxale ne faisait
qu’entériner les spécificités du champ politique
polonais, progressivement structuré par et pour
des partis politiques
[12], le SLD semblant être le
seul à profiter de cette « partisanisation ». Les élections locales en 2002 avaient marqué la progression de l’emprise des organisations politiques sur
le marché politique local, processus dont le SLD
tirait (avec le PSL) le plus profit. « Celui qui dirige
la gauche dirige aussi l’Etat », disait le rédacteur
en chef du quotidien
Trybuna en mars 2003
[13].
Malgré les efforts de ses opposants et de la presse
pour discréditer le parti au pouvoir, qui ne dissimulait pas ses difficultés, son secrétaire général
reconnaissant publiquement les relations problématiques entre certains membres du SLD et les
milieux économiques, il continuait de dominer
clairement la scène politique. La reconversion des
anciens responsables communistes en professionnels de la politique semblait en effet mieux réussie
que celle des anciens opposants. La droite polonaise en 2001 ressemblait à celle de 1991 : bien
que regroupée, elle était constituée de partis
entièrement nouveaux, dirigés par des hommes
politiques bien connus. Le retour de Solidarité à
des préoccupations uniquement syndicales,
qu’illustrait le départ de Marian Krzaklewski de
la tête du mouvement, laissait à PiS et à PO le
champ libre pour construire une alternative à
droite. Mais les deux partis continuaient de faire
cavalier seul, signant un accord électoral pour le
seul échelon régional des élections locales et se
disputant dans de nombreuses villes le fauteuil
de maire (pour la première fois en effet, l’élection du chef de l’exécutif local était organisée au
suffrage universel direct). Si le
leadership de ces
deux formations sur la droite polonaise semblait
admis, l’Union de la liberté (UW) étant durablement marginalisée, c’est leur aptitude à s’entendre
et à proposer une alternative de gouvernement
qui était peu crédible. Le départ inattendu du
principal
leader de PO, Maciej Plazynski, ancien
maréchal (président) de la Diète, abandonnant à
Donald Tusk les rênes du parti et à Jan Maria
Rokita la présidence du club parlementaire,
laissait planer le doute sur la capacité d’attraction
et de fidélisation du parti. Sa préférence pour un
impôt unique n’était pas pour rassurer ceux qui
se méfiaient de sa compétence à gouverner. Par
ailleurs, l’attachement viscéral de PiS à la sécurité et les postures de justiciers de ses parlementaires les plus bouillonnants à l’égard de la corruption semblaient une ligne politique fragile. Hors
de cette opposition modérée, Autodéfense
d’Andrzej Lepper et la Ligue des familles polonaises (LPR) se disputaient les palmes de la
radicalité. Malgré un discours assez homogène et
une attitude clairement anti-Union européenne,
jusqu’à parler « d’euro-sodomie », l’extrême droite
de la LPR, constituée d’un regroupement hétéroclite de plusieurs
leaders nationalistes, n’était pas
moins divisée. En juillet 2003, le club parlementaire avait perdu un quart de ses effectifs et Roman
Giertych, devenu seul dirigeant de la LPR,
déclarait assumer le choix européen de la Pologne,
comme pour maintenir les chances d’un « parti
national » dans le jeu politique. Quant à Autodéfense, après avoir tenté de transformer la Diète
en Hyde Park
[14], à coups de blocages du micro et
de chahuts, elle continuait de suivre une stratégie
plus complexe, en passant une alliance électorale avec le SLD (dans huit des seize régions
polonaises après les élections territoriales) pour
rompre ensuite ces coalitions (en février, puis en
avril), en s’opposant à Leszek Miller tout en
apportant son soutien parlementaire à certaines
lois. Elle devait également faire face à une entreprise de disqualification continuelle de la part de
certaines formations comme UW et du journal
Gazeta Wyborcza, qualifiant de « populiste » et de
« danger pour la démocratie » un parti qui ne
demandait pas autant de publicité. Dans ce
contexte et malgré les exclusions ou défections
− la plupart du temps pour désaccord avec l’attitude jugée autoritaire de A. Lepper − de 41,5 %
des membres du club parlementaire (!) et les
levées de l’immunité parlementaire de plusieurs
d’entre eux
[15], Autodéfense continuait de disputer
à PiS la deuxième place dans les sondages sur les
intentions de vote et montrait sa capacité de
nuisance à droite comme à gauche.
● Le Rywingate : menace
ou catharsis ?
Si « l’affaire Rywin » n’est pas la première à mettre
en cause les liaisons dangereuses entre la politique
et l’économie, elle est très spectaculaire. Elle ne
cesse d’occuper le devant de la scène depuis
décembre 2002, et concerne un spectre croissant
d’acteurs et d’institutions. Tout commença par
la publication dans Gazeta Wyborcza e la
retranscription partielle d’un enregistrement
réalisé le 22 juillet 2002, à l’insu de son visiteur,
par Adam Michnik, rédacteur en chef de ce journal.
La discussion n’était pas ordinaire : le visiteur
était Lew Rywin, producteur de films (dont Le
pianiste), se disant envoyé par un « groupe de gens
qui ont le pouvoir dans leurs mains », et proposant
une modification du projet de loi sur l’audiovisuel
contre le versement de 17,5 millions de dollars,
via une société-écran, au SLD. Il s’agissait de
faire annuler l’interdiction pour une entreprise de
presse d’acquérir une chaîne de télévision,
permettant ainsi à la société Agora, propriétaire
de Gazeta Wyborcza, de s’offrir Polsat, l’une des
chaînes privées polonaises. La publication − qui
plus est, tardive − de l’enregistrement allait
déclencher un véritable scandale. La constitution
d’une commission d’enquête parlementaire,
chargée de faire la lumière sur cette affaire et de
reconstituer le fil des événements, entraîna une
suite de révélations qui allaient jeter le discrédit
sur le personnel politique et certains journalistes
(au premier rang desquels Adam Michnik). On
apprenait, par exemple, que les relations entre le
président de la République et le rédacteur en chef
du principal quotidien polonais étaient plus que
cordiales, que le Premier ministre n’avait rien fait
pour dénoncer l’affaire, que A. Michnik avait
attendu six mois pour publier l’information afin
de ne pas compromettre les chances de la Pologne
d’être prête pour le sommet de Copenhague, etc.
Avant tout, cet événement « objectivait » en quelque
sorte la coupure entre l’élite et le peuple ou entre
professionnels et profanes, les premiers agissant
dans les coulisses d’un monde fermé et partageant
des informations en les dissimulant aux seconds,
qui découvraient progressivement qu’au-delà des
divisions politiques, une complicité objective
reliait ces individus entre eux. Sept mois après le
déclenchement du Rywingate, il était encore trop
tôt pour affirmer si cette affaire allait servir de
« catharsis » pour la classe politique polonaise.
La croissance
plutôt que la réforme
des finances publiques
Chritian Gianella et Marc Lantéri
[*]
Après une profonde récession (1990-1991), la
Pologne a été le premier pays d’Europe centrale
à retrouver, en 1995, son niveau de production
de 1989. Fruit d’une transition rapide et déterminée vers l’économie de marché, la croissance
a dépassé 5,5 %, en moyenne sur la période 1994-2000. L’activité a nettement ralenti à partir de
2001 (+ 1 %), pénalisée par le retournement
soudain du cycle de l’investissement. La forte
appréciation du zloty entre 2000 et le printemps
2002, liée en partie à la politique monétaire
restrictive menée par la Banque centrale, a par
ailleurs érodé la compétitivité de l’économie polonaise. Si l’atonie a permis une nette réduction du
déficit courant et a favorisé la chute de l’inflation,
la reprise observée depuis le second semestre de
2002 s’effectue dans un contexte de chômage
élevé et de fortes tensions sur le budget à la veille
de l’adhésion.
Principaux indicateurs économiques de la Pologne en 1995-2002
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002
PIB (variation en %) 7,0 6,0 6,8 4,8 4,1 4,0 1,0 1,4
Production industrielle
(variation en %) 9,7 8,3 11,5 3,5 3,6 6,7 0,3 1,5(1)
Production agricole
(variation en %) 10,7 0,7 1,0 1,0 - 2,0 0,0 2,0(1) nd
Ventes au détail
(variation en %) 2,3 4,5 6,8 2,6 4,0 1,0 0,2 4,2(2)
Formation brute
de capital fixe
(variation en %) 16,5 19,7 21,7 14,2 6,8 2,7 - 8,8 - 9,0(3)
Taux de chômage
officiel (en % des actifs,
en décembre) 14,9 13,2 10,3 10,4 13,1 15,1 17,5 18,1
Indice des prix
à la consommation
(moyenne annuelle, %) 28,1 19,8 15,1 11,7 7,4 10,2 5,5 1,9
Solde budgétaire
(en % du PIB) - 3,1 - 3,7 - 3,5 - 3,1 - 3,7 - 4,3 - 5,5 - 5,8(1)
Exportations
de marchandises
(en millions de dollars) 22 878 24 453 27 229 30 122 26 347 28 256 30 282(1) 31 500(1)
Importations
de marchandises
(en millions de dollars) 24 790 32 632 38 549 43 842 40 727 41 424 41 962(1) 43 000(1)
Balance commerciale
(en millions de dollars) - 1 912 - 8 179 - 11 320 - 13 720 - 14 380 - 13 168 - 11 680(1) - 11 500(1)
Balance des transactions
courantes (en % du PIB) + 4,6 - 1,0 - 3,0 - 4,3 - 7,4 - 6,1 - 3,9 - 3,6(3)
Dette extérieure brute
(en % du PIB) 37 30 34 36 41 42 40 42(4)
Investissements directs
étrangers (en millions
de dollars) 1 134 2 741 3 041 4 966 6 348 8 171 6 502(1) 5 000(1)
(1) Estimation (2) Janvier-novembre (3) Janvier-septembre (4) Fin septembre
Source : Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et années antérieures ; Berd, Transition
report 2002.
Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et années antérieures ; Berd, Transition
report 2002.
● Un rebond de l’activité
encore fragile
En Pologne, à l’instar de la plupart des PECO, la
consommation privée a été le principal moteur
de la croissance en 2002. En décélération depuis
le deuxième trimestre de 2000, elle s’est
nettement redressée en 2002 (+ 3,3 %), dans un
contexte pourtant défavorable de forte montée du
chômage (18,7 % de la population active fin mars
2003) et de croissance modérée des salaires. Les
ménages ont, en fait, réduit très sensiblement leur
épargne financière et ont eu recours au crédit à la
consommation (+ 10 % en 2002).
Les entreprises, en revanche, n’ont pas encore
repris leurs programmes d’investissements. Le
recul de la formation brute de capital fixe s’est
poursuivi au premier trimestre de 2003
(- 3,6 % en glissement annuel), s’inscrivant
dans le prolongement des baisses enregistrées
en 2001 et 2002 (respectivement - 8,8 % et
- 7,2 %). Toutefois, on observe un fort accroissement des stocks au premier trimestre de
2003, qui contribue pour 2 points de PIB à la
croissance.
Hors variation de stocks, la demande intérieure a
stagné au premier trimestre de 2003 et la
consommation privée a marqué nettement le pas
(+ 1,4 %). Les ménages n’auront pas la même
propension à puiser dans leur épargne, et seule,
une reprise dynamique des exportations permettrait de retrouver un rythme de croissance supérieur à 3 % en 2003. Or, pour l’instant, la contribution du commerce extérieur à la croissance a
été faible sur les cinq derniers trimestres
(+ 0,5 point de PIB en 2002 et - 0,1 au premier
trimestre de 2003 selon l’Office statistique
polonais, GUS).
Si l’évolution de l’indice de la production industrielle (+ 11,7 % en mai 2003 en glissement
annuel) constitue un signal encourageant, le
secteur de la construction est toujours en récession
et une accélération plus vigoureuse de l’activité,
espérée pour la fin de l’année, ne peut reposer
que sur une véritable reprise des dépenses
d’investissement et des exportations vers l’Union
européenne. Après 1,4 % en 2002, la croissance
pourrait se situer entre 2,5 % et 3 % en 2003.
● Des déficits extérieurs
en partie assainis
En fait, les échanges commerciaux ont fortement
ralenti et, depuis le premier semestre de 2001,
les importations davantage que les exportations,
ce qui a conduit à une nette amélioration des
comptes extérieurs. En zlotys, les exportations ont
toutefois continué d’être dynamiques : elles ont
progressé de 8 % sur l’ensemble de 2002 (moins
de 3 % en euros, compte tenu de la dépréciation
du zloty) contre 2,7 % pour les importations
(- 2,4 % en euros). Au premier trimestre, leur
bonne tenue, favorisée par la baisse relative de la
devise polonaise par rapport à l’euro (- 12 % par
rapport à janvier), s’est confirmée (+ 5 % en euros
en glissement sur la période janvier-mai et + 22 %
en zlotys). Les exportations à destination de
l’Allemagne ont, en particulier, affiché un
surprenant rebond au premier trimestre, même si
celles à destination de la Suède et des Pays-Bas
ont enregistré les plus fortes progressions.
Les relations France-Pologne
En 2002, les exportations vers la France ont progressé de 18 % (contre 14 % en 2001)
alors que l’ensemble des ventes polonaises à l’étranger n’augmentait que de 4 %. Les
importations se sont, en revanche, ralenties (+ 8 %, contre + 13 % en 2001), tout en
connaissant un rythme plus rapide que les importations globales (+ 2,4 %). Le taux de
couverture s’est donc sensiblement amélioré passant de 60 à 65 %. Au total, la France
compte pour environ 8 % dans le commerce extérieur de la Pologne et se classe parmi
les quatre premiers exportateurs − loin derrière l’Allemagne avec 24 %, mais proche de
la Russie et de l’Italie − et importateurs − toujours loin derrière l’Allemagne (32 %) mais
avec un poids équivalent à celui de l’Italie et du Royaume-Uni
[*]. Elle dégage un excédent
quasiment stable depuis au moins quatre ans (1,3 milliard d’euros). Le contenu des
échanges n’évolue guère et reflète la place de la Pologne dans la division internationale
du travail : les importations sont constituées de produits à plus forte valeur ajoutée que
les exportations. La balance est ainsi déficitaire pour les équipements mécaniques,
les produits chimiques et pharmaceutiques ou encore l’industrie automobile ; elle est,
par contre, excédentaire pour le bois et le papier, ainsi que pour l’habillement et le cuir.
Sur 3,7 milliards d’euros d’importations, près de 20 % proviennent du secteur automobile,
16 % de la chimie et 11 % de la pharmacie. Le poste équipement du foyer reste, de loin,
le premier à l’exportation avec 24 % des 2,5 milliards d’euros de ventes à la France.
Les échanges France – Pologne,
2000-2002 (millions d’euros)
2000 2001 2002
Exportations (fob) 3 081,0 3 485,2 3 752,9
Importations (cif) 1 841,0 2 095,2 2 469,9
Solde + 1 240,0 + 1 390,0 + 1 283,0
Source : Douanes françaises.
Douanes françaises.
La contraction de la demande intérieure et le
maintien d’un courant soutenu d’exportations ont
conduit à une nette réduction du déficit courant,
amorcée dès 2001. Après avoir dépassé le niveau
élevé de 6 % du PIB en 1999 et 2000 (respectivement 7,4 % et 6,1 % du PIB), le déficit de la
balance des transactions courantes n’a été que de
6,7 milliards de dollars, soit 3,6 % du PIB en 2002
(3,1 % fin mars 2003). Toutefois, si ce solde avait
pu être entièrement financé par des investissements directs étrangers (IDE) en 2001 (à hauteur
de 7,7 milliards d’euros), ce n’est plus le cas :
ces derniers ont nettement marqué le pas en 2002
avec seulement 4 milliards d’euros (60 % du déficit courant). Cet infléchissement des flux d’IDE
a surtout été compensé par des entrées de capitaux
à court terme, les investissements de portefeuille
n’augmentant que de 800 millions d’euros.
● La situation du marché
du travail reste difficile
La situation du marché du travail est l’une des
faiblesses majeures de l’économie polonaise, les
jeunes, les femmes et les personnes les moins
qualifiées étant les catégories les plus vulnérables.
Le taux de chômage (18 % en juin 2003) s’avère
structurellement élevé, en dépit d’une croissance qui
a été, en moyenne au cours des années 1990, la plus
forte parmi les PECO. Le ralentissement prononcé
de l’activité depuis la fin de 2000 et l’arrivée de
flux importants de jeunes sur le marché du travail
(plus de 550 000 sur la période 2001-2003), ont
entraîné une aggravation de la situation.
Outre les facteurs démographiques, qui devraient
s’inverser toutefois à partir de 2005, d’autres
éléments, comme la rigidité et le niveau relativement élevé des salaires nominaux (l’équivalent
de 554 euros en 2002 en moyenne dans l’industrie,
contre seulement 500 euros en République tchèque)
ont des effets pénalisants. En revanche, les
niveaux de qualification, de protection de l’emploi
d’indemnisation du chômage ne se distinguent
guère des paramètres en vigueur dans les autres
PECO.
La Pologne se caractérise également par l’un des
taux d’emploi les plus faibles de la zone (52,7 %
en 2001). Cette situation est accentuée par l’orientation malthusienne des politiques mises en
oeuvre. En effet, très tôt dans la transition, des
mesures sociales destinées à amortir les effets des
restructurations sur l’emploi ont été adoptées. Les
nombreux départs en pré-retraite et les conditions
peu restrictives d’attribution des pensions
d’invalidité ont écarté de nombreux travailleurs
âgés de l’activité (en 2001,4,3 millions de
personnes avaient un statut d’invalidité ou de
handicapé et 2,5 millions d’entre eux bénéficiaient
d’une pension à ce titre). Avec 4 % du PIB en
2001 (contre 2,4 % du PIB aux Pays-Bas, 1,7 %
en République tchèque, 0,9 % en France), la part
des dépenses sociales consacrées aux pensions
d’invalidité est ainsi anormalement élevée.
Compte tenu de ce contexte, les politiques de
l’emploi menées en Pologne manquent encore
aujourd’hui d’ambition et de moyens financiers.
Elles devraient se réorienter vers des mesures de
nature active (formation, programmes d’insertion)
et moins se focaliser sur le traitement passif des
redéploiements ou l’accompagnement vers une
retraite précoce. L’important problème de la
restructuration du secteur agricole (un peu plus
de 20 % de l’emploi pour 5 % du PIB) rend
toutefois illusoire le retour à moyen terme à un
bas niveau de chômage.
● Une politique budgétaire
en voie de relâchement...
Lourdement endettée au début de son processus
de transition économique, la Pologne a fait preuve
par le passé de rigueur dans la conduite de sa
politique budgétaire, ce qui lui a permis de
ramener son endettement public au dessous des
40 % du PIB en 2000 (contre 72 % en 1994).
Néanmoins, le fort ralentissement économique de
2001 (seulement 1 % de croissance), dans un
contexte électoral peu propice à la maîtrise des
dépenses, a porté le déficit de l’Etat à plus de
4,5 % du PIB, soit plus de 3 % selon les normes
européennes. Le changement de majorité parlementaire, à l’automne 2002, n’a pas conduit à un
redressement des finances publiques, les ministres
des Finances successifs (M. Belka, puis
G. Kolodko) n’ayant pas voulu hypothéquer une
reprise économique encore fragile. Or, la maîtrise
du déficit est particulièrement délicate en
Pologne, car les dépenses de protection sociale,
par nature rigides, sont particulièrement élevées
(les transferts sociaux représentent 21 % du PIB
en 2001, contre 18 % en moyenne dans les autres
PECO). En conséquence, le déficit de l’Etat a
atteint 5,1 % du PIB en 2002 (4,1 % selon les
normes européennes) et devrait être légèrement
supérieur en 2003. Parallèlement, la dette publique
a augmenté rapidement et a dépassé 47 % du PIB
fin 2002, soit environ 41,8 % selon les normes
européennes.
Nommé ministre des Finances en l’été 2002,
G. Kolodko avait aussitôt annoncé sa volonté de
mettre en oeuvre une grande réforme des finances
publiques, afin de dégager des marges de manœuvre
dans la perspective de la prochaine adhésion à
l’Union européenne (pour faire face au paiement
de la contribution au budget de l’UE, d’une part,
et au cofinancement des projets sur fonds
communautaires, d’autre part). Son plan s’inscrivait dans la perspective d’une adoption rapide
de l’euro (2007) et prévoyait de limiter la croissance des dépenses publiques pour ramener le
déficit budgétaire à 4,8 % du PIB en 2004 et à
2,9 % en 2006, en s’appuyant sur la désindexation de nombreuses prestations sociales, y compris
les retraites, la réduction de certaines subventions,
notamment au régime vieillesse des agriculteurs
(KRUS), et la suppression de plusieurs agences
para-publiques.
Durant les premiers mois de 2003, des dissensions sont cependant apparues au sein du
gouvernement quant à la stratégie à adopter et le
ministre de l’Economie et du Travail, J. Hausner,
a proposé un plan alternatif, qui s’inscrivait dans
le cadre d’une relance de la croissance polonaise
et retenait comme priorités la lutte contre la
pauvreté, la réduction du chômage et l’aide à
l’investissement des entreprises. Il préconisait une
progression du salaire minimum au moins égale
à l’inflation, le maintien du pouvoir d’achat des
pensions d’invalidité et de retraite grâce à leur
indexation partielle sur les salaires réels et une
augmentation des traitements dans le secteur
public.
Après avoir reporté au lendemain du référendum
d’adhésion à l’UE (juin 2003) la décision relative au projet de réforme des finances publiques,
le gouvernement a, dans un premier temps, uniquement approuvé le cadre général du projet de
budget pour 2004 : déficit égal à 3,9 % du PIB,
taux d’inflation fixé à 2,2 %, tout en laissant en
suspens la discussion sur les sujets de friction.
Par ailleurs, le budget a fait l’objet de critiques
sur plusieurs aspects : l’hypothèse d’une croissance de 5 % pour 2004 jugée trop optimiste ; le
prélèvement, à hauteur de 9 milliards de zlotys,
d’une partie des plus-values latentes sur les
réserves de change de la Banque centrale, projet
abandonné finalement face à l’opposition des
autorités monétaires.
● ... ce qui hypothèque
une entrée rapide
dans le Mécanisme
de change européen
Les maintes critiques exprimées au sein du
gouvernement, le soutien explicite apporté par
L. Miller à J. Hausner, et l’accueil plus que mitigé
réservé à son projet de budget ont conduit
G. Kolodko à donner sa démission. Il a été
remplacé par A. Raczko, mais c’est désormais
J. Hausner, nommé vice-Premier ministre en
charge de l’Economie et de la Politique sociale
qui est le véritable maître d’œuvre de la stratégie
du gouvernement dans ce domaine. Les hypothèses macroéconomiques mises au point par
l’ancien ministre des Finances ont pour l’essentiel servi de références à la nouvelle équipe. Le
projet de budget définitif finalisé fin juillet fait
apparaître un montant du déficit prévisionnel de
46 milliards de zlotys, soit environ 5,5 % du PIB.
Toutefois, l’exclusion des dépenses prévisionnelles d’une subvention de 11,9 milliards de
zlotys destinée au second pilier du régime des
retraites, ainsi qu’une partie des fonds destinés
au cofinancement des projets communautaires (à
hauteur de 3,6 milliards de zlotys) conduit à
minorer l’ampleur du déficit, qui pourrait en fait
atteindre 7 % du PIB.
Si J. Hausner reste fidèle à ses prises de position
antérieures sur l’euro, selon lesquelles « le non-respect des critères de Maastricht pour 2006 ne
serait pas un drame », et à l’orientation keynésienne de ses projets, la réforme fiscale, condition nécessaire pour ramener le déficit public dans
les bornes établies par l’Union européenne, ne
sera très probablement pas mise en œuvre. Cette
perspective a déjà affecté les anticipations des
marchés concernant la convergence, puisque,
contre toute attente, le zloty ne s’est pas apprécié
selon la tendance qui s’était dessinée dans le
sillage du résultat positif du référendum d’adhésion, mais a continué de s’affaiblir vis-à-vis de
l’euro (- 12 % entre décembre 2002 et juin 2003).
Du point de vue de la compétitivité de l’économie
polonaise, cette évolution apparaît cependant
souhaitable : en effet, la forte appréciation de la
devise polonaise en 2000 et 2001 avait conduit à
une surévaluation manifeste.
● ... et limite les marges
de baisse des taux d’intérêt
Le policy mix est loin d’avoir été optimal, en 2001
et 2002, politique budgétaire et monétaire
agissant, à l’évidence, en sens opposé. La baisse
progressive du taux d’intervention de la Banque
centrale, qui est passé de 19 % en janvier 2001 à
5,25 % en juin 2003 est, certes, le signe d’une
amélioration. Cependant, elle ne sera confirmée
que si les autorités monétaires sont convaincues
de la mise en oeuvre d’une politique budgétaire
qui respecte l’orthodoxie financière. De ce point
de vue, tout accroissement des déficits pourrait
retarder ou limiter le relâchement attendu de la
politique monétaire.
De fait, la politique monétaire, après être parvenue
à rompre, de manière efficace, mais probablement
pénalisante pour la croissance le cercle vicieux
des anticipations inflationnistes, a désormais pour
objectif de stabiliser la hausse des prix autour de
2,5 %, ce qui est cohérent avec la volonté de la
Banque centrale de respecter les critères de
Maastricht. Toutefois, si la dépréciation du zloty
vis-à-vis de l’euro (- 20 % depuis le début de
2002) est favorable à la compétitivité des produits
polonais (68 % des exportations polonaises sont
destinées à l’UE), elle peut contribuer à susciter
de la part de la Banque centrale un certain attentisme, puisque les effets sur l’inflation d’une
variation du change sont en principe potentiellement importants (62 % des importations sont
originaires de l’UE). Toutefois, cette règle s’est
trouvée atténuée dans la mesure où, au cours de
la même période, le zloty s’est apprécié de 7 %
par rapport au dollar, ce qui a réduit le coût de
certaines importations, notamment énergétiques.
Le cours qui s’est établi en juillet 2003 (1 euro =
4,5 zlotys) convient aux autorités polonaises, qui
souhaitent éviter une appréciation trop forte de
la devise, notamment dans la perspective de
l’entrée dans le Mécanisme de change européen
(MCE II), toujours envisagée pour 2005 par la
Banque centrale, mais fixée à un ou deux ans plus
tard par la plupart des analystes.
● Un niveau d’intermédiation
bancaire encore insuffisant
L’impact d’une baisse des taux d’intérêt se trouve,
par ailleurs, limité par le faible niveau
d’intermédiation bancaire. La transition vers un
secteur bancaire privé adossé aux banques occidentales est certes quasiment achevée (près de
75 % des actifs du secteur sont gérés par le secteur
privé et majoritairement par des établissements
détenus par un investisseur stratégique étranger),
mais les dépôts et les prêts bancaires ne représentaient, respectivement fin 2002, que 36,4 %
et 40 % du PIB. Le financement désintermédié
de l’économie est lui aussi restreint : la capitalisation de la Bourse de Varsovie s’élève à moins
de 30 milliards d’euros, tandis que le marché
obligataire des entreprises ne dépasse pas 5 milliards d’euros (en stock).
Bien que le secteur bancaire polonais apparaisse
aujourd’hui comme sain et bien contrôlé, il fait
toutefois preuve d’une faible capacité à financer
la croissance et à collecter l’épargne, alors que
les prêts non performants
[16] ne cessent de gagner
en importance. Ainsi, le montant des créances
douteuses s’élevait à environ 10 milliards d’euros
en 2002, soit 20 % du total des prêts octroyés au
secteur non financier
[17] hors gouvernement
central). En outre, les sommes empruntées en
devises par les ménages et les entreprises (plus
de 26 % du stock fin septembre 2002), même si
elles sont soumises à un contrôle, contribuent à
rendre plus vulnérable le système financier
polonais.
Le secteur bancaire dans son ensemble a dégagé,
en 2002, des résultats très moyens et plusieurs
filiales d’établissements étrangers ont même
essuyé des pertes (mauvais investissements en
bourse, faillites d’entreprises…). La pression sur
les résultats devrait donc subsister, au moins en
2003, et limiter la répercussion intégrale de la
réduction des taux sur le client final. Par ailleurs,
si les prêts à la consommation et au logement se
sont montrés relativement dynamiques (+ 10 %
en 2002), le crédit aux entreprises a stagné du
fait de l’augmentation de la proportion des
créances classées « irrégulières » (venant conforter
la prudence traditionnelles des banques à l’égard
des PME) et du recul de l’investissement depuis
deux ans. Enfin, la plupart des banques polonaises
sont engagées dans des processus de restructuration, alors qu’elles se trouvent également
confrontées à une réduction importante et
continue des marges dégagées sur les dépôts. Cet
effet de ciseaux, qui intervient dans un contexte
conjoncturel peu favorable, pourrait également
s’avérer contraignant dans les mois à venir.
2002
16-17 janvier
Visite de Vladimir Poutine en Pologne, la
première d’un Président russe depuis neuf ans.
6 février
Dix mineurs meurent dans une explosion en
Silésie. C’est la tragédie la plus meurtrière depuis
quinze ans dans une mine polonaise.
14 février
Jolanta Sosnowska, député SLD, présente une
proposition de loi instituant un « PACS », y
compris pour les homosexuels. Seule l’Union du
travail (UP) soutient cette proposition qui nourrit
de vives controverses.
20 février
Le président Aleksander Kwasniewski promulgue
un amendement à la loi dite de lustration, qui
établit les sanctions à l’encontre des individus
(personnalités publiques, candidats aux élections,
etc.) dissimulant des faits de collaboration avec
les services de la Sécurité d’Etat durant la période
communiste. Il précise la signification de la notion
de « collaboration » (wspolpracy) et restreint son
champ d’application.
26 février
Lancement d’une euro-obligation de l’Etat
polonais de 750 millions d’euros. La dernière
émission avait eu lieu en janvier 2001 et avait été
complétée en décembre. La suivante aura lieu en
juin, malgré les turbulences sur le marché
international de la dette des pays émergents ; elle
sera de 1 milliard de dollars (première émission
du pays en dollars depuis cinq ans).
28 mars
L’archevêque de Poznan, Juliusz Paetz, démissionne, après avoir été accusé de harcèlement
sexuel à l’encontre de séminaristes et de prêtres.
11 avril
Manifestation commune des syndicats OPZZ et
Solidarité ainsi que de chômeurs, contre le
chômage et les changements probables du Code
du travail.
7 mai
Le gouvernement présente un rapport sur les
entreprises publiques ou mixtes, dénonçant les
erreurs de gestion et accusant notamment l’Eglise,
Solidarité et AWS (le parti au gouvernement entre
1997 et 2001) d’avoir profité des largesses de
leurs dirigeants.
9 mai
Lancement de la campagne pour l’entrée de la
Pologne dans l’Union européenne.
15 mai
Des activistes de Samoobrona (Autodéfense),
opposés à la politique relative au développement
rural du gouvernement occupent le ministère de
l’Agriculture et sont délogés par la police.
17 juin
Faillite des chantiers navals de Szczecin.
5 juillet
Grzegorz Kolodko (SLD) est nommé ministre des
Finances à la place de Marek Belka (SLD), qui
se disait « vidé de toute énergie » et avait démissionné sans autres explications le 2 juillet.
Remplacement des ministres de la Justice et de
la Culture.
9 juillet
L’Institut de la mémoire nationale présente les
résultats de son enquête sur le pogrom des juifs
de Jedwabne (10 juillet 1941). Il est établi que
les inspirateurs du massacre étaient allemands,
mais que les bourreaux (plusieurs dizaines) étaient
polonais.
17-19 juillet
Visite du président Kwasniewski aux Etats-Unis.
7 août
Vote par le Sénat du nouveau Code du travail
sans les amendements défavorables aux employés
proposés par la Diète, à la suite des protestations
des syndicats.
16-19 août
Visite du pape en Pologne. Plus de 2,5 millions
de personnes l’acclament à Cracovie.
13 septembre
Vote d’une nouvelle modification de la loi de
lustration qui restreint davantage son champ
d’application.
17 octobre
Lors du débat parlementaire sur la privatisation
partielle de l’entreprise Orlen (qui alimente
Varsovie en pétrole), l’un des leaders de la Ligue
des familles polonaises (LPR), Gabriel Janowski,
refuse de quitter la tribune et bloque les travaux
de la Diète. Il est délogé en pleine nuit par le
service de sécurité, contraignant le maréchal
(président) de la Diète à affronter un vote de
défiance.
27 octobre
Elections locales dans les powiats (départements)
et les voïvodies (régions) et premier tour de l’élection des maires au suffrage universel. La participation est de 44,23 %. A cet échelon, la compétition électorale échappe dans la plupart des petites
villes au contrôle des partis politiques, mais le
SLD (Alliance de la gauche démocratique) et le
PSL (Parti paysan) sont solidement implantés
dans un grand nombre de municipalités. Au
niveau de la voïvodie, la compétition est désormais entièrement partisane. Les résultats sont
décevants pour le SLD, qui perd certaines régions
et se voit contraint de s’allier avec Autodéfense
pour gouverner. Ce dernier et la LPR créent en
effet la surprise dans de nombreuses régions.
10 novembre
Second tour de l’élection des maires au suffrage
universel. Dans les petites villes, le PSL est la
première force partisane devant le SLD, mais la
grande majorité des maires élus sont issus de
comités électoraux locaux, sans étiquette partisane. En revanche, dans 11 des 16 plus grandes
villes, ce sont des candidats de droite ou du centre
qui l’emportent au détriment du SLD. Si ce
dernier gagne la ville de Cracovie, il perd Lodz,
deuxième ville de Pologne et bastion de gauche
jusque là.
13 décembre
Sommet de Copenhague qui met fin aux négociations entre les pays candidats, dont la Pologne,
et l’Union européenne. Les représentants du
gouvernement polonais négocient âprement
jusqu’au dernier moment.
23 décembre
Signature de la Loi de finances par le président
de la République. Pour la première fois depuis
15 ans, elle est signée avant le début de l’année
fiscale concernée.
27 décembre
• Publication dans Gazeta Wyborcza de l’article
« Une loi contre un dessous-de-table ou Rywin
rend visite à Michnik », qui déclenche « l’affaire
Rywin ».
• Annonce de l’achat par la Pologne de 48 avions
de chasse F-16 aux Etats-Unis.
2003
6 janvier
• Remaniement ministériel : révocation des
ministres de l’Economie, de la Santé et du Trésor.
• Selon un sondage du Centre d’études de l’opinion publique (CBOS), seules 6 % des personnes
interrogées sont favorables à une guerre en Irak,
sans condition ; 25 % soutiennent une intervention sous mandat de l’Onu.
10 janvier
Sur la proposition des députés de Droit et Justice
(PiS) et de Plate-forme civique (PO), la Diète crée
une commission d’enquête chargée de faire la
lumière sur l’affaire Rywin.
17 janvier
Marek Balicki (UP) remplace Mariusz Lapinski
(SLD) au poste de ministre de la Santé.
13 février
Le Conseil national de la radio et de la télévision
accorde une concession sur le satellite à la
Fondation Lux Veritatis, dont le président est le
père Rydzyk, fondateur de la radio catholique
fondamentaliste Radio Maryja.
1er mars
Leszek Miller décide de l’éclatement de la coalition en présentant la démission des ministres
appartenant au Parti paysan (PSL).
14 mars
L’Alliance de la gauche démocratique (SLD) et
l’Union du travail (UP) s’allient au Parlement
avec le Parti paysan démocrate (PLD), dirigé par
Roman Jagielinski.
16 avril
Sommet d’Athènes. La délégation polonaise est
notamment composée du Président, du Premier
ministre, de plusieurs ministres et de tous les
Premiers ministres de la « IIIe République ».
18 avril
Signature du contrat d’achat avec le constructeur
américain Lockheed Martin, au détriment des
Européens (SAAB et Dassault Aviation), de
48 avions de combat F16 pour 3,5 milliards de
dollars. Il est assorti d’un programme d’investissements compensatoires de 12 milliards de
dollars. Pour financer la transaction, le Congrès
américain a offert à la Pologne un crédit à taux
préférentiel.
26 avril
Le Premier ministre, Leszek Miller, est interrogé
par les membres de la commission d’enquête
parlementaire sur l’affaire Rywin.
9 mai
Sommet du Triangle de Weimar à Wroclaw qui
réunit A. Kwasniewski, G. Schröder et J. Chirac.
30-31 mai
Courte visite de Georges W. Bush à Cracovie,
sur le chemin vers Saint-Pétersboug, pour
« remercier » la Pologne de sa participation à la
guerre en Irak. Visite de Tony Blair à Varsovie.
7-8 juin
Victoire du « oui » au référendum sur l’adhésion
de la Pologne à l’Union européenne. Le président
de la République déclare : « Nous avons longtemps attendu ce moment. Je ne cache pas mon
émotion. Je suis convaincu que des millions de
compatriotes la partagent », avant de rappeler
l’existence d’un front pro-européen au-dessus des
divisions partisanes, historiques et personnelles
et de remercier le pape Jean-Paul II, l’Eglise et le
Premier ministre de la « Pologne libre », Tadeusz
Mazowiecki, pour leur contribution au succès du
« oui ».
11 juin
Démission du ministre des Finances, Grzegorz
Kolodko.
13 juin
Vote de confiance à la Diète en faveur du chef de
gouvernement Leszek Miller, par 235 voix contre
225.
26 juin
La Banque centrale abaisse son taux d’intervention à 5,25 %. Elle l’a réduit à de très nombreuses
reprises au cours de ces derniers mois (il était de
11,5 % en janvier 2002).
23 juillet
Ratification par le Président du traité d’adhésion
à l’Union européenne.
28 juillet
Dans un sondage CBOS, 55 % des personnes
interrogées désapprouvent la participation de
l’armée polonaise à l’occupation de l’Irak ; 2 000
soldats doivent maintenir l’ordre dans une région
au centre-sud du pays.
29 juillet
Le gouvernement décide de retirer le projet de
loi sur l’audiovisuel et de repartir à zéro.
Principales formations
politiques
SLD Alliance de la gauche démocratique
PO Plate-forme civique
PiS Droit et justice
PSL Parti paysan polonais
Samoobrona RP Autodéfense de la République
de Pologne
LPR Ligue des familles polonaises
UP Union du travail
PLD Parti paysan démocrate
SKL-RNP arti populaire conservateur –
Mouvement de la nouvelle Pologne
ROP Mouvement pour la reconstruction de la
Pologne
UW Union pour la liberté v
Alternatiwa - Stronnictvo Pracy Alternative -
Parti du travail
ZChN Union chrétienne-nationale
NL Nouvelle gauche
Résultats des dernières
élections
● Election présidentielle du 8 octobre 2000
Taux de participation : 61,1 %.
Candidats* % des voix
Aleksander Kwasniewski (SLD) 53,90
Andrzej Olechowski 17,30
Marian Krzaklewski (AWS) 15,57
Jaroslaw Kalinowski (PSL) 5,95
Andrzej Lepper (Samoobrona) 3,05
* Huit autres candidats se sont présentés mais l’un d’entre eux s’est
retiré à la dernière minute. Ils ont obtenu moins de 3 % des
suffrages, dont Lech Walesa : 1,01 %.
Prochaine échéance présidentielle : 2005
● Elections législatives
Elections à la Diète du 23 septembre 2001
Taux de participation : 46,29 %.
Comités % des Nombre
électoraux suffrages de sièges
Alliance de la gauche
démocratique-Union du travail
(SLD-UP) 41,04 216
Plate-forme civique (PO) 12,68 65
Autodéfense 10,20 53
Droit et Justice (PiS) 9,50 44
Parti paysan polonais (PSL) 8,98 42
Ligue des familles
polonaises (LPR) 7,87 38
Action électorale solidarité-Droite (AWS-P) 5,60 0
Union pour la liberté (UW) 3,10 0
Parti de la minorité allemande
de Haute Silésie 0,36 2
Non-affiliés et divers 0,66 0
(1) L’Union du travail, qui a formé la coalition avec le SLD, a
ensuite constitué un club parlementaire distinct.
Composition de la Diète au 6 août 2003*
Clubs et cercles ** Nombre de membres
Club parlementaire
Alliance de la gauche
démocratique (SLD) 192
Club parlementaire Plate-forme
civique (PO) 56
Club parlementaire Droit et justice
(PiS) 43
Club parlementaire Parti paysan
polonais (PLS) 38
Club parlementaire Samoobrona RP
(Autodéfense) 30
Club parlementaire Ligue des familles
polonaises (LPR) 28
Club parlementaire
Union du travail (UP) 16
Cercle parlementaire Parti paysan
démocrate (PLD) 9
Cercle parlementaire Parti populaire
conservateur-Mouvement de la nouvelle
Pologne (SKL-RNP) 8
Cercle parlementaire Bloc polonais
populaire (PBL)(1) 6
Cercle parlementaire Mouvement
national-catholique (RKN)(1) 5
Cercle parlementaire Entente
polonaise (PP)(1) 3
Cercle parlementaire
Mouvement pour la reconstruction
de la Pologne (ROP) 3
Députés non inscrits 22
(1) Ne correspond pas à un parti politique.
* Soit 459 députés, car un siège est vacant depuis la démission
d’un élu SLD le 24 juillet 2003.
** Pour créer un cercle, trois députés au moins sont nécessaires,
quinze dans le cas d’un club.
Elections au Sénat du 23 septembre 2001
Taux de participation : 46,29 %.
Comités Nombre
électoraux de sièges
Alliance de la gauche démocratique-Union du travail (SLD-UP) 75
Autodéfense (Samoobrona) 2
Parti paysan polonais (PSL) 4
Ligue des familles polonaises (LPR) 2
Indépendants 2
Bloc Sénat 2001(1) 15
(1) Bloc Sénat 2001 était une coalition électorale, formée de
représentants de l’AWS, du ROP, de PO, du SKL et de l’Union
pour la liberté. Il a constitué un groupe sénatorial unique.
Composition du Sénat au 9 juillet 2003
Club Alliance de la gauche démocratique -
Union du travail (SLD - UP) 75
Club Sénat 2001 14
Cercle des sénateurs paysans et indépendants 5
Non-inscrits 6
Prochaines échéances législatives : septembre
2005
Composition
du gouvernement
(30 juillet 2003)
- Premier ministre : Leszek Miller (SLD)
- Vice-Premiers ministres :
- Economie, Travail et Politique sociale :
Jerzy Hausner (SLD)
- Infrastructures : Marek Pol (UP)
- Affaires étrangères : Wlodzimierz Cimoszewicz
- SLD)
- Affaires européennes : Danuta Hubner (SLD)
- Défense nationale : Jerzy Szmajdzinski (SLD)
- Affaires intérieures et Administration :
Krzysztof Janik (SLD)
- Justice : Grzegorz Kurczuk (SLD)
- Finances : Andrzej Raczko*
- Trésor : Piotr Czyzewski*
- Education nationale et Sports : Krystyna
Lybacka (SLD)
- Santé : Leszek Stanislaw Sikorski (SLD)
- Culture : Waldemar Dabrowski*
- Recherche : Michal Kleiber*
- Agriculture et Développement rural : Wojciech
Olejniczak (SLD)
- Environnement : Czeslaw Sleziak (SLD)
- Sans parti
·
Ouvrages
·
Marie-Claude Maurel, Maria Halamska,
Hugues Lamarche, Le repli paysan. Trajectoire de l’après-communisme en Pologne,
L’Harmattan, coll. Pays de l’Est, Paris,
2003,248 p.
·
Antoine Roger (dir.), Des partis pour quoi
faire ? La représentation politique en
Europe centrale et orientale, Bruxelles,
Bruylant, à paraître en octobre 2003.
Notamment : Hakim Aissaoui, « Partis
politiques et développement territorial : le
cas de la Région Silésie » ; Bruno Drweski,
« Entre action syndicale et intervention
politique : la difficile émergence d’un
modèle stabilisé de syndicalisation en
Pologne » ; Jérôme Heurtaux, « L’emprise
des partis sur la compétition politique en
Pologne. Les candidats face à la partisanisation (1990-2000)» ; Jean Petaux, « Elections municipales en Pologne : l’invention
de l’impossible » ; Frédéric Zalewski,
« Conflits d’interprétations et conflits
sociaux dans la Pologne post-communiste :
l’exemple des mobilisations paysannes ».
·
Jean-Michel de Waele (édité par), La Pologne
et l’intégration européenne, Université
Libre de Bruxelles, 2003,212 p.
·
OCDE, xamens environnementaux de
l’OCDE : Pologne, Paris, 2003,245 p.
·
OCDE, Pologne. De la transition aux
nouveaux défis de la réglementation 2002,
Paris, 2002,149 p.
·
Jacqueline Heinen, Stéphane Portet,
« Political and Social Citizenship : An
Examination of the Case of Poland », in
Maxime Molyneux, Shahra Razavi (ed.),
Gender Justice, Development, and Rights,
Oxford, UNRISD, 2002.
·
2002 Annual Review for Poland, European
Industrial Relations Observatory on-line,
hhttp :// www. eiro. eurofound. ie/ 2003/ 01/
feature/PL0301104F.html
·
Aleks Szczerbiak, Poles Together ? Emergence and Development of Political Parties
in Post-Communist Poland, Budapest, CEU
Press, 2001.
·
Revues
·
Espace virtuel franco-polonais, sur le site
du journal Rzeczpospolita, http ://
wwww. rzeczpospolita. pl/ tematy/ pl-fr-2004/
·
Benoit Hamende et al., « Economic Situation
in 2002 and Perspectives for 2003 in
Central- and South-Eastern Europe :
Poland », Est-Ovest, n° 3,2003, pp. 59-67.
·
Aleks Szczerbiak, « Old and New Divisions
of Polish Politics : Polish Parties’ Electoral
Strategies and Bases of Support », Europe-Asia Studies, vol. 55, n° 5, juillet 2003,
pp. 729-746.
·
Preston Keat, « Fallen Heroes : Explaining
the Failure of the Gdansk Shipyard, and the
Successful Early Reform Strategies in
Szczecin and Gdynia », Communist and
Post-Communist Studies, vol. 36, n° 2, juin
2003, pp. 209-232.
·
Coralie Schaub, « Pologne. Les entrepreneurs se lèvent à l’Est », Enjeux-les Echos,
n° 192, juin 2003, pp. 78-84.
·
François Bafoil, Rachel Guyet, Loïc
L’Haridon, Wladimir Tardy, « Pologne.
Profils d’agriculteurs », Le courrier des pays
de l’Est, n° 1034, avril 2003, pp. 28-45.
·
Stéphane Portet, « Limites du deus-ex-machina. Le féminisme polonais face à
l’adhésion à l’Europe », Mouvements, n° 26,
mars-avril 2003.
·
François Bafoil, Edith Lhomel, « La préparation aux Fonds structurels de l’UE. Les
exemples de la Pologne et de la Roumanie »,
Le courrier des pays de l’Est, n° 1033, mars
2003, pp. 39-46.
·
Robert Barys, « Les zones économiques
spéciales en Pologne », Le courrier des pays
de l’Est, n° 1032, février 2003, pp. 40-46.
·
Jack Bielasiak, « Determinants of Public
Opinion Differences on EU Accession in
Poland », Europe-Asia Studies, vol. 54, n° 8,
décembre 2002, pp. 1241-1266.
·
Leszek Miller, « La Pologne au seuil de
l’Union européenne », Politique internationale, n° 97, automne 2002, pp. 257-275.
·
« Poland’s Road to the Euro : A Review of
Options », CES ifo Forum, vol. 3, n° 3,
automne 2002, pp. 39-44.
·
Ryszard Rapacki, « Public Expenditure in
Poland : Major Trends, Challenges and
Policy Concerns », Post-communist Economies, vol. 14, n° 3, septembre 2002, pp. 359-380.
·
François Richard, Nicolas Meunier,
« Pologne 2001-2002. Une évolution préoccupante » in « Europe centrale et orientale
2001-2002. Une croissance pérenne, un jeu
politique rôdé, des sociétés désenchantées »,
Le courrier des pays de l’Est, n° 1026, juinjuillet 2002, pp.142-152.
·
Helmut Schütz, Maria J. Welfens, Jerzy
Sleszynski, Wojcech Stodulski, « Sustainable
Development Through Dematerialization :
The Case of Poland », Osteuropa Wirtschaft,
n° 2, juin 2002, pp. 173-199.
·
FMI, « Republic of Poland : Selected Issues
and Statistical Appendix 2002 », IMF Staff
Country Report, n° 02/128, juin 2002,40 p.
·
FMI, « Republic of Poland : Staff Report for
the 2002 Article IV Consultation », IMF
Country Report, n° 02/127, juin 2002,41 p.
·
Andrzej Stepniak, « Strategy of Poland’s
Membership in the European Union »,
Intereconomics, vol. 37, n° 4,2002, pp. 183-188.
·
Gilles Vaysset, « Conversion de dette pour
la protection de l’environnement : l’exemple
de l’Ecofonds polonais », Revue d’économie
financière, n° 66,2-2002, pp. 217-227.
·
Frédéric Pinard, « L’audiovisuel en
Pologne », Le courrier des pays de l’Est,
n° 1021, janvier 2002, pp. 26-32.
·
Economist Intelligence Unit, Country Report
(trimestriel), Country Profile annuel),
« Poland ».
[*]
Doctorant en science politique (CERAPS-CNRS), Ater à l’EHESS.
[(1)]
Fernand Braudel, « La longue durée »,
Annales E.S.C, n° 4, octobre-décembre 1958.
[(2)]
Si les résultats du scrutin n’étaient pas un enjeu en soi, la mobilisation des électeurs était loin d’être acquise et
le taux de participation était une mesure de la légitimité du pouvoir.
[(3)]
A savoir le versement de 1 milliard d’euros au budget polonais en 2005-2006, l’augmentation des quotas laitiers
de 1,5 million de tonnes par an à 8,9 millions et l’autorisation de verser des aides aux agriculteurs polonais, dès
l’adhésion, à hauteur de 60 % des subventions dont profitent les agriculteurs européens, etc.
[(4)]
Centre d’études de l’opinion publique.
[(5)]
CBOS,
Wydarzenia roku 2002 wazne dla Polski i swiata. Komunikat z badan (Les événements de l’année 2002
importants pour la Pologne et le monde. Rapport d’enquête), Warszawa, janvier 2003.
[(6)]
Cf. E. Lhomel, F. Bafoil, « La préparation aux Fonds structurels de l’UE. Les exemples de la Pologne et de la
Roumanie »,
Le courrier des pays de l’Est, n° 1035, mars 2003, pp. 28-38.
[(7)]
Exactement depuis juin 2002,
cf. CBOS,
Zaufanie do politykow w Polsce. Komunikat z badan (La confiance
envers les hommes politiques en Pologne. Rapport d’enquête), juin 2003.
[(8)]
Envoyant son parti à la catastrophe puisque l’Alliance électorale Solidarité (AWS) n’était pas parvenue à atteindre
le seuil requis de 8 % des voix pour les coalitions électorales qui lui aurait permis de rester au Parlement lors des
élections législatives de 2001.
[(9)]
Des désaccords sur une nomination ont aussi empoisonné les relations entre Leszek Miller et ses ministres du
Trésor successifs.
[(10)]
Jerzy Hausner, alors ministre du Travail et des Affaires sociales, avait été promu vice-Premier ministre et
obtenu également le portefeuille de l’économie à la suite de la révocation du ministre qui le détenait, Jacek Piechota
en janvier 2003.
[(11)]
Un club parlementaire peut être formé à la Diète si quinze députés au moins le décident.
[(12)]
Voir Jérôme Heurtaux, « L’emprise des partis sur la compétition politique en Pologne. Les candidats face à la
partisanisation (1990-2000)»,
in Roger Antoine (2003) dir.,
Des partis pour quoi faire ? La représentation politique
en Europe centrale et orientale, Bruxelles, Bruylant, à paraître en octobre 2003.
[(13)]
Gazeta Wyborcza, 23 mars 2003.
[(14)]
Gazeta Wyborcza, 3 novembre 2002.
[(15)]
Levées dont
Samoobrona n’a pas le monopole. Plusieurs députés du SLD ont eux aussi vu leur immunité levée
au cours des derniers mois.
[*]
Docteurs en économie.
[*]
EIU,
Country Report, juin 2003.
[(16)]
C’est-à-dire classés « irréguliers ».
[(17)]
Il faut toutefois souligner que les critères de classement de la NBP sont sensiblement plus restrictifs que ceux
traditionnellement retenus au niveau international.