Le Courrier des pays de l'Est
La Doc. française

I.S.B.N.sans
256 pages

p. 139 à 154
doi: en cours

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n° 1036-1037 2003/6-7

2003 Le Courrier des Pays de l’Est

Pologne 2002-2003

Vers des temps meilleurs ?

La vie politique polonaise n’a jamais été très paisible. Ce fut encore le cas récemment avec l’exclusion du Parti paysan de la coalition au pouvoir en mars 2003, l’opposition notoire entre le Premier ministre et le Président, la confiance accordée de justesse par la Diète, en juin, au gouvernement de Leszek Miller, après de nombreux remaniements ministériels provoqués par les profondes mésententes au sein même de l’équipe dirigeante sur les réformes à engager (finances publiques, audiovisuel, Code du travail, santé...). Le tout sur fond de scandale majeur avec «l’affaire Rywin», jetant le discrédit sur la classe politique et les médias et révélant des connivences douteuses entre les deux. Bien qu’impopulaire, ce gouvernement parvient néanmoins à se maintenir, en raison d’une opposition divisée, incapable de proposer une alternative crédible. L. Miller peut pourtant se targuer de succès, notamment lors du dernier round de négociations sur l’agriculture avec l’UE et la victoire du «oui» au référendum sur l’adhésion en juin 2003. Mais à cet égard, si la Pologne a réussi la reprise de l’acquis communautaire, l’incertitude demeure sur sa capacité administrative à gérer les fonds communautaires au niveau national comme régional. Après deux années d’atonie de l’activité et la perte de compétitivité des produits polonais, la croissance est repartie fin 2002, mais à un rythme relativement lent. La reprise s’effectue dans un contexte de chômage très élevé (la situation du marché du travail est une des principales faiblesses de l’économie polonaise) et de fortes tensions sur le budget, avec une consommation des ménages qui marque le pas, peu d’investissements de la part des entreprises et l’infléchissement des IDE. La grande réforme à venir sera celle des finances publiques qui s’annonce très impopulaire, avec la baisse attendue des prestations sociales. Enfin, le secteur bancaire, bien qu’en partie assaini, (un stock de créances douteuses subsiste), n’a pas encore montré sa capacité à financer la croissance et à collecter l’épargne. Polish political life has never been very peaceful. This was recently the case with the exclusion of the Peasants’ Party from the ruling coalition in March 2003, flagrant opposition between the prime minister and the president, as well as the meager confidence accorded to Leszek Miller’s government by the Diet in June, after numerous ministerial reshufflings in the wake of profound disagreements between coalition leaders on reforms to be undertaken (public finance, media, labor law, health, etc.). All of this rested on a major scandal, the “Rywin Affair”, which discredited the political class and the media by revealing dubious connivance between the two. Albeit unpopular, this government has, none the less, been able to remain in power, as the divided opposition is incapable of providing a credible alternative. L. Miller has proved himself capable of success, in particular during the last round of EU agricultural negotiations and with the victory of the “Yes” in the June 2003 membership referendum. While Poland succeeded bringing its legislation in line with the EU, it is still uncertain whether she will be capable of managing community funds on a national as well as regional level. After two years of lackluster activity and a decline in the competitiveness of Polish products, growth resumed at the end of 2002, but relatively slowly. This recovery is taking place within a context of very high unemployment (the labor market is one of the main weaknesses of the Polish economy), intense tension over the budget, sluggish domestic consumption, low company investments, as well as a turnaround in FDIs. Extensive reforms will be undertaken in pubic finances and promise to be very unpopular because of the predicted reduction in social services. While the banking sector has partially been revamped (a backlog of dubious debts remains), it has not yet proved its capacity to finance growth and to collect savings.
Le 13 juin 2003, le Premier ministre Leszek Miller (Alliance de la gauche démocratique, SLD) obtenait un vote de confiance de la Diète par 235 voix contre 225, relégitimant ainsi l’autorité de son gouvernement, ébranlée par les attaques de l’opposition. Quelques jours plus tôt, 17,5 millions de Polonais, soit 58,85 % du corps électoral, participaient à un référendum sur l’adhésion européenne : une majorité de 77,45 % d’électeurs choisissaient le « oui », conférant au projet d’adhésion la légitimité populaire qui lui manquait encore. Le 19 juillet 2003, la commission d’enquête parlementaire chargée d’éclaircir « l’affaire Rywin », du nom de ce producteur de films qu’Adam Michnik, rédacteur en chef du journal Gazeta Wyborcza, avait accusé de tentative de corruption, se réunissait pour la 58e fois, sans parvenir à identifier les instigateurs, ni à démontrer l’implication du gouvernement. En fait, si l’on s’en tient au temps des évènements, ces faits, rassurants pour l’équipe au pouvoir, n’annonçaient qu’une pause éphémère dans une vie politique autrement plus instable. La période 2002-2003 a été en effet dominée par trois feuilletons à rebondissements majeurs : les négociations avec l’Union, suivies de la campagne du référendum sur l’adhésion, le turnover inistériel chronique, les tensions au sein de la coalition gouvernementale, qui ont abouti à l’exclusion du Parti paysan (PSL), et « l’affaire Rywin ». Mais pour bien prendre la mesure de ces événements et ne pas se tromper de diagnostic, il faut aussi insérer le temps court, celui des évènements, dans « le temps moins court » [1], celui des processus. Ce faisant, les évènements d’apparence les plus inattendus s’insèrent en fait dans des continuités qui structurent la vie politique polonaise.
La même analyse est valable dans le domaine économique. Après deux années d’atonie de l’activité, qui s’est accompagnée d’une perte de compétitivité des produits polonais, la croissance est repartie au second semestre de 2002 et s’est confirmée durant les premiers mois de 2003, mais à un rythme relativement lent. Toutefois, ce début de reprise ne s’est traduit par aucune amélioration sur le marché du travail où le taux de chômage demeure excessivement élevé. Par ailleurs, l’assainissement nécessaire des finances publiques a été ajourné afin de repousser à des temps meilleurs un ensemble de mesures jugées impopulaires.
 
Succès et fragilités du gouvernement Miller Jérôme Heurtaux [*]
 
 
● L’agenda européen de la politique nationale
S’agissant du référendum, l’attention des acteurs du champ politique s’est concentrée essentiellement, comme au temps de la Pologne communiste [2], sur le chiffre de la participation : un résultat inférieur à 50 % aurait invalidé la consultation et renvoyé le projet d’adhésion à l’Union européenne (UE) aux calendes parlementaires. Le soulagement du Président, A. Kwasniewski, qui s’était investi personnellement dans la campagne pour le « oui », et du Premier ministre, qui avait mis son mandat en jeu, était donc compréhensible au terme d’un long suspense : seuls 17,6 % des électeurs s’étaient rendus aux urnes le samedi, premier jour du scrutin, et trois heures avant la fermeture des bureaux de vote, le dimanche 8 juin, l’estimation de la participation avoisinait seulement les 45 %…, démentant l’optimisme des derniers sondages d’opinion. En réalité, le chiffre final a dépassé le seuil requis et le niveau habituel de participation aux élections législatives. Par leur vote, les Polonais ont confirmé leur soutien à l’entrée de leur pays dans l’Union européenne, dernier acte majeur d’un cycle de pré-adhésion qu’avaient en partie refermé les sommets de Copenhague (13-14 décembre 2002) et d’Athènes (16 avril 2003). Si ce dernier resta formaliste, il en fut autrement à Copenhague où la délégation polonaise, menée par le Premier ministre, négocia les conditions d’adhésion jusqu’au dernier moment. Parce que ce sommet entérinait les résultats de plusieurs années de négociations et qu’il préfigurait les rapports futurs entre la Pologne et l’Union, le gouvernement souhaitait montrer sa capacité à obtenir des concessions de la part de celle-ci et prouver le caractère avantageux de l’adhésion. Comme il s’en est ouvert dans la presse en révélant les « coulisses » des discussions de Copenhague, Leszek Miller craignait la démission de son ministre de l’Agriculture, le dirigeant du Parti paysan (PSL), Jaroslaw Kalinowski, qui faisait de la satisfaction des revendications polonaises sur les quotas de lait une condition sine qua non du maintien de son parti dans la coalition gouvernementale. Les engagements de l’UE [3] permettaient à L. Miller et à son équipe de rentrer triomphalement à Varsovie et de terminer une année clairement dominée par la question européenne, ce qu’illustrait parfaitement un sondage réalisé du 3 au 5 janvier 2003 par le CBOS [4] : 60 % des personnes interrogées déclaraient que la fin des négociations avec l’Union et le sommet de Copenhague étaient l’événement le plus important de l’année 2002 en Pologne, loin devant la visite du Pape en août (18 %) [5]. Mais la route de l’Union était encore longue. L’actualité des premiers mois de 2003 était en effet marquée par l’imminence du référendum, dont l’issue n’était pas assurée, les conflits au sein de la coalition provoquant l’expulsion du PSL du gouvernement et par le constat d’un décalage entre la reprise juridique réussie de l’acquis communautaire et la préparation de l’administration polonaise. A l’heure où Aleksander Kwasniewski ratifiait le traité d’Athènes (23 juillet), l’incertitude régnait encore sur la capacité de la Pologne à gérer les fonds européens [6].
● Le Premier ministre plie, mais ne rompt pas
Il était une fois un Premier ministre sans majorité depuis cinq mois, dont la cote de popularité est inférieure à 50 % depuis plus d’un an [7], interrogé en avril 2003 par une commission d’enquête parlementaire sur une affaire de corruption, en conflit avec plusieurs membres de son équipe, lâché par ses ministres des Finances successifs, soutenu du bout des lèvres par un Président beaucoup plus populaire, etc. En dépit de ces difficultés, Leszek Miller pouvait aborder la pause estivale en toute tranquillité. Après tout, son prédécesseur à ce poste, Jerzy Buzek, avait rencontré au moins autant de difficultés et avait résisté durant toute la législature (1997-2001) [8]. La coalition gouvernementale qu’il dirigeait avait aussi explosé, le contraignant à former un gouvernement minoritaire. Au final, si Leszek Miller a procédé, jusqu’à la démission du ministre de l’Agriculture, Adam Tanski, le 26 juin 2003, à douze changements ministériels en moins de deux ans, il est encore loin d’égaler le turnover ministériel du gouvernement Buzek, qui détient toujours le record (21 remaniements). Comme lui, il souffre d’une impopularité chronique et ne parvient pas à défendre son action. Il est vrai que le bilan provisoire du gouvernement Miller était, au 30 juillet 2003, peu visible. Si la suppression des caisses régionales de santé et leur remplacement par un fonds national préfigurant l’harmonisation et la rationalisation de l’accès aux soins ne pouvaient être que populaires, le bilan dans ce secteur a été gâché par la révocation du ministre de la Santé, Mariusz Lapinski (SLD), pour « gestion inconséquente », le 17 janvier 2003. Son successeur Marek Balicki (Union du travail, UP) démissionnait à son tour en avril en raison d’un désaccord avec le Premier ministre sur la nomination du président du fonds national de santé [9]. De même, la faillite des chantiers navals de Szczecin en juin 2002 et la réforme du Code du travail en juillet, qui introduisait davantage de flexibilité au profit des employeurs, avaient provoqué l’ire des syndicats et des affrontements violents entre les manifestants et la police. En octobre 2002, le syndicat Solidarité appelait à manifester à deux reprises dans la capitale polonaise contre la politique gouvernementale.
Le désaccord public entre le ministre de l’Economie, du Travail et des Affaires sociales [10], Jerzy Hausner (SLD) et le ministre des Finances, Grzegorz Kolodko (SLD), partisan de la rigueur budgétaire − conduisant finalement à la démission de ce dernier le 11 mai 2003 − illustrait les atermoiements de la politique économique et entretenait l’incertitude sur une réforme des finances publiques. De plus, le gouvernement devait renoncer à faire voter plusieurs lois qu’il jugeait importantes. Outre l’abandon de la réforme de la culture, qui visait à rationaliser le financement de ce secteur et la démission du ministre qui en avait la charge, Andrzej Celinski (SLD), en juillet 2002, le gouvernement devait abandonner le projet de loi créant une vignette automobile, en raison de la décision de son partenaire de la coalition, le Parti paysan, de voter avec l’opposition contre cette mesure, stratégie qui allait se solder par l’exclusion du PSL de la coalition gouvernementale, le 1er mars 2003. Enfin, Leszek Miller annonçait, le 29 juillet 2003, le retrait du projet de loi sur l’audiovisuel, censé préparer ce secteur aux règles de la concurrence en vigueur dans l’Union européenne, en raison du « climat » lié à l’affaire Rywin. Mais les succès en politique étrangère (fin des négociations, victoire du oui au référendum, retour de la Pologne sur la scène internationale à l’occasion du conflit irakien – la sécurisation d’un secteur du pays confiée à la Pologne étant notamment présentée comme la promesse d’une manne pour les entreprises polonaises) allaient être capitalisés sur le plan intérieur. Bien qu’attaqué par son ancien partenaire, le PSL, qui proposait même au président Kwasniewski de bâtir avec lui une nouvelle majorité en nommant un nouveau Premier ministre, il s’alliait avec le petit Parti paysan démocrate de Roman Jagielinski (PLD) et quelques députés non inscrits. Profitant de la mobilisation variable de l’opposition, de l’attitude souvent favorable des petits clubs parlementaires [11], de l’attitude équivoque du parti d’Andrzej Lepper, Autodéfense (Samoobrona), et de la discipline des clubs SLD et UP, le gouvernement obtenait souvent à la Diète la majorité dont il avait besoin. C’est dans ces circonstances pourtant inconfortables que le gouvernement Miller provoqua l’opposition en posant la question de confiance le 13 juin, épreuve d’autant plus délicate que A. Kwasniewski, issu du même parti que L. Miller, venait de consulter, au lendemain du référendum, tous les partis « pro-européens », initiative qui était perçue comme un désaveu du Président à l’égard du Premier ministre. S’il ne faisait pas taire les critiques, le succès de L. Miller était un camouflet pour l’opposition qui montrait son impuissance à se débarrasser du Premier ministre, mais aussi pour le Président polonais, qui multipliait les signes de défiance à l’égard de son ancien camarade de parti.
● Un parti dominant... et les autres
Bien qu’à la tête d’un gouvernement impopulaire, L. Miller conservait le leadership au sein de l’Alliance de la gauche démocratique (SLD). Le deuxième congrès de son parti (29-30 juin 2003) se tint dans une période favorable pour lui : il pourrait continuer à cumuler les fonctions de chef du gouvernement et de chef de parti. Même si l’érosion des intentions de vote se poursuivait depuis décembre 2002, le SLD bénéficiait d’une remontée notable en juillet 2003, avec 25 % de réponses en sa faveur, se situant ainsi loin devant les deux partis d’opposition de droite, Droit et justice (PiS) et Plate-forme civique (PO). Cette situation apparemment paradoxale ne faisait qu’entériner les spécificités du champ politique polonais, progressivement structuré par et pour des partis politiques [12], le SLD semblant être le seul à profiter de cette « partisanisation ». Les élections locales en 2002 avaient marqué la progression de l’emprise des organisations politiques sur le marché politique local, processus dont le SLD tirait (avec le PSL) le plus profit. « Celui qui dirige la gauche dirige aussi l’Etat », disait le rédacteur en chef du quotidien Trybuna en mars 2003 [13]. Malgré les efforts de ses opposants et de la presse pour discréditer le parti au pouvoir, qui ne dissimulait pas ses difficultés, son secrétaire général reconnaissant publiquement les relations problématiques entre certains membres du SLD et les milieux économiques, il continuait de dominer clairement la scène politique. La reconversion des anciens responsables communistes en professionnels de la politique semblait en effet mieux réussie que celle des anciens opposants. La droite polonaise en 2001 ressemblait à celle de 1991 : bien que regroupée, elle était constituée de partis entièrement nouveaux, dirigés par des hommes politiques bien connus. Le retour de Solidarité à des préoccupations uniquement syndicales, qu’illustrait le départ de Marian Krzaklewski de la tête du mouvement, laissait à PiS et à PO le champ libre pour construire une alternative à droite. Mais les deux partis continuaient de faire cavalier seul, signant un accord électoral pour le seul échelon régional des élections locales et se disputant dans de nombreuses villes le fauteuil de maire (pour la première fois en effet, l’élection du chef de l’exécutif local était organisée au suffrage universel direct). Si le leadership de ces deux formations sur la droite polonaise semblait admis, l’Union de la liberté (UW) étant durablement marginalisée, c’est leur aptitude à s’entendre et à proposer une alternative de gouvernement qui était peu crédible. Le départ inattendu du principal leader de PO, Maciej Plazynski, ancien maréchal (président) de la Diète, abandonnant à Donald Tusk les rênes du parti et à Jan Maria Rokita la présidence du club parlementaire, laissait planer le doute sur la capacité d’attraction et de fidélisation du parti. Sa préférence pour un impôt unique n’était pas pour rassurer ceux qui se méfiaient de sa compétence à gouverner. Par ailleurs, l’attachement viscéral de PiS à la sécurité et les postures de justiciers de ses parlementaires les plus bouillonnants à l’égard de la corruption semblaient une ligne politique fragile. Hors de cette opposition modérée, Autodéfense d’Andrzej Lepper et la Ligue des familles polonaises (LPR) se disputaient les palmes de la radicalité. Malgré un discours assez homogène et une attitude clairement anti-Union européenne, jusqu’à parler « d’euro-sodomie », l’extrême droite de la LPR, constituée d’un regroupement hétéroclite de plusieurs leaders nationalistes, n’était pas moins divisée. En juillet 2003, le club parlementaire avait perdu un quart de ses effectifs et Roman Giertych, devenu seul dirigeant de la LPR, déclarait assumer le choix européen de la Pologne, comme pour maintenir les chances d’un « parti national » dans le jeu politique. Quant à Autodéfense, après avoir tenté de transformer la Diète en Hyde Park [14], à coups de blocages du micro et de chahuts, elle continuait de suivre une stratégie plus complexe, en passant une alliance électorale avec le SLD (dans huit des seize régions polonaises après les élections territoriales) pour rompre ensuite ces coalitions (en février, puis en avril), en s’opposant à Leszek Miller tout en apportant son soutien parlementaire à certaines lois. Elle devait également faire face à une entreprise de disqualification continuelle de la part de certaines formations comme UW et du journal Gazeta Wyborcza, qualifiant de « populiste » et de « danger pour la démocratie » un parti qui ne demandait pas autant de publicité. Dans ce contexte et malgré les exclusions ou défections − la plupart du temps pour désaccord avec l’attitude jugée autoritaire de A. Lepper − de 41,5 % des membres du club parlementaire (!) et les levées de l’immunité parlementaire de plusieurs d’entre eux [15], Autodéfense continuait de disputer à PiS la deuxième place dans les sondages sur les intentions de vote et montrait sa capacité de nuisance à droite comme à gauche.
● Le Rywingate : menace ou catharsis ?
Si « l’affaire Rywin » n’est pas la première à mettre en cause les liaisons dangereuses entre la politique et l’économie, elle est très spectaculaire. Elle ne cesse d’occuper le devant de la scène depuis décembre 2002, et concerne un spectre croissant d’acteurs et d’institutions. Tout commença par la publication dans Gazeta Wyborcza e la retranscription partielle d’un enregistrement réalisé le 22 juillet 2002, à l’insu de son visiteur, par Adam Michnik, rédacteur en chef de ce journal. La discussion n’était pas ordinaire : le visiteur était Lew Rywin, producteur de films (dont Le pianiste), se disant envoyé par un « groupe de gens qui ont le pouvoir dans leurs mains », et proposant une modification du projet de loi sur l’audiovisuel contre le versement de 17,5 millions de dollars, via une société-écran, au SLD. Il s’agissait de faire annuler l’interdiction pour une entreprise de presse d’acquérir une chaîne de télévision, permettant ainsi à la société Agora, propriétaire de Gazeta Wyborcza, de s’offrir Polsat, l’une des chaînes privées polonaises. La publication − qui plus est, tardive − de l’enregistrement allait déclencher un véritable scandale. La constitution d’une commission d’enquête parlementaire, chargée de faire la lumière sur cette affaire et de reconstituer le fil des événements, entraîna une suite de révélations qui allaient jeter le discrédit sur le personnel politique et certains journalistes (au premier rang desquels Adam Michnik). On apprenait, par exemple, que les relations entre le président de la République et le rédacteur en chef du principal quotidien polonais étaient plus que cordiales, que le Premier ministre n’avait rien fait pour dénoncer l’affaire, que A. Michnik avait attendu six mois pour publier l’information afin de ne pas compromettre les chances de la Pologne d’être prête pour le sommet de Copenhague, etc. Avant tout, cet événement « objectivait » en quelque sorte la coupure entre l’élite et le peuple ou entre professionnels et profanes, les premiers agissant dans les coulisses d’un monde fermé et partageant des informations en les dissimulant aux seconds, qui découvraient progressivement qu’au-delà des divisions politiques, une complicité objective reliait ces individus entre eux. Sept mois après le déclenchement du Rywingate, il était encore trop tôt pour affirmer si cette affaire allait servir de « catharsis » pour la classe politique polonaise.
 
La croissance plutôt que la réforme des finances publiques Chritian Gianella et Marc Lantéri [*]
 
 
Après une profonde récession (1990-1991), la Pologne a été le premier pays d’Europe centrale à retrouver, en 1995, son niveau de production de 1989. Fruit d’une transition rapide et déterminée vers l’économie de marché, la croissance a dépassé 5,5 %, en moyenne sur la période 1994-2000. L’activité a nettement ralenti à partir de 2001 (+ 1 %), pénalisée par le retournement soudain du cycle de l’investissement. La forte appréciation du zloty entre 2000 et le printemps 2002, liée en partie à la politique monétaire restrictive menée par la Banque centrale, a par ailleurs érodé la compétitivité de l’économie polonaise. Si l’atonie a permis une nette réduction du déficit courant et a favorisé la chute de l’inflation, la reprise observée depuis le second semestre de 2002 s’effectue dans un contexte de chômage élevé et de fortes tensions sur le budget à la veille de l’adhésion.


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Principaux indicateurs économiques de la Pologne en 1995-2002 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 PIB (variation en %) 7,0 6,0 6,8 4,8 4,1 4,0 1,0 1,4 Production industrielle (variation en %) 9,7 8,3 11,5 3,5 3,6 6,7 0,3 1,5(1) Production agricole (variation en %) 10,7 0,7 1,0 1,0 - 2,0 0,0 2,0(1) nd Ventes au détail (variation en %) 2,3 4,5 6,8 2,6 4,0 1,0 0,2 4,2(2) Formation brute de capital fixe (variation en %) 16,5 19,7 21,7 14,2 6,8 2,7 - 8,8 - 9,0(3) Taux de chômage officiel (en % des actifs, en décembre) 14,9 13,2 10,3 10,4 13,1 15,1 17,5 18,1 Indice des prix à la consommation (moyenne annuelle, %) 28,1 19,8 15,1 11,7 7,4 10,2 5,5 1,9 Solde budgétaire (en % du PIB) - 3,1 - 3,7 - 3,5 - 3,1 - 3,7 - 4,3 - 5,5 - 5,8(1) Exportations de marchandises (en millions de dollars) 22 878 24 453 27 229 30 122 26 347 28 256 30 282(1) 31 500(1) Importations de marchandises (en millions de dollars) 24 790 32 632 38 549 43 842 40 727 41 424 41 962(1) 43 000(1) Balance commerciale (en millions de dollars) - 1 912 - 8 179 - 11 320 - 13 720 - 14 380 - 13 168 - 11 680(1) - 11 500(1) Balance des transactions courantes (en % du PIB) + 4,6 - 1,0 - 3,0 - 4,3 - 7,4 - 6,1 - 3,9 - 3,6(3) Dette extérieure brute (en % du PIB) 37 30 34 36 41 42 40 42(4) Investissements directs étrangers (en millions de dollars) 1 134 2 741 3 041 4 966 6 348 8 171 6 502(1) 5 000(1) (1) Estimation (2) Janvier-novembre (3) Janvier-septembre (4) Fin septembre Source : Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et années antérieures ; Berd, Transition report 2002.
Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et années antérieures ; Berd, Transition report 2002.

● Un rebond de l’activité encore fragile
En Pologne, à l’instar de la plupart des PECO, la consommation privée a été le principal moteur de la croissance en 2002. En décélération depuis le deuxième trimestre de 2000, elle s’est nettement redressée en 2002 (+ 3,3 %), dans un contexte pourtant défavorable de forte montée du chômage (18,7 % de la population active fin mars 2003) et de croissance modérée des salaires. Les ménages ont, en fait, réduit très sensiblement leur épargne financière et ont eu recours au crédit à la consommation (+ 10 % en 2002).
Les entreprises, en revanche, n’ont pas encore repris leurs programmes d’investissements. Le recul de la formation brute de capital fixe s’est poursuivi au premier trimestre de 2003 (- 3,6 % en glissement annuel), s’inscrivant dans le prolongement des baisses enregistrées en 2001 et 2002 (respectivement - 8,8 % et - 7,2 %). Toutefois, on observe un fort accroissement des stocks au premier trimestre de 2003, qui contribue pour 2 points de PIB à la croissance.
Hors variation de stocks, la demande intérieure a stagné au premier trimestre de 2003 et la consommation privée a marqué nettement le pas (+ 1,4 %). Les ménages n’auront pas la même propension à puiser dans leur épargne, et seule, une reprise dynamique des exportations permettrait de retrouver un rythme de croissance supérieur à 3 % en 2003. Or, pour l’instant, la contribution du commerce extérieur à la croissance a été faible sur les cinq derniers trimestres (+ 0,5 point de PIB en 2002 et - 0,1 au premier trimestre de 2003 selon l’Office statistique polonais, GUS).
Si l’évolution de l’indice de la production industrielle (+ 11,7 % en mai 2003 en glissement annuel) constitue un signal encourageant, le secteur de la construction est toujours en récession et une accélération plus vigoureuse de l’activité, espérée pour la fin de l’année, ne peut reposer que sur une véritable reprise des dépenses d’investissement et des exportations vers l’Union européenne. Après 1,4 % en 2002, la croissance pourrait se situer entre 2,5 % et 3 % en 2003.
● Des déficits extérieurs en partie assainis
En fait, les échanges commerciaux ont fortement ralenti et, depuis le premier semestre de 2001, les importations davantage que les exportations, ce qui a conduit à une nette amélioration des comptes extérieurs. En zlotys, les exportations ont toutefois continué d’être dynamiques : elles ont progressé de 8 % sur l’ensemble de 2002 (moins de 3 % en euros, compte tenu de la dépréciation du zloty) contre 2,7 % pour les importations (- 2,4 % en euros). Au premier trimestre, leur bonne tenue, favorisée par la baisse relative de la devise polonaise par rapport à l’euro (- 12 % par rapport à janvier), s’est confirmée (+ 5 % en euros en glissement sur la période janvier-mai et + 22 % en zlotys). Les exportations à destination de l’Allemagne ont, en particulier, affiché un surprenant rebond au premier trimestre, même si celles à destination de la Suède et des Pays-Bas ont enregistré les plus fortes progressions.
Les relations France-Pologne
En 2002, les exportations vers la France ont progressé de 18 % (contre 14 % en 2001) alors que l’ensemble des ventes polonaises à l’étranger n’augmentait que de 4 %. Les importations se sont, en revanche, ralenties (+ 8 %, contre + 13 % en 2001), tout en connaissant un rythme plus rapide que les importations globales (+ 2,4 %). Le taux de couverture s’est donc sensiblement amélioré passant de 60 à 65 %. Au total, la France compte pour environ 8 % dans le commerce extérieur de la Pologne et se classe parmi les quatre premiers exportateurs − loin derrière l’Allemagne avec 24 %, mais proche de la Russie et de l’Italie − et importateurs − toujours loin derrière l’Allemagne (32 %) mais avec un poids équivalent à celui de l’Italie et du Royaume-Uni [*]. Elle dégage un excédent quasiment stable depuis au moins quatre ans (1,3 milliard d’euros). Le contenu des échanges n’évolue guère et reflète la place de la Pologne dans la division internationale du travail : les importations sont constituées de produits à plus forte valeur ajoutée que les exportations. La balance est ainsi déficitaire pour les équipements mécaniques, les produits chimiques et pharmaceutiques ou encore l’industrie automobile ; elle est, par contre, excédentaire pour le bois et le papier, ainsi que pour l’habillement et le cuir. Sur 3,7 milliards d’euros d’importations, près de 20 % proviennent du secteur automobile, 16 % de la chimie et 11 % de la pharmacie. Le poste équipement du foyer reste, de loin, le premier à l’exportation avec 24 % des 2,5 milliards d’euros de ventes à la France.


IMGIMGLes échanges France – Pologne, 
2000...IMGIMF
Les échanges France – Pologne, 2000-2002 (millions d’euros) 2000 2001 2002 Exportations (fob) 3 081,0 3 485,2 3 752,9 Importations (cif) 1 841,0 2 095,2 2 469,9 Solde + 1 240,0 + 1 390,0 + 1 283,0 Source : Douanes françaises.
Douanes françaises.

La contraction de la demande intérieure et le maintien d’un courant soutenu d’exportations ont conduit à une nette réduction du déficit courant, amorcée dès 2001. Après avoir dépassé le niveau élevé de 6 % du PIB en 1999 et 2000 (respectivement 7,4 % et 6,1 % du PIB), le déficit de la balance des transactions courantes n’a été que de 6,7 milliards de dollars, soit 3,6 % du PIB en 2002 (3,1 % fin mars 2003). Toutefois, si ce solde avait pu être entièrement financé par des investissements directs étrangers (IDE) en 2001 (à hauteur de 7,7 milliards d’euros), ce n’est plus le cas : ces derniers ont nettement marqué le pas en 2002 avec seulement 4 milliards d’euros (60 % du déficit courant). Cet infléchissement des flux d’IDE a surtout été compensé par des entrées de capitaux à court terme, les investissements de portefeuille n’augmentant que de 800 millions d’euros.
● La situation du marché du travail reste difficile
La situation du marché du travail est l’une des faiblesses majeures de l’économie polonaise, les jeunes, les femmes et les personnes les moins qualifiées étant les catégories les plus vulnérables. Le taux de chômage (18 % en juin 2003) s’avère structurellement élevé, en dépit d’une croissance qui a été, en moyenne au cours des années 1990, la plus forte parmi les PECO. Le ralentissement prononcé de l’activité depuis la fin de 2000 et l’arrivée de flux importants de jeunes sur le marché du travail (plus de 550 000 sur la période 2001-2003), ont entraîné une aggravation de la situation.
Outre les facteurs démographiques, qui devraient s’inverser toutefois à partir de 2005, d’autres éléments, comme la rigidité et le niveau relativement élevé des salaires nominaux (l’équivalent de 554 euros en 2002 en moyenne dans l’industrie, contre seulement 500 euros en République tchèque) ont des effets pénalisants. En revanche, les niveaux de qualification, de protection de l’emploi d’indemnisation du chômage ne se distinguent guère des paramètres en vigueur dans les autres PECO.
La Pologne se caractérise également par l’un des taux d’emploi les plus faibles de la zone (52,7 % en 2001). Cette situation est accentuée par l’orientation malthusienne des politiques mises en oeuvre. En effet, très tôt dans la transition, des mesures sociales destinées à amortir les effets des restructurations sur l’emploi ont été adoptées. Les nombreux départs en pré-retraite et les conditions peu restrictives d’attribution des pensions d’invalidité ont écarté de nombreux travailleurs âgés de l’activité (en 2001,4,3 millions de personnes avaient un statut d’invalidité ou de handicapé et 2,5 millions d’entre eux bénéficiaient d’une pension à ce titre). Avec 4 % du PIB en 2001 (contre 2,4 % du PIB aux Pays-Bas, 1,7 % en République tchèque, 0,9 % en France), la part des dépenses sociales consacrées aux pensions d’invalidité est ainsi anormalement élevée.
Compte tenu de ce contexte, les politiques de l’emploi menées en Pologne manquent encore aujourd’hui d’ambition et de moyens financiers. Elles devraient se réorienter vers des mesures de nature active (formation, programmes d’insertion) et moins se focaliser sur le traitement passif des redéploiements ou l’accompagnement vers une retraite précoce. L’important problème de la restructuration du secteur agricole (un peu plus de 20 % de l’emploi pour 5 % du PIB) rend toutefois illusoire le retour à moyen terme à un bas niveau de chômage.
● Une politique budgétaire en voie de relâchement...
Lourdement endettée au début de son processus de transition économique, la Pologne a fait preuve par le passé de rigueur dans la conduite de sa politique budgétaire, ce qui lui a permis de ramener son endettement public au dessous des 40 % du PIB en 2000 (contre 72 % en 1994). Néanmoins, le fort ralentissement économique de 2001 (seulement 1 % de croissance), dans un contexte électoral peu propice à la maîtrise des dépenses, a porté le déficit de l’Etat à plus de 4,5 % du PIB, soit plus de 3 % selon les normes européennes. Le changement de majorité parlementaire, à l’automne 2002, n’a pas conduit à un redressement des finances publiques, les ministres des Finances successifs (M. Belka, puis G. Kolodko) n’ayant pas voulu hypothéquer une reprise économique encore fragile. Or, la maîtrise du déficit est particulièrement délicate en Pologne, car les dépenses de protection sociale, par nature rigides, sont particulièrement élevées (les transferts sociaux représentent 21 % du PIB en 2001, contre 18 % en moyenne dans les autres PECO). En conséquence, le déficit de l’Etat a atteint 5,1 % du PIB en 2002 (4,1 % selon les normes européennes) et devrait être légèrement supérieur en 2003. Parallèlement, la dette publique a augmenté rapidement et a dépassé 47 % du PIB fin 2002, soit environ 41,8 % selon les normes européennes.
Nommé ministre des Finances en l’été 2002, G. Kolodko avait aussitôt annoncé sa volonté de mettre en oeuvre une grande réforme des finances publiques, afin de dégager des marges de manœuvre dans la perspective de la prochaine adhésion à l’Union européenne (pour faire face au paiement de la contribution au budget de l’UE, d’une part, et au cofinancement des projets sur fonds communautaires, d’autre part). Son plan s’inscrivait dans la perspective d’une adoption rapide de l’euro (2007) et prévoyait de limiter la croissance des dépenses publiques pour ramener le déficit budgétaire à 4,8 % du PIB en 2004 et à 2,9 % en 2006, en s’appuyant sur la désindexation de nombreuses prestations sociales, y compris les retraites, la réduction de certaines subventions, notamment au régime vieillesse des agriculteurs (KRUS), et la suppression de plusieurs agences para-publiques.
Durant les premiers mois de 2003, des dissensions sont cependant apparues au sein du gouvernement quant à la stratégie à adopter et le ministre de l’Economie et du Travail, J. Hausner, a proposé un plan alternatif, qui s’inscrivait dans le cadre d’une relance de la croissance polonaise et retenait comme priorités la lutte contre la pauvreté, la réduction du chômage et l’aide à l’investissement des entreprises. Il préconisait une progression du salaire minimum au moins égale à l’inflation, le maintien du pouvoir d’achat des pensions d’invalidité et de retraite grâce à leur indexation partielle sur les salaires réels et une augmentation des traitements dans le secteur public.
Après avoir reporté au lendemain du référendum d’adhésion à l’UE (juin 2003) la décision relative au projet de réforme des finances publiques, le gouvernement a, dans un premier temps, uniquement approuvé le cadre général du projet de budget pour 2004 : déficit égal à 3,9 % du PIB, taux d’inflation fixé à 2,2 %, tout en laissant en suspens la discussion sur les sujets de friction. Par ailleurs, le budget a fait l’objet de critiques sur plusieurs aspects : l’hypothèse d’une croissance de 5 % pour 2004 jugée trop optimiste ; le prélèvement, à hauteur de 9 milliards de zlotys, d’une partie des plus-values latentes sur les réserves de change de la Banque centrale, projet abandonné finalement face à l’opposition des autorités monétaires.
● ... ce qui hypothèque une entrée rapide dans le Mécanisme de change européen
Les maintes critiques exprimées au sein du gouvernement, le soutien explicite apporté par L. Miller à J. Hausner, et l’accueil plus que mitigé réservé à son projet de budget ont conduit G. Kolodko à donner sa démission. Il a été remplacé par A. Raczko, mais c’est désormais J. Hausner, nommé vice-Premier ministre en charge de l’Economie et de la Politique sociale qui est le véritable maître d’œuvre de la stratégie du gouvernement dans ce domaine. Les hypothèses macroéconomiques mises au point par l’ancien ministre des Finances ont pour l’essentiel servi de références à la nouvelle équipe. Le projet de budget définitif finalisé fin juillet fait apparaître un montant du déficit prévisionnel de 46 milliards de zlotys, soit environ 5,5 % du PIB. Toutefois, l’exclusion des dépenses prévisionnelles d’une subvention de 11,9 milliards de zlotys destinée au second pilier du régime des retraites, ainsi qu’une partie des fonds destinés au cofinancement des projets communautaires (à hauteur de 3,6 milliards de zlotys) conduit à minorer l’ampleur du déficit, qui pourrait en fait atteindre 7 % du PIB.
Si J. Hausner reste fidèle à ses prises de position antérieures sur l’euro, selon lesquelles « le non-respect des critères de Maastricht pour 2006 ne serait pas un drame », et à l’orientation keynésienne de ses projets, la réforme fiscale, condition nécessaire pour ramener le déficit public dans les bornes établies par l’Union européenne, ne sera très probablement pas mise en œuvre. Cette perspective a déjà affecté les anticipations des marchés concernant la convergence, puisque, contre toute attente, le zloty ne s’est pas apprécié selon la tendance qui s’était dessinée dans le sillage du résultat positif du référendum d’adhésion, mais a continué de s’affaiblir vis-à-vis de l’euro (- 12 % entre décembre 2002 et juin 2003). Du point de vue de la compétitivité de l’économie polonaise, cette évolution apparaît cependant souhaitable : en effet, la forte appréciation de la devise polonaise en 2000 et 2001 avait conduit à une surévaluation manifeste.
● ... et limite les marges de baisse des taux d’intérêt
Le policy mix est loin d’avoir été optimal, en 2001 et 2002, politique budgétaire et monétaire agissant, à l’évidence, en sens opposé. La baisse progressive du taux d’intervention de la Banque centrale, qui est passé de 19 % en janvier 2001 à 5,25 % en juin 2003 est, certes, le signe d’une amélioration. Cependant, elle ne sera confirmée que si les autorités monétaires sont convaincues de la mise en oeuvre d’une politique budgétaire qui respecte l’orthodoxie financière. De ce point de vue, tout accroissement des déficits pourrait retarder ou limiter le relâchement attendu de la politique monétaire.
De fait, la politique monétaire, après être parvenue à rompre, de manière efficace, mais probablement pénalisante pour la croissance le cercle vicieux des anticipations inflationnistes, a désormais pour objectif de stabiliser la hausse des prix autour de 2,5 %, ce qui est cohérent avec la volonté de la Banque centrale de respecter les critères de Maastricht. Toutefois, si la dépréciation du zloty vis-à-vis de l’euro (- 20 % depuis le début de 2002) est favorable à la compétitivité des produits polonais (68 % des exportations polonaises sont destinées à l’UE), elle peut contribuer à susciter de la part de la Banque centrale un certain attentisme, puisque les effets sur l’inflation d’une variation du change sont en principe potentiellement importants (62 % des importations sont originaires de l’UE). Toutefois, cette règle s’est trouvée atténuée dans la mesure où, au cours de la même période, le zloty s’est apprécié de 7 % par rapport au dollar, ce qui a réduit le coût de certaines importations, notamment énergétiques. Le cours qui s’est établi en juillet 2003 (1 euro = 4,5 zlotys) convient aux autorités polonaises, qui souhaitent éviter une appréciation trop forte de la devise, notamment dans la perspective de l’entrée dans le Mécanisme de change européen (MCE II), toujours envisagée pour 2005 par la Banque centrale, mais fixée à un ou deux ans plus tard par la plupart des analystes.
● Un niveau d’intermédiation bancaire encore insuffisant
L’impact d’une baisse des taux d’intérêt se trouve, par ailleurs, limité par le faible niveau d’intermédiation bancaire. La transition vers un secteur bancaire privé adossé aux banques occidentales est certes quasiment achevée (près de 75 % des actifs du secteur sont gérés par le secteur privé et majoritairement par des établissements détenus par un investisseur stratégique étranger), mais les dépôts et les prêts bancaires ne représentaient, respectivement fin 2002, que 36,4 % et 40 % du PIB. Le financement désintermédié de l’économie est lui aussi restreint : la capitalisation de la Bourse de Varsovie s’élève à moins de 30 milliards d’euros, tandis que le marché obligataire des entreprises ne dépasse pas 5 milliards d’euros (en stock).
Bien que le secteur bancaire polonais apparaisse aujourd’hui comme sain et bien contrôlé, il fait toutefois preuve d’une faible capacité à financer la croissance et à collecter l’épargne, alors que les prêts non performants [16] ne cessent de gagner en importance. Ainsi, le montant des créances douteuses s’élevait à environ 10 milliards d’euros en 2002, soit 20 % du total des prêts octroyés au secteur non financier [17] hors gouvernement central). En outre, les sommes empruntées en devises par les ménages et les entreprises (plus de 26 % du stock fin septembre 2002), même si elles sont soumises à un contrôle, contribuent à rendre plus vulnérable le système financier polonais.
Le secteur bancaire dans son ensemble a dégagé, en 2002, des résultats très moyens et plusieurs filiales d’établissements étrangers ont même essuyé des pertes (mauvais investissements en bourse, faillites d’entreprises…). La pression sur les résultats devrait donc subsister, au moins en 2003, et limiter la répercussion intégrale de la réduction des taux sur le client final. Par ailleurs, si les prêts à la consommation et au logement se sont montrés relativement dynamiques (+ 10 % en 2002), le crédit aux entreprises a stagné du fait de l’augmentation de la proportion des créances classées « irrégulières » (venant conforter la prudence traditionnelles des banques à l’égard des PME) et du recul de l’investissement depuis deux ans. Enfin, la plupart des banques polonaises sont engagées dans des processus de restructuration, alors qu’elles se trouvent également confrontées à une réduction importante et continue des marges dégagées sur les dépôts. Cet effet de ciseaux, qui intervient dans un contexte conjoncturel peu favorable, pourrait également s’avérer contraignant dans les mois à venir.
 
Annexe Chronologie
 
 
2002
16-17 janvier Visite de Vladimir Poutine en Pologne, la première d’un Président russe depuis neuf ans.
6 février Dix mineurs meurent dans une explosion en Silésie. C’est la tragédie la plus meurtrière depuis quinze ans dans une mine polonaise.
14 février Jolanta Sosnowska, député SLD, présente une proposition de loi instituant un « PACS », y compris pour les homosexuels. Seule l’Union du travail (UP) soutient cette proposition qui nourrit de vives controverses.
20 février Le président Aleksander Kwasniewski promulgue un amendement à la loi dite de lustration, qui établit les sanctions à l’encontre des individus (personnalités publiques, candidats aux élections, etc.) dissimulant des faits de collaboration avec les services de la Sécurité d’Etat durant la période communiste. Il précise la signification de la notion de « collaboration » (wspolpracy) et restreint son champ d’application.
26 février Lancement d’une euro-obligation de l’Etat polonais de 750 millions d’euros. La dernière émission avait eu lieu en janvier 2001 et avait été complétée en décembre. La suivante aura lieu en juin, malgré les turbulences sur le marché international de la dette des pays émergents ; elle sera de 1 milliard de dollars (première émission du pays en dollars depuis cinq ans).
28 mars L’archevêque de Poznan, Juliusz Paetz, démissionne, après avoir été accusé de harcèlement sexuel à l’encontre de séminaristes et de prêtres.
11 avril Manifestation commune des syndicats OPZZ et Solidarité ainsi que de chômeurs, contre le chômage et les changements probables du Code du travail.
7 mai Le gouvernement présente un rapport sur les entreprises publiques ou mixtes, dénonçant les erreurs de gestion et accusant notamment l’Eglise, Solidarité et AWS (le parti au gouvernement entre 1997 et 2001) d’avoir profité des largesses de leurs dirigeants.
9 mai Lancement de la campagne pour l’entrée de la Pologne dans l’Union européenne.
15 mai Des activistes de Samoobrona (Autodéfense), opposés à la politique relative au développement rural du gouvernement occupent le ministère de l’Agriculture et sont délogés par la police.
17 juin Faillite des chantiers navals de Szczecin.
5 juillet Grzegorz Kolodko (SLD) est nommé ministre des Finances à la place de Marek Belka (SLD), qui se disait « vidé de toute énergie » et avait démissionné sans autres explications le 2 juillet. Remplacement des ministres de la Justice et de la Culture.
9 juillet L’Institut de la mémoire nationale présente les résultats de son enquête sur le pogrom des juifs de Jedwabne (10 juillet 1941). Il est établi que les inspirateurs du massacre étaient allemands, mais que les bourreaux (plusieurs dizaines) étaient polonais.
17-19 juillet Visite du président Kwasniewski aux Etats-Unis.
7 août Vote par le Sénat du nouveau Code du travail sans les amendements défavorables aux employés proposés par la Diète, à la suite des protestations des syndicats.
16-19 août Visite du pape en Pologne. Plus de 2,5 millions de personnes l’acclament à Cracovie.
13 septembre Vote d’une nouvelle modification de la loi de lustration qui restreint davantage son champ d’application.
17 octobre Lors du débat parlementaire sur la privatisation partielle de l’entreprise Orlen (qui alimente Varsovie en pétrole), l’un des leaders de la Ligue des familles polonaises (LPR), Gabriel Janowski, refuse de quitter la tribune et bloque les travaux de la Diète. Il est délogé en pleine nuit par le service de sécurité, contraignant le maréchal (président) de la Diète à affronter un vote de défiance.
27 octobre Elections locales dans les powiats (départements) et les voïvodies (régions) et premier tour de l’élection des maires au suffrage universel. La participation est de 44,23 %. A cet échelon, la compétition électorale échappe dans la plupart des petites villes au contrôle des partis politiques, mais le SLD (Alliance de la gauche démocratique) et le PSL (Parti paysan) sont solidement implantés dans un grand nombre de municipalités. Au niveau de la voïvodie, la compétition est désormais entièrement partisane. Les résultats sont décevants pour le SLD, qui perd certaines régions et se voit contraint de s’allier avec Autodéfense pour gouverner. Ce dernier et la LPR créent en effet la surprise dans de nombreuses régions.
10 novembre Second tour de l’élection des maires au suffrage universel. Dans les petites villes, le PSL est la première force partisane devant le SLD, mais la grande majorité des maires élus sont issus de comités électoraux locaux, sans étiquette partisane. En revanche, dans 11 des 16 plus grandes villes, ce sont des candidats de droite ou du centre qui l’emportent au détriment du SLD. Si ce dernier gagne la ville de Cracovie, il perd Lodz, deuxième ville de Pologne et bastion de gauche jusque là.
13 décembre Sommet de Copenhague qui met fin aux négociations entre les pays candidats, dont la Pologne, et l’Union européenne. Les représentants du gouvernement polonais négocient âprement jusqu’au dernier moment.
23 décembre Signature de la Loi de finances par le président de la République. Pour la première fois depuis 15 ans, elle est signée avant le début de l’année fiscale concernée.
27 décembre
• Publication dans Gazeta Wyborcza de l’article « Une loi contre un dessous-de-table ou Rywin rend visite à Michnik », qui déclenche « l’affaire Rywin ».
• Annonce de l’achat par la Pologne de 48 avions de chasse F-16 aux Etats-Unis.
2003
6 janvier
• Remaniement ministériel : révocation des ministres de l’Economie, de la Santé et du Trésor.
• Selon un sondage du Centre d’études de l’opinion publique (CBOS), seules 6 % des personnes interrogées sont favorables à une guerre en Irak, sans condition ; 25 % soutiennent une intervention sous mandat de l’Onu.
10 janvier Sur la proposition des députés de Droit et Justice (PiS) et de Plate-forme civique (PO), la Diète crée une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur l’affaire Rywin.
17 janvier Marek Balicki (UP) remplace Mariusz Lapinski (SLD) au poste de ministre de la Santé.
13 février Le Conseil national de la radio et de la télévision accorde une concession sur le satellite à la Fondation Lux Veritatis, dont le président est le père Rydzyk, fondateur de la radio catholique fondamentaliste Radio Maryja.
1er mars Leszek Miller décide de l’éclatement de la coalition en présentant la démission des ministres appartenant au Parti paysan (PSL).
14 mars L’Alliance de la gauche démocratique (SLD) et l’Union du travail (UP) s’allient au Parlement avec le Parti paysan démocrate (PLD), dirigé par Roman Jagielinski.
16 avril Sommet d’Athènes. La délégation polonaise est notamment composée du Président, du Premier ministre, de plusieurs ministres et de tous les Premiers ministres de la « IIIe République ».
18 avril Signature du contrat d’achat avec le constructeur américain Lockheed Martin, au détriment des Européens (SAAB et Dassault Aviation), de 48 avions de combat F16 pour 3,5 milliards de dollars. Il est assorti d’un programme d’investissements compensatoires de 12 milliards de dollars. Pour financer la transaction, le Congrès américain a offert à la Pologne un crédit à taux préférentiel.
26 avril Le Premier ministre, Leszek Miller, est interrogé par les membres de la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Rywin.
9 mai Sommet du Triangle de Weimar à Wroclaw qui réunit A. Kwasniewski, G. Schröder et J. Chirac.
30-31 mai Courte visite de Georges W. Bush à Cracovie, sur le chemin vers Saint-Pétersboug, pour « remercier » la Pologne de sa participation à la guerre en Irak. Visite de Tony Blair à Varsovie.
7-8 juin Victoire du « oui » au référendum sur l’adhésion de la Pologne à l’Union européenne. Le président de la République déclare : « Nous avons longtemps attendu ce moment. Je ne cache pas mon émotion. Je suis convaincu que des millions de compatriotes la partagent », avant de rappeler l’existence d’un front pro-européen au-dessus des divisions partisanes, historiques et personnelles et de remercier le pape Jean-Paul II, l’Eglise et le Premier ministre de la « Pologne libre », Tadeusz Mazowiecki, pour leur contribution au succès du « oui ».
11 juin Démission du ministre des Finances, Grzegorz Kolodko.
13 juin Vote de confiance à la Diète en faveur du chef de gouvernement Leszek Miller, par 235 voix contre 225.
26 juin La Banque centrale abaisse son taux d’intervention à 5,25 %. Elle l’a réduit à de très nombreuses reprises au cours de ces derniers mois (il était de 11,5 % en janvier 2002).
23 juillet Ratification par le Président du traité d’adhésion à l’Union européenne.
28 juillet Dans un sondage CBOS, 55 % des personnes interrogées désapprouvent la participation de l’armée polonaise à l’occupation de l’Irak ; 2 000 soldats doivent maintenir l’ordre dans une région au centre-sud du pays.
29 juillet Le gouvernement décide de retirer le projet de loi sur l’audiovisuel et de repartir à zéro.
 
Principales formations politiques
 
 
SLD Alliance de la gauche démocratique
PO Plate-forme civique
PiS Droit et justice
PSL Parti paysan polonais
Samoobrona RP Autodéfense de la République de Pologne
LPR Ligue des familles polonaises
UP Union du travail
PLD Parti paysan démocrate
SKL-RNP arti populaire conservateur – Mouvement de la nouvelle Pologne
ROP Mouvement pour la reconstruction de la Pologne
UW Union pour la liberté v
Alternatiwa - Stronnictvo Pracy Alternative - Parti du travail
ZChN Union chrétienne-nationale
NL Nouvelle gauche
 
Résultats des dernières élections
 
 
Election présidentielle du 8 octobre 2000
Taux de participation : 61,1 %.


IMGIMGCandidats* % des voix 
Aleksander Kw...IMGIMF
Candidats* % des voix Aleksander Kwasniewski (SLD) 53,90 Andrzej Olechowski 17,30 Marian Krzaklewski (AWS) 15,57 Jaroslaw Kalinowski (PSL) 5,95 Andrzej Lepper (Samoobrona) 3,05 * Huit autres candidats se sont présentés mais l’un d’entre eux s’est retiré à la dernière minute. Ils ont obtenu moins de 3 % des suffrages, dont Lech Walesa : 1,01 %.

Prochaine échéance présidentielle : 2005
Elections législatives Elections à la Diète du 23 septembre 2001
Taux de participation : 46,29 %.


IMGIMGComités % des Nombre 
électoraux suf...IMGIMF
Comités % des Nombre électoraux suffrages de sièges Alliance de la gauche démocratique-Union du travail (SLD-UP) 41,04 216 Plate-forme civique (PO) 12,68 65 Autodéfense 10,20 53 Droit et Justice (PiS) 9,50 44 Parti paysan polonais (PSL) 8,98 42 Ligue des familles polonaises (LPR) 7,87 38 Action électorale solidarité-Droite (AWS-P) 5,60 0 Union pour la liberté (UW) 3,10 0 Parti de la minorité allemande de Haute Silésie 0,36 2 Non-affiliés et divers 0,66 0 (1) L’Union du travail, qui a formé la coalition avec le SLD, a ensuite constitué un club parlementaire distinct.

Composition de la Diète au 6 août 2003*


IMGIMGClubs et cercles ** Nombre de membre...IMGIMF
Clubs et cercles ** Nombre de membres Club parlementaire Alliance de la gauche démocratique (SLD) 192 Club parlementaire Plate-forme civique (PO) 56 Club parlementaire Droit et justice (PiS) 43 Club parlementaire Parti paysan polonais (PLS) 38 Club parlementaire Samoobrona RP (Autodéfense) 30 Club parlementaire Ligue des familles polonaises (LPR) 28 Club parlementaire Union du travail (UP) 16 Cercle parlementaire Parti paysan démocrate (PLD) 9 Cercle parlementaire Parti populaire conservateur-Mouvement de la nouvelle Pologne (SKL-RNP) 8 Cercle parlementaire Bloc polonais populaire (PBL)(1) 6 Cercle parlementaire Mouvement national-catholique (RKN)(1) 5 Cercle parlementaire Entente polonaise (PP)(1) 3 Cercle parlementaire Mouvement pour la reconstruction de la Pologne (ROP) 3 Députés non inscrits 22 (1) Ne correspond pas à un parti politique. * Soit 459 députés, car un siège est vacant depuis la démission d’un élu SLD le 24 juillet 2003. ** Pour créer un cercle, trois députés au moins sont nécessaires, quinze dans le cas d’un club.

Elections au Sénat du 23 septembre 2001
Taux de participation : 46,29 %.


IMGIMGComités Nombre 
électoraux de sièges...IMGIMF
Comités Nombre électoraux de sièges Alliance de la gauche démocratique-Union du travail (SLD-UP) 75 Autodéfense (Samoobrona) 2 Parti paysan polonais (PSL) 4 Ligue des familles polonaises (LPR) 2 Indépendants 2 Bloc Sénat 2001(1) 15 (1) Bloc Sénat 2001 était une coalition électorale, formée de représentants de l’AWS, du ROP, de PO, du SKL et de l’Union pour la liberté. Il a constitué un groupe sénatorial unique.

Composition du Sénat au 9 juillet 2003


IMGIMGClub Alliance de la gauche démocrati...IMGIMF
Club Alliance de la gauche démocratique - Union du travail (SLD - UP) 75 Club Sénat 2001 14 Cercle des sénateurs paysans et indépendants 5 Non-inscrits 6

Prochaines échéances législatives : septembre 2005
 
Composition du gouvernement (30 juillet 2003)
 
 
  • Premier ministre : Leszek Miller (SLD)
  • Vice-Premiers ministres :
  • Economie, Travail et Politique sociale : Jerzy Hausner (SLD)
  • Infrastructures : Marek Pol (UP)
  • Affaires étrangères : Wlodzimierz Cimoszewicz
  • SLD)
  • Affaires européennes : Danuta Hubner (SLD)
  • Défense nationale : Jerzy Szmajdzinski (SLD)
  • Affaires intérieures et Administration : Krzysztof Janik (SLD)
  • Justice : Grzegorz Kurczuk (SLD)
  • Finances : Andrzej Raczko*
  • Trésor : Piotr Czyzewski*
  • Education nationale et Sports : Krystyna Lybacka (SLD)
  • Santé : Leszek Stanislaw Sikorski (SLD)
  • Culture : Waldemar Dabrowski*
  • Recherche : Michal Kleiber*
  • Agriculture et Développement rural : Wojciech Olejniczak (SLD)
  • Environnement : Czeslaw Sleziak (SLD)
  • Sans parti
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  Ouvrages
·  Marie-Claude Maurel, Maria Halamska, Hugues Lamarche, Le repli paysan. Trajectoire de l’après-communisme en Pologne, L’Harmattan, coll. Pays de l’Est, Paris, 2003,248 p.
·  Antoine Roger (dir.), Des partis pour quoi faire ? La représentation politique en Europe centrale et orientale, Bruxelles, Bruylant, à paraître en octobre 2003. Notamment : Hakim Aissaoui, « Partis politiques et développement territorial : le cas de la Région Silésie » ; Bruno Drweski, « Entre action syndicale et intervention politique : la difficile émergence d’un modèle stabilisé de syndicalisation en Pologne » ; Jérôme Heurtaux, « L’emprise des partis sur la compétition politique en Pologne. Les candidats face à la partisanisation (1990-2000)» ; Jean Petaux, « Elections municipales en Pologne : l’invention de l’impossible » ; Frédéric Zalewski, « Conflits d’interprétations et conflits sociaux dans la Pologne post-communiste : l’exemple des mobilisations paysannes ».
·  Jean-Michel de Waele (édité par), La Pologne et l’intégration européenne, Université Libre de Bruxelles, 2003,212 p.
·  OCDE, xamens environnementaux de l’OCDE : Pologne, Paris, 2003,245 p.
·  OCDE, Pologne. De la transition aux nouveaux défis de la réglementation 2002, Paris, 2002,149 p.
·  Jacqueline Heinen, Stéphane Portet, « Political and Social Citizenship : An Examination of the Case of Poland », in Maxime Molyneux, Shahra Razavi (ed.), Gender Justice, Development, and Rights, Oxford, UNRISD, 2002.
·  2002 Annual Review for Poland, European Industrial Relations Observatory on-line, hhttp :// www. eiro. eurofound. ie/ 2003/ 01/ feature/PL0301104F.html
·  Aleks Szczerbiak, Poles Together ? Emergence and Development of Political Parties in Post-Communist Poland, Budapest, CEU Press, 2001.
·  Revues
·  Espace virtuel franco-polonais, sur le site du journal Rzeczpospolita, http :// wwww. rzeczpospolita. pl/ tematy/ pl-fr-2004/
·  Benoit Hamende et al., « Economic Situation in 2002 and Perspectives for 2003 in Central- and South-Eastern Europe : Poland », Est-Ovest, n° 3,2003, pp. 59-67.
·  Aleks Szczerbiak, « Old and New Divisions of Polish Politics : Polish Parties’ Electoral Strategies and Bases of Support », Europe-Asia Studies, vol. 55, n° 5, juillet 2003, pp. 729-746.
·  Preston Keat, « Fallen Heroes : Explaining the Failure of the Gdansk Shipyard, and the Successful Early Reform Strategies in Szczecin and Gdynia », Communist and Post-Communist Studies, vol. 36, n° 2, juin 2003, pp. 209-232.
·  Coralie Schaub, « Pologne. Les entrepreneurs se lèvent à l’Est », Enjeux-les Echos, n° 192, juin 2003, pp. 78-84.
·  François Bafoil, Rachel Guyet, Loïc L’Haridon, Wladimir Tardy, « Pologne. Profils d’agriculteurs », Le courrier des pays de l’Est, n° 1034, avril 2003, pp. 28-45.
·  Stéphane Portet, « Limites du deus-ex-machina. Le féminisme polonais face à l’adhésion à l’Europe », Mouvements, n° 26, mars-avril 2003.
·  François Bafoil, Edith Lhomel, « La préparation aux Fonds structurels de l’UE. Les exemples de la Pologne et de la Roumanie », Le courrier des pays de l’Est, n° 1033, mars 2003, pp. 39-46.
·  Robert Barys, « Les zones économiques spéciales en Pologne », Le courrier des pays de l’Est, n° 1032, février 2003, pp. 40-46.
·  Jack Bielasiak, « Determinants of Public Opinion Differences on EU Accession in Poland », Europe-Asia Studies, vol. 54, n° 8, décembre 2002, pp. 1241-1266.
·  Leszek Miller, « La Pologne au seuil de l’Union européenne », Politique internationale, n° 97, automne 2002, pp. 257-275.
·  « Poland’s Road to the Euro : A Review of Options », CES ifo Forum, vol. 3, n° 3, automne 2002, pp. 39-44.
·  Ryszard Rapacki, « Public Expenditure in Poland : Major Trends, Challenges and Policy Concerns », Post-communist Economies, vol. 14, n° 3, septembre 2002, pp. 359-380.
·  François Richard, Nicolas Meunier, « Pologne 2001-2002. Une évolution préoccupante » in « Europe centrale et orientale 2001-2002. Une croissance pérenne, un jeu politique rôdé, des sociétés désenchantées », Le courrier des pays de l’Est, n° 1026, juinjuillet 2002, pp.142-152.
·  Helmut Schütz, Maria J. Welfens, Jerzy Sleszynski, Wojcech Stodulski, « Sustainable Development Through Dematerialization : The Case of Poland », Osteuropa Wirtschaft, n° 2, juin 2002, pp. 173-199.
·  FMI, « Republic of Poland : Selected Issues and Statistical Appendix 2002 », IMF Staff Country Report, n° 02/128, juin 2002,40 p.
·  FMI, « Republic of Poland : Staff Report for the 2002 Article IV Consultation », IMF Country Report, n° 02/127, juin 2002,41 p.
·  Andrzej Stepniak, « Strategy of Poland’s Membership in the European Union », Intereconomics, vol. 37, n° 4,2002, pp. 183-188.
·  Gilles Vaysset, « Conversion de dette pour la protection de l’environnement : l’exemple de l’Ecofonds polonais », Revue d’économie financière, n° 66,2-2002, pp. 217-227.
·  Frédéric Pinard, « L’audiovisuel en Pologne », Le courrier des pays de l’Est, n° 1021, janvier 2002, pp. 26-32.
·  Economist Intelligence Unit, Country Report (trimestriel), Country Profile annuel), « Poland ».
 
NOTES
 
[*]Doctorant en science politique (CERAPS-CNRS), Ater à l’EHESS.
[(1)]Fernand Braudel, « La longue durée », Annales E.S.C, n° 4, octobre-décembre 1958.
[(2)]Si les résultats du scrutin n’étaient pas un enjeu en soi, la mobilisation des électeurs était loin d’être acquise et le taux de participation était une mesure de la légitimité du pouvoir.
[(3)]A savoir le versement de 1 milliard d’euros au budget polonais en 2005-2006, l’augmentation des quotas laitiers de 1,5 million de tonnes par an à 8,9 millions et l’autorisation de verser des aides aux agriculteurs polonais, dès l’adhésion, à hauteur de 60 % des subventions dont profitent les agriculteurs européens, etc.
[(4)]Centre d’études de l’opinion publique.
[(5)]CBOS, Wydarzenia roku 2002 wazne dla Polski i swiata. Komunikat z badan (Les événements de l’année 2002 importants pour la Pologne et le monde. Rapport d’enquête), Warszawa, janvier 2003.
[(6)]Cf. E. Lhomel, F. Bafoil, « La préparation aux Fonds structurels de l’UE. Les exemples de la Pologne et de la Roumanie », Le courrier des pays de l’Est, n° 1035, mars 2003, pp. 28-38.
[(7)]Exactement depuis juin 2002, cf. CBOS, Zaufanie do politykow w Polsce. Komunikat z badan (La confiance envers les hommes politiques en Pologne. Rapport d’enquête), juin 2003.
[(8)]Envoyant son parti à la catastrophe puisque l’Alliance électorale Solidarité (AWS) n’était pas parvenue à atteindre le seuil requis de 8 % des voix pour les coalitions électorales qui lui aurait permis de rester au Parlement lors des élections législatives de 2001.
[(9)]Des désaccords sur une nomination ont aussi empoisonné les relations entre Leszek Miller et ses ministres du Trésor successifs.
[(10)]Jerzy Hausner, alors ministre du Travail et des Affaires sociales, avait été promu vice-Premier ministre et obtenu également le portefeuille de l’économie à la suite de la révocation du ministre qui le détenait, Jacek Piechota en janvier 2003.
[(11)]Un club parlementaire peut être formé à la Diète si quinze députés au moins le décident.
[(12)]Voir Jérôme Heurtaux, « L’emprise des partis sur la compétition politique en Pologne. Les candidats face à la partisanisation (1990-2000)», in Roger Antoine (2003) dir., Des partis pour quoi faire ? La représentation politique en Europe centrale et orientale, Bruxelles, Bruylant, à paraître en octobre 2003.
[(13)]Gazeta Wyborcza, 23 mars 2003.
[(14)]Gazeta Wyborcza, 3 novembre 2002.
[(15)]Levées dont Samoobrona n’a pas le monopole. Plusieurs députés du SLD ont eux aussi vu leur immunité levée au cours des derniers mois.
[*]Docteurs en économie.
[*]EIU, Country Report, juin 2003.
[(16)]C’est-à-dire classés « irréguliers ».
[(17)]Il faut toutefois souligner que les critères de classement de la NBP sont sensiblement plus restrictifs que ceux traditionnellement retenus au niveau international.
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[(3)]
A savoir le versement de 1 milliard d’euros au budget polon...
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[(4)]
Centre d’études de l’opinion publique. Suite de la note...
[(5)]
CBOS, Wydarzenia roku 2002 wazne dla Polski i swiata. Komun...
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[(6)]
Cf. E. Lhomel, F. Bafoil, « La préparation aux Fonds struct...
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[(7)]
Exactement depuis juin 2002, cf. CBOS, Zaufanie do polityko...
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[(9)]
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[(10)]
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[(11)]
Un club parlementaire peut être formé à la Diète si quinze ...
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[(12)]
Voir Jérôme Heurtaux, « L’emprise des partis sur la compéti...
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[(13)]
Gazeta Wyborcza, 23 mars 2003. Suite de la note...
[(14)]
Gazeta Wyborcza, 3 novembre 2002. Suite de la note...
[(15)]
Levées dont Samoobrona n’a pas le monopole. Plusieurs déput...
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Docteurs en économie. Suite de la note...
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EIU, Country Report, juin 2003. Suite de la note...
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[(17)]
Il faut toutefois souligner que les critères de classement ...
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