2003
Le Courrier des Pays de l’Est
République tchèque 2002-2003
Solder le passé pour aller de l’avant
Jaroslav Blaha
La Documentation française. Manuscrit clos en juillet 2003.
La victoire des sociaux-démocrates
aux élections législatives de juin 2002
a été suivie de la formation d’un
gouvernement de coalition avec les
centristes, mené par Vladimir Spidla,
et cela malgré des programmes peu
convergents. Le CSSD se refuse
toujours en effet à s’allier aux
communistes, qui avaient pourtant
obtenu de bons scores. Ces succès
n’ont pas été réitérés lors des élections
sénatoriales partielles de novembre,
dont les grands gagnants ont été les
candidats conservateurs (ODS) et
indépendants. Avant que Vaclav
Havel ne quitte définitivement la
scène politique, il reçut une sorte de
consécration internationale avec, fin
2002, l’organisation du sommet de
l’Otan à Prague et la décision d’y
accueillir de nouveaux membres.
Depuis février 2003, c’est Vaclav
Klaus qui le remplace à la tête de
l’Etat et c’est ce dernier qui sera aux
commandes, lorsqu’en mai 2004 la
République tchèque entrera dans
l’Union européenne (le «oui» l’a
emporté au référendum de juin 2003).
A l’occasion de la crise irakienne, des
divergences sont apparues dans la
classe politique, révélant un difficile
positionnement à l’égard des Etats-Unis et des partenaires européens. Sur
le plan régional, la République
tchèque, qui préside en 2003 le
groupe des quatre pays de Visegrad,
entend œuvrer à l’harmonisation des
positions dans la préparation à
l’entrée dans l’espace Schengen et sur
le projet de Constitution de l’UE.
L’économie connaît une phase de
décélération de la croissance, malgré
une production industrielle en hausse,
mais handicapée par l’appréciation de
la couronne, avec de mauvais résultats
du commerce extérieur, la baisse des
revenus du tourisme consécutive aux
inondations catastrophiques d’août
2003. Ces dernières ont engendré par
ailleurs d’importants coûts pour le
budget et ont eu des conséquences
néfastes pour l’agriculture, dont la
production était déjà en baisse. Mais
les IDE sont toujours importants et la
consommation des ménages en
hausse. Des dossiers brûlants restent
encore : celui des restitutions, de
l’évaporation dans des paradis fiscaux
des fonds d’investissement à la suite
des privatisations douteuses des
années 90, de la réduction du déficit
budgétaire, de la réforme des finances
publiques ou de la privatisation des
derniers grands fleurons du pays.
The social democratic victory in
the June 2002 elections was
followed by the formation of a
coalition government with the
centrists and led by Vladimir
Spidla, despite diverging
programs. The CSSD still
refuses to ally itself with the
communists who did obtain a
good score. This success was
not repeated in the November
partial senatorial elections
where the big winners were the
conservative candidates (ODS)
and the independents. Before
Vaclav Havel left the political
scene definitively, he was
granted a certain international
acceptance with the organization of the NATO summit in
Prague at the end of 2002, and
the decision to accept new
members. Vaclav Klaus has
replaced him at the head of
State since February 2003 and
will be in place in May 2004
when the Czech Republic enters
into the European Union (the
“Yes” on the June 2003
referendum). During the crisis
in Iraq, differences appeared in
the political arena which found
it difficult to take a stance with
regard to the United States and
its European partners. On the
regional level, the Czech
Republic, which presides the
Visegrad Group of Four in 2003,
will be working to coordinate
positions on the preparations
for entry into Schengen area
and on the EU Constitution
project. The economy is
undergoing a slowdown despite
a rise in industrial output,
handicapped by the appreciation of the crown, unfavorable
results in foreign trade, a
decline in tourism revenues in
the wake of the catastrophic
floods of August 2003. The
latter put a substantial strain on
the budget and had adverse
effects on agriculture, where
output was already declining.
The FDIs are still important and
domestic consumption is up.
Sensitive issues remain : restitutions, evaporation of investment funds into tax paradises
after the dubious privatizations
of the 1990s, a reduction in the
budget deficit, financial reform
and the privatization of the last
large successful companies.
Deux événements majeurs
sont intervenus en 2002 : la
victoire des sociaux-démo-crates aux élections législatives de juin, suivie de la
formation d’un gouvernement de coalition avec les
centristes et, dans un tout
autre registre, les « eaux
centenaires », en août, qui ont
endommagé de nombreuses
villes et campagnes. Le succès
des sociaux-démocrates n’a
pas été réitéré lors des municipales, ni à l’occasion du
renouvellement partiel du
Sénat en novembre, qui ont confirmé l’assise des
conservateurs et des candidats indépendants. Les
chefs des deux principales formations politiques
(V. Klaus et M. Zeman) ont quitté les instances
dirigeantes, afin de se consacrer à leur campagne
pour l’élection présidentielle du début 2003.
Avant de quitter la scène politique, V. Havel a
connu une sorte de consécration avec l’organisation du sommet de l’Otan à Prague (novembre
2002), au cours duquel sept pays ont été invités à
rejoindre l’Alliance. Quelques semaines après, le
Conseil européen de Copenhague confirmait
l’entrée du pays dans l’Union européenne (UE)
en 2004 ; le référendum de juin 2003 a légitimé
cette adhésion, avec 77 % de « oui » et un taux de
participation de 54 %. La gestion de la crise irakienne s’est traduite par un savant équilibre entre
les divers organes institutionnels, dont les
approches divergeaient.
Malgré les inondations et les coûts engendrés par
la remise en état, l’économie s’est bien comportée.
Il reste à régler les dossiers politiquement difficiles des privatisations, de la réforme des finances
publiques et à trouver les solutions les moins
coûteuses pour le budget pour effacer les traces
des années 1990. Le climat social, malgré
quelques tensions catégorielles, est resté paisible,
la population étant, selon les sondages, relativement satisfaite de son niveau de vie.
Au printemps 2002, la figure de proue de la social-démocratie, au pouvoir depuis 1998, Milos
Zeman, qui conduisait un gouvernement minoritaire, a annoncé sa retraite politique « vers ses
collines et forêts tchéco-moraves », laissant place
à son dauphin, Vladimir Spidla, qui a repris les
commandes. Le congrès de mars 2003 a confirmé
ce dernier à la tête du Parti social-démocrate
(CSSD). D’aucuns supputaient que son ancien
chef n’effectuait qu’une fausse sortie, pour mieux
préparer sa candidature à l’élection présidentielle
de 2003, parachevant ainsi son destin politique.
D’autres commentateurs voyaient dans cet effacement subit une manœuvre visant à favoriser le
renouvellement des cadres au sein du CSSD et
un moyen de tordre le cou au « pacte d’opposition », qui avait permis à ce gouvernement minoritaire de tenir toute une législature, et aux termes
duquel les conservateurs, qui contrôlaient le
Parlement, s’engageaient à ne pas soutenir
d’éventuelles motions de censure contre l’exécutif. Bête noire des centristes et des libéraux, il
avait été conclu en 1998 entre les chefs des
sociaux-démocrates et du Parti démocratique
civique (ODS), M. Zeman et V. Klaus.
Une fois de plus, les élections législatives de juin
2002 n’apportèrent pas une majorité suffisante
au CSSD, qui restait néanmoins le premier parti
du pays. Le faible taux de participation (58 %)
fut par ailleurs interprété comme un manque de
confiance envers l’élite politique. Avec 30,2 %,
les sociaux-démocrates, talonnés par l’ODS
(24,5 %) et surpris par une poussée de l’électorat
en faveur des communistes (18,5 %), n’étaient
plus prêts à reconduire l’expérience d’un
gouvernement minoritaire, ni encore moins à faire
alliance avec le PC. Il ne leur restait alors que la
solution d’une coalition avec les centristes de
l’Union démocrate–chrétienne-Parti du peuple
tchécoslovaque (KDU-CSL) et les libéraux de
l’Union pour la liberté (US) qui disposaient, à
elles deux, de 14,3 % des voix. Cette étrange
alliance a conduit à la constitution d’un gouvernement à majorité social-démocrate, disposant
d’une voix de majorité à la Chambre basse du
Parlement tchèque. Sous bien des aspects, ce
gouvernement de coalition apparaissait plus faible
que le précédent. Aussi lui prédisait-on un avenir
incertain.
V. Spidla aurait pu, comme précédemment
M. Zeman, former un gouvernement minoritaire
unicolore, en reconduisant un pacte d’opposition
soit avec les conservateurs, soit avec les
communistes. Dans ce dernier cas, il aurait pu
bénéficier d’une majorité confortable de
111 députés. D’ailleurs, les programmes de
campagne des deux partis de gauche présentaient
de très nombreuses similitudes ; or, ce n’est pas
le cas pour les programmes des sociaux-démo-crates et ceux des centristes et des libéraux, le
seul point d’accord concernant l’entrée dans l’UE.
Sur le reste, à savoir les réformes de la fiscalité,
des retraites, des assurances sociales ou de la
justice, leurs positions ne coïncident nullement.
Ce fut pourtant cette variante que choisit
V. Spidla, même s’il savait qu’il ne pourrait pas
compter sur leur soutien pour passer certains
textes et qu’il ne disposerait que d’une voix de
majorité. Cet enterrement du pacte d’opposition,
promis avant les élections, marque le retour à la
culture politique classique et aux marchandages
entre les états-majors des partis parlementaires.
Le nouveau gouvernement a vu brutalement
s’interrompre l’état de grâce dont il jouissait, à la
suite des inondations. Il dut, non seulement annuler certains contrats publics déjà bien engagés
(par exemple l’achat d’avions pour l’armée), mais
aussi proposer de lever une série d’impôts
exceptionnels, pour faire face aux dépenses liées
aux dommages, estimés dès septembre 2002, à
plus de 100 milliards de couronnes (3,2 milliards
d’euros.
Une député, ancienne chef de l’Union pour la
Liberté, et par ailleurs opposée à l’entrée de cette
formation dans la coalition gouvernementale,
H. Marvanova, profita de cette occasion pour
tenter une manœuvre de déstabilisation : son parti
n’avait-il pas promis une diminution des impôts ?
Mais au Parlement, l’abstention des communistes
et quelques « absences orchestrées » par les partis
ont permis de surmonter ce premier obstacle.
● Conservateurs
et indépendants s’affirment
Les élections sénatoriales (renouvellement d’un
tiers des membres de la Chambre haute) et municipales de novembre 2002 ont profité principalement aux conservateurs de l’ODS et aux
candidats indépendants. Parmi ces derniers, le
magnat des médias, V. Zelezny, aurait été sollicité en sous-main par l’ODS pour briguer le siège
de sénateur en Moravie du Sud. Il s’est offert à
cette occasion une campagne de presse sans
précédent en achetant des pages entières dans tous
les médias régionaux. TV Nova, chaîne qui lui
appartient, a fait le reste.
Lors des élections municipales, l’ODS a vu son
implantation se renforcer, puisqu’il s’est placé en
tête dans tous les chefs-lieux de districts, sauf un.
Quant aux candidats indépendants, ils sont arrivés
en force dans une grande partie des conseils
municipaux. Les communistes ont également
confirmé leur poussée électorale constatée lors
des élections législatives de juin.
Batailles autour de
l’élection présidentielle
A l’approche de la fin du second mandat de
V. Havel, plusieurs candidats à sa succession se
firent connaître (le Président est élu au suffrage
indirect par les deux Chambres). Ses partisans et
protégés ayant perdu de l’influence dans le CSSD
au profit de la jeune génération acquise au
nouveau chef, V. Spidla, M. Zeman fut loin de
faire l’unanimité lors de la primaire organisée
pour choisir un candidat. Désigné néanmoins, il
voulut conduire lui-même la campagne et ce
faisant, se mit à dos une partie de l’appareil. La
fronde s’amplifia, lorsqu’il décida de ne pas se
présenter au premier tour de scrutin, qui avait
toutes les chances de n’aboutir à aucun résultat.
Une partie des sociaux-démocrates s’est finalement détournée de lui au moment ultime et lui a
préféré un intellectuel (professeur d’université et
théologien) pour affronter Vaclav Klaus.
Ce dernier, père fondateur du Parti démocrate
civique (ODS), ancien Premier ministre et
président du Parlement, avait également choisi
de prendre ses distances avec sa formation. A la
veille de la Convention de l’ODS en décembre
2002, il annonçait ainsi son retrait de la tête du
parti, dont il restait néanmoins président
d’honneur, ses anciens lieutenants continuant de
contrôler les postes clés de l’appareil. Cela lui
permit de se hisser au-dessus de la mêlée, sans
« l’obligation de devoir tous le matins rassembler
la meute ». « Débarrassé de la pesanteur partisane,
il retrouvait sa liberté de parole et sa ferveur
d’antan »
[1]. Cette tactique s’avéra finalement
payante, puisqu’il fut élu à l’issue du troisième
tour, avec, il est vrai, les voix d’une dizaine de
sociaux-démocrates et celles de la majorité des
communistes. On lui prête l’intention de sortir le
PC de son isolement (ce parti n’a jamais été
consulté par V. Havel et, depuis leur congrès de
1996, les sociaux-démocrates s’interdisent toute
coalition gouvernementale avec lui), sans se
soucier des effets « que cela ne manquerait pas
de produire sur la confiance, tant à l’intérieur qu’à
l’extérieur »
[2]. Cette stratégie permettrait d’affaiblir
encore plus la position des sociaux-démocrates,
dont le nombre de partisans est déjà en baisse.
Selon l’institut de sondages TNS Factum (décembre
2002-mars 2003), pour la première fois depuis
1990, le PC, profitant des tensions internes du
CSSD, progresse de 19 à 22,3 %, pendant que les
sociaux-démocrates tombent de 30 % à 22,2 %.
L’ODS, qui n’a jamais dépassé les 30 % lors d’un
scrutin, passerait à 34 %. Cette poussée sera-t-elle durable, d’autant que V. Klaus devrait
endosser les habits d’un Président au-dessus des
partis, comme le veut la tradition ?
Relations
internationales :
succès et interrogations
Les deux temps forts de 2002 furent sans aucun
doute le sommet de l’Otan, à Prague en novembre,
et l’invitation à rejoindre l’UE lors du Conseil
européen de Copenhague en décembre. Le
sommet de l’Otan, qui consacrait le deuxième
élargissement de l’Alliance vers l’Est depuis
1989, fut également perçu comme un signe de
reconnaissance internationale pour le président
Havel, arrivé en fin de mandat. A cette occasion,
il s’avéra que l’armée de l’air tchèque n’était pas
à même de protéger l’espace aérien, tâche qui fut
confiée à l’US Air Force, alors que 1 600 agents
des forces de sécurité américaines étaient
dépêchés sur place en renfort de 11 000 Tchèques.
Ce fut aussi l’occasion de relancer le débat sur la
réforme de l’armée, dont les effectifs devraient
passer de 60 000 hommes à 36 000 d’ici à 2006
et qui devrait devenir professionnelle avec un
corps expéditionnaire pour des missions internationales. La défense du territoire relèvera de plus
en plus de l’organisation de la sécurité collective
euro-atlantique, voire européenne.
La crise irakienne fut un véritable exercice
d’équilibrisme, pour ne froisser ni les Etats-Unis,
ni les partenaires européens, notamment la France
et l’Allemagne. Si V. Havel a signé, à titre
personnel, fin janvier 2003, la Lettre des Huit
soutenant la coalition américano-britannique, ce
ne fut pas le cas de son successeur, V. Klaus, qui
émit même des doutes sur la véracité des motifs
de la guerre et, en conséquence, fut mis en
« quarantaine diplomatique » par les alliés de
G. W. Bush. Par contre, le Premier ministre,
V. Spidla, malgré l’opposition au sein de son
propre parti, offrit à la coalition une unité
d’intervention contre les armes de destruction
massive et un hôpital militaire, tout cela dans
l’espoir de voir des entreprises tchèques participer à la reconstruction (60 % des capacités
pétrochimiques en Irak sont d’origine tchécoslovaque, ainsi qu’une usine de tracteurs, etc.). Mais
V. Spidla et les industriels qui l’accompagnaient
sont rentrés bredouille de leur visite à Washington
en juillet 2003. Par ailleurs, les Tchèques
attendent toujours que l’administration américaine et la firme Boeing, actionnaire principal de
Aero, se décident à honorer leur promesse en
favorisant la vente des avions subsoniques
fabriqués en pays tchèques, notamment auprès
des forces armées israéliennes et égyptiennes.
L’invitation à rejoindre l’UE, lors du sommet de
Copenhague, fut l’occasion pour l’équipe de
négociateurs conduite par le chef du gouvernement, V. Spidla, de prouver sa capacité à
obtenir des conditions tout à fait satisfaisantes,
notamment en ce qui concerne les fonds européens dont le montant par habitant a été porté de
70 à 75 euros. Ils avaient auparavant réussi à clore
deux dossiers épineux : celui de la politique de la
concurrence et du soutien public à la restructuration de la sidérurgie, ainsi que celui des subventions aux banques qui ont été accordées par l’Etat
durant les années 1990. En mai 2003, la totalité
des aides reçues de l’UE depuis 1993 s’élevait à
1,5 milliard d’euros, dont les trois quarts provenaient du programme Phare. Par ailleurs, une aide
exceptionnelle de 129 millions d’euros a été
accordée par l’UE, en novembre 2002, pour la
reconstruction après les inondations. Lors du
référendum sur l’adhésion, avec un taux de
participation de 54 %, 77 % des votants ont dit
« oui » à l’UE.
Au niveau régional, la réunion du V4, (groupe de
Visegrad qui réunit la République tchèque, la
Slovaquie, la Pologne et la Hongrie), en juin 2003,
a confirmé la volonté de ses membres de
poursuivre une coopération étroite après leur
entrée dans l’UE. Mais pourront-ils alors faire
valoir leurs priorités ? Les Tchèques, qui en
assurent la présidence en 2003, ont pour objectifs
la préparation de l’entrée dans l’espace Schengen
et l’organisation d’un sommet extraordinaire, afin
d’harmoniser les positions des quatre pays sur le
projet de Constitution de l’UE. Le V4 se veut
désormais plus dynamique et ouvert : sa dernière
réunion s’est tenue en présence du Premier
ministre ukrainien. Par contre, la Hongrie était
représentée par le seul ministre des Affaires étrangères, sans doute en raison du contentieux
provoqué par la loi sur le statut des Hongrois
vivant dans les pays voisins.
Les scories du passé
récent
● Comment mettre de l’ordre
dans les restitutions
Alors que certains descendants et héritiers de
familles nobles, après des années de procédure,
ont eu gain de cause, d’autres qui s’estiment
victimes des jugements contradictoires des tribunaux tchèques plaident toujours leur cas devant
des juridictions telles que la Cour constitutionnelle tchèque ou la Cour européenne de Strasbourg.
En attendant le verdict définitif de la Cour
suprême tchèque sur la législation relative à la
restitution des biens confisqués en 1945 pour faits
de collaboration avec les nazis, qui devait intervenir en automne 2003, certains héritiers semblent
avoir trouvé un moyen de contourner les textes
[3].
Ainsi, un membre d’une des branches de la
famille Kinski (qui vit en Argentine depuis le
début des années 1940) avait déposé, à l’été 2003,
157 plaintes, les biens revendiqués ayant une
valeur estimée de 40 milliards de couronnes (soit
1,2 milliard d’euros) et comprenaient un palais
en plein centre de Prague, qui abrite actuellement
la Galerie nationale. Depuis qu’un tribunal de
district a donné raison à cet héritier en lui attribuant
des propriétés dans deux communes au nord de
la Bohême, le monde politique est en effervescence. Ce précédent pourrait en effet conduire
au dépôt de milliers d’autres plaintes et finir par
remettre en cause l’intangibilité des décrets de
confiscation promulgués en 1945. Le verdict de
la Cour suprême est donc très attendu, d’autant
que les « revendications » sont déjà nombreuses :
depuis 1991, l’Ordre des Chevaliers teutoniques
exige qu’on lui rende d’anciennes possessions
évaluées à 4 milliards de couronnes (soit 122 millions d’euros), celles du duc de Lichtenstein se
chiffreraient à des dizaines de milliards de
couronnes, sans compter tous les descendants des
expulsés en Allemagne et en Autriche. Or, en
principe, ces derniers vont pouvoir, à partir de
2004, s’adresser directement aux tribunaux
tchèques. Un bureau de représentation des associations d’expulsés a déjà été ouvert à Prague dans
cette perspective.
L’année 2002 n’a guère été propice à une évolution sur le problème des restitutions, tous les
partis, en campagne électorale, faisant de la
surenchère au nom des « intérêts nationaux »,
pendant que le Parlement européen étudiait les
conclusions des juristes sur la compatibilité des
décrets Benes avec l’adhésion du pays à l’UE
[4].
Après le référendum sur l’adhésion, celui-ci a
demandé aux Tchèques de faire un geste d’apaisement en direction des expulsés et, pour la
première fois, son président, P. Cox, a envoyé un
message saluant la tenue des Journées annuelles
sudéto-allemandes à Augsburg. Mais aucune
réaction n’a été enregistrée du côté tchèque. Le
temps est pourtant venu où les parlementaires
tchèques acceptent de mettre sur un pied d’égalité tous les Tchèques, de nationalité allemande
ou non, qui ont été lésés par les lois sur les restitutions des années 1990, de réparer en partie, par
le biais du « Fonds du futur », les dommages graves
subis par environ 2 000 personnes encore
vivantes, lors de leur transfert, et éventuellement,
comme le demande E. Stoiber, ministre-président
de Bavière, d’indemniser les Allemands non
expulsés en 1945 et obligés de « participer à la
reconstruction », assimilée par ces derniers à des
travaux forcés. Tous ces gestes iraient dans le sens
de la réconciliation tant attendue. Or, parmi les
partis parlementaires, aucun − sauf peut-être
l’Union pour la liberté − ne veut entendre parler
d’un changement d’attitude et encore moins de
l’instauration d’un dialogue institutionnalisé avec
les expulsés ou avec le gouvernement de Bavière,
qui s’est érigé en défenseur de leur cause, allant
jusqu’à demander à tous les députés européens
de la CSU de voter contre l’adhésion de la
République tchèque à l’UE
[5].
● Mettre fin aux « lustrations » ?
En juin 2003, pour la quatrième fois et avec le
soutien d’une partie des députés sociaux-démo-crates, les communistes ont tenté d’obtenir l’abrogation de la loi sur les « lustrations », qui interdit
depuis treize ans aux membres du Parti communiste tchécoslovaque d’avant 1990 d’occuper des
postes dans l’appareil d’Etat. Ils se sont heurtés
au refus des députés tchèques parmi lesquels
certains accusent les communistes de faire partie
« d’une organisation criminelle », voire « terroriste »
[6] . Ils semblent oublier que cette loi, reliquat
du triomphalisme des premiers mois ayant suivi
la chute du régime communiste, est contraire à la
Constitution et aux engagements internationaux
du pays en matière de droits de l’homme. En effet,
elle exclut toute possibilité de défense, ce qui lui
vaut d’être sévèrement critiquée, notamment par
le Conseil de l’Europe.
● Le boulet des privatisations
des années 1990
En prenant ses fonctions à la tête du gouvernement et du CSSD, V. Spidla ne cachait pas sa
volonté de poursuivre l’assainissement de la vie
publique, d’éradiquer la corruption et de solder
l’héritage de la transformation économique peu
orthodoxe du début des années 1990
[7], source, à
ses yeux, d’un clientélisme qui ronge les valeurs
démocratiques et de pratiques douteuses à tous
les niveaux.
Lors de la « renationalisation en catastrophe » de
la banque IPB, en juin 2000 (en deux jours cette
banque en faillite a été vendue à sa concurrente
tchèque, la CSOB, alors encore établissement
majoritairement public), certains, comme
V. Klaus, se sont insurgés contre ce « hold-up du
siècle », tandis que d’autres (dont M. Zeman, chef
du gouvernement)
[8] évoquaient un « sauvetage
salutaire ». En effet, outre les milliards de prêts à
risque accordés lors des privatisations des années
1990, plus de 40 milliards de couronnes (1,2 milliard d’euros) gérés par des fonds d’investissement
se sont évaporés vers des paradis fiscaux,
notamment dans les Iles Caïmans. Il a fallu plus
de deux ans pour régler ce dossier, et il en coûtera
à l’Etat tchèque environ 49 milliards (1,5 milliard d’euros), mais celui-ci devrait au moins
éviter d’éventuels arbitrages internationaux
[9].
Par ailleurs, des poursuites ont été engagées, à la
demande du Premier ministre, contre Victor
Kozeny, l’ex-vedette des privatisations tchèques
(et azerbaïdjanaises), et son acolyte Boris Vostry,
accusés d’avoir détourné à leur profit, entre 1995
et 1997, l’argent de petits actionnaires qui leur
avaient confié leurs coupons de privatisation en
1992
[10], ce qui représenterait entre 11 à 40 milliards de couronnes (340 millions et 1,2 milliard
d’euros). Pour leur part, ces deux personnages
accusent les autorités tchèques de se livrer à une
chasse aux sorcières pour des motifs strictement
politiques dans la mesure où ils avaient noué, à
l’époque, des liens étroits avec les responsables
de l’ODS.
● Le coût élevé des arbitrages
Avec la multiplication des procédures, liées à des
défaillances de l’Etat en ce qui concerne la
protection des investissements étrangers, à
laquelle doivent faire face les cours arbitrales, le
montant des provisions pour ces procédures ne
cesse d’augmenter : de 60 millions de couronnes
(1,8 million d’euros) en 2002, il devrait passer à
450 millions (13,8 millions d’euros) en 2003.
L’Etat tchèque a déjà perdu contre la firme américaine CME et devra lui verser 10 milliards de
couronnes (306 millions d’euros) de compensations pour l’investissement qu’elle a effectué dans
la chaîne TV Nova. Lui sont également réclamés
40 milliards de couronnes (1,2 milliard d’euros)
pour « non-protection de ses investissements » par
la banque d’investissement japonaise Nomura
(principal actionnaire de la banque IPB, en faillite
en 2000). Mais, dans cette affaire, l’Etat a contre-attaqué, en demandant à Nomura de tenir compte
dans sa facture des dépenses occasionnées par le
sauvetage de la banque en faillite, soit 236 milliards de couronnes (7,2 milliards d’euros). On
s’achemine, sans doute vers un règlement à
l’amiable qui devrait aboutir d’ici la fin de 2003.
Des résultats
économiques mitigés
Avec une progression du PIB de 2 %, l’économie
tchèque a confirmé en 2002 la tendance à la
décélération de la croissance. Cette évolution
résulte avant tout des résultats du commerce
extérieur et de ceux du tourisme qui a engendré,
en raison principalement des inondations d’août
2002, des revenus inférieurs de 22 milliards de
couronnes (673 millions d’euros) à ceux de 2001.
S’y sont ajoutés les effets conjugués d’une
couronne forte et d’une conjoncture économique
dégradée en Allemagne (principale partenaire
commerciale du pays et d’où proviennent plus
de 30 % des touristes).
Durant les cinq premiers mois de 2003, l’économie a connu un cycle de déflation. En mai, les
autorités annonçaient une inflation nulle et
comptaient sur la poursuite de la hausse de la
consommation des ménages, amorcée en 2002.
Avec un taux d’inflation de 1,8 % en moyenne
annuelle, c’est le résultat le plus bas obtenu au
cours des douze dernières années. La balance des
transactions courantes a, par contre, enregistré en
2002 son plus fort déficit depuis 1993, tendance
qui s’est prolongée durant le premier semestre
de 2003. Quant au déficit commercial, il dépasse
les 3 milliards de dollars depuis 2000 (3,5 milliards en 2002).
Principaux indicateurs économiques de la République tchèque en 1995-2002
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002
PIB (variation en %) 5,9 4,3 - 0,8 - 1,0 0,5 3,3 3,3(1) 2,5(1)
Production industrielle
(variation en %) 8,7 2,0 4,5 1,6 - 3,1 5,4 6,5 4,9(1)
Production agricole
(variation en %) 3,2 2,5 - 1,5 - 1,8 2,3 - 2,0 1,8(1) nd
Ventes au détail
(variation en %) 4,8 9,6 - 2,0 - 7,1 3,3 5,3 4,3 2,6(2)
Formation brute
de capital fixe
(variation en %) 21,0 8,1 - 2,9 - 3,9 - 0,6 5,3 7,2 0,5(3)
Taux de chômage
officiel (en % des actifs,
en décembre) 2,9 3,5 5,2 7,5 9,4 8,8 8,9 9,8
Indice des prix
à la consommation
(moyenne annuelle, %) 9,1 8,9 8,4 10,6 2,1 3,9 4,7 1,8
Solde budgétaire
(en % du PIB) - 2,0 - 2,4 - 2,5 - 2,9 - 2,4 - 4,7 - 6,0 - 9,0(1)
Exportations
de marchandises
(en millions de dollars) 21 463 21 947 22 359 25 853 26 265 29 052 33 378(1) 35 000(1)
Importations
de marchandises
(en millions de dollars) 25 140 27 654 27 252 28 456 28 167 32 183 36 446(1) 38 500(1)
Balance commerciale
(en millions de dollars) - 3 677 - 5 707 - 4 893 - 2 603 - 1 902 - 3 131 - 3 068(1) - 3 500(1)
Balance des transactions
courantes (en % du PIB) - 2,7 - 7,4 - 6,1 - 2,4 - 3,0 - 5,3 - 4,6 - 5,1(3)
Dette extérieure brute
(en % du PIB) 34 38 41 44 43 42 39 35(4)
Investissements directs
étrangers (en millions
de dollars) 2 526 1 276 1 275 3 591 6 234 4 943 4 820(1) 8 000(1)
(1) Estimation (2) Janvier-novembre (3) Janvier-septembre (4) Fin septembre.
Source : Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et années antérieures ; Berd, Transition
Report 2002.
Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et années antérieures ; Berd, Transition
Report 2002.
Le secteur industriel, même s’il reste handicapé
par la trop forte appréciation de la couronne,
semble se porter nettement mieux que dans la
seconde moitié des années 1990. C’est du moins
ce qu’il ressort des analyses concernant 1 700
entreprises, effectuées par l’agence CRA Rating :
leurs bilans sont en plein assainissement, leur
endettement reste tolérable et les revenus engendrés
par la production demeurent plus importants que
ceux des placements financiers. Les branches qui
se portent le mieux sont celles du verre et de la
céramique, de l’extraction des matières premières,
de l’optique, de l’électronique et de l’électrotechnique, cette dernière étant un des moteurs des
exportations tchèques, avec le secteur de l’automobile, qui se partage entre l’assemblage des
voitures et la production d’équipements et où sont
présents la moitié des cinquante premiers
constructeurs du monde.
Dans son ensemble, la production industrielle a
augmenté de 4,9 % en 2002. Mais, l’évolution
du prix du pétrole et de la situation économique
en Allemagne, le principal client des Tchèques,
peut modifier la donne à tout moment. Aussi, afin
de parer à toute éventualité, le gouvernement a-t-il décidé d’augmenter de façon très sensible son
soutien aux exportations vers les pays avec
lesquels les déficits sont chroniques (la Chine, la
France, la Russie, l’Italie et les Etats-Unis). Ces
aides, de 1,6 milliard de couronnes (49 millions
d’euros) en 2002, devraient passer à 13 milliards
(398 millions d’euros) pour l’ensemble de la
période 2003-2006
[11].
L’Office tchèque de la statistique a confirmé en
juin 2003 les mauvais résultats de l’agriculture,
pour la deuxième année consécutive. Les récoltes
de 2003 subissent les conséquences des inondations : celle de céréales sera la plus faible depuis
1993 avec 5,5 millions de tonnes (contre 6,1 millions en 2002), 400 000 tonnes pour le colza
(contre 1 million habituellement), la production
de pommes de terre et de houblon se situant bien
en deçà des prévisions. Des importations de
fourrages et de céréales pour le bétail seront
nécessaires, malgré une importante diminution du
cheptel depuis 1990 (- 50 % pour les bovidés et
- 1 million de têtes pour les porcins). L’Etat a
décidé, devant la faillite complète des mécanismes
de régulation par les marchés, d’effectuer des
achats d’intervention, afin de maintenir les
réserves à niveau et d’éviter un effondrement des
revenus des agriculteurs. Le manque à gagner,
selon l’estimation de la Chambre d’agriculture, a
été de 15 milliards de couronnes (460 millions
d’euros) en 2002 et devrait atteindre un montant
identique en 2003. Pour l’exercice 2002, le budget
n’avait pu dégager que 2 milliards de couronnes
(61 millions d’euros) supplémentaires pour
indemniser ces pertes. La situation a pris une
mauvaise tournure dans certaines régions, et
notamment en Moravie du Sud, où les agriculteurs ne peuvent plus rembourser « les prêts
verts ». L’ensemencement pour la prochaine
campagne serait compromis. Or, l’agriculture
était déjà loin d’être florissante et, selon les
responsables du secteur, aurait payé sa « dîme à
la transformation » depuis 1990, avec un nombre
d’actifs qui est passé de 500 000 à 120 000
personnes. Par ailleurs, alors que se profile l’entrée
dans l’UE, les producteurs tchèques de fruits et
légumes s’inquiètent de leur avenir, face à leurs
concurrents hongrois et polonais, dont les prix
sont moins élevés. En octobre 2002, quelque
3 000 paysans sont venus manifester, avec leurs
animaux, devant le siège du gouvernement. Par
ailleurs, une pétition exprimant la crainte de ne
pouvoir survivre dans l’UE et réclamant une égalité de traitement avec les agriculteurs européens
a recueilli 117 000 signatures
[12].
● Investissements étrangers :
le pays garde son attrait
En 2002, les flux d’investissements directs étrangers (IDE) sont restés très importants et ont atteint
un nouveau record historique avec 8,4 milliards
de dollars (après 6,3 milliards en 1999), ces
performances s’expliquant dans les deux cas, par
les privatisations Ainsi en 2002, l’Etat a-t-il
procédé à la vente de la société Transgas pour
120 milliards de couronnes (3,7 milliards
d’euros). L’agence publique CzechInvest constate
un intérêt croissant des entreprises de la zone euro
pour les pays tchèques (près de 90 % des projets
d’investissements en 2002), notamment allemandes
(56 %) et néerlandaises (11 %)
[13].
La République tchèque demeure en tête des pays
en transition d’Europe centrale et orientale pour
le montant des IDE par habitant : avec 3 600
dollars selon des estimations provisoires, elle
devance largement la Hongrie (2 400 dollars). Les
prévisions pour 2003, tant de la Banque centrale
que de l’agence CzechInvest, envisagent un
tassement des flux en raison, d’une part, de
l’absence de projets, et d’autre part, de la stagnation dans les pays de la zone euro. Par ailleurs,
même si l’intérêt demeure pour des investissements ex nihilo, on s’attend davantage à ce que
les choix des investisseurs étrangers s’orientent
vers l’extension ou la modernisation de firmes
existantes. Enfin, les pouvoirs publics espèrent
qu’une grande part des dividendes versés aux
actionnaires étrangers (20 milliards de couronnes
en 2002, soit 612 millions d’euros) sera réinvestie
dans le pays. Notons que, pour le moment, seules
quatorze sociétés à capitaux étrangers distribuent
régulièrement des dividendes, Philip Morris
faisant à cet égard figure de pionnier.
Les relations France-République tchèque : le repli de l’Hexagone ?
Après avoir brillé en 2001, les investisseurs français ont marqué le pas l’année suivante.
GdF a été évincé par la RWE allemande lors de l’appel d’offres concernant les distributeurs
régionaux de gaz, et EdF n’a pas pu convaincre le gouvernement tchèque du bien-fondé
de sa proposition de prise de contrôle de la compagnie d’électricité CEZ (voir infra ).
Enfin, la fermeture par Valéo de l’un de ses trois sites (à Jablonec) semble amorcer
une tendance au repli. Le stock des investissements directs français, qui avait doublé
en 2001 pour atteindre 9 % du total, est tombé à environ 4 % et place la France au
dixième rang des pays investisseurs.
Les activités de TPCA (Toyota-Peugeot-Citroën automobile), des opérateurs dans le
traitement des eaux (Ondeo et Vivendi) ou encore le contrat signé par Eurovia (groupe
Vinci) infirment le pessimisme, qui transparaît dans la presse française. Le groupe PSA,
pour mieux se positionner sur les marchés de l’Est, s’est décidé à effectuer un
investissement stratégique avec Toyota, pour construire « la petite voiture européenne »,
adaptée aux besoins des consommateurs d’Europe centrale et orientale. En fait, PSA
reprend l’idée de Renault qui voulait faire de même en coopération avec Skoda en 1991.
Par ailleurs, même si Renault Véhicules industriels a cédé ses parts dans Karosa à la
holding Irisbus (de l’italien Iveco), des sous-ensembles pour autobus (moteurs et
équipements divers) continuent d’être importés de France.
La filiale d’Eurovia en République tchèque (SSZ), qui a déjà obtenu plusieurs contrats
portant sur la construction d’autoroutes, a renforcé sa position en 2002 en se voyant
confier l’aménagement des routes d’accès à la nouvelle usine TPCA et de rocades
contournant les villes. La filiale de Dalkia (chauffage urbain, traitement des eaux),
présente depuis des années dans le pays, figure parmi les rares sociétés qui distribuent
des dividendes. Quant à la Société Générale, qui a pris le contrôle de la Komercni Banka
à l’automne 2001, elle semble en voie d’atteindre son objectif visant à transformer cette
banque en un établissement universel. La « nouvelle KB », inaugurée en septembre 2002,
a fait des bénéfices dès la première année et ce, pour la plus grande satisfaction des
70 000 petits actionnaires tchèques. La valeur unitaire de ses titres cotés en bourse
est passée de 30 à 66 euros entre octobre 2001 et fin 2002. Dans le tourisme, l’offre
française dans la gamme « Relais et châteaux », encore peu exploitée, pourrait se
concrétiser prochainement.
Les échanges France – République
tchèque, 2000-2002 (millions d’euros)
2000 2001 2002
Exportations (fob) 1 819,4 2 124,1 2 079,3
Importations (cif) 1 267,9 1 536,7 1 722,3
Solde + 551,5 + 587,4 + 357,0
Source : Douanes françaises.
Douanes françaises.
Le Monde, 17 janvier 2003 ;
Ekonom, n° 30,2003 ;
Revue Elargissement (Minefi-Dree),
n° 36,6 janvier 2003 ; n° 39,17 février 2003 ; n° 25, septembre 2002.
Pour encourager les investissements, CzechInvest
a réorganisé les neufs parcs industriels et nommé
à leur tête des directeurs. Par ailleurs, l’agence
prévoit d’étendre un projet pilote mené depuis
2001 au profit des sous-traitants : il implique
45 sociétés tchèques et 11 multinationales implantées dans le pays et a pour but d’augmenter la
participation des entreprises tchèques dans les
secteurs de l’automobile, de l’aéronautique, des
constructions mécaniques, des équipements
sanitaires et des biotechnologies qui, d’après une
étude de la société d’audit KPGM, devrait
dépasser 21 % en 2004, contre 14 % seulement
en 2001.
● Que reste-t-il à vendre ?
On estime à un peu plus de 300 milliards de
couronnes (9,2 milliards d’euros) les actifs qui
sont encore à privatiser (la brasserie d’Etat
Budvar, Telecom, Unipetrol, la compagnie
aérienne CSA, les deux sociétés de charbonnages
de la Bohême du Nord, l’avionneur Aero
Vodochody et la compagnie d’électricité CEZ).
D’un côté, il est tentant d’utiliser les recettes
provenant de ces ventes pour combler les déficits
publics, éponger les dettes, mais selon les détracteurs des privatisations, cela se fait au prix de la
perte de tout contrôle sur l’économie. Et pourquoi
en effet se priver d’entreprises qui rapportent
chaque année des sommes considérables au
budget de l’Etat (Telecom, CEZ, Budvar) ? Pour
leur part, les partisans des privatisations affirment
que les pays tchèques ne sont pas une île et que
les entreprises locales doivent s’insérer dans des
ensembles multinationaux, comme Skoda automobile au sein du groupe VW en donne
l’exemple. Le gouvernement Spidla est traversé
par ce débat, mais il devrait poursuivre le
processus, sans hâte, et au mieux des intérêts du
pays.
Vendre ou non Budvar ? Cette question revient
régulièrement. Le ministère de l’Agriculture, qui
a la tutelle de cette brasserie d’Etat emblématique,
située à Ceske Budejovice et seule de la filière
brassicole à ne pas avoir été privatisée, est opposé
à sa cession, tout comme les élus locaux et régionaux. Déjà, début 2002, le gouvernement de
M. Zeman l’avait exclue de la liste des
privatisables
[14]. Mais le ministère des Finances
est, par contre, favorable à cette opération. Les
estimations du prix, notamment de la marque
déposée (Budvar /Budweiss), varient de 10 à
30 milliards de couronnes (306 à 918 millions
d’euros). Selon les experts, avec l’entrée dans
l’UE, et donc avec la protection de la marque,
son prix pourrait atteindre 70 milliards de
couronnes (2,1 milliards d’euros). En tous cas,
les candidats à une reprise de la brasserie
multiplient les pressions sur le gouvernement et
il s’agit des plus grands du secteur, comme le
numéro un mondial (l’américain Anheuser-Bush,
brasseur de la bière Budweisser), le groupe belge
Interbrew ou le hollandais Heineken
[15].
Déjà sujet de débat en 2002, la cession des parts
de l’Etat dans les charbonnages est à l’ordre du
jour en 2003. Cette opération devrait rapporter
entre 4 et 6 milliards de couronnes (120 et 180
millions d’euros), et l’acquéreur potentiel le plus
actif depuis 2001, le groupe multinational Appian,
n’est désormais plus seul. Sept sociétés, parmi
lesquelles des firmes russes, anglaises et tchèques,
s’apprêtent à se livrer bataille dès le premier
round éliminatoire, lors duquel le prix aura sans
doute moins d’importance que la capacité à mettre
en œuvre les priorités de la puissance publique et
sa stratégie énergétique : maintien de l’emploi et
des quantités livrées aux compagnies tchèques
jusqu’en 2030, aptitude à requalifier les friches
industrielles minières, mais surtout, le repreneur
ne doit pas détenir de parts dans le capital
d’entreprises du secteur gazier et pétrolier en
République tchèque ou à l’étranger, en particulier dans les pays voisins. Ces conditions, jugées
parfois trop strictes, ne semblent pas dissuader
les firmes déjà actives dans le secteur de
l’extraction, car elles visent surtout à disqualifier
directement les firmes allemandes RWE et E.On.
En effet, certains, y compris au gouvernement,
craignent qu’après acquisition les mines ne soient
fermées pour permettre la relance de l’exploitation des bassins houillers situés à l’est de l’Allemagne. D’autres s’interrogent sur la justification
de cette privatisation car ils considèrent que dans
la mesure où ces trois entreprises de charbonnages
coexistent, les règles de la concurrence sont
respectées. De plus, depuis 1997, l’Etat actionnaire reçoit régulièrement des dividendes.
L’Etat a autorisé, en 2002, la compagnie d’électricité CEZ à prendre le contrôle de huit sociétés
régionales de distribution. L’idée était alors de
constituer une « super CEZ » et d’augmenter son
prix de vente. Mais l’Office de la concurrence
n’a pas accepté ce schéma. En obligeant le
monopole tchèque à vendre, dans un délai d’un
an, sa part majoritaire dans une société régionale
et ses parts minoritaires dans trois autres distributeurs, il a favorisé les intérêts des groupes
allemands (RWE, E.On), voire français (EdF).
Pour l’instant, la privatisation est reportée, le
temps que soit élaboré un programme énergétique
global. En mettant sur pied, en 2003, un comité
de pilotage, l’Etat entend peser sur les décisions
stratégiques de la firme et avoir la haute main sur
les finances de la plus grande entreprise tchèque.
Aux recettes procurées par les ventes des distributeurs régionaux devraient s’ajouter celles
provenant de l’offre de 15-16 % des parts de l’Etat
(qui détient 67 % de CEZ) sur une place étrangère. CEZ a aussi des visées sur le monopole
slovaque SE. Si cette « fusion tchéco-slovaque »
dans le secteur énergétique se réalisait (dix ans
après la partition), CEZ-SE passerait de la 11
e à
la 8
e place parmi les entreprises européennes de
son profil et sa privatisation deviendrait plus
coûteuse et plus délicate
[16].
● Réduire le déficit budgétaire,
un exercice périlleux
Si le déficit budgétaire pour l’exercice 2002 n’a
pas dépassé les 45,7 milliards de couronnes
(1,4 milliard d’euros), contre 46,2 milliards
prévus, ce fut grâce à l’augmentation des recettes
provenant des impôts indirects consécutive à la
hausse de la consommation et aux confortables
revenus des privatisations. Pour 2003, les prévisions tablent sur un déficit de 7,9 % du PIB, y
compris le prêt de la BEI pour réparer les dégâts
des inondations et le paiement de l’indemnité à
la société américaine CME (voir
supra). Dès le
mois de juin, les ministères ont reçu des consignes
leur enjoignant de réaliser des économies de
20 milliards de couronnes (612 millions d’euros)
en 2004. Les revenus tirés des privatisations
s’amenuisent et le problème budgétaire pourrait
fragiliser la coalition. En effet, l’encadrement des
dépenses, avec la fixation d’un plafond pour les
trois années à venir, afin de ramener le déficit à
3,7 % du PIB en 2006, devrait toucher la défense,
l’agriculture, l’éducation, la recherche et le
développement régional et local, ce qui suscite
des réactions amères de la part des ministres
concernés et est annonciateur de grèves pour
l’automne 2003. Pour leur part, les ministres, au
lieu de suggérer des économies, sont davantage
enclins à demander des rallonges : ils ont ainsi
fait des propositions, qui auraient pour résultat
de gonfler l’enveloppe budgétaire de près de
35 milliards de couronnes (1,2 milliard
d’euros)
[17].
● La réforme des finances
publiques : un chantier
à risques
La nomination, en 2002, de B. Sobotka au ministère des Finances a donné un coup d’accélérateur à la réforme des finances publiques que
V. Spidla veut voir réalisée avant l’entrée du pays
dans l’UE. Son projet (douze lois) est mal perçu
au sein même de son propre parti, le CSSD. Déjà,
un député, le jugeant incompatible avec le
programme électoral, a quitté le groupe parlementaire pour rejoindre les indépendants, mettant en
cause la fragile majorité au Parlement. D’autres,
se situant à la gauche du CSSD, seraient même
prêts à faire tomber ce gouvernement de coalition
à l’automne 2003. Les « petits » alliés de la
coalition seront ainsi mis à rude épreuve, et les
communistes pourraient alors être en mesure de
faire pencher la balance.
Parmi les propositions annoncées dès 2002,
figurait une réduction de 6 à 7 % du nombre
d’employés de l’Etat et des services publics, soit
près de 34 000 personnes sur un total de 484 000.
L’enseignement, l’armée et la gestion des
finances publiques seront les plus touchés. La
refonte du système des pensions de retraite, en
débat depuis l’automne 2002, consiste dans le
relèvement de l’âge de la retraite à 62 ans pour
les hommes et à 57-61 ans pour les femmes d’ici
à 2006, la réduction du nombre d’années d’études
prises en compte dans le calcul des annuités, la
baisse du taux de remplacement par la pension
(il passerait en moyenne de 42,3 % du salaire à
40,2 % en 2006), l’autorisation sans limitation
de cumuler une pension et la rémunération d’un
emploi. Ces propositions font hurler l’opposition :
l’ODS accuse le gouvernement « de faire les
poches » des citoyens, et les communistes lui
reprochent de défendre plus les intérêts des
banques que ceux de son électorat. Les syndicats,
annoncent une série d’actions et une manifestation unitaire dans la capitale pour septembre 2003.
Face aux contraintes budgétaires, le gouvernement doit dénicher des sources de revenus
supplémentaires. Par exemple, les Douanes
effectuent des raids sur les marchés dans les
régions frontalières ; les pertes liées à la contre-bande sont estimées à 15 milliards de couronnes,
soit 460 millions d’euros (10 milliards rien que
pour les articles textiles et les chaussures). Il est
question, par ailleurs, de créer une police financière pour éradiquer la fraude fiscale évaluée à
20-30 milliards de couronnes (612-918 millions
d’euros) par an rien que sur la TVA. Sur les
quelque 222 000 firmes, y compris unipersonnelles, 158 000 ne paient pas d’impôts
[18].
Après les compagnies de chemins de fer, c’est au
tour de l’armée de renflouer le budget en vendant
ses actifs immobiliers et fonciers, évalués à plus
de 5 milliards de couronnes (153 millions
d’euros).
La commercialisation de la dette soviétique
représente une autre source de revenus. A l’origine, la Russie devait à la République tchèque
3,6 milliards de dollars. En 2001 la firme tchèque
Falcon a racheté 2,5 milliards de dollars de cette
dette pour 22 % de son montant nominal et elle
est sur les rangs pour acquérir la somme restante
en 2003, moyennant une décote de 70 %. Profiteront de cette opération l’Institut d’astrologie de
l’Académie des sciences, qui pourra mettre en
orbite, grâce à un lanceur russe, son satellite
d’observation « Mimosa », et l’armée tchèque
qui va se doter de certains matériels : environ
400 millions de dollars ont été dégagés à cet
effet dès avril 2002. Mais la Russie tarde à
donner son accord. Un grave différend sur la
qualité des matériels russes livrés en 2002 (des
hélicoptères Mi-35) a opposé les experts militaires des deux pays et, dès lors, les autorités
russes veulent prendre le temps nécessaire pour
étudier ce dossier. L’armée tchèque souhaite
notamment des avions gros-porteurs Antonov-70. Mais, ces derniers étant construits en
Ukraine, les Russes les verraient bien remplacés
par leurs IL-76
[19].
Un niveau de vie
satisfaisant, mais...
Le centre de recherches sociologiques de l’Académie des sciences a procédé en 2002 à une vaste
étude sur le niveau de vie des ménages tchèques,
dont les résultats ont été publiés au début de l’été
2003
[20]. Il en est ressorti que 38 % des foyers
jugent leur niveau de vie satisfaisant, contre 18 %
qui sont insatisfaits. Seuls 5 % des ménages
s’estiment riches et 44 % considèrent leur niveau
de vie comme ni bon, ni mauvais. A la question
portant sur l’existence éventuelle de difficultés
financières, 54 % des foyers admettaient en
connaître ponctuellement et 10 % se classaient
directement dans la catégorie des pauvres, mais
90 % disaient parvenir à assumer sans trop de
difficultés les dépenses d’alimentation, d’habillement et de logement. La proportion de familles
se déclarant « pauvres » demeure stable depuis
plusieurs années, aux environs de 10 %. Il s’agit
principalement de ménages où les deux conjoints
sont au chômage et de familles monoparentales.
La consommation des ménages tchèques continue
à tirer la croissance. Le recours au crédit a le vent
en poupe et, selon les milieux bancaires, il reste
une marge : le risque d’insolvabilité, de 15 % pour
les encours de crédit en général, est seulement de
6 % pour ceux accordés aux ménages. Malgré le
boom des crédits à la consommation (+ 12 %) et
des prêts pour l’acquisition d’un bien immobilier
(+ 14 %), les pays tchèques restent encore loin
du niveau moyen européen. La peur de s’endetter
en est sans doute la raison, mais elle s’estompe
toutefois chez les plus jeunes.
D’après cette étude, l’évolution des salaires
présente une différenciation de plus en plus forte
selon les régions et selon l’importance de la ville
où s’exerce l’activité. Si le salaire moyen mensuel
était en 2002 au niveau national de 15 890
couronnes (486 euros), il se situait autour de
20 000 couronnes (612 euros) à Prague, de 15 750
couronnes (482 euros) en Bohême centrale et de
13 430 couronnes (410 euros) en Moravie
centrale. Par exemple, selon le lieu, une secrétaire peut percevoir de 14 000 à 22 000 couronnes
par mois (428 à 673 euros). C’est dans les firmes
étrangères que les salaires sont les plus élevés,
mais les hausses y sont moins fortes qu’ailleurs.
Enfin, à degré de compétence et d’instruction
égal, une femme reçoit toujours une rémunération d’environ un tiers inférieure à celle de son
collègue masculin. Les hommes occupent 92 %
des postes à haute responsabilité. Les inégalités
de traitement entre les sexes sont les plus criantes
dans le secteur de la banque et des assurances,
avec des différences pouvant atteindre 50 %.
Seules les professions les moins bien rémunérées
donnent l’impression d’être plus égalitaires
[21].
La situation de l’emploi est préoccupante : le taux
de chômage a atteint, en janvier 2003, un chiffre
record depuis 1989, à savoir 10,2 %, contre 9,4 %
un an auparavant. Les projections des autorités
font état d’une nouvelle dégradation au cours du
second semestre de 2003, le taux devant s’élever
à 10,5 % en décembre. D’après des sondages
récents, depuis 1989, plus de 26 % de la population active a été confrontée au chômage, dont 9 %
de manière répétée. Dans cinq districts du Nord,
le taux de chômage reste inexorablement situé
entre 15 et 23 %. Le ministre des Affaires sociales,
Z. Skromach, a fixé quelques priorités : supprimer
les indemnités versées automatiquement aux
étudiants arrivant sur le marché du travail, au
bénéfice des demandeurs d’emploi de plus de
50 ans ; faciliter la création d’entreprises par les
sans-emploi et majorer de 10 % l’allocation
chômage
[22].
Le marché du travail tchèque n’échappe pas à la
tendance perceptible dans toute l’Europe : le
manque de spécialistes dans certaines professions
du fait d’une évolution démographique très
défavorable. En effet, les projections démographiques évoquent, pour 2030, un manque de
420 000 personnes par rapport aux besoins de
l’économie. Pour le moment, plus de 100 000
étrangers travaillent légalement dans les pays
tchèques, mais généralement ils n’ont pas la
formation adéquate. Aussi le ministère des
Affaires sociales a-t-il lancé en 2002 une étude
afin de déterminer de quels spécialistes le pays
avait besoin et d’où il serait souhaitable de les
faire venir. Trois pays sont prospectés : la
Bulgarie, la Croatie et le Kazakstan
[23].
2002
15 janvier
Dans une interview publiée par le magazine autrichien Profil, le Premier ministre, M. Zeman,
justifie l’expulsion des Allemands en 1945, en
rappelant qu’ils avaient été « la cinquième colonne
d’Hitler ». C’est la réponse officielle à la
campagne menée en Autriche depuis l’été 2001
par le parti populiste de J. Haider pour l’abrogation des décrets Benes de 1945.
30 janvier
La polémique autour du mode d’élection du chef
de l’Etat tchèque, entamée depuis plusieurs mois,
semble s’apaiser avec la déclaration de V. Havel
en faveur du suffrage universel. Le chef de l’Etat
va ainsi dans le sens de l’opinion publique, favorable à 80 % à ce mode de scrutin.
5 février
La « Coalition des Quatre » (vainqueur lors des
élections sénatoriales en 2000) éclate à cause de
conflits internes. A l’origine de la crise, une dette
de 70 millions de couronnes (2,1 millions d’euros)
que le parti de l’Alliance démocratique civique
(ODA) a contractée à l’égard de la Caisse
d’épargne et l’existence d’un sponsor douteux qui
a offert près de 6 millions de couronnes (184 000
euros) pour la campagne de 1998.
1er mars
En signe de protestation contre les propos tenus
par le chef du gouvernement hongrois, V. Orban,
sur l’incompatibilité des décrets Benes avec la
législation européenne, M. Zeman, comme son
homologue slovaque, M. Dzurinda, refuse de
participer au sommet du groupe de Visegrad
devant se tenir en Hongrie.
31 mai-1er juin
Le Président V. Havel participe au sommet de
l’Initiative centre-européenne, à Bled en Slovénie.
Cette neuvième rencontre annuelle des chefs
d’Etat des pays membres a été placée sous le signe
de « L’Europe centrale-lien dans une Europe en
voie d’intégration ». Des questions relatives à la
coopération régionale (visas, transports…) y sont
abordées.
14-15 juin
Elections législatives (voir les résultats cidessous).
18 juin
Vladimir Spidla est chargé de former le nouveau
gouvernement.
5 juillet
Les sociaux-démocrates, les chrétiens-démocrates
et les unionistes trouvent un consensus sur le
programme du nouveau gouvernement et la
répartition des postes ministériels (11 pour les
sociaux-démocrates et 6 pour les partis de centre
droit), ainsi que sur les six vice-présidences de la
Chambre basse du Parlement, qui reviennent à
tous les partis représentés, donc, entre autres, aux
communistes.
19-21 septembre
Voyage officiel de V. Havel aux Etats-Unis. Au
programme, la préparation du sommet de l’Otan
à Prague.
22 octobre
Le konzern autrichien OMV confirme son intérêt
pour la holding pétrochimique tchèque Unipetrol,
dans le cadre du développement de ses activités
centre-européennes. Le gouvernement Spidla
avait auparavant annulé la vente effectuée, par le
précédent gouvernement, de 63 % des parts
d’Unipetrol au groupe financier et industriel
tchèque, Agrofert. Les autres candidats à cette
privatisation sont Rotch Energy (Grande-Bretagne),
MOL (Hongrie), PKN Orlen (Pologne).
25-26 octobre
Premier tour des élections sénatoriales partielles.
La participation n’est que de 24,1 % et un seul
sénateur est élu, le magnat de la presse
V. Zelezny, que l’immunité parlementaire
protégera désormais des poursuites judiciaires
engagées à son encontre.
1er -2 novembre
• Second tour des élections sénatoriales partielles
(voir les résultats ci-dessous). La coalition de
centre gauche au pouvoir perd la majorité au profit
du Parti démocrate civique (ODS) de V. Klaus et
des indépendants.
• Elections municipales avec un taux de participation de 43,4 %. Le Parti démocrate civique
(ODS) et les candidats indépendants (ou associatifs ainsi que ceux des partis non parlementaires) en sortent vainqueurs. L’ODS gagne la
majorité des sièges dans les grandes villes
(Prague, Brno, Ostrava), tandis que les indépendants remportent plus de la moitié des 62 494
mandats dans les petites villes et les villages.
21-22 novembre
Sommet de l’Otan à Prague. Sept anciens pays
d’Europe centrale et orientale (Lettonie, Estonie,
Lituanie, Roumanie, Bulgarie, Slovaquie et
Slovénie) sont invités à rejoindre les 19 membres
de l’Alliance. Près de 1 600 agents des forces de
sécurité américaines sont dépêchés sur place en
renfort de 11 000 Tchèques, tandis que l’US Air
Force est chargée de la protection de l’espace aérien.
5 décembre
La presse révèle l’existence d’un document de
première importance préparé par l’administration
tchèque pour la commission de Bruxelles : en
douze ans, l’aide de l’Etat aux banques nationales
s’est élevée à 500 milliards de couronnes
(15,3 milliards d’euros).
2003
15 et 24 janvier
Les deux Chambres du Parlement tchèque ne
parviennent pas à désigner le nouveau chef de
l’Etat. V. Klaus est arrivé en tête à l’issue des
deux premiers tours, mais il n’a pas obtenu une
majorité suffisante. Le 28 janvier, des intellectuels et personnalités tchèques lancent une
pétition pour une élection du président de la
République au suffrage universel direct, idée
soutenue par le Président sortant, V. Havel.
2 février
Expiration officielle du second mandat de Vaclav
Havel. Son successeur n’étant pas encore élu, le
Premier ministre et le président du Sénat assurent
l’intérim.
28 février
Au troisième tour de scrutin, Vaclav Klaus
(61 ans), candidat du Parti démocrate civique
(ODS) et président de la Chambre basse du
Parlement de 1998 à 2002, est élu par une courte
majorité (142 voix sur 280) à la magistrature
suprême. Les communistes ont contribué à sa
victoire et infligé un revers cuisant au candidat
de la coalition, Jan Sokol (philosophe, chrétien
et ex-dissident, qui prônait notamment une
« vraie » réconciliation avec l’Allemagne et les
expulsés de 1945).
7 mars
V. Klaus prend officiellement ses fonctions de
chef d’Etat. L’une de ses premières décisions est
de refuser une amnistie en faveur des détenus.
28 mars
Alors que V. Havel avait signé, à titre personnel,
fin janvier, la « Lettre des Huit » soutenant la
coalition américano-britannique face à l’Irak,
l’ambassadeur américain est convoqué par
V. Klaus. La presse rapporte la « vive altercation »
survenue entre les deux hommes et l’opposition
ferme du Président de voir figurer son pays dans
la liste des Etats soutenant la coalition en Irak.
30 mars
Congrès du principal parti de la coalition au
pouvoir, le CSSD. Les sociaux-démocrates
adoptent une résolution qui condamne la guerre
en Irak, plus sévère que celle émanant du
gouvernement tchèque.
21 avril
L’ambassadeur des Etats-Unis, C. Stapleton, dans
une interview accordée à The Prague Post juge
insultante la résolution du congrès du CSSD et
irrecevables les prises de position du président
Klaus contre la guerre en Irak.
28 mai
Le gouvernement donne son feu vert à l’envoi de
400 militaires en Irak dans le cadre de la force de
stabilisation en voie de création. Ceux-ci seront
affectés principalement à un hôpital militaire et à
une unité devant assurer sa protection ; s’y ajouteront 50 policiers militaires et 15 médiateurs
chargés de la coopération entre militaires et
populations civiles.
9 juin
Deux investisseurs étrangers déclarent leur intention de reprendre la construction de la plus grande
plate-forme de réparation et d’entretien des avions
commerciaux Boeing. Entamé en novembre 2002
à Ostrava-Mosnov (Moravie du Nord) par la firme
islandaise European Central Aviation (ECA), ce
chantier fut interrompu, car cette dernière voulait
obtenir pour le financer des subventions de l’Etat.
Il aurait dû être achevé en août 2003 et, dès lors,
assurer la réparation de quelque 100 appareils par
an.
14-15 juin
Référendum sur l’adhésion à l’UE. Avec un taux
de participation de 54 %, les Tchèques se
prononcent à 77 % en faveur de l’adhésion, contre
23 % (le « non » ayant remporté des pourcentages
plus élevés dans les régions frontalières).
23-25 juin
Première visite de travail privée du président
Klaus aux Etats-Unis, à l’occasion du Forum
mondial de Beaver Creek (Colorado). Rencontre
avec le vice-Président, D. Cheney, afin de dissiper
les malentendus sur la position tchèque à l’égard
de l’intervention en Irak.
26 juin
La police tchèque confirme l’information livrée
par The Guardian, selon laquelle elle avait mené
une enquête sur des tentatives de corruption dans
l’affaire de l’achat des avions Gripen de BaE-SaaB. Par contre, elle refuse de confirmer l’existence de preuves mettant en cause deux partis et
deux hommes politiques tchèques.
27 juin
La Cour d’appel relaxe définitivement deux
dignitaires du régime communiste âgés de 80 ans
(J. Lenart et M. Jakes) et accusés de haute trahison,
pour des faits commis lors de l’entrée dans le pays
des troupes du Pacte de Varsovie en 1968. Depuis
1990, seuls trois hauts fonctionnaires ont été
condamnés sous ce chef d’accusation.
Principales formations
politiques
Coalition gouvernementale :
-
CSSD Parti social-démocrate
-
KDU–CSL Union démocrate-chrétienne/Parti
du peuple tchécoslovaque
-
US-DEU Union pour la liberté - Union démocratique
ODS Parti démocrate civique
KSCM Parti communiste tchèque et morave
ODA Alliance civique démocratique
Résultats des dernières
élections
● Election présidentielle
Vaclav Klaus a été élu le 28 février 2003 au
suffrage indirect par les deux Chambres du
Parlement. Il aura fallu au total trois tours de
scrutin (avec à chaque fois trois votes) pour
départager les 12 candidats en lice.
Prochaine échéance présidentielle : 2008
● Elections législatives
Elections à la Chambre des députés des 14 et
15 juin 2002
Taux de participation : 58 %.
% des voix Nombre de sièges
Parti social-démocrate
(CSSD) 30,2 70
Parti démocrate
civique (ODS) 24,5 58
Parti communiste
tchèque et morave
(KSCM) 18,5 41
Coalition (KDU/CSL-US-DEU) 14,3 31
Autres (non représentés) 12,5 0
Total 100,0 200
Note : le seuil d’éligibilité est de 5 % pour un parti politique
et de 10 % pour une coalition.
Prochaines échéances législatives : 2006
Elections au Sénat* des 25 et 26 octobre 2002
Taux de participation : 24,1 % au premier tour,
32,6 % au second.
Nombre de sièges
ODS 26
CSSD 11
KDU-CSL 14
US-DEU 9
ODA 5
KSCM 3
Indépendants 13
Total 81
* Le tiers des 81 sièges est renouvelé tous les deux ans.
Prochain scrutin partiel : octobre 2004
Composition
du gouvernement
(au 30 juillet 2003)
- Premier ministre : Vladimir Spidla (CSSD)
- Vice-Premiers ministres :
- chargé de la législation et ministre de la Justice :
Pavel Rychetsky (CSSD) (démissionnaire en
juillet 2003)
- chargé des Affaires étrangères et de l’Intégration européenne : Cyril Svoboda (KDU-CSL)
- chargé de l’Intérieur : Stanislav Gross (CSSD)
- chargé de l’Informatisation : Petr Mares (US)
- Finances : Bohuslav Sobotka (CSSD)
- Défense : Miroslav Kostelka (sans parti)
- Transports et Communications : Milan
Simonovsky (KDU-CSL)
- Agriculture : Jaroslav Palas (CSSD)
- Environnement : Libor Amrozek (KDU-CSL)
- Santé : Marie Souckova (CSSD)
- Education, Jeunesse et Sports : Petra Buzkova
- CSSD)
- Culture : Pavel Dostal (CSSD)
- Développement régional et local : Pavel Nemec
- US)
- Industrie et Commerce : Milan Urban (CSSD)
- Travail et Affaires sociales : Zdenek Skromach
- CSSD)
- Information : Vladimir Mlynar (US)
·
Ouvrages
·
Geneviève Even-Granboulan, Vaclav
Havel. Président philosophe (Préface de
Paul Ricoeur), Editions de l’Aube, Paris,
2003,350 p.
·
Cesky statisticky urad, Statistical Yearbook
of the Czech Republic 2001, Scientia, Prague,
2002,795 p. (en tchèque et en anglais).
·
Tomas Kostelecky, Political Parties after
Communism. Developments in East-Central
Europe, Woodrow Wilson Center Press,
John Hopkins University Press, 2002,213 p.
·
Jiri Vecernik, Petr Mateju (dir.), Ten Years
of Rebuilding Capitalism : Czech Society
after 1989, Academia, Prague, 1999,260 p.
·
Revues
·
Walter Gorrupi, « Economic Situation in
2002 and Perspectives for 2003 in Centraland South-Eastern Europe », [Czech
Republic pp. 33-45], East European Politics
and Societies, vol. 17, n° 3, été 2003,
pp. 483-532.
·
Lubos Komarek and Martin Melecky,
« Currency Substitution in a Transitional
Economy with an Application to the Czech
Republic », Eastern European Economics,
vol. 41, n° 4, juillet-août 2003, pp. 72-99.
·
Petr Pavlinek, « Transformation of the Czech
Automotive Components Industry through
Foreign Direct Investment », Eurasian
Geography and Economics, vol. 44, n° 3,
avril-mai 2003, pp. 184-209.
·
Jean Picq, « Vaclav Havel, l’écriture et
l’éthique », Etudes, avril 2003, pp. 505-514.
·
Shale Horowitz and Martin Petras, « Pride
and Prejudice in Prague : Understanding
Early Policy Error and Belated Reform in
the Czech Economic Transition », East
European Politics and Societies, vol. 17,
n° 2, printemps 2003, pp. 231-265.
·
« Pavel Rychetsky, vice-Premier ministre
tchèque. A propos de la justice et de la
législation » (interview), Le courrier des
pays de l’Est, n° 1031, janvier 2003, pp. 80-83.
·
Vaclav Havel, « Ce n’est qu’un au revoir… »,
Politique internationale, n° 98, hiver 2002-2003, pp. 17-32.
·
Jaroslav Blaha, « Projets tchèques pour les
transports. Comment s’intégrer aux flux
transcontinentaux ?», Le courrier des pays
de l’Est, n° 1029, octobre 2002, pp. 28-37.
·
Claire Madl, « Prague après les inondations.
Des dommages irréversibles pour les bibliothèques », Le courrier des pays de l’Est,
n° 1028, septembre 2002, pp. 78-80.
·
Jaroslav Blaha, « République tchèque.
Toujours social-démocrate et en bonne
forme », in « Europe centrale et orientale
2001-2002. Une croissance pérenne, un jeu
politique rodé, des sociétés désenchantées »,
Le courrier des pays de l’Est, n° 1026, juinjuillet 2002, pp. 159-174.
·
Jonathan A. Terra, « Political Parties, Party
Systems and Economic Reforms : Testing
Hypotheses Against Evidence from
Postcommunist Countries » [Poland, Czech
Republic], Czech Sociological Review,
vol. 38, n° 3, été 2002, pp. 277-295.
·
Tomas Sirovatka, « Opinions of Czechs
about the Welfare State », Czech Sociological Review, vol. 38, n° 3, été 2002,
pp. 327- 344.
·
Jan Spousta, « Changes in Religious Values
in the Czech Republic », Czech Sociological
Review, vol. 38, n° 3, été 2002, pp. 345-363.
·
Economist Intelligence Unit, Country
Report (trimestriel) Country Profile
(annuel), « Czech Republic ».
[(1)]
S. Kotrba, « Klausova sance » (La chance de Klaus),
Britske Listy, 3 mars 2003.
[(2)]
Economist Intelligence Unit,
Country Report, « Czech Republic », avril 2003, p. 18.
[(3)]
La Cour suprême qui se réunira en séance plénière devra se prononcer sur une interprétation unique de la loi par
les tribunaux dans les affaires concernant les biens confisqués. Pour l’instant les tribunaux de première instance ont
le choix entre deux solutions : soit appliquer la loi sur les restitutions, texte spécialement conçu à cet effet, soit juger
selon le Code civil sur la base d’une plainte pour déterminer le propriétaire d’un bien. Le verdict de la plus haute
instance va ouvrir la voie au règlement des cas de confiscation survenus entre le 25 février 1945 et 1989.
[(4)]
L’expertise du professeur J. Frowein de l’Institut de droit comparé Max Planck (Allemagne) demandée par le
Parlement européen, ainsi que celle effectuée pour le compte du gouvernement fédéral allemand ont conclu que les
décrets incriminés ne représentaient pas un obstacle à l’adhésion. Le Parlement s’est incliné devant ses conclusions,
malgré les expertises contradictoires du ministre-président bavarois, E. Stoiber, et du député B. Posselt, haut
responsable au sein des associations d’expulsés, qui évoquaient « un génocide » et demandaient l’annulation des
décrets comme un préalable à l’adhésion.
[(5)]
V. Zak « Kdyz schazi odvaha » (Lorsque le courage manque),
Euro, n° 30,2003, pp. 30-35 ; « Minulost jako
koule na noze » (Le passé est un boulet),
Ekonom, n° 24,2003 ;
Pravo, 10 juin 2003.
[(6)]
Pravo, 26 juin 2003.
[(7)]
V. Spidla, « Boj s klientelismem nekonci » (La lutte contre le clientélisme n’est pas finie),
Pravo, 4 août 2003.
[(8)]
Voir les détails dans J. Blaha, « République tchèque 1999-2000. Un jeu politique complexe en attendant l’embellie »,
Le courrier des pays de l’Est, n° 1006, juin-juillet 2000, pp. 147-163.
[(9)]
La présence de ces 19 fonds d’investissements dans les paradis fiscaux est intimement liée à la participation de
Nomura aux privatisations des brasseries tchèques en 1996-1997, (elle avait acquis trois brasseries avant de les
revendre). Cette dernière accuse l’Etat tchèque d’avoir prêté main forte à la banque CSOB lors de la prise de
contrôle de la banque IPB en faillite. Un arbitrage est en cours.
[(10)]
. V. Kozeny avait promis de multiplier par dix les gains des 250 000 actionnaires de ses fonds lors de la
privatisation par coupons, mais ceux-ci n’auraient jamais reçu la moindre somme. De plus, en 1995-1997, alors
qu’il dirigeait la holding industrielle Harvard, il a transféré vers des paradis fiscaux des actifs industriels et financiers,
avant de procéder à une liquidation frauduleuse en 1997 et de fuir le pays. Les justices américaine et anglaise ont
mis sous séquestre les biens de V. Kozeny, à la suite d’une plainte d’investisseurs américains spoliés par ce dernier
de 300 millions de dollars lors de la privatisation par coupons en Azerbaïdjan.
[(11)]
Economist Intelligence Unit,
Country Report « Czech Republic », avril 2003, pp. 29-30.
[(12)]
Lidové Noviny, 10 octobre 2002 ;
Pravo, 4 août 2003.
[(13)]
Industrie et commerce tchèques, n° 5-6,2003. La répartition sectorielle des investissements étrangers a été la
suivante en 2002 : transports et télécommunications : 50 %, industries manufacturières, notamment celles des
moyens de transports et du cuir : 20 %, banques et assurances : 15 %.
[(14)]
Le numéro un, Prazdroj S.A., fait partie du groupe multinational sud-africain SABMiller plc, deuxième brasseur
mondial après Anhauser Bush. La filiale tchèque (qui comprend quatre marques et une production sous licence en
Slovaquie) est le premier groupe régional en Europe centrale et orientale. Le belge Interbrew possède les Brasseries
de Prague.
[(15)]
Euro, 14 juillet 2003 ;
Lidovky, 30 juillet 2003.
[(16)]
Euro, n° 28,2003. La première tentative de privatiser CEZ en 2001 a attiré des grandes sociétés européennes.
Mais elles ont toutes refusé de payer les 200 milliards de couronnes (6,1 milliards d’euros) que demandait le
gouvernement de M. Zeman, jugeant par ailleurs les conditions exigées démesurées. Seule EdF aurait proposé
213 milliards, mais en échange d’un assouplissement des conditions et de l’obtention de garanties d’Etat pour la
filière nucléaire tchèque.
[(17)]
Pravo, 7 et 30 juillet 2003. Montant maximal du déficit budgétaire adopté par le gouvernement (hors dépenses
liées aux « dettes de la transformation », à savoir les dégâts écologiques, les créances douteuses dans les portefeuilles
des banques privatisables, etc.) : 2004,83 milliards de couronnes (2,5 milliards d’euros), 2005,75 milliards
(2,3 milliards), 2006,60 milliards (1,8 milliard). Les ventes de la compagnie d’électricité CEZ et de la brasserie
d’Etat Budvar ont été reportées. Reste à trouver des solutions de financement pour le Fonds d’Etat pour l’infrastructure
des transports (15 à 20 milliards de couronnes par an, soit 460 à 600 millions d’euros) et pour les « dettes de la
transformation », principalement au titre des dommages écologiques (70-80 milliards de couronnes, 2,1-2,4 milliards
d’euros). Si les recettes de privatisation obtenues par le Fonds de la propriété nationale sont insuffisantes, le
financement de ces deux postes devra être inscrit au budget.
[(18)]
Rapport de la Cour des comptes (NKU) rendu public en février 2003.
[(19)]
Euro, 21 et 23 juillet 2003.
[(21)]
Office tchèque de la statistique (CSU),
Zeny a muzi v datech (Femmes et hommes en chiffres), Prague, 2003.
[(22)]
Pravo, 19 mars, 25 mai et 8 août 2003.
[(23)]
Pravo, 28 juillet 2003. Ce projet d’incitation à l’immigration, qui s’adresse aux citoyens des pays cités, aussi
bien qu’aux résidents temporaires en pays tchèques, est testé sur 300 candidats en 2003 et devrait concerner
1 400 personnes en 2004. Il s’adresse aux moins de 43 ans, diplômés, possédant les connaissances linguistiques
requises. Le fait d’avoir des enfants mineurs (trois au maximum) sera considéré comme un atout. En cas d’acceptation
de la candidature, le délai d’obtention d’un permis de séjour permanent passera de 10 ans à 2 ans et demi. Le visa,
le voyage, la recherche d’un l’emploi et d’un logement sont à la charge du candidat. Celui-ci ne bénéficiera d’aucun
avantage social, tout au plus d’indemnités pendant un mois, en cas de licenciement économique. Devant les craintes
exprimées ici et là, le ministre en charge du dossier a assuré que ce projet « ne s’adresse qu’aux individus actifs et
capables de se prendre en charge, ce qui exclut toute éventualité qu’ils soient à la charge de la collectivité ».