Le Courrier des pays de l'Est
La Doc. française

I.S.B.N.sans
256 pages

p. 173 à 189
doi: en cours

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n° 1036-1037 2003/6-7

2003 Le Courrier des Pays de l’Est

Roumanie 2002-2003

Un parcours encourageant, mais parfois sinueux

Edith Lhomel La Documentation française. Manuscrit clos en septembre 2003.
Une consolidation macroéconomique encourageante, une situation politique bien en main, une adhésion à l’Otan désormais acquise, une perspective d’intégration à l’Union européenne d’ici à 2007 clairement réaffirmée par Bruxelles sont autant de preuves tangibles d’un engagement irréversible de la Roumanie vers des réformes radicales et une intégration pleine et entière aux structures euro-atlantiques. Certes, l’alignement sans nuance des autorités roumaines sur les Etats-Unis dans la croisade entreprise par ceux-ci contre le terrorisme international qui s’est concrétisé par un soutien très actif à l’administration Bush lors de la guerre en Irak (ouverture d’une base à Constanta, envoi de soldats roumains en Afghanistan, puis en Irak) a engendré, durant un temps, un certain malaise dans les relations avec plusieurs des Etats membres de l’UE, à commencer par la traditionnelle alliée qu’est la France. Mais les principales réserves de la Commission européenne comme, d’ailleurs, de l’administration américaine elle-même, à l’égard de l’évolution politique et économique de la Roumanie sont ailleurs. Elles portent sur l’ampleur de la corruption à tous les échelons administratifs et l’absence de fermeté à l’égard des entreprises publiques débitrices, ceci expliquant pour partie cela. Si l’on y ajoute l’inquiétante désorganisation du secteur agricole, la vacuité du discours politique développé par une élite peu soucieuse de l’intérêt public, la profonde pauvreté de larges couches de la population, il convient de nuancer un bilan jugé globalement positif. A cet égard, si l’entrée dans l’UE en 2007 représente un pari réaliste et mobilisateur, cette perspective ne doit pas laisser escamoter des problèmes plus profonds que les seuls chiffres ne révèlent pas. Encouraging macro-economic consolidation, a well controlled political situation, acceptance to NATO membership, prospects for integrating into the European Union between now and 2007, clearly re-confirmed by Brussels, are tangible proof of Romania’s irreversible engagement for radical reforms and full and complete integration into Euro-Atlantic organizations. Of course its unquestioning acceptance of the United States in its crusade against international terrorism took the form of very active support for the Bush administration during the Iraq war (opening a base in Constanta, sending Rumanian soldiers to Afghanistan and then to Iraq) which, at the time, resulted in a malaise on the part of several countries in the European Union, including her traditional ally, France. However, the European Union’s real reservations, as well those of the American administration, with regard to Rumania’s political and economic development, lie elsewhere. They concern the widespread corruption on all administrative levels and a lack of firmness with regard to indebted public enterprises, the former being partially the cause of the latter. If we add the disquieting disorganization within the agricultural sector, a vacuous political discourse developed by an élite little concerned with public interests, the extreme poverty of large parts of the population, it is necessary to nuance results considered to be generally positive. If EU entry in 2007 is a realistic and encouraging challenge, this prospect should not side-step the more profound problems not revealed by the statistics.
Si l’on s’en tient à l’énoncé des principaux événements qui ont marqué l’année 2002 et le premier semestre de 2003, on conviendra que la Roumanie a enregistré des succès significatifs sur la voie de son intégration aux structures euro-atlantiques et de la consolidation de sa stabilisation macroéconomique. La promesse obtenue au sommet de Prague les 21 et 22 novembre 2002 de devenir membre à part entière de l’Alliance atlantique, celle également confirmée à l’issue du Conseil européen de Thessalonique des 19 et 20 juin 2003 de franchir le seuil de l’Union européenne en 2007, enfin, le dynamisme de sa croissance économique assortie d’un ralentissement continu de l’inflation et d’une relative maîtrise du déficit budgétaire, constituent des acquis tangibles. Mais si la situation générale peut être considérée comme globalement encourageante, certaines réalités incitent néanmoins à la circonspection. La dramatique désorganisation du secteur agricole, l’ampleur de la corruption à tous les échelons de l’appareil administratif, la vacuité du discours politique tenu par une élite peu soucieuse de l’intérêt public, la profondeur de la fracture sociale sont autant de maux pour lesquels il n’existe pas de solutions à court terme. Dès lors, la perspective d’une entrée dans l’UE en 2007, aussi bienvenue soit-elle d’un point de vue politique, peut être considérée à certains égards comme une échéance très ambitieuse. Il semblerait d’ailleurs que Bruxelles, parfois agacée par le volontarisme autant que par le pragmatisme excessif des autorités roumaines dans le domaine de sa politique extérieure, soit déterminée à redoubler de fermeté. Il revient donc au gouvernement d’Adrian Nastase qui, d’ores et déjà, se prépare à affronter en position de force les échéances électorales 2004, de relever le défi.
 
Pro-atlantisme ne rime pas toujours avec intégration européenne
 
 
Pour Bucarest, un nouveau rejet de l’Otan n’était pas politiquement envisageable et le Premier ministre Adrian Nastase n’avait pas hésité quelques semaines avant le sommet de Prague, à mettre son poste en jeu. Après le revers essuyé au sommet de Madrid, le 8 juillet 1997, alors que la Roumanie, de même que la Slovénie, avait été citée parmi les pays « admissibles », celle-ci ne pouvait pas envisager de voir, pour la seconde fois, sa candidature écarter par les membres de l’Alliance. Forte de l’intérêt redoublé des Etats-Unis pour sa situation géo-stratégique au regard d’une situation internationale dominée par la croisade américaine contre le terrorisme, la Roumanie a donc choisi de se ranger, sans hésitation, aux côtés de l’administration Bush au risque de rompre « une solidarité européenne » sérieusement mise à mal par la crise irakienne.
Si ce parti pris, dicté par un souci permanent de sécurité, a jeté un froid momentané entre Bucarest et certains pays membres, à commencer par la France, il n’a pas directement nui au processus d’adhésion à l’Union européenne pour lequel la Roumanie serait prête à brûler les étapes.
● Roumanie-Etats-Unis : l’accord parfait ?
En juillet 2002, quitte à passer aux yeux de Bruxelles pour « un mauvais exemple », le gouvernement roumain était le premier, rapidement suivi par son homologue israélien, à signer avec Washington un engagement visant à accorder aux soldats américains l’impunité totale en soustrayant ceux-ci, en cas de crime de guerre, à la juridiction de la Cour pénale internationale (CPI). Bien que cet accord n’ait pas été ratifié par le Parlement roumain et, qu’en juin 2003, la Roumanie ait fini par s’engager, aux côtés des dix autres futurs pays membres de l’UE, à respecter la position commune adoptée par cette dernière au sujet de la CPI, cette concession n’en fut pas moins fort mal accueillie par la Commission, des pays voisins également candidats, comme la Bulgarie et la Croatie, ayant refusé de céder aux pressions américaines. De même, l’intention affichée de Bucarest d’accepter, là aussi à la demande de Washington − et sous la pression des familles souhaitant adopter des enfants roumains −, de débloquer l’épineux dossier des adoptions que l’UE préconisait de geler jusqu’à ce que la procédure juridique concernée soit clarifiée, témoigne de la volonté du gouvernement roumain de se mettre au mieux avec l’administration Bush. Il fut d’ailleurs l’un des rares à approuver la politique de soutien inconditionnel à la politique répressive du gouvernement Sharon dans les territoires occupés. L’enjeu étant de démontrer tout l’intérêt pour les Etats-Unis d’accueillir au sein de l’Otan cette fidèle alliée, la Roumanie dépêchait, durant l’été 2002, un bataillon de soldats auprès des forces américaines chargées, en Afghanistan, de combattre les talibans ; soucieuse, enfin, de concrétiser au plus vite son offre de services en matière d’appui logistique, elle mettait le port de Constanta à la disposition des troupes américaines jusque-là stationnées en Allemagne.
A l’instar de la Hongrie, de la Slovaquie et de la République tchèque, la Roumanie décidait, en février 2003, d’ouvrir son espace terrestre et aérien aux troupes et au matériel militaire américains. En mars, les réticences de la Turquie à servir de base de ravitaillement aux bombardiers américains, alors que Bucarest, pour sa part, s’était jointe, dès le 5 février, aux signataires de la Lettre de Vilnius [1], allaient faire du principal port roumain sur la mer Noire le lieu tout désigné d’une nouvelle base américaine durant la guerre en Irak [2].
Quelques semaines plus tard, quelque 4 000 soldats de l’US Army s’installaient dans la commune de Mihaïl-Kogalniceanu (à quelques kilomètres de Constanta), suscitant quelques réserves dans la population, comme dans la presse [3]. La Roumanie recevait en dédommagement 20 millions de dollars, 15 autres millions destinés à la modernisation de l’armée et enfin 16 millions pour des entreprises roumaines sous forme de prêts. L’espoir de recouvrer ses créances auprès de l’Irak, d’un montant de 1,7 milliard de dollars, ajouté à celui de jouer un rôle dans la reconstruction de ce pays, figurent parmi les raisons avancées par les médias pour étayer ce pro-américanisme zélé auquel l’opinion publique s’est rangée avec une certaine retenue.
Mais l’accueil triomphal qu’avait reçu le Président Bush à Bucarest le lendemain du sommet de l’Otan à Prague, le 23 novembre 2002, ne laisse place à aucune ambiguïté : c’est bien aux Etats-Unis que les Roumains considèrent « devoir » leur statut d’invité à l’Otan qui fera de leur pays un membre de plein droit en mai 2004. Que l’entrée dans l’UE soit, comme cela fut le cas pour l’Otan, présenté comme un dû, voire une réparation au regard de l’Histoire, ou encore comme un passage obligé pour accéder à la « modernité », celle-ci constitue désormais le fil rouge de la politique extérieure roumaine, Bucarest ayant espéré, durant un temps, clore l’intégralité des chapitres à la fin de 2003. Le Conseil européen de Thessalonique de juin 2003 a tranché, pour sa part, pour une échéance plus réaliste (fin 2004), l’essentiel, selon le président de la République, Ion Iliescu, étant effectivement de « finaliser les négociations avant l’expiration du mandat de l’actuelle Commission ».
● Roumanie-Union européenne : des relations plus exigeantes
Le rapport régulier d’évaluation, publié le 9 octobre 2002, ne laisse aucun doute sur la détermination de Bruxelles à se montrer prudente, voire circonspecte, à l’égard d’un pays dont les avancées sur la voie de la reprise de l’acquis communautaire se limitent encore trop souvent à l’adoption de textes juridiques peu suivis d’effets dans la réalité. Si le rapport se veut, comme la majorité des documents de la Commission, très nuancé, l’évaluation n’en reste pas moins critique, voire parfois alarmiste au sujet de l’ampleur de la corruption qualifiée d’« endémique », du manque d’indépendance du pouvoir judiciaire, de la propension excessive du gouvernement à légiférer par ordonnances plutôt qu’à respecter le temps nécessaire au débat parlementaire, des entraves à la liberté de la presse. Certes, les progrès accomplis dans des secteurs précis, comme la protection des droits des minorités ou de l’enfance (avec une baisse sensible des enfants placés en institution au profit de placements dans des familles) ou encore la démilitarisation de la police (avec, en août 2002, une nouvelle loi sur le statut des policiers) passent pour encourageants. Mais le « penchant » des autorités roumaines à légiférer à l’excès sur des sujets mineurs en négligeant de débattre de l’essentiel − comme dans le cas de la réforme de la fonction publique − et leur étonnante capacité à produire des plans d’action et des documents de stratégie nationale, exemplaires dans la forme, sans que ceux-ci reposent sur une évaluation (notamment chiffrée) des besoins comme des conséquences, pourraient risquer d’amoindrir fortement le sens et la portée de cette phase de préparation.
Le risque se confirme lorsque, s’agissant de la mise en oeuvre des trois instruments financiers de pré-adhésion (soit un montant total annuel de 650 millions d’euros de crédits non remboursables), plus précisément de Phare [4] et d’Ispa, le rapport souligne les carences des organismes responsables de la programmation, de la gestion et du contrôle des fonds. Il précise en outre que, dans le cas de Phare, le niveau des appels d’offres et des passations de marchés a été considérablement inférieur au volume des nouveaux crédits engagés durant l’année 2002, une sous-utilisation des fonds déjà constatée les années précédentes. Les mêmes insuffisances en matière de capacités institutionnelles sont susceptibles aussi de ralentir la mise en œuvre d’Ispa. Par contre, pour Sapard, programme géré, à l’inverse des deux autres, de façon décentralisée et dont le démarrage au niveau national (avec l’accréditation de l’agence de paiement) fut particulièrement laborieux, le problème de la capacité d’absorption, aux dires de certains officiels roumains, ne se poserait pas ! [5]
Mais, destinés au secteur agricole et au développement rural dont les besoins sont, il est vrai, gigantesques, les financements Sapard ne sont-ils pas susceptibles, au niveau départemental et régional, d’être « captés » plus aisément par des opérateurs, institutionnels notamment, bien introduits et rompus aux arcanes des circuits de financement ? Dès lors, ils échapperaient à la masse des petits bénéficiaires potentiels (à commencer par les agriculteurs), évincés en raison de leur difficulté à élaborer les études techniques requises comme de leurs faibles possibilités de cofinancement .
Rappelons que, conformément à la feuille de route réactualisée aux lendemains du Conseil européen de Copenhague, la Roumanie devrait bénéficier de fonds de pré-adhésion d’un montant total avoisinant 2,8 milliards d’euros durant la période 2004-2006 (soit 860 en 2004,931 en 2005 et un milliard, voire 1,4 en 2006) avec pour objectifs prioritaires l’agriculture, le développement rural, les infrastructures, l’environnement et le renforcement institutionnel, notamment par le biais de jumelages entre administrations. La Roumanie est le pays candidat à bénéficier le plus de cette procédure avec, dans le cadre de Phare 2002, 29 projets de jumelage dans les secteurs de la justice, des finances, de l’environnement, de l’emploi, etc.
Ce dispositif de préparation à l’adhésion bénéficie également d’un soutien de la Banque mondiale qui consacrera, dans les trois prochaines années, 1 milliard de dollars au développement du secteur énergétique et à la réforme de l’administration publique, selon le mémorandum économique négocié entre l’institution financière et les autorités roumaines.
Beaucoup reste à faire en ce qui concerne la reprise de l’acquis communautaire : ouvert le 30 septembre 2002, le chapitre Agriculture (chapitre 7) sera, sur les onze chapitres qui, en août 2003, étaient encore en discussion, un des plus délicats à clore. Il en va de même de celui consacré à la politique régionale et à la coordination des instruments structurels (chapitre 21) ouvert en mars 2002 comme de ceux consacrés à la concurrence (6), à la justice et aux affaires intérieures (24) et à la circulation des personnes (2) ; dans cette perspective, la Roumanie a durci les conditions d’octroi de visas aux ressortissants de pays à fort potentiel migratoire, pour lesquels elle représente un lieu de transit tout désigné vers les pays occidentaux, et a réinstauré le passeport obligatoire pour les ressortissants de Moldavie.
 
Une économie de marché « viable »... mais pas encore « fonctionnelle »
 
 
Qualifiée dans le rapport de l’UE d’économie de marché « viable », alors que l’économie bulgare obtenait le label de « fonctionnelle » et que les Etats-Unis, pour leur part, lui avaient concédé, dès le 10 mars 2003, ce qualificatif plus encourageant [6], elle paraissait, au regard des principaux résultats pour 2002-2003, être en bonne voie vers la stabilisation.
Pour la troisième année consécutive, la croissance, tirée pour l’essentiel par la vitalité de l’investissement (+ 8,3 %), est très nettement positive (+ 3,5 % ainsi que le prévoyait le rapport de la Berd en décembre 2002, contre les 5 % avancés par le gouverneur de la Banque centrale) et son dynamisme, bien qu’il ne soit pas à la hauteur des ambitions officielles initiales, devrait de nouveau se confirmer à l’issue de l’exercice 2003, les prévisions actuelles le situant aux alentours de 4 %. Le ralentissement continu de l’inflation, amorcé en 1998 et qui ne s’est pas démenti depuis, constitue un deuxième motif de satisfaction auquel on peut ajouter la relative maîtrise des grands équilibres, budgétaire − avec un déficit passé de 4,5 % du PIB à 3,9 % en 2002 − et financier puisque le solde négatif de la balance des transactions courantes a été également sensiblement réduit (3,2 % du PIB, contre 5,6 % en 2001), grâce au tonus des exportations et à une nouvelle augmentation des transferts en provenance de l’étranger.


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Principaux indicateurs économiques de la Roumanie 1995-2002 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 PIB(1) (variation en %) 7,1 3,9 - 6,1 - 5,4 - 3,2 1,8 5,3(2) 3,5(2) Production industrielle (variation en %) 9,4 6,3 - 7,2 - 13,8 - 2,2 7,1 8,2 5,9(2) Production agricole (variation en %) 4,5 1,3 3,4 - 7,6 5,5 - 14,1 nd nd Ventes au détail (variation en %) 29,0 15,3 - 12,1 4,1 - 5,0 - 3,8 1,3 1,3(3) Formation brute de capital fixe (variation en %) 6,9 5,7 1,7 - 5,1 - 4,8 4,6 6,6 7,6(4) Taux de chômage officiel (en % des actifs, en décembre) 9,5 6,6 8,8 10,3 11,5 10,5 8,8 8,1 Indice des prix à la consommation (moyenne annuelle, %) 32,2 38,8 154,9 59,3 45,9 45,7 34,5 22,5 Solde budgétaire (en % du PIB) - 3,5 - 5,1 - 5,2 - 5,5 - 3,7 - 4,2 - 3,5 - 2,9(2) Exportations de marchandises (en millions de dollars) 7 910 8 061 8 431 8 302 8 503 10 366 11 385(2) 12 068(2) Importations de marchandises (en millions de dollars) 9 487 10 555 10 411 10 927 9 595 12 050 14 354(2) 14 641(2) Balance commerciale (en millions de dollars) - 1 577 - 2 494 - 1 980 - 2 625 - 1 092 - 1 684 - 2 969(2) - 2 573(2) Balance des transactions courantes (en % du PIB) - 5,0 - 7,3 - 6,1 - 7,2 - 3,8 - 3,7 - 5,6 - 3,2(4) Dette extérieure brute (en % du PIB) 18 24 27 24 27 29 31 33(5) Investissements directs étrangers (en millions de dollars) 417 415 1 267 2 079 1 025 1 051 1 154(2) 1 200(2) (1) Nouvelle méthodologie conforme aux standards européens à partir de 2001 (2) Estimation (3) Janvier-octobre (4) Janvier-septembre (5) Fin septembre. Source : Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et années antérieures ; Berd, Transition Report 2002.
Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et années antérieures ; Berd, Transition Report 2002.

L’essor des exportations, principalement celles à destination de l’UE qui ont augmenté de 20,5 % (soit 67,1 % du total des ventes roumaines), découle de la bonne tenue du secteur industriel (+ 6 %), plus particulièrement de l’industrie manufacturière (+ 7,9 %) qui connaît, grâce aux investissements, modestes mais nombreux, des Italiens, des Allemands, mais aussi des Hongrois attirés par la main-d’œuvre bon marché et les exemptions fiscales réservées aux zones dites défavorisées (ou encore spéciales), un développement continu.
Selon la Chambre de commerce et d’industrie roumaine, sur les 941 000 entreprises créées depuis 1990 − dont 160 000 auraient, depuis, disparu −, 98 % auraient des capitaux entièrement privés et 51 % exerceraient une activité commerciale.
La situation dans l’agriculture (qui occupe 40 % de la population et représente 13 % du PIB) a été, en 2002, particulièrement préoccupante avec un recul de la production de 3,9 %, causé par une terrible sécheresse, qui a obligé les autorités à lancer un programme national de lutte contre ce fléau et la désertification [7]. Mais les aléas climatiques ne sont pas seuls responsables du marasme qui règne dans ce secteur victime, tour à tour, du morcellement excessif des terres, de la privatisation frauduleuse des entreprises d’Etat, de l’absence de financements adaptés et du manque de restructuration du secteur foncier, comme d’une politique de remembrement permettant un accès facilité à la propriété, enfin du vieillissement de la main-d’œuvre agricole. Les autorités roumaines ont ainsi été contraintes, face à une récolte estimée, dans la meilleure des hypothèses, à 3,5 millions de tonnes (contre 4,4 millions en 2002 et 7 millions en 2001) d’importer des quantités non négligeables de céréales (entre 1,5 et 2,3 millions de tonnes) qui viennent s’ajouter aux achats croissants de viande, de lait et de sucre. Bien qu’un nouveau creusement du déficit commercial soit d’ores et déjà prévisible en 2003, cette perspective ne semble pas de nature à remettre en cause la meilleure évaluation financière dont la Roumanie bénéficie à l’issue de l’évolution macroéconomique en 2002-2003. Celle-ci a conduit l’Agence internationale de notation Fitch Ratings à relever la note accordée à la Roumanie pour la dette en devises à long terme la portant à B+ (contre B- précédemment) et à rehausser les cotes de plusieurs banques commerciales, comme la banque Tiriac. L’amélioration de ce climat de confiance est également illustrée par la notation accordée à la Banque commerciale roumaine (BCR), la plus importante de toutes avec 31,1 % de l’ensemble des actifs bancaires, 28,6 % du volume des crédits et 33,3 % du total des dépôts, par l’agence Standard and Poor’s, passée de B- à B.
Les relations France-Roumanie
La France « est une pièce fondamentale... et, après tant de vagues dans les relations transatlantiques, nous espérons que les choses vont se calmer », déclarait en toute franchise le ministre des Affaires étrangères roumain, M. Geoana, en visite à Paris les 7 et 8 avril 2003. Affectées, sur le plan politique, par les différences d’approche concernant l’intervention américaine en Irak, les relations franco-roumaines ne devraient pas souffrir, par contre, sur le plan économique, de ce refroidissement momentané. En 2002, la nouvelle augmentation des échanges commerciaux entre les deux pays n’a cependant pas modifié la place de la France dans le commerce extérieur roumain : 3e partenaire à l’exportation (6,4 % du marché roumain), 4e à l’importation (7,8 % du total des ventes de la Roumanie). Le solde des échanges en faveur de la Roumanie, qui a doublé par rapport à 2001, est imputable, pour l’essentiel, à l’augmentation des produits de l’habillement et du cuir (trafic de perfectionnement passif), tandis que la hausse observée dans les ventes françaises est directement liée à la présence croissante des équipementiers, les produits de l’industrie automobile et les équipements mécaniques représentant un tiers des exportations.
Les investissements français vont en se diversifiant avec l’arrivée, en 2003, du groupe Vinci qui réalisera, dans le cadre d’un partenariat public-privé avec le ministère roumain des Travaux publics, le tronçon routier Comarnic-Predeal. Projet d’un montant d’environ 330 millions d’euros, il fait partie du chantier de l’autoroute Bucarest-Brasov (127,5 km), qui doit être achevé en 2007. Les marques françaises, à commencer par Renault (dont deux modèles sont les plus vendus sur le marché local), Peugeot (qui arrive en troisième position), Carrefour, s’imposent durablement, tandis que des groupes comme Marionnaud, présent par l’intermédiaire des compagnies Ina International et Privilege International Cosmetic, détient 60 % du marché local des cosmétiques. Le groupe Alstom, l’un des premiers à s’être implanté en Roumanie et représenté actuellement au travers de quatre filiales, s’est vu confier en 2003 la maintenance du métro de la capitale pour une durée de quinze ans.
Tandis que le capital français investi en Roumanie est désormais supérieur à 1 milliard d’euros (soit 11 % du total des investissements), les rangs de la communauté française ne cessent de grossir avec, en 2002, la présence de 1 580 expatriés.


IMGIMGLes échanges France – Roumanie, 
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Les échanges France – Roumanie, 2000-2002 (millions d’euros) 2000 2001 2002 Exportations (fob) 822,7 1 027,4 1 121,5 Importations (cif) 905,9 1 112,0 1 293,2 Solde - 83,2 - 84,6 - 171,7 Source : Douanes françaises.
Douanes françaises.

Quant à la dette extérieure, qui a connu une augmentation de près de 30 % en cinq ans pour atteindre, en 2003,15,1 milliards de dollars, elle ne constitue pas, de l’avis unanime des milieux financiers internationaux, un motif de préoccupation.
Les réserves du FMI − qui, à plusieurs reprises en 2002 et 2003, a différé le versement de la 4e et dernière tranche du crédit stand-by actuellement en cours − et de la Banque mondiale portent encore et toujours sur les atermoiements du gouvernement dans le domaine des privatisations ainsi que sur son laxisme en matière budgétaire et fiscale. Ce manque récurrent de détermination à l’égard des réformes structurelles, qui ne sont engagées, au final, que sous la pression extérieure, continue de priver la transition roumaine d’une partie de sa crédibilité comme de sa portée.
Bon an, mal an, pourtant, le dossier des privatisations [8] avance. En témoigne le lancement des négociations sur des dossiers stratégiques, comme celui de la Banque commerciale roumaine (la première du pays, à la cinquième place dans les ex-pays de l’Est) ou encore celui du géant Petrom (avec un volume d’extraction annuel de 6 millions de tonnes de pétrole et de 6 milliards de m3 de gaz, 60 % du marché des carburants pour automobiles, 450 stations-service et... plus de 60 000 salariés), clé décisive de la réforme du secteur énergétique et dont les dettes s’élevaient, à la fin de 2002, à 590 millions de dollars et les créances à 518 millions.
Les arriérés des entreprises qui, selon le FMI, représentaient entre 35 et 40 % du PIB, grèvent toujours le budget, quand bien même le gouvernement a affirmé ne plus admettre un accroissement de leur endettement... à partir du 31 décembre 2001. Mais les dettes en cours demeurent, tandis que les grandes entreprises d’Etat ne règlent toujours pas leurs charges (factures de gaz, d’électricité, etc.). Cette « culture de l’impayé » scandalise les entreprises étrangères − pour leur part, surveillées de près par l’administration fiscale afin qu’elles honorent, rubis sur l’ongle, toutes les taxes exigées −, jette le discrédit sur les efforts accomplis par ailleurs en matière de consolidation budgétaire, entrave les efforts des acteurs économiques privés auxquels s’appliquent des taux d’imposition élevés et dissuasifs, enfin, alimente des réseaux de connivences politiques peu compatibles avec une évolution économique vertueuse.
Dans un effort soudain de transparence, le ministère des Finances publiait sur son site, le 21 mai 2003, le nom des grands contribuables ayant contracté des dettes envers le budget de l’Etat... depuis décembre 2002. Cela représentait, au total, une liste de 519 entreprises avec des dettes d’un montant de 2,15 milliards de dollars, mais où ne figuraient pas les entreprises faisant l’objet de liquidation judiciaire.
Les investissements étrangers (1,2 milliard d’euros pour 2002 et un total de 11 milliards d’euros sur les douze dernières années), demeurent effectivement insuffisants au regard du potentiel du pays, même si les chiffres du premier semestre de 2003 incitaient à l’optimisme (704 millions d’euros contre 580 durant la même période de 2002 [9] ). D’ici la fin de 2003, l’objectif affiché par l’Agence roumaine des investissements étrangers (ARIS) est de parvenir à 2 milliards d’euros, alors que le programme de gouvernement compte sur 1,8 milliard et que celui de préadhésion a mis la barre à 1,4 milliard d’euros.
Le Conseil des investissements étrangers présidé par Ion Tiriac, qui possède l’une des premières fortunes du pays, continue de réclamer la création d’un environnement concurrentiel loyal avec, parmi ses revendications, l’élimination des retards dans le recouvrement de la TVA, l’élaboration d’une stratégie fiscale précise fixant le niveau des taxes pour les trois à cinq prochaines années, enfin la mise en place d’un Code de conduite pour les inspecteurs fiscaux, une façon diplomatique d’en appeler à des mesures de lutte contre la corruption.
Selon un rapport de la Banque mondiale et de la Berd sur ce fléau, la Roumanie se place en 4e position (pays de la CEI et PECO confondus) pour le nombre de sociétés ayant reconnu avoir offert des pots-de-vin aux fonctionnaires. Si, par rapport au précédent rapport qui date de 1999, ce chiffre a diminué (36,7 % du total des entreprises, contre 50 %), la part du chiffre d’affaires consacrée à cette pratique est passée de 1,7 % à 2,6 %. En d’autres termes, pour un montant global de chiffre d’affaires estimé à 25 milliards de dollars, ces pots-de-vin s’élèveraient à 500 millions de dollars.
Un an après l’adoption d’un plan national (octobre 2001) et d’un programme de prévention de la corruption, suivis de la création d’un Office national de lutte contre la corruption (Napo) [10], le verdict de la Commission européenne, pour laquelle l’ampleur du phénomène demeure inchangé, est sans ambiguïté : « Si la corruption reste une pratique courante dans les opérations commerciales, elle est également très répandue dans les transactions avec les administrations publiques, ainsi qu’au niveau politique. Un tel niveau de corruption sape le développement économique et induit une perte de confiance de la population dans les institutions publiques ».
● Fracture sociale, mais nouveaux modes de consommation
Si le retour de la croissance se confirme, il ne correspond pas pour autant à une hausse significative de la consommation des ménages, comme le reflète le faible niveau de vie qui ne représente actuellement que 26-27 % de la moyenne de l’UE. Selon une étude réalisée par l’Economist Intelligence Unit, la Roumanie aura besoin de 80 années pour atteindre le niveau du revenu moyen par habitant de l’UE, à condition d’enregistrer une croissance moyenne annuelle du PIB par habitant de 3,8 %. De nombreux sondages l’illustrent : la pauvreté est le problème numéro un pour près d’un tiers des Roumains interrogés, loin devant le chômage, l’adhésion à l’Otan ou l’entrée dans l’UE.
Le salaire minimum garanti reste à un niveau très bas (l’équivalent de 80 euros en juin 2003) une fois rapporté au coût des principales denrées alimentaires ou au prix de l’essence, proche de celui des pays occidentaux (soit 0,70 euro le litre, faisant du Roumain l’Européen qui paie le plus cher son litre d’essence). Il en est de même pour le salaire moyen (180 euros environ) et ce, malgré les majorations importantes intervenues au début de l’année 2003. Seuls les salaires les plus élevés versés dans les institutions financières et bancaires (456 dollars), l’industrie du tabac (299), les transports aériens (300), l’industrie d’extraction (242) et les compagnies d’assurance (297) permettent à une frange de la population d’accéder à des produits comme à des services en pleine expansion.
On assiste, depuis trois ans environ, à l’apparition d’un consommateur type attiré par le système de la vente par correspondance et fervent habitué des grandes surfaces qui ont fleuri à une vitesse impressionnante dans tout le pays : tandis que Carrefour se prépare à inaugurer un deuxième hypermarché à l’automne 2003 à Bucarest (700 emplois et 25 millions d’investissements) et qu’un troisième ouvrira ses portes en 2004, la chaîne Metro Cash and Carry (Allemagne) dispose d’ores et déjà d’un réseau de quinze magasins dans treize villes du pays avec, pour objectif, d’en inaugurer une vingtaine d’autres d’ici 2004. Le plus grand hypermarché de Roumanie (800 emplois, 40 000 m² et un investissement de 50 millions d’euros) porte l’enseigne de Cora qui a pour projets la création de quatorze autres succursales. La percée effectuée par l’opérateur Orange Roumanie qui totalisait, un an après son lancement (avril 2002), 2 375 000 abonnés, tout comme l’augmentation des dépôts des particuliers (soit + 21 % en huit mois dans le cas de la BRD/Société Générale qui a, par ailleurs, accru sa clientèle de près de 300 000 personnes en un an) témoignent d’un redémarrage de la consommation, auquel les banques s’efforcent de répondre. A la fin de décembre 2002, les économies des petits épargnants dans les banques roumaines se montaient à 2,68 milliards de dollars, soit une augmentation nominale de 39,5 % par rapport à 2001 et de 18 % en termes réels.
Parallèlement à cette catégorie de la population, encore largement minoritaire, qui s’engouffre dans la société de consommation et qui, à la faveur de l’entrée de la Roumanie dans l’espace Schengen, réapprend à voyager, il est un autre monde qui vivote comme il peut, au prix d’une grande souffrance sociale et d’un éclatement des valeurs familiales. La baisse démographique enregistrée par le dernier recensement vient sanctionner, d’une part, la dégradation constante des indicateurs de santé, d’autre part, l’ampleur du phénomène de l’émigration. Il touche aussi bien les jeunes diplômés, dont le rythme des départs ne faiblit pas, y compris dans une ville de renommée universitaire et au dynamisme économique avéré comme Timisoara, que les adolescents des familles de paysans entraînés dans des réseaux d’émigration illégale. L’époque n’est plus au « navettisme » entre les campagnes et les villes, mais à l’émigration « pendulaire », jeunes et moins jeunes partant dans les pays occidentaux gagner en trois mois de travail au noir de quoi permettre à la famille de vivre durant toute l’année et surtout de construire une nouvelle maison. A preuve le nombre de chantiers qui émaillent le paysage rural dans des départements particulièrement touchés par le chômage et traditionnellement fournisseurs de main-d’œuvre, au nord-est et au nord-ouest du pays. Mais par-delà les apparences, la misère dans nombre de campagnes n’en demeure pas moins profonde et le pourcentage d’enfants scolarisés et de jeunes accédant à l’enseignement supérieur en diminution constante.
Le plan national contre la pauvreté et l’exclusion, finalisé en avril 2002, ainsi que le dispositif mis en place pour améliorer la situation des Roms (qui seraient entre 1 800 000 et 2 500 000) [11], dont le premier souci est d’assurer à une communauté éclatée et confrontée, au quotidien, à une très forte discrimination, une représentativité effective, témoignent certes de la prise en compte de problèmes sociaux pour lesquels l’UE mobilise des moyens financiers non négligeables ; mais il reste aux autorités tant nationales que locales à faire la preuve de leur utilisation efficace...
Mis à part les soutiens extérieurs, les pouvoirs publics et la société roumaine se révèlent démunis et peu préparés à gérer des problèmes sociaux explosifs comme la recrudescence de l’usage de la drogue chez les jeunes ; ainsi, ces trois dernières années, la consommation de stupéfiants chez les 15-16 ans a augmenté d’environ 200 %, la Roumanie étant devenue à la fois un lieu de transit et une destination pour l’héroïne et le hachisch provenant de Turquie et des pays d’Asie centrale. En interdisant l’accès des charrettes dans la capitale, le maire de Bucarest a fait œuvre de sagesse pour les automobilistes, mais cette mesure symbolise, on ne peut mieux, la coupure sociale entre deux mondes qui pourraient être amenés à se côtoyer de moins en moins. D’un côté, un électorat bénéficiaire de la « modernisation » du pays − même si celle-ci s’effectue à marche forcée −, partiellement sensible aux options libérales affichées par la majorité actuelle, de l’autre, de larges franges de population exclues des transformations économiques à l’oeuvre et politiquement sans repères. Face à un tel contraste, les responsables politiques bénéficient-ils d’une popularité, du moins d’une confiance suffisante pour garantir un minimum de cohésion sociale ?
 
Une continuité politique par défaut
 
 
L’entrée, bientôt dans l’Otan, plus tard dans l’UE, devrait normalement permettre aux autorités de conforter le capital de confiance dont, voilà trois ans, elles ont été investies par leurs électeurs. Mais elles se trouvent désormais face à une société désenchantée, à un électorat auquel n’échappent ni les maladresses américaines, ni les exigences de l’UE, ni, surtout, le suivisme de leurs dirigeants. La majorité des Roumains sait aujourd’hui que si l’adhésion à l’UE, label de modernité, participe d’un mouvement de l’histoire fortement es-péré, ils savent aussi qu’elle ne transformera pas la Roumanie en « pays de cocagne » dont certains rêvaient il y a une décennie. Dès lors, le discours qui consiste à dire que cette entrée dans l’UE doit se mériter et vaut bien encore quelques sacrifices, ou à justifier chaque décision impopulaire par une demande de Bruxelles peut finir par ne plus être accepté, voire entendu [12]. Telle est pourtant la rhétorique actuelle qui sonne d’autant plus creux que ses auteurs ne sont pas, aux yeux de l’opinion publique, au-dessus de tout soupçon. Avec, pour dernier remous en date, le scandale provoqué par le détournement de fonds européens dont se serait rendu coupable l’époux de la ministre d’Etat à l’Intégration européenne, Hildegard Puwak, la classe politique roumaine souffre d’une mauvaise image que les frasques de certains des élus du Parti social-démocrate [13] ou les multiples méandres que connaît la restitution des biens expropriés durant la période communiste [14] accentuent périodiquement. Ce ressentiment de la population à l’égard des responsables politiques, toutes sensibilités confondues, n’est certes pas propre à la Roumanie et pose, ici comme ailleurs, la question du niveau de confiance effectif des citoyens face à des autorités, à leurs yeux, peu dignes d’estime.
Le PSD tient effectivement les rênes du pouvoir avec fermeté, ce dont pâtissent les médias roumains, comme le constate le rapport de la Commission européenne dans son paragraphe consacré à la liberté d’expression. L’absence d’une opposition capable de faire le poids contribue encore à appauvrir le débat démocratique, fausse le libre jeu des partis, laissant la bride sur le cou au PSD, formation toujours encline à des comportements autoritaires dignes de l’époque communiste.
Ponctuée par les scandales, la vie politique l’est aussi par les quelques différends opposant un président de la République, toujours populaire et très actif, à un Premier ministre, redouté et ambitieux. A trois reprises, en moins de dix-huit mois, le premier aura refusé d’accéder aux demandes du second : Ion Iliescu s’est tout d’abord opposé à envisager d’accomplir un quatrième mandat comme l’avait souhaité A. Nastase qui doutait de sa victoire face à ses principaux adversaires (le maire de Bucarest et leader du Parti démocrate, T. Basescu, d’une part, et le dirigeant du Parti national libéral, Teodor Stolojan, d’autre part) lors de la prochaine élection présidentielle. Il s’est ensuite déclaré hostile à l’organisation d’élections anticipées qui auraient permis, sans coup férir, à la majorité actuelle de se renforcer : en tirant le meilleur profit d’une situation économique et diplomatique, somme toute propice, elle aurait alors mieux résisté, dans l’attente de l’échéance tant attendue de 2007, à « l’épreuve du temps ». Enfin, le président de la République a écarté l’hypothèse d’un amendement constitutionnel instituant le suffrage indirect pour désigner le chef de l’Etat, mode d’élection manifestement mieux adapté aux ambitions du Premier ministre, dont l’autorité découle davantage de sa haute main sur l’appareil du PSD − dont il est le président − que de son charisme personnel.
L’approche des élections locales (mai 2004), qui devraient être suivies, en octobre 2004, du scrutin présidentiel, puis, en mars 2005, des élections législatives devrait, à tout le moins, inciter l’opposition à se regrouper. Mais le temps est compté pour parvenir à constituer un pôle de centre droit auquel il n’est pas garanti que l’Union démocratique des Magyars de Roumanie se rallie, elle qui ne peut que se féliciter, tout comme le PSD d’ailleurs, d’avoir su trouver avec l’actuelle majorité un modus vivendi satisfaisant. En témoigne la reconduction, chaque année, depuis les élections de décembre 2000, du pacte de coopération aux termes duquel le porte-parole de la minorité magyare s’engage à soutenir, lors des votes au Parlement, le PSD (détenteur de 37 % des sièges seulement), moyennant l’amélioration des droits de cette communauté.
Comme l’atteste le vote du Parlement sur l’important remaniement ministériel intervenu en juin 2003, approuvé par 267 voix contre 7, l’opposition demeure faible et, de surcroît, divisée. Face à elle, le gouvernement actuel dont la composition a été nettement resserrée en prévision d’élections organisées par la machine électorale du PSD, avec la maîtrise qu’on lui connait, garde les coudées franches [15]. Nul doute qu’il s’emploiera, dans l’hypothèse où la Roumanie connaîtrait une nouvelle montée du courant extrémiste Romania Mare, à se poser à nouveau comme seule alternative.
Notes :
 
Annexe Chronologie
 
 
2002
1er janvier
• Les importations de produits manufacturés en provenance des pays de l’UE sont exemptées de taxes.
• Les Roumains seront dispensés de l’obligation de visa pour entrer dans les pays de l’espace Schengen, ce qui ne vaut donc pas pour la Grande-Bretagne et l’Irlande.
29 janvier Le Premier ministre, en sa qualité de président du PSD (Parti social-démocrate), signe un nouvel accord d’entente avec Bela Marko, président de l’UDMR (Union démocratique des Magyars de Roumanie), dans la lignée de ceux déjà signés en 2000, puis en 2001.
22 février Visite du chef de gouvernement à Moscou pour préparer celle du Président Iliescu prévue pour l’été 2002 lors de laquelle un accord bilatéral en discussion depuis des années devrait être signé. Les discussions ont longtemps achoppé sur les références au pacte Ribbentrop-Malenkov ayant entraîné l’annexion de la Moldavie par l’Union soviétique en 1939 et sur la création d’une commission devant étudier la restitution à la Roumanie de biens lui ayant appartenu et saisis par la Russie durant la Première Guerre mondiale.
18 mars Les résultats provisoires du recensement révèlent une baisse de 4,2 % de la population passée, en janvier 2002, à 21 698 181 habitants.
25-26 mars Réunion du groupe de Vilnius créé en mai 2000, à Bucarest, réunissant l’Albanie, la Bulgarie, la Croatie, les trois pays baltes, la Macédoine, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie. Sorte de profession de foi, la déclaration finale exprime le souhait de contribuer au mieux, en tant que pays candidats à l’entrée dans l’Otan, à la sécurité européenne.
25 mars Nette dégradation des relations entre la Roumanie et la Moldavie, le président moldave Vladimir Voronine accusant la Roumanie de s’ingérer dans les affaires intérieures de son pays. Quelques semaines auparavant, les autorités roumaines avaient ordonné au Premier secrétaire de l’ambassade moldave de quitter son territoire, à la suite de l’expulsion par le gouvernement moldave de l’attaché militaire roumain en poste à Chisinau.
12 avril Réunion à Bruxelles de la commission bilatérale chargée des négociations d’adhésion à l’UE. Deux nouveaux chapitres de discussions (justice/ affaires intérieures et environnement) sont ouverts, la Roumanie, avec douze chapitres provisoirement clos, étant considérée comme le pays le moins avancé dans le processus de négociations.
19 avril Rencontre trilatérale entre le président bulgare, Gueorgui Parvanov, son homologue roumain, Ion Iliescu, et le Premier ministre grec, Costas Simitis, à Snagov, en Roumanie. Sont évoqués les candidatures de la Bulgarie et de la Roumanie à l’Otan et à l’UE, la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, des projets d’infrastructure régionale ainsi que la situation au Proche-Orient. C’est la troisième rencontre de ce type après celles de Grèce (1998) et de Bulgarie (1999).
9 mai La Banque mondiale suspend les négociations concernant l’accord pour un second prêt PSAL-II, d’un montant de 300 millions de dollars, reprochant à Bucarest d’avoir délivré des statistiques erronées concernant les licenciements à opérer dans le secteur énergétique.
13 mai Conférence de l’Otan à Reykjavik où la délégation américaine laisse clairement entendre que le prochain élargissement de l’Otan pourrait inclure tous les candidats. Le Congrès et le Sénat américains adoptent une déclaration en ce sens qui prévoit une assistance financière pour l’ensemble des Etats candidats.
19-21 mai La Berd tient son Assemblée générale à Bucarest, manifestation qui réunit près de 1 500 hommes d’affaires.
24 mai Le FMI accuse réception de la lettre d’intention envoyée par la Roumanie afin d’obtenir le versement d’une deuxième tranche du crédit stand-by conclu en octobre 2001. Le FMI déclare attendre la mise en œuvre, côté roumain, d’un certain nombre de réformes.
31 mai Ouverture du procès, engagé par le ministre de la Justice, de Corneliu Vadim Tudor, dirigeant du Parti Romania Mare, pour divulgation de fausses informations ; il risque une peine de prison de un à cinq ans avec sursis.
10 juin Le Parti moldave signe un accord de fusion avec le PSD qui permet à ce dernier de grossir ses rangs de 20 000 nouveaux membres.
13 juin Le PSD signe un protocole de coopération avec le Parti démocratique des Roms d’une part, le Forum démocratique des Allemands d’autre part, entendant ainsi continuer sa politique d’ouverture vers les minorités nationales, rapprochement auquel les instances européennes accordent beaucoup d’importance.
20 juin Sixième réunion annuelle des ministres des Affaires étrangères des pays du Processus de coopération en Europe du Sud-Est, à Belgrade, où sont abordés les efforts de démocratisation et de prévention des conflits dans la région.
5-6 juillet Réunion à Riga (Lettonie) des dix pays d’Europe centrale et orientale du Groupe de Vilnius candidats à l’Otan. Les dix plaident une ultime fois leur dossier d’adhésion avant le sommet de l’élargissement de l’Otan à Prague.
31 juillet La Roumanie est le premier pays à signer un accord avec les Etats-Unis s’engageant à ne pas expatrier les soldats américains accusés de crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale de la Haye conformément à l’article 98 du Traité de Rome. Elle lève également pour eux l’interdiction des adoptions par des étrangers introduite en 2001 à la demande de l’UE et qui devait durer jusqu’en janvier 2003.
4 septembre Le ministre français de l’Intérieur, N. Sarkozy, effectue une visite en Roumanie. Les discussions sont centrées sur le problème des mineurs roumains, victimes de réseaux de trafic d’êtres humains en France.
6 septembre Visite du président Iliescu en Ukraine, où il appelle à un arbitrage international, afin de résoudre le conflit frontalier qui oppose la Roumanie à ce pays au sujet de l’île au Serpent, où sont situés des gisements de pétrole et de gaz.
27 septembre Le Conseil des ministres décide de retirer la gestion du registre du commerce de la tutelle des chambres de commerce en la confiant au ministère de la Justice, privant les chambres d’une source importante de revenus.
15 octobre La Bulgarie et la Roumanie inaugurent un système de surveillance de la pollution de l’air à leurs frontières.
13 novembre Les ministres de la Défense bulgare, grec, roumain et turc se rencontrent à Plovdiv (Bulgarie) pour discuter de l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l’Otan, selon la formule 2+2 (deux pays membres soutiennent la candidature de deux autres).
21-22 novembre La Roumanie est invitée par l’Otan, à l’occasion de son sommet de Prague, à rejoindre ses rangs. Le passage du statut d’Etat invité à celui de membre de plein droit implique une période de négociations (décembre 2002 au printemps 2003), la signature du protocole d’adhésion de la Roumanie qui interviendra le 31 mars 2003, enfin la soumission à ratification de chaque Etat membre, l’adhésion pleine et entière devant intervenir au printemps 2004. Le 23 novembre, G. Bush, considéré comme le principal artisan de ce succès diplomatique pour la Roumanie, est accueilli triomphalement à Bucarest.
26 novembre Mouvement de protestation de 10 000 salariés de l’industrie de défense qui craignent pour leur emploi.
9 décembre
• Le gouvernement engage sa responsabilité devant le Parlement pour le nouveau Code du travail, critiqué par la communauté des hommes d’affaires et les partis de l’opposition qui considèrent excessives les nouvelles obligations incombant aux employeurs.
• Création de l’Association action populaire (APA), par des personnalités membres de l’ancienne majorité et des représentants de la société civile. Celle-ci lance un appel aux partis de centre droit pour l’unification de l’opposition démocratique.
12-13 décembre Confirmation au sommet européen de Copenhague (qui décide d’accueillir dix nouveaux membres dans l’UE au 1er mai 2004) de l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie en 2007, au plus tôt, comme la Commission l’avait annoncé en octobre 2002 dans son rapport régulier. Mise au point d’une nouvelle feuille de route.
20 décembre
• Le Premier ministre informe le Parlement qu’il n’y aura pas, contrairement à certaines rumeurs, d’élections législatives anticipées, ni de remaniement ministériel au début de 2003.
• Avec l’ouverture des chapitres sur la libre circulation des services et sur les dispositions budgétaires et financières, les trente et un chapitres de négociation sont désormais ouverts, dont seize sont provisoirement clos.
2003
1er janvier
• Entrée en vigueur d’une ordonnance d’urgence du gouvernement visant à réduire les contributions des employeurs et employés aux fonds d’assurance sociale.
• Libéralisation du marché des télécommunications et fin du monopole de Romtelecom en matière de téléphonie fixe, la stratégie de privatisation de l’opérateur national ayant été approuvée en novembre 2002. Une vingtaine d’opérateurs privés, dont des compagnies étrangères et quatre entreprises publiques, se sont montrés intéressés par ce marché où les prix devraient diminuer de 30 %.
• Hausse du salaire minimum brut et instauration d’un impôt sur les terres agricoles d’un montant compris entre 80 000 et 300 000 lei à l’hectare qui sera supprimé deux mois plus tard.
15 janvier Résiliation du contrat de privatisation du combinat sidérurgique de Resita (CSR) en raison du non-respect par l’acquéreur, l’Américan Noble Ventures, de ses engagements.
5 février
• La Roumanie se joint aux signataires de la déclaration du groupe des « Dix de Vilnius » qui vise à soutenir la politique américaine à l’égard de l’Irak.
• Le Premier ministre A. Nastase rencontre son homologue hongrois. La limite au-dessus de laquelle un investisseur étranger devient majoritaire actuellement de 100 000 euros, pourrait être abaissée sur la demande des entreprises hongroises, nombreuses à vouloir s’implanter en Roumanie.
7 février Valse des secrétaires d’Etat, dans pas moins de quatorze ministères.
14 février Le Parlement roumain octroie un droit de transit aérien et terrestre sans restriction aux Etats-Unis et décide de l’envoi, aux côtés des troupes américaines, de 278 soldats roumains.
22 février Courte visite du commissaire européen à l’Elargissement, qui déclare que «2003 sera une année cruciale pour la Roumanie, précisant qu’il n’y a pas de garantie que l’échéance de 2007 soit respectée si le pays ne remplit pas les critères d’adhésion ».
23 février L’interdiction des adoptions d’enfants roumains par des personnes étrangères est levée. En définitive, la Roumanie n’a pas cédé à la demande américaine de lever cette interdiction dès septembre 2002.
3 mars Rattachement de la monnaie roumaine à l’euro.
18 mars Rencontre des ministres des Affaires étrangères roumain et hongrois. La tension née avec l’adoption par le Parlement hongrois de la loi sur le statut des communautés magyares dans les pays voisins et vivement critiquée par Bucarest semble dissipée.
26 mars La Commission européenne amende le Partenariat d’adhésion de la Roumanie à l’UE signé en 1998 et déjà amendé en 1999 et en 2002, y précisant les principaux secteurs où les réformes sont indispensables : économie, administration publique et justice.
7-8 avril Visite du ministre roumain des Affaires étrangères, M. Geoana à Paris, qui vise à dissiper le malaise provoqué par la position de la Roumanie lors de la guerre en Irak et les propos critiques tenus par le président Chirac le 17 février à l’encontre de Bucarest et de l’ensemble des pays ayant pris parti pour l’intervention américaine.
16 avril A l’occasion de la signature officielle du traité d’adhésion des dix nouveaux Etats membres à l’UE à Athènes, la Commission fait état de son intention de conclure les négociations d’adhésion avec la Bulgarie et la Roumanie en 2004 pour une éventuelle adhésion en 2007. Mais aucune mention officielle n’apparaît dans le communiqué final.
28 avril Le FMI diffère son accord pour l’octroi de la dernière tranche du crédit stand-by jusqu’à l’automne 2003.
22 mai La bourse des valeurs de Bucarest et la bourse électronique Rasdaq décident de fusionner pour former Bourse Bucarest. Le nouveau marché aura une capitalisation de 5 milliards de lei (soit 11 % du PIB).
3 juin Sixième rencontre entre les Présidents roumain, bulgare et turc. La lutte contre le terrorisme, le rôle de l’Otan et les perspectives d’intégration européenne figurent parmi les principaux sujets traités.
15 juin Annoncé le 10 juin par le président Iliescu, important remaniement ministériel.
17 juin Accord avec l’Ukraine qui tente d’apporter une solution diplomatique au différend frontalier entre les deux pays.
19-20 juin Le Conseil européen de Thessalonique évoque pour la première fois officiellement la date de fin 2004 pour la conclusion des négociations d’adhésion et 2007 pour une future intégration de la Roumanie et de la Bulgarie.
4 juillet Signature du traité d’amitié et de coopération russo-roumain attendu de longue date.
 
Principales formations politiques
 
 
PSD arti social-démocrate, ex-Parti de la démocratie sociale de Roumanie (PDSR)
PRM Parti de la Grande Roumanie
PD Parti démocrate
UDMR Union démocratique des Magyars de Roumanie
PNL Parti national libéral
 
Résultats des dernières élections
 
 
Election présidentielle des 26 novembre et 10 décembre 2000


IMGIMGCandidats 1er tour 2e tour 
Ion Ilie...IMGIMF
Candidats 1er tour 2e tour Ion Iliescu (PDSR) 36,35 67,8 Corneliu Vadim Tudor (PRM) 28,34 33,2 Theodor Stolojan (PNL) 11,70 - Mugur Isarescu (Indép.) 9,54 - György Frunda (UDMR) 6,22 - Petre Roman (PD) 2,99 - Theodor Melescanu (ApR) 1,91 - Autres candidats Moins de 1,5 % chacun* - * Soit 1,19 % pour Eduard Manole, indépendant, 0,55 % pour Graziela Barla, indépendant, 0,49 % pour le Prince Paul Hohenzollern, Parti de la Réconciation nationale, 0,34 % pour Ion Sasu, Parti socialiste du Travail, 0,29 % pour Niculae Cerveni, Parti national libéral démocrate roumain.

Prochaines élections présidentielles : octobre 2004
Elections législatives du 26 novembre 2000


IMGIMGChambre Sénat 
des députés 
Parti de...IMGIMF
Chambre Sénat des députés Parti de la démocratie sociale de Roumanie (PDSR) 36,61 (155) 37,09 (65) Parti de la Grande Roumanie (PRM) 19,48 (84) 21,01 (37) Parti démocrate (PD) 7,03 (31) 7,58 (13) Parti national libéral (PNL) 6,89 (30) 7,48 (13) Union démocratique des Magyars de Roumanie (UDMR) 6,80 (27) 6,90 (12) Autres * 18 - (0) Total 345 140 * Dix-huit sièges sont accordés automatiquement aux minorités qui désignent, chacune, leur représentant. La CDR 2000, de fait le PNT-cd, n’a recueilli que 5 % des voix, donc un niveau insuffisant pour obtenir des sièges, celui-ci étant de 8 % pour les coalitions. L’Alliance pour la Roumanie (ApR) obtient un peu plus de 4 %. Prochaines élections législatives : mars 2005

 
Composition du gouvernement (juin 2003)
 
 
  • Premier ministre : Adrian Nastase
  • Finances : Mihai Tanasescu
  • Affaires étrangères : Mircea Geoana
  • Economie et Commerce : Dan Ioan Popescu
  • Intégration européenne : Hildegard Puwak
  • Défense : Ioan Mircea Pascu
  • Administration et Ordre public : Ioan Rus
  • Travail, Solidarité sociale et Famille : Elena Dumitru
  • Justice : Rodica Stanoiu
  • Agriculture, Forêts, Eaux et Environnement : Ilie Sarbu
  • Transports, Construction et Tourisme : Miron Mitrea
  • Culture et Cultes : Razvan Theodorescu
  • Communications et Technologies de l’Information : Dan Nica
  • Education, Jeunesse et Recherche : Alexandru Athanasiu
  • Ministre délégué à l’Administration publique : Gabriel Oprea
  • Ministre délégué au Commerce : Eugen Dijmarescu
  • Ministre délégué pour la Coordination des activités de contrôle [*] : Ionel Blanculescu
  • Ministre délégué, négociateur principal pour les relations avec l’UE : Vasile Puscas
  • Ministre délégué pour les Relations avec les partenaires sociaux : Marian Sarbu
  • Ministre délégué pour les Relations avec le Parlement : Acsinte Gaspar
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  Ouvrages
·  Antoine Roger, Les fondements du nationalisme roumain (1791-1921), Librairie Droz, Genève - Paris, 2003,286 p.
·  Raluca Muresan, Les Tziganes « au marteau ». Transactions identitaires chez les chaudronniers de Sarulesti, Roumanie, Les Presses de l’Université Laval, collection Intercultures, Saint-Nicolas, 2003,184 p.
·  Gil Jouannard, Maramures, Terra Incognita, Editions du Loquet, Martel, 2003,156 p.
·  Jacques Barrat, Dan Berindei, Jean-Paul Bled, Claudia Moisei, Géopolitique de la Roumanie, regards croisés, Alvik Editions, Paris, 2003,351 p.
·  Florence Heymann, Le crépuscule des lieux. Identités juives à Czernowitz, Stock, Paris, 2003,442 p.
·  Radu Ioanid, La Roumanie et la Shoah. Destruction et survie des Juifs et des Tsiganes sous le régime Antonescu (1940-1944), Editions de la Maison des sciences de l’Homme, Paris, 2003,383 p.
·  Mircea Vultur, Collectivisme et transition démocratique. Les campagnes roumaines à l’épreuve du marché, Les Presses de l’Université Laval, Saint-Nicolas, 2002,202 p.
·  Revues
·  Paul Droagos Aligica, Adina Dabu, « Land Reform and Agricultural Reform Policies in Romania’s Transition to the Market Economy, Overview and Assessment », Eastern European Economics, septembreoctobre 2003, vol. 41, n° 5, pp. 49-69.
·  Nadège Ragaru, « La Bulgarie et la Roumanie aux portes de l’Union européenne : un si long espoir », Pouvoirs, n° 106, septembre 2003, pp. 99-113.
·  Doina Maria Radulescu, « An Assessment of Fiscal Sustainability in Romania », Post-Communist Economies, vol. 15, n° 2, juin 2003, pp. 259-276.
·  Georges Makris, « La transition dans les pays balkaniques : les obstacles à la stabilisation macro-économique : le cas de l’Albanie, de la Bulgarie et de la Roumanie », Balkanologie VII (1), juin 2003, pp. 189-206.
·  Mihaela Nedelcu, « Les technologies de l’information et de la communication : support de l’émergence d’une diaspora roumaine ?», Balkanologie VII (1), juin 2003, pp. 43-63.
·  Bénédicte Michalon, « Circuler entre Roumanie et Allemagne, Les Saxons de Transylvanie, de l’émigration ethnique au va-et-vient », Balkanologie VII (1), juin 2003, pp. 19-42.
·  Chang Chen, « The Roots of Illiberal Nationalism in Romania : A Historical Institutionalist Analysis of the Leninist Legacy », East European Politics and Societies, vol. 17, n° 2, printemps 2003, pp. 166-201.
·  Edith Lhomel, « Roumanie-France. Vers une coopération décentralisée exemplaire entre la région de Cluj et l’Auvergne ?», Le courrier des pays de l’Est, n°1035, mai 2003, pp. 80-81.
·  P.D. Aligica, « Operational Codes, Institutional Learning and the Optimistic Model of Post-Communist Social Change. Conceptual Criticism and Empirical Challenges from a Romanian Case Study », Communist and Post-Communist Studies, volume 36, n° 1, mars 2003, pp. 87-100.
·  Swanie Potot, « Les migrants transnationaux : une nouvelle figure sociale en Roumanie », Revue d’études comparatives Est-Ouest, vol. 33, mars 2002, n° 1.
·  Irina Livezeanu, « The Romanian Holocaust : Family Quarrels », East European Politics and Societies, vol. 16, n° 3, Fall 2002, pp. 934-947.
·  François Bafoil, Edith Lhomel, « La préparation aux Fonds structurels de l’UE. Les exemples de la Pologne et de la Roumanie », Le courrier des pays de l’Est, n° 1033, mars 2003, pp. 28-38.
·  « Budapest, Belgrade, Bucharest : the Least Expensive Cities in Eastern Europe », Transition (The World Bank in Cooperation with SITE), janvier-février-mars 2003, vol. 14, n° 1-3.
·  Jean-Claude Hulot, « Les firmes roumaines. Actionnariat et performance dans la post-privatisation », Le courrier des pays de l’Est, n° 1031, janvier 2003, pp. 66-79.
·  Ralitza Dimtcheva, « La Bulgarie et la Roumanie dans le Pacte de stabilité », Occasionnal Papers, n° 41, janvier 2003, Institut d’études de sécurité de l’Union européenne, Paris, 39 p.
·  Edith Lhomel, « Michelin en Roumanie. Une opération réussie ». Le courrier des pays de l’Est, n° 1029, octobre 2002, pp. 56-58.
·  Régis Vouaux-Massel, « Roumanie. Un exemple de coopération avec la France », Le courrier des pays de l’Est, n° 1028, in Réformer la justice (dossier du mois), septembre 2002, pp. 47-55.
·  Edith Lhomel, « Roumanie. Des efforts qui appellent récompense », in « Europe centrale et orientale 2002-2003. Une croissance pérenne, un jeu politique rodé, des sociétés désenchantées », Le courrier des pays de l’Est, n° 1026, juin-juillet 2002, pp. 175-189.
·  Economist Intelligence Unit, Country Report trimestriel), Country Profile (annuel), « Romania ». La lettre de Roumanie (mensuel) et la Revue de presse (hebdomadaire), Ambassade de France en Roumanie/Mission économique.
·  Nouvelles de Roumanie, bimestriel.
 
NOTES
 
[(1)]Cf. notamment « La crise irakienne. Positions et réactions dans les pays de la CEI et d’Europe centrale et orientale », Le courrier des pays de l’Est, n° 1033, mars 2003, pp. 48-59.
[(2)]L’objectif des Etats-Unis est de disposer, à proximité du Proche-Orient, de bases permanentes sur le littoral de la mer Noire, en Roumanie comme en Bulgarie.
[(3)]Cf. Le Monde, 15 mars 2003 (M. Bran, « Les GI s’installent sur les plages roumaines ») et 2 avril 2003 (M. Bran, « La présence de soldats américains à Constanta inquiète les Roumains »).
[(4)]Les crédits alloués à la Roumanie au titre du programme Phare se sont élevés à 1,2 milliard d’euros au cours de la période 1992-1999, à 260 millions d’euros en 2000 et à 287 en 2001, chiffres qui comprennent une dotation annuelle de 13 millions d’euros pour les programmes de coopération transfrontalière. Le programme national Phare 2002 prévoit une dotation de 229 millions d’euros auxquels s’ajoutent 36,5 millions au titre d’un mécanisme supplémentaire de renforcement des capacités de Phare 2002.
[(5)]Cf. à ce sujet, F. Bafoil, E. Lhomel, « La préparation aux Fonds structurels de l’UE. Les exemples de la Pologne et de la Roumanie », Le courrier des pays de l’Est, n° 1033, mars 2003, pp. 28-38.
[(6)]Le statut vise à faciliter l’accès des marchandises roumaines sur le marché américain et l’augmentation des investissements directs américains. C’est dans ce cadre qu’intervient l’octroi, à partir du 1er octobre 2002, de garanties de crédit à hauteur de 25 millions de dollars pour toute entreprise roumaine important des produits agricoles en provenance des Etats-Unis (5e partenaire à l’export).
[(7)]28 % des sols sont réputés souffrir de sécheresse très sévère et 7 % de sécheresse extrême. Au cours des vingt dernières années, le débit des rivières a baissé de moitié en montagne et de 30 % dans les plaines dans un pays connu, par le passé, pour la qualité de son potentiel hydraulique.
[(8)]Sont concernées pour l’exercice 2002-2003 : 26 sociétés dont 3 du secteur pétrolier et gazier (Petrom et deux distributeurs de Distrigaz), deux autres dans l’électricité (les succursales Banat-Ouest et Dobrogea-Sud de la compagnie Electrica), 13 sociétés du secteur de la défense (dont MFA Mizil et Elprof Bucarest) et 8 de profils divers, sans oublier la finalisation de celle de Alro Slatina et de son fournisseur de matières premières, Alprom, ainsi que la restructuration de la Caisse d’épargne et de consignations. La société nationale de tabac (Tutunul Românesc) placée sous administration spéciale et qui, une fois ses dettes annulées ou rééchelonnées, devrait elle aussi être privatisée d’ici fin 2003. Sur le processus tortueux des privatisations, se reporter à J. C. Hulot, « Les firmes roumaines. Actionnariat et performance dans la post-privatisation », Le courrier des pays de l’Est, n° 1031, janvier 2003, pp. 66-79.
[(9)]UNCTAD, Rapport mondial des investissements 2003.
[(10)]Le Rapport de l’UE est très réservé quant à l’autonomie du Napo dont les activités sont coordonnées par le procureur général de Roumanie et dont les membres sont choisis au sein d’une liste présélectionnée par le ministère de la Justice. L’Office qui, au niveau national, comptera 75 procureurs, 150 officiers de police judiciaire, 35 experts financiers, 50 auxiliaires et 10 employés administratifs et possèdera des antennes régionales dans chacune des quinze cours d’appel, enquête sur des cas impliquant des sommes supérieures à 100 000 euros.
[(11)]Selon le rapport d’octobre 2002 de la Commission, « Plus de 400 Roms ont été engagés en qualité d’experts, leurs responsabilités clarifiées et les 42 bureaux locaux des Roms ont tous élaboré des plans d’action pour la période 2001-2004. Au niveau national, 15 commissions ont été créées au sein des ministères ou des agences nationales en vue de la mise en œuvre de stratégies sectorielles », pp. 37-39. Cf. notamment, V. Bucur, « The Roma Population in Romania and its Education », Südosteuropa Mitteilungen, n° 2/2003, pp. 55-65.
[(12)]Comme l’explique Nadège Ragaru in « La Bulgarie et la Roumanie aux portes de l’Union européenne : un si long espoir », Pouvoirs, n° 106, septembre 2003, pp. 99-113. « Tout se passe, en effet, comme si l’intégration européenne avait servi de substitut à une réflexion sur le devenir collectif ».
[(13)]A commencer par celles du préfet du département de Bacau ou encore celles du maire de Pietra Neamt. Cf. Le courrier des Balkans, « Le népotisme étouffe les institutions roumaines », Evenimentul Zilei, 22 septembre 2003 in http :// www. balkans. eu. org/ article3605. html.
[(14)]Cf. Le Monde, 24 juillet 2003 (Mirel Bran, « Des milliers de Roumains demandent à récupérer leurs biens confisqués »).
[(15)]Ancien Premier ministre, ancien proche de I. Iliescu à l’époque du Parti communiste roumain, l’actuel président du Sénat, A. Vacaroiu, ne déclarait-il pas au lendemain des élections de décembre 2000 : « Nous sommes au pouvoir pour quinze ans » !
[*]Regroupant les autorités de contrôle, à savoir la Garde financière, la Garde pour l’environnement, la Direction générale des douanes et le Corps du contrôle du gouvernement.
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[(1)]
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[(2)]
L’objectif des Etats-Unis est de disposer, à proximité du P...
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[(3)]
Cf. Le Monde, 15 mars 2003 (M. Bran, « Les GI s’installent ...
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Les crédits alloués à la Roumanie au titre du programme Pha...
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[(5)]
Cf. à ce sujet, F. Bafoil, E. Lhomel, « La préparation aux ...
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[(7)]
28 % des sols sont réputés souffrir de sécheresse très sévè...
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[(10)]
Le Rapport de l’UE est très réservé quant à l’autonomie du ...
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Selon le rapport d’octobre 2002 de la Commission, « Plus de...
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A commencer par celles du préfet du département de Bacau ou...
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[(14)]
Cf. Le Monde, 24 juillet 2003 (Mirel Bran, « Des milliers d...
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Ancien Premier ministre, ancien proche de I. Iliescu à l’ép...
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