2003
Le Courrier des Pays de l’Est
Roumanie 2002-2003
Un parcours encourageant, mais parfois sinueux
Edith Lhomel
La Documentation française. Manuscrit clos en septembre 2003.
Une consolidation macroéconomique encourageante, une situation
politique bien en main, une adhésion
à l’Otan désormais acquise, une
perspective d’intégration à l’Union
européenne d’ici à 2007 clairement
réaffirmée par Bruxelles sont autant
de preuves tangibles d’un engagement irréversible de la Roumanie
vers des réformes radicales et une
intégration pleine et entière aux
structures euro-atlantiques.
Certes, l’alignement sans nuance des
autorités roumaines sur les Etats-Unis
dans la croisade entreprise par ceux-ci contre le terrorisme international
qui s’est concrétisé par un soutien très
actif à l’administration Bush lors de
la guerre en Irak (ouverture d’une
base à Constanta, envoi de soldats
roumains en Afghanistan, puis en
Irak) a engendré, durant un temps, un
certain malaise dans les relations avec
plusieurs des Etats membres de l’UE,
à commencer par la traditionnelle
alliée qu’est la France. Mais les
principales réserves de la Commission européenne comme, d’ailleurs,
de l’administration américaine elle-même, à l’égard de l’évolution politique et économique de la Roumanie
sont ailleurs. Elles portent sur
l’ampleur de la corruption à tous les
échelons administratifs et l’absence
de fermeté à l’égard des entreprises
publiques débitrices, ceci expliquant
pour partie cela. Si l’on y ajoute
l’inquiétante désorganisation du
secteur agricole, la vacuité du
discours politique développé par une
élite peu soucieuse de l’intérêt public,
la profonde pauvreté de larges
couches de la population, il convient
de nuancer un bilan jugé globalement
positif. A cet égard, si l’entrée dans
l’UE en 2007 représente un pari
réaliste et mobilisateur, cette perspective ne doit pas laisser escamoter des
problèmes plus profonds que les seuls
chiffres ne révèlent pas.
Encouraging macro-economic
consolidation, a well controlled
political situation, acceptance
to NATO membership, prospects for integrating into the
European Union between now
and 2007, clearly re-confirmed
by Brussels, are tangible proof
of Romania’s irreversible engagement for radical reforms and
full and complete integration
into Euro-Atlantic organizations. Of course its unquestioning acceptance of the
United States in its crusade
against international terrorism
took the form of very active
support for the Bush administration during the Iraq war
(opening a base in Constanta,
sending Rumanian soldiers to
Afghanistan and then to Iraq)
which, at the time, resulted in a
malaise on the part of several
countries in the European
Union, including her traditional
ally, France. However, the
European Union’s real reservations, as well those of the
American administration, with
regard to Rumania’s political
and economic development, lie
elsewhere. They concern the
widespread corruption on all
administrative levels and a lack
of firmness with regard to
indebted public enterprises, the
former being partially the cause
of the latter. If we add the
disquieting disorganization
within the agricultural sector, a
vacuous political discourse
developed by an élite little
concerned with public interests,
the extreme poverty of large
parts of the population, it is
necessary to nuance results
considered to be generally
positive. If EU entry in 2007 is a
realistic and encouraging
challenge, this prospect should
not side-step the more profound
problems not revealed by the
statistics.
Si l’on s’en tient à l’énoncé des
principaux événements qui ont
marqué l’année 2002 et le
premier semestre de 2003, on
conviendra que la Roumanie a
enregistré des succès significatifs sur la voie de son intégration
aux structures euro-atlantiques et
de la consolidation de sa stabilisation macroéconomique. La
promesse obtenue au sommet de
Prague les 21 et 22 novembre
2002 de devenir membre à part
entière de l’Alliance atlantique, celle également
confirmée à l’issue du Conseil européen de
Thessalonique des 19 et 20 juin 2003 de franchir
le seuil de l’Union européenne en 2007, enfin, le
dynamisme de sa croissance économique assortie
d’un ralentissement continu de l’inflation et d’une
relative maîtrise du déficit budgétaire, constituent
des acquis tangibles. Mais si la situation générale
peut être considérée comme globalement
encourageante, certaines réalités incitent néanmoins
à la circonspection. La dramatique désorganisation du secteur agricole, l’ampleur de la corruption
à tous les échelons de l’appareil administratif, la
vacuité du discours politique tenu par une élite
peu soucieuse de l’intérêt public, la profondeur
de la fracture sociale sont autant de maux pour
lesquels il n’existe pas de solutions à court terme.
Dès lors, la perspective d’une entrée dans l’UE
en 2007, aussi bienvenue soit-elle d’un point de
vue politique, peut être considérée à certains
égards comme une échéance très ambitieuse. Il
semblerait d’ailleurs que Bruxelles, parfois
agacée par le volontarisme autant que par le
pragmatisme excessif des autorités roumaines
dans le domaine de sa politique extérieure, soit
déterminée à redoubler de fermeté. Il revient
donc au gouvernement d’Adrian Nastase qui,
d’ores et déjà, se prépare à affronter en position
de force les échéances électorales 2004, de
relever le défi.
Pro-atlantisme ne rime
pas toujours avec
intégration européenne
Pour Bucarest, un nouveau rejet de l’Otan n’était
pas politiquement envisageable et le Premier
ministre Adrian Nastase n’avait pas hésité quelques
semaines avant le sommet de Prague, à mettre
son poste en jeu. Après le revers essuyé au
sommet de Madrid, le 8 juillet 1997, alors que la
Roumanie, de même que la Slovénie, avait été
citée parmi les pays « admissibles », celle-ci ne
pouvait pas envisager de voir, pour la seconde
fois, sa candidature écarter par les membres de
l’Alliance. Forte de l’intérêt redoublé des Etats-Unis pour sa situation géo-stratégique au regard
d’une situation internationale dominée par la
croisade américaine contre le terrorisme, la
Roumanie a donc choisi de se ranger, sans hésitation, aux côtés de l’administration Bush au
risque de rompre « une solidarité européenne »
sérieusement mise à mal par la crise irakienne.
Si ce parti pris, dicté par un souci permanent de
sécurité, a jeté un froid momentané entre Bucarest
et certains pays membres, à commencer par la
France, il n’a pas directement nui au processus
d’adhésion à l’Union européenne pour lequel la
Roumanie serait prête à brûler les étapes.
● Roumanie-Etats-Unis :
l’accord parfait ?
En juillet 2002, quitte à passer aux yeux de
Bruxelles pour « un mauvais exemple », le
gouvernement roumain était le premier, rapidement suivi par son homologue israélien, à
signer avec Washington un engagement visant à
accorder aux soldats américains l’impunité totale
en soustrayant ceux-ci, en cas de crime de guerre,
à la juridiction de la Cour pénale internationale
(CPI). Bien que cet accord n’ait pas été ratifié
par le Parlement roumain et, qu’en juin 2003, la
Roumanie ait fini par s’engager, aux côtés des
dix autres futurs pays membres de l’UE, à
respecter la position commune adoptée par cette
dernière au sujet de la CPI, cette concession n’en
fut pas moins fort mal accueillie par la Commission, des pays voisins également candidats,
comme la Bulgarie et la Croatie, ayant refusé de
céder aux pressions américaines. De même,
l’intention affichée de Bucarest d’accepter, là
aussi à la demande de Washington − et sous la
pression des familles souhaitant adopter des
enfants roumains −, de débloquer l’épineux
dossier des adoptions que l’UE préconisait de
geler jusqu’à ce que la procédure juridique
concernée soit clarifiée, témoigne de la volonté
du gouvernement roumain de se mettre au mieux
avec l’administration Bush. Il fut d’ailleurs l’un
des rares à approuver la politique de soutien
inconditionnel à la politique répressive du
gouvernement Sharon dans les territoires occupés.
L’enjeu étant de démontrer tout l’intérêt pour les
Etats-Unis d’accueillir au sein de l’Otan cette
fidèle alliée, la Roumanie dépêchait, durant l’été
2002, un bataillon de soldats auprès des forces
américaines chargées, en Afghanistan, de
combattre les talibans ; soucieuse, enfin, de
concrétiser au plus vite son offre de services en
matière d’appui logistique, elle mettait le port de
Constanta à la disposition des troupes américaines
jusque-là stationnées en Allemagne.
A l’instar de la Hongrie, de la Slovaquie et de la
République tchèque, la Roumanie décidait, en
février 2003, d’ouvrir son espace terrestre et aérien
aux troupes et au matériel militaire américains. En
mars, les réticences de la Turquie à servir de base
de ravitaillement aux bombardiers américains,
alors que Bucarest, pour sa part, s’était jointe, dès
le 5 février, aux signataires de la Lettre de Vilnius
[1],
allaient faire du principal port roumain sur la mer
Noire le lieu tout désigné d’une nouvelle base
américaine durant la guerre en Irak
[2].
Quelques semaines plus tard, quelque 4 000
soldats de l’US Army s’installaient dans la
commune de Mihaïl-Kogalniceanu (à quelques
kilomètres de Constanta), suscitant quelques
réserves dans la population, comme dans la
presse
[3]. La Roumanie recevait en dédommagement 20 millions de dollars, 15 autres millions
destinés à la modernisation de l’armée et enfin
16 millions pour des entreprises roumaines sous
forme de prêts. L’espoir de recouvrer ses créances
auprès de l’Irak, d’un montant de 1,7 milliard de
dollars, ajouté à celui de jouer un rôle dans la
reconstruction de ce pays, figurent parmi les
raisons avancées par les médias pour étayer ce
pro-américanisme zélé auquel l’opinion publique
s’est rangée avec une certaine retenue.
Mais l’accueil triomphal qu’avait reçu le
Président Bush à Bucarest le lendemain du
sommet de l’Otan à Prague, le 23 novembre 2002,
ne laisse place à aucune ambiguïté : c’est bien
aux Etats-Unis que les Roumains considèrent
« devoir » leur statut d’invité à l’Otan qui fera de
leur pays un membre de plein droit en mai 2004.
Que l’entrée dans l’UE soit, comme cela fut le
cas pour l’Otan, présenté comme un dû, voire une
réparation au regard de l’Histoire, ou encore
comme un passage obligé pour accéder à la
« modernité », celle-ci constitue désormais le fil
rouge de la politique extérieure roumaine,
Bucarest ayant espéré, durant un temps, clore
l’intégralité des chapitres à la fin de 2003. Le
Conseil européen de Thessalonique de juin 2003
a tranché, pour sa part, pour une échéance plus
réaliste (fin 2004), l’essentiel, selon le président
de la République, Ion Iliescu, étant effectivement
de « finaliser les négociations avant l’expiration
du mandat de l’actuelle Commission ».
● Roumanie-Union européenne :
des relations plus exigeantes
Le rapport régulier d’évaluation, publié le
9 octobre 2002, ne laisse aucun doute sur la
détermination de Bruxelles à se montrer prudente,
voire circonspecte, à l’égard d’un pays dont les
avancées sur la voie de la reprise de l’acquis
communautaire se limitent encore trop souvent à
l’adoption de textes juridiques peu suivis d’effets
dans la réalité. Si le rapport se veut, comme la
majorité des documents de la Commission, très
nuancé, l’évaluation n’en reste pas moins critique,
voire parfois alarmiste au sujet de l’ampleur de
la corruption qualifiée d’« endémique », du
manque d’indépendance du pouvoir judiciaire, de
la propension excessive du gouvernement à légiférer par ordonnances plutôt qu’à respecter le
temps nécessaire au débat parlementaire, des
entraves à la liberté de la presse. Certes, les
progrès accomplis dans des secteurs précis,
comme la protection des droits des minorités ou
de l’enfance (avec une baisse sensible des enfants
placés en institution au profit de placements dans
des familles) ou encore la démilitarisation de la
police (avec, en août 2002, une nouvelle loi sur
le statut des policiers) passent pour encourageants.
Mais le « penchant » des autorités roumaines à
légiférer à l’excès sur des sujets mineurs en
négligeant de débattre de l’essentiel − comme dans
le cas de la réforme de la fonction publique − et
leur étonnante capacité à produire des plans
d’action et des documents de stratégie nationale,
exemplaires dans la forme, sans que ceux-ci
reposent sur une évaluation (notamment chiffrée)
des besoins comme des conséquences, pourraient
risquer d’amoindrir fortement le sens et la portée
de cette phase de préparation.
Le risque se confirme lorsque, s’agissant de la
mise en oeuvre des trois instruments financiers
de pré-adhésion (soit un montant total annuel de
650 millions d’euros de crédits non remboursables), plus précisément de Phare
[4] et d’Ispa, le
rapport souligne les carences des organismes
responsables de la programmation, de la gestion
et du contrôle des fonds. Il précise en outre que,
dans le cas de Phare, le niveau des appels d’offres
et des passations de marchés a été considérablement inférieur au volume des nouveaux crédits
engagés durant l’année 2002, une sous-utilisation
des fonds déjà constatée les années précédentes.
Les mêmes insuffisances en matière de capacités
institutionnelles sont susceptibles aussi de ralentir
la mise en œuvre d’Ispa. Par contre, pour Sapard,
programme géré, à l’inverse des deux autres, de
façon décentralisée et dont le démarrage au niveau
national (avec l’accréditation de l’agence de
paiement) fut particulièrement laborieux, le
problème de la capacité d’absorption, aux dires
de certains officiels roumains, ne se poserait
pas !
[5]
Mais, destinés au secteur agricole et au développement rural dont les besoins sont, il est vrai,
gigantesques, les financements Sapard ne sont-ils pas susceptibles, au niveau départemental et
régional, d’être « captés » plus aisément par des
opérateurs, institutionnels notamment, bien introduits et rompus aux arcanes des circuits de
financement ? Dès lors, ils échapperaient à la
masse des petits bénéficiaires potentiels (à
commencer par les agriculteurs), évincés en
raison de leur difficulté à élaborer les études
techniques requises comme de leurs faibles
possibilités de cofinancement .
Rappelons que, conformément à la feuille de route
réactualisée aux lendemains du Conseil européen
de Copenhague, la Roumanie devrait bénéficier
de fonds de pré-adhésion d’un montant total avoisinant 2,8 milliards d’euros durant la période
2004-2006 (soit 860 en 2004,931 en 2005 et un
milliard, voire 1,4 en 2006) avec pour objectifs
prioritaires l’agriculture, le développement rural,
les infrastructures, l’environnement et le renforcement institutionnel, notamment par le biais de
jumelages entre administrations. La Roumanie est
le pays candidat à bénéficier le plus de cette
procédure avec, dans le cadre de Phare 2002,
29 projets de jumelage dans les secteurs de la
justice, des finances, de l’environnement, de
l’emploi, etc.
Ce dispositif de préparation à l’adhésion bénéficie
également d’un soutien de la Banque mondiale
qui consacrera, dans les trois prochaines années,
1 milliard de dollars au développement du secteur
énergétique et à la réforme de l’administration
publique, selon le mémorandum économique
négocié entre l’institution financière et les autorités roumaines.
Beaucoup reste à faire en ce qui concerne la
reprise de l’acquis communautaire : ouvert le
30 septembre 2002, le chapitre Agriculture
(chapitre 7) sera, sur les onze chapitres qui, en
août 2003, étaient encore en discussion, un des
plus délicats à clore. Il en va de même de celui
consacré à la politique régionale et à la coordination des instruments structurels (chapitre 21)
ouvert en mars 2002 comme de ceux consacrés à
la concurrence (6), à la justice et aux affaires
intérieures (24) et à la circulation des personnes
(2) ; dans cette perspective, la Roumanie a durci
les conditions d’octroi de visas aux ressortissants de pays à fort potentiel migratoire, pour
lesquels elle représente un lieu de transit tout
désigné vers les pays occidentaux, et a réinstauré
le passeport obligatoire pour les ressortissants
de Moldavie.
Une économie
de marché « viable »...
mais pas encore
« fonctionnelle »
Qualifiée dans le rapport de l’UE d’économie de
marché « viable », alors que l’économie bulgare
obtenait le label de « fonctionnelle » et que les
Etats-Unis, pour leur part, lui avaient concédé,
dès le 10 mars 2003, ce qualificatif plus encourageant
[6], elle paraissait, au regard des principaux
résultats pour 2002-2003, être en bonne voie vers
la stabilisation.
Pour la troisième année consécutive, la croissance, tirée pour l’essentiel par la vitalité de
l’investissement (+ 8,3 %), est très nettement
positive (+ 3,5 % ainsi que le prévoyait le rapport
de la Berd en décembre 2002, contre les 5 % avancés par le gouverneur de la Banque centrale) et
son dynamisme, bien qu’il ne soit pas à la hauteur des ambitions officielles initiales, devrait de
nouveau se confirmer à l’issue de l’exercice 2003,
les prévisions actuelles le situant aux alentours
de 4 %. Le ralentissement continu de l’inflation,
amorcé en 1998 et qui ne s’est pas démenti depuis, constitue un deuxième motif de satisfaction
auquel on peut ajouter la relative maîtrise des
grands équilibres, budgétaire − avec un déficit
passé de 4,5 % du PIB à 3,9 % en 2002 − et
financier puisque le solde négatif de la balance
des transactions courantes a été également sensiblement réduit (3,2 % du PIB, contre 5,6 % en
2001), grâce au tonus des exportations et à une
nouvelle augmentation des transferts en provenance de l’étranger.
Principaux indicateurs économiques de la Roumanie 1995-2002
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002
PIB(1) (variation en %) 7,1 3,9 - 6,1 - 5,4 - 3,2 1,8 5,3(2) 3,5(2)
Production industrielle
(variation en %) 9,4 6,3 - 7,2 - 13,8 - 2,2 7,1 8,2 5,9(2)
Production agricole
(variation en %) 4,5 1,3 3,4 - 7,6 5,5 - 14,1 nd nd
Ventes au détail
(variation en %) 29,0 15,3 - 12,1 4,1 - 5,0 - 3,8 1,3 1,3(3)
Formation brute
de capital fixe
(variation en %) 6,9 5,7 1,7 - 5,1 - 4,8 4,6 6,6 7,6(4)
Taux de chômage
officiel (en % des actifs,
en décembre) 9,5 6,6 8,8 10,3 11,5 10,5 8,8 8,1
Indice des prix
à la consommation
(moyenne annuelle, %) 32,2 38,8 154,9 59,3 45,9 45,7 34,5 22,5
Solde budgétaire
(en % du PIB) - 3,5 - 5,1 - 5,2 - 5,5 - 3,7 - 4,2 - 3,5 - 2,9(2)
Exportations
de marchandises
(en millions de dollars) 7 910 8 061 8 431 8 302 8 503 10 366 11 385(2) 12 068(2)
Importations
de marchandises
(en millions de dollars) 9 487 10 555 10 411 10 927 9 595 12 050 14 354(2) 14 641(2)
Balance commerciale
(en millions de dollars) - 1 577 - 2 494 - 1 980 - 2 625 - 1 092 - 1 684 - 2 969(2) - 2 573(2)
Balance des transactions
courantes (en % du PIB) - 5,0 - 7,3 - 6,1 - 7,2 - 3,8 - 3,7 - 5,6 - 3,2(4)
Dette extérieure brute
(en % du PIB) 18 24 27 24 27 29 31 33(5)
Investissements directs
étrangers (en millions
de dollars) 417 415 1 267 2 079 1 025 1 051 1 154(2) 1 200(2)
(1) Nouvelle méthodologie conforme aux standards européens à partir de 2001 (2) Estimation (3) Janvier-octobre (4) Janvier-septembre (5) Fin septembre. Source : Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et
années antérieures ; Berd, Transition Report 2002.
Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et
années antérieures ; Berd, Transition Report 2002.
L’essor des exportations, principalement celles à
destination de l’UE qui ont augmenté de 20,5 %
(soit 67,1 % du total des ventes roumaines),
découle de la bonne tenue du secteur industriel
(+ 6 %), plus particulièrement de l’industrie
manufacturière (+ 7,9 %) qui connaît, grâce aux
investissements, modestes mais nombreux, des
Italiens, des Allemands, mais aussi des Hongrois
attirés par la main-d’œuvre bon marché et les
exemptions fiscales réservées aux zones dites
défavorisées (ou encore spéciales), un développement continu.
Selon la Chambre de commerce et d’industrie roumaine, sur les 941 000 entreprises créées depuis
1990 − dont 160 000 auraient, depuis, disparu −,
98 % auraient des capitaux entièrement privés et
51 % exerceraient une activité commerciale.
La situation dans l’agriculture (qui occupe 40 %
de la population et représente 13 % du PIB) a
été, en 2002, particulièrement préoccupante avec
un recul de la production de 3,9 %, causé par une
terrible sécheresse, qui a obligé les autorités à
lancer un programme national de lutte contre ce
fléau et la désertification
[7]. Mais les aléas climatiques ne sont pas seuls responsables du marasme
qui règne dans ce secteur victime, tour à tour, du
morcellement excessif des terres, de la privatisation frauduleuse des entreprises d’Etat, de
l’absence de financements adaptés et du manque
de restructuration du secteur foncier, comme
d’une politique de remembrement permettant un
accès facilité à la propriété, enfin du vieillissement
de la main-d’œuvre agricole. Les autorités
roumaines ont ainsi été contraintes, face à une
récolte estimée, dans la meilleure des hypothèses,
à 3,5 millions de tonnes (contre 4,4 millions en
2002 et 7 millions en 2001) d’importer des
quantités non négligeables de céréales (entre 1,5
et 2,3 millions de tonnes) qui viennent s’ajouter
aux achats croissants de viande, de lait et de sucre.
Bien qu’un nouveau creusement du déficit
commercial soit d’ores et déjà prévisible en 2003,
cette perspective ne semble pas de nature à
remettre en cause la meilleure évaluation financière dont la Roumanie bénéficie à l’issue de
l’évolution macroéconomique en 2002-2003.
Celle-ci a conduit l’Agence internationale de
notation Fitch Ratings à relever la note accordée
à la Roumanie pour la dette en devises à long
terme la portant à B+ (contre B- précédemment)
et à rehausser les cotes de plusieurs banques
commerciales, comme la banque Tiriac. L’amélioration de ce climat de confiance est également
illustrée par la notation accordée à la Banque
commerciale roumaine (BCR), la plus importante
de toutes avec 31,1 % de l’ensemble des actifs
bancaires, 28,6 % du volume des crédits et 33,3 %
du total des dépôts, par l’agence Standard and
Poor’s, passée de B- à B.
Les relations France-Roumanie
La France « est une pièce fondamentale... et, après tant de vagues dans les relations
transatlantiques, nous espérons que les choses vont se calmer », déclarait en toute
franchise le ministre des Affaires étrangères roumain, M. Geoana, en visite à Paris
les 7 et 8 avril 2003. Affectées, sur le plan politique, par les différences d’approche
concernant l’intervention américaine en Irak, les relations franco-roumaines ne devraient
pas souffrir, par contre, sur le plan économique, de ce refroidissement momentané.
En 2002, la nouvelle augmentation des échanges commerciaux entre les deux pays
n’a cependant pas modifié la place de la France dans le commerce extérieur roumain :
3e partenaire à l’exportation (6,4 % du marché roumain), 4e à l’importation (7,8 % du total
des ventes de la Roumanie). Le solde des échanges en faveur de la Roumanie, qui a
doublé par rapport à 2001, est imputable, pour l’essentiel, à l’augmentation des produits
de l’habillement et du cuir (trafic de perfectionnement passif), tandis que la hausse
observée dans les ventes françaises est directement liée à la présence croissante des
équipementiers, les produits de l’industrie automobile et les équipements mécaniques
représentant un tiers des exportations.
Les investissements français vont en se diversifiant avec l’arrivée, en 2003, du groupe
Vinci qui réalisera, dans le cadre d’un partenariat public-privé avec le ministère roumain
des Travaux publics, le tronçon routier Comarnic-Predeal. Projet d’un montant d’environ
330 millions d’euros, il fait partie du chantier de l’autoroute Bucarest-Brasov (127,5 km),
qui doit être achevé en 2007. Les marques françaises, à commencer par Renault (dont
deux modèles sont les plus vendus sur le marché local), Peugeot (qui arrive en troisième
position), Carrefour, s’imposent durablement, tandis que des groupes comme Marionnaud,
présent par l’intermédiaire des compagnies Ina International et Privilege International
Cosmetic, détient 60 % du marché local des cosmétiques. Le groupe Alstom, l’un des
premiers à s’être implanté en Roumanie et représenté actuellement au travers de quatre
filiales, s’est vu confier en 2003 la maintenance du métro de la capitale pour une durée
de quinze ans.
Tandis que le capital français investi en Roumanie est désormais supérieur à 1 milliard
d’euros (soit 11 % du total des investissements), les rangs de la communauté française
ne cessent de grossir avec, en 2002, la présence de 1 580 expatriés.
Les échanges France – Roumanie,
2000-2002 (millions d’euros)
2000 2001 2002
Exportations (fob) 822,7 1 027,4 1 121,5
Importations (cif) 905,9 1 112,0 1 293,2
Solde - 83,2 - 84,6 - 171,7
Source : Douanes françaises.
Douanes françaises.
Quant à la dette extérieure, qui a connu une
augmentation de près de 30 % en cinq ans pour
atteindre, en 2003,15,1 milliards de dollars, elle
ne constitue pas, de l’avis unanime des milieux
financiers internationaux, un motif de préoccupation.
Les réserves du FMI − qui, à plusieurs reprises
en 2002 et 2003, a différé le versement de la 4e
et dernière tranche du crédit stand-by actuellement
en cours − et de la Banque mondiale portent
encore et toujours sur les atermoiements du
gouvernement dans le domaine des privatisations
ainsi que sur son laxisme en matière budgétaire
et fiscale. Ce manque récurrent de détermination
à l’égard des réformes structurelles, qui ne sont
engagées, au final, que sous la pression extérieure,
continue de priver la transition roumaine d’une
partie de sa crédibilité comme de sa portée.
Bon an, mal an, pourtant, le dossier des privatisations
[8] avance. En témoigne le lancement des
négociations sur des dossiers stratégiques, comme
celui de la Banque commerciale roumaine (la
première du pays, à la cinquième place dans les
ex-pays de l’Est) ou encore celui du géant Petrom
(avec un volume d’extraction annuel de 6 millions de tonnes de pétrole et de 6 milliards de m
3
de gaz, 60 % du marché des carburants pour automobiles, 450 stations-service et... plus de 60 000
salariés), clé décisive de la réforme du secteur
énergétique et dont les dettes s’élevaient, à la fin
de 2002, à 590 millions de dollars et les créances
à 518 millions.
Les arriérés des entreprises qui, selon le FMI,
représentaient entre 35 et 40 % du PIB, grèvent
toujours le budget, quand bien même le gouvernement a affirmé ne plus admettre un accroissement
de leur endettement... à partir du 31 décembre
2001. Mais les dettes en cours demeurent, tandis
que les grandes entreprises d’Etat ne règlent
toujours pas leurs charges (factures de gaz, d’électricité, etc.). Cette « culture de l’impayé » scandalise les entreprises étrangères − pour leur part,
surveillées de près par l’administration fiscale afin
qu’elles honorent, rubis sur l’ongle, toutes les
taxes exigées −, jette le discrédit sur les efforts
accomplis par ailleurs en matière de consolidation budgétaire, entrave les efforts des acteurs
économiques privés auxquels s’appliquent des
taux d’imposition élevés et dissuasifs, enfin, alimente des réseaux de connivences politiques peu
compatibles avec une évolution économique
vertueuse.
Dans un effort soudain de transparence, le
ministère des Finances publiait sur son site, le
21 mai 2003, le nom des grands contribuables
ayant contracté des dettes envers le budget de
l’Etat... depuis décembre 2002. Cela représentait,
au total, une liste de 519 entreprises avec des
dettes d’un montant de 2,15 milliards de dollars,
mais où ne figuraient pas les entreprises faisant
l’objet de liquidation judiciaire.
Les investissements étrangers (1,2 milliard
d’euros pour 2002 et un total de 11 milliards
d’euros sur les douze dernières années),
demeurent effectivement insuffisants au regard
du potentiel du pays, même si les chiffres du
premier semestre de 2003 incitaient à l’optimisme
(704 millions d’euros contre 580 durant la même
période de 2002
[9] ). D’ici la fin de 2003, l’objectif
affiché par l’Agence roumaine des investissements étrangers (ARIS) est de parvenir à 2 milliards d’euros, alors que le programme de
gouvernement compte sur 1,8 milliard et que celui
de préadhésion a mis la barre à 1,4 milliard
d’euros.
Le Conseil des investissements étrangers présidé
par Ion Tiriac, qui possède l’une des premières
fortunes du pays, continue de réclamer la création
d’un environnement concurrentiel loyal avec,
parmi ses revendications, l’élimination des retards
dans le recouvrement de la TVA, l’élaboration
d’une stratégie fiscale précise fixant le niveau des
taxes pour les trois à cinq prochaines années, enfin
la mise en place d’un Code de conduite pour les
inspecteurs fiscaux, une façon diplomatique
d’en appeler à des mesures de lutte contre la
corruption.
Selon un rapport de la Banque mondiale et de la
Berd sur ce fléau, la Roumanie se place en
4e position (pays de la CEI et PECO confondus)
pour le nombre de sociétés ayant reconnu avoir
offert des pots-de-vin aux fonctionnaires. Si, par
rapport au précédent rapport qui date de 1999, ce
chiffre a diminué (36,7 % du total des entreprises,
contre 50 %), la part du chiffre d’affaires
consacrée à cette pratique est passée de 1,7 % à
2,6 %. En d’autres termes, pour un montant global
de chiffre d’affaires estimé à 25 milliards de
dollars, ces pots-de-vin s’élèveraient à 500 millions de dollars.
Un an après l’adoption d’un plan national (octobre
2001) et d’un programme de prévention de la
corruption, suivis de la création d’un Office
national de lutte contre la corruption (Napo)
[10],
le verdict de la Commission européenne, pour
laquelle l’ampleur du phénomène demeure
inchangé, est sans ambiguïté : « Si la corruption
reste une pratique courante dans les opérations
commerciales, elle est également très répandue
dans les transactions avec les administrations
publiques, ainsi qu’au niveau politique. Un tel
niveau de corruption sape le développement économique et induit une perte de confiance de la
population dans les institutions publiques ».
● Fracture sociale,
mais nouveaux modes
de consommation
Si le retour de la croissance se confirme, il ne
correspond pas pour autant à une hausse significative de la consommation des ménages, comme le
reflète le faible niveau de vie qui ne représente
actuellement que 26-27 % de la moyenne de l’UE.
Selon une étude réalisée par l’Economist Intelligence
Unit, la Roumanie aura besoin de 80 années pour
atteindre le niveau du revenu moyen par habitant
de l’UE, à condition d’enregistrer une croissance
moyenne annuelle du PIB par habitant de 3,8 %.
De nombreux sondages l’illustrent : la pauvreté est
le problème numéro un pour près d’un tiers des
Roumains interrogés, loin devant le chômage,
l’adhésion à l’Otan ou l’entrée dans l’UE.
Le salaire minimum garanti reste à un niveau très
bas (l’équivalent de 80 euros en juin 2003) une
fois rapporté au coût des principales denrées alimentaires ou au prix de l’essence, proche de celui
des pays occidentaux (soit 0,70 euro le litre,
faisant du Roumain l’Européen qui paie le plus
cher son litre d’essence). Il en est de même pour
le salaire moyen (180 euros environ) et ce, malgré
les majorations importantes intervenues au début
de l’année 2003. Seuls les salaires les plus élevés
versés dans les institutions financières et
bancaires (456 dollars), l’industrie du tabac (299),
les transports aériens (300), l’industrie d’extraction
(242) et les compagnies d’assurance (297)
permettent à une frange de la population
d’accéder à des produits comme à des services
en pleine expansion.
On assiste, depuis trois ans environ, à l’apparition d’un consommateur type attiré par le système
de la vente par correspondance et fervent habitué
des grandes surfaces qui ont fleuri à une vitesse
impressionnante dans tout le pays : tandis que
Carrefour se prépare à inaugurer un deuxième
hypermarché à l’automne 2003 à Bucarest (700
emplois et 25 millions d’investissements) et qu’un
troisième ouvrira ses portes en 2004, la chaîne
Metro Cash and Carry (Allemagne) dispose
d’ores et déjà d’un réseau de quinze magasins
dans treize villes du pays avec, pour objectif, d’en
inaugurer une vingtaine d’autres d’ici 2004. Le
plus grand hypermarché de Roumanie
(800 emplois, 40 000 m² et un investissement de
50 millions d’euros) porte l’enseigne de Cora qui
a pour projets la création de quatorze autres
succursales. La percée effectuée par l’opérateur
Orange Roumanie qui totalisait, un an après son
lancement (avril 2002), 2 375 000 abonnés, tout
comme l’augmentation des dépôts des particuliers (soit + 21 % en huit mois dans le cas de la
BRD/Société Générale qui a, par ailleurs, accru
sa clientèle de près de 300 000 personnes en un
an) témoignent d’un redémarrage de la
consommation, auquel les banques s’efforcent de
répondre. A la fin de décembre 2002, les économies des petits épargnants dans les banques
roumaines se montaient à 2,68 milliards de
dollars, soit une augmentation nominale de
39,5 % par rapport à 2001 et de 18 % en termes
réels.
Parallèlement à cette catégorie de la population,
encore largement minoritaire, qui s’engouffre
dans la société de consommation et qui, à la faveur de l’entrée de la Roumanie dans l’espace
Schengen, réapprend à voyager, il est un autre
monde qui vivote comme il peut, au prix d’une
grande souffrance sociale et d’un éclatement des
valeurs familiales. La baisse démographique enregistrée par le dernier recensement vient sanctionner, d’une part, la dégradation constante des
indicateurs de santé, d’autre part, l’ampleur du
phénomène de l’émigration. Il touche aussi bien
les jeunes diplômés, dont le rythme des départs
ne faiblit pas, y compris dans une ville de renommée
universitaire et au dynamisme économique avéré
comme Timisoara, que les adolescents des
familles de paysans entraînés dans des réseaux
d’émigration illégale. L’époque n’est plus au
« navettisme » entre les campagnes et les villes,
mais à l’émigration « pendulaire », jeunes et moins
jeunes partant dans les pays occidentaux gagner
en trois mois de travail au noir de quoi permettre
à la famille de vivre durant toute l’année et surtout
de construire une nouvelle maison. A preuve le
nombre de chantiers qui émaillent le paysage rural
dans des départements particulièrement touchés
par le chômage et traditionnellement fournisseurs
de main-d’œuvre, au nord-est et au nord-ouest
du pays. Mais par-delà les apparences, la misère
dans nombre de campagnes n’en demeure pas
moins profonde et le pourcentage d’enfants
scolarisés et de jeunes accédant à l’enseignement
supérieur en diminution constante.
Le plan national contre la pauvreté et l’exclusion,
finalisé en avril 2002, ainsi que le dispositif mis
en place pour améliorer la situation des Roms (qui
seraient entre 1 800 000 et 2 500 000)
[11], dont le
premier souci est d’assurer à une communauté
éclatée et confrontée, au quotidien, à une très forte
discrimination, une représentativité effective,
témoignent certes de la prise en compte de
problèmes sociaux pour lesquels l’UE mobilise
des moyens financiers non négligeables ; mais il
reste aux autorités tant nationales que locales à
faire la preuve de leur utilisation efficace...
Mis à part les soutiens extérieurs, les pouvoirs
publics et la société roumaine se révèlent démunis
et peu préparés à gérer des problèmes sociaux
explosifs comme la recrudescence de l’usage de
la drogue chez les jeunes ; ainsi, ces trois dernières
années, la consommation de stupéfiants chez les
15-16 ans a augmenté d’environ 200 %, la
Roumanie étant devenue à la fois un lieu de transit
et une destination pour l’héroïne et le hachisch
provenant de Turquie et des pays d’Asie centrale.
En interdisant l’accès des charrettes dans la capitale, le maire de Bucarest a fait œuvre de sagesse
pour les automobilistes, mais cette mesure
symbolise, on ne peut mieux, la coupure sociale
entre deux mondes qui pourraient être amenés à
se côtoyer de moins en moins. D’un côté, un électorat bénéficiaire de la « modernisation » du
pays − même si celle-ci s’effectue à marche
forcée −, partiellement sensible aux options libérales affichées par la majorité actuelle, de l’autre,
de larges franges de population exclues des
transformations économiques à l’oeuvre et politiquement sans repères. Face à un tel contraste,
les responsables politiques bénéficient-ils d’une
popularité, du moins d’une confiance suffisante
pour garantir un minimum de cohésion sociale ?
Une continuité
politique par défaut
L’entrée, bientôt dans l’Otan, plus tard dans l’UE,
devrait normalement permettre aux autorités de
conforter le capital de confiance dont, voilà trois
ans, elles ont été investies par leurs électeurs. Mais
elles se trouvent désormais face à une société
désenchantée, à un électorat auquel n’échappent
ni les maladresses américaines, ni les exigences
de l’UE, ni, surtout, le suivisme de leurs dirigeants.
La majorité des Roumains sait aujourd’hui que
si l’adhésion à l’UE, label de modernité, participe d’un mouvement de l’histoire fortement es-péré, ils savent aussi qu’elle ne transformera pas
la Roumanie en « pays de cocagne » dont certains
rêvaient il y a une décennie. Dès lors, le discours
qui consiste à dire que cette entrée dans l’UE doit
se mériter et vaut bien encore quelques sacrifices, ou à justifier chaque décision impopulaire
par une demande de Bruxelles peut finir par ne
plus être accepté, voire entendu
[12]. Telle est pourtant la rhétorique actuelle qui sonne d’autant plus
creux que ses auteurs ne sont pas, aux yeux de
l’opinion publique, au-dessus de tout soupçon.
Avec, pour dernier remous en date, le scandale
provoqué par le détournement de fonds européens
dont se serait rendu coupable l’époux de la ministre d’Etat à l’Intégration européenne,
Hildegard Puwak, la classe politique roumaine
souffre d’une mauvaise image que les frasques
de certains des élus du Parti social-démocrate
[13]
ou les multiples méandres que connaît la restitution des biens expropriés durant la période
communiste
[14] accentuent périodiquement. Ce
ressentiment de la population à l’égard des
responsables politiques, toutes sensibilités
confondues, n’est certes pas propre à la Roumanie
et pose, ici comme ailleurs, la question du niveau
de confiance effectif des citoyens face à des autorités, à leurs yeux, peu dignes d’estime.
Le PSD tient effectivement les rênes du pouvoir
avec fermeté, ce dont pâtissent les médias
roumains, comme le constate le rapport de la
Commission européenne dans son paragraphe
consacré à la liberté d’expression. L’absence
d’une opposition capable de faire le poids
contribue encore à appauvrir le débat démocratique, fausse le libre jeu des partis, laissant la bride
sur le cou au PSD, formation toujours encline à
des comportements autoritaires dignes de
l’époque communiste.
Ponctuée par les scandales, la vie politique l’est
aussi par les quelques différends opposant un
président de la République, toujours populaire et
très actif, à un Premier ministre, redouté et
ambitieux. A trois reprises, en moins de dix-huit
mois, le premier aura refusé d’accéder aux
demandes du second : Ion Iliescu s’est tout
d’abord opposé à envisager d’accomplir un
quatrième mandat comme l’avait souhaité
A. Nastase qui doutait de sa victoire face à ses
principaux adversaires (le maire de Bucarest et
leader du Parti démocrate, T. Basescu, d’une part,
et le dirigeant du Parti national libéral, Teodor
Stolojan, d’autre part) lors de la prochaine élection présidentielle. Il s’est ensuite déclaré hostile
à l’organisation d’élections anticipées qui auraient
permis, sans coup férir, à la majorité actuelle de
se renforcer : en tirant le meilleur profit d’une
situation économique et diplomatique, somme
toute propice, elle aurait alors mieux résisté, dans
l’attente de l’échéance tant attendue de 2007, à
« l’épreuve du temps ». Enfin, le président de la
République a écarté l’hypothèse d’un amendement constitutionnel instituant le suffrage
indirect pour désigner le chef de l’Etat, mode
d’élection manifestement mieux adapté aux
ambitions du Premier ministre, dont l’autorité
découle davantage de sa haute main sur l’appareil
du PSD − dont il est le président − que de son
charisme personnel.
L’approche des élections locales (mai 2004), qui
devraient être suivies, en octobre 2004, du scrutin
présidentiel, puis, en mars 2005, des élections
législatives devrait, à tout le moins, inciter
l’opposition à se regrouper. Mais le temps est
compté pour parvenir à constituer un pôle de
centre droit auquel il n’est pas garanti que l’Union
démocratique des Magyars de Roumanie se rallie,
elle qui ne peut que se féliciter, tout comme le
PSD d’ailleurs, d’avoir su trouver avec l’actuelle
majorité un modus vivendi satisfaisant. En
témoigne la reconduction, chaque année, depuis
les élections de décembre 2000, du pacte de
coopération aux termes duquel le porte-parole de
la minorité magyare s’engage à soutenir, lors des
votes au Parlement, le PSD (détenteur de 37 %
des sièges seulement), moyennant l’amélioration
des droits de cette communauté.
Comme l’atteste le vote du Parlement sur
l’important remaniement ministériel intervenu en
juin 2003, approuvé par 267 voix contre 7,
l’opposition demeure faible et, de surcroît,
divisée. Face à elle, le gouvernement actuel dont
la composition a été nettement resserrée en
prévision d’élections organisées par la machine
électorale du PSD, avec la maîtrise qu’on lui
connait, garde les coudées franches
[15]. Nul doute
qu’il s’emploiera, dans l’hypothèse où la
Roumanie connaîtrait une nouvelle montée du
courant extrémiste
Romania Mare, à se poser à
nouveau comme seule alternative.
Notes :
2002
1er janvier
• Les importations de produits manufacturés en
provenance des pays de l’UE sont exemptées de
taxes.
• Les Roumains seront dispensés de l’obligation
de visa pour entrer dans les pays de l’espace
Schengen, ce qui ne vaut donc pas pour la Grande-Bretagne et l’Irlande.
29 janvier
Le Premier ministre, en sa qualité de président
du PSD (Parti social-démocrate), signe un nouvel
accord d’entente avec Bela Marko, président de
l’UDMR (Union démocratique des Magyars de
Roumanie), dans la lignée de ceux déjà signés en
2000, puis en 2001.
22 février
Visite du chef de gouvernement à Moscou pour
préparer celle du Président Iliescu prévue pour
l’été 2002 lors de laquelle un accord bilatéral en
discussion depuis des années devrait être signé.
Les discussions ont longtemps achoppé sur les
références au pacte Ribbentrop-Malenkov ayant
entraîné l’annexion de la Moldavie par l’Union
soviétique en 1939 et sur la création d’une commission devant étudier la restitution à la
Roumanie de biens lui ayant appartenu et saisis
par la Russie durant la Première Guerre mondiale.
18 mars
Les résultats provisoires du recensement révèlent
une baisse de 4,2 % de la population passée, en
janvier 2002, à 21 698 181 habitants.
25-26 mars
Réunion du groupe de Vilnius créé en mai 2000,
à Bucarest, réunissant l’Albanie, la Bulgarie, la
Croatie, les trois pays baltes, la Macédoine, la
Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie. Sorte de
profession de foi, la déclaration finale exprime le
souhait de contribuer au mieux, en tant que pays
candidats à l’entrée dans l’Otan, à la sécurité européenne.
25 mars
Nette dégradation des relations entre la Roumanie et la Moldavie, le président moldave Vladimir
Voronine accusant la Roumanie de s’ingérer dans
les affaires intérieures de son pays. Quelques
semaines auparavant, les autorités roumaines
avaient ordonné au Premier secrétaire de
l’ambassade moldave de quitter son territoire, à
la suite de l’expulsion par le gouvernement
moldave de l’attaché militaire roumain en poste
à Chisinau.
12 avril
Réunion à Bruxelles de la commission bilatérale
chargée des négociations d’adhésion à l’UE.
Deux nouveaux chapitres de discussions (justice/
affaires intérieures et environnement) sont
ouverts, la Roumanie, avec douze chapitres
provisoirement clos, étant considérée comme le
pays le moins avancé dans le processus de négociations.
19 avril
Rencontre trilatérale entre le président bulgare,
Gueorgui Parvanov, son homologue roumain, Ion
Iliescu, et le Premier ministre grec, Costas Simitis,
à Snagov, en Roumanie. Sont évoqués les candidatures de la Bulgarie et de la Roumanie à l’Otan
et à l’UE, la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, des projets d’infrastructure
régionale ainsi que la situation au Proche-Orient.
C’est la troisième rencontre de ce type après celles
de Grèce (1998) et de Bulgarie (1999).
9 mai
La Banque mondiale suspend les négociations
concernant l’accord pour un second prêt PSAL-II, d’un montant de 300 millions de dollars,
reprochant à Bucarest d’avoir délivré des statistiques erronées concernant les licenciements à
opérer dans le secteur énergétique.
13 mai
Conférence de l’Otan à Reykjavik où la délégation américaine laisse clairement entendre que le
prochain élargissement de l’Otan pourrait inclure
tous les candidats. Le Congrès et le Sénat américains adoptent une déclaration en ce sens qui
prévoit une assistance financière pour l’ensemble
des Etats candidats.
19-21 mai
La Berd tient son Assemblée générale à Bucarest,
manifestation qui réunit près de 1 500 hommes
d’affaires.
24 mai
Le FMI accuse réception de la lettre d’intention
envoyée par la Roumanie afin d’obtenir le versement d’une deuxième tranche du crédit stand-by
conclu en octobre 2001. Le FMI déclare attendre
la mise en œuvre, côté roumain, d’un certain
nombre de réformes.
31 mai
Ouverture du procès, engagé par le ministre de la
Justice, de Corneliu Vadim Tudor, dirigeant du
Parti Romania Mare, pour divulgation de fausses
informations ; il risque une peine de prison de un
à cinq ans avec sursis.
10 juin
Le Parti moldave signe un accord de fusion avec
le PSD qui permet à ce dernier de grossir ses rangs
de 20 000 nouveaux membres.
13 juin
Le PSD signe un protocole de coopération avec
le Parti démocratique des Roms d’une part, le
Forum démocratique des Allemands d’autre part,
entendant ainsi continuer sa politique d’ouverture vers les minorités nationales, rapprochement
auquel les instances européennes accordent
beaucoup d’importance.
20 juin
Sixième réunion annuelle des ministres des
Affaires étrangères des pays du Processus de
coopération en Europe du Sud-Est, à Belgrade,
où sont abordés les efforts de démocratisation et
de prévention des conflits dans la région.
5-6 juillet
Réunion à Riga (Lettonie) des dix pays d’Europe
centrale et orientale du Groupe de Vilnius
candidats à l’Otan. Les dix plaident une ultime
fois leur dossier d’adhésion avant le sommet de
l’élargissement de l’Otan à Prague.
31 juillet
La Roumanie est le premier pays à signer un
accord avec les Etats-Unis s’engageant à ne pas
expatrier les soldats américains accusés de crimes
contre l’humanité par la Cour pénale internationale de la Haye conformément à l’article 98 du
Traité de Rome. Elle lève également pour eux
l’interdiction des adoptions par des étrangers
introduite en 2001 à la demande de l’UE et qui
devait durer jusqu’en janvier 2003.
4 septembre
Le ministre français de l’Intérieur, N. Sarkozy,
effectue une visite en Roumanie. Les discussions
sont centrées sur le problème des mineurs
roumains, victimes de réseaux de trafic d’êtres
humains en France.
6 septembre
Visite du président Iliescu en Ukraine, où il
appelle à un arbitrage international, afin de
résoudre le conflit frontalier qui oppose la
Roumanie à ce pays au sujet de l’île au Serpent,
où sont situés des gisements de pétrole et de gaz.
27 septembre
Le Conseil des ministres décide de retirer la
gestion du registre du commerce de la tutelle des
chambres de commerce en la confiant au ministère de la Justice, privant les chambres d’une
source importante de revenus.
15 octobre
La Bulgarie et la Roumanie inaugurent un
système de surveillance de la pollution de l’air à
leurs frontières.
13 novembre
Les ministres de la Défense bulgare, grec,
roumain et turc se rencontrent à Plovdiv
(Bulgarie) pour discuter de l’adhésion de la
Bulgarie et de la Roumanie à l’Otan, selon la
formule 2+2 (deux pays membres soutiennent la
candidature de deux autres).
21-22 novembre
La Roumanie est invitée par l’Otan, à l’occasion
de son sommet de Prague, à rejoindre ses rangs.
Le passage du statut d’Etat invité à celui de
membre de plein droit implique une période de
négociations (décembre 2002 au printemps 2003),
la signature du protocole d’adhésion de la
Roumanie qui interviendra le 31 mars 2003, enfin la soumission à ratification de chaque Etat
membre, l’adhésion pleine et entière devant
intervenir au printemps 2004. Le 23 novembre,
G. Bush, considéré comme le principal artisan
de ce succès diplomatique pour la Roumanie, est
accueilli triomphalement à Bucarest.
26 novembre
Mouvement de protestation de 10 000 salariés de
l’industrie de défense qui craignent pour leur
emploi.
9 décembre
• Le gouvernement engage sa responsabilité
devant le Parlement pour le nouveau Code du
travail, critiqué par la communauté des hommes
d’affaires et les partis de l’opposition qui considèrent excessives les nouvelles obligations
incombant aux employeurs.
• Création de l’Association action populaire
(APA), par des personnalités membres de
l’ancienne majorité et des représentants de la
société civile. Celle-ci lance un appel aux partis
de centre droit pour l’unification de l’opposition
démocratique.
12-13 décembre
Confirmation au sommet européen de Copenhague
(qui décide d’accueillir dix nouveaux membres
dans l’UE au 1er mai 2004) de l’entrée de la
Roumanie et de la Bulgarie en 2007, au plus tôt,
comme la Commission l’avait annoncé en octobre
2002 dans son rapport régulier. Mise au point
d’une nouvelle feuille de route.
20 décembre
• Le Premier ministre informe le Parlement qu’il
n’y aura pas, contrairement à certaines rumeurs,
d’élections législatives anticipées, ni de remaniement ministériel au début de 2003.
• Avec l’ouverture des chapitres sur la libre
circulation des services et sur les dispositions
budgétaires et financières, les trente et un
chapitres de négociation sont désormais
ouverts, dont seize sont provisoirement clos.
2003
1er janvier
• Entrée en vigueur d’une ordonnance d’urgence
du gouvernement visant à réduire les contributions des employeurs et employés aux fonds
d’assurance sociale.
• Libéralisation du marché des télécommunications et fin du monopole de Romtelecom en
matière de téléphonie fixe, la stratégie de privatisation de l’opérateur national ayant été approuvée
en novembre 2002. Une vingtaine d’opérateurs
privés, dont des compagnies étrangères et quatre
entreprises publiques, se sont montrés intéressés
par ce marché où les prix devraient diminuer de
30 %.
• Hausse du salaire minimum brut et instauration
d’un impôt sur les terres agricoles d’un montant
compris entre 80 000 et 300 000 lei à l’hectare
qui sera supprimé deux mois plus tard.
15 janvier
Résiliation du contrat de privatisation du combinat
sidérurgique de Resita (CSR) en raison du non-respect par l’acquéreur, l’Américan Noble
Ventures, de ses engagements.
5 février
• La Roumanie se joint aux signataires de la
déclaration du groupe des « Dix de Vilnius » qui
vise à soutenir la politique américaine à l’égard
de l’Irak.
• Le Premier ministre A. Nastase rencontre son
homologue hongrois. La limite au-dessus de
laquelle un investisseur étranger devient majoritaire actuellement de 100 000 euros, pourrait être
abaissée sur la demande des entreprises
hongroises, nombreuses à vouloir s’implanter en
Roumanie.
7 février
Valse des secrétaires d’Etat, dans pas moins de
quatorze ministères.
14 février
Le Parlement roumain octroie un droit de transit
aérien et terrestre sans restriction aux Etats-Unis
et décide de l’envoi, aux côtés des troupes américaines, de 278 soldats roumains.
22 février
Courte visite du commissaire européen à l’Elargissement, qui déclare que «2003 sera une année
cruciale pour la Roumanie, précisant qu’il n’y a
pas de garantie que l’échéance de 2007 soit
respectée si le pays ne remplit pas les critères
d’adhésion ».
23 février
L’interdiction des adoptions d’enfants roumains
par des personnes étrangères est levée. En définitive, la Roumanie n’a pas cédé à la demande
américaine de lever cette interdiction dès
septembre 2002.
3 mars
Rattachement de la monnaie roumaine à l’euro.
18 mars
Rencontre des ministres des Affaires étrangères
roumain et hongrois. La tension née avec l’adoption par le Parlement hongrois de la loi sur le statut
des communautés magyares dans les pays voisins
et vivement critiquée par Bucarest semble
dissipée.
26 mars
La Commission européenne amende le Partenariat d’adhésion de la Roumanie à l’UE signé en
1998 et déjà amendé en 1999 et en 2002, y
précisant les principaux secteurs où les réformes
sont indispensables : économie, administration
publique et justice.
7-8 avril
Visite du ministre roumain des Affaires étrangères, M. Geoana à Paris, qui vise à dissiper le
malaise provoqué par la position de la Roumanie
lors de la guerre en Irak et les propos critiques
tenus par le président Chirac le 17 février à
l’encontre de Bucarest et de l’ensemble des pays
ayant pris parti pour l’intervention américaine.
16 avril
A l’occasion de la signature officielle du traité
d’adhésion des dix nouveaux Etats membres à
l’UE à Athènes, la Commission fait état de son
intention de conclure les négociations d’adhésion
avec la Bulgarie et la Roumanie en 2004 pour
une éventuelle adhésion en 2007. Mais aucune
mention officielle n’apparaît dans le communiqué
final.
28 avril
Le FMI diffère son accord pour l’octroi de la dernière tranche du crédit stand-by jusqu’à l’automne
2003.
22 mai
La bourse des valeurs de Bucarest et la bourse
électronique Rasdaq décident de fusionner pour
former Bourse Bucarest. Le nouveau marché aura
une capitalisation de 5 milliards de lei (soit 11 %
du PIB).
3 juin
Sixième rencontre entre les Présidents roumain,
bulgare et turc. La lutte contre le terrorisme, le
rôle de l’Otan et les perspectives d’intégration
européenne figurent parmi les principaux sujets
traités.
15 juin
Annoncé le 10 juin par le président Iliescu,
important remaniement ministériel.
17 juin
Accord avec l’Ukraine qui tente d’apporter une
solution diplomatique au différend frontalier entre
les deux pays.
19-20 juin
Le Conseil européen de Thessalonique évoque
pour la première fois officiellement la date de fin
2004 pour la conclusion des négociations
d’adhésion et 2007 pour une future intégration
de la Roumanie et de la Bulgarie.
4 juillet
Signature du traité d’amitié et de coopération
russo-roumain attendu de longue date.
Principales formations
politiques
PSD arti social-démocrate, ex-Parti de la
démocratie sociale de Roumanie (PDSR)
PRM Parti de la Grande Roumanie
PD Parti démocrate
UDMR Union démocratique des Magyars de
Roumanie
PNL Parti national libéral
Résultats des dernières
élections
● Election présidentielle des 26 novembre et
10 décembre 2000
Candidats 1er tour 2e tour
Ion Iliescu (PDSR) 36,35 67,8
Corneliu Vadim Tudor (PRM) 28,34 33,2
Theodor Stolojan (PNL) 11,70 -
Mugur Isarescu (Indép.) 9,54 -
György Frunda (UDMR) 6,22 -
Petre Roman (PD) 2,99 -
Theodor Melescanu (ApR) 1,91 -
Autres candidats Moins de 1,5 % chacun* -
* Soit 1,19 % pour Eduard Manole, indépendant, 0,55 % pour
Graziela Barla, indépendant, 0,49 % pour le Prince Paul Hohenzollern,
Parti de la Réconciation nationale, 0,34 % pour Ion Sasu, Parti
socialiste du Travail, 0,29 % pour Niculae Cerveni, Parti national
libéral démocrate roumain.
Prochaines élections présidentielles : octobre
2004
● Elections législatives du 26 novembre 2000
Chambre Sénat
des députés
Parti de la démocratie
sociale de Roumanie (PDSR) 36,61 (155) 37,09 (65)
Parti de la Grande Roumanie
(PRM) 19,48 (84) 21,01 (37)
Parti démocrate (PD) 7,03 (31) 7,58 (13)
Parti national libéral (PNL) 6,89 (30) 7,48 (13)
Union démocratique
des Magyars de Roumanie
(UDMR) 6,80 (27) 6,90 (12)
Autres * 18 - (0)
Total 345 140
* Dix-huit sièges sont accordés automatiquement aux minorités qui
désignent, chacune, leur représentant.
La CDR 2000, de fait le PNT-cd, n’a recueilli que 5 % des voix,
donc un niveau insuffisant pour obtenir des sièges, celui-ci étant de
8 % pour les coalitions. L’Alliance pour la Roumanie (ApR) obtient
un peu plus de 4 %.
Prochaines élections législatives : mars 2005
Composition
du gouvernement (juin 2003)
- Premier ministre : Adrian Nastase
- Finances : Mihai Tanasescu
- Affaires étrangères : Mircea Geoana
- Economie et Commerce : Dan Ioan Popescu
- Intégration européenne : Hildegard Puwak
- Défense : Ioan Mircea Pascu
- Administration et Ordre public : Ioan Rus
- Travail, Solidarité sociale et Famille : Elena
Dumitru
- Justice : Rodica Stanoiu
- Agriculture, Forêts, Eaux et Environnement :
Ilie Sarbu
- Transports, Construction et Tourisme : Miron
Mitrea
- Culture et Cultes : Razvan Theodorescu
- Communications et Technologies de l’Information : Dan Nica
- Education, Jeunesse et Recherche : Alexandru
Athanasiu
- Ministre délégué à l’Administration publique :
Gabriel Oprea
- Ministre délégué au Commerce : Eugen
Dijmarescu
- Ministre délégué pour la Coordination des activités de contrôle
[*] : Ionel Blanculescu
- Ministre délégué, négociateur principal pour les
relations avec l’UE : Vasile Puscas
- Ministre délégué pour les Relations avec les
partenaires sociaux : Marian Sarbu
- Ministre délégué pour les Relations avec le
Parlement : Acsinte Gaspar
·
Ouvrages
·
Antoine Roger, Les fondements du nationalisme roumain (1791-1921), Librairie
Droz, Genève - Paris, 2003,286 p.
·
Raluca Muresan, Les Tziganes « au marteau ».
Transactions identitaires chez les chaudronniers de Sarulesti, Roumanie, Les Presses
de l’Université Laval, collection Intercultures, Saint-Nicolas, 2003,184 p.
·
Gil Jouannard, Maramures, Terra Incognita,
Editions du Loquet, Martel, 2003,156 p.
·
Jacques Barrat, Dan Berindei, Jean-Paul
Bled, Claudia Moisei, Géopolitique de la
Roumanie, regards croisés, Alvik Editions,
Paris, 2003,351 p.
·
Florence Heymann, Le crépuscule des lieux.
Identités juives à Czernowitz, Stock, Paris,
2003,442 p.
·
Radu Ioanid, La Roumanie et la Shoah.
Destruction et survie des Juifs et des Tsiganes
sous le régime Antonescu (1940-1944),
Editions de la Maison des sciences de
l’Homme, Paris, 2003,383 p.
·
Mircea Vultur, Collectivisme et transition
démocratique. Les campagnes roumaines à
l’épreuve du marché, Les Presses de l’Université Laval, Saint-Nicolas, 2002,202 p.
·
Revues
·
Paul Droagos Aligica, Adina Dabu, « Land
Reform and Agricultural Reform Policies
in Romania’s Transition to the Market
Economy, Overview and Assessment »,
Eastern European Economics, septembreoctobre 2003, vol. 41, n° 5, pp. 49-69.
·
Nadège Ragaru, « La Bulgarie et la Roumanie
aux portes de l’Union européenne : un si
long espoir », Pouvoirs, n° 106, septembre
2003, pp. 99-113.
·
Doina Maria Radulescu, « An Assessment
of Fiscal Sustainability in Romania », Post-Communist Economies, vol. 15, n° 2, juin
2003, pp. 259-276.
·
Georges Makris, « La transition dans les
pays balkaniques : les obstacles à la stabilisation macro-économique : le cas de
l’Albanie, de la Bulgarie et de la Roumanie »,
Balkanologie VII (1), juin 2003, pp. 189-206.
·
Mihaela Nedelcu, « Les technologies de
l’information et de la communication :
support de l’émergence d’une diaspora
roumaine ?», Balkanologie VII (1), juin
2003, pp. 43-63.
·
Bénédicte Michalon, « Circuler entre
Roumanie et Allemagne, Les Saxons de
Transylvanie, de l’émigration ethnique au
va-et-vient », Balkanologie VII (1), juin
2003, pp. 19-42.
·
Chang Chen, « The Roots of Illiberal
Nationalism in Romania : A Historical
Institutionalist Analysis of the Leninist
Legacy », East European Politics and
Societies, vol. 17, n° 2, printemps 2003,
pp. 166-201.
·
Edith Lhomel, « Roumanie-France. Vers une
coopération décentralisée exemplaire entre
la région de Cluj et l’Auvergne ?», Le courrier des pays de l’Est, n°1035, mai 2003,
pp. 80-81.
·
P.D. Aligica, « Operational Codes, Institutional Learning and the Optimistic Model
of Post-Communist Social Change.
Conceptual Criticism and Empirical
Challenges from a Romanian Case Study »,
Communist and Post-Communist Studies,
volume 36, n° 1, mars 2003, pp. 87-100.
·
Swanie Potot, « Les migrants transnationaux : une nouvelle figure sociale en
Roumanie », Revue d’études comparatives
Est-Ouest, vol. 33, mars 2002, n° 1.
·
Irina Livezeanu, « The Romanian Holocaust :
Family Quarrels », East European Politics
and Societies, vol. 16, n° 3, Fall 2002,
pp. 934-947.
·
François Bafoil, Edith Lhomel, « La préparation aux Fonds structurels de l’UE. Les
exemples de la Pologne et de la Roumanie »,
Le courrier des pays de l’Est, n° 1033, mars
2003, pp. 28-38.
·
« Budapest, Belgrade, Bucharest : the Least
Expensive Cities in Eastern Europe »,
Transition (The World Bank in Cooperation
with SITE), janvier-février-mars 2003,
vol. 14, n° 1-3.
·
Jean-Claude Hulot, « Les firmes roumaines.
Actionnariat et performance dans la post-privatisation », Le courrier des pays de l’Est,
n° 1031, janvier 2003, pp. 66-79.
·
Ralitza Dimtcheva, « La Bulgarie et la
Roumanie dans le Pacte de stabilité »,
Occasionnal Papers, n° 41, janvier 2003,
Institut d’études de sécurité de l’Union européenne, Paris, 39 p.
·
Edith Lhomel, « Michelin en Roumanie. Une
opération réussie ». Le courrier des pays de
l’Est, n° 1029, octobre 2002, pp. 56-58.
·
Régis Vouaux-Massel, « Roumanie. Un
exemple de coopération avec la France »,
Le courrier des pays de l’Est, n° 1028, in
Réformer la justice (dossier du mois),
septembre 2002, pp. 47-55.
·
Edith Lhomel, « Roumanie. Des efforts qui
appellent récompense », in « Europe centrale
et orientale 2002-2003. Une croissance
pérenne, un jeu politique rodé, des sociétés
désenchantées », Le courrier des pays de
l’Est, n° 1026, juin-juillet 2002, pp. 175-189.
·
Economist Intelligence Unit, Country
Report trimestriel), Country Profile
(annuel), « Romania ».
La lettre de Roumanie (mensuel) et la Revue
de presse (hebdomadaire), Ambassade de
France en Roumanie/Mission économique.
·
Nouvelles de Roumanie, bimestriel.
[(1)]
Cf. notamment « La crise irakienne. Positions et réactions dans les pays de la CEI et d’Europe centrale et orientale »,
Le courrier des pays de l’Est, n° 1033, mars 2003, pp. 48-59.
[(2)]
L’objectif des Etats-Unis est de disposer, à proximité du Proche-Orient, de bases permanentes sur le littoral de
la mer Noire, en Roumanie comme en Bulgarie.
[(3)]
Cf. Le Monde, 15 mars 2003 (M. Bran, « Les GI s’installent sur les plages roumaines ») et 2 avril 2003 (M. Bran,
« La présence de soldats américains à Constanta inquiète les Roumains »).
[(4)]
Les crédits alloués à la Roumanie au titre du programme Phare se sont élevés à 1,2 milliard d’euros au cours de
la période 1992-1999, à 260 millions d’euros en 2000 et à 287 en 2001, chiffres qui comprennent une dotation
annuelle de 13 millions d’euros pour les programmes de coopération transfrontalière. Le programme national Phare
2002 prévoit une dotation de 229 millions d’euros auxquels s’ajoutent 36,5 millions au titre d’un mécanisme
supplémentaire de renforcement des capacités de Phare 2002.
[(5)]
Cf. à ce sujet, F. Bafoil, E. Lhomel, « La préparation aux Fonds structurels de l’UE. Les exemples de la Pologne
et de la Roumanie »,
Le courrier des pays de l’Est, n° 1033, mars 2003, pp. 28-38.
[(6)]
Le statut vise à faciliter l’accès des marchandises roumaines sur le marché américain et l’augmentation des
investissements directs américains. C’est dans ce cadre qu’intervient l’octroi, à partir du 1
er octobre 2002, de garanties
de crédit à hauteur de 25 millions de dollars pour toute entreprise roumaine important des produits agricoles en
provenance des Etats-Unis (5
e partenaire à l’export).
[(7)]
28 % des sols sont réputés souffrir de sécheresse très sévère et 7 % de sécheresse extrême. Au cours des vingt
dernières années, le débit des rivières a baissé de moitié en montagne et de 30 % dans les plaines dans un pays
connu, par le passé, pour la qualité de son potentiel hydraulique.
[(8)]
Sont concernées pour l’exercice 2002-2003 : 26 sociétés dont 3 du secteur pétrolier et gazier (Petrom et deux
distributeurs de Distrigaz), deux autres dans l’électricité (les succursales Banat-Ouest et Dobrogea-Sud de la
compagnie Electrica), 13 sociétés du secteur de la défense (dont MFA Mizil et Elprof Bucarest) et 8 de profils
divers, sans oublier la finalisation de celle de Alro Slatina et de son fournisseur de matières premières, Alprom,
ainsi que la restructuration de la Caisse d’épargne et de consignations. La société nationale de tabac (Tutunul
Românesc) placée sous administration spéciale et qui, une fois ses dettes annulées ou rééchelonnées, devrait elle
aussi être privatisée d’ici fin 2003. Sur le processus tortueux des privatisations, se reporter à J. C. Hulot, « Les firmes
roumaines. Actionnariat et performance dans la post-privatisation »,
Le courrier des pays de l’Est, n° 1031, janvier
2003, pp. 66-79.
[(9)]
UNCTAD, Rapport mondial des investissements 2003.
[(10)]
Le Rapport de l’UE est très réservé quant à l’autonomie du Napo dont les activités sont coordonnées par le
procureur général de Roumanie et dont les membres sont choisis au sein d’une liste présélectionnée par le ministère
de la Justice. L’Office qui, au niveau national, comptera 75 procureurs, 150 officiers de police judiciaire, 35 experts
financiers, 50 auxiliaires et 10 employés administratifs et possèdera des antennes régionales dans chacune des
quinze cours d’appel, enquête sur des cas impliquant des sommes supérieures à 100 000 euros.
[(11)]
Selon le rapport d’octobre 2002 de la Commission, « Plus de 400 Roms ont été engagés en qualité d’experts,
leurs responsabilités clarifiées et les 42 bureaux locaux des Roms ont tous élaboré des plans d’action pour la période
2001-2004. Au niveau national, 15 commissions ont été créées au sein des ministères ou des agences nationales en
vue de la mise en œuvre de stratégies sectorielles », pp. 37-39.
Cf. notamment, V. Bucur, « The Roma Population in
Romania and its Education »,
Südosteuropa Mitteilungen, n° 2/2003, pp. 55-65.
[(12)]
Comme l’explique Nadège Ragaru
in « La Bulgarie et la Roumanie aux portes de l’Union européenne : un si
long espoir »,
Pouvoirs, n° 106, septembre 2003, pp. 99-113. « Tout se passe, en effet, comme si l’intégration
européenne avait servi de substitut à une réflexion sur le devenir collectif ».
[(13)]
A commencer par celles du préfet du département de Bacau ou encore celles du maire de Pietra Neamt.
Cf. Le courrier des Balkans, « Le népotisme étouffe les institutions roumaines »,
Evenimentul Zilei, 22 septembre
2003
in http :// www. balkans. eu. org/ article3605. html.
[(14)]
Cf. Le Monde, 24 juillet 2003 (Mirel Bran, « Des milliers de Roumains demandent à récupérer leurs biens
confisqués »).
[(15)]
Ancien Premier ministre, ancien proche de I. Iliescu à l’époque du Parti communiste roumain, l’actuel président
du Sénat, A. Vacaroiu, ne déclarait-il pas au lendemain des élections de décembre 2000 : « Nous sommes au pouvoir
pour quinze ans » !
[*]
Regroupant les autorités de contrôle, à savoir la Garde
financière, la Garde pour l’environnement, la Direction
générale des douanes et le Corps du contrôle du gouvernement.