Le Courrier des pays de l'Est
La Doc. française

I.S.B.N.sans
256 pages

p. 3 à 3
doi: en cours

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n° 1036-1037 2003/6-7

2003 Le Courrier des Pays de l’Est

L’ancrage dans l’Union européenne sur fond de tropisme américain

Avant-propos

Dans un contexte économique international plutôt morose, les performances affichées par les pays d’Europe centrale et orientale en 2002, comme celles prévues pour 2003 restent encourageantes. Avec une croissance moyenne de 3,7 % en 2002 qui pourrait atteindre 4 % pour 2003, les pays ex-communistes qui se préparent à entrer dans l’Union européenne (huit en 2004, deux, peut-être trois, en 2007), comme les cinq Etats dits des Balkans occidentaux font montre d’un dynamisme prometteur. Le processus d’intégration aux structures euro-atlantiques a connu une nouvelle accélération avec, à l’issue du sommet de l’Otan à Prague en novembre 2002, l’octroi du statut d’invité à la Bulgarie, la Roumanie, la Slovénie et la Slovaquie. Tous les dirigeants des pays récemment admis ou futurs candidats à l’Otan se sont rangés, sans états d’âme, aux côtés des Etats-Unis (Lettre de Vilnius du 5 février 2003) après que la Pologne, la République tchèque et la Hongrie eurent décidé, avec plusieurs de ceux des Etats membres de l’UE, de rompre « la solidarité européenne ». Survenue trois mois après le sommet historique de Copenhague (13 décembre 2002) qui décidait d’intégrer au 1er mai 2004, dix nouveaux membres dont huit post-communistes, cette attitude a semé un malaise certain ; et si les résultats des référendums organisés dans chacun des nouveaux entrants a levé toute hypothèque sur l’issue de cet élargissement de l’UE à l’Est, les pourcentages parfois importants d’abstentions ont montré combien ce retour à l’Europe avait perdu une grande partie de sa magie. Ainsi que les négociations, parfois âpres, sur la reprise de l’acquis communautaire l’ont illustré, cette intégration impliquera, à court terme du moins, des coûts d’ajustements (augmentation de la productivité, politique fiscale rigoureuse, etc.) qui exigeront des équipes politiques une culture de la persuasion et du consensus à laquelle peu d’entre elles sont accoutumées. Que dire des pays de l’Europe du Sud-Est aujourd’hui convaincus, certes, de l’utilité d’une coopération régionale capable de mieux les arrimer à l’UE, mais où la violence politique, qu’elle soit le résultat de compromis bancals (accords de Dayton et d’Ohrid) ou d’intérêts mafieux liés aux hautes sphères du pouvoir, met à mal des états de droit encore fragiles ?
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