2003
Le Courrier des Pays de l’Est
L’ancrage dans l’Union européenne sur fond de tropisme américain
Avant-propos
Dans un contexte économique international
plutôt morose, les performances affichées
par les pays d’Europe centrale et
orientale en 2002, comme celles prévues
pour 2003 restent encourageantes. Avec
une croissance moyenne de 3,7 % en
2002 qui pourrait atteindre 4 % pour
2003, les pays ex-communistes qui se
préparent à entrer dans l’Union
européenne (huit en 2004, deux, peut-être trois, en 2007), comme les cinq
Etats dits des Balkans occidentaux font
montre d’un dynamisme prometteur. Le
processus d’intégration aux structures
euro-atlantiques a connu une nouvelle
accélération avec, à l’issue du sommet
de l’Otan à Prague en novembre 2002,
l’octroi du statut d’invité à la Bulgarie, la
Roumanie, la Slovénie et la Slovaquie.
Tous les dirigeants des pays récemment
admis ou futurs candidats à l’Otan se
sont rangés, sans états d’âme, aux côtés
des Etats-Unis (Lettre de Vilnius du
5 février 2003) après que la Pologne,
la République tchèque et la Hongrie
eurent décidé, avec plusieurs de ceux
des Etats membres de l’UE, de rompre
« la solidarité européenne ». Survenue
trois mois après le sommet historique
de Copenhague (13 décembre 2002)
qui décidait d’intégrer au 1er mai 2004,
dix nouveaux membres dont huit post-communistes, cette attitude a semé un
malaise certain ; et si les résultats des
référendums organisés dans chacun des
nouveaux entrants a levé toute hypothèque
sur l’issue de cet élargissement de l’UE à
l’Est, les pourcentages parfois importants
d’abstentions ont montré combien ce
retour à l’Europe avait perdu une grande
partie de sa magie. Ainsi que les
négociations, parfois âpres, sur la reprise
de l’acquis communautaire l’ont illustré,
cette intégration impliquera, à court
terme du moins, des coûts d’ajustements
(augmentation de la productivité, politique
fiscale rigoureuse, etc.) qui exigeront des
équipes politiques une culture de la
persuasion et du consensus à laquelle
peu d’entre elles sont accoutumées. Que
dire des pays de l’Europe du Sud-Est
aujourd’hui convaincus, certes, de l’utilité
d’une coopération régionale capable de
mieux les arrimer à l’UE, mais où la
violence politique, qu’elle soit le résultat
de compromis bancals (accords de Dayton
et d’Ohrid) ou d’intérêts mafieux liés aux
hautes sphères du pouvoir, met à mal
des états de droit encore fragiles ?