Le Courrier des pays de l'Est 2003/6-7
Le Courrier des pays de l'Est
2003/6-7 (n° 1036-1037)
256 pages
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Vous consultezAlbanie 2002-2003

Toujours aussi fragile

AuteurEdith Lhomel du même auteur

La Documentation française. Manuscrit clos en septembre 2003.

Même si la situation de l’Albanie en 2002-2003 renvoie une image contrastée − avancées réalisées sur le plan extérieur, mais tableau toujours aussi sombre sur le plan intérieur − l’impression dominante demeure, en définitive, celle d’une grande fragilité.

2 Fragilité sur le plan politique, d’abord, avec une bipolarisation excessive de la scène partisane qui nuit à la recherche de consensus indispensables pour s’attaquer à des chantiers aussi gigantesques que la lutte contre la criminalité organisée ou le fléau de la corruption. La préparation des élections locales d’octobre 2003, sous la surveillance de l’OSCE, aura déclenché de nouvelles hostilités entre les deux frères ennemis que sont le Parti socialiste albanais (PSSH) et le Parti démocratique albanais (PDSH), après que les bailleurs de fonds extérieurs les eurent pourtant convaincus de la nécessité d’une trêve malheureusement de courte durée. Fragilité sur le plan économique, ensuite, illustrée par un ralentissement de la croissance et une nette aggravation du déficit de la balance des transactions courantes, tandis que les principales réformes structurelles, à commencer par les privatisations, s’embourbent. Fragilité, enfin, sur le plan social qui se traduit par des indicateurs de démographie et de santé inquiétants, comme par l’insécurité générale qui règne dans le pays, symptôme parmi d’autres de la faiblesse de l’état de droit.

3 Ce triste bilan contraste, il est vrai, avec l’image d’une Albanie présentée par ses dirigeants comme un « facteur de stabilité dans les Balkans », ce que reconnaît, avec retenue certes, le dernier rapport de la Commission européenne : « Si des progrès ont été enregistrés pour ce qui est du développement d’une bonne coopération régionale, la mise en œuvre de l’état de droit est toujours déficiente, notamment en raison de la faiblesse des institutions chargées de faire respecter la loi, d’une capacité administrative limitée, de la corruption et de la criminalité organisée »[1] [1] Document de travail des services de la Commission, Albanie. ...
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4 Partie prenante au Pacte de stabilité, au Processus de coopération en Europe du Sud-Est, à l’Initiative de l’Europe centrale, et à la Charte américano-adriatique, toutes structures qui s’efforcent de faciliter et de renforcer la collaboration régionale dans le domaine des infrastructures, de l’énergie, des forces armées et de la lutte contre la criminalité et le trafic des êtres humains, l’Albanie a multiplié en 2002-2003 les accords de libre-échange (Macédoine, Croatie, Serbie-et-Monténégro et Bosnie-Herzégovine en cours), soigné ses rapports de bon voisinage avec la Serbie-Monténégro et, surtout, ouvert avec l’Union européenne (UE) des négociations en vue de la conclusion d’un Accord de stabilisation et d’association. Mais que cet approfondissement de la coopération régionale et cette perspective d’un meilleur arrimage à l’UE concourent de façon décisive à l’assainissement impératif de la situation intérieure relèvent encore du pari.

Une évolution intérieure au point mort

5 Même s’il devient de plus en plus difficile d’identifier avec précision les causes d’une situation économique toujours préoccupante au terme de treize ans d’une transition, chaotique sur le plan intérieur et compliquée, sur le plan régional, par l’implosion violente de l’ex-Yougoslavie, chacun[2] [2] Koha Jöne, « Le pays progresse, mais pas sa classe politique :...
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s’accorde à considérer que le manque de cohésion et de détermination de la classe politique explique très largement les « dysfonctionnements » actuels, qu’ils soient institutionnels, économiques ou sociaux.

● « Une jeune démocratie assez instable »[3] [3] Ainsi que la qualifie le rapport de mars 2003 de la Commission,...
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6 L’accord passé entre les deux ténors de la vie politique albanaise aura duré six mois. Conclu en juin 2003, largement sous la pression extérieure, il avait permis de trouver un consensus autour d’un candidat unique à la présidence de la République. Cette entente que, Ilir Meta, numéro deux du PSSH, rival au sein de ce dernier de F. Nano, Premier ministre, avait ironiquement qualifié d’« union sacrée », allant jusqu’à suggérer que la scène politique pourrait redevenir « unipolaire » a été de courte durée. Durant quelques mois, on a pu voir un gouvernement prêter attention aux propositions de l’opposition. Une « atmosphère plus constructive » a permis de mettre en place un certain nombre de commissions parlementaires mixtes (PSSH/PDSH) compétentes notamment pour les élections, les problèmes relatifs à la propriété foncière et sur le dossier décisif de l’intégration euro-atlantique. Un débat ouvert et assez positif a également pu se tenir sur le vote du budget 2003, tandis que le PDSH mettait fin, en septembre 2002, à un boycott de deux années des conseils municipaux (notamment à Tirana et à Dürres, les deux principales villes). En janvier 2003, S. Berisha prenait pour motif la lenteur du gouvernement à révoquer certains hauts fonctionnaires soupçonnés de corruption pour dénoncer une entente que la base du PDSH n’avait jamais vraiment acceptée. La nécessité de mobiliser son électorat dans la perspective des élections locales de l’automne 2003 apparaît cependant une explication plus crédible. La polarisation entre ces deux forces politiques, qui ont largement dominé la scène depuis 1990, risque donc de s’accentuer à nouveau, aucune des autres formations n’ayant l’envergure nécessaire pour constituer un troisième pôle.

7 S’il est prématuré d’affirmer que ce scrutin puisse donner la mesure du futur rapport de forces au niveau national, plus d’un an avant les élections législatives prévues pour 2005, son déroulement, surveillé par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) − lesquels exercent un suivi régulier du processus électoral albanais par le biais de la Commission pour les réformes électorales − sera pour l’UE un nouveau test de la stabilité politique en Albanie.

8 Par ailleurs, le congrès du PSSH prévu pour le mois de décembre 2003, verra probablement s’engager un nouvel épisode de l’affrontement des partisans de F. Nano et de ceux de I. Meta[4] [4] Cf. à ce sujet, la tortueuse évolution politique 2001-2002,...
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pour emporter la direction du Parti. La cohabitation, entre le Premier ministre et son prédécesseur (il dirigea le gouvernement de novembre 1999 à janvier 2002), devenu vice-Premier ministre en charge des Affaires étrangères, aura donc été, elle aussi, de courte durée. Le 18 juillet 2003, Ilir Meta était démis de ses fonctions, entraînant le départ, le lendemain, d’un de ses proches, le ministre d’Etat pour l’Intégration, Sokol Nako. L’adversaire de F. Nano a donc désormais les mains libres pour critiquer l’action d’un Premier ministre auquel il reproche ses méthodes peu consensuelles et le peu de cas qu’il fait des reproches adressés par des organisations internationales comme l’OSCE.

9 Edi Rama, maire de la capitale, élu avec le soutien du PSSH en tant qu’indépendant aux précédentes élections de 2000, devrait être reconduit à la tête de la mairie. Accusé par l’opposition de détournements de fonds, mis en cause par l’ensemble de la classe politique lors de l’inondation accidentelle survenue à Tirana en septembre 2002 (à la suite de la rupture de la digue du lac artificiel situé au nord de la capitale), il doit aussi compter avec l’hostilité de F. Nano que l’on dit agacé par sa popularité. Le rapport rédigé par une Commission d’investigation sur la gestion des fonds publics par la municipalité de Tirana durant les années 1992-2002, examiné et voté par le Parlement le 17 juin (vote boycotté par les députés de l’opposition), ne semble pas de nature à le mettre en difficulté.

10 Jusqu’à présent peu visible depuis sa désignation en juin 2002, le Président Alfred Moisiu a fait, le 28 janvier 2003, un discours devant le Parlement qui a surpris par sa fermeté. Il constatait, dans une critique à peine voilée de l’action du Premier ministre, que « si des progrès significatifs avaient été obtenus, surtout en politique étrangère, les résultats avaient été moins convaincants en qui concerne les affaires interieures ». Six mois après son arrivée à la tête du pays, le chef de l’Etat semble refuser de devoir son poste à l’accord (temporaire) Nano-Berisha, reprenant à son compte les priorités énoncées par l’UE (lutte contre le crime organisé et la corruption, refonte du système judiciaire, clarification du régime juridique de la propriété privée et des restitutions, réforme du code électoral, renforcement de l’économie de marché et des institutions). Faisant allusion à l’attitude réputée autoritaire de F. Nano, il n’hésitait pas à condamner « les tendances à exercer un certain contrôle sur la politique, l’économie et les médias ».

11 Approuvée en janvier 2003, la loi sur l’organisation des travaux du Conseil des ministres vise à instaurer des procédures de sélection équitables, reposant sur des critères de professionnalisme et de compétence, afin de limiter les nominations à caractère politique auxquelles F. Nano recourt fréquemment. L’exemple le plus souvent cité concerne les responsables des Douanes dont le directeur a changé cinq fois en un an...

12 Les échos de la presse sur les auditions intervenues dans le cadre de la Commission d’enquête sur les pyramides financières[5] [5] Sociétés d’usure où des centaines de milliers d’Albanais...
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sont particulièrement édifiants sur le niveau d’irresponsabilité de l’ensemble de la classe politique à l’égard d’un phénomène où chaque camp aurait normalement à répondre de ses actes, à tout le moins de son inaction. Tandis que Sali Berisha, alors chef de l’Etat, se retranche derrière le fait qu’aucune loi n’existait à l’époque pour interdire cette pratique, Ilir Meta plaide la bonne foi, ayant vu là un moyen de faire fructifier rapidement le capital de ses concitoyens et Fatos Nano, dont le parti est soupçonné d’avoir fait main basse sur les fonds confisqués, ne daigne pas venir témoigner devant la dite Commission à laquelle les députés socialistes ont refusé un délai supplémentaire pour mener à bien ses investigations[6] [6] « Albanie : commission d’enquête sur les pyramides...
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● Une situation économique précaire

13 Selon les statistiques de la Commission économique pour l’Europe, la croissance en 2002, prévue pour être quasiment identique à celle de l’année précédente (6 % contre 6,5 %), a connu en définitive un ralentissement d’environ deux points. Cette baisse est imputable à l’impact de la crise énergétique sur la production industrielle (12,5 % du PIB), à une faible demande intérieure (en dépit d’une légère hausse de l’investissement privé) et aux médiocres résultats de l’agriculture, dont la production n’a augmenté que de 2 %, alors que sa contribution au PIB est décisive (33,2 % en 2002).

14 Le déficit budgétaire demeure très important (soit l’équivalent de 8 % du PIB), alors que les autorités, en accord avec le FMI, escomptaient une nette amélioration grâce aux recettes de la privatisation de la compagnie téléphonique Albtelekom qui a dû être reportée, pour la deuxième fois, faute d’acquéreurs, à 2003. Le même désintérêt des investisseurs vaut pour la Caisse d’épargne, dernière banque du secteur public à être proposée à la vente alors que quatre-vingt grandes entreprises restent à privatiser. L’instauration d’un « guichet-unique » pour les investisseurs étrangers, et l’adoption d’une loi sur les faillites en 2002 sont de bien modestes avancées, une fois rapportées au contexte général du milieu des affaires. De graves inondations en septembre 2002 dans la moitié sud du pays ont occasionné d’importants dégâts : routes, ponts, centrales électriques ont été sévèrement endommagés et les terres agricoles noyées durant des semaines.

15 Une telle infortune est venue accentuer la crise énergétique qui entrave le développement économique et exaspère les entreprises étrangères, désespérées de voir leurs investissements partir en fumée en raison d’interruptions de courant répétées et arbitraires ; elle a encore aggravé la vétusté des infrastructures demeurées, comme les qualifie la Commission européenne, « à l’état primitif ». D’aucuns s’étonnent d’ailleurs de l’accent mis, dans la coopération régionale, sur le futur rattachement du réseau albanais au huitième corridor européen, alors que les routes entre les principales villes du pays sont à peine praticables, exception faite de l’axe Tirana-Dürres.

16 La balance des transactions courantes a connu une nouvelle et forte dégradation en 2002, passant de 5,3 % du PIB à 9,2 % en raison d’une accentuation du déficit commercial (la facture énergétique est passée de 100 millions d’euros en 2002 contre 10 millions en 1999), d’une balance des services moins favorable et d’une baisse des transferts en devises des travailleurs albanais à l’étranger − exceptionnellement élevés l’année précédente – estimés à 500 millions d’euros. Comme l’analyse l’universitaire albanais Artan Fuga, ces transferts, décisifs pour la vie de centaines de milliers de familles, contribuent à une hausse de la demande et donc des prix internes, dispense l’administration d’un certain nombre de réformes, et enferme la population dans une passivité dramatique pour le futur du pays[7] [7] Cf. Artan Fuga, « L’émigration est-elle vraiment une...
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Principaux indicateurs économiques de l’Albanie(1) en 1995-2002 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 PIB (variation en %) 13,3 9,1 - 7,0 8,0 7,3 7,8 6,52(2) 6,0(2) Production industrielle (variation en %) - 7,2 13,6 2,8 21,8 16,0 12,0 - 20,0(2) 12,0(2) Production agricole (variation en %) 13,2 3,0 1,0 5,0 3,7 4,5 1,4(2) nd Ventes au détail (variation en %) nd nd nd nd nd nd nd - 2,2(3) Taux de chômage officiel (en % des actifs, en décembre) 12,9 12,3 14,9 17,6 18,2 16,9 15,0 nd Indice des prix à la consommation (moyenne annuelle, %) 8,0 12,7 33,1 20,3 - 0,1 0,0 3,1 5,3 Solde budgétaire (en % du PIB) nd - 6,5 - 12,5 - 10,6 - 11,1 - 9,8 - 9,1 - 8,0(2) Exportations de marchandises (en millions de dollars) 205 229 167 205 275 256 305(2) 342(2) Importations de marchandises (en millions de dollars) 680 921 685 826 1 121 1 070 1 332(2) 1 414(2) Balance commerciale (en millions de dollars) - 475 - 692 - 518 - 621 - 846 - 814 - 1 027(2) - 1 072(2) Balance des transactions courantes (en % du PIB) - 0,6 - 4,0 - 11,9 - 1,5 - 4,2 - 4,1 - 5,3 - 9,2(3) Dette extérieure brute (en % du PIB) 27 27 33 29 26 30 27 23(4) Investissements directs étrangers (en millions de dollars) 89 97 42 45 51 141 204(2) 153(2) (1) Aucune donnée sur la formation de capital fixe (2) Estimation (3) Janvier-septembre (4) Fin septembre. Source : Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et années antérieures ; Berd, Transition Report 2002.

17 Les recettes douanières (370 millions d’euros en 2002) ont également diminué en raison notamment de difficultés liées à l’adoption, en temps utile, d’une loi pour la fermeture des boutiques hors taxes (considérées comme facilitant la contre-bande) aux frontières terrestres qui avaient poussé le FMI à reporter l’examen du programme économique albanais à février 2003.

18 Les conditions de vie dans les campagnes n’ont guère de possibilité de s’améliorer tant qu’une politique de micro-crédits ne sera pas soutenue sur le plan national pour permettre de sortir d’une agriculture de subsistance à laquelle sont voués la quasi-totalité des propriétaires paysans ; les seules initiatives de cette nature, initiées par des ONG étrangères, restent des expériences-pilotes. Les échanges avec l’UE sont déterminants : ils représentent 75 % des importations albanaises (dont 30 % avec l’Italie) et 90 % de ses exportations (dont 70 % vers l’Italie). Nettement déficitaires (900 millions d’euros en 2002), ils sont surtout constitués par des produits industriels.

France-Albanie
Le renversement de tendance intervenu en 2001 dans les échanges commerciaux franco-albanais dont le montant global est resté quasiment inchangé, s’est nettement confirmé en 2002 avec, pour l’Albanie, un solde positif de 7 millions d’euros (contre 4,8 millions l’année précédente). La structure des exportations et des importations françaises a connu quelques changements : d’une part, une hausse sensible des ventes de combustibles/ carburants et métaux/produits métalliques parallèlement à une baisse importante de celles des produits agricoles, sylvicoles et piscicoles, d’autre part, un triplement des achats de produits agroalimentaires et une légère augmentation des produits minéraux et des équipements mécaniques, ces derniers représentant les deux tiers des exportations albanaises. Classée12e fournisseur et 7e client de l’Albanie, la France n’est pas un partenaire commercial stratégique pour ce pays qui, néanmoins, s’emploie à tirer le meilleur parti de son appartenance à l’espace francophone. Les relations franco-albanaises dans les autres domaines portent essentiellement sur la coopération médicale, la sauvegarde du patrimoine albanais en partenariat avec l’association Patrimoines sans frontières, les fouilles archéologiques, l’aide à l’édition d’ouvrages français en albanais, la délivrance de bourses à des étudiants albanais, la collaboration entre le Conservatoire de Paris et l’Académie des arts de Tirana, une grande majorité de ces actions étant soutenue par les autorités françaises qui consacrent à cette coopération environ 600 000 euros par an. Parmi les initiatives les plus récentes, on note, dans le cadre de la constitution d’un « Fonds pour le développement des Balkans » (dont le budget pourrait aller jusqu’à 38 millions d’euros) financé par le ministère français des Affaires étrangères et la Caisse des dépôts, la création d’un « Fonds albanais pour le développement » destiné à la mise en oeuvre de projets en milieu rural.
Avec une cinquantaine d’expatriés, la présence française, qui découle pour l’essentiel de l’implantation d’une dizaine d’entreprises (parmi elles, Coparex, Ducros, Ada, Albavia, KLP et Safege), demeure très modeste.

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Les échanges France – Albanie, 2000-2002 (millions d’euros) 2000 2001 2002 Exportations (fob) 25,0 15,0 14,9 Importations (cif) 13,7 19,8 21,9 Solde + 11,3 - 4,8 - 7,0 Source : Douanes françaises.

● Déstructuration sociale et fragilité institutionnelle

19 Tandis que 5 % des Albanais vivent avec moins de 1 dollar par jour et 25 % avec moins de deux dollars, le rapport de la Commission fait état d’une légère amélioration du PIB par habitant en 2002, toujours l’un des plus faibles d’Europe, qui atteindrait 1 400-1500 euros. Si on ne meurt peut-être pas de faim en Albanie avec une moyenne de 2 800 calories journalières par habitant (contre 3 500 dans les pays occidentaux et moins de 2 400 dans les pays en voie de développement), on peut y mourir de froid ou faute de soins : les dépenses de santé (60 dollars par an et par habitant, contre une moyenne de 2 700 dans les pays riches et une fourchette variant entre 10 et 230 dollars dans les pays pauvres) représentent 2,9 % du PIB contre une moyenne de 10 % dans les pays développés.

20 Les indicateurs démographiques (le dernier recensement date d’avril 2001) révèlent des déséquilibres inquiétants comme la surpopulation dans les villes, ou le départ à l’étranger en dix ans, de près de 50 % de la population masculine de 25 à 35 ans. On constate également une baisse de 1 % de l’accroissement démographique durant la dernière décennie, la population de l’Albanie, avec une moyenne d’âge de 26,5 ans, demeurant cependant la plus jeune d’Europe.

21 La pauvreté a engendré des maux qui concourent à une inquiétante déstructuration des liens sociaux, qu’il s’agisse d’une recrudescence de la vendetta, des violences exercées sur les femmes, notamment dans le cadre des réseaux de prostitution[8] [8] « Femmes en Albanie, un long chemin reste à parcourir »,...
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, du travail des enfants ou encore de la discrimination endurée par les minorités, notamment rom. Pour la première fois, les autorités ont tenté un recensement de ces communautés (grecque, slavomacédonienne et monténégrine) et la minorité rom (la seconde minorité culturelle avec les Valaques) devrait bénéficier, comme celles des autres pays de la région, d’une stratégie nationale d’appui, encore à l’état d’intention.

22 L’Albanie doit encore gérer les conséquences dramatiques de l’effondrement des pyramides financières de mars 1997, qui avait mis le pays au bord de la guerre civile. A l’époque, les émeutes avaient conduit au pillage de centaines de dépôts d’armes de l’armée, entraînant la dispersion dans toute l’Albanie de plus d’un demi-million de fusils de guerre, de 839 000 jeux de munitions et de 16 millions d’engins explosifs. Le banditisme s’était alors répandu comme une traînée de poudre et plus de 2 000 personnes auraient été tuées.

23 Les Nations unies se sont efforcées de convaincre le gouvernement albanais de légiférer sur ce problème des armes en circulation ou, à défaut, de prolonger les délais de remise des armes, l’amnistie prononcée à cet effet devant en principe être levée le 4 août 2002. Le Pnud a mis en place un programme de développement moyennant la remise des armes[9] [9] Cf. l’article de Afrim Krasniqi dans une des revues du...
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, vaste projet de 3,2 millions de dollars, d’abord mis en pratique dans le district méridional de Gramsh, puis étendu à d’autres districts avec le concours notamment financier des gouvernements danois, américain, japonais, norvégien, britannique et suédois. Dans le cas de Gramsh, le district a bénéficié d’infrastructures neuves pour un montant de 1,1 million de dollars qui, selon des d’émigrés revenus au pays, ont changé totalement la physionomie de la région. Cette opération de démilitarisation aurait connu un tel succès selon ses initiateurs que le PNUD a décidé de lancer une nouvelle initiative, en avril 2002, intitulé Small Arms and Light Weapons Control (SALWC) avec, également, l’appui de l’UE, toujours basée sur le même principe : récompenser avec des projets de développement les communautés qui collectent le plus d’armes. Le programme vise également à créer une base de données sur le repérage des armes et à établir un système centralisé de suivi et de localisation permettant d’identifier les propriétaires des armes et des stocks de munition enregistrés.

24 Le retour à un minimum de confiance dans les institutions passe aussi par l’assainissement du système judiciaire, dont le rapport de la Commission fait une évaluation très sévère, constatant « un manque fondamental de confiance de la population à l’égard de l’exercice de la justice et des institutions judiciaires minées par la corruption et les fautes professionnelles ». Si, en 2002, les autorités albanaises se sont félicitées que douze procureurs aient été démis de leurs fonctions et que vingt-trois autres fassent l’objet de mesures disciplinaires, la Commission s’est étonnée, pour sa part, que ces derniers n’aient pas été également poursuivis en justice. Elle pointe l’absence de volonté des tribunaux de juger les affaires concernant des trafiquants (en 2002, sur 213 affaires, 37 ont été jugées et dans 176 cas, les poursuites abandonnées) ou encore de rendre les décisions de justice exécutoires : environ 4 000 sur les 15 400 rendues en 2002 n’ont pas été suivies d’effet.

25 Un rapport, en 2003, du Département d’Etat américain sur la situation des droits de l’homme, se fait l’écho des critiques de la Commission, dénonce le comportement violent de la police et les conditions de vie déplorables dans les prisons. La corruption en haut lieu et l’essor du crime organisé en Albanie et dans les Balkans, vivement dénoncés par le commissaire européen aux Relations extérieures, Chris Patten, ont donné lieu, comme dans les pays voisins, à l’adoption d’un plan national de lutte contre ces fléaux et à la création de structures idoines en septembre 2002.

Un meilleur ancrage régional et européen

26 Officiellement, deux principes guident la politique extérieure albanaise : l’intégration aux structures euro-atlantiques et la prise en compte de la présence, dans des Etats limitrophes, de communautés albanaises importantes avec lesquelles l’Albanie voudrait développer une politique de coopération active. Les deux principes peuvent parfois s’opposer, dès lors que les instances internationales et européennes plaident par exemple pour un statu quo sur la question du Kosovo et que Tirana défend la nécessité de consolider le statut de celui-ci.

27 Passée d’une approche défensive (que les minorités soient respectées par chacun des Etats voisins) à une approche plus dynamique (se faire le porte-parole de l’ensemble de la communauté albanaise), Tirana se poserait en promoteur d’un consensus « pan-albanais », seul capable, selon elle, de marginaliser les activités des groupes radicaux. Elle chercherait ainsi à renforcer sa position de négociateur à l’égard de ses voisins comme de la communauté internationale »[10] [10] Cf. Eno Trimcev, « La politique régionale de l’Albanie :...
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● Renforcer les relations de «bon voisinage»

28 Le 22 novembre 2002, une délégation officielle conduite par le ministre des Affaires étrangères, Ilir Meta, était reçue à Belgrade par le Premier ministre serbe d’alors, Zoran Djindjic, et le Président Vojislav Kostunica. L’Albanie et la Serbie-et-Monténégro signaient trois accords et convenaient de quatorze autres dans divers domaines (économie, enseignement, culture, santé, commerce, etc.). Cette visite marque la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays depuis la fin du conflit au Kosovo avec, à l’appui, la négociation d’un accord de libre-échange en cours de finalisation. Un de ces accords supprime les visas d’entrée pour les possesseurs de passeports diplomatiques et commerciaux, un autre prévoit la protection des investissements bilatéraux, un troisième une collaboration dans le domaine médical, tandis que les Chambres de commerce des deux pays ont convenu d’accroître leur coopération, que les vols Belgrade-Tirana ont été rétablis en septembre 2002 et que l’Albanie est à nouveau reliée au Monténégro par chemin de fer. Du point de vue albanais, ces rapports qualifiés de cordiaux visent à renforcer la paix et la sécurité et à permettre « l’arrimage des Balkans à l’Europe conformément à l’objectif de tous les pays de la région ». Concernant le statut du Kosovo, I. Meta plaide pour un règlement pacifique et une définition claire du statut du Kosovo… sans plus de précision[11] [11] « Serbie-Albanie : l’embellie », Korrieri, 27...
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. Un accord de libre-échange est aussi en projet avec le Kosovo, tandis que plusieurs protocoles ont été signés entre la Mission des Nations-Unies au Kosovo (Minuk) et Tirana.

29 Les relations se sont également améliorées avec la Macédoine, depuis l’arrivée d’un nouveau gouvernement en novembre 2002 après que l’accord de libre-échange entre les deux pays soit entré en vigueur en été 2002. En avril 2003, des exercices d’entraînement militaire, préludant à la signature de la Charte adriatique, se déroulaient en Macédoine avec un troisième partenaire, la Croatie, avec laquelle un accord de libre-échange a également été signé en 2002, tout comme avec la Bosnie-Herzégovine et la Roumanie.

30 Deuxième partenaire commercial, la Grèce peut se révéler un voisin difficile même si, comme avec l’Italie, Tirana a tout intérêt à entretenir avec ces deux pays membres de l’UE les meilleures relations possibles. Lors d’une visite à Athènes en avril 2003, F. Nano a demandé à son homologue grec que son pays abroge une loi de 1940 instaurant l’état de guerre entre les deux pays au moment de l’exode de la minorité cham qui se réfugia en Albanie, à une époque où celle-ci était occupée par les troupes de Mussolini[12] [12] Cf. Agim I. Tartari, « Quelques commentaires sur les relations...
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. En dépit de l’existence d’un traité d’amitié entre les deux pays signé en 1992, cette loi, toujours en vigueur, empêche aujourd’hui les membres de la minorité cham de revendiquer leurs biens restés en Grèce. La main-d’oeuvre albanaise est devenue une quasi-nécessité pour Athènes, même si les vexations à la frontière albano-grecque à l’égard de ces travailleurs, souvent clandestins, sont monnaie courante. L’afflux d’immigrants ne tarit pas et leur force de travail est devenue aussi utile à l’économie grecque que les revenus qui en découlent sont nécessaires à l’économie albanaise. Le recensement de cette main-d’œuvre n’est guère aisée, même si le gouvernement grec s’est résolu à la régulariser, d’abord ponctuellement, en délivrant des cartes de séjour provisoires « blanches », puis des cartes « vertes » qui permettent de sortir de Grèce et d’y revenir dans un délai donné. Sur la base des chiffres recueillis à l’occasion de deux vagues de régularisation intervenues en 1997 (dont auraient profité 353 000 Albanais), puis en mai 2001 (112 000 Albanais auraient alors acquis la « carte verte »), la dernière estimation s’élève à 450 000 personnes au moins, soit 15 % de la population de l’Albanie (et 4,5 % de celle de la Grèce).

31 Les relations économiques et commerciales se sont multipliées de part et d’autre de la frontière et comme l’écrit P.Y. Péchoux : « Il est vraisemblable que ces esquisses de réseaux commerciaux se trouveront confortées et étendues du fait que les immigrés albanais en Grèce, rétribués en euros à partir de 2002, répandront la devise européenne en Albanie au moment où elle aura remplacé, officiellement ou non, le mark au Kosovo et dans d’autres parties de l’ex-Yougoslavie »[13] [13] Cf. Pierre-Yves Péchoux, « La Frontière albanaise de...
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.

● L’UE entrouvre sa porte

32 Les négociations en vue de la conclusion d’un Accord de stabilisation et d’association (ASA) ont été officiellement lancées à la fin de janvier 2003. Ces négociations qui risquent « d’être longues et laborieuses », accordent une attention particulière à la justice et aux affaires intérieures, se posant en véritable baromètre des progrès accomplis par les autorités albanaises dans le domaine de la consolidation des institutions.

33 Si, du côté de Bruxelles, on s’appuie sur le principe qu’aucune intégration européenne n’est possible sans stabilité de chacun des Etats des Balkans occidentaux, pour les autorités albanaises, une stabilité durable n’est envisageable que si on permet à leur pays de s’engager très concrètement dans ce processus d’intégration. Certains analystes albanais vont même plus loin imputant à l’UE la responsabilité du développement des réseaux mafieux sur le territoire albanais, dès lors que celle-ci ne recherche pas à approfondir suffisamment la coordination des actions de lutte de concert avec Tirana[14] [14] Veton Surroi, « L’intégration européenne et la question...
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. La signature d’un ASA se veut donc une solution médiane qui permet à chacune des deux parties d’effectuer une partie du chemin. Si la perspective de l’ASA doit jouer un rôle moteur dans la poursuite des réformes, Bruxelles entend − face à un pays, selon certains analystes, « gangrené » politiquement et économiquement par le racket, les trafics en tous genres et le népotisme − ne pas brusquer le processus et n’a fixé, au sommet de Thessalonique de juin 2003, aucune échéance précise.

34 D’ici trois ans, certains observateurs albanais avancent par contre l’hypothèse que l’Albanie pourrait être officiellement invitée à se joindre à l’Otan ; dans cette perspective, il faudrait porter le budget de la défense à près de 2,1 % du PIB soit 150 millions d’euros, effort pour le moins important quand on connaît le déficit actuel.

35 Pour Tirana, la décision d’adhérer à l’Otan est plus politique que militaire ; si le syndrome du danger russe n’a pas lieu d’être dans son cas, elle sait que sa situation géographique intéresse les Etats-Unis dont elle a toujours loué l’attitude dans la crise du Kosovo. Le parrainage, par ces derniers, d’une Charte adriatique réunissant l’Albanie, la Macédoine et la Croatie afin que ces trois pays se préparent, ensemble, à négocier leur entrée dans l’Otan en est une illustration. Les mêmes signaient d’ailleurs, le 12 février 2003, une déclaration soulignant « la nécessité de désarmer l’Irak par n’importe quel moyen ». Et c’est « en signe de solidarité concrète » que le Parlement albanais votait, le 9 mars, à l’unanimité, un soutien sans réserves à Washington. Approuvé par l’opinion publique et la majorité des médias, cet alignement sur les Etats-Unis bénéficiait aussi de l’appui de la diaspora albanaise d’outre-atlantique.

Annexe

Annexe Chronologie

36 2002

37 24 janvier En présence des principaux responsables des partis politiques albanais, le Parlement européen présente un rapport très sévère sur la situation politique albanaise et l’ampleur de la corruption, considérant que l’ouverture des négociations concernant l’Accord de stabilisation et d’association (ASA) ne pourront intervenir qu’une fois l’élection présidentielle albanaise menée à bien, donc au plus tôt au second semestre 2002. Le rapport sera approuvé le 16 mai en séance plénière à Strasbourg.

38 28 janvier Le Premier ministre Ilir Meta présente sa démission qui est immédiatement acceptée par le Président Mejdani.

39 31 janvier Les députés du PDSH (parti démocratique) reviennent siéger à l’Assemblée.

40 6 février Quelques jours après le gel d’un prêt de 30 millions de dollars par le FMI, le comité directeur du PSSH (Parti socialiste) désigne Pandeli Majko comme candidat officiel au poste de Premier ministre.

41 15 février La candidature de P. Majko est acceptée par le Président albanais ; un nouveau gouvernement peut enfin être constitué.

42 19 février
• Visite de la Fédération des Chambres de commerce d’Israël qui invite la Chambre de commerce et d’industrie de Tirana à collaborer davantage avec les entrepreneurs israëliens. Les échanges n’en demeurent pas moins insignifiants.
• La Compagnie turque Kurum investit 25 millions de dollars dans le rachat de l’usine de traitement de cuivre de Rubik sur la base d’un contrat de concession d’une durée de trente ans.

43 6 mars Accord entre l’Albanie et l’UE ; Bruxelles accordera une aide pour un montant total de 145 millions d’euros sur 4 ans.

44 19 mars Le Parlement vote à une large majorité la destitution du Procureur général de la République, Arben Rakipi, les députés de l’opposition ayant pour une fois décidé de joindre leurs voix à celles d’une partie de la majorité, en l’occurrence les partisans de I. Meta. Cette destitution intervient à la demande du Premier ministre qui reproche à F. Nano d’avoir fait pression sur le Procureur afin que celui-ci enquête sur la corruption d’un ministre appartenant au gouvernement démissionnaire de janvier.

45 25-26 mars La direction générale du tourisme albanais organise la première foire régionale du tourisme à Tirana. Les participants viennent du Monténégro, du Kosovo, de Bulgarie, Roumanie, Grèce, Turquie, Chypre et Italie.

46 28 mars Reconduction du programme CAS (Country Assistance Strategy) par la Banque mondiale, qui a pour but de réduire la pauvreté. L’accord entrera en vigueur le 1er août 2002.

47 29 mars
• Réunion à Tirana des chefs d’Etat participant au processus de coopération entre les pays de l’Europe du Sud-Est.
• Signature de l’accord de libre-échange entre la Macédoine et l’Albanie qui vise une diminution, puis une élimination progressive des droits de douane sur une série de marchandises.

48 2 mai Approuvée en 1996, l’ouverture de la Bourse de Tirana devient effective. Le gouvernement devrait apporter une contribution de 104 000 euros à la mise de fonds initiale permettant son démarrage.

49 20 juin Sixième réunion annuelle des ministres des Affaires étrangères des pays du Processus de coopération en Europe du Sud-Est (SEECP), à Belgrade où ils discutent des efforts de démocratisation et de prévention des conflits dans la région.

50 24 juin Après des mois de tractations entre l’opposition et la majorité comme au sein de cette dernière, le Parlement élit Alfred Moisiu, seul candidat en lice, à la présidence de la République avec 97 voix pour, 14 abstentions et 20 contre.

51 28 juin
• Leka Zogu, fils du roi Zogu 1er d’Albanie est autorisé à rentrer en Albanie après 63 ans d’exil. Condamné par la justice albanaise par contumace pour « l’organisation de manifestations illégales ayant pour but le renversement de l’ordre constitutionnel après les élections du 26 juin 1997 », l’héritier du roi albanais profite d’une amnistie générale prononcée en 2002.
• Signature d’un mémorandum sur les politiques économiques et financières pour les années 2002-2004 entre le Premier ministre, le ministre des Finances et le gouverneur de la Banque centrale, Shkelqim Cani, en présence du représentant du FMI à Tirana.

52 1er juillet 2002 Instauration d’une taxe foncière qui devrait concerner les 400 000 agriculteurs recensés dans le pays sous réserve que la totalité des terres soit enregistrée au cadastre ; seuls, 40 % des 579 250 hectares redistribués à l’issue de la réforme agraire de 1991 (soit 98,4 % des terres agricoles) l’étaient en juillet 2001. Une taxe sur l’environnement devrait également entrer en vigueur à la même date.

53 5-6 juillet Réunion à Riga des dix pays d’Europe centrale et orientale du « Groupe de Vilnius » candidats à l’Otan auquel l’Albanie est partie prenante. Les pays plaident une dernière fois avant le sommet de l’Otan de novembre 2002 leur dossier d’adhésion.

54 29 juillet Après la démission de P. Majko présentée le 25 juillet suite à la décision du Comité directeur du PSSH d’accorder au titulaire de la présidence du Parti, le poste de Premier ministre (75 voix pour, 5 contre et 15 abstentions), la candidature de Fatos Nano au poste de Premier ministre est approuvée par A. Moisiu. La composition du nouveau gouvernement sera approuvée le 31 juillet à 81 voix contre 48 et trois abstentions.

55 9 septembre Les ministres des Transports d’Albanie, de Bulgarie, de Grèce, d’Italie, de Macédoine et de Turquie signent un mémorandum à Bari (Italie) définissant le tracé du corridor paneuropéen n° 8 qui doit relier le Caucase et l’Asie centrale à l’Europe.

56 Mi-septembre Tirana subit des inondations importantes en raison d’une rupture du réseau d’approvisionnement en eau, incident d’origine volontaire selon certaines sources ayant pour but de mettre le maire de la capitale en difficulté.

57 26-27 novembre Ilir Meta, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères effectue une visite que l’on peut qualifier d’« historique » à Belgrade.

58 5 décembre C. Patten, commissaire européen pour les Relations extérieures se rend en Albanie pour y discuter des modalités de l’ouverture des négociations concernant l’ASA.

59 10-11 décembre Rencontre des ministres de la Défense des pays d’Europe du Sud-Est à Rome.

60 2003

61 13 janvier La Troïka européenne, présidée par l’actuel président du Conseil des ministres de l’UE, Georges Papandreou, se rend en Albanie. Le ministre grec annonce l’ouverture imminente des négociations sur l’ASA.

62 15 janvier L’Albanie assume durant le premier trimestre 2003 la présidence du forum européen de la coopération pour la sécurité dans le cadre de l’OSCE. C’est la première fois que l’Albanie préside cette instance depuis son adhésion à l’OSCE en 1991.

63 23 janvier Réunion tripartite à Skopje des ministres des Affaires étrangères albanais, macédonien et croate pour coordonner les activités des trois pays en vue de leur adhésion à l’Otan.

64 29 janvier L’Albanie et la Croatie signent un accord de coopération en matière de lutte contre la criminalité organisée et autres activités illicites.

65 31 janvier Le président de la Commission européenne, Romano Prodi, se rend en visite officielle en Albanie où il y annonce l’ouverture des négociations en vue de la conclusion d’un ASA entre Tirana et l’UE dont la première réunion aura lieu le 13 février 2003.

66 10 février L’Albanie se joint aux pays signataires de la déclaration de Vilnius dont l’objectif est de soutenir la position américaine sur la question de l’Irak.

67 12 février Tenue du sommet « Adriatique 3 » qui réunit la Croatie, la Macédoine et l’Albanie avec à l’ordre du jour, la rédaction et l’approbation d’une Charte de partenariat pour la coopération régionale (qui sera signée à Dubrovnik le 7 mars 2003) et l’intégration à l’Otan.

68 21 février Visite officielle du Premier ministre roumain, Adrian Nastase.

69 26 février Dans le cadre de l’octroi d’un crédit sur trois ans décidé en juin 2002, le FMI dresse un bilan mitigé de l’évolution économique albanaise.

70 5 mars L’Albanie participe à la réunion des ministres de l’Intérieur des pays de l’Europe du Sud-Est à Belgrade avec au centre des discussions, la lutte contre la criminalité organisée et l’amélioration de la libre circulation des citoyens de la région.

71 13 mars Vote du Parlement albanais décidant de l’ouverture de l’espace aérien et maritime du pays aux troupes américaines.

72 15 mars Le Premier ministre, F. Nano, se rend à Belgrade à la cérémonie des obsèques du Premier ministre serbe assassiné à Belgrade.

73 24-25 mars Réunion de la Task force Albanie-UE sur la question de la réforme de la justice albanaise.

74 1er avril
• Le Président de la République, A. Moisiu, se rend en visite officielle en Italie.
• Le Premier ministre, F. Nano, se rend en visite de travail en Grèce avec pour objectif d’améliorer les relations toujours problématiques entre les deux pays.

75 9 avril Sixième sommet du processus de coopération en Europe du Sud-Est (SEECP) à Belgrade. Les chefs d’Etat et de gouvernement d’Albanie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Grèce, Macédoine, Roumanie, Serbie-Monténégro et Turquie expriment la détermination des Balkans à faire partie dans un avenir proche de l’UE et de l’Otan. Ils expriment également leurs « souhaits sincères de fin rapide du conflit en Irak » et soulignent le rôle prééminent des Nations unies dans le règlement des conflits.

76 2 mai Le secrétaire d’Etat américain, Colin Powell, signe à Tirana une « Charte adriatique » avec l’Albanie, la Macédoine et la Croatie destinée à faciliter l’intégration de ces trois pays aux institutions euro-atlantiques.

77 19-20 juin Le Conseil européen de Thessalonique réitère son soutien de principe à une future admission des pays de l’Europe du Sud-Est, dont l’Albanie, dans l’Union européenne, sans qu’aucune échéance ne soit cependant envisagée.

78 12 juillet Rencontre trilatérale entre les présidents d’Albanie, de Bulgarie et de Macédoine à Ohrid pour évoquer les perspectives de construction du corridor paneuropéen n° 8.

79 18 juillet La sourde et ancienne opposition entre le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères, Ilir Meta, aboutit à la démission de ce dernier, suivi de celle du ministre responsable de l’Intégration.

Principales formations politiques

80 PSSH arti socialiste d’Albanie, ex-parti communiste (intitulé Parti du Travail avant 1990). Président : Fatos Nano

81 PDSH Parti démocratique d’Albanie. Président : Sali Berisha

82 PRSH Parti républicain d’Albanie. Président : Fatmir Mediu

83 PBDNJ nion pour les droits de l’homme, ex-Omonia. Président : Jorgo Labovitjadhi

84 PSDSH arti social-démocrate d’Albanie. Président : Gramoz Pashko

85 PAD Parti de l’alliance démocratique. Président : Neritan Çeka

86 AD Alternative démocratique, rebaptisée Parti démocrate rénové. Président : Genc Pollo

87 PL Parti royaliste de la légalité

88 PA Parti agraire

89 PLD Parti libéral-démocrate

90 PBK Parti du front national

Résultat des dernières élections

Election présidentielle

91 Elu par l’Assemblée (populaire) le 24 juin 2002, Alfred Moisiu a succédé à Rexhep Mejdani.

92 Prochaine échéance présidentielle : 2007

Elections législatives du 24 juin et du 8 juillet 2001

 - 

Formations % des voix Nombre de sièges Parti socialiste (PSSH)(2) 41,54 73 Parti démocratique (PDSH)-Union pour la victoire(3) 36,81 46 Parti démocrate rénové (AD)(4) 5,08 6 Parti social-démocrate (PSDSH)(2) 3,64 4 Union pour les droits de l’homme (PBDNJ) 2,61 3 Parti agraire (PA) 2,56 3 Parti de l’alliance démocratique (PAD) 2,54 3 Indépendants - 2 Autres(5) 7,78 - Total(6) 100 140 (1) Cinq tours ont été nécessaires dans certains districts, ces résultats donnés par la Commission électorale centrale n’ayant été délivrés qu’à la fin du mois d’août 2001. (2) Ces formations participent d’une «Alliance pour l’Etat» constituée pour les législatives de 1997 que le PSSH n’a que partiellement réactivée. (3) Coalition qui regroupe le PL, le PBK, le PRSH et le PLD mais seuls les candidats du PDSH auraient obtenu des sièges. (4) Encore intitulé dans d’autres sources : «Parti des réformateurs». (5) Le total devant être de 100, ce pourcentage a pu être obtenu par de petites formations, chacune n’ayant pu passer le seuil des 2,5 %. (6) L’Assemblée populaire est normalement composée de 155 députés.

93 Prochaines échéances législatives : 2005

Composition du gouvernement [*] [*] La quasi-totalité des membres appartient au PSSH. ...
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(août 2003)

94

  • Premier ministre : Fatos Nano
  • Vice-Premier ministre, en charge des Affaires étrangères : vacant
  • Ministre d’Etat chargé de la lutte contre la corruption : Blendi Klosi
  • Ministre d’Etat chargé de l’Intégration : vacant
  • Finances : Kastriot Islami
  • Défense : Pandeli Majko
  • Intérieur : Luan Rama
  • Economie : Arben Malaj
  • Justice : Spiro Peci
  • Agriculture et Alimentation : Agron Duka
  • indépendant)
  • Transports et Télécommunications : Spartak Poci
  • Santé : Mustafa Xhani
  • Travail et Affaires sociales : Valentina Leskaj
  • Education et Sciences : Luan Memushi
  • Culture, Jeunesse et Sports : Arta Dade
  • Collectivités locales et Décentralisation : Ben Blushi
  • Industrie et Energie : Viktor Doda
  • Environnement : Lufter Xhuveli
  • Aménagement du territoire et Tourisme : Besnik Dervishi

Bibliographie

Sélection bibliographique

Ouvrages

International Crisis Group, Albania : State of the Nation, Bruxelles, 2003,25 p.

Stéphanie Schwander-Sievers, Bernd J. Fischer (Ed.), Albanian Identities : Myth and History, Hurst, London, 2002,238 p.

Revues

Corrado Campobasso, « Albania », in Economic Situation in 2002 and Perspectives for 2003 in Central and South-Eastern Europe, Est-Ovest, n° 3,2003, pp. 146-158.

Yves Péchoux, « La frontière albanaise de la Grèce : Ségrégation nationalitaire ou complémentarité balkanique ?», Bulletin de l’Association des géographes français - Géographies, n° 2, juin 2003, pp. 160-174.

IMF, « Albania : « Selected Issues and Statistical Appendix », IMF Country Report, n° 03/64, mars 2003,75 p.

IMF, « Albania : Staff Report for the 2002 Article IV Consultation, First Review Under the Three Year Arrangement For the Poverty Reduction and Growth Facility and Requests for Modification and Waiver of Performance Criterion », IMF Country Report n° 03/63, mars 2003,63 p.

Afrim Krasniqi, « Démilitarisation des communautés en Albanie », Choix magazine, vol. 11, n° 4, décembre 2002, pp. 14-15.

Nathalie Clayer, « Existe-t-il un islam politique albanais ?», Après-demain, n° 447-449, décembre 2002, pp. 19-23.

Beryl Nicholson, « The Wrong End of the Telescope : Economic Migrants, Immigration Policy and How it Looks from Albania », The Political Quaterly, vol. 73, n° 4, novembre-décembre 2002, pp. 436-444.

Artan Fuga, Edith Lhomel, « Albanie. Des résultats équivoques », in Europe centrale et orientale 2001-2002. Une croissance pérenne, un jeu politique rodé, des sociétés désenchantées, Le courrier des pays de l’Est, n° 1026, juin-juillet 2002, pp. 4-18.

World Bank, « Poverty in Albania, A Qualitative Assessment », World Bank Technical Paper, n° 520,2002,131 p.

Economist Intelligence Unit, Country Report trimestriel), Country Profile (annuel) « Albania ».

Le courrier des Balkans, http.// w www.balkans.eu.org

Le journal de l’Ambassade d’Albanie, publication mensuelle, www.amb-albanie-paris.com

 

Notes

[ (1)] Document de travail des services de la Commission, Albanie. Stabilisation et association - Rapport 2003, Bruxelles, 26 mars 2003, SEC (2003) 339.Retour

[ (2)] Koha Jöne, « Le pays progresse, mais pas sa classe politique : où va l’Albanie ?», 1er avril 2003 http :// w www.balkans.eu.org/article2938.html,mise en ligne, 15 avril 2003.Retour

[ (3)] Ainsi que la qualifie le rapport de mars 2003 de la Commission, p. 3.Retour

[ (4)] Cf. à ce sujet, la tortueuse évolution politique 2001-2002, A. Fuga, E. Lhomel « Albanie 2001-2002. Des résultats équivoques », Le courrier des pays de l’Est, n° 1026, juin-juillet 2002, pp. 4-18.Retour

[ (5)] Sociétés d’usure où des centaines de milliers d’Albanais engouffrèrent toutes leurs économies, l’effondrement des pyramides financières mirent le pays au bord de la guerre civile en 1997. Cf. E. Lhomel, « Faillites et crise de confiance », Le courrier des pays de l’Est, n° 419, mai-juin 1997 et « Un fragile retour à la normale », Le courrier des pays de l’Est, n° 428-429, mars-avril-mai 1998.Retour

[ (6)] « Albanie : commission d’enquête sur les pyramides financières », in Reportazh, 8 juillet 2003, http :// www.balkans.eu.org/article3313.html.Retour

[ (7)] Cf. Artan Fuga, « L’émigration est-elle vraiment une chance pour l’Albanie ?», Koha Jone, 8 septembre 2003. h http ://www.balkans.eu.org/article3574.html.Ainsi que l’article de Beryk Nicholson, « The Wrong End of The Telescope : Economic Migrants, Immigration Policy and How it Looks from Albania », Political Quarterly, vol. 73, n° 4, October-December 2002, pp. 436-444.Retour

[ (8)] « Femmes en Albanie, un long chemin reste à parcourir », Karavan, 24 novembre 2002. http :// w www.balkans.eu.org2027.htmlet « Albanie : la ville de Vlora en guerre contre la drogue et la prostitution », Korrieri, 18 novembre 2002. http ://www.balkans.eu.org/article1856.html.Retour

[ (9)] Cf. l’article de Afrim Krasniqi dans une des revues du PNUD, « Démilitarisation des communautés en Albanie », Choix magazine, décembre 2002.Retour

[ (10)] Cf. Eno Trimcev, « La politique régionale de l’Albanie : entre intégration euro-atlantique et question albanaise », Karavan, juillet 2003 h http ://wwww.balkans.eu.org/article3448.html.Retour

[ (11)] « Serbie-Albanie : l’embellie », Korrieri, 27 novembre 2002. http ://www.balkans.eu.org/article2036.html.Retour

[ (12)] Cf. Agim I. Tartari, « Quelques commentaires sur les relations albano-grecques » Koha Jone, 11 janvier 2003. http ://www.balkans.eu.org/article2161.html.Retour

[ (13)] Cf. Pierre-Yves Péchoux, « La Frontière albanaise de la Grèce : ségrégation nationalitaire ou complémentarité balkanique », Bulletin de l’association de géographes français, juin 2003 – 2, pp. 162-174.Retour

[ (14)] Veton Surroi, « L’intégration européenne et la question albanaise », in Koha Ditore, 17 septembre 2002, http :// w www.balkans.eu.org/article1255.html, 2 octobre 2002.Retour

[ *] La quasi-totalité des membres appartient au PSSH.Retour

Résumé

Même si l’ouverture de négociations en vue de la conclusion d’un Accord de Stabilisation et d’Association entre l’Albanie et l’Union européenne en janvier 2003 constitue un progrès important vers un ancrage plus ferme de ce pays à l’Europe, la situation intérieure n’incite toujours pas à l’optimisme. Après une trêve qui n’aura duré que six mois, les deux frères ennemis de la scène politique (Fatos Nano, Premier ministre et leader du Parti socialiste albanais d’une part, Sali Berisha dirigeant du principal parti d’opposition le Parti démocratique d’autre part) fourbissent de nouveau leurs armes dans la pers- pective des élections locales de l’automne 2003 face à un électorat totalement désabusé. La corruption qui sévit jusque dans les hautes sphères de l’appareil d’Etat, l’ampleur des réseaux de prostitution et de drogue qui gangrènent une économie portée, à hauteur de plus d’un tiers de son PIB, par les transferts des travailleurs à l’étranger, sont parmi les symptômes les plus criants de la fragilité de ce pays. Au regard de la situation régionale troublée des années précédentes, Tirana peut cependant se féliciter d’une nette amélioration de ses relations avec plusieurs de ses voisins : normalisa- tion avec la Serbie-Monténégro, relatif apaisement avec la Grèce, approfondissement des échanges avec la Croatie et la Macédoine dans le cadre de la Charte adriatique, placée sous le parrainage des Etats-Unis auxquels l’Albanie a apporté lors de la guerre en Irak, un soutien sans faille.



Albania Still Just as Fragile
While negotiations aimed at concluding a Stabilization and Association Accord between Albania and the European Union in January 2003 represent significant progress towards anchoring the country more firmly in Europe, the domestic situation does not encourage optimism. After a truce which only lasted six months, the two opponents in the political arena (Fatos Nano, Prime minister and leader of the Albanian Socialist Party and Sali Berisha, leader of the main opposition party, the Democratic Party) rattled sa- bres once more during the autumn 2003 local elections in an attempt to come to terms with a completely discouraged population. Some of the most flagrant symptoms of the country’s fragility lie in the cor- ruption which reaches to the higher government echelons, wide-ranging prostitution and drug networks which are rotting an economy in which over a third of the country’s GDP comes from transfers from its emigrant workers. Considering the troubled regional situation of previous years, Tirana can, however, be proud of clearly improved relations with several of its neighbours : normaliza- tion with Serbia-Montenegro, a relative appeasement with Greece, more trade with Croatia and Macedonia within the context of the Adriatic Charter, under the auspices of the United States, to which Albania lent unwavering support during the Iraq War.

PLAN DE L'ARTICLE


POUR CITER CET ARTICLE

Édith Lhomel « Albanie 2002-2003 », Le Courrier des pays de l'Est 6/2003 (n° 1036-1037), p. 4-16.
URL :
www.cairn.info/revue-le-courrier-des-pays-de-l-est-2003-6-page-4.htm.