2003
Le Courrier des Pays de l’Est
Croatie 2002–2003
Résolument tournée vers l’Europe
Daniel Thomas
Chercheur en relations internationales. Manuscrit clos en juillet 2003.
La Croatie a un objectif : adhérer à
l’Union européenne. Elle a fait acte
de candidature en février 2003 et
espère bien devenir membre en 2007,
en même temps que la Bulgarie et la
Roumanie. Même si le pays a d’ores
et déjà rempli certains critères poli-
tiques, économiques et sociaux
définis dans le Processus de stabili-
sation et d’association (lois sur
l’audiovisuel, sur les minorités,
réforme du Code du travail, des
systèmes de retraite et de santé, etc.),
des obstacles de taille doivent encore
être surmontés, comme la réintégra-
tion de ceux qui ont fui les manifes-
tations de haine ethnique et, surtout,
l’instauration d’une coopération
étroite avec le Tribunal pénal inter-
national pour l’ex-Yougoslavie.
Comme l’ont illustré plusieurs
affaires en 2002 et 2003, cette condi-
tion est particulièrement délicate à
gérer par le gouvernement écartelé
entre l’obligation de livrer au
Tribunal les Croates inculpés et le
nécessaire ménagement d’une popu-
lation peu disposée à voir l’un des
siens soumis à la justice internatio-
nale. Un moment ébranlée par la
sortie de l’un des six partis la
composant, la coalition gouverne-
mentale, conduite par Ivica Racan,
semble avoir désormais trouvé un
certain rythme de croisière qui lui
permet d’envisager sérieusement la
tenue anticipée des élections législa-
tives, initialement prévues pour
février 2004. Elle peut, en effet, se
targuer d’une amélioration réelle des
relations avec les pays voisins, ainsi
que d’une situation économique
plutôt favorable. Avec une croissance
de 5,2 % en 2002 et un taux d’infla-
tion maîtrisé, la Croatie pourrait
rivaliser avec la Slovénie, n’étaient un
chômage qui oscille autour de 20 %
depuis des années et un déficit
courant important qui ne cesse de se
creuser, en dépit des bons résultats du
tourisme, dont le développement est
cependant bridé par l’insuffisance des
structures hôtelières. Enfin, le
processus de privatisation se déroule
plus lentement que prévu, en raison
des irrégularités qui ont entaché
certaines opérations, avec, notamment,
pour conséquence des flux d’inves-
tissements étrangers relativement
modestes.
Croatia has one objective :
membership in the European
Union. She submitted her
candidacy in February 2003,
hoping to become a member in
2007 along with Bulgaria and
Rumania. While the country has
already filled some of the
political, economic and social
criteria put forward by the
Stabilization and Association
Process (laws on television, on
minorities, reforms of labor
legislation, pensions and the
health system), considerable
obstacles remain to be over-
come, such as the reintegration
of those who fled manifest
ethnic hatred and, most impor-
tantly, the establishment of
close ties with the International
Penal Tribunal for ex-Yugoslavia.
As was demonstrated by
several affairs in 2002 and 2003,
this places the government in a
particularly delicate position as
it is caught between the obliga-
tion to give up suspected
Croats to the Tribunal and the
necessity of appeasing a popu-
lation little inclined to see one
of its own subjected to interna-
tional justice. Temporarily
shaken by the departure of one
of its six components, the coa-
lition government led by Ivica
Racan seems to have finally
come to grips with the situation
which enables it to seriously
anticipate early legislative
elections, previously set for
February 2004. Croatia is
working towards improved
relations with neighboring
countries as well as towards a
relatively improved economic
situation. With growth at 5.2 %
in 2002 and a controlled rate of
inflation, Croatia could compete
with Slovenia were it not for
unemployment which has
fluctuated at around 20 % for
years as well as a substantial
current deficit which continues
to rise despite positive results
from tourism, hampered,
however, by a lack of hotels.
Finally, the privatization
process is taking place at a
pace slower than expected due
to irregularities in some
operations, with, in particular, a
relatively modest influx of
foreign investments.
L’année 2003 restera marquée,
sur le plan politique, par deux
événements majeurs : la remise
par le Premier ministre, Ivica
Racan, le 21 février à Athènes
(sous la présidence grecque de
l’UE) de la candidature officielle
de la Croatie à l’adhésion à
l’Union européenne (UE) et,
comme cela est fort probable, la
tenue anticipée d’élections législatives à l’automne. La Croatie
a ainsi résolument mis le cap sur
l’Europe et s’est fixé comme objectif de rejoindre
la deuxième vague d’élargissement, aux côtés de
la Roumanie et de la Bulgarie, prévue pour 2007.
Elle s’est pour ce faire lancée dans un ambitieux
programme de réformes administratives, économiques et sociales visant à mettre le pays au
niveau des standards européens. Des obstacles
de taille doivent encore être surmontés : le retour
des réfugiés, la coopération avec le Tribunal pénal
international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), la
réforme de la justice. La Croatie possède toute-fois des atouts importants pour atteindre son
objectif : une économie relativement prospère par
rapport aux autres pays de la région et une forte
mobilisation de l’ensemble de la classe politique
comme d’une grande partie de la population.
Depuis la crise politique de l’été 2002, qui s’est
soldée par la sortie du Parti social-libéral (HSLS)
de la coalition gouvernementale, la politique de
rapprochement de l’UE semble avoir connu un
coup d’accélérateur. Le Premier ministre a
présenté en effet au Parlement, en décembre 2002,
un programme allant dans ce sens et obtenu un
vote de confiance dont il est sorti largement
renforcé, sa politique ayant été approuvée non
seulement par les partis de la coalition gouvernementale, mais également par la plupart de ceux
de l’opposition, y compris la Communauté
démocratique croate (HDZ).
Le 21 février 2003, à la suite d’une importante
offensive diplomatique, qui a vu le Premier
ministre, le ministre des Affaires étrangères et le
Président faire le tour des capitales européennes
pour s’assurer du soutien de certains pays, Ivica
Racan a déposé officiellement la candidature à
l’adhésion de la Croatie à l’UE. Le Conseil
Affaires générales et relations extérieures de l’UE
du 14 avril 2003 a invité la Commission à
examiner la candidature croate, notamment au
travers d’un certain nombre de questionnaires et
elle devrait formuler un avis, vraisemblablement
dans le courant du premier semestre de 2004, qui
servira de base pour les négociations d’adhésion.
La Croatie est donc actuellement le seul pays des
Balkans occidentaux qui ait concrètement engagé
une démarche de rapprochement de l’UE. Il lui
reste toutefois à satisfaire rapidement à un certain
nombre de conditions politiques, sociales et économiques, en particulier celles définies au
sommet de Zagreb, en novembre 2000, dans le
cadre du Processus de stabilisation et d’association. Bien que les autorités croates affirment
remplir plus de la moitié de ces critères et avoir
mis en conformité la législation, un rapport de
l’OSCE (Croatia Status Report, du 18 novembre
2002) pointe bien des questions importantes à
régler.
Dans le cadre des réformes mises en œuvre par
le gouvernement, pour notamment s’aligner sur
les normes européennes, de nombreuses lois ont
été votées au cours de 2003 : loi sur la radiotélévision pour garantir une plus grande liberté aux
médias (mais sans qu’elle soit approuvée par
l’UE), loi constitutionnelle sur les droits des
minorités nationales, réformes du Code du travail,
du régime de retraite et du système de santé.
Les chantiers autoroutiers, la réduction des
effectifs des forces armées, la baisse du chômage
figurent également parmi les principales réalisations du gouvernement. Mais il reste quelques
dossiers importants à traiter, qui pourraient
ralentir la marche vers l’UE : la question du retour
des réfugiés que le gouvernement a déclaré
vouloir régler d’ici la fin de 2003 et les relations
avec le TPIY, qui restent relativement tendues
en raison de l’affaire Ante Gotovina (voir infra).
Mais la réforme apparemment la plus difficile qui
demandera le plus de temps sera celle de la justice.
Jugée inefficace et corrompue par la population,
elle est, de plus, fortement pénalisée par l’insuffisance des moyens budgétaires, la faiblesse de
ses effectifs et la médiocrité de leur niveau de
formation. L’arriéré d’affaires en suspens
s’accumulant, le gouvernement entend ériger cette
réforme au rang de ses principales priorités.
Un paysage politique
mouvant
La coalition gouvernementale a été confrontée,
en juillet 2002, à la crise la plus grave depuis les
élections qui l’ont amenée au pouvoir en janvier
2000. Face à l’obstruction croissante du Parti
social-libéral (HSLS) du Premier vice-Premier
ministre d’alors, Drazen Budisa, notamment à
propos de la ratification de l’accord conclu avec
les Slovènes sur la centrale nucléaire de Krsko,
le Premier ministre, Ivica Racan, donnait la
démission de son gouvernement le 5 juillet. Chargé
par le président Stipe Mesic de former une nouvelle
équipe, I. Racan évinçait les ministres issus du
HSLS et obtenait du Parlement un vote de
confiance le 31 juillet, en s’appuyant notamment
sur le soutien d’une fraction dissidente du HSLS,
nommée Libra, club de « libéraux indépendants ».
Depuis cette crise, la coalition gouvernementale
a réussi à se maintenir au pouvoir malgré de
nombreuses turbulences et tensions, en particulier entre ses deux principales composantes, le
Parti social-démocrate (SDP) et le Parti paysan
(HSS), dirigé par le président du Parlement,
Zlatko Tomcic. La composition du gouvernement
formé le 30 juillet 2002 a, de fait, entériné les
évolutions politiques déjà perceptibles dans les
sondages. Ainsi, le HSLS a subi une très nette
perte d’influence en raison de la politique
controversée de son dirigeant, Drazen Budisa, et
du départ d’une partie de ses membres qui,
regroupés au sein de Libra, sont demeurés dans
la coalition gouvernementale. Par contre, le Parti
populaire (HNS) et surtout le Parti paysan, qui
étaient considérés à l’intérieur de cette coalition
comme des formations de moindre envergure, ont
connu une montée en puissance certaine.
Fort de la dynamique du rapprochement de
l’Europe qu’il a engagée et d’un certain nombre
de résultats positifs à son actif (gestion réussie
sur le plan intérieur de l’affaire du général
Bobetko, recul du chômage, visite du Pape en juin
2003), le gouvernement envisage d’organiser,
dans le courant de l’automne 2003, sans doute en
novembre, des élections législatives anticipées
(qui, initialement, devaient se tenir en février 2004).
Bien que la HDZ reste, par le nombre d’électeurs,
le parti politique le plus important, il n’est pas
certain toutefois que cela lui permette de gagner
les prochaines élections législatives. En effet,
selon un sondage publié en juin 2003 par l’Institut
républicain international (américain), elle obtiendrait 23 % des voix, le SDP 16 %, le HSS 9 % et
le HNS 9 %. La seule autre formation à passer la
barre des 5 % nécessaires pour pouvoir envoyer
des députés au Parlement serait le Parti croate du
droit (HSP), dont l’orientation d’extrême droite
aurait été fortement atténuée. Les autres partis
ayant actuellement des représentants au
Parlement, notamment le Parti social-libéral
(HSLS), le Centre démocrate (DC), les libéraux
de Libra et le Parti démocrate d’Istrie (IDS),
devraient donc perdre leurs sièges. Ce sondage
montre aussi que Stipe Mesic reste de loin la
personnalité la plus appréciée ; il est suivi de Mate
Granic − alors que son parti, le DC, ne devrait
pas réussir à franchir le seuil des 5 % −, de Zlatko
Tomcic (leader du HSS), d’Ivica Racan (SDP)
et de Vesna Pusic (HNS).
La HDZ a tenté de se rapprocher de formations
comme le HSLS de Drazen Budisa (qui a quitté
la coalition gouvernementale), le DC de l’ancien
Premier ministre et dissident de la HDZ, Mate
Granic, et le HSP ; mais il est fort possible que
son poids politique, largement supérieur à celui
des autres partis de l’opposition, l’empêche de
trouver des partenaires de coalition, ceux-ci
pouvant craindre d’être absorbés ou largement
dominés. De plus, elle risque de se trouver pénalisée par la nouvelle loi électorale qui, conformément à la loi constitutionnelle sur les droits des
minorités votée en décembre 2002, a augmenté
le nombre de députés élus par les minorités
nationales, qui passe de cinq à huit, au détriment
de celui des représentants de la diaspora croate
votant habituellement de façon très majoritaire
pour la HDZ, qui a été réduit de six à un.
Ivo Sanader, le nouveau président de la HDZ
(fondée par l’ex-président Franjo Tudjman), tente
de corriger l’image négative de parti affairiste et
corrompu, qui a conduit la Croatie à un quasi-isolement international, et s’efforce de la
transformer en une formation de droite traditionnelle. Il a ainsi réussi à en faire exclure en
septembre 2002 son principal et malheureux rival
(de quelques voix seulement) à la présidence du
mouvement, Ivic Pasalic, chef de file de l’aile la
plus radicale et du «lobby herzégovinien », qui
s’est empressé de créer une nouvelle formation
politique, le Bloc croate. Mais ce dernier n’a pas
vraiment réussi à trouver une réelle audience
auprès de la population et a contribué à un émiettement supplémentaire de la droite radicale, dans
laquelle on peut également classer Véritable
renaissance croate (HIP), parti créé par le fils de
F. Tudjman.
La tenue, le 23 juin 2003, du 8e congrès de la
HDZ, auquel ont assisté de nombreux représentants étrangers de partis conservateurs et
chrétiens-démocrates, n’a fait que conforter la
place de leader d’Ivo Sanader, même si celui-ci
souffre à l’évidence d’un manque de popularité
et de charisme (selon un sondage effectué en mars
2003, il recueille plus de 50 % d’opinions négatives).
Après le réaménagement gouvernemental de
juillet 2002 et malgré les tensions récurrentes
entre le SDP et le HSS, la coalition semble avoir
trouvé un certain rythme de croisière, lui
permettant même d’envisager sa reconduction si
elle remporte, de nouveau, les prochaines élections. En cas de victoire, la baisse de popularité
du chef du gouvernement actuel et la position de
pivot du HSS, qui refuse, pour l’instant, d’entrer
dans une coalition formelle avec le SDP,
pourraient amener Zlatko Tomcic à briguer le
poste de Premier ministre. Mais il n’est pas exclu
non plus que le HSS décide finalement de s’allier
au principal parti d’opposition (la HDZ), en dépit
de l’absence, fortement remarquée, de ses représentants au 8e congrès de la HDZ.
La difficile coopération
avec le TPIY
La vie politique intérieure a continué d’être très
troublée, en 2003, par les affaires liées à la
coopération avec le TPIY. Celle-ci est non seulement une obligation légale en vertu de la résolution 827 du Conseil de sécurité du 25 mai 1993
ainsi que pour les signataires des accords de
Dayton, mais aussi une condition préalable à un
rapprochement de l’UE. L’inculpation, le 23 septembre 2002, par le TPIY, assortie d’un mandat
d’arrêt, du général Janko Bobetko, chef d’étatmajor de l’armée croate de novembre 1992 à
juillet 1995, a placé le gouvernement de I. Racan
dans une situation très délicate vis-à-vis de l’opinion
publique. L’inculpé, âgé de 83 ans et très malade,
était en effet considéré par une grande partie de
la population comme un héros national et comme
l’un des principaux artisans de « la guerre patriotique » de 1991-1995. Sa mise en cause, au titre
de la responsabilité de commandement, pour des
crimes de guerre commis en 1993 (exécution de
38 civils serbes), lors des opérations militaires
menées par l’armée croate pour réduire la poche
de Medak (au sud de Zagreb), a été perçue par
beaucoup comme une contestation par La Haye
de la légitimité même de cette guerre. Le
gouvernement, tout en continuant d’affirmer la
volonté pleine et entière de la Croatie de coopérer
avec le TPIY, a préféré temporiser pour ménager
l’opinion publique, refusant d’obtempérer, dans
un premier temps, aux demandes du Tribunal.
La décision des autorités croates de contester le
contenu de l’acte d’accusation auprès du TPIY
n’a pas été sans conséquences sur le plan international : ainsi, le Royaume-Uni a, en guise de
sanction, suspendu le processus de ratification
de l’Accord de stabilisation et d’association
(ASA) que l’UE avait signé avec la Croatie le
29 octobre 2001. Or, même si le pays a adopté
un plan pour la mise en œuvre de l’ASA, ce
dernier doit être ratifié par tous les Etats
membres pour pouvoir entrer en vigueur ;
actuellement, dix l’ont ratifié.
Cette affaire a également été l’occasion pour le
président Mesic d’asseoir son autorité morale en
prenant immédiatement et clairement fait et cause
pour une coopération sans réserve de la Croatie
avec le Tribunal de La Haye. Cette position
courageuse, car totalement à contre-courant de
l’opinion publique, a contribué à renforcer son
image d’homme politique intègre et d’interlocuteur
sérieux aux yeux de la communauté internationale.
La requête croate a toutefois été prise en compte
par le TPIY, avec la mise en place, le 14 octobre
2002, d’une cour d’arbitrage qui s’est prononcée
pour la validité de l’acte d’inculpation, rejetant
les objections de Zagreb. Les autorités croates
ont alors avancé l’argument du fragile état de
santé de l’inculpé, qui interdisait tout déplacement
et donc toute possibilité de jugement. Le général
Bobetko était alors retranché chez lui, entouré de
conseillers hostiles au gouvernement et à la
coopération avec le TPIY, et sa maison était
surveillée par des vétérans de la « guerre patriotique » déterminés à empêcher toute tentative
d’arrestation de leur ancien commandant en chef.
C’est le Premier ministre, en personne, qui s’est
employé à convaincre J. Bobetko de se laisser
hospitaliser, afin de bénéficier de soins plus efficaces, tout en lui promettant, solennellement, de
ne pas profiter de cette situation pour lui remettre,
contre sa volonté, l’acte d’inculpation de La Haye.
Des experts médicaux mandatés par le TPIY ont
alors constaté l’état critique du général qui rendait
impossible, momentanément, tout déplacement et
toute comparution de l’intéressé. La procureure
générale du TPIY, Carla Del Ponte, a alors
accepté de surseoir au mandat d’arrêt à condition
toutefois que l’acte d’inculpation soit remis à son
avocat et qu’un examen médical soit effectué tous
les six mois. Mais le général est décédé le 29 avril
2003.
Les démêlés de la Croatie avec le TPIY n’ont
pas pris fin pour autant, Carla Del Ponte ayant
ensuite exigé des autorités qu’elles procèdent à
l’arrestation du général Gotovina. Celui-ci, en
fuite depuis son inculpation en juillet 2001, est
considéré par beaucoup de Croates, à l’instar du
général Bobetko, comme un héros national. Les
partis nationalistes ont instrumentalisé l’affaire
et fait de celui-ci un véritable symbole. Selon la
procureure générale, c’est grâce à de nombreuses
complicités, tant dans la population qu’au sein
du pouvoir, que Ante Gotovina a réussi jusqu’à
présent à échapper à la justice. Le TPIY mettait
même en doute la réelle volonté du gouvernement
de procéder à son interpellation, affirmant que
l’endroit où se cachait le fugitif était connu…
Jusqu’au coup de théâtre de juin 2003, quand le
général Gotovina décidait de donner un entretien
à l’hebdomadaire Nacional, dans lequel il reconnaissait l’autorité du Tribunal de La Haye et
affirmait qu’il souhaitait se rendre à condition
d’être entendu, au préalable, comme suspect et
non comme inculpé. Le président Mesic se
proposait alors comme médiateur entre le TPIY
et A. Gotovina et demandait à C. del Ponte d’examiner la possibilité de modifier ou de retirer l’acte
d’inculpation. Bien que la réponse ait été négative, l’affaire Gotovina pourrait connaître un
dénouement rapide. De plus, la reconnaissance
par l’inculpé de la légitimité du Tribunal devrait
rendre beaucoup plus difficiles, voire improbables, des réactions négatives de la part d’éventuels futurs inculpés croates, de toutes façons
moins emblématiques et populaires que
A. Gotovina ou J. Bobetko. Grâce à l’habileté du
gouvernement, l’opinion publique, pour sa part,
a progressivement évolué sur la question de la
coopération avec le TPIY. Il n’en reste pas moins
que l’affaire Bobetko a entamé le crédit de la
Croatie sur le plan international.
Une autre « grande affaire » pénale a été la
condamnation par un tribunal croate, le 24 mars
2003, du général Norac (également considéré
comme un héros par une frange importante de la
population) à douze ans de prison pour crimes de
guerre commis en 1991. Le TPIY a considéré cet
événement comme un progrès pour la Croatie,
qui s’est ainsi montrée capable de juger elle-même les crimes de guerre perpétrés sur son
territoire par ses nationaux.
Une position extérieure
plus affirmée
La Croatie semble bien décidée à ne plus se
focaliser sur son passé et à vouloir développer et
améliorer ses relations avec ses proches ou plus
lointains voisins.
● Dans la région
Le milieu de l’année 2002 avait été marqué par
une recrudescence des tensions. Plusieurs
contentieux subsistaient, par exemple, avec la
Slovénie : la délimitation des frontières maritimes
entre les deux pays dans la baie de Piran, l’utilisation de la centrale nucléaire commune de Krsko
et le dédommagement des épargnants croates, qui
étaient clients de la Ljubljanska Banka avant
l’indépendance des deux pays (ce dernier litige
n’est d’ailleurs toujours pas réglé). La crise
survenue en août 2002 entre pêcheurs slovènes
et croates dans la baie de Piran est révélatrice des
crispations que la délimitation du territoire
continue de susciter en Croatie. Ce motif est également à l’origine de l’incident survenu sur le
Danube, le 28 juillet 2002, lorsque des élus locaux
croates ont été la cible des tirs de soldats yougoslaves dans une zone frontalière contestée.
Mais des progrès tangibles ont été accomplis dans
le développement d’actions bilatérales et multilatérales au sein de la région ; c’est le cas du
programme de coopération relatif au bassin
danubien, mis sur pied en mai 2002, à Vienne,
par treize pays, dont la Bosnie-Herzégovine
(BiH), la Croatie, la Serbie-Monténégro et
l’ancienne république yougoslave de Macédoine
(en tant qu’observateur), ainsi que de l’accordcadre sur le bassin de la Save, conclu entre la
BiH, la Croatie, la Serbie-Monténégro et la
Slovénie en décembre 2002, et essentiellement
centré sur la gestion de l’eau, la navigation et la
protection de l’environnement. Selon le deuxième
rapport annuel de la Commission européenne sur
le Processus de stabilisation et d’association en
faveur de l’Europe du Sud-Est de mars 2003, « ce
dernier accord donne un bon exemple de pays
qui prennent conscience de la dimension régionale d’un problème pour faire de ce potentiel une
réalité ». L’initiative la plus spectaculaire a été la
signature inattendue avec la Serbie-Monténégro, en
décembre 2002, d’un protocole temporaire réglant
la question de la délimitation de la frontière entre
les deux pays, dans la région de Prevlaka. De
façon générale, les rapports entre ces deux anciens
adversaires tendent à s’améliorer, comme le
montrent la signature d’un accord de libre-échange, ainsi que la décision prise en juin 2003
de libéraliser le régime des visas entre les deux
pays. Cette dernière mesure n’est cependant
envisagée que de façon provisoire de la part de la
Croatie, celle-ci exigeant la résolution d’un
certain nombre de questions, comme la démilitarisation de la frontière danubienne du côté serbe,
ou la restitution de documents de l’état civil
croate. Néanmoins, la présence d’Ivica Racan aux
obsèques du Premier ministre serbe, Zoran
Djindjic, assassiné en mars 2003, constitue un
symbole fort du réchauffement des relations entre
les deux pays, bien que les inquiétudes des
Croates au sujet de l’évolution de la situation
politique chez leur principal voisin n’aient pas
totalement disparu.
En ce qui concerne la Bosnie-Herzégovine, la
Croatie a officiellement renoncé aux liens privilégiés qu’elle pouvait nouer avec la communauté
croate de ce pays, conformément aux accords de
Dayton. Elle devrait également conclure un
accord aux termes duquel les ressortissants
bosniaques vivant en Croatie (250 000 personnes)
et ayant la double nationalité ne pourront plus
voter que dans un seul pays, de leur choix. La
Croatie ne se désintéresse pas, pour autant, du
sort des Bosno-Croates, comme l’a montré, en
décembre 2002, une déclaration du vice-président
(SDP) du Parlement, Zdravko Tomac, qui a
provoqué une véritable tempête médiatique et
politique ; il n’a en effet pas hésité à affirmer que
la politique menée par F. Tudjman à l’égard de la
Bosnie n’était pas vraiment mauvaise. Cette
polémique mise à part, de nombreux Croates
estiment que les accords de Dayton ne sont plus
adaptés, du fait des nombreux changements
intervenus en Bosnie-Herzégovine depuis la fin
de la guerre et qu’ils prennent, en l’occurrence,
insuffisamment en compte les droits de la
communauté croate de Bosnie, ce qui justifierait,
selon eux, une renégociation de ces accords.
● Sur la scène internationale
En 2002, le président Mesic et les membres du
gouvernement ont multiplié les voyages et les
rencontres bilatérales, et pas uniquement dans
l’optique de l’intégration à l’UE. Face aux
demandes pressantes des Etats-Unis de rejoindre
la coalition anti-irakienne, le ministre des Affaires
étrangères, Tonino Picula, finit par signer la
déclaration des Dix du Groupe de Vilnius, soutenant
la coalition américano-britannique ; mais il fut
critiqué pour ce « faux-pas », le Président, puis le
Premier ministre se prononçant clairement pour
le respect de la légalité internationale et des
décisions du Conseil de sécurité. L’opinion
publique était d’ailleurs majoritairement en
accord avec cette position, plus de 70 % de la
population se déclarant défavorable à une intervention des Américains en Irak sans l’aval du
Conseil de sécurité. La plupart des partis politiques adoptèrent ce même point de vue, à
l’exception de la HDZ : son président, Ivo
Sanader, qui semblait d’ailleurs ne pas faire l’unanimité au sein de sa formation sur ce sujet, déclara
en effet qu’il se rangeait aux côtés des Etats-Unis.
Selon certains analystes politiques, cette attitude,
à contre-courant de l’opinion publique, s’expliquerait par le soutien politique et financier
qu’apporte à la HDZ la diaspora croate des Etats-Unis, réputée largement favorable à l’intervention américaine. Les autorités croates ont, quant
à elles, persisté dans leur position « légaliste » sur
la crise irakienne, rejoignant ainsi ostensiblement
sur ce point la France et l’Allemagne. Leur
réponse au non paper américain, demandant aux
pays faisant partie de la coalition antiterroriste
d’indiquer dans quelle mesure ils étaient prêts à
s’impliquer dans une possible action militaire, a
été d’autoriser le survol de l’espace aérien croate,
ainsi que les atterrissages et l’approvisionnement
en carburant des appareils uniquement civils. Le
Premier ministre a justifié cette décision en
déclarant que le Parlement était seul habilité à
autoriser l’entrée de soldats étrangers sur le territoire national. La Croatie a également refusé de
figurer sur la liste des pays faisant virtuellement
partie de la coalition anti-irakienne sous le
leadership des Etats-Unis, s’exposant ainsi, aux
dires de certains officiels américains, à de
possibles sanctions.
Cette première grande confrontation de la Croatie
avec son ancien « protecteur » a été suivie par un
deuxième incident, à la suite de la demande
adressée par Washington aux Etats ayant ratifié
le traité sur la Cour pénale internationale (CPI)
de s’engager à ne pas extrader les citoyens américains appelés à comparaître devant cette Cour.
Or, une telle demande était difficilement acceptable en Croatie, compte tenu de l’intransigeance
américaine à propos de la coopération avec le
TPIY. De plus, l’Union européenne avait déjà
adopté une position commune sur ce sujet en
septembre 2002, soutenant sans réserve le traité
de Rome de 1998 qui institue la CPI. Les Américains ont alors décidé de supprimer leur aide
militaire à tous les pays qui n’auraient pas signé
un accord de non-extradition avant le 1er juillet
2003, à l’exception de ceux bénéficiant d’une
exemption accordée par le Président des Etats-Unis. Malgré l’échec des négociations visant à
obtenir cette exemption, les Croates ont refusé
de s’incliner, se privant ainsi d’une aide de 21 millions de dollars. Ces deux affaires témoignent on
ne peut plus clairement du nouveau et courageux
positionnement international de la Croatie et de
l’orientation résolument européenne de sa politique étrangère.
Une croissance
vigoureuse sur fond
de déséquilibres
Les indicateurs macroéconomiques de la Croatie
continuent de se montrer plutôt bons, avec
notamment un taux de croissance de 5,2 % pour
2002. La Croatie reste, derrière la Slovénie, le
pays le plus riche de l’ex-Yougoslavie et, par bien
des aspects, elle présente une structure économique proche de celle d’un pays de l’OCDE.
Toutefois, elle pourrait rencontrer prochainement
certaines difficultés, provoquées par les déséquilibres de ses comptes extérieurs, tandis que le taux
de chômage continue de plafonner autour de 20 %.
● Endettement et déficit
courant : deux évolutions
inquiétantes
La dette extérieure qui, en 2002, s’élevait à
14 milliards de dollars selon la Berd, aurait
augmenté de près de 1,7 milliard depuis le début
de 2003 ; selon la Banque nationale croate, elle
pourrait en outre s’accroître de 3 milliards de
dollars d’ici la fin de l’année, représentant alors
68 % du PIB. Même si cette institution explique
qu’une partie de cette augmentation est imputable
à la dépréciation du dollar, alors que les emprunts
sont contractés en euros, il devient urgent pour
l’économie croate de parvenir à maîtriser une évolution dont le rythme s’accélère.
La croissance relativement forte qu’a connue la
Croatie en 2002 est pour l’essentiel le résultat de
la hausse de la consommation intérieure, émanant
des entreprises comme des particuliers, grâce à
un recours accru au crédit, celui-ci étant favorisé
par des taux d’intérêt particulièrement bas. Le
risque inflationniste que cela comporte semble
pour l’instant maîtrisé, avec un taux de 2,4 % en
2002, mais une légère augmentation est prévue
pour 2003, la hausse de l’indice des prix à la
consommation étant estimée aux alentours de
3 %. Toutefois, cet accroissement de la consommation se traduit surtout par une majoration des
importations. D’un montant de 4,9 milliards de
dollars, les exportations n’ont augmenté que
d’environ 5 % en 2002, les importations ayant,
quant à elles, enregistré une hausse de 17,1 %,
pour atteindre 10,7 milliards de dollars, soit un
taux de couverture de 45 %. La multiplication
des centres commerciaux, ainsi que le développement du tourisme, ont contribué à dynamiser
les importations de biens de consommation et de
produits alimentaires, ainsi que d’automobiles. Il
en est résulté un creusement du déficit commercial qui a atteint 5,8 milliards de dollars, ce qui
correspond à 26,3 % du PIB. Les recettes touristiques et les transferts de fonds par la diaspora
n’ont que très partiellement compensé cette
mauvaise performance et le déficit de la balance
des transactions courantes, avec 1,5 milliard de
dollars, a atteint en 2002 6,9 % du PIB (selon la
Mission économique de l’ambassade de France
à Zagreb).
Principaux indicateurs économiques de la Croatie en 1995-2002
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002
PIB (variation en %) 6,8 6,0 6,5 2,5 - 0,9 2,9 3,8(1) 3,5(1)
Production industrielle
(variation en %) 0,3 3,1 6,8 3,7 - 1,4 1,7 6,0 5,4(1)
Production agricole
(variation en %) 0,7 1,3 4,0 10,2 - 3,5 2,8 8,5(1) nd
Ventes au détail
(variation en %) 16,5 - 3,5 14,9 - 0,4 - 4,7 8,0 7,5 12,8(2)
Formation brute
de capital fixe
(variation en %) nd 37,6 23,3 3,0 - 1,1 - 3,8 9,7 11,4(3)
Taux de chômage
officiel (en % des actifs,
en décembre) 17,6 15,9 17,6 18,6 20,8 22,6 23,1 21,5
Indice des prix
à la consommation
(moyenne annuelle, %) 2,0 3,6 3,7 5,2 3,5 5,4 4,7 1,8
Solde budgétaire
(en % du PIB) - 1,7 - 1,8 - 2,2 - 3,0 - 7,4 - 5,7 - 5,2 - 6,2(1)
Exportations
de marchandises
(en millions de dollars) 4 633 4 546 4 210 4 605 4 395 4 567 4 752(1) 4 657(1)
Importations
de marchandises
(en millions de dollars) 7 892 8 169 9 407 8 752 7 693 7 771 8 764(1) 9 202(1)
Balance commerciale
(en millions de dollars) - 3 259 - 3 623 - 5 197 - 4 147 - 3 298 - 3 204 - 4 012(1) - 4 545(1)
Balance des transactions
courantes (en % du PIB) - 6,8 - 5,8 - 11,5 - 7,1 - 7,6 - 2,4 - 3,2 - 3,2(3)
Dette extérieure brute
(en % du PIB) 19 24 37 39 49 60 53 62(4)
Investissements directs
étrangers
(en millions de dollars) 109 486 347 835 1 445 1 086 1 325(1) 970(1)
(1) Estimation (2) Janvier-novembre (3) Janvier-septembre (4) Fin septembre.
Source : Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et années antérieures ; Berd, Transition
Report 2002.
Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et années antérieures ; Berd, Transition
Report 2002.
Les exportations croates, qui avaient augmenté
en 1999 et en 2000, notamment grâce aux achats
de l’Union européenne, stagnent depuis 2001.
Elles souffrent d’être excessivement concentrées
sur quelques produits et quelques destinations et
d’être insuffisamment compétitives. Les principaux postes à l’exportation sont les constructions
navales (13 % du total), l’industrie textile (13 %),
l’agroalimentaire (8 %) et la filière bois (5 %).
Or, tous ces secteurs sont soumis à une très forte
concurrence sur les marchés extérieurs, à laquelle
il leur est de plus en plus difficile de résister, en
raison notamment de la légère surévaluation de
la monnaie, de salaires relativement élevés et de
structures industrielles souvent inadaptées et
obsolètes. Le gouvernement a annoncé en juillet
2003 le lancement d’un programme destiné à
améliorer la compétitivité des entreprises croates
les mieux placées à l’exportation.
Les relations franco-croates
Les échanges franco-croates ont connu une progression importante en 2002, avec
des exportations françaises en augmentation de 27,7 % (460 millions d’euros), le poste
des automobiles représentant à lui seul 40 % des ventes. Les groupes PSA et Renault
détiennent actuellement environ un tiers du marché automobile croate. Toutefois, la
France, avec seulement 4,6 % des parts de marché, reste cantonnée au sixième rang
des fournisseurs de la Croatie, derrière l’Italie, l’Allemagne, la Slovénie, la Russie
et l’Autriche. De leur côté, les exportations croates en France ont accusé une baisse
de 8 %. La Croatie est son 62e client et son 75e fournisseur.
Deux gros contrats ont été remportés en 2003 par des entreprises françaises :
Thalès ATM, qui doit équiper en radars civils l’aéroport de Zagreb (22 millions d’euros),
et Bouygues, qui a été chargé de la construction de la deuxième tranche de l’autoroute
d’Istrie (210 millions d’euros).
Les relations politiques restent, quant à elles, au beau fixe. Le président Mesic s’est
ainsi rendu en France à deux reprises en 2003 : en février pour demander l’appui de
Paris à la candidature croate à l’Union européenne, et en juin pour introduire le séminaire
du Centre français du commerce extérieur (CFCE) destiné à promouvoir les investissements
français en Croatie, ainsi que pour signer deux accords bilatéraux, l’un sur le
développement des PME et le second sur la suppression de la double imposition.
Les échanges France – Croatie,
2000-2002 (millions d’euros)
2000 2001 2002
Exportations (fob) 343,6 361,8 460,2
Importations (cif) 124,1 188,8 173,9
Solde + 219,5 + 173,0 + 286,3
Source : Douanes françaises
Douanes françaises
La plupart des échanges s’effectuent avec les pays
d’Europe (85 %), dont 54,8 % avec ceux de
l’Union européenne, l’Italie et l’Allemagne étant
les principaux partenaires. La Croatie se tourne
également de plus en plus vers le marché régional,
comme d’ailleurs l’exige l’UE dans le cadre de
l’Accord de stabilisation et d’association. Elle a
adhéré en mars 2003 à l’Accord de libre-échange
centre européen (ALECE) et a signé avec chacun
des pays de la région des accords de libre-échange. Le commerce s’effectue actuellement
surtout avec la Bosnie-Herzégovine (15 % du total
des exportations) et la Slovénie, mais avec la
Serbie-et-Monténégro, il demeure à un niveau
modeste (2 % du total).
L’importance des importations croates est le
résultat d’une forte demande intérieure qui se
porte sur les voitures de tourisme (les Croates
n’hésitent pas à s’endetter sur plusieurs années
pour acquérir un véhicule neuf), les équipements
ménagers, mais elle est également liée aux
programmes d’infrastructures du gouvernement
(construction d’autoroutes et de logements). En
outre, les besoins énergétiques vont croissant, que
ce soit en charbon, en pétrole, en gaz ou en électricité, ce qui contribue aussi à gonfler les importations.
● Un tourisme salvateur,
mais bridé par ses structures
Le tourisme, dont les recettes représentent entre
14 et 17 % du PIB selon les années, reste l’une
des principales sources de revenus du pays, ce
qui lui permet de renflouer quelque peu sa balance
des transactions courantes. En 2002, ce secteur a
enregistré une hausse de 6 % (pour le nombre de
touristes) et de 35 % pour celui de nuitées
(44,7 millions). Les Allemands (27 %), les
Slovènes (12,6 %), les Italiens (12,3 %), les
Tchèques (11,5 %) et les Autrichiens (8,9 %)
constituent l’essentiel des touristes. Les Croates
tablent sur une augmentation en 2003 des revenus
engendrés par ce secteur, la popularité de la côte
croate ne cessant de grandir (elle est en onzième
position, selon un sondage effectué dans les pays
européens). Ils comptent également bénéficier de
la désaffection à l’égard de certaines destinations
touristiques (Maghreb, Moyen-Orient et Asie) en
raison de la montée de l’insécurité. Une étude du
WTTC (World Tourism and Travel Council)
estime que les recettes du tourisme pourraient
atteindre 7,9 milliards de dollars en 2003, ce qui
représente une progression moyenne de 7,7 % par
an sur une période de dix ans.
Toutefois, le développement de cette activité se
heurte actuellement à l’insuffisance des capacités
d’accueil hôtelières pour un tourisme de masse,
ainsi qu’au manque d’infrastructures haut de
gamme. Dans de nombreuses régions, la guerre,
puis l’instabilité et la raréfaction des flux touristiques qui en a résulté n’ont pas permis l’entretien, voire la rénovation, des structures hôtelières.
Afin qu’elle puisse parer au plus pressé, l’industrie
touristique a été dotée de 150 millions d’euros
d’investissements pour préparer la saison 2003,
mais beaucoup reste encore à faire.
Les incertitudes sur la définition des catégories
d’hôtels devraient disparaître avec l’adoption en
mai 2002 d’une nouvelle réglementation. Jusqu’à
présent, les touristes optent en majorité pour la
formule de l’hébergement chez l’habitant, très
développée dans le pays, car moins onéreuse.
L’inconvénient de ce système tient à ce qu’il
engendre des revenus importants non déclarés qui
ne peuvent en conséquence être intégrés aux
statistiques nationales. Les recettes touristiques
seraient donc plus élevées en réalité que ne le
reflètent les chiffres officiels.
Le gouvernement a décidé de lancer un
programme ayant pour objectif d’accueillir, d’ici
2010,11 millions de touristes par an, pour 70 millions de nuitées : la promotion d’un tourisme
d’élite, la construction d’hôtels s’intégrant
parfaitement au paysage, l’augmentation de la
capacité d’accueil de 100 000 lits, l’amélioration
des infrastructures routières et ferroviaires en sont
les principaux axes.
● Un processus
de privatisation laborieux
La politique de rigueur budgétaire du gouvernement Racan, qui s’appuie sur un accord standby conclu avec le FMI en février 2003, prévoit
une baisse des dépenses publiques d’environ
5 points de PIB en deux ans, afin de poursuivre
la réduction du déficit : de 4,8 % du PIB en 2002,
les autorités pensent le ramener à 4,6 % en 2003
(selon la Mission économique à Zagreb). Le
programme négocié avec le FMI envisage un
financement du déficit par des emprunts intérieurs
et par les recettes issues de la privatisation des
entreprises publiques. Parallèlement, les autorités
ont entrepris de réduire les effectifs de la fonction
publique (notamment au ministère de la Défense),
de réformer le régime des retraites et elles
cherchent à obtenir une meilleure maîtrise des
dépenses de santé.
La poursuite du processus de privatisation s’avère
difficile, tant en raison de la méfiance de la
population vis-à-vis des abus qui ont pu être
commis dans le passé que des très fortes réticences face à ce qui est considéré comme « un
bradage du patrimoine national », quand des
entreprises sont achetées par des investisseurs
étrangers. Parmi celles qui doivent encore être
privatisées, figurent la société nationale des
hydrocarbures (INA) et la Banque postale, ainsi
que plusieurs entreprises agroalimentaires et des
hôtels. Les nombreuses irrégularités qui ont
entaché la procédure de privatisation de la chaîne
d’hôtels Suncani Hvar, aggravées par le fait que
le repreneur était une société slovène, ont entraîné
l’annulation de la vente, l’apparition de fortes
tensions entre les deux principaux partis (SDP et
HSS) de la coalition gouvernementale, la démission du conseil d’administration du Fonds national
de privatisation, et le report de toutes les autres
opérations prévues.
Bien que la Croatie draine près de la moitié des
investissements étrangers réalisés dans la région
des Balkans occidentaux, ceux-ci restent à un
niveau relativement faible par rapport à ceux
effectués dans les pays d’Europe centrale, en
raison des incertitudes qui planent sur la politique
de privatisation du gouvernement, le SDP et le
HSS ayant des points de vue divergents sur ce
sujet. Une deuxième raison tient à l’état du
système judiciaire croate, très largement inefficace, soupçonné de corruption et surtout lent et
surchargé. Dans un tel contexte, les investisseurs
peuvent hésiter à venir dans un pays où ils ne
sont pas assurés d’être défendus au mieux de leurs
intérêts en cas de litige. Une réforme a été
annoncée par le gouvernement visant à rassurer
les investisseurs éventuels.
Dans le but de résorber le problème très préoccupant du chômage, qui dépasse les 20 % depuis
1999, le gouvernement a lancé un programme de
construction d’autoroutes reliant Zagreb à Rijeka
et à Split, destiné à fournir du travail, mais également à favoriser le développement du tourisme,
l’installation de zones commerciales et le
désenclavement des régions isolées. Grâce
notamment au nouveau Code du travail, voté en
juillet 2003, qui raccourcit la durée du préavis de
licenciement et diminue les indemnités versées
en cas de renvoi, le gouvernement compte
parvenir à stimuler l’embauche par les entreprises.
Ces mesures ont, semble-t-il, commencé à donner
des résultats, puisque le nombre de chômeurs
aurait diminué en juillet de 17 % par rapport à
2002, selon les données de l’Agence pour
l’emploi. Le taux de chômage resterait toutefois
très élevé puisqu’il aurait atteint 19,6 % (soit
320 000 chômeurs) en mai 2003, chiffre qui tient
compte de la réduction des effectifs des forces
armées, passés de 42 000 à 25 000 hommes.
En choisissant de mettre résolument le cap sur
l’Union européenne, tout en renouant des relations
avec les autres pays de l’ex-Yougoslavie, le
gouvernement actuel a montré qu’il était capable
de s’affranchir des démons du passé. La candidature européenne a engagé la Croatie sur une
voie de non-retour. Les gagnants des prochaines
élections législatives, quels qu’ils soient, ne
pourront pas reculer devant les réformes nécessaires pour cela, même si elles sont impopulaires.
Il n’en reste pas moins que, malgré de bons
résultats économiques, grâce notamment à la
reprise spectaculaire du tourisme, les autorités
croates devront s’attaquer aux déséquilibres qui
menacent, notamment l’inquiétante dette extérieure.
2002
28 février
Milan Bandic, maire de Zagreb, compromis dans
un scandale politico-judiciaire concernant notamment des constructions effectuées sans permis,
est remplacé par une de ses adjointes. Il avait dû
démissionner un mois avant.
4 mars
D. Budisa, leader historique du HSLS, devient
Premier vice-Premier ministre du gouvernement.
Cette nomination est supposée clore la crise
politique ouverte depuis près d’un an et éloigner
le risque d’élections anticipées.
20-21 avril
Congrès du parti d’opposition de droite, la HDZ,
qui voit l’élection à une courte majorité (de
97 voix sur un total de 2 160 délégués) de Ivo
Sanader, modéré, ministre de la Recherche de
1993 à 1995, devant Ivic Pasalic, conseiller politique de Franjo Tudjman de 1995 à 1999, perçu
comme un ultra-nationaliste et chef du clan dit
des Herzégoviniens.
2-7 mai
La procureure du TPIY, Carla del Ponte, se rend
en Croatie. Tout en laissant entendre que d’autres
inculpations de Croates interviendront pour le
massacre de civils serbes, elle ne confirme pas
les noms des inculpés, militaires ou responsables
de la police en 1995, lors de l’offensive Oluja ou
de celle de la poche de Medak en septembre 1993.
Début juin 2002, la découverte d’un charnier de
civils serbes massacrés en août 1995, en Krajina,
(plus de 90 corps) renforcera sa détermination.
14 mai
Les ministres des Affaires étrangères de l’Otan,
réunis à Reykjavik (Islande), invitent la Croatie
à rejoindre le Plan d’action pour l’adhésion
(MAP).
29 mai
Le Président Mesic se rend au 9e sommet de l’Initiative centre-européenne (31 mai-1er juin) qui se
tient à Bled, en Slovénie, où il rencontre notamment
le Président serbe, Vojislav Kostunica, et le
Président slovène, Milan Kucan ; ce dernier lui
fait part de son dépit concernant l’accord slovénocroate sur Piran que le Parlement croate n’a
toujours pas ratifié.
3-7 juin
Visite officielle de Elisabeth Jones, adjointe au
Secrétaire d’Etat américain. Elle annonce que la
Croatie, candidate depuis mai, ne sera pas invitée
à rejoindre l’Otan lors du sommet de Prague de
novembre 2002, tout en se déclarant très satisfaite des réformes économiques et politiques
accomplies par le gouvernement.
5 juillet
Le Premier Ministre, I. Racan, annonce la démission de son équipe. Le 30 juillet, il forme un
nouveau gouvernement reposant sur une coalition
de cinq partis, le HSLS ayant officiellement quitté
celle-ci.
28 juillet
Incident frontalier sur le Danube près de l’île
contestée de Sarengrad et tension entre les deux
pays ; l’armée yougoslave tire des coups de feu
en direction de bateaux sur lesquels ont pris place
des autorités locales croates, s’apprêtant à
rencontrer leurs homologues serbes.
5-12 août
Tensions diplomatiques entre la Croatie et la
Slovénie à la suite des affrontements provoqués
par des incursions répétées de pêcheurs slovènes
dans les eaux territoriales croates dans la baie de
Piran.
10 septembre
Les Premiers ministres croate et serbe signent un
accord établissant un régime maritime temporaire
(3 mois) dans la baie de Piran et autorisant la
pêche. Aucune avancée n’est réalisée sur le tracé
de la frontière.
14 septembre
Formation, par I. Pasalic, récemment exclu de la
HDZ, du Bloc croate - Mouvement pour une
Croatie moderne, se revendiquant de l’héritage
de F. Tudjman et se situant à droite de la HDZ ;
cette dernière pourrait bénéficier de cette création
et se retrouver ainsi relativement plus au centre.
19 septembre
Le TPIY notifie aux autorités croates l’inculpation du général Bobetko, chef d’état-major des
armées de novembre 1992 à juillet 1995, pour
crimes contre l’humanité et violation des lois et
coutumes de guerre, et adresse un mandat d’arrêt
au représentant du procureur à Zagreb.
14 novembre
Hospitalisation du général Bobetko, son état de
santé s’étant aggravé, après qu’il eut obtenu du
Premier ministre la garantie écrite que l’acte
d’inculpation ne lui serait pas remis contre sa
volonté lors de son séjour à l’hôpital.
10 décembre
A l’issue de la mission de la Monup (Mission
d’observation de l’Onu), en place depuis dix ans
et qui prend fin le 15 décembre, signature par les
ministres des Affaires étrangères yougoslave et
croate du Protocole intérimaire sur la frontière
sud, réglant la question de Prevlaka, et rétablissant
la souveraineté de la Croatie sur la péninsule. Une
zone d’exclusion maritime est créée dans les
Bouches de Kotor et la RFY obtient un accès à la
haute mer.
16 décembre
Adoption par une majorité qualifiée de la loi
constitutionnelle sur les droits des minorités
nationales, avec le soutien de la HDZ et des
représentants des minorités. Le nombre de sièges
dont disposent les minorités au Parlement passe
de cinq à huit.
18 décembre
Adoption par le Parlement à la quasi-unanimité
des députés présents d’une résolution déclarant
que l’adhésion à l’Union européenne est un
objectif stratégique national auquel le Parlement
accorde un soutien total.
2003
1er janvier
L’aide financière dont bénéficie la Croatie dans
le cadre du programme Cards (Assistance
communautaire à la reconstruction, au développement et à la stabilisation) sera désormais gérée
de façon décentralisée, c’est-à-dire en Croatie
même.
20 janvier
Début de la grève des médecins spécialistes contre
la réforme du système de santé et, notamment,
contre la convention collective du secteur médical
négociée par le gouvernement.
3 février
La Croatie signe un accord stand-by avec le
Fonds monétaire international (106 millions de
dollars de droits de tirage spéciaux sur une période
de 14 mois se terminant en mars 2004).
5 février
• Après un examen mené par des experts
médicaux mandatés par le TPIY, ce dernier
renonce à l’extradition du général Bobetko en
raison de son état de santé, sans pour autant retirer
l’acte d’inculpation.
• Le ministre croate des Affaires étrangères,
Tonino Picula, signe la déclaration des Dix du
Groupe de Vilnius, soutenant l’intervention américaine en Irak (Etats baltes, Roumanie, Bulgarie,
Slovaquie, Slovénie, Albanie, Macédoine).
21 février
Ivica Racan se rend à Athènes pour poser la
candidature de la Croatie à l’adhésion à l’UE, qui
est alors sous présidence grecque.
26 février
Refus des autorités croates de participer formellement à la coalition anti-irakienne. A la demande
des Américains, elle accepte de fournir un soutien
logistique limité (survol du territoire, atterrissage
et ravitaillement des appareils non militaires).
1er mars
Entrée effective de la Croatie dans l’ALECE
(Accord de libre-échange centre européen).
15 mars
Présence d’Ivica Racan aux obsèques du Premier
ministre de Serbie-et-Monténégro, Zoran
Djindjic, assassiné trois jours auparavant.
24 mars
Condamnation par le tribunal de Rijeka à une
peine de douze ans de réclusion du général à la
retraite, Mirko Norac, accusé avec deux autres
personnes, Tihomir Oreskovic et Stjepan Grandic,
de crimes de guerre commis contre la population
civile de la région de Gospic à l’automne 1991.
31 mars
Visite à Zagreb de Lord Robertson, Secrétaire
général de l’Otan. Il déclare qu’avant d’adhérer
à l’Alliance, la Croatie devra réformer la justice,
lutter contre les crimes et la corruption et assurer
la protection des informations secrètes. Mais la
condition préalable absolue reste, selon lui, la
coopération avec le TPIY.
4 avril
L’acte d’inculpation à l’encontre du général
Bobetko est remis par le gouvernement croate à
son avocat, satisfaisant ainsi à l’injonction du
19 mars du TPIY.
29 avril
Décès du général Bobetko. Contrairement au
président Mesic, le Premier ministre I. Racan
assiste à ses obsèques le 2 mai.
11 juin
Interview du général Gotovina par l’hebdomadaire Nacional, dans lequel le général en fuite
déclare qu’il reconnaît la légitimité du TPIY et
qu’il serait prêt à être entendu par ses enquêteurs,
voire à se rendre à La Haye, si le tribunal acceptait
de revoir son statut d’inculpé.
19-21 juin
Nouvelle visite du président Mesic à Paris après
celle de février 2003 : il introduit le séminaire du
CFCE consacré à la Croatie et signe deux accords
bilatéraux économiques.
23 juin
La HDZ, principal parti d’opposition tient son
8e congrès.
1er juillet
A la suite du refus des autorités croates de
s’engager à ne pas extrader les citoyens américains appelés à comparaître devant la Cour pénale
internationale (CPI), la Croatie est inscrite par
Washington sur la liste des 35 pays qui ne
recevront plus d’aide militaire américaine.
10 juillet
Visite à Zagreb du président de la Commission
européenne, Romano Prodi, qui remet aux autorités croates les questionnaires devant servir de
base aux négociations d’adhésion.
Principales formations
politiques
DC Centre démocrate
HB Bloc croate
HDZ Communauté démocratique croate
HIP Véritable renaissance croate
HKDU Union croate des chrétiens-démocrates
HNS Parti populaire croate*
HSLS Parti social-libéral croate
HSP Parti croate du droit
HSS Parti paysan croate*
IDS Parti démocrate d’Istrie
Libra Parti libéral indépendant*
LS Parti libéral*
PGS Parti du Primorje et du Gorski Kotar (régions
du littoral et de l’arrière-pays)
SBHS Parti croate de Slavonie et de Baranja
SDSS Parti serbe démocrate et social
SDP Parti social-démocrate*
SRP Parti travailliste social
UIPC Association pour l’identité et la prospérité
croates
* Partis de la coalition au pouvoir.
Résultats des dernières
élections
● Election présidentielle* des 23 janvier et
7 février 2000
Taux de participation : 64,27 % au premier tour,
60,88 % au second.
Candidats % des voix % des voix
au premier tour au second tour
Stipe Mesic
(Parti populaire
croate, HNS) 41,11 56,01
Drazen Budisa
(Parti socialdémocrate, SDP/Parti
social-libéral, HSLS) 27,71 43,99
Mate Granic
(Communauté
démocratique croate,
HDZ) 22,46 -
*Six autres candidats ont obtenu moins de 5 % des suffrages.
Prochaine échéance présidentielle : février
2005
● Elections au Parlement du 3 janvier 2000
Taux de participation : 72 %.
Le Parlement croate est monocaméral depuis mars
2001
Formations politiques % des voix Nombre de sièges
Parti socialdémocrateParti social-libéral
(SDP-HSLS)(1) 45,04 68
Communauté
démocratique croate
(HDZ) 30,46 46
Coalition du centre
(HSS-IDS-LS-HNS)(2) 15,89 24
Coalition de droite
(HSP-HKDU)(3) 3,3 5
Parti du Primorje
et du Gorski Kotar (PGS) 1,32 2
Parti croate de Slavonie
et de Baranja (SBHS) 0,66 1
Minorités 3,31 5
(1) Ils obtiennent respectivement 44 et 24 sièges
(2) Parti paysan : 16 sièges ; Diète démocratique d’Istrie : 4 ; Parti
populaire : 2 ; Parti libéral : 2.
(3) Parti du droit : 4 sièges ; Union croate des chrétiensdémocrates : 1.
Prochaines échéances législatives : février
2004.
Composition
du gouvernement (juillet 2003)
- Premier ministre : Ivica Racan (SDP)
- Vice-Premier ministre : Goran Granic
- Vice-Premier ministre délégué aux Affaires économiques : Slavko Linic (SDP)
- Vice-Premier ministre : Ante Simonic (HSS)
- Vice-Premier ministre déléguée aux Affaires
sociales et ministre de la Défense : Zeljka
Antunovic (SDP)
- Finances : Mato Crkvenac (SDP)
- Affaires étrangères : Tonino Picula (SDP)
- Intégration européenne : Neven Mimica
- Intérieur : Sime Lucin (SDP)
- Justice : Stjepan Ivanisevic (SDP)
- Economie et Privatisations : Ljubo Jurcic
- Santé : Andro Vlahusic
- Travail et Sécurité sociale : Davorko Vidovic
- SDP)
- Travaux publics, Reconstruction et Génie civil :
Radimir Cacic (HNS)
- Agriculture et Forêts : Bozidar Pankretic (HSS)
- Tourisme : Pave Zupan-Ruskovic (indépendant)
- Protection de l’environnement et Aménagement
du territoire : Ivo Banac (LS)
- Affaires maritimes, Communications et
Transports : Roland Zuvanic
- Anciens combattants : Ivica Pancic (SDP)
- Sciences et Technologies : Gvozden Flego
- Culture : Antun Vujic (SDP)
- Education nationale et Sport : Vladimir Strugar
- HSS)
- Petites et moyennes entreprises : Zeljko Pecek
- HSS)
- Ministre sans portefeuille : Gordana Sobol
- SDP)
·
Ouvrages
·
Commission des communautés européennes, Croatie, Document de travail des
services de la Commission, SEC (2003) 341,
Bruxelles 26 mars 2003,38 p.
·
Diane Masson, L’utilisation de la guerre
dans la construction des systèmes politiques
en Serbie et en Croatie 1989-1995,
L’Harmattan (collection Logiques Politiques), Paris, 2002,350 p.
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World Bank, Regaining Fiscal Sustainability and Enhancing Effectiveness in Croatia.
A Public Expenditure and Institutional
Review, The World Bank, Washington,
2002, XXIII-108 p. (A World Bank Country
Study).
·
Revues
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Guy Norton, « Croatia. EU Accession or
Bust », Euromoney, avril 2003, pp. 52-57.
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International Monetary Fund, « Republic of
Croatia : Financial System Stability
Assessment », IMF Country Report, n° 02/
180, août 2002,62 p.
·
International Monetary Fund, « Republic of
Croatia : Selected Issues and Statistical
Appendix », IMF Country Report, n° 02/
179, août 2002,99 p.
·
International Monetary Fund, « Republic of
Croatia : Staff Report for the 2002 Article
IV Consultation », IMF Country Report,
n° 02/178, août 2002,51 p.
·
Joseph Krulic, « Croatie. Contraintes internationales et malaise social » in « Europe
centrale et orientale 2001-2002. Une croissance pérenne, un jeu politique rodé, des
sociétés désenchantées », Le courrier des
pays de l’Est, n° 1026, juin-juillet 2002,
La Documentation française, pp. 52-65.
·
Economist Intelligence Unit, Country Report
(trimestriel) Country Profile annuel),
« Croatia ».