Le Courrier des pays de l'Est
La Doc. française

I.S.B.N.sans
256 pages

p. 46 à 60
doi: en cours

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n° 1036-1037 2003/6-7

2003 Le Courrier des Pays de l’Est

Croatie 2002–2003

Résolument tournée vers l’Europe

Daniel Thomas Chercheur en relations internationales. Manuscrit clos en juillet 2003.
La Croatie a un objectif : adhérer à l’Union européenne. Elle a fait acte de candidature en février 2003 et espère bien devenir membre en 2007, en même temps que la Bulgarie et la Roumanie. Même si le pays a d’ores et déjà rempli certains critères poli- tiques, économiques et sociaux définis dans le Processus de stabili- sation et d’association (lois sur l’audiovisuel, sur les minorités, réforme du Code du travail, des systèmes de retraite et de santé, etc.), des obstacles de taille doivent encore être surmontés, comme la réintégra- tion de ceux qui ont fui les manifes- tations de haine ethnique et, surtout, l’instauration d’une coopération étroite avec le Tribunal pénal inter- national pour l’ex-Yougoslavie. Comme l’ont illustré plusieurs affaires en 2002 et 2003, cette condi- tion est particulièrement délicate à gérer par le gouvernement écartelé entre l’obligation de livrer au Tribunal les Croates inculpés et le nécessaire ménagement d’une popu- lation peu disposée à voir l’un des siens soumis à la justice internatio- nale. Un moment ébranlée par la sortie de l’un des six partis la composant, la coalition gouverne- mentale, conduite par Ivica Racan, semble avoir désormais trouvé un certain rythme de croisière qui lui permet d’envisager sérieusement la tenue anticipée des élections législa- tives, initialement prévues pour février 2004. Elle peut, en effet, se targuer d’une amélioration réelle des relations avec les pays voisins, ainsi que d’une situation économique plutôt favorable. Avec une croissance de 5,2 % en 2002 et un taux d’infla- tion maîtrisé, la Croatie pourrait rivaliser avec la Slovénie, n’étaient un chômage qui oscille autour de 20 % depuis des années et un déficit courant important qui ne cesse de se creuser, en dépit des bons résultats du tourisme, dont le développement est cependant bridé par l’insuffisance des structures hôtelières. Enfin, le processus de privatisation se déroule plus lentement que prévu, en raison des irrégularités qui ont entaché certaines opérations, avec, notamment, pour conséquence des flux d’inves- tissements étrangers relativement modestes. Croatia has one objective : membership in the European Union. She submitted her candidacy in February 2003, hoping to become a member in 2007 along with Bulgaria and Rumania. While the country has already filled some of the political, economic and social criteria put forward by the Stabilization and Association Process (laws on television, on minorities, reforms of labor legislation, pensions and the health system), considerable obstacles remain to be over- come, such as the reintegration of those who fled manifest ethnic hatred and, most impor- tantly, the establishment of close ties with the International Penal Tribunal for ex-Yugoslavia. As was demonstrated by several affairs in 2002 and 2003, this places the government in a particularly delicate position as it is caught between the obliga- tion to give up suspected Croats to the Tribunal and the necessity of appeasing a popu- lation little inclined to see one of its own subjected to interna- tional justice. Temporarily shaken by the departure of one of its six components, the coa- lition government led by Ivica Racan seems to have finally come to grips with the situation which enables it to seriously anticipate early legislative elections, previously set for February 2004. Croatia is working towards improved relations with neighboring countries as well as towards a relatively improved economic situation. With growth at 5.2 % in 2002 and a controlled rate of inflation, Croatia could compete with Slovenia were it not for unemployment which has fluctuated at around 20 % for years as well as a substantial current deficit which continues to rise despite positive results from tourism, hampered, however, by a lack of hotels. Finally, the privatization process is taking place at a pace slower than expected due to irregularities in some operations, with, in particular, a relatively modest influx of foreign investments.
L’année 2003 restera marquée, sur le plan politique, par deux événements majeurs : la remise par le Premier ministre, Ivica Racan, le 21 février à Athènes (sous la présidence grecque de l’UE) de la candidature officielle de la Croatie à l’adhésion à l’Union européenne (UE) et, comme cela est fort probable, la tenue anticipée d’élections législatives à l’automne. La Croatie a ainsi résolument mis le cap sur l’Europe et s’est fixé comme objectif de rejoindre la deuxième vague d’élargissement, aux côtés de la Roumanie et de la Bulgarie, prévue pour 2007. Elle s’est pour ce faire lancée dans un ambitieux programme de réformes administratives, économiques et sociales visant à mettre le pays au niveau des standards européens. Des obstacles de taille doivent encore être surmontés : le retour des réfugiés, la coopération avec le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), la réforme de la justice. La Croatie possède toute-fois des atouts importants pour atteindre son objectif : une économie relativement prospère par rapport aux autres pays de la région et une forte mobilisation de l’ensemble de la classe politique comme d’une grande partie de la population.
 
Vers l’Union européenne
 
 
Depuis la crise politique de l’été 2002, qui s’est soldée par la sortie du Parti social-libéral (HSLS) de la coalition gouvernementale, la politique de rapprochement de l’UE semble avoir connu un coup d’accélérateur. Le Premier ministre a présenté en effet au Parlement, en décembre 2002, un programme allant dans ce sens et obtenu un vote de confiance dont il est sorti largement renforcé, sa politique ayant été approuvée non seulement par les partis de la coalition gouvernementale, mais également par la plupart de ceux de l’opposition, y compris la Communauté démocratique croate (HDZ).
Le 21 février 2003, à la suite d’une importante offensive diplomatique, qui a vu le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères et le Président faire le tour des capitales européennes pour s’assurer du soutien de certains pays, Ivica Racan a déposé officiellement la candidature à l’adhésion de la Croatie à l’UE. Le Conseil Affaires générales et relations extérieures de l’UE du 14 avril 2003 a invité la Commission à examiner la candidature croate, notamment au travers d’un certain nombre de questionnaires et elle devrait formuler un avis, vraisemblablement dans le courant du premier semestre de 2004, qui servira de base pour les négociations d’adhésion. La Croatie est donc actuellement le seul pays des Balkans occidentaux qui ait concrètement engagé une démarche de rapprochement de l’UE. Il lui reste toutefois à satisfaire rapidement à un certain nombre de conditions politiques, sociales et économiques, en particulier celles définies au sommet de Zagreb, en novembre 2000, dans le cadre du Processus de stabilisation et d’association. Bien que les autorités croates affirment remplir plus de la moitié de ces critères et avoir mis en conformité la législation, un rapport de l’OSCE (Croatia Status Report, du 18 novembre 2002) pointe bien des questions importantes à régler.
Dans le cadre des réformes mises en œuvre par le gouvernement, pour notamment s’aligner sur les normes européennes, de nombreuses lois ont été votées au cours de 2003 : loi sur la radiotélévision pour garantir une plus grande liberté aux médias (mais sans qu’elle soit approuvée par l’UE), loi constitutionnelle sur les droits des minorités nationales, réformes du Code du travail, du régime de retraite et du système de santé.
Les chantiers autoroutiers, la réduction des effectifs des forces armées, la baisse du chômage figurent également parmi les principales réalisations du gouvernement. Mais il reste quelques dossiers importants à traiter, qui pourraient ralentir la marche vers l’UE : la question du retour des réfugiés que le gouvernement a déclaré vouloir régler d’ici la fin de 2003 et les relations avec le TPIY, qui restent relativement tendues en raison de l’affaire Ante Gotovina (voir infra). Mais la réforme apparemment la plus difficile qui demandera le plus de temps sera celle de la justice. Jugée inefficace et corrompue par la population, elle est, de plus, fortement pénalisée par l’insuffisance des moyens budgétaires, la faiblesse de ses effectifs et la médiocrité de leur niveau de formation. L’arriéré d’affaires en suspens s’accumulant, le gouvernement entend ériger cette réforme au rang de ses principales priorités.
 
Un paysage politique mouvant
 
 
La coalition gouvernementale a été confrontée, en juillet 2002, à la crise la plus grave depuis les élections qui l’ont amenée au pouvoir en janvier 2000. Face à l’obstruction croissante du Parti social-libéral (HSLS) du Premier vice-Premier ministre d’alors, Drazen Budisa, notamment à propos de la ratification de l’accord conclu avec les Slovènes sur la centrale nucléaire de Krsko, le Premier ministre, Ivica Racan, donnait la démission de son gouvernement le 5 juillet. Chargé par le président Stipe Mesic de former une nouvelle équipe, I. Racan évinçait les ministres issus du HSLS et obtenait du Parlement un vote de confiance le 31 juillet, en s’appuyant notamment sur le soutien d’une fraction dissidente du HSLS, nommée Libra, club de « libéraux indépendants ». Depuis cette crise, la coalition gouvernementale a réussi à se maintenir au pouvoir malgré de nombreuses turbulences et tensions, en particulier entre ses deux principales composantes, le Parti social-démocrate (SDP) et le Parti paysan (HSS), dirigé par le président du Parlement, Zlatko Tomcic. La composition du gouvernement formé le 30 juillet 2002 a, de fait, entériné les évolutions politiques déjà perceptibles dans les sondages. Ainsi, le HSLS a subi une très nette perte d’influence en raison de la politique controversée de son dirigeant, Drazen Budisa, et du départ d’une partie de ses membres qui, regroupés au sein de Libra, sont demeurés dans la coalition gouvernementale. Par contre, le Parti populaire (HNS) et surtout le Parti paysan, qui étaient considérés à l’intérieur de cette coalition comme des formations de moindre envergure, ont connu une montée en puissance certaine.
Fort de la dynamique du rapprochement de l’Europe qu’il a engagée et d’un certain nombre de résultats positifs à son actif (gestion réussie sur le plan intérieur de l’affaire du général Bobetko, recul du chômage, visite du Pape en juin 2003), le gouvernement envisage d’organiser, dans le courant de l’automne 2003, sans doute en novembre, des élections législatives anticipées (qui, initialement, devaient se tenir en février 2004). Bien que la HDZ reste, par le nombre d’électeurs, le parti politique le plus important, il n’est pas certain toutefois que cela lui permette de gagner les prochaines élections législatives. En effet, selon un sondage publié en juin 2003 par l’Institut républicain international (américain), elle obtiendrait 23 % des voix, le SDP 16 %, le HSS 9 % et le HNS 9 %. La seule autre formation à passer la barre des 5 % nécessaires pour pouvoir envoyer des députés au Parlement serait le Parti croate du droit (HSP), dont l’orientation d’extrême droite aurait été fortement atténuée. Les autres partis ayant actuellement des représentants au Parlement, notamment le Parti social-libéral (HSLS), le Centre démocrate (DC), les libéraux de Libra et le Parti démocrate d’Istrie (IDS), devraient donc perdre leurs sièges. Ce sondage montre aussi que Stipe Mesic reste de loin la personnalité la plus appréciée ; il est suivi de Mate Granic − alors que son parti, le DC, ne devrait pas réussir à franchir le seuil des 5 % −, de Zlatko Tomcic (leader du HSS), d’Ivica Racan (SDP) et de Vesna Pusic (HNS).
La HDZ a tenté de se rapprocher de formations comme le HSLS de Drazen Budisa (qui a quitté la coalition gouvernementale), le DC de l’ancien Premier ministre et dissident de la HDZ, Mate Granic, et le HSP ; mais il est fort possible que son poids politique, largement supérieur à celui des autres partis de l’opposition, l’empêche de trouver des partenaires de coalition, ceux-ci pouvant craindre d’être absorbés ou largement dominés. De plus, elle risque de se trouver pénalisée par la nouvelle loi électorale qui, conformément à la loi constitutionnelle sur les droits des minorités votée en décembre 2002, a augmenté le nombre de députés élus par les minorités nationales, qui passe de cinq à huit, au détriment de celui des représentants de la diaspora croate votant habituellement de façon très majoritaire pour la HDZ, qui a été réduit de six à un.
Ivo Sanader, le nouveau président de la HDZ (fondée par l’ex-président Franjo Tudjman), tente de corriger l’image négative de parti affairiste et corrompu, qui a conduit la Croatie à un quasi-isolement international, et s’efforce de la transformer en une formation de droite traditionnelle. Il a ainsi réussi à en faire exclure en septembre 2002 son principal et malheureux rival (de quelques voix seulement) à la présidence du mouvement, Ivic Pasalic, chef de file de l’aile la plus radicale et du «lobby herzégovinien », qui s’est empressé de créer une nouvelle formation politique, le Bloc croate. Mais ce dernier n’a pas vraiment réussi à trouver une réelle audience auprès de la population et a contribué à un émiettement supplémentaire de la droite radicale, dans laquelle on peut également classer Véritable renaissance croate (HIP), parti créé par le fils de F. Tudjman.
La tenue, le 23 juin 2003, du 8e congrès de la HDZ, auquel ont assisté de nombreux représentants étrangers de partis conservateurs et chrétiens-démocrates, n’a fait que conforter la place de leader d’Ivo Sanader, même si celui-ci souffre à l’évidence d’un manque de popularité et de charisme (selon un sondage effectué en mars 2003, il recueille plus de 50 % d’opinions négatives).
Après le réaménagement gouvernemental de juillet 2002 et malgré les tensions récurrentes entre le SDP et le HSS, la coalition semble avoir trouvé un certain rythme de croisière, lui permettant même d’envisager sa reconduction si elle remporte, de nouveau, les prochaines élections. En cas de victoire, la baisse de popularité du chef du gouvernement actuel et la position de pivot du HSS, qui refuse, pour l’instant, d’entrer dans une coalition formelle avec le SDP, pourraient amener Zlatko Tomcic à briguer le poste de Premier ministre. Mais il n’est pas exclu non plus que le HSS décide finalement de s’allier au principal parti d’opposition (la HDZ), en dépit de l’absence, fortement remarquée, de ses représentants au 8e congrès de la HDZ.
 
La difficile coopération avec le TPIY
 
 
La vie politique intérieure a continué d’être très troublée, en 2003, par les affaires liées à la coopération avec le TPIY. Celle-ci est non seulement une obligation légale en vertu de la résolution 827 du Conseil de sécurité du 25 mai 1993 ainsi que pour les signataires des accords de Dayton, mais aussi une condition préalable à un rapprochement de l’UE. L’inculpation, le 23 septembre 2002, par le TPIY, assortie d’un mandat d’arrêt, du général Janko Bobetko, chef d’étatmajor de l’armée croate de novembre 1992 à juillet 1995, a placé le gouvernement de I. Racan dans une situation très délicate vis-à-vis de l’opinion publique. L’inculpé, âgé de 83 ans et très malade, était en effet considéré par une grande partie de la population comme un héros national et comme l’un des principaux artisans de « la guerre patriotique » de 1991-1995. Sa mise en cause, au titre de la responsabilité de commandement, pour des crimes de guerre commis en 1993 (exécution de 38 civils serbes), lors des opérations militaires menées par l’armée croate pour réduire la poche de Medak (au sud de Zagreb), a été perçue par beaucoup comme une contestation par La Haye de la légitimité même de cette guerre. Le gouvernement, tout en continuant d’affirmer la volonté pleine et entière de la Croatie de coopérer avec le TPIY, a préféré temporiser pour ménager l’opinion publique, refusant d’obtempérer, dans un premier temps, aux demandes du Tribunal.
La décision des autorités croates de contester le contenu de l’acte d’accusation auprès du TPIY n’a pas été sans conséquences sur le plan international : ainsi, le Royaume-Uni a, en guise de sanction, suspendu le processus de ratification de l’Accord de stabilisation et d’association (ASA) que l’UE avait signé avec la Croatie le 29 octobre 2001. Or, même si le pays a adopté un plan pour la mise en œuvre de l’ASA, ce dernier doit être ratifié par tous les Etats membres pour pouvoir entrer en vigueur ; actuellement, dix l’ont ratifié.
Cette affaire a également été l’occasion pour le président Mesic d’asseoir son autorité morale en prenant immédiatement et clairement fait et cause pour une coopération sans réserve de la Croatie avec le Tribunal de La Haye. Cette position courageuse, car totalement à contre-courant de l’opinion publique, a contribué à renforcer son image d’homme politique intègre et d’interlocuteur sérieux aux yeux de la communauté internationale. La requête croate a toutefois été prise en compte par le TPIY, avec la mise en place, le 14 octobre 2002, d’une cour d’arbitrage qui s’est prononcée pour la validité de l’acte d’inculpation, rejetant les objections de Zagreb. Les autorités croates ont alors avancé l’argument du fragile état de santé de l’inculpé, qui interdisait tout déplacement et donc toute possibilité de jugement. Le général Bobetko était alors retranché chez lui, entouré de conseillers hostiles au gouvernement et à la coopération avec le TPIY, et sa maison était surveillée par des vétérans de la « guerre patriotique » déterminés à empêcher toute tentative d’arrestation de leur ancien commandant en chef. C’est le Premier ministre, en personne, qui s’est employé à convaincre J. Bobetko de se laisser hospitaliser, afin de bénéficier de soins plus efficaces, tout en lui promettant, solennellement, de ne pas profiter de cette situation pour lui remettre, contre sa volonté, l’acte d’inculpation de La Haye. Des experts médicaux mandatés par le TPIY ont alors constaté l’état critique du général qui rendait impossible, momentanément, tout déplacement et toute comparution de l’intéressé. La procureure générale du TPIY, Carla Del Ponte, a alors accepté de surseoir au mandat d’arrêt à condition toutefois que l’acte d’inculpation soit remis à son avocat et qu’un examen médical soit effectué tous les six mois. Mais le général est décédé le 29 avril 2003.
Les démêlés de la Croatie avec le TPIY n’ont pas pris fin pour autant, Carla Del Ponte ayant ensuite exigé des autorités qu’elles procèdent à l’arrestation du général Gotovina. Celui-ci, en fuite depuis son inculpation en juillet 2001, est considéré par beaucoup de Croates, à l’instar du général Bobetko, comme un héros national. Les partis nationalistes ont instrumentalisé l’affaire et fait de celui-ci un véritable symbole. Selon la procureure générale, c’est grâce à de nombreuses complicités, tant dans la population qu’au sein du pouvoir, que Ante Gotovina a réussi jusqu’à présent à échapper à la justice. Le TPIY mettait même en doute la réelle volonté du gouvernement de procéder à son interpellation, affirmant que l’endroit où se cachait le fugitif était connu… Jusqu’au coup de théâtre de juin 2003, quand le général Gotovina décidait de donner un entretien à l’hebdomadaire Nacional, dans lequel il reconnaissait l’autorité du Tribunal de La Haye et affirmait qu’il souhaitait se rendre à condition d’être entendu, au préalable, comme suspect et non comme inculpé. Le président Mesic se proposait alors comme médiateur entre le TPIY et A. Gotovina et demandait à C. del Ponte d’examiner la possibilité de modifier ou de retirer l’acte d’inculpation. Bien que la réponse ait été négative, l’affaire Gotovina pourrait connaître un dénouement rapide. De plus, la reconnaissance par l’inculpé de la légitimité du Tribunal devrait rendre beaucoup plus difficiles, voire improbables, des réactions négatives de la part d’éventuels futurs inculpés croates, de toutes façons moins emblématiques et populaires que A. Gotovina ou J. Bobetko. Grâce à l’habileté du gouvernement, l’opinion publique, pour sa part, a progressivement évolué sur la question de la coopération avec le TPIY. Il n’en reste pas moins que l’affaire Bobetko a entamé le crédit de la Croatie sur le plan international.
Une autre « grande affaire » pénale a été la condamnation par un tribunal croate, le 24 mars 2003, du général Norac (également considéré comme un héros par une frange importante de la population) à douze ans de prison pour crimes de guerre commis en 1991. Le TPIY a considéré cet événement comme un progrès pour la Croatie, qui s’est ainsi montrée capable de juger elle-même les crimes de guerre perpétrés sur son territoire par ses nationaux.
 
Une position extérieure plus affirmée
 
 
La Croatie semble bien décidée à ne plus se focaliser sur son passé et à vouloir développer et améliorer ses relations avec ses proches ou plus lointains voisins.
● Dans la région
Le milieu de l’année 2002 avait été marqué par une recrudescence des tensions. Plusieurs contentieux subsistaient, par exemple, avec la Slovénie : la délimitation des frontières maritimes entre les deux pays dans la baie de Piran, l’utilisation de la centrale nucléaire commune de Krsko et le dédommagement des épargnants croates, qui étaient clients de la Ljubljanska Banka avant l’indépendance des deux pays (ce dernier litige n’est d’ailleurs toujours pas réglé). La crise survenue en août 2002 entre pêcheurs slovènes et croates dans la baie de Piran est révélatrice des crispations que la délimitation du territoire continue de susciter en Croatie. Ce motif est également à l’origine de l’incident survenu sur le Danube, le 28 juillet 2002, lorsque des élus locaux croates ont été la cible des tirs de soldats yougoslaves dans une zone frontalière contestée.
Mais des progrès tangibles ont été accomplis dans le développement d’actions bilatérales et multilatérales au sein de la région ; c’est le cas du programme de coopération relatif au bassin danubien, mis sur pied en mai 2002, à Vienne, par treize pays, dont la Bosnie-Herzégovine (BiH), la Croatie, la Serbie-Monténégro et l’ancienne république yougoslave de Macédoine (en tant qu’observateur), ainsi que de l’accordcadre sur le bassin de la Save, conclu entre la BiH, la Croatie, la Serbie-Monténégro et la Slovénie en décembre 2002, et essentiellement centré sur la gestion de l’eau, la navigation et la protection de l’environnement. Selon le deuxième rapport annuel de la Commission européenne sur le Processus de stabilisation et d’association en faveur de l’Europe du Sud-Est de mars 2003, « ce dernier accord donne un bon exemple de pays qui prennent conscience de la dimension régionale d’un problème pour faire de ce potentiel une réalité ». L’initiative la plus spectaculaire a été la signature inattendue avec la Serbie-Monténégro, en décembre 2002, d’un protocole temporaire réglant la question de la délimitation de la frontière entre les deux pays, dans la région de Prevlaka. De façon générale, les rapports entre ces deux anciens adversaires tendent à s’améliorer, comme le montrent la signature d’un accord de libre-échange, ainsi que la décision prise en juin 2003 de libéraliser le régime des visas entre les deux pays. Cette dernière mesure n’est cependant envisagée que de façon provisoire de la part de la Croatie, celle-ci exigeant la résolution d’un certain nombre de questions, comme la démilitarisation de la frontière danubienne du côté serbe, ou la restitution de documents de l’état civil croate. Néanmoins, la présence d’Ivica Racan aux obsèques du Premier ministre serbe, Zoran Djindjic, assassiné en mars 2003, constitue un symbole fort du réchauffement des relations entre les deux pays, bien que les inquiétudes des Croates au sujet de l’évolution de la situation politique chez leur principal voisin n’aient pas totalement disparu.
En ce qui concerne la Bosnie-Herzégovine, la Croatie a officiellement renoncé aux liens privilégiés qu’elle pouvait nouer avec la communauté croate de ce pays, conformément aux accords de Dayton. Elle devrait également conclure un accord aux termes duquel les ressortissants bosniaques vivant en Croatie (250 000 personnes) et ayant la double nationalité ne pourront plus voter que dans un seul pays, de leur choix. La Croatie ne se désintéresse pas, pour autant, du sort des Bosno-Croates, comme l’a montré, en décembre 2002, une déclaration du vice-président (SDP) du Parlement, Zdravko Tomac, qui a provoqué une véritable tempête médiatique et politique ; il n’a en effet pas hésité à affirmer que la politique menée par F. Tudjman à l’égard de la Bosnie n’était pas vraiment mauvaise. Cette polémique mise à part, de nombreux Croates estiment que les accords de Dayton ne sont plus adaptés, du fait des nombreux changements intervenus en Bosnie-Herzégovine depuis la fin de la guerre et qu’ils prennent, en l’occurrence, insuffisamment en compte les droits de la communauté croate de Bosnie, ce qui justifierait, selon eux, une renégociation de ces accords.
● Sur la scène internationale
En 2002, le président Mesic et les membres du gouvernement ont multiplié les voyages et les rencontres bilatérales, et pas uniquement dans l’optique de l’intégration à l’UE. Face aux demandes pressantes des Etats-Unis de rejoindre la coalition anti-irakienne, le ministre des Affaires étrangères, Tonino Picula, finit par signer la déclaration des Dix du Groupe de Vilnius, soutenant la coalition américano-britannique ; mais il fut critiqué pour ce « faux-pas », le Président, puis le Premier ministre se prononçant clairement pour le respect de la légalité internationale et des décisions du Conseil de sécurité. L’opinion publique était d’ailleurs majoritairement en accord avec cette position, plus de 70 % de la population se déclarant défavorable à une intervention des Américains en Irak sans l’aval du Conseil de sécurité. La plupart des partis politiques adoptèrent ce même point de vue, à l’exception de la HDZ : son président, Ivo Sanader, qui semblait d’ailleurs ne pas faire l’unanimité au sein de sa formation sur ce sujet, déclara en effet qu’il se rangeait aux côtés des Etats-Unis. Selon certains analystes politiques, cette attitude, à contre-courant de l’opinion publique, s’expliquerait par le soutien politique et financier qu’apporte à la HDZ la diaspora croate des Etats-Unis, réputée largement favorable à l’intervention américaine. Les autorités croates ont, quant à elles, persisté dans leur position « légaliste » sur la crise irakienne, rejoignant ainsi ostensiblement sur ce point la France et l’Allemagne. Leur réponse au non paper américain, demandant aux pays faisant partie de la coalition antiterroriste d’indiquer dans quelle mesure ils étaient prêts à s’impliquer dans une possible action militaire, a été d’autoriser le survol de l’espace aérien croate, ainsi que les atterrissages et l’approvisionnement en carburant des appareils uniquement civils. Le Premier ministre a justifié cette décision en déclarant que le Parlement était seul habilité à autoriser l’entrée de soldats étrangers sur le territoire national. La Croatie a également refusé de figurer sur la liste des pays faisant virtuellement partie de la coalition anti-irakienne sous le leadership des Etats-Unis, s’exposant ainsi, aux dires de certains officiels américains, à de possibles sanctions.
Cette première grande confrontation de la Croatie avec son ancien « protecteur » a été suivie par un deuxième incident, à la suite de la demande adressée par Washington aux Etats ayant ratifié le traité sur la Cour pénale internationale (CPI) de s’engager à ne pas extrader les citoyens américains appelés à comparaître devant cette Cour. Or, une telle demande était difficilement acceptable en Croatie, compte tenu de l’intransigeance américaine à propos de la coopération avec le TPIY. De plus, l’Union européenne avait déjà adopté une position commune sur ce sujet en septembre 2002, soutenant sans réserve le traité de Rome de 1998 qui institue la CPI. Les Américains ont alors décidé de supprimer leur aide militaire à tous les pays qui n’auraient pas signé un accord de non-extradition avant le 1er juillet 2003, à l’exception de ceux bénéficiant d’une exemption accordée par le Président des Etats-Unis. Malgré l’échec des négociations visant à obtenir cette exemption, les Croates ont refusé de s’incliner, se privant ainsi d’une aide de 21 millions de dollars. Ces deux affaires témoignent on ne peut plus clairement du nouveau et courageux positionnement international de la Croatie et de l’orientation résolument européenne de sa politique étrangère.
 
Une croissance vigoureuse sur fond de déséquilibres
 
 
Les indicateurs macroéconomiques de la Croatie continuent de se montrer plutôt bons, avec notamment un taux de croissance de 5,2 % pour 2002. La Croatie reste, derrière la Slovénie, le pays le plus riche de l’ex-Yougoslavie et, par bien des aspects, elle présente une structure économique proche de celle d’un pays de l’OCDE. Toutefois, elle pourrait rencontrer prochainement certaines difficultés, provoquées par les déséquilibres de ses comptes extérieurs, tandis que le taux de chômage continue de plafonner autour de 20 %.
● Endettement et déficit courant : deux évolutions inquiétantes
La dette extérieure qui, en 2002, s’élevait à 14 milliards de dollars selon la Berd, aurait augmenté de près de 1,7 milliard depuis le début de 2003 ; selon la Banque nationale croate, elle pourrait en outre s’accroître de 3 milliards de dollars d’ici la fin de l’année, représentant alors 68 % du PIB. Même si cette institution explique qu’une partie de cette augmentation est imputable à la dépréciation du dollar, alors que les emprunts sont contractés en euros, il devient urgent pour l’économie croate de parvenir à maîtriser une évolution dont le rythme s’accélère.
La croissance relativement forte qu’a connue la Croatie en 2002 est pour l’essentiel le résultat de la hausse de la consommation intérieure, émanant des entreprises comme des particuliers, grâce à un recours accru au crédit, celui-ci étant favorisé par des taux d’intérêt particulièrement bas. Le risque inflationniste que cela comporte semble pour l’instant maîtrisé, avec un taux de 2,4 % en 2002, mais une légère augmentation est prévue pour 2003, la hausse de l’indice des prix à la consommation étant estimée aux alentours de 3 %. Toutefois, cet accroissement de la consommation se traduit surtout par une majoration des importations. D’un montant de 4,9 milliards de dollars, les exportations n’ont augmenté que d’environ 5 % en 2002, les importations ayant, quant à elles, enregistré une hausse de 17,1 %, pour atteindre 10,7 milliards de dollars, soit un taux de couverture de 45 %. La multiplication des centres commerciaux, ainsi que le développement du tourisme, ont contribué à dynamiser les importations de biens de consommation et de produits alimentaires, ainsi que d’automobiles. Il en est résulté un creusement du déficit commercial qui a atteint 5,8 milliards de dollars, ce qui correspond à 26,3 % du PIB. Les recettes touristiques et les transferts de fonds par la diaspora n’ont que très partiellement compensé cette mauvaise performance et le déficit de la balance des transactions courantes, avec 1,5 milliard de dollars, a atteint en 2002 6,9 % du PIB (selon la Mission économique de l’ambassade de France à Zagreb).


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Principaux indicateurs économiques de la Croatie en 1995-2002 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 PIB (variation en %) 6,8 6,0 6,5 2,5 - 0,9 2,9 3,8(1) 3,5(1) Production industrielle (variation en %) 0,3 3,1 6,8 3,7 - 1,4 1,7 6,0 5,4(1) Production agricole (variation en %) 0,7 1,3 4,0 10,2 - 3,5 2,8 8,5(1) nd Ventes au détail (variation en %) 16,5 - 3,5 14,9 - 0,4 - 4,7 8,0 7,5 12,8(2) Formation brute de capital fixe (variation en %) nd 37,6 23,3 3,0 - 1,1 - 3,8 9,7 11,4(3) Taux de chômage officiel (en % des actifs, en décembre) 17,6 15,9 17,6 18,6 20,8 22,6 23,1 21,5 Indice des prix à la consommation (moyenne annuelle, %) 2,0 3,6 3,7 5,2 3,5 5,4 4,7 1,8 Solde budgétaire (en % du PIB) - 1,7 - 1,8 - 2,2 - 3,0 - 7,4 - 5,7 - 5,2 - 6,2(1) Exportations de marchandises (en millions de dollars) 4 633 4 546 4 210 4 605 4 395 4 567 4 752(1) 4 657(1) Importations de marchandises (en millions de dollars) 7 892 8 169 9 407 8 752 7 693 7 771 8 764(1) 9 202(1) Balance commerciale (en millions de dollars) - 3 259 - 3 623 - 5 197 - 4 147 - 3 298 - 3 204 - 4 012(1) - 4 545(1) Balance des transactions courantes (en % du PIB) - 6,8 - 5,8 - 11,5 - 7,1 - 7,6 - 2,4 - 3,2 - 3,2(3) Dette extérieure brute (en % du PIB) 19 24 37 39 49 60 53 62(4) Investissements directs étrangers (en millions de dollars) 109 486 347 835 1 445 1 086 1 325(1) 970(1) (1) Estimation (2) Janvier-novembre (3) Janvier-septembre (4) Fin septembre. Source : Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et années antérieures ; Berd, Transition Report 2002.
Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et années antérieures ; Berd, Transition Report 2002.

Les exportations croates, qui avaient augmenté en 1999 et en 2000, notamment grâce aux achats de l’Union européenne, stagnent depuis 2001. Elles souffrent d’être excessivement concentrées sur quelques produits et quelques destinations et d’être insuffisamment compétitives. Les principaux postes à l’exportation sont les constructions navales (13 % du total), l’industrie textile (13 %), l’agroalimentaire (8 %) et la filière bois (5 %). Or, tous ces secteurs sont soumis à une très forte concurrence sur les marchés extérieurs, à laquelle il leur est de plus en plus difficile de résister, en raison notamment de la légère surévaluation de la monnaie, de salaires relativement élevés et de structures industrielles souvent inadaptées et obsolètes. Le gouvernement a annoncé en juillet 2003 le lancement d’un programme destiné à améliorer la compétitivité des entreprises croates les mieux placées à l’exportation.
Les relations franco-croates
Les échanges franco-croates ont connu une progression importante en 2002, avec des exportations françaises en augmentation de 27,7 % (460 millions d’euros), le poste des automobiles représentant à lui seul 40 % des ventes. Les groupes PSA et Renault détiennent actuellement environ un tiers du marché automobile croate. Toutefois, la France, avec seulement 4,6 % des parts de marché, reste cantonnée au sixième rang des fournisseurs de la Croatie, derrière l’Italie, l’Allemagne, la Slovénie, la Russie et l’Autriche. De leur côté, les exportations croates en France ont accusé une baisse de 8 %. La Croatie est son 62e client et son 75e fournisseur.
Deux gros contrats ont été remportés en 2003 par des entreprises françaises : Thalès ATM, qui doit équiper en radars civils l’aéroport de Zagreb (22 millions d’euros), et Bouygues, qui a été chargé de la construction de la deuxième tranche de l’autoroute d’Istrie (210 millions d’euros).
Les relations politiques restent, quant à elles, au beau fixe. Le président Mesic s’est ainsi rendu en France à deux reprises en 2003 : en février pour demander l’appui de Paris à la candidature croate à l’Union européenne, et en juin pour introduire le séminaire du Centre français du commerce extérieur (CFCE) destiné à promouvoir les investissements français en Croatie, ainsi que pour signer deux accords bilatéraux, l’un sur le développement des PME et le second sur la suppression de la double imposition.


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2000...IMGIMF
Les échanges France – Croatie, 2000-2002 (millions d’euros) 2000 2001 2002 Exportations (fob) 343,6 361,8 460,2 Importations (cif) 124,1 188,8 173,9 Solde + 219,5 + 173,0 + 286,3 Source : Douanes françaises
Douanes françaises

La plupart des échanges s’effectuent avec les pays d’Europe (85 %), dont 54,8 % avec ceux de l’Union européenne, l’Italie et l’Allemagne étant les principaux partenaires. La Croatie se tourne également de plus en plus vers le marché régional, comme d’ailleurs l’exige l’UE dans le cadre de l’Accord de stabilisation et d’association. Elle a adhéré en mars 2003 à l’Accord de libre-échange centre européen (ALECE) et a signé avec chacun des pays de la région des accords de libre-échange. Le commerce s’effectue actuellement surtout avec la Bosnie-Herzégovine (15 % du total des exportations) et la Slovénie, mais avec la Serbie-et-Monténégro, il demeure à un niveau modeste (2 % du total).
L’importance des importations croates est le résultat d’une forte demande intérieure qui se porte sur les voitures de tourisme (les Croates n’hésitent pas à s’endetter sur plusieurs années pour acquérir un véhicule neuf), les équipements ménagers, mais elle est également liée aux programmes d’infrastructures du gouvernement (construction d’autoroutes et de logements). En outre, les besoins énergétiques vont croissant, que ce soit en charbon, en pétrole, en gaz ou en électricité, ce qui contribue aussi à gonfler les importations.
● Un tourisme salvateur, mais bridé par ses structures
Le tourisme, dont les recettes représentent entre 14 et 17 % du PIB selon les années, reste l’une des principales sources de revenus du pays, ce qui lui permet de renflouer quelque peu sa balance des transactions courantes. En 2002, ce secteur a enregistré une hausse de 6 % (pour le nombre de touristes) et de 35 % pour celui de nuitées (44,7 millions). Les Allemands (27 %), les Slovènes (12,6 %), les Italiens (12,3 %), les Tchèques (11,5 %) et les Autrichiens (8,9 %) constituent l’essentiel des touristes. Les Croates tablent sur une augmentation en 2003 des revenus engendrés par ce secteur, la popularité de la côte croate ne cessant de grandir (elle est en onzième position, selon un sondage effectué dans les pays européens). Ils comptent également bénéficier de la désaffection à l’égard de certaines destinations touristiques (Maghreb, Moyen-Orient et Asie) en raison de la montée de l’insécurité. Une étude du WTTC (World Tourism and Travel Council) estime que les recettes du tourisme pourraient atteindre 7,9 milliards de dollars en 2003, ce qui représente une progression moyenne de 7,7 % par an sur une période de dix ans.
Toutefois, le développement de cette activité se heurte actuellement à l’insuffisance des capacités d’accueil hôtelières pour un tourisme de masse, ainsi qu’au manque d’infrastructures haut de gamme. Dans de nombreuses régions, la guerre, puis l’instabilité et la raréfaction des flux touristiques qui en a résulté n’ont pas permis l’entretien, voire la rénovation, des structures hôtelières. Afin qu’elle puisse parer au plus pressé, l’industrie touristique a été dotée de 150 millions d’euros d’investissements pour préparer la saison 2003, mais beaucoup reste encore à faire.
Les incertitudes sur la définition des catégories d’hôtels devraient disparaître avec l’adoption en mai 2002 d’une nouvelle réglementation. Jusqu’à présent, les touristes optent en majorité pour la formule de l’hébergement chez l’habitant, très développée dans le pays, car moins onéreuse. L’inconvénient de ce système tient à ce qu’il engendre des revenus importants non déclarés qui ne peuvent en conséquence être intégrés aux statistiques nationales. Les recettes touristiques seraient donc plus élevées en réalité que ne le reflètent les chiffres officiels.
Le gouvernement a décidé de lancer un programme ayant pour objectif d’accueillir, d’ici 2010,11 millions de touristes par an, pour 70 millions de nuitées : la promotion d’un tourisme d’élite, la construction d’hôtels s’intégrant parfaitement au paysage, l’augmentation de la capacité d’accueil de 100 000 lits, l’amélioration des infrastructures routières et ferroviaires en sont les principaux axes.
● Un processus de privatisation laborieux
La politique de rigueur budgétaire du gouvernement Racan, qui s’appuie sur un accord standby conclu avec le FMI en février 2003, prévoit une baisse des dépenses publiques d’environ 5 points de PIB en deux ans, afin de poursuivre la réduction du déficit : de 4,8 % du PIB en 2002, les autorités pensent le ramener à 4,6 % en 2003 (selon la Mission économique à Zagreb). Le programme négocié avec le FMI envisage un financement du déficit par des emprunts intérieurs et par les recettes issues de la privatisation des entreprises publiques. Parallèlement, les autorités ont entrepris de réduire les effectifs de la fonction publique (notamment au ministère de la Défense), de réformer le régime des retraites et elles cherchent à obtenir une meilleure maîtrise des dépenses de santé.
La poursuite du processus de privatisation s’avère difficile, tant en raison de la méfiance de la population vis-à-vis des abus qui ont pu être commis dans le passé que des très fortes réticences face à ce qui est considéré comme « un bradage du patrimoine national », quand des entreprises sont achetées par des investisseurs étrangers. Parmi celles qui doivent encore être privatisées, figurent la société nationale des hydrocarbures (INA) et la Banque postale, ainsi que plusieurs entreprises agroalimentaires et des hôtels. Les nombreuses irrégularités qui ont entaché la procédure de privatisation de la chaîne d’hôtels Suncani Hvar, aggravées par le fait que le repreneur était une société slovène, ont entraîné l’annulation de la vente, l’apparition de fortes tensions entre les deux principaux partis (SDP et HSS) de la coalition gouvernementale, la démission du conseil d’administration du Fonds national de privatisation, et le report de toutes les autres opérations prévues.
Bien que la Croatie draine près de la moitié des investissements étrangers réalisés dans la région des Balkans occidentaux, ceux-ci restent à un niveau relativement faible par rapport à ceux effectués dans les pays d’Europe centrale, en raison des incertitudes qui planent sur la politique de privatisation du gouvernement, le SDP et le HSS ayant des points de vue divergents sur ce sujet. Une deuxième raison tient à l’état du système judiciaire croate, très largement inefficace, soupçonné de corruption et surtout lent et surchargé. Dans un tel contexte, les investisseurs peuvent hésiter à venir dans un pays où ils ne sont pas assurés d’être défendus au mieux de leurs intérêts en cas de litige. Une réforme a été annoncée par le gouvernement visant à rassurer les investisseurs éventuels.
Dans le but de résorber le problème très préoccupant du chômage, qui dépasse les 20 % depuis 1999, le gouvernement a lancé un programme de construction d’autoroutes reliant Zagreb à Rijeka et à Split, destiné à fournir du travail, mais également à favoriser le développement du tourisme, l’installation de zones commerciales et le désenclavement des régions isolées. Grâce notamment au nouveau Code du travail, voté en juillet 2003, qui raccourcit la durée du préavis de licenciement et diminue les indemnités versées en cas de renvoi, le gouvernement compte parvenir à stimuler l’embauche par les entreprises. Ces mesures ont, semble-t-il, commencé à donner des résultats, puisque le nombre de chômeurs aurait diminué en juillet de 17 % par rapport à 2002, selon les données de l’Agence pour l’emploi. Le taux de chômage resterait toutefois très élevé puisqu’il aurait atteint 19,6 % (soit 320 000 chômeurs) en mai 2003, chiffre qui tient compte de la réduction des effectifs des forces armées, passés de 42 000 à 25 000 hommes.
En choisissant de mettre résolument le cap sur l’Union européenne, tout en renouant des relations avec les autres pays de l’ex-Yougoslavie, le gouvernement actuel a montré qu’il était capable de s’affranchir des démons du passé. La candidature européenne a engagé la Croatie sur une voie de non-retour. Les gagnants des prochaines élections législatives, quels qu’ils soient, ne pourront pas reculer devant les réformes nécessaires pour cela, même si elles sont impopulaires. Il n’en reste pas moins que, malgré de bons résultats économiques, grâce notamment à la reprise spectaculaire du tourisme, les autorités croates devront s’attaquer aux déséquilibres qui menacent, notamment l’inquiétante dette extérieure.
 
Annexe Chronologie
 
 
2002
28 février Milan Bandic, maire de Zagreb, compromis dans un scandale politico-judiciaire concernant notamment des constructions effectuées sans permis, est remplacé par une de ses adjointes. Il avait dû démissionner un mois avant.
4 mars D. Budisa, leader historique du HSLS, devient Premier vice-Premier ministre du gouvernement. Cette nomination est supposée clore la crise politique ouverte depuis près d’un an et éloigner le risque d’élections anticipées.
20-21 avril Congrès du parti d’opposition de droite, la HDZ, qui voit l’élection à une courte majorité (de 97 voix sur un total de 2 160 délégués) de Ivo Sanader, modéré, ministre de la Recherche de 1993 à 1995, devant Ivic Pasalic, conseiller politique de Franjo Tudjman de 1995 à 1999, perçu comme un ultra-nationaliste et chef du clan dit des Herzégoviniens.
2-7 mai La procureure du TPIY, Carla del Ponte, se rend en Croatie. Tout en laissant entendre que d’autres inculpations de Croates interviendront pour le massacre de civils serbes, elle ne confirme pas les noms des inculpés, militaires ou responsables de la police en 1995, lors de l’offensive Oluja ou de celle de la poche de Medak en septembre 1993. Début juin 2002, la découverte d’un charnier de civils serbes massacrés en août 1995, en Krajina, (plus de 90 corps) renforcera sa détermination.
14 mai Les ministres des Affaires étrangères de l’Otan, réunis à Reykjavik (Islande), invitent la Croatie à rejoindre le Plan d’action pour l’adhésion (MAP).
29 mai Le Président Mesic se rend au 9e sommet de l’Initiative centre-européenne (31 mai-1er juin) qui se tient à Bled, en Slovénie, où il rencontre notamment le Président serbe, Vojislav Kostunica, et le Président slovène, Milan Kucan ; ce dernier lui fait part de son dépit concernant l’accord slovénocroate sur Piran que le Parlement croate n’a toujours pas ratifié.
3-7 juin Visite officielle de Elisabeth Jones, adjointe au Secrétaire d’Etat américain. Elle annonce que la Croatie, candidate depuis mai, ne sera pas invitée à rejoindre l’Otan lors du sommet de Prague de novembre 2002, tout en se déclarant très satisfaite des réformes économiques et politiques accomplies par le gouvernement.
5 juillet Le Premier Ministre, I. Racan, annonce la démission de son équipe. Le 30 juillet, il forme un nouveau gouvernement reposant sur une coalition de cinq partis, le HSLS ayant officiellement quitté celle-ci.
28 juillet Incident frontalier sur le Danube près de l’île contestée de Sarengrad et tension entre les deux pays ; l’armée yougoslave tire des coups de feu en direction de bateaux sur lesquels ont pris place des autorités locales croates, s’apprêtant à rencontrer leurs homologues serbes.
5-12 août Tensions diplomatiques entre la Croatie et la Slovénie à la suite des affrontements provoqués par des incursions répétées de pêcheurs slovènes dans les eaux territoriales croates dans la baie de Piran.
10 septembre Les Premiers ministres croate et serbe signent un accord établissant un régime maritime temporaire (3 mois) dans la baie de Piran et autorisant la pêche. Aucune avancée n’est réalisée sur le tracé de la frontière.
14 septembre Formation, par I. Pasalic, récemment exclu de la HDZ, du Bloc croate - Mouvement pour une Croatie moderne, se revendiquant de l’héritage de F. Tudjman et se situant à droite de la HDZ ; cette dernière pourrait bénéficier de cette création et se retrouver ainsi relativement plus au centre.
19 septembre Le TPIY notifie aux autorités croates l’inculpation du général Bobetko, chef d’état-major des armées de novembre 1992 à juillet 1995, pour crimes contre l’humanité et violation des lois et coutumes de guerre, et adresse un mandat d’arrêt au représentant du procureur à Zagreb.
14 novembre Hospitalisation du général Bobetko, son état de santé s’étant aggravé, après qu’il eut obtenu du Premier ministre la garantie écrite que l’acte d’inculpation ne lui serait pas remis contre sa volonté lors de son séjour à l’hôpital.
10 décembre A l’issue de la mission de la Monup (Mission d’observation de l’Onu), en place depuis dix ans et qui prend fin le 15 décembre, signature par les ministres des Affaires étrangères yougoslave et croate du Protocole intérimaire sur la frontière sud, réglant la question de Prevlaka, et rétablissant la souveraineté de la Croatie sur la péninsule. Une zone d’exclusion maritime est créée dans les Bouches de Kotor et la RFY obtient un accès à la haute mer.
16 décembre Adoption par une majorité qualifiée de la loi constitutionnelle sur les droits des minorités nationales, avec le soutien de la HDZ et des représentants des minorités. Le nombre de sièges dont disposent les minorités au Parlement passe de cinq à huit.
18 décembre Adoption par le Parlement à la quasi-unanimité des députés présents d’une résolution déclarant que l’adhésion à l’Union européenne est un objectif stratégique national auquel le Parlement accorde un soutien total.
2003
1er janvier L’aide financière dont bénéficie la Croatie dans le cadre du programme Cards (Assistance communautaire à la reconstruction, au développement et à la stabilisation) sera désormais gérée de façon décentralisée, c’est-à-dire en Croatie même.
20 janvier Début de la grève des médecins spécialistes contre la réforme du système de santé et, notamment, contre la convention collective du secteur médical négociée par le gouvernement.
3 février La Croatie signe un accord stand-by avec le Fonds monétaire international (106 millions de dollars de droits de tirage spéciaux sur une période de 14 mois se terminant en mars 2004).
5 février
• Après un examen mené par des experts médicaux mandatés par le TPIY, ce dernier renonce à l’extradition du général Bobetko en raison de son état de santé, sans pour autant retirer l’acte d’inculpation.
• Le ministre croate des Affaires étrangères, Tonino Picula, signe la déclaration des Dix du Groupe de Vilnius, soutenant l’intervention américaine en Irak (Etats baltes, Roumanie, Bulgarie, Slovaquie, Slovénie, Albanie, Macédoine).
21 février Ivica Racan se rend à Athènes pour poser la candidature de la Croatie à l’adhésion à l’UE, qui est alors sous présidence grecque.
26 février Refus des autorités croates de participer formellement à la coalition anti-irakienne. A la demande des Américains, elle accepte de fournir un soutien logistique limité (survol du territoire, atterrissage et ravitaillement des appareils non militaires).
1er mars Entrée effective de la Croatie dans l’ALECE (Accord de libre-échange centre européen).
15 mars Présence d’Ivica Racan aux obsèques du Premier ministre de Serbie-et-Monténégro, Zoran Djindjic, assassiné trois jours auparavant.
24 mars Condamnation par le tribunal de Rijeka à une peine de douze ans de réclusion du général à la retraite, Mirko Norac, accusé avec deux autres personnes, Tihomir Oreskovic et Stjepan Grandic, de crimes de guerre commis contre la population civile de la région de Gospic à l’automne 1991.
31 mars Visite à Zagreb de Lord Robertson, Secrétaire général de l’Otan. Il déclare qu’avant d’adhérer à l’Alliance, la Croatie devra réformer la justice, lutter contre les crimes et la corruption et assurer la protection des informations secrètes. Mais la condition préalable absolue reste, selon lui, la coopération avec le TPIY.
4 avril L’acte d’inculpation à l’encontre du général Bobetko est remis par le gouvernement croate à son avocat, satisfaisant ainsi à l’injonction du 19 mars du TPIY.
29 avril Décès du général Bobetko. Contrairement au président Mesic, le Premier ministre I. Racan assiste à ses obsèques le 2 mai.
11 juin Interview du général Gotovina par l’hebdomadaire Nacional, dans lequel le général en fuite déclare qu’il reconnaît la légitimité du TPIY et qu’il serait prêt à être entendu par ses enquêteurs, voire à se rendre à La Haye, si le tribunal acceptait de revoir son statut d’inculpé.
19-21 juin Nouvelle visite du président Mesic à Paris après celle de février 2003 : il introduit le séminaire du CFCE consacré à la Croatie et signe deux accords bilatéraux économiques.
23 juin La HDZ, principal parti d’opposition tient son 8e congrès.
1er juillet A la suite du refus des autorités croates de s’engager à ne pas extrader les citoyens américains appelés à comparaître devant la Cour pénale internationale (CPI), la Croatie est inscrite par Washington sur la liste des 35 pays qui ne recevront plus d’aide militaire américaine.
10 juillet Visite à Zagreb du président de la Commission européenne, Romano Prodi, qui remet aux autorités croates les questionnaires devant servir de base aux négociations d’adhésion.
 
Principales formations politiques
 
 
DC Centre démocrate
HB Bloc croate
HDZ Communauté démocratique croate
HIP Véritable renaissance croate
HKDU Union croate des chrétiens-démocrates
HNS Parti populaire croate*
HSLS Parti social-libéral croate
HSP Parti croate du droit
HSS Parti paysan croate*
IDS Parti démocrate d’Istrie
Libra Parti libéral indépendant*
LS Parti libéral*
PGS Parti du Primorje et du Gorski Kotar (régions du littoral et de l’arrière-pays)
SBHS Parti croate de Slavonie et de Baranja
SDSS Parti serbe démocrate et social
SDP Parti social-démocrate*
SRP Parti travailliste social
UIPC Association pour l’identité et la prospérité croates
* Partis de la coalition au pouvoir.
 
Résultats des dernières élections
 
 
Election présidentielle* des 23 janvier et 7 février 2000
Taux de participation : 64,27 % au premier tour, 60,88 % au second.


IMGIMGCandidats % des voix % des voix 
au ...IMGIMF
Candidats % des voix % des voix au premier tour au second tour Stipe Mesic (Parti populaire croate, HNS) 41,11 56,01 Drazen Budisa (Parti socialdémocrate, SDP/Parti social-libéral, HSLS) 27,71 43,99 Mate Granic (Communauté démocratique croate, HDZ) 22,46 - *Six autres candidats ont obtenu moins de 5 % des suffrages.

Prochaine échéance présidentielle : février 2005
Elections au Parlement du 3 janvier 2000
Taux de participation : 72 %.
Le Parlement croate est monocaméral depuis mars 2001


IMGIMGFormations politiques % des voix Nom...IMGIMF
Formations politiques % des voix Nombre de sièges Parti socialdémocrateParti social-libéral (SDP-HSLS)(1) 45,04 68 Communauté démocratique croate (HDZ) 30,46 46 Coalition du centre (HSS-IDS-LS-HNS)(2) 15,89 24 Coalition de droite (HSP-HKDU)(3) 3,3 5 Parti du Primorje et du Gorski Kotar (PGS) 1,32 2 Parti croate de Slavonie et de Baranja (SBHS) 0,66 1 Minorités 3,31 5 (1) Ils obtiennent respectivement 44 et 24 sièges (2) Parti paysan : 16 sièges ; Diète démocratique d’Istrie : 4 ; Parti populaire : 2 ; Parti libéral : 2. (3) Parti du droit : 4 sièges ; Union croate des chrétiensdémocrates : 1.

Prochaines échéances législatives : février 2004.
 
Composition du gouvernement (juillet 2003)
 
 
  • Premier ministre : Ivica Racan (SDP)
  • Vice-Premier ministre : Goran Granic
  • Vice-Premier ministre délégué aux Affaires économiques : Slavko Linic (SDP)
  • Vice-Premier ministre : Ante Simonic (HSS)
  • Vice-Premier ministre déléguée aux Affaires sociales et ministre de la Défense : Zeljka Antunovic (SDP)
  • Finances : Mato Crkvenac (SDP)
  • Affaires étrangères : Tonino Picula (SDP)
  • Intégration européenne : Neven Mimica
  • Intérieur : Sime Lucin (SDP)
  • Justice : Stjepan Ivanisevic (SDP)
  • Economie et Privatisations : Ljubo Jurcic
  • Santé : Andro Vlahusic
  • Travail et Sécurité sociale : Davorko Vidovic
  • SDP)
  • Travaux publics, Reconstruction et Génie civil : Radimir Cacic (HNS)
  • Agriculture et Forêts : Bozidar Pankretic (HSS)
  • Tourisme : Pave Zupan-Ruskovic (indépendant)
  • Protection de l’environnement et Aménagement du territoire : Ivo Banac (LS)
  • Affaires maritimes, Communications et Transports : Roland Zuvanic
  • Anciens combattants : Ivica Pancic (SDP)
  • Sciences et Technologies : Gvozden Flego
  • Culture : Antun Vujic (SDP)
  • Education nationale et Sport : Vladimir Strugar
  • HSS)
  • Petites et moyennes entreprises : Zeljko Pecek
  • HSS)
  • Ministre sans portefeuille : Gordana Sobol
  • SDP)
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  Ouvrages
·  Commission des communautés européennes, Croatie, Document de travail des services de la Commission, SEC (2003) 341, Bruxelles 26 mars 2003,38 p.
·  Diane Masson, L’utilisation de la guerre dans la construction des systèmes politiques en Serbie et en Croatie 1989-1995, L’Harmattan (collection Logiques Politiques), Paris, 2002,350 p.
·  World Bank, Regaining Fiscal Sustainability and Enhancing Effectiveness in Croatia. A Public Expenditure and Institutional Review, The World Bank, Washington, 2002, XXIII-108 p. (A World Bank Country Study).
·  Revues
·  Guy Norton, « Croatia. EU Accession or Bust », Euromoney, avril 2003, pp. 52-57.
·  International Monetary Fund, « Republic of Croatia : Financial System Stability Assessment », IMF Country Report, n° 02/ 180, août 2002,62 p.
·  International Monetary Fund, « Republic of Croatia : Selected Issues and Statistical Appendix », IMF Country Report, n° 02/ 179, août 2002,99 p.
·  International Monetary Fund, « Republic of Croatia : Staff Report for the 2002 Article IV Consultation », IMF Country Report, n° 02/178, août 2002,51 p.
·  Joseph Krulic, « Croatie. Contraintes internationales et malaise social » in « Europe centrale et orientale 2001-2002. Une croissance pérenne, un jeu politique rodé, des sociétés désenchantées », Le courrier des pays de l’Est, n° 1026, juin-juillet 2002, La Documentation française, pp. 52-65.
·  Economist Intelligence Unit, Country Report (trimestriel) Country Profile annuel), « Croatia ».
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