2003
Le Courrier des Pays de l’Est
Hongrie 2002-2003
Bipolarisation politique et rééquilibrages économiques
Liliane Petrovic
Centre d’études des modes d’industrialisation (EHESS), Paris. Manuscrit clos en juin 2003.
La nouvelle coalition gouvernementale de gauche, portée au pouvoir par
le scrutin législatif d’avril 2002, a
consolidé son assise en remportant, à
une majorité confortable, les élections
locales d’octobre. Par ailleurs, les
accusations de collaboration avec les
services secrets communistes pesant
sur le Premier ministre, Peter
Medgyessy, et sur certains membres
des gouvernements qui se sont
succédé à la tête du pays depuis 1990,
n’ont finalement, après examen par
deux commissions parlementaires,
abouti à rien. La vie politique s’est
organisée autour de quelques thèmes
divisant la majorité et l’opposition,
comme les amendements à la loi sur
le statut des Hongrois citoyens de
pays voisins adoptés en juin 2003 et
qui n’ont ni apaisé la colère des autorités roumaines et slovaques, ni fait
taire la désapprobation des institutions internationales, l’insuffisance
des moyens consacrés à la défense au
regard des normes de l’Otan, la faible
participation au référendum sur
l’adhésion à l’Union européenne du
12 avril 2003 – même si le «oui» l’a
emporté – dont la gauche et la droite
se sont rendues mutuellement responsables, ou encore la dégradation de
la compétitivité des produits hongrois
consécutive aux relèvements à répétition des salaires, essentiellement
pour des raisons électorales et, dès
lors, sans que soit prise en compte
l’évolution de la productivité du
travail. Cette situation a conduit le
gouvernement et la Banque centrale
à chercher une solution permettant de
concilier désinflation et amélioration
de la compétitivité : le forint a été
dévalué de 2,26 % le 4 juin 2003 et
les dépenses publiques ont été très
sensiblement réduites afin de ramener
le déficit budgétaire dans des limites
plus acceptables (l’exécutif a ensuite
amenuisé cette réduction). A cela
s’ajoute l’état tout aussi préoccupant
des comptes extérieurs, soit autant de
facteurs qui contribuent à rendre
vulnérable une croissance encore
dynamique (3,3 % en 2002).
The new left-wing government
coalition which came to power
in the April 2002 legislative
elections consolidated its hold
by carrying a comfortable
majority in the October local
elections. Moreover, accusations of collaboration with the
communist secret services
which weighed heavily on the
Prime Minister, Peter Medgyessy,
and on some members of
government who came to power
after 1990, came to naught after
enquiries by two parliamentary
commissions. Political life
centers on certain issues which
divide the majority and the opposition, such as the June 2003
amendment to the law on the
status of Hungarians who are
citizens of neighboring countries
which did not appease the
anger of the Rumanian and
Slovak authorities or silence the
disapproval of international institutions, defense budget inadequacies in terms of NATO
norms, weak participation in the
April 12th, 2003 referendum on
European Union membership,
for which, although the “Yes”
carried the vote, the left and the
right took mutual responsibility,
or the decline in the competitiveness of Hungarian products
in the wake of repeated wage
hikes, basically for electoral
reasons without taking into
account the evolution of labor
productivity. This situation has
led the government and the
Central Bank to seek a solution
capable of reconciling disinflation and improve competitiveness. The forint was
devalued by 2.26 % on 4 June
2003 and public expenditures
were substantially reduced in
order to bring the budget deficit
within more acceptable limits
(the executive later raise
reduced this). To this may be
added the serious state of
external trade and payments.
These all contribute to rendering
what is still dynamic growth
(3.3 % in 2002) more vulnerable.
Après une victoire serrée au
scrutin législatif d’avril 2002, la
coalition gouvernementale,
constituée du Parti socialiste
(MSzP) et de l’Alliance des
démocrates libres (SzDSz), a
consolidé sa position en emportant
les élections locales d’octobre.
Bien que le nouveau gouvernement continue de bénéficier du
soutien de la population dans les
sondages d’opinion, l’influence
de l’opposition, représentée en
premier lieu par l’Alliance des jeunes démocrates
(FIDESz), reste importante, voire croissante, ce
qui reflète la persistance de la bipolarisation de
la scène politique hongroise entre la gauche et la
droite. Sur le plan économique, en dépit de la
détérioration de la conjoncture européenne, la
croissance s’est maintenue en 2002, mais à un
rythme moindre que l’année précédente et les
premiers résultats de 2003 semblent confirmer
ce ralentissement. Quant au débat qui oppose les
tenants d’une lutte sans relâche contre l’inflation
aux partisans d’une politique de change plus
flexible, il est loin de baisser en intensité, la mise
en œuvre des hausses de salaires promises lors
des campagnes électorales ayant entraîné une
nouvelle dégradation de la compétitivité externe
des produits hongrois.
Première année
d’exercice
gouvernemental
● Victoire aux élections locales
Le 20 octobre 2002
[1], les Hongrois étaient appelés
à élire le maire de la capitale, les maires et les
conseils municipaux de plus de 3 150 communes
(y compris les 23 conseils d’arrondissement de
la capitale), ainsi que les représentants des minorités ethniques lorsque ces dernières font la
demande expresse d’être présentes au sein de ces
conseils. Par ailleurs, les Hongrois devaient également désigner les conseils des 19 départements
ainsi que celui de la municipalité centrale de
Budapest.
Les candidats de la coalition portée au pouvoir
par le scrutin législatif des 7 et 21 avril 2002 ont
obtenu 45 % des suffrages aux élections locales
du 20 octobre 2002. Ils ont gagné les mairies des
seize plus grandes villes hongroises (sur 22)
[2],
parvenant même à s’imposer dans des fiefs de la
droite, comme Miskolc, Szeged et Szombathely.
La FIDESz et le Forum démocratique hongrois
(MDF), pour leur part, ont été crédités de 33 %
des votes seulement, lors des élections des
conseils départementaux. Le taux de participation a atteint 46 % (52,7 % à Budapest), soit le
chiffre le plus élevé jamais enregistré pour des
élections locales depuis le début de la période
post-communiste.
Le candidat de l’Alliance des démocrates libres
(SzDSz), Gabor Demszky, a été réélu pour la
quatrième fois maire de Budapest, avec 47 % des
voix
[3]. Au conseil de la municipalité centrale de
la capitale, les socialistes ont obtenu 24 sièges
sur un total de 66, la FIDESz-MDF 21, les
démocrates libres (SzDSz) 16 et le Parti hongrois
pour la justice et la vie (MIEP) 5. Dans les
23 arrondissements de la ville, 17 fauteuils de
maire ont été remportés par la coalition au
pouvoir, 4 par la droite et 2 par des candidats
indépendants. Le Premier ministre Peter
Medgyessy a attribué la victoire des socialistes
aux élections locales au fait que le nouveau
gouvernement avait tenu les promesses faites à
l’occasion des élections législatives d’avril. Le
chef de groupe parlementaire de la FIDESz, Janos
Ader, a, pour sa part, noté que « les événements
confirmaient l’hypothèse selon laquelle ceux qui
remportent les élections législatives gagnent également les élections locales »
[4].
● Beaucoup de bruit pour rien
La presse ayant révélé que le Premier ministre,
Peter Medgyessy, avait travaillé pour les services
secrets communistes entre 1977 et 1982, deux
commissions parlementaires ont été mises en
place, début juillet 2002. La première, présidée
par Laszlo Balogh du Forum démocratique (parti
d’opposition), a été chargée d’enquêter sur les
activités de contre-espionnage de P. Medgyessy
et la seconde, placée sous la houlette de Imre Mecs
du parti de coalition SzDSz, avait pour mission
de rechercher dans le passé de 193 membres des
différents gouvernements qui se sont succédé
depuis 1990 s’ils avaient ou non collaboré avec
les services secrets communistes. La première
commission devait achever son travail le 15 août
et la seconde le 30 septembre 2002.
Devant la Commission Balogh, Peter Medgyessy
a affirmé qu’il avait bien été agent des services
secrets lorsqu’il travaillait au ministère des
Finances entre 1978 et 1982 et que ses responsabilités consistaient à évaluer les informations sur
la situation économique et à protéger les secrets
d’Etat du pays en la matière durant les négociations devant aboutir à son admission au Fonds
monétaire international. Il a nié avoir travaillé
pour le KGB et avoir rédigé des rapports sur ses
collaborateurs. Une fois de plus, il a déclaré
solennellement avoir agi ainsi dans le seul souci
de défendre les intérêts de son pays. La Commission Balogh s’est dispersée le 15 août, mais sans
avoir abouti à un accord sur la communication
finale, les représentants des partis de la coalition
et ceux de l’opposition ayant présenté deux
rapports distincts − les premiers reprenant à leur
compte les arguments de P. Medgyessy, tandis
que les seconds faisaient valoir la « menace pour
la sécurité nationale » que représentait un Premier
ministre « ayant montré qu’il pouvait céder au
chantage » − et s’accusant mutuellement d’être
responsables de l’échec de la Commission.
Les premiers résultats de la Commission Mecs,
publiés fin juillet 2002, ont révélé que sept
ministres en fonction au cours de la période 1990-2002, dont cinq membres du gouvernement Orban
(1998-2002)
[5], avaient collaboré avec les services
secrets communistes, chiffre porté à douze selon
la presse. En même temps, un des membres de la
Commission, Karoly Toth, du Parti socialiste,
déclarait qu’il serait souhaitable de rendre publics
les noms des personnes incriminées, les activités
qu’elles avaient menées dans les services
d’espionnage, durant la période communiste, ainsi
que la durée de leur collaboration. Les ministres
mis en accusation étaient alors au nombre de
quinze. Le 9 août, les représentants des partis
d’opposition (FIDESz et MDF) décidaient de se
retirer définitivement de la Commission, malgré
les efforts de son président, parce qu’ils estimaient
qu’elle « procédait de manière illégale » en
dévoilant à la presse des informations classées
secret d’Etat
[6].
Cette affaire n’a guère passionné les Hongrois.
Selon un sondage, effectué par l’Institut Median
début août 2002, seules 10 % des personnes
interrogées souhaitaient avoir des informations
supplémentaires sur ces activités. En revanche,
77 % environ des sondés ne voulaient pas savoir
si leurs amis ou des membres de leur famille
avaient travaillé pour les services secrets
communistes et près de la moitié (47 %) étaient
contre l’ouverture des dossiers que ces derniers
avaient tenus. Pourtant, 22 % pensaient que les
noms de tous les agents et informateurs devaient
être rendus publics, mais cette opinion était moins
répandue (14 % des réponses) quand les accusations pesaient sur des personnes engagées activement dans la politique ou détenant, depuis 1990,
des positions clés dans les médias ou dans les
hiérarchies religieuses
[7].
Une centaine de ministres (anciens ou actuels)
ont donné leur accord pour que la Commission
Mecs rende publiques les informations relatives
à leur passé
[8]. A la fin du mois, Imre Mecs révélait
les noms des dix membres des gouvernements
d’après-1989 susceptibles d’avoir été des informateurs des services secrets pendant l’époque
communiste. Etaient impliqués quatre anciens
ministres du gouvernement Orban (1998-2002) :
Laszlo Bogar (secrétaire d’Etat dans l’Office du
Premier ministre), Imré Boros (sans portefeuille
en charge du programme européen Phare), Janos
Matronyi (Affaires étrangères), Laszlo Nogradi
(Transports). La liste incluait également des
membres du gouvernement de Jozsef Antall : Bela
Kadar (Relations économiques internationales de
1990 à 1994), Ferenc Rabar (Finances de mai à
décembre 1990, mais décédé depuis), Erno
Raffay (secrétaire d’Etat pour la Défense de 1990
à 1993) et Laszlo Sarossy (secrétaire d’Etat pour
l’Agriculture de 1990 à 1993), ainsi que deux
ministres de l’équipe de Gyula Horn : Szabolcs
Fazakas (Commerce de 1996 à 1998) et Peter
Medgyessy (Finances de 1996 à 1998 et Premier
ministre actuel). Cette liste correspondait parfaitement à celle publiée (sans autorisation officielle), le 24 août, par
Magyar Hirlap, à ceci près
qu’elle ne mentionnait pas le nom de Zsigmond
Jarai, ministre des Finances dans le gouvernement
précédent et gouverneur actuel de la Banque
centrale. I. Mecs a indiqué que B. Kadar et
L. Nogradi avaient été lavés de tout soupçon et
que les huit autres personnes auraient la possibilité de se défendre.
Fin septembre 2002, la Commission Mecs
remettait son rapport au Parlement, document qui
ne contenait aucun nom, dans la mesure où les
représentants de l’opposition avaient refusé de
participer à sa rédaction. Le rapport conclut à une
« réussite partielle » de l’enquête, car la plus grande
partie des documents qui auraient pu servir de
preuves ont été soit falsifiés soit détruits.
● Les priorités
du gouvernement Medgyessy
A l’occasion du premier anniversaire de sa
formation, le 27 mai 2003, le gouvernement s’est
déclaré déterminé à accélérer les réformes dans
les domaines de la santé, de la défense et de
l’administration publique, sans oublier le système
d’éducation. Mais, le plus urgent est, d’une part,
d’améliorer la compétitivité des exportateurs
hongrois et, d’autre part, de modifier la loi
controversée sur les Hongrois de souche vivant
dans les pays voisins, en vue de normaliser les
relations avec ces derniers et de répondre aux
attentes sur ce point des organisations internationales.
Nombre d’analystes ont souligné la dégradation
très sensible de la compétitivité externe des
produits hongrois, en raison de la forte appréciation réelle du forint (20 % en 18 mois)
[9] et des
hausses substantielles de salaires intervenues en
2001 et en 2002, et s’expliquant à la fois par la
proximité des élections et par la volonté de
rattraper progressivement le niveau moyen de
rémunération enregistré dans l’Union européenne. Afin de mettre un terme à cette évolution défavorable aux exportations hongroises, le
gouvernement a trouvé un compromis avec la
Banque centrale qui a accepté de dévaluer le forint
le 4 juin 2003, moyennant la promesse de réduire
les dépenses budgétaires d’une manière substantielle (de 76 milliards de forints, soit 300 millions d’euros).
La loi sur le statut des Hongrois citoyens de pays
voisins, adoptée par le Parlement hongrois le
19 juin 2001 et entrée en vigueur le 1
er janvier
2002, et qui a suscité un très vif mécontentement
chez les dirigeants slovaques et roumains, a été
amendée le 23 juin 2003 (avec 195 votes « pour »
et 173 « contre »). Les modifications portent sur
le préambule, où la référence à la nation hongroise
unifiée est supprimée, et sur les critères d’éligibilité aux aides financières auxquelles ces
Hongrois de l’extérieur peuvent prétendre. Mais
cette deuxième mouture a été jugée inacceptable,
aussi bien par la Slovaquie que par la Roumanie.
Ainsi, le gouvernement slovaque a adopté une
résolution, le 26 juin, critiquant la dimension
« extraterritoriale et discriminatoire » de la loi
amendée. Le texte invite la Hongrie à s’abstenir
de toute tentative d’appliquer cette loi sur le
territoire de la Slovaquie, sinon celle-ci se verra
« obligée d’adopter des mesures de représailles »
[10]. Le gouvernement roumain, quant à lui,
a fermement exigé dans un communiqué officiel
que les articles de la loi incluant des « éléments
discriminatoires » soient supprimés et « ce n’est
qu’après ces corrections qu’un accord entre les
deux pays pourra être établi sur les conditions
d’application de la loi hongroise sur le territoire
de la Roumanie »
[11]. Le 25 juin, l’Assemblée
parlementaire du Conseil de l’Europe adoptait une
résolution exhortant la Hongrie à modifier à
nouveau la loi controversée et à conclure des
accords bilatéraux avec ses voisins sur la mise
en œuvre de ce texte
[12]. Le ministre hongrois des
Affaires étrangères, Laszlo Kovacs, a aussitôt
répliqué que la version actuelle de la loi n’avait
pas besoin d’être amendée une nouvelle fois, car
elle ne contient plus de clauses pouvant permettre
une discrimination sur des critères ethniques, « ce
qui a été critiqué à juste titre par les pays voisins
et les institutions européennes »
[13].
La Hongrie, devenue membre de l’Otan en 1999,
s’est montrée jusqu’à présent incapable de remplir
ses engagements, ce qui lui a été reproché par
l’Alliance et a également été reconnu par son
propre ministre de la Défense, Ferenc Juhasz. Ce
dernier a ainsi déclaré à la presse que la Hongrie,
sous le gouvernement Orban, avait été « tellement
négligente quant à ses engagements envers l’Otan
que, si une procédure d’expulsion avait existé,
elle lui aurait été appliquée »
[14]. Le niveau des
dépenses militaires, qui représentent 1,81 % du
PIB, est considéré par l’Otan comme insuffisant
et le ministre hongrois de la Défense a promis,
début août 2002, de les porter à 2 % d’ici à 2006.
A cette date, le service militaire obligatoire devrait être aboli, la Hongrie étant alors le premier
pays d’Europe centrale à avoir une armée entièrement professionnelle, ce qui augmentera les
forces de l’Otan dans la région. Mais, pour ce
faire, il va falloir recruter de 4 000 à 6 000 hommes
par an d’ici 2006, puis, à nouveau 4 000 chaque
année jusqu’à ce que soit réuni un effectif de
40 000 à 45 000 militaires professionnels
[15].
Toutefois, les résultats d’un réexamen de la
situation dans l’armée et la nécessité de contracter
les dépenses budgétaires ont conduit le ministre
de la Défense à décider une réduction importante
des forces armées, qui passeront de 45 000 hommes
à 25 000-30 000. Plusieurs garnisons seront
dissoutes et seules trois bases aériennes sur cinq
resteront opérationnelles : Kecskemet accueillera
les avions de combat Gripen, Papa sera réservée
aux projets d’investissements de l’Otan et Taszar
pourra être utilisée par les Etats-Unis s’ils en
assument les coûts de fonctionnement.
Tandis que, dans le secteur de la santé, une loi
sur la privatisation des hôpitaux était votée par le
Parlement le 16 juin 2003, les prolongements à
apporter à la réforme de la gestion territoriale
[16]
devraient être examinés par le gouvernement à
partir d’août. Les sept « régions de développement », qui sont aussi des entités statistiques et
regroupent chacune trois des 19 départements
(sauf celle réunissant la capitale et le département
de Pest), sont destinées à devenir des interlocuteurs privilégiés de la Commission européenne
pour la gestion des Fonds structurels. Dans cet
objectif, elles devraient être transformées en
unités administratives décentralisées avec, à leur
tête, des élus, les premières élections régionales
étant prévues pour 2006. Dès lors, le rôle des
départements sera encore moins important et la
question de la pertinence de leur maintien peut
difficilement être évitée. Toutefois, les changements annoncés seront sans doute fort délicats à
réaliser, car ils nécessitent des amendements à la
Constitution et à la loi sur les collectivités locales,
ce qui requiert une majorité des deux tiers au
Parlement.
● Un « oui » à l’UE
moins massif que prévu
En 2002, il ne restait plus à engager les négociations que sur un seul chapitre de l’acquis
communautaire, celui intitulé « Institutions », ce
qui fut fait en juin. De la fin juin au 15 septembre
2002, les discussions ont été menées à leur terme
sur « Culture et audiovisuel » ainsi que sur « Politique régionale et coordination des instruments
structurels », ce qui portait à 26 le nombre total
de chapitres clos à titre provisoire. Dans son
Rapport régulier, présenté le 9 octobre 2002, la
Commission européenne indiquait qu’au vu des
progrès accomplis, dix pays (dont la Hongrie)
avaient la capacité de conclure les négociations
en décembre 2002 et de devenir membres de l’UE
en 2004, ce que confirma le Conseil européen,
qui s’est réuni à Copenhague les 12 et 13 décembre.
Si les évaluations de la Commission sur la
Hongrie sont généralement positives, elles ne sont
pas non plus exemptes de certaines critiques à
propos de la persistance de la corruption et de
nombreuses entraves à l’intégration sociale des
Roms, ainsi qu’à propos de l’aptitude des institutions à gérer les fonds européens. La Commission
demande également à la Hongrie de faire en sorte
que, au moment de son adhésion, la loi sur les
communautés hongroises vivant dans les pays
voisins soit compatible avec le principe de non-discrimination énoncé dans les textes fondateurs
de l’Union européenne. Le 17 décembre 2002, le
Parlement a amendé la Constitution pour permettre
à la Hongrie de rejoindre l’UE en 2004, à la
majorité requise des deux tiers.
Un sondage d’opinion, effectué par Szonda-Ipsos
en janvier 2003, montre le recul considérable qu’a
connu le soutien à l’adhésion du pays. Environ
45 % des Hongrois considéraient alors que
l’intégration était avantageuse pour la Hongrie,
contre 62 % six mois plus tôt. Le nombre de ceux
la jugeant plus néfaste que bénéfique a presque
doublé, passant de 20 % à 39 %. Le 12 avril 2003,
sur les 45,62 % de Hongrois s’étant rendus aux
urnes, 83,76 % se sont prononcés « pour » l’adhésion
du pays à l’UE et 16,24 % « contre ». Ces chiffres
ne doivent cependant pas faire illusion, étant donné
le faible taux de participation : en réalité, seuls
38 % des électeurs inscrits ont voté pour l’adhésion,
tandis que 7,37 % s’y sont opposés
[17].
Laszlo Kovacs, ministre des Affaires étrangères
et président du Parti socialiste, a attribué à la
FIDESz la responsabilité de cette forte abstention. « Nombre d’hommes politiques de l’opposition, à commencer par l’ex-Premier ministre
(Viktor Orban), se sont lamentés à propos de
l’adhésion en insistant surtout sur ses côtés
négatifs » a-t-il déclaré. Pour V. Orban, par contre,
la campagne pro-européenne menée par le
gouvernement tenait beaucoup de la propagande
communiste et a été focalisée sur des questions
triviales au lieu d’aborder des problèmes essentiels, comme les effets de l’adhésion sur les agriculteurs et les petits entrepreneurs. Selon lui, les
dirigeants n’ont pas réussi à dissiper les craintes
que suscite chez les Hongrois la perspective d’être
exposés à une concurrence plus rude
[18]. Un
sondage, réalisé par Szonda-Ipsos, suggère que
40 % des sympathisants de la FIDESz et 20 % de
ceux du Parti socialiste n’ont pas voté au référendum du 12 avril. La participation a été particulièrement basse dans la population rurale, ainsi
que parmi les jeunes et les personnes ayant des
revenus faibles
[19]. Le 16 avril, la Hongrie signait
le traité d’adhésion, à Athènes
[20].
D’ici à mai 2004, le Parlement devrait voter
44 lois visant à harmoniser la législation hongroise
avec l’acquis communautaire, dont 32 d’ici à la
fin de 2003
[21]. De cet ensemble, deux textes
d’importance majeure se détachent, celui qui doit
redéfinir les relations entre le gouvernement et le
Parlement et celui concernant l’élection des
députés au Parlement européen. Dans ces deux
cas, les lois devront être approuvées par les deux
tiers au moins des membres du Parlement.
La croissance
se maintient
La politique macroéconomique en 2002 a été
bridée par les échéances électorales et par un
environnement extérieur défavorable, du fait du
ralentissement de la croissance économique dans
l’Union européenne (1,6 % en 2001 et 0,9 % en
2002) et, en particulier, en Allemagne (0,6 % en
2001 et 0,2 % en 2002), principale partenaire
commerciale de la Hongrie (elle absorbe à elle
seule environ 35,5 % des exportations hongroises).
L’économie hongroise est néanmoins restée
relativement dynamique : elle a en effet enregistré
une croissance de 3,3 % (contre 3,8 % en 2001),
celle-ci ayant été tirée par la demande intérieure,
elle-même alimentée par une hausse des salaires
réels plus élevée que prévu, et par l’accroissement
des dépenses budgétaires dont les effets furent
bénéfiques pour la consommation et l’investissement du secteur public. La progression du PIB
s’est accélérée tout au long de l’année : 2,9 % au
premier trimestre, 3 % au deuxième, 3,5 % au
troisième et, enfin, 3,7 % au quatrième trimestre,
par rapport aux périodes correspondantes de
l’année précédente
[22].
L’augmentation de la production industrielle a été
moins rapide en 2002 (2,6 %) et la production
agricole a reculé de 4,4 %. Grâce aux investissements importants réalisés aussi bien par l’Etat
(pour la construction de routes, notamment) que
par les particuliers, le secteur du bâtiment a
continué d’enregistrer des taux de croissance à
deux chiffres au troisième et au quatrième
trimestre, sa contribution à la hausse du PIB
n’ayant pas été, loin s’en faut, négligeable. Mais
les investissements ont commencé à diminuer au
quatrième trimestre, ce qui s’est traduit, au cours
des trois premiers mois de 2003, par une diminution de l’activité dans ce secteur de 13,5 % en
volume par rapport au premier trimestre de 2002.
Selon des résultats préliminaires de l’Office
central des statistiques (KSH), publiés fin mai
2003, le PIB s’est accru de 2,7 % au premier
trimestre de 2003, alors que les analystes hongrois
espéraient un taux de 3,2 %
[23]. Ce résultat
s’explique principalement par les performances
du secteur des services et par une amélioration
de la production industrielle (4,2 %), tandis que
la production agricole et la construction
marquaient un très net recul. Parallèlement, les
investissements ont régressé de 1,2 %, les exportations sont pratiquement restées (en volume) au
même niveau (+ 0,3 %) que l’année précédente,
pendant que les importations se sont accrues de
4,3 %. Cette dernière évolution, qui se conjugue
à une forte augmentation des ventes au détail
(9,9 %) et à des salaires nominaux bruts en hausse
de 15,2 %, dans l’ensemble de l’économie, reflète
la vigoureuse expansion qu’a connue la consommation privée au premier trimestre de 2003.
Les résultats du premier trimestre et l’absence de
reprise à l’échelle mondiale, notamment en
Allemagne, ont conduit le gouvernement et la
Banque centrale (Magyar Nemzeti Bank − MNB)
à revoir à la baisse leur prévision initiale de
croissance pour 2003 (4-4,5 %) pour l’établir à
3,4 %
[24]. Les experts occidentaux ont fait de
même et situent leurs hypothèses autour du chiffre
des Hongrois : 3,7 % pour la Commission européenne et la Berd, 3,6 % pour le FMI, 3,2 % pour
le WIIW, 3,1 % pour l’OCDE. En ce qui concerne
2004, certains analystes sont plus optimistes,
comme ceux de la Commission européenne
(4,1 %) ou du FMI (3,9 %), d’autres restant plus
prudents, à l’instar de ceux de l’OCDE (3,7 %),
du WIIW (3,7 %) ou de la MNB (3,6 %)
[25].
En 2002, l’emploi n’a augmenté que de 0,1 %,
mais c’est la cinquième année consécutive qu’il
s’inscrit à la hausse. Selon les chiffres disponibles,
le taux de chômage s’élevait, à la fin de décembre
2002, à 8 % ; autrement dit, il est resté au même
niveau qu’en 2001
[26].
Principaux indicateurs économiques de la Hongrie en 1995-2002
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002
PIB (variation en %) 1,5 1,3 4,6 4,9 4,2 5,2 3,8(1) 4,0(1)
Production industrielle
(variation en %) 4,5 3,4 11,1 12,5 10,4 18,7 3,5 1,9(1)
Production agricole
(variation en %) 2,6 6,3 - 1,8 - 0,3 0,9 - 7,9 8,5(1) nd
Ventes au détail
(variation en %) - 8,1 - 5,0 - 1,6 12,3 7,9 2,0 5,4 10,0(2)
Formation brute
de capital fixe
(variation en %) - 4,3 6,7 9,2 13,3 5,9 7,7 3,1 5,9(3)
Taux de chômage
officiel (en % des actifs,
en décembre) 10,4 10,5 10,4 9,1 9,6 8,9 8,0 nd
Indice des prix
à la consommation
(moyenne annuelle, %) 28,5 23,6 18,4 14,2 10,1 9,9 9,2 5,4
Solde budgétaire
(en % du PIB) - 7,7 - 4,2 - 5,0 - 7,2 - 4,6 - 4,5 - 4,0 - 9,5(1)
Exportations
de marchandises(4)
(en millions de dollars) 12 810 14 183 19 637 20 749 21 844 25 861 28 074(1) 31 613(1)
Importations
de marchandises(4)
(en millions de dollars) 15 252 16 828 21 600 23 102 24 020 27 632 30 103(1) 34 248(1)
Balance commerciale(4)
(en millions de dollars) - 2 442 - 2 645 - 1 963 - 2 353 - 2 176 - 1 771 - 2 029(1) - 2 635(1)
Balance des transactions
courantes (en % du PIB) - 5,6 - 3,7 - 2,1 - 4,9 - 4,3 - 2,8 - 2,1 - 5,0(3)
Dette extérieure brute
(en % du PIB) 71 62 53 58 61 66 65 61(5)
Investissements directs
étrangers (en millions
de dollars) 4 410 2 279 1 741 1 555 1 720 1 090 2 103(1) 2 559(1)
(1) Estimation (2) Janvier-novembre (3) Janvier-septembre (4) Données de la balance des paiements (5) Fin septembre.
Source : Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et années antérieures ; Berd, Transition
Report 2002.
Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et années antérieures ; Berd, Transition
Report 2002.
● Rattrapage des salaires
L’écart entre la progression des salaires réels et
celle de la productivité du travail, apparu en
janvier 2001 avec le relèvement de 57 % du salaire
minimum, s’est encore creusé en 2002, année
d’élections. Ainsi, le salaire minimum a de
nouveau été augmenté au 1
er janvier 2002 (25 %)
et des hausses importantes de rémunérations sont
intervenues dans le secteur public tout au long de
l’année, notamment à partir de septembre.
Conformément aux promesses du nouveau
gouvernement, les deux tiers des employés du
secteur public environ ont vu leur salaire multiplié
par 1,5 au 1
er septembre 2002 « sans aucune
réforme de l’emploi public »
[27]. En 2002, le salaire
moyen mensuel brut, dans l’ensemble de l’économie, était de 13,6 % plus élevé en termes réels
(18,3 % en termes nominaux) qu’en 2001. Selon
les données disponibles qui concernent la période
de janvier-septembre, les salaires réels dans
l’industrie (déflatés par l’indice des prix à la
production) ont augmenté de 14,4 % en glissement,
tandis que la productivité du travail industriel ne
progressait que de 2,1 %
[28].
Le FMI a vivement critiqué cette « dramatique
hausse des salaires » sans rapport avec celle de la
productivité qui, en se combinant à une politique
budgétaire expansionniste, a entraîné un fléchissement de la compétitivité externe des produits
hongrois et le creusement du déficit de la balance
des transactions courantes. Le FMI dénonce également le risque que représente la hausse des
salaires pour l’objectif d’inflation visé par la
MNB, de 3,5 % ± 1 %, à la fin de 2003 (selon des
prévisions établies en février 2003). Aussi le FMI
préconise-t-il un gel des salaires dans le secteur
public en 2003 et une hausse, en 2004, moins
rapide que l’inflation ciblée. Le Premier ministre
a réagi, en rappelant qu’il n’y a pas si longtemps
les experts du Fonds, aujourd’hui les plus
critiques, estimaient que les salaires en Hongrie
ne devaient pas demeurer à un niveau inférieur à
la moyenne de l’UE. Il a qualifié de « honteuses »
les préconisations du FMI et a affirmé que le
gouvernement n’avait pas l’intention de pénaliser
les agents du secteur public
[29]. Pourtant, ces
déclarations semblent être en contradiction avec
le
Staff Report du FMI, selon lequel le gouvernement hongrois envisagerait bel et bien de geler
les salaires, sauf pour 12 % environ des agents
qui verraient leur rémunération augmenter de
15 % vers le milieu de 2003 et pour les employés
du système judiciaire dont les salaires seraient
relevés de 25 % en juillet et en novembre
[30].
Il est vrai que les salaires réels ont augmenté beaucoup plus vite que la productivité du travail, mais
encore faut-il rappeler qu’une telle évolution ne
concerne que les deux dernières années, 2001 et
2002. Jusqu’alors, les salaires réels bruts avaient
progressé moins vite que la productivité du
travail, ce qui a entraîné une baisse régulière des
coûts salariaux unitaires réels : en 2000, ceux-ci
ne représentaient plus que 58 % de leur niveau
de 1993. Le salaire brut en termes réels a enregistré une hausse de 45 % entre 1993 et 2002,
tandis que, pendant le même temps, la productivité doublait. Les corrections de salaires à la
hausse intervenues ces deux dernières années ont
porté en 2002 les coûts salariaux unitaires réels à
leur niveau de 1998, atteignant alors 68 % environ
du chiffre réalisé en 1993. De plus, même après
les relèvements importants du salaire minimum
et des rémunérations des agents du secteur public,
le salaire moyen mensuel brut, dans l’ensemble
de l’économie, s’élevait en 2002 à 122 453 forints,
soit environ 500 euros
[31].
Durant les quatre premiers mois de 2003, le salaire
moyen mensuel brut a été de 14,8 % supérieur
dans l’ensemble de l’économie (9 % dans le
secteur privé et 25,9% dans le secteur public
[32] )
à celui enregistré pendant la période correspondante de 2002. L’évolution des salaires devrait
connaître un rythme plus modéré au cours de la
seconde moitié de 2003.
● Une politique monétaire
délicate
Grâce à la combinaison de plusieurs facteurs,
comme une inflation importée peu élevée (en
raison du ralentissement de la hausse des cours
mondiaux), un strict contrôle des prix réglementés
et une politique monétaire s’étant donné pour
objectif la désinflation, l’année 2002 s’est terminée
avec un taux d’inflation, en moyenne annuelle,
de 5,3 %
[33].
Au cours des cinq premiers mois de 2003, ce taux
s’est élevé à 4,3 % (contre 6,1 % durant la période
de janvier-mai 2002). Les prévisions établies par
la MNB en mai 2003 situaient le taux d’inflation
en moyenne annuelle à 4,5 % pour l’ensemble de
l’année et à 4,1 % pour 2004. Le jour même de la
dévaluation du forint (4 juin 2003), le gouverneur de la MNB, Zsigmond Jarai, s’était prononcé
sur les objectifs à atteindre dans le domaine de la
lutte contre l’inflation : ramener cette dernière à
4,6 % en décembre 2003 et à 3,9 % en décembre
2004, avec un taux de change stabilisé autour de
250 forints pour 1 euro
[34]. Le 11 juin 2003, la
MNB a relevé son taux d’intérêt directeur de
6,5 % à 7,5 %. A cette occasion, Z. Jarai a déclaré
qu’un taux de change de 260-265 forints (comme
le préconise le gouvernement) compromettrait son
objectif en matière d’inflation et que la MNB
relèverait autant que nécessaire son taux directeur si la parité de la monnaie ne s’établissait pas
durablement autour de 250 forints
[35]. De fait,
celle-ci s’étant élevée à 263,73 forints le 18 juin,
la MNB a porté son taux de 7,5 % à 9,5 %, dès le
lendemain.
Le 4 juin 2003, à la demande du gouvernement,
la Banque centrale a fait passer la parité centrale
de la monnaie nationale de 276,1 (cette valeur
avait été fixée le 1er octobre 2001) à 282,36 forints,
tout en maintenant la bande de fluctuation de
± 15 % (ses bornes sont désormais de 240,01 et
de 324,71 forints). Cette dévaluation du forint de
2,26 % fait partie d’un ensemble de mesures,
incluant notamment une réduction des dépenses
budgétaires de 76 milliards de forints (300 millions d’euros), résultat d’un compromis entre la
Banque centrale et le gouvernement. En effet, la
première était partisane d’un forint fort, estimant
que l’on pourrait ainsi atteindre l’objectif
d’inflation en dépit d’une politique budgétaire
expansionniste. Les résultats économiques peu
encourageants du premier trimestre de 2003 ont
poussé l’équipe de P. Medgyessy et les autorités
monétaires à trouver une solution qui permette
de concilier désinflation et amélioration de la
compétitivité des produits hongrois grâce à un
assainissement des finances publiques. Cependant,
cet accord ne semble pas être respecté scrupuleusement par les deux parties : ainsi, la décision
de la MNB de relever son taux d’intérêt le 19 juin
a coïncidé avec l’annonce par le gouvernement de
limiter les coupes dans les dépenses budgétaires à
42 milliards de forints (172 millions d’euros).
Adhérer à l’Union économique et monétaire le
plus vite possible, c’est-à-dire en 2006-2007, qui
était l’objectif commun de la MNB et du gouvernement Orban (1998-2002), ne fait plus partie des
priorités. Le président de la Banque centrale (qui
fut ministre des Finances dans le gouvernement
précédent) fixe cette échéance à 2008, certaines
sources dans son entourage évoquant même 2010.
Quant au gouvernement, soucieux avant tout
d’améliorer la compétitivité des exportateurs
hongrois et de soutenir la croissance, il se garde
bien d’arrêter une date pour l’adhésion au Mécanisme de change européen (MCE II)
[36] et à la
zone euro. Il se contente d’affirmer que la Hongrie
se rattachera au MCE II dans un avenir « relativement proche »
[37]. Enfin, dans le Programme
économique de pré-adhésion (août 2002)
[38], il
indique qu’il « établira le calendrier relatif à
l’adhésion à la zone euro et à l’adoption de toutes
les mesures préparatoires nécessaires après
l’admission du pays dans l’Union européenne »,
sans plus de précisions sur le sujet.
Les effets de la mondialisation, y compris dans
le domaine de la libre circulation des capitaux
volatils avec tous les risques qui l’accompagnent,
n’ont pas épargné la Hongrie, qui fut l’objet d’une
violente attaque spéculative les 15 et 16 janvier
2003. Les opérateurs qui s’y sont livrés (notamment
des Anglais et des Américains) tablaient, non sur
une dévaluation du forint, mais sur son appréciation et pensaient que la MNB n’aurait d’autre
choix, face à l’afflux de capitaux étrangers, que
d’abandonner la bande de fluctuation et de
réévaluer le forint, pour ne pas compromettre son
objectif d’inflation. Bien qu’ils aient acheté
massivement des forints (5,3 milliards d’euros
sont entrés dans le pays durant ces deux jours),
la MNB a tenu bon, neutralisant cette attaque
considérée par les analystes hongrois comme
complètement irrationnelle
[39]. En effet, au lieu
de se fier à des modèles théoriques, les spéculateurs auraient dû prendre en compte le fait que la
MNB n’est pas autorisée à modifier la bande de
fluctuation, et moins encore à la supprimer, sans
avoir préalablement obtenu l’accord du gouvernement, quelles que soient les circonstances.
● Un déficit budgétaire
difficile à comprimer
Durant l’année 2002, marquée par les élections
législatives en avril et locales en octobre, les
dépenses budgétaires se sont considérablement
accrues, avec pour conséquence un déficit
budgétaire qui a atteint le chiffre inquiétant de
9,5 % du PIB, selon les normes européennes (SEC
95). Certes, des dépenses effectuées en 2000 et
2001 et qui n’avaient pas été inscrites au budget
ont été comptabilisées dans la Loi de finances
pour 2002 (Compagnie nationale des autoroutes,
Banque hongroise de développement, etc.)
[40]. Si
elles n’avaient pas été prises en compte, le dépassement de dépenses aurait été d’environ 6,5 %
du PIB
[41], chiffre qui demeure supérieur à
l’objectif de 5-5,6 % du PIB affiché dans le
Programme économique de pré-adhésion présenté
par le gouvernement en août 2002. Ce dérapage
budgétaire s’explique en grande partie par la
concrétisation des promesses électorales du Parti
socialiste et de l’Alliance des démocrates libres
[42].
Au cours des quatre premiers mois de 2003, le
déficit budgétaire a atteint le niveau record de
400 milliards de forints (1,6 milliard d’euros), soit
48 % du montant total prévu pour l’ensemble de
l’année. En dépit de ces résultats, le ministre des
Finances a maintenu sa prévision initiale selon
laquelle, fin décembre 2003, le solde se situerait
à hauteur de 4,5-4,6 % du PIB grâce à une hausse
des recettes budgétaires provenant de la TVA,
de l’impôt sur le revenu des personnes physiques
et des privatisations
[43]. Mais les hypothèses pour
2003 de la plupart des analystes ne sont pas aussi
optimistes : 4,9 % pour la Commission européenne,
5 % pour le WIIW, 5,5 % pour la Berd, 5,6 %
pour l’OCDE
[44]. Seul le FMI reste confiant dans
la possibilité d’atteindre l’objectif d’un déficit égal
à 4,5 % du PIB, sous réserve toutefois que soient
appliquées ses recommandations
[45].
Après un budget biennal portant sur 2001 et 2002
dans le but d’éviter que la perspective prochaine
des échéances électorales n’entraîne une explosion des dépenses, le gouvernement est revenu à
l’exercice annuel pour 2003.
● Des comptes extérieurs
alarmants
Selon les statistiques de la balance des
paiements
[46], le déficit de la balance des transactions courantes s’est élevé, à la fin de 2002, à
2,8 milliards d’euros, contre 2 milliards en 2001,
soit une augmentation de 40 %. Cette évolution
s’explique par la décélération des exportations
conjuguée à une baisse importante des recettes
nettes procurées par les activités de tourisme,
elles-mêmes résultant du ralentissement de la
croissance chez les principaux partenaires
commerciaux de la Hongrie ainsi que de la
dégradation de la compétitivité extérieure du pays.
Selon les derniers chiffres publiés par le KSH
(Office central des statistiques)
[47], en 2002, les
exportations se sont accrues de 5,9 % et les
importations de 5,1 % en volume. Les investissements directs étrangers (IDE) ont continué
d’affluer en Hongrie pour atteindre 1,3 milliard
d’euros (en net), contre 1,1 milliard en 2001, selon
les données de la balance des paiements, très
différentes de celles indiquées dans le tableau ci-dessus. En même temps, les investissements
directs nets que des Hongrois ont réalisés à
l’étranger ont fléchi, passant de 376 millions
d’euros en 2001 à 204 millions en 2002.
Les relations France-Hongrie
En 2002, les exportations françaises vers la Hongrie ont continué de progresser (6 %),
mais à un rythme moins rapide que les années antérieures (14,3 % en 2001 et 42,4 %
en 2000). Parallèlement, les importations sont pratiquement restées au même niveau
qu’en 2001, enregistrant une très légère baisse de 0,1 %. Par conséquent, le déficit de
la balance commerciale française a été, selon les statistiques douanières, environ 3 fois
moins élevé en 2002 qu’en 2001 (- 50,6 millions d’euros, contre - 163 millions d’euros).
Les exportations de la France restent relativement diversifiées. Viennent en tête les
produits de l’industrie automobile dont la part, qui a progressé régulièrement ces dernières
années, s’est établie à 19,4 % en 2002 (contre 18,5 % en 2001,16,7 % en 2000 ou 12,2 %
en 1999) ; ils sont suivis par les produits chimiques en caoutchouc ou en plastique, avec
13,3 % (contre 12,7 % en 2001,11,6 % en 2000 ou 15,7 % en 1999). Puis, arrivent par
ordre décroissant les composants électriques et électroniques (9,7 %), les équipements
mécaniques (9,5 %), les produits pharmaceutiques, de parfumerie et d’entretien (9,4 %),
le matériel informatique, les machines de bureau, le matériel chirurgical (9,1 %), les
équipements du foyer (9 %), les métaux et produits métalliques (4,7 %), etc.
Les achats de la France à la Hongrie demeurent concentrés sur trois groupes de produits
qui, en 2002 représentaient 57,2 % du total (contre 61,7 % en 2001,63,9 % en 2000 et
54,2 % en 1999). Il s’agit des équipements du foyer (35,9 % du total), du matériel
informatique, des machines de bureau, du matériel chirurgical, etc. (10,3 %) et des
composants électriques et électroniques (11 %). Les entreprises françaises sont
relativement nombreuses en Hongrie, où la France est le 3e investisseur étranger.
En 2002 et 2003, la France a continué d’apporter son soutien à la candidature de la
Hongrie à l’UE, puis à la préparation de son adhésion. A la suite du référendum hongrois
sur l’entrée dans l’UE, la ministre déléguée aux Affaires européennes, Noëlle Lenoir, a
indiqué que la France poursuivrait son engagement en faveur d’une pleine intégration
de la Hongrie, comme de l’ensemble des nouveaux membres, à l’Union européenne.
La présence française en Hongrie repose sur diverses institutions : l’Institut français de
Budapest (ouvert en 1992), les cinq Alliances françaises implantées dans les principales
villes de province (Debrecen, Györ, Miskolc, Pecs, Szeged), la Fondation francohongroise pour la jeunesse, le Centre inter-universitaire d’études françaises, le Lycée
français de Budapest, cinq lycées où l’enseignement est dispensé en hongrois et en
français, ainsi que les diverses et nombreuses filières universitaires francophones,
appuyées par un programme de bourses.
La saison culturelle hongroise « MagyArt », qui s’est déroulée en France de juin à
décembre 2001, et la saison culturelle française « FranciArt », lancée en Hongrie en
janvier 2003, s’inscrivent dans le cadre d’une coopération qui a pour objectif de favoriser
une meilleure connaissance mutuelle des richesses culturelles des deux pays.
Les échanges France – Hongrie,
2000-2002 (millions d’euros)
2000 2001 2002
Exportations (fob) 1 606,5 1 835,5 1 945,3
Importations (cif) 2 044,2 1 998,5 1 995,9
Solde - 437,7 - 163,0 - 50,6
Source : Douanes françaises
Douanes françaises
Au cours de la période de janvier-avril 2003, la
détérioration des comptes extérieurs s’est, sous
l’effet des mêmes facteurs qu’en 2002, très
nettement accentuée. Selon les chiffres de la
MNB, rendus publics en juin 2003, le déficit de
la balance des transactions courantes a doublé par
rapport à la même période de l’année précédente
(1,6 milliard d’euros, contre 820 millions). Le
solde commercial, négatif, s’est chiffré à 1,2 milliard d’euros, soit là encore deux fois le montant
enregistré en janvier-avril 2002. Les exportations
ont connu une baisse de 3,8 % et les importations
une hausse de 0,8 % en valeur, tandis que le déficit
de la balance des services (- 228 millions d’euros)
était multiplié par 7. Les investissements directs
étrangers nets en Hongrie, avec 39 millions
d’euros (contre 471 millions pour la même
période de 2002 ont été divisés par 12, ceux
effectués par des Hongrois hors de leur pays
ayant, par contre, augmenté de 5,6 fois. Bien que
les investissements de portefeuille nets aient
progressé, cela ne pouvait suffire à compenser le
retrait des IDE et, pour la première fois depuis le
début de la transition, la Hongrie s’est trouvée
confrontée à une sortie nette des capitaux
(116 millions d’euros), signe que le pays s’oriente
vers un financement « créateur de dette ».
Fin décembre 2002, la dette extérieure totale du
pays s’élevait à 38,6 milliards d’euros (37,6 milliards fin décembre 2001) et représentait 55,2 %
du PIB (65 % en 2001). Les réserves de change,
de 9,9 milliards d’euros, équivalaient à 3,1 mois
d’importations de biens et de services (contre
3,9 mois fin 2001).
Notes :
2002
1er janvier
• La loi sur le statut des Hongrois (ethniques) dans
les pays voisins entre en vigueur.
• Le salaire minimum brut est augmenté de 25 %
pour atteindre 50 000 forints (206 euros) par mois.
7 et 21 avril
Les partis d’opposition, le MSzP et la SzDSz,
remportent les élections législatives avec une
majorité de 10 sièges, contre la coalition FIDESz-MDF au pouvoir jusque là.
15 mai
Le nouveau Parlement est constitué et Peter
Medgyessy est désigné Premier ministre par le
président Ferenc Madl.
21 mai
• Avec 195 voix pour, 4 voix contre et 153
abstentions, le Parlement investit le nouveau
gouvernement, constitué de 14 ministères. Les
commissions parlementaires pour la défense et
pour la sécurité nationale sont créées ; elles sont
présidées respectivement par Gyorgy Keleti
(MSzP) et Laszlo Kover (FIDESz).
• Le Parlement approuve les candidatures de la
coalition gouvernementale et de l’opposition aux
présidences des conseils d’administration qui
contrôlent les médias du service public et dans
lesquels il n’y a eu, pendant des années, aucun
représentant de la gauche, le gouvernement ayant
exigé de celle-ci qu’elle passe un accord avec le
parti d’extrême droite (MIEP) sur les candidats
de l’opposition. Désormais, la coalition gouvernementale et l’opposition auront un nombre égal
de représentants (quatre chacune).
27 mai
• Le gouvernement Medgyessy prend ses
fonctions.
• La Cour de Budapest condamne Zoltan Szekely,
ex-député du Parti des petits propriétaires et exprésident de la commission parlementaire chargée de superviser les marchés publics, à six ans
d’emprisonnement pour corruption et abus de
pouvoir.
19 juin-9 juillet
• Le quotidien Magyar Nemzet, proche du centre
droit, révèle les activités d’espionnage de Peter
Medgyessy pendant la période communiste. Ce
dernier reconnaît devant le Parlement avoir été
officier des services de contre-espionnage, un acte
patriotique, selon lui. Zoltan Pokorni, président
de la FIDESz appelle le Premier ministre à
démissionner pour cette raison. Mais c’est lui-même qui devra se démettre de ses fonctions après
la révélation selon laquelle son propre père avait
été informateur de la police secrète communiste
pendant 33 ans.
• Deux commissions parlementaires sont mises
en place pour enquêter sur les activités de
P. Medgyessy pendant la période communiste et
sur la collaboration éventuelle avec les services
secrets de tous les membres des gouvernements
depuis 1990.
15 juillet
Janos Ader remplace Zoltan Pokorni à la tête de
la FIDESz.
16 juillet
• Le Parlement adopte les amendements à la loi
sur la Banque centrale qui prévoient la création
d’un conseil de surveillance. Celui-ci sera
composé de deux représentants du ministère des
Finances et d’un membre pour chacun des quatre
partis parlementaires. Le conseil peut contrôler
les opérations de la Banque centrale (MNB), mais
n’est pas autorisé à influencer la politique monétaire. Par ailleurs, la politique de change sera
désormais sous la responsabilité conjointe du
gouvernement et de la Banque nationale de
Hongrie, bien qu’aucune décision ne doive
compromettre l’objectif d’inflation fixé par la
MNB.
• Le Parlement approuve les amendements au
budget 2002 proposés par le gouvernement en
vue de réaliser les objectifs visés par le
« Programme des 100 premiers jours ».
P. Medgyessy déclare que celui-ci devrait « améliorer la vie de 4 millions de personnes ».
• Le président de la Télévision hongroise (MTV),
Karoly Mendreczky, démissionne, après avoir été
accusé par les socialistes d’avoir favorisé le
gouvernement précédent.
22 juillet
Rencontre à Washington du ministre des Affaires
étrangères, Laszlo Kovacs, et du Secrétaire d’Etat
Colin Powell. Ce dernier souhaite savoir si la
Hongrie est susceptible de reconsidérer la décision
prise en décembre 2001 par le gouvernement
Orban et relative au leasing de 14 avions de
combat Gripen (britannico-suédois) pour les
remplacer par des avions américains. L. Kovacs
répond que cela n’est pas possible pour des
raisons d’ordre légal, mais que la Hongrie
souhaite bénéficier de l’assistance des Etats-Unis
pour armer les Gripen.
1er août
Peter Medgyessy comparaît devant la Commission
parlementaire chargée d’enquêter sur ses activités
de contre-espionnage pendant la période communiste.
9 août
Les représentants de l’opposition se retirent de la
Commission Mecs, en charge d’enquêter sur la
collaboration éventuelle avec les services secrets
communistes des membres des différents gouvernements qui se sont succédé depuis 1990.
10 octobre
Le prix Nobel de littérature est décerné à Imre
Kertesz pour son œuvre « présentant les expériences d’un homme fragile exposé à la tyrannie
barbare de l’histoire ». I. Kertesz (73 ans) a
survécu à son incarcération dans les camps de
concentration d’Auschwitz et de Buchenwald et
a consacré ses écrits à l’Holocauste et à ses
répercussions. Il est le premier écrivain hongrois
à recevoir ce prix.
11 octobre
Le ministre français des Affaires étrangères se
rend à Budapest pour poursuivre le dialogue
régulier que les autorités françaises mènent avec
leurs homologues hongrois. Dominique de
Villepin réitère le soutien résolu de la France à la
candidature de la Hongrie à l’adhésion à l’Union
européenne.
20 octobre
Les élections locales sont remportées par la
coalition au pouvoir depuis avril et composée du
Parti socialiste (MSzP) et de l’Alliance des
démocrates libres (SzDSz).
23 octobre
Le Président hongrois, Ferenc Madl, prononce
un discours devant le Parlement européen à
l’occasion de la commémoration de l’insurrection de 1956. Selon lui, parmi tous les pays
candidats, la Hongrie est certainement celui où
l’opinion publique est la plus favorable à l’adhésion à l’UE. Aussi est-il probable qu’elle sera la
première à organiser un référendum sur ce sujet.
30 octobre
Inauguration du Conseil pour les affaires des
Roms, dont l’objectif est de parvenir à l’intégration de cette communauté dans la société. Ce
Conseil, dont la présidence a été confiée au
Premier ministre et la vice-présidence au secrétaire d’Etat aux affaires des Roms au sein de
l’Office du Premier ministre, Laszlo Teleki,
compte 21 membres désignés parmi des responsables politiques roms et non roms. Dans son
discours inaugural, P. Medgyessy souligne que
le ségrégationnisme dans les écoles n’a pas
diminué ces dernières années et que le chômage
ne cesse d’augmenter dans la communauté rom.
5-6 novembre
Rencontre à Paris entre le Premier ministre
hongrois et Jacques Chirac et Jean-Pierre
Raffarin. Cette visite est l’occasion non seulement
d’une réaffirmation du soutien apporté par la
France à la candidature de la Hongrie à l’adhésion
à l’UE, mais aussi d’un échange de vues sur les
questions internationales, notamment sur l’affaire
irakienne.
6 décembre
La Hongrie clôture à Bruxelles les négociations
d’adhésion à l’UE, cette dernière ayant accepté la
position de Budapest sur la question délicate relative aux avantages fiscaux dont bénéficient, à cette
date, des entreprises étrangères et qui seront
maintenus après l’adhésion de la Hongrie à l’UE.
12 décembre
La Cour suprême confirme la sentence prononcée
par la Cour de Budapest le 27 mai 2002 contre
Zoltan Szekely et augmente la peine d’une
amende de 9 millions de forints (37 000 euros)
pour avoir porté préjudice à la réputation des
députés.
17 décembre
Le Parlement hongrois vote un amendement à la
Constitution pour permettre à la Hongrie de
rejoindre l’Union européenne en 2004. Sans le
vote de l’opposition la Constitution n’aurait pu
être modifiée, puisque ce cas de figure requiert
une majorité des deux tiers. Par ailleurs, le
Parlement fixe la date du référendum sur
l’adhésion de la Hongrie à l’UE au 12 avril 2003.
18 décembre
A la demande des Etats-Unis, le gouvernement
hongrois accepte que la base aérienne de Taszar
soit utilisée pour la formation d’Irakiens devant
servir d’interprètes, de traducteurs ou de guides
lors d’une éventuelle action militaire contre l’Irak
ou devant participer à la constitution d’un
nouveau gouvernement civil dans ce pays.
2003
28 janvier
L’Institut Gallup rend publics les résultats d’un
sondage effectué entre le 16 et le 21 janvier : 76 %
des Hongrois se déclarent contre la guerre en Irak.
30 janvier
• Peter Medgyessy signe avec sept autres dirigeants d’Europe (Grande-Bretagne, Italie,
Espagne, Portugal, Danemark, Pologne, République
tchèque) « La lettre des Huit pour un front uni
face à l’Irak ».
• La ministre déléguée aux Affaires européennes,
Noëlle Lenoir, se rend à Budapest à l’occasion
du lancement de la saison culturelle française en
Hongrie « FranciArt ». Cette manifestation
s’inscrit dans le prolongement de la saison culturelle hongroise en France « MagyArt » en 2001.
21 février
Le Premier ministre, P. Medgyessy, accepte la
démission de Elemer Kiss, ministre en charge de
l’Office du Premier ministre. Cet acte fait suite à
la révélation selon laquelle le cabinet juridique,
dont il est copropriétaire, a obtenu plusieurs
commandes de l’Etat. C’est le premier départ du
gouvernement formé en mai 2002.
23 février
Lors du congrès du Parti hongrois pour la justice
et la vie (extrême droite), Istvan Csurka est réélu
président avec une large majorité des voix. Auparavant, les délégués avaient expulsé quatre
membres du parti qui s’étaient opposés à cette
candidature.
24 février
Peter Kiss (qui n’a pas de liens de parenté avec
Elemer Kiss), ministre du Travail et de l’Emploi,
est nommé à la tête de l’Office du Premier
ministre. Sandor Burany, secrétaire d’Etat pour
les affaires politiques au sein du ministère des
Finances, le remplace au poste de ministre du
Travail et de l’Emploi.
1er mars
Gabor Kuncze est réélu à la tête de l’Alliance
des démocrates libres (SzDSz), le second parti
de la coalition au pouvoir.
3 mars
La Commission pour les affaires juridiques et les
droits de l’homme du Conseil de l’Europe
approuve le rapport d’Erik Jurgens sur la « loi sur
le statut » des minorités ethniques hongroises dans
les pays voisins, adoptée en 2001 et entrée en
vigueur le 1er janvier 2002. Ce document considère que la loi devrait être amendée pour
respecter : 1) les clauses contenues dans les
accords bilatéraux conclus avec les pays voisins ;
2) les recommandations de la Commission de
Venise (Conseil de l’Europe) ; 3) les préconisations du Haut commissaire pour les minorités
nationales de l’OSCE.
7 avril
Radio C, dont les programmes sont principalement destinés à la communauté des Roms, cesse
d’émettre faute de disposer des fonds nécessaires
à son fonctionnement. En février, elle avait
adressé à l’Etat une demande de subvention de
6 millions de forints (24 700 euros) ; celle-ci avait
été acceptée, mais l’argent n’a pas été versé. Selon
un sondage réalisé en 2002,60 % des Roms de
Budapest environ écoutent régulièrement
Radio C.
8 avril
• Le secrétaire d’Etat en charge des affaires des
Roms au sein de l’Office du Premier ministre,
Laszlo Teleki, promet qu’un soutien financier sera
apporté à Radio C. Lors de cette même conférence de presse, le chef de l’Autorité nationale
des Tziganes, Aladar Horvath, annonce que celle-ci a commencé à collecter les fonds nécessaires.
• Le ministre de la Défense, Ferenc Juhasz,
annonce que les militaires américains ont achevé
l’entraînement, avant de les envoyer en Irak, de
100 à 150 personnes à la base de Taszar (le
gouvernement hongrois avait donné son accord
pour 3 000 personnes).
• Le Parlement européen approuve à une majorité écrasante l’élargissement de l’Union européenne à dix pays candidats, dont la Hongrie.
12 avril
Référendum sur l’adhésion du pays à l’Union
européenne. Les Hongrois votent pour à 83,76 %
(taux de participation : 45,62 %).
15 avril
Le Parlement autorise le gouvernement à signer
le traité d’adhésion à l’UE. Parmi les 366 députés
présents ce jour-là, un seul, du parti d’opposition
FIDESz, vote contre. Il explique son geste par le
souci de représenter « les 62 % de Hongrois qui
ont voté non ou qui n’ont pas participé au référendum du 12 avril ».
16 avril
Cérémonie de signature du traité d’adhésion à
l’Union européenne à Athènes.
17 mai
L’Alliance des jeunes démocrates-Parti bourgeois
hongrois (FIDESz-MPP), le parti d’opposition le
plus important, se transforme en Alliance civique
hongroise (FIDESz-MPSZ) par 459 voix pour et
deux abstentions. Elle élit à sa tête l’ex-Premier
ministre Viktor Orban, seul candidat (399 voix
pour et 57 contre). Dans son discours, celui-ci
insiste sur le fait que les Hongrois n’ont pas de
raison d’intégrer l’UE avec un sentiment d’infériorité.
19 mai
Remaniement ministériel. Ferenc Gyurcsany,
jusqu’alors conseiller de P. Medgyessy, succède
à Gyorgy Janosi au poste de ministre de la
Jeunesse et des Sports. Istvan Hiller, secrétaire
d’Etat au sein du ministère de l’Education,
remplace Gabor Gorgey à la tête du ministère de
la Culture. Miklos Persanyi, directeur du jardin
zoologique de Budapest et qui a été conseiller
pour la protection de l’environnement auprès de
la Berd, est nommé ministre de l’Environnement
à la place de Maria Korodi. Katalin Levai prend
la tête du poste, nouvellement créé, de ministre
sans portefeuille en charge de veiller à l’égalité
des chances pour les femmes et les Roms. Enfin,
Endre Juhasz, négociateur principal avec l’UE,
devient ministre sans portefeuille chargé de
coordonner les affaires européennes, fonction qui
n’existait pas jusqu’alors.
2 juin
Le Parlement approuve la résolution proposée par
le gouvernement d’envoyer 300 hommes pour
participer à la reconstruction de l’Irak, où ils sont
autorisés à rester jusqu’à la fin de 2004.
4 juin
La parité centrale de la monnaie passe de 276,1
forints pour 1 euro à 282,36. La bande de fluctuation de plus ou moins 15 % reste inchangée.
16 juin
Le Parlement adopte une loi sur la privatisation
des hôpitaux.
19 juin
La Banque centrale relève son taux d’intérêt
directeur de 200 points de base, de 7,5 % à 9,5 %,
après l’avoir porté de 6,5 % à 7,5 % le 11 juin.
23 juin
Le Parlement adopte des amendements à la loi
sur les communautés hongroises des pays voisins.
Principales formations
politiques
MSzP Parti socialiste hongrois
FIDESz-MPSZ Alliance civique hongroise
SzDSz Alliance des démocrates libres
MDF Forum démocratique hongrois
FKgP Parti des petits propriétaires
MIEP Parti hongrois pour la justice et la vie
(extrême droite)
Centrum Centre pour la solidarité hongroise
Munkaspart Parti travailliste hongrois (extrême
gauche)
KDNP Parti populaire chrétien-démocrate
Résultats des dernières
élections
● Election présidentielle du 6 juin 2000
Le président de la République est élu par le
Parlement pour une période de cinq ans et, aux
termes de la Constitution, ne peut exercer que
deux mandats. Arpad Göncz, fondateur de
l’Alliance des démocrates libres (SzDSz), a été
élu à la magistrature suprême le 3 août 1990, et
réélu le 19 juin 1995. Ferenc Madl a été désigné
le 6 juin 2000 par un vote du Parlement pour
prendre sa succession à la tête de l’Etat.
Prochaine échéance présidentielle : juin 2005
● Elections législatives des 7 et 21 avril 2002
Taux de participation : 70,53 % au premier tour,
73,51 % au second
Partis Premier tour Second tour
(% des voix) (nombre
de sièges)
Parti socialiste
hongrois (MSzP) 42,05 178
Alliance des jeunes
démocrates–Parti
bourgeois hongrois
et Forum démocratique
hongrois (FIDESz-MPP et MDF) 41,07 188
Alliance des démocrates
libres (SzDSz)* 5,57 20
Parti hongrois
pour la justice
et la vie (MIEP) 4,37 -
Centre pour la
solidarité hongroise
(Centrum) 3,90 -
Parti travailliste
hongrois (Munkaspart) 2,16 -
Parti des petits
propriétaires 0,75 -
Autres 0,13
Total 100 386
* Un candidat commun au MSzP et à la SzDSz
Prochaines échéances législatives : avril 2006
Composition
du gouvernement (juin 2003)
- Premier ministre : Peter Medgyessy (MSzP)
- Affaires étrangères : Laszlo Kovács (MSzP)
- Défense : Ferenc Juhasz (MSzP)
- Finances : Csaba Laszlo (MSzP)
- Intérieur : Monika Lamperth (MSzP)
- Economie et Transports : Istvan Csillag (SzDSz)
- Agriculture et Développement régional : Imre
Nemeth (MSzP)
- Santé, Affaires sociales et Famille : Judit Csehak
- MSzP)
- Justice : Peter Barandy (MSzP)
- Travail et Emploi : Sandor Burany (MSzP)
- Education : Balint Magyar (SzDSz)
- Patrimoine culturel : Istvan Hiller (MSzP)
- Jeunesse et Sports : Ferenc Gyurcsany (MSzP)
- Environnement et Gestion de l’eau : Miklos
Persanyi (SzDSz)
- Technologies de l’information : Kalman Kovacs
- SzDSz)
- Office du Premier ministre : Peter Kiss (MSzP)
- Ministre sans portefeuille en charge de l’égalité des chances : Katalin Levai
- Ministre sans portefeuille en charge des affaires européennes : Endre Juhasz
·
Ouvrages
·
International energy agency, OCDE,
Hungary 2003 Review, Paris, 2003,149 p.
·
OCDE, Etudes économiques 2001-2002 :
Hongrie, Paris, 2002,181 p.
·
Central Statistical Office, Statistical
Yearbook of Budapest 2001, Budapest,
2002,412 p.
·
Hungarian Central Statistical Office
Statistical Yearbook of External Trade
2001, Budapest, 2002,413 p.
·
Revues
·
Barnabas Racz, « The Left in Hungary and
the 2002 Parliamentary Elections », Europe-Asia Studies, vol. 55, n° 5, juillet 2003,
pp. 747-770.
·
Mihaly Laki, « Opportunities for Property
Acquisition and some Characteristics of Big
Entrepreneurs in Post-Socialist Hungary »,
Europe-Asia Studies, vol. 55, n° 5, juillet
2003, pp. 693-710.
·
Marian Ryzov, Erik Mathijs, « Farm
Survival and Growth in Transition Economies : Theory and Empirical Evidence
from Hungary », Post-Communist Economies, vol. 15, n° 2, juin 2003, pp. 227-242.
·
Lili Berko, Agota Gueullette , « Policy for
Support of Small and Medium-Size
Enterprises in Hungary : the Case of the
Central Region », Post-Communist Economies, vol. 15, n° 2, juin 2003, pp. 243-258.
·
Samuel Depraz, « Les parcs naturels en
Hongrie. Protection de la nature et développement local », Le courrier des pays de l’Est,
n° 1035, mai 2003, pp. 70-79.
·
IMF, « Hungary : Selected Issues », IMF
Country Report, n° 03/125, mai 2003,66 p.
·
IMF, « Hungary : Staff Report for the 2003
Article IV Consultation », IMF Country
Report, n° 03/124, mai 2003,39 p.
·
Yudit Kiss, « System Changes, Export-Oriented Growth and Women in Hungary »,
Europe-Asia Studies, vol. 55, n° 1, janvier
2003, pp. 3-37.
·
Peter Medgyessy, « Le bon élève de
l’Europe centrale » [Hongrie], Politique
internationale, n° 98, hiver 2002-2003,
pp. 49-64.
·
Antonella Capelle-Pogacean, « La Hongrie
et les minorités magyares. Une relation
complexe à l’heure de l’intégration européenne », Le courrier des pays de l’Est,
n° 1028, septembre 2002, pp. 69-77.
·
Attila Agh, « The Dual Challenge and the
Reform of the Hungarian Socialist Party »,
Communist and Post-Communist Studies,
vol. 35, n° 3, septembre 2002, pp. 269-288.
·
Liliane Petrovic, « Hongrie. Luttes politiques et implications économiques », in
« Europe centrale et orientale 2001-2002.
Une croissance pérenne, des jeux politiques
rodés, des sociétés désenchantées », Le courrier
des pays de l’Est, n° 1026, juin-juillet 2002,
pp. 80-96.
·
IMF, « Hungary : Financial System Stability
AssessmentFollow-Up », IMF Country
Report, n° 02/112, juin 2002,72 p.
·
IMF, « Hungary : Selected Issues and
Statistical Appendix », IMF Country Report,
n° 02/109, juin 2002,58+13 pp.
·
IMF, « Hungary : Staff Report for the 2002
Article IV Consultation », IMF Country
Report, n° 02/111, juin 2002,35 p.
·
Economist Intelligence Unit, Country
Report (trimestriel), ountry Profile
(annuel), « Hungary ».
[(1)]
Les premières élections locales libres ont eu lieu en 1990 et, depuis, elles sont organisées la même année que les
élections législatives.
[(2)]
Ces 22 villes sont à statut départemental.
[(3)]
G. Demszky était suivi par le candidat indépendant (soutenu par la droite - FIDESz et MDF) Pal Schmitt (37 %
des voix) et la candidate du Parti socialiste Erzsebet Nemeth (13 % des voix). Les trois autres candidats, dont le chef
du Parti hongrois pour la justice et la vie (extrême droite), Istvan Csurka, ont chacun obtenu moins de 4 % des
suffrages.
[(4)]
RFE/RL
Newsline, 21 et 22 octobre 2002.
[(5)]
RFE/RL
Newsline, 31 juillet 2002.
[(6)]
RFE/RL
Newsline, 6 août 2002.
[(7)]
Nepszabadsag, repris par RFE/RL
Newsline, 12 août 2002.
[(8)]
Parmi ceux qui ont donné leur accord figurent : les ex-Premiers ministres (Viktor Orban, Gyula Horn et Peter
Boross), un ancien ministre de la Justice, Ibolya David, de l’Economie, Gyorgy Matolcsy (tous deux du gouvernement
Orban), deux membres du gouvernement Horn (1990-1994), Istvan Balsai et Balazs Horvath, etc. Contrairement à
ces derniers, d’autres membres des gouvernements hongrois ont refusé de coopérer avec la Commission Mecs ou de
donner leur accord à la publication d’informations sur leur passé. Parmi eux, on trouve : le président de la République
Ferenc Madl, qui était ministre dans le gouvernement Antall, le président actuel de la Banque centrale hongroise
Zsigmond Jarai, qui était ministre des Finances dans le gouvernement Orban, le ministre du Patrimoine culturel,
Attila Varhegyi, et celui en charge de la gestion des fonds Phare, Imre Boros (tous deux ont été membres du
gouvernement Orban).
[(9)]
A compter du milieu de 2001 lorsqu’est intervenu le changement de régime monétaire.
[(10)]
RFE/RL
Newsline, vol. 7, n° 121, Part II, 27 juin 2003.
[(11)]
RFE/RL
Newsline, vol. 7, n° 118, Part II, 24 juin 2003.
[(12)]
RFE/RL
Newsline, vol. 7, n° 120, Part II, 26 Juin 2003.
[(13)]
RFE/RL
Newsline, vol. 7, n° 121, Part II, 27 juin 2003.
[(14)]
Nepszava, 31 juillet 2002, repris par RFE/RL
Newsline.
[(15)]
En automne 2002, le ministère de l’Emploi avait déjà invité les personnes sans emploi âgées de 18 à 25 ans et
dotées d’un diplôme d’enseignement secondaire à rejoindre l’armée. En août 2002, l’armée comptait environ 1 500
postes vacants.
[(16)]
Voir Edith Lhomel, « Un chantier décisif. Le développement régional dans les pays candidats à l’Union
européenne »,
Le courrier des pays de l’Est, n° 1024, avril 2002, pp. 4-16.
[(17)]
Bien que le taux de participation ait été inférieur à 50 %, les résultats du référendum sont valables, selon la
Constitution. Il a été de 5 points inférieur à celui enregistré en 1997, lorsque les Hongrois se sont prononcés sur
l’adhésion du pays à l’Otan.
[(18)]
RFE/RL
Newsline, vol. 7, n° 71, Part II, 14 avril 2003.
[(19)]
RFE/RL
Newsline, vol. 7, n° 72, Part II, 15 avril 2003.
[(20)]
La délégation hongroise qui a assisté à la cérémonie de signature du traité était la plus nombreuse de toutes et
comprenait trois ex-Premiers ministres (Peter Boross, Gyula Horn et Viktor Orban), un ex-président de la République
(Arpad Goncz) ainsi que l’actuel, Ferenc Madl, le Premier ministre, Peter Medgyessy, et le ministre des Affaires
étrangères, Laszlo Kovacs. P. Medgyessy a indiqué à la presse que la délégation hongroise avait été initialement
limitée à cinq personnes, mais que le Luxembourg et la Grèce avaient cédé une place à la Hongrie. RFE/RL
Newsline, vol. 7, n° 72, Part II, 15 avril 2003.
[(22)]
KSH (Office central des statistiques).
[(23)]
MTI
Econews, 30 mai 2003.
[(24)]
Magyar Nemzeti Bank,
Quarterly Report on Inflation, mai 2003.
[(25)]
OCDE,
Perspectives économiques de l’OCDE, version préliminaire, mai 2003 ; FMI,
Hungary : Staff Report
for the 2003 Article IV Consultations, 1
er avril 2003 ; Commission européenne ; « Economic Forecasts for the Candidate
Countries Spring 2003 »,
European Economy, Enlargement Papers, n° 15, avril 2003 ; Berd,
Transition Report
Update, mai 2003 ; WIIW
Research Reports, juillet 2003 ; MNB,
Quarterly Report on Inflation, mai 2003.
[(26)]
Source : base de données de WIIW, Vienne.
[(27)]
FMI,
Hungary : Staff Report for the 2003 Article IV Consultations, avril 2003.
[(28)]
ECE/UN,
Economic Survey of Europe, 2003, n° 1, Genève.
[(29)]
Néanmoins, P. Medgyessy a reconnu que l’Etat devrait utiliser les fonds d’une manière plus efficace tout en
ajoutant que ceci n’entraînerait pas de mesures d’austérité. RFE/RL
Newsline, vol. 7, n° 93, Part II, 19 mai 2003.
[(30)]
FMI,
Hungary : Staff Report for the 2003 Article IV Consultations, avril 2003, p. 8.
[(31)]
Calculé au taux de change moyen pour 2002, soit 242,97 forints pour 1 euro. Source : MNB. Le salaire moyen
mensuel net s’est élevé en 2002 à 77 607 forints (319 euros).
[(32)]
Dans le secteur public, les hausses les plus élevées (près de 50 %) ont été enregistrées dans les secteurs de la
santé et de l’éducation.
[(33)]
Magyar Nemzeti Bank,
Quarterly Report on Inflation, mai 2003. Le taux d’inflation en décembre 2002 a été de
4,8 %, soit un taux proche de la valeur centrale de la fourchette retenue comme objectif (4,5 % plus ou moins 1 %).
[(34)]
Ces prévisions des taux d’inflation pour la fin de l’année ne diffèrent pas de celles avancées par la MNB un
mois plus tôt. RFE/RL
Newsline, vol. 7, n° 105, Part II, 5 juin 2003.
[(35)]
RFE/RL
Newsline, vol. 7, n° 109, Part II, 11 juin 2003.
[(36)]
Une participation au MCE II pendant deux ans au minimum est obligatoire pour tout pays membre de l’UE
souhaitant adhérer à la zone euro. Durant cette période, le pays concerné n’est pas autorisé à dévaluer sa monnaie
par rapport à celle des autres pays membres de l’UE.
[(37)]
Magyar Nemzeti Bank,
News, 4 juin 2003.
[(38)]
Ce programme de gouvernement est pluriannuel et il englobe la période allant jusqu’en 2005.
[(39)]
Gyula Barabas (éds.), « Coping with the Speculative Attack Against the Forint’s Band »,
MNB Background
Studies, mai 2003, Budapest.
[(40)]
Sandor Richter, « Hungary : the Elections Year is Over, Repair of Damages may Begin »,
in WIIW
Research
Reports, n° 293, février 2003.
[(41)]
Selon les deux méthodologies (SEC 95 et SFP). Voir, Ministry of Finance,
Flash Report on Key Features of
Economic Processes and Financial Flows, 31 mars 2003, Budapest.
[(42)]
Pour plus de détails sur ces promesses voir Liliane Petrovic, « Hongrie 2001-2002. Luttes politiques et implications économiques »,
Le courrier des pays de l’Est, n° 1026, juin-juillet 2002, pp. 80-96.
[(43)]
RFE/RL
Newsline, vol. 7, n° 92, Part II, 16 mai 2003.
[(45)]
FMI,
Hungary : Staff Report for the 2003 Article IV Consultations, avril 2003.
[(46)]
Si l’ancienne méthodologie avait été appliquée, les comptes extérieurs auraient été moins favorables.
[(47)]
Il s’agit des chiffres harmonisés selon les recommandations de l’UE pour 2002, ainsi que pour 2001.