2003
Le Courrier des Pays de l’Est
Lettonie 2002-2003
Un second souffle après l’ascension des sommets
Céline Bayou
La Documentation française. Manuscrit clos en septembre 2003.
Alors que l’année 2002 a été celle de
l’expectative, la plupart des réformes
étant repoussées au lendemain
d’échéances politiques essentielles,
les premiers mois de 2003 ont vu se
débloquer la plupart des initiatives
politiques. La perspective des élections législatives du 5 octobre 2002 a
en effet empêché les membres de la
coalition au pouvoir de se lancer dans
l’action, chacun préférant se préserver. Les résultats du scrutin ont été
inattendus, assurant la victoire au
jeune parti Nouvelle ère, dont le
leader, E. Repse, a été nommé
Premier ministre et a composé un
gouvernement de coalition de centredroit rassemblant quatre partis, suite
à un accord pour le moins fragile.
L’élection présidentielle du 20 juin
2003, en revanche, a vu la réélection
sans surprise de V. Vike-Freiberga,
qui a ainsi entamé son second mandat.
Entre temps, les sommets de Prague
(21-22 novembre 2002) et Copenhague
(13 décembre 2002) ont couronné les
années de transition de la Lettonie,
enfin invitée à rejoindre l’Alliance
atlantique et l’Union européenne, en
mai 2004. Du coup, le pays a pu
prendre un second souffle, aidé par
des résultats économiques plutôt
satisfaisants (croissance du PIB de
4 % en 2002, exportations en hausse),
malgré un déficit public important.
Un bémol est toutefois à mettre au
compte des privatisations toujours
chaotiques, celle de Ventspils Nafta
s’avérant particulièrement opaque. Le
nouveau gouvernement s’est doté
d’un ministre en charge des Affaires
d’intégration, censé régler en particulier la question de la population
russophone de Lettonie. Sa tâche est
grande, alors que le gouvernement
tente de réformer le système d’éducation, en généralisant l’enseignement
dispensé en letton. Son projet a
provoqué de vastes manifestations
dans un pays où la situation sociale
reste par ailleurs très contrastée, les
régions à population russophone étant
particulièrement touchées par le
chômage.
2002 was a year of inaction as
most reforms were postponed
until just after important political events, and most political
initiatives only came on stream
in the first months of 2003. The
prospects of the October 5,
2002 legislative elections
prevented members of the
ruling coalition from acting,
preferring to protect themselves.
The election results were unexpected with the victory of the
young New Era party, whose
leader E. Repse, was named
Prime minister, forming a fourparty center-right government
following a rather fragile agreement. On the other hand, the reelection of V. Vike-Freiberga to
a second term in the June 20,
2003 presidential elections
came as no surprise. In the
meanwhile, the Prague (21-22
November 2002) and Copenhagen (13 December 2002)
summits rewarded Latvia’s
years of transition with an invitation to join the Atlantic
Alliance and the European
Union, in May 2004. The country
was suddenly given a second
burst of energy, aided by rather
satisfactory economic results
(GDP up 4 % in 2002, and a rise
in exports), despite a substantial public deficit. The downside
is that privatizations are still
chaotic, that of Ventspils Nafta
was particularly lacking transparency. The new government
now has a minister for Integration aimed in particular at
resolving the problem of
Latvia’s Russian-speaking
population. This is a big job, as
the government is endeavoring
to reform the educational
system by extending Latvian
language education. This has
provoked huge demonstrations
in the country where the social
situation remains highly diverse
as the Russian-speaking regions
are particularly hit by unemployment.
Après une année 2002 figée dans
l’attente d’événements politiques essentiels, la Lettonie
semble reprendre vie et a
retrouvé un dynamisme étonnant. Elle a désormais les mains
plus libres, puisqu’elle a traversé
avec succès les remous des
échéances électorales, législatives et présidentielle, et qu’elle
a devant elle les perspectives,
enfin concrètes et proches, des
adhésions à l’Union européenne
et à l’Otan. Cette conjoncture favorable lui a
donné un second souffle, qui lui permet dans une
certaine mesure d’affronter, voire de surmonter,
d’autres difficultés. Le pays prend de l’assurance,
conscient de l’ordre nouveau qui se met en place
dans cette région enfin européenne et sécurisée,
où la Russie abat ses cartes avec de plus en plus
de clarté.
Elections avec
et sans surprise
La perspective des élections législatives du
5 octobre 2002 a indéniablement ralenti le rythme
des réformes tout au long de cette année, le
gouvernement en place depuis mai 2000 et dirigé
par Andris Berzins (Voie lettone) s’efforçant de
faire taire ses divisions jusqu’à l’échéance électorale. La coalition gouvernementale, composée
du Parti du peuple (TP, dirigé par Andris Skele),
de Voie lettone (LC) et de l’Union pour la patrie
et la liberté/Mouvement pour l’indépendance
nationale de la Lettonie (TB/LNNK), a fait preuve
d’une longévité inégalée depuis l’indépendance
du pays
[1]. Elle détenait 64 des 100 sièges du
Parlement.
La campagne électorale fut agitée, émaillée de
quelques scandales, dont celui qui a poussé le
Premier ministre à limoger, le 30 septembre 2002,
son ministre de la Défense, Mareks Seglins (TP),
après l’arrestation de deux responsables de Voie
lettone, accusés d’avoir diffusé des encarts
dénonçant le Parti du peuple comme une « équipe
de voleurs » qui aurait dérobé des millions de lats
à l’Etat. Cet affrontement entre les deux principaux
partis de la coalition, que Voie lettone a analysé
comme une tentative de déstabilisation de la part
de son adversaire/partenaire, donne une idée de
la tension qui régnait au sein de la classe politique à la veille de l’échéance du 5 octobre.
Les résultats du scrutin en ont étonné plus d’un,
accordant 26 sièges au parti Nouvelle ère (JL),
créé en février 2002 par le jeune (41 ans) exgouverneur de la Banque centrale, Einars Repse.
Alors qu’elle semblait, par les positions qu’elle
défend, un allié naturel de Voie lettone et du Parti
du peuple, Nouvelle ère s’est trouvée privée de
ces deux partis pour créer une alliance forte : les
élections ont en effet fait sortir du Parlement Voie
lettone, pour la première fois depuis dix ans.
Bénéficiant de 16,71 % des suffrages, soit 21 sièges
au Parlement, le Parti du peuple n’entre pas non
plus dans la coalition gouvernementale et son
leader, A. Skele, ennemi personnel de E. Repse,
a en outre quitté la formation en janvier 2003,
remplacé à sa tête par l’ancien ministre de l’Agriculture, Atis Slatkeris. Les élections ont amené
en deuxième position (18,94 % des voix et 24 sièges
au Parlement) le parti Pour les droits de l’homme
dans une Lettonie unie (PCTVL), alliance de trois
formations de gauche qui défendent les intérêts
de la population russophone de Lettonie et sont
favorables à l’adhésion européenne. Le PCTVL
est désormais dans l’opposition.
Par leur vote, les Lettons ont montré leur rejet de
l’équipe précédente, incarnée dans une certaine
mesure par A. Skele qui, depuis 1996, a dirigé
trois gouvernements successifs et éphémères, tous
accusés de corruption. Si le bilan du Parti du
peuple est remarquable sur le plan de la politique
étrangère, les électeurs ont sanctionné les difficultés de leur vie quotidienne (le fort taux de
chômage, le faible niveau des salaires et des
retraites) et les scandales qui ont émaillé le
processus de privatisations. A la veille des
sommets de Prague et de Copenhague, c’est-à-dire juste avant d’être totalement assurés de leur
prochaine adhésion à l’Otan et à l’UE, en
montrant qu’il fallait maintenant tourner une page
et se concentrer avant tout sur la vie quotidienne
des citoyens, les Lettons ont fait preuve d’une
remarquable maturité politique.
Le 5 novembre 2002, la Présidente lettone, Vaira
Vike-Freiberga, a nommé E. Repse au poste de
Premier ministre. Celui-ci a composé un gouvernement de coalition de centre droit
[2] rassemblant
quatre partis, à savoir Nouvelle ère, Premier parti
de Lettonie (LPP, 10 sièges au Parlement),
l’Union des verts et des paysans (ZZS, 12 sièges)
et l’Union pour la patrie et la liberté/Mouvement
pour l’indépendance nationale de la Lettonie
(TB-LNNK, 7 sièges), ce dernier étant le seul des
quatre à avoir été créé avant 2002.
Dès son investiture, le nouveau Premier ministre
a annoncé qu’il entendait poursuivre les orientations précédentes, en faveur de l’adhésion du pays
à l’UE, de l’amélioration du climat d’affaires et
de la lutte contre la corruption, insistant sur le
fait que la politique menée par son gouvernement
serait plus transparente et plus proche des préoccupations des citoyens. Composée pour partie
d’hommes d’affaires jeunes et peu expérimentés
en politique, cette équipe a été choisie à dessein :
E. Repse espère obtenir avec eux plus d’efficacité, en particulier pour mettre fin à la corruption
qui ronge le pays et nuit à sa réputation. En réalité,
cette coalition, qui ne détient que 55 des 100
sièges du Parlement, est très fragile. Les quatre
partis qui la composent ont bien du mal à
s’accorder sur la cadence des réformes, même si
tous se prononcent en faveur de l’adhésion européenne et de la dérégulation comme moteur de
croissance de l’activité économique. Elle se divise
de plus en plus en deux groupes, les partis les
plus à droite de l’échiquier politique (JL et LPP),
souvent opposés aux deux autres, relativement
plus eurosceptiques (ZZS) et nationalistes
(TB-LNNK). Mais cette césure est loin d’être
nette et on a vu à plusieurs reprises Nouvelle ère
et le Premier parti de Lettonie se désavouer au
Parlement, le second allant jusqu’à voter parfois
avec l’opposition.
La popularité du gouvernement est plutôt bonne,
juste entachée, en mars 2003, par le limogeage
du ministre de la Santé, Aris Auders, accusé de
corruption. Un sondage réalisé par l’Institut
Latvijas Fakti montrait alors que le ministre le
plus populaire était Maris Gulbis (Intérieur), suivi
de Inguna Ribena (Culture), de Girts Valdis
Kristovskis (Défense) et de Sandra Kalniete
(Affaires étrangères) ; touché lui aussi par le
scandale pour avoir un peu tardé à limoger son
ministre de la Santé, E. Repse était alors en
mauvaise posture. Fin juin 2003, la presse
lettone
[3] évoquait la possibilité que le Premier
ministre soit forcé de se débarrasser de certains
ministres, le gouvernement n’ayant pas obtenu
de grands résultats depuis son investiture, du
moins au regard des promesses faites durant la
campagne électorale. Le travail réalisé par ce
gouvernement ne démérite sans doute pas par
rapport à ce qu’avaient fait ses prédécesseurs,
mais la population est en droit de demander des
comptes à un homme politique qui s’était engagé
à augmenter les salaires beaucoup plus fortement
qu’il n’a pu le faire ou à lancer une réforme du
système de protection sociale qui se fait toujours
attendre. Toutefois, la popularité du Premier
ministre et de son gouvernement reste bonne,
auréolés qu’ils sont d’une réputation d’honnêteté
particulièrement appréciée dans le contexte letton.
La maladresse qu’ils mettent à présenter des
mesures impopulaires est généralement imputée
à leur manque d’expérience politique. En
revanche, E. Repse sait qu’il doit prendre garde
aux dissensions croissantes au sein de sa coalition,
qui le mettent dans une position de plus en plus
délicate.
Si l’échéance des élections législatives était
porteuse d’incertitudes, en revanche, on s’attendait
à ce que l’élection présidentielle de juin 2003 soit
sans surprise. Après un mandat de quatre ans
particulièrement réussi et en l’absence d’autre
candidat, V. Vike-Freiberga était assurée d’être
réélue. Pourtant, le 4 mars 2003, le gouvernement
et la présidence du Parlement annonçaient qu’ils
avaient pris la décision d’avancer le scrutin au
12 mars, justifiant ce choix par la nécessité d’avoir
un Président bien en place avant d’organiser le
référendum sur l’adhésion à l’UE, prévu pour
l’automne 2003. L’opposition, elle, a émis
l’hypothèse d’une tentative d’organiser l’élection
avant le déclenchement de l’action militaire contre
l’Irak. La Présidente lettone, en effet, s’était très
fermement engagée aux côtés des Etats-Unis dès
le début de la crise, alors que tous les sondages
réalisés dans le pays montraient que les Lettons
se disaient opposés à la guerre
[4]. Craignant des
opérations militaires plus difficiles que prévu et
sentant que l’opinion publique avait le sentiment
de ne plus être entendue par ses dirigeants, les
autorités politiques auraient ainsi tenté de faire
réélire V. Vike-Freiberga avant que le fossé entre
elle et les Lettons ne devînt trop manifeste. Finalement, l’avancée du scrutin étant illégale (la
Présidente n’aurait alors pas rempli les 4 ans de
son mandat), le 6 mars le gouvernement a brutalement fait volte-face, annonçant que l’élection
se déroulerait à la date prévue, à savoir le 20 juin
2003. Comme attendu, la Présidente a été réélue,
avec 88 des 100 voix du Parlement. Les quatre
partis de la coalition, ainsi que le Parti du peuple,
se sont unanimement prononcés en sa faveur. Ce
scrutin sans surprise a été analysé comme la
manifestation d’une grande stabilité politique,
l’absence d’autre candidat étant perçue comme
la preuve du consensus général qui règne parmi
les principales forces politiques. Dans son
discours devant le Parlement, V. Vike-Freiberga
a fixé trois buts au pays pour les années à venir :
la consolidation des structures démocratiques, la
hausse du niveau de vie de la population par le
maintien d’une croissance économique forte et
la défense des intérêts de la Lettonie dans l’arène
internationale, cette dernière tâche lui incombant
particulièrement.
Une économie
en bonne santé
Si le rythme des réformes a été quelque peu ralenti
en 2002, leur cap général a été maintenu, afin en
particulier de mettre l’économie et la législation
lettones en conformité avec les exigences de l’UE.
Malgré un contexte européen morose, la demande
interne, épaulée par des exportations croissantes
à destination des pays voisins de la CEI, est
désormais suffisamment forte et stable pour
soutenir l’économie du pays. Si elle génère la
croissance, cette demande a entraîné également
inflation et déficit de la balance des transactions
courantes.
● Le PIB poursuit son envolée
Il était certes difficile de faire aussi bien en
matière de croissance en 2002 qu’au cours des
deux années précédentes, qualifiées d’exceptionnelles. Mais la hausse du PIB de 4,0 % enregistrée
en 2002 est tout à fait honorable, et les prévisions
de la Commission européenne (5,5 % en 2003 et
6 % en 2004) contribuent au maintien de la
confiance dans le pays. Cette croissance est
soutenue par la demande aussi bien interne
qu’externe, et touche tant les services que la
production industrielle et le bâtiment.
Ce dernier secteur a connu en 2002 une véritable
flambée, avec une croissance en volume de
10,8 %. La plupart des ouvrages neufs ont été
réalisés à Riga et, dans une moindre mesure, à
Ventspils ou Liepaja. En outre, du fait de son
soutien inconditionnel à l’intervention américaine
en Irak, la Lettonie espère décrocher des contrats
pour la reconstruction du pays. L’industrie du bois
a connu également une année exceptionnelle,
essentiellement due à la hausse des exportations,
qui semble se confirmer en 2003 (vers l’Europe,
mais aussi les Etats-Unis et le Japon), imputable
à une stratégie basée sur les produits à valeur
ajoutée (les exportations de bois scié ont crû en
2002 de 30 %).
Le secteur agricole letton a bénéficié en 2002
d’une hausse de la demande dans la CEI. Les
agriculteurs lettons sont assez inquiets de
l’accession du pays à l’UE ; afin de rendre le pays
apte à mettre en œuvre la Politique agricole
commune, les structures administratives agricoles
lettones sont modernisées, avec notamment la
création récente d’un service vétérinaire et alimentaire.
● Tensions sur le front
financier
La demande interne forte, mais aussi la généralisation de la TVA et la nouvelle dépréciation du
lat face à l’euro sont autant de facteurs qui rendent
difficile la lutte contre la hausse des prix. Ainsi,
la réduction du taux d’inflation en 2002 (1,9 %
contre 2,4 % l’année précédente), imputable en
grande partie à la baisse du prix des communications téléphoniques par satellite, ne semble pas
devoir se confirmer en 2003.
En revanche, à la fin du premier semestre de 2003,
le ministre letton des Finances pouvait se targuer
d’avoir amélioré la collecte des impôts, de telle
sorte que le montant planifié avait été dépassé.
La lutte engagée contre les fraudes (notamment
le transit illégal de produits pétroliers) et la hausse
générale du paiement de l’impôt sur le revenu en
sont les causes principales. En 2002 déjà, les
revenus fiscaux avaient crû de 10 % par rapport
à 2001, essentiellement du fait de l’augmentation des recettes de l’impôt sur le revenu. Les
dépenses de l’Etat ont, elles aussi, augmenté, en
particulier celles consacrées à l’éducation, la santé
et la défense (+ 40 % en 2002), cette dernière se
situant dans la logique des 2 % du PIB exigés par
l’Otan.
Dotée d’un déficit public important, la Lettonie
s’est vue rappelée à l’ordre par la Commission
européenne, qui lui a demandé de veiller à sa
politique budgétaire. Le 1er ars 2003, le
gouvernement a adopté un projet de budget
envisageant un déficit égal à 3 % du PIB et basé
sur une prévision de croissance de ce dernier de
5,5 %.
Par ailleurs, consolidant sa position dans la région,
la Bourse d’Helsinki (Helsinki Stock Exchange),
après avoir repris en 2001 la Bourse de Tallinn, a
racheté 93 % des actions de la Bourse de Riga
(Riga Stock Exchange) en juin 2002.
Principaux indicateurs économiques de la Lettonie en 1995-2002
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002
PIB (variation en %) - 0,9 3,7 8,4 4,8 2,8 6,8 7,7(1) 4,0(1)
Production industrielle
(variation en %) - 3,7 5,5 13,8 3,1 - 5,4 4,7 9,2 5,5(1)
Production agricole
(variation en %) 11,7 - 7,0 6,4 - 3,6 - 3,7 11,3 5,0 nd
Ventes au détail
(variation en %) - 0,3 - 9,0 21,5 26,5 12,0 9,0 9,5 17,2(2)
Formation brute
de capital fixe
(variation en %) 8,7 22,3 20,7 11,1 - 4,0 20,0 17,0 7,9(3)
Taux de chômage
officiel (en % des actifs,
en décembre) 6,6 7,2 7,0 9,2 9,1 7,8 7,7 7,6
Indice des prix
à la consommation
(moyenne annuelle, %) 25,0 17,7 8,5 4,7 2,4 2,8 2,4 1,9
Solde budgétaire
(en % du PIB) nd - 1,5 + 1,2 + 0,1 - 4,0 - 5,2 - 4,3 - 2,5(1)
Exportations
de marchandises
(en millions de dollars 1 368 1 488 1 838 2 011 1 889 2 058 2 216(1) 2 437(1)
Importations
de marchandises
(en millions de dollars) 1 947 2 286 2 686 3 141 2 916 3 116 3 566(1) 3 887(1)
Balance commerciale
(en millions de dollars) - 579 - 798 - 848 - 1 130 - 1 027 - 1 058 - 1 350(1) - 1 450(1)
Balance des transactions
courantes (en % du PIB) - 0,4 - 5,4 - 6,1 - 10,7 - 9,7 - 6,9 - 9,7 - 6,7(3)
Dette extérieure brute
(en % du PIB) nd nd 49 nd 58 66 67 77(4)
Investissements directs
étrangers (en millions
de dollars) 245 379 515 303 331 400 170(1) 250(1)
(1) Estimation (2) Janvier-novembre (3) Janvier-septembre (4) Fin septembre.
Source : Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et années antérieures ; Berd, Transition
Report 2002.
Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2003, n° 1 et années antérieures ; Berd, Transition
Report 2002.
● L’ouverture, contre vents
et marées
Traditionnellement importants, les flux d’investissements directs étrangers (IDE) ont couvert en
2002 les deux tiers du déficit de la balance des
transactions courantes. Le quart des IDE a
consisté en réinvestissements des profits, témoignant de la volonté des entreprises présentes sur
ce marché de développer leurs activités. Si,
globalement, des progrès importants ont été
réalisés concernant le climat d’investissements,
les efforts doivent être poursuivis en vue de mettre
en application le nouveau code commercial, entré
en vigueur en janvier 2002, d’accroître la
transparence économique et de lutter contre la
corruption. Parmi les mesures destinées à améliorer le climat d’affaires, on peut noter la
création, en mai 2002, de l’Office pour la
prévention et la lutte contre la corruption.
Le 3 avril 2003, le Parlement a adopté une loi
interdisant aux étrangers d’acheter des terres agricoles et des forêts, durant sept ans à compter de
la date d’entrée du pays dans l’UE. Mais les étrangers pouvant justifier d’une activité agricole dans
le pays au cours des trois dernières années ne sont
pas concernés par cette interdiction, qui touche
en revanche les non-citoyens.
En matière d’exportations, la performance de
2002 est remarquable compte tenu de la conjoncture : ni la faible demande européenne, ni la
réduction des exportations russes de pétrole par
le port de Ventspils n’ont semblé affecter les
résultats du commerce extérieur letton. Il est vrai
que, soutenues par la dépréciation du lat face à
l’euro, les ventes lettones à l’UE sont restées
importantes (les revenus des exportations vers
l’UE ont même augmenté de 10 %). L’embargo
russe sur l’oléoduc acheminant le pétrole vers
Ventspils, depuis 2003, devrait être, en partie
seulement, compensé par l’accroissement du
transit par train
[5].
En Russie, les entreprises lettones sont en passe
de reconquérir les marchés qu’elles avaient perdus à l’issue de la crise financière de 1998. Par
ailleurs, les flux d’échanges de la Lettonie ont
bénéficié de l’augmentation du commerce interbalte
[6], tandis que les exportations de biens agricoles ont profité en 2002 d’une hausse de la demande dans les pays de la CEI. En revanche, la
libéralisation des échanges entre la Lettonie et
l’UE, qui exempte certains produits agricoles de
droits de douane à compter du 1
er juillet 2003, ne
sera pas seulement bénéfique et fera vraisemblablement des gagnants et des perdants, à la fois en
Lettonie et dans les pays de l’UE.
Les relations France-Lettonie
La présidente lettone, V. Vike-Freiberga, a effectué une visite officielle en France
du 30 septembre au 2 octobre 2002, afin de relancer le soutien de Paris aux candidatures
du pays à l’UE et à l’Otan. Puis les déclarations, en février 2003, du Président français
faisant savoir aux signataires de la lettre ouverte en faveur de la coalition américanobritannique contre Bagdad qu’ils avaient « manqué une occasion de se taire » ont
entraîné un net refroidissement des relations bilatérales politiques. Lorsque N. Lenoir,
ministre française déléguée aux Affaires européennes, s’est rendue dans les Etats
baltes début avril 2003, afin de réaffirmer à ces pays l’importance que la France attache à
l’élargissement de l’UE, la question était évidemment d’actualité. Son explication à propos
de la solidarité dont ces pays auraient dû faire preuve vis-à-vis du compromis que les
Quinze, malgré leurs propres divisions, avaient à l’époque élaboré, ont peu convaincu.
Par ses propos, J. Chirac, a en effet touché la corde sensible des Baltes, et notamment
des Lettons, à savoir la question du maintien de leur souveraineté.
La balance commerciale de la France avec la Lettonie affiche de nouveau un solde
positif en 2002, les importations françaises ayant retrouvé leur niveau de 2000. Le poste
principal d’achats français demeure celui des combustibles et carburants, qui s’est
toutefois considérablement réduit en valeur par rapport à 2001. Le deuxième poste
d’importations reste celui des produits en bois, papier et carton. Les achats de produits
agricoles et textiles ont connu une forte contraction. La France vend à la Lettonie des
produits pharmaceutiques, de parfumerie et d’entretien et des produits agricoles.
Les échanges France – Lettonie,
2000-2002 (millions d’euros)
2000 2001 2002
Exportations (fob) 129,1 135,7 141,1
Importations (cif) 69,7 180,9 70,8
Solde + 59,4 - 45,2 + 70,3
Source : Douanes françaises.
Douanes françaises.
● A qui appartient Ventspils
Nafta ?
Depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement, le rythme des privatisations, en sommeil
depuis quelques mois, s’est accéléré, malgré les
réticences de l’opposition, comme on a pu le voir
à la mi-novembre 2002, lors de la privatisation
de Latvenergo (la restructuration de la compagnie
s’est traduite par la création d’unités indépendantes les unes des autres et les directives européennes concernant la libéralisation de ce secteur
ont commencé à être appliquées).
On estimait début 2003 que 97 % des biens
publics privatisés étaient détenus par des entreprises étrangères. Les dernières opérations n’ont
pas dérogé à la règle : en février 2003, Rietuma
Banka a trouvé un investisseur stratégique avec
la prise de participation de 20 % de la Berd. Le
gouvernement a annoncé qu’il comptait vendre
au Finlandais Metsaliitto sa part de 33 % du
capital dans le projet Baltic Pulp. A la suite de sa
privatisation, Latvijas Gaze est désormais détenue
à 29 % par Ruhrgas, tandis que les compagnies
russes Gazprom et Itera ont acquis chacune 25 %
des actions du distributeur letton de gaz.
Mais en 2003, la chronique a surtout été défrayée
par le feuilleton de la privatisation de Ventspils
Nafta (VN), véritable imbroglio aux ramifications
étonnantes. Aux termes d’un accord signé en 1997
dans le cadre de la première étape de la privatisation de VN, l’Etat letton détenait 43,6 % du
terminal pétrolier, et Latvijas Nafta Tranzits
(LNT) 37,8 %. Une clause de l’accord précisait
que LNT recevrait à terme 5 % des parts de l’Etat,
qui par ailleurs n’avait pas le droit de revendre le
reste de sa participation (soit 38,6 % des parts),
ni de voter sur les questions concernant la gestion
du terminal.
En juin 2003, le ministre de l’Economie, Juris
Lujans, a officiellement dénoncé cet accord
comme discriminatoire. Ce n’est pas la première
fois que cette clause est critiquée, mais elle s’est
toujours révélée impossible à modifier. Si les
protestations de l’Etat letton se sont intensifiées
en 2003, c’est parce que, depuis décembre 2002,
la compagnie russe Transneft, qui alimente le
terminal pétrolier, a interrompu toute livraison.
Officiellement, la cause en est l’activité croissante
du port russe de Primorsk. Or, en février 2003, au
moment où la compagnie russe affirmait qu’il n’y
avait pas assez de pétrole et qu’elle préférait servir
en priorité son terminal, elle refusait d’acheminer
le brut de Surgutneftegaz, faute de capacités. En
Lettonie, ni les représentants de VN ni ceux de
l’Etat n’ont émis le moindre doute sur le fait que
l’interruption des livraisons était un embargo
destiné à faire pression sur la Lettonie pour que
la Russie puisse prendre pied dans le seul
complexe pétrolier de la région dans lequel elle
ne détenait pas de participation.
Par presse interposée, des offres ont été formulées,
les représentants de Transneft évoquant 134 millions de dollars, sans que personne ne sache pour
quelle participation (partielle, majoritaire, de
contrôle, totale…). Les représentants de VN ont
répondu, toujours dans la presse, que le contrôle
du terminal serait facturé au moins 200 millions
de dollars, sans préciser non plus de quoi il était
question (la part de l’Etat, celle de LNT). Les
Russes ont rétorqué alors que VN ne coûtait pas
ce prix, puisque, sans pétrole, le terminal ne vaut
absolument rien. Les Lettons y ont vu la preuve
de la pression russe : si Transneft a interrompu
les livraisons, c’est pour faire baisser les prix. Au
même moment, la Présidente lettone rencontrait
G. W. Bush avec lequel elle évoquait le problème
et qui lui promettait d’en parler à son homologue
russe. Ces discussions avaient pour toile de fond
la crise irakienne, ce qui fit dire à certains que la
Russie voulait ainsi faire payer à la Lettonie son
engagement auprès des Etats-Unis. Le maire de
Ventspils, Aivars Lembergs
[7], homme d’affaires
influent et membre du comité de direction de VN,
s’insurgeait contre la justification économique du
re-routage du pétrole vers Primorsk : selon lui,
en février 2003, le coût de transport d’une tonne
de pétrole par le port russe était de 19 dollars,
contre 9 dollars seulement par celui de
Ventspils
[8].
Cet embargo brutal était d’autant plus inattendu
que LatRosTrans, la société mixte russo-lettone
détenue à 66 % par VN et à 34 % par Transnefte-produkt, et qui gère les oléoducs allant de Polotsk
à Ventspils et Klaipeda, venait juste d’investir
100 millions de dollars pour exécuter des réparations sur l’oléoduc de Ventspils. Cette situation
aux conséquences potentiellement graves pour
l’économie lettone a été en partie contournée par
l’acheminement de pétrole russe par trains, ce que
la Lettonie n’avait plus pratiqué depuis une
vingtaine d’années.
En avril 2003, le vice-Premier ministre letton,
Ainars Slesers, entrait en scène, déclarant que la
cause de l’interruption des livraisons était le
conflit entre la partie russe et A. Lembergs
[9]. Il
estimait en effet que le gouvernement ne pourrait
résoudre cette crise tant que la majorité de
contrôle de VN n’appartiendrait pas à l’Etat. Pour
A. Slesers, toutes les difficultés provenaient du
fait qu’on ne savait pas qui était le véritable
propriétaire de VN : LNT est en effet détenu par
diverses sociétés basées à Ventspils, mais sa part
de contrôle appartient à la banque Ventbunkers,
dont les propriétaires non identifiés sont des
compagnies
offshore. A l’issue d’une enquête, il
est apparu que, officiellement, A. Lembergs
détient 0,27 % des parts de Ventbunkers et que
ses deux fils sont membres du comité de direction de la banque
[10]. Une autre enquête a été
lancée, en avril, afin de déterminer s’il n’y a pas
eu violation de la loi sur les privatisations, lors
de la signature de l’accord de 1997, et qui est à
l’origine de cet accord discriminatoire, A. Slesers
ayant émis l’hypothèse que ce pourrait être
A. Lembergs.
Les déclarations du vice-Premier ministre ont
évidemment provoqué des réactions passionnées
[11].
Outre les suspicions pesant sur les véritables
intérêts de A. Slesers (des intérêts privés, la
volonté de nationaliser VN…), les médias ont
évoqué la possibilité d’un partage des intérêts
dans la région entre Russie et Etats-Unis, faisant
un lien entre l’arrêt des protestations russes à
l’encontre de la prochaine adhésion des Etats
baltes à l’Otan et les prises de participation russes
dans les complexes énergétiques baltes (les
Lettons ont été très attentifs au rachat par les
Russes du complexe pétrolier lituanien de
Mazeikiu Nafta). Il n’y avait qu’un pas pour se
lancer dans des spéculations sur un accord russo-américain, l’idée étant que la Russie accepte sa
perte d’influence en matière de sécurité dans la
zone, en échange du maintien de ses intérêts économiques, qui sont avant tout énergétiques.
En juin 2003, Transneft n’avait pas repris ses
livraisons de pétrole et les actionnaires privés et
publics de VN, s’ils s’étaient rencontrés, n’avaient
pas encore démêlé les fils de cette affaire
embrouillée. Le gouvernement se disait décidé à
mettre fin à l’accord de 1997 et à participer de
plus près à la gestion de la compagnie. Les représentants de LNT étaient opposés à des modifications du contrat, et les compagnies russes Yukos
et Lukoil avaient émis le souhait d’acheter 50 %
des parts de VN, à condition de plus de transparence.
Lorsqu’il a nommé son gouvernement, E. Repse
l’a doté d’un poste nouveau, celui de ministre en
charge des Affaires d’intégration, portefeuille
échu à Nils Muiznieks, l’ancien directeur du
Centre letton des droits de l’homme et des études
ethniques. C’est en quelque sorte une fusion de
deux organes préexistants, le Conseil à l’intégration sociale et l’Office de naturalisation.
N. Muiznieks se décrit lui-même
[12] comme le
ministre des ONG, des minorités et du dialogue.
Définissant la société lettone comme multiculturelle, son approche est celle de la recherche
de l’apaisement, sous-tendue par la nécessité de
rendre à la langue lettone la place qui lui revient
de droit, celle d’unique langue d’Etat, ce qui, pour
lui, n’est en rien contradictoire avec la promotion
du bilinguisme.
Avec l’échéance précise de l’adhésion à l’UE, se
pose pour la Lettonie la question de la situation
des non-citoyens, estimés, à la fin de 2002, à
500 000 personnes, soit 22 % de la population.
N. Muiznieks insiste régulièrement sur le statut à
venir de ces non-citoyens de Lettonie qui vont
automatiquement l’être également dans l’UE :
s’ils pourront se déplacer librement dans la zone
Schengen, en revanche, ils n’auront pas le droit
de vote lors des scrutins européens, ni celui de
travailler librement dans d’autres Etats de l’UE.
Va également se poser la question de leur protection sociale : certains d’entre eux sont considérés
comme des résidents permanents en Lettonie et,
à ce titre, bénéficient des prestations sociales
offertes aux Lettons. Mais cette situation risque
de ne pas être transposée immédiatement dans
l’UE. Pour N. Muiznieks, la solution consiste
dans l’accélération du rythme des naturalisations.
Pour le moment, le processus est lent (moins de
60 000 personnes ont été naturalisées depuis
1997) et le ministre reconnaît que l’adhésion à
l’UE a peu de chances de convaincre les non-citoyens de demander à être naturalisés (peu
d’entre eux attendent avec impatience de pouvoir
voter aux élections du Parlement européen ou de
partir travailler à l’étranger). L’adhésion va créer
des situations insolites, comme le fait qu’un
citoyen de l’UE ayant établi sa résidence en
Lettonie aura le droit de vote aux élections locales,
alors que le non-citoyen vivant en Lettonie ne
l’aura pas.
N. Muiznieks a été amené à se prononcer sur le
vaste projet de réforme de l’éducation, qui
comprend un volet portant sur la généralisation
de l’enseignement dispensé en letton. Le transfert
vers le letton devrait débuter le 1er septembre 2004
et être entièrement réalisé d’ici 2007. Très
controversé, ce projet a provoqué l’une des plus
grandes manifestations du pays depuis l’indépendance, le 23 mai 2003 à Riga : des milliers de
russophones (entre 4 000 et 16 000 selon les
sources) ont défilé dans les rues de la capitale, à
la veille du concours de l’Eurovision, scandant
des slogans hostiles à ce plan de réforme du
gouvernement qui vise à réduire l’enseignement
du russe dans les écoles russophones. Les autorités
justifient la réforme par le besoin de rendre le
système secondaire plus démocratique, et de
mettre fin à celui hérité des années 1990, les
écoles russes ne dispensant pas d’enseignement
en letton ou très peu. Ces écoles forment donc
des diplômés qui se trouvent en compétition sur
le marché du travail ou pour l’entrée à l’université avec des Lettons parlant leur propre langue.
La loi envisagée vise à accroître la part de
l’enseignement en letton dans les écoles publiques
secondaires jusqu’à 60 %, laissant 40 % de
l’enseignement dans la langue de la minorité. Le
gouvernement a noté à ce sujet que le soutien de
l’Etat letton à l’enseignement des langues minoritaires est largement supérieur à ce qu’il est dans
la plupart des pays européens. D’ailleurs, l’OSCE,
comme les organisations pour le respect des droits
de l’homme ont approuvé cette réforme et le
rapport 60/40 entre letton et langue de la minorité.
Mais la manifestation du 23 mai a montré, par
les slogans qu’on a pu y lire (« Touche pas à mon
école », « Les écoles russes sont notre Stalingrad »),
que les russophones craignent avant tout de perdre
leur identité culturelle et d’être assimilés.
Par ailleurs, la situation sociale dans le pays
demeure contrastée, le taux de chômage, même
s’il a un peu baissé, restant élevé, avec des différences régionales persistantes. Le pays accuse un
retard important concernant le niveau des salaires,
qui demeure l’un des plus faibles parmi les pays
candidats et ne représente que 33 % de la
moyenne de celui de l’UE. Le gouvernement a
toutefois augmenté le salaire minimum, passé à
70 lats (soit environ 114 euros), et celui de certains
secteurs (santé, éducation). Toutefois, la décision
de E. Repse, en janvier 2003, d’augmenter le salaire des ministres de 650 lats (1 055 dollars) à
2 200 lats (3 560 euros), soit 13 fois le salaire
moyen (170 lats par mois, soit 275 euros) a été
très peu appréciée.
Les sommets de Prague et de Copenhague ont
été en quelque sorte les points d’orgue de ces dix
dernières années, donnant enfin l’assurance,
symbolisée par des dates précises, de l’adhésion
très proche du pays à l’Otan et à l’UE.
● Toujours plus de sécurité
Lors du sommet de Prague des 21 et 22 novembre
2002, la Lettonie a été, comme elle l’espérait,
invitée, avec sept autres Etats, à rejoindre l’Otan
à partir de mai 2004. Le 26 mars 2003, les autorités du pays ont signé l’accord d’adhésion à
l’Alliance. Puis, le 8 mai suivant, le Sénat américain a approuvé à l’unanimité l’entrée de la
Lettonie dans l’Otan. C’est la concrétisation d’un
long parcours qui aura été coûteux, mais sur lequel
la classe politique lettone aura, depuis dix ans,
fait preuve d’une belle constance. Un sondage
effectué par Latvias Fakti en juin 2003 a montré
que 67,4 % des Lettons se disaient favorables à
l’adhésion de leur pays à l’organisation atlantique.
Par ailleurs, la perspective de l’installation, dans
le district de Rezekne (est du pays), d’un radar
très moderne, de conception américaine
(Loeckhed Martin) pour un coût total de 8 millions de lats (presque 13 millions d’euros), a
provoqué des critiques, à l’extérieur mais aussi à
l’intérieur du pays. En 2001, le gouvernement
letton s’était engagé auprès des autorités américaines à acheter ce radar à un moment où Riga
estimait ne pouvoir se passer du soutien des Etats-Unis. Les principaux opposants à ce projet ont
fait valoir que, s’il n’y a rien de répréhensible à
acheter des armes, en revanche, il y a quelque
chose de condamnable à acquérir des armes
coûteuses dont on n’a pas besoin. Les principales
critiques ont porté sur l’erreur de cible quant à la
sécurité du pays : l’administration lettone s’est
peut-être trompée en pensant que le danger est
militaire et provient de Russie, quand il est sans
doute avant tout économique et vient de l’intérieur (le salaire moyen letton est le plus faible
des trois Etats baltes). Ce radar, qui devrait être
opérationnel à la fin de l’automne 2003, sera
installé à Audrini, un village de 520 habitants en
grande partie russophones, situé à 60 km de la
Russie, dans la province de Latgale, l’une des plus
pauvres d’Europe. Le radar pourra observer dans
un rayon de 450 km, donc assez loin en Russie. Il
fera partie du réseau de surveillance aérienne
balte, Baltnet.
● L’Union européenne en vue
Le sommet européen de Copenhague, le
13 décembre 2002, a confirmé l’entrée de dix
nouveaux pays dans l’UE, dont la Lettonie, le
1er mai 2004. En juin 2003, la Commission européenne a transmis une lettre de recommandation
à la Lettonie dans laquelle elle souligne que le
pays a réalisé la plupart des réformes auxquelles
il s’était engagé lors des négociations d’adhésion,
mais que Riga doit accélérer la réforme du
système judiciaire et la lutte anti-corruption.
Un référendum sur l’adhésion de la Lettonie à
l’UE doit se dérouler le 20 septembre 2003. Le
8 mai 2003, le Parlement a voté plusieurs amendements à la Constitution afin de permettre cette
consultation électorale, les référendums sur des
questions internationales n’étant pas autorisés par
la Loi fondamentale de 1922, reprise après
l’indépendance de 1991. Le scrutin ne sera valide
que si au moins la moitié des électeurs ayant voté
lors de la dernière consultation (élections législatives du 5 octobre 2002) se rendent aux urnes
(soit 497 543 personnes). Une campagne d’information à ce sujet, dotée de 1 million de lats
(1,6 million d’euros) a été lancée au printemps.
C’est la première fois que l’Etat letton consacre
une telle somme à la communication avant un
référendum, mais elle reste bien maigre comparée
au coût des campagnes électorales supporté par
les partis politiques.
La classe politique lettone sait qu’elle doit se
mobiliser, la Lettonie faisant partie des pays
candidats les plus eurosceptiques, avec l’Estonie.
Les autorités se disent inquiètes du nombre
d’indécis, les réticences exprimées concernant
généralement la date de l’adhésion, jugée prématurée, la perspective d’une concurrence trop forte,
la perte de souveraineté du pays, la hausse des
prix à laquelle les petites entreprises risquent de
ne pas résister et la déstabilisation prévue du
secteur agricole.
Surtout, les analystes en Lettonie craignent que
le fossé qui s’est creusé entre l’élite politique et
la population soit beaucoup trop grand. Les
sondages montrent en effet que les Lettons, même
s’ils plébiscitent leur gouvernement, ne lui font
pas vraiment confiance. Ils estiment souvent que
les décisions prises le sont dans la plus grande
opacité et qu’aucun effort d’explication ne vient
les justifier. Les élites politiques lettones se sont
trop souvent dissimulées derrière les prétendus
diktats de Bruxelles pour faire accepter des
réformes.
Manœuvrier habile, le gouvernement a choisi
d’organiser un référendum tardif, le dernier parmi
les dix pays appelés à adhérer en mai 2004, afin
que les Lettons prennent conscience de l’enjeu :
dire « non » lors du référendum reviendrait sans
doute à devenir le seul pays de la région non-membre de l’UE, avec la Russie !
2002
1er janvier
Fermeture de la mission de l’OSCE à Riga, qui
avait été ouverte en 1993.
16 janvier
Création, à l’initiative de la Présidente lettone,
d’une commission chargée de faire le point sur la
situation du letton dans le pays et d’identifier les
moyens de renforcer son statut en tant que langue
officielle.
31 janvier
Le Parlement letton adopte une loi autorisant
l’avortement.
2 février
Création du parti Nouvelle ère par l’ancien
gouverneur de la Banque centrale, Einars Repse.
11 février
Les ministres allemand, estonien, letton et lituanien des Affaires étrangères se rencontrent à Riga
pour la 6e session annuelle de consultations politiques ; ils évoquent notamment les questions de
l’élargissement de l’UE et de l’Otan, ainsi que la
coopération dans la région de la mer Baltique.
21 février
Rencontre, à Riga, entre la Présidente lettone et
le Secrétaire général de l’Otan, Lord Robertson.
30 avril
• Le Premier ministre réclame la démission du
ministre de la Santé et des Affaires sociales,
A. Pozarnovs.
• Le Parlement adopte des amendements à la
Constitution, visant à renforcer le statut du letton
comme langue officielle de l’Etat. Les amendements précisent que le letton est la langue de
travail du Parlement et des instances locales.
3 mai
Le ministre des Affaires étrangères, I. Berzins,
signe lors d’une session du Conseil de l’Europe
à Vilnius, le protocole n° 13 à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et
des libertés fondamentales, relatif à l’abolition
de la peine de mort.
9 mai
Le Parlement amende la loi électorale qui exigeait
de tout candidat aux élections législatives ou
locales la maîtrise du letton. La communauté
internationale, qui avait été très critique à l’égard
de cette restriction linguistique, félicite la Lettonie
pour son choix, qui la rapproche de l’adhésion à
l’UE et à l’Otan.
25 mai
La chanteuse lettone d’origine russe, Marija
Naoumova, gagne le concours de l’Eurovision à
Tallinn.
28 juin
Lancement de la deuxième campagne d’information en faveur de la naturalisation des non-citoyens.
1er juillet
Succédant à l’Allemagne, la Lettonie prend la
présidence de la Commission pour la protection
de l’environnement en mer Baltique (HELCOM).
5-6 juillet
Conférence, à Riga, réunissant les chefs d’Etat et
de gouvernement des dix pays candidats à
l’adhésion à l’Otan, intitulée « Riga 2002 : le pont
vers Prague ». A son issue, ils adoptent la
« Déclaration de Riga ».
19 août
Rencontre annuelle des chefs de gouvernement
des pays nordiques et baltes, à Riga.
30 août
M. Riekstins, secrétaire d’Etat au ministère des
Affaires étrangères, rencontre A. Oudaltsov,
directeur du Deuxième département des affaires
européennes du ministère russe des Affaires
étrangères, à Riga. Ils évoquent les perspectives
de coopération russo-lettone. M. Rikstins invite
la Russie à signer l’accord de délimitation des
frontières.
11 septembre
La Banque mondiale autorise un prêt de 20 millions de dollars pour la réalisation du Programmatic Structural Adjustement Loan (PSAL II). Il
doit favoriser la mise en place des réformes économiques. Un prêt semblable, de 400 millions de
dollars, avait été accordé à la Lettonie en mars
2000.
30 septembre
Le Premier ministre, Andris Berzins, limoge son
ministre de l’Intérieur, Mareks Seglins.
5 octobre
Elections législatives (voir les résultats cidessous).
5 novembre
La Présidente lettone nomme Einars Repse
Premier ministre.
21-22 novembre
Sommet de l’Otan à Prague. La Lettonie est
invitée à rejoindre l’Alliance atlantique.
13 décembre
Sommet de Copenhague : l’UE confirme l’adhésion de dix pays, dont la Lettonie, le 1er mai 2004.
2003
26 mars
La Lettonie, de même que six autres pays
candidats, signe l’accord d’adhésion à l’Otan, à
Bruxelles.
3 avril
Le Parlement approuve une loi aux termes de
laquelle les étrangers ne pourront pas acquérir de
terres agricoles et de forêts pendant une période
de sept ans, à compter du 1er mai 2004.
10 avril
Ingrida Circene est nommée ministre de la Santé,
en remplacement de Aris Auders (Nouvelle ère),
limogé pour corruption.
15 avril
La Russie instaure de nouvelles règles concernant
l’immigration, qui rendent plus difficile l’obtention de visas, en particulier pour les non-citoyens
des Etats baltes. Les procédures simplifiées qui
leur permettaient d’obtenir rapidement un visa
sont désormais supprimées et ils doivent présenter
une invitation, une assurance médicale et d’autres
documents pour obtenir le précieux sésame.
16 avril
la Lettonie et sept autres pays candidats signent,
à Athènes, le traité d’adhésion à l’Union européenne.
18 mai
Le parti Voie lettone organise son congrès annuel,
au cours duquel il élit son nouveau leader, en la
personne de Janis Naglis, ancien responsable de
l’Agence de privatisations.
23 mai
Plusieurs milliers de russophones manifestent à
Riga pour protester contre le projet de réforme
de l’enseignement dans les écoles russophones.
24 mai
48e édition du Concours de l’Eurovision organisé
à Riga.
29 mai
Des militants de Greenpeace tentent d’empêcher
un pétrolier à coque simple d’accoster dans le port
de Ventspils. Le pétrolier, enregistré à Chypre et
en activité depuis 27 ans, quitte le port deux jours
plus tard, les soutes pleines.
6 juin
La Cour constitutionnelle de Lettonie supprime
les restrictions concernant la diffusion d’émissions
radiophoniques et télévisées en langues étrangères, notamment en russe.
20 juin
V. Vike-Freiberga est réélue pour un second
mandat de quatre ans à la présidence de la
Lettonie.
30 juin - 6 juillet
Festival de chant choral de Riga, mobilisant plus
de trois cents formations amateurs. Ce festival a
lieu tous les cinq ans.
Principales formations
politiques
Coalition gouvernementale :
-
JL (Jaunais laiks) Nouvelle ère.
-
ZZS (Zaïo un Zem, ieku Savienîba) Union des
Verts et des paysans
-
LPP (Latvijas Pirmâ Partija) Premier parti de
Lettonie
-
TB-LNNK (Tçvzemei un Brîvîbai-LNNK)
Union pour la patrie et la liberté/Mouvement pour
l’indépendance nationale de la Lettonie
TP (Tautas partija) Parti du peuple
LC (Latvijas Ceïd) Voie lettone
LSDSP (Latvijas Sociâldemokrâtiskâs strâdnieku
partijas) Parti social-démocrate des travailleurs.
PCTVL (Par cilvçka tiesîbâm vienotâ Latvijâ)
Parti pour les droits de l’homme dans une Lettonie unie.
Résultats des dernières
élections
● Election présidentielle du 20 juin 2003
Seule candidate à l’élection, Vaira Vike-Freiberga
est réélue au premier tour de scrutin, avec 88 des
100 voix du Parlement.
Prochaine échéance présidentielle : 2007
● Elections législatives du 5 octobre 2002
Taux de participation : 72,4 %)
Partis % de voix Nombre
de sièges
Nouvelle ère* 23,93 26
Pour les droits de l’homme
dans une Lettonie unie 18,94 24
Parti du peuple 16,71 21
Premier parti de Lettonie* 9,58 10
Union des Verts et des paysans* 9,46 12
Union pour la patrie et la liberté* 5,39 7
Total 100
* Partis de la coalition gouvernementale.
Prochaines échéances législatives : 2006
Composition
du gouvernement
(juillet 2003)
- Premier ministre : Einars Repse (Nouvelle ère)
- Vice-Premier ministre : Ainars Slesers (Premier
parti de Lettonie)
- Défense : Girts Valdis Kristovskis (Pour la patrie
et la liberté)
- Affaires étrangères : Sandra Kalniete (non
affiliée)
- Economie : Juris Lujans (Premier parti de
Lettonie)
- Finances : Valdis Dombrovskis (Nouvelle ère)
- Intérieur : Maris Gulbis (Nouvelle ère)
- Education et Sciences : Karlis Sadurskis
- Nouvelle ère)
- Culture : Inguna Ribena (Nouvelle ère)
- Transports : Roberts Zile (Pour la patrie et la
liberté)
- Justice : Aivars Aksenoks (Nouvelle ère)
- Environnement : Raimonds Vejonis (Union des
Verts et des paysans)
- Agriculture : Martins Roze (Union des Verts et
des paysans)
- Affaires sociales : Dagnija Stake (Union des
Verts et des paysans)
- Santé : Ingrida Circene (Nouvelle ère)
- Développement régional et Collectivités
locales : Ivars Gaters (Nouvelle ère)
- Ministre extraordinaire pour les Enfants et les
Affaires familiales : Ainars Bastiks (Premier parti
de Lettonie)
- Ministre extraordinaire pour l’Intégration
sociale : Nils Muiznieks (Premier parti de
Lettonie)
·
Ouvrages
·
Sandra Kalniete, En escarpins dans les
neiges de Sibérie (traduction V. Skujina),
Editions des Syrtes, Paris, 2003,268 p.
·
Central Statistical Bureau of Latvia, Agriculture of Latvia in 2001 : A Brief Collection of Statistical Data, Riga, 2002,50 p.
(en letton et en anglais)
·
Ministry of Economics, Economic Development of Latvia Report, Riga, 2002,141 p.
·
Central Statistical Bureau of Latvia, Latvia’s
Regions in Figures : Statistical Yearbook
2001, Riga, 2002,149p. (en letton et en
anglais).
·
Central Statistical Bureau of Latvia, Transport and communications in 2001, Riga,
2002,100 p. (en letton et en anglais).
·
Revues
·
Susanne Nies, « Quelle sécurité pour la
région baltique ?», Le courrier des pays de
l’Est, n° 1035, mai 2003, pp. 58-70.
·
IMF, « Republic of Latvia : Staff Report for
the 2003 Article IV Consultation », IMF
Country Report, n° 03/113, avril 2003,58 p.
·
IMF, « Republic of Latvia : Statistical
Appendix », IMF Country Report, n° 03/
112, avril 2003,59 p.
·
Geoffrey Swain, « Deciding to Collectivize
Latvian Agriculture », Europe-Asia Studies,
vol. 55, n°1, janvier 2003, pp. 39-58.
·
IMF, « Republic of Latvia : First and Second
Reviews Under the Stand-By Arrangement
and Request for Waiver of a Performance
Criterion », IMF Country Report, n° 02/149,
juillet 2002,51 p.
·
Céline Bayou, « Lettonie. Les fruits de
l’obstination », in « Europe centrale et orientale 2001-2002. Une croissance pérenne, un
jeu politique rodé, des sociétés désenchantées », Le courrier des pays de l’Est,
n° 1026, juin-juillet 2002, pp. 97-110.
·
Mark Chicock, « Transitionalism vs.
Transnationalism : Conflicting Trends in
Independent Latvia », East European
Politics and Societies, vol. 16, n° 2,
printemps 2002, pp. 446-464
·
IMF, « Republic of Latvia : Staff Report for
the 2001 Article IV Consultation », IMF
Country Report, n° 02/10, janvier 2002,
55 p.
·
Economist Intelligence Unit, Country
Report (trimestriel), ountry Profile
(annuel), « Latvia ».
[(1)]
C. Bayou, « Lettonie 2001-2002. Les fruits de l’obstination »,
Le courrier des pays de l’Est, n° 1026, juin-juillet
2002, pp. 97-110.
[(2)]
La composition du gouvernement ne se fit pas plus dans la sérénité que la préparation des élections, la proposition
de E. Repse de nommer au poste de ministre des Affaires étrangères Grigorijs Krupnikovs ayant provoqué l’ire de
A. Skele : ce dernier a reproché à G. Krupnikovs d’avoir affirmé qu’il faudrait ralentir le rythme de la marche
lettone vers l’UE, ce dont l’intéressé s’est défendu. Le Parti du peuple a en outre accusé G. Krupnikovs d’avoir
collaboré avec les services de sécurité soviétiques avant 1991. Le ton a rapidement dégénéré, lorsque E. Repse a
traité A. Skele d’antisémite, faisant allusion à l’ancienne responsabilité de G. Krupnikovs, en tant que
leader de la
communauté juive de Lettonie.
[(3)]
Diena, 27 juin 2003.
[(4)]
C. Bayou, J. Blaha, D. Heimerl, M. Kahn, I. Kamenka, E. Lhomel, L. Rucker, « La crise irakienne. Positions et
réactions dans les pays de la CEI et d’Europe centrale et orientale »,
Le courrier des pays de l’Est, n° 1033, mars
2003, pp. 48-59.
[(5)]
La Lettonie est affectée depuis 2002 par la réorientation des exportations russes de pétrole au profit du port de
Primorsk. En 2002, le port de Ventspils a connu la plus forte contraction de toute son histoire, avec une baisse des
volumes traités de 24 % par rapport à l’année précédente. Par exemple, en octobre 2002, le port a traité 78 000
barils par jour de pétrole brut, contre 296 000 à la même période de 2001. Le trafic des autres ports lettons a
augmenté en 2002, mais pas suffisamment pour compenser les pertes de Ventspils qui est le port principal du pays
et a contribué en 2001 à 66 % des activités de fret maritime.
[(6)]
Le 5 juin 2003, le Parlement letton a toutefois adopté une loi établissant des quotas et des droits de douane plus
élevés sur les importations de viande porcine. Le pays est en effet submergé par des importations de porc à bas prix,
qui met en péril ses propres producteurs. Cette mesure devrait s’appliquer jusqu’au 1
er mai 2004 à tous les pays,
mais on sait qu’elle vise en particulier l’Estonie et la Lituanie voisines (87 % des exportations estoniennes de
viande porcine en 2002, par exemple, sont allées en Lettonie).
[(7)]
« Repse Casts Doubt on Ventspils Owners »,
The Baltic Times, 3-9 avril 2003.
[(8)]
« Oil Embargo Angers Mayor, Ministers »,
The Baltic Times, 6-12 février 2003.
[(9)]
BBC Monitoring, 14 avril 2003.
[(10)]
Par ailleurs, en mai 2003, une société enregistrée aux Pays-Bas, Macasyng Holding B. V., a renoncé à prendre
part à la privatisation de la Krajbanka, banque contrôlée à 26 % par trois autres banques, situées à Ventspils (dont
Ventbunkers) et à 3 % par A. Lembergs. Macasyng a accusé les banques de Ventspils de tenter de l’attirer dans un
accord secret aux termes duquel la compagnie paierait les autres actionnaires pour ne pas participer à la vente. Les
trois banques dénoncées cherchaient alors à racheter les 5 % de Ventspils Nafta afin d’y être majoritaires ; elles
auraient tenté à plusieurs reprises de faire échouer la vente de la Krajbanka. Enfin, on rappellera que Ventspils
Nafta détient, depuis sa privatisation en avril 2002, la majorité des actions de Latvija Kugnieciba (LASCO), la plus
grande compagnie maritime de Lettonie, qui a déclaré son intention de remplacer entièrement sa flotte pétrolière
(36 navires) au cours des sept ans à venir, de se maintenir parmi les six premières flottes mondiales de pétroliers de
taille moyenne et de prendre le
leadership sur le marché d’Europe du Nord.
[(11)]
Juris Paiders, « Sleser’s Intrigues or Global Processes ?»,
Dienas Bizness, 10 avril 2003.
[(12)]
« Integration Finally Gets Budgeted »,
The Baltic Times, 3-9 avril 2003.