Le Courrier des pays de l'Est
La Doc. française

I.S.B.N.sans
118 pages

p. 4 à 11
doi: en cours

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no 1043 2004/3

L’Union européenne et le Sud-Caucase

Un tournant politique

Michèle Kahn
On ne saurait dire que l’UE ait joué un rôle primordial dans le Sud-Caucase depuis la chute de l’Union soviétique, tout au moins sur le plan politique, car son action dans le domaine économique n’a pas été négligeable, loin s’en faut, que ce soit dans le cadre de l’aide, de l’assistance technique, en particulier dans le secteur des transports, ou des échanges commerciaux. Cette région qui, par son histoire, est étroitement liée depuis la plus haute Antiquité à la culture européenne, ne méritait-elle pas mieux que cette exclusion de fait, qui a perduré jusqu’à la «révolution des roses» de novembre 2003 en Géorgie ? On ne peut certes faire porter la responsabilité de cette situation à la seule Union européenne. La région se caractérise en effet par une accumulation de conflits non résolus (Haut-Karabakh, Abkhazie, Ossétie du Sud), une faiblesse endémique des Etats, minés par une corruption omniprésente et, en outre, par une résistance manifeste à mettre en place la coopération régionale. Les bonnes volontés peuvent également être découragées par la présence sur le terrain d’une multitude d’acteurs extérieurs, qu’il s’agisse d’organismes internationaux (Otan, OSCE, Onu), d’institutions financières (FMI, Banque mondiale), de puissances aux intérêts souvent divergents, comme les Etats-Unis et la Russie, sans compter les deux grands voisins que sont la Turquie et l’Iran. L’avenir montrera si l’Union européenne réussira à jouer un rôle de premier plan dans une région dont deux des pays sur trois (l’Arménie et la Géorgie) se déclarent officiellement candidats à l’adhésion. It cannot be said that the EU has had an essential role in the South Caucasus since the collapse of the Soviet Union, at least not from a political standpoint, as its action in the economic domain has been far from negligible both in terms of aid and technical assistance, especially in the transport sector, and in commercial exchanges. Yet did not this region, which has had very close links with the European culture throughout its history dating back to very ancient times, deserve better that this de facto exclusion, which lasted until the ‘Roses Revolution’of November 2003 in Georgia ? Evidently the European Union cannot be held solely responsible for this situation. The region is characterised by an accumulation of unresolved conflicts (Upper Karabakh, Abkhazia, South Ossetia), by an endemic weakness of the States, which are undermined by omnipresent corruption and, furthermore, by a manifest resistance to regional cooperation. Those willing to get involved may also be discouraged by the ontheground presence of a great many external actors, be they international organizations (NATO, OSCE, UN), financial institutions (IMF, World Bank), major powers with often very different interests, such as the United States and Russia, as well as the two large neighbouring countries of Turkey and Iran. The future alone will tell whether the European Union will succeed in playing an important role in a region in which two of the three countries (Armenia and Georgia) have officially declared themselves as candidates for European membership.
• Le Sud-Caucase hier et aujourd’hui
— ● Est-ce une région ?
— ● Après l’éclatement de l’URSS
• La politique de l’UE au Sud-Caucase
— ● La présence de l’Union européenne et des pays membres
— ● Trop-plein d’acteurs internationaux et blocages européens
• L’évolution de la réflexion au sein de l’UE
• Signalé par la rédaction


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