Le Courrier des pays de l'Est
La Doc. française

I.S.B.N.sans
118 pages

p. 3 à 3
doi: en cours

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no 1043 2004/3

2004 Le Courrier des Pays de l’Est

Recomposition régionale et nouvelles alliances

Avant-propos

L'élargissement du 1er mai 2004 a en quelque sorte rendu plus proches de l'Union européenne les trois pays qui composent le Sud-Caucase. Désormais incluse dans la politique de Nouveau voisinage, cette région n'en demeure pas moins une zone de conflits non résolus, qu'ils dressent deux Etats l'un contre l'autre (l'Arménie et l'Azerbaïdjan à propos du Haut-Karabakh) ou menacent l'intégrité d'un territoire (Abkhazie et Ossétie du Sud contre le pouvoir central géorgien), avec pour conséquence d'entraver le développement économique et de favoriser les trafics en tous genres.
Depuis l'éclatement de l'URSS, de nombreux acteurs extérieurs, aux motivations diverses, interviennent au Sud-Caucase : des organisations internationales œuvrant pour la résolution des conflits (Onu et OSCE), pour l'assistance militaire (Otan) ou pour l'instauration de la bonne gouvernance et l'amélioration de la situation des droits de l'homme, comme le Conseil de l'Europe, dont les trois pays sont d'ailleurs membres, des institutions financières (FMI, Banque mondiale, Berd), des ONG ou encore des Etats.
L'ancienne puissance tutélaire, la Russie, détient ainsi un véritable monopole énergétique en Arménie et en Géorgie. Elle est par ailleurs le principal allié de l'Arménie sur le plan militaire.
Mais, en dépit de son désir de maintenir son influence dans la région, Moscou ne s'est guère soucié des minorités russes installées, pour certaines de très longue date, au Sud-Caucase et dont le nombre se réduit comme peau de chagrin. Les intérêts des Etats-Unis, centrés dans un premier temps sur les hydrocarbures, les sociétés pétrolières américaines jouant un rôle majeur dans l'exploitation du pétrole et du gaz azerbaïdjanais, se sont en partie déplacés après le 11 Septembre 2001 vers la lutte antiterroriste. Ils coïncident en cela avec ceux de la Russie, inquiète de la situation sur sa frontière avec la Géorgie qu'elle soupçonne de laxisme à l'égard des combattants tchétchènes. Par contre, les positions des deux pays sur l'évacuation des hydrocarbures de la Caspienne sont divergentes : Moscou défend un projet d'oléoduc qui aboutirait au port russe de Novorossiïsk, alors que Washington penche pour le tracé du BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan). Il ne faut pas non plus négliger l'influence des deux grandes puissances régionales que sont la Turquie et l'Iran, la première étant alliée de l'Azerbaïdjan et principal partenaire commercial de la Géorgie et le second développant ses relations avec l'Arménie, au grand dam des Etats-Unis.
Pont entre l'Europe et l'Asie pendant des siècles, à la fois culturel et économique (la route de la soie, ressuscitée par le projet Traceca de l'UE), le Sud-Caucase sera-t-il à même de se réapproprier ce rôle aujourd'hui ?
La réponse à cette question réside avant tout dans sa capacité à surmonter ses vieux démons, qui ont nom division, mais aussi corruption…
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