Le Courrier des pays de l'Est
La Doc. française

I.S.B.N.sans
296 pages

p. 174 à 195
doi: en cours

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République tchèque 2004-2005

n° 1050 2005/4

La fin d’un cycle

Jaroslav Blaha
2004 et 2005 pourraient être qualifiées chacune d’«annus horribilis» ou d’avoir connu le «niveau zéro» en politique intérieure. Trois gouvernements d’une même coalition (sociauxdémocrates, chrétiens-démocrates et libéraux) ont dû être remaniés, en grande partie du fait de dissensions au sein même de la socialdémocratie, à la suite d’échecs électoraux, mais aussi dans la coalition, les chrétiens-démocrates étant tentés de répondre à l’appel de l’opposition conservatrice (ODS), grand vainqueur des élections régionales de 2004, et ne pardonnant rien au pouvoir en place. De son côté, le chef de l’Etat, V. Klaus, toujours président d’honneur de ce parti, n’a rien fait pour calmer le jeu, gardant l’espoir de la mise en place d’un régime présidentiel (ou semi). Cette difficile cohabitation a été avérée lors des débats sur le traité constitutionnel européen, avec des membres du gouvernement favorables au «oui» et un Président affichant ouvertement son euroscepticisme et partisan du «non». En cette 15e année de régime démocratique dans les Pays tchèques, les interrogations n’ont pas manqué sur l’état de la société, notamment la corruption et l’immigration, les relations entre l’Etat et les Eglises, sur le passé proche et lointain. Les crises politiques successives, qui ont gelé les grands dossiers sur les réformes des retraites et de la santé, n’ont cependant pas ralenti la marche de l’économie, dont les résultats sont plus que satisfaisants, avec notamment une nette amélioration du commerce extérieur, la fin des grandes restructurations, une baisse du chômage, une faible inflation et une monnaie forte. Les seules ombres au tableau sont les déficits publics chroniques et l’apparition palpable d’une pauvreté, jusque-là «invisible». 2004 and 2005 could each be considered an «annus horribilis» or the «degree zero» of domestic politics. Three governments of the same coalition (social democrats, Christian democrats and liberals) had to be reshuffled, largely because of divisions within the Social Democratic Party, after its electoral losses, but also within the coalition, as the Christian democrats were tempted to answer the call of the conservative opposition (ODS), the big winner of the 2004 regional elections, with little sympathy for the parties in power. As for the head of state, V. Klaus, still honorary president of this party, did nothing to calm things down, hoping for the establishment of a presidential (or semi-presidential) regime. This difficult cohabitation was evident during the debates on the European constitutional treaty with government members favorable to the «yes» and the President openly expressing his Euro-scepticism and in favour of the «no». In this 15th year of Czech democracy, the state of the nation is being questioned, in particular with regard to corruption and immigration, relations between the government and the churches, as well as the near and distant past. Successive political crises which have frozen largescale pension and health reform projects have, however, not slowed down economic progress, as results are more than satisfactory, with, in particular, a clear improvement in foreign trade, the end of the large restructurations, a drop in unemployment, low inflation and strong currency. The only downsides are the chronic public deficits and the visible appearance of what was previous «invisible», poverty.
• Une coalition abonnée aux crises
— ● Nouvelle déroute des sociaux-démocrates aux élections régionales de novembre 2004
— ● Fin de crise
• La société s’interroge sur son passé
• Les défis pour l’avenir
— ● Démographie, logement et immigration
— ● Corruption et moeurs politiques
• Première année dans l’Union
— ● La campagne anti-européenne du Président...
— ●... face à une société et un gouvernement pro-européens
• Politique étrangère
— ● Un allié respectueux de ses engagements
— ● Russie et CEI : l’ingérence « humanitaire » remplace la politique
• Une économie florissante
— ● Stabilité du secteur de l’armement
— ● Les dernières grandes privatisations
• Une société de plus en plus inégalitaire
• Sélection bibliographique


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