Le Courrier des pays de l'Est
La Doc. française

I.S.B.N.sans
296 pages

p. 18 à 33
doi: en cours

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Bosnie-Herzégovine 2004-2005

n° 1050 2005/4

Une vie politique chaotique

Michel Roux
L’année 2004 avait commencé sous le signe de l’espoir, avec le symbole que fut la réunification de Mostar en une seule municipalité, grâce aux efforts du Haut Représentant de l’Onu, Paddy Ashdown. La généralisation de ce processus à tout le pays est malheureusement loin d’être atteinte, ce qui a poussé l’Otan en juin 2004 à refuser la candidature du pays au Partenariat pour la paix. Le processus de réformes, tant sur le plan politique qu’économique, a tendance à s’enrayer. Certes, le pays a enregistré une croissance importante, en particulier dans le secteur industriel (13,2 % en 2004), l’augmentation globale du PIB étant estimée à 4 %, mais dans le même temps, le taux de chômage augmentait de 5 %, en raison de l’amélioration de la productivité, atteignant les 38,7 %. Sous la pression internationale, la République serbe a commencé à coopérer avec le TPIY, mais les principaux criminels, Radovan Karadzic et Ratko Mladic, sont toujours en fuite. En dépit d’une attitude parfois ambiguë de la Serbie-et-Monténégro, il faut saluer le geste du président Boris Tadic, qui a assisté aux cérémonies du l0e anniversaire du massacre de Srebrenica le 11 juillet 2005. Les dirigeants bosniaques, pour leur part, n’hésitent pas à livrer des criminels de guerre. Mais la cohabitation des trois communautés, serbe, croate et bosniaque, est toujours empreinte de défiance et les élections municipales du 2 octobre 2004 ont confirmé la prééminence des partis nationalistes. 2004 began positively in Bosnia-Herzegovina with the symbolic reunification of Mostar into one municipality, through the efforts of the UN High Representative, Paddy Ashdown. The extension of this process to the entire country is, unfortunately, far from complete, obliging NATO to refuse the country’s Partnership for Peace candidacy in June 2004. The political as well as economic reform process tends to be coming to a halt. Of course, the country has shown substantial growth, particularly in the industrial sector (13.2 % in 2004), with an estimated global GDP increase (4 %) but, concurrently, after an increase in productivity, unemployment rose by 5 % and has reached 38.7 %. Under international pressure, the Serbian Republic has begun to cooperate with the ICTY but the main criminals, Radovan Karadzic and Ratko Mladic, are still at large. Despite the often ambiguous positions of Serbia-and-Montenegro, the gesture of Boris Tadic, who took part in the July 11,2005 commemorations of the 10th Anniversary of the Srebrenica massacre, should be acknowledged. The Bosnian leaders, for their part, do not hesitate in handing over war criminals. The cohabitation of the three communities, Serb, Croatian and Bosnian, is still marked by mistrust and the October 2,2004 local elections confirmed the pre-eminence of the nationalist parties.
• Le Haut Représentant et la République serbe : une partie de bras de fer
• Les réformes en cours
• Economie : croissance de l’activité mais aussi du chômage
• TPIY : la République serbe cède du terrain
• Des relations ambiguës avec la Serbie-et-Monténégro
• Tensions politiques et sociales
• Sélection bibliographique


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