Slovaquie 2004-2005 Des réformes contre vents et marées
Jaroslav Blaha
Le gouvernement de coalition de
centre droit a engagé depuis
2002 des réformes radicales et
procédé à une cure d’austérité. A
la moitié de son mandat, en
2004, M. Dzurinda, pourtant en
minorité au Parlement, était toujours décidé à les poursuivre,
malgré des dissensions au sein
de la coalition et une menace
d’élections législatives anticipées ; il dut néanmoins en différer certaines. A l’automne
2005 auront en effet lieu des
élections régionales et municipales, suivies des législatives mi-2006. Les succès économiques
obtenus, reconnus par les milieux
d’affaires et les organisations
internationales, sont certains. En
effet, si le stock des investissements étrangers était de 2,1 milliards de dollars en 1998, fin
2004, il était de 11,5 milliards.
Les conditions d’accueil sont en
effet très bonnes : aides gouvernementales, allant même au-delà
des attentes, main-d’œuvre qualifiée peu onéreuse, législation
sociale minimale. La quasi-tota-lité du secteur public, à l’exception des forêts domaniales,
dernière «poule aux œufs d’or»,
a été privatisée. Ce tableau optimiste doit cependant être tempéré.
La Slovaquie manque d’infrastructures et d’une politique
régionale un tant soit peu volontariste, face aux grandes disparités régionales. A cet égard, une
aide est attendue de l’UE, au
travers des fonds structurels.
L’assainissement des finances
publiques n’est pas sans provoquer
des tensions, dans les services à
la population, tels la santé, les
transports, l’éducation, alors que
la décentralisation est pour
l’heure réduite à des transferts de
charges, et sans ressources suffisantes. Le parti Smer-Démocratie
sociale, ayant réussi à unifier la
gauche, pourrait bien, dans ces
conditions, être le vainqueur du
scrutin de 2006, à condition de
trouver un allié solide, chose peu
fréquente dans la politique
slovaque.
Since 2002, the center-right
coalition government has carried
out radical reforms and an austerity program. In 2004, halfway
through his term of office,
M. Dzurinda, in the parliamentary minority, was determined to
continue them, despite divisions
within the coalition and the
threat of early legislative elections ; he was, nevertheless obliged to renege on some of them.
In the fall of 2005, regional and
municipal elections will take
place, followed by the mid-2006
legislative elections. The business
community and international
organizations have recognized
the country’s economic success.
While foreign investments
reached 2.1 billion dollars in
1998, these were at 11.5 billion
at the end of 2004. Incentives are
very good : government aid
extending even beyond demand,
an inexpensive skilled workforce, minimal social legislation.
Nearly all of the public sector,
with the exception of the national forests, the last «goose with
the golden eggs», was privatized. Yet, optimism must be
qualified. Slovakia lacks infrastructures and its regional policy
is not particularly voluntarist
with regard to its sharp regional
disparities. To this end, aid is
expected from EU structural
funds. The rehabilitation of
public finances has caused
tension in social services, such
as health, transport, and education, while decentralization can
be reduced to cost transfer, all of
which could result in changing
the political majority. The
SMER − Social Democracy
Party, which has succeeded in
unifying the leftist spectrum,
could be the winner of the 2006
elections, on the condition that it
finds a solid ally, something
rather rare in Slovak politics.
• Plans de bataille avant
les échéances électorales
• Relations de bon
voisinage et atlantisme
affirmé
• Economie toujours
au beau fixe
— ● Agriculture : premières
armes dans la PAC
— ● Investissements étrangers :
louanges et questionnements
— ● Les privatisations :
dernière ligne droite
• Social : le revers
des expérimentations
réformistes
• Sélection bibliographique