Slovénie 2004-2005 Virage politique
Hugues Sachter
Au terme de treize années de
pouvoir sans discontinuité, le
ténor de la scène politique
slovène, le parti Démocratie
libérale, a dû céder la place au
Parti démocrate, à l’issue des
élections législatives du 4 octobre
2004. S’appuyant sur une coalition
de centre droit réunissant
quatre formations, menée par le
très charismatique Janez Jansa,
«père» de l’indépendance slovène,
le nouveau gouvernement a pour
tâche de préparer la Slovénie à
mieux affronter une donne économique
en complète redéfinition
sur le plan mondial comme
européen. La nouvelle loi sur les
investissements étrangers de
juillet 2004 devrait y contribuer.
Certes, le pays dispose de solides
atouts : une bonne santé économique comme en témoignent le
taux de croissance (4,9 %, le
meilleur depuis 2000) et les autres
indicateurs fondamentaux, qu’il
s’agisse de l’inflation, de l’ampleur
modérée des déficits budgétaire
et commercial, un niveau
de vie le plus élevé des nouveaux
pays membres, dopé, en 2004,
par une nouvelle augmentation
de la consommation. Capable de
tirer le meilleur parti de sa position
géographique et de son
appartenance passée à la Fédération
yougoslave, la Slovénie
entretient des relations étroites,
pas uniquement économiques,
avec les pays successeurs de
l’ex-Yougoslavie, mais qui restent
parfois délicates avec la Croatie.
Déployant dans les institutions
européennes une activité remarquée
(présidence de l’OSCE en
2005, portefeuille du Commissariat
européen chargé de la
Science et de la Recherche,
entrée dans le MCE II en juin
2004), ce nouvel Etat membre
de l’UE doit trouver un second
souffle, ce qui implique de s’attaquer
à certaines rigidités structurelles
de son appareil de
production, une adaptation
impérative, dont le consensus
social, propre à ce pays démographiquement
vieillissant, risque
de faire les frais.
With the October 4, 2004 legislatives,
and after thirteen years
of continual power, the leader of
the Slovene political scene, the
Liberal Democracy of Slovenia
party, has ceded its place to the
Democratic Party. Based on a
center-right coalition of four
groups under the leadership of
the very charismatic Jenez
Jansa, «father» of Slovene independence,
the new government
set about to prepare Slovenia to
deal better with the economic
reality and its complete redefinition
on the world and European
scene. The new law on foreign
investments of July 2004 should
contribute to this. Of course, the
country enjoys solid advantages :
good economic health as shown
by its growth rate (4.9 %, the
best since 2000), and other fundamental
indicators, such as
inflation, the moderate budget
and trade deficits, and a standard
of living higher than that of the
new member states, boosted in
2004 by a new increase in consumption.
Capable of using its
geographic location to best
advantage and its past membership
in the Yugoslav Federation,
Slovenia has maintained close,
and not only economic, relations
with the countries of the ex-
Yugoslavia, although these
remain at times delicate with
Croatia. Playing a remarkable
role in European institutions
(2005 OSCE presidency, the
post of European Commissioner
for Science and Research, entry
into ERM II in June 2004), this
new EU member State should
gain new impetus, meaning that
it will have to battle some structural
rigidity in its production
apparatus, a requisite adaptation,
for which social consensus in
this demographically ageing
country might have to pay the
price.
• Une première véritable
alternance
• Une politique étrangère
au service de l’expansion
économique
• Une envolée économique
menacée à terme
• Les multiples implications
de l’adhésion à l’UE
• Une économie largement
ouverte sur l’extérieur
• Sélection bibliographique