Le Courrier des pays de l'Est
La Doc. française

I.S.B.N.sans
296 pages

p. 68 à 82
doi: en cours

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Estonie 2004-2005

n° 1050 2005/4

Y a-t-il un pilote dans l’avion ?

Antoine Chalvin
L’Estonie connaît une instabilité politique chronique due au grand nombre de partis politiques et à leurs difficultés à former des coalitions stables, avec pour résultat, au second semestre de 2004 et dans les premiers mois de 2005, une succession de crises gouvernementales. Toutes les coalitions au pouvoir ayant pratiqué une politique libérale, les dépenses sociales ont été sacrifiées et sont parmi les plus faibles d’Europe (16 % du PIB), en particulier pour le système de santé, alors que l’épidémie de Sida est des plus préoccupantes. En politique étrangère, les relations avec la Russie demeurent tendues, en dépit de la signature du traité de délimitation des frontières terrestres. En effet, Moscou refuse toujours de reconnaître le fait de l’occupation soviétique, ce qui a entraîné l’absence du Président estonien aux cérémonies du 60e anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie. L’économie estonienne connaît toujours une forte croissance (6,2 %), tirée par la demande intérieure. La progression des investissements nationaux a également été élevée (+ 6,9 %) et l’adhésion à l’UE a stimulé les échanges extérieurs (+ 16,3 %). Le chômage est en baisse et les revenus des ménages ont augmenté en moyenne de 8,6 % en 2004. Cependant, l’Estonie a connu un brusque rebond de l’inflation (+ 3 %) consécutif aux changements dans la politique fiscale et commerciale. Par ailleurs, l’obligation de liquider, sous peine d’amende, les stocks excédentaires de sucre, dus aux achats de précaution à la veille de l’adhésion, a donné un goût un peu amer à celle-ci. With its large number of political parties and their difficulties in forming stable coalitions, Estonia has experienced chronic political instability, which resulted in a succession of government crises from the second half of 2004 to the first months of 2005. All of the coalitions in power practised liberal policies, sacrificing social expenditures, among the lowest in Europe (16 % of the GDP), particularly within healthcare despite a serious AIDS epidemic. As concerns foreign policy, relations with Russia remain tense, despite the signature of the Border Agreement. Moscow still refuses to recognize the Soviet occupation, which resulted in the absence of the Estonian president at the 60th anniversary of the victory over Nazi Germany. The Estonian economy is still enjoying strong growth (6.2 %) bolstered by domestic demand. There has been a substantial increase in domestic investments (+ 6.9 % while EU membership has stimulated foreign trade (+16.3%). Unemployment is down and household income increased on an average of 8.6 % in 2004. Estonia did, however, experience a sharp rise in inflation (+ 3 %) subsequent to changes in fiscal and trading policies. Moreover, the obligation to reduce the sugar surplus, arising from precautionary purchases on the eve of membership, with the imposition of fines, has left a bitter aftertaste.
• Des jeux politiques de plus en plus embrouillés
• La politique sociale toujours sacrifiée sur l’autel du libéralisme
• Une croissance économique solide
— ● Le commerce extérieur stimulé par l’adhésion à l’Union européenne
— ● Le chômage toujours en lente diminution
— ● Brusque rebond de l’inflation
• L’amertume du sucre européen
• La mémoire historique et les relations avec la Russie
• Sélection bibliographique*


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