Le Courrier des pays de l'Est 2005/4
Le Courrier des pays de l'Est
2005/4 (n° 1050)
296 pages
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République tchèque 2004-2005

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AuteurJaroslav Blaha du même auteur

La Documentation française. Manuscrit clos en juillet 2005

La scène politique a vu se succéder en 2004 et début 2005 une série de crises gouvernementales : chute de Vladimir Spidla, remplacé par Stanislav Gross qui ne restera en fonction que sept mois, pour laisser la place à Jiri Paroubek. Les sociaux-démocrates qui dirigent une coalition de centre droit, composée de chrétiens-démocrates et de libéraux, continuent de connaître de graves dissensions internes, alimentées entre autres par des appréciations différentes des réformes sociales à engager et par les déroutes électorales qu’ils ont subies, d’abord aux élections européennes, en juin 2004, puis régionales et sénatoriales partielles de novembre.

2 Cette situation, confinant parfois à l’absurde au vu de certaines méthodes de gestion de crise, a permis au président Vaclav Klaus, appartenant à l’opposition, de se positionner sur l’échiquier politique et de sortir du rôle que lui réserve la Constitution, avec le secret espoir de parvenir à provoquer des élections législatives anticipées, dont aurait pu sortir vainqueur le Parti démocrate civique. Tel ne fut pas le cas, la coalition ayant survécu à ces différents remous. Toutes ces péripéties ont eu pour résultat de repousser, sans doute aux mois qui suivront les élections législatives de juin 2006, les grandes réformes « de l’Etatprovidence » : celles des finances publiques et du système des retraites. Nonobstant, l’économie tchèque a réalisé des performances économiques au-delà des attentes, les industries manufacturières, en grande partie aux mains des firmes étrangères et orientées vers l’exportation, ont tourné à plein régime, profitant de l’intégration du pays à l’Union européenne. Aussi le déficit du commerce extérieur a-t-il été sensiblement réduit, notamment au début de 2005. Dans le domaine des investissementsétrangers, qui continuent à affluer, les autorités, considérant que le « réarmement technologique » est désormais accompli, souhaitent les voir s’implanter dans des régions structurellement affaiblies par la transition. Certaines restructurations engagées depuis le milieu des années 1990 dans la métallurgie et les charbonnages ont été achevées avec succès, dans un climat social relativement serein, ponctué tout au plus par quelques mécontentements sectoriels.

Une coalition abonnée aux crises

3 En juin 2004, alors que la démission du Premier ministre, Vladimir Spidla, contesté par la « jeune garde » de sa formation, le Parti social-démocrate (CSSD), devenait inéluctable, plusieurs scénarios étaient envisageables : maintenir la coalition formée par les sociaux-démocrates, les chrétiensdémocrates du KDU-CSL et l’Union pour la liberté (US-DEU), dont le principal point d’accord est le refus de toute collaboration avec le Parti communiste, former un gouvernement minoritaire, sans cette dernière, ou se résoudre à organiser des élections législatives anticipées, comme le souhaitait le principal parti d’opposition, le Parti démocrate civique (ODS), dont le président « d’honneur » est le chef de l’Etat, Vaclav Klaus. Ce fut la première option qui fut choisie. La décision de nommer le Premier ministre appartenant au président de la République, ce dernier avait ainsi l’opportunité, pour la première fois depuis 2003, date de son entrée au « Château », de peser sur l’échiquier politique. Alors que V. Spidla, déjà pressenti pour occuper d’autres fonctions, à la Chambre des députés ou à Bruxelles, continuait d’expédier les affaires courantes, Stanislav Gross, ministre de l’Intérieur, se voyait confier la tâche de constituer une nouvelle équipe. Pour sortir de la crise, nombre d’observateurs misaient alors sur des élections législatives anticipées et sur la victoire des conservateurs et des partis anti-européens, qui avaient remporté les élections européennes de la mijuin[1] [1] Radio Prague, RFI et La libre Belgique, 29 juin 2004 ;...
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. Le nouveau gouvernement, faible, dans la mesure où la coalition dont il est issu ne dispose au Parlement que de 101 voix sur 200, même conduit par un bon « communicant » en la personne du jeune S. Gross (35 ans), membre du CSSD, ne pourra résister aux coups de boutoir des conservateurs et des communistes, ni à ceux venus des partis mêmes de la coalition. Avec la fin du gouvernement Spidla, la vie politique tchèque entrait ainsi dans une phase confuse : les trois partis de la coalition au pouvoir avaient été battus aux élections européennes et l’un d’entre eux, l’Union pour la liberté (US-DEU), était au seuil d’une mort politique.

4 Au cours des cinq semaines de tractations qui furent nécessaires pour former une nouvelle équipe gouvernementale, la presse s’interrogea soudain sur les véritables raisons du départ de V. Spidla, réputé incorruptible, qualifié de « monsieur Propre » et d’homme du consensus, et dont le mandat a été marqué par l’entrée de la République tchèque dans l’UE et par l’achèvement de la transition post-communiste. Sa principale « faiblesse » aurait-elle été d’avoir voulu affronter ses opposants, au lieu de les éviter ? Son successeur, S. Gross, bénéficiait paradoxalement d’une aura nettement moins flatteuse : celle d’un « tombeur de Spidla », au « regard vague et à la langue de bois bien pendue »[2] [2] « Ce n’est pas seulement la social-démocratie qui a...
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5 Sa situation était, en outre, assez délicate, puisque, d’une part, il allait avoir besoin du soutien des communistes, et que, d’autre part, il était pris dans une course de vitesse avec le chef de l’Etat, Vaclav Klaus, qui, escomptant son échec à former un gouvernement dans le délai de six semaines fixé par la Constitution, envisageait de confier cette mission à Miroslav Topolanek, chef de l’ODS.

6 Finalement, le 30 juillet 2004, la coalition concluait un accord sur un programme minimum, malgré d’importantes divergences sur les mesures d’assainissement des finances publiques.

7 Les sociaux-démocrates cédaient par ailleurs aux chrétiens-démocrates un ministère clé, celui des Affaires étrangères. Le 20 août, le gouvernement de S. Gross était investi par le Parlement.

Nouvelle déroute des sociaux-démocrates aux élections régionales de novembre 2004

8 Les élections régionales et sénatoriales partielles vont être l’occasion d’un nouvel affrontement entre la coalition et l’opposition. La Conférence nationale de l’ODS (octobre 2004) a déclaré une « guerre totale » au Premier ministre.

9 Certaines unités d’élite de la police (S. Gross était ministre de l’Intérieur dans le gouvernement précédent) sont traitées de « grosstapo », et le vote pour les sociaux-démocrates est stigmatisé comme un « retour vers la normalisation d’avant 1989 ». Aux élections régionales des 5 et 6 novembre 2004, l’ODS remporte une victoire écrasante et seuls les chrétiens-démocrates réussissent à sauvegarder leur fief de Moravie du Sud. Pourtant, S. Gross se félicite de ce que le CSSD ait accru son audience de 6 % par rapport aux élections européennes, certains membres de ce parti n’en réclamant pas moins sa démission.

10 Le gouvernement de S. Gross aura gouverné sereinement à peine plus de deux mois. En février 2005, alors que ce dernier est en visite officielle en France, Miroslav Kalousek, leader du KDU-CSL, l’une des composantes de la coalition, pose la question de l’origine des fonds lui ayant permis d’acheter un appartement, et accuse sa femme d’être associée à une personne soupçonnée de fraude fiscale et propriétaire d’une maison close. Il demande donc la démission du Premier ministre et, pour la première fois, les chrétiensdémocrates évoquent, de concert avec l’ODS, l’éventualité d’élections législatives anticipées[3] [3] Pendant ce grand « déballage » médiatique, Stanislav...
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. Vaclav Klaus fait mine de résoudre la crise, mais a toujours les mêmes arrière-pensées... Fin mars, les ministres chrétiens-démocrates annoncent leur décision de quitter le gouvernement. Une motion de censure est alors déposée par l’ODS, rejetée en raison de l’abstention des 44 députés communistes, à la suite de quoi plusieurs ministres, libéraux et sociauxdémocrates, menacent à leur tour de démissionner, soupçonnant S. Gross d’avoir « acheté » le refus de voter des communistes. S. Gross est prêt à tenter l’aventure d’un gouvernement minoritaire.

11 Pour cela, il faut que le président Klaus accepte la démission des ministres concernés, ce que ce dernier refuse après de nombreuses tergiversations[4] [4] Le gouvernement ne peut tomber qu’à la suite d’une...
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12 S. Gross est ainsi à la tête d’une équipe, dont certains membres refusent de collaborer avec lui, mais qui, pour autant, ne peuvent abandonner leur portefeuille. Dès lors, le blocage institutionnel est total.

13 Entre temps, lors du Congrès du CSSD, réuni fin mars 2005, S. Gross a été réélu à la tête de ce parti au bord de la rupture, et malgré toutes les critiques dont il fait l’objet de la part de la vieille garde, qui le taxe « de moderniste, d’européen, de blairiste », face à Zdenek Skromach, homme d’appareil et numéro deux influent. En contre-partie, il a été contraint de quitter ses fonctions à la tête du gouvernement le 24 avril[5] [5] L’aile gauche, formée de partisans de M. Zeman, a constitué...
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Fin de crise

14 Le 25 avril 2005, Jiri Paroubek, exministre de l’Aménagement du territoire, est nommé Premier ministre et il ne dispose que d’un peu plus d’un an, avant les élections législatives de juin 2006, pour faire ses preuves[6] [6] Conseiller municipal de Prague jusqu’en 2004, puis ministre. ...
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. Son programme, soutenu par la coalition qui s’est engagée à rester unie lors des votes au Parlement, et notamment de celui des chapitres du buget 2006 concernant son financement, est globalement le même que celui de son prédécesseur. Toutefois, il met l’accent sur le soutien aux PME, sur la nécessité de procéder à la réforme des retraites, si souvent repoussée, et à la baisse du taux de l’impôt sur les revenus bas et moyens, et, enfin, sur la loi régissant les conflits d’intérêts et la faillite. Trois semaines après sa nomination, le 13 mai 2005, J. Paroubek engage sa responsabilité sur ce programme que les partis d’opposition qualifient de « bêtisier », tout en se déclarant prêts à coopérer sur certains points. Il obtient la confiance de 101 députés sur les 200 présents à cette séance.

La société s’interroge sur son passé

15 Réunis le 17 novembre 2004, date anniversaire de la révolution de velours, à l’appel de l’association « Oui à l’Europe », historiens, politologues, politiciens et autres personnalités, parmi lesquelles l’ancien président V. Havel, se sont interrogés sur l’évolution de la société durant les années post-communistes. Est-elle devenue apathique, comme incitent à le penser les forts taux d’abstention aux élections ? Fallait-il interdire le Parti communiste au lendemain de la « révolution de velours » ? Quel regard jeter sur le passé communiste et ses acteurs, sachant qu’il faut faire un distinguo entre « les cadres communistes possédant un savoir-faire qu’aucune loi ne pourrait leur enlever », et les biens du Parti ainsi que les crimes commis en son nom.

16 La veille, lors d’un débat public, les propos du secrétaire du Parti communiste et député, M. Grebenicek, évoquant la « criminalisation des communistes encore en vie », avaient conduit des députés de l’opposition et V. Havel à quitter la salle. Début février 2005, une pétition était lancée pour soutenir l’initiative de quelques sénateurs souhaitant modifier le Code pénal en vue d’interdire la diffusion des symboles et de l’idéologie communistes, à l’instar des dispositions existant pour les emblèmes néo-nazis. L’ancien dissident Petr Uhl, incarcéré durant dix ans sous le régime communiste, s’y est opposé, estimant qu’un parti qui recueille 20 % des voix est en droit de revendiquer une légitimité et que l’interdire serait absurde. Par ailleurs, le gouvernement s’est engagé, début novembre 2004, à verser, en 2005, l’équivalent de 9 millions d’euros, pour indemniser les anciens prisonniers politiques des années 1950-1960 encore vivants.

17 Un autre indice du rapport de la société au passé est donné par le concours, en mars 2005, en vue de la désignation « du plus grand Tchèque de tous les temps », organisé par la chaîne publique de la télévision tchèque et la BBC. Est arrivé devant les grandes icônes nationales (Charles IV, Coménius, Masaryk, Havel...) un très célèbre personnage de fiction, Jara Cimrman[7] [7] Selon ses concepteurs, J. Cimrman serait à l’origine...
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. Ce choix ayant été écarté, car la compétition concernait exclusivement des personnages ayant réellement existé, c’est l’empereur Charles IV qui l’emporta.

18 Un autre sujet d’interrogation concerne les relations entre l’Etat et l’Eglise catholique, dans un pays considéré comme le plus athée d’Europe, où moins d’un tiers de la population se déclare croyante, toutes confessions confondues. Conscient de cette désaffection, Jean-Paul II avait classé, dès 1995, les Pays tchèques parmi les « terres de mission ». Néanmoins, certains hommes au pouvoir ne manquent pas de s’afficher lors de cérémonies religieuses : le président V. Klaus, membre de l’Eglise hussite, ainsi que son épouse, ont participé au « pélerinage national » (le 5 juillet) des catholiques à Velehrad et le Premier ministre, J. Paroubek, a assisté à une messe en mémoire de Jan Hus (le 6 juillet). Entre l’Etat et l’Eglise, qui tentent, depuis 15 ans, de régler définitivement le problème du financement des cultes et celui lié à la restitution du patrimoine confisqué, une pause a été observée en 2004. Mais en juin 2005, sociauxdémocrates et communistes votaient un amendement à la loi sur les Eglises, modifiant la gestion des œuvres de charité et des diaconats, qui porterait atteinte, selon les chrétiens-démocrates, à leurs droits constitutionnels. Mais pour le ministre de la Culture, Pavel Dostal, soutenu à cette occasion par V. Klaus, le principe est clair : les Eglises doivent se conformer aux normes juridiques. Par ailleurs, Cyril Svoboda, ministre des Affaires étrangères, s’est déclaré très sceptique quant à la possibilité de conclure le traité entre l’Etat tchèque et le Vatican, que ce dernier propose depuis plus d’une décennie[8] [8] Si la mort du pape fut l’occasion pour la presse d’ouvrir...
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19 Soixante ans après l’expulsion des Allemands des « Sudètes », sujet tabou sous le régime communiste, puis, après la chute de ce dernier, manipulé à des fins partisanes, des ressentiments persistent. D’un côté, il est demandé la reconnaissance des crimes commis envers les Allemands des « Sudètes » lors de cette « épuration ethnique », qui aurait fait, selon les historiens tchèques et allemands, de 20000 à 30 000 victimes, alors que de l’autre côté les actes perpétrés lors des « transferts sauvages » de 1945 continuent à être seulement qualifiés d’excès ou d’abus, sinon justifiés par des circonstances historiques nées du nazisme. Chaque année, au mois de mai, lors du rassemblement des associations d’expulsés, le ministreprésident bavarois, E. Stoiber, tient des propos qui irritent Prague, car il demande, ni plus ni moins, une révision de la carte de l’Europe d’après 1945 et l’abrogation des décrets Benes, ces derniers étant, selon V. Klaus et bien d’autres hommes politiques, intangibles. Sur cette toile de fond fort noire, quelques gestes de conciliation ont été tentés de part et d’autre. Ainsi, J. Paroubek, peu après sa nomination au poste de Premier ministre, a annoncé au chancelier W. Schussel, lors de sa visite en Autriche, qu’il était favorable à une déclaration sur les Allemands ayant combattu le nazisme, qui serait confirmée par le Parlement tchèque, et qui serait commune à la Slovaquie, la Slovénie et la Pologne.

20 Cette initiative inattendue et qualifiée de courageuse, pourrait participer à éliminer « les démons de la révision », en honorant, même tardivement, ces opposants au nazisme[9] [9] Le quotidien Pravo, sous le titre « Que devons-nous aux...
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21 D’autre part, les associations représentant les Allemands des « Sudètes » ont créé la surprise en juillet 2005, en rendant hommage, pour la première fois, aux victimes du nazisme, à l’occasion de la visite par l’un de leur porte-parole, J. Böhm, des lieux « martyrs » pour ses anciens compatriotes (la commune de Lidice, rasée en 1942, puis le camp de concentration de Terezin).

Les défis pour l’avenir

22 Le Centre pour les stratégies sociales (Université Charles) a publié, en octobre 2004, un rapport sur l’état de la société et son devenir. Avec une faible natalité et une tendance générale au vieillissement, la population tchèque menace de se réduire à peau de chagrin si une véritable politique familiale n’est pas mise en oeuvre. La population immigrée pourrait compenser ce manque, mais son intégration achoppe sur le repli sur soi des Tchèques et leur aversion pour les étrangers. La principale richesse, la « qualité du potentiel humain », restant sous-utilisée, le rapport invite à soutenir l’éducation, la recherche et la création.

23 Mais encore faudrait-il une vision politique et la volonté de combattre la corruption, l’économie souterraine et la prostitution.

Démographie, logement et immigration

24 En 2004, pour la première fois depuis neuf ans, le chiffre de la population en République tchèque a cessé de chuter ;

25 bien plus, il s’est accru de 1 000 personnes. Cette évolution n’était pas le fait d’une reprise de la natalité (94 000 naissances en 2003), mais de l’arrivée de nouveaux migrants (près de 26 000 en 2003). Cependant, le viellissement de la population se poursuit. Les enfants de moins de 15 ans, qui représentaient 20 % de la population au début des années 1990, n’étaient plus que 15 % en 2003. La cohorte des femmes nées dans les années 1970 « viellira et il n’existe pas de relève » : avec 1,18 enfant par femme, le renouvellement est loin d’être assuré. L’infertilité qui touche déjà 15 % des couples s’accroît, notamment chez la population masculine[10] [10] Les médecins de 18 établissements spécialisés ont lancé...
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. A cela s’ajoute une crise aiguë du logement, ce qui, à l’évidence freine la nuptialité. Il est prévu d’encourager la construction de logements en coopérative, qui était très développée durant la période communiste : 700 000 appartements de ce type ont ainsi été mis en service. A l’automne 2004, J. Paroubek, alors ministre de l’Aménagement du territoire, lançait un programme de construction de 4 000 appartements par an à compter de juillet 2005, à destination des couches défavorisées et des classes moyennes pour lesquelles l’achat d’un logement dans le parc privé est devenu inabordable[11] [11] Il compte sur un financement à hauteur de 20 % de...
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. Un autre programme de 40 000 logements est en cours depuis 2004, mêlant subventions de l’Etat, prêts aidés et contributions individuelles[12] [12] En mars 2005, des propriétaires avaient porté plainte...
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26 Le projet gouvernemental, lancé en 2003, portant sur l’intégration d’au moins 25 000 étrangers par an devrait permettre de remédier au déficit démographique et au manque de main-d’œuvre qualifiée. Après les Bulgares, les Croates et les Kazakhstanais, les Moldaves et les Biélorusses sont invités à venir travailler en République tchèque depuis l’automne 2004, les Canadiens depuis juillet 2005 et ce sera le tour des Ukrainiens en 2006. Cette liste pourrait encore s’allonger dans cinq ans, avec la mise en œuvre d’une nouvelle politique de l’immigration.

Corruption et moeurs politiques

27 D’après le rapport 2004 sur la perception de la corruption de l’ONG Transparency International, le pays se situerait à la 51e place avec un indice de 4,2 sur 10, contre 3,9 en 2003. Parmi les vingt-cinq Etats membres de l’UE, seules la Slovaquie, la Pologne et la Lettonie ont un plus mauvais résultat. La corruption est monnaie courante dans les services publics, les travaux publics, la justice, la police et les milieux politiques.

28 Parmi les mesures pour la combattre, figure la loi élaborée par le gouvernement Gross (août 2004) sur la déclaration de leur patrimoine par les fonctionnaires et autres agents de l’Etat.

29 Elle s’appliquera à environ 35 000 personnes, y compris à leur conjoint, aux membres du gouvernement, aux élus et aux juges. Le ministre de l’Intérieur, F. Bublan, souhaiterait étendre la portée de cette loi aux comptes bancaires.

30 D’autres mesures ont été prises à l’automne 2004 pour lutter contre l’afflux des contrefaçons et pour resserrer le contrôle sur les jeux. Le pays reste néamoins davantage un lieu de passage que de production. Ainsi, un cinquième des saisies mondiales de contrefaçons de vêtements de la marque Nike ont été effectuées en Bohême et en Moravie.

31 La corruption n’épargne pas les députés.

32 L’« affaire Koristka » a éclaté en été 2004, avant le vote de confiance au gouvernement de S. Gross. Un député de l’Union pour la liberté (composante de la coalition gouvernementale qui n’avait alors qu’une voix de majorité à la Chambre) a été contacté par des personnes proches du parti de l’opposition, l’ODS, qui lui ont proposé 10 millions de couronnes (environ 340 000 euros) en échange de son vote. Soumis au détecteur de mensonges, il a livré à la police les noms de deux proches collaborateurs du leader de l’ODS.

33 Cette affaire a été lourde de conséquences : le directeur des services de police a été sévèrement critiqué, pour les méthodes employées, par les juges et par le président Klaus, lequel a exigé sa révocation. Malgré ce climat délétère, une loi a été votée à la quasi-una-nimité en décembre sur l’immunité parlementaire à vie.

34 D’autres craignent, non sans raison, que la police procède à certaines vérifications dans les comptes des « nouveaux riches ». D’après une étude (Capgemini avec la banque Merril Lynch, 2004), on comptait en 2003 en République tchèque près de 11 000 millionnaires en dollars, leur nombre ayant augmenté de 12 % par rapport à 2002, le pays se situant pour cet accroissement au sixième rang parmi les 68 pays couverts par l’étude. Mais, en réalité, ils sont probablement plus nombreux, puisque les fortunes placées dans les paradis fiscaux ne sont pas prises en compte[13] [13] Pour la réalisation de cette étude, dont les données...
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35 La prolifération des casinos est une autre source d’inquiétude. Aujourd’hui, on dénombre 151 de ces établissements, soit 1,48 pour 100 000 habitants, chiffre nettement supérieur à celui enregistré en Suisse (0,35). Dans la capitale, c’est autour des salles de jeux que se développent les activités des clans mafieux[14] [14] J. Eichler, de l’Institut pragois des relations internationales,...
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. Depuis longtemps interdite, la prostitution a fleuri malgré tout. Après plusieurs années d’atermoiements, une loi a été adoptée en juillet 2005 : enregistrement des femmes exerçant cette activité, assujetissement à l’impôt, interdiction d’exercer aux alentours des écoles, etc. Les amendes, y compris pour les clients, peuvent atteindre 15 000 couronnes, soit 500 euros. Le projet a été combattu, notamment par les chrétiens-démocrates et par la majorité des conservateurs, ces derniers accusant l’Etat de se transformer en « proxénète ». Mais le plus préoccupant est l’essor de la prostitution enfantine dans les régions frontalières avec l’Allemagne[15] [15] Cf. C. Schauer « Kinder auf dem Strich » (Les enfants...
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Première année dans l’Union

La campagne anti-européenne du Président...

36 Les sociaux-démocrates et le Parti démocrate civique (ODS) ont du mal à trouver un langage commun en ce qui concerne l’Union européenne. On le vit bien dans le débat sur la ratification du traité constitutionnel européen (TCE) et dans les réactions aux « non » français et néerlandais. Est-il bon aujourd’hui pour l’image du pays, que les deux principales figures tchèques, Jiri Paroubek et Vaclav Klaus, divergent aussi fondementalement sur un thème aussi capital ?

37 Vaclav Klaus avait démarré « sa » campagne contre le traité dès l’automne 2004 : en octobre, il fut le seul des 25 chefs d’Etat à ne pas s’être déplacé à Rome pour la signature de la Constitution européenne, puis en mars 2005, depuis le fameux café pragois « Slavia », jadis fief des intellectuels et des dissidents, il déclara que l’Union européenne était un Etat sans nation, qui bafoue la démocratie et la souveraineté des pays membres. La crise politique interne lui offrant des « ouvertures », il redoubla ses critiques, même lors de déplacements officiels à l’étranger. Mais J. Paroubek, une fois confirmé à son poste, lui rappela que, selon la Constitution, c’est au gouvernement de mener la politique étrangère et de s’exprimer à son sujet. En juin, ce dernier fit distribuer 50 000 exemplaires du traité constitutionnel aux citoyens, dans l’espoir de donner un élan au débat national sur le thème européen.

38 Au même moment, V. Klaus précisait son idée d’Organisation des Etats européens (OEE), qui remplacerait l’Union européenne et à laquelle pourraient participer des pays comme la Turquie, le Maroc et le Kazakhstan. Il admettait qu’un document constitutionnel était nécessaire « pour satisfaire les fédéralistes », mais celui-ci devrait ignorer « une partie importante de ce qui a été fait au cours des vingt dernières années »[16] [16] Pour lui, « les tendances à l’unification, l’harmonisation...
suite
. Le gouvernement s’est prononcé en faveur d’une ratification du traité constitutionnel par voie référendaire, la consultation pouvant avoir lieu en juin 2006, en même temps que les élections législatives, ce que Vaclav Klaus a refusé, craignant que ces dernières ne court-circuitent le débat tout juste engagé.

... face à une société et un gouvernement pro-européens

39 La population est-elle euro-optimiste ou euro-pessimiste ? A la veille de l’adhésion (mai 2004), les Tchèques craignaient des hausses des prix, une baisse de leur niveau de vie, une montée du chômage ou encore l’arrivée en masse de ressortissants étrangers. Ces craintes ne s’étant pas vérifiées, la République tchèque enregistre, avec la Slovénie, le taux de satisfaction le plus élevé de tous les nouveaux Etats membres.

40 Au printemps de 2005, la moitié des Tchèques attribuaient leur prospérité à l’adhésion, soit 11 % de plus qu’en 2004. Mais dans la mesure où ils sont plutôt négatifs en ce qui concerne les institutions européennes, le vote des Français et des Néerlandais n’a fait qu’augmenter le nombre des sceptiques.

41 Ainsi, seuls 44 % des Tchèques interrogés, s’ils étaient consultés aujourd’hui, approuveraient le TCE. En janvier 2005, lors du vote de ce texte par le Parlement européen, 16 députés tchèques sur 24 ont dit « non », accentuant encore un peu plus l’image du Tchèque « eurosceptique ».

42 En 2004, le gouvernement a pris la décision de soutenir l’ouverture de négociations de l’UE avec la Turquie, contre l’avis de certains euro-députés.

43 Par contre, alors que Cuba a décidé de rétablir des relations diplomatiques, gelées depuis l’été 2004, avec plusieurs pays de l’UE, ses rapports avec Prague restent tendus. En effet, la République tchèque s’oppose catégoriquement, avec la Slovaquie, la Pologne et les Pays-Bas à tout assouplissement des sanctions à l’encontre de l’île, adoptées en juin 2004, et est à la pointe du mouvement de défense des dissidents cubains.

44 Sur plusieurs autres dossiers la position des Tchèques s’est avérée plus difficile à justifier, à commencer par celui concernant le projet de réforme radicale du régime communautaire du sucre : le ministre tchèque de l’Agriculture, Jaroslav Palas, s’est, avec d’autres, élevé contre le mode de calcul des quotas, dont la mise en place risque d’entraîner le triplement du prix de ce produit. Par ailleurs, avec ce nouveau système, d’exportateur traditionnel de sucre, depuis l’époque où il faisait partie de l’empire austro-hongrois, le pays deviendrait importateur. Dans un autre domaine, les Tchèques ont demandé à l’UE, en mai 2005, que des mesures de protection soient prises en faveur de leur industrie textile. Depuis la levée des quotas européens en janvier, 50000 emplois seraient menacés, alors que des dizaines de milliers ont déjà été détruits dans les années 1990.

45 Prague a, par ailleurs, fait des concessions sur la libéralisation des services en mars 2005, face à l’exigence de la France et de l’Allemagne que soit combattu le « dumping social ». Malgré les déclarations de M. Jahn, ministre de l’Economie (« Nous avons rejoint l’UE pour des raisons économiques, pour faire partie d’un grand marché libéralisé »), finalement les Tchèques ont accepté que la « directive Bolkestein » soit renvoyée devant la Commission.

46 Après le sommet de Bruxelles de juin 2005, l’ambiance à Prague était à la décéption. Le Premier ministre J. Paroubek, qui est resté optimiste quant à l’adoption d’un budget jusqu’à la dernière minute, a finalement dû constater que « l’Union européenne n’avait pas digéré son élargissement ».

Politique étrangère

Un allié respectueux de ses engagements

47 Les missions effectuées dans le cadre de l’Otan (Afghanistan, Kosovo) ainsi que l’aide de la République tchèque à l’Irak se sont poursuivies. Dans ce dernier pays, les 80 policiers ont été relevés fin 2004, signifiant ainsi que la participation tchèque à la coalition américano-britannique était prolongée, contrairement aux engagements pris au sommet de l’Otan d’Istanbul de juin 2004, selon lesquels, après les élections en Irak début 2005, seul le personnel médical devait rester sur place, la formation des policiers étant assurée sur le territoire tchèque. Les deux Chambres du Parlement ont par ailleurs voté une loi sur l’abolition des sanctions économiques contre l’Irak.

48 En ce qui concerne la participation à la reconstruction de ce pays, qui ne s’est pas concrétisée en 2003, en raison notamment des blocages de la part des entreprises américaines, les premières commandes sont arrivées en décembre 2004 (2,3 millions d’euros), portant sur le traitement des eaux, la remise en état des sites d’extraction de pétrole, la réparation des dégâts écologiques et la restauration du patrimoine en Mésopotamie. La signature d’un contrat pour la reconstruction partielle de la raffinerie de Bassora (équipée par la Tchécoslovaquie) était prévue pour janvier 2005.

49 Parmi les entreprises tchèques qui cherchent à obtenir un marché en Irak, figurent le constructeur de motos Jawa (usine de réparation), Tesla (diffusion télévisuelle et radiophonique), Inekon (réparation de locomotives) et Sigma (matériels de pompage).

50 Depuis l’arrivée de V. Klaus à la présidence, les relations avec l’administration Bush étaient plutôt distantes, du fait de son opposition à la guerre en Irak, et la nouvelle secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice, n’avait pas très bonne presse en République tchèque[17] [17] Condoleezza Rice, élève de Joseph Korbel, diplomate tchécoslovaque...
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51 Elles semblent s’être réchauffées en mars 2005 : V. Klaus, en visite privée aux Etats-Unis, a été convié, de manière inattendue, à la Maison-Blanche pour un entretien avec son homologue américain.

Russie et CEI : l’ingérence « humanitaire » remplace la politique

52 Avec une centaine d’autres personnalités européennes et américaines, l’ancien président Vaclav Havel a adressé, en septembre 2004, une lettre aux chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’UE et de l’Otan. Ils y exprimaient leur inquiétude quant à l’état de la démocratie dans la Russie de Vladimir Poutine. Le ton était vif et les critiques acerbes : à propos de l’utilisation de la tragédie de Beslan, de l’instauration d’un régime autoritaire, de la réthorique militariste et impérialiste, et du mépris des engagements pris vis-à-vis de la communauté internationale. Le style de la lettre n’était pas celui de V. Havel, mais ce n’est pas la première fois qu’il appose sa signature au bas d’un document rédigé par d’autres plumes. En tout cas, V. Klaus a désapprouvé cette missive. Après la tragédie de Beslan, la République tchèque avait aussitôt proposé d’accueillir les familles des victimes dans la ville thermale de Karlovy Vary pour qu’elles puissent s’y reposer. De son côté, V. Klaus s’était illustré en critiquant la décoration remise par V. Poutine, à l’occasion de la célébration de la victoire sur le nazisme le 9 mai à Moscou, à W. Jaruzelski (général-Président polonais et ancien combattant) qui, pour lui, reste avant tout un symbole de l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie (le général était alors ministre de la Défense). Ses propos ont été particulièrement appréciés par les journalistes polonais, qui avaient ainsi de quoi alimenter la polémique provoquée dans leur pays par la remise de cette médaille. Pour autant, V. Klaus n’est pas allé jusqu’à boycotter les commémorations de mai, comme ses homologues de deux pays baltes.

53 Les élections en Ukraine ont été suivies de très près, non seulement par les hommes politiques, mais aussi par des ONG tchèques qui se sont rendues à Kiev. Une forte mobilisation a réuni les Ukrainiens résidant dans les Pays tchèques. Ils ont voté à une écrasante majorité pour le candidat de l’opposition et organisé pendant des semaines des manifestations devant l’ambassade d’Ukraine. En 2005, V. Klaus y a effectué une visite d’Etat au cours de laquelle il s’est entretenu avec Viktor Iouchtchenko de la relance de la coopération bilatérale et de la situation des immigrés ukrainiens dans les Pays tchèques.

54 En octobre 2004, Vaclav Klaus a envoyé une lettre à son homologue biélorusse, Alexander Loukachenko, dans laquelle il se déclarait préoccupé par le déroulement des dernières élections législatives et du référendum sur l’amendement de la Constitution.

55 Toutefois la manifestation à Prague, organisée par l’Union des Biélorusses à l’étranger, eut peu de retentissements. Reçus par P. Pithart, président du Sénat, les manifestants réclamaient que les autorités tchèques suspendent les relations économiques et commerciales avec Minsk et que les personnalités proches du pouvoir biélorusse se voient refuser le visa d’entrée dans la République. La diplomatie tchèque (avec les ONG comme auxiliaires) accorde une attention particulière à ce pays, de même qu’à Cuba, la Corée du Nord et la Birmanie (Myanmar), dont le chef du gouvernement en exil est venu chercher, en 2004, l’appui de Prague, pour qu’il plaide auprès de l’UE un renforcement des sanctions contre la junte militaire birmane.

Une économie florissante

56 Avec 4,4 %, la croissance a dépassé, en 2004, les prévisions (4 %). Un tel score n’avait pas été obtenu depuis 1995, mais, à l’époque, il s’accompagnait d’une forte inflation et d’un important déficit commercial, deux handicaps aujourd’hui en grande partie surmontés.

57 Mais surtout, ce qui est un signe de bonne santé, la croissance est due essentiellement à la production industrielle (+ 5,7 % d’avril 2004 à avril 2005), qui est elle-même tirée par les investissements et les exportations. Les carnets de commandes des entreprises, nationales ou étrangères (ces dernières assurent désormais 50 % de la production industrielle et 70 % des exportations) permettent de tabler sur une augmentation de la production de 4,3 % pour 2005, destinée pour près de 70 % à l’exportation.

58 La structure par produits du commerce extérieur de la République tchèque n’a guère varié. Al’exportation, les postes des machines et des matériels de transport ont maintenu leur position en tête de peloton, suivis par les produits chimiques et intermédiaires. En revanche, vu la flambée des prix, les importations de combustibles n’ont pu être réduites.

59 Le pays a dégagé un excédent de 25,1 milliards de couronnes (environ 854 millions d’euros) avec les pays de l’UE, mais un déficit de 20 milliards de couronnes (680 millions d’euros) avec le reste du monde. Pour les quatre premiers mois de 2005, l’excédent de la balance commerciale a été de 24,5 milliards de couronnes (834 millions d’euros), les exportations ayant progressé à un rythme plus rapide que les importations (respectivement + 12,7 % et + 6,0 %). Cette évolution atteste manifestement du fait que « la phase de la transition, se caractérisant par des importations importantes, est terminée et que les technologies installées permettent désormais d’exporter ce qui est demandé à l’étranger »[18] [18] Industrie et commerce tchèques, 2005, n° 4. ...
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. Si les craintes de voir les investisseurs étrangers s’implanter plus à l’Est ne sont plus de mise, les autorités souhaiteraient qu’une part plus grande des bénéfices réalisés par les entreprises étrangères soit réinvestie dans le pays.

60 Or, la tendance ne semble pas aller dans ce sens : en 2004, ont été rapatriés 1,5 milliard d’euros de profits, soit deux fois plus qu’en 2003[19] [19] Financial Times, 1er novembre 2004. ...
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Principaux indicateurs économiques de la République tchèque en 1997-2004 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 PIB (variation en %) - 0,8 - 1,0 0,5 3,9 2,6 1,5 3,1 4,0(1) Production industrielle (variation en %) 0,1 2,8 - 0,4 5,1 6,8 4,8 5,8 nd Production agricole (variation en %) - 1,5 - 1,8 2,3 - 4,5 2,5 - 4,4 0,0 nd Dépenses de consommation des ménages (variation en %) 2,4 - 1,8 1,9 2,9 2,8 2,7 4,9 3,0(2) Formation brute de capital fixe (variation en %) - 3,4 - 1,1 - 3,5 4,9 5,4 3,4 4,8 10,0(2) Taux de chômage (en % des actifs, en décembre) 5,2 7,5 9,4 8,8 8,9 7,3 7,8 8,4(3) Indice des prix à la consommation (moyenne annuelle, %) 8,5 10,6 2,1 4,0 4,7 1,8 0,2 3,2(1) Solde budgétaire (en % du PIB) - 2,7 - 4,2 - 3,4 - 4,5 - 6,5 - 6,4 - 13,0 - 5,7(1) Exportations de marchandises (en millions de dollars) 22 359 25 853 26 265 29 052 33 378 38 319 48 599 51 000(1) Importations de marchandises (en millions de dollars) 27 252 28 456 28 167 32 183 36 446 40 497 51 058 53 400(1) Balance commerciale (en millions de dollars) - 4 893 - 2 603 - 1 902 - 3 131 - 3 068 - 2 178 - 2 459 - 2 400(1) Balance des transactions courantes (en % du PIB) - 6,1 - 2,4 - 3,0 - 5,3 - 5,4 - 5,6 - 6,2 - 4,2(2) Dette extérieure brute (en % du PIB) 41 44 43 42 37 35 30 35,8(4) Investissements directs étrangers nets (en millions de dollars) 1 275 3 591 6 234 4 943 5 476 8 276 2 351 5 000(1) (1) Estimation (2) Janvier-juin (3) Janvier-septembre (4) Fin juin. Sources : Commission économique pour l’Europe (Onu), Economic Survey of Europe, 2005, n° 1 et années antérieures ; Berd, Transition Report 2004.
Les relations France - République tchèque
Le commerce entre les deux pays s’est accru, en 2004, de 12,6 %. Etaient placés en tête des exportations françaises les produits de l’industrie automobile (19,7 % du total), les produits chimiques et plastiques (17,6 %), les équipements mécaniques (12,2 %), les produits pharmaceutiques de parfumerie (7,6 %); bien que moins importantes, les ventes de bateaux, avions, trains et motos ont pratiquement doublé. Les importations sont principalement composées par les produits de l’automobile (21,7 % du total), les équipements mécaniques (12,3 %), les produits chimiques (10 %), et les métaux et produits métalliques (8,2 %). Les importations d’équipements du foyer continuent également de croître.
En octobre 2004, Dominique Bussereau, alors secrétaire d’Etat au Budget et à la Réforme budgétaire, en visite à Prague, a tenu à rectifier les propos quelque peu abrupts tenus un mois auparavant par Nicolas Sarkozy, selon lesquels les nouveaux membres pratiquant une faible imposition, de façon à inciter les délocalisations, ne devraient pas avoir droit aux Fonds structurels, en donnant pour exemple l’usine Toyota-PSA-Citroën de Kolin. Celle-ci, qui permet à la France de se placer au troisième rang parmi les investisseurs étrangers en République tchèque, a démarré son activité en mars 2005, l’objectif étant de produire 300 000 véhicules par an. Par ailleurs, la compagnie aérienne nationale, CSA, a commandé à Airbus six A319 et six A320, tandis que deux sociétés tchèques, Inter Informatics et Letov, participent à la fabrication de l’A380.
Au bout de quinze ans, le bilan du jumelage franco-tchèque s’avère relativement satisfaisant : entre 50 et 70 communes tchèques et moraves sont impliquées dans cette opération et leur nombre augmente régulièrement, mais, du côté français, l’enthousiasme est plus modéré qu’au début des années 1990. L’intérêt pour le français en République tchèque va croissant : en dix ans, le nombre d’élèves étudiant cette langue dans l’enseignement secondaire et supérieur a augmenté de 28 %.
Avec l’entrée du pays dans l’UE, la connaissance du français représente aussi un atout sur le marché du travail, dans la mesure où elle constitue un critère de sélection à l’embauche pour les entreprises françaises installées dans le pays.
C’est dans ce sens qu’œuvre le salon « Etudier en France », organisé, pour la deuxième fois en 2005, par l’ambassade en liaison avec des universités françaises et l’Ecole supérieure des études techniques de Prague. Dans un tout autre domaine, l’aide efficace apportée par les pompiers tchèques lors des inondations qui ont frappé Arles en 2003 devrait déboucher sur l’achat par la France de systèmes de pompage.

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Les échanges France – République tchèque, 2002-2004 (millions d’euros) 2002 2003 2004 Exportations (fob) 2 079,3 2 129,4 2 294,0 Importations (cif) 1 722,3 1 734,0 2 055,8 Solde + 357,0 + 395,4 + 238,2 Source : Douanes françaises

61 Le dynamisme de l’activité n’a cependant que peu d’effets bénéfiques sur l’emploi, le taux de chômage se situant toujours entre 9,1 et 8,9 % vers la fin de 2004. Le gouvernement, ayant pris conscience que les investisseurs étrangers ne souhaitaient pas s’installer dans les régions du pays où la proportion de sans emploi frôle ou dépasse les 20 %, a instauré dans treize districts différentes mesures fiscales en leur faveur. Un autre projet spécifique à la région d’Usti (Bohême du Nord), et financé partiellement par l’UE, a également été lancé. Il vise à attirer des firmes dont le profil correspond au tissu industriel existant.

62 L’année 2004 a également vu disparaître bien des entreprises dont le nombre, selon les chiffres de l’Office des statistiques, aurait diminué de 26 000 entre juin 2003 et juin 2004, pour désormais se stabiliser autour de 800 000. Ce « dégraissage » touche tout particulièrement les entreprises unipersonnelles et les travailleurs indépendants des secteurs du bâtiment et du commerce, contraints de jeter l’éponge du fait de l’introduction d’un impôt sur les revenus des entrepreneurs indépendants sans salarié et du relèvement de la cotisation pour l’assurance maladie obligatoire.

Stabilité du secteur de l’armement

63 Selon le premier rapport, publié par le ministère des Affaires étrangères en décembre 2004, sur les exportations de matériel militaire tchèque, dans lesquelles l’aéronautique se taille la part du lion, celles-ci s’élevaient à cette date à 2,4 milliards de couronnes (soit 83 millions d’euros), enregistrant une légère amélioration par rapport à l’année précédente. Si ce commerce représente une activité lucrative pour la République tchèque, les défaillances du contrôle exercé sur celui-ci et l’approvisionnement avéré de pays aux régimes peu recommandables lui ont valu des critiques virulentes de la part des organisations internationales.

64 Dans ce secteur, l’événement de 2004 fut le retrait de Boeing de la société Aero, pour deux couronnes (soit six centimes d’euro), le montant versé par l’Etat tchèque pour les 35,29 % que détenait Boeing depuis 1997, alors que le groupe américain réclamait plus de 30 millions de dollars, soit la totalité de la somme versée lors de sa prise de participation. Un arrangement a été trouvé pour éviter un recours devant un tribunal d’arbitrage international : Boeing renonçait à ses prétentions financières, tandis que l’Etat tchèque reprenait à sa charge l’intégralité des dettes d’Aero. Prague reprochait au groupe américain de ne pas avoir assuré la promotion à l’étranger de l’avion de combat subsonique L-159 ALCA, construit par la société tchèque, comme il l’avait promis, et d’avoir entravé la rénovation d’appareils plus anciens en arrêtant la production de leurs pièces de rechange. Une fois Boeing parti, de nouveaux contrats ont été conclus.

65 Un autre dossier sensible consistait dans l’achat de 1 000 camions pour rééquiper l’armée. En mai 2004, alors que les sociétés DAF, MAN, Iveco, Renault Trucks et Daimler/Chrysler étaient déjà sur les rangs, le gouvernement annonçait qu’il ne procéderait pas à un appel d’offres. Avec l’arrivée de K. Kühnl au poste de ministre de la Défense en août 2004, le traitement du dossier a été accéléré et le marché a été confié à la firme Tatra, fournisseur historique de l’armée tchèque. Le consortium tchéco-allemand EM Policka-Daimler/Chrysler envisage de porter l’affaire devant la Commission de Bruxelles[20] [20] Le consortium pourrait fonder sa plainte sur le fait que...
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Les dernières grandes privatisations

66 La vente définitive, à la fin de 2004, des charbonnages OKD (Mines d’Ostrava-Karvina) à Karbon Invest a marqué l’achèvement des restructurations dans ce secteur qui est en déclin depuis 1989, sans toutefois être déficitaire ou en voie de liquidation. Cette entreprise, qui est la plus grande de Moravie du Nord, produisant 11 millions de tonnes de charbon, employant 17 000 salariés et réalisant un bénéfice annuel de 2 milliards de couronnes (soit 70 millions d’euros), est détenue depuis la fin des années 1990 pour plus de 50 % par Karbon Invest. Or, ce dernier vient d’être racheté par RPG Industries, société financière de droit chypriote, constituée à cette seule fin, et qui sert d’écran à celle détenue par Zdenek Bakala, un multimilliardaire tchèque.

67 L’aciérie de Nova Hut a été cédée en 2002 au groupe néerlandais LNM Holding. Restait à régler une dette de cette nouvelle filiale de 20 milliards de couronnes (soit 680 millions d’euros).

68 Son principal créancier, la Société financière internationale (groupe Banque mondiale), ayant, avec d’autres, menacé l’entreprise de la mettre en liquidation judiciaire, LNM s’est engagé à rembourser le principal de la dette. En échange de quoi, le plan social, proposé pour 2004 par Nova Hut, portait sur la réduction des effectifs de 2 000 personnes sur un total de 10 800 (le salaire moyen, de 23 000 couronnes par mois, soit 783 euros, y est bien supérieur à la moyenne nationale) et offrait de 16 à 25 mois de salaire à ceux qui décidaient de quitter l’entreprise avant novembre 2004. Le coût de l’opération s’est élevé à environ 620 millions de couronnes (21 millions d’euros), mais n’a accru que de 0,5 % le taux de chômage dans la région, qui est de 17 %. Ainsi, 1 759 personnes avaient annoncé leur départ en novembre 2004, nombre d’entre elles ayant, d’ailleurs, été embauchées par l’autre grande aciérie morave, les Fonderies Vitkovice[21] [21] Radio Prague, 19 novembre 2004. ...
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69 Le gouvernement Gross a décidé, en décembre 2004, de vendre la part de 51 % encore détenue par l’Etat dans l’opérateur Cesky Telecom (CT) qui a le monopole de la téléphonie fixe et possède une division de téléphonie mobile, Eurotel. Mais devait-il proposer l’affaire à un seul repreneur ou organiser un appel d’offres ou encore vendre une partie des actions sur le marché financier ? De nombreux groupes européens soumissionnèrent, dont France Telecom, mais ce fut l’opérateur espagnol Telefonica qui l’emporta en mars 2005 en faisant une offre de plus de 82 milliards de couronnes (soit 2,8 milliards d’euros), supérieure à celle de ses rivaux.

Une société de plus en plus inégalitaire

70 Stanislav Gross et son gouvernement ont dû affronter le mécontentement des fonctionnaires. Il avait, en tant que ministre de l’Intérieur, proposé de relever les traitements des salariés de la police et des instituteurs (respectivement de 8 000 et de 2 000 couronnes, soit 272 et 68 euros), les autres catégories devant se contenter de 1 000 couronnes (34 euros) tout au plus. Les employés du secteur public de la santé, de leur côté, ont vu leur salaire réel diminuer pour la première fois depuis 1998. Les syndicats ont dénoncé ces hausses différenciées et revendiquent un minimum de 7 % pour tous. Mais, en dehors des augmentations programmées dans la police et l’enseignement primaire, le budget pour 2005 limite les augmentations à 4 %[22] [22] Le barème des salaires moyens de certains fonctionnaires...
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. Par ailleurs, il est prévu de réduire les effectifs dans la police : selon un audit, ils seraient 6 000 dans cette institution à occuper des postes pour lesquels ils n’ont pas la formation exigée.

71 Le 1er avril 2005, quelque 12000 salariés de Skoda Auto (groupe Volkswagen) ont organisé une manifestation, suivie d’une grève d’une heure, pour protester contre la politique des salaires. Des négociations entre la direction et les syndicats avaient échoué, ces derniers n’ayant obtenu qu’une indexation des salaires sur l’inflation, alors qu’ils réclamaient une augmentation de 10 %. Le salaire mensuel moyen était à Skoda Auto de 23 340 couronnes (794 euros) en 2004, soit un montant nettement supérieur à celui de la rémunération moyenne au niveau national (18 035 couronnes, soit 614 euros).

72 Pour autant, il équivaudrait au tiers seulement du salaire moyen d’un employé de Volkswagen, en Allemagne, selon les syndicats qui n’excluaient pas l’organisation d’une grève illimitée courant 2005.

73 La société tchèque est de plus en plus inégalitaire. D’un côté, les millionnaires constituent de moins en moins une exception, leur nombre s’étant accru de 12 % entre 2002 et 2003. C’est dire si les conditions économiques actuelles leur sont favorables ! Et la proposition d’instaurer un impôt sur la fortune, qui fut avancée par les sociaux-démocrates lors des élections législatives de 2002, est restée lettre morte. De l’autre, près de la moitié des actifs doivent exercer une deuxième activité pour avoir de quoi vivre[23] [23] Pravo, 28 juillet 2005. ...
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et pas moins de 133 000 ménages tchèques, selon l’Institut national des statistiques, disposeraient de 31 000 couronnes par an, soit à peine 1 000 euros (chiffres de 2002).

74 En juin 2005, le quotidien Pravo titrait, triomphant : « la République tchèque est le pays de l’OCDE comptant le moins de pauvres !». Ceux-ci ne seraient que 8 %, mais 17 % se considéreraient comme tels. Comme dans bien d’autres pays, la question de la mesure de la pauvreté est objet de débats. Selon certains commentateurs, celle-ci devrait intégrer la modestie du patrimoine, les conditions matérielles difficiles que connaissent ceux qui résident dans les campagnes et à la périphérie des villes moyennes, le prix excessif de certains biens et services (par exemple, des médicaments, de tous les travaux d’entretien d’une habitation, des transports en commun) et les coûts induits par le fait qu’il existe parfois une distance très grande entre le domicile et le lieu de travail (660 000 personnes doivent effectuer chaque jour plus de 30 kilomètres). Parmi ces pauvres, les Tsiganes-Roms seraient 175000. Leur Parlement, créé en mai 2004, réclame qu’au nom de la discrimination positive, des emplois leur soient réservés dans l’administration. Par ailleurs, il estime que la diminution proposée du minimum vital, de 4 300 couronnes (145 euros) par mois à 2 870 (moins de 100 euros), condamne ceux qui le perçoivent à vivre dans la misère. La population demeure hostile aux Roms et s’oppose, parfois, physiquement à leur « installation en ville », comme l’a montré l’affaire du relogement de 400 d’entre eux, qui avaient été expulsés d’un foyer de Trutnov dans un quartier d’une ville voisine, Rokytnice, en mars 2005.

75 C’est dans ce contexte que la justice tchèque a condamné, pour la première fois, en mars 2005, deux employeurs pour discrimination « ethnique ».

76 Au printemps 2005, une polémique a divisé le pays à propos de l’ancien camp de concentration pour Roms à Lety (Bohême du Sud) (en 1939, ils étaient 6 000 à vivre sur le territoire du Protectorat de Bohême-Moravie et 5 500 ont été déportés vers le camp d’Auschwitz). C’est seulement en 1995 que V. Havel prit la décision de faire construire un monument à Lety commémorant le martyre des Roms, mais celui-ci devait voisiner avec une porcherie industrielle, installée depuis de nombreuses années sur l’emplacement des baraquements. Or, les autorités n’ont rien entrepris en dix ans pour mettre fin à cette malheureuse cohabitation, malgré l’intervention d’éminentes personnalités (comme Gunther Grass et Simon Wiesenthal) et une résolution du Parlement européen (27 avril 2005) appelant la République tchèque à démolir la porcherie. Pour l’eurodéputé communiste tchèque, Miroslav Ransdorf, Lety n’était pas un camp de concentration, mais d’internement. Le chef de l’Etat, Vaclav Klaus, a renchéri dans Lidove noviny (17 mai), déclarant qu’il s’agissait même d’un camp de rééducation par le travail. Les propos du Président tchèque irritèrent nombre de députés du Parlement européen, d’autant que ce dernier s’était déjà illustré, lors du troisième sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres du Conseil de l’Europe (Varsovie, 16 et 17 mai 2005), en s’en prenant aux ONG, les qualifiant de groupes qui tentent d’intervenir dans la vie des gens sans mandat démocratique et qui représentent de nouvelles formes de menaces pour la liberté de l’homme.

77 Selon lui la plus vieille institution européenne devait lutter contre « la post-démocratie, le faux multiculturalisme, le « droitdelhommisme » radical et l’écologisme agressif »[24] [24] Lidové Noviny, 17 mai 2005 ; Radio Prague, 17 et 18...
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Annexe

Annexe

Chronologie

78 2004

79 15 juin
« Jour de la libération fiscale », en avance de quatre jours par rapport à 2003. Ce calcul fictif, initiative des libéraux, détermine le moment à partir duquel les Tchèques pourront travailler, « pour leur propre compte », après paiement des impôts.

80 24 juin
Projet de loi de l’ODS prévoyant le dédommagement des victimes de l’intervention du Pacte de Varsovie en 1968 (72 tués et près de 700 blessés), à hauteur de 600 millions de couronnes. Cette initiative est peu appréciée par les députés communistes et sociauxdémocrates. Le gouvernement reste réservé, voire critique, et selon le ministre de l’Intérieur, Stanislav Gross, « les victimes de l’occupation mériteraient sûrement d’être indemnisées, mais ce n’est pas à nous de le faire, c’est aux coupables ».

81 28-30 juin
La déroute des sociaux-démocrates (CSSD) aux élections européennes des 11 et 12 juin (8,8 % et seulement 2 eurodéputés) provoque une crise, qui entraîne la chute du Premier ministre, Vladimir Spidla. Stanislav Gross est chargé de former un gouvernement.

82 12 juillet
Visite à Prague du nouveau Président slovaque, Ivan Gasparovic, élu en avril 2004. Les deux chefs d’Etat évoquent leur position communément sceptique sur l’intégration européenne et le rôle de leurs pays au sein de l’UE (qualifiée « de mammouth bureaucratique »), ainsi que celui de la Slovaquie, considérée comme une « petite nation ».

83 14 juillet
Selon l’Eurobaromètre, à peine plus de deux Tchèques sur cinq pensent que l’appartenance à l’UE est une « bonne chose ». C’est six points de moins qu’un an plus tôt; 17 %, contre 13 % au printemps 2003, pensent que c’est une « mauvaise chose ». Par ailleurs, 48 % des personnes interrogées sont favorables au traité constitutionnel européen, contre 63 % en moyenne en Europe.

84 16 juillet
● L’achèvement de la mission de formation de centaines de policiers irakiens par 80 militaires tchèques sous commandement britannique est annoncé pour la fin de l’année.
● CEZ, producteur et distributeur d’électricité devient le plus gros investisseur tchèque à l’étranger, en remportant une partie des compagnies régionales de distribution bulgares, pour un montant de 280 millions d’euros.

85 30 juillet
Début des négociations, difficiles, entre les trois leaders des partis de la coalition pour constituer un nouveau gouvernement. L’accord de coalition définitif est signé le 2 août.

86 4 août
Après cinq semaines de négociations, Stanislav Gross (ministre de l’Intérieur) est nommé Premier ministre. Le gouvernement ne connaît aucun remaniement notable, la coalition restant au pouvoir.

87 9 août
Karel Hoffmann (79 ans), ancien dirigeant communiste, accusé d’une action de sabotage commise dans la nuit du 21 août 1968 (lors de l’invasion par les armées du Pacte de Varsovie, il avait fait interrompre les émetteurs radio, qui auraient permis au gouvernement de condamner urbi et orbi l’intervention soviétique) voit rejeter son appel et devra purger une peine de quatre ans de prison.

88 20 août
Déclaration de politique générale du gouvernement de coalition devant la Chambre des députés. S. Gross obtient la confiance des députés.

89 7-8 septembre
Le président Vaclav Klaus, en visite officielle en Grande-Bretagne, rencontre T. Blair. Partisan du libéralisme « à l’anglaise », il est aussi adepte de la vision britannique de l’UE, ce qu’il ne manque pas de souligner une fois de plus à cette occasion.

90 15 septembre
La loi sur la sécurité sociale prévoit une hausse de l’allocation pour les familles qui s’occupent, à domicile, d’un enfant handicapé, soit 5 200 couronnes (175 euros) au lieu de 3 700 (125 euros) pour un enfant, et 9 000 couronnes (305 euros) contre 6 400 (215 euros) pour deux enfants. Le plafond du revenu mensuel, au-dessous duquel l’aide sociale est attribuée passe de 3 500 à 5 800 couronnes (118 et 196 euros).

91 21 septembre
Protestation des agents de l’Etat, notamment dans le secteur de la santé, contre des augmentations de salaires « sélectives » prévues dans le projet de budget 2005 : les policiers se voient proposer 8 000 couronnes de plus (soit 272 euros), les enseignants 2 000 (68 euros) et les autres 1 000 (34 euros).

92 29 septembre
Lettre adressée à l’UE et à l’Otan par plus d’une centaine de personnalités européennes et américaines, dont Vaclav Havel, exprimant de vives inquiétudes quant à l’état de la démocratie en Russie. V. Klaus s’est nettement démarqué de cette initiative.

93 25-26 octobre
Manifestation de Biélorusses devant leur ambassade à Prague et remise d’une lettre au président du Senat, P. Pithart. Dans une lettre, Vaclav Klaus, fait part à son homologue Alexander Loukachenko de ses préoccupations au sujet des élections législatives et du référendum constitutionnel.

94 29 octobre
Signature de la Constitution européenne à Rome, en l’absence du président Vaclav Klaus, selon lequel il s’agit là d’un « non-évé-nement ».

95 3 novembre
● 265 millions de couronnes (9 millions d’euros) sont prévus dans le budget 2005 pour indemniser les prisonniers politiques des années 1950-1960. Leur Confédération y voit un geste généreux, mais non dénué de visées électoralistes. Sur 450 000 personnes concernées, seules 6 000 sont encore en vie.
● De passage à Prague, après un séjour éclair à Budapest, le ministre français de l’Economie et des Finances, N. Sarkozy, reconnaît aux nouveaux pays membres de l’UE le droit de se livrer à la concurrence fiscale, à condition qu’elle soit loyale.

96 5-6 novembre
Elections régionales et sénatoriales partielles. Aux régionales, le Parti démocrate civique (ODS), opposition de droite, arrive en tête avec plus de 36 % des suffrages exprimés, suivi du Parti communiste, opposition de gauche, avec plus de 19 %, devant le Parti social-démocrate, au pouvoir (14 %), de l’Union démocrate-chrétienne/Parti du peuple tchécoslovaque (10%), les autres partis totalisant un peu plus de 19 %. A l’issue du second tour des élections sénétoriales partielles, l’ODS a gagné 18 sièges, les chrétiensdémocrates − 3, les communistes − 1 et le CSSD n’en a obtenu aucun. Cependant, l’ODS n’a pas la majorité absolue au Sénat.

97 17-18 novembre
Quinzième anniversaire de la Révolution de velours. Lors de la cérémonie au Parlement, en présence de V. Havel, le secrétaire du Parti communiste, M. Grebenicek, fustige la « criminalisation de ceux qui sont encore en vie » et « la mode de l’anticommunisme vulgaire (...) jusque dans les manuels scolaires ». V. Havel quitte alors la salle.

98 16 décembre
Adoption du budget 2005, déficitaire de 84 milliards de couronnes (2,8 milliards d’euros), voté par tous les députés des partis de la coalition gouvernementale. C’est le déficit maximum pouvant être accepté, selon B. Sobotka, ministre des Finances.

99 2005

100 3 janvier
Discours présidentiel du Nouvel An : V. Klaus reproche au gouvernement de ne pas aller assez vite sur la voie du rapprochement avec les pays de l’Europe de l’Ouest, appelle à « l’épurement de la vie publique », relève que certaines grandes réformes (finances publiques, santé et retraites) sont en panne et que l’entrée dans l’UE « n’a finalement pas représenté un tournant visible dans nos vies ».

101 5 janvier
Cuba exclut de normaliser ses relations avec la République tchèque, alors que c’est le cas avec plusieurs autres pays européens, à la suite de la décision de l’UE, du 14 décembre 2004, d’assouplir les sanctions. Les Tchèques, avec les Slovaques, les Polonais et les Néerlandais, sont opposés à tout assouplissement.

102 2 février
Projet du gouvernement visant à abaisser le minimum vital de 4 300 couronnes (145 euros) à 2 870 couronnes (à peine 100 euros) et à en durcir les conditions d’attribution.

103 15-16 février
En visite officielle en France, le Premier ministre, S. Gross, est confronté à une crise gouvernementale déclenchée par les chrétiensdémocrates, en raison du financement obscur de l’achat de son appartement et des activités commerciales de sa femme.

104 28 février
Début de la production à l’usine Toyota-Peugeot-Citroën, à Kolin ; l’objectif est de sortir 300 000 véhicules en 2007.

105 8 mars
Première rencontre de travail entre G. W. Bush et V. Klaus, en visite privée pour y présenter son nouveau livre, Sur la voie de la démocratie. Cette rencontre marque un « réchauffement » des relations entre les deux dirigeants, après deux années de brouilles en raison de l’opposition du Président tchèque à la guerre en Irak.

106 21 mars
A la veille du congrès social-démocrate, les chrétiens-démocrates (KDU-CSL), réunis en Conférence nationale, clarifient leur position à l’égard de la coalition gouvernementale : ils réclament la démission du Premier ministre, S. Gross, ou, en cas de refus, des élections anticipées. En cas de fin de non-recevoir, ils quitteront le gouvernement.

107 25-27 mars
Congrès houleux du Parti social-démocrate (CSSD). Stanislav Gross est réélu à sa tête, face à Zdenek Skromach. Il tente de verrouiller l’appareil. Il fixe un objectif : remporter 30 % des suffrages aux élections législatives de 2006.

108 30-31 mars
L’opposition (ODS) dépose une motion de censure. Pour qu’elle soit votée, ils ont besoin des voix des communistes, qui s’abstiendront. Comme ils l’avaient annoncé quelques jours auparavant, les trois ministres chrétiensdémocrates présentent leur démission.

109 1eravril
12 000 employés de Skoda Auto (groupe Volkswagen) manifestent et font une grève d’une heure contre l’indexation insuffisante de leurs salaires sur l’inflation. Le salaire mensuel moyen à Skoda s’élève à 23 340 couronnes (794 euros), la moyenne nationale étant de 18 035 couronnes (614 euros).

110 9 mai
60e anniversaire de la victoire de 1945. Plus de 170 manifestations sont organisées, la principale étant un défilé sur l’esplanade de Letna à Prague en présence d’anciens combattants de l’ex-URSS, de Pologne, des Etats-Unis et de Roumanie. APlzen le défilé a lieu près du monument « Merci l’Amérique » et à Brno, où 1 500 soldats roumains sont morts, en présence de l’ex-roi de Roumanie.

111 13 mai
Après de longs mois, la crise gouvernementale prend fin. Jiri Paroubek a engagé la responsabilité de son gouvernemet et a obtenu la confiance des députés, malgré les réticences de quelques élus de son parti, le CSSD.

112 14-15 juin
Vaclav Klaus effectue une visite d’Etat en Ukraine. Le problème des travailleurs ukrainiens clandestins parmi les 200000 Ukrainiens en République tchèque était au menu des pourparlers avec Viktor Iouchtchenko.

113 22 juin
La Chambre des députés adopte un amendement concernant la loi sur les Eglises. Les chrétiens-démocrates y voient une intervention inadéquate de l’Etat dans les affaires ecclésiastiques.

114 1erjuillet
Le projet pilote, lancé en 2003, ayant pour but de faire venir des travailleurs étrangers qualifiés dans le pays est étendu au Canada. Le tour des Ukrainiens viendra en 2006. Les Bulgares, les Croates, les Kazakhstanais, les Moldaves et les Biélorusses en bénéficient depuis octobre 2004.

115 12 juillet
Le Premier ministre propose « un geste de réconciliation » envers les Allemands qui ont lutté contre le nazisme avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.

Principales formations politiques

116 Coalition gouvernementale
CSSD Parti social-démocrate
US-DEU Union pour la liberté-Union démocratique
KDU/CSL Union démocrate chrétienne/Parti du peuple tchécoslovaque

117 Opposition
ODS Parti démocrate civique
KSCM Parti communiste tchèque et morave
ODAAlliance civique démocratique

Résultats des dernières élections

118 Election présidentielle
Vaclav Klaus a été élu le 28 février 2003 au suffrage indirect par les deux Chambres du Parlement. Il aura fallu trois tours de scrutin (avec à chaque fois trois votes) pour départager les 12 candidats en lice.
Prochaine échéance présidentielle : 2008

119 Elections législatives

 - 

Elections à la Chambre des députés des 14 et 15 juin 2002 Taux de participation : 58 % % des voix Nombre de sièges Parti social-démocrate (CSSD) 30,2 70 Parti démocrate civique (ODS) 24,5 58 Parti communiste tchèque et morave (KSCM) 18,5 41 Coalition (KDU/CSL-US-DEU) 14,3 31 Autres (non représentés) 12,5 0 Total 100,0 200 Note : le seuil d’éligibilité est de 5 % pour un parti politique et de 10 % pour une coalition.
Prochaines élections à la Chambre : 2006
Elections au Sénat des 5 et 6 novembre 2004
Taux de participation : 28,97 % au premier tour, 18,41 % au second
Le tiers des sièges (soit 27 sur un total de 81) est renouvelé tous les deux ans. A l’issue du scrutin de 2004, treize partis politiques étaient représentés. Depuis, des regroupements ont été opérés.

 - 

Composition du Sénat, fin juillet 2005 (nombre de sièges) Nombre de sièges Parti démocrate civique (ODS) 35 Non affiliés 19 Union démocrate chrétienne/ Parti du peuple tchécoslovaque (KDU/CSL) 11 Parti social-démocrate (CSSD) 6 Union pour la liberté-Union démocratique (US-DEU) 4

 - 

Parti communiste tchèque et morave (KSCM) 2 Association des indépendants (SNK) 2 Alliance civique démocratique (ODA) 1 Mouvement des indépendants pour un développement harmonieux des villes et des communes (HNHRM) 1 Total 81 Prochain scrutin partiel : automne 2006
Référendum sur l’adhésion à l’Union européenne : 14 juin 2003
Taux de participation : 55,21 %
« oui » : 77,3 %

120 Elections au Parlement européen des 11 et 12 juin 2004
Taux de participation : 28,3 %

 - 

Formations % des Nombre Affiliation politiques suffrages de sièges Parti démocrate civique (ODS) 30 9 PPE-DE Parti communiste tchèque et morave (KSCM) 20,3 6 GUE/GNL Association des indépendants/ Démocrates chrétiens 11 3 PPE-DE Union démocrate chrétienne/Parti du peuple tchécoslovaque (KDU/CSL) 9,6 2 PPE-DE Parti social-démocrate (CSSD) 8,8 2 PSE Indépendants 8,2 2 1 NI/1 IND-DEM

Composition du gouvernement (juillet 2005)

121

  • Premier ministre : Jiri Paroubek (CSSD)
  • Vice-Premiers ministres :

    • en charge de l’Economie : Martin Jahn (CSSD)
    • en charge du Travail et des Affaires sociales : Zdenek Skromach (CSSD)
    • en charge des Transports et Communications : Milan Simonovsky (KDU-CSL)
    • en charge de la Justice : Pavel Nemec (US-DEU)

  • Ministres :

    • Affaires étrangères : Ciril Svoboda (KDU-CSL)
    • Défense : Karel Kühnl (US-DEU)
    • Intérieur : Frantisek Bublan (sans parti)
    • Finances : Bohuslav Sobotka (CSSD)
    • Industrie et Commerce : Milan Urban (CSSD)
    • Agriculture : Pert Zgarba (CSSD)
    • Environnement : Libor Ambrozek (KDU-CSL)
    • Santé : Milada Emmerova (CSSD)
    • Education, Jeunesse et Sports : Petra Buzkova (CSSD)
    • Culture : Vitezslav Jandak (CSSD)
    • Développement régional : Radko Martinek (CSSD)
    • Technologies de l’information : Dana Berova (sans parti)
    • Sans portefeuille, chargé des affaires législatives : Pavel Zarecky (sans parti)

Bibliographie

Sélection bibliographique

Ouvrages

Blaive (Muriel), Une déstalinisation manquée : Tchécoslovaquie 1956, Editions Complexe, IHTP, CNRS, 2005,281 p.

Fagan (Adam), Environment and Democracy in the Czech Republic : the Environmental Movement in the Transition Process, Edward Elgar, Cheltenham, UK, Northampton, M.A., 2004,196 p.

Mission économique de Prague, Les filiales françaises implantées en République tchèque, UBIFrance, Paris, 2005,74 p.

OCDE, Czech Republic, Collection Ageing and Employment Policies, Paris, 2004,116 p.

Richard (François), Modalités de construction partisane en Europe post-com-muniste, en République tchèque et en Pologne depuis 1989, thèse sous la direction de Georges Mink, Paris 2004,535 p. Travnickova (Ivana), Trafficking in Women : The Czech Republic Perspective (Programme UNOCD/UNICRI), Institute for Criminology and Social Prevention, Prague, 2004,166 p.

Vajdova (Zdenka), « Fusion ou coopération ? La République tchèque aux prises avec l’émiettement communal », in L’élargissement de l’Union européenne : réformes territoriales en Europe centrale et orientale, L’Harmattan, Paris, 2005, pp. 95-104.

Revues

Bazin (Anne), « République tchèque. Les résurgences du passé », in Allemagne-Est. Séquelles du passé et nouvelle architecture des relations (dossier), Le courrier des pays de l’Est, n° 1049, mai-juin 2005, pp. 42-53.

Blaha (Jaroslav), « République tchèque. A plein régime sans visibilité politique », in Europe centrale et orientale 2003-2004. Retrouvailles européennes, Le courrier des pays de l’Est, n° 1044, juillet-août 2004, pp. 168-184.

Courtaux-Kotbi (Gaëlle), « République tchèque », in Tableau de bord des pays d’Europe centrale et orientale, Les études du Ceri, n° 112, décembre 2004, pp. 11-17.

David (Roman), Choi (Suzanne Yuk-Ping), « Victims on Transitional Justice : Lessons from the Reparation of Human Rights Abuses in Czech Republic », Human Rights Quarterly, vol. 27, n° 2, 2005, pp. 392-435.

Devaux (Sandrine), « La défense de l’environnement en République tchèque. Redéfinition de la cause et trajectoire des acteurs », Revue d’études comparatives Est-Ouest, vol. 36, n° 1,2005, pp. 63-92.

Forest (Maxime), Senac-Slawinski (Réjane), « Universalisme versus égalitarisme : contexte et arguments comparés des débats sur la participation politique des femmes en France et en République tchèque », Transitions (Bruxelles), vol. 44, n° 1,2004, pp. 59-78.

Lequesne (Christian), Perrotino (Michel), « Les élections européennes en République tchèque. Anatomie d’une réticence », Critique internationale, n° 24, 2004, pp. 29-38.

Marès (Antoine), « Histoire et histoires d’historiens en Pays tchèques après 1989 », in Les usages du passé dans la construction nationale, Transitions, vol. XLIV-2,2005, pp. 63-78.

Plumandon (Olivier), « Organisations patronales et tripartisme en République tchèque », Les études du Cefres, n° 4, juin 2005,39 p. (disponible sur w www.cefres. cz )

 

Notes

[ (1)] Radio Prague, RFI et La libre Belgique, 29 juin 2004 ; Lidove Noviny, 30 juin 2004.Retour

[ (2)] « Ce n’est pas seulement la social-démocratie qui a détrôné V. Spidla, mais une étrange coalition de deux forces contradictoires », écrit dans Mlada fronta Dnes, Karel Steigerwald. Autrement dit, les réformes peu populaires entamées par son gouvernement n’ont satisfait ni les socialistes, ni les conservateurs. « L’opposition, de même que les sociaux-démocrates ont « persuadé » la population qu’il était responsable de tous les malheurs ».Retour

[ (3)] Pendant ce grand « déballage » médiatique, Stanislav Gross avait été obligé de répondre à nombre de questions embarrassantes touchant à sa vie privée et à ses activités en tant que ministre de l’Intérieur. Les Tchèques ont ainsi pu apprendre à cette occasion que plusieurs élus avaient des difficultés à prouver la provenance des fonds ayant servi à leurs achats immobiliers et que leurs épouses étaient également dans les « affaires ».Retour

[ (4)] Le gouvernement ne peut tomber qu’à la suite d’une nouvelle motion de censure, soutenue par les communistes, ou bien en cas de démission de S. Gross, ou encore si au moins dix ministres quittaient son gouvernement.Retour

[ (5)] L’aile gauche, formée de partisans de M. Zeman, a constitué une fraction pour évincer S.Gross, sans y parvenir. Ces opposants internes proposaient un renouvellement du programme du Parti et la convocation d’un congrès extraordinaire.Retour

[ (6)] Conseiller municipal de Prague jusqu’en 2004, puis ministre. En 2005, après la réélection de S. Gross à la présidence des sociaux-démocrates, il devient vice-président pour la politique étrangère et les relations avec les médias.Retour

[ (7)] Selon ses concepteurs, J. Cimrman serait à l’origine des grandes inventions passées et à venir (le yaourt, le CD − Cimrman Disque −, l’ampoule électrique, et bien d’autres, à l’exception de la poudre). Trois longs-métrages et une douzaine de pièces de théâtre mettent en scène cet inventeur, explorateur, musicien, architecte, créé par Z. Sverak et L. Smoljak en 1967 dans le théâtre qui porte son nom dans le quartier de Zizkov à Prague. Son seul défaut est de se croire plus grand qu’il n’est (complexe national).Retour

[ (8)] Si la mort du pape fut l’occasion pour la presse d’ouvrir ses colonnes au monde catholique et à la vie vaticane, les articles eurent une tonalité plutôt critique.Retour

[ (9)] Le quotidien Pravo, sous le titre « Que devons-nous aux antifascistes allemands ?» retrace le destin des opposants allemands (sociaux-démocrates, démocrates, prêtres catholiques et communistes) ayant fui leur pays depuis 1933 pour trouver refuge en Tchécoslovaquie et qui luttèrent aussi bien dans un pays sous occupation nazie qu’au sein des forces armées alliées à l’étranger. En 1945, ils ont dû quitter le pays ou bien ont été envoyés aux travaux « forcés » de la reconstruction. Le millier de survivants mérite une reconnaissance, voire, comme le laissait entendre J. Paroubek, des indemnisations. La Fondation de la Charte 77 a décerné en 2005 le Prix Frantisek Kriegel à la fille d’Otto Halke, antifasciste allemand, député tchécoslovaque de 1926 à 1935, membre de l’Union des agriculteurs allemands.Retour

[ (10)] Les médecins de 18 établissements spécialisés ont lancé un projet « Stop à l’infertilité ». Près de 10 % des naissances sont le résultat d’une reproduction assistée.Retour

[ (11)] Il compte sur un financement à hauteur de 20 % de la valeur estimée de l’appartement (environ 1 million de couronnes, soit 31 500 euros, pour une superficie maximale de 90 m2 ) par les particuliers intéressés par un appartement en coopérative, ainsi que sur une subvention de l’Etat de 100 000 couronnes, soit 3 150 euros, pour chaque appartement, et un prêt à la coopérative de 700 000 couronnes, soit 22 000 euros, à un taux d’intérêt de 3 % et avec une échéance maximale à vingt ans. Cela signifie une mensualité moyenne de 3 500 couronnes, soit 110 euros.Retour

[ (12)] En mars 2005, des propriétaires avaient porté plainte contre l’Etat devant la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg. La régulation des loyers les aurait spoliés d’une dizaine de milliards de couronnes. Le gouvernement Paroubek va-t-il s’attaquer à la réforme des loyers, ajournée sine die par ses prédécessurs, de droite comme de gauche, à quelques mois des élections législatives ? Cela concernerait 800 000 locataires.Retour

[ (13)] Pour la réalisation de cette étude, dont les données ont été fournies par les banques nationales au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale, n’ont été pris en compte que les biens susceptibles d’être investis, placements immobiliers, actions et obligations, ce qui exclut la propriété immobilière, ou encore les actions ne pouvant être commercialisées.Retour

[ (14)] J. Eichler, de l’Institut pragois des relations internationales, constate : « La majorité écrasante des casinos à Prague est contrôlée en fait par des étrangers. La mafia israélienne y joue un rôle très important. Je ne dirais pas que Prague est une cible privilégiée du crime international, mais il y a une croissance des activités de différentes mafias étrangères ».Retour

[ (15)] Cf. C. Schauer « Kinder auf dem Strich » (Les enfants sur le trottoir), rapport publié par l’ONG KARO en 2003,135 p. Les autorités tchèques ont estimé que ses constats étaient exagérés. Néanmoins, un plan d’action de prévention a été mis en place durant l’été 2004 dans la ville frontalière de Cheb, dans le but de repérer les familles en difficulté. Puis en avril 2005, la chaîne allemande Pro7 a réalisé dans cette ville un reportage avec une caméra cachée, diffusé en prime time par la télévision tchèque. Une fillette de 12 ans était proposée au journaliste pour 200 euros. Le maire de la ville et les policiers ont dû avouer l’existence de ces pratiques. Voir Tyden, n° 50,2004.Retour

[ (16)] Pour lui, « les tendances à l’unification, l’harmonisation et la centralisation sont à bannir ». L’idée de création d’un Etat européen devrait laisser place « à la loyauté naturelle des gens envers leur nation et au sentiment élémentaire de l’identité nationale », Lidove Noviny, 16 juillet 2005.Retour

[ (17)] Condoleezza Rice, élève de Joseph Korbel, diplomate tchécoslovaque émigré aux Etats-Unis, professeur et père de Madeleine Allbright, est célèbre à Prague pour ses écrits datant de 1984. Le rappel par Historical Review de sa première publication, éditée par l’université de Princeton, sous le titre « L’Union soviétique et l’armée tchécoslovaque de 1948 à 1983 » a provoqué un flot de critiques : ouvrage plein d’approximations, de clichés idéologiques et d’erreurs. Et pourtant dans une interview, C. Rice prétend que « la thèse défendue dans cet ouvrage vaut encore aujourd’hui, même si l’URSS et la Tchécoslovaquie n’existent plus.Retour

[ (18)] Industrie et commerce tchèques, 2005, n° 4.Retour

[ (19)] Financial Times, 1er novembre 2004.Retour

[ (20)] Le consortium pourrait fonder sa plainte sur le fait que ces camions ne correspondent pas, d’après les normes européennes, à des matériels exclusivement réservés à un usage militaire. Voir Pravo et Euro, 18 juillet 2005.Retour

[ (21)] Radio Prague, 19 novembre 2004.Retour

[ (22)] Le barème des salaires moyens de certains fonctionnaires était le suivant en 2005 : médecins − 37 000 couronnes (1 260 euros), policiers − 32 000 couronnes (1 090 euros), instituteurs − 21 000 couronnes (715 euros), infirmières − 19 000 couronnes (650 euros).Retour

[ (23)] Pravo, 28 juillet 2005.Retour

[ (24)] Lidové Noviny, 17 mai 2005 ; Radio Prague, 17 et 18 mai 2005.Retour

Résumé

2004 et 2005 pourraient être qualifiées chacune d’«annus horribilis» ou d’avoir connu le «niveau zéro» en politique intérieure. Trois gouvernements d’une même coalition (sociauxdémocrates, chrétiens-démocrates et libéraux) ont dû être remaniés, en grande partie du fait de dissensions au sein même de la socialdémocratie, à la suite d’échecs électoraux, mais aussi dans la coalition, les chrétiens-démocrates étant tentés de répondre à l’appel de l’opposition conservatrice (ODS), grand vainqueur des élections régionales de 2004, et ne pardonnant rien au pouvoir en place. De son côté, le chef de l’Etat, V. Klaus, toujours président d’honneur de ce parti, n’a rien fait pour calmer le jeu, gardant l’espoir de la mise en place d’un régime présidentiel (ou semi). Cette difficile cohabitation a été avérée lors des débats sur le traité constitutionnel européen, avec des membres du gouvernement favorables au «oui» et un Président affichant ouvertement son euroscepticisme et partisan du «non». En cette 15e année de régime démocratique dans les Pays tchèques, les interrogations n’ont pas manqué sur l’état de la société, notamment la corruption et l’immigration, les relations entre l’Etat et les Eglises, sur le passé proche et lointain. Les crises politiques successives, qui ont gelé les grands dossiers sur les réformes des retraites et de la santé, n’ont cependant pas ralenti la marche de l’économie, dont les résultats sont plus que satisfaisants, avec notamment une nette amélioration du commerce extérieur, la fin des grandes restructurations, une baisse du chômage, une faible inflation et une monnaie forte. Les seules ombres au tableau sont les déficits publics chroniques et l’apparition palpable d’une pauvreté, jusque-là «invisible».



The Czech Republic The End of a Cycle
2004 and 2005 could each be considered an «annus horribilis» or the «degree zero» of domestic politics. Three governments of the same coalition (social democrats, Christian democrats and liberals) had to be reshuffled, largely because of divisions within the Social Democratic Party, after its electoral losses, but also within the coalition, as the Christian democrats were tempted to answer the call of the conservative opposition (ODS), the big winner of the 2004 regional elections, with little sympathy for the parties in power. As for the head of state, V. Klaus, still honorary president of this party, did nothing to calm things down, hoping for the establishment of a presidential (or semi-presidential) regime. This difficult cohabitation was evident during the debates on the European constitutional treaty with government members favorable to the «yes» and the President openly expressing his Euro-scepticism and in favour of the «no». In this 15th year of Czech democracy, the state of the nation is being questioned, in particular with regard to corruption and immigration, relations between the government and the churches, as well as the near and distant past. Successive political crises which have frozen largescale pension and health reform projects have, however, not slowed down economic progress, as results are more than satisfactory, with, in particular, a clear improvement in foreign trade, the end of the large restructurations, a drop in unemployment, low inflation and strong currency. The only downsides are the chronic public deficits and the visible appearance of what was previous «invisible», poverty.

PLAN DE L'ARTICLE


POUR CITER CET ARTICLE

Jaroslav Blaha « La fin d'un cycle », Le Courrier des pays de l'Est 4/2005 (n° 1050), p. 174-195.
URL :
www.cairn.info/revue-le-courrier-des-pays-de-l-est-2005-4-page-174.htm.