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S'inscrire Alertes e-mail - Le Courrier des pays de l'Est Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezSlovaquie 2004-2005 Des réformes contre vents et marées
AuteurJaroslav Blaha du même auteur
La Documentation française. Manuscrit clos en juillet 2005Au cours de son deuxième mandat, entamé après les élections législatives de septembre 2002, le gouvernement de coalition, mené par Mikulas Dzurinda, et qui associe des représentants du centre droit et des libéraux, était bien décidé à poursuivre des réformes en profondeur, mais les résultats mitigés obtenus aux élections présidentielle, puis européennes de 2004, et enfin l’éventualité de législatives anticipées, le conduisirent à différer l’adoption de mesures radicales. Il ne pouvait, en effet, oublier que certaines décisions prises en 2003 avaient provoqué bien des dissensions au sein de la coalition et incité quelques députés à prendre leurs distances à son égard.
2 De ce fait, depuis l’automne 2003, le gouvernement ne dispose plus d’une majorité au Parlement et doit compter, pour faire passer ses projets de loi, d’une part, sur le respect d’une discipline de fer par les députés de la coalition (ils ont signé un pacte de bonne conduite impliquant une présence obligatoire lors des votes) et d’autre part, sur l’appui des députés non inscrits, voire de l’opposition. Il a ainsi réussi à faire voter près des deux tiers des textes nécessaires à la mise en œuvre de son programme. En même temps, la coalition au pouvoir savait que pour gagner les élections à venir (municipales et régionales à l’automne 2005 et législatives en 2006), elle devrait, en 2004, faire des gestes en direction de certaines couches de la population. C’est ainsi qu’une partie des recettes des privatisations fut versée aux collectivités locales, afin de compenser les transferts de charges prévus dans le cadre de la décentralisation, aux effets parfois désastreux, (écoles fermées, hôpitaux privatisés, etc.). Pour 2005, la clé de répartition du produit de l’impôt sur le revenu, décidée en décembre 2004, est la suivante : 75,5 % pour les collectivités territoriales et le reste pour l’Etat.
3 Les indéniables succès économiques du pays, son intégration aux structures euro-atlantiques et l’attrait qu’il exerce sur les investisseurs étrangers suffiront-ils pour assurer le maintien aux commandes de cette coalition, face à la montée de la grogne des laisséspourcompte ?
Plans de bataille avant les échéances électorales
4 Face aux chrétiens-démocrates et aux libéraux au pouvoir, le parti d’opposition Smer, présidé par Robert Fico, dans lequel certains continuent de voir un vecteur du populisme, a le vent en poupe : tandis que cette formation se situe en tête dans les sondages depuis 2004 (entre 28 et 30 % d’opinions favorables), son chef figure dans le trio des hommes politiques les plus popu laires, aux côtés de Vladimir Meciar et d’Ivan Gasparovic, le président de la République. De fait, c’est le seul parti d’opposition, qui a pour objectif la chute de la coalition. Appartenant à la mouvance social-démocrate européenne, il comptait − à l’occasion du centenaire, en 2005, de la création du Parti social-démocrate en Haute-Hongrie (province slovaque de l’empire austrohongrois) − être à l’initiative de la réunification de la gauche slovaque non communiste et s’intitule, depuis le début de l’année, Smer-Démocratie sociale (Smer-SD). Ayant absorbé de petites formations (notamment le Parti de la gauche démocratique), il devrait disposer de moyens financiers et humains plus importants, notamment au niveau local, ce qui représente un atout certain pour les élections de l’automne 2005. R. Fico reste le critique le plus virulent des mesures gouvernementales adoptées dans les domaines de la fiscalité, du système de santé et social. « Vous avez réussi à faire revenir la misère !», a-t-il asséné au Premier ministre. Ala suite de la publication de rapports alarmants des services secrets slovaques sur la criminalité (faisant état notamment d’une montée de la criminalité parmi les jeunes), ce fléau, ainsi que la corruption et le clientélisme sont devenus les thèmes centraux du discours de Smer. Ce dernier a trouvé là un « terrain d’entente » avec les chrétiens-démocrates (KDH, au pouvoir), comme l’a montré l’élaboration du projet, puis le vote de la loi sur la lutte contre le crime organisé. Par ailleurs, il fustige le gouvernement pour l’injustice qu’aurait créée l’introduction du taux unique de 19 % (de l’impôt sur le revenu, sur les sociétés et de la TVA), dont l’un des effets serait de permettre aux « gagnants slovaques des privatisations » d’économiser « des millions », alors qu’ils sont déjà favorisés par la suppression de l’impôt sur les donations[1] [1] L. Andrassy, J. Topol, « Akoby Dzurindu a Meciara jedna...
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5 Quant à V. Meciar (trois fois Premier ministre dans les années 1990), chef incontournable du Parti populaire-Mouvement pour une Slovaquie démocratique (LS-HZDS), il se positionne de plus en plus, et contre toute attente, au centre droit, au mépris de sa base de gauche et de centre gauche, notamment au sein des appareils régionaux, tout en demeurant cependant dans l’opposition parlementaire. Treize députés, en désaccord avec cette orientation, ont quitté le parti. Par contre, en 2004 et début 2005, certains élus du LS-HZDS ont soutenu la coalition en place lors du vote de projets de loi controversés (par exemple, sur la réforme de la santé en 2005), en échange, il est vrai, de la nomination de membres de leur parti à des postes de responsabilité, comme la direction de l’Office central de contrôle (équivalent de la Cour des comptes en France). Aussi, une éventuelle « coopération » du LS-HZDS avec les chrétiens-démocrates n’est pas à exclure, car la priorité pour V. Meciar, triomphalement réélu à la tête de son parti en mai 2005 − candidat unique à sa succession, il est vrai − est de revenir au pouvoir, quel que soit le prix à payer pour ce faire. Mais il lui reste encore à persuader son électorat du bien-fondé de cette stratégie. Pour le moment, dans les sondages, le LS-HZDS plafonne à 12-14 % des intentions de vote, l’objectif visé par V. Meciar étant 20 %.
6 Le Mouvement chrétien-démocrate (KDH), composante de la coalition au pouvoir, qui continue de prôner un nationalisme suranné et dont l’électorat est stable (de 9 à 10 % des suffrages), menace, à intervalles réguliers, de la quitter, si ses exigences ne sont pas prises en compte par ses partenaires, et avant tout par l’Alliance du nouveau citoyen (ANO). Les crises nées des désamours de ces deux formations ont une longue histoire : en 2002, afin de contrôler le processus de privatisation de l’entre-233 prise publique d’électricité (SE), le KDH exigea un strapontin dans la direction de cette dernière, qu’avait accaparée des membres de l’ANO. En 2003, ce fut au tour de l’Alliance de crier au scandale, car son chef, P.Rusko avait été mis sur écoutes pour de prétendus contacts avec le « milieu » slovaque. L’Alliance a alors réclamé un contrôle plus strict de l’administration, et notamment du ministère de l’Intérieur, aux mains du KDH. Puis, les deux formations se sont affrontées au sujet de la loi sur l’IVG, avant de s’empoigner à propos d’une affaire révélant l’existence d’un « groupe de conspirateurs contre les intérêts de l’Etat », ce qui entraîna la démission du chef de l’Office national de sécurité et du ministre de la Défense[2] [2] A ce titre, il est intéressant de noter les mouvements...
suite. En 2004, les deux formations ont ferraillé sans concessions sur la réforme scolaire (introduction de l’enseignement confessionnel dans le primaire), le projet de rendre payant l’enseignement supérieur, préparé par le KDH, et enfin celui de l’Alliance visant à contraindre les seize confessions officiellement reconnues en Slovaquie à rendre compte de l’utilisation des dotations publiques qui leur sont accordées. Ce projet, qui prévoyait de dresser un inventaire chiffré des biens des Eglises, ne pouvait que déplaire au KDH, qui entretint des relations très étroites avec la plus importante d’entre elles, l’Eglise catholique-romaine, laquelle reçoit plus de la moitié des 2 milliards de couronnes (soit 52,8 millions d’euros) versés chaque année. Il semble peu probable que ces deux formations trouvent « miraculeusement » un terrain d’entente pour affronter les futures échéances électorales, d’autant que, peu avant les fêtes pascales, l’Institut de la mémoire nationale avait mis en lumière l’étendue de la collaboration de certains dignitaires religieux avec la police politique communiste[3] [3] En mars 2005, l’Institut de la mémoire nationale (IMN)...
suite et qu’il reste à faire voter une partie annexe très délicate du traité conclu avec le Vatican et entré en vigueur en 2002, qui concerne l’introduction de la clause de conscience. Le débat divise autant les spécialistes du droit constitutionnel que la société : les uns affirment que la Constitution garantit la liberté de conscience et que, par conséquent, une loi suffirait ; les autres insistent sur l’absolue nécessité d’un traité bilatéral avec le Vatican. Mais pourquoi établir un tel document au profit d’une seule Eglise et de ses fidèles ? Pourquoi ce projet propose-t-il d’élargir − de manière unique au monde semble-t-il − l’exercice de la clause de conscience « aux institutions fondées par l’Eglise catholique ou à ses organisations », et à personne d’autre ? D’autres difficultés restent à surmonter, mais d’ores et déjà, il apparaît que cette annexe n’est pas complètement compatible avec la législation européenne et fait craindre à certains en Slovaquie et au Parlement de Strasbourg que ce texte n’annonce le retour du droit canon dans le dispositif juridique slovaque[4] [4] Un autre danger, perçu par certains comme une intrusion...
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7 L’Alliance du nouveau citoyen (ANO), ainsi que son chef, P. Rusko, sont perçus, au sein de la coalition, comme la force politique la plus « perturbatrice ».
8 Oscillant dans les sondages entre 5 et 7 %, elle frôle le seuil requis pour pouvoir envoyer des députés au Parlement et doit donc gagner de nouveaux sympathisants[5] [5] Evaluation par l’Office des statistiques des intentions...
suite. Aussi a-t-elle lancé, à l’automne 2004, un programme en direc- tion des classes moyennes. Se targuant d’avoir réussi à faire adopter la réforme du système de santé, ce parti s’est donné pour objectif d’œuvrer à l’instauration, d’ici à 2006, d’une « société moderne et libérale », avec l’ouverture de douze nouveaux parcs industriels devant induire la création de 80 000 emplois, l’installation de 300 000 accès à l’Internet dans les foyers slovaques (afin de faire passer de 11 % à 35 % le nombre de ménages équipés), et une amélioration des services médicaux urgentistes. Ce parti risque cependant de voir ses projets contestés par ses « alliés » du KDH et SDKU, qui sont sur des positions plus conservatrices, ou par les partisans de V. Meciar (LS-HZDS). Il ne lui restera alors qu’à rechercher les bonnes grâces du centre gauche, qui se situe dans le sillage de Smer.
9 Curieusement, les sondages désignent la Coalition des partis magyars (SMK) comme une force politique de stabilisation. Mais, alors que commencent à être négociées les alliances en vue des échéances électorales de l’automne 2005, la plupart des formations n’envisagent pas de négocier avec ce parti « ethnique », qui se veut le défenseur « du Sud magyaro-slovaque appauvri »[6] [6] Les dernières élections municipales, en 2002, ont vu se...
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10 Certaines de ses revendications récurrentes sont mal perçues − comme la demande de constitution par l’Etat d’un fonds de soutien aux minorités, déjà rejetée en décembre 2004 −, d’autant qu’elles sont relayées par certains médias en Hongrie, notamment à l’occasion de visites de personnalités officielles dans l’un ou l’autre de ces deux pays. Néanmoins, il fallut bien au ministre slovaque de l’Agriculture, Zsolt Simon (SMK), démentir, en été 2004, l’information parue dans Magyar Hirlap, organe de la FIDESz, principal parti d’opposition hongrois, selon laquelle 600 000 hectares de terres agricoles, se trouvant aujourd’hui en Slovaquie, mais ayant appartenu aux Magyars avant 1945, pourraient être restitués à ces derniers. Début 2005, à l’approche des commémorations du 60e anniversaire de la victoire sur le nazisme, le vice-président du Parlement slovaque et dirigeant de la SMK, Bela Bugar, souleva de vives réactions, en se prononçant pour l’annulation des décrets Benes dans une interview donnée à un grand journal hongrois, Magyar Nemzet. Il lui fut alors reproché d’avoir utilisé le truchement d’un média étranger pour exprimer une position qui est en porte-à-faux avec la ligne officielle du gouvernement, et d’avoir, en outre, enfreint le devoir de réserve auquel il était tenu de par ses fonctions. Mais le plus choquant fut le parallèle qu’il établit, à cette occasion, « entre l’holocauste et l’expulsion » des Magyars de Tchécoslovaquie, en 1945, en application des décrets du président Benes.
11 Cette « malencontreuse » comparaison conduisit le Premier ministre M. Dzurinda à reporter, en mai 2005, sa rencontre avec son homologue hongrois, F. Gyurcsanyi. Pour les Slovaques, il n’est, en effet, pas question de rouvrir ce dossier, contrairement aux Hongrois (à l’instar de certains conservateurs bavarois, défenseurs des expulsés allemands des Sudètes). Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères slovaque, E. Kukan, est pessimiste quant au règlement de la situation des nombreux Hongrois vivant, depuis parfois plusieurs générations, en Slovaquie, dans la mesure où l’exécutif hongrois, poussé par une partie de la classe politique, continue de réclamer pour ces derniers un statut particulier[7] [7] P. Weiss : « Opät’provokujuce Benesove dekréty »...
suite. Dès lors, il ne serait pas étonnant − vu la concomitance des élections législatives slovaque et hongroise en 2006 − que se produisent des débordements chauvins, de part et d’autre.
Relations de bon voisinage et atlantisme affirmé
12 Les relations avec la République tchèque continuent d’être au beau fixe.
13 Mais paradoxalement, le passage de la frontière commune, jusque-là relativement facile, est désormais soumis à des contrôles plus rigoureux, pour satisfaire aux exigences de l’UE relatives à l’immigration clandestine. En effet, tant que les deux pays ne feront pas partie de l’espace Schengen, les particuliers devront se plier à des conditions plus strictes, même si les contrôles douaniers ont été supprimés. Les transfrontaliers bénéficient néanmoins d’un régime spécial, quoique plus contraignant qu’auparavant.
14 Les deux pays sont parvenus à régler définitivement le problème des dettes tchéco-slovaques, la Slovaquie ayant dû, début 2005, à la suite d’une sentence arbitrale de l’ICSID (International Centre for Settlement of Investment Disputes), près la Banque mondiale, rembourser à la République tchèque 24 milliards de couronnes (618 millions d’euros), contractés dans les années 1990-1992 par des entreprises devenues slovaques après la partition du 1er janvier 1993. Vu le montant de la somme, cela ne sera pas sans répercussions sur l’équilibre budgétaire slovaque. Le contentieux, qui durait depuis 1997, avait été porté devant cette juridiction américaine par la banque belge KCB, qui avait racheté en 2000 l’établissement tchèque CSOB, et repris son portefeuille de créances douteuses datant de l’époque tchécoslovaque, et émanant principalement d’entreprises situées désormais en territoire slovaque.
15 Mais l’histoire commune des deux peuples resurgit là où on ne l’attendait pas, des liens se (re)nouent : par exemple, au grand dam de Bratislava, les sociaux-démocrates tchèques au pouvoir ont entrepris d’établir des contacts avec le parti d’opposition de gauche, Smer. En marge de sa première visite en tant que chef du gouvernement tchèque, le 6 juin 2005, J. Paroubek a en effet rencontré l’opposant slovaque, R. Fico, et les deux hommes se sont ouvertement et réciproquement félicités de leur coopération... déclenchant l’ire du Premier ministre slovaque. Ce dernier s’était néanmoins mis d’accord la veille avec son homologue tchèque sur une position commune de défense de leurs intérêts à Bruxelles...
16 Avec la Pologne, les Slovaques tentent de faire avancer certains dossiers, comme l’assouplissement du régime transfrontalier, la modernisation des routes et des voies ferrées traversant les Beskydes, et faisant partie de l’axe Nord-Sud, ainsi que la construction d’une déviation vers la Slovaquie de l’oléoduc Odessa-Brody. Mais c’est aussi sur leur présence en Irak que s’affiche leur connivence. La mission du petit contingent slovaque, sous commandement polonais, a été reconduite par le Parlement, malgré l’impopularité de cette décision et, en juin 2005, le gouvernement a annulé la dette irakienne à l’égard de son pays.
17 Mais il n’est pas improbable que, à la suite du désengagement annoncé par les Polonais, M. Dzurinda ne fasse de même, à l’approche des élections législatives de 2006, pour tenter de se réconcilier avec un électorat qui désapprouve une politique tournée vers les Etats-Unis, parfois perçue comme un alignement servile sur la première puissance mondiale, sans la moindre contrepartie, qui plus est.
18 Le choix de Bratislava pour la tenue du sommet Bush-Poutine (février 2005) a pu être interprété comme un succès pour la Slovaquie, tout comme le fait d’avoir été désignée pour siéger au Conseil de sécurité de l’Onu en 2006-2007. Le président Bush, en visite officielle dans la capitale slovaque, à la veille du sommet, a saisi cette occasion pour organiser une rencontre avec des « combattants pour la démocratie » des différents pays de l’ex-bloc soviétique, parmi lesquels plusieurs acteursanimateurs d’ONG, parties prenantes à la « révolution orange » ukrainienne. Les autorités slovaques, quant à elles, ont fait interdire tout rassemblement, sauf celui organisé pour écouter le discours de G. W. Bush, sur la célèbre place Hviezdoslav. L’agenda de V. Poutine, en visite d’Etat le lendemain de sa rencontre avec le Président américain, comprenait un hommage aux 8 000 soldats de l’Armée rouge tombés lors de la libération de Bratislava, début avril 1945, et des discussions avec les autorités slovaques sur certains points économiques, comme le rachat par cette dernière des 49 % du capital de la société slovaque Transpetrol détenus par la compagnie pétrolière russe Ioukos, dont les avoirs ont été gelés pour fraude fiscale, et convoités par deux entreprises russes. Parmi les autres dossiers sensibles, figure le contrat de modernisation des avions d’origine soviétique de l’armée de l’air slovaque[8] [8] Lors de la partition effective au 1er janvier 1993, l’armée...
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Economie toujours au beau fixe
19 Les prévisions les plus optimistes ont été nettement dépassées : avec un taux de 5 %, la croissance en 2004 reste l’une des plus élevées parmi les pays centre-européens, et pour 2005, le ministre de l’Economie n’exclut pas, au vu des résultats du premier trimestre, de pouvoir atteindre les 6 %. Cet optimisme se fonde sur les retombées attendues, en 2006, de grands investissements (notamment dans le secteur de l’automobile, avec à terme une production de 1 million de véhicules par an), le maintien de flux importants de capitaux étrangers, la poursuite de la progression de la consommation des ménages (+3,2% en moyenne annuelle), soutenue par l’essor du crédit et la stabilisation du marché du travail, alors que celle de la consommation publique demeure peu dynamique (+ 2,9 %). En un an, selon les données officielles, le taux de chômage est tombé à 13,1 %, cette baisse ayant résulté cependant beaucoup plus des changements intervenus dans le mode d’enregistrement que de l’accroissement des offres d’emplois. Le taux réel serait supérieur, selon certaines estimations, à 16 %. I. Miklos, ministre de l’Economie, avance même le chiffre de 16,8 % pour 2005, mais annonce la création de 100 000 emplois nouveaux d’ici à 2008. La hausse des salaires s’est infléchie au cours de l’année (+ 2,7 % et + 1,2 %, au premier et au quatrième trimestre). Si dans l’industrie, la progression a atteint 4,5 %, dans les services, elle a été faible, sinon nulle. Avec une inflation de 7,5 %, principalement alimentée auparavant par l’effet combiné de l’augmentation de la TVA (19 % contre 5 à 7 %) et la transformation partielle des services publics en établissements d’intérêt commercial[9] [9] The Economist Intelligence Unit,«Slovakia », Country...
suite, 2004 a été la deuxième année consécutive de baisse des salaires en termes réels.
20 Dans l’ensemble des secteurs industriels, la production s’est accrue de 4,3 % en un an. L’activité s’est ralentie dans les branches manufacturières (+ 7,2 % au premier semestre de 2004, mais + 5 % sur l’ensemble de l’année), largement aux mains de firmes étrangères et dont la production est destinée à l’exportation. Certaines analyses y décèlent les effets de la couronne forte, d’autres n’y voient qu’un phénomène passager, puisque, à part l’industrie agro-alimentaire, du cuir, de la chaussure, du textile et de la chimie, toutes les autres branches ont enregistré de bonnes performances. Cette évolution conjoncturelle, concomitante à l’entrée dans l’UE, est particulièrement visible dans la construction de véhicules automobiles, et notamment de tourisme (+ 21,4 % en moyenne de janvier à juin 2004, puis + 0,3 % au second semestre.
21 Ce secteur va continuer à peser sur les résultats du commerce extérieur, dont le déficit s’est encore aggravé en 2004, notamment du fait des importations d’équipements.
22 L’entrée dans l’UE a modifié la structure géographique des échanges de la Slovaquie : la part de l’UE est passée de 2003 à 2004 de 61 % à 85 % dans ses exportations et de 51 % à 74 % dans ses importations, l’Allemagne et la République tchèque étant ses principaux partenaires. L’excédent de la balance commerciale avec les pays européens n’est pas en mesure de combler le déficit des échanges avec la Chine, la Corée du Sud (implantation de KIA) et la Russie, fournisseur de pétrole et de gaz.
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Les échanges commerciaux franco-slovaques ont enregistré en 2004 un recul de leur chiffre d’affaires de 5,7 % par rapport à 2003 et le déficit français de la balance commerciale a été plus que divisé par dix. L’industrie automobile, avec 22 % du total, reste en tête des exportations françaises, malgré un léger tassement (- 4,8 %); elle est suivie des produits chimiques, en caoutchouc et en plastique (+ 10 %) et de ceux de la pharmacie et de la parfumerie (+ 11 %). Les ventes des produits des industries agroalimentaires, du fait du dynamisme de la distribution (extension des centres commerciaux), réalisent une forte progression (+ 37 %).
Du côté des importations, le premier poste est celui des équipements du foyer (+ 16 %), devant les métaux et les produits métalliques (- 9,5 %). Ces deux groupes représentent 34 % du montant total des importations françaises. Les produits de l’industrie automobile rétrogradent à la troisième place (- 47 %), juste devant les équipements électriques et électroniques (+ 34 %). La France est le deuxième investisseur en Slovaquie, hors secteur financier.
Les Français, qui sont de plus en plus nombreux à découvrir la Slovaquie, sont présents à travers plus de 70 filiales, créées depuis 2001, sur un total de 200 enregistrées. De l’avis général, c’est encore peu, mais les PME/PMI françaises identifient désormais l’enjeu de ce pays charnière, qui offre aux entreprises étrangères des conditions avantageuses. La Mission économique près de l’Ambassade de France a dressé un portrait-robot de ces entreprises. Plus de 70 % d’entre elles emploient moins de 51 salariés (39 % ont de 1 à 10 salariés et 31 % de 11 à 50) ; seuls 5 % comptent plus de 500 employés. L’activité des filiales est assez bien répartie entre l’industrie mécanique, dont l’automobile, l’énergie, la chimie et l’environnement, l’agro-industrie, le BTP et les services bancaires. La présence française est néanmoins faible dans la filière bois, le textile, les transports logistiques ou la distribution. De bonnes perspectives se dessinent dans les services aux municipalités, les concessions de services (autoroutes et aéroports) ainsi que dans le tourisme, tous secteurs aux infrastructures insuffisantes. Fin 2004, le stock d’investissements français en Slovaquie atteignait 645 millions d’euros (contre 598 millions en 2003). Mais la situation va nettement évoluer après la mise en service de l’usine PSA Peugeot-Citroën (700 millions d’euros) prévue pour l’été 2006. Parmi les nouveaux équipementiers arrivés dans le sillage de ce grand projet industriel, on peut citer Haden Drysys France (atelier de peinture) et Faurecia. Six firmes s’installeront dans les « parcs logistiques » mêmes du constructeur français à Trnava. Plus à l’Est, à Presov, c’est un spécialiste en connexions et liaisons électriques pour l’automobile, Cemm Thomé, qui vient de créer une unité de production[*] [*] PME Sans Frontières Magazine (trimestriel), n° 2,...
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Des ateliers régionaux de la coopération décentralisée France – Slovaquie se sont tenus à Nitra, les 23 et 24 juin 2005, sur le thème du développement local en milieu rural. Cités-Unies France, l’ambassade, et France – Slovaquie Développement en étaient les organisateurs.
Début avril 2005, lors d’une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères, Eduard Kukan, Michel Barnier reconnaissait que la période de transition prévue avant que soit effective la libre circulation des travailleurs en provenance des nouveaux Etats membres ne serait pas raccourcie en raison du taux de chômage en France.
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● Agriculture : premières armes dans la PAC
23 Tout comme dans d’autres pays européens, la récolte de céréales, déjà exceptionnelle en 2004, s’annonce très bonne pour 2005. Faute de capacités de stockage, les surplus de 2004 (400 à 800 000 tonnes) vont devoir être exportés pour pouvoir engranger la récolte nouvelle ou être conservés dans un pays étranger. Le ministère de l’Agriculture a estimé que les achats d’intervention de l’UE pourraient porter sur 390 000 tonnes (en mars 2005, plus de 100 000 tonnes avaient déjà été vendues) et que des silos pourraient être utilisés en Espagne et au Portugal, ainsi que dans le port de Constanta, en Roumanie. Pour le reste, le ministre a rappelé aux agriculteurs que les achats par l’UE n’étaient « qu’un filet de protection », qu’ils ne devaient pas compter sur des subventions, et qu’il leur fallait accepter de vendre au prix du marché, même si celui-ci est bas. Il n’ignore sans doute pas que dans le contexte centre-européen, l’agriculture slovaque ne joue pas un rôle clé et que pour survivre, il faudra qu’elle fournisse des céréales à un prix voisin de celui pratiqué par ses voisins hongrois et tchèque, confrontés à la nécessité de vendre 2 à 3 millions de tonnes de surplus, faute de disposer de moyens suffisants de stockage.
● Investissements étrangers : louanges et questionnements
24 Les flux d’investissements directs étrangers au cours des dix premiers mois de 2004 se sont élevés, selon la Banque centrale, à 900 millions de dollars, ce qui porte le stock à 11,5 milliards de dollars, contre 2,1 milliards en 1998, au début du premier mandat de M. Dzurinda. Viennent en tête des investisseurs l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Autriche, d’où provient plus de 53 % du total. L’instauration en janvier 2004 du taux unique de 19 % (sur le revenu, les sociétés et la TVA), qui fut précédée par l’introduction de changements radicaux dans le Code du travail − la Slovaquie, selon le classement établi par la Banque mondiale, figure à la 14e place, sur un total de 169 pays, pour la souplesse des règles de licenciement et à la 10e, avec les Etats-Unis, pour le système de protection en cas de perte d’emploi − fait de ce pays l’un des plus attrayants pour les investisseurs[10] [10] Constat établi par le rapport annuel de la Banque mondiale,...
suite. Le coût du travail horaire y est le plus faible dans toute l’UE (3,06 euros fin 2003), tandis que la maind’œuvre, bien formée, présente une grande capacité d’adaptation, comme en atteste, par exemple, le développement des centres d’appels par des firmes étrangères. Avec un salaire moyen mensuel de 363 euros, selon l’Agence publique, Sario, chargée d’apporter un soutien aux investisseurs étrangers, ce pays offre « à productivité égale un coût de travail de 40 % moins élevé que celui enregistré chez ses voisins et de 6,5 fois inférieur à celui en cours dans le reste de l’UE »[11] [11] Pavol Rusko, ministre de l’Economie, dans un entretien...
suite. Les experts de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international ont recommandé aux Slovaques de faire porter leurs efforts sur la réduction des prélèvements obligatoires, à l’origine, selon eux, du taux de chômage élevé. Sitôt dit, sitôt fait, puisque, en 2004 et en un semestre, leur niveau a été abaissé de 3,5 %, selon le ministère du Travail.
25 Leur taux est désormais de 37 %, dont 28 % à la charge de l’employeur et 9 % à celle du salarié.
26 Les six premiers mois de 2004 ont été placés sous le signe de l’accélération des implantations de firmes étrangères dans le pays. Sario a fait état de 20 projets majeurs, dont 16 d’ores et déjà signés, susceptibles de créer plus de 7 200 emplois nouveaux. Ceux-ci concernent à hauteur de 50 % les secteurs de l’automobile, de l’électronique, de la mécanique et de l’automatisation et permettent de remplir les carnets de commandes des entreprises se situant en amont et des sous-traitants. Comme il est fort difficile de trouver un terrain − il suffit de se rappeler combien d’obstacles il fallut surmonter pour parvenir à exproprier les terrains promis par les autorités slovaques au constructeur automobile sud-coréen KIA près de Zilina[12] [12] B. Balogova « KIA Expands its Plans. State Must Pay its...
suite − le gouvernement a décidé de créer des parcs industriels. Selon les critères fixés par Sario, ceux-ci doivent avoir une superficie d’au moins 15 hectares, être viabilisés et reliés à un réseau de transports, pour être éligibles.
27 Fin 2004, sur les 25 parcs industriels, seuls huit répondaient à ces différents critères. Parmi les pays investisseurs, Allemands, Sud-Coréens, Américains et Anglais se taillent la part du lion, mais ils sont rejoints par des Japonais, des Australiens et des Chinois. En effet, en mai 2004, un accord de coopération a été signé avec Pékin en vue de favoriser les échanges entre les entreprises de ces deux pays. De son côté, la Slovaquie méridionale hungarophone a accueilli près d’un millier de petites firmes hongroises, surtout spécialisées dans le commerce et les services. Par ailleurs, des milliers de Hongrois de Slovaquie franchissent tous les jours la frontière pour aller travailler en Hongrie, chez Nokia, Suzuki ou General Motors, qui, parce que ces sociétés manquent de main-d’œuvre qualifiée, leur assurent la gratuité de leur transport depuis leur domicile. Dans le district de Komarno (au sud du pays), le chômage serait ainsi passé de 20 à 10 %.
28 Ceci étant, la Slovaquie est loin de disposer d’infrastructures adaptées aux exigences des grandes sociétés. Par exemple, un des managers de la firme japonaise Panasonic regrette ouvertement les défaillances des transports, ainsi que le nombre insuffisant de sites destinés à accueillir des sous-traitants, sans compter le manque de maind’œuvre qualifiée dans certains secteurs : « La Slovaquie n’est pas encore prête à finaliser une production. Pour le moment, nous lui demandons de réaliser des semi-produits, qui seront menés à terme ailleurs ». D’autres grandes firmes tentent d’obtenir des avantages en contrepartie d’une implantation dans un district où sévit le chômage : ainsi, le Sud-Coréen Hankook (pneumatiques), qui avait tout d’abord accepté la règle européenne selon laquelle les subventions devaient être limitées à 15 % du montant de l’investissement effectué, s’est ravisé pour exiger − tout comme KIA− des aides à hauteur de 21 %, ce que le gouvernement slovaque a refusé[13] [13] Interview de N. Iwamoto, de Panasonic, dans Narodna obroda...
suite. La carte à jouer par les pouvoirs publics consisterait à impulser une politique régionale plus volontariste, afin d’attirer les investisseurs vers les régions pauvres.
29 Pour le moment, telle n’est pas la volonté de l’exécutif, viscéralement attaché à l’idée selon laquelle la puissance publique ne doit pas intervenir dans l’économie, quitte à minorer l’effet d’entraînement que peuvent exercer les aides européennes (pour construire des autoroutes et investir dans l’environnement) conjuguées au Programme national de développement par rapport au plan, conçu par des experts de la Banque mondiale, et visant à accroître la mobilité de la main-d’œuvre[14] [14] B. Balogova, « Disparity Threatens Regions with Atrophy »...
suite. Un autre obstacle au développement régional réside dans la capacité limitée des pouvoirs locaux à absorber les aides européennes, faute de compétences ad hoc; s’ajouterait, selon un rapport des services de sécurité, le risque de détournement d’une partie d’entre elles par des organisations criminelles. Alors que la Slovaquie va contribuer au budget de l’UE à hauteur de 388 millions d’euros, elle pourrait bénéficier, si les projets qu’elle présente sont retenus, de 1 milliard d’euros pour 2005. Au total, entre 2004 et 2006, la Slovaquie devrait recevoir 1,18 milliard d’euros au titre des Fonds structurels et 576 millions d’euros à celui du Fonds de cohésion[15] [15] B. Balogova, « Reason to Celebrate Slovakia Turns One :...
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● Les privatisations : dernière ligne droite
30 En 2004 et 2005, il ne restait, selon la presse, que « trois poules aux œufs d’or », la compagnie SE détenant le monopole de la production et de la distribution d’électricité, les forêts domaniales et les Chemins de fer. Le premier cas a donné lieu à un duel entre l’italien Enel et le tchèque CEZ, ce dernier offrant une plus grosse somme pour l’acquisition de 66 % du capital de SE (1,19 milliard d’euros, contre 840 millions proposés par ENEL) et s’engageant à achever les blocs 3 et 4 de la centrale nucléaire de Mochovce destinés à remplacer les réacteurs de Jaslovske Bohunice, dont l’arrêt entre 2006 et 2008 a été exigé par Bruxelles. Finalement, ce fut ENELqui emporta l’affaire en janvier 2005. Les conditions de ce contrat font l’objet d’une communication minimale, ce qui alimente bien des spéculations. ENELdoit donc présenter un plan de financement pour la réalisation des deux réacteurs, car le gouvernement a décidé de ne pas y participer, les recettes tirées de la vente de SE devant être affectées à l’abondement du système de retraites et à la réduction du déficit public. Parmi les critiques de cette vente figure le « Club 500 », qui regroupe des industriels slovaques : il a mis en cause le rôle du consultant (Price Waterhouse) et a fait état de son inquiétude de voir confier l’achèvement des deux blocs d’une centrale nucléaire à une société « qui ne fait pas partie des « grands » en Europe, qui ne gère aucune centrale en propre et n’a pas de compétences connues en matière de construction ou de démantèlement des centrales ». En outre, ces industriels craignent une forte augmentation du prix de l’énergie.
31 La compagnie gérant les forêts domaniales (Lesy SR), dont la valeur de 38 milliards de couronnes (1 milliard d’euros) aurait dû, selon le programme de la coalition de M. Dzurinda, être transformée en une société par actions détenue à 100 % par l’Etat. Mais le Parti de la coalition hongroise (SMK), qui « contrôle ce secteur », semble envisager une autre solution, celle d’une privatisation rampante, à l’instar de ce qui se passe en République tchèque, à laquelle s’opposent aussi bien le chef du gouvernement que son ministre des Finances, I. Miklos. De manière indirecte, cette question touche au dossier de la remise en état du Parc national du massif des Hautes Tatras, gravement endommagé par une tempête en novembre 2004 (qui a frappé 24 000 hectares de forêts, dont 50 % sont totalement détruits). Alors que les autorités semblent prêter l’oreille aux promoteurs et groupes financiers qui projettent une extension du domaine skiable et des aménagements touristiques, elles doivent tenir compte de ceux qui tiennent à restaurer ce site, en préservant son statut de parc national.
32 En ce qui concerne la compagnie des chemins de fer, qui a été divisée en deux sociétés distinctes, le débat porte sur le bien-fondé de la privatisation de celle responsable du fret bénéficiaire (Cargo Slovakia) ; un autre thème en discussion porte sur les conditions d’attribution, en 1999, d’un crédit de 200 millions d’euros à l’entreprise publique par la Banque européenne d’investissements (BEI), dont certaines demeurent toujours frappées du sceau de secret. Outre une réduction d’effectifs de 30 % d’ici à 2007, la BEI avait lié ce prêt à la suppression (ou à la privatisation, ou encore au transfert aux régions) de 32 lignes et de plus de 20 % des gares de marchandises, enfin, à la réduction des subventions qui ne devraient plus représenter en 2007 que 31 % de leur montant de 1999. Début 2005, afin de contenir le déficit budgétaire, l’Etat a procédé au transfert des lignes régionales (y compris d’autobus) aux collectivités. Par manque de ressources, certaines ont alors décidé de supprimer les réductions de tarifs accordées aux personnes âgées de plus de 70 ans et aux étudiants[16] [16] B. Ondrus, « Zeleznice taja podmienky 200 million oveho...
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33 La fin des charbonnages est programmée pour les prochaines années : les 3,7 millions de tonnes de charbon produits chaque année couvrent actuellement 75 % des besoins et il n’y a plus de réserves prouvées exploitables. La Slovaquie n’a jamais été autosuffisante et importe du charbon, moins cher, de Pologne et de République tchèque. En 1990, ce secteur employait 37 000 personnes, mais seulement 10 000 en 2004. En 2015-2020, la production ne devrait pas dépasser 1,8 million de tonnes par an. Les diminutions d’effectifs se sont faites progressivement sur les différents sites, sauf dans la région de Velky Krtis, une de ces vallées dites de la faim, où l’offre d’emplois est quasi-ment nulle. La mine Dolina employait 2 150 personnes en 1990, mais plus que 300 en 2004.
Social : le revers des expérimentations réformistes
34 La mise en avant de certaines réussites ne doit pas masquer les tensions latentes.
35 Celles-ci pourraient surgir à l’occasion de la décentralisation qui, mal conçue, risque d’avoir des conséquences lourdes pour les couches déjà les plus démunies.
36 Nous avons évoqué plus haut les effets sur les équipements publics (écoles, hôpitaux...), mais, début 2005, et malgré l’opposition de l’Association des villes et des communes slovaques, le gouvernement a fait passer une loi qui entraîne de nouveaux transferts de charges. Aux communes de trouver pour 2006 plus de 3 milliards de couronnes (78,2 millions d’euros), afin de financer certaines prestations sociales, comme les allocations au logement et la « prime d’activité » (1 500 couronnes par mois, soit 39 euros) versée aux chômeurs acceptant des travaux d’utilité publique ou le premier emploi venu. Ils étaient 114 000 à percevoir cette indemnité en mai 2005, et les plus nombreux dans l’est et dans le sud du pays, où précisément les communes disposent de ressources très modiques.
37 Il est également prévu de faire passer sous la responsabilité des collectivités territoriales la protection de l’enfance, ainsi que la prise en charge et la réinsertion des personnes handicapées.
38 Dans l’ensemble, les élus locaux considèrent que le désengagement de l’Etat, dicté par l’état des finances publiques sur lequel ils n’ont pas été consultés, n’a pas été conçu comme il aurait dû l’être dans le cadre de la décentralisation[17] [17] B. Ondrus, « Desat’tisice ludi môzu prist o miliardy...
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39 Les premiers concernés seraient les Tsiganes-Roms. Ils ont déjà manifesté avec violence contre leurs conditions de vie au début de 2004, après la suppression des allocations sociales dont ils bénéficiaient tout particulièrement, ce qui les poussa à émigrer, notamment vers la République tchèque[18] [18] J. Blaha, « Slovaquie 2003-2004. Dans l’antichambre...
suite. Malgré les efforts fournis par les communes où ils sont nombreux à vivre, qui leur proposent des travaux d’utilité publique, et des actions d’éclat, comme l’embauche de quelques dizaines de Roms par les aciéries d’US-Steel à Kosice, les ONG continuent à porter un regard plus que critique sur les résultats obtenus. Elles sont d’ailleurs confortées dans cette attitude par les résultats d’une vaste enquête menée par le Pnud au sein de la population rom en Europe centrale et orientale[19] [19] Faces of Poverty, Faces of Hope. Vulnerability Profiles...
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40 Même le gouvernement semble avoir pris conscience de la gravité de la situation. Un document émanant du ministère du Travail fait état de l’accentuation des différences régionales, de la pauvreté endémique dans les régions du centre et de l’est du pays et de l’existence de disparités considérables à l’intérieur même des régions, notamment en termes de salaires moyens. Seule la région de Bratislava dépasse de 38 % la moyenne nationale qui était, en 2004, de 16 020 couronnes (soit 417 euros) par mois, tandis que dans la région de Presov il était inférieur de 25 %. L’évolution des salaires nominaux ne fait qu’accroître ces différences (+ 13,2 % en 2004 pour Bratislava et sa région, contre + 5 % dans celle de Presov). Au moment où le chef de la coalition, M. Dzurinda se préparait à s’immerger, tout l’été, dans le pays, à bord de l’autobus de couleur bleu, signe distinctif de son parti, le SDKU, ouvrant ainsi une longue période de campagne électorale, les données brutes sur la situation du pays, fournies par ses administrations ne manqueront pas de le faire méditer sur les « correctifs à donner aux réformes » pour aller, avec sa coalition, au terme de son second mandat[20] [20] Document du ministère du Travail et des Affaires sociales...
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Annexe
Annexe
Chronologie
41 2004
42 28 mai-1erjuin
Bratislava accueille la session de l’Assemblée parlementaire de l’Otan.
43 12 juin
Le principal parti d’opposition Smer (centre gauche) absorbe le Parti social démocrate de Slovaquie, formation extra-parlementaire, et prend le nom de Smer-Démocratie sociale.
44 13 juin
Elections européennes destinées à pourvoir 14 sièges. Le taux de participation est le plus faible de tous les pays européens (16,97 %) (voir les résultats infra)
45 14 juin
Rudolf Schuster quitte le palais présidentiel, après avoir déposé des gerbes sur les tombes de personnages historiques : Ludovit Stur (1815-1856, leader du Mouvement national slovaque, dans le Royaume de Hongrie), Milan Rastislav Stefanik (1880-1919, astronome, militaire, à l’origine de la création de l’armée tchécoslovaque à l’étranger en 1914-1918 et du premier Etat indépendant tchécoslovaque) et Alexander Dubcek. Son successeur, Ivan Gasparovic, prend ses fonctions.
46 1erjuillet
La Poste slovaque est transformée en société par actions. L’opération a pour but de mettre sur un pied d’égalité le service public et les opérateurs privés.
47 6 juillet
I. Gasparovic signe deux lois en rapport avec l’UE. L’une contraint le gouvernement à obtenir l’aval du Parlement (ou de sa commission pour les affaires européennes) avant toute négociation à Bruxelles. La seconde porte sur les indemnités des eurodéputés, qui seront deux fois plus élevées que celles perçues par les parlementaires locaux.
48 12 juillet
Le gouvernement décide d’un plan de privatisation des Chemins de fer (ZSSK) qui devrait aboutir à la vente, au printemps 2005, de la société chargée du fret et rapporter 376 millions d’euros. ZSSK est la septième plus grande entreprise du pays avec 19000 employés.
49 28 juillet
Quatre compagnies d’électricité étrangères soumettent leurs propositions pour l’achat de 66 % des actions détenues par l’Etat dans l’entreprise Slovenské elektrarne. Trois sont retenues : la tchèque CEZ, l’italienne Enel et la russe Inter RAO. Verbund (Autriche) a été éliminée, car elle ne voulait pas prendre en charge le secteur nucléaire.
50 1eraoût
Publication du sondage régulier de l’Office slovaque des statistiques sur la popularité des hommes politiques (échantillon de 1 248 personnes) : R. Fico, dans l’opposition (22,9 %); V. Meciar, dans l’opposition (13,6 %) ; I. Gasparovic, chef de l’Etat (13,2 %) ; B. Bugar, Coalition hongroise, au pouvoir (12 %). Le chef du gouvernement, M. Dzurinda, ne recueille que 4,8 % d’opinions favorables.
51 1erseptembre
Le gouvernement décide d’accorder une compensation financière à ceux qui furent enrôlés dans les « bataillons techniques auxiliaires » (camps de travail en lieu et place du service militaire entre 1948 et 1954, auxquels étaient astreints ceux considérés comme « douteux », du fait de leur origine sociale ou de leur qualité d’intellectuel). Ils recevront − ou leurs veuves − 1 420 couronnes (soit 37 euros) pour chaque mois passé dans ces unités disciplinaires.
52 20-22 septembre
Marathon pour adopter six lois concernant la réforme du système de santé, annoncée dans le programme de la coalition en 2002. Minoritaire au Parlement, la coalition a reçu tour à tour l’appui des députés non inscrits et de l’opposition (Smer-SD, communistes et LS-HZDS).
53 4 octobre
Les partis de la coalition gouvernementale parviennent difficilement à un compromis sur le budget 2005. Pour maintenir le déficit budgétaire à 3,8 % du PIB, tous les ministères ont réduit leurs exigences financières. Les transports, l’environnement, la santé et le développement régional sont déclarés prioritaires pour 2005. Le budget est voté le 9 décembre.
54 1ernovembre
Lancement de la réforme des retraites : les Slovaques devront avoir recours à des fonds de pensions privés. Selon un sondage effectué par le ministère du Travail, l’approbation de cette réforme est passée de 37 % en juin 2004 à 60 % en octobre.
55 16 novembre
L’Institut de la mémoire nationale publie sur son site des documents ayant appartenu à la police secrète de la région de la Slovaquie de l’Est. Les noms de nombreux hommes politiques et notables y apparaissent. Un débat s’engage sur l’utilité d’une telle entreprise, quinze ans après le changement de régime. Ceux concernant les régions du Centre et de l’Ouest devraient être révélés au printemps 2005.
56 19 novembre
Catastrophe naturelle dans les massifs des Hautes Tatras. Des vents violents (jusqu’à 170 km /heure) touchent 24 000 ha de forêts et détruisent totalement 12 000 ha. Les dommages matériels dans cette zone touristique se chiffrent en milliards de couronnes.
57 5 décembre
Publication d’un sondage effectué en novembre sur les intentions de vote en cas d’élections législatives, qui donne les partis d’opposition largement en tête : Smer-SD 26,6 %, LS-HZDS 15,7 % et KSS 5,9 %. Les partis de la coalition obtiennent : KDH, 11,7 %, SMK, 11,6 %, SDKU 8,1 %, ANO 5,7 %. Les nationalistes du SNS (parti non parlementaire) sont crédités de 6,8 %.
58 11 décembre
Congrès du parti Smer, présidé par R. Fico. Ce dernier annonce l’unification de la gauche slovaque au niveau national et régional. Des négociations sont menées avec deux petites formations de gauche (SDA et SDL). A compter de janvier 2005, ce parti portera le nom de Smer-Socialni demokracie (Direction-Démocratie sociale).
59 2005
60 18 janvier
Les tensions au sein des services de police font une victime. Le ministre de l’Intérieur, V. Palko, démet de ses fonctions le chef du Bureau de la lutte contre la corruption, J. Satek, expérimenté et un peu trop zélé dans la traque des « affaires » dans les milieux politiques.
61 22-23 janvier
Commémoration du 60e anniversaire du massacre de 162 civils, perpétré en 1944 par l’unité de lutte contre les partisans (SS Edelweiss, composée aussi de Slovaques) dans deux villages de Slovaquie. Pour la première fois, un membre de l’ambassade d’Allemagne est présent. Au même moment se tient en Allemagne le procès de L. Niznansky, accusé d’avoir commandé ce massacre. Condamné à mort par contumace en 1946, on le retrouve dans les années 1960, directeur du Département des analyses sur la Tchécoslovaquie, à Radio Free Europe, à Munich (!), où il vit aujourd’hui, avec la nationalité allemande. Le parcours de ce grand criminel de guerre, très « protégé » durant plusieurs dizaines d’années, soulève bien des interrogations.
62 16 février
Après deux ans et demi de tractations, le gouvernement choisit un investisseur stratégique pour la compagnie d’électricité publique (SE). La compagnie italienne ENEL acquiert 66 %, pour 840 millions d’euros. C’est la vente la plus importante intervenue dans le cadre des privatisations.
63 24-25 février
Sommet Bush-Poutine à Bratislava. Les mesures de sécurité prises, par crainte de manifestations contre cette rencontre, mettent des quartiers entiers de la capitale en état de siège. Le 25, visite d’Etat de G.W. Bush. Les Slovaques demandent un assouplissement de la position américaine en matière de visas.
64 8 avril
Echec des négociations du ministre de l’Economie (P. Rusko) avec le commissaire européen à l’Energie (le Letton A. Pielbag) au sujet de la fermeture, en 2006 et en 2008, des deux réacteurs de Bohunice. L’UE exige que la Slovaquie agisse en conformité avec le calendrier prévu par le traité d’adhésion.
65 20 avril
Fin du conflit concernant les terrains où sera construite l’usine d’automobiles du Sud-Coréen KIA. Les 50 ha que leurs propriétaires refusaient de céder à l’Etat à bas prix (3,50 euros le m2 ), leur seront payés 8,80 euros, soit au total 4,5 millions d’euros de plus.
66 11 mai
Ratification parlementaire du traité constitutionnel européen par 116 voix sur 150. Les communistes (KSS), les chrétiens-démocrates (KDH) et trois non-inscrits ont voté contre.
67 17 mai
Par 79 voix contre et une abstention sur 149 députés présents, le projet de loi prévoyant de rendre payante la scolarité dans l’enseignement supérieur, déposé par les chrétiensdémocrates (KDH), est rejeté. L’Alliance du nouveau citoyen (ANO), un des partis de la coalition, vote contre. En septembre 2004, 82 % des Slovaques y étaient opposés, mais seulement 67 % en mars 2005.
68 30 mai
Selon l’Office slovaque des statistiques, R. Fico, opposition, est l’homme politique le plus populaire, avec 26 %, suivi par I. Gasparovic, chef de l’Etat, 15,1 %, V. Meciar 10,5 %, J. Slota, Parti national slovaque, B. Bugar, chef de la Coalition hongroise, et M. Dzurinda.
69 4 juin
Congrès national du LS-HZDS. L’emprise totale de V. Meciar sur ce parti, qu’il dirige depuis quatorze ans, est confirmée. Candidat unique, il est réélu avec 255 voix sur 257. Le nombre de vice-présidents est réduit de cinq à deux, signe d’une centralisation renforcée de ce parti.
70 5 juin
Le Parlement slovaque approuve « le stationnement sans limitation dans le temps » de l’unité de génie en Irak, forte d’un peu plus de 100 soldats. Il s’agit principalement de démineurs.
71 23 juin
Le Parlement adopte la loi sur la lutte contre la corruption et le crime organisé, préparée conjointement par le ministère de la Justice et les experts du parti d’opposition Smer. Le changement essentiel réside dans les dispositions suivantes : ce n’est plus à l’Etat de prouver, mais au citoyen, qu’un bien a été légalement acquis ; faute de quoi, le patrimoine excédant les revenus déclarés de plus de 169 800 euros pourra être saisi.
72 28 juin
Le Président, Ivan Gasparovic, annonce qu’il signera les documents de ratification du traité constitutionnel européen, même s’il considère, par ailleurs, que sous sa forme actuelle il s’agit d’un texte « mort-né ».
73 1erjuillet
La Cour spéciale et l’Office spécial du Procureur, deux institutions dont la création a été décidée en septembre 2004, entrent en fonction. Elles ont pour mission de combattre le crime organisé.
74 6 juillet
Motion de censure contre le gouvernement. Elle recueille 60 votes, 76 voix étant nécessaires pour le renverser.
75 15 juillet
De façon peu conventionnelle, devant des milliers de jeunes, lors d’un festival de musique, le ministre de la Défense, J. Liska, annonce la fin de la conscription à compter du 1er janvier 2006. La future armée professionnelle sera forte de 24 500 soldats. Les réservistes seront mobilisables en cas de crise grave entre 18 et 45 ans.
Principales formations politiques
76 Coalition gouvernementale
SDKU Union chrétienne et démocrate
KDH Mouvement chrétien-démocrate
SMK Parti de la coalition hongroise
ANOAlliance du nouveau citoyen
SF Forum libre (club parlementaire, scission au sein du SDKU en 2003)
77 Opposition parlementaire
LS-HZDS Parti populaire-Mouvement pour une Slovaquie démocratique
Smer Direction (absorbe en 2004 le Parti social-démocrate, SDSS et le Parti de la gauche démocratique, SDL, et porte depuis janvier 2005 le nom de « Smer-SD, Direction-Démocratie sociale »)
KSS Parti communiste
78 Nouveaux partis
HZD Mouvement pour la démocratie (fondé en 2002 par scission du LS-HZDS)
LU Union du peuple (fondé en 2003 par scission du LS-HZDS)
SNS Parti national slovaque (reconstitué en 2004 après une scission en 2001)
Résultats des dernières élections
79 ● Election présidentielle des 3 et 17 avril 2004*
Taux de participation : 47,94 % au premier tour, 43,50 % au second tour
-
-
80 ● Elections législatives des 20 et 21 septembre 2002
Taux de participation : 70,07 %
-
81 ● Référendum sur l’adhésion à l’Union européenne : 16 et 17 mai 2003
Taux de participation : 52,15 %
« oui » : 92,46
82 ● Elections au Parlement européen du 12 juin 2004
-
83 ● Ratification du TCE : 11 mai 2005
Le Parlement dit « oui » avec 116 voix pour, 27 contre et 4 abstentions
Composition du gouvernement (juin 2005)
84
- Premier ministre : Mikulas Dzurinda (SDKU)
- Vice-Premiers ministres :
- chargé des Finances : Ivan Miklos (SDKU)
- chargé de l’Intégration européenne, des Droits de l’homme et des Minorités : Pal Csaky (SMK)
- chargé de la Justice : Daniel Lipsic (KDH)
- chargé de l’Economie : Pavol Rusko (ANO)
- Ministres :
- Défense : Juraj Liska (SDKU)
- Intérieur : Vladimir Palko (KDH)
- Affaires étrangères : Eduard Kukan (SDKU)
- Agriculture : Zsolt Simon (SMK)
- Construction et Développement régional : Laszlo Gyurovszky (SMK)
- Culture : Frantisek Toth (ANO)
- Environnement : Laszlo Miklos (SMK)
- Santé : Rudolf Zajac (ANO)
- Education : Martin Fronc (KDH)
- Travail, Affaires sociales et Famille : Ludovit Kanik (SDKU)
- Transports, Postes et Télécommunications : Pavol Prokopovic (SDKU)
Bibliographie
Sélection bibliographique
Ouvrages
Boisserie (Etienne), Servant (Catherine) (sous la direction de), La Slovaquie face à ses héritages : horizons critiques de la culture slovaque contemporaine, L’Harmattan, Paris, 302 p.
Fonds monétaire international, Slovak Republic : Selected Issues and Statistical Appendix, IMF Country Report, n° 05/72, mars 2005, Washington, 112 p.
Henderson (Karen), Politics of Slovakia : Voters, Parties and Democracy 1989-2004, Routledge, Londres, 2004,224 p. Mission économique de Bratislava, Implantations françaises en Slovaquie, UBIFrance, Paris, 2005,93 p.
Mission économique de Bratislava, S’implanter en Slovaquie, UBIFrance, Paris 2004,140 p.
Mission économique de Bratislava, Les équipementiers automobiles en Slovaquie, Guide répertoire, UBIFrance, août 2004, Paris, 268 p.
OCDE, République slovaque, Etudes économiques de l’OCDE, Paris, janvier 2005,188 p.
Revues
Billaud (Cyrille), Richard (François), « Elections européennes de juin 2004 en Slovaquie, République tchèque et Pologne », Les études du CEFRES, n° 1, octobre 2004,37 p. (disponible sur le site w www.cefres.cz)
Blaha (Jaroslav), « Slovaquie. Dans l’antichambre de la prospérité » in Europe centrale et orientale 2003-2004. Retrouvailles européennes, Le courrier des pays de l’Est, n° 1044, juillet-août 2004, pp. 220-234.
Bucek (Jan) et al., « Slovaquie » (dossier : investissements étrangers, développement régional et tourisme, structures urbaines, régions rurales et privatisations agricoles), Hommes et terres du Nord, n° 4,2003, paru en juin 2005, (revue de l’UFR de Géographie et d’aménagement, Lille), pp. 3-62.
Deegan Krause (Kevin), « Uniting the Enemy : Politics and the Convergence of Nationalism in Slovakia », East European Politics and Societies, vol. 18, n° 4,2004, pp. 651-696.
Economist Intelligence Unit, « Slovakia », Country Report, Country Profile. Klobucky (Robert), Strapcova (Katarina), « L’usage du savoir dans la formulation des politiques publiques : le cas des recherches sur la population rom en Slovaquie », Revue internationale des sciences sociales, n° 179,2004, pp. 65-84.
Pazitny (Peter) et al., « Health Care Reform in Slovakia », CES ifo, DICE Report, vol. 3, n° 1,2005, pp. 67-75
Rybar (Marek), « The Presidential Election in Slovakia, april 2004 », Electoral Studies, vol. 24, n° 2,2005, pp. 333-338.
Vermeersch (Peter), « EU Enlargement and Immigration Policy in Slovakia and Poland », Communist and Post-Communist Studies, vol. 36, n° 1, mars 2005.
Notes
[ (1)] L. Andrassy, J. Topol, « Akoby Dzurindu a Meciara jedna mater mala » (« C’est comme si Dzurinda et Meciar avaient la même mère »), Slovo, n° 24,2005.
[ (2)] A ce titre, il est intéressant de noter les mouvements au sein des groupes parlementaires intervenus depuis 2002 : les quatre partis de la coalition gouvernementale disposaient de 78 députés en 2002, mais seulement de 69 en 2005, et les trois partis de l’opposition, respectivement de 72 et de 61. Tous, sauf Smer, qui a été rejoint par deux députés ont, soit gardé un nombre identique d’élus, soit en ont perdu. Alors qu’en 2002, il n’y avait aucun non-inscrit/indépendant, ils sont 21 en 2005. Certains ont formé en mai 2005 un groupe parlementaire appelé Forum libre (Svobodne Forum).
[ (3)] En mars 2005, l’Institut de la mémoire nationale (IMN) a rendu publique la dernière partie de la liste des 70 000 noms de collaborateurs de la police politique avant 1990. La révélation des noms de dignitaires des principales Eglises slovaques, jusque-là présentées comme des bastions de la résistance, a provoqué un véritable choc, certains allant jusqu’à demander qu’ils se démettent de leurs fonctions.
[ (4)] Un autre danger, perçu par certains comme une intrusion du Vatican dans le processus législatif, est la constitution d’une commission mixte d’experts gouvernementaux et du Saint-Siège, habilitée à amender les lois en préparation. J. Takacova, « Slovensko-kolonia Vatikanu » (La Slovaquie, une colonie du Vatican), Slovo n° 6,2005 ; V. Manka, « Kto potrebuje Zmluvu o vyhrade svedomia » (Qui a besoin d’un traité sur la clause de conscience ?) Slovo, n° 26, 2005.
[ (5)] Evaluation par l’Office des statistiques des intentions de vote en faveur des partis politiques représentés au Parlement à l’automne 2004 et au printemps 2005 : Smer : 30,2 % et 30,3 % ; LS-HZDS : 12,9 % et 13,8 % ; SMK : 12,2 % et 11,5 %; KDH : 11,3 % et 9,7 % ; SDKU : 8,2 % et 9,4 % ; ANO : 7 % et 5,9 % ; KSS : 5,4 % et 5 %.
[ (6)] Les dernières élections municipales, en 2002, ont vu se constituer des alliances locales inconcevables au niveau national (les élections législatives sont à la proportionnelle et les locales au scrutin majoritaire). De ce fait, l’influence d’une formation au niveau régional diffère de celle qu’il exerce au niveau national. Ainsi, le LS-HZDS est fort dans la région de Trencin, dans les zones rurales et les bourgs des régions du Centre et de l’Est. Smer-Démocratie sociale, bien implanté dans l’Est, se voit renforcé dans les régions de l’Ouest en alliant au SDL (Parti de la gauche démocratique, parti non parlementaire). La Coalition hongroise garde de solides positions dans les régions du Sud.
[ (7)] P. Weiss : « Opät’provokujuce Benesove dekréty » (Anouveau des provocations autour des décrets Benes), Slovo, n° 21,2005. Déclaration de E. Kukan devant les ambassadeurs slovaques réunis à Bratislava : « Je dois dire ouvertement que nous attendons de la partie hongroise l’élimination des mesures unilatérales et le respect aussi bien des accords signés sur la protection mutuelle des minorités, que de la législation européenne », Pravda, 28 juin 2005.
[ (8)] Lors de la partition effective au 1er janvier 1993, l’armée slovaque a reçu 24 MiG-29. Les 12 appareils en service en 2005 seront modernisés, mis aux normes de l’Otan. Le contrat de 130 millions de dollars (non compris le montant de l’achat des technologies nécessaires), signé en novembre 2004, entre partiellement dans le cadre du règlement de la dette russe (exsoviétique). Y participeront la firme russe RSK MiG Moscou, BAE Systems et Rockwell Collins. La Slovaquie a besoin de ces avions, selon les militaires, en tout cas, pour ces dix prochaines années. Mais même rénovés, les appareils slovaques ne pourront pas prendre part aux opérations conjointes de l’Alliance et resteront confinés dans des missions de défense du territoire. Voir Trend, n° 6,2005. Voir également, J. Blaha, « Trois « novices » dans l’Otan : quelles conséquences pour l’industrie ?», Le courrier des pays de l’Est, n° 1032, février 2003, pp. 19-27.
[ (9)] The Economist Intelligence Unit,«Slovakia », Country Report, février 2005.
[ *] PME Sans Frontières Magazine (trimestriel), n° 2, 2005.
[ (10)] Constat établi par le rapport annuel de la Banque mondiale, Doing Business in 2005.
[ (11)] Pavol Rusko, ministre de l’Economie, dans un entretien accordé au magazine PME sans frontières, a déclaré à l’intention des entreprises françaises qui redoutent les lenteurs administratives et judiciaires : « En Slovaquie centrale, le salaire moyen est de 250 euros. L’impôt sur les bénéfices est de 19 % et les dividendes ne sont pas taxés. Citez une région de France où les entreprises peuvent trouver de telles conditions (...), où l’enregistrement d’une société dure cinq jours et l’obtention d’une licence d’activité sept jours », PME sans frontières magazine, n° 2,2005, pp. 30-31.
[ (12)] B. Balogova « KIA Expands its Plans. State Must Pay its Share », The Slovak Spectator, 6-12 juin, n° 22,2005. A l’origine, l’investissement du constructeur automobile sud-coréen, de 700 millions d’euros, qui doit créer 2 400 emplois, a été assorti d’une enveloppe d’aides publiques de 220 millions d’euros, approuvée par l’UE. Or, en dévoilant, fin mai 2005, son intention de porter la capacité de l’usine de Zilina de 200 000 à 300 000 véhicules, ce qui représente 135 millions d’euros d’investissements et 700 emplois supplémentaires, KIAa mis le gouvernement dans l’embarras. Celui-ci devra trouver, sans doute dans le budget, un peu plus de 20 millions d’euros. Fin 2005, KIAva employer 500 personnes, dont 56 cadres coréens. Le nombre de postulants était de 4 500 à la mi-juin 2005, dont deux tiers possédant un diplôme d’études supérieures et parlant l’anglais.
[ (13)] Interview de N. Iwamoto, de Panasonic, dans Narodna obroda du 26 mai 2005. B. Balogova, « Cabinet Scuppers Hankook Deal : Incentives Package Proves too Big for Cabinet », The Slovak Spectator, n° 27,2005. Malgré l’euphorie qui avait suivi l’annonce par Hankook de son installation en Slovaquie (plutôt qu’en Pologne ou en Hongrie), le gouvernement décide le 6 juin 2005 de rejeter les exigences de l’investisseur (verser des subventions de 21 % au lieu de 15 % pour un investissement estimé à 500 millions d’euros) que le budget ne peut pas assumer, notamment pour aménager des routes d’accès au site de Levica. La discussion tourne désormais autour du montant des aides publiques à la création d’emplois : les chiffres cités seraient de 49 000 euros (Hyundai/KIA), de 36 000 euros (Peugeot/Citroën) et de 42 000 euros (Hankook).
[ (14)] B. Balogova, « Disparity Threatens Regions with Atrophy » et « World Bank : Migration Proposed as Poverty Fix », The Slovak Spectator n° 28,2004.
[ (15)] B. Balogova, « Reason to Celebrate Slovakia Turns One : Tapping Funds to Close Gaps », The Slovak Spectator, n° 16,2005.
[ (16)] B. Ondrus, « Zeleznice taja podmienky 200 million oveho uveru » (Les Chemins de fer dissimulent les conditions d’un prêt de 200 millions), Slovo n° 21,2005. D’après l’ONG, Les amis de la terre (Priatelia Zeme), malgré une décision de justice, l’entreprise d’Etat a refusé de lui fournir ainsi qu’au coordinateur de la CEE Bankwatch Network pour la Slovaquie (P. Mihok), la moindre information sur l’utilisation des sommes empruntées, en se réfugiant derrière le secret commercial.
[ (17)] B. Ondrus, « Desat’tisice ludi môzu prist o miliardy korun » (Des dizaines de milliers de personnes peuvent perdre des milliards de couronnes), Slovo, n° 19,2005.
[ (18)] J. Blaha, « Slovaquie 2003-2004. Dans l’antichambre de la prospérité », Le courrier des pays de l’Est, n° 1044, juillet-août 2004, pp. 220-234. Pravo, 22 juillet 2005, signale une vague d’immigration vers les Pays tchèques en raison de la situation socio-économique, en donnant comme exemple un quartier de Kosice (la cité Lunik IX) où vivent 5 400 Tsiganes-Roms : le chômage frise les 99 %, et seules quelques dizaines de personnes travaillent chez US Steel Kosice ; les arriérés de loyers se montent à 170 millions de couronnes (4,4 millions d’euros) et la quasi-totalité des factures d’électricité et de gaz est impayée.
[ (19)] Faces of Poverty, Faces of Hope. Vulnerability Profiles for « Decade of Roma Inclusion » Countries, PNUD/ONU, 2005, sur le site http :// vulnerability.undp.sk, est la suite d’un premier rapport publié en 2002. Les données portent sur 10 pays. Cette publication marque le lancement de la « décennie pour l’inclusion des Roms » et pour leur démarginalisation en Europe. Voir également Libération, 4 février 2005.
[ (20)] Document du ministère du Travail et des Affaires sociales intitulé « Rapport sur la situation socio-économique dans les régions de la Slovaquie et les mesures envisagées pour effacer les différences régionales pour la fin du mandat électoral »; cité par A. Behunova, « Vladna sprava : chudoba narasta » (Rapport gouvernemental : la misère augmente), Slovo, n° 28,2005.
Résumé
Le gouvernement de coalition de centre droit a engagé depuis 2002 des réformes radicales et procédé à une cure d’austérité. A la moitié de son mandat, en 2004, M. Dzurinda, pourtant en minorité au Parlement, était toujours décidé à les poursuivre, malgré des dissensions au sein de la coalition et une menace d’élections législatives anticipées ; il dut néanmoins en différer certaines. A l’automne 2005 auront en effet lieu des élections régionales et municipales, suivies des législatives mi-2006. Les succès économiques obtenus, reconnus par les milieux d’affaires et les organisations internationales, sont certains. En effet, si le stock des investissements étrangers était de 2,1 milliards de dollars en 1998, fin 2004, il était de 11,5 milliards. Les conditions d’accueil sont en effet très bonnes : aides gouvernementales, allant même au-delà des attentes, main-d’œuvre qualifiée peu onéreuse, législation sociale minimale. La quasi-tota-lité du secteur public, à l’exception des forêts domaniales, dernière «poule aux œufs d’or», a été privatisée. Ce tableau optimiste doit cependant être tempéré. La Slovaquie manque d’infrastructures et d’une politique régionale un tant soit peu volontariste, face aux grandes disparités régionales. A cet égard, une aide est attendue de l’UE, au travers des fonds structurels. L’assainissement des finances publiques n’est pas sans provoquer des tensions, dans les services à la population, tels la santé, les transports, l’éducation, alors que la décentralisation est pour l’heure réduite à des transferts de charges, et sans ressources suffisantes. Le parti Smer-Démocratie sociale, ayant réussi à unifier la gauche, pourrait bien, dans ces conditions, être le vainqueur du scrutin de 2006, à condition de trouver un allié solide, chose peu fréquente dans la politique slovaque.
Slovakia Reforms Against All Odds Since 2002, the center-right coalition government has carried out radical reforms and an austerity program. In 2004, halfway through his term of office, M. Dzurinda, in the parliamentary minority, was determined to continue them, despite divisions within the coalition and the threat of early legislative elections ; he was, nevertheless obliged to renege on some of them. In the fall of 2005, regional and municipal elections will take place, followed by the mid-2006 legislative elections. The business community and international organizations have recognized the country’s economic success. While foreign investments reached 2.1 billion dollars in 1998, these were at 11.5 billion at the end of 2004. Incentives are very good : government aid extending even beyond demand, an inexpensive skilled workforce, minimal social legislation. Nearly all of the public sector, with the exception of the national forests, the last «goose with the golden eggs», was privatized. Yet, optimism must be qualified. Slovakia lacks infrastructures and its regional policy is not particularly voluntarist with regard to its sharp regional disparities. To this end, aid is expected from EU structural funds. The rehabilitation of public finances has caused tension in social services, such as health, transport, and education, while decentralization can be reduced to cost transfer, all of which could result in changing the political majority. The SMER − Social Democracy Party, which has succeeded in unifying the leftist spectrum, could be the winner of the 2006 elections, on the condition that it finds a solid ally, something rather rare in Slovak politics.
PLAN DE L'ARTICLE
- Plans de bataille avant les échéances électorales
- Relations de bon voisinage et atlantisme affirmé
- Economie toujours au beau fixe
- Social : le revers des expérimentations réformistes
- Annexe
POUR CITER CET ARTICLE
Jaroslav Blaha « Slovaquie 2004-2005 Des réformes contre vents et marées », Le Courrier des pays de l'Est 4/2005 (n° 1050), p. 232-250.
URL : www.cairn.info/revue-le-courrier-des-pays-de-l-est-2005-4-page-232.htm.











