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AuteurLiliane Petrovic du même auteur
Centre d’études des modes d’industrialisation (EHESS), Paris. Manuscrit clos en juin 2005Si, en 2004, l’entrée de la Hongrie dans l’Union européenne (UE) a occupé le devant de la scène, dans les coulisses, et au sein même de la coalition de gauche au pouvoir depuis avril 2002, avait lieu un règlement de comptes dont la principale victime fut le Premier ministre, Peter Medgyessy, qui a été poussé à démissionner de son poste par le Parti socialiste dont il fut pourtant le poulain et dont la cote de popularité était alors au plus bas dans les sondages. Certes, son remplacement ne se fit pas sans confrontations entre la vieille garde et la relève du Parti socialiste (MSzP), mais l’action gouvernementale, tant sur le plan intérieur qu’extérieur, n’a guère connu d’infléchissement. Quant à la situation économique, après quelques années de ralentissement de la croissance, elle s’avère plutôt favorable. Toutefois, le différend entre la Banque centrale et le gouvernement a pesé lourd sur la conduite de la politique monétaire. Par ailleurs, si l’inflation ne fait plus problème, c’est le déficit persistant des finances publiques qui risque de compromettre l’entrée dans la zone euro à l’horizon 2010.
Joutes politiques, mais pour quels enjeux ?
● Un remaniement technique du gouvernement
2 Si le renversement du gouvernement Medgyessy, fin août 2004, a pu sembler brutal, de nombreux signes l’annonçaient. Le Parti socialiste, dont Peter Medgyessy n’était pas membre, mais auquel il était redevable de son poste de Premier ministre, a pris progressivement ses distances vis-à-vis de ce dernier[1] [1] D’après les sondages de l’Institut Szonda Ipsos, P. ...
suite. Après les élections européennes (13 juin 2004), qui donnèrent l’avantage à l’opposition, Ferenc Gyurcsany, alors ministre de la Jeunesse et des Sports, présenta sa démission au Premier ministre, qui lui demanda de patienter jusqu’au remaniement ministériel envisagé en raison de dissensions sur le budget 2005.
3 P.Medgyessy avait, en effet, l’intention de remplacer le ministre du Travail et de l’Emploi, Sandor Burany (MSzP), et celui de l’Economie, Istvan Csillag (SzDSz). Or, quand la décision fut prise, ce dernier, soutenu par son parti, refusa de quitter le gouvernement.
4 Peter Medgyessy, croyant avoir le contrôle de la situation, décida alors de le révoquer et s’en expliqua, le 18 août, devant la presse. Mais la SzDSz (Alliance des démocrates libres), n’acceptant pas qu’une telle mesure soit prise à l’encontre de l’un de ses membres, annonça qu’elle retirait sa confiance au Premier ministre. Ce dernier répliqua en lui adressant un ultimatum : ou elle s’inclinait, ou dans le cas contraire, il quitterait ses fonctions. La réponse à cet ultimatum lui fut donnée deux jours plus tard, non par la SzDSz, mais par les socialistes[2] [2] Le gouvernement Medgyessy restera dans l’histoire post-communiste...
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5 P. Medgyessy pouvait soit engager la procédure de « motion de censure constructive » prévue par la Constitution, soit présenter sa démission directement au président de la République. Dans le premier cas, qui avait la préférence des deux partis de la coalition, non seulement cette démission devait être avalisée par un cinquième des députés, mais ceux-ci devaient en même temps approuver à la moitié des voix plus une (soit 194 sur un total de 386) la candidature d’un nouveau Premier ministre[3] [3] La « motion de censure constructive », introduite en...
suite, en l’occurrence Ferenc Gyurcsany, exministre de la Jeunesse et des Sports, désigné par le Parti socialiste, lors de son Congrès du 25 août. Mais Peter Medgyessy opta pour la seconde solution et présenta sa démission ce même 25 août, avec pour conséquence le report de quelques semaines de la nomination de son successeur[4] [4] Théoriquement, le président de la République aurait pu...
suite.. Ce dernier, Ferenc Gyurcsany, né en 1961 dans un milieu ouvrier, fut d’abord instituteur, puis diplômé d’économie de l’Université de Pecs et entra en 1984 dans l’Alliance des jeunes communistes (KISZ), pour changer ensuite de trajectoire Au début des années 1990, il fut consultant financier, puis créa une société de portefeuille, Altus. (Il est devenu l’un des cent hommes les plus riches de Hongrie). Il rejoignit les rangs du Parti socialiste en 2000[5] [5] The Budapest Sun, 26 août 2004, vol. XII, n° 35. ...
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6 Proche de P. Medgyessy, il fut l’un de ses conseillers, avant d’être chargé, en 2003, du portefeuille de la Jeunesse et des Sports. Mais les rapports entre les deux hommes devaient se dégrader après les élections européennes de juin 2004, F. Gyurcsany convoitant, sem-ble-t-il, le poste de Premier ministre.
7 Depuis qu’il occupe ce poste, il a acquis une certaine popularité, notamment du fait de sa participation à de très nombreux débats publics, ainsi qu’à des émissions de télévision, habituellement consacrées à des personnalités non politiques. Dans la joute qui va opposer, lors des élections législatives de 2006, le Parti socialiste et l’Alliance civique, le charisme de leurs leaders respectifs, F. Gyurcsany (44 ans) et l’ex-Premier ministre (de 1998 à 2002)
8 Viktor Orban (41 ans), pèsera sans doute plus dans la balance que leurs programmes politiques : le premier apparaît, grâce à « ses bonnes manières », ses compétences et son dynamisme, mieux à même de défendre les couleurs du Parti socialiste que la « vieille garde », aux commandes jusqu’à présent, tandis que le second est considéré comme l’homme politique de droite le plus influent de Hongrie. La focalisation du débat politique sur ces deux hommes pourrait, par ailleurs, laisser au second plan la rhétorique populiste de ces dernières années.
● Parti socialiste contre Alliance civique
9 L’ascension de Ferenc Gyurcsany ne s’est pas déroulée sans heurts. En effet, ce ne fut pas lui que désignèrent d’abord les caciques du Parti socialiste pour remplacer Peter Medgyessy, mais Peter Kiss[6] [6] Peter Kiss (né en 1959), a, tout comme Ferenc Gyurcsany,...
suite, qui dirige l’Office du Premier ministre. F. Gyurcsany qui obtint, lors du congrès du 25 août 2004,453 voix, contre 166 à son rival, Peter Kiss, ne dut en fait son investiture qu’à une forte mobilisation des responsables régionaux. D’après certains observateurs, le Parti socialiste, très fragmenté, ressemble plus à une confédération de groupes d’intérêts locaux qu’à un véritable parti, F. Gyurcsany appartenant au groupe Györ-Moson-Sopron (il est à la tête du Parti socialiste de cette région depuis janvier 2004). L’élection à la direction nationale du MSzP, en octobre 2004, d’un de ses alliés, Istvan Hiller, a fait basculer le rapport de forces en faveur de ceux qui souhaitaient opérer des changements en son sein, afin de l’aligner, tant par son organisation que par ses pratiques, sur les principaux partis européens d’orientation social-démocrate. Celui-ci va donc devoir non seulement mener une campagne en vue des élections législatives du printemps 2006, mais également se réformer. Les remaniements ministériels, effectués durant l’année 2005, montrent bien que l’intention du Premier ministre est de constituer une équipe soudée et attachée à gagner sur les deux tableaux.
10 Début mai 2005, F. Gyurcsany, dont les convictions politiques sont considérées comme étant plus à gauche que celles de son prédécesseur, a présenté au Parlement le « Programme des cent pas » : « Il n’y a pas une seule clé ouvrant la porte vers le succès, il n’y a pas une seule réforme qui manque à l’appel, mais il faut faire encore beaucoup de pas, des douzaines et des douzaines. Symboliquement, nous dirons qu’il faut encore en faire cent »[7] [7] http :/ / www. meh. hu/ english/ activities/ briefing/ en_ 20050503. html. ...
suite. Ce programme concerne la politique de l’emploi, les systèmes de santé et de retraite, l’éducation, le régime fiscal, les collectivités locales, appelées à coopérer avec le gouvernement central et tous les représentants de la société civile. En juin 2005 a ainsi été lancée une campagne intitulée «100 pas − questions, réponses », à laquelle ont pris part des ministres et des secrétaires d’Etat, qui se sont rendus dans 160 villes pour expliquer l’impact de ces réformes pour l’emploi, la formation professionnelle, la santé et les aides à la famille. Le message envoyé aux électeurs est que, contrairement à la FIDESz, le MSzP ne se contentera pas de promettre, mais agira. Ainsi, devrait intervenir prochainement une réduction de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, compensée par les recettes qui proviendront de la légalisation de l’économie informelle, auxquelles s’ajoutera une baisse des dépenses de l’Etat[8] [8] The Budapest Sun, 2 juin 2005, vol. XIII, n° 22. ...
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11 Face à l’offensive du gouvernement, la FIDESz a adopté un profil bas. De façon générale, elle cherche d’ailleurs à éviter de prendre les postures agressives qui ont contribué à sa défaite électorale en 2002. Elle se montre donc beaucoup plus conciliante, prenant soin de souligner les aspects positifs des propositions présentées par les socialistes, comme la réduction des impôts, même si elle continue à dénoncer certaines erreurs. En mai 2005, donc à moins d’un an des élections législatives, la FIDESz devançait toujours dans les sondages le MSzP(respectivement 31 % et 24 %). Mais il faut considérer cette tendance avec précaution : à la veille des élections législatives d’avril 2002, le bloc électoral formé par la FIDESz et le Forum démocratique (MDF) était donné gagnant, mais ce fut le MSzP qui l’emporta.
● Un référendum, deux gagnants ?
12 En septembre 2004, le Parlement décidait à l’unanimité, à la suite de la demande de l’Union mondiale des Hongrois (MVSz)[9] [9] Selon la Constitution, l’organisation d’un référendum...
suite, regroupant des communautés vivant à l’étranger, d’organiser un référendum le 5 décembre 2004. Fallait-il donner aux Hongrois de souche résidant en Roumanie, en Slovaquie, en Slovénie, en Croatie et en Serbie-et-Monténégro (à l’exclusion de tout autre pays) et possédant la « carte hongroise » (selon la loi sur « les Hongrois ethniques » du 1er janvier 2002) la double nationalité ?
13 Mais une autre question, dans un tout autre registre, était aussi posée[10] [10] Les deux questions posées par le référendum étaient...
suite : fal-lait-il mettre un terme à la privatisation des hôpitaux[11] [11] C’est le Parti travailliste (extrême gauche) qui a demandé...
suite ? Pour que ce scrutin soit validé, le nombre de suffrages exprimés sur chacune des deux questions devait représenter au moins le quart du total des électeurs inscrits. Or, bien que le « oui » l’ait emporté (à 51,6 % en ce qui concerne la double nationalité et à 65 % pour l’arrêt du processus de privatisation des hôpitaux), la condition d’une participation minimum n’a pas été remplie (ont voté « oui » respectivement 18,9 % et 23,9 % des inscrits).
14 Ce référendum, bien qu’ayant été invalidé, a été interprété comme une victoire aussi bien pour l’opposition que pour la coalition au pouvoir. La FIDESz, qui appelait à se prononcer pour le « oui » à chacune des deux questions et qui a même, par la suite, intégré ces thèmes dans son programme politique, se félicita de ce que les électeurs aient répondu à son appel. De son côté, le MSzP, qui avait mené campagne pour le « non », soulignait le faible taux de participation, reflet, à ses yeux, d’un rejet des propositions de la FIDESz.
15 Les sondages d’opinion réalisés après cette consultation ont indiqué une baisse de popularité des deux formations, plus prononcée dans le cas de la FIDESz. Selon certains observateurs, c’est la question relative à la privatisation des hôpitaux, plus que celle sur les Hongrois de l’étranger qui a le plus incité les électeurs à se rendre aux urnes, soulignant ainsi le peu d’intérêt qu’ils portent au statut de leurs compatriotes vivant hors des frontières du pays.
● Election présidentielle : victoire du candidat de l’opposition
16 Le président de la République, dont le rôle est surtout honorifique, est élu par le Parlement, à bulletins secrets. Si aucun des candidats n’obtient la majorité requise des deux tiers lors du premier ou du deuxième tour, un troisième est organisé, à la majorité simple, l’ensemble du processus ne devant pas durer plus de trois jours consécutifs. Le 7 juin 2005, Laszlo Solyom, candidat de l’opposition, a ainsi été élu après trois tours, ni les partis au pouvoir, ni ceux de l’opposition n’ayant été en mesure de mobiliser les voix des deux tiers des députés. Les deux composantes de la coalition gouvernementale ne s’étaient pas mises d’accord sur une candidature commune, la SzDSz (Alliance des démocrates libres) refusant celle de Katalin Szili, qu’elle considérait comme une personnalité trop impliquée dans le Parti socialiste, même si elle était présidente du Parlement et très populaire. Ce parti tenait, en effet, à ce que le prétendant à la présidence ne soit affilié à aucun parti et a donc donné pour mot d’ordre à ses élus de s’abstenir au premier tour, espérant ainsi contraindre le MSzP à se rallier à l’une des personnalités qui avaient ses faveurs. Ce ne fut pas le cas, et les députés de la SzDSz ne participèrent ni au deuxième, ni au troisième tour, permettant ainsi l’élection du candidat de l’opposition. Avant de donner son investiture à la candidature de Laszlo Solyom, la FIDESz avait tenté de convaincre Ferenc Madl, Président sortant, non affilié, et qui fut son candidat lors de l’élection de 2000, de briguer un second mandat, mais en vain[12] [12] Bien que Ferenc Madl ait annoncé qu’il ne briguerait...
suite. Le nouveau chef de l’Etat, âgé de 63 ans, juriste de renommée internationale et qui fut président de la Cour constitutionnelle de 1990 à 1998, pourrait, selon les observateurs, chercher à étendre les prérogatives, limitées, attachées à cette fonction par la Constitution. Bien qu’il ait été soutenu par la FIDESz, il se défend d’être un « homme d’appareil », et a affirmé à plusieurs reprises qu’il avait été « le candidat de la société civile »[13] [13] Le Monde, 7 juin 2005. ...
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Après l’adhésion à l’UE
17 L’adhésion de la Hongrie à l’UE, le 1er mai 2004, a donné une autre dimension à ses relations avec ses voisins non-membres, lui donnant voix au chapitre pour s’opposer parfois à ses partenaires européens. Ainsi, Ferenc Gyurcsany a très vigoureusement dénoncé la décision de l’UE d’ajourner l’ouverture des négociations d’adhésion avec la Croatie, certains Etats membres, à la suite du rapport de la procureure générale du Tribunal pénal international de La Haye pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), Carla del Ponte, estimant que Zagreb ne coopérait pas suffisamment. Budapest a par ailleurs mis en doute la fiabilité des rapports des services de renseignement occidentaux (britanniques, en particulier), selon lesquels le gouvernement croate saurait où se trouve le général Ante Gotovina, inculpé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité par le TPIYet en fuite depuis 2001. Selon les Hongrois, un pays tout entier ne doit pas être sanctionné pour les fautes d’un seul de ses ressortissants.
18 Le Premier ministre hongrois a vivement encouragé le projet d’intégrer l’UE du nouveau Président de l’Ukraine, Viktor Iouchtchenko, faisant sur ce point cause commune avec la Pologne, également limitrophe de l’Ukraine. Néanmoins, pour la plupart des autres Etats membres, l’adhésion de l’Ukraine n’est pas à l’ordre du jour.
19 Ironie de l’histoire, alors que la Hongrie est opposée à une harmonisation fiscale plus poussée au sein de l’UE, c’est un Hongrois, Laszlo Kovacs, ancien leader du Parti socialiste et exministre des Affaires étrangères, qui a été désigné commissaire en charge de la Fiscalité et de l’Union douanière.
20 Au lendemain du rejet par les Français du traité constitutionnel européen (TCE), F. Gyurcsany a invité ses partenaires à procéder à une « évaluation calme de la situation », soulignant que le résultat du référendum français « n’était pas fatal pour l’Europe.
21 L’Union européenne à 25 est tout à fait opérationnelle, compte tenu des traités actuellement existants »[14] [14] Office du Premier ministre, h http :/ / www. meh. hu/ english/ activities/ events/ referendum...
suite. La Hongrie a été parmi les premiers pays à ratifier le TCE, son Parlement ayant approuvé ce texte dès décembre 2004. Les hommes politiques hongrois ont été particulièrement satisfaits d’avoir obtenu que la mention des droits des minorités figure, dans le TCE, au nombre des valeurs de l’UE. Toutefois, pour éviter que cette disposition ne soit en contradiction avec les principes constitutionnels d’un certain nombre de démocraties occidentales, dont la France, qui ne reconnaissent pas les droits collectifs, le TCE fait explicitement référence aux droits individuels des « personnes appartenant à des minorités ». Le statut des communautés hongroises vivant dans les Etats voisins est, en effet, une question très sensible en Hongrie, tout au moins pour une certaine catégorie de la population, comme l’a montré la faible participation au référendum sur la double nationalité. Si le gouvernement actuel se montre plus conciliant que ses prédécesseurs à l’égard des pays d’accueil, un retour au pouvoir de la FIDESz, qui a fait de ce thème l’un de ses chevaux de bataille, risquerait de réactiver les tensions dans toute la région.
22 Dans un tout autre registre, l’ouverture des frontières aux produits agricoles, depuis le 1er mai 2004, n’est pas sans poser de graves problèmes aux paysans hongrois, qui voient certaines de leurs productions menacées. Acela s’ajoutent des dysfonctionnements dans le versement des aides européennes, effectué avec retard ou pas du tout, ce qui a provoqué des manifestations tout au long du mois de mars 2005. En avril, Imre Nemeth, ministre de l’Agriculture, fut remercié et remplacé par J. Graf, dont l’une des premières mesures fut de renvoyer le directeur de l’agence chargée de distribuer les subventions européennes.
23 Après avoir, fin décembre 2004, retiré d’Irak son contingent de 300 hommes, Budapest a décidé de participer à une mission de l’Otan dans ce pays en affectant, jusqu’au 30 septembre 2006, 150 hommes à une unité de 1 500 militaires, qui sera chargée, à partir de l’été 2005, d’assurer l’entraînement des forces de sécurité irakiennes[15] [15] Etant donné qu’il s’agit d’une mission de l’Otan,...
suite. La Hongrie a également proposé de mettre au service de l’Alliance atlantique, en Irak, 77 tanks T-72, de conception assez ancienne, il est vrai. Ces différents gestes en direction des Etats-Unis et de l’Otan visent à lui permettre de « compenser » son incapacité à aligner ses dépenses consacrées à la défense sur le niveau fixé aux pays membres de l’Alliance, d’autant que celles-ci ont été réduites de 5 % dans le budget pour 2005. Tout en soulignant combien son intégration à l’Otan était importante pour la Hongrie, F. Gyurcsany a reconnu que « la situation du pays ne permettait pas d’augmenter ces dépenses, car il doit faire face à d’autres obligations, comme celles liées à son entrée dans la zone euro »[16] [16] The Budapest Sun, 2 juin 2005, vol. XIII, n° 22. ...
suite.
Economie : une croissance solide
24 La croissance de l’économie hongroise, après avoir atteint un pic en 2000 (5,2 %), a décéléré progressivement durant les années 2001-2003, mais a rebondi en 2004 avec un taux de 4,2 % (contre 2,2 % dans l’UE-15 et 4,5 % dans les huit nouveaux membres de l’Est). D’après les données de l’Office central des statistiques (KSH), publiées en juin 2005, la progression du PIB a été, par rapport à celle enregistrée durant la même période de l’année précédente, relativement vigoureuse au premier semestre de 2004 (4,5 %), mais s’est ralentie au cours du second (4 %). Les performances de 2004 sont dues au dynamisme, et des investissements privés et des exportations, tandis que la consommation des ménages enregistrait des taux d’augmentation modérés et qui se sont considérablement ralentis au dernier trimestre par rapport à la même période de l’année précédente. La production industrielle a affiché une hausse de 8,3 % en volume (6,4 % en 2003) et le secteur agricole a opéré un rétablissement particulièrement spectaculaire (+36,3%, contre - 4 % en 2003), grâce à une récolte exceptionnelle, liée notamment à de bonnes conditions météorologiques. Selon les estimations d’Eurostat, le PIB par habitant, mesuré en standards de pouvoir d’achat (SPA), atteignait, en 2004,61 % de la moyenne de l’UE-25, ce qui situait la Hongrie, pour cet indicateur, au vingtième rang[17] [17] Selon cet indicateur, la Hongrie est devancée par la Slovénie...
suite.
25 Au premier trimestre de 2005, la croissance n’a été que de 2,9 %, d’après des estimations officielles provisoires[18] [18] Office central des statistiques (KSH). ...
suite, ses deux principaux moteurs, les investissements et les exportations, ayant été soumis à une baisse de régime notable par rapport à la même période de l’année précédente (respectivement + 6,8 %, contre + 18,4 %, et + 6,2 %, contre + 19,3 %). Quant à la production industrielle, elle n’a progressée que de 1,7 %. Néanmoins, la plupart des observateurs prévoient une reprise de l’activité au cours de second semestre de 2005, qui ne sera cependant pas suffisante pour permettre à l’économie hongroise de dépasser sa performance de 2004. Ainsi, les prévisions de croissance pour 2005 sont-elles de 3,4 % pour l’EIU, de 3,6 % pour l’OCDE, de 3,7 % pour le FMI et de 3,9 % pour la Commission européenne[19] [19] OCDE, Perspectives économiques de l’OCDE, n° 77. ...
suite. Les économistes de la BERD sont très optimistes et tablent sur un taux de 5 %, bien supérieur à celui estimé par la Banque centrale (3,3 %) ou par le gouvernement (4 %)[20] [20] Berd, Transition Report Update, mai 2005 ; Government...
suite. Pour 2006, tous (à l’exception de la Commission européenne)
26 s’attendent à des résultats meilleurs, mais à peine supérieurs à ceux de 2005 : 3,9 % pour l’OCDE, 3,8 % pour le FMI, la Commission européenne et l’EIU, 3,6 % pour la Banque centrale et 4,2 % pour le gouvernement.
● Marché du travail, salaires, prix
27 Après avoir constamment reculé durant les premières années de l’ère post-communiste, l’emploi total s’inscrit à la hausse depuis 1998, selon les statistiques officielles. En 2004, celle-ci a été de 0,8 %, grâce au secteur privé (1,5 %)[21] [21] Ces données ne concernent que les unités employant au...
suite, les offres d’emploi dans le secteur public ayant été, conformément à ce qu’avait annoncé le gouvernement, en recul de 1,3 % par rapport à l’année précédente. Cette tendance s’est poursuivie durant les premiers mois de 2005 : au premier trimestre, les effectifs avaient diminué de 1,4 % dans le secteur public, mais augmenté de 0,6 % dans le secteur privé (au total, l’emploi a progressé de 0,1 % au cours de cette période).
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28 Le salaire moyen mensuel brut a atteint, en 2004,145 700 forints (soit l’équivalent de 579 euros)[22] [22] Le montant en euros est calculé sur la base du taux de...
suite. Les salaires les plus élevés ont été versés dans le secteur financier (1 288 euros) et les plus modestes dans l’industrie textile et du cuir (309 euros). La hausse des salaires bruts, en termes nominaux, s’est chiffrée à 6,1 %, pour l’ensemble de l’économie (9,3 % dans le secteur privé et seulement 0,7% dans le secteur public). Les salaires nets en termes réels, dont le montant moyen mensuel s’est établi en 2004 à 93 783 forints (soit 373 euros), ont diminué de 1 % dans l’ensemble de l’économie. Dans le secteur public, après avoir enregistré d’importantes revalorisations en 2001, 2002 et 2003 (respectivement 9,4 %, 21,1 %, et 12,7 %), les salaires réels nets ont chuté de 5 % en 2004. Cette évolution a été quelque peu infléchie dans les premiers mois de 2005 : le treizième mois au titre de 2004 a, en effet, été versé en janvier et, ce même mois, les salaires ont été relevés de 7,5 % ; une nouvelle hausse de 4,5 % est prévue pour septembre, ces deux mesures devant se solder sur l’ensemble de l’année par un accroissement en termes réels de l’ordre de 5 %. Le gouvernement envisage de financer ces hausses de salaires par une poursuite des réductions d’emplois dans le secteur public, avec l’encouragement des départs anticipés à la retraite. Au cours du premier trimestre de 2005, le salaire moyen brut a progressé de 6,5 % dans le secteur privé et de 13,7 % dans l’ensemble de l’économie, tandis qu’en net et en termes réels il a été majoré de plus de 10 % au total (21,7 % dans le secteur public et 4,5 % dans le privé).
29 En mars 2005, son montant moyen mensuel se chiffrait à 103 886 forints (soit 424 euros), dont 127 104 forints (519 euros) dans le secteur public et 94 219 forints (384 euros) dans le secteur privé[23] [23] Calculé sur la base du taux de change moyen au premier...
suite. L’écart entre les deux secteurs (en l’occurrence, de 35 % environ en faveur de secteur public) est en réalité moins important qu’il n’y paraît, étant donné la pratique assez répandue dans le secteur privé des « dessous de table », seule une partie des salaires étant déclarée. Le « Programme des 100 pas », que le gouvernement Gyurcsany a présenté au Parlement le 2 mai 2005, comporte, entre autres, des mesures visant à éradiquer de telles pratiques et, de façon plus générale, à combattre l’économie « grise » et « noire ».
30 D’après une enquête réalisée selon les critères de l’Organisation internationale du travail, le taux de chômage s’est élevé à 6,1 % en 2004 (contre 5,9 % en 2003). Au cours du premier trimestre de 2005, ce taux a atteint 7,1 % (contre 6,1 % durant les trois premiers mois de 2004), restant néanmoins inférieur à celui enregistré dans certains pays de la zone euro.
31 En 2004, l’indice des prix à la consommation a connu une hausse de 6,8 % (2 % dans l’UE-15). Parmi les huit nouveaux entrants, seule la Slovaquie a enregistré une progression plus prononcée. Néanmoins, après une accélération de l’inflation durant les cinq premiers mois de 2004 et un pic de 7,6 % en mai, lié à l’adhésion à l’UE, le second semestre a vu ce rythme se ralentir progressivement jusqu’à s’établir à 5,5 % en décembre.
32 Durant les premiers mois de l’année 2005, la désinflation s’est poursuivie (3,7 % en glissement, pour la période de janvier-avril). Après avoir été ramenée, en février 2005, à 3,2 % (soit le niveau le plus bas depuis les débuts de la transition), l’inflation est repartie à la hausse en mars (3,5 %) et en avril (3,9 %), principalement en raison de la hausse des cours mondiaux du pétrole.
33 Ainsi, les prix des carburants se sont envolés en mars et en avril, jusqu’à dépasser de 7,7 % leur niveau de décembre 2004. Les tarifs de l’électricité, qui ont été relevés de 6,9 % (en moyenne) en mars, ont également contribué à alimenter l’inflation.
34 L’objectif fixé par la Banque centrale (Magyar Nemzeti Bank ou MNB) pour 2005 est un taux moyen annuel de 3,3 %[24] [24] Magyar Nemzeti Bank (MNB), Quarterly Report on Inflation,...
suite.
● Une politique monétaire toujours aussi controversée
35 Depuis l’attaque spéculative lancée contre le forint à la fin de 2003[25] [25] Voir Liliane Petrovic, « Hongrie 2003-2004. En bonne santé...
suite, la Banque centrale a maintenu les taux d’intérêt à un niveau élevé, bien que le taux de base ait été abaissé en 2004 de 12,5 % à 9,5 % (très prudemment et en sept fois), puis à nouveau durant les cinq premiers mois de 2005 (en cinq fois), pour s’établir en mai à 7,25 %.
36 En 2004, la Hongrie avait les taux d’intérêt les plus élevés de toute l’Europe élargie et, malgré les baisses successives, ils demeurent à un niveau conséquent, aussi bien en termes nominaux que réels. Ils ont permis de maintenir un forint fort (251 forints pour 1 euro en moyenne, en 2004 et 245 forints environ durant les trois premiers mois de 2005), ce qui, à son tour, a contribué à contenir l’inflation. Pour sa part, le gouvernement considère que le forint fort pénalise les exportations, avec les conséquences que l’on sait sur la croissance et sur les recettes budgétaires, et que la désinflation peut être obtenue par d’autres moyens que ceux employés par la MNB. Par ailleurs, il souhaite également alléger le service de la dette, ce que permettrait une baisse des taux d’intérêt. Les relations entre le gouvernement, de gauche, et la Banque centrale, dirigée par Zsigmond Jarai, qui fut ministre des Finances dans l’une des équipes conduites par Viktor Orban (FIDESz), sont donc assez conflictuelles[26] [26] Z. Jarai a quitté le ministère des Finances du gouvernement...
suite. Faute d’avoir trouvé un terrain d’entente, Ferenc Gyurcsany a décidé de modifier la composition du Conseil monétaire.
37 Ainsi, aux termes d’une loi, adoptée à la fin de 2004, le nombre de membres de ce Conseil passe de neuf à treize jusqu’en 2007, pour être ensuite ramené à onze. Par ailleurs, alors qu’il revenait, avant le vote de ce texte, au gouverneur de la MNB de proposer des candidats pour la totalité des postes, qui devaient ensuite être acceptés par le Premier ministre et nommés par le président de la République, celui-ci est désormais habilité à désigner cinq des membres du Conseil. Dès le 31 janvier 2005, le Premier ministre nommait, en vertu de cette loi, quatre nouveaux membres pour une période de six ans, afin de faire pencher la balance au sein du Conseil monétaire en faveur d’un assouplissement de la politique des taux d’intérêt. Z. Jarai n’a pas caché son mécontentement et a accusé le gouvernement de l’avoir mis devant le fait accompli, alors qu’il aurait dû être consulté avant que ces nominations ne soient entérinées. De plus, il a déclaré désapprouver l’entrée dans le Conseil de certains de ses nouveaux membres.
38 Depuis le 1er mars 2005, date de l’entrée en fonction des nouveaux membres du Conseil élargi, le taux de base a été abaissé trois fois de suite et est passé de 8,25 % à 7,25 %. Pour autant, la monnaie nationale ne s’est que modérément affaiblie, sa parité en mai (moyenne mensuelle) s’étant établie à 252 forints pour 1 euro. En juin, elle s’est à nouveau appréciée (247,9 forints pour 1 euro)[27] [27] Source : MNB. ...
suite. D’après les prévisions de certains experts le taux de change en 2005 devrait se situer entre 250 et 253 forints pour 1 euro[28] [28] Sandor Richter, « Hungary : Healthy Growth, Sick...
suite, tandis que pour d’autres, le risque d’une soudaine fuite des capitaux volatils n’est pas à exclure, ce qui entraînerait alors un affaiblissement de la devise (260 forints pour 1 euro)[29] [29] EIU, Country Report, « Hungary », mai 2005. ...
suite.
● Un déficit budgétaire difficile à contenir
39 Calculé selon les normes européennes (SEC 95), le déficit des administrations publiques, qui s’est élevé en 2004 à 5,4 % du PIB, a dépassé les prévisions initiales (3,8 %). De fait, il a été révisé à la hausse à deux reprises, d’abord en mai 2004 (4,6 %), puis en septembre (5-5,3%). Après inclusion dans le budget des cotisations aux fonds de pension privés (autorisée par Eurostat jusqu’en mars 2007), le déficit ne représente plus que 4,5 % du PIB.
40 En janvier 2005, le Conseil des affaires économiques et financières de l’UE (Ecofin) a engagé, à la demande de la Commission européenne, une procédure pour déficit excessif à l’encontre de la Hongrie, en raison de l’incapacité (ou du manque de volonté) du gouvernement de respecter les objectifs fixés.
41 C’est le seul des nouveaux entrants à avoir été ainsi pointé du doigt, même si d’autres présentent des déficits supérieurs à 3 % du PIB. Toutefois, dans la mesure où elle n’est pas encore membre de la zone euro, elle ne fera l’objet, ni d’une surveillance budgétaire renforcée, ni des sanctions prévues en cas de dépassement du seuil.
42 Conformément aux objectifs fixés dans le Programme de convergence pour 2004-2008, présenté à la Commission européenne le 1er décembre 2004, le gouvernement envisage de ramener en 2005 le déficit des administrations publiques à 4,7 % du PIB ou 3,8 %, après intégration des cotisations aux fonds de pension. Il devrait ensuite être réduit progressivement pour finalement passer sous la barre des 3 % en 2008, permettant dès lors à la Hongrie d’adopter l’euro en 2010.
43 Selon des chiffes préliminaires, le déficit budgétaire s’est élevé, au cours de la période allant de janvier à mai 2005, à 837,7 milliards de forints (3,4 milliards d’euros), ce qui correspond à 81,9 % du montant prévu pour l’ensemble de l’année. Ce résultat montre que la maîtrise des finances publiques est encore loin d’être acquise, ce qui laisse présager bien des excès à l’approche des élections législatives du printemps 2006. Or, comme le rappelle la Berd, « de nouveaux dérapages budgétaires risquent d’entraîner une volatilité accrue du taux de change et de déstabiliser l’économie », d’autant que « environ 30% des titres d’Etat, libellés en forints, sont détenus par des non-résidents »[30] [30] Berd, Transition Report Update, mai 2005. ...
suite.
44 Au début d’avril 2005, le ministre des Finances, Tibor Draskovics, non affilié, a présenté un projet de reforme fiscale, que le Premier ministre a rejeté, car « insuffisamment ambitieux ». Il fut pour cette raison limogé et remplacé par Janos Veres[31] [31] J. Veres (48 ans) a des intérêts dans l’agro-alimentaire,...
suite, membre du Comité exécutif du Parti socialiste. Ce changement, intervenu un an avant les élections législatives, a suscité des interrogations. Etant donné l’affiliation du nouveau ministre, sa nomination pourrait indiquer que le gouvernement s’apprête à adopter pour 2006 un « budget électoral »[32] [32] Business News, 19 avril 2005. ...
suite, dont le déficit sera sans doute considérable. D’autres estiment, au contraire, que J. Veres, qui avait soutenu sans hésitations le programme d’austérité de 1995, connu sous le nom de « plan Bokros », est de taille à lancer les réformes structurelles préalables à une mise en circulation de l’euro en 2010.
● Des comptes extérieurs dans le rouge
45 D’après les données de l’Office central des statistiques, les échanges extérieurs ont connu, en 2004, une croissance vigoureuse, qu’il s’agisse des exportations (+ 14,9 %) ou des importations (+ 11,6 %), le rythme très rapide au premier semestre s’étant ralenti au second. Bien que le déficit commercial ait diminué, la balance des transactions courantes s’est creusée, pour atteindre 8,9 % du PIB (contre 8,7 % en 2003), selon les estimations de la MNB, ou encore 9,4 % (contre 8,9 % en 2003) d’après l’OCDE[33] [33] OCDE, Perspectives économiques de l’OCDE, n° 77. ...
suite. La balance des services étant presque équilibrée, l’origine de cette dégradation est à rechercher dans la balance des revenus, fortement déficitaire, en raison d’une augmentation du service de la dette extérieure et des bénéfices rapatriés. Une analyse plus fine montre que c’est l’endettement de l’Etat, effectué en vue de financer le déficit budgétaire, qui a la plus grande part de responsabilité dans le déficit courant : le montant des intérêts dus à ce titre sont passés de 823 millions d’euros en 2003 à 1,3 milliard en 2004. Quant aux bénéfices des investisseurs étrangers, ils ont été pour moitié (soit 1,8 milliard d’euros d’après les estimations de la Banque centrale) réinvestis en Hongrie en 2004, et intégrés au chiffre des investissements directs étrangers (IDE).
46 Ces derniers, toujours selon la MNB, se sont élevés à 2,9 milliards d’euros en 2004 ou encore 3,4 milliards, en incluant les prêts des sociétés mères à leurs filiales en Hongrie. D’après les prévisions du ministère de l’Economie et des Transports, les IDE continueront à affluer en Hongrie en 2005, grâce notamment à la vente de la division Gaz par la compagnie MOL au géant allemand E.ON-Ruhrgas pour un montant de 775 millions d’euros et à la cession de la part encore détenue par l’Etat (11,8 %) dans cette même compagnie, évaluée à 830 millions d’euros.
Les mois qui ont suivi la visite du président Jacques Chirac à Budapest, en février 2004, ont été marqués par d’intenses échanges politiques, économiques et diplomatiques, comme en témoignent les nombreuses visites de ministres français en Hongrie et inversement. Le 24 mars 2005, « l’Année de l’économie hongroise en France » a été inaugurée : elle donnera lieu à diverses manifestations (salons professionnels, conférences), organisées à Paris et dans différentes régions françaises, et auxquelles participeront de nombreuses sociétés hongroises.
En avril, Patrick Devedjian, ministre délégué à l’Industrie, s’est rendu à Budapest, accompagné de 26 dirigeants d’entreprises (transports, énergie, environnement, NTIC).
Ces manifestations ne peuvent que contribuer à renforcer des liens économiques déjà fort développés. Pour la Hongrie, la France, qui est son quatrième client et son sixième fournisseur, représente l’un de ses principaux partenaires commerciaux.
En 2004, le commerce entre les deux pays a continué de progresser, affichant une hausse de 2,7 % en euros. Pour la sixième année consécutive, le solde des échanges a été déficitaire pour la France (- 62 millions d’euros), bien que les exportations françaises aient augmenté de 6,6 % et que les importations en provenance de Hongrie aient reculé de 0,9 %. La Hongrie se situait, en 2004, au 31e rang des clients de la France et était son 30e fournisseur.
Les six groupes de produits, dont la part dans les ventes françaises en Hongrie dépasse 78 %, sont restés les mêmes au cours de ces dernières années. Il s’agissait en 2004 par ordre décroissant des produits chimiques, en caoutchouc ou en plastique (17 %), des produits de l’industrie automobile (16,9 ), des composants électriques et électroniques (13,8 ), des produits pharmaceutiques, de parfumerie et d’entretien (13 %), des équipements mécaniques (10,4 %) et des équipements électriques et électroniques (7,2 %). Quant aux importations françaises, elles sont toujours concentrées sur quelques postes, dont les appareils électriques et électroniques (24,3 %), les équipements du foyer (23,4 %) et les composants électriques et électroniques (9,2 %). Le taux de couverture des importations par les exportations a été supérieur à 97 %, soit un résultat similaire à celui de 2002.
La France se situe au troisième rang parmi les investisseurs étrangers (en stock) en Hongrie, derrière l’Allemagne et les Etats-Unis. Plus de 350 entreprises françaises sont implantées dans ce pays. On citera, à titre d’exemples, EDF, GDF, Suez (énergie) ; Renault, Peugeot, Citroën, Valeo, Michelin, Le Bélier (automobile); Cora, Auchan, Bricostore (grande distribution) ; Sanofi-Aventis, Servier (chimie-pharmacie) ; Danone, Bonduelle, Bongrain (agro-alimentaire) ; Bouygues, Colas, Sade, Vinci (BTP).
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47 La Hongrie est, parmi les nouveaux membres, le plus grand investisseur à l’étranger, avec 1,3 milliard d’euros en 2003, mais seulement 390 millions en 2004. Sont particulièrement actives la compagnie pétrolière MOL, la banque OTP, le groupe de télécommunications Matav et, dans une moindre mesure, Richter (produits pharmaceutiques), ainsi que BorsodChem (chimie). Des entreprises plus petites commencent à faire de même, notamment dans les régions frontalières abritant des populations d’origine hongroise.
48 En 2004, près de la moitié du déficit de la balance des transactions courantes a été financée par des flux « non créateurs de dette » et le reste par l’emprunt à l’extérieur. D’après les données de l’Office central des statistiques, durant les trois premiers mois de 2005, avec 6,2 %, la hausse des exportations, bien que moins prononcée que lors de la même période de l’année précédente (19,3 %) ou du dernier trimestre de 2004 (10,8 %), reste notable et supérieure à celle des importations (4,8 %, contre 13,5 % durant la période correspondante de 2004). On soulignera que, libellées en forints, les exportations n’ont augmenté que de 3 % et les importations de 1,5 %. En revanche, en euros, la progression est respectivement de 10 % et de 8 %, ce qui signifie que le forint s’est apprécié vis-à-vis de l’euro d’environ 7 %.
49 Les réserves de change de la Banque centrale se sont élevées à 11,7 milliards de dollars à la fin de décembre 2004, soit l’équivalent de trois mois d’importations (2,9 mois à la fin de 2003). La dette extérieure totale a atteint 56,8 milliards d’euros, fin décembre 2004, et représentait 70,8 % du PIB (contre respectivement 47,6 et 65 % fin 2003)[34] [34] Source : MNB. ...
suite. En 2005, les difficultés liées à l’ajustement fiscal que rencontre le gouvernement ne permettent pas d’envisager une réduction importante du déficit extérieur.
Annexe
Annexe
Chronologie
50 2004
51 13 juin
Election des vingt-quatre députés hongrois au Parlement européen. La FIDESz (Alliance civique), premier parti d’opposition, affiliée au PPE-DE, arrive en tête, avec 12 sièges.
52 (voir les résultats ci-dessous).
53 21 juin
La Banque centrale maintient son taux de base à 11,50 %, considérant que la « politique monétaire doit rester prudente ».
54 22 juin
● Le Premier ministre rencontre à Washington le Président américain, George W. Bush. P. Medgyessy déclare que son pays est déterminé à maintenir ses 300 hommes en Irak, au moins jusqu’à la fin de 2004.
● Le gouvernement et les entreprises pharmaceutiques décident d’un commun accord de geler les prix des médicaments.
55 18-19 juillet
Le ministre de la Défense, Ferenc Juhasz, rend visite aux soldats hongrois stationnés en Irak.
56 24 juillet
Dans un discours prononcé lors d’une séance de l’Université d’été Balvanyos en Transylvanie, Viktor Orban, leader de la FIDESz, principal parti d’opposition, demande qu’une plus grande autonomie soit accordée aux régions de Roumanie peuplées essentiellement par des Hongrois de souche.
57 17 août
La Banque centrale abaisse son taux de base de 11,5 % à 11 %.
58 18 août
P. Medgyessy lance un ultimatum au SzDSz (Alliance des démocrates libres) : soit Istvan Csillag, ministre de l’Economie et des Transports, membre de ce parti, quitte le gouvernement, soit lui-même présente sa démission au président de la République, ce qu’il sera effectivement contraint de faire le 25 août.
59 20 août
Ferenc Gyurcsany, ex-ministre de la Jeunesse et des Sports, annonce son intention de présenter sa candidature au poste de Premier ministre. Le 25 août, le Congrès du Parti socialiste en prend acte par 453 voix (sur un total de 624), son rival, Peter Kiss, n’en obtenant que 166.
60 14 septembre
Le Parlement décide à l’unanimité d’organiser un référendum sur l’attribution de la double nationalité aux Hongrois de souche vivant dans des pays voisins, à la demande de l’Union mondiale des Hongrois qui a collecté 273 000 signatures. Le vote aura lieu le 5 décembre.
61 25 septembre
Ibolya David, présidente sortante du Forum démocratique hongrois (MDF), est réélue, par 322 voix sur 413, à la tête de ce petit parti d’opposition, pour une période de cinq ans. Début septembre, après l’échec d’une tentative d’éviction d’I. David par quelques députés, ceux-ci avaient été exclus du parti. Ils considéraient que toutes les formations de droite, y compris le MDF, devaient se rassembler sous la bannière de la FIDESz. Après sa réélection, I. David a déclaré que le MDF garderait son indépendance.
62 29 septembre
La nomination de Ferenc Gyurcsany au poste de Premier ministre est approuvée par le Parlement. Le 4 octobre, le gouvernement prend ses fonctions.
63 16 octobre
Le congrès du MSzP (Parti socialiste) élit Istvan Hiller (40 ans) à sa tête. Il succède à Laszlo Kovacs, qui quitte par ailleurs le ministère des Affaires étrangères pour assumer, à Bruxelles, les fonctions de commissaire européen en charge de la Fiscalité et de l’Union douanière, à partir du 22 novembre. Ferenc Somogyi lui succède le 1er novembre.
64 19 octobre
La Banque centrale ramène le taux de base de 11 % à 10,5 %. Deux nouvelles baisses interviendront avant la fin de l’année, l’une le 23novembre (10 %), et l’autre le 21décembre (9,5 %).
65 5 décembre
Référendum : « Faut-il accorder la double nationalité aux Hongrois de souche vivant dans les pays voisins ?» (Notamment 1,5 million en Roumanie, 600 000 en Slovaquie, 300 000 en Voïvodine (Serbie). « Faut-il abroger la loi prévoyant la privatisation des services de santé et des hôpitaux ?». Le « oui » arrive en tête sur les deux questions, mais le référendum est invalidé pour participation insuffisante (36,9 %).
66 20 décembre
Le Parlement ratifie le traité constitutionnel européen par 304 voix contre 9.
67 2005 25 janvier
La Banque centrale abaisse à nouveau son taux de base de 9,5 % à 9 %. Elle prendra une décision similaire le 22 février (8,25%), le 29 mars (7,75 %) et le 26 avril (7,5 %) et le 24 mai (7,25 %).
68 31 janvier
Le Premier ministre nomme quatre nouveaux membres du Conseil monétaire, en vertu de la loi adoptée à la fin de 2004 sur la composition de cette institution, qui vise à accroître l’influence du gouvernement sur la politique monétaire. Ces nouveaux membres sont l’exéconomiste en chef de la Banque centrale, Judit Nemenyi, les universitaires Tamas Banfi et Csaba Csaki et un professeur d’économie, Peter Bihari. Ils prendront leurs fonctions le 1er mars.
69 14 février
Andras Bozoki succède à Istvan Hiller au poste de ministre du Patrimoine culturel. Ce dernier, à la tête du MSzP depuis octobre, entend se consacrer à plein temps à son parti, dans la perspective des élections législatives du printemps 2006.
70 24 mars
L’Année de l’économie hongroise en France est inaugurée.
71 25 mars
Le ministre des Affaires étrangères, Ferenc Somogyi, rencontre à Paris son homologue français, Michel Barnier. Le même jour, il est reçu par Xavier Darcos (Coopération, Développement et Francophonie). Les deux entretiens portent sur les questions bilatérales, un an après la visite à Budapest du Président français, ainsi que sur certains dossiers européens (notamment les perspectives financières 2007-2013) et internationaux.
72 15 avril
Katalin Szili, présidente du Parlement, est désignée par le Parti socialiste pour être sa candidate à l’élection présidentielle, contre Ferenc Glatz, qui présida l’Académie des sciences.
73 18 avril
Le Premier ministre annonce le départ du ministre des Finances, Tibor Draskovics, non affilié, qui avait été nommé par P.Medgyessy, dont il était un fidèle allié. Il sera remplacé par Janos Veres, membre du Comité exécutif du Parti socialiste et directeur des ressources humaines dans les services du Premier ministre, après avoir été secrétaire d’Etat au ministère des Finances. Il sera le troisième ministre des Finances des gouvernements issus de la coalition, formée en 2002 par les socialistes et les démocrates libres.
74 25 avril
Après trois ans passés à la tête du ministère de l’Agriculture et du Développement régional, Imre Nemeth est remplacé par Jozsef Graf. Tous les deux appartiennent au Parti socialiste.
75 2 mai
Le Premier ministre, Ferenc Gyurcsany, présente le « Programme des 100 pas » au Parlement.
76 26-27 mai
Le Premier ministre, F. Gyurcsany, accompagné d’un groupe d’hommes d’affaires, se rend à Belgrade et en Voïvodine, entité de Serbie qui abrite une communauté hongroise d’environ 300 000 personnes.
77 6-7 juin
Au premier tour de l’élection présidentielle, Katalin Szili, candidate du Parti socialiste, obtient les voix de 183 députés sur les 199 qui participent au vote, tandis que Laszlo Solyom, investi par la FIDESz, n’en recueille que 13, trois bulletins s’étant avérés nuls. Bien que censés soutenir l’un ou l’autre de ces postulants, les députés de la FIDESz et de la SzDSz se sont abstenus. Au second tour, K. Szili obtient 178 voix et L. Solyom 185. Ce dernier remporte la victoire au troisième tour, pour lequel n’est plus exigée que la majorité simple, par 185 voix (sur un total de 368 suffrages exprimés), contre 182 à K. Szili, les élus de la SzDSz ayant continué à jouer la carte de l’abstention. Elu président de la République hongroise, L. Solyom prendra ses fonctions le 5 août.
78 Principales formations politiques MSzP Parti socialiste FIDESz-MPSZ Alliance civique SzDSzAlliance des démocrates libres MDF Forum démocratique FKgP Parti des petits propriétaires MIEP Parti pour la justice et la vie (extrême droite)
79 Centrum Centre pour la solidarité hongroise Munkaspart Parti travailliste (extrême gauche)
80 KDNP Parti populaire chrétien-démocrate Résultats des dernières élections ● Election présidentielle des 6 et 7 juin 2005 Le président de la République est élu par le Parlement pour une période de cinq ans et ne peut exercer que deux mandats. Le 7 juin 2005, au terme du troisième tour de scrutin, qui avait commencé la veille, Laszlo Solyom, candidat de l’Alliance civique (FIDESz) et soutenu par le Forum démocratique (MDF), deux partis se situant à la droite de l’échiquier politique, a été élu chef de l’Etat.
81 Précédents présidents de la République :
Arpad Göncz, fondateur de l’Alliance des démocrates libres (SzDSz), élu le 3 août 1990 et réélu le 19 juin 1995 ; Ferenc Madl, sans parti , candidat de la coalition FIDESz-MDF-FKgP (Parti des petits propriétaires)
82 élu le 6 juin 2000.
83 Prochaine échéance présidentielle : juin 2010 ● Elections législatives des 7 et 21 avril 2002 Taux de participation : 70,53 % au premier tour, 73,51 % au second
2006 ● Référendum sur l’adhésion à l’Union européenne : 12 avril 2003 Taux de participation : 45,62 % « Oui » : 83,76 % ● Elections au Parlement européen du 13 juin 2004 Taux de participation : 38,5 % ● Ratification du traité constitutionnel européen : 20 décembre 2004 Le Parlement dit « oui » par 304 voix contre 9.
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84 Composition du gouvernement (juin 2005)
85
- Premier ministre : Ferenc Gyurcsany (MSzP)
- Ministres :
86
- Affaires étrangères : Ferenc Somogyi (indépendant, nommé par le MSzP)
- Défense : Ferenc Juhasz (MSzP)
- Finances : Janos Veres (MSzP)
- Intérieur : Monika Lamperth (MSzP)
- Economie et Transports : Janos Koka (indépendant, nommé par la SzDSz)
- Agriculture et Développement régional :
Jozsef Graf (MSzP) - Santé : Jeno Racz (indépendant, nommé par le MSzP)
- Justice : Jozsef Petretei, (indépendant, nommé par le MSzP)
- Travail et Emploi : Gabor Csizmar (MSzP)
- Education : Balint Magyar (SzDSz)
- Patrimoine culturel : Andras Bozoki (indépendant, nommé par le MSzP)
- Environnement et Gestion de l’eau : Miklos Persanyi (SzDSz)
- Technologies de l’information et Télécommunications : Kalman Kovacs (SzDSz)
- Jeunesse, Famille et Egalité des chances :
Kinga Goncz (indépendante, nommée par MSzP)
- Logement, Tourisme et Développement régional : Istvan Kolber (MSzP) (sans portefeuille)
- Affaires européennes : Etele Barath (MSzP)
(sans portefeuille)
- Office du Premier ministre : Peter Kiss (MSzP)
Bibliographie
Sélection bibliographique
Ouvrages
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Fonds monétaire international, Hungary : Financial System Stability Assessment Update, Including a Report on the Observance of Standards and Codes on Insurance Regulation, IMF Country Report n° 05/212, juin 2005,44 p.
Keresztély (Krisztina), Kovacs (Robert), « Budapest et la Hongrie : la réforme administrative à l’assaut de la centralisation », in L’élargissement de l’Union européenne : réformes territoriales en Europe centrale et orientale, L’Harmattan, 2005, 250 p.
Lacombe (Robert), Budapest, collection Villes en mouvement, Editions Autrement, Paris, 2004,181 p. Mission économique de Budapest, La présence française en Hongrie, UBIFrance, 2005,156 p.
Molnar (Miklos), Histoire de la Hongrie, Perrin, Paris, 2004,469 p.
OCDE, Hongrie, Collection Etudes économiques, Paris, 2005,220 p. Sandor (Marai), Mémoires de Hongrie, Albin Michel, Paris, 2005,423 p.
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Depraz (Samuel), « Action environnementale et démocratie locale en Hongrie post-socialiste », in L’environnement à l’Est : le modèle européen à l’épreuve, Revue d’études comparatives Est-Ouest, vol. 36, n° 1, mars 2005, pp. 33-62.
Economist Intelligence Unit, « Hungary », Country Report, Country Profile. « Hongrie » (dossier), Transitions et sociétés, n° 6,2004, pp. 17-100.
Keresztély (Krisztina), « Budapest, villepont culturelle ?», Revue d’études comparatives Est-Ouest, vol. 36, n° 2, juin 2005, pp. 39-70.
Koulish (Robert), « Hungarian Roma Attitudes on Minority Rights : the Symbolic Violence of Ethnic Identification », Europe-Asia Studies, vol. 57, n° 2,2005, pp. 311-326.
Naszalyi,(Philippe), « Les banques coopératives, parties prenantes de la croissance économique en Hongrie », Humanisme et entreprise, n° 265,2004, pp. 57-72.
Petrovic (Liliane), « Hongrie. En bonne santé, malgré quelques remous », in Europe centrale et orientale 2003-2004.
Retrouvailles européennes, Le courrier des pays de l’Est, n° 1044, juillet-août 2004, pp. 81-98.
Petrovic (Liliane), « Hongrie », in Tableau de bord des pays d’Europe centrale et orientale (sous la direction de Jean-Pierre Pagé), Les Etudes du CERI, n° 111, décembre 2004, pp. 22-29.
Notes
[ (1)] D’après les sondages de l’Institut Szonda Ipsos, P. Medgyessy recueillait après sa nomination en 2002 plus de 60 % d’opinions favorables et ce chiffre était de 50 % en juillet 2004. Ce résultat n’est pas si mauvais pour un Premier ministre au bout d’un peu plus de deux ans d’exercice du pouvoir, mais ce dernier a surtout pâti de la désaffection des partis de la coalition gouvernementale à son égard. Parallèlement, la montée de la FIDESz dans les sondages d’opinion, deux années avant les élections législatives, ne pouvait qu’inciter les socialistes à prendre leurs distances vis-à-vis de lui.
[ (2)] Le gouvernement Medgyessy restera dans l’histoire post-communiste de la Hongrie comme le premier à ne pas avoir réussi à exercer ses fonctions durant toute une législature.
[ (3)] La « motion de censure constructive », introduite en 1990, est prévue par la Constitution. La question de confiance ne met en cause que la responsabilité du Premier ministre et ne concerne pas les différents ministres. Si la défiance est votée, un nouveau premier ministre doit être désigné simultanément, ce qui est une sorte de garantie de la stabilité politique.
[ (4)] Théoriquement, le président de la République aurait pu demander à la FIDESz de constituer un nouveau gouvernement en s’alliant avec le MDF, mais ces deux partis n’avaient pas la majorité au Parlement et la solution consistant à inviter la SzDSz à rejoindre leur coalition a dû être écartée, puisque les libéraux ont décidé de continuer à faire cause commune avec le MSzP, qui avait déjà été leur partenaire dans le gouvernement de 1994 à 1998.
[ (5)] The Budapest Sun, 26 août 2004, vol. XII, n° 35.
[ (6)] Peter Kiss (né en 1959), a, tout comme Ferenc Gyurcsany, commencé sa carrière politique au sein de l’Alliance des jeunes communistes (KISZ), dont il fut, lui aussi, l’un des dirigeants. Fondateur du MSzPet du Rassemblement des jeunes de gauche, il a été élu député en 1992 à Rakospalota-Ujpest. Ministre de l’Emploi de 1995 à 1998, il a été chargé du même portefeuille en 2002, dans le gouvernement Medgyessy, avant d’être nommé, en février 2003, à la tête de l’Office du Premier ministre. Il passe pour être un homme calme et simple, qui a toujours cherché à désamorcer les conflits aussi bien au Parlement que dans son parti. Ses adversaires le considèrent un peu « terne ». 
[ (7)] http ://www.meh.hu/english/activities/briefing/en_20050503.html.
[ (8)] The Budapest Sun, 2 juin 2005, vol. XIII, n° 22.
[ (9)] Selon la Constitution, l’organisation d’un référendum au niveau national est subordonnée à la collecte de 200 000 signatures au cours d’une période de quatre mois. Dans le cas présent, l’Union mondiale des Hongrois, qui s’est attelée à la tâche en mars 2004, a réussi à réunir 273 000 signatures.
[ (10)] Les deux questions posées par le référendum étaient les suivantes : a) Souhaitez-vous que les services de santé publique et les hôpitaux restent propriété de l’Etat et des collectivités locales et que soit abrogée la loi prévoyant leur privatisation ? b) Pensez-vous qu’une loi devrait permettre aux personnes d’origine hongroise qui ne vivent pas en Hongrie d’obtenir la citoyenneté hongroise par naturalisation, s’ils peuvent apporter la preuve de leurs racines grâce à la « carte hongroise », délivrée conformément à l’article 19 de l’Acte LXII/2001, ou à tout autre moyen prévu par la présente loi ?
[ (11)] C’est le Parti travailliste (extrême gauche) qui a demandé que soit organisé un référendum sur la privatisation des hôpitaux, en lançant une pétition.
[ (12)] Bien que Ferenc Madl ait annoncé qu’il ne briguerait pas un second mandat, la FIDESz a cherché à le faire revenir sur sa décision, car elle était convaincue qu’il avait toutes ses chances face à la candidate socialiste, Katalin Szili, privée du soutien de la SzDSz. Le calcul de la FIDESz était le suivant : une fois réélu, il aurait suffi que F. Madl reste à la tête de l’Etat une année, jusqu’à ce qu’elle remporte les élections législatives du printemps 2006. La nouvelle majorité parlementaire aurait alors pu tranquillement porter à la présidence un candidat de la FIDESz.
[ (13)] Le Monde, 7 juin 2005.
[ (14)] Office du Premier ministre, h http ://www.meh.hu/english/activities/events/referendum 20050530.html.
[ (15)] Etant donné qu’il s’agit d’une mission de l’Otan, cette décision du gouvernement n’a pas à être approuvée par les deux tiers des députés, comme ce fut le cas pour la participation à la coalition américano-britannique en Irak.
[ (16)] The Budapest Sun, 2 juin 2005, vol. XIII, n° 22.
[ (17)] Selon cet indicateur, la Hongrie est devancée par la Slovénie (78 % de la moyenne communautaire) et la République tchèque (72 %), mais elle se situe devant la Slovaquie (52 %), l’Estonie (50 %), la Lituanie (48 %), la Pologne (47 %) et la Lettonie (43 %). Cf. Eurostat, Communiqué de presse, 75/2005,3 juin 2005.
[ (18)] Office central des statistiques (KSH).
[ (19)] OCDE, Perspectives économiques de l’OCDE, n° 77. Version préliminaire, mai 2005 ; European Commission, Economic Forecasts Spring 2005 ; IMF, World Economic Outlook, avril 2005 ; EIU, Country Report « Hungary », mai 2005.
[ (20)] Berd, Transition Report Update, mai 2005 ; Government of the Republic of Hungary, Updated Convergence Programme of Hungary 2004-2008, décembre 2004 ; Magyar Nemzeti Bank, Quarterly Report on Inflation, mai 2005.
[ (21)] Ces données ne concernent que les unités employant au moins cinq personnes.
[ (22)] Le montant en euros est calculé sur la base du taux de change moyen annuel en 2004, soit 251,68 forints pour 1 euro (source : MNB).
[ (23)] Calculé sur la base du taux de change moyen au premier trimestre de 2005 (245,10 forints pour 1 euro).
[ (24)] Magyar Nemzeti Bank (MNB), Quarterly Report on Inflation, mai 2005.
[ (25)] Voir Liliane Petrovic, « Hongrie 2003-2004. En bonne santé malgré quelques remous » in Europe centrale et orientale 2003-2004. Retrouvailles européennes, Le courrier des pays de l’Est, n° 1044, juillet-août 2004, pp. 81-98.
[ (26)] Z. Jarai a quitté le ministère des Finances du gouvernement Orban, pour devenir gouverneur de la Banque centrale en mars 2001.
[ (27)] Source : MNB.
[ (28)] Sandor Richter, « Hungary : Healthy Growth, Sick Budget and Current Account » in Accelerating GDP Growth, Improved Prospects for European Integration, WIIW Research Reports, n° 314, mars 2005. 
[ (29)] EIU, Country Report, « Hungary », mai 2005.
[ (30)] Berd, Transition Report Update, mai 2005.
[ (31)] J. Veres (48 ans) a des intérêts dans l’agro-alimentaire, mais il est moins riche que le Premier ministre ou le ministre de l’Economie et des Transports, dont les noms figurent sur la liste des 100 plus grosses fortunes hongroises. 
[ (32)] Business News, 19 avril 2005.
[ (33)] OCDE, Perspectives économiques de l’OCDE, n° 77.
[ (34)] Source : MNB.
Résumé
La coalition de gauche, au pouvoir depuis 2002, a été ébranlée en 2004 par des règlements de comptes, dont la principale victime fut le Premier ministre, Peter Medgyessy, contraint de démissionner à la fin de l’été. Son remplacement par Ferenc Gyurcsany, ne se fit pas non plus sans confrontations entre la vieille garde et la relève du Parti socialiste. Toutefois, l’action gouvernementale n’a pas connu d’infléchissement notable. Un référendum sur l’attribution de la nationalité hongroise à ceux qui, originaires de Hongrie, sont installés, parfois depuis plusieurs générations, dans des pays voisins, et sur l’arrêt de la privatisation des hôpitaux a eu lieu début décembre, mais fut invalidé, faute de participation. Le Programme dit des cent pas a fixé certains objectifs sociaux à atteindre. Dans le domaine de la politique extérieure, la Hongrie a continué de s’employer à défendre auprès de l’UE les intérêts de pays voisins, comme l’Ukraine. Sur ces différents points, la FIDESz, principal parti de l’opposition de droite, s’est bien gardée de se livrer aux excès dont elle est coutumière, afin de préserver toutes ses chances pour les élections législatives d’avril 2006, stratégie qui s’avère d’ailleurs payante : ce parti se situe nettement en tête dans les sondages et est parvenu à faire élire par le Parlement son candidat à la magistrature suprême, Laszlo Solyom. Sur le plan économique, les résultats sont globalement satisfaisants. La croissance, après avoir connu un creux en 2001-2003, est repartie, grâce au dynamisme de l’investissement et des exportations, le taux de chômage s’est stabilisé et, bien qu’élevé dans l’absolu, il est inférieur à celui enregistré dans la plupart des pays de la zone euro, enfin l’inflation, après le pic lié à l’intégration à l’UE, a commencé à décélérer. La conduite de la politique monétaire continue cependant d’être au cœur de l’opposition entre le gouvernement et la Banque centrale, partagés sur la priorité à donner au soutien du forint ou à l’amélioration de la compétitivité des produits hongrois. Or, de la capacité du pays à ramener dans les normes l’évolution des prix et le solde entre recettes et dépenses publiques dépendent son entrée dans la zone euro, prévue désormais pour 2010, et, secondairement, l’allègement de la dette souveraine, imputable en grande partie au financement du déficit budgétaire.
Hungary Navigating through Uneasy Waters The left-wing coalition in power since 2002 was shaken by infighting in 2004, and its main victim, Prime Minister, Peter Medgyessy, was obliged to resign at the end of the summer. Nor did his replacement, Ferenc Gyurcsany, escape the confrontation between the old guard and the new voices in the Socialist Party. Government policy has not, however, undergone any substantial change. A referendum on granting Hungarian nationality to those of Hungarian origin but who have, often for several generations, lived in neighboring countries, as well as on ending hospital privatization took place at the beginning of December but was invalidated by lack of participation. The so-called one hundred steps programme set some social objectives. In terms of foreign policy, Hungary continued to defend the interests of neighboring countries, such as the Ukraine, to the EU. On these points, FIDESz, the main right-wing opposition party, has refrained from its usual excesses hoping to secure its chances for the April 2006 legislative elections, a strategy which seems to be working : the party is clearly leading in the polls and has succeeded in having parliament elect its candidate, Laszlo Solyom, as head of State. On the economic level, results are generally satisfactory. After a decline in 2001-2003, growth has resumed due to the dynamism of investments and exports, the unemployment rate has remained steady although, while high in an absolute sense, it is lower than that of most Euro-zone countries, and inflation has begun to slow down after the EU integration-related peak. The monetary policy continues, although it is the main bone of contention between the government and the Central Bank, whether to prioritize support for the forint or to improve the competitiveness of Hungarian products. The country’s capacity to align itself with price development standards and to balance public income and expenditures indeed depends on its entry into the Euro-zone, now planned for 2010, and on lessening the sovereign debt, attributed to a large extent to financing the budget deficit.
PLAN DE L'ARTICLE
- Joutes politiques, mais pour quels enjeux ?
- Après l’adhésion à l’UE
- Economie : une croissance solide
- Annexe
POUR CITER CET ARTICLE
Liliane Petrovic « Navigation au plus près », Le Courrier des pays de l'Est 4/2005 (n° 1050), p. 83-100.
URL : www.cairn.info/revue-le-courrier-des-pays-de-l-est-2005-4-page-83.htm.










