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S'inscrire Alertes e-mail - Le français aujourd'hui Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezNorme et dictionnaire ou l’arbitraire a toujours tort
AuteurAlain Rey du même auteur
Dictionnaires le RobertEntre les mots et nous, et vous, un certain nombre de médiations et d’appareils. De toutes sortes : des explications, des règles, des incitations obscures, des interdits, des gênes. D’un côté, l’usage vivant, la liberté, de l’autre, le poids des connaissances « réglées », de la pédagogie reproductrice, et disons-le, de la norme. Elle n’a pas trop bonne presse, la norme ; elle encadre, juge, conduit ; plus encore que le langage qu’elle investit, ne serait-elle pas, elle aussi, « fasciste » ? Pourtant, elle est là, au creux du langage social — il n’y a de langage que social — et pas seulement comme une instance prescriptive.
2 Essayons de nous entendre. C’est un bon exemple de mot-piège, norme. Comme règle, d’ailleurs. Au départ, une métaphore géométrique ; il y a le « droit » et le « pas droit », le « tordu » ; la « droite » et la « gauche », et aussi l’« adroit » et le « gauche ». Régula et norma, ça sert à vérifier, à assurer, à redresser ; à guérir (le normal et le pathologique). Seulement, ces règles et ces normes, on peut les concevoir de deux façons bien différentes. Voyez l’histoire instructive du mot loi. D’abord instrument d’ordre social : loi des hommes (dedans, surveiller et punir), loi de Dieu (la nature, nom de Dieu, faut que ça marche), et puis, peu à peu, peut-être à partir de Galilée, peut-être de Descartes, la « loi » cesse de prescrire, de vouloir, d’« ordonner » (encore un mot-piège), cesse d’être humaine, ou divine, s’enfonce dans la « nature », dans le « monde » (mundus, c’est l’« épuré », le « trié », et finalement et encore, l’« ordonné ») pour devenir du phénomène, de l’immanent, quelque chose d’inévitable, que nous ne pouvons que découvrir. Qu’il faut découvrir pour maitriser un peu moins mal notre milieu. La science commence.
3 Même affaire pour la norme du langage, et pour toute pratique humaine. À côté des « lois » de la physique, il y aura donc des « normes » sociales, à peu près aussi objectives, à peu près aussi neutres. En matière de langue, ces normes se confondent à peu près avec la notion d’« usage », c’est-à-dire avec un faisceau d’attitudes, de choix, de jugements, qui viennent limiter et orienter dans l’histoire et dans la culture les virtualités beaucoup plus larges de ce que la théorie appelle la « langue », structure et dynamisme abstrait, mal connu, théorique, et que certains, à coup d’hypothèses, pensent avoir reconnu et décrit. Il faut admettre qu’il y a eu des coups heureux, de beaux modèles, et qu’on en sait plus sur la phonologie, sur la syntaxe, qu’il y a cinquante ou soixante ans.
4 Mais du côté des mots (puisque des mots il doit s’agir) ? Là aussi, nous avons eu du nouveau : en sémantique, en morphologie, du côté des régularités qu’on peut abstraire. Beaucoup moins du côté de la description globale des unités qui forment cette bizarre machine, affreusement compliquée, à moitié incohérente, engluée dans la pratique des discours, compromise dans les difficultés de la communication entre nous tous, compromettante par ce qui, en elle, fonctionne et se répète, incompréhensible par ce qui se défait et se refait sans cesse par elle, j’ai nommé le lexique. Disons pour simplifier : les mots (c’est réducteur, bien sûr, mais commode et familier).
5 À leur propos, quelle littérature ! Nous les « employons », mais ils nous « trompent ». Ils nous servent à « penser », à « parler », mais, dialectiquement, ils nous pensent et ils nous parlent. Ils servent à dire le vrai et le faux, le juste et l’injuste. Plus et plus dangereux : ils font, ils limitent les concepts de vrai et de faux, de juste et d’injuste, la doxa et le paradoxe. Pire : pour les dénoncer, il faut user d’eux. Et derrière les formes : morphologie et système, emprunts et histoire, le sens, stable-instable, dé-froissable (neutralisable) et in-dé-froissable (pourri de connotations, de traces d’actes, perverti cent mille fois par jour, employé sans être maitrisé).
6 Et pourtant, bien avant la linguistique, bien avant les soi-disant sciences de l’homme — faut-il vraiment se dire pour avoir une chance d’être… — de gros livres en forme de listes les recueillent, ces mots. On les appelle dictionnaires. D’abord consacrés à l’explication, à la traduction — ils coïncident, en Occident, avec le recul de la connaissance du latin et du grec, qu’ils sont chargés de contrebalancer — ils se mettent, au xviie siècle, à décrire l’univers sémantique de la langue dans la langue même, puis, parallèlement, l’origine des mots (Ménage). Ces éléments seront repris au xixe siècle, après une longue parenthèse terminologique et encyclopédique, pour aboutir à l’instrument mi-pédagogique, mi-culturel, et toujours didactique, que nous connaissons. Mais cet instrument, qu’il s’agisse en France des gros dictionnaires ou des dictionnaires d’apprentissage plus réduits, de descriptions de la langue ou de recueils encyclopédiques, comment est-il perçu ?
7 La plupart y voient tout simplement une image fidèle du lexique ; les très nombreuses informations nouvelles pour eux induisent l’impression illusoire d’une exhaustivité et le sentiment masochiste que ce qui n’est pas « dans le dictionnaire », même si c’est un élément familier, n’appartient pas à la langue, « n’est pas français ». Cette attitude tend à reculer, mais n’a pas disparu. Plus tenace l’illusion que le dictionnaire est neutre, objectif, entièrement représentatif, comme une sorte d’échantillon de la réalité du langage. Évidemment, il n’en est rien.
8 Dès lors, d’autres lecteurs, d’autres témoins, mieux informés, mettent ce type d’ouvrage en accusation et lui dénient toute objectivité. Le dictionnaire est-il coupable ? Faut-il brûler les dictionnaires ? Ce genre de questions, plutôt journalistiques, recouvre pourtant une vraie interrogation.
9 Seule la naïveté volontariste d’une représentation unique, simple et linéaire de la langue, par un discours d’apparence scientifique, a pu induire l’illusion d’exhaustivité, et celle de la représentativité neutre. Condamner le dictionnaire pour n’avoir pas réalisé un programme absurdement irréalisable est le corollaire de la première attitude. Découvrir le poids idéologique et le reflet des contraintes dans ce texte, comme dans tout autre texte — y compris dans le discours scientifique — est légitime et nécessaire. S’en indigner lorsqu’il s’agit de ce type d’ouvrage relève encore et toujours de la naïveté culturelle.
10 Cette naïveté a des cautions. Bien des linguistes théoriciens ont montré qu’ils la partageaient, en s’illusionnant eux-mêmes sur l’attitude rigoureusement descriptive, anti-normative, de leur discipline. De leur côté, les historiens et les historiens de la langue, en recourant aux dictionnaires (comme ils recourent aux grammaires, aux manuels, etc.) sans critique de leur contenu, ont pu accréditer le mythe de l’image exacte. Image de quoi, au fait ? On sait bien que le dictionnaire, quelle que soit son importance, ne peut refléter tous les usages des mots, tous les registres d’expression, ni même tous les vocabulaires, toutes les terminologies, toutes les nomenclatures. Qu’il est lié par la place disponible, par son programme, lui-même fonction de diverses finalités : s’adresser à un type d’utilisateur, être compris, accepté d’abord. Ces finalités en recouvrent d’autres, qui peuvent être : gagner de l’argent, acquérir du prestige, influencer. Influencer, cela suppose une rhétorique, et enseigner. Apprendre aux autres quelque chose, c’est à l’évidence influencer. D’où ce caractère discursif, que le dictionnaire partage avec tout un secteur du livre et avec le discours écrit ou oral de l’institution pédagogique : une rhétorique didactique.
11 Deux ou trois hypothèses ont assaini la situation et éliminé les quiproquos. Je ne suis pas très sûr qu’elles soient connues et intégrées. Comme toute hypothèse, elles sont discutables, et destructibles — à condition de les remplacer par des hypothèses plus satisfaisantes ou de leur opposer des connaissances observées, satisfaisantes ou non. Les voilà :
- Le dictionnaire, qu’il soit « de langue » ou encyclopédique, unilingue, bilingue ou plurilingue, est un discours didactique tronçonné, d’une structure assez particulière pour être ressentie comme originale — l’originalité, en fait, concerne le « dictionnaire de langue » : elle est sémantique et relève de la catégorie du métalangage.
- Étant un discours didactique, le dictionnaire fonctionne au moyen d’une rhétorique et réfère, pour « reproduire » didactiquement, à un discours social antérieur et considéré comme acceptable ; il partage ce caractère avec l’encyclopédie, qui, dans l’histoire, renvoie d’abord au discours sacré, ensuite au discours de la science. En tant que discours didactique, le dictionnaire s’oppose à tout discours scientifique.
- Le dictionnaire de langue ne décrit pas, ne reflète pas la langue. Qu’il soit philologique (fondé sur l’observation d’un corpus de discours) ou non (on pourrait alors le dire « simulateur », si l’adjectif n’avait des connotations péjoratives), il produit une « image » du lexique dans la langue qui provient d’un réglage explicite ou implicite des conflits d’usages proposés par l’expérience sociolinguistique. Il met ainsi en œuvre, non seulement l’observation des données du discours, mais aussi la connaissance des attitudes et jugements en partie convergents, en partie contradictoires, des locuteurs sur la langue. S’en dégage enfin une image normée, une norme, qui peut être libérale, puriste, cohérente ou incohérente, enfoncée dans une idéologie passée ou prenant ses distances avec elle, selon une idéologie ressentie comme préférable.
Ces hypothèses rendent compte à la fois du succès pratique, pédagogique, et des critiques, de l’aspect indispensable et irritant, des possibilités d’ouverture, de fonctionnement ludique, de poésie que l’on reconnaît au dictionnaire (voir Mallarmé, et Ponge, sans parler des jeux lacaniens…), alors même qu’on le perçoit comme sélectif, snob, fliqué. Tout est vrai. Mais si l’on accepte ces quelques idées, la notion de « bon » et de « mauvais » dictionnaire change quelque peu de contenu. Ce n’est plus le bon et le mauvais photographe, ou peintre en trompe-l’œil d’une réalité directement connaissable, mais plutôt le bon ou le mauvais cartographe. La carte doit être exacte, mais on sait bien qu’elle doit choisir, qu’elle dépend d’un système de projection, qu’elle peut être légèrement fautive (pas trop, quand même !) et rester une bonne carte, si elle est très lisible, riche en informations « utiles » et seulement utiles… La métaphore n’est pas mauvaise, mais ne suffit pas. Les responsables de dictionnaires ne choisissent pas entre informations utiles et inutiles seulement ; il est vrai qu’ils éliminent les informations « dangereuses », perturbantes pour la commodité du lecteur, comme on dit, mais aussi pour son édification.
12 Malheureusement, il n’y a plus guère de dictionnaires de fautes. Au xixe siècle, les « ne-dites-pas-mais-dites » donnaient l’exemple de la plus parfaite honnêteté idéologique. Toutes leurs entrées étaient bel et bien observées : des mots et des tours « vicieux », disaient-ils, mais courants, puisqu’on prenait la peine de les corriger. Ainsi pouvait-on mettre en scène, comme les fesses du Bon petit Diable chez madame de Ségur (née Rostopchine), les parties honteuses du langage. Aujourd’hui, à part quelques vaillants puristes, personne n’ose plus manier le martinet (que l’on ne voie ici aucune allusion au grand et libéral linguiste) ; les parties jugées honteuses (quoi de plus culturel que la honte) vont à la trappe, à moins d’être non plus fustigées, mais simplement étiquetées. Au lieu de « ne dites pas », impératif qui requérait des compléments, on voit s’amonceler des vulg., des pop. (personnellement, je regrette l’absence des moche, des tarte, qui rendraient plus personnelle la rédaction et parfois plus gaie la consultation). C’est dire que l’on voit, dans une description voulue objective, des jugements de valeur. Et c’est tout à fait nécessaire, car, pour constituer l’usage vécu d’un lexique, les jugements et attitudes sont aussi actifs que la mémorisation des signifiés, des formes et de leur association en signes-mots.
13 Quant à l’analyse des lacunes, volontaires et involontaires, des dictionnaires, elle n’est pas simple, puisqu’elle passe par une appréciation de leur véritable programme, souvent à demi implicite. On a pu facilement noter, en France, une évolution irréversible sur le plan de certains tabous, et notamment de la sexualité. La norme résiste mieux dans le domaine de la « correction » langagière, encore que le purisme grammatical, toujours vivace dans les chroniques de langage, recule fortement dans les dictionnaires. Reste que le dictionnaire normalise le matériel lexical qu’il présente, au plan graphique (et avec des incohérences), au plan phonétique, au plan syntactique, et que cette normalisation est plus sensible encore dans le discours que tiennent les exemples que dans les nomenclatures. La représentation des variantes locales, régionales, sociales, y est croissante, mais toujours faible par rapport aux observables ; la prépondérance des modèles d’usage écrits sur les modèles oraux, évidente. Elle est liée non seulement à la nature même du livre, mais à celle de toute pédagogie du langage dans nos cultures. D’ailleurs, contrairement à ce qu’on lit parfois chez les théoriciens, la variabilité et la fréquence des « fautes » (écarts par rapport à l’ensemble des normes valorisées) ne sont pas moindres dans l’écrit que dans l’oral : cette variabilité est d’une autre nature, les fautes sont plus honteuses, plus fortement sanctionnées, mais elles sont là. Aucun linguiste, à ma connaissance, n’a pris la peine de réunir un corpus important de lettres privées produites par des scripteurs peu familiers des règles de l’école ou les ayant oubliées. Pourtant, nous avons tous l’expérience de lettres d’enfants, ou d’amis paysans — en se bornant aux francophones natifs — dont les écarts, les hypercorrections, les transgressions aboutissent à des messages très personnels, difficiles à lire. Cet immense domaine du discours spontané est loin de se limiter à l’oral, et les dictionnaires, pas plus que l’immense majorité des autres textes imprimés, n’en renvoient aucune image.
14 Cependant, par un curieux paradoxe, certains aspects peu socialisés du discours passent, par leurs images littéraires, au travers du filtre de la norme culturelle, pour donner les à-côtés de la convention sociale (ce que J. Cellard et moi avons baptisé « français non conventionnel », nous l’avons fondé sur des textes écrits, imprimés, largement littéraires). C’est en fait, le dictionnaire pédagogique, non philologique, non littéraire, qui donne l’image la plus normée, la plus restrictive, du lexique et de la langue. Et c’est inévitable, dans la mesure où il s’agit de renvoyer à des usages moyens, « normaux » (sinon neutres) et donc d’oublier, puisqu’on ne fustige plus, le désordre non décrit des usages spontanés, lorsqu’ils s’écartent (car, bien sûr, ils ne s’en écartent pas toujours) de l’usage valorisé et soumis à la reproduction didactique.
15 Mais la norme, ce n’est pas seulement la correction telle que la transmet l’apprentissage, sans trop s’interroger sur sa nature, et qui concerne avant tout le graphisme et la prononciation (car la norme ne renonce pas à l’oralité), la syntaxe et la morphologie. C’est aussi le choix parmi les possibles du lexique, et un autre choix, plus subtil, parmi les possibles sémantiques. Les déviations, les interférences, les blocages entre sens historiquement et analytiquement différents, tels que peuvent les décrire les analyses historiques et synchroniques des « grands » dictionnaires, ne sont guère enregistrés, sont à peine perçus que rejetés, comme témoignages d’inculture.
16 Or, c’est bien ainsi que l’on parle, fût-on professeur de faculté : en télescopant les étymologies (la masse pour enfoncer un pieu, qui la distingue fondamentalement de la masse « tas »? ; prendre son pied ou sur le pied de guerre, qui y voit une « unité de mesure », et non pas l’extrémité du membre inférieur de l’être humain ?), en ne tenant aucun compte des classes sémantiques (la prise c’est une « action » — de prendre — dans prise de pouvoir, mais pas dans prise de courant, et qui s’en avise en employant ces syntagmes ?), en sautant allègrement les distinctions fonctionnelles (je fais passer le café, intransitif, et je passe le café, transitif, qui s’occupe de cette opposition, qui produit un message équivalent ?). Or, le métier du dictionnaire, c’est d’analyser, à tel point que les subtilités de Littré, du Robert ou du TU ne correspondent que très partiellement aux oppositions ressenties par l’usager, même « cultivé ». Pourtant, théoriquement, elles sont très justifiées, et mêmes insuffisamment subtiles.
17 Il y a donc un fossé, plus ou moins large, entre le sentiment de la langue chez les locuteurs les plus avertis, et le résultat d’une analyse sur pièces de l’usage. Les oppositions pragmatiques sont très vécues, les syntactiques beaucoup moins. Entre les deux, la sémantique accumule des oppositions structurelles trop générales pour être perçues (et qui pourtant, fonctionnent) ou trop particulières pour être maîtrisées (c’est l’affaire des complexités de « stéréotypes culturels », ou de notions dénommées par les termes des terminologies). Si le dictionnaire en fait l’économie, il ne répond pas à ce qu’on en attend ; s’il les explore, il trahit le « sentiment de la langue » et impose une normalisation sémantique qui l’écarté de l’image sociale moyenne du lexique. Débrouillez-vous, lexicographes !
18 Nous, lexicographes, nous avons donc toujours tort, contrairement à l’opinion courante, qui veut que l’usager ait toujours tort contre l’ouvrage de référence… Tort comme le juge, comme le flic ? Je ne pense pas. Plutôt comme l’arbitre du match de rugby. Et c’est encore plus difficile, parce qu’il y a cinquante équipes sur le terrain, avec des règles légèrement différentes (les « usages », les « normes objectives »), à tel point qu’on a l’impression que certains font du basket, pendant que d’autres jouent le béton… Pourtant, il y a une règle unique, sinon ça ne marcherait pas du tout. Mais au milieu des conflits de jugements, d’appréciation, de bonne ou mauvaise conscience, de notoriétés de joueurs (les notoires, les célèbres, ce sont plutôt, dans la socialisation de la norme linguistique, les « grands » écrivains que les profs), le malheureux arbitre est chargé de proposer une solution aux conflits de règles, et non pas une règle impérative. C’est ça, la norme du dictionnaire.
19 Il est bon que les joueurs et les spectateurs le sachent.
POUR CITER CET ARTICLE
Alain Rey « Norme et dictionnaire ou l'arbitraire a toujours tort », Le français aujourd'hui 1/2005 (n° 148), p. 7-14.
URL : www.cairn.info/revue-le-francais-aujourd-hui-2005-1-page-7.htm.
DOI : 10.3917/lfa.148.0007.




