Le français aujourd'hui 2005/2
Le français aujourd'hui
2005/2 (n° 149)
124 pages
Editeur
I.S.B.N. 9782200920715
DOI 10.3917/lfa.149.0023
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ÉVOLUTIONS DE LA RECHERCHE, PERSPECTIVES DE FORMATION

Vous consultezCritiquer la littérature de jeunesse : pistes pour un bilan et des perspectives

AuteurFrancis MARCOIN du même auteur

Université d’Artois et INRP

À certains égards, la littérature de jeunesse peut être vue comme une littérature sans histoire ni critique, dont la presse ne se rappelle l’existence qu’au moment des étrennes. Comment parler de ces petites choses lorsque l’on est un journal sérieux ?[1] [1] Voir Muriel Louâpre, « Sous les marronniers des cours...
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Question qui du reste se pose aussi à l’enseignant : comment préserver la part de légèreté qui convient tout en faisant sa place au travail scolaire ou universitaire ? Qu’on la prenne au sérieux ou non, il semble que cette littérature reste dans son ghetto, reléguée dans des pages spéciales tenues par des spécialistes. On considérera comme une heureuse exception l’article de Françoise Balibar, « Les mots, le monde, les enfants. Sur Le Doudou méchant de Claude Ponti », paru dans le n° 646 de la revue Critique, entre un article sur Paul Ricœur et un autre sur Raoul Ruiz. À rebours, cette littérature est souvent promue de manière exclusive : si l’on ne peut que se féliciter des instructions pour le cycle 3 de l’école primaire qui introduisent un corpus de titres ambitieux et surtout des méthodes d’approche rompant avec la scolastique, on peut craindre aussi l’ostracisme touchant tout texte non labellisé « LJ » (c’est-à-dire « littérature jeunesse », cet affreux syntagme) : il y a quelques années, l’auteur du manuel Côté lecture [2] [2] Brigitte Buffard-Moret, Côté...
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a eu toutes les peines du monde à imposer « Choses du soir », un poème de Victor Hugo pourtant porteur par excellence de l’esprit d’enfance. Là est peut-être le nœud du problème : il n’est pas sûr que tous les livres « pour » l’enfance soient habités de cette enfance ; il n’est pas davantage sûr que nos critères de validité, essentiellement d’ordre « artistique », soient beaucoup plus pertinents que les anciens critères d’ordre moral qui ont, qu’on le veuille ou non, permis l’avènement d’une littérature de jeunesse, ou plus exactement d’une librairie de jeunesse. Une véritable recherche se doit d’être aussi une critique, non pas des autres mais de soi et de ses propres certitudes. À cet égard, on ne dira jamais assez la pertinence demeurée intacte d’un article déjà ancien de Jean-Claude Chamborédon et Jean-Louis Fabiani, « Les albums pour enfants, le champ de l’édition et les définitions sociales de l’enfance » [3] [3] Actes de la recherche en sciences sociales, n° 13...
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, où la nouvelle littérature enfantine est réinscrite dans un ordre de valeurs propre aux nouvelles classes moyennes.

2 Sachant que ces valeurs ont pour vocation de diffuser dans toute la société, une critique non asservie au discours publicitaire constatera la permanence du modèle qui a présidé à la naissance de l’édition pour la jeunesse, dans la dernière partie du XVIIIe siècle. Ce modèle, c’est celui du conte moral, et il suffit de considérer un album ou un récit d’aujourd’hui pour voir comment cette morale est prégnante, mais plus ou moins masquée par un ton d’humour, voire par des formes de provocation ou d’irrespect qui vont de pair avec de nouvelles injonctions touchant notamment les discriminations sexuelles ou ethniques. On pourrait observer aussi comment certains auteurs traitent de sujets comme l’inceste, dans une stratégie d’accompagnement des questions du jour.

Jalons critiques

3 Si l’on a coutume, à la suite de Roland Barthes, de séparer l’approche diachronique et l’approche immanente de l’œuvre, il n’est pas sûr qu’une critique même interne puisse s’élaborer sans une perspective historique. Bien plus, la critique doit se poser la question de son historicité et c’est sans doute sur ce point que l’inscription universitaire se fait décisive. Car l’approche journalistique est sans mémoire, redécouvrant chaque année son objet. Or, un propos a été tenu très tôt sur ce qu’on a d’abord appelé « bibliothèque d’éducation ». Dans Les Livres pour l’enfance et la jeunesse sous la Révolution[4] [4] Institut national de recherche pédagogique, 1989. ...
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, Michel Manson a non seulement mis en évidence l’importance de cette production mais aussi l’existence d’un discours d’escorte dans des journaux prestigieux comme Le Mercure de France ou le Journal de Paris. Discours certes dominé par une perspective morale ou instructive mais qui permet de placer ces ouvrages adressés à la jeunesse dans la sphère publique. Si la naissance d’une librairie d’éducation indique que l’enfance devient une spécialité, celle-ci est en même temps au cœur du débat, et la première critique est donc journalistique, mais au sens d’alors puisque le journaliste est un publiciste écrivant des livres ou contribuant à des périodiques, usant de son esprit critique. Et cette critique n’envisage pas encore une littérature enfantine qui serait exclusivement commandée par des principes esthétiques ou psychiques.

4 Cette approche morale s’exprime tout au long du XIXe siècle, lors des séances solennelles de remise des prix Montyon d’utilité[5] [5] Ce prix, qui doublait le prix de vertu destiné aux pauvres,...
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qui sont autant d’occasions pour l’Académie française de se pencher avec sollicitude sur de petits livres se voulant faits pour le public le plus humble, avec une confusion entre le peuple et l’enfant. De nombreuses sociétés philanthropiques, notamment celles pour l’instruction élémentaire mais aussi celles pour la régénération des délinquants ou pour la protection des animaux, font de même, passant commande ou offrant des récompenses accompagnées de discours qui constituent comme une chaine critique en faveur du bon livre, du livre utile que Baudelaire condamnera mais d’une façon paradoxale puisqu’il s’attaque en même temps à l’école « plastique », c’est-à-dire à celle qui ne s’occupe que du Beau.

5 En même temps, s’adressant à des enfants plus aisés, les « sommités » du monde romantique collaborent à la nouvelle presse des jeunes tout en démolissant ce qui a précédé. Louis Desnoyers, humoriste venu du Charivari et auteur d’un des premiers vrais romans pour la jeunesse, Les Mésaventures de Jean-Paul Choppart, ne trouve rien à sauver d’une telle bibliothèque. Posture récurrente : l’éditeur Hetzel, qui rééditera plus tard ce roman en lui donnant une préface, multipliera les prises de position et, ce faisant, édifiera une doctrine mais plus encore un discours promotionnel dont ses collègues seront friands. En effet, le secteur du livre de jeunesse, parce qu’il relève avant tout d’un concept éditorial, s’accompagne de professions de foi où ces éditeurs assassinent en général ce qui a été avant eux. Il faudrait donc ajouter une catégorie à celles que repère Albert Thibaudet dans sa Physiologie de la critique, la critique spontanée, la critique professionnelle, la critique des maitres[6] [6] Éditions de la Nouvelle revue critique, 1936. ...
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 : la critique éditoriale, ou du moins un propos éditorial qui prétend au statut critique et impose sa marque à ce qu’on appelle aujourd’hui les médiateurs du livre.

6 Car la librairie de jeunesse a toujours eu à voir avec la littérature industrielle dénoncée par Sainte-Beuve, ce caractère d’industrie n’étant pas contradictoire avec les intentions morales ou même chrétiennes. Aujourd’hui, tout un pan des recherches universitaires se développe dans la perspective d’une histoire de l’édition qui rompt avec l’approche idéale des « charmeurs d’enfants », pour reprendre le titre d’un livre de M. Lahy-Hollebecque : les livres qu’on destine à l’enfant « devraient parler des merveilles secrètes dont il rêve » [7] [7] M. Lahy-Hollebecque, Les Charmeurs d’enfants. Préface...
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. À la date où paraissent ces lignes, l’approche de la littérature enfantine exalte sa potentialité de rêve contre l’approche purement éducatrice. C’est tout un programme de recherches qui s’offre à nous, le recensement de ces discours dont une partie a déjà été restituée par Anne-Marie Chartier et Jean Hébrard dans Discours sur la lecture (1880-1980) [8] [8] B. P. I. , Centre Georges Pompidou, 1989. ...
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. Mais il reste à considérer l’approche critique des ouvrages précis. Ainsi, dans son Bulletin littéraire et scientifique. Revue critique des livres nouveaux, rédigé entre 1838 et 1866, Joël Cherbuliez, par ailleurs membre de plusieurs sociétés savantes de Genève, accorde-t-il une place régulière à la librairie d’éducation, s’intéressant notamment aux écrits des auteurs féminins, ces fameux « bas-bleus », et apparaissant ainsi comme un des premiers critiques de cette littérature[9] [9] Ces notices sont recensées par Margot Irvine et Rod Humpel...
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7 Les milieux catholiques vont constamment assurer une sorte de veille idéologique les amenant à analyser de près les ouvrages à recommander ou à interdire. La censure n’est après tout qu’une des formes extrêmes de la critique. Dès 1840 parait une Bibliographie catholique qui se maintiendra jusqu’en 1889. Dans son classement, elle distingue des ouvrages « qui conviennent aux enfants » et d’autres « qui conviennent aux jeunes gens et aux jeunes personnes » [10] [10] Danielle Berthier, dans Le Roman historique pour la jeunesse...
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. C’est bien là le témoignage d’un intérêt particulier qui se confirme avec une autre Bibliographie catholique, catalogue de livres en tous genres, propres à former de bonnes bibliothèques et à être donnés en prix dans les collèges, pensionnats et écoles, par le R. P. Van de Kerckhove (Casterman, 1857-1860) et surtout avec Polybiblion. Cette Revue bibliographique universelle fondée en 1868 par la Société bibliographique se compose d’une « partie technique » : « théologie, jurisprudence, sciences et arts, belles-lettres, histoire », et d’une « partie littéraire », Polyblion littéraire, qui se lance dans un travail critique traduisant une réelle ouverture d’esprit. À partir du tome 12 de l’année 1874, les « ouvrages pour la jeunesse » y auront droit à un classement séparé, et l’ensemble des notices constitue un témoignage de premier ordre[11] [11] Danielle Berthier, Le Roman historique pour la jeunesse...
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8 Le manuel de l’abbé Bethléem, Romans à lire et romans à proscrire, parait à Cambrai en 1904 et sera maintes fois réédité par les Bureaux de Romans-revue, le mensuel qu’il fonde à Lille en 1908[12] [12] Sur l’abbé Bethléem, voir Anne-Marie Chartier &...
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. Il y fait paraitre aussi Quelques livres d’étrennes et de fêtes recommandés aux familles, tandis que É. Roupain, ancien maitre de conférences aux facultés catholiques de Lille, y produit de pesantes sommes, comme Pour lire de beaux livres, dirigées contre les « lectures neutres » elles-mêmes.

Parler d’enfance ou parler à l’enfance ?

9 Mais l’âpreté de cette parole montre la faiblesse d’une position dogmatique alors que l’enfance conquiert une nouvelle valeur. C’est le moment où se développe le récit d’enfance, lui-même nourri du souvenir enchanté des lectures d’enfance dont sont gommés les aspects les plus rigides. En 1889, Hippolyte Durand publie un ouvrage au titre éloquent, Le Règne de l’enfant (Librairie H. Lecène et H. Oudin). Littérateur et inspecteur d’académie, il avait précédemment écrit La Poésie de l’école. Sonnets et poèmes (Barassé, Angers, 1877), donné des Lectures choisies sur l’histoire de notre patrie à l’usage des écoles primaires (Hachette, 1877), un Livre des enfants et des mères (H. Lecène et H. Oudin, 1888) et aussi produit chez Mame des livres pour enfants. Certains de ses poèmes furent reproduits dans des recueils de récitation. On voit que tantôt il parle de l’enfance, tantôt à l’enfance.

10 Cette hésitation caractérise Le Règne de l’enfant, peut-être le premier ouvrage « savant » (du moins selon les normes de l’époque) à recenser les différentes figures de l’enfance. Il distingue ainsi un « esprit ancien » et un « esprit nouveau » et accorde beaucoup de place à « Victor Hugo peintre d’enfants » pour ensuite parler de la poésie et de l’enfance, passant par Lamartine, Musset, Brizeux, Laprade, Sully-Prudhomme, Coppée, Eugène Manuel, Jean Aicard, Eugénie de Guérin, Mme J. Michelet. Plus loin, il parlera des écoliers de Töpffer, des petits paysans de George Sand, du petit Chose, de Mlle Lili (de P.-J. Stahl) et des enfants mal élevés de Gyp, pour en finir avec un « dernier mot du moraliste » où il propose une « esquisse du monde scolaire », « préface d’un livre à faire, le livre des Œuvres consacrées à l’enfance ». C’est un peu ce que fera Jean Calvet avec L’Enfant dans la littérature française (tome 1, Des origines à 1870 ; tome 2, De 1870 à nos jours, Lanore, 1930). Jean Calvet (1874-1965), un abbé agrégé de lettres élève de Lanson et de Faguet, est l’auteur de manuels scolaires et d’histoires de la littérature, professeur au lycée Stanislas où il eut Jacques Lacan pour élève puis à l’institut catholique de Paris dont il deviendra recteur. Il est pénétré des modèles classiques d’avant les Lumières et se situe dans la lignée de Vincent de Paul comme dans celle de René Bazin. Il reste suspecté de pétainisme, ce qui est assez dire de quelle façon il observe l’enfance dans ce livre qui n’en est pas moins bien informé et qui n’est pas sans refléter l’influence de la première thèse de doctorat soutenue à l’université de Montpellier par Marie-Thérèse Latzarus, La Littérature enfantine en France dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Étude précédée d’un rapide aperçu des lectures des enfants en France avant 1860 (éditée aux P. U. F. en 1923).

11 Ancienne élève de l’École normale supérieure, M.-T. Latzarus (1881- 1966) est peut-être la première à avoir employé cette expression de « littérature enfantine » selon le Dictionnaire international des termes littéraires consultable en ligne. Le qualificatif enfantin, qui signifie d’abord « relatif à l’enfance », prend un sens nouveau pour marquer le destinataire comme dans le titre de Louis Ratisbonne, La Comédie enfantine (1860). Cette expression littérature enfantine, on la retrouvera chez Jean de Trigon, Isabelle Jan ou Marc Soriano qui l’abandonnera ensuite, la jugeant trop restrictive.

12 M.-T. Latzarus tente d’ordonner un paysage encore informe qu’elle place sous le signe d’une enfance idéale et sous le regret d’un âge d’or disparu. Elle préférera ensuite écrire elle-même pour la jeunesse, une bonne vingtaine d’ouvrages donnés à la « Bibliothèque rose illustrée » mais aussi aux éditeurs catholiques Lethielleux, Desclée de Brouwer, Alsatia, Apostolat de la Presse où parait par exemple Sainte Brigitte, la petite fille que l’on crut muette. Le titre de la collection, « L’histoire dorée de nos enfants », indique le projet de recréer une sorte de légende dorée qui échapperait à une modernité détestée.

13 L’œuvre de son contemporain, également ancien élève de l’École normale supérieure, professeur au Collège de France, Paul Hazard (1878- 1944), est plus imposante, dominée par un ouvrage sans cesse réédité, La Crise de la conscience européenne 1680-1715 (Boivin, 1935). Celui-ci avait été précédé par Les Livres, les enfants et les hommes (Flammarion, 1932) où l’auteur, comparatiste et humaniste, voit le monde de la littérature de jeunesse comme une république de l’enfance, indifférente aux frontières (c’est lui qui passe pour avoir fait connaitre Pinocchio). Mais il rejette de larges pans de la production pour ne s’intéresser qu’à quelques grands écrivains à dimension universelle. Dès lors, parallèlement à ses travaux en littérature comparée, il occupera une place éminente dans un secteur avide de reconnaissance : président du jury prix Jeunesse fondé par l’éditeur Bourrelier en 1934, il préfacera Rossignol des neiges de Marie Colmont (Bourrelier, 1936) ; élu en 1940 à l’Académie française, il fera en 1942 le rapport pour les prix de vertu, perpétuant la tradition héritée de Montyon. Il n’a pas lui-même écrit pour les enfants mais s’est essayé au roman avec Maman sous le pseudonyme de P. Darmentières en 1918.

14 Marc Soriano (1918-1994), encore un Normalien, a publié un Guide de la littérature enfantine qui deviendra un Guide de littérature pour la jeunesse, courants, problèmes, choix d’auteurs (Flammarion, 1974). Philosophe de formation, ses intérêts sont multiples et il inscrit l’enfant dans une vaste perspective nourrie d’anthropologie et de psychologie. Il est significatif de voir son guide préfacé par Henri Wallon, dont les recherches n’ont jamais été coupées de la politique. C’est là un aspect majeur de la critique en littérature de jeunesse, longtemps rattachée à la psychologie comme étant une des branches de l’éducation. Mais Soriano suit également une démarche qui se veut psychanalytique et qui apparait avec plus ou moins de bonheur dans deux ouvrages importants, Les Contes de Perrault. Culture savante et traditions populaires (Gallimard, « Bibliothèque des Idées », 1968) et Le Cas Verne (Julliard, 1978). Le jeu de mots qui fait le titre de ce livre indique l’ambition de trouver le sens profond d’une œuvre qui n’est pourtant lue que superficiellement. Le lecteur apprendra que Jules Verne est sous la dépendance de pulsions homosexuelles et antisémites mais que notre propre censure nous interdit de les voir. Cet exemple montre l’égarement d’une critique se croyant supérieure à son objet grâce aux nouveaux outils d’investigation apportés par les sciences humaines : on en verra les effets sur la comtesse de Ségur que de nombreux articles représenteront en émule de Sade, à la suite d’un article de Jacques Laurent. Détournement qui a motivé en 1972 une édition chez Jean-Jacques Pauvert, où Soriano écrit une préface retentissante pour La Fortune de Gaspard. En comparant Gaspard à Julien Sorel, il semble accorder une dignité plus grande à la comtesse de Ségur qu’il exfiltre cependant, par la même occasion, du domaine de l’enfance. Pourtant lui-même a écrit pour les enfants, dès 1945, Les Contes de la fée Crapette chez Vigneau, puis d’autres titres parus en bibliothèque verte.

Heure Joyeuse, Enfance heureuse

15 Ces trois voix fortes, qui restent assez isolées dans l’université, retentissent davantage dans le monde des éditeurs et des bibliothécaires eux-mêmes très proches de la pédagogie comme le montre Beaux livres, belles histoires, choix de 2000 titres pour enfants de Marguerite Gruny et Mathilde Leriche, responsables de la bibliothèque de l’Heure Joyeuse. Ce livre parait en 1947 chez Bourrelier dans une collection au titre significatif, « Carnets de pédagogie pratique ». La bibliothèque doit alors faire œuvre d’éducation et non d’amusement Dans la même collection, Mathilde Leriche publiera encore avec Georges Prévot Bibliothèques scolaires, bibliothèques d’enfants. Dans cette perspective éducative, la « liste » reste jusqu’à aujourd’hui un instrument privilégié du travail critique, beaucoup plus qu’en littérature adulte. Elle est complétée par le « prix », et si le prix Montyon devient confidentiel, d’autres apparaissent, notamment le prix « Jeunesse » présidé, après Paul Hazard, par Georges Duhamel, par ailleurs beau-frère de Charles Vildrac. Selon l’éditeur Michel Bourrelier, ce prix réunit des « âmes généreuses qui sont toujours prêtes quand il s’agit de faire le bien » [13] [13] Voir « Le prix Jeunesse », Charles Vildrac (1882-1971) :...
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, des intellectuels souvent engagés dans le développement de l’école laïque chargée de tirer vers le haut les enfants du peuple. De ce point de vue Charles Vildrac, qui travaille à la fois avec un illustrateur comme Edy Legrand et avec les éditions SUDEL du Syndicat national des instituteurs, représente bien un courant à la fois généreux, idéaliste et assez fermé à la modernité, ce qui lui vaudra de sombrer corps et bien après 1968. Mais, maintenant que cette modernité prend elle-même une coloration historique, il reste à faire un bilan équilibré, de tout ce discours et de cette action émanant d’un monde péri-scolaire et d’associations souvent éditrices de bulletins.

16 Aux alentours des années 1950, alors que le débat autour des lectures a fait rage, s’instaure donc pour une vingtaine d’années un modèle gouverné par une certaine idée de la qualité que représentera bien de son côté la bibliothèque « Rouge et or », même si son éditeur reste assez isolé. L’idée d’un patrimoine se fortifie, comme on le voit avec Jean de Trigon, poète et journaliste breton né en 1902, qui reprend en 1950 le projet de Marie-Thérèse Latzarus dans son Histoire de la littérature enfantine, de Ma Mère l’Oye au Roi Babar, avec une préface de Georges-G. Toudouze (Hachette). Il faut donc sortir du monde universitaire et scolaire pour adopter une position plus accueillante, notamment à l’égard du roman d’aventures dont ce Breton remarque avec justesse qu’il s’est développé tout particulièrement dans sa province natale.

17 C’est dans une autre perspective qu’Isabelle Jan concevra son Essai sur la littérature enfantine publié en 1969 aux Éditions ouvrières dans la collection « Vivre son temps », puis dans la collection de Jacques Charpentreau « L’Enfance heureuse ». Ces appellations caractérisent bien cette maison d’édition fondée par la Jeunesse ouvrière chrétienne et qui, dans les années 1970, a comme mot d’ordre la culture et l’enfant d’abord. Traductrice de l’anglais, auteur elle-même, directrice de la « Bibliothèque internationale » chez Fernand Nathan, Isabelle Jan (née en 1931) marque sa préférence pour les grandes œuvres à caractère universel et plus spécialement celles du domaine anglo-saxon, contre une production française qui lui semble trop didactique.

18 Dans cette même collection « L’Enfance heureuse » parait en 1977 L’Imaginaire au pouvoir. L’enfant et la littérature fantastique de Jacqueline Held, et en 1978 Laissez-les lire. Les enfants et les bibliothèques de Geneviève Patte. Née en 1936, professeur de philosophie à l’école normale de Caen puis d’Orléans, entre 1960 et 1980, auteure assez prolifique pour la jeunesse, J. Held produira encore un Guide des livres pour enfants et adolescents : 500 titres choisis et analysés, albums, documentaires, poésies et romans (Hachette, 1987). Elle incarne assez bien tout un corps d’enseignants du second degré nommés dans ces écoles normales en pleine transformation et alors sans encadrement normé, enseignants formés de la manière la plus classique et que cette expérience a amenés à découvrir le domaine peu défriché du livre pour la jeunesse. Pendant des années, ces enseignants ont conduit des recherches et des animations, dans une perspective éloignée des canons universitaires. Quant à Geneviève Patte, c’est en voulant sélectionner les livres les meilleurs pour la Bibliothèque de l’Heure Joyeuse ouverte à Clamart en 1965 qu’elle crée le Bulletin d’analyse des livres pour enfants devenu en 1976 La Revue des livres pour enfants, qui reste aujourd’hui l’organe le plus influent dans ce domaine.

19 Dans ces années, le discours sur la littérature de jeunesse est donc tenu à partir des besoins de l’animation, de la formation ou des bibliothèques qui émettent de plus en plus un discours très critique sur l’école, jugée incapable de développer le plaisir de la lecture[14] [14] Max Butlen, « Lire en bibliothèque, lire à l’école. ...
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. Ce discours accompagne celui des éditeurs toujours soucieux d’adopter une posture critique, prétention qui n’est pas sans fondement puisque l’on devient souvent éditeur pour donner forme à un projet : Paul Faucher était d’abord un libraire passionné par la pédagogie avant de lancer en 1931 les Albums du Père Castor ; François Ruy-Vidal a une formation d’instituteur et une expérience de l’animation théâtrale avant de travailler avec l’éditeur Harlin Quist et d’imposer un nouveau « concept » d’album contre un supposé pédagogisme étroit. Avec le renouvellement de l’idée d’enfance, la prétention d’un nouvel art pour les enfants s’impose dans le discours militant des créateurs, relayés par les professionnels du livre. La difficulté à exister économiquement, les obstacles rencontrés sont autant de preuves à l’appui. Christian Bruel, fondateur des éditions Du sourire qui mord, a pu contribuer à une surévaluation de ses livres certes estimables mais crédités d’emblée d’une qualité indiscutable. L’École des loisirs est passée maitre dans le mélange de l’information et de la promotion, soutenu par un réseau efficace de représentants qui ont conquis le terrain scolaire et l’ont fidélisé par des systèmes d’abonnements. Ceci étant, l’éditeur est dans son rôle, et il a raison d’assurer lui-même sa réclame ou même, plus simplement, son information : ainsi l’entretien avec Brigitte Smadja, créatrice de la collection « Théâtre » à l’École des loisirs, paru dans L’École des lettres (collèges) n° 4 de 2004- 2005, ne manque-t-il pas d’intérêt malgré son statut ambigu.

Vers une critique universitaire

20 De son côté, la critique universitaire n’existe qu’au travers de singularités. On en mesure l’absence dans l’ouvrage de Michèle Piquard, L’Édition pour la jeunesse en France de 1945 à 1980 (Presses de l’ENSSIB, 2004). Ni Marie-Thérèse Latzarus, ni Paul Hazard, ni Marc Soriano n’ont fait école, chacun restant comme une figure isolée dans une sorte de désert, alors que les pays anglosaxons voient depuis longtemps des sociétés académiques parées de toutes les reconnaissances institutionnelles. Des associations internationales existent aussi, où la domination de la langue anglaise a gêné l’implication des rares chercheurs français. Ces différences s’expliquent par le peu d’estime apporté en France aux littératures non légitimées par le « collège restreint » des artistes (pour reprendre l’expression de Jean-Paul Sartre dans son Baudelaire) : littérature populaire, littérature enfantine et même roman d’aventures, ce romance que les Anglais et les Américains placent assez haut ; elles s’expliquent aussi par les modes de travail très individualistes des universitaires français dans le domaine des lettres.

21 Or on assiste, pour parler en termes venus de la sociologie de la distinction, à une légitimation de formes littéraires traditionnellement illégitimes et rendues encore plus illégitimes par la modernité qui, à la suite de Roland Barthes, a pensé la littérature dans la perspective tragique de son impossibilité, et à la suite de Jean Ricardou, a refusé l’écriture de l’aventure au profit de l’aventure de l’écriture. Cette aventure est aujourd’hui moins méprisée et ne reste plus l’apanage des amateurs, fussent-ils éclairés. Il faut saluer l’important travail réalisé par la revue Rocambole, bulletin de l’association des amis du roman populaire, dont les contributions viennent d’horizons divers. Elle vient de proposer un dossier sur Enid Blyton et sur Anthony Buckeridge. Quant à Belphégor, revue en ligne « internationale arbitrée de niveau universitaire », elle montre la voie pour une diffusion plus facile des approches critiques non limitées à des jugements de valeur. Plusieurs thèses marquantes ont été soutenues, celles de Matthieu Letourneux, Poétique du roman d’aventures. Entre civilisation et sauvagerie, 1860- 1920 (université de Paris 4, décembre 2001) et de Sylvain Venayre, La Gloire de l’aventure. Genèse d’une mystique moderne. 1850-1940, (publiée chez Aubier en 2002). Un ouvrage collectif, Poétiques du roman d’aventures, sous la direction d’Alain-Michel Boyer et Daniel Couégnas, vient de paraitre à Nantes aux éditions Cécile Defaut. La littérarité, au nom de laquelle ont été exclues toutes sortes de formes impures, ne peut plus prétendre définir à elle seule ce qui est littéraire. De ce point de vue, la thèse d’Anne-Gaëlle Weber, Le Roman de conquête scientifique au XIXe siècle en France, en Angleterre et aux États-Unis (université de Paris 4, 2001), publiée sous le titre À beau mentir qui vient de loin. Savants, voyageurs et romanciers au XIXe siècle (Champion, 2004), est essentielle en ce qu’elle prend au sérieux le projet scientifique d’un Jules Verne. Certes l’aventure n’est pas spécifiquement enfantine, mais elle a un gout de jeunesse qui autorise tous les croisements, sachant que la durée de cette jeunesse ne cesse de s’allonger. Les Anglosaxons parlent ainsi de crossover books, qui s’adressent principalement aux jeunes adultes de 18 à 30 ans[15] [15] Voir Sandra L. Beckett, « Romans pour tous ? », et...
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. La fantasy, qui touche particulièrement ce public et que son succès phénoménal range dans ce que Sainte-Beuve appelait « littérature industrielle », n’est pas considérée avec le dédain habituel (voir la thèse d’Anne Besson, parue sous le titre D’Asimov à Tolkien. Cycles et séries dans la littérature de genre, CNRS éditions, 2004). Mais cette littérature industrielle pose d’emblée des questions d’édition, traitées par exemple dans le cadre du centre d’histoire culturelle dirigé par Jean-Yves Mollier à l’université de Versailles-Saint-Quentin. De nombreux mémoires, des thèses, portent sur telle maison d’édition, permettant à terme de reconstituer le système. On peut même dire que les recherches sur les stratégies éditoriales en direction de la jeunesse constituent le secteur le plus actif de la recherche sur l’édition, et de façon presque naturelle pour cette littérature de jeunesse qui est avant tout une édition de jeunesse.

22 Le fait nouveau est aussi l’apparition d’une communauté universitaire dans le domaine. Ce développement a été favorisé par la persévérance de chercheurs décidés à rompre avec l’isolement, et notamment de Jean Perrot qui a assuré une présence constante dans les grandes associations internationales et a créé à Eaubonne, en 1994, l’Institut international Charles Perrault, aussi bien connu à l’étranger que dans notre pays. Cette création se justifiait par l’absence de structure universitaire : l’année précédente s’interrompait la publication de Janus Bifrons, revue universitaire de l’adolescence, portée depuis 1979 par Geneviève Humbert, alors maitre de conférences en littérature autrichienne à l’université Marc Bloch de Strasbourg. Il semble que l’absence de reconnaissance institutionnelle ait été la cause de cet arrêt.

23 Jean Perrot, né en 1937, professeur de littérature comparée à Paris XIII, a pris des directions atypiques, n’hésitant jamais à donner de lui-même dans des entreprises peu à même de produire ces fameuses quotations qui font le miel des bureaucrates de l’évaluation. Après de nombreux travaux (dont des articles pour Le Français aujourd’hui), il publie quelques grands livres, Art baroque, art d’enfance (Presses universitaires de Nancy, 1991, dans la collection « Littérature jeunesse » qu’il a dirigée mais qui s’est interrompue brutalement avec la disparition de cette structure), Jeux et enjeux du livre d’enfance et de jeunesse (Éditions du Cercle de la librairie, 1999), Le Secret de Pinocchio. George Sand et Collodi (InPress éditions, 2003), sans compter de nombreux ouvrages collectifs comme l’important Tricentenaire Charles Perrault : les grands contes du XVIe siècle et leur fortune littéraire, paru en 1998. Sans rompre avec la grande tradition en quelque sorte encyclopédiste de ses devanciers, Jean Perrot a positionné autrement son approche : le baroque, le jeu de mots et de rôles, la circulation jubilatoire des textes et des personnages sans souci d’une chronologie, une attirance pour les formes nouvelles avec l’idée que c’est l’invention qui est par essence éducative ; une hospitalité critique qui se double d’une hospitalité au sens propre, la création de l’institut Perrault permettant de rassembler des collègues de tous les pays et de toutes les tendances.

24 Mais au moment où s’ouvrait l’institut Perrault, se créait également à Arras le centre de recherches littéraires « imaginaire et didactique » dont l’un des axes principaux est la littérature de jeunesse, et plus largement, la littérature et la culture de l’enfance. En 1997, ce centre créait les Cahiers Robinson, une revue bisannuelle qui a privilégié une approche plutôt historienne, mais qui s’ouvre à des auteurs ou à des courants plus actuels comme la fantasy, sujet sur lequel portera son prochain numéro. Parallèlement, des thèses commençaient à se soutenir en plus grand nombre. Une recherche se développe donc, à la croisée de plusieurs disciplines puisque la question de l’enfance implique d’autres approches que littéraires. Nous ne reviendrons pas sur cet aspect, exploré par Jean Perrot dans son article « Recherche et littérature de jeunesse en France. Recherche pure ou appliquée ? » [16] [16] Dans le Bulletin des bibliothèques de France, tome 44,...
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et par Jean-Yves Mollier, dans son intervention, « La littérature de jeunesse au carrefour des disciplines », lors de l’important colloque tenu à la Bibliothèque nationale de France en novembre 2002, Se former à la littérature de jeunesse aujourd’hui. Ses actes, publiés dans la revue Argos (académie de Créteil, hors série n° 4), constituent une référence essentielle dans la mesure où ils font le point sur l’offre de formation, les politiques de la lecture et sur la recherche, Jean Perrot revenant sur la question avec un recensement des grands courants.

25 Les formes de recherche à l’université connaissent de grandes transformations. Si les sociétés de spécialistes se perpétuent ou même prennent naissance (ainsi l’AFRELOCE, Association française de recherche sur la littérature et les objets culturels de l’enfance), la structuration la plus vivante et la plus solide est celle du « laboratoire » qui a permis un spectaculaire développement de l’activité. En effet, le concept d’équipe d’accueil, supposant une reconnaissance du ministère accompagnée d’un financement relativement modeste mais non négligeable dans le cadre d’un contrat quadriennal, implique l’émergence de projets auxquels doivent collaborer les enseignants-chercheurs d’une, voire de plusieurs UFR, mais auxquels peuvent également se rattacher des chercheurs qui resteraient en déshérence, par exemple des enseignants docteurs enseignant en lycée et en attente d’une intégration plus ou moins hypothétique à l’université. Cette diffraction s’est naturellement accompagnée d’une diversification allant contre la reproduction pure et simple des mêmes schémas, diversification profitable aux régions mineures de l’espace littéraire, et donc à la littérature de jeunesse. D’une part, les masters créés par la nouvelle réforme des licences-masters-doctorats (LMD) ont l’obligation de s’adosser aux travaux de ces centres, d’autre part le profil des postes des enseignants-chercheurs, défini par rapport aux charges d’enseignement, doit également tenir compte du centre de rattachement. C’est cette clause qui a permis d’étiqueter ces dernières années des postes comme « littérature de jeunesse ».

26 La création de centres de recherches qui s’intéressent à ces questions comme à celles de l’éducation, mais sans exclusive et sans coupure avec les autres aspects de l’institution littéraire, à Arras, à Cergy-Pontoise, à Versailles Saint-Quentin, à Saint-Étienne, permettra peut-être à l’école de retrouver sa voix et de ne pas la confondre avec celle des éditeurs ou avec le discours sur le gout de lire qui tourne aujourd’hui en boucle[17] [17] Cf. Aimer lire. Guide pour aider les enfants à devenir...
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Notes

[ 1] Voir Muriel Louâpre, « Sous les marronniers des cours de récré », Histoires littéraires n° 18, 2004.Retour

[ 2] Brigitte Buffard-Moret, Côté lecture 6e, Bordas, 2000.Retour

[ 3] Actes de la recherche en sciences sociales, n° 13 et n° 14, 1977.Retour

[ 4] Institut national de recherche pédagogique, 1989.Retour

[ 5] Ce prix, qui doublait le prix de vertu destiné aux pauvres, récompensait des ouvrages utiles aux connaissances et aux bonnes mœurs.Retour

[ 6] Éditions de la Nouvelle revue critique, 1936.Retour

[ 7] M. Lahy-Hollebecque, Les Charmeurs d’enfants. Préface de M. Édouard Herriot, éditions Baudinière, 1928, p. 15.Retour

[ 8] B. P. I., Centre Georges Pompidou, 1989.Retour

[ 9] Ces notices sont recensées par Margot Irvine et Rod Humpel sur le site de l’université de Toronto, « Études des femmes à la collection Sablé, un catalogue multimédia » (http://www.chass.utoronto.ca.fren.).Retour

[ 10] Danielle Berthier, dans Le Roman historique pour la jeunesse en France. Jeunesse et évolution, « Annexe III. Anthologie » (thèse en cours), donne de nombreux exemples de recensions parues dans cette Bibliographie catholique, « revue critique des ouvrages de religion, de philosophie, d’histoire, de littérature, d’éducation, etc., destinée aux ecclésiastiques, aux pères et aux mères de famille, aux chefs d’institution et de pension des deux sexes, aux bibliothèques paroissiales, aux cabinets de lecture chrétiens, et à toutes les personnes qui veulent connaitre les bons livres, et s’occuper de leur propagation ».Retour

[ 11] Danielle Berthier, Le Roman historique pour la jeunesse en France. Genèse et évolution, thèse en cours.Retour

[ 12] Sur l’abbé Bethléem, voir Anne-Marie Chartier & Jean Hébrard, Discours sur la lecture (1880-1980) : I, 3, « L’abbé Bethléem et son guide général de lectures », chapitre rédigé principalement à partir d’un travail de Rémi Fromont, « Quelques discours catholiques sur la lecture », B. P. I., 1975. Et Violaine Pellerin, L’Abbé Bethléem (1869-1940). Un pionnier de la lecture catholique, mémoire d’Histoire, université de Versailles-St Quentin en Yvelines, 1993-1994, notamment la première partie, « Un jeune prêtre au service des âmes chrétiennes, 1869-1914 ».Retour

[ 13] Voir « Le prix Jeunesse », Charles Vildrac (1882-1971) : écrire pour l’enfance, Paris, Bibliothèque municipale l’Heure Joyeuse, 2001.Retour

[ 14] Max Butlen, « Lire en bibliothèque, lire à l’école. Oppositions et interactions », Bulletin des bibliothèques de France, t. 49, n° 1, 2004.Retour

[ 15] Voir Sandra L. Beckett, « Romans pour tous ? », et Tony Watkins, « Topographie de la librairie magique », dans V. Douglas (dir.), Perspectives contemporaines du roman pour la jeunesse, Paris, L’Harmattan, 2003.Retour

[ 16] Dans le Bulletin des bibliothèques de France, tome 44, n° 3, dossier « Enfants, lectures et bibliothèques », p. 13-24, 1999. Article accessible en ligne (bbf.enssib.fr).Retour

[ 17] Cf. Aimer lire. Guide pour aider les enfants à devenir lecteurs (Paris, CNDP-Bayard, 2004), un non-livre pour ceux qui prétendent faire lire.Retour

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POUR CITER CET ARTICLE

Francis Marcoin « Critiquer la littérature de jeunesse : pistes pour un bilan et des perspectives », Le français aujourd'hui 2/2005 (n° 149), p. 23-34.
URL :
www.cairn.info/revue-le-francais-aujourd-hui-2005-2-page-23.htm.
DOI : 10.3917/lfa.149.0023.