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Le journal de l'école de Paris du management

2004/1 (N°45)


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L’économiste novice : Avec l’économie de marché, finie la tyrannie des normes étatiques, corporatistes ou bureaucratiques : veillons à une concurrence loyale entre entreprises, entretenons la motivation de chacun par des incitations financières ajustées et nous accéderons tout à la fois à l’efficacité, la liberté et la justice.

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L’éditorialiste : Vous avez l’enthousiasme des convertis ! Depuis dix ans que l’École de Paris analyse des cas variés, je vois les choses autrement. Voyez les Grimaud. Ils revendiquent la tradition paysanne et catholique de leurs ancêtres ; ils se sont lancés dans l’accouvage des canards à l’instar des moines de l’abbaye voisine. Ils cultivent les vertus de la famille et affichent un rare appétit de la connaissance. Leur conduite est guidée par des motivations dont ne parle guère l’économie.

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Le novice (condescendant) : C’est une industrie rurale…

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L’éditorialiste : Il vous faudra expliquer pourquoi ils sont les leaders mondiaux, conquièrent la Chine et prennent des options audacieuses avant les autres. Voyons maintenant le contrôle les dépenses de santé.

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Le novice (avec assurance) : On ne peut plus laisser dériver les comptes de la Sécurité sociale !

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L’éditorialiste : C’est un raisonnement budgétaire plus qu’économique : la croissance des ventes de voitures est un bienfait, pourquoi pas celle des dépenses de santé ? Mais admettons qu’il faille tempérer les dépenses. Si tous les gouvernements s’y sont cassé les dents c’est que la question est de savoir comment faire cohabiter normes économiques et normes médicales.

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Le novice : Des collègues m’ont passé votre texte sur Ardelaine. J’aime ce cas qui montre qu’on peut concilier impératif économique, développement local, préservation de l’environnement et valorisation d’un patrimoine culturel. Vous voyez que l’économie n’est pas mauvaise en soi !

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L’éditorialiste : C’est une belle science, mais on l’utilise trop en dehors de son champ de validité. Convenez en tout cas que Béatrice et Gérard Barras ne sont pas animés par des motivations principalement économiques. Au sujet de la “Machine Matignon”…

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Le novice : … je vous arrête, le fonctionnement d’un gouvernement sort du champ de l’économie : il faut étudier le jeu des intérêts partisans pour comprendre les décisions.

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L’éditorialiste : Ce que montre Thierry Weil, c’est au contraire que les intérêts partisans sont mis entre parenthèses par les règles et les rites qui régissent la vie du gouvernement. C’est même cette modération des intérêts qui explique l’étonnante continuité de la politique française malgré la vigueur des affrontements politiques.

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Le novice : Que voulez-vous me faire dire ? Que les organisations à fortes normes résistent dans la durée car elles ne sont pas livrées aux intérêts immédiats ?

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L’éditorialiste : Si c’est vous qui le dites…

Pour citer cet article

Berry Michel, « Éditorial. Ces organisations qui ont une âme», Le journal de l'école de Paris du management 1/2004 (N°45) , p. 3-3
URL : www.cairn.info/revue-le-journal-de-l-ecole-de-paris-du-management-2004-1-page-3.htm.
DOI : 10.3917/jepam.045.0003.


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