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Le journal de l'école de Paris du management

2004/3 (N°47)


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Depuis la fondation de l’École de Paris du management je m’interrogeais sur la date d’apparition de l’expression à laquelle notre école fait référence : l’École de Paris en peinture et en sculpture, d’autant que Le Petit Robert se borne à dire : “xxe siècle”.

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En lisant un excellent livre sur l’histoire de l’immigration paru en mars 2004, j’ai trouvé la réponse. L’expression a été inventée par le critique d’art André Warnod dans un article de l’hebdomadaire de culture et de spectacles Comoedia le 27 janvier 1925. L’article met en valeur quatre caractéristiques constitutives de l’école : son rejet de l’académisme (Warnod cite, dans un passage non reproduit ici, des noms comme Picasso, Chagall, Zadkine) ; le rôle essentiel des étrangers et des immigrés en son sein ; symétriquement, son succès international croissant ; enfin l’attractivité de la France comme espace géographique, social et politique.

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On retiendra deux formules de Warnod : cette école est le lieu d’ “une agitation très profitable” ; l’internationalisation est un processus mutuel, car “il est (…)très difficile de préciser ce que les étrangers nous empruntent et ce que nous leur empruntons”. Si on ajoute que Warnod localise cette école à Montparnasse, on se dit que toute ressemblance avec une autre école serait à coup sûr fortuite et pure coïncidence.

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« L’École de Paris existe. Plus tard les historiens d’art pourront, mieux que nous, en définir le caractère et étudier les éléments qui la composent ; mais nous pouvons toujours affirmer son existence et sa force attractive qui fait venir chez nous les artistes du monde entier (…) pour connaître le pays où ont vécu nos grands peintres, respirer l’air qu’ils ont respiré, s’émouvoir eux aussi devant les perspectives de chez nous, d’une si belle ordonnance, goûter la douceur du climat, la lumière, connaître enfin le bonheur de vivre et jouir de cette liberté sans laquelle l’art ne peut s’épanouir (…).

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Faut-il leur reprocher de ne guère apporter dans leur bagage que la volonté d’enrichir leur art avec ce qu’ils trouveront chez nous ? Ils créent, à défaut d’autre chose, une agitation très profitable. Il ne faut jamais s’endormir sur ses lauriers ; de plus, il y a parmi eux de grands artistes, des artistes créateurs qui donnent plus qu’ils ne prennent. Ils paient pour les autres, les suiveurs, les pasticheurs (…).

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Il est d’ailleurs très difficile de préciser ce que les étrangers nous empruntent et ce que nous leur empruntons. Il est certain en tout cas que Paris est actuellement un foyer d’art extrêmement actif et que, dans ce concert, les Français, ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui, ont la meilleure place. L’art français d’à présent est d’une prodigieuse richesse (…).

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Mais à côté de ses artistes français, et travaillant dans le même sens, apparaissent des étrangers qui se sont formés en France et affirment ainsi d’une façon absolue l’existence de l’École de Paris (…).

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Telle nous paraît être l’École de Paris qui réunit de prodigieuses forces vives (…). »

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(extraits de l’Immigration dans les textes, France, 1789-2002 de Janine Ponty, Éditions Belin Sup)

Pour citer cet article

Fridenson Patrick, « Perles. D'une école à l'autre », Le journal de l'école de Paris du management, 3/2004 (N°47), p. 6-6.

URL : http://www.cairn.info/revue-le-journal-de-l-ecole-de-paris-du-management-2004-3-page-6.htm
DOI : 10.3917/jepam.047.0006


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