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Le journal de l'école de Paris du management

2004/4 (N°48)


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« Qui ne connaît que l’Angleterre ne connaît pas l’Angleterre » disait Kipling. Les dépaysements sont l’occasion de révéler des racines profondément enfouies. Certains pensent que les différences culturelles seront bientôt réduites à des exotismes sympathiques, mais ils regardent les choses de loin. Car quand on doit s’établir en terre étrangère, des actes élémentaires posent des problèmes inattendus : ouvrir un compte, mettre ses enfants à l’école, négocier des affaires, commander des hommes, etc. Les dépaysements relativisent ainsi les vertus de sa culture, mais ils permettent aussi de se découvrir des forces insoupçonnées. Les articles de ce numéro illustrent ces apprentissages.

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Pascal Baudry a rencontré les différences culturelles en épousant une Américaine, en mettant ses enfants à l’école aux États-Unis, et en étant un des dirigeants d’American Motors, acquisition américaine de Renault qui a tourné mal. Puis il a monté une affaire prospère, à la manière américaine. Cette expérience a été si forte et son attachement à son pays d’origine est si grand qu’il voudrait rendre raison de nos différences. Il relie aux principes éducatifs et aux règles de socialisation l’opposition entre l’assurance qu’affichent les Américains chez eux et le poids des normes sociales sur les Français.

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Un heureux hasard a aussi amené le colonel Jean-Marc Denuel à témoigner sur son expérience de commandement d’un détachement français dans une base américaine au Kirghizstan. On sera frappé de voir que les comportements sont opposés à l’analyse précédente : les Américains semblent se replier sur eux-mêmes quand les Français paraissent soucieux de découvrir et de séduire. Comme si l’éloignement créait un besoin de protection chez les uns et libérait les autres, ce qui est d’ailleurs cohérent avec l’analyse de Pascal Baudry.

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Pour André Ulmann, il n’était pas besoin de changer de pays pour vivre un dépaysement. La création de son entreprise en quittant Roussel-Uclaf l’a plongé dans un monde où les financiers ne croient pas aux projets, la commercialisation est un problème, le respect des accords de licence aléatoire. Finalement, avec l’appui indéfectible d’un financier attentif aux hommes et l’aide de la diaspora des anciens de Roussel-Uclaf, il a trouvé son créneau grâce à sa connaissance intime de la clinique médicale, des grandes entreprises et des ONG. À ses talents de polyglotte en somme.

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Entre une fonction d’économiste à la Communauté européenne et celle de maire de la ville de Saverne, il y avait une différence d’univers considérable. Pourtant devenu maire, Adrien Zeller a gardé son goût de mobiliser des outils économiques pour aller au-delà des évidences trompeuses du moment. C’est ainsi qu’il a anticipé une grave crise économique et organisé des parades. Même avec des responsabilités régionales et nationales importantes, il est resté curieux de ce qui se fait ailleurs et attentif à pousser ses administrés à sortir de leurs territoires pour que, mis en porte-à-faux, ils forgent des projets mobilisateurs.

Pour citer cet article

Berry Michel, « Éditorial. Dépaysements », Le journal de l'école de Paris du management, 4/2004 (N°48), p. 3-3.

URL : http://www.cairn.info/revue-le-journal-de-l-ecole-de-paris-du-management-2004-4-page-3.htm
DOI : 10.3917/jepam.048.0003


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