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Le journal de l'école de Paris du management

2004/5 (N°49)


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« De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace », la célèbre formule de Danton pour inviter les Français à se mobiliser contre les envahisseurs semble obnubiler les esprits dans le monde des affaires d’aujourd’hui : il faut lancer des OPA pour éviter d’être la victime d’un raid, toujours innover sinon c’est la mort certaine, fusionner pour avoir la taille critique, etc. Les entreprises doivent donc sans cesse prendre des décisions audacieuses, qui peuvent les mettre en péril. Mais ceux qui n’ont pas d’audace vont sûrement mourir, dit-on, en tout cas ils ne sont pas à la mode : les banques d’affaires, les analystes financiers, les médias et les fonds d’investissement, ceux que Claude Bébéar appelle les “pousse au crime”, aiment cette vie des affaires tumultueuse, dans laquelle ils trouvent leur intérêt.

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Mais où court-on comme cela ? commence-t-on à se demander, vu la violence que ces à-coups engendrent dans la vie sociale, ou les naufrages auxquels cela conduit. Où pourrait être la source de sagesse qui aiderait les audacieux à mieux peser leurs risques ? Les déboires des uns calmant rarement l’ardeur des autres, comme le rappelle Élisabeth Bourguinat dans L’esprit de l’escalier, il faut trouver un principe plus fort que la vertu de l’exemple.

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La couverture de ce numéro représente Neptune, dieu de la mer, un des plus honorés de la mythologie romaine, dominant des flots impétueux. Il gouvernait son empire avec force et avec calme, sachant du fond de la mer ce qui se passait à la surface. Il rétablissait le désordre des tempêtes, soulevant avec son trident les navires pris dans les rochers à la suite d’injustes naufrages ou faisant rentrer les eaux dans leur lit.

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Nous n’avons pas de dieu pour veiller aux périls de la vie économique. Nous avions l’État, ce qui était presque pareil, mais avec la poussée du libéralisme et la montée de l’Europe, il ne s’aventure plus guère à réguler la vie des affaires, ce pour quoi il n’a plus guère de légitimité ni d’ailleurs grande compétence : il se cantonne plutôt au rôle de pompier ou de brancardier.

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Quelle source de sagesse reste-t-il donc, qui joue le rôle de la main gauche dont Claude Riveline parle dans sa page Idées ? Les articles de ce numéro montrent que des traditions familiales, celles du commerce, ou même la vieille sagesse des vignerons peuvent aider à peser les choix audacieux, contrepoids dont a clairement manqué le monde de la “nouvelle économie”.

Pour citer cet article

Berry Michel, « Éditorial. L'audace et la sagesse », Le journal de l'école de Paris du management, 5/2004 (N°49), p. 3-3.

URL : http://www.cairn.info/revue-le-journal-de-l-ecole-de-paris-du-management-2004-5-page-3.htm
DOI : 10.3917/jepam.049.0003


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