Accueil Revues Revue Numéro Article

Le journal de l'école de Paris du management

2005/2 (N°52)


ALERTES EMAIL - REVUE Le journal de l'école de Paris du management

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Article précédent Pages 7 - 7 Article suivant
1

La catastrophe qui s’est abattue en décembre 2004 sur les plages de l’océan Indien a popularisé l’appellation japonaise des raz de marée. Événement sans précédent, et pourtant vaguement familier dans son ampleur et son horreur. L’attaque du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center, par exemple, a connu un écho médiatique comparable. L’accident de Tchernobyl, l’épidémie du sida, l’affaire de la vache folle, la grippe aviaire, tous ces épisodes de l’actualité récente ont évoqué des déferlantes analogues, qu’elles aient été subies ou contenues. Notre époque serait-elle plus vulnérable que les précédentes à cet égard ?

2

C’est une hypothèse qu’il faut examiner, car deux circonstances nouvelles conduisent à amplifier les effets systémiques : la communication et l’urgence, deux causes qui s’alimentent l’une l’autre. Plus il y a de gens informés, plus l’information se mondialise ; plus on reçoit de messages, moins on a de temps pour y réfléchir ; plus on est pressé par le temps, plus on est avide de remèdes faciles à comprendre et à mettre en œuvre et plus on communique pour en recueillir. Ainsi grossissent démesurément les bulles.

3

J’ai juxtaposé des catastrophes provoquées par la nature et d’autres provoquées par des erreurs ou même des crimes humains, mais sont-elles très différentes du point de vue des victimes ? Il faut se souvenir que lors du procès d’Eichmann, le ministère public a eu beaucoup de mal à prouver que l’accusé, absorbé dans les besognes de son poste administratif, ne pouvait pas ignorer qu’il collaborait à un génocide. Il en va ainsi dans toutes les guerres. Le philosophe Jean-Pierre Dupuy fait observer que le mot hébreu Shoah désigne dans la Bible toute catastrophe, qu’elle soit d’origine naturelle ou humaine.

4

La mondialisation, la communication et l’urgence produisent bien d’autres effets moins meurtriers mais qui par leur ampleur méritent sans doute l’appellation de tsunamis : les modes managériales comme celle des ERP, les modes de vie qui s’européanisent et s’américanisent, la loi de Moore qui pousse à une frénésie d’innovation et de gigantisme en électronique, la dérégulation du transport aérien qui détruit des compagnies et sature les aéroports, tout cela fait redouter la multiplication d’explosions de bulles comme celle de l’internet en 2002.

5

Mais le fléau porte parfois son remède. De même que la peste noire s’est arrêtée au xive siècle, dit-on, par l’effet de la multiplication des virus bactériophages, communication et urgences offrent aussi des bienfaits : par exemple la maladie de la vache folle et la grippe aviaire ont été jugulées infiniment plus vite que la peste noire en son temps.?Les secours, pour le dernier tsunami, ont été d’une promptitude et d’une ampleur sans précédent.

6

Pour nous en tenir à l’objet de l’École de Paris, y aurait-il un remède aux effets fâcheux des modes managériales ? Bien sûr. Il faut au moins que ceux qui en sont témoins prennent le temps d’en parler, qu’un public averti en débatte, et que cette connaissance soit largement diffusée. Tout le programme de l’École de Paris.

Pour citer cet article

Riveline Claude, « Idées. Tsunamis», Le journal de l'école de Paris du management 2/2005 (N°52) , p. 7-7
URL : www.cairn.info/revue-le-journal-de-l-ecole-de-paris-du-management-2005-2-page-7.htm.
DOI : 10.3917/jepam.052.0007.


Article précédent Pages 7 - 7 Article suivant
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback