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Le journal de l'école de Paris du management

2005/4 (N°54)


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Le politique est l’impensé du management, et le management l’impensé du politique.

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L’idéal des sciences de gestion, et des experts en management, a longtemps été de se rapprocher du modèle des sciences physiques en énonçant des lois universelles et des critères objectifs permettant de gouverner de façon rationnelle les entreprises. Certes, celles-ci ont eu toujours à faire avec le politique, et s’en arrangeaient plus ou moins, mais ces ingérences étaient considérées comme des pollutions que les progrès du libéralisme économique allaient éradiquer. On rêve même périodiquement de détacher l’Administration des miasmes du politique en lui appliquant des méthodes de l’entreprise – voyez l’engouement d’aujourd’hui pour la LOLF et son organisation par missions et ses objectifs quantifiés.

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Du côté du politique, on regarde volontiers la gestion comme un art ancillaire. Certes, on sait qu’elle a son importance car il faut bien que les affaires soient rondement menées, mais la gestion n’a pas la noblesse qu’on accorde à l’expression des volontés : « L’intendance suivra ! » disait le général de Gaulle. D’ailleurs, dans les campagnes électorales, les candidats qui s’affichent comme bons gestionnaires ne rencontrent guère d’écoute. La cigale ayant chanté tout l’été, est réélue et regarde de haut la fourmi.

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Pourtant les frontières se brouillent entre le monde du management et celui du politique, comme l’illustre ce numéro. Martine Billard montre, en détaillant l’agenda d’un député, combien le politique est corseté par un entrelacs d’institutions, de règles et d’échéances qui expliquent le sentiment d’impuissance qu’il donne aujourd’hui. Jean-Pierre Duport illustre la figure du préfet, personnage intéressant car il est à la fois perçu comme politique en tant que représentant de l’État et comme gestionnaire en tant que coordinateur des administrations présentes sur son territoire. Jacques Toraille montre comment Michelin s’organise pour assumer le rôle citoyen que la société attend désormais des grandes entreprises. Pour Jean-François Molle, si l’on veut éviter des paniques dévastatrices, les entreprises doivent favoriser l’émergence de porteurs d’opinions indépendants, quitte à en faire des contrepouvoirs redoutés par le monde des affaires. Enfin, la IV de couverture annonce la parution d’un livre sur la police, issu d’une séance captivante de l’École de Paris (Capitaine Joël Terry, “La journée d’un policier dans les Halles de Paris”, Journal de l’École de Paris n° 44, nov-déc 2003), qui montre que la lutte contre l’insécurité, priorité politique d’aujourd’hui, est à titre principal une affaire de management.

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La fonction du politique est de rendre possible, c’est-à-dire socialement acceptable, ce qui est nécessaire. Le nécessaire, c’est l’affaire du management, l’acceptable c’est celle du politique. Comme le suggère Claude Riveline dans sa page Idées, chacun a besoin de l’autre.

Pour citer cet article

Berry Michel, « Éditorial. Politique», Le journal de l'école de Paris du management 4/2005 (N°54) , p. 3-3
URL : www.cairn.info/revue-le-journal-de-l-ecole-de-paris-du-management-2005-4-page-3.htm.
DOI : 10.3917/jepam.054.0003.


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