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Le journal de l'école de Paris du management

2008/6 (N°74)


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Comment a-t-on pu en arriver là ? C’est ce que se demandent, à propos de la crise actuelle, les politiques, les médias, et jusqu’à l’homme de la rue. Le débat de notre soirée du 20 octobre sur les marchés financiers, encore frais au moment où j’écris ces lignes, a permis aux trois orateurs de mettre en relief trois causes de catastrophes :

  • pour Nassim Taleb, auteur du best seller The Black Swan, les mathématiques ont induit un sentiment fallacieux de maîtrise, conduisant à ignorer les événements exceptionnels qui engendrent les catastrophes ; c’est le syndrome du Titanic : la foi aveugle dans la technique inhibe le discernement ;

  • pour Alexis Bonnet, mathématicien et gestionnaire d’un hedge fund, c’est la volonté de gagner toujours plus en jouant avec les effets de levier et le risque qui a causé la ruine de certains ; l’audace et la prise de risque sont le propre des entrepreneurs et cela se traduit périodiquement par des accidents ou des carambolages ;

  • Pierre-Noël Giraud, auteur du Commerce des promesses est radical : en finance, on n’échange que des promesses fondées sur des visions du futur largement partagées ; il est dans la nature du système de générer un excédent de promesses, mais un jour un fait déclencheur fait basculer les acteurs dans une vision pessimiste, et c’est le krach ; les crises seraient la rançon de l’optimisme sans lequel il n’y a pas de belles affaires.

Si l’on ajoute les arguments de Claude Riveline dans sa page Idées, selon laquelle les chefs ont toujours des points aveugles, on ne peut rêver d’un monde sans catastrophes.

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L’exercice du discernement peut cependant en diminuer la fréquence et les effets. Mais qu’est-ce à dire au juste qu’exercer son discernement ? Ce numéro contribue à éclairer la question.

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Yves-Marie Abraham et Cyrille Sardais ont mené une enquête approfondie sur l’affaire de la Barings pour éclairer l’incroyable aveuglement de la hiérarchie de Nick Leeson. Cela a conduit à s’interroger sur les transpositions modernes du bouffon du Roi, qui avait l’art de mettre le doigt sur les points aveugles du pouvoir.

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On voudrait transformer le système pénitentiaire mais l’opinion n’y aide pas : pour les uns, la prison est la honte de la République, pour les autres elle est nécessaire mais ils ne veulent pas savoir ce qu’il s’y passe. On verra le discernement, et le courage, dont doit faire preuve Claude d’Harcourt pour rendre possibles les transformations nécessaires.

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Frédéric Malle a eu une idée lumineuse : travailler avec les “nez” en leur permettant de signer les parfums qu’ils créent, alors que les grandes maisons effacent leur identité au profit de la marque. Parfois une idée toute simple change la donne, encore faut-il oser aller contre les pratiques établies et la mettre en œuvre avec clairvoyance.

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Bernard Bougon et Laurent Falque expliquent comment la philosophie et les exercices d’Ignace de Loyola peuvent aider les acteurs à prendre conscience des degrés de liberté dont ils disposent pour en user avec discernement dans leurs jugements et leurs choix. Voilà une disposition d’esprit dont nous avons bien besoin aujourd’hui.

Pour citer cet article

Berry Michel, « Éditorial. Voir à temps», Le journal de l'école de Paris du management 6/2008 (N°74) , p. 3-3
URL : www.cairn.info/revue-le-journal-de-l-ecole-de-paris-du-management-2008-6-page-3.htm.
DOI : 10.3917/jepam.074.0003.


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