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Le journal de l'école de Paris du management

2010/4 (N°84)


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Lorsque nous avons invité Didier Adès et Dominique Dambert à la séance de l’École de Paris, dont on trouvera le compte rendu ci-après, nous étions loin d’imaginer que l’émission allait disparaître par suite du licenciement des deux animateurs pour une faute difficile à croire. En tout cas, un tel chef-d’œuvre ne pouvait pas disparaître comme cela, sans un mot d’explication.

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C’est pourquoi nous avons été quelques-uns à nous manifester par un article paru dans Le Monde.fr (6 avril 2010), pour que la direction de France Inter prenne en considération l’attachement de trois millions d’auditeurs à une des rares émissions à surmonter les obstacles pour proposer une information de qualité sur la vie économique. On verra ci-joint comment la liberté et l’inventivité de la programmation, l’art du décalage, le travail de montage pour rendre vivants les apports de personnes peu habituées à parler sur les ondes, le relatif - et trop rare - effacement à l’antenne des animateurs pour mettre à l’aise leurs invités, ont fait de cette émission un vrai moment d’information et de réflexion.

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La pétition que nous avons lancée apporte des informations supplémentaires sur la façon dont les auditeurs considéraient l’émission. Si leur nombre n’est pas considérable (2 370 le 27 mai), ce qui s’explique par le fait que cette pétition n’a pas fait l’objet de publicité et n’a guère été reprise par les médias, l’information qualitative apportée est très éclairante :

  • les auditeurs qui réagissent sont extrêmement variés ; on trouve bien sûr des patrons, des cadres, des enseignants (nombre d’enseignants du secondaire s’en servaient pour illustrer leurs cours), des fonctionnaires, mais aussi des artistes, des infirmiers, des employés, des médecins, des artisans, des retraités, etc. ; elle assurait une vraie mission de service public ;

  • beaucoup mettent l’accent sur la variété des thèmes abordés et sur le sentiment que l’émission voulait les faire réfléchir plutôt que de leur asséner des vérités toutes faites (vérités éphémères en ces temps de crise) ; on dit que les Français ne s’intéressent pas à l’économie, mais ces commentaires montrent que ce n’est pas le cas si on les traite comme des personnes dotées de curiosité et de jugement ;

  • la plupart insistent sur le fait qu’ils avaient pris l’habitude d’écouter l’émission depuis dix, vingt ou même trente ans ; avec les podcasts, d’autres s’habituaient de même à l’écouter dans les transports avec leur iPod, leur autoradio, etc.

Avec le temps, Rue des entrepreneurs était donc devenu un bon rite, qui mettait chacun dans une disposition d’esprit propice à l’écoute et à la réflexion. Cela rendait possible une programmation à distance des passions ou des fureurs du moment.

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La direction n’a-t-elle vu ce rite que sous l’angle de son ancienneté ? Certains sont parfois tellement épris de mouvement que les rites sont pour eux source de rage. Cela pourrait expliquer qu’il n’y a eu aucune information, aucune excuse envers les trois millions d’auditeurs, alors même que la chaîne rappelait fièrement peu avant que c’était une de ses émissions les plus suivies. Comment comprendre que toutes les archives aient disparu sans préavis du site web où il était pourtant indiqué que les émissions pouvaient être écoutées pendant six mois sur le web ? Curieux déni de service public…

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Finalement, le titre que nous avons proposé pour la séance, “Le succès improbable…” était plus approprié que nous ne l’imaginions. Cela a changé, effectivement : l’émission qui prend la suite n’a rien d’improbable.

Pour citer cet article

Berry Michel, « “Rue des entrepreneurs” était donc vraiment une émission improbable... », Le journal de l'école de Paris du management 4/2010 (N°84) , p. 38-38
URL : www.cairn.info/revue-le-journal-de-l-ecole-de-paris-du-management-2010-4-page-38.htm.
DOI : 10.3917/jepam.084.0038.


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