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Le journal de l'école de Paris du management

2016/1 (N° 117)


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L’expression “soulever des montagnes” nous vient de la Bible, où elle avait un sens métaphorique. Dans la bouche de Jésus, la montagne incarnait une difficulté insurmontable, que la foi permettait de dépasser. Aujourd’hui, l’on se fait une montagne quand on imagine des difficultés décourageantes à quelque entreprise, ou l’on fait du défi de sa vie un Everest. Et parfois, l’on déplace des montagnes.

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La métaphore de la montagne se comprend aisément. Quand, comme Philippe Aubert, vous naissez avec un grave handicap, et que tout autour de vous est fait pour vous enfermer dans une vie parfaitement balisée, il faut une détermination de fer pour en sortir. Les montagnes sont dans le regard que les autres portent sur vous et les limites qu’ils vous attribuent, ou dans le fonctionnement des institutions. Avec sa volonté, l’aide de sa famille, la rencontre d’institutrices exceptionnelles et le soutien inestimable de son assistant Jackson Sintina, Philippe a obtenu un master et a parcouru le monde. Avec Jackson, leur combat est de faire évoluer le regard sur le handicap.

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L’entrepreneuriat a quelque chose de l’Everest, surtout lorsque vous l’abordez par la face Nord. La face Nord, pour Clémentine Gallet et son mari, c’était monter leur entreprise avant même d’avoir fini leurs études en se frottant à un marché où les acteurs s’appelaient Airbus et Boeing. En réalité, Coriolis Composites est née de la volonté de fabriquer un mini transat, mais est devenue aujourd’hui un des leaders mondiaux dans son domaine.

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L’aventure entrepreneuriale est une ascension dans laquelle la montagne se découvre petit à petit. Pour Olivier Schiller, elle ne se réussit qu’avec de la chance, et l’implication de partenaires. Le laboratoire Septodont, qu’il préside, a fait le choix dès sa création de rester sur un marché de niche en cherchant à être présent dans le monde entier. Dans le domaine des produits destinés aux chirurgiens-dentistes, cela veut dire composer avec la montagne FDA et ses équivalents qui valident dans chaque pays la mise sur le marché des produits. L’aventure aurait pu mal tourner. « La frontière entre réussite et échec est très ténue », en tire-t-il comme leçon.

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Les montagnes sont difficiles à déplacer. Dans l’industrie manufacturière, les usines peuvent être un frein à la capacité d’évolution d’une entreprise à de nouveaux contextes. L’industrie automobile est aujourd’hui à un carrefour : entre l’éclosion des nouveaux marchés, l’évolution des réglementations, la demande de personnalisation, le développement des technologies de l’information ou encore l’arrivée du véhicule électrique, tout change. Mais le système industriel de Renault ne constitue pas un facteur d’immobilisme. Ses usines se réinventent et accompagnent ces changements.

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Dans le monde de l’entreprise, dans la société, les montagnes sont partout. Les lignes sont difficiles, voire impossibles à bouger, l’immobilisme semble être la règle. Mais peut-être cela tient-il aux discours véhiculés par les médias. Christine Quentin est devenue journaliste pour mettre en évidence les innombrables initiatives concrètes qui, tous les jours, font avancer les choses, des modèles alternatifs issus de l’entrepreneuriat social. Son Everest à elle, c’est de révéler tous ceux qui déplacent les montagnes, et de montrer que finalement, d’Everest, il n’y a point.

Pour citer cet article

Paris Thomas, « Éditorial. Soulever des montagnes », Le journal de l'école de Paris du management, 1/2016 (N° 117), p. 3-3.

URL : http://www.cairn.info/revue-le-journal-de-l-ecole-de-paris-du-management-2016-1-page-3.htm
DOI : 10.3917/jepam.117.0003


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