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Le journal de l'école de Paris du management

2016/4 (N° 120)


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Il y avait eu la nouvelle économie. La fin des années 1990 avait été marquée par les promesses d’une révolution qui allait mettre à bas les anciennes structures. Comme toute révolution, elle charriait son lot d’espoirs et de promesses de déchéances. L’explosion de la bulle Internet a relégué l’expression au purgatoire des révolutions ratées, la lestant d’un maléfice qui semble en dissuader l’usage. Les GAFA ont pris le pouvoir, les réseaux sociaux supplantent les médias traditionnels, les particuliers sont hôteliers et chauffeurs de taxis, mais de nouvelle économie, il n’est plus question. Pourtant, la transformation numérique a continué son œuvre, petit à petit, par vagues successives qui se sont appelées Internet 2.0, économie collaborative, Big Data, Internet des objets, impression 3D...

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Ce numéro nous invite à délaisser la perspective historique pour faire le constat qu’une révolution sourde est en marche. Ce sont des transformations structurelles qui touchent l’économie dans son ensemble. L’univers numérique en est le domaine d’expression le plus évident, comme l’illustre l’histoire de Webedia, le pôle digital de la holding Fimalac. Si l’entreprise affiche un développement rapide, basé sur l’acquisition de pépites dans un modèle original de ruche d’entrepreneurs, sa présidente Véronique Morali sait que le monde du web repose sur des règles spécifiques qui peuvent conduire les cartes à être rebattues rapidement. Primauté de l’exécution sur la stratégie, assujettissement aux grandes plateformes qui décident des règles du jeu, obsolescence rapide des compétences et évolution des business models sont quelques-unes de ces règles qui imposent aux entreprises vigilance et agilité extrêmes.

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Lectra a fait rentrer les technologies numériques dans l’univers – industriel – de l’habillement bien avant que l’idée de nouvelle économie ne surgisse. Depuis, l’entreprise a affronté plusieurs crises, dont la dernière, en 2009, a conduit Daniel Harari à repenser sa stratégie et à affirmer la conduite du changement comme son troisième pilier, aux côtés de l’expertise et de la technologie. Car le recours aux technologies de Lectra par les clients s’inscrit désormais dans des démarches de transformations profondes dans leurs organisations.

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L’État change aussi ses modalités d’action. À partir du crédo que la transformation numérique n’est pas la dématérialisation, mais une manière différente de produire de la valeur, Pierre Pezziardi et Henri Verdier ont mis en place des start-up d’État pour répondre à des problèmes durables, avec des moyens très limités, et faire bouger l’Administration. Cela suppose de travailler avec les écosystèmes, d’impliquer les usagers, et de renoncer aux gouvernances collectives pour privilégier l’expérimentation rapide.

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L’entreprise n’a plus le monopole de l’entrepreneuriat, expliquent Denis Dementhon et Christian Sautter. Des chômeurs créent leur activité individuelle, des entrepreneurs montent des projets dans le monde associatif. L’esprit d’entreprendre prend des trajectoires différentes et s’appuie sur des motivations variées. Mais ces différentes formes sont de plus en plus imbriquées et la transition et l’évolutivité deviennent un enjeu, auquel France Active s’est donné pour rôle de répondre.

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Le secteur de l’énergie n’est pas en reste. Si la transition énergétique renvoie à une évolution du mix énergétique, elle est susceptible de s’accompagner d’une mutation structurelle, qui substituerait au modèle des grands réseaux centralisés un modèle de production locale. Le développement de solutions de stockage peut faire des biogaz une solution de transition intéressante, inscrite dans ce modèle novateur.

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Production locale, expérimentation, décentralisation… Il est frappant de constater que les transformations à l’œuvre dans l’énergie font écho à celles qui paraissent issues de la transformation numérique. C’est sans doute que celle-ci propage une façon différente de penser, d’agir, de s’organiser, d’entreprendre, d’être au monde. Une révolution sourde est en marche, profonde et sournoise.

Pour citer cet article

Paris Thomas, « Éditorial. La révolution sourde », Le journal de l'école de Paris du management, 4/2016 (N° 120), p. 3-3.

URL : http://www.cairn.info/revue-le-journal-de-l-ecole-de-paris-du-management-2016-4-page-3.htm
DOI : 10.3917/jepam.120.0003


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