Le Journal des psychologues 2012/5
Le Journal des psychologues
2012/5 (n° 298)
72 pages
Editeur
DOI 10.3917/jdp.298.0003
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Vous consultezTous psychothérapeutes ?

AuteursDelphine Goetgheluck du même auteur

Patrick Conrath du même auteur



Va-t-on vers la fin du combat pour une meilleure reconnaissance des psychologues en tant que psychothérapeutes ? Il semble que ce soit le cas à la lecture du nouveau décret d’application qui modifie celui du 20 mai 2010, celui-là même qui nous avait fait l’étonnante et désagréable surprise de considérer que nous n’étions pas formés à la psychopathologie, ou en tout cas pas suffisamment. Presque moins bien que les médecins non psychiatres, toutes spécialités confondues...

2 En tout cas, ce nouveau décret publié le 8 mai dernier au Journal officiel répond positivement aux demandes des psychologues. Contre toute attente, aurait-on envie de rajouter, car il est vrai que ces derniers temps, quel que soit le domaine, la profession était particulièrement malmenée !

3 Dans un précédent numéro, nous plaidions pour des changements radicaux. Eh bien cette fois, il s’agit d’un vrai changement : nous sommes tous « éligibles » au titre de psychothérapeute sans formation complémentaire ! Plus de distinction entre « cliniciens » et « non-cliniciens » propre à renforcer les conflits internes, et plus de cette distinction abusive, puisqu’elle ne correspondait pas à une identification au préalable des critères de l’une ou l’autre catégorie. Une seule différence : le stage que nous avons effectué ou non dans notre formation. Dans les critères légalisant cet exercice délicat, on se rapproche enfin des nécessités de base. On s’en rapproche, mais, malgré cette victoire que nous ne pouvons que saluer, il reste que les carences du texte de loi d’origine demeurent sans réponse, et c’est bien à chacun, en sa déontologie et conscience, de savoir s’il est dûment formé à l’exercice de la psychothérapie ou s’il est nécessaire qu’il complète de lui-même sa formation.

4 Cette reconnaissance « officielle » est un début et non une fin : comment le psychologue pourra-t-il obtenir, au-delà des textes, une réelle reconnaissance de ses compétences psychothérapiques et valoriser son expérience et sa formation dans sa pratique de tous les jours ?

5 Face à la déferlante des pratiques et des méthodes, il reste à accorder les faits à la parole : exercer dans le cadre des psychothérapies comme dans les autres interventions, avec un réel respect de la déontologie et au-delà, d’une éthique partagée.

6 Reste que cette avancée représente une grande victoire pour l’ensemble des psychologues et, plus encore, pour tous ceux qui se sont mobilisés. Car c’est bien également la victoire des actions conjointes. Nous nous sommes massivement mobilisés et, cette fois, nous avons su associer nos forces par une présence dans la rue, par des écrits, des contacts avec des personnalités politiques, une visibilité sur Internet, des négociations investies avec force et persévérance par les organisations professionnelles et centrales syndicales. Et si nous cultivions maintenant cette compétence retrouvée ?

 
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POUR CITER CET ARTICLE

Delphine Goetgheluck et Patrick Conrath « Tous psychothérapeutes ? », Le Journal des psychologues 5/2012 (n° 298), p. 3-3.
URL :
www.cairn.info/revue-le-journal-des-psychologues-2012-5-page-3.htm.
DOI : 10.3917/jdp.298.0003.