Liberté et solidarité dans le droit du travail américain
David Brody
L’article réexamine la loi Wagner de 1935 qui a reconnu le droit des travailleurs de
s’organiser de façon autonome et a protégé ce droit par des règles et des procédures définies
par l’État fédéral. Il révèle ce qu’il appelle la « vulnérabilité » de la loi, critiquée aujourd’hui
comme inefficace sinon nuisible par beaucoup de syndicalistes. Non seulement la loi était
marquée par le poids du passé, l’hostilité du pouvoir judiciaire envers les syndicats, mais elle
a été également sapée par la victoire des Républicains au Congrès en 1947 et le retour en
force du conservatisme dans les années 1980. L’article souligne l’idée que les « droits des
travailleurs » sont en fait des droits « inférieurs » lorsqu’ils sont fondés sur des politiques
publiques, qui peuvent être abandonnées, et non définis comme des droits fondamentaux et
inaliénables.
The article revisits the Wagner Act of 1935, which recognized the right of workers
to organize autonomously and protected it with federal rules and procedures. It makes
clear what it calls the « vulnerability » of the Act, criticized today as inefficient if not
obnoxious by a number of trade unionists. Not only was the Act burdened by the weight
of the past, the traditional hostility of the judiciary to unions, but it was subsequently
undermined by political changes such as the Congressional victory of Republicans in 1947
(when the Taft-Hartley law was adopted) and the triumph of conservatism in the 1980s.
The author emphasizes the idea that « workers’rights » are in fact « inferior » rights, when
they are based on public policy, which can be reversed, and are not defined as fundamental, inalienable rights.