Le Mouvement Social
La Découverte

I.S.B.N.sans
140 pages

p. 89 à 111
doi: en cours

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no 203 2003/2

2003 Le Mouvement Social

Entre stratégie sociale et quête érudite : les notables normands et la fabrication de la Normandie au XIXe siècle

François Guillet  [*]
Dans l’histoire des processus de fabrication des images régionales en France au XIXe siècle, l’exemple normand diffère nettement de l’exemple breton étudié par Catherine Bertho. La Révolution ne se traduit pas seulement par des réformes qui mettent fin à l’existence juridique et institutionnelle de la province, elle donne lieu également à des transformations sociales qui touchent les élites de la province et modifient leur rapport à la « patrie » normande, qui bascule désormais du côté du passé. L’exil subi par une partie d’entre elles – rupture essentielle dans la vie de nombre de nobles et d’ecclésiastiques – accompagne un renouvellement et un élargissement qui alimentent l’essor d’une sociabilité érudite s’attelant dès les années 1800 à une exploration complète de ce qui constitue désormais un lieu de mémoire. Instrument de domination sociale pour des notables dont le régionalisme s’appuie sur un très dense réseau de sociétés savantes, cette quête savante vise à mettre au jour les fondements naturels et historiques de la province et donne naissance à une école d’archéologie médiévale dont le rayonnement d’Arcisse de Caumont atteste l’importance. Alimentant les œuvres des écrivains et des artistes romantiques français et anglais, cette construction intellectuelle est diffusée auprès d’un public qui ne cesse de s’élargir grâce au développement du tourisme, auquel les antiquaires normands répondent en rédigeant des guides de voyage. In the history of the process of the making of regional representations in France in the XIXe century, the Norman example is very different from the Brittany studied by Catherine Bertho. The Revolution not only means reforms which end the notion of the province as a juridical and institutional entity, but it also entails social transformations for the elites of the province, modifying their relations to the Norman « country » and shifting it now towards the past. The exile suffered by some of them (an essential break in the life of a number of noblemen and priests) comes with a renewal and a widening which sustain the development of an erudite sociability. The latter from the 1800’s would explore what from now on constituted « a referencial memory ». This scholarly quest was an instrument of social domination for the notables whose regionalism was based on a very thick network of scholarly societies. This quest aims at showing the natural and historical foundations of the province and is at the origin of a school of medieval archeology the importance of which is stressed by the influence of Arcisse de Caumont. This intellectual construction which feeds the works of French and English romantic writers and artists spreads among a growing audience. Norman antiquarians answer by writing travel guides.
Dans la préface à la seconde édition de son ouvrageLa région, espace vécu, Armand Frémont souligne combien le sentiment national, dans notre pays, est lié au territoire national, et fait de la France un espace « où l’identité se crée par le territoire » [1]. Dans le domaine immense de l’histoire des consciences d’appartenance [2], la fabrication des images régionales en France au XIXe siècle constitue un champ de recherches ouvert, il y a quelque vingt ans, par les travaux de Catherine Bertho sur « l’invention de la Bretagne » [3]. Au point de départ de ces travaux, le sentiment largement partagé – par les Bretons comme par les autres – de la singularité bretonne dans l’ensemble français, attestée par un particularisme linguistique que les mouvements régionalistes des années 1970 se sont attachés à défendre. Comme la Bretagne, la Normandie forme un vaste ensemble territorial dont l’identité est solidement établie, ainsi qu’en témoignent les rumeurs récurrentes de réunification des deux régions en lesquelles s’incarne aujourd’hui son existence administrative; comme elle, elle occupe une place éminente dans l’histoire nationale. Mais la Normandie n’apparaît nullement comme une région exotique ou marginale. Aucun obstacle naturel, culturel ou linguistique n’est là pour l’isoler du rester du pays ou même pour la délimiter. Participant pleinement au XIXe siècle, au moins dans sa partie haute, à la révolution industrielle, la Normandie est aussi, de toutes les grandes provinces françaises, la plus proche de la capitale : par la route la plus courte, celle du plateau, il ne faut guère plus de douze heures, dans les années 1820, pour se rendre de Paris à Rouen, quinze pour atteindre Évreux, vingt-trois pour aller à Cherbourg. La construction d’une identité régionale y prend de ce fait des formes différentes de celles qu’on peut observer en Bretagne. Proches de la sphère culturelle et politique parisienne, mais entretenant aussi des liens étroits avec l’Angleterre, les élites provinciales ont rencontré plus de facilité que leurs homologues bretonnes à défendre leur autonomie et à animer une vie culturelle dont la vitalité s’exprime dans l’exceptionnelle densité du réseau de sociétés savantes [4] : André Siegfried n’expli-quait-il pas, au début du siècle dernier, que le conservatisme des Normands en faisait des étrangers en France et les assimilait aux Anglais, en particulier aux Whigs du XIXe siècle, libéraux de doctrine mais conservateurs de fait [5] ? Ce sont ces élites qui jouent le rôle essentiel dans un processus d’élaboration qui, après la fracture révolutionnaire, se déploie avec une grande continuité des années 1800 au Seconde Empire.
 
Une identité transformée par la Révolution
 
 
Si, comme le souligne Catherine Bertho, l’on ne peut guère parler d’image régionale avant la Révolution, la réforme départementale ne se déploie pas pour autant sur un espace vierge : elle doit prendre en compte un héritage, celui des identités provinciales. Qu’est-ce que la Normandie à la fin du XVIIIe siècle ? Le gouvernement de Normandie n’étant plus guère qu’un cadre formel, l’existence de la province se confond, depuis la disparition des états provinciaux, avec le particularisme juridique de la coutume, dont l’aire d’application dessine les frontières de la province et délimite le ressort d’un Parlement demeurant jusqu’au bout le défenseur sourcilleux des « libertés » provinciales. Cette organisation institutionnelle est doublée par une armature culturelle qui repose sur trois académies, dont celle de Caen, héritière de la tradition savante de « l’Athènes normande ». Institutions urbaines par excellence, les académies n’en sont pas moins porteuses d’une conscience provinciale qui s’appuie sur une histoire dont la coutume est le principal dépositaire; cette histoire suscite une importante littérature à laquelle se consacre l’aristocratie du Parlement et des académies, rejointe au milieu du siècle par les Mauristes [6]. Aux yeux de tous ceux qui se penchent sur elle, la personnalité normande s’incarne dans le stéréotype du Normand procédurier, attaché à sa coutume, qui prend place parmi la riche galerie des ethnotypes provinciaux; Racine ne manque pas d’y sacrifier en situant Les plaideurs, sa seule comédie, « dans une ville de Basse-Normandie » [7]. Elle relève également de considérations tirées d’une science géographique en voie de constitution, qui permet une délimitation plus exacte des contours de la province, ainsi que d’éléments mis en valeur par une littérature descriptive illustrée par la série des Délices [8] : le climat, dont on souligne le caractère tempéré et qui n’est pas sans incidences sur le caractère des habitants, la richesse agricole, la présence de grands monuments appartenant à un lointain passé, parmi lesquels l’église de l’abbaye de Saint-Ouen, à Rouen, est sans doute le plus connu.
Cette vision essentiellement organiciste, où la province apparaît comme un corps vivant dont les éléments sont liés par une solidarité naturelle, imprègne les débats qui accompagnent les réformes menées par la Constituante. L’argumentaire des opposants aux propositions faites en septembre 1789 par Sieyès et le Normand Thouret à propos de l’organisation territoriale de la France repose principalement sur le postulat que les provinces appartiennent à un ordre naturel que la réforme menace de briser. Premier de ces opposants, Mirabeau souligne qu’il ne faut pas trancher « tous les liens que resserrent depuis si longtemps les mœurs, les habitudes, les coutumes, les productions et le langage » [9]. Le particularisme normand est défendu de la même manière en mars-avril 1791, lors des discussions accompagnant le vote de la loi instituant le partage égal des successions, par le député Achard de Bonvouloir, qui argue du climat, du sol et du génie du peuple pour défendre l’inégal régime coutumier [10]. Cette proposition ainsi que les nombreux projets de réformes circulant dans la province au moment de la réunion des états généraux et proposant tous, sous une forme ou sous une autre, le rétablissement des états provinciaux n’empêchent pas la disparition des institutions provinciales; l’unité de la province disparaît devant les intenses rivalités opposant villes et bourgs afin d’obtenir le titre convoité de chef-lieu [11]. Triomphe du principe égalitaire de la division géométrique, la réforme territoriale adoptée en 1790 se révèle toutefois, on le sait, un compromis qui respecte grosso modo les contours des anciennes provinces. Divisée en cinq départements, agrandie d’une partie du Perche, la Normandie conserve son unité territoriale. Les représentations cartographiques de cette époque le confirment en rassemblant les cinq départements normands sous l’appellation de « gouvernement de Normandie » [12].
La réforme départementale n’est cependant qu’un des aspects de la fracture révolutionnaire, qui mène aussi à une profonde désorganisation de la vie culturelle provinciale. Le déclin de la vie académique [13], qui reçoit le coup de grâce avec le décret du 8 août 1793 mettant fin aux académies et sociétés littéraires patentées et confisquant leurs biens [14], puis la suppression des universités, le 15 septembre de la même année, accompagnent le repli à la campagne, puis l’exil, du monde des officiers et des ecclésiastiques qui en étaient les principaux animateurs [15]. A partir de 1791, Londres accueille nombre de Normands, nobles et ecclésiastiques, souvent issus des institutions savantes de la province. Parmi ceux-ci, François Moysant, bibliothécaire de l’université de Caen, Franque, professeur d’histoire, ou encore un personnage dont l’influence sera grande sous la Restauration : l’abbé Gervais de La Rue (1751-1835) [16]. Entré à l’académie de Caen en 1785, devenu doyen de la faculté des Arts de l’université de la ville en 1786, de La Rue part pour l’Angleterre après avoir refusé de prêter le serment civique du clergé. A Londres, il fait la connaissance de nombreux érudits, parmi lesquels Francis Douce, bibliothécaire du British Museum, avec lequel il correspondait, et fait la découverte, dans les archives conservées à la Tour de Londres, d’un nombre considérable de poèmes du Moyen Age, dont il tire la matière de plusieurs communications sur Marie de France et Wace publiées dans la revue de la Société des antiquaires de Londres, Archaeologia [17]. Il rentre à Caen en 1797 où il réintègre l’académie et l’université après leur reconstitution. Plus encore que pour l’abbé de La Rue, l’exil est la clé de l’itinéraire de Charles Duhérissier de Gerville (1759-1853) [18], un des plus importants archéologues normands de la Restauration. Ce hobereau quitte en 1792 son village natal de Gerville, dans le Cotentin, pour mener une vie d’errance qui le mène en Belgique, où il est incorporé à l’armée du duc de Bourbon, en Hollande et surtout en Angleterre, où il séjourne à partir de 1796, vivant chichement de cours de latin et d’italien. En 1801, il retrouve son village, dont il devient maire, puis s’installe en 1811 à Valognes.
Cette rupture profonde dans la vie d’une partie des élites normandes est accompagnée d’une autre rupture marquée par le sort réservé à partir de 1792 à de nombreux monuments, victimes de l’iconoclasme révolutionnaire, qui fait écho au sort réservé à la monarchie. Avec les confiscations successives des biens de l’Église, des émigrés et de la Couronne, avec les deux décrets du 14 août 1792 et 4 juillet 1793 ordonnant la suppression des attributs de la royauté et de la féodalité sur les bâtiments publics, avec l’autorisation de lotir les grands domaines ecclésiastiques, monarchiques ou aristocratiques promulguée le 4 avril 1793, avec les troubles qui agitent la Normandie, en particulier la répression de l’insurrection fédéraliste, une vague de destructions s’abat sur les monuments provinciaux. Après la dispersion, en 1790, des seize moines qui y résidaient encore, l’abbaye de Jumièges est vendue en 1795 à Pierre Lescuyer, qui entreprend de détruire le cloître du XVIe siècle et le dortoir reconstruit entre 1704 et 1732, ensevelissant sous les décombres le tombeau qui abritait, dans une chapelle, le cœur d’Agnès Sorel; en 1802, un marchand de biens fait sauter par la poudre les bâtiments restants afin d’en exploiter les matériaux, ce qui provoque l’écroulement du chœur gothique et de la tour-lanterne et réduit à l’état de ruine la vénérable abbaye [19]. La Tapisserie de Bayeux est réquisitionnée en 1792 pour servir de couverture à un chariot d’équipement militaire prêt à partir pour le nord et resté sans protection; elle est sauvée par un commissaire de police qui obtient du directoire du district son ordre de retour et l’installe dans son propre bureau [20]. Ces destructions ou dégradations suscitent une réaction identitaire, appuyée sur ce passé qui semble se dissoudre et devient le principal point d’appui de la conscience provinciale.
Bouleversement institutionnel et politique, la Révolution a pour conséquence, une fois la Terreur passée, d’enclencher un mouvement sans précédent d’exploration et d’étude du territoire national et de ses habitants, dont les sociétés savantes provinciales sont le principal instrument. Arrêté par le décret du 8 août, l’essor du mouvement érudit reprend dès l’adoption de la Constitution de l’an III, et plus encore avec l’arrivée au pouvoir de Bonaparte, et il s’accompagne d’un élargissement sensible des catégories sociales auxquelles il fait appel. Souvent à l’imitation de sociétés parisiennes, de nombreuses sociétés d’émulation, sociétés libres ou lycées naissent au cours de cette période en même temps que de nombreux cercles professionnels ou mondains [21]; ils permettent à la bourgeoisie urbaine de faire son entrée dans le monde de la sociabilité savante [22]. Le Bulletin de la Société d’émulation de Rouen, fondée en 1790 puis reconstituée en 1800 et fréquentée par des négociants et des industriels, témoigne d’une curiosité encyclopédique où l’histoire et la poésie tiennent une grande place, mais contient aussi des articles consacrés à la technique et à la science. Dans sa volonté d’encourager les perfectionnements techniques et scientifiques, la Société fonde son action sur la notion d’un progrès où l’affermissement moral et le bonheur de l’humanité ne peuvent se concevoir sans une amélioration de sa vie matérielle [23]. Avec ces sociétés nouvelles, de nouvelles figures d’érudits apparaissent. Né à Dieppe dans une famille modeste où son père était épicier, boursier au collège de Rouen, Simon Barthélémy Joseph Noël de la Morinière (1765-1822) participe à la fondation de la Société d’émulation et devient en 1792 rédacteur en chef du Journal de Rouen, où il défend ses convictions républicaines [24]. Son itinéraire l’associe à Louis du Bois (1773-1855), fils d’un marchand de froc de Lisieux, qui mène à partir de 1797 une carrière de professeur à l’école centrale, puis de secrétaire de la préfecture du département de l’Orne; franc-maçon, il est le principal fondateur du Lycée des sciences, des lettres et des arts de la ville, pour lequel il compose une foule d’opuscules en prose et en vers qu’il publie dans le Journal de l’Orne (politique, statistique et littéraire), qu’il a également fondé en 1803 [25]. Ces sociétés nouvelles s’ajoutent aux sociétés d’Ancien Régime – académies et sociétés d’agriculture – que les préfets entreprennent de reconstituer dans les années 1800 et que rejoignent aristocrates ou ecclésiastiques rentrés d’exil [26].
C’est cette France éclairée, où se mêlent des propriétaires et une intelligentsia composée d’administrateurs, de médecins, d’ingénieurs, de professeurs et de magistrats, qui accomplit l’essentiel du travail de recensement entrepris par les préfets à partir du Directoire [27] et qui prend sous le Consulat l’appellation de Statistique générale de la France [28]. De ce foisonnement intellectuel témoigne l’activité de Noël de la Morinière et de Louis du Bois. Le premier publie deux grands ouvrages « statistiques » où à l’étude des données économiques s’ajoute celle des données naturelles, des mœurs des populations, de l’histoire, des monuments anciens et des paysages et qui lui valent d’être remarqué par le préfet de la Seine-Inférieure, Beugnot [29]. Noël de la Morinière fournit en outre des articles sur la Normandie à la Biographie universelle de Michaud, au Magasin encyclopédique de Millin, aux Mémoires de l’Académie celtique, dont il est membre correspondant. Il s’intéresse à l’ichtyologie avec, en 1800, la parution d’un Tableau historique de la pêche à la baleine [30]. Il publie enfin en 1804 le prospectus d’un ambitieux ouvrage, resté à l’état de projet, ayant pour titre Bibliothèque normande ou Mémoires pour servir à l’Histoire naturelle, Archéologique, Civile, Militaire, Religieuse, Économique et Littéraire de la province de la Normandie [31]. Le second rédige la description du département de l’Orne publiée sous la signature du préfet Lamagdeleine [32], livre une importante étude sur les « superstitions et légendes » du Bocage publiée dans L’annuaire statistique, historique et administratif de l’Orne pour 1809 [33], collabore aux Mémoires de l’Académie celtique, où il signe deux contributions en 1809 et 1810, publie de nombreux articles dans les journaux locaux, conçoit enfin le projet d’une publication régulière dont la teneur est donnée par un prospectus paru en 1810 : Archives normandes, ou Répertoire complet d’ouvrages ou d’extraits, imprimés et inédits, soit en prose, soit en vers, sur les antiquités, l’histoire politique, civile et ecclésiastique, la topographie, la statistique, l’agriculture, le commerce, la navigation, l’histoire naturelle et médicale, l’histoire littéraire, les sciences, les lettres et les arts de la ci-devant province de Normandie.
Cet inventaire concerne ainsi non seulement les populations et leurs ressources économiques, mais aussi, avec la constitution des bibliothèques et des musées municipaux, les richesses intellectuelles et artistiques des provinces [34]. Le décret du 2 novembre 1789 décidant de « mettre les biens du clergé à la disposition de la nation » marque la reconnaissance de la notion de patrimoine et se traduit en Seine-Inférieure par un recensement mené pour les œuvres d’art par le peintre Lecarpentier [35], et pour les ouvrages provenant des bibliothèques ecclésiastiques par le mauriste dom Gourdin [36]; l’un des enjeux majeurs de ce recensement est la répartition des œuvres entre le muséum national créé à Paris au Louvre et l’institution locale, dont l’installation dans les bâtiments de l’ancienne abbaye de Saint-Ouen est définitivement entérinée par l’arrêté du 14 fructidor an IX (1er septembre 1801) créant les musées de province. Le souci d’enlever les monuments « à la faux destructrice du temps » en les reproduisant sous forme de gravures guide Aubin-Louis Millin pour publier ses Antiquités nationales entre 1790 et 1799 [37], tout comme François Moysant qui conçoit avant de partir pour l’Angleterre en 1792 le projet d’un Monasticum Neustriacum réunissant des vues des inscriptions et surtout des édifices gothiques les plus intéressants de la province, sur le modèle du Monasticum Anglicanum publié en Angleterre de 1655 à 1673 par Dodworth et Dudgale [38]. A ce patrimoine est associée une histoire devenue selon Millin « une des principales études des vrais citoyens » [39], d’où émergent les figures de Jeanne d’Arc, dont le souvenir est évoqué par tous ceux qui contemplent le lieu de son supplice [40], de Guillaume le Conquérant, grâce à l’exposition à Paris en 1803, au musée Napoléon, de la Tapisserie de Bayeux, sur ordre du Premier Consul [41], ou de Henri IV, qui le premier mit fin à la guerre civile et dont la bataille qu’il livra à Arques constitue aux yeux de la reine Hortense de Beauharnais venue prendre les bains à Dieppe « un souvenir glorieux pour la France » [42]. Favorisée par le regain que connaît, à partir des années 1800, la littérature troubadour [43], une collecte des anecdotes historiques et des légendes locales s’organise; elle alimentera les guides touristiques publiés sous la Restauration.
 
L’œuvre des érudits normands
 
 
La Révolution constitue ainsi un moment essentiel de cristallisation de la conscience provinciale : en perdant toute réalité institutionnelle, la province acquiert une autre dimension, plus prégnante encore, celle de la mémoire. La période de la monarchie censitaire représente de ce point de vue un moment privilégié d’épanouissement de cette conscience : elle coïncide avec l’apogée d’un mouvement érudit reposant sur une classe de notables [44] qui se lancent dans une quête identitaire menant à la formation d’une école d’archéologie dont le rayonnement dépasse de bien loin les frontières de la province.
Foncièrement conservateur, ce milieu n’est toutefois pas homogène. Il oppose en particulier, avec leurs métropoles respectives, Haute et Basse Normandie. La prééminence des notabilités économiques s’exprime dans la capitale normande par la composition et l’orientation des sociétés les plus importantes. Sur les quarante-huit membres résidents de la Société d’émulation, dix-sept ont des professions commerciales et manufacturières en 1840; on y trouve le manufacturier Pimont, l’ancien courtier Lequesne, l’imprimeur Baudry, le fabricant d’indiennes Girard, le filateur Lemarchand à côté de plusieurs magistrats. Fidèle à ses idéaux fondateurs, la Société organise en 1839 des cours publics de comptabilité commerciale, de mécanique appliquée et de droit commercial [45].
De ce milieu haut-normand émerge la figure de l’érudit Auguste Le Prévost (1787-1859) [46], que son goût pour l’histoire et les antiquités médiévales distinguent nettement, toutefois, des préoccupations de la Société d’émulation. Fils d’un négociant et important propriétaire foncier de la ville de Bernay dans l’Eure, il entre dès 1813 à l’académie de Rouen, participe à la fondation, en 1818, de la Commission des antiquités de la Seine-Inférieure, devient membre de la Société d’agriculture, sciences et arts du département de l’Eure, puis président de la Société d’agriculture du département de la Seine, reconstituée en 1819. Lié avec Guizot, il prend part à la création, en 1833, de la Société de l’histoire de France et siège aux comités historiques mis en place par le député de Lisieux et par son successeur, Salvandy [47]. Il poursuit parallèlement une carrière d’homme politique. Sous-préfet de l’arrondissement de Rouen entre 1814 et la fin des Cent jours, il se présente pour la première fois à la députation en 1828, mais est battu par Dupont de l’Eure. L’installation du régime de Juillet lui permet de devenir secrétaire du conseil général de l’Eure puis de gagner, en 1834, le siège laissé vacant par la démission de Dupont de l’Eure, qu’il conservera jusqu’en 1848.
A l’orléanisme conservateur de la société rouennaise s’oppose dans les années 1830 le légitimisme de la société caennaise, dominée par une aristocratie nombreuse à laquelle se mêle le monde parlementaire et judiciaire. S’affichant dans les hôtels de la rue Saint-Jean ou de la rue des Carmes, où l’on réside pendant l’hiver [48], la fortune de cette noblesse repose sur la possession de domaines fonciers particulièrement denses dans les plaines de Caen et de Falaise; regroupant parfois la majorité du sol communal, ces domaines permettent de maintenir les paysans dans des liens de dépendance, soit par les terres qui leur sont affermées, soit, lorsque le propriétaire dirige lui-même l’exploitation, par le travail qui leur est donné [49]. C’est de ce milieu caennais, riche d’une tradition savante qu’entend perpétuer la nouvelle génération – celle de Hugo et de Montalembert –, qu’est issu un programme qui incarne à lui seul le rayonnement du milieu érudit normand : Arcisse de Caumont (1801-1873) [50]. Caumont appartient à une famille de magistrats caennais dont l’ascension est assurée pour partie par de très avantageux mariages avec l’aristocratie locale. Son père, François, s’unit à Marie-Louise Hue de Mathan, fille du comte de Mathan, ancien émigré et ami de l’abbé de La Rue, obtient l’anoblissement en 1815 et occupe jusqu’en 1848, date de son décès, la fonction de conseiller municipal de Bayeux. Arcisse suit l’exemple paternel en épousant en 1832 Aglaé Riout de Villaunay, dont les parents, eux aussi anciens émigrés, tirent d’un patrimoine habilement reconstitué une rente annuelle de 27 000 francs [51]. Faute de soutiens, il échoue à se présenter à la députation comme candidat légitimiste dans les années 1840 à Caen [52].
C’est que sa véritable vocation est ailleurs : dans la direction d’un mouvement érudit dont il aurait voulu être le porte-parole et qui est marqué par la création de sociétés savantes d’un genre nouveau. A la différence des sociétés nées sous l’Ancien Régime ou pendant la période révolutionnaire, dont les centres d’intérêt, reflétant ceux de ses membres, ressortissaient encore à l’esprit polymathique des Lumières, ces sociétés nouvelles se spécialisent dans deux domaines principaux, qui correspondent à la formation de Caumont comme à celle de nombreux antiquaires : les sciences naturelles et l’archéologie. De la première catégorie relève la Société linnéenne du Calvados, fondée en 1823 par Henri de Magneville, président de l’Académie de Caen et créateur du musée d’histoire naturelle de la ville, dont Caumont est nommé secrétaire; elle étend en 1826 ses activités à l’ensemble de la province. De la seconde relèvent plusieurs sociétés auxquelles la Commission des antiquités de la Seine-Infé-rieure, créée dès 1818 par le comte de Kergariou, préfet de la Seine-Inférieure, va servir de modèle. Chargée de mener des travaux qui, selon son créateur, « doivent avoir pour objet la recherche de tout ce qui peut intéresser ce département, sous le rapport de l’histoire et spécialement des antiquités » [53], la Commission est réorganisée en 1821 par le successeur de Kergariou, le baron de Vanssay, qui établit un réseau de « commissaires inspecteurs des antiquités » dont s’inspire Caumont en mettant sur pied la Société des antiquaires de Normandie, en 1824, et la Société française pour la conservation et la description des monuments historiques, future Société française d’archéologie, en 1834. L’existence d’un réseau d’inspecteurs caractérise également l’Association normande et anti-centrale pour l’encouragement des études et de l’industrie provinciale réunissant en 1832 les notabilités normandes afin, dit l’article premier de ses statuts, « d’encourager les progrès de la morale publique, de l’enseignement élémentaire, de l’industrie agricole, manufacturière et commerciale dans les départements de l’ancienne province de Normandie » [54].
Ces sociétés, on l’a dit, sont l’émanation d’un monde de notables où se mêlent propriétaires et rentiers érudits, passionnés d’histoire, d’archéologie ou de sciences naturelles, membres de professions libérales ou magistrats. Ainsi la Commission des antiquités de la Seine-Inférieure compte-t-elle dans ses fondateurs, outre Auguste Le Prévost, plusieurs membres du Conseil général, parmi lesquels le marquis de Mireville, archéologue, architecte et voyageur, ainsi qu’un médecin, Gosseaume, auteur d’une Histoire de l’académie de Rouen, dont il est l’archiviste, et un professeur de botanique [55]. Outre les cinq préfets normands, la Société des antiquaires de Normandie compte parmi ses membres titulaires deux sous-préfets, cinq maires, dont celui de Caen, le comte d’Osseville, et celui de Rouen, le marquis de Martainville, onze membres de la magistrature, deux inspecteurs de l’université, cinq membres de l’administration locale et quatre médecins; vingt-six d’entre eux ont un titre de noblesse explicitement mentionné [56]. La révolution de Juillet, provoquant le repli à la campagne d’un grand nombre de nobles restés fidèles aux Bourbons, renforce indubitablement le mouvement érudit provincial; elle explique pour une part la création, en 1832, de l’Association normande, dont les listes de membres publiées par son organe, l’Annuaire normand, montrent qu’elle compte 40 % de nobles titrés [57].
Étroitement insérées dans les réseaux de pouvoir locaux, ces sociétés bénéficient du soutien des préfets de la Restauration, soucieux de restaurer les traces du passé monarchique, puis, sous les régimes suivants, des liens qui unissent à la Normandie les principaux responsables politiques en charge de la conservation des monuments : Guizot, Salvandy, Fortoul sont tous originaires de la province ou y ont leur fief électoral. Mais ce soutien, affiché notamment par Guizot dans sa circulaire du 27 octobre 1830 organisant l’inspection des monuments historiques [58], se mue en hostilité lorsque Caumont fonde en 1839 l’Institut des provinces, organisme visant à coordonner les travaux des sociétés provinciales, qui vient concurrencer les projets d’encadrement du mouvement érudit de Salvandy puis de Fortoul [59].
C’est que l’œuvre de Caumont est indissociable d’un régionalisme qui s’exprime dans le caractère provincial des sociétés qu’il a fondées, qui s’adressent toutes aux érudits habitant les cinq départements normands. « Quiconque habite la Normandie et s’intéresse à sa gloire doit venir avec nous prendre part aux travaux » dit Auguste Le Prévost dans une circulaire qu’il rédige alors qu’il est directeur de la Société des antiquaires de Normandie [60]. Cette défense de la province normande s’élargit à celle de la France provinciale tout entière lorsque Caumont crée son Institut des provinces, embryon d’une organisation décentralisée où Caen aurait supplanté Paris. Cette orientation est partie prenante, on le sait, de l’ultracisme [61]. L’attachement de la noblesse au sol provincial, avivé par l’émigration, s’accorde avec une idéologie royaliste qui associe à la notion d’ordre naturel un historicisme justificateur de la tradition [62]. Entreprendre l’étude de sa région natale revient aux yeux d’un Gerville à renouer avec la mémoire familiale et à conjurer le sentiment d’inutilité sociale qui guette les nobles, confrontés à une société où ils ont perdu leurs privilèges. Elle explique l’orientation historicisante et archéologique du mouvement, dont les débuts, sous la Restauration, coïncident avec le développement d’un premier romantisme puisant son inspiration dans le Moyen Age monarchique et chrétien. « Semblable à ces familles qui tirent une partie de leur lustre de leur antiquité, chaque province doit tirer un juste orgueil de tout ce qui tend à faire remonter son nom dans les pages du passé » dit en 1828 le préfet de la Seine-Inférieure, le baron de Vanssay, lors d’une séance de la Commission des antiquités de la Seine-Inférieure [63]. La sociabilité érudite semble ainsi participer de la réinvention, en Basse-Normandie tout au moins, d’une culture d’ordre chez les élites provinciales [64]. Au-delà des problèmes spécifiques de la noblesse, elle est aussi, comme le montrent le recrutement et le programme de l’Association normande, un instrument fédérateur permettant d’instaurer un véritable gouvernement des notables, seul à même de servir les intérêts des Normands et de les amener sur la voie du progrès. Dressant en 1833 un bilan des premières années d’existence de la Revue normande, fondée par lui en 1830, Caumont écrit : « Ainsi l’élite de la population a répondu à l’appel qui a été fait par des collaborateurs de la Revue; désormais la Normandie savante, littéraire et industrielle s’administrera elle-même; elle ne recevra plus d’impulsion extérieure, et l’Association, réunissant en un seul faisceau toutes les notabilités, toutes les capacités éparses sur la terre de Normandie, achèvera ce que la Revue normande a commencé » [65].
Ce patriotisme provincial des notables normands se révèle particulièrement fécond. Quête identitaire, l’œuvre des antiquaires normands donne lieu à de multiples travaux que l’Annuaire normand définit comme la « statistique générale de la Normandie » [66]. Gerville entreprend ainsi, peu après son installation à Valognes, des recherches sur son Cotentin natal qui l’occuperont jusqu’à sa mort. Depuis Valognes, il effectue de vastes tournées, parfois longues de plusieurs semaines, au cours desquelles il interroge les habitants des châteaux, les prêtres, les paysans, les anciens des paroisses, et étudie la configuration des sols, les plantes, les animaux vivants ou fossiles, les traditions, les patois, les usages agricoles ou industriels. Il constitue un herbier qui donne lieu à la rédaction d’un catalogue des plantes du Cotentin publié en 1827. Il enregistre toutes les découvertes d’anciennes substructions faites dans sa région, cendres, vases, briques, ornements et médailles, et forme chez lui un cabinet d’antiquités contenant des objets aussi divers que des médailles, des poteries et de la verrerie romaines, des moulages en plâtre d’inscriptions de bas-reliefs et même la tombe de Richard de Reviers, mort en 1108, trouvée dans les ruines de l’abbaye de Montebourg. Il commence, dans les années 1780, à mettre en ordre le chartrier de sa famille, puis s’intéresse, une fois revenu en France, au sort des archives monastiques, copiant les cartulaires des maisons religieuses de sa région qu’il réunit, avec le « livre noir » de l’évêché de Coutances, dans un « Répertoire général des chartes du département de la Manche » comprenant cinq volumes in quarto restés manuscrits. Après la géographie du Cotentin à l’époque romaine, c’est à l’étude des monuments médiévaux de son département qu’il va consacrer, à partir de la Restauration, l’essentiel de son énergie [67].
Entrepris à partir de la Restauration par l’ensemble des érudits normands dans les régions ou les localités où ils résident, l’inventaire emprunte les chemins de la botanique, de l’entomologie et de la géologie, comme l’illustrent les activités menées au sein de la Société linnéenne du Calvados, où Caumont conduit des recherches sur le sous-sol du département qui font suite aux recherches entreprises dès 1810 par Omalius d’Halloy en vue de l’établissement de la carte géologique de la France. Caumont dresse les cartes géologiques de la Manche et du Calvados, puis publie en 1828 un Essai sur la topographie géognostique du Calvados [68], qui précède la Description géologique du département de la Seine-Inférieure publiée en 1832 par Antoine Passy [69]. Prenant pour base les cartes géologiques qu’il avait établies, Caumont associe à ces travaux des études agronomiques qui constituent un des importants chapitres de la « statistique » de la province que réalise l’Association normande, qui joue un rôle important dans la diffusion du progrès agronomique dans la province [70].
L’essentiel du travail de ces érudits est un travail de mémoire visant à dégager les vestiges d’un passé qui constitue le socle de l’identité régionale. Cherchant à établir une généalogie du territoire, Caumont relie les régions naturelles, définies par la nature géologique de leur sous-sol, à une chaîne temporelle dont elles constituent l’élément primordial; à ses yeux, sciences naturelles, géologie et archéologie sont étroitement mêlées. Dans sa Statistique monumentale du Calvados, il écrit : « Je commençai en 1820 l’exploration du département du Calvados; les courses que je fus obligé de faire ensuite pour dresser la carte géologique du département me fournirent l’occasion de compléter mes notes. En même temps que j’étudiais la géographie des roches, j’observais la géographie monumentale, et mes excursions avaient ainsi un double but » [71]. Comme les sciences naturelles, la science archéologique est d’abord recensement et classement. Gerville commence ses travaux sur l’architecture médiévale par un recensement systématique des églises du Cotentin, qu’il accomplit à la suite de la circulaire Montalivet de 1810, puis pour le compte du baron de Vanssay alors que ce dernier était encore préfet de la Manche [72]. C’est par analogie avec le destin des langues issues du latin que Gerville, après une lecture attentive des archéologues anglais, utilise pour la première fois, en 1818, le terme « roman » pour qualifier le style des édifices religieux du premier Moyen Age [73]. L’invention de ce terme permet l’élaboration d’une nouvelle terminologie pour définir les styles de l’architecture religieuse médiévale et aboutit, grâce aux apports de Le Prévost et de Caumont, à un « classement chronologique » qui marquera pour longtemps la vision contemporaine des édifices médiévaux. Fortement inspiré des systèmes de Linné et surtout de Lamark, avec son idée d’une échelle continue des vivants, le système est fondé sur la succession de deux « genres » qui reflètent la succession des ères géologiques et que distingue la forme des arcades : le genre roman, caractérisé par leur forme semi-circulaire, où, avant le XIIe siècle, on reconnaît « l’architecture romaine dégénérée », et qui est divisé en roman primordial et roman secondaire; le genre gothique, où les arcades ont une forme aiguë ou en ogive et qui est divisé, du XIIIe au XVIe siècle, en gothique primordial, gothique secondaire et gothique tertiaire [74].
En scrutant ces monuments du Moyen Age, l’antiquaire célèbre une union imaginaire avec les générations passées et contemple une part de lui-même. Auguste Le Prévost n’écrit-il pas, dans le prospectus du Cours d’antiquités monumentales d’Arcisse de Caumont : « Chaque jour révèle quelque nouvel attrait, quelque nouveau motif de prédilection dans ces édifices élevés pour nous par la main de nos pères, en rapport avec nos paysages autant qu’avec nos croyances, nos habitudes et les dispositions les plus intimes de nos âmes » [75] ? Les monuments sont ainsi, à ses yeux, l’expression d’une civilisation normande dont ils portent la mémoire.
L’histoire académique connaît un moindre succès chez les érudits normands, même si certaines œuvres participent au renouveau des études historiques sous la monarchie censitaire. C’est le cas de l’Histoire de Normandie de Théodore Licquet [76], où l’auteur s’emploie à réfuter les idées avancées par Augustin Thierry dans son Histoire de la conquête de l’Angleterre par les Normands [77]. Elle s’efface devant d’autres investigations, dont Frédéric Pluquet fixe les ambitions dans l’avant-propos de ses Contes populaires, traditions, proverbes et dictons de l’arrondissement de Bayeux : « L’histoire de Normandie, c’est-à-dire des ducs de cette province, est bien connue; mais celle du peuple normand est encore à faire. On sait peu de choses de ses mœurs, de ses usages, de ses préjugés et des variations de leur idiome [...]. En Normandie, province si riche en souvenirs historiques, où, tour à tour, ont régné le Gaulois, le Romain, le Saxon, le Franc, le Normand et l’Anglais, la plupart des contes populaires, des proverbes, des dictons font allusion à des faits historiques ou d’anciens usages, et on retrouve dans beaucoup de mots rustiques, dans les noms propres, et surtout dans les noms de lieu, des vestiges de l’idiome de ces peuples » [78]. Comme les monuments, les traditions populaires doivent être dégagées de la gangue – les usages modernes – où elles sont enfouies et où elles gisent, intactes, sous leur forme originelle.
Dès la période napoléonienne, plusieurs érudits avaient tenté d’établir les fondations de ce monument des origines normandes. Si la célèbre enquête de l’abbé Grégoire, lancée en août 1790, avait abouti à la présentation, devant la Convention, en prairial an II, d’un abrupt Rapport sur la nécessité et les moyens d’anéantir les patois et d’universaliser l’usage de la langue française [79], la lettre adressée par le ministre de l’Intérieur Crétet à l’Académie celtique le 26 janvier 1808 et demandant une traduction de la parabole de l’enfant prodigue dans les dialectes régionaux, accompagnée d’exemples de chansons populaires [80], marquait, tout comme le retour, en 1806, au calendrier grégorien, un renoncement à cette politique d’éradication et sonnait l’heure de la collecte. Rétifs aux changements révolutionnaires et à leurs promesses de bonheur, les habitants du Bocage sont les premiers à faire l’objet d’études où les enquêteurs, prenant la suite des inventaires dressés par l’Église depuis la réforme catholique, établissent le catalogue de leurs « préjugés » et « superstitions », décrivent leurs rituels de fête [81] et élaborent des glossaires de leur langage [82]. Le recensement s’élargit pendant la première moitié du XIXe siècle à l’ensemble des régions normandes, englobant les noms de lieux, les dictons, les proverbes, les danses populaires et les chansons [83], dont la collecte est encouragée par Salvandy en 1845 et Fortoul en 1852 [84].
Héritières de la perspective historiciste de l’Académie celtique et guidées par une conception où le peuple, véritable vestige vivant, perpétue à son insu des usages anciens, ces compilations incluent les contes et les légendes de la province, que Frédéric Pluquet voudrait voir étudiés à la manière du patrimoine oral britannique, dont la littérature d’outre-Manche a su tirer profit : « Walter Scott a parcouru et habité les montagnes d’Écosse pour recueillir les traditions et les usages anciens, et on convient assez généralement que c’est à la peinture de ces mœurs antiques que ses ouvrages doivent le plus grand charme » [85]. Cette collecte trouve un premier aboutissement avec La Normandie romanesque et merveilleuse [86], où Amélie Bosquet se penche sur les croyances populaires, auxquelles elle assimile la catégorie nouvelle des « légendes romanesques », et s’efforce de retracer la généalogie de mythes ou de légendes à caractère historique, comme la légende de Robert-le-Diable. Entreprise de réhabilitation des mythes normands, placés sur un pied d’égalité avec les mythologies gréco-latine, scandinave, celtique ou orientale, l’ouvrage est un hommage au génie populaire, capable de donner à ses inventions le caractère d’une « haute conception poétique » [87]. Comme les édifices, ces inventions participent de l’expression de l’âme régionale et doivent, comme eux, être sauvées de l’oubli. C’est le cas, dit Amélie Bosquet, des fées : « Après ces fées protectrices, qui nous abandonnent à mesure que tombent les anciens châteaux, que meurent les illustres généalogies, ne verrons-nous pas s’évanouir les fées mignonnes de nos campagnes ? » [88].
 
La Normandie et la France
 
 
La force et la cohérence de la construction élaborée par des élites dont l’identité provinciale n’entre nullement en conflit avec l’identité nationale [89], même si elle s’accompagne d’un rejet de la centralisation parisienne, ne font guère de doute aux yeux des Parisiens qui se penchent sur la province. Émile de la Bédollière, rédacteur de l’article « Le Normand » dans le grand recueil des Français peints par eux-mêmes, publié par l’éditeur Curmer entre 1840 et 1842, n’hésite pas à écrire : « La Normandie n’est ni une province ni un assemblage de départements, c’est une nation » [90]. De cette nation normande qu’elle englobe la nation française tire de multiples enseignements.
Grâce à la qualité des recherches menées par les antiquaires normands, la Normandie constitue jusqu’au Second Empire, pour la nation tout entière, une véritable école du Moyen Age. Au cœur des activités d’Arcisse de Caumont comme de nombreux antiquaires normands se trouve une ambition vulgarisatrice qui s’exprime de multiples manières. Entre février et décembre 1830 à Caen, il donne un cours où les leçons sont suivies de visites d’édifices et qui constitue le prélude à la publication de son grand ouvrage, le Cours d’antiquités monumentales, dont la publication en dix volumes s’échelonne jusqu’en 1841 et dont paraissent de nombreuses versions simplifiées. La série des Abécédaires ou rudiments d’archéologie, qui sont publiés entre 1853 et 1862 [91] et seront les seuls manuels d’archéologie en France jusqu’à la parution du Manuel d’archéologie française de Camille Enlart [92], est celle qui connaît le plus grand succès, mais Caumont donne également des versions destinées aux séminaires [93], ainsi qu’aux écoles primaires [94]. La classification de Caumont va servir de base aux études menées par Jules Quicherat, le fondateur de l’archéologie critique, chargé en 1847 par le ministre Salvandy d’enseigner l’archéologie nationale à l’École des Chartes. L’influence de Caumont est également considérable dans les cercles savants des autres provinces, où naissent dans les années 1830 des sociétés sœurs de la Société des antiquaires de Normandie : à Saint-Omer, Toulouse, Poitiers et enfin Amiens où les frères Woillez s’efforcent d’élaborer un contre-modèle picard aux théories normandes [95]. Outre la sauvegarde des monuments, la constitution de collections et les publications scientifiques, les sociétés savantes fondées par Caumont se préoccupent d’organiser dans la France entière des congrès où un étonnant déploiement de fastes va de pair avec un réel succès populaire [96].
Cet activisme des antiquaires normands, ainsi que les liens étroits qu’ils ont noué avec les milieux dirigeants de la capitale, explique le rôle joué par la Normandie dans l’initiation de toute une génération à l’art du Moyen Age. De Sainte-Beuve à Viollet-le-Duc, en passant par Michelet et Hugo [97], nombreuses sont les personnalités qui ont laissé dans leurs mémoires, dans leur correspondance ou dans leurs récits de voyage le témoignage de cette découverte. Les travaux des antiquaires normands nourrissent les œuvres littéraires de Hugo, en particulier le grand roman du Moyen Age que constitue Notre-Dame de Paris, dans lequel foisonnent les références aux édifices normands et où la description du monument parisien, derrière lequel semble se profiler la cathédrale de Rouen [98], emprunte largement aux théories et au vocabulaire de l’archéologie normande [99]. De manière significative, c’est à la Normandie que Taylor et Nodier décident de consacrer, en 1820, le premier tome de leur grande entreprise, les Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France [100], dont l’ambition affichée est de contribuer à la sauvegarde de monuments dont Hugo ne cesse de dénoncer la destruction [101]; avouant sa dette envers les antiquaires provinciaux, Nodier n’hésite pas à faire de Rouen « la Palmyre ou l’Herculanum du Moyen Age » [102]. L’ouvrage de Nodier et Taylor est accompagné par des recueils archéologiques publiés par des érudits de la province [103] analysant les édifices normands, ainsi que de nombreuses publications anglaises qui explorent leur province d’outre-mer et comprennent de somptueux recueils de vues gravées, dont le plus représentatif est sans doute celui du peintre et archéologue John Sell Cotman [104].
Histoire et archéologie nourrissent ainsi une illustration romantique dont les planches ornant les Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France sont l’exemple le plus célèbre. Apparus dans les années 1780 [105], les recueils de vues, keepsakes et « voyages pittoresques » profitent de la diffusion dans les années 1820 de la lithographie, utilisée aussi, avec la gravure, pour illustrer les itinéraires et les guides touristiques [106]. A ces publications participent de nombreux peintres, qui bénéficient par ailleurs de l’apparition d’une clientèle privée friande de scènes de genre de petit format. Peinture et illustration ne sont pas les seuls moyens d’expression utilisés par les artistes pour mettre en scène le paysage normand. Le diorama de Daguerre et Bouton expose en 1825 une « Vue de Rouen prise du haut du MontauxMalades » et un « Château d’Arques » probablement exécutés par Paul Huet [107].
De ce paysage normand ainsi élaboré monuments, légendes et anecdotes historiques sont une dimension essentielle. Agrandissant les dimensions des édifices, devant lesquels sont souvent placés des personnages revêtus de costumes d’époque, déformant les perspectives et jouant sur les contrastes du noir et blanc, les lithographies des Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, composées à partir de dessins de Bonington ou d’Isabey père, magnifient les ruines de Jumièges, de Château-Gaillard ou du château d’Arques. Dans cette culture visuelle qu’installent ces artistes, les populations locales, véritables vestiges vivants, sont toujours présentes. Chargées de donner l’échelle et croquées dans leurs occupations quotidiennes, elles animent les lithographies publiées par Taylor et Nodier, tout comme les dessins, les aquarelles et les peintures de Bonington [108] ou de Turner. Leurs costumes sont aussi l’objet de publications dont l’un des premiers exemples est le recueil de onze planches sans texte explicatif que le peintre et dessinateur Benoît Pécheux fait paraître dès 1814 sous le titre Costumes féminins inédits du pays de Caux [109] à partir de dessins exécutés en 1811-1812 au cours d’un voyage en Seine-Inférieure. De la célèbre coiffe cauchoise, assimilée au hennin du XIVe siècle, aux Polletais et Polletaises, mis en scène dès 1765 par Joseph Vernet dans sa Vue du port de Dieppe, la représentation de populations revêtues de leurs costumes d’apparat [110] devient une convention qui participe de l’attrait touristique de la région. De cette culture visuelle, élaborée pendant la première partie du XIXe siècle, l’industrie de la carte postale sera l’une des principales héritières.
L’histoire et la légende alimentent aussi une littérature historique où figurent des œuvres poétiques qui prennent la forme de recueils d’odes et ballades, composés sur le mode romantique par des poètes souvent tombés dans l’oubli, comme le Rouennais Ulric Guttinguer [111] ou le Pontaudemérien Édouard d’Anglemont, dont les Légendes françaises se veulent une transcription fidèle de récits immémoriaux recueillis auprès des paysans [112]. Cette littérature comprend en outre des romans historiques publiés à Paris et écrits sur le modèle scottien par des littérateurs normands, parfois auteurs de guides, où l’intrigue romanesque permet d’animer un décor monumental minutieusement reconstitué [113]. Ils se confondent ainsi pour une part avec les guides touristiques publiés à cette époque.
Les pérégrinations des artistes dans la province participent d’un mouvement d’exploration du territoire français qui naît dans les années 1770 et connaît un véritable apogée pendant la première moitié du XIXe siècle. Grâce à sa proximité avec Paris, la Normandie est la première région touchée par cette quête de la francité qui constitue une des modalités d’appropriation – et d’acculturation – de la nation par elle-même. Parcourue par les Anglais, en particulier par Girtin, dès la période de la paix d’Amiens, entre 1802 et 1803 [114], la vallée de Seine constitue une voie privilégiée, mais les artistes jouent aussi un rôle décisif dans la connaissance des rivages normands, peints notamment par Eugène Isabey, qui s’attache dès 1822 aux rivages d’Étretat puis s’installe en 1826 à la ferme Saint-Siméon, près de Honfleur [115], ainsi que par Charles Mozin et Louis Jadin, qui découvrent Trouville en 1825. De nombreux écrivains, comme Hugo, Alexandre Dumas [116] ou Alphonse Karr [117], leur emboîtent le pas, faisant connaître par leurs œuvres l’aiguille gothique d’Étretat, les longues plages du Calvados ou le mont Saint-Michel, dont l’intérêt monumental est redoublé par une baie parcourue par de redoutables marées [118], mises en scène par Nodier dans La Fée aux Miettes [119]. Les uns et les autres sont suivis par un nombre croissant de touristes auxquels les érudits normands vont fournir le mode d’emploi de la découverte de leur province. Pour guider ces touristes, une littérature nouvelle, partie prenante d’une littérature d’espace qui occupe nombre de littérateurs, de romanciers ou d’observateurs de cette époque [120], apparaît en effet à partir des années 1800 et connaît un fort développement sous la Restauration : la littérature touristique [121].
Publiés à Paris [122] mais aussi dans la province, les guides s’adressent aux baigneurs qui viennent sur la côte normande prendre les bains de mer, ainsi qu’aux voyageurs qui se rendent dans les villes provinciales. Pour les rédiger, les éditeurs parisiens font appel à des littérateurs qui sont souvent des provinciaux montés à Paris [123]; de leur côté, les éditeurs normands puisent largement dans le personnel des sociétés savantes : on trouve parmi les auteurs des professeurs, des journalistes, des bibliothécaires ou des médecins vantant dans des brochures ou des albums les mérites des établissements de mer dont ils assurent la direction [124]. Prompt à saisir les opportunités offertes par le développement du tourisme dans la province, Caumont, comme beaucoup d’antiquaires normands, prend place parmi les rédacteurs [125]. Une des fonctions premières assurées par ces guides est de procéder à un minutieux balisage de la province en signalant au voyageur les sites les plus intéressants, fournissant en même temps à celui-ci le mode d’emploi de leur contemplation. Suivant avec un certain retard l’exemple anglais [126], ils établissent un réseau de points de vue pittoresques destiné pour une part à répondre aux besoins des artistes amateurs [127], auquel correspondent des vues panoramiques gravées qui ponctuent de haltes visuelles le parcours exploré. Guides destinés à fournir aux voyageurs des renseignements pratiques, ces ouvrages sont aussi des répertoires encyclopédiques où les auteurs ne manquent pas de signaler les réalisations édilitaires, industrielles ou philanthropiques qui témoignent de l’état d’avancement de la province sur la voie du progrès. Ils constituent surtout de véritables manuels d’histoire locale et offrent un moyen privilégié pour diffuser les connaissances et les théories des antiquaires normands sur l’architecture médiévale. Ces guides sont bien en ce sens l’émanation d’une culture provinciale dont ils assurent ainsi la promotion. Si le développement des chemins de fer sonne l’heure de leur déclin, en suscitant l’apparition de séries éditées à l’échelle du territoire national tout entier, comme celle des guides Joanne, la postérité de ces guides s’incarne jusque dans le Guide Bleu, pour lequel, dit Roland Barthes, l’essentiel d’un pays réside dans sa collection de monuments [128].
Ces divers phénomènes convergent vers la promotion du littoral, dont la vocation balnéaire est pressentie par Bernardin de Saint-Pierre lorsqu’il recommande de couper en pente douce les falaises du pays de Caux afin d’y installer des habitations et des bains où l’on recevrait des douches marines [129]. Attestée dès la fin du XVIIIe siècle [130], la pratique des bains de mer en Haute-Normandie prend à partir des années 1820 un essor amplifié par les séjours à Dieppe de la duchesse de Berry, puis se répand dans les années 1840 en Basse-Normandie. Aristocratique et ritualisée sous la Restauration [131], elle se diffuse au cours des décennies suivantes à la bourgeoisie parisienne et aux classes aisées des principales villes de la province et reçoit une impulsion décisive avec l’ouverture de la ligne de chemin de fer reliant directement Paris à Dieppe en 1848. L’arrivée des premiers « trains de plaisir » s’accompagne d’une vague de spéculation immobilière qui mène à l’aménagement des terrains, situés sur la rive gauche de la Touques, sur lesquels Deauville sera édifié, puis à la constitution, au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, d’un vaste complexe balnéaire le long des côtes normandes. La plage que peindra Boudin devient un élément essentiel de l’image de la province.
Ainsi se dessine une Normandie dont la géographie est dominée par les lignes de force de la vallée de la Seine et surtout du littoral, la province intérieure étant réduite à un arrière-pays, et dont l’identification s’effectue à l’aide d’une série de sites et d’objets. Parmi ceux-ci, des sites naturels comme l’aiguille d’Étretat ou les grèves entourant le Mont-Saint-Michel, des panoramas comme celui de la Côte-de-Grâce, près de Honfleur, montrant l’embouchure de la Seine ou celui de Rouen vu du Mont-Sainte-Catherine, des édifices monumentaux comme le Mont-Saint-Michel, Jumièges, les grandes abbayes caennaises, la cathédrale de Rouen et l’église de l’abbaye de Saint-Ouen, ou encore les populations revêtues de leurs habits de fête. A la construction de cette image les érudits normands ont pris une part bien plus déterminante que dans le modèle breton. La perpétuation de l’identité provinciale revêt pour beaucoup d’entre eux une dimension personnelle, qui se confond avec la défense de leurs intérêts. Le patriotisme provincial possède une dimension réactionnaire, la volonté de conserver cet ancien cadre territorial coïncidant souvent avec la volonté de conserver inchangé l’ordre social. « Noble province, où l’amour maternel, le respect filial, l’attachement à la famille, l’effusion de l’amitié ont conservé l’esprit traditionnel des mœurs simples et pures de nos ancêtres; terre vierge des écarts d’un philosophisme athée, et de la fureur des révolutions ! » s’écrie le romancier Paul-Benjamin Chareau dans un roman de « mœurs normandes » [132]. Instrument de domination sociale, le savoir qu’ils ont élaboré est devenu un bien collectif, rencontrant sans doute le désir de lisibilité sociale des classes dominantes, confrontées au sentiment de brouillage des identités et des appartenances [133]. Les usages sociaux de cette construction ne se limitent pas cependant à la conservation de l’ordre établi. Sites et types permettent au flot montant des touristes, dont le désir est attisé par les représentations picturales ou littéraires et dont le nombre s’accroît considérablement avec la mise en place du chemin de fer, de s’approprier cette construction. Grâce à ces multiples relectures, ce savoir est devenu un domaine partagé de la culture. Pour de nombreux Français du XIXe siècle, la Normandie est un lieu d’initiation où l’on apprend à contempler un paysage, à admirer un édifice gothique, à goûter aux plaisirs de la plage. L’étude de la construction de l’image de la Normandie permet ainsi de mesurer tant la richesse et l’autonomie de la vie intellectuelle des provinces au XIXe siècle que les apports qu’elle a fournis à la nation tout entière.
 
NOTES
 
[*]Professeur d’histoire au lycée Jules-Ferry à Paris, chargé d’enseignement à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines.
[(1)]A. FRÉMONT, La Région, espace vécu, Paris, Flammarion, 1999.
[(2)]Nous faisons ici allusion aux remarques d’A. CORBIN dans Le monde retrouvé de Louis-François Pinagot, Paris, Flammarion, 1998, p. 33-37.
[(3)]C. BERTHO, « L’invention de la Bretagne, genèse sociale d’un stéréotype », Actes de la recherche en sciences sociales, novembre 1980, p. 45-62. L’image de la Bretagne est également étudiée, dans une pespective plus artistique, dans la thèse de D. DELOUCHE, Les peintres de la Bretagne avant Gauguin, Lille, A.N.R.T., 1978. Les travaux portant sur les autres régions françaises ont été entrepris selon des perspectives variées. La thèse d’État d’A. CORBIN, Archaïsme et modernité en Limousin au XIXe siècle, Paris, Marcel Rivière, 1975, comporte, à travers l’étude de ses traditions politiques, des remarques sur l’image de la région. Plusieurs auteurs se sont efforcés plus récemment d’étudier l’image des lieux auxquels sont consacrés leurs travaux : S. BRIFFAUD, Naissance d’un paysage. La montagne pyrénéenne à la croisée des regards, XVIe - XIXe siècles, Tarbes, C.I.M.A.-C.N.R.S., 1994; P.-Y. SAUNIER, L’esprit lyonnais, XIXe - XXe siècles : genèse d’une représentation sociale, Paris, C.N.R.S., 1995; O. PARCIS-BARUBÉ, Les représentations du Moyen Age au XIXe siècle dans les anciens Pays-Bas français et leurs confins picards, thèse, université de Paris I, 1995; C. GIRAUD-LABATTE, Les Angevins et leurs monuments : 1800-1840, l’invention du patrimoine, Angers, Société des études angevines, 1996, ainsi que notre propre thèse, Naissance de la Normandie. Genèse et épanouissement d’une image régionale en France, 1750-1850, Caen, Annales de Normandie, 2000. L’important sujet de l’exploration du territoire national aux XVIIIe et XIXe siècles a été abordé par M.-N. BOURGUET, Déchiffrer la France. La statistique départementale à l’époque napoléonienne, Paris, Éditions des archives contemporaines, 1989 et par M.-V. OZOUF-MARIGNIER, La formation des départements. La représentation du territoire français à la fin du XVIIIe siècle, Paris, Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 1989. A. BURGUIÈRE a écrit sur ce problème une synthèse récente, « La centralisation monarchique et la naissance des sciences sociales. Voyageurs et statisticiens à la recherche de la France à la fin du XVIIIe siècle », Annales H.S.S., janvier-février 2000, no 1, p. 199-218.
[(4)]Étudiée par J.-P. CHALINE, Sociabilité et érudition. Les sociétés savantes en France, Paris, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 1995.
[(5)]A. SIEGFRIED, Tableau politique de la France de l’Ouest, Paris, 1913, réédition Paris, Imprimerie nationale, 1995, p. 435.
[(6)]Dom Jacques-Louis Le Noir est le principal représentant de ces Mauristes normands. Son labeur de vingt années à la chambre des comptes ne donne lieu, toutefois, qu’à la publication de deux prospectus : Mémoire relatif au projet d’une histoire générale de la Normandie, Rouen, Lallement, 1760, et la Collection chronologique des actes et des titres de Normandie, prospectus, Paris, Didot, 1780.
[(7)]J. RACINE, Les plaideurs, Paris, Garnier-Flammarion, 1980, p. 194.
[(8)]Les Délices de la France, ou Description des provinces, Villes principales, Maisons royales, Châteaux et autres lieux remarquables de ce beau royaume, Leyde, Théodore Haak, 1728.
[(9)]Cité par M.-V. OZOUF-MARIGNIER, La formation des départements..., op. cit., p. 50.
[(10)]Cité par J. YVER, « Les caractères originaux de la coutume de Normandie », Mémoires de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Caen, t. XII, 1952, p. 354.
[(11)]Comme le montre M.-V. OZOUF-MARIGNIER, La formation des départements..., op. cit., p. 140-180.
[(12)]Ainsi la carte publiée en 1790 et intitulée Gouvernement de Normandie indiquant les départements de la Manche, du Calvados, de l’Orne, de l’Eure et de la Seine-Inférieure conservée à la B.N.F.
[(13)]Ainsi à l’académie de Rouen le nombre de mémoires chute-t-il à trente dès 1789, contre une cinquantaine les années précédentes. Les séances publiques, les concours et les prix disparaissent après 1791. D.M. GOSSEAUME, Précis analytique des travaux de l’académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, t. V, Rouen, N. Périaux, 1820, p. 4.
[(14)]J.-P. CHALINE, Sociabilité et érudition..., op. cit., p. 32.
[(15)]M. VOVELLE, La Chute de la monarchie, Paris, Le Seuil, 1972, p. 190.
[(16)]Les renseignements donnés sur ce personnage sont tirés de F. VAULTIER, Notice sur la vie et les travaux littéraires de feu M. l’abbé de La Rue, Caen, Mancel, 1841, P. YVON, Traits d’union normands avec l’Angleterre avant, pendant et après la Révolution, Caen, 1919, ainsi que E.-G. LÉONARD, « L’abbé de La Rue, professeur et doyen de la faculté des lettres de Caen, de l’Empire à la monarchie de Juillet », Normannia, 1937, no 1, p. 343-393.
[(17)]Ces articles paraissent dans les tomes XII, 1796, et XIII, 1800, de la revue, après avoir été traduits par Francis Douce.
[(18)]D’après la biographie composée par le chartiste L. DELISLE, qui fut son élève, Notice sur la vie et les ouvrages de M. de Gerville, Valognes, Imprimerie Gomont, 1853.
[(19)]L. RÉAU, Histoire du vandalisme. Les monuments détruits de l’art français, Paris, Hachette, 1959, p. 344.
[(20)]S.A. BROWN, The Bayeux Tapestry. History and Bibliography, Woodbridge, Boydell Press, 1988, p. 9.
[(21)]M. AGULHON, Le cercle dans la France bourgeoise, 1810-1848, Paris, A. Colin, 1977, p. 30-33.
[(22)]J.-P. CHALINE, Socialité et érudition..., op. cit., p. 34-37.
[(23)]J.-P. CHALINE, Les bourgeois de Rouen. Une élite urbaine au XIXe siècle, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1982, p. 242-243.
[(24)]D’après son biographe, l’abbé Cochet, in Galerie dieppoise, Dieppe, E. Delevoye, 1862, p. 55-71.
[(25)]J. TRAVERS, Biographie de M. Louis du Bois, Caen, Hardel, 1856.
[(26)]Ainsi à Caen le général Dugua restaure-t-il, sous le nom provisoire de « lycée », l’Académie des belles lettres de Caen, puis la Société d’agriculture, sous le titre de Société d’agriculture et de commerce, en 1801. A Rouen, le préfet Beugnot fait de même en 1803 pour l’Académie de Rouen.
[(27)]Ainsi par exemple Beugnot, préfet de la Seine-Inférieure, s’adjoint, pour mener à bien son mémoire statistique qui ne verra d’ailleurs jamais le jour, les services de Noël de la Morinière, puis forme en l’an XII une commission de douze membres choisis parmi les conseillers généraux, fonctionnaires, professeurs, membres de l’Académie et de la Société d’émulation.
[(28)]Sujet de la thèse de M.-N. BOURGUET, Déchiffrer la France..., op. cit.
[(29)]Essais sur le département de la Seine-Inférieure, Rouen, Imprimerie des arts, an III (1795), et Tableau statistique de la navigation de la Seine, Rouen, Imprimerie des arts, an XII (1802).
[(30)]Tableau historique de la pêche à la baleine, Paris, Fuchs, an VII (1800).
[(31)]Prospectus, Bibliothèque normande ou Mémoires pour servir à l’Histoire naturelle, Archéologique, Civile, Militaire, Religieuse, Économique et Littéraire de la province de Normandie, Rouen, Imprimerie des arts, s. d.
[(32)]LAMAGDELEINE (préfet), Description abrégée du département de l’Orne, rédigée par le Lycée d’Alençon, Alençon, an VI.
[(33)]Annuaire statistique, historique et administratif de l’Orne pour 1809, Alençon, 1809.
[(34)]D. POULOT, Musée, nation, patrimoine, Paris, Gallimard, 1997.
[(35)]E. POMMIER, « Naissance des musées de province », in P. NORA (dir.), Les Lieux de mémoire, t. II : La Nation, vol. 2, Paris, Gallimard, 1986, p. 451-495.
[(36)]A ce propos, D. VARRY, Histoire des bibliothèques françaises, t. III : Les bibliothèques de la Révolution et de l’Empire, Paris, Promodis, 1992.
[(37)]A.-L. MILLIN, Antiquités nationales, ou Recueil de Monuments pour servir à l’Histoire générale et particulière de l’Empire français, Paris, Drouhin, 1790-an VIII, 5 vol.
[(38)]M. VAULTIER, Notice..., op. cit.
[(39)]A.-L. MILLIN, Antiquités nationales..., op. cit., prospectus, t. I, p. 2.
[(40)]Comme N. de la MORINIÈRE dans son Second Essai sur la Seine-Inférieure, op. cit., p. 108, ou les voyageurs anglais visitant la province pendant la période de la paix d’Amiens.
[(41)]Dont témoigne une Notice historique sur la tapisserie brodée par la reine Mathilde, épouse de Guillaume le Conquérant, Paris, Imprimerie des sciences et arts, frimaire an XII.
[(42)]L. COCHELET, Mémoires de la reine Hortense, Paris, Chez Ladvocat, 1836, t. I, p. 148.
[(43)]F. BALDENSPERGER, « Le style troubadour », in Études d’histoire littéraire, Paris, 1907. Réédition Genève, Slatkine reprints, 1973, p. 110-146.
[(44)]Pour la définition du terme « notable », nous nous référons à la définition qu’en donne A. GUIL-LEMIN, s’appuyant sur Max Weber, dans son article « Aristocrates, propriétaires et diplômés, la lutte pour le pouvoir local dans le département de la Manche, 1830-1875 », Actes de la recherche en sciences sociales, avril 1982, p. 34 : un notable se définit d’abord par sa capacité à dégager du temps libre grâce à sa situation de fortune ou sa profession, ce qui le rend apte à diriger la cité et le pose en représentant « naturel » des dirigeants centraux.
[(45)]A.-J. TUDESQ, Les grands notables en France (1840-1849), Paris, P.U.F., 1964, t. I, p. 268.
[(46)]A propos de ce personnage, A. PASSY, Notice biographique sur Auguste Le Prévost, Évreux, Imprimerie de J. Herissey, s. d., ainsi que F. de BEAUREPAIRE, « Auguste Le Prévost (1787-1859), sa vie, sa correspondance », Précis analytique des travaux de l’académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, 1987, Fécamp, 1989, p. 205-229.
[(47)]F. BERCÉ, Les premiers travaux de la Commission des travaux historiques, Paris, Picard, 1978, p. 2-4.
[(48)]A.-J. TUDESQ, Les grands notables..., op. cit., t. I, p. 179.
[(49)]Comme le montre G. DÉSERT, Une société rurale au XIXe siècle : les paysans du Calvados, 1815-1895, Lille, A.N.R.T., 1978, t. I, p. 198-200.
[(50)]Sur Arcisse de Caumont, F. BERCÉ, « Arcisse de Caumont et les sociétés savantes », in P. NORA (dir.), Les Lieux de mémoire, op. cit., t. II : La Nation, vol. 2, Paris, Gallimard, 1986, p. 533-567, ainsi que B. HUCHET, Arcisse de Caumont, position de thèse de l’École des Chartes, 1984. Nous nous sommes servi en outre de la biographie d’E. de ROBILLARD DE BEAUREPAIRE, « M. de Caumont, sa vie, ses œuvres », Mémoires de l’Académie nationale des sciences, arts et belles-lettres de Caen, 1874, p. 324-370.
[(51)]B. HUCHET, Arcisse de Caumont, op. cit., p. 6.
[(52)]Ibid., p. 254.
[(53)]Archives départementales de la Seine-Maritime, 4T253, procès-verbal de la Commission des antiquités de la Seine-Inférieure, séance du 28 mars 1828. Cité par L. VADELORGE, « Le département de la Seine-Inférieure et les “antiquités”. Naissance d’une politique locale du patrimoine (1818-1848) », Comité d’histoire du ministère de la Culture, groupe de travail, « Histoire des politiques culturelles locales », séance du 8 février 2000, p. 2.
[(54)]Annuaire normand, 1835, p. 1.
[(55)]L. VADELORGE, « Le département de la Seine-Inférieure... », art. cit., p. 4.
[(56)]Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, t. I, 1824, p. XVI-XXVII.
[(57)]G. PINSON, « L’Association normande au XIXe siècle, réussite et déclin d’un modèle de société savante », in Mélanges offerts à Gabriel Désert, Caen, Cahiers des Annales de Normandie, 1992, p. 43-63.
[(58)]F. RUCKËR, Les origines de la conservation des monuments historiques en France, Paris, Jouve, 1913, p. 208-209.
[(59)]J.-P. CHALINE, Sociabilité et érudition..., op. cit., p. 207-208.
[(60)]A. LE PRÉVOST, « Circulaire de M. le Directeur de la Société des antiquaires de Normandie à M.M. les membres titulaires de cette société », Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, t. II, 1825, p. I-XLII.
[(61)]Dont témoigne par exemple l’historien F. BÉCHARD dans son ouvrage plusieurs fois édité De l’Administration de la France, ou Essai sur les abus de la centralisation, Paris, de Perrodil, 1845 (2e édition).
[(62)]R. RÉMOND, Les droites en France, Paris, Aubier, 1982, p. 57-58.
[(63)]L. VADELORGE, « Le département de la Seine-Inférieure », art. cit., p. 10.
[(64)]Comme le suggère C.-I. BRELOT, « De la représentation parisienne à la réalité provinciale : aristocratie, noblesse, élites », Romantisme, no 70,1990, p. 39-45, ainsi que sa thèse d’État, La noblesse réinventée, nobles de Franche-Comté de 1815 à 1870, Paris, Les Belles-Lettres, 1990,2 vol.
[(65)]Revue normande, t. II, 1833-1834, prospectus, par A. de CAUMONT.
[(66)]Annuaire normand, 1835, p. 1-27.
[(67)]D’après L. DELISLE, Notice..., op. cit., passim.
[(68)]A. de CAUMONT, Essai sur la topographie géognostique du Calvados, Caen, Chalopin, 1828.
[(69)]A. PASSY, Description géologique du département de la Seine-Inférieure, Rouen, P. Périaux, 1832.
[(70)]G. DÉSERT, Une société rurale..., op. cit., t. I, p. 346-350.
[(71)]A. de CAUMONT, Statistique monumentale du Calvados, Caen, Hardel, 1849-1853, t. I, p. 1.
[(72)]Ce travail sera publié par la suite dans une « Lettre adressée à M. de Vanssay, préfet du département de la Manche, en janvier 1820, contenant des recherches sur l’architecture des églises de ce département », Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, t. I, 1824, p. 78-105.
[(73)]F. GIDON, « L’invention de l’expression “architecture romane” par Gerville (1818), d’après quelques lettres de Gerville à Le Prévost », Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, t. XLVII, 1934, p. 268-288.
[(74)]Cette théorie est formulée pour la première fois de manière cohérente par A. de CAUMONT, « Essai sur l’architecture du Moyen Age, particulièrement en Normandie », Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, t. I, 1824, p. 535-677.
[(75)]A. LE PRÉVOST, prospectus du Cours d’antiquités monumentales d’A. de CAUMONT, Caen, Chalopin, 1830, p. 3-5.
[(76)]T. LICQUET, Histoire de Normandie, Rouen, Édouard Frère, 1834,2 vol.
[(77)]A. THIERRY, Histoire de la conquête de l’Angleterre par les Normands, Paris, Firmin Didot, 1825.
[(78)]F. PLUQUET, Contes populaires, traditions, proverbes et dictons de l’arrondissement de Bayeux, Caen, Chalopin, 1825, avant-propos, p. 1.
[(79)]M. de CERTEAU, J. REVEL, D. JULIA, Une politique de la langue. L’enquête de l’abbé Grégoire, Paris, Gallimard, 1976.
[(80)]Mémoires de l’Académie celtique, t. II, 1808, p. 118 et suivantes.
[(81)]Deux grandes études sont menées : celle de L. du BOIS publiée dans l’Annuaire statistique, historique et administratif de l’Orne pour 1809, Alençon, 1809, et celle de R. SÉGUIN, Essai sur l’histoire de l’industrie du Bocage en général et de la ville de Vire, sa capitale, en particulier, Vire, Adam, 1810.
[(82)]L. du BOIS publie des « Recherches sur l’étymologie et l’emploi des locutions et de mots qui se sont conservés dans le département de l’Orne, et qui n’appartiennent pas à la langue française de nos jours » dans les Mémoires de l’Académie celtique, t. V, 1810, p. 39-50 et 173-180. Peu après, le sous-préfet de Mortagne, Delestang, élabore un « vocabulaire » qui sera présenté en 1822 à l’Académie des inscriptions et belles-lettres par Dureau de la Malle. L. DUVAL, « L’enquête philologique de 1812 dans les arrondissements d’Alençon et de Mortagne », Actes de la Société philologique, t. XIII, année 1888, Paris, Klincksieck, 1890, p. 99-184.
[(83)]Parmi les plus importantes études, celle d’A. CANEL, Blason populaire de Normandie, comprenant les proverbes, sobriquets et dictons relatifs à cette ancienne province, Rouen, A. Lebrument, 1859,2 vol., ainsi que l’ouvrage des frères DUMÉRIL, Dictionnaire du patois normand, Caen, Mancel, 1849.
[(84)]Bulletin du Comité de la langue, de l’histoire et des arts de la France, t. I, 1852-1853, Paris, Imprimerie impériale, 1854.
[(85)]F. PLUQUET, Contes populaires..., op. cit., avant-propos, p. 1.
[(86)]A. BOSQUET, La Normandie romanesque et merveilleuse, traditions, légendes et superstitions populaires de cette province, Rouen, Haulard, 1845.
[(87)]Ibid., introduction, p. XV.
[(88)]Ibid., p. 101.
[(89)]A.-M. THIESSE, La construction des identités nationales, Paris, Le Seuil, 1999.
[(90)]E. de la BÉDOLLIÈRE, « Le Normand », in Les Français peints par eux-mêmes, Paris, L. Curmer, 1842, « Province », t. II, p. 121.
[(91)]A. de CAUMONT, Abécédaire ou rudiment d’archéologie (architecture religieuse), Caen, Hardel, 1850; Abécédaire ou rudiment d’archéologie (architecture civile et militaire), Caen, Hardel, 1830; Abécédaire ou rudiment d’archéologie (ère gallo-romaine avec un aperçu sur les temps préhistoriques), Caen, Hardel, 1862. Les trois volumes seront réédités.
[(92)]C. ENLART, Manuel d’archéologie française, depuis les temps mérovingiens jusqu’à la Renaissance, Paris, A. Pichard, 1902-1904.
[(93)]A. de CAUMONT, Histoire religieuse de l’architecture au Moyen Age, ouvrage destiné à l’enseignement de l’archéologie dans les séminaires et les écoles ecclésiastiques, Caen, Hardel, 1841.
[(94)]A. de CAUMONT, Archéologie des écoles primaires, Caen, Le Blanc-Hardel, 1868.
[(95)]O. PARSIS BARUBÉ, Les représentations du Moyen Age..., op. cit., p. 642.
[(96)]E. de ROBILLARD DE BEAUREPAIRE, « M. de Caumont, sa vie, ses œuvres, sa correspondance », Précis analytique des travaux de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Caen, 1874, p. 368, décrit les entrées triomphales dans les villes, les rosettes multicolores, les drapeaux, les fanfares, les lanternes vénitiennes, les décharges d’artillerie, les banquets et les toasts qui accompagnaient ces manifestations.
[(97)]Sainte-Beuve décrit dans sa Correspondance générale, Paris, Stock, 1935, t. I, p. 103, sa visite à Rouen en août 1828; le Journal de Michelet, Paris, Gallimard, 1959, p. 79-87 et p. 612-621, témoigne des deux séjours qu’a fait l’historien dans la province en 1831 et 1845; Victor Hugo visite la Normandie pour la première fois en 1835 et revient l’année suivante, expérience décrite dans ses Voyages, France et Belgique, in Œuvres complètes, t. VIII, Paris, Robert Laffont, 1987; Viollet-le-Duc se rend dans la province en 1832 et 1835, où il séjourne au Mont-Saint-Michel, et décrit son expérience dans plusieurs lettres publiées par G. VIOLLET-LE- DUC, « Viollet-le-Duc, peintre et voyageur romantique en Normandie (1832-1836) », in Catalogue de l’exposition Victor Hugo en Normandie, musée Victor-Hugo de Villequier, juin-octobre 1985, Rouen, 1985, p. 109-150.
[(98)]Comme le souligne S. LE MEN, dans ce catalogue, op. cit., p. 29.
[(99)]V. HUGO, Notre-Dame de Paris, Paris, Garnier-Flammarion, 1967, p. 135-136.
[(100)]J. TAYLOR, C. NODIER, A. de CAILLEUX, Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France. Ancienne Normandie, Paris, Didot, 1820-1825.
[(101)]En particulier dans son célèbre article « Guerre aux démolisseurs », Revue des Deux Mondes, t. V, 1832, p. 607-622.
[(102)]C. NODIER, Voyages pittoresques et romantiques..., op. cit., t. II, p. 48.
[(103)]E. de LAQUÉRIÈRE, Description historique des maisons de Rouen, Paris, Firmin Didot, 1821-1841,2 vol.; T. de JOLIMONT, Description historique et vues des monuments religieux et civils les plus remarquables du Calvados bâtis dans les siècles du Moyen Age et ceux de la Renaissance jusqu’au règne de Louis XIV exclusivement, Paris, Firmin Didot, 1825.
[(104)]J.S. COTMAN, Architectural Antiquities of Normandy, Londres, John and Arthur Cornhill, 1822,2 vol.
[(105)]Le premier grand ouvrage de ce genre en France est celui de J.-B. LABORDE, E. BÉGUILLET et J.-E. GUETTARD, Voyage pittoresque de la France, Paris, Lamy, 1781-an VI, 7 vol.
[(106)]Ace propos, J. ADHÉMAR, Les lithographies de paysage à l’époque romantique, Paris, Armand Colin, 1937. Rappelons que le procédé est inventé en 1798 à Munich par Aloïs Senefelder.
[(107)]P. MIQUEL, Paul Heut, de l’aube romantique à l’aube impressionniste, Maurs-la-Jolie, Éditions de la Martinelle, 1962, p. 52.
[(108)]Catalogue de l’exposition du Petit Palais Richard Parkes Bonington, Paris, Paris-Musées, 1992.
[(109)]Costumes féminins inédits du pays de Caux, Paris, 1814. Ces dessins sont réunis en 1827 à ceux de Marie-Louis Lanté dans un nouveau recueil doté d’un texte rédigé par P.-A. LEBOUX DE LA MÉSAN-GÈRE et intitulé Costumes des femmes du pays de Caux, et de plusieurs autres parties de l’ancienne province de Normandie, Paris, Chez l’éditeur, 1827.
[(110)]M. BRUNEAU, Histoire du costume populaire en Normandie, Caen, Cercle d’études et d’action normands, 1983, p. 120.
[(111)]Proche des romantiques, U. GUTTINGUER fait paraître plusieurs recueils de poèmes, parmi lesquels Charles VII à Jumiège (sic), Édith ou le champ d’Hastings, poèmes suivis de poésies, Paris, Sautelet, 1827, ainsi qu’un roman consacré à la cathédrale de Rouen, Arthur, Rouen, N. Périaux, 1834.
[(112)]E. d’ANGLEMONT, Légendes françaises, Paris, L. Dureuil, 1829, et Nouvelles légendes françaises, Paris, Mame-Delauney, 1833.
[(113)]Par exemple le roman de P. JUSTIN, Robert-le-Diable ou le château de Moulineaux, Paris, Hubert, 1823, ou celui de L. de LAVAL, Robert-le-Magnifique, Paris, Ambroise Dupont, 1835.
[(114)]P. DORBEC, « Les paysagistes anglais en France », Gazette des Beaux-Arts, 1912, p. 257-281.
[(115)]P. MIQUEL, Eugène Isabey, 1803-1886. La marine au XIXe siècle, Maurs-la-Jolie, Éditions de la Martinelle, 1980, p. 40.
[(116)]A. DUMAS, Mes Mémoires, Paris, R. Laffont, 1989, t. II, p. 512-520.
[(117)]A. KARR fait connaître le site d’Étretat grâce à un roman qui connaît un succès considérable, Le chemin le plus court, Paris, Ollivier, 1836,2 vol.
[(118)]Le premier auteur, à notre connaissance, qui en fait une description détaillée est G.B. DEPPING, Merveilles et beautés de la nature en France, Paris, Blanchard, 1811.
[(119)]C. NODIER, La Fée aux Miettes, in Œuvres complètes, t. IV, Paris, Renduel, 1832.
[(120)]Qu’on songe à Nodier, Stendhal ou Flaubert ou encore au succès rencontré par E. JOUY publiant L’Hermite en province, ou observations sur les mœurs et les usages français du commencement du XIXe siècle, Paris, Pillet aîné, 1818-1827. La Normandie est décrite dans les tomes VII et VIII, 1824 et 1827.
[(121)]F. GUILLET, « Les guides de la Normandie pendant la première moitié du XIXe siècle (1815-1850) », in G. CHABAUD, E. COHEN, N. COQUERY, J. PENEZ (dir.), Les guides imprimés du XVIe au XXe siècle. Villes, paysages, voyages, Paris, Belin, 2000, ainsi que « Le tourisme dans l’ouest de la France d’après les guides de voyage », Recherches contemporaines, no 6,2000-2001, p. 255-282.
[(122)]A titre d’exemple, celui de R. VAYSSE DE VILLIERS, Itinéraire descriptif de la France, Paris, J. Renouard, 1830.
[(123)]Ainsi P. JUSTIN, auteur de Robert-le-Diable ou le château de Moulineaux, op. cit., est-il également l’auteur d’un Tour de France. Première partie : Rouen, Le Havre, Dieppe : promenade descriptive, historique et statistique dans ce trois villes et le pays intermédiaire, Paris, Sautelet, 1827.
[(124)]Parmi ces auteurs, on trouve ainsi M. Chauvet, professeur au collège de Dieppe, auteur du Guide du baigneur à Dieppe et dans les environs, Dieppe, Corsange, 1838, A. de Berruyer, rédacteur en chef du Journal de Cherbourg et du département de la Manche, auteur du Guide du voyageur à Cherbourg, Cherbourg, Boulanger, 1833, Jules Morlent, ancien employé de l’administration des douanes, ancien libraire et imprimeur au Havre, conservateur de la bibliothèque de la ville, auteur de nombreux ouvrages sur Le Havre.
[(125)]A. de CAUMONT fait ainsi paraître un Guide du baigneur à Trouville, Caen, Hardel, 1850.
[(126)]Un des principaux théoriciens du pittoresque est W. GILPIN, auteur notamment de Trois essais sur le beau pittoresque, Paris, Éditions du Moniteur, 1982 (première édition en 1792).
[(127)]Cet aspect est longuement développé par A. CORBIN, Le territoire du vide. L’Occident et le désir du rivage, Paris, Aubier, 1988, p. 164-166.
[(128)]R. BARTHES, « Le Guide bleu », in Mythologies, Paris, Le Seuil, 1957, p. 113-117. Cf. F. MORET, « Images de Paris dans les guides touristiques en 1900 », Le Mouvement Social, juillet-septembre 1992, p. 79-98.
[(129)]B. de SAINT-PIERRE, Harmonies de la Nature, in Œuvres complètes, t. VIII, Paris, Lequien, 1830, p. 329.
[(130)]L. LÉPECQ DE LA CLOTURE, dans sa Collection d’observations sur les maladies et constitutions épidémiques, Rouen, Imprimerie privilégiée, 1778, p. 177, signale l’existence à Dieppe d’une maison de santé destinée aux bains de mer.
[(131)]A. CORBIN, Le territoire du vide, op. cit., p. 309-311.
[(132)]P. BEN, Le fils du fermier, mœurs normandes, Paris, Pétion, 1844,2 vol., t. I, p. 1-2.
[(133)]A. CORBIN, « Le XIXe siècle ou la nécessité de l’assemblage », in A. CORBIN et alii, L’invention du XIXe siècle. Le XIXe siècle par lui-même (littérature, histoire, société), Paris, Klincksieck-Presses de la Sorbonne nouvelle, 1999, p. 153-159.
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Professeur d’histoire au lycée Jules-Ferry à Paris, chargé ...
[suite] Suite de la note...
[(1)]
A. FRÉMONT, La Région, espace vécu, Paris, Flammarion, 1999...
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[(2)]
Nous faisons ici allusion aux remarques d’A. CORBIN dans Le...
[suite] Suite de la note...
[(3)]
C. BERTHO, « L’invention de la Bretagne, genèse sociale d’u...
[suite] Suite de la note...
[(4)]
Étudiée par J.-P. CHALINE, Sociabilité et érudition. Les so...
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[(5)]
A. SIEGFRIED, Tableau politique de la France de l’Ouest, Pa...
[suite] Suite de la note...
[(6)]
Dom Jacques-Louis Le Noir est le principal représentant de ...
[suite] Suite de la note...
[(7)]
J. RACINE, Les plaideurs, Paris, Garnier-Flammarion, 1980, ...
[suite] Suite de la note...
[(8)]
Les Délices de la France, ou Description des provinces, Vil...
[suite] Suite de la note...
[(9)]
Cité par M.-V. OZOUF-MARIGNIER, La formation des départemen...
[suite] Suite de la note...
[(10)]
Cité par J. YVER, « Les caractères originaux de la coutume ...
[suite] Suite de la note...
[(11)]
Comme le montre M.-V. OZOUF-MARIGNIER, La formation des dép...
[suite] Suite de la note...
[(12)]
Ainsi la carte publiée en 1790 et intitulée Gouvernement de...
[suite] Suite de la note...
[(13)]
Ainsi à l’académie de Rouen le nombre de mémoires chute-t-i...
[suite] Suite de la note...
[(14)]
J.-P. CHALINE, Sociabilité et érudition..., op. cit., p. 32...
[suite] Suite de la note...
[(15)]
M. VOVELLE, La Chute de la monarchie, Paris, Le Seuil, 1972...
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[(16)]
Les renseignements donnés sur ce personnage sont tirés de F...
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[(17)]
Ces articles paraissent dans les tomes XII, 1796, et XIII, ...
[suite] Suite de la note...
[(18)]
D’après la biographie composée par le chartiste L. DELISLE,...
[suite] Suite de la note...
[(19)]
L. RÉAU, Histoire du vandalisme. Les monuments détruits de ...
[suite] Suite de la note...
[(20)]
S.A. BROWN, The Bayeux Tapestry. History and Bibliography, ...
[suite] Suite de la note...
[(21)]
M. AGULHON, Le cercle dans la France bourgeoise, 1810-1848,...
[suite] Suite de la note...
[(22)]
J.-P. CHALINE, Socialité et érudition..., op. cit., p. 34-3...
[suite] Suite de la note...
[(23)]
J.-P. CHALINE, Les bourgeois de Rouen. Une élite urbaine au...
[suite] Suite de la note...
[(24)]
D’après son biographe, l’abbé Cochet, in Galerie dieppoise,...
[suite] Suite de la note...
[(25)]
J. TRAVERS, Biographie de M. Louis du Bois, Caen, Hardel, 1...
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[(26)]
Ainsi à Caen le général Dugua restaure-t-il, sous le nom pr...
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[(27)]
Ainsi par exemple Beugnot, préfet de la Seine-Inférieure, s...
[suite] Suite de la note...
[(28)]
Sujet de la thèse de M.-N. BOURGUET, Déchiffrer la France.....
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[(29)]
Essais sur le département de la Seine-Inférieure, Rouen, Im...
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[(30)]
Tableau historique de la pêche à la baleine, Paris, Fuchs, ...
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[(31)]
Prospectus, Bibliothèque normande ou Mémoires pour servir à...
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[(32)]
LAMAGDELEINE (préfet), Description abrégée du département d...
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[(33)]
Annuaire statistique, historique et administratif de l’Orne...
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[(34)]
D. POULOT, Musée, nation, patrimoine, Paris, Gallimard, 199...
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[(35)]
E. POMMIER, « Naissance des musées de province », in P. NOR...
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[(36)]
A ce propos, D. VARRY, Histoire des bibliothèques française...
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[(37)]
A.-L. MILLIN, Antiquités nationales, ou Recueil de Monument...
[suite] Suite de la note...
[(38)]
M. VAULTIER, Notice..., op. cit. Suite de la note...
[(39)]
A.-L. MILLIN, Antiquités nationales..., op. cit., prospectu...
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[(40)]
Comme N. de la MORINIÈRE dans son Second Essai sur la Seine...
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[(41)]
Dont témoigne une Notice historique sur la tapisserie brodé...
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[(42)]
L. COCHELET, Mémoires de la reine Hortense, Paris, Chez Lad...
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[(43)]
F. BALDENSPERGER, « Le style troubadour », in Études d’hist...
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[(44)]
Pour la définition du terme « notable », nous nous référons...
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[(45)]
A.-J. TUDESQ, Les grands notables en France (1840-1849), Pa...
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[(46)]
A propos de ce personnage, A. PASSY, Notice biographique su...
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[(47)]
F. BERCÉ, Les premiers travaux de la Commission des travaux...
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[(48)]
A.-J. TUDESQ, Les grands notables..., op. cit., t. I, p. 17...
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[(49)]
Comme le montre G. DÉSERT, Une société rurale au XIXe siècl...
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[(50)]
Sur Arcisse de Caumont, F. BERCÉ, « Arcisse de Caumont et l...
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[(51)]
B. HUCHET, Arcisse de Caumont, op. cit., p. 6. Suite de la note...
[(52)]
Ibid., p. 254. Suite de la note...
[(53)]
Archives départementales de la Seine-Maritime, 4T253, procè...
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[(54)]
Annuaire normand, 1835, p. 1. Suite de la note...
[(55)]
L. VADELORGE, « Le département de la Seine-Inférieure... »,...
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[(56)]
Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, t. I, ...
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[(57)]
G. PINSON, « L’Association normande au XIXe siècle, réussit...
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[(58)]
F. RUCKËR, Les origines de la conservation des monuments hi...
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[(59)]
J.-P. CHALINE, Sociabilité et érudition..., op. cit., p. 20...
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[(60)]
A. LE PRÉVOST, « Circulaire de M. le Directeur de la Sociét...
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[(61)]
Dont témoigne par exemple l’historien F. BÉCHARD dans son o...
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[(62)]
R. RÉMOND, Les droites en France, Paris, Aubier, 1982, p. 5...
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[(63)]
L. VADELORGE, « Le département de la Seine-Inférieure », ar...
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[(64)]
Comme le suggère C.-I. BRELOT, « De la représentation paris...
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[(65)]
Revue normande, t. II, 1833-1834, prospectus, par A. de CAU...
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[(66)]
Annuaire normand, 1835, p. 1-27. Suite de la note...
[(67)]
D’après L. DELISLE, Notice..., op. cit., passim. Suite de la note...
[(68)]
A. de CAUMONT, Essai sur la topographie géognostique du Cal...
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[(69)]
A. PASSY, Description géologique du département de la Seine...
[suite] Suite de la note...
[(70)]
G. DÉSERT, Une société rurale..., op. cit., t. I, p. 346-35...
[suite] Suite de la note...
[(71)]
A. de CAUMONT, Statistique monumentale du Calvados, Caen, H...
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[(72)]
Ce travail sera publié par la suite dans une « Lettre adres...
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[(73)]
F. GIDON, « L’invention de l’expression “architecture roman...
[suite] Suite de la note...
[(74)]
Cette théorie est formulée pour la première fois de manière...
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[(75)]
A. LE PRÉVOST, prospectus du Cours d’antiquités monumentale...
[suite] Suite de la note...
[(76)]
T. LICQUET, Histoire de Normandie, Rouen, Édouard Frère, 18...
[suite] Suite de la note...
[(77)]
A. THIERRY, Histoire de la conquête de l’Angleterre par les...
[suite] Suite de la note...
[(78)]
F. PLUQUET, Contes populaires, traditions, proverbes et dic...
[suite] Suite de la note...
[(79)]
M. de CERTEAU, J. REVEL, D. JULIA, Une politique de la lang...
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[(80)]
Mémoires de l’Académie celtique, t. II, 1808, p. 118 et sui...
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[(81)]
Deux grandes études sont menées : celle de L. du BOIS publi...
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[(82)]
L. du BOIS publie des « Recherches sur l’étymologie et l’em...
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[(83)]
Parmi les plus importantes études, celle d’A. CANEL, Blason...
[suite] Suite de la note...
[(84)]
Bulletin du Comité de la langue, de l’histoire et des arts ...
[suite] Suite de la note...
[(85)]
F. PLUQUET, Contes populaires..., op. cit., avant-propos, p...
[suite] Suite de la note...
[(86)]
A. BOSQUET, La Normandie romanesque et merveilleuse, tradit...
[suite] Suite de la note...
[(87)]
Ibid., introduction, p. XV. Suite de la note...
[(88)]
Ibid., p. 101. Suite de la note...
[(89)]
A.-M. THIESSE, La construction des identités nationales, Pa...
[suite] Suite de la note...
[(90)]
E. de la BÉDOLLIÈRE, « Le Normand », in Les Français peints...
[suite] Suite de la note...
[(91)]
A. de CAUMONT, Abécédaire ou rudiment d’archéologie (archit...
[suite] Suite de la note...
[(92)]
C. ENLART, Manuel d’archéologie française, depuis les temps...
[suite] Suite de la note...
[(93)]
A. de CAUMONT, Histoire religieuse de l’architecture au Moy...
[suite] Suite de la note...
[(94)]
A. de CAUMONT, Archéologie des écoles primaires, Caen, Le B...
[suite] Suite de la note...
[(95)]
O. PARSIS BARUBÉ, Les représentations du Moyen Age..., op. ...
[suite] Suite de la note...
[(96)]
E. de ROBILLARD DE BEAUREPAIRE, « M. de Caumont, sa vie, se...
[suite] Suite de la note...
[(97)]
Sainte-Beuve décrit dans sa Correspondance générale, Paris,...
[suite] Suite de la note...
[(98)]
Comme le souligne S. LE MEN, dans ce catalogue, op. cit., p...
[suite] Suite de la note...
[(99)]
V. HUGO, Notre-Dame de Paris, Paris, Garnier-Flammarion, 19...
[suite] Suite de la note...
[(100)]
J. TAYLOR, C. NODIER, A. de CAILLEUX, Voyages pittoresques ...
[suite] Suite de la note...
[(101)]
En particulier dans son célèbre article « Guerre aux démoli...
[suite] Suite de la note...
[(102)]
C. NODIER, Voyages pittoresques et romantiques..., op. cit....
[suite] Suite de la note...
[(103)]
E. de LAQUÉRIÈRE, Description historique des maisons de Rou...
[suite] Suite de la note...
[(104)]
J.S. COTMAN, Architectural Antiquities of Normandy, Londres...
[suite] Suite de la note...
[(105)]
Le premier grand ouvrage de ce genre en France est celui de...
[suite] Suite de la note...
[(106)]
Ace propos, J. ADHÉMAR, Les lithographies de paysage à l’ép...
[suite] Suite de la note...
[(107)]
P. MIQUEL, Paul Heut, de l’aube romantique à l’aube impress...
[suite] Suite de la note...
[(108)]
Catalogue de l’exposition du Petit Palais Richard Parkes Bo...
[suite] Suite de la note...
[(109)]
Costumes féminins inédits du pays de Caux, Paris, 1814. Ces...
[suite] Suite de la note...
[(110)]
M. BRUNEAU, Histoire du costume populaire en Normandie, Cae...
[suite] Suite de la note...
[(111)]
Proche des romantiques, U. GUTTINGUER fait paraître plusieu...
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[(112)]
E. d’ANGLEMONT, Légendes françaises, Paris, L. Dureuil, 182...
[suite] Suite de la note...
[(113)]
Par exemple le roman de P. JUSTIN, Robert-le-Diable ou le c...
[suite] Suite de la note...
[(114)]
P. DORBEC, « Les paysagistes anglais en France », Gazette d...
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[(115)]
P. MIQUEL, Eugène Isabey, 1803-1886. La marine au XIXe sièc...
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[(116)]
A. DUMAS, Mes Mémoires, Paris, R. Laffont, 1989, t. II, p. ...
[suite] Suite de la note...
[(117)]
A. KARR fait connaître le site d’Étretat grâce à un roman q...
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[(118)]
Le premier auteur, à notre connaissance, qui en fait une de...
[suite] Suite de la note...
[(119)]
C. NODIER, La Fée aux Miettes, in Œuvres complètes, t. IV, ...
[suite] Suite de la note...
[(120)]
Qu’on songe à Nodier, Stendhal ou Flaubert ou encore au suc...
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[(121)]
F. GUILLET, « Les guides de la Normandie pendant la premièr...
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[(122)]
A titre d’exemple, celui de R. VAYSSE DE VILLIERS, Itinérai...
[suite] Suite de la note...
[(123)]
Ainsi P. JUSTIN, auteur de Robert-le-Diable ou le château d...
[suite] Suite de la note...
[(124)]
Parmi ces auteurs, on trouve ainsi M. Chauvet, professeur a...
[suite] Suite de la note...
[(125)]
A. de CAUMONT fait ainsi paraître un Guide du baigneur à Tr...
[suite] Suite de la note...
[(126)]
Un des principaux théoriciens du pittoresque est W. GILPIN,...
[suite] Suite de la note...
[(127)]
Cet aspect est longuement développé par A. CORBIN, Le terri...
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[(128)]
R. BARTHES, « Le Guide bleu », in Mythologies, Paris, Le Se...
[suite] Suite de la note...
[(129)]
B. de SAINT-PIERRE, Harmonies de la Nature, in Œuvres compl...
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[(130)]
L. LÉPECQ DE LA CLOTURE, dans sa Collection d’observations ...
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[(131)]
A. CORBIN, Le territoire du vide, op. cit., p. 309-311. Suite de la note...
[(132)]
P. BEN, Le fils du fermier, mœurs normandes, Paris, Pétion,...
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[(133)]
A. CORBIN, « Le XIXe siècle ou la nécessité de l’assemblage...
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