2004
Le Mouvement Social
La consommation du spectacle sportif
Une comparaison entre l’Allemagne, l’Italie et la France dans l’entre-deux-guerres
Pierre Lanfranchi
[*]
Travailler sur la popularisation et le développement du football en Europe au
cours du XX
e siècle conduit l’historien à toucher directement aux questions liées
au problème de la consommation. Historiens et économistes ont commencé
à se pencher sur les politiques de fidélisation des publics sportifs, les liens entre le
marché des articles de sport et le financement du sport, surtout à partir du boom
des équipements et matériels de sport pour tous des années 1960
[1]. Dans la dernière décennie, les relations étroites entre la presse, la télévision et l’évolution de
l’économie du sport professionnel ont aussi donné lieu à de nombreux travaux. Pourtant la commercialisation du sport, et en particulier du football, dans l’entre-deux-guerres où se mettent en place tous les mécanismes de consommation du spectacle
sportif reste encore à étudier. Cette brève contribution n’a pas pour objet de prendre
en considération la construction des infrastructures, qui reste un élément essentiel
du développement du sport spectacle
[2], mais d’observer les différentes attitudes à
l’égard du professionnalisme dans le sport et l’impact des médias dans une période
charnière du développement du sport d’élite. La comparaison est d’autant plus
adaptée à cette problématique que les chronologies sont souvent les mêmes et que
les approches nationales ne répondent que partiellement aux interrogations. A partir
d’un développement initial relativement similaire, la question du sport spectacle se
pose pourtant de façon bien différente dans les trois pays.
1. La professionalisation du sport dans
l’entre-deux-guerres : un modèle de société ?
La Première Guerre mondiale bouleversa dans l’ensemble du continent européen de nombreuses habitudes des populations. Le domaine du sport en pleine
expansion ne pouvait pas faire exception. Jusque-là réservé principalement aux
classes moyennes urbaines, le football fit après guerre son apparition massive dans
les campagnes et, en moins d’une décennie, devint partout sur le continent le sport
le plus pratiqué et le plus suivi depuis les gradins. Dans chacun des trois pays, la fin
des hostilités marqua un net changement dans la pratique sportive. Si, d’un point de
vue purement quantitatif, la ferveur sportive se développa partout en Europe de façon
presque uniforme
[3], la non-invitation des athlètes allemands à participer aux Jeux
Olympiques d’Anvers en 1920 et de Paris en 1924 a en fait, comme le remarque
Christiane Eisenberg, accéléré un processus, déjà entamé au début du siècle, d’éloignement du sport allemand du modèle britannique. Alors qu’en France et en Italie,
dans les années 1920, les grands industriels de l’automobile commencent à investir
durablement dans le sport professionnel le plus populaire, le football, à l’image des
familles Agnelli à Turin et Peugeot à Sochaux, toutes deux directement à l’origine
de la professionalisation du football, en Allemagne « les seuls sponsors des clubs
sportifs ne sont bientôt que les brasseries locales et les entreprises de petite taille,
ajoutant encore à l’emprise de l’État sur une masse croissante de pratiquants »
[4].
Le football en Italie, au début des années 1920, est dirigé par des cadres d’entreprise acquis aux bienfaits des techniques modernes. Pour preuve, l’ingénieur Mauro
est élu à la tête de la fédération nationale de football. Il est aussi l’auteur de l’un des
premiers manuels italiens sur la rationalisation scientifique du travail
[5]. Le futur
entraîneur de l’équipe nationale, Vittorio Pozzo, est cadre chez Pirelli, chroniqueur
sportif à
La Stampa et incite dans ses articles de presse les dirigeants de clubs à
appliquer des modèles rationnels dans la sélection et l’entraînement des joueurs.
Avec ce processus de sélection, les années 1920 voient en Italie l’émergence
d’un culte du sportif qui va de pair avec la généralisation d’un marché du matériel et
de la presse sportive. Renzo de Vecchi, capitaine de l’équipe italienne de football,
est simplement rebaptisé
Il figlio di Dio (le fils de Dieu) et l’une des toutes premières
biographies de footballeur lui est consacrée en 1922
[6]. Il avait déjà innové l’année
précédente en vantant dans les colonnes du quotidien
La Gazzetta dello sport les
mérites d’une pommade contre les rhumatismes
[7]. Au même moment, Costante
Girardengo, cycliste professionnel vainqueur du Tour de France et du Giro d’Italie,
est rebaptisé dans la presse le
Campionissimo. Sa popularité ne laisse pas indifférents les grands constructeurs de cycles. Dans les pages des journaux qui regorgent
de ses exploits, il recommande à tous les cyclistes la qualité des vélos et des pneumatiques qu’il utilise lui-même.
L’arrivée au pouvoir de Mussolini et la fascisation de l’État ne freinent en aucune
mesure cette mercantilisation des sportifs. C’est en 1925 que la famille Agnelli décide
d’investir dans le club de football de la Juventus et d’appliquer au sport une logique
industrielle. Sur le marché des transferts de joueurs, un marché inavouable en cette
période où règnent encore les principes de l’amateurisme de façade dans le sport de
compétition, elle offre aux meilleurs joueurs de la région des salaires défiant toute
concurrence. C’est le cas pour l’arrière international de Verceil, Virginio Rosetta,
qui, comme aide-comptable auprès de l’un des dirigeants de la Juventus, mais surtout
comme joueur de football, arrive à gagner, grâce à ses talents dominicaux, cinq fois
le salaire de sa mère institutrice
[8]. Suivie par les autres grandes équipes des
métropoles du nord de l’Italie, la Juventus crée dans les années 1920 un marché des
joueurs de football où l’on achète, vend et échange les services des meilleurs éléments
disponibles.
Dès 1926, les dirigeants fascistes se voient contraints de réguler ce marché en
interdisant l’entrée de nouveaux joueurs étrangers, en légalisant les joueurs « non
amateurs » et en instaurant un système de transferts. Pour pallier la politique autarcique imposée par le régime et continuer à fidéliser leur public, les grands clubs du
nord, dont la Juventus, vont chercher en Amérique du Sud les fils d’Italiens pouvant
bénéficier de la double nationalité afin d’améliorer le spectacle sans contrevenir aux
règles. Ainsi Edmundo Orsi, le meilleur joueur argentin aux Jeux Olympiques d’Amsterdam en 1928, est-il acquis pour un salaire mensuel de 8 000 lires, un appartement
et une automobile Fiat dernier modèle avec chauffeur offerts par son employeur alors
que la chanson la plus populaire de l’époque avait pour refrain : « si je pouvais gagner
mille lires par mois ». D’un point de vue sportif, l’investissement est rentable puisque
le club turinois remporte cinq titres de champion consécutifs entre 1931et 1935 et
Orsi joue dans l’équipe nationale d’Italie championne du monde en 1934. Le football
est certes déjà investi, en Italie comme en France et, dans une moindre mesure, en
Allemagne, par les lois du marché dès les années 1920
[9]. Mais avec Orsi l’investissement dans les joueurs de football prend une dimension internationale jusque-là
inconnue. Pour l’un des meilleurs joueurs du monde, la Juventus paie la moitié de
la somme qu’elle avait dû verser l’année précédente au petit club piémontais de
Casale Monferrato pour s’attacher les services de l’arrière de l’équipe d’Italie Calligaris
[10]. Il est l’attraction internationale capable de remplir le nouveau Stade municipal dans lequel jouera la Juventus, le Stadio Mussolini, qui est présenté à l’image
du Duce comme le « plus grand et plus moderne des stades italiens » avec ses
70 000 places
[11]. Chacun de ses faits et gestes est suivi par la presse et les retransmissions radiophoniques suivies dans toute la péninsule permettent aux auditeurs de
connaître en temps réel ses exploits. Le championnat national, mis sur pied en 1929,
rassemble les dix-huit meilleures équipes du pays indépendamment de leur situation
géographique. Les footballeurs, qui jusque-là ne jouaient que des championnats régionaux comme leurs homologues français et allemands, vont désormais se produire
régulièrement dans toutes les grandes villes du pays. La capacité des infrastructures
construites à la fin des années vingt et au début des années trente permet d’accueillir
partout plus de 10 000 spectateurs. La Juventus avec ses champions devient la
fidanzata d’Italia (la fiancée de l’Italie) populaire partout dans la péninsule, en particulier
dans le Sud
[12]. Le club et ses joueurs qui possèdent presque tous une automobile
sont directement associés à l’image moderne et victorieuse de la Fiat
[13].
Les succès de la Juventus ont vite des répercussions en France. Dans une situation transitoire d’amateurisme marron, un petit club va reprendre dans ses grandes
lignes le modèle. Le F.C. Sochaux est créé en 1928 pour « porter bien haut le fanion
des automobiles Peugeot à travers la France »
[14]. Monté de toutes pièces, le club
recrute, par l’intermédiaire du directeur adjoint pour le Sud-Ouest, Robert Dargein,
des joueurs français et étrangers de renom ainsi que le meilleur entraîneur du pays,
l’Anglais de Sète Gibson. Alors que les clubs rétribuent leurs joueurs en cachette,
Jean-Pierre Peugeot n’hésite pas dans la presse à écrire qu’il paie ses joueurs
[15].
Refusant le modèle amateur, Sochaux s’exclut des championnats régionaux et
dispute des rencontres de gala contre de grandes équipes étrangères qui offrent aux
ouvriers de Peugot un spectacle bien meilleur que des oppositions contre des
amateurs de France-Comté. En 1930, il lance la Coupe Sochaux qui doit rassembler
les meilleures équipes du pays favorables au professionalisme. Deux ans plus tard,
un championnat national professionnel voit le jour en France sur le modèle italien.
Mais les emprunts d’idées à la Juventus ne s’arrêtent pas là. A partir de 1934, pour
le compte de Sochaux, Dargein demande à ses représentants en Amérique du Sud
de rechercher des joueurs d’origine françaises susceptibles de renforcer l’équipe de
Sochaux. Ainsi à partir de 1934, Pedro Duhart, Cazenave et Lauri vont tous jouer
à Sochaux et même en équipe de France. Il recrute également les meilleurs joueurs
de la Suisse toute proche.
A la Juventus comme à Sochaux, le sport professionnel doit être un élément
publicitaire, un reflet de la vitalité de l’entreprise et la mise en évidence de la supériorité des méthodes de travail. Ils proposent un transfert de connaissances et l’adaptation des règles du marché au spectacle sportif. Quand Agnelli s’installe à la
présidence de la Juventus, elle végète dans le bas des classements, loin des équipes
de Gênes et Verceil. Les bienfaits de la méthode rationnelle se voient vite au niveau
des résultats et contribuent à améliorer, par le regroupement des meilleurs joueurs
du pays, la qualité même de l’équipe nationale fortement dominée par la Juventus.
Avec les Agnelli prend naissance le modèle des trois S (simplicité, sérieux et sobriété).
Le club devient aussi le moyen d’exprimer la solidité de la famille et ses connivences
avec les grands aristocrates piémontais
[16].
Avec l’arrivée de grands entrepreneurs ambitieux dans un monde de dirigeants
sportifs amateurs dominé par des notables de province qui géraient leurs clubs comme
une petite entreprise familiale, toutes les structures ont vite fait de s’écrouler
[17].
Mais, l’exemple des deux constructeurs automobiles reste un cas isolé. Certes, la
Société Générale finance une importante société multi-sportive, le C.A.S.G., Renault
et Alfa Romeo ont aussi leurs clubs sportifs. Mais, dans leur cas, il s’agit plus de
travail d’une association ou du
dopolavoro que d’une véritable politique d’entreprise.
Pourtant dès 1920 le journal d’entreprise de Berliet comparait une usine bien organisée à une équipe de football où chacun est à sa meilleure place
[18].
Rien de tel en apparence en Allemagne où la remise en valeur des principes
de l’amateurisme et du sport pour tous sous la tutelle de l’État devient le leit-motiv
de la politique sportive sous la république de Weimar. En football, le sport d’équipe
le plus pratiqué et le plus populaire, les joueurs restent amateurs et les compétitions
cloisonnées au niveau régional. Comme le note Christiane Eisenberg, c’est en Allemagne l’époque du
Sport ohne Glanz (Sport sans éclat) qui reflète la précarité sociale
de la clientèle sportive
[19]. Le cas des footballeurs de Schalke O4, la meilleure
équipe allemande de l’époque, est sur ce point exemplaire. L’équipe des « Polonais
et des prolétaires » (
Polacken und Proleten) est encore régie par une statut amateur.
Pourtant, en août 1930, l’équipe montante du football allemand est suspendue pour
avoir outrepassé les règles de l’amateurisme
[20]. Fritz Szepan et Ernst Kuzorra, ses
deux vedettes, conservent un statut amateur même s’ils perçoivent de fortes sommes
d’argent. Comment pourrait-il en être autrement quand la direction de l’équipe décide
en pleine période de gloire de construire un stade de 70 000 places ? Mais l’air du
temps et une forte campagne de presse semblent en 1932 avoir raison de la forte
emprise idéologique des dirigeants amateurs de la D.F.B. En effet, l’idée de création
d’une ligue professionnelle sur le modèle de l’Angleterre, de l’Italie et de l’Autriche,
qui pratiquent le meilleur football et dominent régulièrement l’équipe allemande, est
adoptée pour l’année suivante. L’arrivée d’Hitler au pouvoir aura raison du projet et
aucune nouvelle initiative de ligue professionnelle ne verra le jour pendant le Troisième Reich. Ce qui bien sûr ne signifie pas que les meilleurs joueurs ne continuaient
pas à toucher des sommes difficiles à calculer sous forme de dessous de table.
Sans doute peut-on parler sur ce point d’un
Sonderweg allemand, ou du moins
d’un
Sonderweg partiel. Si la logique économique s’installe dans le football et si la
rationalisation a ses adeptes, les résistances y sont plus fortes qu’ailleurs. Durant
toutes les années de Weimar, la persistance d’une opposition forte entre le mouvement sportif ouvrier et le mouvement bourgeois laissait peu de place aux ambitions
de jeunes industriels désireux d’investir dans le football
[21]. Alors que, depuis les
années 1920 en France et en Italie, la lutte contre le professionnalisme constitue un
combat d’arrière-garde, la vieille idée héritée du monde de la gymnastique et du
Turnvater Jahn que le sport était
undeutsch, anti-allemand, restait encore dominante
dans l’idéologie officielle en Allemagne
[22]. La commercialisation du spectacle
sportif passait par l’instauration d’une ligue nationale, et celle-ci n’a vu le jour en
Allemagne qu’en 1963. En outre, l’absence de quotidiens sportifs nationaux avait
déjà, au début du siècle, empêché la création d’une épreuve cycliste traversant toutes
les régions de l’empire à l’image du Tour de France ou du Giro d’Italie. Pourtant le
cyclisme était aussi populaire en Allemagne. Les grandes épreuves couvertes de six
jours drainaient les foules et faisaient couler la bière à flots, comme nous le rappellent
les tableaux d’Otto Dix. Mais les sportifs professionnels, qu’ils soient boxeurs ou
cyclistes, sortes de pestiférés, restaient cloîtrés dans leurs vélodromes. D’ailleurs,
l’une des rares mesures contre le sport professionnel prise par le Troisième Reich
fut l’interdiction des courses de six jours et du cyclisme professionnel
[23].
Si les Allemands continuent de pratiquer le sport, s’ils ont la possibilité de
regarder de grands matches dans des stades et d’assister en 1936 aux Jeux Olympiques à Berlin, le spectacle sportif est, durant tout l’entre-deux-guerres, apparemment inconciliable avec le monde de l’industrie de consommation de masse. Cette
alliance est toujours présentée comme contre nature.
2. Le sportif et les médias
Le développement de la consommation de spectacle sportif en Europe est directement lié au développement des médias et à leur traitement des événements sportifs.
Deux hebdomadaires portant le même titre :
Il calcio et publiés à Gênes en sont une
excellente indication. Le premier paraît entre 1910 et 1915 et le second entre 1923
et 1930. Le journal d’avant-guerre s’adressait aux pratiquants du football et donnait
des conseils en vue de la constitution d’une équipe, des règles du jeu, des annonces
de matches. Ses illustrations se voulaient didactiques. Plus que les portraits de
vedettes, les beaux gestes et les schémas tactiques dominaient. Le second hebdomadaire s’adressait au contraire aux consommateurs du football. Il privilégiait les photographies de champions, les anecdotes qui rendent les vedettes des stades plus
populaires. Chaque semaine, des biographies d’équipes donnaient aux lecteurs des
indications précises sur l’âge, le poids, la taille, la profession et la situation de famille
de chacun des joueurs
[24].
Le quotidien milanais
La Gazzetta dello sport a pris conscience de l’ampleur
du phénomène de la passion sportive. Faisant fi de son éclectisme originel, il se
concentre presque exclusivement à partir des années 1920 sur les deux sports professionnels les plus populaires, cyclisme et football, et voit son tirage tripler entre
1920 et 1928. Les résultats et comptes rendus des rencontres amateurs disparaissent
des colonnes de la presse nationale. Ils restent l’apanage des quotidiens régionaux
qui peuvent faire l’éloge des héros locaux qui sont aussi leurs acheteurs ou les
membres de leur famille. La rationalisation touche aussi le contenu des informations.
Les grands quotidiens nationaux de sport se concentrent non seulement sur les principaux sports mais aussi rapidement sur les principales épreuves et sur les grands
champions. Alors que
La Vie au Grand Air, hebdomadaire sportif et mondain du
début du siècle, traite tant de billard et de yachting que de football ou de race chevaline, et privilégie les couvertures représentant des aristocrates ou des têtes couronnées pratiquant la chasse, le cheval ou conduisant leur automobile,
Le Miroir des
sports limite ses photographies et articles de première page dans les années 1930
aux grandes équipes de football et aux boxeurs professionnels pendant l’hiver et
exclusivement au cyclisme dès le mois de mai. Les sportifs amateurs étaient, à l’exception des Jeux Olympiques, relégués à quelques entrefilets dans les pages intérieures.
Il n’est d’ailleurs pas étonnant que des journalistes sportifs conscients de cette convergence d’intérêts aient été, un peu partout en Europe, à l’origine de la professionnalisation du sport et de la mise en valeur des vedettes sportives. Vittorio Pozzo,
lui-même acteur de ce processus, le décrit en ces termes : « Lorsqu’on prédit dans la
presse qu’une rencontre sera acharnée, qu’une autre sera une vraie bataille ultraintéressante, lorsqu’on annonce les rencontres à venir sur des panneaux d’affichage,
on ne peut nier que le football soit devenu [...] rien de moins qu’un spectacle »
[25].
La presse permet de créer la demande. Des liens souvent plus forts naissent. A
Vienne, Hugo Meisl, un des principaux journalistes sportifs, devient en 1926 le sélectionneur de l’équipe d’Autriche; et à Nîmes, le propriétaire du quotidien
Le Républicain du Gard, Georges Pujolas, acquiert en 1932 la nouvelle équipe
professionnelle. Il ne se prive d’ailleurs pas d’utiliser souvent les pages de son journal
pour critiquer ou promouvoir ses joueurs selon son humeur
[26]. Dans les années
1930, l’amélioration des conditions de travail des journalistes est aussi très sensible.
Si le nom des buteurs et la composition des équipes étaient souvent absents des
chroniques de l’ère amateur, l’apparition de numéros sur le dos des maillots, autour
de 1935, permet de reconnaître plus aisément chaque joueur. Comme au théâtre,
les programmes de matches donnent la composition des équipes. Dans les stades,
les panneaux d’affichage et les speakers officiels font leur apparition avec le professionnalisme. L’amélioration des techniques photographiques dans les années 1930
permet de montrer désormais les joueurs en action et accroît la vente des hebdomadaires sportifs largement illustrés comme le très populaire
Calcio illustrato en
Italie
[27]. Désormais les anciens sportifs à succès comme De Vecchi ou Bernardini
en Italie se recyclent dans le journalisme, réalisant ainsi la quadrature du cercle
[28].
Pour confirmer l’importance des rencontres de football, vers la fin des années
1920 apparaissent les premières retransmissions radiophoniques. En Allemagne,
même si la première émission depuis un stade a eu lieu à Münster en 1925, le football
ne semble guère initialement adapté aux contraintes de la T.S.F.
[29]. De plus les
autorités sportives sont inquiètes des risques de perte de public dans les stades. Mais
rapidement la retransmission des matches devient un spectacle prisé que l’on écoute
en groupe, comme en témoigne cette lettre d’un auditeur italien : « Avec une foule
nombreuse d’amis – quatre-vingt personnes environ – nous avons écouté avec
enthousiasme et vive émotion le déroulement de la rencontre à laquelle il nous
semblait assister grâce à la précision et à la perfection de l’audition »
[30]. Avec la
presse, mais surtout avec la radio, le spectacle sportif se consomme en dehors des
enceintes et surtout permet de vivre les matches quand ceux-ci sont joués à l’étranger.
Pour la rencontre entre l’Italie et l’Allemagne qui se déroule à Bologne en janvier
1933, le reporter de la radio allemande a déjà une rapidité et une précision dans
son commentaire qui permettent aux auditeurs de savoir qu’il y a but avant même
que les hurlements de la foule ne l’accompagnent
[31].
Cette audience hors des stades a-t-elle accru le nombre de supportrices
féminines ? Sans doute, mais rares sont encore les travaux qui se sont intéressés à
la question
[32].
En France, un personnage cumule diverses fonctions. Emmanuel Gambardella,
dirigeant de la fédération, a été l’un des promoteurs du professionnalisme, il écrit
dans plusieurs journaux et commente les rencontres à la radio. Auteur dramatique
médiocre et joueur de football sans talent, il a su grâce au football se faire un nom
qui le conduira jusqu’à la présidence de la fédération et la direction du quotidien
Midi
Libre après la Libération
[33].
A la fin des années 1940 encore, une brochure intitulée
Die kulturelle Aufgabe
des deutschen Sports (la tâche culturelle du sport allemand) cherche à mettre en
évidence la différence entre la conception hygiénique du
Leibesuebung et les méfaits
du sport mercantile « qui n’a rien à voir avec le sport comme moyen de formation
de l’éducation humaine »
[34]. Cette dichotomie entre le bien et le mal, le sport d’élite
et le sport de masse, a sans doute freiné le développement d’un culte visible des
sportifs en Allemagne. La presse est un bon exemple. Comment pourrait-on autrement que par des raisons morales expliquer l’absence de quotidiens sportifs en Allemagne dans l’entre-deux-guerres, alors que le taux d’alphabétisation et la
consommation de journaux en Allemagne sont largement supérieurs à celle de la
France et plus encore de l’Italie ?
Si
L’Auto, quotidien sportif parisien né en 1900 et qui fut directement à l’origine de la création du Tour de France,
Le Miroir des sports, fondé en 1921,
Match
(qui deviendra après-guerre
Paris Match) et
Sporting emplissent les kiosques et
publient les biographies des héros sportifs de l’époque, des frères Pélissier à Jules
Ladoumègue, si de grands journalistes comme Albert Londres tracent les biographies
des coureurs du Tour de France, toute glorification des sportifs professionnels et du
sport d’élite semble absente en Allemagne. Sans doute n’est-ce qu’une apparence.
Le coureur automobile Rudolf Caracciola et surtout le boxeur Max Schmelling, deux
sportifs professionnels dans un pays qui officiellement refusait le professionnalisme
dans le sport, atteignirent la gloire et devinrent les véhicules de campagnes publicitaires
[35]. Pourtant le culte de la personnalité de Mussolini et Hitler s’adaptait assez
mal à la glorification des sportifs et à la distribution de leurs effigies.
Les collections d’images sportives sont à cet égard révélatrices. Depuis les
années 1910 en Angleterre, les
Cigarette Cards, ces vignettes en carton colorées
reproduisant les portraits des professionnels de football et de cricket, sont offertes
avec les paquets de cigarettes. Le modèle est repris dans les années 1920 tant en
France et en Allemagne qu’en Italie. Ce sont des images de boxeurs, de cyclistes et
de footballeurs que l’on retrouve dans ces collections offertes par les marques de
chocolat et de cigarettes à côté des séries d’animaux ou de fleurs. L’album et les
images édités par la compagnie des tabacs à l’occasion des Jeux Olympiques de
Berlin en 1936 ne propose que de rares portraits d’athlètes solitaires, préférant les
photos de groupe et les images à la gloire du sport allemand en général
[36]. Comme
on pouvait s’y attendre, le seul portrait en pleine page est celui du Führer. Lors de
la Coupe du Monde en 1934, Mussolini décide d’offrir à côté de la Coupe du Monde
la Coupe du Duce qu’il remettra personnellement aux vainqueurs. Symboliquement
cette Coupe, qui a été récemment retrouvée dans une cave romaine et placée au
Musée du football, a une taille au moins quatre fois supérieure au trophée de la
Coupe du Monde. Il n’avait qu’une crainte, devoir l’offrir à un autre capitaine que
celui de son pays. D’ailleurs, s’il aime poser à côté des équipes italiennes victorieuses,
Mussolini prend toujours soin de placer les vedettes sportives toujours derrière lui.
Dans ce bref tour d’horizon, un dernier aspect de cette commercialisation du
sport et de ses vedettes apparaît clairement en Italie et mériterait une recherche en
France et en Allemagne. Au cours des années 1930 de nombreuses campagnes
publicitaires associent des footballeurs vigoureux au mythe de l’Italien moderne,
propre et dynamique qui s’attaque à l’engourdissement des vieilles démocraties et
doit faire oublier l’image de l’Italie des mandolines peureuse et pleurnicharde
[37].
L’industrie a saisi le message officiel et la succession des campagnes publicitaires
semble en justifier l’importance. Eraldo Monzeglio, le robuste arrière de l’équipe
nationale qui est aussi le professeur de tennis des fils du Duce, loue dans la presse
les mérite de l’eau de Cologne Bourjois, de pure fabrication italienne, alors que
Giuseppe Meazza, le joueur le plus célèbre et le plus adulé du pays, qu’un journaliste
français compare à Maurice Chevalier au niveau de la popularité
[38], associe son
nom à la Gomina Argentine, une lotion capilaire de fabrication italienne « qui vous
permettra d’avoir encore les cheveux bien peignés au sortir d’une compétition sportive »
[39]. Quand les sportifs français font de la réclame pour des spiritueux, comme
Ivan Beck qui associe son nom à la Suze, « l’amie préférée des sportifs », vigueur et
hygiène de vie vont de pair dans la promotion de l’image des athlètes italiens. Le
cycliste Gino Bartali pose pour un rasoir, un joueur de la Juventus pour un dentifrice
[40]. Grâce à ses meilleurs sportifs, le régime peut proposer une image idéale
de lui-même : beau, viril et fort, jeune, propre et surtout victorieux. Et, en plus, cela
permet d’augmenter les ventes des produits. Les publicités d’articles de sport ne
touchent pas encore les footballeurs et restent réservées aux cyclistes et aux coureurs
automobiles car le marché des chaussures de sport et des maillots est encore presque
inexistant. Deux joueurs professionnels des années 1930, cordonniers de profession,
annoncent dans la presse qu’ils fabriquent des chaussures sur mesure pour leurs
collègues
[41].
Le football, en se démocratisant a, surtout en Italie, d’abord symbolisé la modernité conquérante et intéressé la presse et les grands industriels qui ont vu dans le
spectacle sportif un vecteur de popularité et de succès. Les mécanismes qui, à partir
des années 1950, ont permis d’accroître le marché du sport spectacle sont déjà tous
en place. Aux spectateurs des stades sont venus s’ajouter les spectateurs virtuels
devant leur poste de radio, et les annonceurs et les entrepreneurs ambitieux ont
compris le potentiel que représentaient les dieux du stade. Mais la structure des
institutions, incapables le plus souvent d’imaginer les potentialités de leur produit, a
souvent freiné son essor et leurs dirigeants ont vu d’un très mauvais œil l’intérêt que
le football pouvait susciter pour les industriels et les médias.
[*]
Professeur d’histoire contemporaine à De Montfort University, Leicester.
[(1)]
En France, on notera les travaux de W. ANDREFF,
Économie du sport, Paris, P.U.F., 1988, en
particulier sur le développement du marché des articles de sport depuis les années 1950; R. HUBSCHER
(dir.),
L’histoire en mouvement. Le sport dans la société française ( XIXe - XXe siècle), Paris, Armand Colin,
1992. En Italie on retiendra le travail précurseur de P. MARZOLA,
L’industria del calcio, Rome, Nuova
Italia, 1990, et, du même,
Il mercato del lavoro negli sports professionistici di squadra, Ferrare,
Editrice Universitarie, 1981. En Allemagne, K. DIETRICH (Hg.),
Kommerzielle Sportanbieter. Eine empirische Studie zu Nachfrage, Angebot und Beschäftigungschancen im privaten Sportmarkt, Schorndorf, Hofmann, 1990.
[(2)]
Nous avons traité la question par ailleurs. Pour l’Italie : « Bologna. The Team that Shook the World »,
The International Journal of the History of Sport, 8,1991,3, p. 336-346.
[(3)]
En Italie le nombre des équipes triple entre 1920 et 1923, passant de 400 à 1 120. A. PAPA,
G. PANICO,
Storia sociale del calcio in Italia, t. I, Bologne, Il Mulino, 1994, p. 115. En Allemagne, où
le phénomène est plus diffus, les équipes sont 2 232 en 1914,3 087 en 1920 et 5 482 en 1923. Les
joueurs sont 200 000 en 1914 et plus de 600 000 en 1923. C. EISENBERG, « Vom Arbeiter- zum Angestellten Fußball ? Zur Sozialstruktur der deutschen Fußballsports 1890-1950 »,
Sozial- und Zeitgeschichte
des Sports, 4,1990, p. 20-45. En France le nombre des clubs est même multiplié par cinq entre 1919
et 1923. T. ZELDIN,
Histoire des passions françaises, 2
e éd., Paris, Éditions du Seuil, 1983; P. LAN-FRANCHI, « Éléments pour une analyse comparée sur l’implantation du football en France et en Allemagne », in J.-M. DELEPLACE (dir.),
Le sport et l’éducation physique en France et en Allemagne,
Marseille, A.F.R.A.P.S., 1994, p. 135-148.
[(4)]
C. EISENBERG, « Der Sportler », in U. FREVERT, H.-G. HAUPT (Hg.),
Der Mensch des 20. Jahrhunderts, Francfort-New York, Campus, 1999, p. 100.
[(5)]
F. MAURO,
Gli Stati Uniti visti da un ingeniere, Milan, Hoepli, 1928; G. SAPELLI,
Organizzazione, lavoro e innovazione nell’Italia tra le due guerre, Turin, Rosenberg & Sellier, 1978, p. 196-199;
M. VAUDAGNA, « L’“américanisme” et le management scientifique dans l’Italie des années 1920 »,
Recherches, septembre 1978, p. 389-432.
[(6)]
M. ZAPPA,
I nostri campioni : Renzo De Vecchi, Milan, Ravagnati, 1922.
[(7)]
La Gazzetta dello sport, 2 octobre 1921.
[(8)]
L’Illustrazione sportiva, 7 février 1926.
[(9)]
A. WAHL, « Le footballeur français : de l’amateurisme au salariat (1890-1926) »,
Le Mouvement
Social, avril-juin 1986, p. 7-30.
[(10)]
P. LANFRANCHI, M. TAYLOR,
Moving with the Ball. The Migration of Professional Footballers,
Oxford, Berg, 2001, p. 75-78.
[(11)]
Federazione Italiana Giuoco Calcio,
Coppa del Mondo. Cronistoria del II Campionato mondiale
di calcio, Rome, F.I.G.C., 1934, p. 89.
[(12)]
Sur ce thème voir P. DIETSCHY,
Football et société à Turin 1900-1960, thèse de doctorat, université Lyon II, 1997.
[(13)]
« Combi guida da grande campione l’automobile »,
L’Illustrazione sportiva, 3 janvier 1926.
[(14)]
F. VIAL, F. RUFFIN,
F.C. Sochaux Montbéliard 1928-1988, Lyon, La Manufacture, 1988, p. 23.
[(15)]
A. WAHL, P. LANFRANCHI,
Les footballeurs professionnels. Des années trente à nos jours, Paris,
Hachette, 1995, p. 52.
[(16)]
C. BROMBERGER,
Le match de football. Ethnologie d’une passion partisane à Marseille, Naples
et Turin, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1995, p. 148-164.
[(17)]
R. MC KIBBIN,
Classes and Cultures. England 1918-1951, Oxford, Oxford University Press,
1998, p. 348 étudie le cas des dirigeants du football anglais pour arriver aux mêmes conclusions mais se
demande pourquoi, en Grande-Bretagne, les entrepreneurs ambitieux n’ont pas investi dans le sport. Il
conclut que la domination des petits notables locaux les en a sans doute dissuadés. Sur le parcours social
des dirigeants du Manchester United à cette époque, voir l’étude détaillée de C. BOLI,
Le champ du
football professionnel en Angleterre : Manchester United Football Club, un modèle d’excellence,
thèse de doctorat d’histoire et de sociologie, De Montfort University, Leicester, Université de Nantes,
2003. Sur les dirigeants du football en Angleterre entre les deux guerres voir la thèse de M. TAYLOR,
Proud Preston. A History of the Football League 1900-1939, De Montfort University, Leicester, 1998.
[(18)]
P. FRIDENSON, « Les ouvriers de l’automobile et le sport »,
Actes de la recherche en sciences
sociales, septembre 1989, p. 50-62.
[(19)]
C. EISENBERG,
« English Sports » und deutsche Bürger. Eine Gesellschaftsgeschichte
1800-1939, Paderborn, Schöningh, 1999, p. 335-341.
[(20)]
S. GEHRMANN,
Fußball Vereine Politik. Zur Sportgeschichte des Reviers 1900-1940, Essen,
Hobbing, 1988, p. 99-100.
[(21)]
S. GEHRMANN, « Volontà ideologica e realtà sociale : movimento sportivo operaio e sport borghese
a confronto nella repubblica di Weimar »,
Ricerche storiche, 1989,2, p. 315-337.
[(22)]
A. GUTTMANN,
From Ritual to Record. The Nature of Modern Sports, New York, Columbia
University Press, 1978, p. 88.
[(23)]
C. EISENBERG,
« English Sports » und deutsche Bürger,
op. cit., p. 402.
[(24)]
M. FLAMIGNI, « Il calcio dalla parola all’immagine », in
Azzuri 1990. Storia della Nazionale Italiana di Calcio e del calcio a Genova, Rome, Meridiana, 1990, p. 151-153.
[(25)]
V. POZZO, « Professionismo »,
Il calcio, 5 octobre 1925.
[(26)]
A. WAHL, P. LANFRANCHI,
Les footballeurs professionnels,
op. cit., p. 69.
[(27)]
Sur le rapport entre football et progrès technique voir le chapitre « Les médias et le football », in
P. LANFRANCHI, C. EISENBERG, T. MASON, A. WAHL,
Fifa 1904-2004. Un siècle de football, Paris,
Cherche Midi, 2004.
[(28)]
Voir F. BERNARDINI,
Dieci anni con la nazionale, Rome, Gismondi, 1946, p. 56.
[(29)]
B. SIEGERT, « Ein höheres Walten des Wortes. Fußballreportagen im deutschen Radio
1923-1933 », in M. MARTÍNEZ (Hg.),
Warum Fußball ? Kulturwissenschaftliche Beschreibungen eines
Sports, Bielefeld, Aisthesis, 2002, p. 125-144.
[(30)]
G. ISOLA, « Les hérauts du foot : l’invention du reportage sportif à la radio italienne »,
Sociétés et
représentations, décembre 1998, p. 295-307.
[(31)]
B. SIEGERT, « Ein höheres Walten... »,
art. cit., p. 143.
[(32)]
Utilisant les lettres envoyées par des téléspectatrices à la B.B.C. et à la fédération anglaise de
football, Fabio Chisari a montré l’extraordinaire impact de la Coupe du Monde sur le public féminin en
1966. En a-t-il déjà été de même en 1934 en Italie et en 1954 pour l’Allemagne ? F. CHISARI,
Bringing
the World Cup to you. Televising the 1966 Jules Rimet Cup, M.A. Thesis, De Montfort University,
Faculty of History, 2001.
[(33)]
R. ANDRÉANI, « Football, presse et chanson. Les trois carrières d’Emmanuel Gambardella », in
116e congrès des sociétés savantes,
Histoire, Paris, Imprimerie nationale, 1991, p. 355-366.
[(34)]
H. ALTROCK,
Die kulturelle Aufgabe des Deutschen Sports, Kevelaer, Butzron & Bercker, 1949,
p. 29.
[(35)]
Sur Schmelling, S. GEHRMANN, « Schmelling, German Sport Idol », in R. HOLT et alii (eds.),
European Heroes. Myth, Identity, Sport, Londres, Cass, 1997, p. 101-113; sur Caracciola, C. PEYTON,
« Karrieren auf den Rennpisten – Rudolf Caracciola und Bernd Rosemeyer »,
Sozial – und Zeitgeschichte
des Sports, 1988,3, p. 106-123.
[(36)]
Olympia 1936, Band 2 :
Die XI. Olympischen Spiele in Berlin, Cigaretten – Bilderdienst,
Hambourg – Bahrenfeld, 1936.
[(37)]
F. FABRIZIO,
Sport e fascismo. La politica sportiva del regime 1924-1936, Rimini-Florence,
Guaraldi, 1976, p. 14.
[(38)]
« Meazza, la jeunesse fasciste et la Squadra Azzurra »,
Match, 1
er mars 1938.
[(39)]
P. FACCHINETTI, « Sport e pubblicità »,
Problemi di Ulisse, 1982, p. 39-49.
[(40)]
Guerin Sportivo, 4 août 1993.
[(41)]
A. WAHL, P. LANFRANCHI,
Les footballeurs professionnels,
op. cit., p. 98. C’est vers la fin des
années 1950 que la représentation et le commerce des articles de sport deviennent en France la reconversion favorite des joueurs de football professionnels.
Ibid., p. 156-159.