2004
Le Mouvement Social
L’approvisionnement dans la Communauté du peuple.
Approches du commerce « allemand » pendant la période nationale-socialiste
Uwe Spiekermann
[*]
Au cours des années 1930 la consommation en Allemagne a été de plus en plus soumise
à des influences idéologiques. Cette évolution ne résulte pas seulement des pressions et de la
réglementation de l’État. Elle est aussi la conséquence d’une idéologie nazie spécifique du petit
commerce allemand, étudiée dans la première partie de l’article. Le nouveau régime propage
en effet le sens de l’ordre et d’une concurrence loyale et intense au travail, l’idéal de vertus
« allemandes » comme l’honneur, le caractère, le corps sain. Il incite les détaillants en tant
qu’éducateurs des consommateurs à œuvrer en conformité avec les objectifs du Führer. Cette
propagande se combine à la division entre détaillants et boutiques « sains » et « malsains ».
Dans une seconde partie cette idéologie est confrontée à la réalité de la consommation à
l’époque nazie. Quatre exemples : la publicité en vitrine, les efforts en vue d’accroître la
consommation de poisson, les conflits sur les heures de fermeture, le commerce de détail
durant la Seconde Guerre mondiale, montrent une discordance permanente entre l’idéologie
et les pratiques concrètes du quotidien. Mais l’idéal d’un commerce de détail « allemand » reste
suffisamment fort pour pousser les petits commerçants à travailler jusqu’à mai 1945 pour un
régime meurtrier et raciste.
During the 1930s consumption in Germany became more and more ideological. This
was not only the result of state regulation and pressure, but also the consequence of a
specific national-socialistic ideology of German retailing, which is discussed in a first part
of the paper. The new regime propagated order, a fair and strict competition at work,
the ideal of « German » virtues like honour, character and healthiness and motivated the
retailer as an educator of consumers to work towards the Führer’s aim. This was combined
with the division between « healthy » and « unhealthy » retailers and shop forms. In a
second part this ideology is confronted with the reality of N.S. consumption. The
examples of 1. shop window advertising, 2. efforts to increase fish consumption,
3. conflicts on shop closing and 4. retailing during World War II stress that there was a
permanent discrepancy between ideology and concrete practice in everyday life. But the
ideal of a specific « German » retailing was at least strong enough to enforce German
retailers to work till May 1945 for a murderous and racist regime.
L’approvisionnement et la consommation constituent la base de toute forme
d’économie. Cependant leurs contours varient historiquement. L’histoire de
l’Allemagne au XXe siècle, malgré des lignes de continuité économiques, est, à
elle seule, représentative d’une remarquable multiplicité de formes : économie sociale
de marché, économie libre de marché organisée par l’État, économie de guerre
autoritaire, économie planifiée sur le modèle soviétique et système économique spécifique du national-socialisme. C’est à ce dernier que s’intéresse le présent article qui
va s’efforcer de délimiter les contours du modèle d’approvisionnement spécifiquement national-socialiste et de s’interroger sur ses conséquences du point de vue de
la consommation et des consommateurs. Le rappel de certains principes de base de
la conception nationale-socialiste de l’économie nous permettra de questionner avec
davantage de pertinence le modèle de consommation et d’approvisionnement qui
lui correspond. La description du profil idéologique du commerce « allemand » sera
alors centrale pour saisir comment sa structure se démarque d’autres formes d’économie. Il faudra distinguer éléments normatifs et « réalité » historique, et donc poser
la question de la véritable spécificité de l’approvisionnement dans ce qu’on appelle
alors la communauté du peuple (Volksgemeinschaft). Quatre exemples seront
convoqués : la publicité à caractère politique dans les vitrines des magasins des années
1930, les efforts pour orienter la consommation vers les produits de la mer, l’aménagement des heures d’ouverture des magasins et enfin le service de guerre du commerce « allemand ».
1. Approvisionnement et consommation
dans le système économique du national-socialisme
Y a-t-il eu un système économique propre au national-socialisme ? Le point est
controversé. Les faits et arguments réunis par certains auteurs, en particulier
Avraham Barkai, sont suffisamment convaincants à nos yeux pour légitimer la question d’un modèle d’approvisionnement spécifique au national-socialisme
[1]. Sur ce
sujet, la discussion en histoire sociale n’est pas à l’abri de l’opposition simpliste bien
connue entre beurre et canons, laquelle est, bien sûr, loin de rendre la complexité
de l’époque nazie. La consommation, selon cette argumentation facile, aurait été
obligée de s’effacer de plus en plus pour laisser la place à l’armement et à la production de guerre. L’essor économique observé à partir de 1932-1933 aurait certes
entraîné un accroissement de la consommation mais il ne s’agirait que d’un effet
secondaire. L’importance de la consommation et de l’approvisionnement serait
plutôt à considérer comme un élément fonctionnel, une nécessité inévitable pour un
régime travaillant à un autre objectif
[2].
C’est certainement exact. Mais qu’apporte cette argumentation ? Explique-t-elle
la collaboration empressée des consommateurs au projet destructeur du nationalsocialisme ? Explique-t-elle la collaboration des spécialistes de l’approvisionnement,
soit près de deux millions d’actifs du commerce de détail ? Ces Allemands étaient-ils
à ce point frugaux qu’après avoir grogné, s’être plaints, ils se sont finalement soumis ?
« Ces Allemands étaient des gens ordinaires et au fond pas vraiment méchants. Ils
s’intéressaient surtout à leur bien-être, à leur confort et à celui de leur famille, comme
tous les hommes du monde. Ils n’ont en aucun cas été soumis à un lavage de cerveau,
terrorisés et forcés à la soumission par une oppression hypnotique »
[3]. Et pourtant
ils ne se sont pas contentés de regarder les crimes de cette époque, ils les ont tolérés
en toute connaissance de cause, ils ont continué d’occuper leur place, ils ont même
prêté main-forte.
Toute approche critique de l’approvisionnement de la communauté du peuple
se doit d’aborder les représentations idéologiques de l’époque. Pour appréhender
l’approvisionnement et la consommation comme objets d’histoire, il ne suffit pas de
s’intéresser à leur aspect « multiforme », « populaire », ni même de les aborder d’un
point de vue critique. Pour les étudier, il est indispensable de se pencher sur des
représentations qui, loin d’être des normes minimales de civilisation, ont pourtant
eu une réalité et une influence historiques. Telles étaient du moins les prétentions
des nazis qui, avec sobriété, formulaient ainsi l’originalité de leur démarche : « Pour
devenir national-socialiste, il faut avant tout une honnêteté intransigeante envers
soi-même, ensuite une volonté déterminée de s’approprier le bien moral et idéologique du national-socialisme, non seulement du point de vue de la raison mais aussi
du point de vue des sentiments et des désirs. Nous, les commerçants des petites et
moyennes entreprises de détail, représentons la petite cellule économique saine de
base et de ce fait nous sommes appelés en priorité à devenir les porteurs de la
nouvelle pensée économique au sein du nouvel État. Cependant c’est seulement de
l’homme national-socialiste que sortira le nouvel homme économique et seul ce dernier est en mesure et en droit de collaborer à l’édification de la construction économique nationale-socialiste »
[4].
La primauté de l’État allait de soi. Dans ce système de pensée, le gouvernement
a lui aussi des obligations vis-à-vis de la communauté du peuple. Il faut dans tous les
cas nourrir, vêtir et fournir les consommateurs « allemands » en appareils ménagers
et biens de consommation, dans les meilleures conditions possibles. Bien sûr, en tant
qu’Allemands, en tant que nationaux-socialistes, ils seront prêts à se mettre volontairement en retrait dès qu’il s’agira de servir des objectifs plus nobles. La consommation est – mis à part l’approvisionnement de base – un facteur de souplesse dans
une conception politique dont les constantes essentielles sont l’élargissement de
l’espace vital et le rêve d’une « nation de seigneurs de race pure ». Du point de vue
de l’évolution historique, il peut poser problème de prendre de tels concepts idéologiques pour argent comptant. Pourtant – et même s’il s’agissait d’assurer par là sa
propre tranquillité – ces concepts ont été défendus, pris historiquement au sérieux.
Ils proposaient un but vers lequel tendre, ce qui – après les humiliations collectives
puis le renforcement économique et politique du Reich allemand – a rendu devoirs
et privations supportables. La fameuse « petite cellule économique saine de base »
détenait en ce sens une fonction économique de la plus haute importance. Elle devait
être le ferment d’un engagement général de tous les commerçants puis de tous les
consommateurs. A côté de la propagande politique, une propagande économique
s’est mise en place, pour laquelle la consommation était l’expression d’une manière
d’agir raciste (völkisch).
2. Le commerce « allemand » –
esquisse de ses ambitions
Les principes d’une économie contrôlée marquèrent directement le commerce
à partir de 1933. Pour le national-socialisme, celui-ci n’est plus l’expression d’une
spéculation « libéraliste » mais une activité à valeur ajoutée au service de la communauté du peuple, au service des consommateurs et des autres groupes
économiques
[5]. Sous le Troisième Reich, le commerce a clairement une fonction
dans l’État. Il doit être un « intermédiaire dans tous les rapports entre fabricants et
consommateurs. Dans ce rôle d’intermédiaire le commerce représente un élément
économique placé entre deux fronts dont le rôle est de s’efforcer de toujours servir
l’équilibre des intérêts. Il n’est pas seulement un organe de l’économie, il est aussi
un serviteur de la communauté du peuple »
[6].
Ill. 1
Tableau mural d’Edeka à Kiel, 1934
[7].
Cette mission s’inspire d’idées de la classe moyenne défendues par la majorité
des commerçants et de leurs organisations, en particulier depuis la fin des années
1880, tout à fait indépendamment des formes d’entreprise et de distribution
modernes (coopératives de consommation, grands magasins, chaînes, vente à crédit,
vente par correspondance et magasins à prix unique) ou survivantes (colporteurs,
vendeurs des rues)
[8]. En 1933, ces idées semblent acquises, le commerce de détail
ayant enfin accédé à la place qu’il convoitait depuis longtemps, celle de « noyau de
la communauté du peuple »
[9]. Pourtant, malgré tous ces points de convergence, la
nouvelle fonction qui va lui échoir a des caractéristiques bien différentes.
Sécurité
Entre 1933 et 1935, le commerce réussit enfin à donner l’image d’une sécurité
nouvelle, d’un nouvel « ordre »
[10]. Le commerce de détail fait désormais partie intégrante de la chaîne production – commerce de gros – commerce de détail – consommation. La période d’inflation a laissé derrière elle un grand désordre; l’intensification de
la concurrence a nettement détériorié la position concurrentielle du petit commerce
[11]. Parallèlement, les heurts se sont multipliés entre les différents secteurs de
l’économie, et le « droit à la vie » du commerce s’en est trouvé restreint. Comme la
période précédant la Première Guerre mondiale, la République de Weimar a été le
théâtre de débats acharnés sur le droit des consommateurs, en particulier des fonctionnaires et des employés municipaux, à se procurer des marchandises directement
auprès des entreprises industrielles ou du commerce de gros. Les groupements d’achat
des détaillants ont été de plus en plus attaqués par le commerce de gros qui les accusait
de perturber la division du travail. La production propre des coopératives de consommation et des grands magasins a suscité des animosités croissantes, de même que la
vente par correspondance de biens de consommation et de denrées alimentaires par
les fabricants. Les magasins directs d’usine apparus en 1931 ont été combattus avec
acharnement par le commerce de détail qui a réussi à freiner leur nombre
[12].
Les différends se sont intensifiés avec la Grande Dépression, comme le montre la
législation mise en place en 1930 et renforcée en 1932 contre les grands magasins, les
chaînes et les magasins à prix unique. Le nouveau « désordre » existant au sein de la
structure économique a été mis sur le compte d’un système de marché débridé auquel il
fallait opposer un ordre garanti par l’État. L’État national-socialiste s’oriente donc vers
un modèle organisé par catégories assignant aux différentes branches de l’économie
des missions claires et des revenus déterminés. Comme l’existence de larges secteurs
commerciaux est gravement menacée par la crise économique mondiale, même les
réductions de marges liées à l’intégration dans l’Office du ravitaillement (Reichsnährstand) et à l’organisation du marché sont acceptées, bien qu’à contre cœur. Survivre
est plus important que la possibilité abstraite d’augmenter ses bénéfices.
Il faut toutefois souligner que la séparation des différents segments ne correspond pas seulement à une organisation catégorielle, elle s’inscrit aussi parfaitement
dans une conception de la rationalisation caractéristique de l’époque. De même que,
dans une entreprise, l’efficacité commande de traiter séparément achats, stockage,
vente et caisse, expédition et comptabilité, etc., de même, la séparation de la production, du commerce de gros et du commerce de détail offre des possibilités de
rationalisation planifiée de ces secteurs – désormais pris en charge par un État
fort
[13]. L’idéal corporatiste et la rationalisation des corporations peuvent donc se
compléter; la gestion des entreprises, l’économie politique et l’idéologie se réconcilier
[14]. Le commerce est réorganisé en conséquence. Le Groupement général
(
Hauptgemeinschaft) du commerce de détail allemand qui depuis 1932 regroupe
presque exclusivement des petites et moyennes entreprises est transformé à partir
de 1934 en Confédération générale (
Gesamtverband) du commerce de détail allemand et Groupe économique (
Wirtschaftsgruppe) du commerce de détail, dans
lesquels tout le commerce « allemand » est alors intégré d’office
[15].
Rendement concurrentiel
La conception nationale-socialiste de l’économie découle de l’inégalité entre les
races et entre les individus. Grâce au principe de sélection, le plus fort réussit toujours
à s’en sortir. La concurrence est donc aussi une notion de base du commerce, non
pas cependant sous la forme d’une concurrence « libre » mais sous celle d’un « rendement concurrentiel de l’organisation économique nationale-socialiste »
[16]. Au
service de la communauté du peuple, le commerçant peut conquérir sa place « dans
la vie économique et populaire par ses capacités, son énergie au travail et son rendement ». Cette concurrence, d’ordre éthique, doit être « dominée par la volonté
morale, les convictions nationales-socialistes et le droit spécifique »
[17].
On pense sans doute renouer ainsi avec la grande tradition des marchands du
Moyen-Age allemand, on idéologise et on polarise les concepts de commerçant
(
Kaufmann) et de négociant (
Händler)
[18]. Tandis que ce dernier est assimilé à un
« libéralisme dégénéré », le commerçant est considéré comme un fidèle du régime,
un distributeur politiquement actif
[19]. Mais l’idéologie n’est pas tout. Le concept
renvoie à des normes de qualification précises, à des compétences, des connaissances comptables et propose de ce fait les fondements « d’un règlement professionnel » et d’un accroissement du rendement. La loi de protection du petit commerce
remaniée en 1934 lie déjà l’installation de nouveaux magasins aux besoins locaux
et impose au commerçant de faire la preuve de ses compétences. Dans les années
1930, une formation continue est demandée aux commerçants, les jeunes sont
soumis à une formation plus intensive que la génération précédente; comme pour
l’artisanat, un solide certificat d’aptitude est exigé
[20]. Au début de l’année 1939,
une comptabilité est finalement imposée au commerce de détail, une tenue de
comptabilité interne adéquate, exacte et transparente vis-à-vis de l’État
[21]. L’entreprise commerciale doit reposer sur des connaissances et une spécialisation, lesquelles, dans le même temps, confèrent de l’autorité au commerçant. Celui-ci doit
en plus toujours se montrer « honnête » et s’occuper de ses clients du mieux possible
avec le souci de la qualité. Les mesures d’amélioration de l’étiquetage des marchandises vont dans le même sens
[22].
La spécificité allemande
Le rendement concurrentiel est orienté vers un but, celui du commerce « allemand ». Derrière ce but perce l’idée d’un commerce « spécifique » qui, conformément
à la propagande, a un haut niveau éthique, une dimension morale. On peut évoquer
à son propos des concepts comme la « respectabilité », la « bonne santé » et la « personnalité » ou encore un sens de la famille lié à sa « grande valeur du point de vue
de la biologie raciste » (volksbiologisch).
Ce n’est pas l’entreprise qui est au centre du rendement concurrentiel et de la
rationalisation mais l’homme, le commerçant « respectable » (
ehrsam)
[23]. La notion
pré-moderne d’honorabilité (
Ehre) présente l’avantage d’un contenu relativement
vide et d’une incitation normative à la noblesse qui permet d’exclure systématiquement tout comportement supposé amoral ou honteux. Le droit de la concurrence
est remanié en ce sens entre 1933 et 1935, les remises sont contenues, les manifestations promotionnelles limitées. Les formes d’entreprise purement « capitalistes »
sont réduites car l’accroissement des bénéfices n’est pas honorable. Les intérêts personnels ne sont pas davantage conciliables avec cette ligne et les associations de
consommateurs catholiques et sociales-démocrates connaissent aussi des coupes
sévères; des mesures sont également prises contre les coopératives de vente directe
et les associations de fonctionnaires
[24]. La notion de respectabilité marque la différence entre ami et ennemi, exclut arbitrairement la concurrence, justifie la privation
des droits des commerçants juifs, autorise les attaques contre les marchands des rues
et les colporteurs
[25]. Le concept d’« honorabilité », structurellement opposé à celui
de droit, ouvre la porte à l’arbitraire étatique et privé.
Le caractère « sain » du commerce renvoie à des fonctions similaires et va plus
loin encore. Cette santé ne s’évalue pas simplement par l’irréprochabilité, la « respectabilité » du comportement mais aussi par la « mentalité » du commerçant, par
son « caractère ». L’entreprise est perçue comme un organisme biologique, qui se
développe à partir d’un individu mais possède sa propre existence autonome et supérieure. Un commerce « sain » présuppose un commerçant « sain ». Il faut former des
« personnalités capables d’imposer leur autorité par leur volonté créatrice. Des personnalités capables, par leurs idées, de faire fructifier l’économie et de lui insuffler
l’esprit de leur énergie inépuisable. Des personnalités qui ne se cramponnent pas à
de vieilles lunes mais sont capables d’imposer leurs propres idées, de défendre leur
bel ouvrage et leur honorabilité ! Des personnalités qui allient une mentalité de sérieux
à la hardiesse des battants. De telles personnalités n’aspirent pas toujours à être
aimées et préfèrent souvent être redoutées mais elles sont les garants du progrès.
Le succès est toujours de leur côté »
[26]. Le commerce est « sain » si le commerçant
a subi une « transformation intérieure »
[27]. C’est aussi prétexte à « nettoyage ».
« Nettoyer la profession ne signifie pas simplement calculer des chiffres d’affaires,
barrer et faire des reports, cela implique aussi, par ces mesures, d’encourager et de
renforcer le côté sain de la profession et des différents groupes et entreprises pour
améliorer le niveau actuel. Dans le cadre du nettoyage de la profession, le processus
de sélection correspond donc aussi à un processus d’assainissement de la plupart des
entreprises existantes. L’élément malade, qu’il faudra de toute façon éliminer, ne
peut cependant être déterminé, traité et éventuellement coupé qu’au cas par cas et
en fonction des particularités et des circonstances de chacun des cas. L’application
pure et simple d’un règlement serait certainement ici un mauvais remède qui ne
pourrait être que préjudiciable »
[28].
Le commerce « allemand » exige plus de commerçants, il exige de « vrais
gars »
[29], des combattants de la cause allemande, nationale-socialiste
[30]. Ils doivent aussi avoir le sens de la famille, le souci d’une jeunesse « saine ». La notion de
commerçant inclut une composante de biologie raciste et est strictement patriarcale.
Même si près d’un tiers des propriétaires de magasins sont des femmes, l’homme
apparaît comme le chef inné de l’entreprise commerciale, les rôles de la gestion
familiale sont clairement répartis selon un schéma conventionnel. Tandis que les
femmes indépendantes sont peu évoquées dans la presse spécialisée, de façon analogue au rôle de la mère et de l’agricultrice, celui de la patronne, de la femme de
commerçant est exalté : « Le but de son existence est presque dans tous les cas le
magasin, c’est sa vie comme celle de l’homme. Comme son aide au magasin est
extrêmement importante, surtout lorsqu’il s’agit d’une entreprise nouvelle, la totalité
de la journée, de tôt le matin à tard le soir, est toujours bien remplie. Elle devra, si
tous deux veulent progresser, apporter son aide partout; elle doit aussi se montrer
circonspecte, toujours enjouée et aimable en présence de la clientèle, même si le
cœur n’y est pas toujours. Une femme de commerçant ne doit pas seulement être
polyvalente, elle doit aussi être consciente des objectifs, douée pour les chiffres et,
aux côtés de son mari, elle doit être un exemple pour la communauté professionnelle.
Avant toute chose, elle reste en plus la camarade de vie luttant à tout moment avec
l’homme pour assurer leur existence. Un tel mariage n’est pas facile, mais il est grand
et épanouissant »
[31]. Tandis que l’homme est la tête du magasin, la femme est
présentée comme son âme avec pour tâche principale l’éducation bienveillante de
la clientèle féminine
[32]. L’épouse d’un commerçant participe totalement à l’accroissement du rendement du commerce, sa participation non rémunérée doit être permanente. Elle a de ce fait une mission importante par rapport à la politique de l’État :
sa proximité supposée avec la ménagère qui achète l’oblige à un devoir systématique
d’information. Le rôle d’intermédiaire joué par le commerce trouve dans le rôle
d’intermédiaire de la femme son prolongement naturel. Quant à la formation, la
vision est un peu différente : la femme doit autant que possible apprendre le métier
de vendeuse avant de s’engager dans le mariage
[33]. Un ordre raciste et patriarcal
se combine ici pour poser les fondements d’un commerce spécifiquement
« allemand ».
Éducateur des consommateurs
Dès le départ, on assigne au commerce la tâche de conseiller « les utilisateurs
souvent mal informés des détails de l’économie »
[34]. La qualification du commerçant « allemand » le prépare à donner un conseil ciblé. Celui-ci ne vise pas le bénéfice
direct de son propre magasin mais sert des objectifs plus élevés : « il s’agit d’éveiller
et d’approfondir la conscience des responsabilités de la femme envers des devoirs
et obligations qu’elle a à remplir dans l’intérêt de l’économie allemande »
[35]. Le
commerçant « allemand » représente une sorte de label de qualité qui doit inciter les
clients à profiter de l’offre de marchandises mais aussi à se laisser éduquer. Malgré
cette relation hiérarchique, le commerçant, en tant qu’intermédiaire, doit aussi
s’enquérir de l’avis du client pour le transmettre au commerce de gros ou à l’industrie
afin que ceux-ci puissent assurer le ravitaillement de la communauté du peuple.
Ill. 2
Installation exemplaire d’un magasin, 1939
[36]
Le lieu de cette rencontre, si importante pour l’État, entre marchand et client
est soumis à des normes sévères. Propreté, ordre et beauté doivent caractériser tous
les magasins, quelle que soit leur taille : « selon un tracé plaisant, le comptoir sépare
l’espace des clients de celui des vendeurs et des marchandises et en même temps,
par l’intermédiaire d’armoires vitrées intégrées et de compartiments adéquats, crée
un rapport qui suscite le désir d’acheter et rappelle à propos un éventuel besoin. Des
tablettes comportant sacs et sachets donnent à la ménagère le sentiment d’être l’objet
de toutes les attentions, des vitres de protection devant les compartiments et sur les
présentoirs assurent une conservation irréprochable, soignée et hygiénique des marchandises. Les emballages et les bouteilles, gratuits, sont bien disposés de façon
rationnelle, à portée de main, sur des étagères ouvertes, des appareils de mesure
d’huile sont à la fois proches, faciles à manier et suffisamment éloignés des autres
marchandises. Chaque appareil est pimpant et engageant, depuis les pots à café
conservateurs d’arôme et la balance jusqu’à la caisse rutilante du magasin qui enregistre fidèlement sous forme de monnaie sonnante et trébuchante le succès d’une si
bonne promotion intérieure »
[37]. L’installation du magasin doit clairement montrer
le respect dû au client en tant que membre de la communauté; il faut aussi porter
autant d’attention que possible aux demandes du personnel du magasin
[38]. L’atmosphère générale repose aussi sur une présentation simple mais plaisante des marchandises et des emballages comme des biens ménagers. L’approvisionnement de
la communauté du peuple implique la constitution de groupes de rendement, capables
d’assurer sans interruption les missions fixées par l’État et le Parti, y compris dans
les moments difficiles. Le commerce « allemand » doit éduquer des consommateurs
« allemands ».
Travailler dans le sens du Führer
La pensée économique nationale-socialiste, organisée hiérarchiquement, est
soumise à la suprématie du politique. En même temps, elle s’appuie sur la mise en
œuvre autonome et optimale des objectifs correspondant à l’idéologie commune des
chefs (Führer) et des disciples (Gefolgschaft). Le commerçant « allemand » doit mettre
en œuvre des objectifs généraux de façon politiquement correcte mais il dispose pour
ce faire d’une latitude d’organisation non négligeable. Il doit mettre celle-ci à profit,
les Führer (et la communauté du peuple) décidant ensuite de l’adéquation du résultat.
Ce processus crée une pression d’évaluation qui incite à l’action et ne laisse jamais
de répit.
Ce labeur constant est limité par les besoins « culturels » du commerçant, par
son droit au temps libre, son droit à des vacances, même limitées. Le service doit
aussi être récompensé autrement et cette récompense méritée peut être demandée
aux
Führer. La hiérarchie repose sur la promesse d’une « récompense » toujours
proche mais cependant – mise à part l’augmentation relativement importante des
revenus
[39] – surtout conjuguée au futur. Le lien personnel entre
Führer et disciples
entraîne une dynamique de service, qui agit comme un encouragement au rendement
et offre des solutions souples permettant de « travailler dans le sens du
Führer ».
Combat contre les éléments « malades »
Le commerce « allemand » ne sert pas seulement à la constitution d’un groupe
aussi homogène que possible. Il est aussi une métaphore de l’exclusion qui vise systématiquement à combattre les éléments « malades », « non allemands ». Racisme et
biologisme jouent à ce niveau un rôle essentiel. Ce combat concerne directement
ces représentants du « marxisme » que sont les coopératives de consommation allemandes. Elles ont été combattues de façon ciblée au début de l’année 1933 mais
leur poids économique et leur « coordination » forcée ont cependant empêché un
démantèlement économique immédiat. Celui-ci a été réalisé par étapes : en 1935,
une bonne part des coopératives de consommation a été interdite, en 1941 le reste
a été intégré au Front allemand du travail
(Deutsche Arbeitsfront)
[40].
Les juifs ne doivent pas s’attendre à une action aussi « modérée ». Le chef du
Groupe économique du commerce de détail explique dès 1935 que des mesures
individuelles ne seraient d’aucune utilité contre eux, « qu’il ne serait pas possible de
combattre une influence devenue en cent ans prédominante dans l’économie par
des expériences locales mais que seul un travail par étapes s’appuyant sur un fondement légal et visant à une solution totale de la question donnerait des
résultats »
[41]. La privation des droits, l’expropriation, l’arbitraire, le meurtre et le
génocide sont les étapes d’une « déjudéification » croissante, les instruments et les
conséquences d’un « assainissement » croissant du commerce
[42]. Le commerce
« allemand » profite indirectement de la mise à l’écart de la concurrence juive, s’enrichit directement grâce à la politique d’« aryanisation ». L’administration fait preuve à
ce propos d’obéissance par anticipation en ne prenant même plus en compte les
quelques lois encore en vigueur
[43].
Comme il ne s’agit cependant pas de négliger la dynamique de l’idéologie, on
se concentre exclusivement sur les opposants politiques et les opposants de race.
L’« assainissement » entraîne logiquement une purification systématique du commerce, c’est-à-dire un « nettoyage » des établissements moins performants. Cette
rationalisation prend la forme d’une interaction entre éducation et « élimination ».
Quiconque ne remplit pas les conditions personnelles et matérielles fixées par l’État
peut être libéré pour « affectation de la main-d’œuvre » au plus tard après l’ordonnance du 20 mars 1939
[44]. Afin de pouvoir mettre en œuvre de façon ciblée des
mesures déjà envisagées depuis longtemps mais pour diverses raisons toujours
repoussées
[45], le Groupe économique du commerce de détail organise en 1938
une importante consultation auprès de ses membres, pour – comme on le dit de
façon édulcorée – « réunir des documents visant à essayer et éventuellement introduire la suppression de la transition dans le commerce de détail »
[46]. Les chiffres
d’orientation du service officiel des statistiques du Reich servent le même
objectif
[47].
3. Commerce et consommation –
quatre terrains de rencontre
L’idée d’optimisation biologique qui est à la base de l’idéal de commerce
« allemand » montre à quel point l’idéologie nationale-socialiste et la consommation quotidienne de l’époque sont étroitement mêlées. Dans la communauté du
peuple, le ravitaillement ne sert pas uniquement à l’approvisionnement en marchandises. Tout commerçant, tout marchand de l’époque en est conscient. La
question concrète de la mise en œuvre de cette idéologie se pose cependant. Les
quatre exemples ci-après devraient contribuer à apporter une réponse à cette
question.
« Vitrines du régime » – modèles économiques dans la publicité
La publicité a fait l’objet d’une nouvelle réglementation en 1933-1934 : elle a
été centralisée et soumise à un contrôle plus strict du Parti et de l’État
[48]. Cela n’a
été possible que parce que des réglementations décisives étaient demandées par une
majorité de professionnels de la branche
[49] et par les commerçants de détail. Le
commerce de détail est à cette époque de loin le groupe le plus actif dans ce
domaine
[50] et la majorité de ses associations conteste régulièrement les « excès »
de la publicité commerciale. L’économie de concurrence aurait montré là son vrai
visage : la domination des gros budgets de promotion, les coups bas, l’escroquerie
sont courants et ressentis comme des menaces
[51].
La nouvelle organisation de la publicité est donc très favorablement accueillie
dans les principales revues commerciales; les mesures de l’État sont perçues comme
l’expression d’une convergence fondamentale entre le régime et les intérêts du commerce
[52]. Désormais, comme on l’entend un peu partout, la priorité ne sera plus
donnée à la puissance de l’argent mais la « personnalité » du commerçant va retrouver
sa place centrale, ce qui permettra d’élaborer une publicité adéquate. Celle-ci, expression des compétences spécifiques du commerçant, se fonde sur une utilisation ciblée
de moyens modernes de publicité, ne vise pas une augmentation hasardeuse du
chiffre d’affaires mais se concentre sur des articles précis. Le commerçant doit présenter activement son assortiment de haute qualité et faire ressortir certaines de ces
marchandises
[53]. Le client ne doit pas seulement guetter les offres spéciales, la
promotion doit lui transmettre l’impression d’une performance globalement élevée
du magasin; elle doit établir un lien personnel entre le client et le magasin. La promotion devient morale, acquiert une dimension personnelle, est une affirmation des
rôles réciproques entre membres de la communauté. Dans la communauté du peuple,
la publicité est fondée sur l’ambition d’éduquer et d’orienter, nourrie par l’économie
nationale, l’État national.
La profondeur de la transformation imprimée aux fonctions du commerçant,
et donc du client, dans de nouvelles sphères, est particulièrement sensible dans les
multiples formes de promotion de la communauté, et plus encore dans la constitution
de vitrines promotionnelles pour les jours de fête étatiques
[54]. Depuis 1933, le
1
er mai est le « jour du travail national »; en octobre 1933, une « fête d’action de
grâces pour les récoltes » a été ajoutée au calendrier. La participation des vitrines
des magasins de détail à ces fêtes est aussi une nouveauté. La corporation des commerçants se situe ainsi – sur la base de directives-cadres du ministère de la Propagande du Reich – par rapport aux autres corporations « créatrices ».
Le « jour du travail national », récupération nazie du traditionnel 1
er mai du
mouvement ouvrier, doit instituer un sentiment de communauté nationale et illustrer la « solidarité entre toutes les activités professionnelles » : « le peuple entier
s’honore lui-même en honorant le travail comme il le mérite »
[55]. Après la dissolution des syndicats en mai 1933, les employés du commerce sont intégrés au
Front allemand du travail, dont les commerçants, en tant qu’employeurs, sont eux
aussi membres. Par conséquent, commerçants et employés participent aux défilés
obligatoires (ill. 3).
Aux chalands passant dans la rue, le commerce se présente donc comme appartenant aux corporations « créatrices ». Cette idée se concrétise dans les vitrines par
un mélange de paroles étatiques et de biens de consommation, tous produits du
travail allemand (ill. 4).
Les petits commerçants ont utilisé ces possibilités spéciales de promotion à leur
façon. Les rapports annuels d’Edeka évoquent peu la grande signification du jour de
fête et s’attardent bien davantage sur la reconnaissance méritée du commerce en
tant que partie constitutive de la communauté productive du peuple
[56]. Pour eux,
ce jour doit surtout souligner la relative obligation des acheteurs de s’approvisionner
auprès du commerce « allemand ». Cette attitude suscite, au moins à partir de 1937,
certaines réactions de la part de l’État : « Pour le 1
er mai, les vitrines doivent être un
hommage aux fruits de la production intérieure, au rendement du sol allemand, à
l’œuvre des mains et du travail allemands. Pour ce faire, la marchandise ne doit pas
être présentée de façon agressive; elle doit s’effacer au profit du cadre général; car
le but de la conception des vitrines du 1
er mai n’est pas de promouvoir les ventes
mais de souligner la joie de notre peuple qui se retrouve par une volonté commune
et fête ainsi ensemble le 1
er mai »
[58]. Le sentiment de communauté nationale est
plus important qu’un accroissement de la consommation dans les magasins
« allemands ».
Ill. 3
Le personnel de la centrale Edeka avant le départ du train de la fête en 1937
[57].
La fête d’action de grâces pour les récoltes (
Erntedankfest) a suivi une évolution
similaire. Le but de celle-ci n’est pas seulement de rendre un honneur particulier aux
paysans allemands et aux produits du sol allemand. Son rôle est de mettre devant
les yeux des citadins les productions de base du pays et en même temps de leur
rappeler leur propre dépendance biologique par rapport à la nature. Le commerce
des denrées alimentaires, en tant qu’« intermédiaire entre le paysan et la consommation », se doit de consacrer des vitrines à la manifestation – une nouvelle fois selon
les désirs du ministère de la Propagande du Reich
[60]. Pour le commerçant, il relève
à la fois du devoir et de l’évidence qu’« à cette occasion, pour renforcer l’atmosphère
de fête, il décore sa vitrine sans objectifs mercantiles directs mais de façon à transmettre le beau concept de fête d’action de grâces au plus large cercle possible de la
population »
[61]. La fête d’action de grâces pour les récoltes a été planifiée pour
exprimer une pensée biologico-raciste et le lien entre sang et sol. C’est ce que soulignent les vitrines par une décoration florale comprenant en particulier des fleurs
fraîches et une décoration dans les tons verts (ill. 5).
Ill. 4
Projet de vitrine Edeka, 1936
[59]
La fête d’action de grâces n’a cependant pas dans les villes le même impact
que le 1
er mai. Son but est en fin de compte de créer une atmosphère dans laquelle
la mise en valeur systématique de l’agriculture paraît supportable et compréhensible.
La joie éveillée par les vitrines « pleines de fraîcheur » est troublée par les obligations
correspondantes du commerce et des consommateurs : « les citoyens allemands, y
compris les broyeurs de noir et les ronchons, accepteront aussi les petits sacrifices
d’une privation passagère. Dans de telles occasions, il suffit de prévoir un changement sous la forme d’une petite correction du menu »
[63]. Davantage que le jour
du « travail national », la fête d’action de grâces a un rôle fonctionnel dans la politique
de l’État par rapport à la consommation. Le financement de la « bataille de la production » et les sacrifices imposés par la recherche de la « liberté de l’alimentation »
sont cependant toujours présents en arrière-fond
[64]. Les vitrines de fête n’ont
certes pas acquis l’importance qu’on souhaitait qu’elles prennent du côté de l’État.
Il convient cependant de regarder de plus près les différents canaux par lesquels
l’achat et la vente de produits agréés ont été encouragés. Le commerce en tout cas
a exploité l’aura de la communauté du peuple dans ses vitrines – poussé par l’État
et par les organisations commerciales, totalement convaincu de leur bien-fondé, persuadé que cela lui permettrait de resserrer son lien personnel avec les membres de
la communauté-acheteurs.
Ill. 5
Croquis pour la décoration d’une vitrine
à l’occasion de la fête d’action de grâces, 1934
[62].
« Mangez plus de poisson » – succès limité de la direction de la consommation
La politique agricole et plus tard également la politique de santé du nationalsocialisme visent à encourager une alimentation « saine », utile du point de vue de
l’économie nationale et en même temps équilibrée sur le plan de la physiologie
alimentaire
[65]. Sur cette base, l’État préconise une nourriture régionale, saisonnière, pauvre en graisse et comprenant une part relativement faible de produits animaux. A partir de 1933, des objectifs économiques et des objectifs relevant de la
biologie raciste entraînent des efforts pour influencer le mode d’alimentation de la
population
[66]. Le commerce ne préside pas à cette politique. Des propositions
multiples et peu coordonnées sont émises entre 1933 et 1934 par l’économie et le
milieu des sciences de l’alimentation; ces propositions aboutissent d’abord à l’élaboration d’une « organisation du marché » en 1933-1935 puis gagnent en clarté
surtout grâce aux objectifs de production et de consommation qui vont déboucher
sur le deuxième plan quadriennal.
L’exemple de la consommation du poisson, ou plus précisément du poisson de
mer, illustre bien la lenteur avec laquelle le commerce a intégré cette idée de passage
à une « bonne » nourriture et met en lumière les limites de ce type de mesures de
contrôle. La promotion d’une plus grande consommation de poisson – ou d’autres
produits de la production agricole allemande – n’a aucun caractère de nouveauté. Il
y a déjà eu avant la Première Guerre mondiale une promotion commune du secteur
de la pêche allemand, qui a été reprise en 1926 après la fondation de la « commission
de propagande en faveur du poisson de mer » soutenue par l’État
[67]. Cette campagne utilise à la fois des arguments liés à la santé et des arguments liés à la nation.
Son succès est relativement réduit en dehors des poissonneries, des coopératives de
consommation et des grands magasins. En raison des progrès limités de la technique
de réfrigération, le poisson est un produit délicat du point de vue de l’hygiène, que
l’on trouve dans les magasins de détail surtout sous forme de produit transformé,
comme des marinades, du poisson fumé ou de la conserve
[68]. Son caractère très
saisonnier complique également sa vente en produit frais
[69]. Les budgets des
ménages de la fin des années 1920 montrent de fortes disparités régionales de
consommation. Dans les régions de consommation proches de la côte – c’est là
qu’on trouve aussi, mis à part dans les grandes villes, le plus grand nombre de
magasins spécialisés – la consommation de poisson est parfois trois fois plus importante que dans le sud de l’Allemagne
[70].
Pendant la Grande Dépression, la consommation de poisson a baissé mais cette
baisse s’explique principalement par un recul des importations. En revanche, la vente
de la production allemande a légèrement augmenté
[71]. En 1933-1934 les efforts
de promotion reprennent de plus belle, argumentant en particulier sur le prix bas du
produit et les effets politiques sur le marché du travail d’une augmentation de la
consommation de poisson (ill. 6)
[72]. La promotion habituelle des producteurs est
poursuivie dans le cadre de l’Office du ravitaillement du Reich. Pourtant malgré les
mesures d’affichage, les conférences explicatives, les cuisines mobiles de démonstration et une grande exposition spéciale à la « semaine verte », « les résultats de ces
efforts laissent encore à désirer »
[74]. Un revirement ne devient sensible dans le
commerce qu’après d’une part la décision de procéder à une transformation de l’organisation de l’industrie du poisson et d’autre part la crise d’approvisionnement de
l’hiver 1935-1936, avec laquelle le poisson gagne en importance pour l’apport de
protéines et comme produit de remplacement de la viande
[75]. Fin 1936, le plan
quadriennal prévoit un doublement de la pêche allemande avant 1940; il faut renforcer sérieusement la flotte de pêche et l’industrie du poisson
[76].
Ill. 6
Projet de vitrine de promotion du poisson, 1934
[73]
L’intégration du commerce aux plans d’augmentation des ventes de poisson
est très différente selon que l’on considère les mesures prises après la fin de l’année
1936 ou avant cette période. En novembre 1935, des dossiers sont publiés dans la
Deutsche Handels-Rundschau pour informer les commerçants dans un style compassé, et en se concentrant principalement sur de petites astuces, sur la façon appropriée de traiter le poisson
[77]. Des mesures de promotion coordonnées
n’apparaissent qu’au début de l’année 1936. On essaie d’instituer un jour du poisson
en plus du vendredi traditionnel : chaque région du Reich est approvisionnée en
poisson frais un jour donné de la semaine; pour le Bade, le Wurtemberg, la Bavière
et la Silésie, le jour du poisson sera le lundi, le mardi pour la Westphalie, la Rhénanie
et la Saxe-Anhalt, etc. Ces mesures sont accompagnées d’explications diffusées par
l’association des œuvres féminines allemandes (
Deutsche Frauenwerk) et de publications dans les quotidiens et les journaux féminins. Le commerce doit assurer la
structure de vente nécessaire sur le terrain et est mis à contribution au vu de la
situation allemande en matière de devises et des capacités de pêche disponibles qu’il
convient d’exploiter
[78].
Ill. 7
Vitrine de denrées fumées et de produits de la pêche, 1936
[79].
Les résultats sont cependant peu convaincants. La vente de poisson pose des
problèmes dans les magasins non spécialisés. Les marges commerciales fixées par
l’État sont faibles, l’altération des produits est rapide et les consommateurs sont
confirmés dans leur méfiance vis-à-vis du poisson par des marchandises de qualité
médiocre. Pour changer cette situation, tout un train d’actions promotionnelles est
lancé sous forme d’annonces et d’affiches mais aussi en soulignant l’aspect pratique
et sain du poisson dans les vitrines des poissonniers
[80]. On conseille au commerçant de solliciter les clients à l’avance, d’assurer ses ventes par écrit avant de commander les quantités nécessaires : « On prévoit d’abord un jour, peut-être deux, qui
doivent être toujours les mêmes, pour lesquels on propose du poisson à sa clientèle.
Il faut bien faire entrer dans la tête de vos clients que par exemple le jeudi ou le
vendredi vous avez du “poisson de mer bien frais” à vendre »
[81].
Parallèlement à ce type de promotion, il faut cependant prévoir une infrastructure sérieuse – tout au moins après le lancement du plan quadriennal. Afin d’atteindre
les objectifs de consommation, priorité est donnée à la création de rayons de poissons
ou à l’installation de nouveaux magasins spécialisés dans la vente du poisson. Ce
n’est cependant pas l’État qui fournit les moyens nécessaires. Une participation financière exceptionnelle est imposée à l’ensemble du commerce de détail afin de servir
« la liberté alimentaire » de l’Allemagne
[82]. Par ailleurs, la limitation de l’assortiment
imposée par la loi de protection du commerce de détail de 1933 est assouplie.
Quiconque veut installer un rayon séparé pour vendre de la « viande de mer »
[83]
peut le faire
[84]. La répartition des aides est prise en charge par le Service d’encouragement du commerce allemand du poisson créé au début de 1937, lequel propose
pour tout le Reich des formations de promotion professionnelle à son siège de Neuwied
[85]. L’offre de réfrigérateurs à poissons est renforcée et leur achat facilité par
des conditions de crédit avantageuses (ill. 8). Il y a également des incitations à la
consommation, le poisson faisant désormais l’objet de coupons de réduction pour
les personnes bénéficiant d’une aide sociale
[86].
Les objectifs politiques du plan quadriennal doivent être mis en œuvre par un
réseau de départements et de magasins spécialisés « propres », hygiéniquement irréprochables et gérés par des spécialistes. L’association générale de la pêche allemande
fixe au début du mois de mars 1938 des exigences minimales précises concernant
les lieux de vente du poisson, qui écartent la plupart des commerçants, lesquels ne
sont pas en mesure de séparer dans l’espace le poisson (frais) des autres denrées
(ill. 9)
[88].
Ill. 8
Publicité pour des casiers réfrigérés à poisson, 1937
[87].
Ill. 9
Rayon de poissonnerie séparé d’un magasin de produits coloniaux, 1938
[89].
L’idéal d’un commerce professionnel spécialisé, à créer sur le long terme,
chargé de mettre précisément en œuvre les objectifs du secteur de la pêche, est à
l’évidence plus important que l’exécution ponctuelle du plan quadriennal
[90]. Deux
développements supplémentaires sont cependant à souligner. D’abord, le secteur de
la pêche ne réussit pas à augmenter les quantités débarquées conformément au plan.
En effet, l’augmentation atteint seulement 20 % entre 1936 et 1938
[91]. L’armement de la marine et la pêche à la baleine intensive sont parmi les facteurs qui
entraînent l’échec du programme en raison d’un manque de marins et du dépeuplement de plus en plus manifeste des réserves de poisson. Par ailleurs, on lance dans
le Reich allemand à partir de 1939 – notamment en liaison avec l’approvisionnement
de l’armée – la constitution d’une chaîne de froid par congélation. Celle-ci implique
que les magasins s’équipent de moyens techniques nouveaux, ce qui paraît difficile
dans le cadre du commerce existant
[92].
Les organisations du commerce ont rempli leur mission, elles ont promu le
poisson dans leurs vitrines et informé les consommateurs dans les journaux destinés
aux clients
[93]. Pourtant, mesurée au poids du filet, la vente reste pratiquement
stationnaire entre 1936 et 1938 (7,7 puis 7,8 kg); l’augmentation du budget des
ménages en 1937 ne se traduit par aucune modification des différences régionales
de consommation
[94]. Les efforts d’orientation de la consommation se soldent en
fait par un échec, comme le montrent on ne peut plus clairement les problèmes
d’approvisionnement en viande du début de l’année 1939
[95]. Avec le début de la
guerre, la pêche en haute mer est pratiquement paralysée et le commerce de détail
du poisson enregistre aussitôt « un recul considérable du chiffre d’affaires »
[96].
Le manque de réussite de ces efforts d’orientation de la consommation montre
d’abord que les habitudes alimentaires possèdent leur propre dynamique culturelle
qui est difficilement contrôlable par de simples appels et incitations. L’insuffisance
de départ de l’intégration du commerce dans la promotion du poisson renvoie à des
modèles d’action qui procèdent de la toute-puissance de la communication publicitaire dans le secteur de la consommation. L’éventail des mesures politiques et
économiques a certes été complété à partir de 1936-1937 par des efforts d’intégration du commerce dans la politique d’orientation de la consommation, une démarche
qui est certainement à mettre aussi en relation avec l’importance croissante des études
de marché professionnelles. Pourtant, compte tenu du plein emploi et de l’augmentation des revenus, le choix entre plus de viande et plus de poisson n’a pas posé
beaucoup de problèmes aux citoyens.
Devoir d’approvisionnement et politique sociale – les heures
de fermeture des magasins en tant que problème structurel
La réglementation moderne sur les heures de fermeture des magasins est un
compromis entre les acquis sociaux des commerçants et des employés d’une part et
d’autre part les impératifs d’exploitation des commerçants, voire les désirs de
consommation des consommateurs qui, en eux-mêmes, ne sont pas limités dans le
temps. La législation mise en place en 1891 a mené par un souci social évident à
l’institution d’un repos dominical limité et à des horaires d’ouverture contraignants
pendant les jours de la semaine. En 1933 l’essentiel de l’ordonnance du 5 février
1919 est encore en vigueur : elle impose – avec des exceptions pour certaines
branches – une fermeture entre 19 heures et 7 heures les jours de semaine et pose
le principe du repos hebdomadaire le dimanche, là encore avec certaines exceptions.
Pendant la république de Weimar, le Groupement général du commerce de
détail allemand ainsi que de nombreuses chambres de commerce ont encouragé des
solutions de plus en plus souples, introduisant des exceptions pour certaines grandes
fêtes ou périodes de l’année ou encore pour certaines régions. Ces dispositions ont
été maintenues pendant la Grande Dépression mais sont restées au second plan en
raison des problèmes d’écoulement. Le sujet n’exige donc pas une réglementation
immédiate des nouveaux dirigeants nationaux-socialistes à leur arrivée au pouvoir.
Toutefois, en 1933-1934, au sein du Front du travail, des représentants des commis
tentent d’introduire des heures de fermeture plus précoces pour les magasins dans
certaines branches et certaines régions. Il s’ensuit des « troubles importants chez les
propriétaires des magasins ». Le ministre du Travail rassure, considère les initiatives
locales comme des essais non contractuels. La réglementation en vigueur pour la
fermeture des magasins lui semble un compromis supportable entre les différents
groupes de la communauté du peuple car « les heures d’ouverture des commerces
de détail n’impliquent pas seulement un droit légal du commerçant mais aussi un
devoir de donner l’occasion à toutes les catégories de la population de satisfaire leurs
besoins dans les meilleures conditions possibles »
[97]. Au lieu de mesures légales,
des appels ciblés sont adressés aux consommateurs pour leur demander de répartir
leurs achats sur toute la journée et en particulier de laisser autant que possible les
heures de 18 à 19 heures aux actifs
[98]. De plus, la loi sur les machines automatiques du 6 juillet 1934 donne aux commerçants de détail de nouvelles possibilités
techniques leur permettant d’approvisionner leur clientèle après la fermeture des
magasins
[99]. L’inclusion des heures de fermeture des magasins dans le nouveau
décret sur le travail du 16 juillet 1934 n’entraîne pas non plus de modification de la
réglementation en place
[100].
Cependant, avec l’arrivée du « plein emploi », dès 1937, voire plus tôt, de nouveaux efforts de réduction des heures d’ouverture des magasins se font jour. La
fermeture des magasins doit être fixée à 16 heures le samedi, car c’est la seule solution pour assurer « une véritable détente en fin de semaine »
[101]. Une fois encore,
le changement de réglementation légale est repoussé, une fois encore, on a recours
à des efforts d’éducation du consommateur
[102]. Cependant après les nouvelles
lois, inspirées par des préoccupations socio-politiques et biologiques, sur le travail
des enfants et le temps de travail des jeunes, il est de plus en plus difficile de maintenir
les magasins ouverts en permanence pendant la totalité des heures d’ouverture
[103].
Par conséquent, d’importants débats s’engagent en 1938 sur la fermeture des
magasins en milieu de journée que de nombreux commerçants prolongent afin de
satisfaire à la limitation légale. Par ailleurs, le nombre des congés annuels pendant
lesquels les magasins sont fermés augmente
[104]. L’hétérogénéité croissante des
heures d’ouverture des magasins, pourtant soumis à une même réglementation des
heures d’ouverture, augmente encore lorsqu’en 1938-1939 les commerçants de lieux
isolés ou de petites boutiques se mettent à fermer volontairement plus tôt
[105].
Ces initiatives isolées incitent le ministère de l’Économie du Reich à fixer une
limite. Le décret relatif à l’empêchement de la réduction des heures d’ouverture des
magasins est promulgué le 31 mai 1939 et l’ordonnance d’exécution fixe clairement
les priorités de la politique nationale-socialiste : « dans l’application de la réglementation, il convient de porter une attention particulière à ce que le plan quadriennal
impose des heures de travail prolongées et une extrême énergie au travail comme
le demandent de nombreux cercles; il faut donc, en toutes circonstances, veiller à
ce que même les citoyens travaillant tard dans l’après-midi n’aient pas de difficulté
ou ne soient pas totalement empêchés de faire leurs courses »
[106]. Il est plus important de maintenir le calme sur le front des acheteurs que de satisfaire les désirs de
réduction d’horaire des commerçants et employés. Le devoir d’approvisionnement
des magasins, déjà évoqué en 1934, prend de plus en plus de poids – par conséquent,
en 1938, les heures d’ouverture d’été sont prolongées jusqu’à 21 heures à la campagne et les heures d’ouverture des magasins les dimanches sont prolongées de 18
à 19 heures
[107]. Dans le même temps, les contrôles étant rares, il s’avère souvent
que le repos dominical et les heures de fermeture ne sont pas respectés
[108]. La
politique sociale est proclamée mais, face à d’autres priorités pressantes, elle passe
cependant au second plan. Le commerce de détail doit servir s’il veut gagner sa vie.
La suprématie du devoir d’approvisionnement prend sa pleine dimension au
moment de la guerre. L’ordonnance du 21 décembre 1939 concernant la fermeture
des magasins
[109], certainement fondée sur un droit d’exception dû à la guerre,
représente un renversement dans l’histoire allemande de la fermeture des magasins :
non seulement les magasins doivent maintenant fermer à des heures précises mais
en plus ils doivent aussi rester ouverts jusqu’à 18 heures (commerces de biens de
consommation, sans pause à midi) ou 19 heures (commerces de produits alimentaires
avec une pause à midi). « Si l’approvisionnement des consommateurs est aujourd’hui
considéré comme un devoir et une obligation économique du petit commerce, il n’est
plus possible de continuer à croire qu’il est entièrement du ressort de l’entreprise
individuelle de décider s’il faut se conformer à cette obligation ni dans quelle
mesure »
[110]. Compte tenu de l’expérience historique de la Première Guerre, qui
a vu la situation catastrophique de l’approvisionnement confirmer l’incapacité du
gouvernement dans des domaines élémentaires, priorité est donnée à
l’approvisionnement régulier et sûr des consommateurs au détriment de l’autodétermination entrepreneuriale ou du désir de temps libre. Il convient d’offrir des sacrifices
à la communauté du peuple, à l’abstraction vide qu’est l’Allemagne : « En particulier,
la bonne volonté du petit commerce à se consacrer avec ardeur et patience à ses
devoirs de guerre difficiles et souvent ingrats est tout aussi nécessaire que la compréhension, la maîtrise de soi et le savoir-vivre de la part des acheteurs. Cette attitude
et cette soumission aux impératifs de l’ensemble, qui sont liées à un renoncement
aux désirs, aux habitudes et au confort personnels, sont attendues de chaque Allemand dans sa patrie »
[111].
La consommation ne doit donc plus seulement être comprise comme un acte
d’achat individuel mais comme une action consciente au service de la « communauté
du peuple ». Du point de vue de l’État, cela veut dire diriger les flux d’acheteurs, créer
des possibilités d’achat à des heures données. On essaie par conséquent de coordonner les pauses de midi des acheteurs et des vendeurs, de limiter les périodes non
travaillées et de réglementer unilatéralement les fermetures de magasins
[112]. En
même temps, la décision relative à l’heure de fermeture des magasins est décentralisée pour permettre une certaine souplesse sur le terrain
[113]. Par ailleurs, l’État
national-socialiste démantèle systématiquement les branches commerciales inutiles à
l’approvisionnement de base. Les fermetures de magasins et les cessations d’exploitation servent pareillement à recruter des soldats et des travailleurs pour la guerre
d’extermination. En revanche, les entreprises qui subsistent dans les domaines de
l’alimentation et de l’habillement reçoivent à partir de 1943 – d’autant que presque
toutes les grandes villes allemandes sont régulièrement bombardées – des instructions
concernant des heures d’ouverture plus longues et déterminées souplement sur le
terrain
[114].
La réglementation relative à la fermeture des magasins met en lumière l’importance fonctionnelle du commerce et de la consommation. La réalisation « rapide et
sans heurt de la vente des marchandises »
[115] n’est pas une tâche relevant de
l’économie en soi, mais représente le fondement d’un Reich puissant et expansionniste. La réduction du temps de travail ne sera envisageable qu’ensuite. Les autres
objectifs discernables dans certaines mesures individuelles relatives au commerce ou
aux employés ont par conséquent peu de poids. L’élargissement du pouvoir et la
guerre sont les buts véritables des instances dirigeantes; la consommation et le commerce font partie d’un service de guerre omniprésent. C’est pourtant là que certaines
améliorations de la condition du commerçant « allemand » trouvent leurs bases.
« Épreuve de vérité » – le service de guerre du commerce
« allemand »
Le passage de l’« économie de défense » à l’économie de guerre se fait sans
gros problèmes en 1939. Edeka annonce par exemple : « Grâce à un travail d’explication approfondi et aux préparatifs circonspects d’orientation vers l’économie de
guerre, les coopératives étaient parfaitement prêtes, à la déclaration de guerre, à
prendre en charge leurs nouveaux devoirs, de sorte que le passage de l’économie de
paix à l’économie de guerre s’est déroulé sans heurt et sans gros changements »
[116]. Déjà avant l’attaque allemande contre la Pologne, à partir du
28 août 1939, des listes de clients ont été établies pour les produits alimentaires
essentiels
[117]; à partir du 25 septembre 1939 un système de rationnement soigneusement planifié est appliqué
[118]. La charge de travail des commerçants et
commerçantes s’en trouve considérablement accrue : pour un magasin de produits
alimentaires de taille moyenne, l’investissement supplémentaire peut atteindre
quelque 32 à 35 heures par semaine
[119]. Malgré tout, le passage à l’économie de
rationnement se déroule également sans heurt si l’on excepte quelques difficultés
d’approvisionnement au départ
[120]. Le rationnement, concentré sur les besoins
élémentaires, concerne rapidement tout l’éventail des produits alimentaires, l’habillement, le mobilier et les équipements. Dans un premier temps, la vente des produits
de luxe reste libre et par la suite des segments de plus en plus importants de la
consommation sont soumis à une réglementation directe de l’État
[121].
Ces restrictions entraînent une économie parallèle intense. De nombreux fonctionnaires du régime mettent à profit leurs contacts dans les secteurs économiques
et commerciaux pour maintenir leur niveau de vie pendant la guerre
[122]. Un
marché illégal toléré et un marché noir – souvent placés par la mémoire collective
dans la période de l’après-guerre – se développent à ce moment-là, après de multiples
apparitions dans les années 1930 dues aux limitations de la production et aux prix
fixés par l’État
[123]. Compte tenu des problèmes d’approvisionnement en
marchandises, les échanges entre commerçants et les achats jumelés, qui ont été
systématiquement combattus au début du régime, prennent rapidement de l’importance. Les peines draconiennes et une juridiction spécialement mise en place ne sont
ici d’aucune utilité
[124], d’autant que les consommateurs font eux aussi, et de plus
en plus souvent, du troc. Malgré les interdictions, fin 1942, le nombre des annonces
d’échange collées sur les arbres et les murs des villes est si important qu’on considère
qu’ils défigurent le paysage
[125]. Localement, des lieux d’échange de marchandises
d’occasion sont officiellement installés, pris en charge en partie par les villes, en
partie par les commerçants eux-mêmes. La légalisation et l’étatisation limitées du
commerce de troc n’apportent cependant pas une solution au problème de l’économie parallèle, même si la propagande exalte cette « mobilisation de valeurs inutilisées »
[126]. De fait la constitution de stocks par des personnes privées, et plus
encore par le commerce lui-même, reste un problème central sur le front intérieur
tout en générant des bénéfices importants
[127]. Seules la relative efficacité de
l’approvisionnement allemand de base et les peines de plus en plus sévères infligées
en cas d’infraction sur les prix et en cas de marché noir permettent de maintenir
l’économie parallèle dans certaines limites pendant la guerre
[128].
Quoi qu’il en soit, la situation économique du commerce a peu souffert au début
de la guerre. Entre 1939 et 1943 le chiffre d’affaires cumulé a certes baissé d’environ
10 % mais le nombre des magasins de détail a fortement diminué par suite des
incorporations et de l’augmentation des obligations de service civil. La productivité
commerciale a nettement augmenté. A la place de l’approvisionnement de la population privée, l’approvisionnement de l’armée, des autorités civiles, des entreprises
et des entrepôts a pris une importance de plus en plus grande. Ce changement limité
de fonction reflète le rôle de service du commerce allemand
[129]. Jusqu’à la fin
1941, quelque 60 000 petits commerces ont été fermés, soit environ un dixième du
nombre d’avant-guerre
[130]. Même si, comme pendant la Première Guerre mondiale, les entreprises les plus performantes ont été privilégiées pour les livraisons, la
taille moyenne des établissements a baissé de façon croissante tandis que le nombre
des employés, surtout des hommes et des jeunes gens, a chuté de façon plus que
proportionnelle. En 1944, le nombre de personnes employées dans le commerce
de détail n’atteint même pas la moitié de celui d’avant-guerre. Le coût du travail a,
en conséquence, tendance à baisser, de même que le coût de la publicité, de l’éclairage et de la distribution
[131]. Malgré tout, les vitrines continuent à être utilisées
pour l’orientation de la consommation et la propagande; les magasins laissés vides
sont même décorés par les propriétaires d’autres boutiques
[132]. La situation ne
change qu’en 1943; à ce moment-là c’est la capacité de livraison elle-même qui
passe au premier plan des étalages – et après les bombardements, une propagande
jusqu’au-boutiste apparaît jusque sur les rayonnages
[133]. Compte tenu de la situation générale de l’approvisionnement, le commerce peut facilement écouler des marchandises assez anciennes; le but n’est plus d’avoir une rotation des stocks la plus
rapide possible mais plutôt de se procurer autant de marchandises que possible
[134] : « La concurrence n’a pas cessé, elle s’est, pour l’essentiel, reportée sur
l’approvisionnement. Pour les acheteurs elle réside surtout encore aujourd’hui dans
la question de savoir comment, en tant que détenteurs de droits quantitatifs préférentiels, ils peuvent transmettre ce pouvoir d’achat à leurs fournisseurs et assurer le
réapprovisionnement »
[135].
Pendant la guerre, une restructuration interne croissante du commerce a lieu,
qui a d’abord concerné les assortiments. L’ordonnance du 10 janvier 1940 a permis
de compléter l’assortiment par des marchandises nouvelles sans qu’il soit nécessaire
de solliciter une autorisation spéciale. Ce renoncement aux principes de base de la
loi de protection du commerce de détail vise à assurer l’approvisionnement de la
population malgré le nombre décroissant des magasins. Cette mesure s’impose également en raison de la diminution, avec l’économie de guerre, du nombre total des
produits tandis que le nombre de nouveaux produits de remplacement (arômes de
café, lessives sans graisse, protéines artificielles, produits de remplacement des œufs,
etc.) croît rapidement
[136]. A partir de 1943, les groupes de vente de guerre prennent de plus en plus d’importance, de même que le regroupement par branche de
magasins apparentés. Ces mesures réglementées par l’arrêté du 22 avril 1943 doivent diminuer les frais fixes et résoudre les problèmes de place
[137]. Par ailleurs,
des communautés de travail de groupe sont également mises en place afin de faciliter
l’approvisionnement en marchandises
[138]. Les multiples débats autour des techniques de rationalisation des entreprises commerciales, qui vont principalement
déboucher sur les magasins de rationnement et des magasins en libre service avec
un seul employé, se poursuivent pendant la guerre. En février 1942, le groupe professionnel des denrées alimentaires et d’agrément propose un nouveau type de
magasin, précurseur des futurs magasins en libre service rapide
[139]. Son fonctionnement repose en effet sur des marchandises préemballées, ce qui n’est pas applicable à l’époque, compte tenu des pénuries de matériaux d’emballage
[140]. La
priorité donnée au concept de rendement est aussi sensible dans les réflexions sur
les principes qui servent de base depuis les années 1932-1933 à la lutte féroce contre
les magasins à prix unique
[141]. L’élargissement de l’éventail des produits, le développement de nouveaux types de magasins, qui doivent focaliser les forces de rendement, dessinent aussi un modèle de commerce tourné vers « la victoire
finale »
[142].
La situation du commerce s’aggrave nettement en 1943. Même si l’économie
« totale » de guerre, la multiplication des attaques aériennes
[143], les nouveaux plans
de « nettoyage » du commerce et la contribution croissante des femmes à l’économie
d’armement imposent certes leur tribut, l’approvisionnement peut cependant être
assuré jusqu’à la fin de l’année 1944 grâce à une immense énergie au travail et à
l’ingéniosité de nouvelles solutions de fortune
[144]. C’est en février 1943 que commence la première campagne systématique de cessation d’exploitation qui a pour
but la « libération de forces de travail à des fins de guerre » et veut aussi transmettre
une « perspective de guerre ». La gravité de la situation doit être perçue sur le front
intérieur afin de stimuler un travail plus intensif. Toutefois, du point de vue de l’approvisionnement, le grand Reich continue à être privilégié par comparaison aux autres
États de la « forteresse Europe » grâce au pillage systématique des régions occupées
à l’ouest et surtout à l’est. Ce pillage rapporte de l’argent, des matières premières et
des denrées alimentaires aux Allemands et concerne aussi le mobilier et les biens des
habitants des pays conquis et des juifs envoyés à la mort
[145].
Les consommateurs, comme le commerce, profitent de tout cela. Et naturellement, en compensation des cessations d’activité et du recrutement, les commerçants
reçoivent des allocations logement et une certaine compensation financière
[146].
Ce service particulièrement pénible pour la communauté du peuple n’est pas censé
être gratuit, le « noyau du commerce »
[147] recevra son salaire après la guerre. Le
service de guerre est une sorte de « test de performance » pour le marchand allemand
chargé d’assurer « une répartition équitable des marchandises objets de pénurie, car
le client d’aujourd’hui peut être le client le plus fidèle dans un avenir meilleur [sic !].
De belles vitrines même en temps de guerre, car elles témoignent d’une volonté
permanente de service au client. Une bonne tenue des livres comptables, gage de
confiance pour les missions et contrats plus plaisants de demain. La volonté d’éducation de la relève – même s’il faut aussi se battre pour les jeunes gens – parce qu’elle
est preuve de confiance dans la mission de la profession. Un sentiment de joie inaltérable dans le labeur quotidien, en particulier pendant la dure période de la guerre,
car sinon l’homme se dépense vainement et ensuite vient le temps de recueillir sa
part des fruits de la victoire »
[148].
Cette citation renvoie à d’autres devoirs « politiques » du commerce en temps
de guerre. Il y a plus à faire que partager les marchandises
[149]. Le marchand est
finalement « un pionnier du front intérieur » et doit « apporter sa contribution à la
victoire finale »
[150]. Le pouvoir indique explicitement que « chaque magasin allemand, chaque boutique allemande est aujourd’hui une cellule politique, à laquelle
incombe un rôle décisif dans la détermination de l’humeur du peuple tout
entier »
[151]. En tant que maître de l’approvisionnement quotidien, le commerçant
a une position de force par rapport aux consommateurs qui lui sont liés par la liste
de clients; il peut favoriser et aider ou négliger de le faire. Il reçoit froidement les
« rabat-joie » et les « défaitistes » et peut aussi sortir de ses gonds : « Ces salauds sont
responsables de ce que parfois le commerçant perd patience et devient aussi grossier
qu’ils le mériteraient, ce qui est bien sûr inacceptable compte tenu de la réputation
des commerçants et du rôle qu’ils ont à jouer dans le maintien du moral, le conseil
et l’éducation des consommateurs »
[152]. Le commerçant – en fait pendant la
guerre, il s’agissait surtout de commerçantes – est aussi un vecteur de la culture
allemande. En 1943, dans une exposition de peinture organisée à Berlin sur le thème
« Commerçant au travail », l’expression artistique exalte les idéaux et les valeurs
éthiques du commerce, en marge du quotidien meurtrier
[153].
Tout cela ne permet cependant pas de masquer le fait que face aux problèmes
croissants dus à la guerre, le commerçant « allemand » a lui aussi atteint les limites
de la médiation. Pour lui aussi il est impossible de faire coïncider propagande et
réalité; lui aussi, malgré son grand désir d’assurer une performance conforme au
désir du régime, doit finalement souffrir de sa prétention démesurée et de son déclin.
Les espoirs et les attentes qui en 1940 et 1941 présidaient encore aux discussions
acharnées sur la rationalisation de la période de paix à venir ne se sont pas
concrétisés
[154]. La raison n’en est pas uniquement le cadre politico-militaire
d’ensemble. Il faut aussi y voir la conséquence de la collaboration délibérée du commerce « allemand » au régime national-socialiste : c’est pour cela qu’à la fin du
nazisme il n’a plus été possible d’assurer le devoir minimal de toute économie,
l’approvisionnement de base de la population, c’est pour cela que les consommateurs
ont dû rechercher leurs biens dans des cratères de bombes, c’est pour cela que
l’approvisionnement de l’ex-communauté du peuple n’a pu être assuré que par des
forces alliées autrefois diabolisées.
Nos quatre exemples mettent en évidence le net décalage observé dans tous
les cas entre les objectifs idéologiques et leur réalisation historique. Les buts n’ont
pratiquement jamais été atteints, il y a constamment eu des conflits d’intérêts et des
problèmes structurels qui ont compliqué ou complètement empêché leur mise en
œuvre. Les commerçants ont toujours recherché leur propre avantage, de même
que les consommateurs, qui sont toujours restés en marge des objectifs, attachés aux
modèles de consommation traditionnels, cherchant consolation et évasion dans une
consommation pourtant limitée
[155].
Cette analyse est cependant insuffisante. Elle sous-estime la dynamique mise
en marche par l’idéologie, néglige le fait qu’il ne s’est jamais agi de mettre complètement en œuvre ses objectifs. L’idée du commerce « allemand » a entraîné des
changements profonds dans l’appréhension et la conception du petit commerce allemand. Ces changements ont justement été rendus possibles par le décalage entre
l’idéal et sa mise en œuvre toujours limitée. Sans doute les objectifs n’ont-ils jamais
été atteints, les idéaux jamais réalisés, mais cette imperfection a donné lieu à de
nouveaux efforts intenses de réalisation et de mise en œuvre. L’idéal du commerce
« allemand » a fonctionné; ce n’est pas uniquement la force ou l’absence d’alternative
qui a induit un domaine central de l’économie moderne à supporter les risques d’une
politique dont les priorités n’étaient pas l’approvisionnement en biens de consommation ni la prospérité économique du commerce. Les commerçants se sont
contentés de peu, même si c’était déjà plus que par le passé, même si on leur faisait
miroiter un « salaire » à venir. La conjonction de motivations comme la fierté nationale, la supériorité de race et de compétence, la lente progression des richesses a
conduit à un empressement de servir qui peut aujourd’hui nous sembler abscons et
méprisable, mais qui appartient pourtant à la réalité historique.
Le commerce « allemand » a assuré l’approvisionnement dans la communauté
du peuple jusqu’à l’effondrement complet de 1945. Et ses services ont encore été
nécessaires ensuite. Car, alors que le marché illégal toléré et le marché noir ont
continué d’exister, que le troc et la constitution de réserves se sont largement développés
[156], il n’a pas été possible de se priver du commerce et de ses services –
même si le modèle du petit commerçant indépendant de l’époque du miracle économique devait bientôt s’avérer lui aussi obsolète.
[*]
Lecturer of history à Birkbeck College, Londres. Traduction de Françoise WIRTH.
[(1)]
A. BARKAI,
Das Wirtschaftssystem des Nationalsozialismus. Ideologie, Theorie und Politik
1933-1945, nouvelle édition complétée, Francfort-sur-le-Main, 1988.
[(2)]
Cf. M. SCHNEIDER,
Unterm Hakenkreuz. Arbeiter und Arbeiterbewegung 1933 bis 1939, Bonn,
1999, p. 591-609.
[(3)]
I. KERSHAW,
Hitler, 1936-1945, Paris, Flammarion, 2000, p. 10.
[(4)]
Intervention du Dr. Hayler à la radio Westdeutscher Rundfunk sur le thème de « l’ancienne et la
nouvelle pensée économique », reprise dans la revue de la centrale d’achat des épiceries Edeka (fondée
en 1917),
Edeka Deutsche Handels-Rundschau (
D.H.R.), 17,1934, p. 125-126.
[(5)]
La suite constitue un développement des idées présentées dans U. SPIEKERMANN, « Rationalisierung,
Leistungssteigerung und “Gesundung” : Der Handel in Deutschland zwischen den Weltkriegen », in
M. HAVERKAMP, H.J. TEUTEBERG (Hg.),
Unterm Strich. Von der Winkelkrämerei zum E-Commerce,
Bramsche, 2000, p. 203-209. J’y étudiais aussi en détail les formes concurrentes des grandes entreprises
qui ne sont pas particulièrement développées ici.
[(6)]
« Appell an den Handel. Kundgebung des Reichsführers des Handels »,
Edeka D.H.R., 27,1934,
p. 193.
[(7)]
« Im Dienste der Volksgemeinschaft »,
Edeka D.H.R., 27,1934, p. 656.
[(8)]
Il convient certainement de nuancer ici. Le potentiel de modernisation (au sens de l’économie de
marché) des petites et moyennes entreprises du commerce de détail a été considérable pendant la phase
finale du règne du Kaiser comme à la fin des années 1920. La crise économique mondiale a cependant
entraîné un durcissement des positions qui s’est notamment traduit par l’introduction de multiples obligations, interdictions et charges exceptionnelles marquant un retour à une politique étatique qui s’était
relâchée au début du XX
e siècle. Voir à ce propos U. SPIEKERMANN,
Warenhaussteuer in Deutschland.
Mittelstandsbewegung, Kapitalismus und Rechtsstaat im späten Kaiserreich, Francfort-sur-le-Main,
1994, p. 160-167; U. SPIEKERMANN,
Basis der Konsumgesellschaft. Entstehung und Entwicklung des
modernen Kleinhandels in Deutschland 1850-1914, Munich, 1999, p. 416-442.
[(9)]
J. WILDEN, « Der Einzelhandel in Staat und Wirtschaft », in F. EFFER (Hg.),
Der Deutsche Einzelhandel in Staat und Wirtschaft, Düsseldorf, 1926, p. 44. Pour une illustration des espoirs relatifs à
l’organisation catégorielle de l’économie, cf.
Tag des Deutschen Handels, 18.-19. November 1933.
Braunschweig, Cahier spécial du Rekofei Berlin, sans lieu ni date d’édition (Berlin, 1933).
[(10)]
Pour ce qui concerne les différentes lois et mesures réglementaires cf. A. von SALDERN,
Mittelstand im « Dritten Reich ». Handwerker-Einzelhändler-Bauern, Francfort-sur-le-Main/New York,
1979.
[(11)]
Pour plus de détails, voir U. SPIEKERMANN, « Rationalisierung als Daueraufgabe. Der deutsche
Lebensmitteleinzelhandel im 20. Jahrhundert »,
Scripta Mercaturae, 31,1997, p. 83-91.
[(12)]
« Abwehr des Einzelhandels gegen die Direkt-Läden »,
Deutsche Handels-Warte (
D.H.W.), 19,
1931, p. 473; « Erster Rückzug aus dem Direktverkauf »,
D.H.W., 19,1931, p. 521.
[(13)]
Cf. déjà W. HERMANN, « Die Rationalisierung im Lebensmittelhandel », in
Die Bedeutung der
Rationalisierung für das Deutsche Wirtschaftsleben, Berlin, 1928, p. 363.
[(14)]
Cf. G. BERGLER, « Absatzmethoden des Einzelhandels von vorgestern, gestern und heute »,
D.H.W., 22,1934, p. 102-106 et 132.
[(15)]
Pour plus de détails, voir J. NORDEN, « Gesamtverband des deutschen Einzelhandels (G.D.E.) »,
D.H.W., 22,1934, p. 512-516; UFFHAUSEN, « Der Stand des organisatorischen Aufbaus im Einzelhandel »,
D.H.W., 23,1935, p. 241-243. Par ailleurs, il convient d’évoquer ici l’intégration sociopolitique
du commerce dans le Front allemand du travail et de façon spécifique selon les branches dans l’Office du
ravitaillement du Reich.
[(16)]
W. RAFELSBERGER, « Leistungswettbewerb und Selbsthilfegedanke »,
D.H.R., 32,1939, p. 482.
[(17)]
Citation d’après H. HUNKE, « Der Wettbewerb in der nationalsozialistischen Wirtschaftsordnung »,
D.H.R., 31,1938, cahier spécial, p. 57.
[(18)]
Cf. [W.] D [EITER]S, « Händler oder Verteiler ? »,
Die Deutsche Volkswirtschaft, 4,1935,
p. 749-750. D’autres concepts ont également été soumis à cette moralisation, comme celui des magasins
à petits prix – les magasins à prix unique ou encore les grands magasins (« Warenhaus = Kaufhaus ?
Gegen Verfälschung von Firmenbezeichnungen »,
Die Deutsche Volkswirtschaft, 4,1935, p. 720-721).
[(19)]
« Kaufmann – nicht Händler ! »,
D.H.W., 23,1935, p. 26.
[(20)]
Cf. P. PLANZ, « Sachkunde im Einzelhandel »,
D.H.W., 23,1935, p. 215-221; H. GRETSCH,
G. SIEBER, « Schulung der Verkaufskräfte »,
D.H.W., 23,1935, p. 496-503; HÖVISCHE, « Richtlinien für
die Ausbildung von Verkaufslehrlingen im Einzelhandel »,
D.H.W., 23,1935, p. 619-624. H. LÜBBE-MEYER, « Die Kaufmannsprüfungen im Einzelhandel »,
D.H.R., 28,1935, p. 699-700.
[(21)]
Cf. « Mindestanforderungen zur Buchführungspflicht. Richtlinien für die Praxis »,
D.H.R., 31,
1938, p. 825-826. Cette obligation impliquait l’introduction d’un registre des entrées, d’un livre-journal,
d’un compte rendu de caisse journalier, d’un registre de partenaires commerciaux, d’un inventaire annuel
et d’un bilan de fin d’exercice.
[(22)]
Cf. l’ordonnance relative à la caractérisation extérieure des denrées alimentaires (
Lebensmittel-Kennzeichnungsverordnung) du 8 mai 1935,
D.H.R., 28,1935, p. 522,524.
[(23)]
Là aussi il s’agit d’un retour à des modèles anciens, cf. H. GRÜNFELD, « Die Hauptgemeinschaft
des Deutschen Einzelhandels als Berufs- und Wirtschaftsvertretung », in F. EFFER (Hg.),
Der Deutsche
Einzelhandel...,
op. cit., p. 28.
[(24)]
Voir à ce propos P. HILLAND (H.D.E.), « Die Aufgaben des Jahres 1934 für den deutschen Einzelhandel »,
D.H.W., 22,1934, p. 1.
[(25)]
Les effets en sont notamment dépeints pour le Wuppertal dans G. SCHERER, « Auswirkungen der
neuen Erlaubnispflicht für den Straßen- und Hausierhandel »,
D.H.W., 23,1935, p. 405-410.
[(26)]
W. MAYER, « Die Persönlichkeit des Unternehmers bestimmt den Wirtschaftserfolg »,
D.H.R., 34,
1941, p. 346.
[(27)]
Cette expression (
innere Wandlung) a très fréquemment été utilisée en 1933-1934, cf. par ex.
l’intervention du Dr. Hayler à la radio déjà citée,
Edeka D.H.R., 17,1934, p. 126.
[(28)]
E. HEINIG, « Um die Berufsbereinigung »,
D.H.R., 32,1939, p. 20.
[(29)]
Cf. K. ARNHOLD,
Umrisse einer deutschen Betriebslehre, Leipzig, 1936, p. 31.
[(30)]
Cf. A. WERNER, « Soldaten der Selbsthilfe. Silvesterbetrachtung »,
D.H.R., 28,1935,
p. 1335-1336.
[(31)]
« Lebensziel und Lebensinhalt »,
D.H.R., 28,1935, p. 370.
[(32)]
Cf. W. MAYER, « Die Frau hinter dem Ladentisch »,
D.H.R., 32,1939, p. 101-102.
[(33)]
Cf. W. MAYER, « Die Berufstätigkeit der Frau im Einzelhandel »,
D.H.R., 28,1935, p. 304.
[(34)]
« Probleme des Einzelhandels »,
D.H.R., 31,1938, p. 842.
[(35)]
« Die Hausfrau ist richtungsgebend »,
Edeka D.H.R., 27,1934, p. 856.
[(36)]
« Vorbildliche Ladeneinrichtung »,
D.H.R., 32,1939, p. 270.
[(37)]
« Der neuzeitliche Kolonialwarenladen »,
D.H.R., 32,1939, p. 172. Cf. aussi F. HAYLER, « Schönheit der Arbeit im Einzelhandel ! Ein Aufruf des Leiters der Wirtschaftsgruppe Einzelhandel »,
D.H.W.,
23,1935, p. 25-26; K. VÖLKER, « Einige Anregungen zur Gestaltung der Verteilungsstelle »,
Die Rundschau, 36,1939, p. 462-464.
[(38)]
Cf. par ex. « Das vorbildliche Einzelhandelsgeschäft »,
D.H.R., 32,1939, p. 310.
[(39)]
Pour plus d’informations, voir
Betriebsstruktur und Besteuerung im Einzelhandel und im
Handwerk. Eine Sammlung von Richtzahlen, t. I :
Einzelhandel, Berlin, 1935; « Umsatz, Betriebsausgaben und Gewinn im Einzelhandel mit Nahrungs- und Genußmitteln »,
Wirtschaft und Statistik, 17,
1937, p. 441-442;
Betriebsstruktur und Kostengestaltung in wichtigen Gewerbezweigen. Eine Sammlung von Richtzahlen, t. II :
Einzelhandel, Gaststätten- und Beherbergungsgewerbe, Berlin, 1940.
Ces références montrent clairement que la reprise de l’économie a surtout concerné les magasins grands
ou moyens, beaucoup moins les petites entreprises avec un chiffre d’affaires annuel inférieur à
20 000 R.M.
[(40)]
Pour des détails à ce propos, cf. U. KURZER,
Nationalsozialismus und Konsumgenossenschaften. Gleichschaltung, Sanierung und Teilliquidation zwischen 1933 und 1936, Pfaffenweiler,
1997.
[(41)]
« Die Judenfrage im Einzelhandel »,
D.H.W., 23,1935, p. 713-714.
[(42)]
Pour un exemple concret voir notamment E. STILLE, « Vertreibung der Frankfurter Juden aus der
Bekleidungswirtschaft », in A. JUNKER (Hg.),
Frankfurt Macht Mode 1933-1945, Marbourg, 1999,
p. 83-107.
[(43)]
Cf. les pièces de refus illégal de permis de commerce ambulant à des marchands juifs, archives
d’État de Basse-Saxe Osnabrück, Rep. 430, Dez. 301, acc. 15 A/65, Nr. 5, vol. 1.
[(44)]
« Beseitigung der Uebersetzung im Einzelhandel »,
D.H.R., 32,1939, p. 223. Selon cette ordonnance la fermeture de magasins était légale si le propriétaire avait touché une aide sociale ou une allocation
chômage au cours des deux années précédentes, s’il n’était pas en mesure de remplir ses obligations
fiscales vis-à-vis de la
Gefolgschaft sans mettre son entreprise en danger ou s’il avait été dispensé de
l’impôt. Cf. aussi LUCAS, « Die “Beseitigung der Übersetzung im Einzelhandel” durch die Verordnung im
Einzelhandel vom 16. März 1939 »,
D.H.R., 32,1939, p. 332.
[(45)]
Pour plus de détails voir C. LÜER, « Das Problem der Übersetzung im Handel »,
Der Vierjahresplan, 1,1937, p. 581-583.
[(46)]
Übersicht über die Betriebsverhältnisse und über die soziale Struktur des deutschen Einzelhandels. Tabellenmaterial einer Erhebung der Wirtschaftsgruppe Einzelhandel vom Jahre 1938,
Berlin, 1943 (ms.).
[(47)]
Betriebsstruktur, op. cit., 1940. Pour un aperçu de l’utilisation efficace des méthodes statistiques
modernes appliquées à l’économie et à la société sous le nazisme, cf. G. ALY, K. H. ROTH,
Die restlose
Erfassung. Volkszählen, Identifizieren, Aussondern im Nationalsozialismus, nouvelle édition remaniée, Francfort-sur-le-Main, 2000.
[(48)]
Cf. D. REINHARDT,
Von der Reklame zum Marketing. Geschichte der Wirtschaftswerbung in
Deutschland, Berlin, 1993, notamment p. 137-142.
[(49)]
Cf. H. BERGHOFF, « Von der “Reklame” zur Verbrauchslenkung. Werbung im nationalsozialistischen Deutschland », in H. BERGHOFF (Hg.),
Konsumpolitik. Die Regulierung des privaten Verbrauchs
im 20. Jahrhundert, Göttingen, 1999, p. 78-79.
[(50)]
En 1929 les dépenses promotionnelles du commerce de détail étaient estimées à 543 millions de
R.M., par rapport à 350 millions de R.M. pour l’industrie (sur un total d’environ 1 milliard de R.M.),
V. MATAJA, « Die Bedeutung der Reklame »,
Magazin der Wirtschaft, 5,1929, p. 1241.
[(51)]
Les coopératives de consommation peuvent ici apparaître (avec toutes les réserves nécessaires)
comme des contre-exemples. Cf. U. SPIEKERMANN, « Medium der Solidarität. Die Werbung der Konsumgenossenschaften 1903-1933 », in P. BORSCHEID, C. WISCHERMANN (Hg.),
Bilderwelt des Alltags. Werbung in der Konsumgesellschaft des 19. und 20. Jahrhunderts, Stuttgart, 1995, p. 150-189.
[(52)]
Cf. H. CULEMANN, « Die Auswirkungen des neuen Werbegesetzes für den mittelständischen Fachkaufmann »,
D.H.W., 21,1933, p. 622-625. Sur la conception nationale-socialiste de la promotion, cf.
E. MAURER,
Die volks- und betriebswirtschaftliche Bedeutung der Wirtschaftswerbung, Berlin, 1939.
[(53)]
Cf. KÖPKE, « Die Voraussetzungen für die Werbung »,
Edeka D.H.R., 28,1934, p. 117-118.
[(54)]
Au sujet de la « semaine allemande » mise en place dès la fin des années 1920 cf. W. SEEDORF,
« Das landwirtschaftliche Marktwesen und die D.L.G. »,
Mitteilungen der Deutschen Landwirtschaftsgesellschaft, 47,1932, p. 75-76; K. KRAÜTLE, « Landwirtschaftliche Absatzförderung »,
Mitteilungen
der Deutschen Landwirtschafts-Gesellschaft, 47,1932, p. 762-764. La semaine publicitaire de la
« pomme allemande » est une bonne illustration d’une campagne spéciale :
Edeka D.H.R., 27,1934,
p. 895.
[(55)]
« Aufruf : Dr. Goebbels ruft zum 1. Mai »,
Edeka D.H.R., 27,1934, p. 246.
[(56)]
Cf. F. W. SCHULZE, « Bericht der Edeka Reklame- und Verkaufsabteilung, der Abteilung für Konsumentendienst und Warenkunde »,
Edeka D.H.R., 27,1934, cahier spécial, p. 38-40, en particulier
p. 39; F. W. SCHULZE, « Bericht der Edeka Reklame- und Verkaufsabteilung, der Abteilung für Konsumentendienst und Warenkunde », in
Bericht über den 28. Edeka Verbandstag 1935 in Aachen, Berlin,
1935, p. 172.
[(57)]
D.H.R., 30,1937, n
o 18, page de titre; cf. aussi les illustrations in H. OSTEN, « Nachklänge zum
1. Mai »,
Edeka D.H.R., 27,1934, p. 279.
[(58)]
« Am 1. Mai alle Fenster schmücken ! »,
art. cit., p. 383.
[(59)]
« Das Schaufenster zur Feier des 1. Mai »,
D.H.R., 29,1936, p. 401. Cf. aussi « Am 1. Mai alle
Fenster schmücken ! »,
art. cit., p. 383. Les symboles des différentes branches professionnelles sont ici
présentés comme un lien unificateur d’un peuple créateur.
[(60)]
Directives de la direction de la Propagande du Reich,
Edeka D.H.R., 28,1935, p. 946; « Würdig
ausgeschmückte Schaufenster zum Erntedankfest 1936 »,
D.H.R., 29,1936, p. 870; « Schaufensterschmuck zum Erntedankfest ! »,
D.H.R., 31,1938, p. 792.
[(61)]
« Alle Schaufenster zum Erntedankfest schmücken »,
Edeka D.H.R., 28,1935, p. 945.
[(62)]
« Im Zeichen des Erntekranzes. Am Tag der Ernte : Symbolische Gestaltung des Erntedankfestes
in allen Schaufenstern »,
Edeka D.H.R., 27,1934, p. 584. Cf. aussi le projet dans « Jedes Schaufenster
im Zeichen des Erntekranzes ! »,
D.H.R., 29,1936, p. 823.
[(63)]
W. MAYER, « Unser Erntedank ! »,
D.H.R., 29,1936, p. 805.
[(64)]
Cf. H. GÖTZELT, « Erntedanktag ! »,
D.H.R., 30,1937, p. 833.
[(65)]
Cf. W. HEIDEL,
Ernährungswirtschaft und Verbrauchslenkung im Dritten Reich 1936-1939,
thèse de doctorat d’histoire, Berlin, 1989. Sur le développement de la diététique sous le III
e Reich cf.
U. SPIEKERMANN, « Pfade in die Zukunft ? Entwicklungslinien der Ernährungswissenschaft im 19. und 20.
Jahrhundert », in G. SCHÖNBERGER, U. SPIEKERMANN (Hg.),
Die Zukunft der Ernährungswissenschaft,
Berlin/Heidelberg/New York, 2000, p. 23-46.
[(66)]
Cf. M. WINCKEL, « Die Ernährungsfrage im neuen Deutschland »,
Zeitschrift für Volksernährung
und Diätkost, 8,1933, p. 197-199; W. KOLLATH, « Vernünftige Ernährung und ihre Propaganda in der
Schule »,
Gesundheit und Erziehung, 48,1935, p. 292-295. Sur la transmission à des intermédiaires
des conseils d’alimentation conformes au régime cf. D. REINHARDT, U. SPIEKERMANN, « Die
Zeitschrift für
Volksernährung 1925-1939. Geschichte und bibliographische Erschließung », in A. BODENSTEDT et alii
(Hg.),
Materialien zur Ermittlung von Ernährungsverhalten, Karlsruhe, 1997, p. 80-83.
[(67)]
Cf. F. LIEBERICH,
Die Absatzwerbung für den deutschen Seefisch, Wiwi. Diss., Munich, 1943,
p. 55-56.
[(68)]
Pour plus de détails voir U. SPIEKERMANN, « Zeitensprünge : Lebensmittelkonservierung zwischen
Industrie und Haushalt 1880-1940 », in
Ernährungskultur im Wandel der Zeiten, éd. par KATALYSE
e. V./BUNTSTIFT e. V., Cologne, 1997, p. 32-35.
[(69)]
Le hareng était surtout pêché entre août et octobre tandis que les autres sortes de poisson étaient
principalement disponibles entre janvier et avril. Cf. H.J. METZDORF, « Saisonschwankungen in der Erzeugung und im Verbrauch von Nahrungsmitteln »,
Die Ernährung, 3,1938, p. 28-29.
[(70)]
Cf. U. SPIEKERMANN, « Regionale Verzehrsunterschiede als Problem der Wirtschafts- und Sozialgeschichte. Räume und Strukturen im Deutschen Reich 1900-1940 », in H.-J. TEUTEBERG, G. NEUMANN,
A. WIERLACHER (Hg.),
Essen und kulturelle Identität. Europäische Perspektiven, Berlin, 1997, p. 251.
[(71)]
I. VOß,
Wandlungen im Fischkonsum Deutschlands in der Nachkriegszeit unter besonderer
Berücksichtigung des Seefischkonsums, Wiwi. Diss. Nürnberg, Wesermünde, 1939, p. 52 indique une
consommation par tête pour 1930 de 5,0 kg de production allemande et 4,6 kg de production étrangère.
Pour 1933 ces valeurs sont de 5,7 et 3,2 kg respectivement.
[(72)]
Cf. O. BR[ENNING], « Propagierung der Fischnahrung im Rahmen der deutschen Erzeugungsschlacht »,
Norddeutsche Fischerei-Zeitung, 27,1935, p. 123-124.
[(73)]
« Steigerung des Fischkonserven-Verbrauchs. Eine Forderung im Interesse der Arbeitsbeschaffung »,
Edeka D.H.R., 27,1934, p. 207.
[(74)]
H. GLOY, « Die deutsche Fischwirtschaft »,
Die Deutsche Volkswirtschaft, 4,1935, p. 314.
[(75)]
L’association économique de la pêche allemande (
Wirtschaftliche Vereinigung der deutschen
Fischwirtschaft) a été fondée début 1934, suivie le 1
er avril 1935 par l’association générale de la pêche
allemande (
Hauptvereinigung der deutschen Fischwirtschaft) (« Neue Marktordnungen. Für die
Fischwirtschaft »,
Die Deutsche Volkswirtschaft, 4,1935, p. 398-399). La commission du poisson de
mer du Reich, chargée de la promotion, a été remplacée fin 1937 par l’Office de promotion du poisson
(
Reichsfischwerbung), dont l’action ne concernait que la vente (F. REICHHARDT, « Die Fischwirtschaft im
Vierjahresplan »,
Braune Wirtschafts-Post, 7,1938, p. 510). Sur les évolutions de la situation politique
de l’alimentation voir W. ZIEGELMAYER,
Rohstoff-Fragen der deutschen Volksernährung. Eine Darstellung der ernährungswirtschaftlichen und ernährungswissenschaftlichen Aufgaben unserer Zeit,
Dresde-Leipzig, 1936, p. 99-113.
[(76)]
L’objectif était d’étendre la consommation par tête dans l’ensemble du Reich à 20 kg par an
(« Fortschritte im Fischeinzelhandel »,
Ruhr und Rhein, 20,1939, p. 262).
[(77)]
Cf. REICHERT-FACILIDES, « Seefische im Lebensmittelgeschäft ? »,
D.H.R., 28,1935,
p. 1183-1184; O. BRENNING, « Grundregeln für das Fischgeschäft »,
D.H.R., 28,1935, p. 1185-1186;
W. ROSENHAIN, « Lebendige Werbung »,
D.H.R., 28,1935, p. 1192-1193.
[(78)]
« Förderung des Seefischabsatzes durch Fischtage »,
D.H.R., 29,1936, p. 179-180.
[(79)]
« Fischverkauf in Lebensmittelgeschäften »,
D.H.R., 29,1936, p. 235.
[(80)]
Cf. « Fischfang tut not »,
D.H.R., 29,1936. Parmi les slogans qui devaient aider à atteindre le
nouvel objectif d’une consommation quotidienne de poisson par chaque Allemand : « Les produits de la
pêche nous permettent de satisfaire facilement nos besoins en viande et en protéines par une production
intérieure. Les poissons en conserve sont sains, bon marché et savoureux. Les poissons en conserve sont
prêts à servir. Ils sont appréciés de tous pour leur goût savoureux. Le poisson est nourrissant ».
[(81)]
O. BRENNING, « Wie betreibt man den Verkauf frischer Seefische ! »,
D.H.R., 29,1935,
p. 1092-1093, en particulier p. 1092.
[(82)]
Cf. F. HAYLER, « Kaufleute des deutschen Einzelhandels ! »,
D.H.R., 29,1936, p. 1211.
[(83)]
F. MARLOW, « Der Seefisch und der zubereitete Fisch in der Volksernährung und Volkswirtschaft »,
Norddeutsche Fischerei-Zeitung, 28,1936, p. 95.
[(84)]
O. ILCHMANN, « Pflegt das Frischfisch-Geschäft »,
D.H.R., 30,1937, p. 27. Cf. auch F. HAYLER,
« Frische Fische – gute Fische »,
Rundschau des Reichsbundes der deutschen Verbrauchergenossenschaften, 34,1937, p. 473-474.
[(85)]
« Neue Wege der Absatzförderung im Fischhandel »,
D.H.R., 30,1937, p. 357.
[(86)]
« Seefische und Fisch-Räucherwaren auf Verbilligungsscheine »,
D.H.R., 30,1937, p. 790.
[(87)]
D.H.R., 30,1937, p. 639.
[(88)]
Pour une critique de cet aspect : « Hinzunahme von Fisch jetzt genehmigungspflichtig »,
D.H.R.,
31,1938, p. 440. Voir aussi « Genehmigungspflicht für Fische »,
D.H.R., 30,1937, p. 992-993 (antérieur) ou encore « Mindestanforderungen für den Fischverkauf »,
Die Rundschau, 35,1938, p. 249-250.
[(89)]
« Der Förderungsdienst des Fisch-Einzelhandels »,
D.H.R., 31,1938, p. 946.
[(90)]
Nordsee, la plus grande chaîne spécialisée du Reich allemand, en est un parfait exemple, cf. I VOß,
Wandlungen...,
op. cit., p. 60-63.
[(91)]
H. D. PETZINA,
Der nationalsozialistische Vierjahresplan von 1936. Entstehung, Verlauf, Wirkungen, Wiwi. Diss., Mannheim, 1965, p. 230.
[(92)]
Cf. H. MOSOLFF, « Steigerung der deutschen Seefischversorgung und ihre Grundlagen »,
Die
Deutsche Volkswirtschaft, 6,1937, p. 1051-1056,1087-1089; H. MOSOLFF (Hg.),
Aufbau der deutschen Gefrierindustrie. Handbuch der Tiefkühlwirtschaft, Hambourg, 1941.
[(93)]
Cf. « Planvolle Verbrauchslenkung schafft volkswirtschaftliche Werte ! »,
Die Genossenschaftsfamilie, 31,1938, n
o 5, p. 13; « Das Meer, die freie Kolonie Deutschlands ! »,
Die Genossenschaftsfamilie, 32,1939, n
o 3, p. 15.
[(94)]
Données tirées de D. GRUPE,
Die Nahrungsmittelversorgung Deutschlands seit 1925. Eine
Auswertung der einschlägigen Statistiken zu vergleichbaren Versorgungsbilanzen. Teil B :
Schaubilder und Tabellen, Hanovre, 1957, p. 74-75; U. SPIEKERMANN, « Regionale Verzehrsunterschiede... »,
art. cit., p. 252.
[(95)]
Cf.
Deutschlands wirtschaftliche Lage in der Jahresmitte 1939. Überreicht von der Reichs-Kredit-Gesellschaft Aktiengesellschaft Berlin, sans lieu ni date d’édition (1939) (ms.), p. 16.
[(96)]
« Der deutsche Einzelhandel in der Kriegszeit. Aus dem Arbeitsbericht der Wirtschaftsgruppe Einzelhandel für 1939/1941 »,
D.H.R., 35,1942, p. 25.
[(97)]
Ces deux citations sont tirées de la préface de la rédaction, in G. von HAKE, « Ladenzeiten um
Deutschland herum »,
Edeka D.H.R., 27,1934, p. 569. Cf. U. SPIEKERMANN, « Freier Konsum und soziale
Vorantwortung. Zur Geschichte des Ladenschlusses in Deutschland im 19. und 20. Jahrhundert »,
Zeitschrift für Unternehmensgeschichte, 49,2004, p. 26-44.
[(98)]
Voir le poème « Die Einkaufminute » (Kladderadatsch, 26 août 1934),
Edeka D.H.R., 27,1934,
p. 588.
[(99)]
Cf. F. POLL, « Anmerkungen zum neuen Automatengesetz »,
Soziale Praxis, 43,1934,
p. 1200-1203; E.-M. PURITZ, « Was wir Hausfrauen vom Automaten halten »,
Der Automat, 8,1934,
p. 315-317.
[(100)]
Selon celle-ci, la fermeture des magasins les jours ouvrables – sous réserve du respect des dispositions particulières du droit du travail – pouvait être reculée jusqu’à 21 h, 20 jours par an, tandis que
les heures d’ouverture le matin pour les commerces alimentaires pouvaient être avancées à 5 h.
[(101)]
H. STÜRMER, « Sonnabend-Frühschluß im Einzelhandel »,
D.H.W., 25,1937, p. 183-184, en
particulier p. 183.
[(102)]
« Sonnabend-Frühschluß ein vordringliches Problem »,
D.H.W., 25,1937, p. 203 : « Dr. Schacht
zum Sonnabend-Frühschluß »,
D.H.W., 25,1937, p. 219. Ces efforts ont notamment débouché sur « le
disque du soir » du Front allemand du travail (D.A.F.) qui, à 18 heures 45, invitait les consommateurs à
quitter le magasin (« Die Geschäftszeit ist beendet ! Schallplatte der D.A.F. mahnt die Käufer »,
D.H.R.,
31,1938, p. 707).
[(103)]
Cf. G. HAKE, « Die Neufassung der Arbeitszeitordnung »,
D.H.W., 26,1938, p. 282-284;
G. HAKE, « Was bringt die Neufassung der Arbeitszeitordnung »,
D.H.R., 31,1938, p. 413.
[(104)]
Voir « Zur Frage des Mittagsladenschlusses im Einzelhandel »,
D.H.R., 32,1939, p. 146; « Einzelhandel und Mittags-Ladenschluß »,
Leipziger Fachzeitung für Bäcker und Konditoren, 51,1939,
p. 250; « Kein Mittagsladenschluß »,
Die Rundschau, 36,1939, p. 258. E. M. WALDENBURG, « Urlaubsvertretung für den Einzelhändler »,
D.H.R., 31,1938, p. 96; T. KLOCKMEYER, « Mittags- und Freizeit für
den Einzelhändler »,
D.H.R., 31,1938, p. 212.
[(105)]
Cf. « Sechsuhrladenschluß in Güstrow im Sommer »,
Die Rundschau, 35,1938, p. 426.
[(106)]
« Die Anordnung des Reichswirtschaftsministers zur Verhinderung von Ladenzeitverkürzungen.
Vom 31. Mai 1939 »,
Mehl und Brot, 39,1939, p. 384. Cf. aussi « Nähere Anweisungen zur Verhinderung der Ladenzeitverkürzungen »,
Mehl und Brot, 39,1939, p. 400; « Ladenzeiten ohne Verkürzung »,
Der deutsche Volkswirt, 13,1939, p. 1665-1666.
[(107)]
Cf. « Die Geschäftszeit an Verkaufssonntagen »,
D.H.R., 31,1938, p. 1008; arrêté du ministre
du Travail du Reich en date du 2 juillet 1938 (
Reichsarbeitsblatt, 1938, T. I, I240) relatif à la fermeture
des magasins dans les campagnes. Pour plus de détails cf. « Ladenschluß in ländlichen Gebieten »,
Reichsarbeitsblatt, 1939, T. I, I109-I110; « Ladenschluß in ländlichen Gemeinden »,
Leipziger Fachzeitung
für Bäcker und Konditoreien, 51,1939, p. 174; « Der Ladenschluß in ländlichen Gebieten »,
D.H.R.,
31,1938, p. 630. En 1941 la fermeture est portée à 22 heures (« Betr. Ladenschluß in ländlichen
Gebieten »,
Reichsarbeitsblatt, 1941, T. I, I267).
[(108)]
Cf. « Die Geschäftszeit an Verkaufssonntagen »,
D.H.R., 31,1938, p. 1008.
[(109)]
« Verordnung über den Ladenschluß. Vom 21 Dezember 1939 » (
R.G.Bl. I, p. 2471),
Der Vierjahresplan, 4,1940, p. 68.
[(110)]
G. HAKE, « Das neue Ladenzeit-Recht/Offenhaltungspflicht der Einzelhandelsgeschäfte »,
D.H.R., 33,1940, p. 14.
[(111)]
DEUTSCHBEIN, « Neuregelung des Ladenschlusses »,
Reichsarbeitsblatt, 1940, T. V, V11-V14.
[(112)]
Cf. F.H. SCHMIDT, « Die Ladenschlußregelung während der Sommerzeit »,
Reichsarbeitsblatt,
1940, T. V, V166-V167; « Einheitliche Ladenzeiten »,
Der deutsche Volkswirt, 17,1942/43, p. 506;
« Ladenschluß »,
Reichsarbeitsblatt, 1942, T. V, V557; « Keine Schließungen von Lebensmittelgeschäften in der Weihnachtszeit »,
Reichsarbeitsblatt, 1942, V641.
[(113)]
Cf. « Optimale Ausnutzung im Einzelhandel »,
Der deutsche Volkswirt, 16,1941/42,
p. 927-928; SCHULTE OVERBERG, « Drei Jahre Ladenschlußverordnung »,
Reichsarbeitsblatt, 1942, T. V,
V654-658.
[(114)]
« Der Ladenschluß »,
Mehl und Brot, 43,1943, p. 237.
[(115)]
F.H. SCHMIDT, « Die Ladenschlußregelung... »,
art. cit., V167.
[(116)]
P. KÖNIG, « Rückblick und Ausblick. Zum Geschäftsbericht der Edekazentralorganisationen über
das Geschäftsjahr 1940 »,
D.H.R., 34,1941, p. 211-213.
[(117)]
Pour de nombreux produits, des listes ont même été établies plus tôt, pour le café par exemple
en février 1939, cf. « Amtliche Richtlinien für den Kaffeehandel »,
D.H.R., 32,1939, p. 152.
[(118)]
« Das Wichtigste über die Neuregelung »,
D.H.R., 32,1939, p. 698-701. Voir aussi K. VÖLKER,
« Die wehrpolitische Haltung des Verbrauchers und der Verbrauchergenossenschaft »,
Die Rundschau,
36,1939, p. 397-401.
[(119)]
Données tirées de P. KÖNIG, « Zum neuen Jahre ! »,
D.H.R., 33,1940, p. 561.
[(120)]
Cf. H. GEITHE, « Die Edeka-Genossenschaften in der Kriegswirtschaft »,
D.H.R., 32,1939,
p. 745-746.
[(121)]
Cf. H. SCHMITZ,
Die Bewirtschaftung der Nahrungsmittel und Verbrauchsgüter 1939-1950.
Dargestellt an dem Beispiel der Stadt Essen, publié par les services municipaux d’Essen, Essen, 1956;
G. CORNI, H. GIES,
Brot, Butter, Kanonen. Die Ernährungswirtschaft in Deutschland unter der Diktatur Hitlers, Berlin, 1997.
[(122)]
Comme le montre bien L. GRUCHMANN, « Korruption im Dritten Reich. Die “Lebensmittelversorgung” der N.S.-Führerschaft »,
Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte, 42,1994, p. 571-593.
[(123)]
Cf. R. HACHTMANN, « Lebenshaltungskosten und Reallöhne während des “Dritten Reiches” »,
Vierteljahrsschrift für Wirtschafts- und Sozialgeschichte, 75,1988, p. 57 et comme exemple de lutte
contre le marché noir dans le commerce automobile,
D.H.R., 32,1939, p. 644.
[(124)]
« Ehrenrühriger Tauschhandel »,
Der deutsche Volkswirt, 16,1941/42, p. 526-527. Voir aussi
« Bekämpfung des Tauschhandels »,
D.H.R., 35,1942, p. 6; « Pflichtbewußter Handel »,
D.H.R., 35,
1942, p. 30-31.
[(125)]
« Gebrauchtwarentauschstellen »,
Die Deutsche Volkswirtschaft, 12,1943, p. 668.
[(126)]
« Tauschstellen des Handels »,
Die Deutsche Volkswirtschaft, 12,1943, p. 1054-1055. Cf.
aussi « Errichtung von Tauschzentralen »,
Der deutsche Volkswirt, 17,1942/43, p. 857-858.
[(127)]
Cf. la glose « Blick in den Keller »,
Frankfurter Zeitung, 87,31 juillet 1943, p. 3. Pour un
exemple concret se reporter au cas d’un magasin de chaussures du canton de Bersenbrück, dont l’installation a pris plus de six mois parce que les marchandises réquisitionnées ont été redistribuées (Archives
d’État de Basse-Saxe Osnabrück, Rep. 430, Dez. 106, acc. 15/65, Nr. 319, vol. 1 et vol. 2).
[(128)]
Cf. « Die neue Verbrauchsregelungs-Strafverordnung »,
D.H.R., 35,1942, p. 34-35; la nouvelle
réglementation de la consommation prévoyait des peines de prison et des amendes pour quiconque
vendrait des marchandises sans autorisation ou quiconque détournerait des marchandises destinées à
l’approvisionnement légal.
[(129)]
« Au total, dans les années de guerre 1939 à 1945, on a fait appel au commerce comme
fournisseur direct des autorités et des services de l’armée, comme intermédiaire de production pour les
entreprises de l’industrie et comme ravitailleur de la population en pleine économie d’armement »
(J. TIBURTIUS,
Lage und Leistungen des deutschen Handels in ihrer Bedeutung für die Gegenwart,
Berlin-Munich, 1949, p. 47).
[(130)]
Données tirées de J. TIBURTIUS, « Die Handelsleistung unter staatlichen und korporativen Einwirkungen »,
Jahrbuch für Gesetzgebung, Verwaltung und Volkswirtschaft im Deutschen Reich, 65,
1942, p. 561.
[(131)]
Données tirées de R. NIESCHLAG, « Der Weg des deutschen Binnenhandels. Eine Studie des Deutschen Instituts für Wirtschaftsforschung »,
Europa-Archiv, 2,1947, p. 815.
[(132)]
Cf. par ex. « Das aktuelle Schaufenster »,
D.H.R., 33,1940, p. 202,222 et « Leere Schaufenster
dienen wieder der Werbung »,
D.H.R., 33,1940, p. 401.
[(133)]
Cf. « Die Ware im Fenster »,
Der deutsche Volkswirt, 17,1942/43, p. 587.
[(134)]
Toutefois la rotation des stocks a augmenté de 1939 à 1940 parfois fortement (sauf pour le
commerce des meubles), en particulier le commerce des denrées alimentaires a dégagé des marges en
nette amélioration (cf. J. TIBURTIUS,
Lage...,
op. cit., p. 135).
[(135)]
J. TIBURTIUS, « Wettbewerb und Initiative des Handels im Kriege »,
Der deutsche Volkswirt, 16,
1941/42, p. 1443.
[(136)]
Cf. « Bericht der Edekazentrale e. G.m.b. H. »,
D.H.R., 34,1941, p. 223-224.
[(137)]
Cf. « Kriegsverkaufsgemeinschaften »,
Die Deutsche Volkswirtschaft, 12,1943, p. 259;
« Erleichterte Verkaufsgemeinschaft »,
Die Deutsche Volkswirtschaft, 12,1943, p. 412-413.
[(138)]
« Bildung von Gruppenarbeitsgemeinschaften im Handel »,
Die Deutsche Volkswirtschaft, 12,
1943, p. 471-472.
[(139)]
Cf. « Betriebsvereinfachung im Lebensmitteleinzelhandel »,
D.H.R., 35,1942, p; 44 ;
F. W. SCHULZE, « Eine Gegenwartsaufgabe », 35,1942, p. 57-58; « Arbeitssparender Verkauf »,
Frankfurter Zeitung, 86,26 février 1942, p. 3.
[(140)]
Pour alimenter la discussion, cf. W. JOHANN, « Mehl lose oder verpackt »,
D.H.R., 35,1942,
p. 77.
[(141)]
Cf. « Einheitspreis als Rationalisierungsfaktor »,
Der deutsche Volkswirt, 16,1941/42,
p. 1125.
[(142)]
Cf. « Die Umstellung im Einzelhandel »,
Der deutsche Volkswirt, 17,1942/43, p. 642-643.
[(143)]
Pour des données précises, cf. « Einsatz des Handels im Luftkrieg »,
Die Deutsche Volkswirtschaft, 12,1943, p. 795-796.
[(144)]
Cf. U. KLUGE, « Kriegs- und Mangelernährung im Nationalsozialismus »,
Beiträge zur historischen Sozialkunde, 15,1985, p. 67-73.
[(145)]
A ce propos, voir C. GERLACH,
Kalkulierte Morde. Die deutsche Wirtschafts- und Vernichtungspolitik in Weißrußland 1941 bis 1944, 2
e édition, Hambourg, 1999, p. 231-371 et W. DREßEN,
« Betrifft : » Aktion 3 « Deutsche verwerten jüdische Nachbarn. Dokumente zur Arisierung », Berlin,
1998, p. 45-61; M. KRAUSE, M. GANDER, « “Arisierung” des jüdischen Handels und Handel mit jüdischem
Besitz im Regierungsbezirk Osnabrück », in M. HAVERKAMP, H.-J. TEUTEBERG (Hg.),
Unterm Strich...,
op.
cit., p. 237-243.
[(146)]
Cf. « Die Unterstützung der “Stillgelegten” »,
Der deutsche Volkswirt, 17,1942/43, p. 643;
« Mietbeihilfen für gewerbliche Räume des Handels »,
Die Deutsche Volkswirtschaft, 12,1943,
p. 686-688.
[(147)]
« Konzentration im Handel »,
Die Deutsche Volkswirtschaft, 12,1943, p. 894.
[(148)]
O. FRIEDRICH, « Im Glauben an Deutschland ! »,
D.H.R., 35,1942, p. 17.
[(149)]
Voir par ex. H. FACKLER, « Gleichgeschaltet – der Handel im Dritten Reich », in M. HAVERKAMP,
H.-J. TEUTEBERG (Hg.),
Unterm Strich...,
op. cit., p. 252-253.
[(150)]
« Die Bewirtschaftung – Rückblick und Ausblick ! »,
D.H.R., 33,1940, p. 383.
[(151)]
« Der Kriegsbeitrag des Einzelhandels »,
D.H.R., 32,1939, p. 737.
[(152)]
« Die Waffe Humor »,
D.H.R., 34,1941, p. 8.
[(153)]
« Kaufmannskultur im Kriege »,
Die Deutsche Volkswirtschaft, 12,1943, p. 896.
[(154)]
Cf. « Edeka-Ausstattungsdienst. Ziel : Jedes Edeka-Geschäft ein Musterladen ! »,
D.H.R., 34,
1941, p. 113-114; W. MÜLLER, « Der Edeka-Ausstattungsdienst und die Kriegswirtschaft »,
D.H.R., 33,
1940, p. 61-62. Ces réflexions ont été immédiatement reprises après la période de la guerre.
[(155)]
Cf. A. LÜDTKE, « Feingebäck und Heißhunger auf Backwaren. Bemerkungen zum süßen Geschmack im Faschismus », in
Zuckerhistorische Beiträge aus der alten und neuen Welt, Berlin (W), 1988,
p. 399-426.
[(156)]
Sur cette phase de transition, cf. P. ERKER,
Ernährungskrise und Nachkriegsgesellschaft.
Bauern und Arbeiterschaft in Bayern 1943-1953, Stuttgart, 1990, p. 23-63. Il est à souligner que les
problèmes d’approvisionnement de l’immédiat après-guerre ont fait l’objet d’un nombre non négligeable
d’études, principalement régionales et locales, tandis que la consommation pendant la période nazie,
même pendant la guerre, a suscité, comparativement, bien peu d’attention.