Le Mouvement Social 2007/2-3
Le Mouvement Social
2007/2-3 (n° 219-220)
240 pages
Editeur
Revue précédemment diffusée par les Éditions Ouvrières (jusqu'en 1993), puis par les Éditions de l'Atelier (de 1993 à 2007).

DOI 10.3917/lms.219.0115
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Formes de la culture et relations aux publics

Vous consultezFrance Culture Une seconde radio pour les professions intellectuelles et culturelles

AuteursHervé Glevarec du même auteur

Michel Pinet[*] [*] Chargés de recherche au CNRS, Centre Lillois d’Études...
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du même auteur



Peu de pays ont une radio comme France Culture. Elle a été créée en 1963 par la Radio-Télévision Française. Elle a ensuite connu des mutations à la suite de la transformation du paysage radiophonique français à partir de 1981, dans le cadre de laquelle elle est devenue une station du groupe public Radio France [1] [1] J. -J. CHEVAL, Les radios en France. Histoire, état et enjeux,...
suite
. Pourtant les données socio- logiques sur l’auditoire de France Culture sont peu connues.

2 Au mieux sait-on que son audience cumulée varie régulièrement autour de 1 % de la population des 13 ans et plus [2] [2] Le taux dit « d’audience cumulée » journalière de...
suite
. Sur trois semaines, l’enquête de la société Médiamétrie dite du Panel indique pour France Culture un taux d’audience supérieur à 10 % (de la population des 15 ans et plus). A la différence de l’enquête 126 000 [3] [3] Il s’agit de l’ex-enquête « 75 000 + » devenue...
suite
, menée en continu par Médiamétrie, qui consiste à interroger par téléphone tout au long de l’année environ 126 000 individus sur leur écoute de la veille, l’enquête Panel sur 21 jours comprend moins de personnes enquêtées et une méthodologie qui a aussi ses limites, mais possède le très grand avantage d’être une enquête saisissant la pratique temporelle de mêmes individus [4] [4] J. -J. CHEVAL, Les radios. . . , op. cit. ; P. TASSI, Modèles...
suite
. De plus, son échantillon de près de 10 000 personnes est suffisamment grand pour permettre des tris fins sur des audiences ou des auditoires de faible taille [5] [5] Sur l’histoire des enquêtes d’opinion, cf. L. BLONDIAUX,...
suite
. Nous nous appuierons ici sur l’enquête de 2000-2001.

3 L’enquête dite Panel de Médiamétrie est une enquête par carnet d’écoute sur trois semaines auprès d’un échantillon représentatif de la population française [6] [6] En 2000 et 2001,9 985 individus ont rempli ce carnet auto-administré...
suite
. Il est demandé aux membres du Panel de remplir un carnet d’écoute sur la semaine (renvoyé à la fin de chaque semaine) qui croise en ligne la journée divisée en quarts d’heure et en colonnes 18 radios nationales, les locales de Radio France, celles du groupement des Indépendants et de IP France, Radio Classique (d’après leur audience quand elle est significative selon les Médialocales urbaines de Médiamétrie), et les « autres stations » entendues dans la région de l’enquêté. La base de données exploitée comprend, elle, 18 stations nationales et les locales de Radio France (« nationalisées » en une catégorie unique « France bleu ») et une catégorie « autres radios » constituée essentiellement des radios locales. Le carnet d’écoute est décliné en 16 zones « régionales » et il fait l’objet d’une permutation circulaire des radios de façon à ce que l’ordre dans la disposition graphique des radios ne privilégie aucune radio. En fonction des réponses incomplètes sur 21 jours, le panel constant d’individus est redressé selon les variables de sexe, d’âge, de profession et de région.

4 L’auditeur a ici une définition méthodologique minimale que donne Médiamétrie : « est défini comme auditeur tout individu âgé de 11 ans et plus, ayant écouté la radio au moins une fois au cours d’un quart d’heure, quelle que soit la station ou la période considérée ». Ceci dit, nous posons, à l’opposé des analyses de l’artefact que constituerait cette mesure, qu’ici le « contact » noté sur un carnet d’écoute implique cette idée que l’auditeur a considéré qu’il écoutait. Il s’agit d’une certaine sorte de « déclaration comme auditeur ». Il faut insister sur ce point contre toutes les affirmations un peu rapides sur l’artefactualité de la mesure d’audience. L’audience n’est pas un « artefact », c’est au mieux un « jeu de langage » ou une convention [7] [7] Pour une discussion sur la notion d’audience, nous renvoyons...
suite
.

5 Nous analyserons successivement les traits spécifiques de l’auditoire, les professions qui le constituent, l’hétérogénéité de l’auditoire du point de vue des durées d’écoute, sa structure sociale, la place des auditeurs ponctuels, les auditeurs assidus.

Les traits de l’auditoire de France Culture

6 En 2000-2001, la hiérarchie des taux d’audience des radios nationales sur trois semaines varie de un à trois; elle met aux deux extrémités de l’audience radiophonique, France Culture – qui représente 10 % d’audience cumulée ou 1/10e de la population, soit 5 066 820 millions d’auditeurs de 11 ans et plus, et NRJ, qui représente 33,1 % d’AC ou un tiers de la population, soit 16 779 250 millions d’auditeurs.

 - AUDIENCE CUMULÉE ET DURÉE D’ÉCOUTE DES RADIOS SUR 21 JOURS

AUDIENCE CUMULÉE ET DURÉE D’ÉCOUTE DES RADIOS SUR 21 JOURS Accumulation ont écouté par jour Audience Moyenne d’Audience (quart d’heure au Quart d’heure sur 21 jours (en %) moyen pour un jourmoyen) (nb d’auditeurs) Les auditeurs de Autres radios 52,0 42’ 761 263 Sud Radio 3,3 34’ 40 000 France Culture 10,0 12’ 42 160 MFM 11,3 22’ 87 187 RMC 11,4 21’ 84 758 France Musique 11,7 18’ 75 960 RFM 17,7 27’ 168 612 RTL 2 18,8 24’ 158 146 Skyrock 19,0 25’ 169 124 Europe 2 20,9 24’ 175 043 Chérie FM 21,9 30’ 232 760 France Inter 22,1 58’ 454 310 Fun radio 22,3 25’ 195 135 Europe 1 24,1 50’ 426 045 France Bleu Régions 24,3 36’ 311 735 France Info 24,9 24’ 210 256 Nostalgie 28,7 32’ 326 910 RTL 28,8 1 h 5’ 657 099 NRJ 33,1 33’ 380 918 Total Radios 95,7 2 h 24’ 4 848 005 Total Télévisions 95,3 3 h 24’ 6 831 515 Source : Panel Radio Médiamétrie 2000-2001/Clersé-Ifresi; Champ : Univers des 11 ans et plus. Base : Ensemble de la population.

7 A l’instar des autres radios nationales, l’auditoire de France Culture augmente avec la durée de la période de référence. S’il avoisine les 2 % de la population des 11 ans et plus lors du seul premier jour, il atteint 10 % sur trois semaines. France Culture, comme d’autres radios, a donc tout intérêt à mobiliser ce chiffre sur 21 jours pour rendre compte de son audience par opposition au chiffre habituel de l’audience cumulée (issu de l’enquête quotidienne par téléphone sur l’écoute de la veille, dite 126 000).

8 Il y a une relative cohérence de l’assentiment radiophonique des auditeurs : les radios qui possèdent le plus grand nombre d’auditeurs déclarés sont aussi les plus longuement écoutées en moyenne. Autrement dit, le plébiscite que mesure le nombre d’auditeurs est conséquent : il s’accompagne, dans ses grandes lignes, d’une relation de proportionnalité avec la durée d’écoute moyenne des auditeurs. Les 14 605 670 auditeurs de RTL ont écouté en moyenne une heure et cinq minutes. Les 5 066 820 auditeurs de France Culture sur trois semaines écoutent en moyenne 12 minutes par jour cette antenne. La durée d’écoute est un critère plus structurant et polarisant dans le monde des radios que le taux d’audience. Plus une radio est petite, plus elle est faiblement écoutée par ses auditeurs; c’est la situation de France Musique, France Culture, MFM et RMC. Les radios qui échappent à cette relation entre nombre d’auditeurs et durée (approchée grâce au quart d’heure moyen) sont, dans le sens de la baisse, des radios musicales, NRJ et Nostalgie, et, dans le sens de la hausse, une radio généraliste, France Inter. Il faut noter ici la position particulière de Sud Radio, radio régionale du sud de la France, et des antennes locales de Radio France (France Bleu régions). Après les trois grandes radios généralistes que sont RTL, France Inter et Europe 1, les stations régionales sont le second type de radio, devant les musicales, dont les auditeurs sont de gros consommateurs.

9 Tout laisse penser que France Culture s’oppose ici aux grosses radios ou aux radios généralistes en ceci que son écoute est pour une majorité d’auditeurs une écoute au long cours plutôt qu’une écoute quotidienne et fidèle.

La radio des professions intellectuelles et culturelles

10 17,7 % est le taux de pénétration de France Culture parmi les cadres et professions libérales, soit le pourcentage d’individus de 11 ans et plus appartenant à cette catégorie qui écoutent France Culture. 1. Par sa masse, cela veut dire que 82,3 % de cette catégorie n’écoute pas France Culture sur trois semaines; 2. Par sa différence catégorielle, cela suffit à désigner une légère préférence de cette catégorie pour France Culture; 3. Par sa différence radiophonique, la pénétration de France Culture demeure la plus basse de cette catégorie par rapport aux autres radios, à l’exception des radios jeunes. C’est dire que le lien à cette radio de la catégorie qui a le plus d’affinité avec elle demeure très ténu.

11 A l’image de l’essentiel des radios, France Culture ne peut être caractérisée par le sexe de ses auditeurs. La propension des hommes et des femmes à l’écouter est équivalente. En termes de pénétration catégorielle, France Culture trouve ses affinités électives parmi les personnes âgées, les catégories de retraités et de cadres, les professions libérales, parmi les diplômés du supérieur et les habitants des grandes villes. A mesure que l’on avance en âge, la propension à écouter France Culture augmente. Le fait d’être une personne âgée, un cadre ou un retraité, de vivre seul, d’être diplômé du supérieur et de ne pas avoir la télévision sont des facteurs qui favorisent l’écoute de France Culture. Il faut noter que si France Culture n’est pas une radio populaire, elle n’exclut cependant pas les catégories ouvrières et employées. Comme le laisse apparaître l’examen des catégories détaillées d’âge, la catégorie « élèves-étudiants » agrège des profils opposés de liens à la station; ainsi les 20-24 ans manifestent-ils une propension supérieure à l’écoute que leurs cadets et aînés (on doit trouver parmi eux des étudiants). Il y a, enfin, une variation faible des taux d’écoute selon la taille de l’agglomération de résidence.

12 L’antenne a une affinité particulière avec les individus vivant seuls, manifestant là a contrario sa faible plasticité au compromis parents-enfants. France Culture étant très faiblement écoutée par les enfants et les adolescents, il est aisé d’imaginer qu’ils ont une influence négative d’autant plus forte qu’ils sont nombreux dans la fratrie. De même, les individus sans télévision écoutent plus que les autres France Culture. Tout cela dessine le portrait d’un auditeur âgé, cadre, diplômé, vivant seul et réfractaire à la télévision.

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Audience cumulée de France Culture sur 21 jours

Audience cumulée de France Culture sur 21 jours

13 Le détail des professions des individus permet de préciser certains traits agrégés dans le graphique ci-dessus. S’ils représentent une infime part de l’auditoire de France Culture, les professeurs et professions scientifiques, ainsi que les professions de l’information, des arts et du spectacle manifestent la propension à l’écoute de France Culture la plus élevée. Malgré les très faibles effectifs sur lesquels se fondent les répartitions (notamment pour les catégories de chefs d’entreprise et d’ouvriers agricoles), les valeurs indiquent cependant des tendances significatives. La propension des catégories de professeurs, professions scientifiques et des professions de l’information, des arts et des spectacles à écouter France Culture est ici manifeste. France Culture est une radio écoutée en premier lieu par des individus qui sont professionnellement intéressés par son contenu, en second lieu par des catégories supérieures ou intermédiaires de cadres, d’ingénieurs, de techniciens et d’employés.

Hétérogénéité de l’auditoire du point de vue des durées d’écoute

14 En moyenne, les auditeurs de France Culture écoutent la chaîne 4 h 11 mn sur 21 jours. Le premier quart des plus petits auditeurs ne dépassent pas 30 mn, la moitié 1 h 15 et les trois premiers quarts 3 h 30. Ramené à une moyenne quotidienne, cela fait peu. La moitié des auditeurs de France Culture écoutent moins de 1 h 15 la station sur 21 jours pour une durée moyenne d’écoute par auditeur de 4 h et 11 mn. France Culture présente ainsi un profil de fans du point de vue des durées d’écoute. Mais ces fans sont tout à fait minoritaires. Là est le « paradoxe démocratique » de l’auditoire de France Culture, à savoir que les plus investis sur la station sont les moins représentatifs.

15 Si la durée d’écoute des différentes catégories varie dans le même sens que l’affinité catégorielle mesurée au taux d’audience sur 21 jours, cette variable d’investissement sur une radio ajoute au portrait sociologique de France Culture la présence d’une frange quantitativement réduite mais qualitativement importante de fans. Ce que l’on appelle en statistique une « boîtes à moustaches » (cf. graphique suivant), à savoir une représentation graphique simplifiée de la distribution d’une variable en quartiles, livre ici une double information : sur les variations des durées d’écoute selon les variables socio-démographiques; sur le phénomène d’hétérogénéisation croissant des investissements sur France Culture à mesure que croît cet investissement même.

16 En effet, en termes d’investissement (mesuré à la durée d’écoute), les catégories les plus investies sont les catégories âgées, les retraités et les diplômés du supérieur. La distribution des durées d’écoute de France Culture selon le niveau de diplôme est semblable à celle par catégories sociales. Mais l’écart des médianes aux troisièmes quartiles fait apparaître des sous-ensembles d’assidus ou de fans parmi les femmes, les plus de 45 ans, les catégories moyennes et supérieures et les diplômés du supérieur. La valeur de la moyenne est presque toujours plus proche du troisième quartile que de la médiane (elle le surplombe même très souvent !), ce qui indique une hétérogénéité par le haut des catégories (soit une logique de fans). Ainsi, on passe de catégories jeunes homogènes quant à leur durée d’écoute à des catégories âgées, hétérogènes dans leur investissement. Le fait que la moyenne des durées d’écoute soit très fréquemment supérieure aux troisièmes quartiles met en évidence un trait original de l’audience radiophonique de France Culture : l’existence de quelques très gros auditeurs ou très grands fans.

17 France Culture est longuement écoutée par les auditeurs membres des professions de l’information, des arts et du spectacle. Qu’en est-il d’une radio qui lui est proche : France Musique ? Cette dernière est, elle, longuement écoutée par les auditeurs membres des professions intermédiaires administratives de la fonction publique. Il est notable que sous l’angle de la durée d’écoute France Culture et France Musique diffèrent beaucoup quant aux professions qui les investissent fortement. Elles ont autant de membres des professions de l’information, des arts et du spectacle à l’écoute (audience cumulée); seuls ceux de France Culture lui consacrent du temps. France Musique est au contraire investie par des auditeurs appartenant à une autre catégorie, les professions intermédiaires administratives de la fonction publique. Cette configuration reflète ainsi des types très différenciés de rapport à la radio. La première est une radio de professions culturelles et journalistiques, la seconde plutôt de la classe moyenne issue de la fonction publique.

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Distribution des durées d’écoute des auditeurs de France Culture

Distribution des durées d’écoute des auditeurs de France Culture

Structure de l’auditoire de France Culture : une radio de catégories moyennes et supérieures

18 Sur l’ensemble des radios nationales, France Culture est une de celles qui ont la structure d’auditoire la plus âgée. Les plus de 50 ans y sont de fait surreprésentés, de même que les catégories supérieures et moyennes (artisans, commerçants, professions intermédiaires et employés). Enfin, ce sont les auditeurs diplômés qui sont largement surreprésentés dans son auditoire. Cependant, si France Culture est une radio de retraités et de catégories supérieures, ce n’est pas la radio des retraités et des catégories supérieures (les radios des retraités sont France Inter, RTL et Europe 1, celles des cadres et professions libérales sont France Info, Europe 1, France Inter, RTL et Nostalgie).

19 On retrouve enfin dans l’auditoire de France Culture la part importante – surreprésentée – des professions intellectuelles et culturelles, qui y ont un intérêt professionnel plus manifeste.

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Structure de l’auditoire de France Culture sur 21 jours

Structure de l’auditoire de France Culture sur 21 jours

L’auditoire ponctuel de France Culture

20 D’un point de vue général, plus une radio est « grosse », plus son auditoire est polymorphe et moins il est dominé par un type d’auditeurs. C’est le cas de RTL par exemple, qui possède à égalité un ensemble d’auditeurs quasi-quotidiens et un ensemble d’auditeurs très ponctuels. A l’inverse, la moitié des auditeurs de France Culture sur 21jours n’ont écouté l’antenne qu’un seul jour ! Bref, la dominante de l’auditoire de la radio culturelle est une dominante d’auditeurs ponctuels.

 - RÉPARTITION DES AUDITEURS SELON LEUR NOMBRE DE JOURS DE CONTACTS SUR 21 JOURS

RÉPARTITION DES AUDITEURS SELON LEUR NOMBRE DE JOURS DE CONTACTS SUR 21 JOURS ont entre auditeurs auditeursd’ont entre 2 ont entre 6 11 et quasi auditeurs un seuljour et 5 joursde contact et 10 joursde contact 15 jours quotidiensj. quotidiens(21 j./21 j.) de contact (entre 16et 20 j.) Sur 100 auditeurs de... France Culture 54,4 30,5 8,3 2,6 3,3 0,9 MFM 50,9 25,7 9,8 7,3 5,1 1,2 RMC 46,9 27,9 8,6 7,3 6,4 2,9 France Musique 41,6 32,9 12,8 7,3 4,0 1,4 RFM 38,8 30,4 12,5 9,1 7,1 2,1 RTL 2 36,5 30,1 14,5 8,9 8,7 1,3 Europe 2 35,3 33,1 15,1 8,9 6,7 1,0 Sud Radio 34,0 30,8 8,1 9,0 11,3 6,7 France Bleu Régions 33,4 28,5 12,0 9,6 11,1 5,4 Skyrock 32,6 29,1 15,3 11,1 10,1 1,9 Chérie FM 31,9 31,4 14,1 11,9 8,6 2,2 Fun Radio 31,2 30,6 15,4 11,1 9,7 2,0 Nostalgie 27,8 32,3 16,8 11,2 9,5 2,4 France Info 24,9 23,7 15,3 15,1 14,8 6,3 NRJ 24,4 28,8 16,1 14,3 13,1 3,4 Europe 1 24,2 22,0 10,0 14,5 18,8 10,6 France Inter 22,1 20,5 10,9 13,3 21,2 12,0 RTL 20,3 21,1 11,7 13,0 20,5 13,6 Autres radios (locales...) 19,0 29,8 18,3 15,4 13,8 3,7 Ensemble des radios 1,0 3,3 7,0 16,4 40,4 32,0 Ensemble destélévisions 0,8 2,3 4,6 11,8 43,0 37,5 Source : Panel Radio Médiamétrie 2000-2001/Clersé-Ifresi.Champ : Univers des 11 ans et plus. Base : Auditeurs. Les chiffres en gras représentent les valeurs les plus élevées en ligne (i.e. le mode de la distribution), les chiffres soulignés les valeurs les plus élevées des colonnes. NB : un « jour de contact » est un jour où il y a eu au moins un contact.

21 La pratique radiophonique est structurée par la quotidienneté-ponctualité des auditeurs des radios généralistes et la ponctualité des auditeurs des radios musicales, locales et thématiques, dont fait partie France Culture. Bien qu’ils soient logiquement indexés à la période prise en compte dans la mesure d’un auditoire – ici trois semaines –, des auditoires « longs » de 21 jours s’opposent à des auditoires quotidiens (ou quasiment). On le voit, ce que dissimule une définition large de l’auditeur à partir de l’audience cumulée, ce sont non seulement, nous l’avons vu plus haut, des fréquences d’écoute très contrastées entre radios, mais aussi des fréquences d’écoute très différentes à l’intérieur des auditoires eux-mêmes.

22 Du point de vue du temps d’écoute, une radio peut être « principale » ou « secondaire » [8] [8] Dire qu’une radio est « principale pour son auditoire »...
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par rapport aux autres radios selon qu’elle constitue ou non pour son auditoire sa première radio écoutée (auditoire constitué sur la base habituelle d’un contact au moins sur 21 jours). Appréciées à la répartition de leur temps d’écoute sur les différentes postes, toutes les radios généralistes et musicales (y compris RTL 2, Europe 2 et RFM), sont principales pour leur auditoire. Seules trois radios sont secondaires et dérogent à la règle de « spécificité » des auditeurs : France Culture, France Musique et RMC. Ce sont des radios « centrifuges » pour leur auditoire. La pratique de chacune des autres est « principale » puisque ses pratiquants (dans leur ensemble) lui consacrent le temps d’écoute le plus long. Autrement dit, les auditoires propres des radios nationales, bien qu’ils soient partagés avec d’autres radios, sont « spécifiques », à l’exception de trois d’entre elles. Cet indice de la force centrifuge ou centripète des différents auditoires radiophoniques en France est aussi une mesure qui redouble leur segmentation; en effet, les auditoires de la majorité des radios consacrent la part la plus importante de leur temps d’écoute à cette radio.

L’auditeur assidu de France Culture : le paradoxe d’une radio de fans

23 Nous avons cherché, pour chaque radio, à faire apparaître une distribution en « gros » et « petits » auditeurs, en rangeant ceux-ci par ordre de durée d’écoute et avec comme point de bascule le moment où on cumule la moitié de l’écoute globale de cette radio. France Culture a un auditoire ponctuel très majoritaire alors que son auditoire fidèle, de fans [9] [9] Les fans sont alors définis relativement aux non-fans et...
suite
, a un poids numérique faible (0,9 % l’écoutent tous les jours contre 13,6 % pour RTL). Par contre, il fait poids, à travers son volume d’écoute.

24 La contribution des « forts auditeurs » au volume global d’une radio (ceux qui consomment à eux seuls la moitié du volume total) est d’autant plus élevée que la radio est « petite ». Les forts auditeurs de France Culture représentent 6,3 % de l’ensemble de son auditoire. La logique radiophonique veut qu’ils soient moins nombreux dans les « petites » radios que dans les « grosses », mais qu’ils forment du coup un noyau plus lourd au sein de l’auditoire. Plus une radio est « petite », plus son noyau de gros auditeurs maigrit, mais plus il compte en volume horaire dans son auditoire. Dit autrement, chaque radio a un noyau de forts auditeurs et celui-ci prend d’autant plus de poids ou de valeur relative que la radio est « petite ». Les forts auditeurs de France Culture sont bien moins nombreux que ceux de RTL, mais ils ont bien plus de poids relatif pour la chaîne que ceux de RTL. C’est là probablement une règle d’appropriation des niches par les fans. Plus une radio est « petite », plus son auditoire est susceptible d’être représenté par ses fans. C’est le cas de France Culture. Intuitivement, peut-être comprend-on mieux alors le poids tout à fait relatif, au sens propre, qu’une association d’auditeurs (l’Association des auditeurs de France Culture, fondée en 1984) – s’ils se définissent comme gros auditeurs – peut représenter pour ce type de radio [10] [10] En toute rigueur, il convient de le démontrer statistiquement. ...
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 ! Plus un auditeur de France Culture se dit « fan », plus, paradoxalement, il diminue sa « grandeur » représentative.

...
Auditeurs de chaque radio cumulant la moitié de l’écoute globale sur 21 jours

Auditeurs de chaque radio cumulant la moitié de l’écoute globale sur 21 jours

25 Qu’en est-il des caractéristiques socio-démographiques de ces auditeurs ?

26 La structure des fans de France Culture accentue la part des hommes, des personnes âgées, des professions supérieures et des diplômés du supérieur par rapport aux faibles auditeurs. Les chiffres infirment l’idée d’une structure originale, populaire notamment, des fans de France Culture. Bref, les gros auditeurs de France Culture se trouvent parmi les auditeurs qui l’écoutent « naturellement » beaucoup. La station a une structure des gros auditeurs qui accentue la propension des catégories déjà les plus portées à l’écouter. Mettre la focale sur le groupe des « fans » n’apporte donc pas de « renversement démocratique » au profil de l’auditoire de France Culture – bien au contraire.

 - COMPOSITION DES GROUPES DE FORTS ET FAIBLES AUDITEURS DE FRANCE CULTURE

COMPOSITION DES GROUPES DE FORTS ET FAIBLES AUDITEURS DE FRANCE CULTURE Part de chaque catégorie Forts auditeurs de Forts auditeurs de Structure du Panel dans l’auditoire de FranceCulture France Culture(> 14 H) France Culture(< 14 H) (ref) Total 100 100 100 Sexe Femmes 44,6 49,3 49,2 Hommes 55,4 50,7 50,8 Age 11-14 Ans 0,0 1,4 6 15-19 Ans 1,3 2,6 7,6 20-24 Ans 0,0 5,7 7,3 25-29 Ans 0,0 4,8 6,7 30-34 Ans 5,3 6,7 9,4 35-39 Ans 2,3 7,3 9,4 40-44 Ans 9,2 8,3 8,7 45-49 Ans 9,3 7,4 6,9 50-54 Ans 13,1 10,2 8,8 55-59 Ans 4,9 7,5 5,6 60-64 Ans 5,6 7,3 5,1 65-69 Ans 17,0 12,8 7,7 70-74 Ans 6,0 8,6 5,7 75 Ans et + 26,1 9,3 5,2 PCS de l’individu Agriculteurs 1,7 1,2 1,2 Artisans et commerçants 2,7 3,0 2,9 Cadres Prof. Libérales 16,3 11,9 6,9 Prof. Intermédiaires 14,1 13,8 10,3 Employés 8,8 10,7 15,3 Ouvriers 4,1 8,5 14,3 Retraités 44,1 32,7 20,8 Élèves, Étudiants 1,3 7,4 13 Autres Inactifs 6,9 10,9 15,4 Niveau instruction Primaire 10,2 12,8 11,3 Tech./Prof. 7,7 15,4 21,1 Secondaire 19,5 31,2 36,7 Supérieur 62,6 40,2 30,9 Source : Panel Radio Médiamétrie 2000-2001/Clersé-Ifresi. Champ : Univers des 11 ans et plus. Base : Auditeurs de France Culture. Les « forts auditeurs » (> 56 quarts d’heure=14 heures) cumulent par définition la moitié de l’écoute. Ici, il s’agit des « forts auditeurs » de France Culture.

Une radio seconde pour ses auditeurs

27 L’auditeur moyen de France Culture n’en est en fait que faiblement un. Non pas tant parce qu’il écoute beaucoup d’autres radios, des généralistes et des radios de service public notamment, mais parce qu’il en écoute d’autres bien plus longuement que France Culture (cf. le graphique 6 de répartition des temps d’écoute). De façon notable, des radios privées comme RTL et Europe 1 sont parmi les radios les plus écoutées des auditeurs de France Culture. Mesuré à l’aune de la centralité de ses choix, l’auditoire de France Culture est très peu « constitué » ou « prédominant ».

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Auditeurs de France Culture et d’autres radios

Auditeurs de France Culture et d’autres radios

28 L’auditoire de France Culture a plus d’affinités avec deux types de radio, les radios généralistes et celles du service public. France Culture est une radio structurellement en position seconde dans le sens où elle n’intervient pas (en moyenne) à la première position des investissements de ses auditeurs [11] [11] Nous rectifions ici l’erreur de légende qui s’est glissée...
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. Elle est « dominée » par les trois radios généralistes.

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Répartition des temps d’écoute de l’auditeur moyen de France Culture

Répartition des temps d’écoute de l’auditeur moyen de France Culture

Conclusion : une écoute au long cours et un programme intellectuel

29 Pour comprendre l’auditoire de France Culture, il faut distinguer deux usages. Un usage très dominant qui situe France Culture comme une radio seconde par rapport à une écoute, elle majoritaire, des radios généralistes. Un usage minoritaire qui investit très fortement France Culture. Ce dernier usage, qui renvoie à ce que l’on peut appeler un usage d’assidus ou de fans, ne présente pas de profil original; au contraire il accentue le profil élitiste de la station. Audience cumulée, durée d’écoute et part des fans croissent avec les variables socio-culturelles. Rien n’indique à ce titre une quelconque particularité populaire ou moyenne de France Culture. Ses auditeurs sont des auditeurs ponctuels (sur 21 jours), cependant un tiers l’écoute entre 2 et 5 jours sur la période d’enquête. France Culture semble relever d’une pratique au long cours. Cet usage choisi de France Culture trouvera peut-être un point de renforcement dans l’écoute par Internet en différé, propre à renforcer cette modalité de rapport à l’antenne en ajoutant, au long cours, l’écoute décalée. Il paraît qu’en effet le statut en partie patrimonial de France Culture l’engage vers ce type d’écoute (le podcast et l’écoute différée) plus que tout autre radio.

30 En résumé, les traits qui caractérisent l’auditoire de France Culture font d’elle une radio des catégories âgées et supérieures, des professions intellectuelles et culturelles, c’est-à-dire une des radios privilégiées par ces catégories. France Culture est une radio de catégories moyennes et supérieures qui y sont surreprésentées. Mais elle conserve un volant d’auditeurs ouvriers et employés dans son auditoire. L’auditeur de France Culture est un auditeur pour lequel la chaîne culturelle arrive en seconde position ou plus de ses radios écoutées.

31 Nous voudrions conclure sous la forme d’une question relative non plus aux publics de la station mais à ses concepteurs : quel « dispositif d’intéressement » les producteurs de France Culture construisent-ils pour leurs auditeurs [12] [12] H. GLEVAREC, « Antenne et hors-antenne à France Culture. ...
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 ? Quel code donnent-ils ou ne donnent-ils pas ? Quel travail font les producteurs ? Se font-ils médiateurs (on sait qu’ils refusent le qualificatif [13] [13] H. GLEVAREC, « Les producteurs de radio à France Culture,...
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) concis ou intellectuels prolixes ? Disent-ils dans leurs émissions à leurs invités ou aux auditeurs « Colline » ou « Théâtre de la Colline à Paris », « Christine, vous... » ou « Christine Angot, vous... » ? Autant d’éléments parmi les plus objectivables d’une place sociale et culturelle faite à l’auditeur, à savoir les contours d’un auditeur implicite : s’agit-il, par exemple, du Parisien informé qui connaît d’évidence la « Colline » quand il l’entend prononcer à l’antenne, du professeur de philosophie qui connaît déjà la phénoménologie et celle de Heidegger, qui fait l’objet d’un débat de spécialistes ? Mais peut-être les producteurs perçoivent-ils des limites sociales et culturelles à l’explicitation du code dans le champ intellectuel et culturel ! Donnent-ils une définition de la phénoménologie ou entretiennent-ils un débat empli de pré-acquis intellectuels (nous avons noté ailleurs le refus de la posture pédagogique et l’identification dominante à une posture intellectuelle des professionnels de radio) ? Le producteur dont l’invité évoque la notion de « transcendantal » se sent-il, se doit-il, de demander ou d’en expliquer même rapidement la teneur ? Bref, France Culture est-elle une radio avec ou sans appareil critique ? Notre réponse est qu’elle est sans « appareil critique ». La question vaut pour d’autres radios. Quand un journaliste de France Inter diffuse quelques mots du psychanalyste Jacques Lacan, sait-il à qui il s’adresse pour le faire comme il le fait ?

32 La démocratisation culturelle semble advenir pour France Culture comme la guérison dans une psychanalyse, de surcroît. L’idéologie de France Culture n’a jamais été de démocratisation; bien au contraire, elle est journalistique, artistique et expressiviste. Le cahier des charges de France Culture n’a en rien une visée pédagogique puisqu’il voue cette dernière « à être un programme destiné à présenter les divers aspects et modes d’expression des cultures, mettre en valeur le patrimoine et développer la création radiophonique ». Le programme de France Culture est triple : journalisme culturel, programmation patrimoniale et art radiophonique. Contrairement au programme muséal en France, France Culture n’a jamais été définie par un programme pédagogique. Le modèle de France Culture n’est pas celui de l’université populaire mais celui de l’objet radiophonique culturel. Sa fonction n’est pas pédagogique mais culturelle. France Culture comme chaîne suppose bien plus un intérêt au principe de son écoute qu’elle n’adopte celui de la recherche de son public. En ce sens, son auditoire est conforme à son projet professionnel et intellectuel.

 

Notes

[ *] Chargés de recherche au CNRS, Centre Lillois d’Études et de Recherches Sociologiques et Économiques (CLERSE), IFRESI.Retour

[ (1)] J.-J. CHEVAL, Les radios en France. Histoire, état et enjeux, Rennes, Éditions Apogée, 1997.Retour

[ (2)] Le taux dit « d’audience cumulée » journalière de France Culture, issu de l’enquête dite « 126 000 » (ex-« 75 000 + ») de Médiamétrie, varie entre 1 % et 2 % de la population des 15 (ou 13 ans depuis septembre 2002) ans et plus depuis de nombreuses années.Retour

[ (3)] Il s’agit de l’ex-enquête « 75 000 + » devenue depuis la vague 2004-2005 l’enquête dite « 126 000 » (126 000 personnes sont interrogées par téléphone sur leur écoute des 24 dernières heures par la société Médiamétrie).Retour

[ (4)] J.-J. CHEVAL, Les radios..., op. cit.; P. TASSI, Modèles statistiques de la mesure d’audience des médias audiovisuels, Paris, Economica, 2005; H. GLEVAREC et M. PINET, « From Liberalization to Fragmentation : a Sociology of French Radio Audiences since the 1990s and the Consequences for Cultural Industries Theory », Media, Culture and Society, 2008, à paraître.Retour

[ (5)] Sur l’histoire des enquêtes d’opinion, cf. L. BLONDIAUX, La fabrique de l’opinion, Paris, Le Seuil, 1998; J. ANTOINE, Histoire des sondages, Paris, Odile Jacob, 2005; C. CONRAD, « Observer les consommateurs. Études de marché et histoire de la consommation en Allemagne, des années 1930 aux années 1960 », Le Mouvement Social, janvier-mars 2004, p. 17-39.Retour

[ (6)] En 2000 et 2001,9 985 individus ont rempli ce carnet auto-administré sur toute la durée de 23 jours. L’enquête a été menée en deux vagues : une première du 9 au 29 octobre 2000, une seconde du 15 janvier au 4 février 2001. Les deux périodes sont ensuite compilées pour former trois semaines moyennes.Retour

[ (7)] Pour une discussion sur la notion d’audience, nous renvoyons à H. GLEVAREC, « L’audience est une “déclaration” et un “jeu de langage”. Le cas de la mesure d’audience en radio », Le Temps des Médias, no 8,2007.Retour

[ (8)] Dire qu’une radio est « principale pour son auditoire » ne signifie pas qu’elle le soit forcément pour une majorité de ses auditeurs, le temps consacré aux autres radios pouvant se diluer sur plusieurs d’entre elles dont aucune ne concentre assez d’écoute pour passer en tête. A contrario, les quelques radios « secondaires dans leur auditoire » sont donc fortement dominées.Retour

[ (9)] Les fans sont alors définis relativement aux non-fans et non à leur durée objective d’écoute.Retour

[ (10)] En toute rigueur, il convient de le démontrer statistiquement. Retour

[ (11)] Nous rectifions ici l’erreur de légende qui s’est glissée dans notre ouvrage sur France Culture à propos du tableau de « duplication des auditeurs de France Culture » (H. GLEVAREC, France Culture à l’œuvre. Dynamique des professions et mise en forme radiophonique, Paris, CNRS Éditions, 2001, p. 44). Il s’agit en fait de la « répartition des temps d’écoute des auditeurs de France Culture » sur les autres radios.Retour

[ (12)] H. GLEVAREC, « Antenne et hors-antenne à France Culture. Introduction de l’auditeur et formes d’engagement dans la parole », Réseaux, no 77,1996, p. 145-169.Retour

[ (13)] H. GLEVAREC, « Les producteurs de radio à France Culture, “journalistes”, “intellectuels” ou “créateurs” ? : de la définition de soi à l’interaction radiophonique », Réseaux, no 86,1997, p. 13-38.Retour

Résumé

La structure de l’auditoire de France Culture est l’objet de beaucoup de représentations souvent contradictoires. Cet article précise, à partir d’une enquête longitudinale par carnet d’écoute sur 21 jours, le profil des catégories qui ont le plus d’affinité avec cette radio culturelle ainsi que la représentation des différentes catégories dans la structure de son auditoire. L’article montre la place que cette antenne a dans l’écoute des catégories supérieures, qui en font au mieux leur seconde radio. On se propose ainsi de nuancer l’idée d’un profil spécifique d’assidus et d’une démocratisation de ce média culturel, ancien, en France.



France Culture : the second radio channel of intellectual and cultural professions in France.
The French public radio has a cultural channel since 1963. There has been many controversies about the structure of its audience. We studied the profile of its listeners during 3 weeks in 2000 and 2001 thanks to their listening notes. Thus we outline the profile of the categories which are most akin to this cultural radio and the representation of the various categories within its audience. We show that the upper categories range this channel at best as their second radio. Therefore one has to qualify the conventional idea of a democratisation of this established cultural media and of a specific profile of assiduous listeners.

PLAN DE L'ARTICLE


POUR CITER CET ARTICLE

Hervé Glevarec et Michel Pinet « France Culture Une seconde radio pour les professions intellectuelles et culturelles », Le Mouvement Social 2/2007 (n° 219-220), p. 115-129.
URL :
www.cairn.info/revue-le-mouvement-social-2007-2-page-115.htm.
DOI : 10.3917/lms.219.0115.