Le Mouvement Social
La Découverte

I.S.B.N.9782707154439
232 pages

p. 13 à 40
doi: en cours

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n° 222 2008/1

L’enquête, le délit, la preuve : les « atrocités » balkaniques de 1912-1913 à l’épreuve du droit de la guerre

Dzovinar Kévonian
L’article traite de l’enquête d’après-guerre financée et organisée par la Dotation Carnegie pour la Paix internationale dans les Balkans au début du xxe siècle. Il s’agit d’une enquête « sur le terrain », menée par un petit groupe de personnalités, juristes et publicistes de renom, qui est chargé de rendre compte de la réalité des « atrocités » des deux guerres balkaniques de 1912 et 1913 quelques semaines aussitôt après l’arrêt des combats. La commission, animée par Paul d’Estournelles de Constant, qui dirige alors le Bureau européen de la Dotation Carnegie à Paris, se trouve aux prises à la fois avec les réalités politiques locales, avec les positions personnelles de ses membres et l’opposition ouverte de certains États. Rendu public au printemps 1914, le volumineux rapport d’enquête rend compte à la fois des méthodes d’investigation adoptées, des ambitions scientifiques qui ont déterminé l’établissement des faits (usage de la source photographique, du témoignage oral contradictoire, etc.) et des limites d’une perspective qui entend associer pacifisme pédagogique et expertise politique. The object of this study is an early 20th century survey concerning the Balkans, which was organized and financed by the Carnegie Endowment for International Peace. It consisted of an investigation “on the ground” conducted just after the war by an international commission of lawyers and Balkan area experts, who were charged with investigating events in the Balkans during 1912-1913, particularly the issue of wartime atrocities. The commission, directed from Paris by Baron d’Estournelles de Constant, at that time director of the European office of the Carnegie Endowment, found itself at odds with local political realities, with individuals within the commission itself, as well as with such states as Germany and Greece. Made public during the spring of 1914, the voluminous survey report showcased new methods of “scientific” investigation (use of photographic sources, contradictory oral testimony), and tested the limits of an approach which joins pacifist investigation to political expertise.
• Guerres et atrocités balkaniques : la médiatisation d’un mot
• Une lecture juridique des violences de guerre
• La commission d’enquête de 1913 : composition et objectifs
• La mission sur le terrain : cinq semaines d’enquête dans les Balkans
• De l’enquête au rapport : le document-preuve au centre du récit
• Filiations et résonances : l’inscription dans le temps long


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