2008
Le Mouvement Social
Nouvelle étape
Patrick Fridenson
[*]
Il y a juste un an, ici même, j’ai présenté à nos lecteurs « le développement de la revue Le Mouvement Social sur Internet ». Maintenant j’ai à expliquer la nouvelle étape que la revue franchit en termes d’édition, de présentation et de diffusion.
Notre revue, fondée en 1951 par Jean Maitron, d’abord intitulée
Bulletin annuel de l’Institut français d’histoire sociale, puis dès 1953
L’actualité de l’histoire, a été d’emblée accueillie par les Éditions Ouvrières. Celles-ci ont continué à manifester leur soutien lorsque, en 1960, avec l’appui d’Ernest Labrousse, elle a changé de titre pour s’appeler
Le Mouvement Social, puis en 1972 lorsque les Éditions ont accepté que la revue crée chez elles une collection de livres d’histoire sociale
[1]. Le dernier volume de celle-ci sort prochainement :
Infirmières à Paris, de Christian Chevandier. Comme nous l’avons signalé dans le précédent numéro, 57 ans ont ainsi passé ensemble, l’éditeur a pris le nom d’Éditions de l’Atelier en 1993 et les équipes successives de l’association éditrice de la revue et de l’éditeur ont
Å“uvré en bonne entente.
Au vu de l’expérience de beaucoup de revues ces dernières années, nous avons acquis la conviction que, pour que Le Mouvement Social continue à vivre et à se développer, seule une maison d’édition ayant la charge de plusieurs revues était à même de faire face aux changements technologiques et culturels et aux bouleversements de l’économie de l’impression, de la distribution et de la communication qui sont en train d’intervenir. Nous avons donc dû décider de mettre fin au contrat d’édition qui nous liait aux Éditions de l’Atelier. Notre Comité de rédaction, réuni extraordinairement le 4 septembre 2007, a longuement débattu de l’avenir et choisi parmi les propositions qui lui étaient faites celle des Éditions La Découverte. L’identité de cette maison, sa volonté d’améliorer à la fois le service aux abonnés, la présence de la revue en librairie et dans les colloques et les liens entre édition papier et présence sur Internet, la possibilité de continuer à publier des livres ont été parmi les critères de la décision.
Dès 2002, deux membres de notre secrétariat de rédaction, Nathalie Moine et Emmanuelle Picard, avaient fait des propositions pour que la maquette de la revue, qui dans sa dernière forme remontait pour l’essentiel à 1990, soit modifiée, et une consultation des membres de notre Comité avait été organisée. Le changement d’éditeur a été l’occasion de passer aux actes. Nos souhaits dans les discussions avec l’éditeur et la maquettiste ont été d’affirmer l’identité de la revue, d’accroître la lisibilité et la cohérence de la maquette de la revue, de tenir compte du fait que de plus en plus de lecteurs de divers pays et de différentes générations peuvent avoir l’occasion de lire la revue et de télécharger ses contenus sur Internet. Bref, une nouvelle maquette pour améliorer les conditions de lecture d’aujourd’hui. Le présent numéro inaugure cette nouvelle maquette
[2].
Présence renforcée sur Internet
Le dernier changement, qui va intervenir dans les prochains mois, est, lui, indépendant du changement d’éditeur. Il consiste à accroître la présence de la revue sur Internet. En interaction avec le site propre de la revue, qui – avec ses textes, comptes rendus de livres et index en ligne – est partie intégrante de notre publication bimédia, il faut ici distinguer deux dimensions. Du côté du vivant, c’est-à-dire des numéros de l’année en cours et des deux années précédentes, notre revue, déjà présente sur le portail francophone Cairn, est entrée en pourparlers avec un portail anglophone. Du côté du patrimonial, c’est-à-dire des numéros antérieurs à la barrière mobile de 3 ans, à la présence sur le portail américain Jstor de 1951 à 2004 et sur le portail francophone Cairn pour les numéros de 2001 à 2004 va s’ajouter la présence en mode image et en mode texte sur le portail de la Bibliothèque Nationale de France : Gallica 2 pour la période 1951-2001.
Par tous ces moyens nous espérons répondre aux attentes et aux usages des lectrices et lecteurs qui consultent les articles, les notes de lecture et les autres rubriques de la revue dans le monde. La revue ne sépare pas ces changements de l’actualisation régulière de sa politique scientifique. Celle-ci se fait en partie par le choix des numéros spéciaux, à thème unique, qui constituent en moyenne un numéro sur deux. Elle s’opère aussi par la définition périodique d’axes sur lesquels nous souhaitons recevoir des articles. J’en ai proposé les possibles contours à notre Comité éditorial du 8 décembre 2007, et la synthèse résultant de ses débats va être mise prochainement sur le site Internet de la revue, qui participe ainsi une fois de plus de notre volonté collective de changement et de réactivité.
[*]
Directeur de la revue
Le Mouvement Social.
[1]
Voir l’entretien avec André Villette, codirecteur des Éditions Ouvrières, à propos du Dictionnaire de Jean Maitron dans notre n° 100, juillet-septembre 1977, p. 31-43 (avec un avant-propos de Madeleine Rebérioux, p. 31), et la notice « Éditions de l’Atelier » sur Wikipedia.
[2]
En 2007, ayant publié un numéro double en hommage à Madeleine Rebérioux, la revue a exceptionnellement sorti 3 livraisons au lieu des 4 habituelles.