Le Mouvement Social 2012/2
Le Mouvement Social
2012/2 (n° 239)
184 pages
Editeur
Revue précédemment diffusée par les Éditions Ouvrières (jusqu'en 1993), puis par les Éditions de l'Atelier (de 1993 à 2007).

I.S.B.N. 9782707173782
DOI 10.3917/lms.239.0003
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Éditorial
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Vous consultezEngagements : 68, et après ?

AuteurFrédérique Matonti [*][*] Professeure de science...
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du même auteur



À première vue, les deux articles qui suivent ne semblent guère s’accorder. Tandis que Nuno Pereira et Renate Schär proposent les premiers résultats d’une enquête prosopographique sur des militants suisses soixante-huitards ordinaires, Vincent Gayon analyse le « marronnier » que fut, dès la fin des années 1970, le « silence des intellectuels », et son point d’orgue : la controverse lancée dans Le Monde en 1983 par le porte-parole du gouvernement, Max Gallo, alors socialiste. Intellectuels qui, bien que supposés silencieux et à l’inverse des militants helvétiques, n’étaient pas des anonymes. De même, les périodes sur lesquelles portent ces deux textes sont distinctes : tandis que Nuno Pereira et Renate Schär suivent les militants des années 60 et 70, en dépit du titre de son article, Vincent Gayon traite en réalité des années 80, laissant de côté le moment où la configuration précédente dans laquelle prend place Mai 68 se referme.

Les intellectuels parlent des intellectuels, les soixante-huitards célèbrent les soixante-huitards

2 Pourtant ces deux objets – Mai 68, les intellectuels – ont un premier point commun. Longtemps, ce sont les intellectuels eux-mêmes qui ont traité des intellectuels, que ce soit pour en faire la critique virulente (par exemple L’Opium des intellectuels d’Aron[1][1] R. Aron, L’Opium...
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pendant la guerre froide) ou l’éloge (par exemple le Plaidoyer pour les intellectuels de Sartre[2][2] J. -P. Sartre, Plaidoyer...
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peu après la guerre d’Algérie), ces deux postures et cet affrontement paradigmatique n’étant que, selon le camp, l’envers d’une disqualification de ses concurrents ou d’une justification de ses propres prises de position. La controverse sur le silence des intellectuels, comme celles qui se déroulent par pétitions interposées dans les périodes de crise politique[3][3] J. -F. Sirinelli,...
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, renoue pour une part avec cette tradition, puisqu’il s’agit bien, si l’on suit Vincent Gayon, d’une « restructuration de l’espace de valorisation intellectuelle [tendant] en définitive à (auto)exclure une série d’intellectuels »[4][4] Voir infra V. Gayon,...
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.

3 Il a fallu attendre les années 80 pour qu’historiens et sociologues s’emparent, comme le fait ici Vincent Gayon, de l’objet « intellectuels » et en produisent deux analyses par ailleurs assez opposées. Les premiers – cible souvent transparente de l’article – ont proposé une histoire des prises de position des intellectuels au fil des sollicitations des événements qui les forceraient par leur urgence, comme la fondatrice affaire Dreyfus, à sortir de leur « tour d’ivoire »[5][5] Par exemple, P. ...
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. Les seconds, comme Christophe Charle[6][6] C. Charle, Naissance...
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ou Gisèle Sapiro[7][7] G. Sapiro, La guerre...
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, ont fait l’hypothèse, dans la lignée des travaux de Bourdieu, que ces mêmes prises de positions s’expliquent avant tout par les positions professionnelles des uns et des autres dans leur champ de production respectif, les intellectuels les plus reconnus par leurs pairs étant ceux qui prennent les positions les plus autonomes vis-à-vis des pouvoirs temporels (État, Armée voire mécènes…) et qui, en l’occurrence, soutiennent contre ces derniers le capitaine Dreyfus. L’attention pour les moments de perte d’autonomie des champs de production intellectuelle et artistique – pendant l’Occupation, mais aussi dans les anciennes dictatures de l’Est[8][8] I. Popa, Traduire...
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 – a ensuite permis de complexifier ces analyses de l’engagement des intellectuels et par exemple de montrer que l’engagement des œuvres et des productions intellectuelles (au nom d’un idéal, socialiste[9][9] F. Matonti, Intellectuels...
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ou catholique[10][10] H. Serry, Naissance...
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), signe d’un faible capital symbolique en cas de conjoncture routinière, prend en cas de domination politique extrême un sens positif. La pratique par exemple de la littérature clandestine ou du texte allusif, codé, « de contrebande », vient s’opposer à la « tour d’ivoire » devenue le signe de la compromission.

4 De même que l’histoire des intellectuels est pour une part une affaire d’éloge ou de satire, le récit de Mai 68 s’est souvent résumé à une commémoration par ses anciens acteurs les plus célèbres, qu’il s’agisse d’en exalter le souvenir (Daniel Cohn-Bendit[11][11] D. Cohn-Bendit,...
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) ou au contraire de fustiger les trahisons (Guy Hocquenghem[12][12] G. Hocquenghem,...
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). De façon proche, certains courants militants, à commencer par les maoïstes, et en leur sein ceux devenus célèbres dans les années 80, ont été privilégiés, par exemple par Hervé Hamon et Patrick Rotman dans Génération[13][13] H. Hamon, P. Rotman,...
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, paru au moment du vingtième anniversaire.

Sortir des interprétations « par les conséquences supposées »

5 L’objet Mai 68 a durablement été pris dans une gangue, que Boris Gobille a désignée comme « interprétation par ses conséquences supposées »[14][14] B. Gobille, Crise...
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. Luc Ferry et Alain Renaut[15][15] L. Ferry, A. Renaut,...
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ont notamment avancé qu’en dépit de ce qui est scandé ou graffité sur les murs en mai et juin 1968, le mouvement, par une véritable ruse de l’Histoire, n’aurait fait qu’accélérer l’adoption par les sociétés occidentales des valeurs individualistes. Ce modèle a d’ailleurs perduré mais aussi essaimé. Par exemple, l’historien de la culture Richard Wolin[16][16] R. Wolin, The Wind...
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s’est attaché à montrer que Mai 68 et le gauchisme avaient finalement débouché sur le retour aux droits de l’Homme, à la suite de la découverte par leurs anciens acteurs maoïstes, notamment convertis à la « nouvelle philosophie », de Soljenitsyne et de la dissidence soviétique.

6 En 1985 déjà, Ferry et Renaut, dans La pensée 68[17][17] L. Ferry, A. Renaut,...
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, avaient critiqué l’ensemble des sources notamment allemandes (Marx, Freud, Nietzsche) du « structuralisme »[18][18] Nous mettons des...
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. Or, la sortie de ce texte, comme deux ans plus tard, celle de La défaite de la pensée[19][19] A. Finkielkraut,...
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d’Alain Finkielkraut, constitue, si l’on suit l’analyse de Vincent Gayon, l’un des signes de la mise en scène d’un « intellectuel démocratique », « responsable », dont la fonction a posteriori a servi à marginaliser en général et à gauche en particulier les définitions traditionnelles de l’intellectuel – l’intellectuel engagé et total dont Sartre a constitué l’idéal-type – ou directement produites par Mai 68 et ses suites – l’intellectuel spécifique foucaldien. La figure de l’intellectuel collectif, dont le modèle fut largement proposé par Pierre Bourdieu dans la foulée des grèves de l’hiver 1995, naît, suivant Vincent Gayon, précisément lorsque le cycle de (dé)mobilisation qu’il décrit se referme. C’est pourquoi l’objectif de l’article est particulièrement précieux puisqu’il entend « aller voir du côté de la prophétie [la fin des intellectuels] en train de se faire »[20][20] Selon la reprise...
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. En faisant droit à l’incertitude, Vincent Gayon retrouve à propos des intellectuels des années 80 les exigences qu’avait posées Michel Dobry… à propos de Mai 68. Celui-ci, en refusant les « explications étiologiques »[21][21] M. Dobry, Sociologie...
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de l’événement 68, avait notamment conduit ses successeurs à en proposer une « socio-histoire du temps court »[22][22] Selon la formule...
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.

7 Ce n’est qu’à cette condition, en étant attentif aux incertitudes, que cette rencontre entre les deux articles, notamment liée aux essais des années 80, permet de réfléchir à deux temporalités : celle dans laquelle se produit l’événement Mai 68 et celle dans laquelle s’impose « l’intellectuel démocratique ». Faut-il insérer Mai 68 dans une séquence longue (1962-1981)[23][23] Ph. Artières, M. ...
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 ? Est-il une fausse coupure, des signes de libéralisation de la politique économique et monétaire, voire des politiques culturelle et scolaire, ne seraient-ils pas clairement apparus au milieu des années 1960[24][24] M. Margairaz, D. ...
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 ? Prend-il place dans une série de « ruptures d’accommodement à l’ordre des choses », de « crises du consentement » dont lointainement Vichy et très immédiatement la guerre d’Algérie ont été des scansions efficaces[25][25] D. Damamme, B. Gobille,...
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 ? En quoi, réciproquement, comme le suggère l’article de Vincent Gayon, certaines lectures de Mai 68 contribuent-elles à rétablir pour les décennies suivantes le consentement à ce qui « va de soi » ? C’est cette hypothèse qu’explorait déjà Serge Audier[26][26] S. Audier, La pensée...
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, sachant que sur un terrain encore plus politique, la critique de Mai 68 a été un marqueur de la campagne de la droite lors de la présidentielle de 2007.

Des militant-e-s ordinaires, des militantismes transnationaux

8 Au-delà de sa dimension mémorielle et téléologique, l’historiographie de Mai 68 s’est souvent réduite à la scène parisienne et aux uniques acteurs étudiants, et plus largement à une analyse culturelle de l’événement. Puis progressivement, mais essentiellement dans les années 2000[27][27] Notamment G. Dreyfus-Armand,...
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et surtout à l’occasion du quarantième anniversaire, les ouvrages pour partie écrits ou dirigés par une génération nouvelle ont largement mis à jour un Mai ouvrier[28][28] X. Vigna, L’insubordination...
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, un Mai paysan[29][29] I. Bruneau, « Quand...
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, et porté l’accent sur les « soixante-huitards ordinaires »[30][30] É. Neveu, « Trajectoires...
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. Parmi eux, et dans le prolongement des études sur les femmes (elles-mêmes renouvelées par l’acclimatation des gender studies), des enquêtes ont permis de retrouver les expériences quotidiennes de l’injustice ou inversement de la solidarité de l’entre-soi qui ont amené des femmes inconnues au féminisme[31][31] C. Achin, D. Naudier,...
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. Ce sont principalement ces militant-e-s ordinaires, et parmi elles les militantes et les féministes, dont l’article de Nuno Pereira et Renate Schär trace le portrait de groupe.

9 L’article prend place également dans une série de travaux classiques sur l’histoire sociale du militantisme, auxquels Jean Maitron et l’une de ses réalisations majeures, le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, ont donné un tour décisif. Il participe aussi des débats de la fin des années 90 sur les transformations contemporaines du militantisme[32][32] Voir par exemple,...
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. Avec l’élévation de la scolarisation et partant de la compétence politique, est-on passé à un militantisme plus détaché, moins existentiel, alors que celui des années 50 et 60, par exemple, aurait été total et existentiel ? Irait-on plus aisément d’une organisation à l’autre en cas de déception ? En revanche, depuis le numéro fondateur[33][33] Revue française...
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de la Revue française de science politique, alors que sociologie et science politique ont mobilisé – parfois jusqu’à en épuiser les vertus heuristiques – le modèle interactionniste de la « carrière », c’est un concept plus « classique », comme l’écrit d’ailleurs l’auteur, et sans doute aujourd’hui plus fréquent chez les historiens que chez les politistes, celui de « génération politique » qu’utilisent Nuno Pereira et Renate Schär. En montrant grâce à lui la part écrasante parmi ces militants de ceux qui sont entrés dans un mouvement ou une organisation politique entre 1968 et 1970, cet article permet de souligner le rôle décisif de l’événement, au sens fort du terme, c’est-à-dire venant briser les routines. Il vient également confirmer s’il en était besoin que la politisation découle de l’engagement plutôt qu’elle ne le prépare[34][34] Selon l’analyse...
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.

10 Enfin, ces deux articles invitent à mettre l’accent sur des pistes porteuses qu’ils esquissent d’ailleurs pour une part. Comme l’ont montré les recherches récentes, la sociologie des intellectuels gagne à s’intéresser aux transferts, aux traductions, comme à l’articulation des contenus des écrits, y compris les plus théoriques[35][35] Pour une lecture...
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, et des positions[36][36] Voir par exemple :...
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. De même, les comparaisons internationales que propose l’article de Pereira et Schär invitent à éclairer les circulations internationales des idées politiques[37][37] Voir notamment M. ...
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. Loin des fantasmes de complot qui ont agité certains des premiers témoins de Mai 68, l’histoire globale et l’histoire connectée constituent sans doute des pistes particulièrement heuristiques, mais encore délaissées, pour analyser un événement largement globalisé mais aussi irréductiblement pluriel[38][38] Sur la dimension...
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.

 

Notes

[ * ] Professeure de science politique à l’Université de Paris-1 – Panthéon-Sorbonne, membre du Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP, UMR 8209) Retour

[1] R. Aron, L’Opium des intellectuels, Paris, Calmann-Lévy, 1955, rééd. avec une préface de N. Baverez, Paris, Fayard, 2010. Retour

[2] J.-P. Sartre, Plaidoyer pour les intellectuels, Paris, Gallimard, 1972. Il s’agit de l’édition de conférences prononcées en 1965. Retour

[3] J.-F. Sirinelli, Intellectuels et passions françaises. Manifestes et pétitions au XXe siècle, Paris, Fayard, 1990. Retour

[4] Voir infra V. Gayon, « Jeu critique : “la fin des intellectuels” (1975-1985) », p. 44. Retour

[5] Par exemple, P. Ory et J.-F. Sirinelli, Les intellectuels en France, de l’Affaire Dreyfus à nos jours, Paris, A. Colin, 1986, 3e éd. mise à jour, 2002, ou M. Winock, Le siècle des intellectuels, Paris, Le Seuil, 1997, nouvelle éd. revue et augmentée, 2006. Retour

[6] C. Charle, Naissance des « intellectuels », Paris, Les Éditions de Minuit, 1990. Retour

[7] G. Sapiro, La guerre des écrivains, 1940-1953, Paris, Fayard, 1999. Retour

[8] I. Popa, Traduire sous contraintes. Littérature et communisme (1947-1989), Paris, CNRS Éditions, 2010. Retour

[9] F. Matonti, Intellectuels communistes. Essai sur l’obéissance politique. La Nouvelle Critique (1967-1980), Paris, La Découverte, 2005. Retour

[10] H. Serry, Naissance de l’intellectuel catholique, Paris, La Découverte, 2004. Retour

[11] D. Cohn-Bendit, Nous l’avons tant aimée, la révolution, Paris, Bernard Barrault, 1986, 2e éd. augmentée, Paris, Le Seuil, 1988. Retour

[12] G. Hocquenghem, Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary, Paris, Albin Michel, 1986, nouvelle éd. revue et augmentée, Marseille, Agone, 2003. Retour

[13] H. Hamon, P. Rotman, Génération, t. 1, Les années de rêve ; t. 2, Les années de poudre, Paris, Le Seuil, 1987-1988. Retour

[14] B. Gobille, Crise politique et incertitude : régimes de problématisation et logiques de mobilisations des écrivains en Mai 68, thèse de doctorat de science politique, sous la dir. de B. Pudal, EHESS, 2003. Retour

[15] L. Ferry, A. Renaut, 68-86 : itinéraires de l’individu, Paris, Gallimard, 1987. Retour

[16] R. Wolin, The Wind from the East. French intellectuals, the Cultural Revolution and the Legacy of the 1960s, Princeton ; Oxford, Princeton University Press, 2010. Retour

[17] L. Ferry, A. Renaut, La pensée 68. Essai sur l’anti-humanisme contemporain, Paris, Gallimard, 1985. Retour

[18] Nous mettons des guillemets à l’étiquette « structuralisme » pour souligner l’écart entre les auteurs et les textes qui se définissent ainsi, parfois pour un court laps de temps, et ce qui est désigné et unifié comme tel. Retour

[19] A. Finkielkraut, La défaite de la pensée, Paris, Gallimard, 1987. Retour

[20] Selon la reprise d’une formule de B. Gaïti dans De Gaulle, prophète de la Cinquième République (1946-1962), Paris, Presses de Sciences Po, 1998. Retour

[21] M. Dobry, Sociologie des crises politiques. La dynamique des mobilisations multisectorielles, Paris, Presses de Sciences Po, 1986, 3e éd. revue et augmentée d’une préface inédite, 2009. Retour

[22] Selon la formule de B. Gobille dans Crise politique et incertitude…, op. cit. Retour

[23] Ph. Artières, M. Zancarini-Fournel (dir.), 68. Une histoire collective (1962-1981), Paris, La Découverte, 2008. Retour

[24] M. Margairaz, D. Tartakowski (dir.), 1968. Entre libération et libéralisation : la grande bifurcation ?, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010. Retour

[25] D. Damamme, B. Gobille, F. Matonti, B. Pudal, Mai-Juin 68, Paris, Éditions de l’Atelier, 2008. Retour

[26] S. Audier, La pensée anti-68. Essai sur les origines d’une restauration intellectuelle, Paris, La Découverte, 2008. Retour

[27] Notamment G. Dreyfus-Armand, R. Frank, M.-F. Lévy, M. Zancarini-Fournel, Les années 68. Le temps de la contestation, Bruxelles, Complexe, 2000. Retour

[28] X. Vigna, L’insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2007. Retour

[29] I. Bruneau, « Quand des paysans deviennent “soixante-huitards” », in D. Damamme, B. Gobille, F. Matonti, B. Pudal, Mai-Juin 68, op. cit., p. 344-156. Retour

[30] É. Neveu, « Trajectoires de “soixante-huitards ordinaires” », ibid., p. 304-317. Retour

[31] C. Achin, D. Naudier, « Les féminismes en pratiques », ibid., p. 383-399. Retour

[32] Voir par exemple, pour les tenants du militantisme dit « post it », J. Ion, notamment dans « L’évolution des formes de l’engagement public » in P. Perrineau (dir.), L’engagement politique, déclin ou mutation ?, Paris, Presses de la FNSP, 1994, p. 23-39, et du côté de ceux qui montrent les limites de cette partition, A. Collovald (dir.), L’humanitaire ou le management des dévouements. Enquête sur un militantisme de « solidarité internationale » en faveur du Tiers-Monde, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2002. Retour

[33] Revue française de science politique, vol. 51, n°1-2, 2001, « Devenirs militants », et notamment O. Fillieule, « Propositions pour une analyse processuelle de l’engagement individuel », p. 199-215. Retour

[34] Selon l’analyse devenue classique de D. Gaxie dans Le cens caché. Inégalités culturelles et ségrégation politique, Paris, Le Seuil, 1978, et, sur les rétributions du militantisme : « Économie des partis et rétributions du militantisme », Revue française de science politique, vol. 27, n°1, 1977, p. 123-154 ; « Rétributions du militantisme et paradoxes de l’action collective », Revue suisse de science politique, vol. 11, n°1, 2005, p. 157-188. Retour

[35] Pour une lecture centrée sur les contextes discursifs des « petits » comme des « grands » textes philosophiques, voir les travaux de l’École de Cambridge et notamment de Quentin Skinner. Retour

[36] Voir par exemple : F. Matonti et G. Sapiro (dir.), « Engagements intellectuels », Actes de la recherche en sciences sociales, n°176-177, mars 2009 ; G. Sapiro (dir.), Translatio. Le Marché de la traduction en France à l’heure de la mondialisation, Paris, CNRS Éditions, 2008 ; G. Sapiro (dir.), Les Contradictions de la globalisation éditoriale, Paris, Nouveau Monde Éditions, 2009. Retour

[37] Voir notamment M. Hauchecorne, La fabrication transnationale des idées politiques. La réception de John Rawls et des « théories de la justice » en France (1971-2011), thèse de doctorat de science politique, sous la dir. de F. Sawicki, Université de Lille 2, 2011. Retour

[38] Sur la dimension internationale de Mai 68, voir Ph. Artières, M. Zancarini-Fournel (dir.), 68. Une histoire collective, op. cit.Retour

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