2001
Le Moyen Age
Bibliographie
Villes, histoire et culture(s)
La mode est aux ouvrages collectifs ou thématiques, actes de colloques et de
tables rondes, volumes de circonstance,
Festschriften, livraisons de revues.
On peut le déplorer sans doute, mais on n’y changera fondamentalement
rien. Nous voudrions ici en présenter successivement cinq, ils sont
accompagnés d’une monographie qui fait figure d’exception à la règle, et
attirer l’attention sur leurs apports fondamentaux, méthodes et résultats
[1].
* * *
Le premier d’entre eux analyse les formes et les limites de l’insertion des
immigrants au sein des métiers, des confréries, des églises, des partis
politiques, des conseils municipaux. Il s’interroge sur les barrières
juridiques, linguistiques, mentales, professionnelles, économiques,
ethniques et religieuses à l’insertion et à l’intégration. Il relève les
manifestations de l’insertion et de l’intégration comme la participation à la
vie politique et aux cérémonies civiques, religieuses et publiques,
l’assujettissement à la fiscalité ou au service armé, l’accès à la bourgeoisie ou
à la citoyenneté. La complexité des processus d’insertion est bien mise en
évidence, ils ne sont pas forcément définitifs et peuvent apparaître comme
temporaires ou réversibles en fonction de la conjoncture. Le niveau social de
l’immigrant, l’insertion de la main d’œuvre peu qualifiée, celle des grands
marchands, les stéréotypes attachés aux origines ou à la religion résonnent
d’une étrange actualité
[2].
Les statuts de l’immigré sont illustrés par P. Martinez Sopena,
Les
« Francos » dans les villes du chemin de Saint-Jacques au Moyen Âge (p. 9-25).
Originaires pour la plupart des régions du Midi français, les « Francos »
peuplaient Jaca en Aragon (fondée vers 1077), des bourgs en Navarre, des
villes du Léon et de la Castille, où leur situation était fort dissemblable d’un
endroit à l’autre : différenciation ethnique, ségrégation spatiale des quartiers
et des rues… Entre les dernières décennies du XIe siècle et les premières du
XIIIe, ils dirigeaient parfois la vie urbaine. Les étrangers représentaient
environ 20 ou 30% des habitants
[3].
Quels furent les rapports entre les communautés immigrées et les sociétés
urbaines ? Pour A. Ducellier, L’insertion professionnelle et civique des immigrés
dans les villes d’Italie au Moyen Âge : l’exemple des Albanais (p. 63-81), dans
l’ensemble des Balkans médiévaux, bien plus que la loi du nombre, ou les
conquêtes ottomanes, c’est en fait le déséquilibre social (guerres et
« aristocratisation ») qui lance l’émigration. Sur fond de « vieilles
complicités claniques », « rustiques », « mal dégrossis », « non civilisés »
s’expatriaient. C’était parmi les domestiques insatisfaits ou fuyards ou parmi
les masses en attente d’emploi que puisaient les négriers. L’idéal était de se
faire embaucher comme matelot. L’État vénitien et les Malatesta, par
exemple, voyaient dans l’immigration catholique romaine une solution aux
nombreux problèmes qui assaillaient la République dans la seconde moitié
du XIVe siècle : les pestes et les guerres avec Gênes qui avaient cruellement
fait baisser le nombre des marins et des rameurs vénitiens. Petits employés
publics, artisans, domestiques, prostituées, criminels ne peuplaient pas de
quartiers définis, ces gens s’intégraient et s’assimilaient rapidement, sans
chercher à trop affirmer leur personnalité collective. N. Fejic, Les Espagnols à
Dubrovnik (p. 83-90), a trouvé dans les registres ragusains plus de 300 noms
de gens de la Péninsule ibérique, de la fin du XIVe au début du XVIe siècle :
des guerriers et des mercenaires, des ambassadeurs royaux et des consuls,
des marchands et des patrons de navires, ainsi que des artisans et des
chirurgiens… espagnols et « catalans » de Barcelone, Tortose, Valence,
Majorque, etc. Les Ragusains n’avaient pas une opinion généralement
favorable de leurs contemporains, car, de toutes les formes de délinquance
dont étaient accusés les Catalans, la piraterie entraînait les plus grandes
pertes.
Les logiques de l’insertion répondaient à des motivations diverses, la
fondation de nouvelles villes à proximité des anciens centres, par exemple.
Pour H. Samsonowicz, L’insertion des immigrés dans les villes polonaises au
Moyen Âge (p. 163-170), les (petites) villes polonaises doivent leur forme
spatiale, institutionnelle et organisationnelle aux nouveaux venus. Leurs
coutumes, leur langue, leurs privilèges provoquaient l’aversion pour les
étrangers et suscitaient une attitude de réserve envers les bourgeois non
« polonophones » : Allemands, Ruthènes, Juifs, Arméniens, Italiens,
Valaques, Karaïtes, Tatars, Turcs, Hongrois, Tchèques, Slovaques,
Lituaniens, Grecs et Écossais (ces derniers au nombre de 100 000, affirmait-on, pour la fin du XVIe siècle).
* * *
Le deuxième ouvrage s’ouvre avec la mise au point de D. Menjot,
La ville
frontière : un modèle original d’urbanisation ? (p. 5-14). Il pose les questions
fondamentales
[4] : l’existence d’une frontière engendre-t-elle un type
particulier de cités et de réseaux urbains et conditionne-t-elle leur évolution ?
Les tracés frontaliers linéaires n’ont rien de naturel mais sont des créations
humaines qui se dilatent ou se rétractent avec la puissance des États qu’ils
limitent
[5]. Dans beaucoup de centres urbains frontaliers, la fonction militaire
est hypertrophiée, car la frontière est toujours potentiellement dangereuse et
les cités situées sur cette limite constituent autant d’appuis logistiques à
l’organisation défensive de l’État, quand elles ne sont pas des capitales de
districts militaires. Les villes enclave représentent un type particulier de
villes frontière.
Les villes des confins, pour commencer. M. Asenjo Gonzalez,
Pouvoirs et
organisation sociale dans une région de colonisation : l’exemple de Soria (p. 17-40),
présente le
concejo de cette cité castillane au Moyen Âge (après 1106-1119, à
l’époque d’Alphonse Ier le Batailleur, roi d’Aragon): une forme
d’organisation sociale, politique et administrative de la population d’une
ville dotée d’un finage ou
tierra, c’est-à-dire un modèle de colonisation et de
repeuplement typique des royaumes hispano-chrétiens lors de la
reconquête. Des recensements (1270,1358 et 1528) rendent possible l’étude
en profondeur de Soria et de son finage. J. Damiao Rodrigues,
Frontière et
villes frontière dans l’Atlantique portugais, XVe-XVIIIe siècles (p. 41-62), montre
que toutes les sociétés humaines ont une hiérarchie spatiale, avec un centre.
À partir de 1415, les Portugais ont peuplé des archipels atlantiques en
mettant en valeur les îles les plus lointaines ou les moins attirantes à l’aide de
degredados (déportés), de grands seigneurs, d’agents de peuplement,
d’esclaves, de colons bénéficiant de privilèges fiscaux et commerciaux. Ce
faisant, ils ont reculé la frontière qu’était l’Océan extérieur, la frontière
continentale étant déplacée en Afrique, au Maroc et dans les îles atlantiques
précisément
[6]. Pour R. Panova,
Messembria : une ville frontière à deux visages (p.
63-79), aucune continuité fonctionnelle, urbanistique, culturelle et historique
ne peut être observée entre les villes et les forteresses à l’aval du Danube et
sur le littoral de la mer Noire, construites à l’époque byzantine, et les
forteresses des Protobulgares édifiées sur leurs ruines. Seules les villes de
Messembria (Nessèbre), Sozopol et Anchialo constituent une exception à
certains égards. Il y aurait trois types de frontières : idéologiques, politiques
et militaires, qui ne coïncident pas, englobent différents territoires et ont des
centres distincts. Les sources sont byzantines, bulgares, occidentales et
locales (chroniques), archéologiques et épigraphiques. En effet, l’ancienne
colonie dorienne (VIe siècle avant J.-C.) a toujours été située sur une frontière
politique instable. Et la frontière n’eut aucune importance, exceptée celle
d’encourager et de stimuler les contacts. R. Rachev,
Varna, une ville frontière
de trois empires (p. 81-90), décortique le cas d’Odessos, une colonie de Milet
(VIe siècle avant J.-C., comme Messembria), ville romaine et centre principal
pour l’exportation du blé de Bulgarie au Moyen Âge. La frontière (la mer), de
barrière, se transforma ici en pont entre deux mondes (Bulgarie-Byzance),
unis par des intérêts économiques communs. Venise et Gênes ont apaisé
l’hostilité politique entre les adversaires séculaires en donnant la priorité au
profit économique. Pour U. Sowina et T. Chynczewska-Hennel,
La frontière pour les villes polonaises (XIIIe-XVIIe siècles). Menace ou chance ? (p. 113-126), à
l’origine des communes urbaines polonaises, il y a un mouvement de
colonisation (début du XIIIe siècle) sur le modèle du droit allemand. Les
centres urbains étaient organisés à partir d’un plan en damier (d’après le
modèle spatial de la
Gründungsstadt) avec des parcelles héréditaires à la
superficie déterminée sur lesquelles on pouvait lever le cens payé en argent.
Confins et frontière ont un double sens. Premièrement, tous les deux
définissent les territoires polonais constituant les limites de l’Europe latine.
Deuxièmement, ces termes se rapportent aux villes frontière, surtout à celle
des confins Sud-Est et Nord-Est qui entretenaient des relations directes avec
les civilisations de l’Orient. Avec l’extension territoriale de la Pologne, les
confins de l’État se déplaçaient également vers l’Est et le Sud. Casimir le
Grand a fortifié une trentaine de villes, construit plus de cinquante châteaux
forts et créé une vaste zone fortifiée.
Les villes frontalières, ensuite. B. Arizaga Bolumburu,
La perception de la
frontière en Guipuzcoa au Moyen Âge (p. 129-144), présente une terre
montagneuse (avec un tissu urbain), passée du royaume de Navarre à la
Castille à la fin du XIIe siècle. Si les limites frontalières n’engendrèrent pas
d’importants litiges, l’insécurité et la violence étaient générées notamment
par les liens familiaux et de parenté belliqueux qui traversaient les
frontières : agression des personnes, destruction systématique des
propriétés, des maisons-tours, des arbres fruitiers, des cultures, des moulins
et des forges, vol du bétail. Les besoins en nourriture furent à l’origine
d’exemptions d’impôts, de protection de produits, de pactes et de trêves,
d’associations maritimes commerciales (sortes de Hanse pour se défendre
contre la piraterie), de sauf-conduits, de traités, jusqu’à la fin du XVe siècle.
G. Larguier,
Devenir une ville frontière : Narbonne, XVe-XVIIe siècles (p. 177-195), montre que la frontière interrompt puis stimule (1493-1659) l’évolution
de l’urbanisme, de la société et des institutions d’une cité et d’un bourg de
30 000 habitants environ dans la première moitié du XIVe siècle. Pour
C. Otten-Froux,
La ville enclave, un cas particulier de ville frontière : l’exemple de
Famagouste aux XIVe-XVe siècles (p. 197-208)
[7], le principal port de l’île de
Chypre passa entièrement sous la domination génoise à la suite des traités de
1374 et 1383. Modèle et vitrine (à l’aspect misérable), la ville a alors un statut
d’exterritorialité jusqu’en 1464 et assume les deux fonctions de ville-refuge
et de centre douanier entre le monde chrétien et le monde musulman. Toutes
les occupations et tous les problèmes se concentrent sur un petit espace isolé
et menacé. M.C. Quintanilla Raso,
Adaptation et évolution d’une société urbaine de frontière : Cordoue à la fin du XVe siècle (p. 209-226), analyse les activités et
les structures sociales, le pouvoir urbain et le rôle déterminant dans la vie
citadine de la haute noblesse issue en grande partie de la chevalerie installée
à la suite de la Reconquête
[8]. Le rôle militaire (sur un site d’arrière-garde…)
a été le véritable catalyseur social à Cordoue (20 000 habitants à la fin du XVe
siècle), la seconde ville andalouse après Séville.
* * *
Le troisième ouvrage envisage l’urbanisme et les politiques citadines
[9]. Si
l’histoire politique a été longtemps exclusivement institutionnelle et
événementielle, marquée par l’étude des « grandes pointures » et par celle de
l’idéologie « nationalo-nationaliste », une nouvelle histoire politique a vu le
jour ces dernières années, construite notamment selon les concepts et les
méthodes de l’anthropologie historique. Elle étudie désormais
le et non plus
tant
la politique, le(s) pouvoir(s) et leurs représentations, dans tous les sens
du terme (expressions, métaphores, imaginaire : liturgie, cérémonies,
symboles…)
[10]. Au même moment (ou presque) que les pouvoirs centraux,
princiers
[11], il était temps de s’interroger sur les enjeux, les discours et les
pratiques des dirigeants (les élites ?) urbains. Quant à l’action concrète, aux
résultats obtenus sur le terrain, nous avouons ne pas l’avoir rencontrée
souvent dans les différentes contributions. É. Crouzet-Pavan analyse les
Politique urbaine et stratégie de pouvoir dans l’Italie communale (p. 7-20) de la
seconde moitié du XIIIe siècle et du début du XIVe
[12]. À Orvieto, par exemple,
entre 1295 et 1313, la nouvelle magistrature des
Sette vota 2 649 délibérations :
un dixième d’entre elles environ concernait les travaux publics. Avec la
commune populaire triomphent, semble-t-il, les politiques urbaines, la
capacité novatrice d’intervention, la volonté de transformation de l’espace
(embellir et assainir la ville). À rapprocher des études de J. Heers, M. Tafuri,
M. Sanfilippo, H. Günther, F.P. Fiore, B. Adorni et P. Pavanini dans l’ouvrage
déjà cité
D’une ville à l’autre. Pour A.M.S.A. Rodrigues,
La lutte pour la prise et
la conservation du pouvoir dans les villes portugaises à la fin du Moyen Âge (p. 21-40), la monarchie contribua à la fermeture des cercles de pouvoir au XIVe
siècle et la contestation (légitime) des oligarchies locales amena la
participation des seuls artisans (non point le petit peuple, sauf à Lisbonne, de
manière très restreinte) aux délibérations des gouvernements locaux. La
poursuite du « bien commun » compris dans les étroites limites de leur
propre intérêt fut dès lors inscrite dans le programme politique affiché par les
dirigeants locaux : paix civile, ravitaillement, hygiène et santé publique,
équipements collectifs. M. Boone
[13] décrit
La construction d’un républicanisme
urbain. Enjeux de la politique municipale dans les villes flamandes au bas Moyen
Âge (p. 41-60). Les premières manifestations du pouvoir politique remontent
à l’ère patricienne (XIIe siècle-1302), même si la notion de patriciat reste
évidemment anachronique. La période corporative (1302-
ca 1585) est
marquée par la lutte pour le pouvoir. La politique municipale (complexe, « à
la belge », pourrions-nous dire) s’exprimait quelque part entre solidarité
communale (particularisme) et contrôle princier (centralisme) et se jouait
concrètement sur le sol urbain. H. Casado Alonso, dans
Villes et finances
royales. Les stratégies politiques des dirigeants urbains de la Castille septentrionale
(1450-1539) (p. 61-79), qualifie d’indéniable oligarchie la société castillane à
l’époque de l’expansion économique et des changements sociaux dans la
vallée du Duero. Les villes étaient soucieuses de rester autonomes au plan
fiscal et les monarques n’avaient pas de domaine royal important…
* * *
Nous renouons en quelque sorte avec le problème de la frontière dans le
quatrième volume qui renferme une monographie consacrée à la banlieue de
Bordeaux entre 1250 et 1550 environ. Il faut d’autant plus s’en réjouir que,
depuis la magistrale étude de R. Fiétier, on n’a plus guère abordé ce sujet
entre tous difficile
[14]. Dans son introduction, M. Bochaca précise la notion et
le terme de banlieue qui recouvre une réalité différente selon qu’il est
employé par un historien médiéviste (territoire s’étendant dans un rayon
d’une ou de plusieurs lieues autour d’une ville et se trouvant soumis au ban)
ou par un géographe contemporain (zone de « suburbanisation », parfois
très étendue, autour d’un centre urbain).
Dans la première partie, Bordeaux et ses campagnes sont décrites au
milieu du XIIIe siècle aux points de vue de l’organisation de l’espace et des
pouvoirs. Bordeaux vers 1250 est une cité close (castrum gallo-romain et
bourg Saint-Éloi) et une commune (un maire et douze jurats, assistés par
deux conseils, les XXX et les CCC, 1206), au tissu urbain lâche, entourée de
faubourgs, baignée par la Garonne et illustrée notamment par un port
soumis au contrôle de l’administration anglo-saxonne (commerce du vin).
Les proches campagnes bordelaises constituent précisément la ceinture
viticole de la ville, une auréole interne directement annexée à Bordeaux,
contrôlée par les citadins et régie par des pouvoirs liés à la ville. Des espaces
agro-forestiers péri-urbains, moins nettement soumis à l’attraction de
Bordeaux, forment une auréole externe faisant la transition avec le reste des
campagnes du Bordelais. Des espaces y sont voués à la polyculture et à
l’élevage. Les structures d’encadrement sont fondées sur un réseau de
seigneuries laïques.
La deuxième partie décrypte l’« invention » de la banlieue de Bordeaux
par les Bordelais (vers 1250-vers 1300), au sein d’une commune qui affichait
ouvertement sa volonté d’indépendance, en même temps que la bourgeoisie
se disputait le pouvoir. L’apparition de la banlieue dans les sources
bordelaises date de 1253-1254 (Établissements), de 1254-1261 dans les
anglaises (prise en compte par Henry III). Les premiers conflits suivirent
presque aussitôt (vers 1260-vers 1290): démêlés de la commune avec le
chapitre de Saint-Seurin et réticences d’Édouard Ier à l’égard de la banlieue.
La délimitation se fit à la faveur de l’occupation française (1294-1303).
Replacée dans le contexte de la saisie et de l’occupation du duché
d’Aquitaine par les Français, la charte du 10 septembre 1294 annonce les
premières reconnaissance et délimitation officielles : énoncé de confronts
associant des repères naturels (arbres caractéristiques, sources et cours
d’eau) et des limites artificielles (routes, ponts, croix). La banlieue s’étendait
à ce moment sur 40 000 ha environ pour 42 000-42 500 au milieu du XVIe siècle,
dix-sept paroisses ainsi qu’une partie de quatre autres (Lille : 400-500 ha;
Chartres, Reims, Besançon et Nice : 5 500-7 000 ha; Arles : 110 000 ha…, p. 67-68,128 et 158). Il s’agissait d’une banlieue artificielle, inventée de toutes
pièces et abusivement développée aux dépens du pouvoir ducal, avec des
droits exorbitants reconnus à la commune.
La troisième partie enregistre le passage en deux temps de la banlieue
théorique à la banlieue réelle, soit les étapes d’une conquête municipale (vers
1300-vers 1550). L’élaboration d’un compromis entre le roi-duc et la
commune de Bordeaux (vers 1300-vers 1450) fut rendue possible par
l’assouplissement de l’attitude ducale sous Édouard II qui tergiversait. Une
banlieue fut à demi reconnue par la transaction du 18 juin 1314, en attendant
la reconnaissance officielle de la grande banlieue de 1294 par Édouard III (1er
juillet 1342). La transition de la banlieue d’une ville bourgeoise à la banlieue
d’une bonne ville se fit à l’époque suivante (1453-1548). Une banlieue fut
admise de fait mais non confirmée par Charles VII (1453-1461), méfiant à
l’égard des ambitieux Bordelais. La confirmation et la consolidation du
pouvoir municipal sur la banlieue (ainsi que la police du port) allaient venir
de Louis XI, pour s’achever au début du XVIe siècle. La ville exerçait alors les
tâches administratives et judiciaires qui étaient les siennes à l’intérieur de ses
murs et de la banlieue sous le contrôle étroit des officiers royaux. Elle se
fondait désormais dans l’organisation de la Guyenne, dont elle n’était plus,
à l’échelon local, qu’un simple rouage.
La quatrième et dernière partie étudie l’exercice du pouvoir municipal sur
la banlieue (vers 1350-vers 1550). L’exposé de l’administration s’ouvre sur la
géographie administrative vers 1550 : prévôtés de Saint-Éloi, d’Eysines et
d’Entre-deux-Mers, comté d’Ornon et baronnie de Veyrines, pour se
poursuivre avec la présentation du personnel administratif et judiciaire.
L’emprise municipale sur la banlieue se traduisait de multiples façons : par
l’exercice de la justice communale et de la juridiction de police du maire et des
jurats, par l’exploitation économique des revenus (notamment
patrimoniaux et banaux). Il ne fait aucun doute que la banlieue servait
également les intérêts économiques de la bourgeoisie bordelaise impliquée
financièrement dans son administration et, surtout, sa gestion. Le
développement de la banlieue eut pour conséquence une relative
uniformisation de l’organisation administrative et judiciaire des espaces
suburbains.
En conclusion de ce qu’il appelle trop modestement« essai d’interprétation », M. Bochaca éclaire définitivement une banlieue (concédée/
conquise ?) née de la volonté d’autonomie et de puissance d’une
municipalité, utilisée comme une arme juridique à ses débuts, puis
développée à la manière d’un contado, même si la finalité économique ne fut
pas l’une des données initiales et fondamentales de l’action des magistrats
urbains, puisque les premiers règlements sur les activités économiques, dans
le cadre de la banlieue (correspondant plus ou moins à la zone de tutelle
agricole prépondérante de la ville), datent seulement de 1336. Comme il se
doit, le lecteur examinera avec attention le relevé des sources imprimées et
la bibliographie sommaire. Les illustrations (13 cartes et plans) sont de
qualité et très explicites, l’index des termes gascons tout à fait adéquat. De la
fort belle ouvrage en vérité.
* * *
Le cinquième volume constitue le numéro de tête d’une revue qui semblait
promettre beaucoup, mais à laquelle on n’a apparemment accordé que trop
peu de chances de durer et de… tenir. M. Suttor
[15] y explique
L’usage de l’eau
dans les villes mosanes (XVe-XVIIe siècle) (p. 19-38) et le rôle essentiel de la
rivière comme moyen de transport des richesses naturelles et des produits
importés ou exportés, les infrastructures (débarcadères,
portus,
applés,
digues,
battes, ponts, bacs et moulins), les areines et l’adduction d’eau potable
aux fontaines urbaines (publiques ou privées), les inconvénients et les
ravages (sécheresses, gels, crues et débâcles). Depuis quelques années, ce
type d’études a véritablement le vent en poupe
[16]. À partir de sources directes
comme les géographes et les voyageurs musulmans du Moyen Âge,
notamment Ibn Hawqal (972-973), intolérant, xénophobe et vendu aux
Fatimides, T. Coste-Chareyre présente
Palerme sous la domination kalbide.
Topographie, économie et société (de 947-948 à 1071-1072) (p. 57-69), un des plus
populeux ports de la Méditerranée (100 000 habitants peut-être), marché
international convoité par Naples, Pise, Gênes, Byzance et les Normands.
Décidément H. et G. Bresc ont fait des émules.
* * *
Le sixième et dernier volume est la livraison suivante, l’ultime (déjà !) de la
même revue. D. Jacoby se penche sur
Acre à l’époque des croisades (XIIe et XIIIe
siècles): conjoncture et modalités du développement urbain (p. 9-21). Les sources
sont avares de renseignements sur la ville arabe (636-1104). Avec son château
et ses fortifications, elle restera au pouvoir des Latins de 1104 à 1291, sauf une
interruption de 1187 à 1191 (33 ha environ, à cette dernière date). Siège de la
cour royale, du patriarche de Jérusalem et de nombreux établissements
ecclésiastiques, elle est connue par des chroniques, des récits de pèlerinage,
des chartes délivrées par les princes et seigneurs féodaux, des actes de
notaires, des œuvres littéraires, des vestiges matériels, des plans médiévaux
(1252; vers 1320), des dessins et des gravures des XVIIe-XIXe siècles.
L’accumulation de débris atteint aujourd’hui jusqu’à 7 m au-dessus du
niveau du XIIIe siècle dans certaines parties de la vieille ville. 15 000 habitants
sont proposés vers 1250, soit environ 450 par hectare. Dans
Du palio médiéval
au palio princier de la Renaissance (p. 23-34), P. Racine produit notamment les
dépenses d’août 1310 de la célèbre course de chevaux (Sienne, Archivio di
Stato de Sienne,
Biccherna, 124, c. 33). D. Courtemanche,
Une institution
scolaire dans le Paris occupé : le collège de Dormans au XVe siècle (p. 35-51), à partir
des registres de comptes (1375-1460), des sources du Parlement de Paris et de
lettres de rémission, constate une augmentation de patrimoine, de gros
travaux d’agrandissement des locaux et l’enrichissement en livres de la
bibliothèque entre 1377 et 1415. L’effectif étudiant comprenait à la fois une
vingtaine de boursiers, de 2 à 60 hôtes et de 1 à 55 martinets, des petits enfants
(à partir de 1424-1425). Chr. Ferrero livre des
Aperçus sur la christianisation des
cités wisigothes entre les Ve et VIIIe siècles : l’exemple de Narbonne, Tarragone et
Valence (p. 113-130). Le rôle des évêques bâtisseurs et les conséquences des
événements historiques sur la topographie chrétienne y sont bien mis en
évidence. À partir du cartulaire de l’abbaye de Saint-Corneille, Ana Polo
Grana analyse
Le « mouvement communal » et la « commune » dans une petite
ville du Nord de la France, Compiègne (1153-1319) (p. 131-150) pour en dégager
les particularités. Obtenir une certaine autogestion des affaires, à coup sûr;
prendre le pouvoir dans la ville, certainement pas. Assez curieusement
l’
Histoire de Compiègne, sous la dir. de E. Fruit, Dunkerque, 1988, n’est pas
citée dans l’étude. En ce qui le concerne, P. Garmy montre combien
L’archéologie urbaine en France depuis le colloque de Tours (1980) (p. 201-211),
ouvre de nouvelles perspectives, avance de nouvelles méthodes, rencontre de nouvelles difficultés
[17].
* * *
Quelques observations d’ensemble pour terminer. L’histoire urbaine
médiévale continue de se bien porter en France
[18]. L’étude de la ville se
poursuit et même se développe un peu partout. Bien sûr, les monographies
semblent légèrement marquer le pas : on attend la suite d’Aix-en-Provence
(N. Coulet), d’Arles (L. Stouff), des villes du duché de Bretagne (J.P. Leguay),
de Chambéry (R. Brondy), de Chartres (C. Billot), de Florence (C.M. de la
Roncière), de Laon (J. Lusse et A. Saint-Denis), de Rome (É. Hubert), de Saint-Flour (A. Rigaudière), de Sienne (O. Redon), de Tolède (L. Cardillac), de
Valence (J. Guiral-Hazhossif), de Valladolid (A. Rucquoi)… Mais la
perspective comparative, dans l’espace et dans le temps, est à l’honneur. Un
manuel récent consacré à la ville médiévale n’affiche-t-il pas comme sous-titre
De l’Occident chrétien à l’Orient musulman (Ve-XVe siècle)
[19] et ne permet-il pas
d’établir déjà des parallèles et des rapprochements historiques intéressants ?
Dans les pages qui précèdent, on déplorera cependant la rareté des références
aux villes de l’Europe du Nord-Ouest, du Nord ou de l’Est. De même, l’absence,
quasi complète, de la famille, de la femme et de l’enfant, par exemple.
Tables rondes, colloques et autres congrès n’épuisent pas les questions
que se pose l’historien mais ils y contribuent de la meilleure manière qui soit,
notamment par des discussions fécondes menées à partir de sources les plus
diverses mais fondamentalement complémentaires, faut-il le souligner :
anthroponymie, chroniques, annales, récits de voyages, lois, ordonnances,
réglementations urbaines, relevés de feux, enquêtes administratives,
documents fiscaux, comptes, registres de bourgeoisie, archives notariales,
épigraphie, archéologie
[20]… Et puis, concédons quand même aux ouvrages
collectifs qu’ils dressent le plus souvent un état des questions, au minimum
du point de vue bibliographique. Même s’il faut regretter le manque de
conclusion générale ou d’index dans les livres recensés ici, à leur manière,
ceux-ci témoignent finalement de la place grandissante des villes dans le
paysage d’après 1200, rançon sans aucun doute de la documentation
conservée. Non, le temps des villes ne passera pas.
Liège Christian DURY
[1]
La présente chronique rend compte de six ouvrages récents sur le sujet,
adressés à la revue par le même éditeur, à savoir :
Les immigrants et la ville. Insertion,
intégration, discrimination (XIIe-XXe siècles), éd. Denis MENJOT et Jean-Luc PINOL, Paris,
L’Harmattan, 1996; 1 vol. in-8°, 232 p., pl., fig., tabl., graph., cartes et plans (
Collection
Villes, histoire, culture, société). Prix : FRF 130;
Les villes frontière (Moyen Âge-Époque
moderne), éd. Denis MENJOT, Paris, L’Harmattan, 1996; 1 vol. in-8°, 228 p. (
Ibidem).
Prix : FRF 140;
Enjeux et expressions de la politique municipale (XIIe-XXe siècles), éd. Denis
MENJOT et Jean-Luc PINOL, Paris, L’Harmattan, 1997; 1 vol. in-8°, 248 p. (
Ibid.). Prix :
FRF 140; Michel BOCHACA,
La banlieue de Bordeaux. Formation d’une juridiction
municipale suburbaine (vers 1250-vers 1550), Paris, L’Harmattan, 1997; 1 vol. in-8°, 197
p., fig. (
Ibid.). Prix : FRF 130;
Villes, histoire et culture, n° 1,1994; 1 vol. in-8°, 95 p. Prix :
FRF 50; N° 2/3,1997; 1 vol. in-8°, 215 p. Prix : FRF 60.
[2]
Cet ouvrage est le complément naturel de
L’Étranger, Bruxelles, 1958 (
Recueils
de la Société Jean Bodin, t. 9-10);
État et colonisation au Moyen Âge et à la Renaissance, sous
la dir. de M. BALARD, Lyon, 1989;
Viajeros, peregrinos, mercaderes en el Occidente
Medieval, Actas de la XVIII Semana de Estudios Medievales de Estella, 22 a 26 de julio de
1991, Pampelune, 1992;
Le migrazioni in Europa. Secc. XIII-XVIII, Atti della XXVa
Settimana di Studi, Prato, 3-8 maggio 1993, sous la dir. de S. CAVACIOCCHI, Florence, 1994;
Voyages et voyageurs au Moyen Âge, XXVIe Congrès de la S.H.M.E.S. (Limoges-Aubazine,
mai 1995), Paris, 1996.
[3]
Signalons dans une bibliographie surabondante
El camino de Santiago y la
articulacion del espacio hispanico, Actas de la XX Semana de Estudios Medievales. Estella, 20
a 26 de julio de 1993, Pampelune, 1994.
[4]
. Abordées déjà par L. FÈBVRE, Frontière : le mot et la notion,
Pour une histoire
à part entière, Paris, 1962, p. 12-24 et L. GENICOT, Ligne et zone : la frontière des
principautés médiévales,
Bulletin de l’Académie royale de Belgique, Classe des Lettres,
1970, p. 29-42.
[5]
Cf
. S. DUBOIS,
Les bornes immuables de l’État. La rationalisation du tracé des
frontières au siècle des Lumières, Heule, 1999.
[6]
. Cf
. L’Europe et l’Océan au Moyen Âge : contribution à l’histoire de la navigation,
XVIIe Congrès de la S.H.M.E.S. (Nantes, mai 1986), Paris, 1988.
[7]
. À rapprocher de l’étude de M. BALARD, Habitat, ethnies et métiers dans les
comptoirs génois d’Orient (XIIIe-XVe siècles),
D’une ville à l’autre : structures matérielles
et organisation de l’espace dans les villes européennes (XIIIe-XVIe siècle), éd. J.Cl. MAIRE
VIGUEUR, Rome, 1989, p. 107-132, C.R.
ici-même, t. 103,1997, p. 205-208.
[8]
. Sur ce point, voir sa contribution La caballeria cordobesa a finales de la Edad
Media : analisis de un conflicto social urbano,
Villes et sociétés urbaines au Moyen Âge.
Hommage à M. le Professeur Jacques Heers, Paris, 1994, p. 121-132.
[9]
Consulter
Städtische Führungsgruppen und Gemeinde in der werdenden Neuzeit,
sous la dir. de W. EHBRECHT, Cologne-Vienne, 1980;
Bürgerliche Eliten in den
Niederlanden und in Nordwestdeutschland. Studien zur Sozialgeschichte des europäischen
Bürgertums im Mittelalter und in der Neuzeit, sous la dir. de H. SCHILLING et H. DIEDERICKS,
Cologne-Weimar-Vienne, 1985;
Verwaltung und Politik in Städten Mitteleuropas.
Beiträge zu Verfassungsnorm und Verfassungswirklichkeit in altständischer Zeit, Cologne-Weimar-Vienne, 1994;
La ville, la bourgeoisie et la genèse de l’État moderne (XIIe-XVIIIe
siècle), sous la dir. de N. BULST et J.Ph. GENET, Paris, 1988;
Les élites urbaines au Moyen
Âge, XXVIIe Congrès de la S.H.M.E.S. (Rome, mai 1996), Paris-Rome, 1997;
Poteri
economici e poteri politici. Secc. XIII-XVIII, Atti della XXXa Settimana di Studi, Prato, 27
Aprile-1 maggio 1998, sous la dir. de S. CAVACIOCCHI, Florence, 1999.
[10]
Cf
. City and Spectacle in medieval Europe, éd. B.A. HANAWALT et K.L. REYERSON,
Minneapolis-Londres, 1994.
[11]
Voir, par exemple,
Les princes et le pouvoir au Moyen Âge, XXIIIe Congrès de la
S.H.M.E.S. (Brest, mai 1992), Paris, 1993 ;
Les relations entres princes et villes aux XIVe-XVIe siècles : aspects politiques, économiques et sociaux, sous la dir. de J.M. CAUCHIES,
Neuchâtel, 1993 ;
Principi e città alla fine del Mediœvo, sous la dir. de S. GENSINI, San
Miniato, 1997.
[12]
Rappelons ses études
Sopra le acque salse. Espaces, pouvoir et société à Venise à
la fin du Moyen Âge, Rome, 1992 et Les élites urbaines : aperçus problématiques
(France, Angleterre, Italie),
Les élites urbaines, p. 9-28, ainsi que le travail de J. HEERS,
Espaces publics, espaces privés dans la ville. Le Liber terminorum
de Bologne (1294), Paris,
1984, C.R.
ici-même, t. 103,1997, p. 208-209. Et attendons la parution prochaine de Faire
bans, edictz et statuz.
L’activité législative communale dans l’Occident médiéval, aux
Éditions des Facultés universitaires Saint-Louis, Bruxelles.
[13]
Ses premières études remontent au début des années 1980 (cf.
ici-même, t. 91,
1985, p. 138-140; t. 92,1986, p. 160-161). Voir surtout sa thèse, parue en deux volumes :
Gent et de Bourgondische hertogen ca
1384-ca
1453. Een sociaal-politieke studie van een
staatsvormingsproces, Bruxelles, 1990, analyse prosopographique, avec un résumé en
anglais et
Geld en macht. De Gentse stadsfinanciën en de Bourgondische staatsvorming
(1384-1453), Gand, 1990, sur la politique financière gantoise et les élites qui la
dominaient, également avec un résumé en anglais, ainsi que Gestion urbaine, gestion
d’entreprise : l’élite urbaine entre pouvoir d’état, solidarité communale et intérêts
privés dans les Pays-Bas méridionaux à l’époque bourguignonne (XIVe-XVe siècle),
Studia Historica Gandensia, n° 275,1991 et, avec W. PREVENIER, Les villes des Pays-Bas
méridionaux au bas Moyen Âge : identité urbaine et solidarités corporatives,
Bulletin
du Crédit communal de Belgique, n° 183,1993, p. 25-42.
[14]
R. FIÉTIER,
Recherches sur la banlieue de Besançon au Moyen Âge, Paris, 1973.
[15]
Un livre est annoncé
Vie d’un fleuve. La Meuse de Mézières à Maastricht, des
origines à 1600, à paraître dans la
Nouvelle bibliothèque du Moyen Âge, le prolongement
en fait de
La navigation sur la Meuse moyenne des origines à 1650, Liège-Louvain, 1986,
C.R.
ici-même, t. 94,1988, p. 477-478.
[16]
Citons, par exemple, A. GUILLERMÉ,
Les temps de l’eau. La cité, l’eau et les
techniques (Nord de la France, fin IIIe-début XIXe siècle), Seyssel, 1983; J. MESQUI,
Le pont
en France avant le temps des ingénieurs, Paris, 1986;
Moulins en Hainaut, Bruxelles, 1987;
Tournai. Une ville, un fleuve (XVIe-XVIIe siècle), sous la dir. de F. THOMAS et J. NAZET,
Bruxelles, 1995;
L’eau au Moyen Âge. Symboles et usages, Actes du colloque (Orléans, mai
1994), sous la dir. de B. RIBÉMONT, Vincennes, 1996;
Fleuves, rivières et canaux dans
l’Europe occidentale et médiane, sous la dir. de P. RACINE, Nancy, 1997 ; P. SQUATRITI,
Water and Society in early medieval Italy, AD 400-1000, Cambridge, 1998; J.P. LEGUAY,
La pollution au Moyen Âge dans le royaume de France et dans les grands fiefs, Paris, 1999.
[17]
Archéologie urbaine. Actes du colloque international de Tours, 17-20 novembre
1980, Paris, 1982. À compléter notamment par A. DEBORD, L’archéologie médiévale,
L’histoire médiévale en France. Bilan et perspectives, éd. M. BALARD, Paris, 1991, p. 219-268.
[18]
Cf. P. RACINE, Où va l’histoire urbaine,
ici-même, t. 106,2000, p. 375-384 (à
propos de
La ville au Moyen Âge, sous la dir. de N. COULET et O. GUYOTJEANNIN, 1.
Ville
et espace et 2.
Sociétés et pouvoirs dans la ville, Paris, 1998).
[19]
. G. JEHEL et Ph. RACINET,
La ville médiévale, Paris, 1996.
[20]
Consulter R.C. VAN CAENEGEM,
Introduction aux sources de l’histoire médiévale,
Turnhout, 1997; la
Typologie des sources du Moyen Âge occidental, Turnhout, 83
fascicules parus depuis 1972 et L. GENICOT,
Table des fascicules 1-50, Turnhout, 1992 ;
L'Atelier du médiéviste, 7 vol. parus, Turnhout, 1993- : sur la diplomatique,
l'épigraphie, les sources de l'histoire économique et sociale, le numismatique…, et
une vingtaine d'autres en préparation.