Le Moyen Age
De Boeck Université

I.S.B.N.2-8041-4205-1
226 pages

p. 59 à 78
doi: en cours

Veille sur la revue
Veille sur l'auteur
Vous consultez

Tome CIX 2003/1

2003 Le Moyen Age

Les dits des oiseaux

Marie-Dominique LECLERC Université de Reims Champagne-Ardenne
M.D. LECLERC, Les Dits des oiseaux (Tales of Birds).
Among all the medieval bestiaries that got printed, the short piece called Les Dits des oiseaux stands out as a singular work. It is striking first and foremost because of its longevity : two handwritten copies in the 15th century were followed by few printed versions, but it lived on within a rather heterogeneous work known as the ancestor of the almanac, Le Grand Calendrier et Compost des bergers (The Shepherds’ Great Calendar and Compost). The present paper examines developments in the composition of the work through its several editions from the 15th to the 18th century, then it compares its contents to the traditional contents of bestiaries and more particularly of volucraries.Keywords : bestiaries, volucraries, birds, Shephers’ Calendars, « Bibliothèque bleue ».
Parmi tous les bestiaires médiévaux repris par l’imprimé, la courte pièce intitulée Les Dits des oiseaulx est une œuvre singulière, non pas tant par son contenu, directement inspiré du bestiaire chrétien, mais bien plutôt par son étrange pérennité. En effet, si l’on connaît peu d’éditions de l’œuvre en elle-même, en revanche le texte s’est, dès le XVe siècle, immiscé dans un ouvrage fort composite considéré comme l’ancêtre de l’almanach, Le Grand Calendrier et Compost des bergers.
Après avoir resitué cet écrit anonyme parmi la vaste matière des bestiaires, il conviendra d’étudier l’évolution de cette composition au fil des éditions, entre le XVe et le XVIIIe siècle. On s’attachera ensuite à en présenter le contenu avec son symbolisme chrétien, tout en s’efforçant de décrypter cette matière hybride reposant sur une histoire naturelle devenue légendaire à force de récupération religieuse. Enfin on fera retour sur le Grand Calendrier et Compost des bergers. Il semble en effet que le poème, lors de son entrée dans l’almanach, ne fut plus senti dans son unicité, mais comme une pièce adaptable à la matière du Calendrier en fonction d’une thématique et d’une interprétation cohérentes de la nature ou des préoccupations du « berger de la montagne », voire d’un horizon de lecture potentiel. Plus prosaïquement, dans quelle mesure ne fut-elle pas aussi sentie comme une possibilité éditoriale compensatoire ?
On conclura alors sur la place des Dits des oiseaux parmi les autres textes composant ce Calendrier, et notamment parmi la matière animalière l’encadrant, de manière à tenter de trouver une légitimité à cette insertion dans le plus célèbre des almanachs.
 
Une pièce anonyme parmi les bestiaires
 
 
Le terme de « bestiaire » apparaît vers le début du XIIe siècle pour désigner des ouvrages en prose ou en vers décrivant des animaux réels ou imaginaires, et dont les caractéristiques sont le plus souvent interprétées symboliquement dans le but d’un enseignement religieux et moral. Les bestiaires moralisés latins et romans semblent tous plus ou moins découler du Physiologus [1], autrement dit le « naturaliste », sorte de répertoire empruntant aux mondes animal, végétal et minéral. De ce Physiologus fut extrait un bestiaire qui inspirera au XIIe, puis au XIIIe siècle, Philippe de Taon, Pierre de Beauvais, Guillaume le Clerc (Bestiaire divin), Gervaise… C’est du Physiologus également que proviennent en partie les chapitres sur les animaux inclus dans les compilations encyclopédiques, par exemple le De Animalibus d’Albert le Grand, le Speculum naturale de Vincent de Beauvais, le De proprietatibus rerum de Barthélemy l’Anglais, le De natura rerum de Thomas de Cantimpré, ou encore le Livre du Trésor de Brunetto Latini, et tant d’autres encore…
Au Physiologus se rattache enfin le De Bestiis et aliis rebus attribué à Hugues de Saint-Victor, et dont le premier livre – et le plus connu – est un Aviarium. En fait il faut rendre à son homonyme Hugues de Fouilloy, la paternité du De Avibus, volucraire symbolique, dont le chapitre De Tribus columbis est un écrit destiné au chevalier Raynier pour l’inciter à embrasser la vie claustrale. Tout différent est le De arte venandi cum avibus de Frédéric II. C’est en majeure partie un traité de fauconnerie, mais le premier livre qui traite d’ornithologie générale peut être considéré comme la première contribution réellement scientifique dans ce domaine. Sans doute y eut-il d’autres volucraires, mais le plus souvent ils étaient partie intégrante d’un bestiaire plus vaste.
C’est donc dans ce contexte et cette lignée qu’il convient de resituer Les Dits des oiseaux, même si A. de Montaiglon [2] remarque, dans la courte notice qu’il a consacrée aux Dits des bêtes et des oiseaux, que ces deux poèmes, avec leurs quatrains secs et écourtés, sont « l’écho très affaibli » des bestiaires latins et français qui ont été écrits durant le Moyen Âge, et « comme l’expression de leur mort ». Si l’on en croit J. Morawski, la plus ancienne rédaction conservée de ce texte semble être celle du manuscrit 907 de Tours [3] qu’il reproduit à la fin de son article. Cette première version des Dits des oiseaux se compose de 17 quatrains à rimes croisées, mis dans le bec de différents oiseaux ; chaque quatrain se termine par une sentence de type proverbial. De plus, ajoute J. Morawski, « les noms portés par les oiseaux y ont un caractère archaïque, et le couplet XIV y est mis avec plus de raison, dans la bouche du cygne au lieu que les autres versions (excepté le ms. d’Aoste) lui substituèrent le rossignol ; enfin, il est plus naturel de commencer par l’aigle, le roi des oiseaux, que par le paon, comme font les autres versions ». Les seigneurs du château de la Barre, dans l’Indre, connurent-ils ce manuscrit ? Sans doute ne le saura-t-on jamais… Quoiqu’il en soit, les oiseaux s’envolèrent jusqu’aux portes de ce château et allèrent se poser sur l’une de ses tours. Plusieurs quatrains ont en effet été transcrits sur les parois de cette tour pour servir de légendes à une série de peintures murales. L’ensemble ne paraît comporter que quatre bêtes à plumes – le pélican, le phénix, l’aigle, la colombe – mais les vers qui les accompagnent sont incontestablement tirés des Dits des oiseaux. M. de Chergé [4], qui a vu ces fresques dans les années 1850, suppose qu’elles datent de la deuxième moitié du XVe siècle.
Une autre transcription a été insérée dans le manuscrit dit d’Aoste [5], édité en 1888. D’après P. Meyer [6] qui a fait le compte rendu de cet exemplaire, le manuscrit, appartenant alors à une collection privée, a dû être écrit dans le Val d’Aoste. Incomplet de la fin, il se compose de 144 feuillets et rassemble une matière composite en prose et en vers dont le Dit des Oyseaux et le Conseil des Oyseaux. D’après J. Morawski, « la version du ms. d’Aoste occupe sans doute une place intermédiaire entre celle de Tours et les éditions du poème ; elle garde encore le cygne et le butor (remplacé plus tard par le vautour [7]), mais se rapproche des éditions par la disposition des oiseaux, qui est identique sauf à mettre le coq avant le corbeau. On peut en conclure que la version d’Aoste se place aussi chronologiquement entre celle de Tours et les éditions ». Les quelques variantes ici relevées mises à part, cette version renferme donc également 17 quatrains d’oiseaux et annonce déjà les remaniements imprimés, qui lui sont sans doute contemporains.
En effet les premiers textes imprimés des Dits des oiseaux remontent au XVe siècle. À cause de l’anonymat éditorial – partiel ou total – on ne saurait attribuer l’antériorité à l’une ou l’autre des impressions. Quoi qu’il en soit, l’œuvre connut parallèlement semble-t-il – et du moins pour la fin du XVe et le XVIe siècle, une vie éditoriale comme impression séparée d’une part et comme partie constitutive d’une compilation d’autre part.
Comme pièce autonome, on relève un certain nombre d’éditions situées vers 1500 par Brunet [8]; elles permettent de constater que Les Dits des oiseaux ont pu être imprimés soit seuls, soit en association avec Les Dits des bêtes. S’il se contente de signaler succinctement – sans doute faute d’avoir pu les consulter – deux éditions lyonnaises in-quarto gothiques de cinq feuillets de la fin du XVe siècle, sous le titre Les Ditzs joyeux des oiseaux, en revanche il nous livre une description plus exhaustive pour des impressions des Dits des oiseaux et des bêtes. L’une s’intitule très précisément Les Dictz des oyseuax (sic) Et des bestes par hystores. Imprimé à Chalons-en-Champagne par Étienne Bally, c’est un petit in-quarto gothique incomplet [9] à feuillets non chiffrés ; seul un fragment de huit feuillets subsiste pour lequel Brunet donne la description suivante : « Toutes les pages de ce livret sont entourées de bordures sur bois présentant, comme celles des anciennes heures, des fleurs, des oiseaux et quelques animaux. Le recto du premier folio donne le titre ci-dessus, en deux lignes, au-dessous desquelles se voit la figure d’un aigle ; le verso ne contient qu’une bordure sans aucun texte. Chacune des autres pages du livre présente la figure d’un oiseau avec un quatrain français qui s’y rapporte, et un second quatrain sur un quadrupède dont on ne voit pas la figure ». On constate donc que Dits des oiseaux et Dits des bêtes alternent régulièrement sur la page mais que l’iconographie met en valeur le quatrain qu’elle sous-tend, c’est à dire celui se rapportant à un oiseau.
L’autre impression, décrite par Brunet, a pour titre Les Dictz des bestes et aussi des Oyseaulx. C’est un petit in-octavo gothique de 12 feuillets, sans date, imprimé à Paris : « il est orné de 48 gravures en bois, dont 39 sont suivies d’un quatrain analogue à l’animal que la figure représente ». Toutefois, contrairement à la pièce précédente, Dictz des bestes et Dictz des oiseaulx sont séparés. Ces derniers occupent les quatre derniers feuillets, à raison de deux quatrains et deux figures par page [10].
Par ailleurs, E. Picot [11] nous fournit également la description d’une impression sans lieu ni date, mais portant la marque de Jehan Trepperel [12]; c’est un in-quarto gothique de 4 feuillets dans lequel le texte s’ouvre ainsi : S’ensuyvent les Dictz des Oyseaulx, qui disent pro et contra, et c’est le coq qui commence, et non l’aigle ou le paon. Le poème comprend 34 couplets, donc le remanieur a ajouté, a priori, 17 nouvelles strophes. Pourtant un examen attentif révèle que si les 18 premiers couplets sont bien des quatrains, en revanche les 16 suivants sont composés de 5 vers octosyllabiques ; de plus à cette césure rythmique s’ajoute un hiatus de composition sur lequel nous reviendrons ultérieurement.
Enfin, ainsi que nous l’avons signalé plus haut, Les Ditzs joyeux des oiseaux semblent avoir constitué une pièce autonome dont malheureusement nous n’avons pu trouver d’exemplaire bien que deux éditions lyonnaises de la fin du XVe siècle en soient signalées par Brunet (in-4° gothiques de 5 feuillets).
Parallèlement Les Dits des oiseaux devinrent une pièce constitutive d’un ensemble complexe intitulé Le Compost et Kalendrier des bergers. Cet ouvrage fut maintes fois réimprimé de la fin du XVe siècle jusqu’au XVIIIe siècle. L’édition la plus ancienne que nous ayons consultée est celle de 1493 [13] chez Guy Marchant. Le nombre d’oiseaux y a été considérablement augmenté puisqu’on est passé à 91 mais, dans la suite de l’étude, nous nous apercevrons que ce nombre peut être fluctuant d’une édition à l’autre. Dans le même temps, une superbe impression établie par Antoine Vérard, en 1493 également, porte aussi à 91 la quantité d’oiseaux décrite.
Or c’est au travers des nombreuses rééditions de ce Calendrier des bergers que l’œuvre perdurera, le volucraire des Dits des oiseaux n’étant plus réimprimé individuellement au-delà des années 1530 [14]. En revanche sa vie fut très longue à l’intérieur de ce célèbre almanach dans lequel il connut une fortune diverse, au gré des imprimeurs, ainsi que nous allons le voir par la suite.
 
Évolution de la pièce au fil des éditions
 
 
Le manuscrit 907 de Tours ouvre Les Dits des oiseaux sur cette formule S’ensuyvent aucunes significacions morelles prinses sur la proprieté de certains oyseaulx, formule introductive aux quatrains des 17 oiseaux présentés dans l’ordre suivant : l’aigle, le faisan, le coq, le coulon, la cigogne, la perdrix, le corbin, le puput, la huppe, le pélican, le butor, la grue, la tourterelle, le paon, le cygne, le phénix, le chouan, la pie.
Dans le manuscrit d’Aoste, on retrouve les mêmes volatiles mais dans un ordre différent et cette fois c’est le paon qui ouvre la liste.
Avec l’imprimé, la pièce versifiée va progressivement s’amplifier. S’il est difficile d’apprécier le nombre définitif d’oiseaux contenus dans l’impression de Chalons, on peut toutefois raisonnablement penser qu’il était similaire – ou très proche – à celui des manuscrits. On notera qu’une place de choix est attribuée à l’aigle puisque sa représentation figure en frontispice. Et c’est encore 17 oiseaux accompagnés de leurs figures que l’on rencontre dans une version parisienne anonyme des Dictz des bestes et aussi des oyseaulx (attribuée à Alain Lotrian [15] vers 1527). L’ordre est sensiblement celui du manuscrit d’Aoste : le paon s’avance en premier, suivi des mêmes volatiles ou presque. Toutefois deux exceptions permettent d’identifier aisément ce texte : le rossignol a remplacé le cygne, et le corbeau y précède le coq. Ajoutons enfin que le butor s’y appelle vautour. Quant à l’édition attribuée à Jehan Trepperel, elle ouvre la voie à l’amplification : l’œuvre double en volume puisque 34 emplumés s’y ébattent, à commencer par le coq. Il convient néanmoins de relever une singularité que l’on pourra encore constater par la suite : certains oiseaux – tels le victeur, le corbeau, la colombe, le faisan – apparaissent deux fois dans le poème, mais un couplet différent leur est attribué la deuxième fois.
Toutefois c’est surtout avec son entrée dans Le Compost et Kalendrier des bergers que le volucraire va prendre son envol. Comme il ne saurait être question de passer en revue les très nombreuses éditions de cet ouvrage, nous nous contenterons ici d’indiquer les grandes tendances. Dès les plus anciennes éditions incunables, la pièce versifiée prend des proportions considérables : des 17 oiseaux originels, nous passons, dans l’impression de Guy Marchant de 1493 [16], à 91 volatiles qui chantent leurs litanies sous un titre, lui aussi, fort développé : Cy apres sont les dits des oyseaux comme pasteurs gardans leurs brebis les oyent chanter et parler plusieurs sont q ont veu les dis des oyseaux mais non pas en la forme cõme ceulx qui sensuivet – car aucuns bergiers sõt plus saiges lun q lautre ainsi cõe – des autres gens si cõgnoit on que le bergier qui a fait les ditz – qui ensuivet – avoit plus cõgneu doiseaux que tous autres bergiers. Parmi toutes ces plumes, apparaissent deux oiseaux fort singuliers : la chauve-souris et le papillon ; certes ils volent, mais nos modernes scientifiques ne les classeraient sans doute pas dans l’ornithologie. De plus l’extension s’est faite tous azimuts, ce qui amène à distinguer, par couples, des oiseaux sauvages de leur équivalent quasi domestique : rossignol sauvage / rossignol privé, chardonneret / chardonneret en cage, coucou / coucou privé, geai des bois / geai en cage, roitelet des bois / roitelet des maisons. Des regroupements par familles sont également opérés, soit autour de la basse-cour : cygne / coq / poule / oie / canard / canette ; soit autour de la taille : aigle / grand aigle, petit vautour / grand vautour, grosse outarde / petite outarde ; soit encore autour de l’espèce : coulon / pigeon / coulon ramier / colombe. Il convient aussi d’insister sur la grande place faite aux oiseaux de proie, et tout particulièrement ceux employés pour la chasse : aigle, faucon, orfraie, émerillon, chat huant, chevêche, oiselé, huat, chouette, épervier, grande orfraie, perdrieux [17], petit vautour, effraie, grand aigle, hobreau, lanier, tiercelet… On notera, de manière anecdotique, l’introduction d’un oiseau plus exotique, le papegault, c’est à dire le perroquet. Enfin force est de constater qu’un certain nombre d’oiseaux sont restés muets malgré toutes nos recherches, mais maints recoupements nous ont amenée à conclure que certains noms relevaient d’appellations vieillies et disparues, voire dialectales ou rurales [18].
Les éditions de Guy Marchant se succédèrent (1496 [19], 1497, 1500), et « chaque fois l’on y ajoutait quelque chose » pour reprendre l’expression de Claudin [20]. On ne saurait cependant dire quelle fut alors l’évolution des Dits des oiseaux, faute d’avoir pu consulter toutes ces éditions. On signalera enfin qu’un exemplaire de l’édition de 1493 connut une prestigieuse destinée puisqu’il fut imprimé sur vélin et somptueusement enluminé pour être offert à Charles VIII. Il porte la marque d’Antoine Vérard [21].
Au cours du XVIe siècle, le Compost fut maintes fois réimprimé. À Lyon, Claude Nourry en produit au moins cinq éditions (1502, 1508, 1513, 1524, 1530). Dans celle de 1502, le volucraire renferme également 91 oiseaux. La fin du poème est illustrée de deux gravures : la plus grande, située en bandeau, montre 8 volatiles. Ce long bois gravé connut beaucoup de succès puisqu’il fut maintes fois copié pour orner des impressions ultérieures. L’autre illustration est un petit bois carré montrant un rapace, sans doute un aigle. Toutefois, là encore, on ne saurait dire comment la pièce évolua, faute d’avoir vu les éditions ultérieures.
Vers la même époque, à Rouen, Raulin Gaultier imprime également l’almanach (ca 1510). Les Dits des oiseaux continuent d’y comporter 91 occurrences. Un petit bois gravé, placé en ouverture du poème, représente un groupe de volatiles variés.
Il importe maintenant de s’attarder sur les éditions troyennes de Nicolas Le Rouge (entre 1510 et 1529). Nous avons pu examiner deux d’entre elles, or elles présentent un contenu différent. Manifestement l’imprimeur troyen n’a pas œuvré à partir des mêmes sources que ses confrères. En effet l’une de ses éditions du Compost se situe en rupture des précédentes ou des contemporaines par les innovations qu’elle comporte. C’est ainsi qu’il semble [22] être le premier – et le seul – à faire précéder les Dits des oiseaux des Dits des bêtes domestiques et sauvages, empruntés bien évidemment aux impressions incunables de ce bestiaire. Puis, sous un titre raccourci : Cy après ensuyvent les ditz des oyseaulx comme pasteurs gardans leurs brebis les oyent chanter et parler, ne subsistent de la grande volière que 20 oiseaux : leur présence ne paraît correspondre à aucune logique particulière. Enfin ces deux pièces versifiées sont suivies, quelques pages plus loin, d’interpré~tations météorologiques basées sur l’observation des mœurs animales et intitulées respectivement : De la maniere de congnoistre le temps par les oyseaulx et de savoir du beau temps ou de la pluye, et La maniere de congnoistre le temps par les bestes. Se met donc en place une cohérence éditoriale avec une succession de pièces traitant des animaux [23]. Cette partie se ponctue par un cul de lampe d’opportunité représentant deux oiseaux tête-bêche.
Quant à l’édition de 1529, elle ne présente pas la même structure. Si le poème des Dits des oiseaux s’est étoffé à 47 têtes à plumes, en revanche les pièces nouvellement annexées ont disparu. Les animaux vont bien de l’aigle au papillon ; ils ont donc été choisis sporadiquement dans la totalité de la version la plus longue, celle en 91 strophes.
En 1541, Jean Lecoq à Troyes, à la suite de Nicolas Le Rouge, imprime à son tour le Compost et insère 48 oiseaux dans son Dit : il suit le même ordre de quatrains que celui adopté par son confrère Nicolas Le Rouge, mais y ajoute sur la fin la canette.
Vers la même époque, entre 1506 et 1520 plus précisément, Michel Le Noir à Paris produit au moins une édition du Calendrier des bergers. Le titre du volucraire est revenu à son ampleur originelle et ce sont à nouveau 91 bêtes ailées qui envahissent les pages. Elles sont précédées d’un long bois gravé en bandeau montrant 8 volatiles : c’est en fait une copie de la gravure rencontrée auparavant chez Claude Nourry.
C’est sous un bois semblable, mais dans une gravure fort grossière, que se déroulent les 91 quatrains de cette pièce dans une impression effectuée vers 1519 par Jean Trepperel à Paris, et également dans celle d’Alain Lotrian (entre 1525 et 1547).
Vers la fin du XVIe siècle, Nicolas Bonfons va, à son tour, imprimer au moins par deux fois le Compost. Toutefois les deux éditions consultées diffèrent. L’une d’elles semble s’inspirer en partie du modèle troyen élaboré par Nicolas Le Rouge, du moins dans les pièces constitutives de l’almanach : bois gravé d’oiseaux copié sur les impressions précédentes, Dits des oiseaux avec titre raccourci et 78 occurrences, puis manière de connaître le temps par les oiseaux, mais aussi par les bêtes alors même que les Dits des bêtes ne sont pas présents. Quant à la seconde édition que l’on peut supposer postérieure (1602 ?) [24], elle a été fortement allégée : Les Dits des oiseaux se sont envolés et il ne reste plus que les prévisions météorologiques basées sur l’interprétation du comportement des oiseaux et des bêtes.
Au XVIIe siècle, le succès de l’ouvrage ne se dément point. Brunet [25] signale qu’il y eut de nombreuses éditions, au cours de ce siècle, à Rouen, Lyon et Troyes. Si nous n’avons pu en relever qu’une à Rouen et à Lyon, en revanche, nous en connaissons maintes à Troyes. Dans l’impression de la Veuve de Louis Costé à Rouen (ca 1640), seules demeurent les deux pièces pour connaître le temps. Quant à celle de Lyon, en date de 1633, elle appartient à Louis Odin : 78 volatiles s’y ébattent dans Les Dits des oiseaux, mais Nisard, qui analyse l’ouvrage, ne parle pas d’interprétations météorologiques ; il classe cette production lyonnaise au rang des impressions populaires.
À Troyes, les imprimeurs de brochures populaires, connues sous le nom de Bibliothèque bleue, s’en emparent dès le début du siècle. Selon toute vraisemblance, les éditions furent plus nombreuses que celles que nous avons pu repérer ci-après. C’est tout d’abord Nicolas Oudot avec une impression en 1618, puis Nicolas II Oudot avec des éditions repérées pour 1648, 1657, 1679, Jean Oudot en 1672, puis Jacques Oudot au tournant du siècle. De plus, dans les années 1670, concurremment à Jean Oudot et Nicolas II Oudot, Yves Girardon en 1671 et la Veuve de Blaise Briden (1672 ?) sortent aussi de leurs presses le même almanach. La dynastie troyenne concurrente, celle des Garnier, va alors à son tour imprimer cet almanach. Successivement on aura donc des impressions chez Pierre Garnier, Jean-Antoine Garnier, la Veuve d’Étienne Garnier (1791). Quoiqu’il en soit, pendant près de deux siècles, les imprimeurs troyens produisent plus ou moins le même type de Calendrier des bergers avec Les Dits des oiseaux en 78 quatrains, suivis de la manière de connaître le temps par les oiseaux et les bêtes. Et l’on s’aperçoit alors que seuls les imprimeurs troyens ont continué de perpétuer la tradition d’impression de ce Grand Calendrier et Compost des bergers au XVIIIe siècle.
 
Symbolisme textuel et iconographique
 
 
Dès le Physiologus, comme d’ailleurs dans les rédactions amplifiées postérieures des bestiaires médiévaux, la structure des articles est invariablement la même : énoncé d’une « nature », supposée ou réelle, de l’animal considéré, puis signification religieuse ou morale de cette nature. Or l’exégèse biblique médiévale renforça cette interprétation allégorique. En effet, les Pères de l’Église avaient pris l’habitude d’emprunter leur matière aux écrits antérieurs et de considérer en toutes choses le sens propre et le sens symbolique. De ce fait, animaux, plantes et minéraux sont mentionnés, non pour être l’objet d’une description scientifique mais pour servir de base à l’expression de sentiments moraux et de maximes religieuses. Il s’agit en fait de mieux accrocher l’attention, de mieux faire saisir la portée de tel enseignement en l’associant à une forme concrète, plus « parlante » en quelque sorte. Rappelons ici l’importance de la parole à l’époque médiévale… C’est pourquoi les docteurs de l’Église employaient animaux, végétaux et pierres comme figures ou comme exemples. C’est donc dans ce contexte de culture chrétienne que se développent Bestiaires et Volucraires, imagés dans l’art figuratif des églises – sculptures et vitraux – ou dans les métaphores textuelles des écrivains et poètes médiévaux : règnes végétal et animal leur servent de prétextes à des allusions morales – plus rarement sentimentales – [26] et à des méditations sur la conduite de la vie. Et C. Hippeau [27] de conclure : « Cette habitude de considérer en toutes choses, non le signe, mais le symbole, non la lettre, mais l’esprit, contractée dès les premiers siècles par les plus illustres docteurs de l’Église, et recueillie par leurs successeurs, se retrouvera dans toutes les parties dont se compose la zoologie mystique du christianisme ». C’est évidemment dans cet ensemble contextuel qu’il convient de resituer cette pièce des Dits des oiseaux. Dans sa construction, les caractéristiques de ce dit – telles que les a relevées M.I. Gerhardt [28] – ne diffèrent guère des autres bestiaires ; le prédicateur devait être en mesure d’interpréter tous les sens donnés à l’animal : « sur le plan littéral, le commentateur avait à expliquer, le cas échéant, quel était l’animal désigné par le nom employé dans le texte. Sur le plan typologique (ou « allégorique » au sens strict) il devait en faire l’application aux principes fondamentaux de la foi. Et sur le plan moral, il s’agissait d’établir une comparaison avec les vices à éviter et les vertus à pratiquer par le chrétien. Cette « allégorie » morale ne trouvera son plein développement qu’à une époque un peu tardive ; vers la fin du Moyen Âge cependant elle finira par prendre le pas sur toutes les autres ». Et tel est bien ce que l’on constate dans ce volucraire.
Ainsi qu’on l’a vu plus haut, les deux versions manuscrites ne s’ouvrent pas sur le même oiseau. Dans le manuscrit 907 de Tours, c’est l’aigle qui chante en premier, se présentant d’emblée comme le roi des oiseaux :
L’AIGLE
De tous les oyseaulx je suys le roi ;
Voler je puys en si hault lieu
Que le soulail de près je voy :
Benois sont ceulx qui voyent Dieu [29].
L’aigle est celui qui peut regarder le soleil en face. C’est du moins ce que croient plusieurs auteurs de l’Antiquité, relayés par ceux du Moyen Age : Cantimpré, Pierre de Beauvais, Guillaume de Normandie, Latini et le Bestiaire de Vaud s’en font également l’écho. Cette croyance semble plus ou moins correspondre à un fait réel. Or c’est en fonction de cette aptitude à regarder le soleil que cet oiseau de proie est le symbole du juste, de celui qui peut regarder en face le Dieu-Soleil, donc Dieu.
En revanche, dans le manuscrit d’Aoste, la primeur du chant revient au paon :
LE PAON
Quant ie voy ma belle figure
Orgueilleux suis haultain et fier
Telle folie peu me dure
Nul ne doit glorifier.
Cette rivalité pour la suprématie n’est pas récente puisque déjà, dans une fable d’Ésope, les oiseaux délibéraient pour élire un roi. Le paon prétendait se faire proclamer roi pour sa beauté. Les oiseaux étaient disposés à l’élire lorsque le crave intervint : « Mais si l’aigle nous attaque pendant ton règne, comment vas-tu nous protéger ? ». La fable nous montre que les souverains doivent être parés de force et non de beauté. Le déploiement de sa superbe queue aux plumes ocellées est évidemment pris comme démonstration de vanité et de superbe. Mais lorsqu’il baisse la tête, il découvre ses pattes et s’aperçoit alors qu’elles ne correspondent pas à la beauté du reste du corps. Il en est de même de l’homme vaniteux qui, apprenant la bassesse de sa condition humaine, baisse humblement la tête.
À la suite de ces deux prétendants au trône, se déroulent les quatrains des autres oiseaux, dans un ordre différent d’un manuscrit à l’autre. Énumérons maintenant les 17 figurant dans le manuscrit de Tours, en s’arrêtant sur les caractéristiques mentionnées : présentation de l’oiseau, puis interprétation allégorique [30].
– Le faisant: ce gallinacé est surtout apprécié pour sa chair savoureuse, mais Dieu dispense des biens spirituels autrement plus délicieux.
– Le coq : cet oiseau de basse-cour abonde en qualités, puisqu’il est hardi, joyeux, libéral, amoureux et cordial. Plusieurs traditions symboliques semblent s’entrecroiser ici : certes son ardeur sexuelle est légendaire, mais aussi son chant sonore qui le fait considérer comme joyeux. On peut peut-être aussi se référer à l’auteur du Bestiaire toscan relevant ce trait qui expliquerait sa libéralité : « C’est un animal noble et généreux qui appelle sa compagne quand il trouve quelque chose. Il possède une des qualités que doit avoir un bon prince : être libéral et veiller sur ses vassaux ».
– le coulon : [pigeon ?, colombe ?] : la strophe met surtout l’accent sur la simplicité de l’oiseau, « soyez simples comme la colombe et sages comme le serpent », peut-on lire dans l’Évangile. On notera que dans le Calendrier des bergers, le quatrain a presque totalement changé : seul subsiste le deuxième vers insistant sur ce caractère de simplicité ; les deux derniers sont consacrés à la colombe messagère au temps du déluge ; elle est donc celle qui transporte un message de paix [31]. En fait il semble qu’il y ait fusion entre les qualités de la colombe et du pigeon. Oiseau pacifique et simple, il est symbole d’innocence. Dans l’almanach, colombe, pigeon, et pigeon ramier ont chacun leur quatrain. Dans celui du pigeon, on peut lire que cet oiseau est dépourvu de fiel, ce qui correspond, dans les bestiaires, à une croyance réelle, à prendre au pied de la lettre, expliquant leur humeur placide.
– la cigogne: cet échassier est perçu comme un animal se plaisant en la compagnie humaine et comme un modèle d’aide mutuelle. En effet les parents sont particulièrement attentifs à nourrir leurs petits et une croyance voulait que les jeunes soignent à leur tour leurs parents devenus vieux. Ce comportement des cigognes devrait servir d’exemple aux humains car « chacun doit aimer son prochain ».
– la perdrix : ce gallinacé est considéré comme un animal lascif, lubrique, s’adonnant à la luxure tant elle a de « charnalité » ; aussi doit-elle craindre les foudres de Dieu. Dans le Calendrier des bergers, c’est un tout autre trait qui est retenu : sa ruse pour protéger les siens. En effet elle feint d’être blessée pour détourner prédateurs et chasseurs. C’est ainsi que d’un texte à l’autre, la perdrix passe de statut du contre-exemple à celui de modèle à suivre.
– le corbin [corbeau] : son cri et son plumage noir en font un symbole de ce qui est mauvais, donc du péché. Ici l’accent est mis sur sa subtilité et sa feintise. Dans le Calendrier des bergers, il est associé aux funérailles, au corps et à la mort. Cette analogie vient évidemment de son plumage endeuillé, mais aussi de sa qualité de charognard supposé s’attaquer en priorité aux yeux, puis à la cervelle, d’où l’idée que peut lui importe l’âme, pourvu qu’il ait le corps.
– le puput [huppe] : cet oiseau est réputé se nourrir d’ordures et vivre dans un nid d’immondices qualifié ici de pugnaisie. Sa crête de plumes lui donne belle allure, mais « beauté sans bonté ne vaut rien ». Or la huppe avait aussi la réputation, tout comme la cigogne, d’être un modèle de piété filiale, modèle sur lequel d’ailleurs l’homme devrait prendre exemple si l’on en croit Élien, l’auteur du Physiologus, ou encore Pierre de Beauvais.
– Le pélican : le Physiologus en a fait l’emblème de l’amour paternel et le symbole du plus profond mystère de la religion chrétienne. Maints écrivains ont repris cette idée, dont Guillaume de Normandie : « Quand les petits du pélican sont devenus grands, ils frappent leur père à coups de bec, et celui-ci dans sa colère les tue. Mais trois jours après, il revient vers eux, se déchire le flanc avec son bec, et son sang répandu sur ses petits les rappelle à la vie ». Or Jésus fit de même en rachetant les péchés de l’homme par son sang, et c’est ce parallèle que rappelle ce quatrain.
– Le butor: ici l’accent a surtout été mis sur le terrible long cri de cet échassier. Il convient que le chrétien ne suive pas son exemple ; au contraire, il doit taire sa douleur et ne pas médire d’autrui.
– la grue: c’est un migrateur qui ne se plaît et ne se déplace qu’en « compagnie », postant une sentinelle pour monter la garde sur le groupe pendant la nuit. Ainsi le bon pasteur doit-il également veiller.
– la tourterelle: tous les bestiaires la considèrent comme l’emblème de la fidélité conjugale. En effet lorsque cet oiseau perd son ou sa compagne, il lui demeure fidèle jusqu’à la fin de ses jours, préférant mener une vie retirée et solitaire. Ainsi doit se comporter le cœur dévot [32].
– le cygne : le poète, tout comme les artistes en général, insiste sur le chant mélodieux de ce palmipède. Mais, selon l’antique tradition, c’est au moment de sa mort que l’oiseau fait entendre ses accents les plus doux et les plus beaux. Si les uns considéraient ce dernier chant comme un hymne funèbre, d’autres au contraire, et c’est ici le cas, y entendaient l’accent joyeux de l’aspiration à une vie meilleure, proche de Dieu.
– le phénix: cet oiseau fabuleux et mythique est couramment utilisé comme symbole de la résurrection. En effet, selon la légende, il est celui qui, après avoir vécu cinq cents ans, renaît de ses cendres. De même est ressuscité le Seigneur, et de même le bon chrétien ressuscitera.
– le chouan [chat-huant] : comme beaucoup de rapaces nocturnes, le chat~huant est considéré comme un animal maléfique incarnant le péché ; or celui qui commet des péchés nuit à Dieu.
– la pie: elle est celle qui jacasse sans cesse et manque de discrétion. Aussi l’homme ne doit-il pas l’imiter et, au contraire, se garder de trop parler.
Bien que l’on ait repris ici l’ordre et la version du manuscrit de Tours, on retiendra que le texte versifié est sensiblement le même dans le manuscrit d’Aoste ; seul l’ordre d’apparition diffère. Avec l’entrée du poème dans l’imprimé, l’étude devient un peu plus complexe. Si l’on ne saurait s’attarder sur l’édition d’Étienne Bally à Chalons [33], étant donné son caractère incomplet, on peut toutefois noter qu’y apparaît un nouvel oiseau, l’épervier, considéré comme le plus noble des oiseaux de proie. En revanche il convient de s’arrêter sur l’édition Trepperel et sur ses 34 volatiles. En effet, il est manifeste que ni P. Meyer, ni J. Morawski n’ont compris l’agencement de cette pièce.
Voici ce qu’écrit à son sujet P. Meyer [34]: « On remarquera que, dans l’édition Trepperel, certains oiseaux paraissent deux fois (le faisan, 2 et 31), le coulon (11 et 29), le corbeau (13 et 23), la huppe (15 et 26), le victeur (5 et 21) ; mais chaque couplet est différent ». À cette remarque, J. Morawski [35] fait écho en affirmant que cette même édition « comprend 34 couplets dont la première moitié correspond aux 17 couplets de l’édition Montaiglon (sauf le c. X qui manque). À ce fonds primitif le remanieur a ajouté 18 couplets nouveaux ». En fait une attentive comparaison montre que ces strophes complémentaires ne font pas partie des Dits des oiseaux mais proviennent – bien que rien ne l’indique dans cette impression Trepperel – du Conseil des oiseaux qui fait suite, dans le manuscrit d’Aoste, aux Dits. L’organisation en est donc la suivante : 18 oiseaux disposés en quatrains et allant du coq au geai, ce dernier s’étant curieusement surajouté aux 17 des manuscrits ; puis 16 oiseaux, présentés en 5 vers, et allant du roitelet au vachelet. C’est ce qui explique d’une part que certains oiseaux soient présents deux fois et d’autre part le fait qu’ils ne s’expriment pas de la même manière les deux fois. Le Conseil des oiseaux [36] est en effet un poème en couplets de cinq vers octosyllabiques où les oiseaux prennent la parole tour à tour pour donner des conseils au roi sur la manière de bien gouverner son état. Ils se font ainsi porte-parole d’une voix divine médiatisée et l’on constate, à lire leurs conseils, qu’ils s’inscrivent essentiellement dans un contexte chevaleresque d’honneur, de guerre et de protection de terres. Ainsi s’exprime par exemple l’aigle :
En guerre soyes bien hardiz
Et courtois en fais et en ditz
Du tien donne liberallement
Soyes iuste en iugement
Ainsi aura honneur et pris.
Manifestement Trepperel connaissait les deux pièces et les a réunies sous un même titre, celui des Dits des oiseaux [37].
En entrant dans le Calendrier des Bergers, le poème, on l’a vu plus haut, eut tendance à fortement remplir la volière : jusqu’à 91 volatiles ! Comme l’a remarqué J. Morawski [38], « l’ordre traditionnel des oiseaux est ici complète~ment bouleversé ; même la division par quatrains n’a pas été appliquée jusqu’au bout : quelques couplets ont cinq vers (schéma a a b b a), le couplet 88 (grant aigle) en a huit, le couplet suivant (ostruche) douze. Le nombre des oiseaux a été porté à quatre-vingt-onze. Il est vrai que plusieurs oiseaux paraissent deux fois (comme dans l’édition Trepperel), mais chaque couplet est différent. L’absence de l’agasse et du vachelet indique que l’auteur du Compost ignorait l’édition Trepperel, qui mentionne ces deux oiseaux. La plupart des oiseaux adventices sont naturellement inconnus au Physiologus, et le plus souvent, il n’a y aucun lien entre les propriétés, réelles ou supposées, de ces oiseaux, et les paroles ou dits qui leur sont attribués dans le remaniement ». Se pose donc le problème de l’origine de tous ces nouveaux arrivés. Le modèle étant posé, on peut supposer qu’il ne restait plus qu’à imiter le genre versifié en créant de nouveaux quatrains brodant à l’infini sur le thème du volucraire, jusqu’à ces ultimes avatars ailés que sont la chauve-souris et le papillon. Pourtant, lorsque l’on ouvre l’impression de 1493 de Guy Marchant, on constate, après un examen attentif, un curieux mélange poétique, que J. Morawski subodorait déjà à propos de l’édition attribuée à Trepperel, mais qu’il n’a pu expliquer. Un certain nombre de couplets ont cinq vers au lieu de quatre ; ils proviennent bien évidemment du Conseil des oiseaux et ils ont été mélangés aux Dits des oiseaux. Toutefois leurs paroles ont été affectées à d’autres bêtes à plumes que celles figurant dans le manuscrit, sans doute pour éviter certaines doubles occurrences. De plus, lorsque l’on passe aux éditions populaires de grande diffusion, on s’aperçoit que les strophes de cinq vers sont devenues des quatrains [39] par divers bricolages rédactionnels : suppression de vers, rimes refaites, voire strophe éliminée… On aboutit alors à un texte d’apparence plus homogène, mais d’apparence seulement : en effet, comme nous l’avons déjà mentionné, les Dits des oiseaux et le Conseil des oiseaux n’ont pas été écrits dans le même esprit : d’un côté un volucraire reposant sur une documentation plus mythique que scientifique, doublée d’une interprétation métaphorique perpétuée de l’Antiquité au Moyen Âge ; de l’autre un bestiaire exclusivement didactique, basé sur la répétition récurrente des mêmes conseils et exhortations tendant à la moralisation. De ce fait, même mélangés, les quatrains anciens ou reformés trahissent leur source par leur contenu, ceux issus du Conseil des oiseaux étant vides de toute caractéristique animalière. C’est d’ailleurs ce qui permet de réattribuer si aisément les paroles d’un volatile à un autre : l’exemple le plus frappant est représenté par l’aigle dont le message est délivré par le roitelet dès l’édition Trepperel. On notera au passage que l’imprimé, qui a généralement pour effet – contrairement au manuscrit – de figer un texte, n’a pas joué ce rôle dans le cas de cette pièce fort évolutive. De plus, même en cumulant Dits des oiseaux et Conseil des oiseaux, on n’obtient pas une pièce aussi fournie que 91 couplets. Il demeure donc des zones d’ombre. D’où viennent tous ces oiseaux adventices : emprunt à d’autres bestiaires ou volucraires non encore identifiés ou bien encore poursuite d’une écriture par imitation ? Pour l’heure, on ne saurait le dire.
Enfin, les derniers couplets du poème, tels qu’ils apparaissent dans l’édition de 1493, laissent particulièrement perplexes : allongement de la strophe du grand aigle à 8 vers, de celle de l’autruche à 12 vers, et entrée abusive de la chauve-souris et du papillon. La présence de la chauve-souris semble s’expliquer par le fait que ce mammifère volant était considéré comme un oiseau déchu : selon d’antiques fables, la chauve-souris aurait tenté de jouer dans les deux camps – celui des oiseaux et celui des souris – et les porteurs de plumes, qui ne lui auraient pas pardonné ce mauvais tour, l’auraient déplumée pour se venger. Reste le papillon : comme l’oiseau, il vole. Est-ce là leur seule ressemblance ? Pas tout à fait car, comme l’oiseau, le papillon est le symbole de l’âme et comme il ressuscite après une mort apparente, il symbolise en particulier l’âme après la résurrection. Or Les Dits des oiseaux pouvaient-ils, dans le Calendrier des bergers, se refermer sur meilleure allégorie ?
 
Conclusion : Pérennité des Dits des oiseaux dans le Calendrier des bergers
 
 
Considéré comme l’ancêtre de l’almanach, le Calendrier des bergers est une œuvre composite et complexe. Ouvrage de compilation, il apparaît comme une sorte d’encyclopédie rassemblant les connaissances météorologiques, agricoles, hygiéniques et morales, transmises à la fin du Moyen Âge. « Nous avons là, écrit Monceaux, le premier almanach qui ait été imprimé en France, et on s’explique facilement la faveur d’un ouvrage qui s’adressait aux masses populaires et rurales et leur donnait des conseils de toute sorte sur la médecine et l’hygiène des hommes et des animaux, l’agriculture, la manière de se comporter en ce monde en vue d’arriver saintement dans l’autre, en même temps qu’il donnait aux gens illettrés des notions sur l’astronomie et la division du temps. Les démonstrations étaient renforcées par des images explicatives pour la classe nombreuse de ceux qui ne savaient pas lire dans les lettres moulées [40]». Plus généralement, pour reprendre les propos de J. Ortéga [41], « l’ouvrage s’apparente, par sa forme comme par son contenu, à ce qu’a produit, au Moyen Âge, la littérature dite didactique, laquelle associe à un souci d’information scientifique (philosophie naturelle) des intentions morales et religieuses liées, dans un contexte de prédication par l’écrit, à un art de bien vivre et de bien mourir ».
C’est donc parmi tous ces écrits mêlés, tout à la fois scientifiques, littéraires et religieux, que s’insinuent Les Dits des oiseaux. Or cette présence dans ce recueil n’apparaît pas véritablement fortuite. En effet, au gré des éditions et des recompositions de l’ouvrage, ce poème se trouve encadré par d’autres pièces traitant d’animaux. Tout d’abord, comme on l’a vu précédemment, une édition de Nicolas Le Rouge l’accompagne d’un bref extrait des Dits des bêtes. Toutefois il ne retient que 12 des 22 bêtes, répartissant son choix effectivement entre animaux domestiques (taureau, cheval, mulet, âne, veau, porc, mâtin) et animaux sauvages (bièvre, loup, sanglier, lièvre, renard). Ces deux pièces versifiées sont introduites par un curieux écrit anthropomorphique qui sert en quelque sorte de transition entre la fin du chapitre intitulé « la figure des quatre complexions » et les bestiaires qui suivent. L’idée – toute aristotélicienne – qui sous-tend cette pièce est que l’homme participe de tous les êtres vivants de la création ; il possède donc les qualités – et les défauts – de tous les animaux. Parmi « les conditions des bêtes propres aux hommes [42]», ne retenons ici que celles attribuées aux oiseaux : l’homme est debonnaire comme la turterelle, privé comme le coulomb, rebelle et inobedient comme le rossignol, humble comme le pigeon, fel et sot comme l’austriche, despiteux et orgueilleux comme le faisant, énumération qui se conclut par et pource il est appelé le petit monde ; car, comme il est, il participe a la condition de toutes creatures. De plus, comme en écho lointain à cet ensemble, se trouvent, un peu plus loin dans l’ouvrage, deux courts textes sur la manière de connaître le temps par les bêtes. Pour savoir si nous aurons pluie ou beau temps, il convient d’observer tout particulièrement le vol de cinq d’entre eux : les étourneaux, le huant, l’hirondelle, la pie et la corneille car ces oyseaulx, et plusieurs aultres qui volent en l’air, savent du temps par la divine pourveance. À partir de là, tout fait sens : le rapport de l’homme à la nature était si étroit qu’il lui paraissait en recevoir constamment des messages.
Par ailleurs, une autre pièce singulière s’est aussi insinuée dans le Calendrier des bergers: il s’agit du Dit du limaçon. Présent dès l’édition de 1493 pour Antoine Vérard, il figurera dans presque toutes les impressions ultérieures. Petit poème héroï-comique, souvent doublé d’une gravure cocasse, il met en scène deux gendarmes armés d’une épée et une vieille femme munie d’une quenouille attaquant un escargot… à moins que ce ne soit le contraire : car l’animal rampant semble bien tenir en respect ses adversaires, en les menaçant de ses cornes, ce que confirme d’ailleurs le texte.
Au XVIIe siècle, les impressions de la Bibliothèque bleue récupèrent la plupart de ces pièces animalières, sauf Les Dits des bêtes présents, semble-t-il, dans une seule édition de Nicolas Le Rouge. Dès les éditions Bonfons [43], les prévisions météorologiques sont étoffées à 9 oiseaux dont il faut interpréter le vol : aux cinq précédents, s’ajoutent en effet le héron, l’espere, la verdiere et le butor [44]. L’agencement interne y est un peu différent : si la comparaison homme/animaux [45] ne jouxte plus Les Dits des oiseaux, en revanche ces derniers sont maintenant immédiatement suivis de l’interprétation de leur vol [46]. On sent pourtant que les imprimeurs troyens, tout comme leurs prédécesseurs, cherchent vaguement à instaurer une certaine cohérence entre toutes ces pièces en les inscrivant dans une continuité thématique et éditoriale. Toutefois on a aussi l’impression, dans le même temps, que la présence ou l’absence de telle ou telle pièce au sein d’une édition, relève de choix éditoriaux purement conjoncturels, en fonction d’un degré de remplissage plus ou moins important, donc d’un critère de rentabilité.
On voit donc comment Les Dits des oiseaux sont passés du statut de volucraire moral et littéraire autonome à celui de pièce constitutive d’un almanach encyclopédique, considéré comme modèle de conduite humaine pour le berger et tout individu en général. S’inscrivant alors dans un vaste réseau d’interprétation du monde, les Dits des oiseaux perdaient quelque peu leur caractère poétique au profit d’une utilité pragmatique : savoir se comporter en toutes circonstances comme le berger lorsqu’il est seul face à l’univers. « Il s’agissait d’enseigner la science des bergers qui est science de l’âme, du corps, du temps, des astres, de la vie et de la mort » comme le stipule le Calendrier lui-même. Et c’est de cette science poétique que se contenta le peuple jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, sans que les théories coperniciennes et galiléennes ne viennent, à un quelconque moment, remettre en cause son contenu. Belle pérennité d’un savoir médiéval qui sembla satisfaire des lecteurs davantage à la recherche de traditions que d’exactitude scientifique !
Le Dit des oiseaux, dans Le Compost et Kalendrier des bergiers, Paris, pour Michel le Noir, s.d. (ca 1510)
IMGIMGLe Dit des oiseaux, dans Le Compost et Kalendrier ...IMGIMF
 
NOTES
 
[1] Sur les bestiaires, on pourra consulter, parmi les publications récentes : J. VOISENET, Bestiaire chrétien, Toulouse, 1994 ; Il Bestiario medio inglese, sous la dir. de D. FARACI, L’Aquilée-Rome, 1990 ; R. DELORT, Les animaux ont une histoire, Paris, 1984 ; Bestiaires du Moyen Âge, sous la dir. de G. BIANCIOTTO, 3e tir., Paris, 1995 ; L’Animal exemplaire au Moyen Âge, éd. J. BERLIOZ et M.A. POLO DE BEAULIEU, Rennes, 1999 ; C. HIPPEAU, Le Bestiaire divin de Guillaume le Clerc de Normandie, Genève, 1978 ; C. HIPPEAU, Le Bestiaire d’amour, Genève, 1978 ; E. DE SOLONS et C. JEAN-NESMY, Bestiaire roman, La Pierre-qui-Vire, 1977 ; V.H. DEBIDOUR, Le Bestiaire sculpté du Moyen Âge en France, Paris, 1961 ; X.R.M. FERRO, Symboles animaux, Paris, 1996.
[2] A. DE MONTAIGLON, Recueil de poésies françoises des XVe et XVIe siècles, t. 1, Paris, 1855, p. 256-264.
[3] J. MORAWSKI, Les Dits des oiseaux, Archivum romanicum, t. 14, 1930, p. 119-128. Il repère cette première version de la lettre A.
[4] M. DE CHERGE, Peintures murales du château de la Barre, Bulletin du Comité historique des Arts et Monuments, t. 3, 1852, p. 122-124.
[5] Nous pensons qu’il s’agit de l’actuel manuscrit n.a.f. 6639 de la B.N.F. En effet il comporte les armes de France et de Savoie peintes dans des initiales.
[6] P. MEYER, Compte rendu de Novelle e poesie francesi inedite o rarissime del secolo XIV, Romania, t. 19, 1890, p. 340-344.
[7] Pas exactement puisque le butor est encore présent dans des éditions troyennes du Calendrier des bergers à la fin du XVIIIe siècle.
[8] J.C. BRUNET, Manuel du libraire, Paris, 1861, col. 764-765.
[9] L’exemplaire, quand il était complet, aurait contenu 10 f° selon BRUNET, Op. cit., 9 f° sans compter le titre selon MORAWSKI, Op. cit., p. 121 ; il désigne ce remaniement par la lettre C. BRUNET le fait remonter aux premières années du XVIe siècle. Lui-même n’a eu que six feuillets entre les mains. Cf. J.P. FONTAINE, Les incunables chalonnais ne sont pas des incunables, Le Bibliophile rémois, n° 47, 1997, p. 4-11. Nous le remercions vivement pour les informations qu’il nous a fournies.
[10] Cf. MORAWSKI, Op. cit., p. 120, qui désigne cette rédaction par la lettre B. Voir B. MOREAU, Inventaire chronologique des éditions parisiennes du XVIe siècle, t. 3, Abbeville, 1985 ; étant donné l’adresse, elle y voit une édition d’Alain Lotrian (ca 1527).
[11] E. PICOT, Catalogue de la Bibliothèque du baron J. de Rothschild, Paris, 1884-1920, p. 364, n° 552.
[12] Cf. MORAWSKI, Op. cit., p. 121, qui désigne ce remaniement par la lettre R. L’ouvrage n’est pas illustré.
[13] Selon nous, l’édition la plus ancienne serait celle de 1493 chez Guy Marchant, et non cette édition mythique de Nicolas Le Rouge en 1480 comme l’affirment Morawski ainsi que le reprint du Calendrier des bergers, Paris, 1925, transcrit par B. GUÉGAN.
[14] Du moins si l’on excepte la reprise de ce Dit par DE MONTAIGLON, dans son Recueil.
[15] C’est cette édition qu’a reproduite DE MONTAIGLON, Op. cit., p. 261.
[16] D’après A. CLAUDIN, Histoire de l’imprimerie en France au XVe et au XVIe siècle, t. 1, Paris, 1900, p. 360, il y aurait eu une édition antérieure en date du 2 mai 1491.
[17] Perdrieux ou oiseau Saint-Martin ou busar soubuse.
[18] M. LACHIVER, Dictionnaire du monde rural, Paris, 1997, fournit un certain nombre d’identifications fort utiles.
[19] L’édition de 1496 conservée est incomplète, donc on ne peut assurer qu’elle comportait 91 volatiles puisque 48 seulement subsistent.
[20] CLAUDIN, Op. cit., p. 394.
[21] Vérard produisit également une version en anglais en 1503.
[22] « Semble » car il s’agit d’un fac-similé.
[23] On y reviendra en conclusion.
[24] 1602 d’après une note manuscrite ; le calendrier interne va de 1589 à 1626.
[25] BRUNET, Op. cit.
[26] Une de ces exceptions peut être représentée, par exemple, par le Bestiaire d’amour de Richard de Fournival.
[27] HIPPEAU, Le Bestiaire divin, p. 18.
[28] M.I. GERHARDT, Zoologie médiévale : préoccupations et procédés, Miscellanea Mediaevalia, Berlin, 1970, p. 233-234.
[29] Donné ici dans la transcription de MORAWSKI, Op. cit., p. 123. Le Moyen Âge s’est aussi servi de l’aigle pour représenter la purification par le feu et l’eau : l’oiseau s’élève si haut dans le ciel qu’il se brûle aux rayons du soleil et qu’il redescend aussitôt pour s’immerger dans l’eau dont il sort rajeuni.
[30] Les interprétations métaphoriques sont données d’après les ouvrages cités en référence dans la n. 1.
[31] De plus MORAWSKI, Op. cit., p. 124, note que dans Le Calendrier des Bergers, le couplet (en 5 vers) diffère complètement. Il n’en a pas compris l’origine que nous expliquons plus loin.
[32] Dans le manuscrit de Tours, intervient ensuite le paon dont nous avons déjà parlé.
[33] Dans les huit feuillets apparaissent douze oiseaux : colomb, pardris, corbeau, tourterelle, papegay, faulcon, huppe, chat huant, pie, lespriviers, pellican, sigonne. Papegay, faucon et épervier sont mentionnés pour la première fois.
[34] MEYER, Op. cit., p. 344.
[35] MORAWSKI, Op. cit., p. 121. On supposera que Morawski voulait écrire 17 et non 18 couplets.
[36] P. Meyer n’a pas repéré la présence du Conseil des oiseaux dans l’édition Trepperel. Selon lui, on ne connaît qu’une édition gothique très rare de cette pièce.
[37] On peut se demander si cette réunion des deux pièces sous un seul et même titre ne vient pas de l’effacement partiel du titre du Conseil des oiseaux dans le manuscrit d’Aoste.
[38] MORAWSKI, Op. cit., p. 121.
[39] Il conviendrait également de repérer à partir de quelle édition les cinq vers se limitent à quatre.
[40] Cité par CLAUDIN, Op. cit., p. 360.
[41] Y.A. ORTEGA, Le Grant Kalendrier et compost des bergers, Le Beau XVIe siècle troyen, Troyes, 1989, p. 295-296.
[42] Ce titre est fréquent, notamment dans les éditions de la Bibliothèque bleue.
[43] Nicolas Bonfons [1602] et peut-être, avant lui, Jean Bonfons.
[44] Espere = pivart ; Verdiere = verdier.
[45] « Les conditions des bêtes propres aux hommes » se sont étoffées ; on y lit, entre autres, que l’homme est large comme le coq, soeuf et doux comme un poussin.
[46] On notera qu’il peut y avoir des variantes d’une édition à l’autre ; ce ne sont là que des tendances.
© Cairn 2007 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
À propos | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis
[1]
Sur les bestiaires, on pourra consulter, parmi les publicat...
[suite] Suite de la note...
[2]
A. DE MONTAIGLON, Recueil de poésies françoises des XVe et ...
[suite] Suite de la note...
[3]
J. MORAWSKI, Les Dits des oiseaux, Archivum romanicum, t. 1...
[suite] Suite de la note...
[4]
M. DE CHERGE, Peintures murales du château de la Barre, Bul...
[suite] Suite de la note...
[5]
Nous pensons qu’il s’agit de l’actuel manuscrit n.a.f. 6639...
[suite] Suite de la note...
[6]
P. MEYER, Compte rendu de Novelle e poesie francesi inedite...
[suite] Suite de la note...
[7]
Pas exactement puisque le butor est encore présent dans des...
[suite] Suite de la note...
[8]
J.C. BRUNET, Manuel du libraire, Paris, 1861, col. 764-765. Suite de la note...
[9]
L’exemplaire, quand il était complet, aurait contenu 10 f° ...
[suite] Suite de la note...
[10]
Cf. MORAWSKI, Op. cit., p. 120, qui désigne cette rédaction...
[suite] Suite de la note...
[11]
E. PICOT, Catalogue de la Bibliothèque du baron J. de Roths...
[suite] Suite de la note...
[12]
Cf. MORAWSKI, Op. cit., p. 121, qui désigne ce remaniement ...
[suite] Suite de la note...
[13]
Selon nous, l’édition la plus ancienne serait celle de 1493...
[suite] Suite de la note...
[14]
Du moins si l’on excepte la reprise de ce Dit par DE MONTAI...
[suite] Suite de la note...
[15]
C’est cette édition qu’a reproduite DE MONTAIGLON, Op. cit....
[suite] Suite de la note...
[16]
D’après A. CLAUDIN, Histoire de l’imprimerie en France au X...
[suite] Suite de la note...
[17]
Perdrieux ou oiseau Saint-Martin ou busar soubuse. Suite de la note...
[18]
M. LACHIVER, Dictionnaire du monde rural, Paris, 1997, four...
[suite] Suite de la note...
[19]
L’édition de 1496 conservée est incomplète, donc on ne peut...
[suite] Suite de la note...
[20]
CLAUDIN, Op. cit., p. 394. Suite de la note...
[21]
Vérard produisit également une version en anglais en 1503. Suite de la note...
[22]
« Semble » car il s’agit d’un fac-similé. Suite de la note...
[23]
On y reviendra en conclusion. Suite de la note...
[24]
1602 d’après une note manuscrite ; le calendrier interne va...
[suite] Suite de la note...
[25]
BRUNET, Op. cit. Suite de la note...
[26]
Une de ces exceptions peut être représentée, par exemple, p...
[suite] Suite de la note...
[27]
HIPPEAU, Le Bestiaire divin, p. 18. Suite de la note...
[28]
M.I. GERHARDT, Zoologie médiévale : préoccupations et procé...
[suite] Suite de la note...
[29]
Donné ici dans la transcription de MORAWSKI, Op. cit., p. 1...
[suite] Suite de la note...
[30]
Les interprétations métaphoriques sont données d’après les ...
[suite] Suite de la note...
[31]
De plus MORAWSKI, Op. cit., p. 124, note que dans Le Calend...
[suite] Suite de la note...
[32]
Dans le manuscrit de Tours, intervient ensuite le paon dont...
[suite] Suite de la note...
[33]
Dans les huit feuillets apparaissent douze oiseaux : colomb...
[suite] Suite de la note...
[34]
MEYER, Op. cit., p. 344. Suite de la note...
[35]
MORAWSKI, Op. cit., p. 121. On supposera que Morawski voula...
[suite] Suite de la note...
[36]
P. Meyer n’a pas repéré la présence du Conseil des oiseaux ...
[suite] Suite de la note...
[37]
On peut se demander si cette réunion des deux pièces sous u...
[suite] Suite de la note...
[38]
MORAWSKI, Op. cit., p. 121. Suite de la note...
[39]
Il conviendrait également de repérer à partir de quelle édi...
[suite] Suite de la note...
[40]
Cité par CLAUDIN, Op. cit., p. 360. Suite de la note...
[41]
Y.A. ORTEGA, Le Grant Kalendrier et compost des bergers, Le...
[suite] Suite de la note...
[42]
Ce titre est fréquent, notamment dans les éditions de la Bi...
[suite] Suite de la note...
[43]
Nicolas Bonfons [1602] et peut-être, avant lui, Jean Bonfon...
[suite] Suite de la note...
[44]
Espere = pivart ; Verdiere = verdier. Suite de la note...
[45]
« Les conditions des bêtes propres aux hommes » se sont éto...
[suite] Suite de la note...
[46]
On notera qu’il peut y avoir des variantes d’une édition à ...
[suite] Suite de la note...
Le Dit des oiseaux, dans Le Compost et Kalendrier des bergiers, Paris, pour Michel le Noir, s.d. (c...
[suite]