Le Moyen Age
De Boeck Université

I.S.B.N.2-8041-4207-8
272 pages

p. 473 à 492
doi: 10.3917/rma.093.0473

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Tome CIX 2003/3-4

2003 Le Moyen Age

Barbarie et hérésie dans l’œuvre de saint Ambroise de Milan (374-397)

Catherine LHEUREUX-GODBILLE Université de Liège
Ambroise, haut fonctionnaire devenu évêque de Milan en 374, a vécu à une époque charnière dans l’histoire de l’Empire chrétien : dans le contexte troublé des premières invasions germaniques et de la catastrophique bataille d’Andrinople, Ambroise, qui était l’évêque d’une des plus importantes cités de l’Empire, a joué un rôle prépondérant dans la reconquête nicéenne de l’Occident et dans la transformation de la politique religieuse de l’empereur, de la tolérance en vigueur sous Valentinien Ier et Gratien à l’interdiction stricte des cultes païens et à l’imposition d’un catholicisme d’État sous Théodose. Ce sont ces processus d’influence et de lutte entre les différents partis religieux et l’utilisation par les uns et les autres de l’actualité politique et militaire qu’il est possible de suivre à travers les œuvres d’Ambroise de Milan, patriote romain et chrétien militant. Mots-clés : Empire chrétien, reconquête nicéenne, patriotisme, Barbares, romanité. Ambrosius, a senior civil servant who became bishop of Milan in 374, lived in a transitional age in the history of the Christian Empire : in the disturbed context of the first Germanic invasions and of the disastrous battle at Andrinopolis, Ambrosius, who was the bishop of one of the most important cities in the Empire, played a major part in imposing the Nicean creed on the West and transforming the emperor’s religious policy, from a position of tolerance as under Valentinian I and Gratian to a strict prohibition of pagan cults and the enforcement of state Catholicism under Theodosius. Thanks to the works of Ambrosius of Milan, Roman patriot and Christian activist, we can trace such power struggles between various religious factions as well as how these tried to use the military and political situation to their benefits.Keywords : Christian Empire, enforcing the Nicean creed, patriotism, barbarians, romanity.
Ambroise, évêque de Milan de 374 à 397, est un personnage historique tout à la fois célèbre et méconnu. Les tendances tantôt romantiques, tantôt apologétiques qui ont marqué son historiographie [1] ont longtemps masqué les véritables enjeux du combat mené par ce haut fonctionnaire impérial, devenu évêque de l’une des plus importantes cités de l’Occident romain, pour une conception chrétienne et orthodoxe de la romanité [2].
* * *
L’époque d’Ambroise, né en 340, est celle des premiers grands déferlements germaniques sur l’Empire. Depuis le IIe siècle avant Jésus-Christ, les Romains sont confrontés à des vagues d’incursions sur leur territoire : ces faits sont ceux de peuplades réunies sous le vocable barbare qui caractérise étymologiquement leur infériorité de civilisation et par là-même leur extériorité par rapport au monde gréco-romain.
Les solutions apportées au problème barbare sont nombreuses et évolutives, selon l’état financier et militaire de l’État romain [3]; il en est de même pour la conception romaine des barbares : nations à conquérir sous Auguste, État client sous Tibère, envahisseurs contenus par le limes [4], associés et bientôt installés sur le territoire impérial par le foedus [5], les barbares, assimilés ou rejetés, constituent au IVe siècle un paramètre incontournable de la politique intérieure et extérieure de Rome [6].
Après que l’édit de Caracalla en 212 [7] en ait fait les derniers pérégrins, les barbares, extérieurs donc inférieurs, ne disposent plus, pour accéder au droit de cité, que de la voie militaire. Ainsi, dès l’époque de Constantin, les plus hauts postes leur sont ouverts [8].
Le début du IVe siècle voit également la reconnaissance officielle de l’Église chrétienne au sein de l’Empire dès 314 : les progrès du christianisme sont tels que les valeurs chrétiennes ne tardent pas à intégrer le modèle de la civitas romana au point qu’Empire et christianisme deviennent indissociables dans le concept d’Empire chrétien. Désormais, après des années de persécution, les chrétiens, en plus de se définir dans l’Empire face aux autres convictions religieuses, assument pleinement leur rôle de citoyens romains face aux réalités barbares [9].
En 364, l’accession au trône de Valentinien Ier [10] survient à une période de troubles aux frontières de l’Empire. Les Alamans menacent les régions rhénanes ; les Quades et les Sarmates, le limes danubien [11]. D’autre part, la Perse, après les guerres récemment menées par les empereurs Julien [12] et Jovien, continue d’inquiéter Valens, frère de Valentinien Ier, que ce dernier a désigné pour administrer la pars Orientis [13]. De plus, dès le début de son règne, l’empereur d’Orient doit gérer les difficultés engendrées par la présence gothique au-delà du Danube.
Les Goths, conglomérat de peuplades originaires de Scandinavie [14], sont impliqués dès le IIIe siècle dans les raids barbares qui frappent l’Empire. Christianisés au contact des Romains [15], les Goths sont liés par foedus à Constantin dès 332 [16]. Des relations économiques s’établissent, plaçant les Goths dans une situation de dépendance par rapport à l’Empire [17]. En outre, la mission chrétienne est organisée, notamment par Ulfila qui répand outre-Danube une version arienne du christianisme [18]. Cette alliance dure environ trente ans, car le traité étant avant tout un engagement interpersonnel dans la culture gothique, l’extinction de la dynastie constantinienne en 363 implique une renégociation de l’accord. À l’époque de Valens, la situation est encore compliquée par l’usurpation de Procope qui appuie sa tentative de coup d’État avec des troupes gothiques [19]. Les relations entre Romains et Goths se détériorent rapidement au point de provoquer des scissions au sein du peuple gothique [20] dont un groupe, sous la direction du chef de tribu Fritigern, demande et obtient l’appui militaire de Valens [21]. Vers 375, la pression des Huns sur l’Europe centrale achève de désorganiser les Goths [22]. Avec l’approbation de Valens, les Goths traversent le Danube en face de Durostorum à l’automne 376 et s’installent en Thrace [23]. Les administrateurs romains chargés de l’accueil des réfugiés gothiques n’hésitent pas à exploiter la détresse de ces malheureux qui se révoltent et mettent les régions danubiennes à feu et à sang [24].
Ces événements ont lieu peu de temps après la mort de Valentinien Ier en 375 et l’accession au trône de Gratien, son fils aîné. Le nouveau maître de la pars Occidentis décide de se porter au secours de son oncle, mais Valens, faisant fi de toute prudence, engage le combat avec sa seule armée à Andrinople le 9 août 378. L’empereur d’Orient et ses troupes sont massacrés [25].
Gratien, qui ne peut administrer l’Empire à lui seul, se choisit un nouveau collègue pour l’Orient en la personne de Théodose le Jeune. Le nouvel empereur pacifie rapidement les Balkans et réussit à conclure un nouveau foedus avec les Goths en 382 [26].
L’insécurité aux frontières occidentales et la crise gothique constituent le contexte politique et militaire immédiat de l’épiscopat d’Ambroise : pendant cette époque troublée, Ambroise, devenu évêque en 374, va être amené à exprimer, à travers son enseignement pastoral, ses opinions et son jugement par rapport à l’État et à l’Empire, notamment pour tout ce qui concerne les modalités de la présence barbare.
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Ambroise est né à Trèves vers 340 à l’époque où son père Aurelius Ambrosius [27] exerce la fonction de préfet du prétoire des Gaules [28]. Proche du limes, Trèves est l’une des capitales de l’Empire [29]. Les Ambrosii, issus de la gens Aurelia [30] et apparentés aux Symmaque [31], font traditionnellement carrière dans la bureaucratie impériale. Ainsi Ambroise et son frère aîné Satyrus entrent au service de l’Empire en 365 en tant qu’avocats de la préfecture du prétoire d’Italie-Illyrie dont le siège est la résidence impériale de Sirmium [32]. Ils sont promus trois ans plus tard au conseil du préfet Sextus Petronius Probus [33]. En 370, Ambroise devient gouverneur d’Émilie et de Ligurie : il s’installe à Milan, capitale de la province dont il a désormais la charge [34]. C’est là qu’en 374 il intervient dans la querelle consécutive à la mort de l’évêque Auxence. Les ariens et les nicéens voient en Ambroise le candidat idéal qui, s’étant toujours conformé à la stricte neutralité religieuse instaurée par Valentinien, les laissera d’agir ; le peuple milanais le désigne donc comme successeur, et Ambroise est consacré évêque [35].
La catastrophe d’Andrinople a secoué l’opinion romaine : tous les citoyens, païens et chrétiens, sont touchés dans leur patriotisme par l’ampleur du désastre [36]. Évêque de Milan, citoyen romain et chrétien, Ambroise, comme beaucoup de ses compatriotes, éprouve le besoin d’affirmer son attachement à sa patrie : il le fait principalement au moyen de sa prédication, contenue dans des homélies, des traités ou même des lettres.
La conception du barbare, envahisseur et étranger, constitue une pierre de touche que nous allons utiliser pour cerner le patriotisme de l’évêque Ambroise [37].
La crise gothique trouve des échos immédiats évidents dans l’œuvre d’Ambroise : les barbares christianisés, déferlant sur l’Empire tels les instruments de la punition divine encourue par Valens pour avoir protégé l’hérésie arienne [38], semant la mort et la dévastation [39], annoncent en fait la fin des temps [40], conformément à l’Évangile [41]. L’Empire, vecteur providentiel de la conversion universelle, a maintenant accompli sa mission [42]: le Christ est désormais l’empereur de tous et il donne la victoire aux barbares convertis contre les Romains qui se sont détournés de lui dans l’hérésie [43].
Les ravages causés par les invasions sont évoqués avec précision par Ambroise qui se livre même à une analyse du comportement bestial des barbares : aux yeux de l’évêque de Milan, l’humanitas leur fait totalement défaut [44]. Les temps sont si durs qu’Ambroise invite ses fidèles à se montrer solidaires en rachetant les captifs, ainsi que le fait l’Église au moyen de toutes les ressources à disposition [45].
Quelques années plus tard, l’affaire de l’autel de la Victoire [46] est une occasion de saisir une autre signification du mot barbare chez Ambroise. L’abolition par l’empereur Gratien des privilèges de la religion païenne en 382 provoque au Sénat de Rome un débat dans lequel intervient Ambroise. Parmi les cultes supprimés, il y a celui de l’autel de la Victoire qui se tenait à la Curie de Rome. Symmaque, représentant des sénateurs païens, accuse ceux qui se réjouissent de cette disparition – au nombre desquels Ambroise – d’être des amis des barbares. La riposte de l’évêque de Milan est cinglante : ce sont les païens qui sont semblables aux barbares, car ils ignorent Dieu [47]. Nous attirons l’attention sur le fait que cette assimilation de tout ce qui n’est ni romain, ni chrétien est assez caractéristique de la pensée ambrosienne [48].
Le barbare peut toutefois apparaître sous la plume d’Ambroise sous un jour plus positif : ainsi Ambroise admet qu’ils puissent servir loyalement l’Empire [49]. Pourtant, même fidèles et valeureux [50], les barbares impériaux ne seront jamais tout à fait les égaux des citoyens de Rome. De toute manière, la conversion au christianisme reste pour Ambroise la garantie nécessaire à l’assimilation complète des barbares dans l’Empire [51].
Nous voyons que les solutions au problème barbare évoquées par Ambroise sont d’abord d’ordre militaire, et le succès de leur mise en œuvre dépend beaucoup de la virtus de l’empereur [52]. Citoyen, patriote, Ambroise regrette l’ancienne bravoure de l’armée romaine et désapprouve la désaffection des Romains pour le service [53].
Parallèlement, Ambroise développe d’autres idées pour la défense de l’Empire. Tout en ressentant le besoin de défendre la civilisation en péril, les chrétiens romains du IVe siècle, engagés dans le projet de l’Empire chrétien, sont conscients de l’incompatibilité des faits de guerre nécessaires à la défense de l’État romain avec le message du Christ [54]. Les premiers mouvements monastiques radicalisent le rejet des armes tout en développant, comme une justification à leur état de repli, le concept de la victoire sans combat [55]. Appuyée par la thématique de la militia Christi [56], la victoire sine sanguine, d’origine païenne, apparaît dans la culture chrétienne au début du IVe siècle pour se développer très rapidement : des soldats et de hauts fonctionnaires quittent le service de l’État pour embrasser la vie de conversi [57]. Ambroise n’est pas stricto sensu un converti, car il ne voit dans son élévation au siège épiscopal de Milan aucune rupture avec l’État : il s’agit plus exactement d’un passage, d’un service à un autre. Ainsi, tout en admettant que la volonté de Dieu puisse être exprimée par le résultat de batailles sanglantes, comme une épreuve pour la foi, l’évêque de Milan, profondément impliqué dans le premier monachisme italien, exalte le modèle de la victoire sans combat à plusieurs reprises dans son œuvre [58]. Cette solution lui permet en effet de concilier son attachement patriotique et ses conséquences militaires, et l’idéal de non-violence du christianisme [59].
En résumé, l’hostilité d’Ambroise envers les barbares, découlant de son patriotisme et de sa conception de l’universalisme romain, s’exprime essentiellement par la critique des agissements des barbares [60]. Le défaut de civilisation des barbares est l’élément le plus visible de la pensée barbarologique de l’évêque de Milan : son fondement réside dans la tradition romaine de l’extériorité [61] du barbare par rapport à la civitas romana qui, bien plus qu’un territoire, est un ensemble de valeurs et de vertus culturelles et spirituelles qui fonde la romanité et qui est aussi appelé mos maiorum. Nous avons vu qu’Ambroise place la conversion du barbare au christianisme au rang des conditions sine qua non de son admission sans réserve au sein de l’Empire : c’est là le signe d’une intégration parfaite chez Ambroise des valeurs chrétiennes au mos maiorum [62].
Liant étroitement la romanité et la religion chrétienne dont il est maintenant un haut représentant, c’est donc sans la moindre contradiction qu’Ambroise, évêque de Milan, réagit en Romain face aux barbares.
Jusqu’à présent, nous avons montré comment, dans la pensée ambrosienne, le bon Romain est nécessairement chrétien face au Romain païen et au barbare qui, sans le christianisme, sont exclus de la romanité. Nous avons aussi évoqué le problème de l’hérésie arienne dans le christianisme et des conséquences engendrées, pendant la crise gothique, pour la sauvegarde de l’Empire. C’est cette question que nous allons maintenant étudier avec plus de précision, car l’antithèse du chrétien romain face au païen barbare est insuffisante pour saisir toutes les nuances de la conception ambrosienne de la romanité.
Les hérésies existent depuis les origines du christianisme [63]: il s’agit de positionnements doctrinaux dissidents par rapport à la pensée commune de l’Église. Étudiée par les hérésiologues qui se proposent de la combattre en s’appuyant sur la Tradition apostolique [64], l’hérésie est progressivement envisagée, avec l’avènement de l’Empire chrétien, comme un délit civil assimilé à la superstitio et nécessitant l’intervention du bras séculier. L’existence des hérésies résulte de la difficulté de définir théologiquement le contenu de la foi. Parmi les questions les plus délicates à résoudre, il y a le problème de la Trinité, c’est-à-dire la conceptualisation d’une divinité à la fois une et trine. C’est le statut du Christ, Dieu le Fils par rapport à Dieu le Père, qui retient surtout l’attention au début du IVe siècle [65].
En 318, Arius, un prêtre alexandrin, formule une doctrine trinitaire personnelle qui attribue au Christ le titre de première créature du Père, faisant ainsi de lui un dieu en second [66].
Cette position théologique provoque un tel scandale à Alexandrie que, malgré les efforts de l’évêque Alexandre pour obtenir une rétractation d’Arius [67], l’affaire arrive à la Cour. Constantin [68] tranche le conflit en 325 au concile de Nicée en défaveur d’Arius et de ses partisans [69]. Ces derniers ne se découragent pas pour autant : ils parviennent à approcher l’empereur et ses fils et à retourner la situation à leur avantage [70]. À la mort de Constantin en 337, l’Empire est divisé entre ses trois fils. L’un d’eux, Constance II, survit à ses frères et règne seul de 350 à 361 : il impose un christianisme arien d’État avec l’appui d’un groupe de prélats originaires des régions danubiennes où l’arianisme semble s’être très bien implanté, poussant même des racines jusqu’en Italie du Nord, avec des personnages comme Auxence, prédécesseur d’Ambroise sur le trône épiscopal de Milan [71].
L’avènement de Julien en 361 et la fin de la dynastie constantinienne deux ans plus tard marquent le début d’un mouvement appelé reconquête nicéenne : les ariens, privés du soutien impérial, voient se relever la contestation des partisans de la foi de Nicée, que Constance II avait muselée [72]. Athanase d’Alexandrie, successeur d’Alexandre et nicéen de la première heure ; Hilaire de Poitiers, de retour d’exil dès 360 ; Eusèbe de Verceil et le pape Damase de Rome, hommes d’action ; Basile de Césarée, Grégoire de Nazianze et Grégoire de Nysse, évêques de Cappadoce et théologiens prolifiques ; tous conjuguent leurs efforts pour affermir la foi de Nicée et sa réception dans le contexte plus stable de la politique de neutralité religieuse décidée par Valentinien Ier. C’est dans le cadre de ce combat pour l’orthodoxie nicéenne qu’Ambroise accède à l’épiscopat de Milan en 374 [73].
Nous avons vu, un peu plus haut, comment Ambroise a été élu évêque de Milan [74]. La situation est plus délicate qu’il n’y paraît. Outre l’importance du choix d’une vie consacrée [75], il faut à Ambroise l’assentiment de Valentinien. Soucieux de mettre rapidement fin aux troubles qui agitent Milan, l’empereur marque son accord [76], de même que les évêques suffragants. En six jours, Ambroise est baptisé, ordonné et consacré [77].
Cette élection mouvementée fait à Ambroise une impression [78] d’autant plus forte qu’il a conscience de l’ampleur de la tâche qui l’attend – car le peuple milanais [79] si divisé ne sera pas facile à gérer – et de sa relative adéquation au profil du parfait évêque.
Dans son œuvre, Ambroise évoque à plusieurs reprises les nombreux devoirs qui sont désormais les siens et qu’il doit impérativement assumer au plus vite. Sommet de la hiérarchie cléricale [80], prêtre par excellence choisi par Dieu [81] afin de le servir selon le modèle apostolique [82], l’évêque exerce pour le peuple dont il a la charge les fonctions liées à l’enseignement pastoral [83]: il est à la fois docteur, gardien et juge de la foi [84]; dans la communion de ses frères les évêques, il est d’ailleurs le seul compétent pour ces matières [85].
C’est donc essentiellement par l’exercice de la prédication que l’évêque réalise la mission dont Dieu l’a investi. Or, même s’il est sans doute chrétien depuis l’enfance, Ambroise, encore catéchumène lors de son élection épiscopale, est un néophyte à la science religieuse limitée. Entre les ariens et les nicéens qui forment son auditoire, la position d’Ambroise est délicate. Il doit pourtant se montrer à la hauteur. Son intelligence de juriste lui permet de cerner très vite quelques-uns des axes essentiels de l’apprentissage de la prédication : parmi ceux-ci, le recours au commentaire de la Bible [86], permettant une mise en pratique à court terme [87] des connaissances fraîchement acquises et une grande cohérence de la prédication avec la liturgie tout au long de l’année [88]. Un réseau dense et méthodiquement élaboré de citations scripturaires permet à Ambroise d’interpréter l’Écriture [89], appliquant ainsi la tradition herméneutique allégorique du juif Philon d’Alexandrie qui est passée dans le domaine chrétien par Origène et Hippolyte [90]. Ambroise utilise aussi des modèles exégétiques contemporains comme Basile de Césarée et Didyme l’Aveugle [91], mais il a aussi recours à des auteurs plus anciens, comme Cyprien de Carthage [92]. Ambroise acquiert rapidement une grande autonomie et poursuit son effort de prédication par la publication écrite de ses discours, prolongeant ainsi la méditation des fidèles sur les grands thèmes abordés [93].
Nous voyons que le nouvel évêque de Milan saisit à bras le corps : la conception ambrosienne de l’épiscopat et des devoirs qui en découlent témoigne de la conscience d’Ambroise vis-à-vis de toutes les implications de son nouvel état de vie et permet de mieux cerner la définition profonde du chrétien pour Ambroise.
La tâche d’Ambroise en tant qu’évêque est encore compliquée par la position métropolitaine de Milan en Italie du Nord. Carrefour routier proche du limes rétien et de la zone de partage entre Orient et Occident, la cité de Milan devient dès le début du IIIe siècle un des plus importants centres militaires et administratifs de l’Empire. La tradition chrétienne des martyrs et les fréquents séjours de la Cour confirment Milan dans son rôle de premier plan pour les affaires ecclésiastiques au IVe siècle [94].
Sous l’épiscopat d’Ambroise, le district métropolitain de Milan se révèle extraordinairement dynamique. Cela tient beaucoup à la personnalité même d’Ambroise qui, au moyen d’une abondante correspondance avec ses suffragants [95] et aussi grâce à ses nombreux déplacements [96], tisse un réseau d’information et de solidarité qui fait du front orthodoxe nord-italien l’un des plus solides et des plus efficaces de l’Église occidentale [97].
Animé par le souci paulinien de toutes les Églises [98], Ambroise, avec le soutien de ses évêques, intervient dans les affaires ecclésiastiques de son temps [99] avec une autorité semblable à celle du pape de Rome [100]: tout en respectant la communion avec l’Église de Rome en tant que norme d’orthodoxie [101], Ambroise, s’appuyant sur la tradition autonomiste d’Italie du Nord par rapport à Rome [102], apparaît libre de toute préoccupation vis-à-vis du pape et de sa revendication de primauté [103]. Seul maître de son Église après Dieu, reconnaissant néanmoins sa soumission au consortium sacerdotal et à la communion des évêques, Ambroise, véritable hiérarque, entreprend sur son territoire épiscopal le combat contre l’hérésie et, en particulier, contre l’arianisme [104].
La lecture des œuvres d’Ambroise nous révèle les enjeux de cette lutte. Avant d’en évoquer les circonstances précises, nous allons nous pencher quelque peu sur les méthodes mises en œuvre par l’évêque de Milan.
Littérairement, Ambroise use de la prévention au moyen de catalogues d’hérésies [105]: il s’agit d’un genre « populaire » qui consiste à informer et à alerter le peuple de Dieu des dangers que représentent les fausses doctrines [106] dans des formes que reprend Ambroise. Divers thèmes sont abordés dans ces développements : la séduction des âmes simples par l’hérésie [107] dans une Église encore très communautaire où les fidèles jouent un rôle véritablement sacerdotal [108]; les variations des hérésies face à l’infrangible unité de la foi ; l’existence d’une bonne gnose [109], justification de la théologie par la fidélité au dépôt sacré [110], face à la mauvaise interprétation [111]. Ambroise nous démontre aussi les nombreux liens entre hérésies et philosophie [112]. Dans les catalogues, Ambroise cite essentiellement les hérésies qui sévissent encore à son époque. L’une d’elles, l’arianisme, y occupe une place de choix.
La reconquête nicéenne concerne Ambroise dès son accession à l’épiscopat. Succédant au controversé Auxence, il hérite d’une communauté divisée et d’autant plus difficile à gouverner que Valentinien n’admet aucun trouble religieux. Assis sur ce qui ressemble fort à un siège éjectable, pressé de prendre parti de part et d’autre, Ambroise parvient à se maintenir en continuant d’appliquer strictement la neutralité impériale. Les premiers actes antiariens d’Ambroise sont postérieurs à la mort de Valentinien Ier: le théâtre en est l’Illyrie toute proche, dernier bastion de l’arianisme occidental [113].
Le décès de l’évêque arien Germinius de Sirmium en 376 permet aux nicéens de tenter de placer l’un des leurs à ce poste clé, mais la tâche ne s’avère pas aisée : en effet, Sirmium, métropole d’Illyrie, est la résidence de l’impératrice Justine, veuve de Valentinien Ier et mère du jeune empereur Valentinien II qui a été placé sous la tutelle de son frère Gratien. L’opposition arienne, puissamment soutenue par Justine, ne parvient pas à contrecarrer les nicéens qui installent Anemius à Sirmium à la faveur d’un concile animé dans la cité même par l’entreprenant évêque de Milan [114].
Les milieux palatins préparent la réouverture du débat : l’occasion s’en présente avec les conséquences de la bataille d’Andrinople. Lorsque Gratien arrive en Illyrie peu de temps après la mort de son oncle, le chaos est tel qu’il demande leur appui civil aux évêques de la région. Ces ecclésiastiques, majoritairement ariens et appartenant aux milieux proches de la cour de Justine, saisissent l’opportunité d’une contre-offensive : ils font si habilement planer le doute de l’hérésie sur Ambroise que, pour dissiper le malentendu, Gratien est forcé d’ouvrir une enquête et de demander à l’évêque de Milan de se défendre par un libellum fidei. Le De fide composé par Ambroise en réponse à l’empereur est le premier traité dans lequel il développe la polémique contre l’arianisme et contre ses ennemis illyriens ; parmi ceux-ci, l’évêque Palladius de Ratiaria [115]. Ambroise désigne l’hérésie arienne soutenue par le défunt empereur Valens comme la cause du désastre d’Andrinople [116].
Certains contenus du De fide peuvent cependant recevoir une interprétation différente, toujours relative au problème de l’arianisme arien, mais cette fois sous une forme importée à Milan. Après son élection épiscopale et même après la mort de Valentinien Ier, Ambroise avait renoncé à épurer son clergé [117] et il avait préféré la douceur en oblitérant les lieux et les personnes. Il restait donc à Milan quelques vestiges désorganisés de la communauté arienne indigène. À l’époque de la crise gothique, un premier flot de réfugiés illyriens avait trouvé asile en Italie du Nord [118]. Parmi ceux-ci, l’évêque Julianus Valens de Poetovio. Auteur d’une tentative malheureuse de conciliation entre Goths et Romains, cet ecclésiastique, chassé de sa cité par ses propres fidèles, tente de réorganiser l’arianisme milanais [119]. Ambroise n’hésite pas à accuser très ouvertement Julianus Valens de trahison à la fois envers l’Empire et le christianisme [120].
Cette tactique consistant à présenter l’arien comme un traître effectif ou potentiel ne réussit pourtant pas à convaincre Gratien de demander des compléments d’enquête, car les affirmations de l’évêque de Milan s’apparentent trop à des rumeurs et le traité de paix de 380 conclu par Gratien avec les Goths modifie le statut des envahisseurs et des concessions qui leur ont été faites [121].
La tolérance dont ont profité jusque là les évêques ariens d’Illyrie va bientôt reculer. En effet, Gratien, après avoir mené pendant quelques années la politique de neutralité religieuse de son père [122], s’oriente vers l’orthodoxie nicéenne sous l’influence conjuguée de son collègue Théodose [123] et d’Ambroise qui fait maintenant partie de son cercle. Après avoir promulgué des lois anti-hérétiques [124], il convoque à Aquilée un concile destiné à aplanir les difficultés engendrées par l’application de cette législation [125]. Les débats du concile qui s’ouvre le 3 septembre 381 à Aquilée sont dirigés par Ambroise à la manière d’un véritable procès d’inquisition : les évêques ariens Palladius de Ratiaria et Secundianus de Singidunum sont excommuniés après une procédure à la limite de la légalité. La contestation des décisions d’Aquilée par les ariens à été heureusement conservée, et nous y trouvons à nouveau les échos des accusations de trahison portées par Ambroise contre les ariens [126].
La liquidation de l’arianisme illyrien est complète dès 381. Mais une dernière bataille reste à livrer. Nous avons évoqué la situation catastrophique des populations illyriennes qui affluent vers l’Italie du Nord [127]. Les troubles ont aussi obligé la Cour de Sirmium à se replier sur Milan. Comme à l’époque de Julianus Valens, les ariens vont tenter de remettre sur pied leur culte à Milan, mais cette fois sous la direction de l’évêque Auxence de Durostorum [128] et avec l’appui de Justine.
Le premier effet visible du renouveau de la présence arienne à Milan est l’agitation autour des basiliques. Sous le règne de Gratien, un édifice religieux revendiqué par les ariens est mis sous séquestre [129]. En 385, deux ans après la mort de Gratien, Ambroise est convoqué au palais impérial et tenu de céder la basilique extra muros dite Portienne [130]: l’évêque, alléguant la validité de la législation anti-hérétique de Gratien et soutenu par le peuple milanais, résiste aux intimidations de la cour [131]. Les ariens préparent la contre-offensive : le 23 janvier 386 est promulguée une loi qui prévoit la peine de mort pour toute personne qui s’opposerait à la liberté des consciences et des cultes [132]. L’air devient rapidement irrespirable car les antagonistes sont bien décidés à ne pas céder.
La crise de 386 [133], à laquelle on donne usuellement le nom d’affaire des basiliques, se déroule en deux temps [134]. Dans une première phase, les deux parties se livrent une guerre des nerfs dans un climat de conflit civil latent, avec des phases aiguës : la cour tente de fléchir l’évêque au moyen de menaces [135] et de le forcer à livrer la Portienne, sous peine de réquisition. Ambroise et ses fidèles vont occuper les lieux jour et nuit et ainsi faire échouer la tentative de coup de force de la cour [136]. Nous sommes au début du Carême.
La deuxième phase [137] se situe dans la semaine sainte : la cour redouble d’efforts à l’approche de Pâques [138]. Les exigences réitérées concernent maintenant la basilica nova [139], située dans l’enceinte de Milan. Ambroise oppose un refus catégorique [140]. Pendant quelques jours à peine, toutes les pressions vont être exercées sur Ambroise : menaces du préfet du prétoire, prise en otage du corps des marchands qui est astreint à une lourde amende [141], surveillance armée de la Portienne sur laquelle les ariens ont finalement jeté leur dévolu [142]. Ambroise résiste, fort du soutien du peuple et des hautes sphères de Milan. En face, la position est rapidement affaiblie par l’irréalisme des peines prévues par la loi du 23 janvier – leur application serait un véritable bain de sang, vu le grand nombre des partisans d’Ambroise – et aussi par l’insoumission de ses propres troupes qui désobéissent et rejoignent le camp épiscopal [143]. La Cour reconnaît enfin son échec au matin du jeudi saint. Ambroise désigne immédiatement Auxence et, à mots plus voilés mais pas moins clairs, Justine comme les instigateurs de cette semaine de trouble : Auxence est particulièrement épinglé par Ambroise qui le traite de loup de Scythie, faisant de ce Romain un barbare perfide prêt à tout pour dévorer les brebis du Seigneur [144].
L’affaire des basiliques s’achève dans une atmosphère qui laisse penser à une proche reprise des hostilités [145]. Plusieurs événements vont empêcher la cour de revenir à l’assaut. Il y a d’abord la menace transalpine que représente l’usurpateur Maxime qui, installé à Trèves depuis qu’il a fait assassiner Gratien, fait peser sur Milan la perpétuelle menace d’une invasion : la cour ne peut se permettre de provoquer de nouveaux troubles qui donneraient à Maxime un prétexte légitimant son intervention [146]. Ensuite, la position d’Ambroise à Milan est consolidée dès le mois de juin par l’invention opportune des reliques des saints martyrs Gervais et Protais, protecteurs de la cité : cette découverte constitue un atout inespéré et inattaquable pour la cause nicéenne [147].
Les événements de 386 nous apparaissent comme l’épisode final de l’affrontement entre les évêques nicéens d’Italie du Nord, dont Ambroise est la figure de proue, et l’arianisme illyrien, soutenu par la Cour impériale et importé à Milan. Pendant cette lutte, l’assimilation du barbare et de l’hérétique est à plusieurs reprises dans des modalités que nous nous proposons de reprendre dans notre conclusion.
* * *
On a trop souvent présenté Ambroise comme un politicien déguisé en évêque. Or, le fonctionnaire est devenu ecclésiastique dans des circonstances qui l’ont amené à peser toutes les conséquences de sa décision. Conscient des devoirs engendrés par son nouvel état de vie, Ambroise, romain de cœur et d’esprit, ne voit en fait aucun hiatus entre l’officium publicum et l’officium ecclesiasticum. Le choix d’une vie consacrée n’est pas anodin : il le pose pourtant, ce qui est significatif de la conviction qu’il a du lien entre romanité et christianisme. Devenu de son gré un chrétien de premier plan, Ambroise se trouve de facto aux avant-postes de la lutte contre toutes les autres conceptions de la romanité, qu’il s’agisse du paganisme traditionaliste du sénateur Symmaque ou du christianisme dissident des hérétiques.
La lutte entre les conceptions divergentes de la romanité constitue un des enjeux cruciaux au IVe siècle. Encore que ces divergences ne concernent que la forme car, pour les païens comme pour les chrétiens, orthodoxes ou hérétiques, la romanité est bien cet ensemble de valeurs communes fondant l’humanitas de Rome, le mos maiorum. En réalité, la rencontre des différents points de vue tient davantage de la querelle d’héritage.
L’avènement de l’Empire chrétien présentait d’emblée l’avantage de justifier spirituellement l’existence même de la structure impériale, ce dont était incapable le paganisme dans sa pluralité. La médaille avait néanmoins son revers : si toute réalité romaine se teinte désormais de christianisme, cela signifie l’exclusion de toutes les autres convictions religieuses. Les non-chrétiens sont désormais désolidarisés de l’idéal romain [148].
La vie d’Ambroise nous permet d’appréhender le travail de rejet effectué par les chrétiens orthodoxes à l’égard des autres partis religieux, païen et hérétique. Nous avons évoqué la lutte d’Ambroise contre le paganisme lors de l’affaire de l’autel de la Victoire : nous avons vu à cette occasion comment Ambroise identifie paganisme et barbarie en tant qu’extérieurs à son idée de la romanité chrétienne. De même, le long combat d’Ambroise contre les hérétiques, et en particulier contre les ariens, nous amène à de semblables conclusions : les hérétiques et les barbares sont pareils car ils n’entrent pas dans le schéma d’un Empire chrétien orthodoxe, ainsi que le suggère l’accusation d’impietas portée par Ambroise contre les ariens d’Illyrie. Dès les premières phases de la reconquête nicéenne amorcée par Ambroise à Milan et en Illyrie, le thème du barbare hérétique se présente comme un élément non négligeable de la propagande antiarienne d’Ambroise. Dans ce combat qu’il entreprend contre les évêques proches des milieux du pouvoir et soutenus par Justine, Ambroise, par des méthodes à la limite de la légalité, mais en se raccrochant toujours à des procédures ecclésiastiques, utilise le problème barbare, et plus précisément la crise gothique, comme un puissant réactif permettant de cimenter le front nicéen contre les hérétiques. Le recours à des sous-entendus de trahison, si choquant soit-il, n’est pas un si mauvais choix stratégique : bien que les rumeurs sur lesquelles s’appuie Ambroise ne soient pas fondées – les évêques ariens d’Illyrie étaient de bons citoyens qui ont aidé Gratien de toute la force de leur soutien civil – l’imposition d’une conception chrétienne orthodoxe de l’Empire s’avère dès le départ une entreprise assez difficile pour justifier toutes sortes de moyens. En effet, grâce aux protections accordées par les empereurs Constance II et Valens, l’arianisme se présente comme un dangereux concurrent de la vision orthodoxe. Utilisant le plus efficacement possible toutes les armes dont ils disposaient, les nicéens entreprennent dès les années 360 la reconquête afin de faire triompher leur conception de la romanité.
Ambroise fait partie de ce groupe : manœuvrant d’abord difficilement, il s’enhardit après la mort de Valentinien Ier et parvient, en se défendant contre les hérétiques, à infléchir la politique religieuse de Gratien et à désamorcer définitivement le danger arien dans les milieux proches du pouvoir. Il utilise la crise gothique comme un outil particulièrement précieux de lutte contre les hérétiques : plus que toute autre chose, le danger barbare sur l’Empire a permis de resserrer les rangs nicéens et de cristalliser les idées autour de la conception orthodoxe de l’Empire chrétien.
 
NOTES
 
[1] G. HERMANT, La vie de saint Ambroise, archevesque de Milan, docteur de l’Eglise et confesseur, Paris, 1678 ; S. LENAIN DE TILLEMONT, Mémoires pour servir à l’histoire ecclésiastique des six premiers siècles, t. 10, Paris, 1705 ; J.P. SILBERT, Das Leben des hl. Ambrosius, Erzbischofs von Mailand und Kirchenlehrers, Vienne, 1841 ; E. BERNARD, De s. Ambrosii Mediolanensis episcopi vita publica, Paris, 1864 ; Abbé BAUNARD, Histoire de saint Ambroise, 2e éd., Paris, 1872 ; F. et P. BOEHRINGER, Ambrosius Erzbischof von Mailand, Stuttgart, 1877 ; E. THOUVENOT, Ambroise de Milan, son temps et sa vie, Toulouse, 1896 ; C. ROMUSSI, Sant’Ambrogio. I tempi, l’uomo, la basilica. Memorie raccolte, Milan, 1897 ; P. FOERSTER, Ambrosius, Bischof von Mailand. Eine Darstellung seines Lebens und Wirkens, Halle, 1884 ; A. DE BROGLIE, Saint Ambroise, Paris, 1899 ; R. WIRTZ, Der heilige Ambrosius und seine Zeit, Trèves, 1924. Dès le début des années 1930, les études ambrosiennes sont renouvelées par les remarquables travaux de H. VAN CAMPENHAUSEN, Ambrosius von Mailand als Kirchenpolitiker, Berlin-Leipzig, 1929, de J.R. PALANQUE, Saint Ambroise et l’Empire romain. Contribution à l’histoire des rapports de l’Église et de l’État à la fin du IVe siècle, Paris, 1933 et de F.H. DUDDEN, The life and times of saint Ambrose, 2 vol., Oxford, 1935.
[2] Par souci de clarté, nous nous permettons de dresser dès à présent la liste des sources que nous avons utilisées pour l’élaboration de notre étude : AMBROISE DE MILAN, De Abraham, éd. K. SCHENKL, Prague-Vienne-Leipzig, 1897, p. 501-638 ; De excessu fratris, éd. O. FALLER, Vienne, 1955, p. 207-325 ; De fide, éd. O. FALLER, Vienne, 1962 ; De obitu Theodosii, éd. O. FALLER, Vienne, 1955, p. 369-401 ; De obitu Valentiniani, éd. O. FALLER, Vienne, 1955, p. 327-367 ; De officiis, éd. M. TESTARD, 2 vol., Paris, 1984-1992 ; De paenitentia, éd. R. GRYSON, Paris, 1971 ; De Spiritu sancto, éd. O. FALLER, Vienne, 1964, p. 15-222 ; De virginibus, éd. E. CAZZANIGA, Turin, 1948 ; Epistolae, Patrologie latine, t. 16, col. 913-1342 ; Exameron, éd. K. SCHENKL, Prague-Vienne-Leipzig, 1897, p. 3-261 ; Expositio Evangelii secundum Lucam, éd. G. TISSOT, Paris, 1955-1958 ; Sermo contra Auxentium, P.L., t. 16, col. 1049-1053 ; AMMIEN MARCELLIN, Res Gestae, éd. E. GALLETIER, J. FONTAINE, G. SABBAH, E. FREZOULS, J.D. BERGER, M.A. MARIÉ, L. ANGLIVIEL DE LA BEAUMELLE, 6 vol., Paris, 1968-1999 ; AUGUSTIN, De haeresibus, éd. L.G. MÜLLER, Washington, 1956 ; Codex Theodosianus (= C. Th.), éd. Th. MOMMSEN et P.M. MEYER, Berlin, 1905 ; HYDACE, Chronique, éd. A. TRANOY, Paris, 1974 ; JORDANES, Getica, éd. Th. MOMMSEN, M.G.H., A.A., t. 5, 1, 1882 ; OROSE, Historia adversus paganos, éd. M.P. ARNAUD-LINDET, 3 vol., Paris, 1990-1991 ; PAULIN DE MILAN, Vita Ambrosii, éd. E. LAMIRANDE, Paris-Tournai, 1983 ; PHILOSTORGE, Histoire ecclésiastique, éd. J. BIDEZ, Leipzig, 1913 ; RUFIN, Histoire ecclésiastique, éd. Th. MOMMSEN, Leipzig, 1908 ; SOCRATE, Historia ecclesiastica, Patrologie grecque, t. 67, col. 29-842 ; SYMMAQUE, Relationes, éd. O. SEECK, M.G.H., A.A., t. 6, 1, 1883, p. 279-317 ; THEMISTIUS, Orationes, éd. H. SCHENKL et G. DOWNEY, Leipzig, 1964 ; ZOSIME, Histoire nouvelle, éd. F. PASCHOUD, 3 vol., Paris, 1971-1989.
[3] R. REMONDON,La crise de l’Empire romain de Marc-Aurèle à Anastase, Paris, 1970, p. 74-78.
[4] V.A. MAXFIELD, Art. limes, Oxford Classical Dictionary, 3e éd., Oxford, 1996, p. 862.
[5] T.J. CORNELL et A.N. SHERWIN-WHITE, Art. foedus, Oxford Classical Dictionary, p. 602.
[6] É. DEMOUGEOT, La formation de l’Empire et les invasions barbares. Des origines à l’avènement de Dioclétien, Paris, 1969 ; ID., L’image officielle du barbare dans l’Empire d’Auguste à Théodose, Ktéma, t. 9, 1984, p. 123-143 ; A. CHAUVOT, Opinions romaines face aux Barbares au IVe siècle après Jésus-Christ, Paris, 1998 ; P. COURCELLE, Histoire littéraire des grandes invasions germaniques, Paris, 1964.
[7] F. JACQUES et J. SCHEID, Rome et l’intégration de l’Empire, 44 av. J.-C.-260 ap. J.-C., t. 1, Paris, 1990, p. 281-287.
[8] É. DEMOUGEOT, Restriction à l’expansion du droit de cité dans la seconde moitié du IVe siècle, Ktéma, t. 6, 1981, p. 381-393.
[9] J.D. MANSI, Sacrorum conciliorum nova et amplissima collectio, t. 2, Paris-Leipzig, 1901, col. 471 ; J. VOGT, Kulturwelt und Barbaren. Zum Menscheitsbild der spätantiken Gesellschaft, Wiesbaden, 1967 ; É. DEMOUGEOT, L’idéalisation de Rome face aux barbares à travers trois ouvrages récents, Revue des Études anciennes, t. 70, 1968, p. 392-408 ; R. SCHILLING, Ce que le christianisme doit à la Rome antique, Revue des Études latines, t. 62, 1984, p. 301-325 ; A. MANDOUZE, L’Église devant l’effondrement de la civilisation romaine, Revue d’Histoire et de Philosophie religieuses, t. 41, 1961, p. 1-10.
[10] AMMIEN MARCELLIN, Res Gestae, 26, 1 ; ZOSIME, Histoire ecclésiastique, 3, 36 ; E. STEIN, Histoire du Bas-Empire, t. 1, Paris, p. 172-173.
[11] AMMIEN MARCELLIN, op. cit., 28, 2 ; 28, 5 ; 29, 4 ; 29, 6 ; 30, 3.
[12] Id., 25, 3.
[13] Id., 26, 4 ; RUFIN, Histoire ecclésiastique, 11, 2.
[14] Sur les origines scandinaves des Goths : R. HACHMANN, Die Goten und Skandinavien, Berlin, 1970.
[15] Les rapports entre les Goths et les Romains ont fait l’objet d’une très importante bibliographie, dont nous citons quelques titres : H. WOLFRAM, Histoire des Goths, Paris, 1990 ; P.J. HEATHER, Goths and Romans, New York, 1991 ; B. SCARDIGLI, Die gotisch-römischen Beziehungen im 3. und 4. Jahrhundert n. Chr. Ein Forschungsbericht 1950-1970, Aufstieg und Niedergang der römischen Welt. Geschichte und Kultur Roms im Spiegel der neueren Forschung, t. 2, Berlin, 1976, p. 200-285 ; V. BIERBRAUER, Archäologie und Geschichte der Goten vom 1-7 Jahrhundert, Frühmittelalterliche Studien, t. 28, 1994, p. 51-171.
[16] THEMISTIUS, Orationes, 10 ; B. STALLKNECHT, Untersuchungen zur römischen Aussenpolitik in der Spätantike (306-395 n. Chr.), Bonn, 1969, p. 18-19.
[17] WOLFRAM, op. cit., p. 77-83.
[18] PHILOSTORGE, Histoire ecclésiastique, 2 ; WOLFRAM, op. cit., p. 74-77 ; M. SIMONETTI, L’arianesimo di Ulfila, Romanobarbarica. Contributi allo studio dei rapporti culturali tra mondo latino e mondo barbarico, t. 1, Rome, 1976, p. 297-323.
[19] I. HAHN, Zur Frage der sozialen Grundlagen der Usurpation Procopius, Acta antiqua Academiae Hungaricae, t. 6, 1958, p. 199-211 ; G.L. KURBATOV., À propos de l’extension territoriale de la révolte de Procope, Vizantijskie Otcherki, Moscou, 1961, p. 64-92.
[20] WOLFRAM, op. cit., p. 77-87.
[21] SOCRATE, Histoire ecclésiastique, 4, 33 ; P. HEATHER, The crossing of the Danube and the gothic conversion, Greek, Roman and Byzantine Studies, t. 27, 1986, p. 293-294.
[22] AMMIEN MARCELLIN, op. cit., 31, 3.
[23] Id., 31, 4.
[24] Id., 31, 5-6 ; 7-9.
[25] Id., 31, 12-13 ; RUFIN, Histoire ecclésiastique, 11, 13 ; WOLFRAM, op. cit., p. 131-144.
[26] HYDACE, Chronique, an. 382 ; THEMISTIUS, op. cit., 16 ; É. DEMOUGEOT, De l’unité à la division de l’Empire romain 395-410. Essais sur le gouvernement impérial, Paris, 1951, p. 22-24.
[27] A.H.M. JONES, J.R. MARTINDALE et J. MORRIS, The Prosopography of the later roman Empire, t. 1, Cambridge, 1971, p. 51, art. Ambrosius 1.
[28] PAULIN DE MILAN, Vita Ambrosii, 3.
[29] J.F. DRINKWATER, Art. Augusta Treverorum, Oxford Classical Dictionary, p. 215.
[30] G.B. DE ROSSI, Roma Sotteranea, t. 3, Rome, 1877, p. 24.
[31] AMBROISE, De excessu fratris, 1, 32-34 ; SYMMAQUE, Epistola 1, 63 ; Epistola 3, 30-37.
[32] A. PAREDI, S. Ambrogio e la sua eta, Milan, 1960, p. 95-130.
[33] PAULIN DE MILAN, op. cit., 5.
[34] PAREDI, op. cit., p. 131-156.
[35] RUFIN, op. cit., 11, 11 ; PAULIN DE MILAN, op. cit., 6-9 ; PALANQUE, op. cit., p. 27-33.
[36] COURCELLE, Histoire littéraire, p. 23 ; F. PASCHOUD, Roma aeterna. Études sur le patriotisme romain dans l’Occident latin à l’époque des grandes invasions, Neuchâtel, 1967, p. 9.
[37] PASCHOUD, op. cit., p. 203.
[38] AMBROISE, De fide, 2, 136-143. D’autres auteurs chrétiens partagent l’opinion d’Ambroise au sujet de Valens : RUFIN, op. cit., 11, 13 ; OROSE, Historia adversus paganos, 7, 33, 15 ; JORDANES, Getica, 26, 138.
[39] AMBROISE, De excessu fratris, 1, 30-32.
[40] AMBROISE, In Lucam, 10, 10-11 ; 13-14.
[41] Mt, 24, 14.
[42] M. MESLIN, Nationalisme, État et religions à la fin du IVe siècle, Archives de Sociologie des Religions, t. 18, 1964, p. 3-21 ; A. MANDOUZE, L’Église devant l’effondrement de la civilisation romaine, Revue d’Histoire et de Philosophie religieuses, t. 41, 1961, p. 1-10.
[43] AMBROISE, De fide, 5, 177 ; In Lucam, 2, 37 ; 4, 9 ; PAULIN DE MILAN, Vita Ambrosii, 36.
[44] AMBROISE, De officiis, 2, 71 ; 2, 136 ; De virginibus, 4, 14.
[45] AMBROISE, De officiis, 2, 70-71 ; 2, 136-143 ; De Abraham, 1, 32 ; Epistola 19, 6 ; Epistola 63, 105 ; In Lucam, 7, 195. Pour le devoir épiscopal de charité, voir J. GAUDEMET, L’Église dans l’Empire romain (IVe-Ve), Paris, 1958, p. 353-354.
[46] PASCHOUD, op. cit., p. 71-109 ; CHAUVOT, op. cit., p. 436-437. Voir également G. LO MENZO RAPISARDA, Tollerante o intollerante Ambrogio ?, Siculorum Gymnasium. Rassegna semestrale della Facolta di Lettere e Filosofia dell’Universita di Catania, t. 29, 1976, p. 273-305 ; F. PASCHOUD, Le rôle du providentialisme dans le conflit de 384 sur l’autel de la Victoire, Museum Helveticum. Revue suisse pour l’Étude de l’Antiquité, t. 40, 1983, p. 197-206 ; I. GUALANDRI, La riposta di Ambrogio a Simmaco : destinari pagani e destinari cristiani, Pagani e cristiani da Giuliani l’Apostata al sacco di Roma, éd. F.E. CONSOLINO, Messine, 1995, p. 241-256.
[47] AMBROISE, Epistola 18, 7.
[48] Les principaux documents de la controverse sont les Epistolae 17, 18 et 57 d’Ambroise et la Relatio 3 de Symmaque.
[49] AMBROISE, Epistola 20, 20-21.
[50] Sur la loyauté des barbares impériaux, voir A. CHAUVOT, Représentations du Barbaricum chez les Barbares au service de l’Empire au IVesiècle après Jésus-Christ, Ktéma, t. 9, 1984, p. 145-157.
[51] L’exemple du général Arbogast, d’origine barbare et resté païen, qui trahit Théodose pour soutenir l’usurpation d’Eugène (392-394) confirme cette opinion chez Ambroise : Epistola 61, 1.
[52] AMBROISE, De fide, 1, prol., 3 ; De obitu Valentiniani, 2 ; 4 ; 22 ; 26 ; Epistola 24, 8 ; De obitu Theodosii, 7 ; 56. Voir aussi Y.M. DUVAL, L’éloge de Théodose, Recherches augustiniennes, t. 4, 1966, p. 153-161 ; F.E. CONSOLINO, L’optimus princeps secondo S. Ambrogio. Virtu imperatorie e virtu cristiane nelle orazioni funebri per Valentiniano e Teodosio, Rivista storica italiana, t. 96, 1984, p. 1025-1045 ; ID., Teodosio e il ruolo del principe cristiano dal De obitu di Ambrogio alle storie ecclesiastiche, Critica storica, t. 15, 1994, p. 257-272 ; A. PAREDI, Ambrogio, Graziano, Teodosio, Antichita Altoadriatiche, t. 22, 1982, p. 17-49 ; F.J. LOMAS, Teodosio parasigma de principe cristiano : consideraciones de Ambrosio, Rufino de Aquileya y Augustin sobre la imperial persona, Storia historica historia antigua, t. 8, 1990, p. 149-165.
[53] AMBROISE, Exameron, 5, 52 ; De officiis, 2, 70-71 ; 2, 129.
[54] Sur l’antimilitarisme chrétien : R.J. FOX, Origins of pacifism in early christianity, American ecclesiastical Review, t. 157, 1967, p. 1-11 ; A.J. VISSER, Christianus sum. Non possum militare. Soldatenmartyria uit de IIIe eeuw, Nederlands Archief voor Kerkgeschiedenis, t. 48, 1967, p. 5-19 ; G. THEISSEN, Pax romana et pax Christi : le christianisme primitif et l’idée de paix, Revue de Théologie et de Philosophie, t. 124, 1992, p. 61-84.
[55] H. VON CAMPENHAUSEN, Die asketische Heimatlosigkeit im altchristlichen und frühmittelalterlichen Mönchtum, Tübingen, 1930.
[56] M. TESTARD, Chrétiens latins des premiers siècles. La littérature et la vie, Paris, 1981, p. 84-85 ; A. VON HARNACK, Militia Christi. Die christliche Religion und der Soldatenstand in den ersten drei Jahrhunderten, Tübingen, 1905, p. 1-46 ; L. HOFMAN, Militia Christi. Ein Beitrag zur Lehre von kirchlichen Ständen, Trierer theologische Zeitschrift, t. 63, 1954, p. 76-92 ; R. GRYSON, Le prêtre selon saint Ambroise, Louvain, 1968, p. 131-133.
[57] G. ZECCHINI, S. Ambrogio e le origini del motivo della victoria incruenta, Rivista di Storia della Chiesa in Italia, t. 38, 1984, p. 391-404.
[58] AMBROISE, De fide, 1, prol., 3 ; Epistolae 15 et 16 ; De obitu Theodosii, 7.
[59] F. HEIM, Le thème de la « victoire sans combat » chez Ambroise, Ambroise de Milan. 16e centenaire de son élection épiscopale. Dix études rassemblées par Y.M. Duval, Paris, 1974, p. 267-281 ; J. FONTAINE, Le culte des martyrs militaires et son expression poétique au IVe siècle : l’idéal évangélique de la non-violence dans le christianisme théodosien, Augustinianum, t. 20, 1980, p. 141-171.
[60] C. CORBELLINI, Ambrogio e i barbari : giudizio o pregiudizio ?, Rivista di Storia della Chiesa in Italia, t. 31, 1977, p. 343-353 ; M. PAVAN, Sant’Ambrogio e il problema dei barbari, Romanobarbarica. Contributi allo studio dei rapporti culturali tra mondo latino e mondo barbarico, t. 3, Rome, 1978, p. 167-187 ; R. KLEIN, Die Sklaverei in der Sicht der Bischöfe Ambrosius und Augustinus, Stuttgart, 1988, p. 13.
[61] CHAUVOT, Opinions romaines, p. 439-440.
[62] Y.A. DAUGE, Le Barbare. Recherches sur la conception romaine de la barbarie et de la civilisation, Bruxelles, 1981, p. 375.
[63] L’hérésie est un problème abordé par Paul dans 1 Co, 9, 19 et dans Ga, 5, 20.
[64] A. LE BOULLUEC, La notion d’hérésie dans la littérature grecque. IIe et IIIe siècles, 2 vol., Paris, 1985 ; J. MACCLURE, Handbooks against heresy in the West from the late fourth to the sixth centuries, Journal of theological Studies, t. 30, 1979, p. 186-197.
[65] I. ORTIZ DE URBINA, Nicée et Constantinople, Paris, 1963.
[66] E. BOULARAND, Les débuts d’Arius, Bulletin de Littérature ecclésiastique, t. 65, 1964, p. 175-203.
[67] ORTIZ DE URBINA, op. cit., p. 35-41 et 44-49.
[68] Id., p. 41-44.
[69] Id., p. 20-29 et 53-117.
[70] Ch. PIETRI, L’épanouissement du débat théologique et ses difficultés sous Constantin : Arius et le concile de Nicée, Histoire du christianisme des origines à nos jours, t. 2, Paris, 1995, p. 249-288 ; T.G. Elliott, Constantine and the arian reaction after Nicaea, Journal of ecclesiastical History, t. 43, 1992, p. 169-194.
[71] Ch. PIETRI, De la partitio de l’Empire chrétien à l’unité sous Constance : la querelle arienne et le premier césaropapisme, Histoire du christianisme des origines à nos jours, t. 2, Paris, 1995, p. 289-335.
[72] ID., L’échec du système constantinien : Julien dit l’Apostat, Histoire du christianisme des origines à nos jours, t. 2, p. 337-353.
[73] ID., Les dernières résistances du subordinatianisme et le triomphe de l’orthodoxie nicéenne, Histoire du christianisme des origines à nos jours, t. 2, p. 357-398.
[74] RUFIN, Histoire ecclésiastique, 11, 11 ; PAULIN DE MILAN, Vita Ambrosii, 6-9.
[75] GRYSON, op. cit., p. 222 ; DUDDEN, op. cit., p. 66-67.
[76] PALANQUE, op. cit., p. 29-33.
[77] GRYSON, op. cit., p. 219-222 ; PALANQUE, op. cit., p. 1-3, 18-19, 27-33 ; DUDDEN, op. cit., p. 66-74 ; A. PAREDI, S. Ambrogio e la sua eta, Milan, 1960, p. 157-167.
[78] Ambroise fait de nombreuses allusions à son élection épiscopale dans son œuvre : De officiis, 1, 24 ; De paenitentia, 2, 67 ; 2, 73 ; In Lucam, 8, 73 ; Epistola 63, 65.
[79] Le peuple de Milan joue un grand rôle dans la vie d’Ambroise : ici lors de son élection, mais aussi plus tard, comme nous le verrons, lors de l’affaire des basiliques ; voir Ch. PIETRI, Le laïcat dans l’Église du Bas-Empire, Les laïcs et la vie de l’Église, éd. Ch. PIETRI, Paris, 1963, p. 11-21.
[80] GRYSON, op. cit., p. 134-136.
[81] AMBROISE, Epistola 63, adr ; 2 ; 48 ; De fide, 5, 2.
[82] AMBROISE, Epistola 2, 2.
[83] GRYSON, op. cit., p. 238-260.
[84] AMBROISE, De officiis, 2, 122 ; In Lucam, 2, 50 ; 7, 86 ; Epistola 63, 2 ; Actes d’Aquilée, 3.
[85] AMBROISE, Epistola 21, 2-5.
[86] L.F. PIZZOLATO, La sacra scrittura fondamento del metodo esegetico di sant’Ambrogio, Ambrosius episcopus. Atti del congresso internazionale di studi ambrosiani nel 16 centenario della elevazione di sant’Ambrogio alla cattedra episcopale, Milano, 2-7 dicembre 1974, éd. G. LAZZATI, t. 1, Milan, 1976, p. 393-426.
[87] PAULIN DE MILAN, Vita Ambrosii, 9.
[88] V. SAXER, Bible et liturgie, Le monde latin antique et la Bible, éd. J. FONTAINE et Ch. PIETRI, Paris, 1985, p. 157-188.
[89] AMBROISE, De officiis, 1, 3-8.
[90] E. DASSMAN, Ecclesia vel anima. Die Kirche und ihre Glieder in der Hoheliederklärung bei Hippolyt, Origenes und Ambrosius von Mailand, Römische Quartalschrift für christliche Altertumskunde und für Kirchengeschichte, t. 61, 1966, p. 121-144 ; H.J. AUF DER MAUR, Das Psalmenverständnis des Ambrosius von Mailand, Leyde, 1977, p. 295-309.
[91] M. TESTARD, Saint Ambroise de Milan, Bulletin de l’Association Guillaume Budé, 1992, p. 367-394.
[92] Y.M. DUVAL, Sur une page de saint Cyprien chez saint Ambroise. Hexameron, 6, 8, 47 et De habitu virginum, 15-17, Revue des Études augustiniennes, t. 16, 1970, p. 25-34 ; ID., L’originalité du De virginibus dans le mouvement ascétique occidental : Ambroise, Cyprien, Athanase, Ambroise de Milan. 16e centenaire de son élection épiscopale, p. 21-29.
[93] G. NAUROY, L’Écriture dans la pastorale d’Ambroise de Milan, Le monde latin antique et la Bible, p. 371-407.
[94] GRYSON, op. cit., p. 152-155 ; T.W. POTTER et E.T. SALMON, Art. Mediolanum, Oxford Classical Dictionary, p. 949-950 ; F. MONFRIN, À propos de Milan chrétien. Siège épiscopal et topographie chrétienne IVe-VIe siècles, Cahiers archéologiques. Fin de l’Antiquité et Moyen Âge, t. 39, 1991, p. 7-46.
[95] Epistola 2 à Constance de Claterna, Epistola 19 à Vigilius de Trente, Epistola 23 aux évêques d’Émilie ; voir également PALANQUE, op. cit., p. 471-472.
[96] Ambroise, Epistolae 3, 4 et 63 ; PAULIN DE MILAN, Vita Ambrosii, 45 ; GRYSON, op. cit., p. 155-156 ; PALANQUE, op. cit., p. 207 et 523-524.
[97] R. LIZZI, Ambrose’s contemporaries and the christianization of Northern Italy, Journal of roman Studies, t. 80, 1990, p. 156-173.
[98] 2 Co, 11, 28 repris dans PAULIN DE MILAN, Vita Ambrosii, 38.
[99] Epistolae 11, 12, 13, 14, 15, 16, 24 et 51 ; GRYSON, op. cit., p. 162 ; PALANQUE, op. cit., p. 107-115 ; DUDDEN, op. cit., p. 225-230, 401-403 ; PAREDI, op. cit., p. 284-285 ; E. CASPAR, Geschichte des Papsttums von den Anfängen bis zur Höhe der Weltherrschaft, t. 1, Tübingen, 1930, p. 280-281 ; J.A. DE ALDAMA, La carta ambrosiana De Bonoso, Marianum, t. 25, 1963, p. 1-22.
[100] GRYSON, op. cit., p. 163.
[101] De excessu fratris, 1, 47.
[102] Cette tradition a son origine dans le poids politique et administratif conféré à la ville de Milan par Dioclétien. La déposition de l’évêque Denys au profit de l’arien Auxence en 355 ajoute encore à la dichotomie entre Milan, capitale de l’arianisme italien, et Rome, championne de la foi nicéenne avec l’accession de Damase au trône pontifical. GRYSON, op. cit., p. 170, 173-174, 187-188.
[103] Id., p. 196-208.
[104] Id., p. 208-209 ; J. COMAN, Éléments œcuméniques dans l’horizon historique de saint Ambroise, Ambrosius episcopus, t. 2, p. 194-219.
[105] AMBROISE, De officiis, 1, 117 ; In Lucam, 8, 41 ; De fide, 1, 6 ; 2, 44 ; 2, 117-119 ; 3, 41-42 ; 3, 57-58.
[106] AUGUSTIN, De haeresibus, éd. L.G. MÜLLER, Washington, 1956, p. 1.
[107] AMBROISE, In Lucam, 7, 28 ; 7, 31 ; 7, 44-53 ; 8, 9 ; 10, 21 ; 10, 28 ; De fide, 2, 134-135.
[108] B. STUDER, Il sacerdozio dei fedeli in sant’Ambrogio di Milano, Vetera Christianorum, t. 7, 1970, p. 325-340.
[109] AMBROISE, In Lucam, 8, 22.
[110] Id., 1, 12-13 ; 5, 4.
[111] Id., 2, 65.
[112] G. MADEC, Saint Ambroise et la philosophie, Paris, 1974, p. 45-52 et 225-236.
[113] GRYSON, op. cit., p. 101 ; M. MESLIN, Les ariens d’Occident 335-430, Paris, 1967, p. 61-64.
[114] PAULIN DE MILAN, Vita Ambrosii, 11 ; PALANQUE, op. cit., p. 48-49 ; PAREDI, op. cit., p. 248-250 ; GRYSON, op. cit., p. 107-115 ; M. SIMONETTI, La politica antiariana di Ambrogio, Ambrosius episcopus, t. 1, p. 266-285.
[115] AMBROISE, De fide, 1, 45.
[116] P. NAUTIN, Les premières relations d’Ambroise avec l’empereur Gratien. Le De fide (livres 1et 2), Ambroise de Milan. 16e centenaire de son élection épiscopale, p. 229-244 ; D.H. WILLIAMS, Polemics and politics in Ambrose of Milan’s De fide, Journal of theological Studies, t. 46, 1995, p. 519-531.
[117] AMBROISE, De officiis, 1, 72.
[118] AMBROISE, Epistola 2, 28.
[119] R. EGGER, Die Zerstörung Pettaus durch die Goten, Jahreshefte des Österreichischen Archäologischen Instituts, t. 18, 1915, p. 253-266.
[120] AMBROISE, Epistola 10, 9-10.
[121] CHAUVOT, op. cit., p. 277-278 et 280-281.
[122] Politique contre laquelle proteste Ambroise, De fide, 1, 134-136.
[123] L’empereur d’Orient promulgue des lois qui interdisent les doctrines s’opposant à la foi de Nicée : C. Th., 16, 1, 2 et 16, 5, 4.
[124] C. Th., 16, 5, 5.
[125] AMBROISE, Epistola 10, 1.
[126] Voir les Actes du concile d’Aquilée et les commentaires ariens dans Scolies ariennes sur le concile d’Aquilée, éd. R. GRYSON, Paris, 1980.
[127] AMBROISE, Epistola 2, 28.
[128] AMBROISE, Contra Auxentium, 22 ; MESLIN, op. cit., p. 47-48.
[129] AMBROISE, De Spiritu sancto, 1, 19-22 ; PALANQUE, op. cit., p. 60, 63-66.
[130] Les ariens sont contraints par la loi à célébrer leur culte en dehors des cités : O. Seeck, Geschichte des Untergangs der antiken Welt, t. 5, Stuttgart, 1913, p. 201.
[131] AMBROISE, Contra Auxentium, 29-30.
[132] C. Th., 16, 1, 4 ; SEECK, op. cit., p. 202 ; PALANQUE, op. cit., p. 145-147.
[133] G. NAUROY, Le fouet et le miel. Le combat d’Ambroise en 386 contre l’arianisme milanais, Recherches augustiniennes, t. 23, 1988, p. 3-86.
[134] Id., p. 28-40.
[135] AMBROISE, Epistola 21.
[136] AMBROISE, Sermo contra Auxentium.
[137] AMBROISE, Epistola 20.
[138] NAUROY, op. cit., p. 40-41.
[139] AMBROISE, Epistola 20, 1.
[140] Id., 2.
[141] Id., 6-7.
[142] Id., 9-10.
[143] Id., 13.
[144] Id., 14-19.
[145] Id., 28.
[146] NAUROY, op. cit., p. 64 ; PALANQUE, op. cit., p. 169.
[147] AMBROISE, Epistola 22; PAULIN DE MILAN, Vita Ambrosii, 14.
[148] A. MOMIGLIANO, The disadvantages of monotheism for an universal state, Classical Philology, t. 81, 1986, p. 285-297.
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AMBROISE, Epistola 2, 28. Suite de la note...
[128]
AMBROISE, Contra Auxentium, 22 ; MESLIN, op. cit., ...
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[129]
AMBROISE, De Spiritu sancto, 1, 19-22 ; PALANQUE, op. ...
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[130]
Les ariens sont contraints par la loi à célébrer leur culte...
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[131]
AMBROISE, Contra Auxentium, 29-30. Suite de la note...
[132]
C. Th., 16, 1, 4 ; SEECK, op. cit., p. 202 ; PALANQUE, ...
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[133]
G. NAUROY, Le fouet et le miel. Le combat d’Ambroise en 386...
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[134]
Id., p. 28-40. Suite de la note...
[135]
AMBROISE, Epistola 21. Suite de la note...
[136]
AMBROISE, Sermo contra Auxentium. Suite de la note...
[137]
AMBROISE, Epistola 20. Suite de la note...
[138]
NAUROY, op. cit., p. 40-41. Suite de la note...
[139]
AMBROISE, Epistola 20, 1. Suite de la note...
[140]
Id., 2. Suite de la note...
[141]
Id., 6-7. Suite de la note...
[142]
Id., 9-10. Suite de la note...
[143]
Id., 13. Suite de la note...
[144]
Id., 14-19. Suite de la note...
[145]
Id., 28. Suite de la note...
[146]
NAUROY, op. cit., p. 64 ; PALANQUE, op. cit., p. 16...
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[147]
AMBROISE, Epistola 22; PAULIN DE MILAN, Vita Ambrosii, ...
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[148]
A. MOMIGLIANO, The disadvantages of monotheism for an unive...
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