2003
Le Moyen Age
Barbarie et hérésie dans l’œuvre de saint Ambroise de Milan
(374-397)
Catherine LHEUREUX-GODBILLE
Université de Liège
Ambroise, haut fonctionnaire devenu évêque de Milan en 374, a
vécu à une époque charnière dans l’histoire de l’Empire chrétien : dans le
contexte troublé des premières invasions germaniques et de la catastrophique
bataille d’Andrinople, Ambroise, qui était l’évêque d’une des plus importantes
cités de l’Empire, a joué un rôle prépondérant dans la reconquête nicéenne de
l’Occident et dans la transformation de la politique religieuse de l’empereur,
de la tolérance en vigueur sous Valentinien Ier et Gratien à l’interdiction
stricte des cultes païens et à l’imposition d’un catholicisme d’État sous
Théodose. Ce sont ces processus d’influence et de lutte entre les différents
partis religieux et l’utilisation par les uns et les autres de l’actualité
politique et militaire qu’il est possible de suivre à travers les œuvres
d’Ambroise de Milan, patriote romain et chrétien militant. Mots-clés :
Empire chrétien, reconquête nicéenne, patriotisme, Barbares, romanité.
Ambrosius, a senior civil servant who became bishop of Milan in
374, lived in a transitional age in the history of the Christian Empire : in
the disturbed context of the first Germanic invasions and of the disastrous
battle at Andrinopolis, Ambrosius, who was the bishop of one of the most
important cities in the Empire, played a major part in imposing the Nicean
creed on the West and transforming the emperor’s religious policy, from a
position of tolerance as under Valentinian I and Gratian to a strict
prohibition of pagan cults and the enforcement of state Catholicism under
Theodosius. Thanks to the works of Ambrosius of Milan, Roman patriot and
Christian activist, we can trace such power struggles between various religious
factions as well as how these tried to use the military and political situation
to their benefits.Keywords :
Christian Empire, enforcing the Nicean creed, patriotism, barbarians, romanity.
Ambroise, évêque de Milan de 374 à 397, est un personnage
historique tout à la fois célèbre et méconnu. Les tendances tantôt romantiques,
tantôt apologétiques qui ont marqué son historiographie
[1] ont longtemps masqué les véritables
enjeux du combat mené par ce haut fonctionnaire impérial, devenu évêque de
l’une des plus importantes cités de l’Occident romain, pour une conception
chrétienne et orthodoxe de la romanité
[2].
* * *
L’époque d’Ambroise, né en 340, est celle des premiers grands
déferlements germaniques sur l’Empire. Depuis le IIe
siècle avant Jésus-Christ, les Romains sont confrontés à des vagues
d’incursions sur leur territoire : ces faits sont ceux de peuplades réunies
sous le vocable barbare qui caractérise étymologiquement leur infériorité de
civilisation et par là-même leur extériorité par rapport au monde
gréco-romain.
Les solutions apportées au problème barbare sont nombreuses et
évolutives, selon l’état financier et militaire de l’État romain
[3]; il en est de même pour la
conception romaine des barbares : nations à conquérir sous Auguste, État client
sous Tibère, envahisseurs contenus par le
limes
[4], associés et bientôt installés sur le territoire
impérial par le
foedus
[5], les barbares, assimilés ou
rejetés, constituent au IV
e siècle un paramètre
incontournable de la politique intérieure et extérieure de Rome
[6].
Après que l’édit de Caracalla en 212
[7] en ait fait les derniers pérégrins, les
barbares, extérieurs donc inférieurs, ne disposent plus, pour accéder au droit
de cité, que de la voie militaire. Ainsi, dès l’époque de Constantin, les plus
hauts postes leur sont ouverts
[8].
Le début du IV
e siècle voit également la
reconnaissance officielle de l’Église chrétienne au sein de l’Empire dès 314 :
les progrès du christianisme sont tels que les valeurs chrétiennes ne tardent
pas à intégrer le modèle de la
civitas
romana au point qu’Empire et christianisme deviennent indissociables
dans le concept d’Empire chrétien. Désormais, après des années de persécution,
les chrétiens, en plus de se définir dans l’Empire face aux autres convictions
religieuses, assument pleinement leur rôle de citoyens romains face aux
réalités barbares
[9].
En 364, l’accession au trône de Valentinien
I
er
[10] survient à une période de troubles aux frontières de
l’Empire. Les Alamans menacent les régions rhénanes ; les Quades et les
Sarmates, le
limes danubien
[11]. D’autre part, la Perse,
après les guerres récemment menées par les empereurs Julien
[12] et Jovien, continue
d’inquiéter Valens, frère de Valentinien I
er, que ce
dernier a désigné pour administrer la
pars
Orientis
[13]. De plus, dès le début de son règne, l’empereur
d’Orient doit gérer les difficultés engendrées par la présence gothique au-delà
du Danube.
Les Goths, conglomérat de peuplades originaires de
Scandinavie
[14], sont
impliqués dès le III
e siècle dans les raids barbares qui
frappent l’Empire. Christianisés au contact des Romains
[15], les Goths sont liés par
foedus à Constantin dès 332
[16]. Des relations
économiques s’établissent, plaçant les Goths dans une situation de dépendance
par rapport à l’Empire
[17]. En outre, la mission chrétienne est organisée,
notamment par Ulfila qui répand outre-Danube une version arienne du
christianisme
[18].
Cette alliance dure environ trente ans, car le traité étant avant tout un
engagement interpersonnel dans la culture gothique, l’extinction de la dynastie
constantinienne en 363 implique une renégociation de l’accord. À l’époque de
Valens, la situation est encore compliquée par l’usurpation de Procope qui
appuie sa tentative de coup d’État avec des troupes gothiques
[19]. Les relations entre
Romains et Goths se détériorent rapidement au point de provoquer des scissions
au sein du peuple gothique
[20] dont un groupe, sous la direction du chef de tribu
Fritigern, demande et obtient l’appui militaire de Valens
[21]. Vers 375, la pression des Huns sur
l’Europe centrale achève de désorganiser les Goths
[22]. Avec l’approbation de Valens, les
Goths traversent le Danube en face de Durostorum à l’automne 376 et
s’installent en Thrace
[23]. Les administrateurs romains chargés de l’accueil
des réfugiés gothiques n’hésitent pas à exploiter la détresse de ces malheureux
qui se révoltent et mettent les régions danubiennes à feu et à sang
[24].
Ces événements ont lieu peu de temps après la mort de
Valentinien I
er en 375 et l’accession au trône de Gratien,
son fils aîné. Le nouveau maître de la
pars
Occidentis décide de se porter au secours de son oncle, mais Valens,
faisant fi de toute prudence, engage le combat avec sa seule armée à Andrinople
le 9 août 378. L’empereur d’Orient et ses troupes sont massacrés
[25].
Gratien, qui ne peut administrer l’Empire à lui seul, se
choisit un nouveau collègue pour l’Orient en la personne de Théodose le Jeune.
Le nouvel empereur pacifie rapidement les Balkans et réussit à conclure un
nouveau
foedus avec les Goths en
382
[26].
L’insécurité aux frontières occidentales et la crise gothique
constituent le contexte politique et militaire immédiat de l’épiscopat
d’Ambroise : pendant cette époque troublée, Ambroise, devenu évêque en 374, va
être amené à exprimer, à travers son enseignement pastoral, ses opinions et son
jugement par rapport à l’État et à l’Empire, notamment pour tout ce qui
concerne les modalités de la présence barbare.
* * *
Ambroise est né à Trèves vers 340 à l’époque où son père
Aurelius Ambrosius
[27]
exerce la fonction de préfet du prétoire des Gaules
[28]. Proche du
limes, Trèves est l’une des capitales
de l’Empire
[29]. Les
Ambrosii, issus de la
gens Aurelia
[30] et apparentés aux Symmaque
[31], font traditionnellement
carrière dans la bureaucratie impériale. Ainsi Ambroise et son frère aîné
Satyrus entrent au service de l’Empire en 365 en tant qu’avocats de la
préfecture du prétoire d’Italie-Illyrie dont le siège est la résidence
impériale de
Sirmium
[32]. Ils sont promus trois
ans plus tard au conseil du préfet Sextus Petronius Probus
[33]. En 370, Ambroise devient gouverneur
d’Émilie et de Ligurie : il s’installe à Milan, capitale de la province dont il
a désormais la charge
[34]. C’est là qu’en 374 il intervient dans la querelle
consécutive à la mort de l’évêque Auxence. Les ariens et les nicéens voient en
Ambroise le candidat idéal qui, s’étant toujours conformé à la stricte
neutralité religieuse instaurée par Valentinien, les laissera d’agir ; le
peuple milanais le désigne donc comme successeur, et Ambroise est consacré
évêque
[35].
La catastrophe d’Andrinople a secoué l’opinion romaine : tous
les citoyens, païens et chrétiens, sont touchés dans leur patriotisme par
l’ampleur du désastre
[36]. Évêque de Milan, citoyen romain et chrétien,
Ambroise, comme beaucoup de ses compatriotes, éprouve le besoin d’affirmer son
attachement à sa patrie : il le fait principalement au moyen de sa prédication,
contenue dans des homélies, des traités ou même des lettres.
La conception du barbare, envahisseur et étranger, constitue
une pierre de touche que nous allons utiliser pour cerner le patriotisme de
l’évêque Ambroise
[37].
La crise gothique trouve des échos immédiats évidents dans
l’œuvre d’Ambroise : les barbares christianisés, déferlant sur l’Empire tels
les instruments de la punition divine encourue par Valens pour avoir protégé
l’hérésie arienne
[38],
semant la mort et la dévastation
[39], annoncent en fait la fin des temps
[40], conformément à
l’Évangile
[41].
L’Empire, vecteur providentiel de la conversion universelle, a maintenant
accompli sa mission
[42]: le Christ est désormais l’empereur de tous et il
donne la victoire aux barbares convertis contre les Romains qui se sont
détournés de lui dans l’hérésie
[43].
Les ravages causés par les invasions sont évoqués avec
précision par Ambroise qui se livre même à une analyse du comportement bestial
des barbares : aux yeux de l’évêque de Milan, l’
humanitas leur fait totalement défaut
[44]. Les temps sont si durs
qu’Ambroise invite ses fidèles à se montrer solidaires en rachetant les
captifs, ainsi que le fait l’Église au moyen de toutes les ressources à
disposition
[45].
Quelques années plus tard, l’affaire de l’autel de la
Victoire
[46] est une
occasion de saisir une autre signification du mot barbare chez Ambroise.
L’abolition par l’empereur Gratien des privilèges de la religion païenne en 382
provoque au Sénat de Rome un débat dans lequel intervient Ambroise. Parmi les
cultes supprimés, il y a celui de l’autel de la Victoire qui se tenait à la
Curie de Rome. Symmaque, représentant des sénateurs païens, accuse ceux qui se
réjouissent de cette disparition – au nombre desquels Ambroise – d’être des
amis des barbares. La riposte de l’évêque de Milan est cinglante : ce sont les
païens qui sont semblables aux barbares, car ils ignorent Dieu
[47]. Nous attirons
l’attention sur le fait que cette assimilation de tout ce qui n’est ni romain,
ni chrétien est assez caractéristique de la pensée ambrosienne
[48].
Le barbare peut toutefois apparaître sous la plume d’Ambroise
sous un jour plus positif : ainsi Ambroise admet qu’ils puissent servir
loyalement l’Empire
[49]. Pourtant, même fidèles et valeureux
[50], les barbares impériaux
ne seront jamais tout à fait les égaux des citoyens de Rome. De toute manière,
la conversion au christianisme reste pour Ambroise la garantie nécessaire à
l’assimilation complète des barbares dans l’Empire
[51].
Nous voyons que les solutions au problème barbare évoquées par
Ambroise sont d’abord d’ordre militaire, et le succès de leur mise en œuvre
dépend beaucoup de la
virtus de
l’empereur
[52].
Citoyen, patriote, Ambroise regrette l’ancienne bravoure de l’armée romaine et
désapprouve la désaffection des Romains pour le service
[53].
Parallèlement, Ambroise développe d’autres idées pour la
défense de l’Empire. Tout en ressentant le besoin de défendre la civilisation
en péril, les chrétiens romains du IV
e siècle, engagés
dans le projet de l’Empire chrétien, sont conscients de l’incompatibilité des
faits de guerre nécessaires à la défense de l’État romain avec le message du
Christ
[54]. Les
premiers mouvements monastiques radicalisent le rejet des armes tout en
développant, comme une justification à leur état de repli, le concept de la
victoire sans combat
[55]. Appuyée par la thématique de la
militia Christi
[56], la victoire
sine sanguine, d’origine païenne,
apparaît dans la culture chrétienne au début du IV
e siècle
pour se développer très rapidement : des soldats et de hauts fonctionnaires
quittent le service de l’État pour embrasser la vie de
conversi
[57]. Ambroise n’est pas
stricto sensu un converti, car il ne
voit dans son élévation au siège épiscopal de Milan aucune rupture avec l’État
: il s’agit plus exactement d’un passage, d’un service à un autre. Ainsi, tout
en admettant que la volonté de Dieu puisse être exprimée par le résultat de
batailles sanglantes, comme une épreuve pour la foi, l’évêque de Milan,
profondément impliqué dans le premier monachisme italien, exalte le modèle de
la victoire sans combat à plusieurs reprises dans son œuvre
[58]. Cette solution lui
permet en effet de concilier son attachement patriotique et ses conséquences
militaires, et l’idéal de non-violence du christianisme
[59].
En résumé, l’hostilité d’Ambroise envers les barbares,
découlant de son patriotisme et de sa conception de l’universalisme romain,
s’exprime essentiellement par la critique des agissements des barbares
[60]. Le défaut de
civilisation des barbares est l’élément le plus visible de la pensée
barbarologique de l’évêque de Milan : son fondement réside dans la tradition
romaine de l’extériorité
[61] du barbare par rapport à la
civitas romana qui, bien plus qu’un
territoire, est un ensemble de valeurs et de vertus culturelles et spirituelles
qui fonde la romanité et qui est aussi appelé
mos
maiorum. Nous avons vu qu’Ambroise place la conversion du barbare au
christianisme au rang des conditions
sine qua
non de son admission sans réserve au sein de l’Empire : c’est là le
signe d’une intégration parfaite chez Ambroise des valeurs chrétiennes au
mos maiorum
[62].
Liant étroitement la romanité et la religion chrétienne dont il
est maintenant un haut représentant, c’est donc sans la moindre contradiction
qu’Ambroise, évêque de Milan, réagit en Romain face aux barbares.
Jusqu’à présent, nous avons montré comment, dans la pensée
ambrosienne, le bon Romain est nécessairement chrétien face au Romain païen et
au barbare qui, sans le christianisme, sont exclus de la romanité. Nous avons
aussi évoqué le problème de l’hérésie arienne dans le christianisme et des
conséquences engendrées, pendant la crise gothique, pour la sauvegarde de
l’Empire. C’est cette question que nous allons maintenant étudier avec plus de
précision, car l’antithèse du chrétien romain face au païen barbare est
insuffisante pour saisir toutes les nuances de la conception ambrosienne de la
romanité.
Les hérésies existent depuis les origines du
christianisme
[63]: il
s’agit de positionnements doctrinaux dissidents par rapport à la pensée commune
de l’Église. Étudiée par les hérésiologues qui se proposent de la combattre en
s’appuyant sur la Tradition apostolique
[64], l’hérésie est progressivement envisagée, avec
l’avènement de l’Empire chrétien, comme un délit civil assimilé à la
superstitio et nécessitant
l’intervention du bras séculier. L’existence des hérésies résulte de la
difficulté de définir théologiquement le contenu de la foi. Parmi les questions
les plus délicates à résoudre, il y a le problème de la Trinité, c’est-à-dire
la conceptualisation d’une divinité à la fois une et trine. C’est le statut du
Christ, Dieu le Fils par rapport à Dieu le Père, qui retient surtout
l’attention au début du IV
e siècle
[65].
En 318, Arius, un prêtre alexandrin, formule une doctrine
trinitaire personnelle qui attribue au Christ le titre de première créature du
Père, faisant ainsi de lui un dieu en second
[66].
Cette position théologique provoque un tel scandale à
Alexandrie que, malgré les efforts de l’évêque Alexandre pour obtenir une
rétractation d’Arius
[67], l’affaire arrive à la Cour. Constantin
[68] tranche le conflit en 325
au concile de Nicée en défaveur d’Arius et de ses partisans
[69]. Ces derniers ne se
découragent pas pour autant : ils parviennent à approcher l’empereur et ses
fils et à retourner la situation à leur avantage
[70]. À la mort de Constantin en 337,
l’Empire est divisé entre ses trois fils. L’un d’eux, Constance II, survit à
ses frères et règne seul de 350 à 361 : il impose un christianisme arien d’État
avec l’appui d’un groupe de prélats originaires des régions danubiennes où
l’arianisme semble s’être très bien implanté, poussant même des racines
jusqu’en Italie du Nord, avec des personnages comme Auxence, prédécesseur
d’Ambroise sur le trône épiscopal de Milan
[71].
L’avènement de Julien en 361 et la fin de la dynastie
constantinienne deux ans plus tard marquent le début d’un mouvement appelé
reconquête nicéenne : les ariens, privés du soutien impérial, voient se relever
la contestation des partisans de la foi de Nicée, que Constance II avait
muselée
[72]. Athanase
d’Alexandrie, successeur d’Alexandre et nicéen de la première heure ; Hilaire
de Poitiers, de retour d’exil dès 360 ; Eusèbe de Verceil et le pape Damase de
Rome, hommes d’action ; Basile de Césarée, Grégoire de Nazianze et Grégoire de
Nysse, évêques de Cappadoce et théologiens prolifiques ; tous conjuguent leurs
efforts pour affermir la foi de Nicée et sa réception dans le contexte plus
stable de la politique de neutralité religieuse décidée par Valentinien
I
er. C’est dans le cadre de ce combat pour l’orthodoxie
nicéenne qu’Ambroise accède à l’épiscopat de Milan en 374
[73].
Nous avons vu, un peu plus haut, comment Ambroise a été élu
évêque de Milan
[74].
La situation est plus délicate qu’il n’y paraît. Outre l’importance du choix
d’une vie consacrée
[75], il faut à Ambroise l’assentiment de Valentinien.
Soucieux de mettre rapidement fin aux troubles qui agitent Milan, l’empereur
marque son accord
[76],
de même que les évêques suffragants. En six jours, Ambroise est baptisé,
ordonné et consacré
[77].
Cette élection mouvementée fait à Ambroise une
impression
[78]
d’autant plus forte qu’il a conscience de l’ampleur de la tâche qui l’attend –
car le peuple milanais
[79] si divisé ne sera pas facile à gérer – et de sa
relative adéquation au profil du parfait évêque.
Dans son œuvre, Ambroise évoque à plusieurs reprises les
nombreux devoirs qui sont désormais les siens et qu’il doit impérativement
assumer au plus vite. Sommet de la hiérarchie cléricale
[80], prêtre par excellence choisi par
Dieu
[81] afin de le
servir selon le modèle apostolique
[82], l’évêque exerce pour le peuple dont il a la charge
les fonctions liées à l’enseignement pastoral
[83]: il est à la fois docteur, gardien et juge de la
foi
[84]; dans la
communion de ses frères les évêques, il est d’ailleurs le seul compétent pour
ces matières
[85].
C’est donc essentiellement par l’exercice de la prédication que
l’évêque réalise la mission dont Dieu l’a investi. Or, même s’il est sans doute
chrétien depuis l’enfance, Ambroise, encore catéchumène lors de son élection
épiscopale, est un néophyte à la science religieuse limitée. Entre les ariens
et les nicéens qui forment son auditoire, la position d’Ambroise est délicate.
Il doit pourtant se montrer à la hauteur. Son intelligence de juriste lui
permet de cerner très vite quelques-uns des axes essentiels de l’apprentissage
de la prédication : parmi ceux-ci, le recours au commentaire de la Bible
[86], permettant une mise en
pratique à court terme
[87] des connaissances fraîchement acquises et une grande
cohérence de la prédication avec la liturgie tout au long de l’année
[88]. Un réseau dense et
méthodiquement élaboré de citations scripturaires permet à Ambroise
d’interpréter l’Écriture
[89], appliquant ainsi la tradition herméneutique
allégorique du juif Philon d’Alexandrie qui est passée dans le domaine chrétien
par Origène et Hippolyte
[90]. Ambroise utilise aussi des modèles exégétiques
contemporains comme Basile de Césarée et Didyme l’Aveugle
[91], mais il a aussi recours à des auteurs
plus anciens, comme Cyprien de Carthage
[92]. Ambroise acquiert rapidement une grande autonomie
et poursuit son effort de prédication par la publication écrite de ses
discours, prolongeant ainsi la méditation des fidèles sur les grands thèmes
abordés
[93].
Nous voyons que le nouvel évêque de Milan saisit à bras le
corps : la conception ambrosienne de l’épiscopat et des devoirs qui en
découlent témoigne de la conscience d’Ambroise vis-à-vis de toutes les
implications de son nouvel état de vie et permet de mieux cerner la définition
profonde du chrétien pour Ambroise.
La tâche d’Ambroise en tant qu’évêque est encore compliquée par
la position métropolitaine de Milan en Italie du Nord. Carrefour routier proche
du
limes rétien et de la zone de
partage entre Orient et Occident, la cité de Milan devient dès le début du
III
e siècle un des plus importants centres militaires et
administratifs de l’Empire. La tradition chrétienne des martyrs et les
fréquents séjours de la Cour confirment Milan dans son rôle de premier plan
pour les affaires ecclésiastiques au IV
e siècle
[94].
Sous l’épiscopat d’Ambroise, le district métropolitain de Milan
se révèle extraordinairement dynamique. Cela tient beaucoup à la personnalité
même d’Ambroise qui, au moyen d’une abondante correspondance avec ses
suffragants
[95] et
aussi grâce à ses nombreux déplacements
[96], tisse un réseau d’information et de solidarité qui
fait du front orthodoxe nord-italien l’un des plus solides et des plus
efficaces de l’Église occidentale
[97].
Animé par le souci paulinien de toutes les Églises
[98], Ambroise, avec le
soutien de ses évêques, intervient dans les affaires ecclésiastiques de son
temps
[99] avec une
autorité semblable à celle du pape de Rome
[100]: tout en respectant la communion avec l’Église de
Rome en tant que norme d’orthodoxie
[101], Ambroise, s’appuyant sur la tradition autonomiste
d’Italie du Nord par rapport à Rome
[102], apparaît libre de toute préoccupation vis-à-vis du
pape et de sa revendication de primauté
[103]. Seul maître de son Église après Dieu,
reconnaissant néanmoins sa soumission au consortium sacerdotal et à la
communion des évêques, Ambroise, véritable hiérarque, entreprend sur son
territoire épiscopal le combat contre l’hérésie et, en particulier, contre
l’arianisme
[104].
La lecture des œuvres d’Ambroise nous révèle les enjeux de
cette lutte. Avant d’en évoquer les circonstances précises, nous allons nous
pencher quelque peu sur les méthodes mises en œuvre par l’évêque de
Milan.
Littérairement, Ambroise use de la prévention au moyen de
catalogues d’hérésies
[105]: il s’agit d’un genre « populaire » qui consiste à
informer et à alerter le peuple de Dieu des dangers que représentent les
fausses doctrines
[106] dans des formes que reprend Ambroise. Divers thèmes
sont abordés dans ces développements : la séduction des âmes simples par
l’hérésie
[107] dans
une Église encore très communautaire où les fidèles jouent un rôle
véritablement sacerdotal
[108]; les variations des hérésies face à l’infrangible
unité de la foi ; l’existence d’une bonne gnose
[109], justification de la théologie par la
fidélité au dépôt sacré
[110], face à la mauvaise interprétation
[111]. Ambroise nous
démontre aussi les nombreux liens entre hérésies et philosophie
[112]. Dans les catalogues,
Ambroise cite essentiellement les hérésies qui sévissent encore à son époque.
L’une d’elles, l’arianisme, y occupe une place de choix.
La reconquête nicéenne concerne Ambroise dès son accession à
l’épiscopat. Succédant au controversé Auxence, il hérite d’une communauté
divisée et d’autant plus difficile à gouverner que Valentinien n’admet aucun
trouble religieux. Assis sur ce qui ressemble fort à un siège éjectable, pressé
de prendre parti de part et d’autre, Ambroise parvient à se maintenir en
continuant d’appliquer strictement la neutralité impériale. Les premiers actes
antiariens d’Ambroise sont postérieurs à la mort de Valentinien
I
er: le théâtre en est l’Illyrie toute proche, dernier
bastion de l’arianisme occidental
[113].
Le décès de l’évêque arien Germinius de Sirmium en 376 permet
aux nicéens de tenter de placer l’un des leurs à ce poste clé, mais la tâche ne
s’avère pas aisée : en effet, Sirmium, métropole d’Illyrie, est la résidence de
l’impératrice Justine, veuve de Valentinien I
er et mère du
jeune empereur Valentinien II qui a été placé sous la tutelle de son frère
Gratien. L’opposition arienne, puissamment soutenue par Justine, ne parvient
pas à contrecarrer les nicéens qui installent Anemius à Sirmium à la faveur
d’un concile animé dans la cité même par l’entreprenant évêque de Milan
[114].
Les milieux palatins préparent la réouverture du débat :
l’occasion s’en présente avec les conséquences de la bataille d’Andrinople.
Lorsque Gratien arrive en Illyrie peu de temps après la mort de son oncle, le
chaos est tel qu’il demande leur appui civil aux évêques de la région. Ces
ecclésiastiques, majoritairement ariens et appartenant aux milieux proches de
la cour de Justine, saisissent l’opportunité d’une contre-offensive : ils font
si habilement planer le doute de l’hérésie sur Ambroise que, pour dissiper le
malentendu, Gratien est forcé d’ouvrir une enquête et de demander à l’évêque de
Milan de se défendre par un
libellum
fidei. Le
De fide composé
par Ambroise en réponse à l’empereur est le premier traité dans lequel il
développe la polémique contre l’arianisme et contre ses ennemis illyriens ;
parmi ceux-ci, l’évêque Palladius de Ratiaria
[115]. Ambroise désigne l’hérésie arienne
soutenue par le défunt empereur Valens comme la cause du désastre
d’Andrinople
[116].
Certains contenus du
De
fide peuvent cependant recevoir une interprétation différente,
toujours relative au problème de l’arianisme arien, mais cette fois sous une
forme importée à Milan. Après son élection épiscopale et même après la mort de
Valentinien I
er, Ambroise avait renoncé à épurer son
clergé
[117] et il
avait préféré la douceur en oblitérant les lieux et les personnes. Il restait
donc à Milan quelques vestiges désorganisés de la communauté arienne indigène.
À l’époque de la crise gothique, un premier flot de réfugiés illyriens avait
trouvé asile en Italie du Nord
[118]. Parmi ceux-ci, l’évêque Julianus Valens de
Poetovio. Auteur d’une tentative malheureuse de conciliation entre Goths et
Romains, cet ecclésiastique, chassé de sa cité par ses propres fidèles, tente
de réorganiser l’arianisme milanais
[119]. Ambroise n’hésite pas à accuser très ouvertement
Julianus Valens de trahison à la fois envers l’Empire et le
christianisme
[120].
Cette tactique consistant à présenter l’arien comme un traître
effectif ou potentiel ne réussit pourtant pas à convaincre Gratien de demander
des compléments d’enquête, car les affirmations de l’évêque de Milan
s’apparentent trop à des rumeurs et le traité de paix de 380 conclu par Gratien
avec les Goths modifie le statut des envahisseurs et des concessions qui leur
ont été faites
[121].
La tolérance dont ont profité jusque là les évêques ariens
d’Illyrie va bientôt reculer. En effet, Gratien, après avoir mené pendant
quelques années la politique de neutralité religieuse de son père
[122], s’oriente vers
l’orthodoxie nicéenne sous l’influence conjuguée de son collègue
Théodose
[123] et
d’Ambroise qui fait maintenant partie de son cercle. Après avoir promulgué des
lois anti-hérétiques
[124], il convoque à Aquilée un concile destiné à aplanir
les difficultés engendrées par l’application de cette législation
[125]. Les débats du
concile qui s’ouvre le 3 septembre 381 à Aquilée sont dirigés par Ambroise à la
manière d’un véritable procès d’inquisition : les évêques ariens Palladius de
Ratiaria et Secundianus de Singidunum sont excommuniés après une procédure à la
limite de la légalité. La contestation des décisions d’Aquilée par les ariens à
été heureusement conservée, et nous y trouvons à nouveau les échos des
accusations de trahison portées par Ambroise contre les ariens
[126].
La liquidation de l’arianisme illyrien est complète dès 381.
Mais une dernière bataille reste à livrer. Nous avons évoqué la situation
catastrophique des populations illyriennes qui affluent vers l’Italie du
Nord
[127]. Les
troubles ont aussi obligé la Cour de Sirmium à se replier sur Milan. Comme à
l’époque de Julianus Valens, les ariens vont tenter de remettre sur pied leur
culte à Milan, mais cette fois sous la direction de l’évêque Auxence de
Durostorum
[128] et
avec l’appui de Justine.
Le premier effet visible du renouveau de la présence arienne à
Milan est l’agitation autour des basiliques. Sous le règne de Gratien, un
édifice religieux revendiqué par les ariens est mis sous séquestre
[129]. En 385, deux ans
après la mort de Gratien, Ambroise est convoqué au palais impérial et tenu de
céder la basilique
extra muros dite
Portienne
[130]:
l’évêque, alléguant la validité de la législation anti-hérétique de Gratien et
soutenu par le peuple milanais, résiste aux intimidations de la cour
[131]. Les ariens préparent
la contre-offensive : le 23 janvier 386 est promulguée une loi qui prévoit la
peine de mort pour toute personne qui s’opposerait à la liberté des consciences
et des cultes
[132].
L’air devient rapidement irrespirable car les antagonistes sont bien décidés à
ne pas céder.
La crise de 386
[133], à laquelle on donne usuellement le nom d’affaire
des basiliques, se déroule en deux temps
[134]. Dans une première phase, les deux parties se
livrent une guerre des nerfs dans un climat de conflit civil latent, avec des
phases aiguës : la cour tente de fléchir l’évêque au moyen de menaces
[135] et de le forcer à livrer la
Portienne, sous peine de réquisition. Ambroise et ses fidèles vont occuper les
lieux jour et nuit et ainsi faire échouer la tentative de coup de force de la
cour
[136]. Nous
sommes au début du Carême.
La deuxième phase
[137] se situe dans la semaine sainte : la cour redouble
d’efforts à l’approche de Pâques
[138]. Les exigences réitérées concernent maintenant la
basilica nova
[139], située dans l’enceinte de Milan.
Ambroise oppose un refus catégorique
[140]. Pendant quelques jours à peine, toutes les
pressions vont être exercées sur Ambroise : menaces du préfet du prétoire,
prise en otage du corps des marchands qui est astreint à une lourde
amende
[141],
surveillance armée de la Portienne sur laquelle les ariens ont finalement jeté
leur dévolu
[142].
Ambroise résiste, fort du soutien du peuple et des hautes sphères de Milan. En
face, la position est rapidement affaiblie par l’irréalisme des peines prévues
par la loi du 23 janvier – leur application serait un véritable bain de sang,
vu le grand nombre des partisans d’Ambroise – et aussi par l’insoumission de
ses propres troupes qui désobéissent et rejoignent le camp épiscopal
[143]. La Cour reconnaît
enfin son échec au matin du jeudi saint. Ambroise désigne immédiatement Auxence
et, à mots plus voilés mais pas moins clairs, Justine comme les instigateurs de
cette semaine de trouble : Auxence est particulièrement épinglé par Ambroise
qui le traite de loup de Scythie, faisant de ce Romain un barbare perfide prêt
à tout pour dévorer les brebis du Seigneur
[144].
L’affaire des basiliques s’achève dans une atmosphère qui
laisse penser à une proche reprise des hostilités
[145]. Plusieurs événements vont empêcher
la cour de revenir à l’assaut. Il y a d’abord la menace transalpine que
représente l’usurpateur Maxime qui, installé à Trèves depuis qu’il a fait
assassiner Gratien, fait peser sur Milan la perpétuelle menace d’une invasion :
la cour ne peut se permettre de provoquer de nouveaux troubles qui donneraient
à Maxime un prétexte légitimant son intervention
[146]. Ensuite, la position d’Ambroise à
Milan est consolidée dès le mois de juin par l’invention opportune des reliques
des saints martyrs Gervais et Protais, protecteurs de la cité : cette
découverte constitue un atout inespéré et inattaquable pour la cause
nicéenne
[147].
Les événements de 386 nous apparaissent comme l’épisode final
de l’affrontement entre les évêques nicéens d’Italie du Nord, dont Ambroise est
la figure de proue, et l’arianisme illyrien, soutenu par la Cour impériale et
importé à Milan. Pendant cette lutte, l’assimilation du barbare et de
l’hérétique est à plusieurs reprises dans des modalités que nous nous proposons
de reprendre dans notre conclusion.
* * *
On a trop souvent présenté Ambroise comme un politicien déguisé
en évêque. Or, le fonctionnaire est devenu ecclésiastique dans des
circonstances qui l’ont amené à peser toutes les conséquences de sa décision.
Conscient des devoirs engendrés par son nouvel état de vie, Ambroise, romain de
cœur et d’esprit, ne voit en fait aucun hiatus entre l’officium publicum et l’officium ecclesiasticum. Le choix d’une vie
consacrée n’est pas anodin : il le pose pourtant, ce qui est significatif de la
conviction qu’il a du lien entre romanité et christianisme. Devenu de son gré
un chrétien de premier plan, Ambroise se trouve de facto aux avant-postes de la lutte contre
toutes les autres conceptions de la romanité, qu’il s’agisse du paganisme
traditionaliste du sénateur Symmaque ou du christianisme dissident des
hérétiques.
La lutte entre les conceptions divergentes de la romanité
constitue un des enjeux cruciaux au IVe siècle. Encore que
ces divergences ne concernent que la forme car, pour les païens comme pour les
chrétiens, orthodoxes ou hérétiques, la romanité est bien cet ensemble de
valeurs communes fondant l’humanitas
de Rome, le mos maiorum. En réalité,
la rencontre des différents points de vue tient davantage de la querelle
d’héritage.
L’avènement de l’Empire chrétien présentait d’emblée l’avantage
de justifier spirituellement l’existence même de la structure impériale, ce
dont était incapable le paganisme dans sa pluralité. La médaille avait
néanmoins son revers : si toute réalité romaine se teinte désormais de
christianisme, cela signifie l’exclusion de toutes les autres convictions
religieuses. Les non-chrétiens sont désormais désolidarisés de l’idéal
romain
[148].
La vie d’Ambroise nous permet d’appréhender le travail de rejet
effectué par les chrétiens orthodoxes à l’égard des autres partis religieux,
païen et hérétique. Nous avons évoqué la lutte d’Ambroise contre le paganisme
lors de l’affaire de l’autel de la Victoire : nous avons vu à cette occasion
comment Ambroise identifie paganisme et barbarie en tant qu’extérieurs à son
idée de la romanité chrétienne. De même, le long combat d’Ambroise contre les
hérétiques, et en particulier contre les ariens, nous amène à de semblables
conclusions : les hérétiques et les barbares sont pareils car ils n’entrent pas
dans le schéma d’un Empire chrétien orthodoxe, ainsi que le suggère
l’accusation d’impietas portée par
Ambroise contre les ariens d’Illyrie. Dès les premières phases de la reconquête
nicéenne amorcée par Ambroise à Milan et en Illyrie, le thème du barbare
hérétique se présente comme un élément non négligeable de la propagande
antiarienne d’Ambroise. Dans ce combat qu’il entreprend contre les évêques
proches des milieux du pouvoir et soutenus par Justine, Ambroise, par des
méthodes à la limite de la légalité, mais en se raccrochant toujours à des
procédures ecclésiastiques, utilise le problème barbare, et plus précisément la
crise gothique, comme un puissant réactif permettant de cimenter le front
nicéen contre les hérétiques. Le recours à des sous-entendus de trahison, si
choquant soit-il, n’est pas un si mauvais choix stratégique : bien que les
rumeurs sur lesquelles s’appuie Ambroise ne soient pas fondées – les évêques
ariens d’Illyrie étaient de bons citoyens qui ont aidé Gratien de toute la
force de leur soutien civil – l’imposition d’une conception chrétienne
orthodoxe de l’Empire s’avère dès le départ une entreprise assez difficile pour
justifier toutes sortes de moyens. En effet, grâce aux protections accordées
par les empereurs Constance II et Valens, l’arianisme se présente comme un
dangereux concurrent de la vision orthodoxe. Utilisant le plus efficacement
possible toutes les armes dont ils disposaient, les nicéens entreprennent dès
les années 360 la reconquête afin de faire triompher leur conception de la
romanité.
Ambroise fait partie de ce groupe : manœuvrant d’abord
difficilement, il s’enhardit après la mort de Valentinien
Ier et parvient, en se défendant contre les hérétiques, à
infléchir la politique religieuse de Gratien et à désamorcer définitivement le
danger arien dans les milieux proches du pouvoir. Il utilise la crise gothique
comme un outil particulièrement précieux de lutte contre les hérétiques : plus
que toute autre chose, le danger barbare sur l’Empire a permis de resserrer les
rangs nicéens et de cristalliser les idées autour de la conception orthodoxe de
l’Empire chrétien.
[1]
G. HERMANT,
La vie de saint
Ambroise, archevesque de Milan, docteur de l’Eglise et confesseur,
Paris, 1678 ; S. LENAIN DE TILLEMONT,
Mémoires
pour servir à l’histoire ecclésiastique des six premiers siècles, t.
10, Paris, 1705 ; J.P. SILBERT,
Das Leben des hl.
Ambrosius, Erzbischofs von Mailand und Kirchenlehrers, Vienne, 1841
; E. BERNARD,
De s. Ambrosii Mediolanensis
episcopi vita publica, Paris, 1864 ; Abbé BAUNARD,
Histoire de saint Ambroise,
2
e éd., Paris, 1872 ; F. et P. BOEHRINGER,
Ambrosius Erzbischof von Mailand,
Stuttgart, 1877 ; E. THOUVENOT,
Ambroise de
Milan, son temps et sa vie, Toulouse, 1896 ; C. ROMUSSI,
Sant’Ambrogio. I tempi, l’uomo, la basilica.
Memorie raccolte, Milan, 1897 ; P. FOERSTER,
Ambrosius, Bischof von Mailand. Eine Darstellung
seines Lebens und Wirkens, Halle, 1884 ; A. DE BROGLIE,
Saint Ambroise, Paris, 1899 ; R.
WIRTZ,
Der heilige Ambrosius und seine
Zeit, Trèves, 1924. Dès le début des années 1930, les études
ambrosiennes sont renouvelées par les remarquables travaux de H. VAN
CAMPENHAUSEN,
Ambrosius von Mailand als
Kirchenpolitiker, Berlin-Leipzig, 1929, de J.R. PALANQUE,
Saint Ambroise et l’Empire romain. Contribution à
l’histoire des rapports de l’Église et de l’État à la fin du
IVe siècle, Paris, 1933 et de F.H. DUDDEN,
The life and times of saint Ambrose, 2
vol., Oxford, 1935.
[2]
Par souci de clarté, nous nous permettons de dresser dès à
présent la liste des sources que nous avons utilisées pour l’élaboration de
notre étude : AMBROISE DE MILAN,
De
Abraham, éd. K. SCHENKL, Prague-Vienne-Leipzig, 1897, p. 501-638 ;
De excessu fratris, éd. O. FALLER,
Vienne, 1955, p. 207-325 ;
De fide,
éd. O. FALLER, Vienne, 1962 ;
De obitu
Theodosii, éd. O. FALLER, Vienne, 1955, p. 369-401 ;
De obitu Valentiniani, éd. O. FALLER,
Vienne, 1955, p. 327-367 ;
De
officiis, éd. M. TESTARD, 2 vol., Paris, 1984-1992 ;
De paenitentia, éd. R. GRYSON, Paris,
1971 ;
De Spiritu sancto, éd. O.
FALLER, Vienne, 1964, p. 15-222 ;
De
virginibus, éd. E. CAZZANIGA, Turin, 1948 ;
Epistolae,
Patrologie latine, t. 16, col.
913-1342 ;
Exameron, éd. K. SCHENKL,
Prague-Vienne-Leipzig, 1897, p. 3-261 ;
Expositio
Evangelii secundum Lucam, éd. G. TISSOT, Paris, 1955-1958 ;
Sermo contra Auxentium,
P.L., t. 16, col. 1049-1053 ; AMMIEN
MARCELLIN,
Res Gestae, éd. E.
GALLETIER, J. FONTAINE, G. SABBAH, E. FREZOULS, J.D. BERGER, M.A. MARIÉ, L.
ANGLIVIEL DE LA BEAUMELLE, 6 vol., Paris, 1968-1999 ; AUGUSTIN,
De haeresibus, éd. L.G. MÜLLER,
Washington, 1956 ;
Codex Theodosianus
(=
C. Th.), éd. Th. MOMMSEN et P.M.
MEYER, Berlin, 1905 ; HYDACE,
Chronique, éd. A. TRANOY, Paris, 1974 ;
JORDANES,
Getica, éd. Th. MOMMSEN,
M.G.H.,
A.A., t. 5, 1, 1882 ; OROSE,
Historia adversus paganos, éd. M.P.
ARNAUD-LINDET, 3 vol., Paris, 1990-1991 ; PAULIN DE MILAN,
Vita Ambrosii, éd. E. LAMIRANDE,
Paris-Tournai, 1983 ; PHILOSTORGE,
Histoire
ecclésiastique, éd. J. BIDEZ, Leipzig, 1913 ; RUFIN,
Histoire ecclésiastique, éd. Th.
MOMMSEN, Leipzig, 1908 ; SOCRATE,
Historia
ecclesiastica,
Patrologie
grecque, t. 67, col. 29-842 ; SYMMAQUE,
Relationes, éd. O. SEECK,
M.G.H.,
A.A., t. 6, 1, 1883, p. 279-317 ; THEMISTIUS,
Orationes, éd. H. SCHENKL et G.
DOWNEY, Leipzig, 1964 ; ZOSIME,
Histoire
nouvelle, éd. F. PASCHOUD, 3 vol., Paris, 1971-1989.
[3]
R. REMONDON,
La crise de l’Empire
romain de Marc-Aurèle à Anastase, Paris, 1970, p.
74-78.
[4]
V.A. MAXFIELD, Art.
limes,
Oxford
Classical Dictionary, 3
e éd., Oxford, 1996, p.
862.
[5]
T.J. CORNELL et A.N. SHERWIN-WHITE, Art.
foedus,
Oxford Classical Dictionary, p.
602.
[6]
É. DEMOUGEOT,
La formation de
l’Empire et les invasions barbares. Des origines à l’avènement de
Dioclétien, Paris, 1969 ; ID., L’image officielle du barbare dans
l’Empire d’Auguste à Théodose,
Ktéma,
t. 9, 1984, p. 123-143 ; A. CHAUVOT,
Opinions
romaines face aux Barbares au IVe siècle après
Jésus-Christ, Paris, 1998 ; P. COURCELLE,
Histoire littéraire des grandes invasions
germaniques, Paris, 1964.
[7]
F. JACQUES et J. SCHEID,
Rome et
l’intégration de l’Empire, 44 av. J.-C.-260 ap. J.-C., t. 1, Paris,
1990, p. 281-287.
[8]
É. DEMOUGEOT, Restriction à l’expansion du droit de cité dans
la seconde moitié du IV
e siècle,
Ktéma, t. 6, 1981, p.
381-393.
[9]
J.D. MANSI,
Sacrorum conciliorum
nova et amplissima collectio, t. 2, Paris-Leipzig, 1901, col. 471 ;
J. VOGT,
Kulturwelt und Barbaren. Zum
Menscheitsbild der spätantiken Gesellschaft, Wiesbaden, 1967 ; É.
DEMOUGEOT, L’idéalisation de Rome face aux barbares à travers trois ouvrages
récents,
Revue des Études anciennes,
t. 70, 1968, p. 392-408 ; R. SCHILLING, Ce que le christianisme doit à la Rome
antique,
Revue des Études latines, t.
62, 1984, p. 301-325 ; A. MANDOUZE, L’Église devant l’effondrement de la
civilisation romaine,
Revue d’Histoire et de
Philosophie religieuses, t. 41, 1961, p. 1-10.
[10]
AMMIEN MARCELLIN,
Res
Gestae, 26, 1 ; ZOSIME,
Histoire
ecclésiastique, 3, 36 ; E. STEIN,
Histoire du Bas-Empire, t. 1, Paris, p.
172-173.
[11]
AMMIEN MARCELLIN,
op.
cit., 28, 2 ; 28, 5 ; 29, 4 ; 29, 6 ; 30, 3.
[13]
Id., 26, 4 ; RUFIN,
Histoire ecclésiastique, 11,
2.
[14]
Sur les origines scandinaves des Goths : R. HACHMANN,
Die Goten und Skandinavien, Berlin,
1970.
[15]
Les rapports entre les Goths et les Romains ont fait l’objet
d’une très importante bibliographie, dont nous citons quelques titres : H.
WOLFRAM,
Histoire des Goths, Paris,
1990 ; P.J. HEATHER,
Goths and Romans,
New York, 1991 ; B. SCARDIGLI, Die gotisch-römischen Beziehungen im 3. und 4.
Jahrhundert n. Chr. Ein Forschungsbericht 1950-1970,
Aufstieg und Niedergang der römischen Welt.
Geschichte und Kultur Roms im Spiegel der neueren Forschung, t. 2,
Berlin, 1976, p. 200-285 ; V. BIERBRAUER, Archäologie und Geschichte der Goten
vom 1-7 Jahrhundert,
Frühmittelalterliche
Studien, t. 28, 1994, p. 51-171.
[16]
THEMISTIUS,
Orationes,
10 ; B. STALLKNECHT,
Untersuchungen zur römischen
Aussenpolitik in der Spätantike (306-395 n. Chr.), Bonn, 1969, p.
18-19.
[17]
WOLFRAM,
op. cit., p.
77-83.
[18]
PHILOSTORGE,
Histoire
ecclésiastique, 2 ; WOLFRAM,
op.
cit., p. 74-77 ; M. SIMONETTI, L’arianesimo di Ulfila,
Romanobarbarica.
Contributi allo studio dei
rapporti culturali tra mondo latino e mondo barbarico, t. 1, Rome,
1976, p. 297-323.
[19]
I. HAHN, Zur Frage der sozialen Grundlagen der Usurpation
Procopius,
Acta antiqua Academiae
Hungaricae, t. 6, 1958, p. 199-211 ; G.L. KURBATOV., À propos de
l’extension territoriale de la révolte de Procope,
Vizantijskie Otcherki, Moscou, 1961,
p. 64-92.
[20]
WOLFRAM,
op. cit., p.
77-87.
[21]
SOCRATE,
Histoire
ecclésiastique, 4, 33 ; P. HEATHER, The crossing of the Danube and
the gothic conversion,
Greek, Roman and Byzantine
Studies, t. 27, 1986, p. 293-294.
[22]
AMMIEN MARCELLIN,
op.
cit., 31, 3.
[24]
Id., 31, 5-6 ;
7-9.
[25]
Id., 31, 12-13 ;
RUFIN,
Histoire ecclésiastique, 11, 13
; WOLFRAM,
op. cit., p.
131-144.
[26]
HYDACE,
Chronique, an.
382 ; THEMISTIUS,
op. cit., 16 ; É.
DEMOUGEOT,
De l’unité à la division de l’Empire
romain 395-410. Essais sur le gouvernement impérial, Paris, 1951, p.
22-24.
[27]
A.H.M. JONES, J.R. MARTINDALE et J. MORRIS,
The Prosopography of the later roman
Empire, t. 1, Cambridge, 1971, p. 51, art. Ambrosius
1.
[28]
PAULIN DE MILAN,
Vita
Ambrosii, 3.
[29]
J.F. DRINKWATER, Art.
Augusta
Treverorum,
Oxford Classical
Dictionary, p. 215.
[30]
G.B. DE ROSSI,
Roma
Sotteranea, t. 3, Rome, 1877, p. 24.
[31]
AMBROISE,
De excessu
fratris, 1, 32-34 ; SYMMAQUE,
Epistola
1, 63 ;
Epistola 3,
30-37.
[32]
A. PAREDI,
S. Ambrogio e la sua
eta, Milan, 1960, p. 95-130.
[33]
PAULIN DE MILAN,
op.
cit., 5.
[34]
PAREDI,
op. cit., p.
131-156.
[35]
RUFIN,
op. cit., 11,
11 ; PAULIN DE MILAN,
op. cit., 6-9 ;
PALANQUE,
op. cit., p.
27-33.
[36]
COURCELLE,
Histoire
littéraire, p. 23 ; F. PASCHOUD, Roma aeterna.
Études sur le patriotisme romain dans l’Occident
latin à l’époque des grandes invasions, Neuchâtel, 1967, p.
9.
[37]
PASCHOUD,
op. cit., p.
203.
[38]
AMBROISE,
De fide, 2,
136-143. D’autres auteurs chrétiens partagent l’opinion d’Ambroise au sujet de
Valens : RUFIN,
op. cit., 11, 13 ;
OROSE,
Historia adversus paganos, 7,
33, 15 ; JORDANES,
Getica, 26,
138.
[39]
AMBROISE,
De excessu
fratris, 1, 30-32.
[40]
AMBROISE,
In Lucam,
10, 10-11 ; 13-14.
[42]
M. MESLIN, Nationalisme, État et religions à la fin du
IV
e siècle,
Archives de
Sociologie des Religions, t. 18, 1964, p. 3-21 ; A. MANDOUZE,
L’Église devant l’effondrement de la civilisation romaine,
Revue d’Histoire et de Philosophie
religieuses, t. 41, 1961, p. 1-10.
[43]
AMBROISE,
De fide, 5,
177 ;
In Lucam, 2, 37 ; 4, 9 ; PAULIN
DE MILAN,
Vita Ambrosii,
36.
[44]
AMBROISE,
De officiis,
2, 71 ; 2, 136 ;
De virginibus, 4,
14.
[45]
AMBROISE,
De officiis,
2, 70-71 ; 2, 136-143 ;
De Abraham, 1,
32 ;
Epistola 19, 6 ;
Epistola 63, 105 ;
In Lucam, 7, 195. Pour le devoir
épiscopal de charité, voir J. GAUDEMET,
L’Église
dans l’Empire romain
(IVe-Ve), Paris, 1958, p.
353-354.
[46]
PASCHOUD,
op. cit., p.
71-109 ; CHAUVOT,
op. cit., p.
436-437. Voir également G. LO MENZO RAPISARDA, Tollerante o intollerante
Ambrogio ?, Siculorum Gymnasium.
Rassegna
semestrale della Facolta di Lettere e Filosofia dell’Universita di
Catania, t. 29, 1976, p. 273-305 ; F. PASCHOUD, Le rôle du
providentialisme dans le conflit de 384 sur l’autel de la Victoire, Museum
Helveticum.
Revue suisse pour l’Étude de
l’Antiquité, t. 40, 1983, p. 197-206 ; I. GUALANDRI, La riposta di
Ambrogio a Simmaco : destinari pagani e destinari cristiani,
Pagani e cristiani da Giuliani l’Apostata al
sacco di Roma, éd. F.E. CONSOLINO, Messine, 1995, p.
241-256.
[47]
AMBROISE,
Epistola 18,
7.
[48]
Les principaux documents de la controverse sont les
Epistolae 17,
18 et
57 d’Ambroise et la
Relatio 3 de Symmaque.
[49]
AMBROISE,
Epistola 20,
20-21.
[50]
Sur la loyauté des barbares impériaux, voir A. CHAUVOT,
Représentations du
Barbaricum chez les
Barbares au service de l’Empire au IV
esiècle après
Jésus-Christ,
Ktéma, t. 9, 1984, p.
145-157.
[51]
L’exemple du général Arbogast, d’origine barbare et resté
païen, qui trahit Théodose pour soutenir l’usurpation d’Eugène (392-394)
confirme cette opinion chez Ambroise :
Epistola
61, 1.
[52]
AMBROISE,
De fide, 1,
prol., 3 ;
De obitu Valentiniani, 2 ;
4 ; 22 ; 26 ;
Epistola 24, 8 ;
De obitu Theodosii, 7 ; 56. Voir aussi
Y.M. DUVAL, L’éloge de Théodose,
Recherches
augustiniennes, t. 4, 1966, p. 153-161 ; F.E. CONSOLINO, L’
optimus princeps secondo S. Ambrogio. Virtu
imperatorie e virtu cristiane nelle orazioni funebri per Valentiniano e
Teodosio,
Rivista storica italiana, t.
96, 1984, p. 1025-1045 ; ID., Teodosio e il ruolo del principe cristiano dal
De obitu di Ambrogio alle storie
ecclesiastiche,
Critica storica, t.
15, 1994, p. 257-272 ; A. PAREDI, Ambrogio, Graziano, Teodosio,
Antichita Altoadriatiche, t. 22, 1982,
p. 17-49 ; F.J. LOMAS, Teodosio parasigma de principe cristiano :
consideraciones de Ambrosio, Rufino de Aquileya y Augustin sobre la imperial
persona,
Storia historica historia
antigua, t. 8, 1990, p. 149-165.
[53]
AMBROISE,
Exameron, 5,
52 ;
De officiis, 2, 70-71 ; 2,
129.
[54]
Sur l’antimilitarisme chrétien : R.J. FOX, Origins of pacifism
in early christianity,
American ecclesiastical
Review, t. 157, 1967, p. 1-11 ; A.J. VISSER,
Christianus sum. Non possum militare.
Soldatenmartyria uit de III
e eeuw,
Nederlands Archief voor
Kerkgeschiedenis, t. 48, 1967, p. 5-19 ; G. THEISSEN,
Pax romana et
pax Christi : le christianisme
primitif et l’idée de paix,
Revue de Théologie et
de Philosophie, t. 124, 1992, p. 61-84.
[55]
H. VON CAMPENHAUSEN,
Die
asketische Heimatlosigkeit im altchristlichen und frühmittelalterlichen
Mönchtum, Tübingen, 1930.
[56]
M. TESTARD,
Chrétiens latins des
premiers siècles. La littérature et la vie, Paris, 1981, p. 84-85 ;
A. VON HARNACK, Militia Christi.
Die christliche
Religion und der Soldatenstand in den ersten drei Jahrhunderten,
Tübingen, 1905, p. 1-46 ; L. HOFMAN,
Militia
Christi. Ein Beitrag zur Lehre von kirchlichen Ständen,
Trierer theologische Zeitschrift, t.
63, 1954, p. 76-92 ; R. GRYSON,
Le prêtre selon
saint Ambroise, Louvain, 1968, p. 131-133.
[57]
G. ZECCHINI, S. Ambrogio e le origini del motivo della
victoria incruenta,
Rivista di Storia della Chiesa in
Italia, t. 38, 1984, p. 391-404.
[58]
AMBROISE,
De fide, 1,
prol., 3 ;
Epistolae 15 et
16 ;
De
obitu Theodosii, 7.
[59]
F. HEIM, Le thème de la « victoire sans combat » chez Ambroise,
Ambroise de Milan. 16e
centenaire de son élection épiscopale. Dix études rassemblées par Y.M.
Duval, Paris, 1974, p. 267-281 ; J. FONTAINE, Le culte des martyrs
militaires et son expression poétique au IV
e siècle :
l’idéal évangélique de la non-violence dans le christianisme théodosien,
Augustinianum, t. 20, 1980, p.
141-171.
[60]
C. CORBELLINI, Ambrogio e i barbari : giudizio o pregiudizio ?,
Rivista di Storia della Chiesa in
Italia, t. 31, 1977, p. 343-353 ; M. PAVAN, Sant’Ambrogio e il
problema dei barbari, Romanobarbarica.
Contributi
allo studio dei rapporti culturali tra mondo latino e mondo
barbarico, t. 3, Rome, 1978, p. 167-187 ; R. KLEIN,
Die Sklaverei in der Sicht der Bischöfe Ambrosius
und Augustinus, Stuttgart, 1988, p. 13.
[61]
CHAUVOT,
Opinions
romaines, p. 439-440.
[62]
Y.A. DAUGE,
Le Barbare.
Recherches sur la conception romaine de la barbarie et de la
civilisation, Bruxelles, 1981, p. 375.
[63]
L’hérésie est un problème abordé par Paul dans 1 Co, 9, 19 et
dans Ga, 5, 20.
[64]
A. LE BOULLUEC,
La notion
d’hérésie dans la littérature grecque. IIe et
IIIe siècles, 2 vol., Paris, 1985 ; J.
MACCLURE, Handbooks against heresy in the West from the late fourth to the
sixth centuries,
Journal of theological
Studies, t. 30, 1979, p. 186-197.
[65]
I. ORTIZ DE URBINA,
Nicée et
Constantinople, Paris, 1963.
[66]
E. BOULARAND, Les débuts d’Arius,
Bulletin de Littérature ecclésiastique, t. 65,
1964, p. 175-203.
[67]
ORTIZ DE URBINA,
op.
cit., p. 35-41 et 44-49.
[69]
Id., p. 20-29 et
53-117.
[70]
Ch. PIETRI, L’épanouissement du débat théologique et ses
difficultés sous Constantin : Arius et le concile de Nicée,
Histoire du christianisme des origines à nos
jours, t. 2, Paris, 1995, p. 249-288 ; T.G. Elliott, Constantine and
the arian reaction after Nicaea,
Journal of
ecclesiastical History, t. 43, 1992, p. 169-194.
[71]
Ch. PIETRI, De la
partitio de l’Empire chrétien à l’unité sous
Constance : la querelle arienne et le premier césaropapisme,
Histoire du christianisme des origines à nos
jours, t. 2, Paris, 1995, p. 289-335.
[72]
ID., L’échec du système constantinien : Julien dit l’Apostat,
Histoire du christianisme des origines à nos
jours, t. 2, p. 337-353.
[73]
ID., Les dernières résistances du subordinatianisme et le
triomphe de l’orthodoxie nicéenne,
Histoire du
christianisme des origines à nos jours, t. 2, p.
357-398.
[74]
RUFIN,
Histoire
ecclésiastique, 11, 11 ; PAULIN DE MILAN,
Vita Ambrosii, 6-9.
[75]
GRYSON,
op. cit., p.
222 ; DUDDEN,
op. cit., p.
66-67.
[76]
PALANQUE,
op. cit., p.
29-33.
[77]
GRYSON,
op. cit., p.
219-222 ; PALANQUE,
op. cit., p. 1-3,
18-19, 27-33 ; DUDDEN,
op. cit., p.
66-74 ; A. PAREDI,
S. Ambrogio e la sua
eta, Milan, 1960, p. 157-167.
[78]
Ambroise fait de nombreuses allusions à son élection épiscopale
dans son œuvre :
De officiis, 1, 24 ;
De paenitentia, 2, 67 ; 2, 73 ;
In Lucam, 8, 73 ;
Epistola 63, 65.
[79]
Le peuple de Milan joue un grand rôle dans la vie d’Ambroise :
ici lors de son élection, mais aussi plus tard, comme nous le verrons, lors de
l’affaire des basiliques ; voir Ch. PIETRI, Le laïcat dans l’Église du
Bas-Empire,
Les laïcs et la vie de
l’Église, éd. Ch. PIETRI, Paris, 1963, p. 11-21.
[80]
GRYSON,
op. cit., p.
134-136.
[81]
AMBROISE,
Epistola 63,
adr ; 2 ; 48 ;
De fide, 5,
2.
[82]
AMBROISE,
Epistola 2,
2.
[83]
GRYSON,
op. cit., p.
238-260.
[84]
AMBROISE,
De officiis,
2, 122 ;
In Lucam, 2, 50 ; 7, 86 ;
Epistola 63, 2 ;
Actes d’Aquilée, 3.
[85]
AMBROISE,
Epistola 21,
2-5.
[86]
L.F. PIZZOLATO, La sacra scrittura fondamento del metodo
esegetico di sant’Ambrogio, Ambrosius episcopus
.
Atti del congresso internazionale di studi ambrosiani nel 16 centenario della
elevazione di sant’Ambrogio alla cattedra episcopale, Milano, 2-7 dicembre
1974, éd. G. LAZZATI, t. 1, Milan, 1976, p. 393-426.
[87]
PAULIN DE MILAN,
Vita
Ambrosii, 9.
[88]
V. SAXER, Bible et liturgie,
Le
monde latin antique et la Bible, éd. J. FONTAINE et Ch. PIETRI,
Paris, 1985, p. 157-188.
[89]
AMBROISE,
De officiis,
1, 3-8.
[90]
E. DASSMAN,
Ecclesia vel
anima. Die Kirche und ihre Glieder in der Hoheliederklärung bei
Hippolyt, Origenes und Ambrosius von Mailand,
Römische Quartalschrift für christliche Altertumskunde und
für Kirchengeschichte, t. 61, 1966, p. 121-144 ; H.J. AUF DER MAUR,
Das Psalmenverständnis des Ambrosius von
Mailand, Leyde, 1977, p. 295-309.
[91]
M. TESTARD, Saint Ambroise de Milan,
Bulletin de l’Association Guillaume
Budé, 1992, p. 367-394.
[92]
Y.M. DUVAL, Sur une page de saint Cyprien chez saint Ambroise.
Hexameron, 6, 8, 47 et
De habitu virginum, 15-17,
Revue des Études augustiniennes, t.
16, 1970, p. 25-34 ; ID., L’originalité du
De
virginibus dans le mouvement ascétique occidental : Ambroise,
Cyprien, Athanase,
Ambroise de Milan.
16e centenaire de son élection épiscopale, p.
21-29.
[93]
G. NAUROY, L’Écriture dans la pastorale d’Ambroise de Milan,
Le monde latin antique et la Bible, p.
371-407.
[94]
GRYSON,
op. cit., p.
152-155 ; T.W. POTTER et E.T. SALMON, Art.
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Oxford
Classical Dictionary, p. 949-950 ; F. MONFRIN, À propos de Milan
chrétien. Siège épiscopal et topographie chrétienne
IV
e-VI
e siècles,
Cahiers archéologiques. Fin de l’Antiquité et
Moyen Âge, t. 39, 1991, p. 7-46.
[95]
Epistola 2 à Constance
de Claterna,
Epistola 19 à Vigilius de
Trente,
Epistola 23 aux évêques
d’Émilie ; voir également PALANQUE,
op.
cit., p. 471-472.
[96]
Ambroise,
Epistolae 3,
4 et
63 ; PAULIN DE MILAN,
Vita Ambrosii, 45 ; GRYSON,
op. cit., p. 155-156 ; PALANQUE,
op. cit., p. 207 et
523-524.
[97]
R. LIZZI, Ambrose’s contemporaries and the christianization of
Northern Italy,
Journal of roman
Studies, t. 80, 1990, p. 156-173.
[98]
2 Co, 11, 28 repris dans PAULIN DE MILAN,
Vita Ambrosii, 38.
[99]
Epistolae 11,
12,
13,
14,
15,
16,
24
et
51 ; GRYSON,
op. cit., p. 162 ; PALANQUE,
op. cit., p. 107-115 ; DUDDEN,
op. cit., p. 225-230, 401-403 ;
PAREDI,
op. cit., p. 284-285 ; E.
CASPAR,
Geschichte des Papsttums von den Anfängen
bis zur Höhe der Weltherrschaft, t. 1, Tübingen, 1930, p. 280-281 ;
J.A. DE ALDAMA, La carta ambrosiana
De
Bonoso,
Marianum, t. 25,
1963, p. 1-22.
[100]
GRYSON,
op. cit., p.
163.
[101]
De excessu fratris, 1,
47.
[102]
Cette tradition a son origine dans le poids politique et
administratif conféré à la ville de Milan par Dioclétien. La déposition de
l’évêque Denys au profit de l’arien Auxence en 355 ajoute encore à la
dichotomie entre Milan, capitale de l’arianisme italien, et Rome, championne de
la foi nicéenne avec l’accession de Damase au trône pontifical. GRYSON,
op. cit., p. 170, 173-174,
187-188.
[104]
Id., p. 208-209 ; J.
COMAN, Éléments œcuméniques dans l’horizon historique de saint Ambroise,
Ambrosius episcopus, t. 2, p. 194-219.
[105]
AMBROISE,
De officiis,
1, 117 ;
In Lucam, 8, 41 ;
De fide, 1, 6 ; 2, 44 ; 2, 117-119 ;
3, 41-42 ; 3, 57-58.
[106]
AUGUSTIN,
De
haeresibus, éd. L.G. MÜLLER, Washington, 1956, p. 1.
[107]
AMBROISE,
In Lucam, 7,
28 ; 7, 31 ; 7, 44-53 ; 8, 9 ; 10, 21 ; 10, 28 ;
De fide, 2, 134-135.
[108]
B. STUDER, Il sacerdozio dei fedeli in sant’Ambrogio di Milano,
Vetera Christianorum, t. 7, 1970, p.
325-340.
[109]
AMBROISE,
In Lucam, 8,
22.
[110]
Id., 1, 12-13 ; 5,
4.
[112]
G. MADEC,
Saint Ambroise et la
philosophie, Paris, 1974, p. 45-52 et 225-236.
[113]
GRYSON,
op. cit., p.
101 ; M. MESLIN,
Les ariens d’Occident
335-430, Paris, 1967, p. 61-64.
[114]
PAULIN DE MILAN,
Vita
Ambrosii, 11 ; PALANQUE,
op.
cit., p. 48-49 ; PAREDI,
op.
cit., p. 248-250 ; GRYSON,
op.
cit., p. 107-115 ; M. SIMONETTI, La politica antiariana di Ambrogio,
Ambrosius episcopus, t. 1, p. 266-285.
[115]
AMBROISE,
De fide, 1,
45.
[116]
P. NAUTIN, Les premières relations d’Ambroise avec l’empereur
Gratien. Le
De fide (livres 1et 2),
Ambroise de Milan. 16e
centenaire de son élection épiscopale, p. 229-244 ; D.H. WILLIAMS,
Polemics and politics in Ambrose of Milan’s
De
fide,
Journal of theological
Studies, t. 46, 1995, p. 519-531.
[117]
AMBROISE,
De officiis,
1, 72.
[118]
AMBROISE,
Epistola 2,
28.
[119]
R. EGGER, Die Zerstörung Pettaus durch die Goten,
Jahreshefte des Österreichischen Archäologischen
Instituts, t. 18, 1915, p. 253-266.
[120]
AMBROISE,
Epistola 10,
9-10.