2004
Le Moyen Age
Constitution et diffusion d’un savoir occidental sur le monde « russe » au Moyen Âge (fin Xe-milieu XVe siècle) (1re partie)
Stéphane Mund
Université Libre de Bruxelles Wolfson College – Université de Cambridge
St. MUND, Constitution and diffusion of Western knowledge about the « Russian » world in
the Middle Ages (end of the 10th-middle of the 15th centuries) (Part 1).
This article is a synthesis of the knowledge about « Russian » culture in Western
Europe between the end of the 10th century (when the Kievan Russia converted to
christianity and its sovereigns established relationships with other Christian kings)
and the middle of the 15th century (just before the Moscovite Russia, which had
succeeded Kievan Rus’, joined the political and economic Western sphere). It presents
a systematic survey of all Western European mediaeval sources about Russia over this
long period. These are chronicles, sagas, encyclopaedias, travel narratives, maps, or
chivalric literature. These sources are analysed according to a typological approach,
i.e. focusing on the authors, their origin and educational background, on the
characteristics of the texts and on the information they provide about Russia. This
typological approach shows that an image of Russia emerged in medieval Western
Europe, however partial and fragmentary it may have been. Not until the late 15th and
the early 16th century was Russia really discovered by Western European diplomats
and merchants.Keywords :
Russia, Western world, representation, Eastern Slavs, typology of sources.
Pays lointain situé aux confins de l’Europe et séparé de l’Occident par de
vastes étendues marécageuses et d’épaisses forêts, la
Russia médiévale
appartient de surcroît à un ensemble culturel différent du monde
occidental latin
[1]. Car la décision du prince Vladimir de se convertir au
christianisme de rite grec en 988 et d’imposer cette religion à ses sujets l’a
fait entrer au sein du « commonwealth byzantin » pour reprendre la
célèbre expression de D. Obolensky. On peut dès lors se demander dans
quelle mesure l’Occident latin médiéval a connu le monde « russe »
[2] et
quelles informations il a transmises à son sujet. On peut dans la foulée
s’interroger également sur sa perception d’un monde étranger par rapport
au sien. Telles sont les questions dont je traiterai dans le présent article. Je
m’intéresserai d’abord aux sources qui ont véhiculé des renseignements
sur la
Russia et en préciserai la nature. J’analyserai ensuite la
représentation que l’on pouvait se faire de cet ensemble territorial à partir
de ces sources. Enfin, je m’efforcerai de déterminer dans quelle mesure
l’information a circulé en Occident. Mais avant d’entrer dans le vif du
sujet, il convient de faire un bref rappel historique des relations entre la
Russia et l’Occident au cours de la période envisagée.
Bref aperçu des relations entre l’Occident et la Russia au
Moyen Âge
Les relations entre l’Occident et le monde « russe » sont très anciennes :
elles remontent au début même de l’histoire de la
Russia
[3]. Toutefois, elles
ne s’intensifient qu’à partir de la fin du X
e et de la première moitié du XI
e
siècle, période qui correspond aux règnes des princes Vladimir (988-†
1015) et Jaroslav le Sage (1019-† 1054), fondateurs du premier État des
Slaves Orientaux
[4] centré autour de la ville de Kiev. Les premiers
Occidentaux à nouer des contacts avec le monde « russe » sont les voisins
de ce dernier, à savoir les Scandinaves, les Polonais, les Allemands et les
Hongrois, auxquels il convient d’ajouter, à partir du XIII
e siècle, les
Génois, les Vénitiens et les Catalans. Ces contacts sont essentiellement
d’ordre économique et politique. Les contacts économiques consistent
avant tout en échanges commerciaux qui concernent une grande variété
de marchandises (fourrures, cire et miel de
Russia, draps, sel et métaux
d’Occident, produits de luxe de Byzance et d’Orient). Ces échanges
s’effectuent beaucoup en
Russia où les marchands occidentaux se rendent
suivant plusieurs itinéraires qui partent de la mer Baltique, de la mer
Noire et de l’Europe centrale et remontent les fleuves russes. Un des
principaux centres du commerce entre la
Russia et l’Occident est la ville de
Novgorod, où les marchands scandinaves et allemands possèdent leur
comptoir respectif
[5]. Si les marchands occidentaux se rendent en
Russia, les
sources et l’archéologie attestent la présence à la même époque de
marchands « russes » dans certaines villes occidentales
[6]. En ce qui
concerne les liens politiques, ils consistent principalement en unions
matrimoniales et en alliances de circonstances contre un ennemi commun.
Si l’on excepte le cas de Jaroslav le Sage qui a noué un réseau d’alliances
matrimoniales dans toute l’Europe occidentale pour ses enfants, les
princes « russes » entretiennent des relations politiques et organisent des
mariages surtout avec les souverains des pays voisins (Pologne, Suède,
Hongrie).
L’invasion des Tatars-Mongols qui soumettent la
Russia entre 1237 et
1240 renforce dans un premier temps les liens politiques de cette dernière
avec l’Occident à cause de leur besoin respectif de trouver une entente
commune face au danger qui menace l’ensemble du monde chrétien.
Plusieurs échanges diplomatiques entre souverains occidentaux et princes
« russes » ont lieu au cours des années suivantes, lorsque le régime tatar-mongol n’est pas encore bien installé. Cependant à partir de la fin du XIII
e
siècle, le renforcement de la domination tatare-mongole sur la
Russia a
pour effet d’isoler durablement ce pays
[7]. Désormais l’attention des
princes « russes » est d’abord portée vers la capitale de leur maître, le
khan de la Horde d’Or, où des changements politiques et dynastiques
peuvent avoir des conséquences sur leur propre pouvoir. Par ailleurs, les
sources « russes » attestent qu’ils ne se marient presque plus avec des
princesses issues de dynasties occidentales. Il faudra attendre la fin du
XV
e siècle et l’émancipation des terres « russes » du joug tatar-mongol
sous l’égide des princes de Moscou pour que des liens politiques se
nouent à nouveau avec l’Occident. Malgré la domination tatare-mongole,
les contacts entre l’Occident et la
Russia n’ont pas été totalement rompus
durant cette longue période ; l’isolement de la
Russia doit être relativisé.
Les anciennes relations commerciales avec l’Occident se maintiennent,
principalement dans les villes « russes » périphériques de l’ouest et du
nord, et restent très actives aux XIV
e et XV
e siècles. La ville de Novgorod
demeure le principal centre du commerce international de la
Russia et
continue d’être fréquentée par de nombreux occidentaux. C’est l’époque
où les marchands de la Hanse détiennent une situation de quasi-monopole dans le commerce de cette cité avec l’Occident. En conclusion,
l’examen des relations entre la
Russia et l’Occident au Moyen Âge révèle
que celles-ci sont continues, seuls leur intensité et leur caractère varient
selon les époques.
Les sources primaires de la connaissance du
monde « russe » en Occident
Bien que les relations entre la Russia et l’Occident soient anciennes, il faut
cependant attendre les XIe et XIIe siècles pour que ce pays et son peuple
apparaissent fréquemment dans les sources occidentales. Ces sources sont
principalement des chroniques, des sagas, des encyclopédies, des récits de
voyage, des mappemondes et des portulans. L’époque de l’émergence de
la Russia dans les sources occidentales correspond à un nouvel
épanouissement culturel en Occident, épanouissement permis par l’arrêt
des invasions musulmanes, scandinaves et hongroises et par la
constitution d’ensembles politiques stables (empire germanique, royaume
capétien de France, royaume anglo-normand…).
De toutes les sources occidentales qui évoquent la
Russia au Moyen
Âge, les chroniques sont incontestablement les plus nombreuses,
puisqu’on trouve des mentions de la
Russia dans plus de deux cents
d’entre elles de la fin du X
e au milieu du XV
e siècle
[8]. Si les premières
mentions de la
Russia dans les chroniques font leur apparition au X
e
siècle
[9], elles se multiplient à partir du début du XI
e siècle et sont présentes
dans un grand nombre de textes jusqu’au XIII
e siècle. En effet, durant
cette période, la
Russia est citée dans les chroniques de la plupart des pays
occidentaux
[10]. Les mentions les plus nombreuses apparaissent dans les
chroniques de l’empire germanique, pays avec lequel les princes de la
Russia ont noué des contacts politiques anciens. Mais on trouve également
plusieurs mentions dans les chroniques de Pologne, de Livonie, de
Hongrie, du Danemark, de Suède et de Norvège, c’est-à-dire des pays
voisins ou proches de la
Russia qui entretiennent avec elle divers liens
politiques et économiques. La
Russia est par ailleurs également citée dans
quelques chroniques de France, d’Angleterre et d’Italie. Il convient
cependant de ne pas exagérer l’importance de ces mentions. Même dans
les chroniques où la
Russia est le plus souvent nommée, elle n’a qu’une
importance tout à fait secondaire dans le texte par rapport aux pays
occidentaux. Par ailleurs, à partir de la fin du XIII
e siècle, on constate que
les chroniques occidentales évoquant la
Russia deviennent moins
nombreuses. Cette évolution correspond à l’époque de la domination
tatare-mongole qui isole durablement la
Russia de l’Occident. Désormais,
on trouve des informations sur cette dernière essentiellement dans les
chroniques des pays voisins, notamment la Pologne et la Prusse-Livonie,
ainsi que dans les chroniques des villes hanséatiques qui entretiennent de
nombreux liens commerciaux avec Novgorod. Mais, ici encore, le pays
des Slaves orientaux n’occupe pas beaucoup de place dans le texte
[11].
Outre leur origine diverse, les chroniques occidentales mentionnant la
Russia se caractérisent également par la grande variété de leur contenu :
chroniques universelles, dont le but est de reporter tous les événements
principaux de l’histoire de l’humanité à partir de la création du monde,
chroniques relatant l’histoire d’un peuple depuis ses origines, chroniques
de royaumes, de principautés, d’évêchés et de monastères ou encore
biographies de souverains, d’évêques ou d’autres personnages illustres
etc. Ces chroniques sont rédigées dans leur grande majorité en latin,
langue de l’Église et de la culture occidentale au Moyen Âge. Cependant,
à partir du XIIe siècle, on voit aussi apparaître des mentions de la Russia
dans des chroniques composées dans les langues vulgaires, notamment le
vieil allemand et le vieux français, situation qui devient de plus en plus
fréquente au fur et à mesure qu’on avance dans le Moyen Âge. Souvent
anonymes, les auteurs de ces chroniques sont en grande majorité des
hommes d’Église, principalement des moines, des chanoines, des prêtres
et des évêques, qui composent celles-ci dans des monastères, des
chapitres et des écoles cathédrales.
Comme les chroniques ont pour objectif principal de fournir des
informations de type événementiel, on ne sera pas étonné que les
éléments de description du monde « russe » y soient rares. Lorsque les
auteurs des chroniques s’intéressent à la
Russia, c’est essentiellement pour
faire allusion aux rapports entre ce pays et l’Occident : mariages entre
princes « russes » et dynastes occidentaux, ambassades « russes » à la cour
impériale, luttes de succession pour le trône de Kiev dans lesquelles
interviennent à l’occasion les ducs de Pologne et les empereurs
germaniques, conflits entre les princes « russes » et leurs voisins polonais,
livoniens, hongrois et suédois, missionnaires latins en
Russia etc. Les
seules chroniques qui apportent des informations substantielles sur la
Russia sont le
Chronicon (1012-1018) de l’évêque Thietmar de Mersebourg
(*
ca 975-† 1018) et la
Gesta Hammaburgensis ecclesiae Pontificum (1072-1076)
de l’écolâtre Adam de Brême (†
ca 1081). Sans s’être jamais rendu en
Russia, Thietmar fournit au sujet de ce pays les premiers renseignements
consistants, qui vont au-delà des simples mentions. Il apporte des
informations fiables sur Kiev, obtenues vraisemblablement auprès de
soldats saxons qui ont pris part à la conquête de cette ville par l’armée du
duc de Pologne Boleslas le Vaillant (992-† 1025) en 1018
[12]. Pour sa part,
Adam de Brême fournit les premiers éléments de géographie générale sur
la
Russia dans le Livre IV de sa chronique consacré à une description
chorographique de l’Europe septentrionale, terre de mission des
archevêques d’Hambourg-Brême. Comme les sources antiques sur cette
partie de l’Europe sont minces, Adam de Brême a été obligé de recourir
aux témoignages de ses contemporains. Côtoyant à Brême des
navigateurs, des marchands, des missionnaires et des diplomates
familiers avec le monde de la mer Baltique, il a probablement entendu
parler de l’existence d’un pays immense appelé la
Russia qu’il évoque
avec précision en quelques lignes
[13].
Si les Norvégiens et les Danois ont laissé des mentions de la
Russia dans
quelques chroniques du XII
e siècle, la principale source d’information sur
le pays des Slaves orientaux dans le monde scandinave à cette époque en
réalité est constituée par les sagas
[14]. Celles-ci forment un genre d’écrit
particulier au contenu à la fois historique et épique, propre aux peuples
nordiques, en particulier les Islandais. Parmi les différents types de sagas
répertoriés par les spécialistes, les plus riches en informations sur la
Russia sont les sagas islandaises des rois de Norvège (
konungasögur), en
particulier celles qui relatent les règnes d’Olaf I
er Tryggvason (995-† 1000),
Olaf II Haraldsson le Saint (1014-† 1028), Magnus I
er le Bon (1035-† 1046)
et Harald II Sigurdarson le Sévère (1046-† 1066)
[15]. Car ces quatre
souverains ont entretenu d’importantes relations dynastiques et
politiques avec les princes de la
Russia aux X
e et XI
e siècles, relations dont
les sagas se font l’écho
[16]. Il importe à cet égard de constater l’importance
du fonds historique dans les sagas des rois de Norvège proches des
chroniques au niveau de leur contenu, même si la présentation des
événements a tendance à y être enjolivée
[17]. On trouve également des
renseignements sur la
Russia dans les sagas islandaises des Vikings
appartenant à la catégorie des sagas des temps anciens (
fornaldarsögur)
[18],
lesquelles sont considérées par les spécialistes comme beaucoup plus
littéraires que les sagas des rois de Norvège et proches des épopées
héroïques allemandes. Ces sagas relatent souvent les aventures de Vikings
partis à la conquête des richesses dans des pays lointains, parmi lesquels
figure la
Russia
[19]. Si les héros célébrés y sont le plus souvent légendaires,
ils représentent néanmoins un prototype d’aventuriers répandu dans le
monde viking à une certaine époque, tandis que l’évocation du cadre bien
réel de leurs exploits montre les bonnes connaissances acquises par les
Scandinaves au cours de leurs nombreux voyages et expéditions
[20]. Si elles
diffèrent au niveau de l’importance de leur contenu historique et
littéraire, les sagas des rois de Norvège et les sagas des Vikings sont
toutes composées, contrairement aux chroniques, dans la langue
vernaculaire employée par les conteurs, à savoir le vieux norvégien et le
vieil islandais, ce qui explique que leur notoriété a été longtemps limitée
essentiellement au monde scandinave
[21]. Les auteurs de ces sagas sont
restés anonymes, tout au plus connaît-on les noms des personnes qui les
ont mises par écrit. Celles-ci sont en général issues des milieux
ecclésiastiques, comme la plupart des auteurs de chroniques.
Qu’ils soient authentiques ou plus ou moins légendaires, les
renseignements fournis par les sagas sur le pays des Slaves orientaux sont
avant tout de type événementiel. Ils ont probablement été obtenus par des
Islandais qui ont séjourné en
Russia ou dans les cours royales de Norvège
et de Suède
[22]. Ils concernent principalement les relations entre les princes
de la
Russia et les rois de Norvège et de Suède, ainsi que les diverses
activités des Scandinaves dans le pays des Slaves orientaux
[23]. Cependant,
les sagas n’éclairent qu’une courte période de l’histoire de la
Russia
[24] –
entre 975 et 1050 –, période qui correspond aux règnes des princes
Vladimir et Jaroslav le Sage. Parmi les faits régulièrement mentionnés
dans les sagas, figure le mariage, attesté historiquement, de Jaroslav le
Sage avec Ingigerda de Suède († 1050). Les sagas nous apprennent que la
jeune princesse a obtenu à cette occasion la ville de Ladoga
[25] comme
douaire et confié le gouvernement de celle-ci à un de ses parents suédois.
Selon les sagas, Ladoga vit pendant quelques décennies sous le régime
des
jarls, nom donné aux gouverneurs territoriaux scandinaves
[26]. Par
ailleurs, les sagas mentionnent la présence de plusieurs groupes de
Scandinaves dans le pays des Slaves orientaux. Les plus connus sont les
rois de Norvège Olaf Tryggvason, Olaf Haraldson le Saint et Harald le
Sévère déjà nommés, dont les séjours en
Russia sont attestés
historiquement
[27]. Tous les trois ont vécu quelques temps à la cour de
Vladimir et de Jaroslav le Sage à Novgorod parce qu’ils avaient dû
s’enfuir de Norvège ou parce qu’ils étaient en quête d’aventure
[28]. Outre
les rois de Norvège, les sagas mentionnent à plusieurs reprises des
Scandinaves dans l’entourage même de Vladimir et de Jaroslav le Sage :
mercenaires installés à Novgorod, fonctionnaires exerçant des charges de
gouverneurs dans certains territoires de la
Russia (Ladoga et Polock) et
collecteurs de tribut auprès des populations baltes vassales. Enfin les
sagas évoquent des aventuriers qui viennent en
Russia pour faire du
pillage ou du commerce
[29].
Une autre source de connaissance pour la
Russia est constituée par les
encyclopédies, dont la grande période d’élaboration est le XIII
e siècle
[30].
Celles-ci se présentent comme des compilations qui rassemblent les
connaissances de l’Antiquité et du Moyen Âge dans la tradition ouverte
au VII
e siècle par Isidore de Séville. Elles sont en général plutôt pauvres
en informations géographiques sur les régions du nord et de l’est de
l’Europe mal connues en Occident. Souvent leurs auteurs se contentent
des indications vagues et fabuleuses léguées par les auteurs romains
[31].
Fidèles aux « Autorités » de l’Antiquité, plusieurs auteurs d’encyclopédies
ignorent la
Russia dans leur ouvrage
[32]. Ils ne connaissent que la Scythie et
la Sarmatie des Anciens qui s’étendent depuis le Caucase jusqu’aux
confins de la Germanie. Celles-ci sont présentées comme des contrées
couvertes de forêts impénétrables et riches en « merveilles », dans
lesquelles il est dangereux de s’aventurer. Car on y rencontre des êtres
cruels ou difformes et des animaux merveilleux ou terrifiants. Cependant
certains encyclopédistes évoquent la
Russia en intégrant dans leur
compilation des informations récentes, sans toutefois pour autant renier
l’héritage antique, ce qui aboutit parfois à des contradictions
[33]. Parmi les
encyclopédies, j’en retiendrai deux qui présentent de brèves descriptions
originales de la
Russia : les
Otia imperialia (1209-1214) et le
De proprietatibus
rerum (achevé vers 1245). Leurs auteurs, le clerc Gervais de Tilbury (*
ca
1155-†
ca 1234) et le moine franciscain Barthélémy l’Anglais (*
ca1190-†
ca
1250), sont tous les deux des lettrés d’origine anglaise qui ont parcouru
l’Europe à la découverte des grands foyers culturels de leur époque. À ces
derniers, il convient d’ajouter l’intellectuel dominicain Vincent de
Beauvais († 1264) et le philosophe et mathématicien franciscain Roger
Bacon (*
ca1214-†
ca1292)
[34]. Ces deux auteurs apportent également dans
leurs encyclopédies, intitulées l’une le
Speculum (1244-1258), l’autre l’
Opus
maius (1266-1268), des informations sur la
Russia, mais contrairement aux
deux auteurs précédents, celles-ci sont uniquement copiées d’autres
sources.
Bien que les régions de la
Russia soient parcourues par des voyageurs
occidentaux depuis au moins le milieu du VIII
e siècle, ceux-ci sont peu
nombreux à laisser des souvenirs écrits de leur passage. Dans l’état actuel
des connaissances, seuls sept d’entre eux ont écrit un récit fournissant des
informations sur la
Russia
[35]. Ces récits qui ont été rédigés entre le début
du XI
e et le milieu du XV
e siècle sont l’
Epistola ad Henricum regem (
ca1008-1009)
[36] de l’archevêque saxon Bruno de Querfurt (*
ca 974-† 1009),
l’
Epistola de vita Tartarorum (1237)
[37] du dominicain hongrois Julien de
Hongrie (1
re moitié XIII
e s.), l’
Ystoria Mongalorum (1245-1246)
[38] du
franciscain italien Jean de Plan Carpin (*
ca1182-† 1252), la
Relatio (1245-1246)
[39] du compagnon de voyage de ce dernier, le franciscain polonais
Benoît de Pologne (dates inconnues), l’
Itinerarium ad partes orientales
(1255)
[40] du franciscain flamand Guillaume de Rubrouck (*
ca 1220-†
ca
1293),
Le Devisement du Monde (1298-1299)
[41] du marchand vénitien Marco
Polo (*1254-† 1324) et les
Voyages et Ambassades (1399-1450) du chevalier
flamando-hennuyer Guillebert de Lannoy (*1386-† 1462)
[42]. À ces sept
récits de voyage, il convient d’ajouter le cas particulier du
Libro del
conoscimiento de todos los reynos y tierras y señorios que son per el mundo, y de
las señales y armas que han cada tierra y señorio (
ca1348)
[43]. Ce texte ne peut
en effet être considéré à proprement parler comme un récit de voyage
même s’il en revêt la forme. Son auteur, un franciscain anonyme castillan
(*
ca1305-† ?), semble n’avoir jamais quitté son cabinet de travail, mais il
fait croire qu’il a parcouru le monde connu de son époque, alors qu’il
s’appuie en réalité principalement sur les cartes, en particulier sur les
portulans catalans évoqués plus loin
[44]. Si le récit de Bruno de Querfurt
date du début du XI
e siècle, la majorité des autres textes cités est
composée au XIII
e siècle. Deux phénomènes expliquent cette
concentration : le premier est l’élan missionnaire vers de nouvelles terres
de conversion, notamment la grande plaine eurasiatique
[45]. C’est dans ce
contexte que se situe la mission de Julien de Hongrie, parti à la recherche
de la patrie originelle des Hongrois située entre les cours de la Volga et de
la Kama à l’est de la
Russia pour y nouer des contacts avec le rameau du
peuple hongrois resté sur place lors de la grande migration des Hongrois
vers l’Europe centrale et le convertir au christianisme. Le second est un
événement historique majeur, à savoir la brusque invasion tatare-mongole, qui a frappé les milieux politiques, religieux et lettrés
occidentaux
[46]. Partagés entre la crainte d’être conquis par ces nouveaux
« Barbares féroces » venus des profondeurs de l’Asie et l’espoir de les
convertir au christianisme et de s’en faire des alliés, les Occidentaux
cherchent à mieux les connaître. Dans ce but, ils multiplient les
ambassades, les missions de reconnaissance et les missions religieuses en
Asie centrale, parmi lesquelles figurent les voyages de Plan Carpin, Benoît
de Pologne, Rubrouck et Marco Polo
[47]. Pour ces voyageurs, la
Russia
apparaît comme la dernière étape avant l’entrée dans la vaste steppe
eurasiatique et le dernier pays chrétien avant l’immensité païenne. Après
le XIII
e siècle, la
Russia disparaît à nouveau presque complètement des
récits de voyage : on trouve un texte, celui du Franciscain anonyme, pour
le XIV
e siècle et un autre, celui de Guillebert de Lannoy, pour la première
moitié du XV
e siècle, alors que les voyages dans ce pays ne se sont pas
interrompus. Ceux qui visitent le plus la
Russia à l’époque sont, au sud,
les marchands et les navigateurs génois, vénitiens et catalans depuis les
comptoirs de Crimée et les ports de Moldavie, au nord, les marchands et
les diplomates de la Hanse, dont la destination principale est la ville de
Novgorod. Si les premiers nous ont laissé des portulans et des
mappemondes évoqués plus loin, les seconds, en revanche, ne nous ont
malheureusement légué aucun récit de voyage, ni aucune description du
pays. Un tel silence peut paraître étonnant, d’autant que beaucoup de
marchands de la Hanse effectuaient des séjours d’une année ou davantage
à Novgorod et pratiquaient souvent fort bien la langue russe
[48]. Pour M.L.
Pelus, de multiples explications se présentent
[49]. La première est tout
d’abord la grande familiarité des Hanséates avec la
Russia. Il leur paraît
dès lors inutile de noter des faits que leur milieu connaît par des contacts
directs, les récits oraux d’autres marchands, ou encore par des
représentations iconographiques
[50]. D’autre part, les marchands de la
Hanse sont davantage portés par leur formation à tenir des livres de
comptes qu’à écrire leurs mémoires ; enfin ils se sont probablement
interdit de rédiger des écrits sur la
Russia pour éviter de divulguer leurs
connaissances auprès de leurs concurrents étrangers. Il faudra attendre la
fin du XV
e siècle pour que le monde slave oriental resurgisse dans les
récits de voyage, mais à cette époque il n’est plus question de l’ancienne
Russia kiévienne : l’intérêt des voyageurs se porte désormais
principalement sur un nouvel État en pleine émergence chez les Slaves
orientaux, à savoir la grande principauté de Moscou ou Moscovie.
Lorsqu’on examine le statut des huit auteurs de récits de voyage, on
relève chez eux un certain nombre de points communs. Ce sont en
majorité des clercs lettrés qui ont reçu une bonne formation intellectuelle
et fréquentent les cercles du pouvoir, pour le compte duquel d’ailleurs
certains effectuent leur voyage
[51]. Par ailleurs, à l’exception du Franciscain
anonyme, tous sont des habitués du voyage
[52]. Si les huit auteurs évoquent
la
Russia plus ou moins longuement dans leur récit, seuls Bruno de
Querfurt, Julien de Hongrie, Plan Carpin, Benoît de Pologne et Guillebert
de Lannoy s’y sont rendus personnellement et peuvent en parler par
expérience. Leur expérience est toutefois limitée dans l’espace et dans le
temps car ils se contentent en général de traverser le pays le plus
rapidement possible pour parvenir à la destination de leur voyage. La
seule exception est constituée par Guillebert de Lannoy qui découvre la
Russia en 1413 dans des circonstances particulières
[53]. En effet, celui-ci est
venu au départ en Livonie pour se battre aux côtés des chevaliers Porte-Glaive contre les Baltes toujours insoumis ou contre leurs voisins
« russes » schismatiques. Mais il apprend à son arrivée à Riga qu’il n’y
aura pas d’expédition organisée prochainement. C’est pourquoi il décide
de sa propre initiative, mû par une envie de
vëoir monde
[54], de visiter les
villes de Novgorod et de Pskov, situées à la frontière de l’État livonien et
entretenant avec lui de nombreux rapports tantôt belliqueux, tantôt
commerciaux. Il passe neuf jours à Novgorod, où il est fort bien accueilli
par les autorités locales et a tout le loisir d’observer la vie quotidienne de
la population. Ensuite il séjourne brièvement à Pskov sur le chemin du
retour vers la Livonie. Si les auteurs des huit récits de voyage n’ont pas
tous eu l’occasion de découvrir la
Russia par eux-mêmes, ils ont, à
l’exception du Franciscain anonyme, eu l’occasion d’en entendre parler
auprès d’autres personnes. Ainsi Guillaume de Rubrouck a rencontré à
plusieurs reprises des habitants de ce pays au cours de son séjour chez les
Tatars-Mongols, notamment à la cour du grand khan où séjournaient de
nombreux princes « russes » vassaux
[55]. De même, Marco Polo exerçant
des fonctions administratives pour le grand khan a pu glaner des
informations sur les différents territoires soumis à ce dernier, parmi
lesquelles figure la
Russia. Précisons par ailleurs que la famille Polo était à
l’époque active dans le commerce vénitien en Crimée où les contacts avec
la
Russia voisine étaient nombreux
[56].
Comme pour les chroniques, les récits de voyage mentionnés sont
majoritairement composés en latin. C’est le cas chez Bruno de Querfurt,
Julien de Hongrie, Jean de Plan Carpin, Benoît de Pologne et Guillaume
de Rubrouck. Si le choix du latin chez ces auteurs s’explique en partie par
leur appartenance à l’Église, il peut être aussi interprété comme une
volonté d’assurer à leur ouvrage une large diffusion parmi les élites
occidentales
[57]. En ce qui concerne les trois autres auteurs, Marco Polo,
Guillebert de Lannoy et le Franciscain anonyme, leur récit est écrit en
langue vernaculaire : le français pour Marco Polo et Guillebert de Lannoy
et l’espagnol pour le Franciscain anonyme. Dans le cas de Marco Polo, il
s’agit vraisemblablement du choix de Rustichello de Pise, auteur de deux
romans de chevalerie écrits en français, à qui il a, selon la tradition, dicté
ses souvenirs
[58]. Quant à Guillebert de Lannoy et au Franciscain anonyme,
ils emploient leur langue maternelle dans leurs récits de voyage à une
époque où ces derniers sont de plus en plus fréquemment écrits dans les
langues vernaculaires
[59]. Par ailleurs, il convient de signaler l’existence de
manuscrits au contenu différent pour certains des huit récits de voyages.
Cette situation résulte soit de remaniements postérieurs du texte opérés
par l’auteur lui-même (par exemple chez Plan Carpin et Benoît de
Pologne), soit s’explique par l’existence de plusieurs textes composés à
différentes époques par l’auteur lui-même ou par d’autres scribes (par
exemple chez Marco Polo). Dans l’un et l’autre cas, l’existence de
plusieurs versions a parfois des conséquences sur la connaissance de la
Russia, comme le montrent les récits de Plan Carpin et de Marco Polo.
Ainsi, en ce qui concerne l’
Ystoria Mongalorum, il existe à l’heure actuelle
deux versions : la première, plus courte, qui comporte huit chapitres
descriptifs sur le monde tatar-mongol, semble avoir été achevée par Plan
Carpin peu de temps avant son retour chez le pape Innocent IV à Lyon en
1246 ; la seconde, qui est augmentée d’un neuvième chapitre consacré à la
narration du voyage, serait légèrement postérieure et représenterait une
version retravaillée par l’auteur. Cette dernière contient des
renseignements plus nombreux sur la
Russia, ce qui a amené un historien
soviétique à voir dans ces ajouts une preuve de l’intérêt particulier de la
papauté pour le monde slave oriental
[60]. L’interprétation la plus courante à
propos de cette seconde version, dont M. Guéret-Laferté se fait le porte-parole, est que Plan Carpin a réécrit son texte à la suite de questions
suscitées par les différents publics, devant lesquels il en faisait la lecture
[61].
Si l’on en croit M. Guéret-Laferté, Plan Carpin considérait cette seconde
version comme la version définitive de son récit et c’est précisément celle
qui a connu la plus grande diffusion parmi le public
[62]. Dans le cas de
Marco Polo, nous possédons plusieurs versions différentes du
Devisement
du monde
[63], dont certaines omettent notamment le chapitre consacré à la
Russia
[64]. Les versions les plus courantes sont celles liées au manuscrit
franco-italien Fr. 1116 de la Bibliothèque Nationale de France ou à
d’autres manuscrits franco-italiens disparus, proches de celui-ci, qui
remontent les uns et les autres au travail de collaboration entre Marco
Polo et Rustichello en 1298. Dans ces versions, le chapitre sur la
Russia
comporte seulement quelques lignes présentant une brève description
générale du pays. Il n’en va pas de même pour une autre version du récit,
qui est attestée seulement par deux manuscrits latins, datés l’un de 1470 à
Tolède, l’autre de 1795 à Milan, ce dernier étant une copie du précédent.
Selon J. Richard, il s’agirait d’une rédaction du livre de Marco Polo
postérieure à celle de 1298 et comportant des renseignements nouveaux
tirés de la mémoire de l’auteur ou des souvenirs de son père et de son
oncle
[65]. Dans cette version moins répandue, le chapitre sur la
Russia est
beaucoup plus développé : outre la description générale, on trouve une
longue évocation de la rigueur du climat dans ce pays ainsi que la
présentation de certaines mœurs particulières de ses habitants
[66].
En ce qui concerne le contenu même des récits de voyage, on constate
le peu d’importance accordé au voyage. En effet, si l’on excepte Rubrouck,
les auteurs des autres récits parlent peu de leur voyage et font rarement
part de leurs impressions et de leurs sentiments
[67]. Leur ambition
principale est, en général, d’apporter des éléments nouveaux à la
connaissance du monde à partir de ce qu’ils ont vu de leurs propres yeux
et entendu de la bouche d’interlocuteurs étrangers au cours de leur
périple. Une telle attitude amène ces récits à ressembler plus à des
descriptions de certaines régions du monde qu’à une narration des
pérégrinations du voyageur
[68]. La narration du voyage, accessoire par
rapport à la description, sert, selon M. Guéret-Laferté, à attester dans
l’esprit de l’auteur la véracité de cette dernière
[69]. Dans ces récits
descriptifs, la
Russia occupe une place tout à fait secondaire : elle semble
soit une terre de passage sur la route de la steppe (Bruno de Querfurt,
Julien de Hongrie, Plan Carpin et Benoît de Pologne), soit une région de
seconde zone dépendant de l’empire tatar-mongol (Rubrouck et Marco
Polo), ce qu’elle est effectivement devenue au cours de la seconde moitié
du XIII
e siècle, soit enfin une simple région décrite parmi toutes les autres
existant dans le monde (Franciscain anonyme). Seul Guillebert de Lannoy
constitue une exception en accordant à la
Russia une place importante
dans les
Voyages et Ambassades. En effet, la description de son séjour à
Novgorod et à Pskov occupe plusieurs paragraphes de son récit, dans
lesquels sont abordés les différents aspects de ces deux villes russes qui
ont retenu particulièrement son attention. Guillebert de Lannoy s’y révèle
un homme curieux, désireux de récolter toutes espèces d’informations et
doué d’une grande capacité d’observation. Il est vrai qu’il semble avoir
joui durant son séjour d’une liberté de mouvement qui lui a permis
d’observer tout à loisir la vie quotidienne des Slaves orientaux
[70]. Si la
place de la
Russia, comparée à celle des régions du Proche et de l’Extrême
Orient, est généralement secondaire dans les récits de voyage, les
informations que ceux-ci donnent de ce pays sont néanmoins les plus
importantes fournies par les sources occidentales du Moyen Âge. Les
récits de voyage sont à cet égard les premières sources occidentales à
fournir un embryon de description systématique de la
Russia.
Une dernière source d’information sur la
Russia en Occident au Moyen
Âge est constituée par les mappemondes et les portulans
[71]. D’origine très
ancienne, les mappemondes fournissent jusqu’au XIII
e siècle une
description plutôt schématique du monde présenté suivant la division en
trois continents (Europe, Asie et Afrique) sous la forme d’un T inscrit
dans un O
[72]. Élaborées en grand nombre par des religieux en latin, elles
n’ont aucune utilité pratique. Leurs auteurs n’ont pas pour but de donner
un reflet du monde tel qu’il est mais se contentent d’énumérer les
différents pays, villes et fleuves sans indications précises de distances ou
autres. Ces mappemondes servent la plupart du temps de complément à
des chroniques universelles, des encyclopédies, des bibles et des
psautiers. Avant la fin du XIII
e siècle, rares sont les mappemondes qui
évoquent la
Russia
[73]. Quand c’est le cas, les renseignements sur ce pays
sont le plus souvent infimes et se limitent à une mention de son nom. Cela
s’explique par le fait que les mappemondes sont généralement de petite
dimension et que la
Russia occupe à l’époque une place encore marginale
dans l’attention des lettrés occidentaux. Les renseignements les plus
intéressants à propos du pays des Slaves orientaux figurent sur deux
célèbres cartes en T du XIII
e siècle, à savoir la mappemonde d’Ebstorf (
ca
1234) et la mappemonde d’Hereford (
ca1290)
[74]. La première aurait été
conçue par Gervais de Tilbury comme complément de son encyclopédie
Otia imperialia, évoquée plus haut. La seconde a été dessinée par Richard
de Haldingham sur base des informations fournies dans cette même
encyclopédie. Outre le nom de la
Russia, ces deux mappemondes
contiennent des mentions de villes et de fleuves de ce pays. Par ailleurs, il
convient de signaler l’existence, à la même époque, de textes
géographiques scandinaves contenant plusieurs informations pratiques
sur le pays des Slaves orientaux
[75]. Il s’agit de trois descriptions anonymes
du monde rédigées en langue vernaculaire : l’une, intitulée
Quels pays se
trouvent sur la terre [
Hversu lönd liggia i veroldenni], a été rédigée durant la
seconde moitié du XIII
e et le début du XIV
e siècle ; les deux autres, qui
n’ont pas de titre particulier, datent respectivement de la fin du XII
e et de
la seconde moitié du XIII
e siècle. Ces descriptions ont la particularité de
présenter un amalgame d’informations issues à la fois du savoir
encyclopédique et des connaissances transmises par les voyageurs
vikings. Mais, à l’instar des sagas, elles sont peu connues à l’époque en
dehors du monde scandinave à cause de l’obstacle de la langue.
À partir de la fin du XIII
e siècle, la cartographie occidentale fait des
progrès, en partie sous l’influence de la cartographie arabe plus avancée à
l’époque, en partie à cause de la multiplication des voyages des
Occidentaux. Cette avancée des connaissances géographiques se
manifeste dans les mappemondes qui deviennent de plus en plus
détaillées. Elle concerne notamment la
Russia, au sujet de laquelle on
trouve désormais des renseignements dans une dizaine de
mappemondes
[76]. Par ailleurs, on voit apparaître un nouveau type de
cartes plus précis et plus performant, à savoir les portulans – ou cartes
marines décrivant les côtes – dont le développement au XIV
e siècle est lié
aux progrès de la navigation maritime chez les Catalans et les Italiens. Les
dessinateurs de portulans s’efforcent de reproduire le plus fidèlement
possible le tracé des côtes et de fournir de nombreux détails tels que les
noms de ports, de villes en bord de mer et toute une série d’informations
utiles aux navigateurs. Contrairement aux mappemondes élaborées en
latin, les portulans sont conçus dans la langue vernaculaire, puisqu’ils
répondent à des objectifs pratiques. La
Russia y occupe une place
secondaire par rapport aux côtes de la mer Méditerranée, de la mer Noire
et de l’océan Atlantique. Cependant, comme elle est connue des
marchands italiens et catalans faisant du commerce en mer Noire et sur la
Volga, elle apparaît dans une dizaine de portulans
[77]. La quantité des
renseignements fournis au sujet de la
Russia dans les mappemondes et les
portulans des XIV
e et XV
e siècles est très variable : chez certains, seul le
nom de ce pays est mentionné, chez d’autres au contraire, on trouve plus
de détails. C’est le cas en particulier des portulans catalans d’Angelino
Dulcert et de l’anonyme de 1375, de la Carte Borgia, de la Mappemonde
génoise et de la mappemonde de Fra Mauro († 1460). Les auteurs de ces
portulans et mappemondes ne se contentent pas de situer la
Russia de
manière plus ou moins précise, ils reproduisent par exemple le réseau des
principaux fleuves russes, situent l’un ou l’autre lacs, indiquent certaines
routes commerciales et mentionnent les noms de quelques villes
importantes construites le long de celles-ci
[78]. Ces mappemondes et ces
portulans constituent ainsi le meilleur reflet de la connaissance que le
monde méditerranéen a du pays des Slaves orientaux.
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XIe siècle :
THIETMAR DE MERSEBOURG (* ca 975-† 1018), Chronicon (1012-1018), A.Q.D.G.M., t.
9,1957, p. 56,340,344,426,432,434,436,472 et 474 ; Annales Quedlinburgenses
(début XIe s.), M.G.H., SS., t. 3,1839, p. 60 et 80 ; WIPO, Gesta Chuonradi II.
imperatoris (ca 1040), A.Q.D.G.M., t. 12,1963, p. 588 et 562 ; Annales Hildesheimenses
(ca 1050), M.G.H., SS., t. 1,1826, p. 60 et 69 ; Annales Altahenses Maiores (ca 1070),
M.G.H., SS., t. 20,1868, p. 786 et 798 ; ADAM DE BRÊME († ca 1081), Gesta
Hammaburgensis ecclesiae Pontificum (1072-1076), A.Q.D.G.M., t. 11,1961, p. 250,
254,270,274,292,340,396,446,450,452,456,458,460 et 480 ; Annolied (vie de saint
en vers, 1076-1126), M.G.H., D.C.G.M., t. 1,1895, p. 128 ; LAMBERT DE HERSFELD
(*ca 1025-† 1081), Annales (ca 1077), A.Q.D.G.M., t. 13, p. 30,32,44,262 et 300.
XIIe siècle :
FRUTOLF DE MICHELSBERG († 1103), Chronica (2e moitié XIe s.), A.Q.D.G.M., t. 15,
1972, p. 104 ; BRUNO, Saxonicum bellum (fin XIe s.), A.Q.D.G.M., t. 12, p. 208 ;
SIGEBERT DE GEMBLOUX (* ca 1030-† 1112), Chronographia (XIe-XIIe s.), M.G.H., SS., t.
6,1844 (rééd. 1980), p. 347 et 362 ; Annales Augustani (1104), M.G.H., SS., t. 3,1839,
p. 133 ; COSMAS DE PRAGUE († 1125), Chronica Boemorum (début XIIe s.), M.G.H.,
S.S.R.G., n.s., t. 2,1923, p. 41 et 44 et ses continuations par le CHANOINE DE
VISEGRAD (XIIe s.), M.G.H., SS., t. 9,1851, p. 138, le MOINE DE SAZAVA (XIIe s.), Id., p.
148 et les CHANOINES DE PRAGUE (XIIe-XIIIe s.), Id., p. 170,184 et 185 ; EKKEHARD DE
AURA, Chronicon Universale (début XIIe s.), A.Q.D.G.M., t. 15, p. 150 ; Annales
Ottenburani (début XIIe s.), M.G.H., SS., t. 5,1844, p. 4 ; ALBERT D’AIX,Historia
Hierosolymitana (ca 1121), p. 294 ; Genealogia Welforum (début XIIe s.), M.G.H., SS., t.
13,1881, p. 734 ; Translatio Godehardi episcopi Hildesheimensis (ca 1132), M.G.H., SS.,
t. 12,1856, p. 647 ; RODOLPHE, Vita Lietberti episcopi Cameracensis (ca 1133), M.G.H.,
SS., t. 30/2,1934, p. 850 ; ORTLIEB DE ZWIEFALTEN,Chronicon libri II. (ca 1135-1140),
M.G.H., SS., t. 10,1852, p. 90,91 et 92 ; HERBORD († 1168), Vita Ottonis episcopi
Babenbergensis (ca 1139), M.G.H., SS., t. 12, p. 775,776 et 777 ; ANNALISTE SAXON (ca
1139), M.G.H., SS., t. 6, p. 602,615,619,637,658,665,673,674,683,684,693,696,
721,730,737,745, et 770 ; Annales Gradicenses (1re moitié XIIe s.), M.G.H., SS., t. 17,
1861, p. 651 ; OTTO DE FREISING (* ca 1114/15-† 1158), Chronica sive historia de duabus
civitatibus (1143-1146), A.Q.D.G.M., t. 16,1960, p. 536 ; MOINE DE SAINT-GRÉGOIRE
D’ALSACE, Catalogus Pontificum Romanorum, Imperatorum et Regum Francorum
(1153), M.G.H., SS., t. 24,1879, p. 87 ; MOINE DE SAINT-GILLES DE BRUNSWICK,
Annales sancti Aegidii Brunsvicensium (milieu XIIe s.), M.G.H., SS., t. 30/1,1896, p.
13 ; OTTO DE FREISING, Gesta Frederici I. Imperatoris (1156-1158), continuée par
RAHEWIN (1158-1177), A.Q.D.G.M., t. 17,1965, p. 174,176,180,192,398 et 400 ;
HERBORD,Dialogus de vita Ottonis episcopi Babenbergensis (ca 1158), M.G.H., SS., t.
20, p. 725,726,762 et 763 ; VINCENT DE PRAGUE,Annales (1160-1170), M.G.H., SS., t.
17, p. 663 et 664 ; HELMOLD DE BOSAU (* ca 1120-† ca 1177), Chronica Slavorum (ca
1172), A.Q.D.G.M., t. 19,1963, p. 34,36,38,80 et 304 ; Vita beati Mariani (ca 1185),
AA.SS.,Février, t. 2,1864, p. 369 ; ARNOLD DE LÜBECK,Chronica Slavorum (1172-1209), M.G.H., SS., t. 21,1869, p. 122 et 212 ; Vita Chunradi archiepiscopi
Salisburgensis (ca 1177), M.G.H., SS., t. 11,1854, p. 74 ; Annales Magdeburgenses (2e
moitié XIIe s.), M.G.H., SS., t. 16,1869, p. 149 et 188 ; Annales Floreffienses (XIIe s.),
Id., p. 627 ; Annales Pegavienses (XIIe s.), Id., p. 235 et 241 ; RELIGIEUX DE RATISBONNE,
Kaiserchronik (XIIe s.), M.G.H., D.C.G.M., t. 1,1895, p. 215,332,335 et 378 ; Detmar-Chronik (XIIe s.), mentionnée par KELLER, Konturen, p. 78 ; Gesta vel chronica
archiepiscoporum Magdeburgensium (XIIe s.), M.G.H., SS., t. 14,1883, p. 381 ; S. Petri
Erphesfurtensis auctarium et continuatio chronici Ekkehardi (XIIe s.), M.G.H., S.S.R.G.,
t. 42,1899, p. 30.
XIIe-XIIIe siècle :
Annales Colonienses Maximi (2e moitié XIIe-1re moitié XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 17, p.
795 et M.G.H., D.C.G.M., t. 18,1880, p. 142,280 et 290 ; Sächsische Weltchronik (fin
XIIe-XIIIe s.), M.G.H., D.C.G.M., t. 2/1, p. 104,105,143,163,178,199,243,254 et
259 ; Chronica regia Coloniensis (fin XIIe s.) et sa Continuation (1238-1249), M.G.H.,
D.C.G.M., t. 18,1880, p. 142,280 et 290 ; Annales Scheftlarienses maiores (XIIe-XIIIe s.),
M.G.H., SS., t. 17, p. 341 ; Annales Sancti Rudberti Salisburgenses (XIIe-XIIIe s.),
M.G.H., SS., t. 9, p. 780 et 789 ; Continuatio Garstensis (XIIe-XIIIe s.), Id., p. 599 ;
PRÊTRE MAGNUS, Chronicon (fin XIIe s.) et Chronicon Magni presbiteri continuatio
(XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 12, p. 501 et 533.
XIIIe siècle :
OLIVIER DE PADERBORN,Histoire de Damiette (début XIIIe s.), cité par A.D. VON DEN
BRINCKEN,Die Nationes christianorum orientalium im Verständnis der lateinischen
Historiographie von der Mitte des 12. bis in die zweite Hälfte des 14. Jhdts, Cologne-Vienne, 1973, p. 143 ; MINORITE D’ERFURT,Chronica minor (début XIIIe s.), M.G.H.,
S.S.R.G., t. 42, p. 619 ; Annales Frisacenses (1217-1300), M.G.H., SS., t. 24, p. 66 ;
Continuatio Lambacensis (1212-1231), M.G.H., SS., t. 9, p. 559 et 560 ; ALBERT DE
STADEN († 1264), Annales Stadenses (1re moitié XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 16, p. 317,319,
326,358 et 367 ; CONON D’ESTAVAYER (* ca 1200-† ca 1242), Notae (1re moitié XIIIe s.),
M.G.H., SS., t. 24, p. 783 ; Chronica Minor (1re moitié XIIIe s.) ; AUBRY DE TROIS-FONTAINES, Chronica (1re moitié XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 23,1874, p. 684,737,756,
834,881,885,911,921,930 et 935 ; CONRAD DE MURE,Clipearius (1246-1249), cité
par SOLOVIEV,Reges, p. 165 ; Annales Sancti Pantaleonis Coloniensis (milieu XIIIe s.),
M.G.H., SS., t. 22,1872, p. 535 et 541 ; HERMANN,Annales Altahenses (milieu XIIIe
s.),M.G.H., SS., t. 17, p. 402 ; Continuatio Praedicatorum Vindobonensium (XIIIe s.),
M.G.H., SS., t. 9, p. 728 ; Continuatio Vindobonensis (XIIIe s.), Id., p. 716 ; Chronica
Sancti Petri Erfordensis moderna (XIIIe s.), M.G.H., S.S.R.G., t. 42, p. 250 et 393 ; Liber
cronicorum sive annalis Erfordensis (XIIIe s.), Id., p. 767 ; Chronicon Imperatorum et
Pontificum Bavaricum (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 24, p. 221 ; Annales Neresheimenses
(XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 10, p. 23 ; CHANOINE DE SAINT-BLAISE DE BRUNSWICK,
Chronica Boemorum (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 30/1, p. 40 et 41 ; JANSEN ENIKEL,
Weltchronik (1276), M.G.H., D.C.G.M., t. 3,1900, p. 521,522,531,531 et 537 ; ID.,
Fürstenbuch,Id., p. 613 et 638 ; Annales Ryenses (2e moitié XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 16,
p. 393,397 et 402 ; Braunschweigische Reimchronik (fin XIIIe s.), M.G.H., D.C.G.M., t.
2/2,1877, p. 490 ; HEINRICH HEIMBURG,Annales (fin XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 17, p.
718 ; ID.,Chronica domus Sarensis (ca 1300), M.G.H., SS., t. 30/1, p. 703 ; Continuatio
Claustroneoburgensis I (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 9, p. 612 ; Id. II (XIIIe s.), Id., p. 624 ;
Id. III (XIIIe-XIVe s.), Id., p. 636 ; Id. VI (XIIIe s.), Id., p. 743 ; Continuatio Sancrucensis
I (XIIIe s.), Id., p. 627 ; Id. II (2e moitié XIIIe s.), Id., p. 640 ; Id. III (1307), Id., p. 734 ;
CHEVALIER OTTOKAR,Österreichische Reimchronik (fin XIIIe-début XIVe s.), M.G.H.,
D.C.G.M., t. 5/1,1890, p. 33,35,89,201,279,281,284,295 et M.G.H., D.C.G.M., t.
5/2,1894, p. 1154,1155 et 1242 ; Österreichische Chronik von den 95 Herrschaften (fin
XIVe-début XVesiècle), M.G.H., D.C.G.M., t. 6,1909, p. 8,115,133 et 138.
XIVe siècle :
HERMANN KORNER,Chronica novella et Rufus-Chronik (1395-1430), Ratschronick de la
ville de Lübeck, et les continuations de la Detmar-Chronik, toutes trois citées par
WIEGAND, Berichte, p. 21-32 ; Annales Osterhovenses (début XIVe s.), M.G.H., SS., t.
17, p. 555 ; SIFRID DE BALLHAUSEN,Compendium historiarum (début XIVe s.), M.G.H.,
SS., t. 25,1880, p. 702 ; Continuatio Zwetlensis III (1308), M.G.H., SS., t. 9, p. 662 ;
Continuatio Florianensis (1310), Id., p. 749 ; Cronica Reinhardsbrunnensis (1340-1349),
M.G.H., SS., t. 30/1, p. 527 et 622 ; JOHANN DE WINTERTHUR,Chronica (XIVe s.),
M.G.H., S.S.R.G., n.s., t. 3,1924, p. 184 ; Cronica de ducibus Bavariae (XIVe s.),
M.G.H., S.S.R.G., t. 19,1924, p. 151 ; Chronicon Moguntinum (XIVe s.), M.G.H.,
S.S.R.G., t. 20,1885, p. 4 et 31 ; Die Kölner Weltchronik (XIVe s.), M.G.H., S.S.R.G.,
n.s., t. 15,1991, p. 65 ; Chronica Austriae (XIVe s.), M.G.H., S.S.R.G.,n.s., t. 13,1967,
p. 130,133,146,159,200,204 et 211.
XVe siècle :
ULRICH DE RICHENTAL,Chronik des Constanzer Concils (ca 1420-1430), éd. M.R. BUCH,
Tübingen, 1882, p. 47-48,133,136,138-141,171,206 et 208 ; THOMAS EBENDORFER,
Cronica Austrie (1re moitié XVe s.), M.G.H., S.S.R.G.,n.s., t. 13,1967, p. 130,133,146,
159,200,205 et 211 ; MOINE ALBERT,Die Weltchronik (XVe s.), M.G.H., S.S.R.G.,n.s.,
t. 17,1994, p. 179 et 211.
2. Chroniques de Pologne
XIIe siècle :
GALLUS ANONYMUS,Cronica et gesta ducum sive principum Polonorum (1113-1116),
M.P.H., t. 1,1864 (rééd. 1960), p. 394,402,403,404,406,417,419,420,421,429,452,
453,455 et 467 ; Annales Cracovienses vetusti (1re moitié XIIe s.), M.G.H., SS., t. 19,
1866, p. 577, M.P.H., t. 2,1872 (rééd. 1961), p. 773 ; Annales capituli Cracoviensis
(XIIe-XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 19, p. 586,588,592,594,598,600 et 602, M.P.H., t. 2, p.
793,804,805,808 et 815 ; Chronicon Hungarico-Polonicum (ca 1200), M.P.H., t. 1,1864
(rééd. 1960), p. 489 et 514.
XIIIe siècle :
Annales Kamenecenses (ca 1204), M.G.H., SS., t. 19, p. 581, M.P.H., t. 2, p. 778 ;
WINCENTY KADRUBEK (* ca 1150-† 1223), Chronica Polonorum (1207-1218), M.G.H.,
SS., t. 29,1892, p. 479,496,498,499, M.P.H., t. 2, p. 279,280,286,291,292,294, 351,
352,354, 355,357,378,379,397, 407,415,416,418,421,433,437, 438,439,440 et
441 ; Vita Minor sancti Stanislai (1re moitié XIIIe s.), M.P.H., t. 4,1884 (rééd. 1961), p.
268 et 275, M.G.H., SS., t. 29, p. 504 ; DOMINICAIN WINCENTY,Vita Maior sancti
Stanislai (1re moitié XIIIe s.), M.P.H., t. 4, p. 365, M.G.H., SS., t. 29, p. 508 ;
BOGUCHWAR, Chronica Poloniae Maioris (1245-1253), continuée par GODYSRAW
BASZKO (1253-1272), M.P.H., t. 2, p. 468,469,483,484,486,487,494, 508,509,515,
516,517, 521,523,526,530,533,534, 535,536,542,544,545, 546,547,552,553,556,
561,573,585,588 et 592 ; Annales Sanctae Crucis Polonici (ca 1270 avec ajouts XIVe-XVe s.), M.G.H., SS., t. 19, p. 679,680,681,682,683,684 et 687, M.P.H., t. 3,1878
(rééd. 1961), p. 62,66,70,71,72,73,75,76,77,78 et 86 ; Annales Cracovienses breves
(XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 19, p. 665 et 666 ; ANONYME (FRANCISCAIN DE CRACOVIE)
Cronica Polonicalis (fin XIIIe s.), M.P.H., t. 3, p. 46,48,50 et 51 ; Miracula sancti
Adalberti (XIIIe-XIVe s.), M.P.H., t. 4, p. 237, M.G.H., SS., t. 4,1841, p. 615-616.
XIVe siècle :
Chronicon Polono-Silesiacum (début XIVe s.), M.G.H., SS., t. 19, p. 558,559,561,562,
563 et 564, M.P.H., t. 3, p. 618,621,622,623,627,628,629,630,635,638 et 640 ;
MIERZWA, Chronica Polonorum (1306-1320), M.P.H., t. 2, p. 164 et 189 ; ID.,
Continuation de la chronique de WINCENTY KADRUBEK,M.P.H., t. 2, p. 286,350,
355,357,378,379,390,397,407,414,416,430,437,438 et 439 ; Annales cisterciensium
in Heinrichow (1re moitié XIVe s.), M.G.H., t. 19, p. 544 et 545, M.P.H., t. 3, p. 702 ;
Catalogue des évêques de Cracovie (1re moitié XIVe s.), Id., p. 329 ; Vita et miracula
sanctae Kyngae ducissae Cracoviensis (1re moitié XIVe s.), M.P.H., t. 4, p. 684 et 685 ;
Annales Polonorum (versions de 1340-1341,1464,1471 et XVe s.), M.G.H., SS., t. 19,
p. 618,619,621,622,623, 624,625,628,629,630,631, 636,637,638,644,645,646,
647,650,651,652, 654,655,661 et 662 et leurs continuations de 1330 à
1419 ; DOMINICAIN STANISRAW, De vita et miraculis sancti Iaccchonis (Hyacinthi)
ordinis fratrum praedicatorum (milieu XIVe s.), M.P.H., t. 4, p. 854,857 et 858 ;
Annales Cracovienses compilati (XIVe s.), M.G.H., SS., t. 19, p. 586,593,594,598,600,
602 et 605 ; Annales Miechovienses (XIVe-XVe s.), Id., p. 670,671,675 et 676, M.P.H., t.
2, p. 885 ; Annales Sandivogii (XIVe s.), Id., p. 878 et 879, M.G.H., SS., t. 29, p. 426,
427,428 et 429 ; Annales Capituli Posnaniensis (XIVe s.), Id., p. 450,460 et 462 ;
Annales Posnanienses (XIVe s.), Id., p. 470 ; Annales Posnanienses (XIVe-XVe s.),
M.P.H., t. 5,1888 (rééd. 1961), p. 882, M.G.H., SS., t. 29, p. 470 ; Annales de Kujawie
(ca 1378), M.P.H., t. 3, p. 206 et 212 ; JAN DE CZARNKÓW (* ca 1320-† ca 1387), Cronica
longa seu longa Polonorum (2e moitié XIVe s.), p. 620,621,622, 626,629,630,631, 643,
658,659,664, 665,677,678,680,697, 719,720,722,723,734, 735,738,739,744,748
et 750 ; Chronica principum Poloniae (1382-1398), M.P.H., t. 3, p. 438,440,441,447,
448,449,452,461,462,476, 479,483 et 485 ; Memorabilia de Przeworsk (XIVe-XVe s.),
M.P.H., t. 3, p. 274.
XVe siècle :
Calendarii Cracoviensis notae historicae ad annorum dierumque ordinem redactae (XIIIe-XVe s.), M.P.H., t. 6,1893 (rééd. 1961), p. 649,665,667,669 et 672 ; Cronica conflictus
Wladislai regis Polonie cum Cruciferis anno Christi 1410 (1410), M.P.H., t. 2, p. 902 ; De
magna strage a. 1410 (1re moitié XVe s.), M.P.H., t. 4, p. 47 ; Ordo regum incliti regni
Polonie (XVe s.), M.P.H., t. 3, p. 292 et 295 ; Catalogue des évêques de Cracovie III (XVe
s.),Id., p. 348 ; Catalogue des évêques de Cracovie IV (XVe s.), Id., p. 363 ; Annales
Silesiaci compilati (XVe s.), M.G.H., SS., t. 19, p. 538-540, M.P.H., t. 3, p. 676 et 678 ;
Memorabilia Cracoviensia (XVe s.), Id., p. 240 ; Memorabilia de Bochnia (XVe s.), Id., p.
244 ; Memorabilia civitatis Lwów (XVe s.), Id., p. 251.
3. Chroniques de Prusse-Livonie
XIIIe siècle :
HENRI DE LIVONIE († ca 1259), Chronicon Lyvoniae (1225-1229), A.Q.D.G.M., t. 24,
1975, p. 4,22,28,44,46,48,54,56,58,60,62,80-84,96,100-104,108,110,116,120,
138,146,148,150,152,164, 168,170,172,180,200-214, 218,220-228,236,254,260,
268,270,272,274, 276,278,280,286,292, 296,298,300,304,306, 308,310,314,320,
322 et 304 ; Livländische Reimchronik (1290-1296), éd. F. PFEIFFER, Stuttgart, 1844, p.
4,5,18,44,52,56-62,175-176,179,180,181,183,193,204,204-209 et 241.
XIVe siècle :
CHANOINE DE SAMLAND, Annales (début XIVe s.), M.G.H., SS., t. 19, p. 704 et 706 ;
BARTHOLOMÄUS HOENECKE,Jüngere livländische Reimchronik (1315-1348) ; PETER DE
DUSBURG,Chronica terre Prussie (1326), A.Q.D.G.M., t. 25,1984, p. 98,284,298,300,
326,382,406,408 et 458 ; NICOLAUS VON JEROSCHIN,Kronike von Pruzinlant (1331-1340/1) ; HERMANN VON WARTBERGE,Chronicon Livoniae (apr. 1378) ; WIGAND DE
MARBURG (apr. 1394).
4. Chroniques de Hongrie
XIIe siècle :
ANONYMUS,Gesta Hungarorum (1196-1203), mentionné par Å UÅ ARIN, Drevnerusskoe,
p. 441-442.
XIIIe siècle :
Carmina de regno Ungariae destructo per Tartaros (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 29, p. 60 ;
ROGER D’APULIE,Miserabile carmen super destructione Hungariae (ca 1242), Id., p. 551,
553,554,555 et 564 ; THOMAS DE SPLIT, Historia pontificum Salonitanorum et
Spalatinorum (milieu XIIIe s.), Id., p. 585,586 et 591 ; SIMON KÉZAI,Gesta Ungarorum
(fin XIIIe s.), Id., p. 532,527,536 et 540.
XIVe siècle :
MÁRKUS KALTY,Chronicon pictum (ca 1358), mentionné par Å UÅ ARIN, Drevnerusskoe,
p. 432-434.
5. Chroniques des pays scandinaves
XIIe siècle :
Historia Norwegiae (ca 1170), M.H.N., 1880, p. 113,120 et 124 ; MOINE THEODRIC,
Historia de antiquitate regum Norwagiensium (1177-1180), Id., p. 13,28,30,45 et 57,
M.G.H., SS., t. 29, p. 250 ; WILHELM D’EBELHOLT (* ca 1112-† 1202), Genealogia
Ingeborgis reginae (ca 1194), Id., p. 165 et 166 ; Acta Sancti Olavi regis et martyris (ca
1200), M.H.N., p. 130,142 et 143.
XIIIe siècle :
SAXO GRAMMATICUS,Gesta Danorum (ca 1180/90-ca 1210/20), M.G.H., SS., t. 29, p.
53,57,67,71 et 95 ; lslenzkir annálar [Annales Islandaises] (1re moitié XVe siècle) ;
Chronica Danorum Sialandica (2e moitié XIIIe s.), Id., p. 212 ; DOMINICAIN SUÉDOIS,
Annales recentiore tempore excerpta (XIIIe s.), Id., p. 235.
6. Chroniques de France
XIe siècle :
Annales S. Benigni Divionensis (Xe-XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 5, p. 49 ; ADÉMAR DE
CHABANNES,Chronicon (1025-1028), éd. P. BOURGAIN, R. LANDES, G.PON, Turnhout,
1999, p. 152,153 et 174 ; RAOUL TORTAIRE, Miracula sancti Benedicti (fin XIe s.),
R.H.F., t. 11,1876, p. 486 ; Genealogiae breves regum Francorum (XIe-XIIe s.), M.G.H.,
SS., t. 13, p. 249-250.
XIIe siècle :
Historia Francorum (1108-1110), R.H.F., t. 11, p. 161 ; HUGUES DE FLEURY,Liber qui
modernorum regum Francorum continet actus (ca 1114), M.G.H., SS., t. 9, p. 388 ; ID.
(?),Historia Francorum (début XIIe s.), R.H.F., t. 11, p. 159 ; Chronicon Sancti Petri
Vivi Senonensis (début XIIe s.), éd. R.H. BAUTIER et M. GILLES, Paris, 1979, p. 122 ;
MOINE BÉNÉDICTIN DENIS, Vita Mathildis (ca 1114), M.G.H., SS., t. 12, p. 380 ;
ORDÉRIC VITAL (*1075-† ca 1141), Historiae Ecclesiasticae libri tredecim (1re moitié XIIe
s.), éd. A. LE PREVOST, Paris, 1845, rééd. New York, 1965, t. 3, p. 158-159 et t. 4, p.
27 ; Abbreviatio gestorum Franciae Regum (1re moitié XIIe s.), R.H.F., t. 11, p. 213 ;
L’Estoire de la Guerre Sainte (fin XIIe-début XIIIe s.) ; Annales Sancti Albini
Andegavensis (XIIe-début XIIIe s.), Id., p. 29.
XIIIe siècle :
GEOFFROY DE VILLEHARDOUIN (* ca 1150-† ca 1213), La conquête de Constantinople (ca
1207), éd. E. FARAL, Paris, 1939, p. 26 ; Historia regum Francorum usque ad annum
1214 (début XIIIe s.), R.H.F., t. 11, p. 319 ; MOINE DE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS,
Historia regum Francorum (début XIIIe s.), Id., p. 319 ; PHILIPPE MOUSKET († 1283),
Chronique rimée (avant 1244), M.G.H., SS., t. 26,1882, p. 815 et 819 ; Chronique de
Saint-Denis (ca 1274), R.H.F., t. 11, p. 409 ; Li Estoire de Jerusalem et d’Antioche (XIIIe
s.),Recueil des Historiens des Croisades, Historiens occidentaux, t. 5,1895, p. 630.
XIVe siècle :
Chronique de Vézelay (début XIVe s.), R.H.F., t. 11, p. 384.
7. Chroniques du royaume anglo-normand
XIe siècle :
GUILLAUME DE JUMIÈGES,Historia Normannorum libri VIII (ca 1070), R.H.F., t. 11, p.
48.
XIIe siècle :
GEFFREI GAIMAR, Lestoire des Englès (1re moitié XIIe s.), éd. T.D. HARDY, C.T.
MARTIN,Rerum britannicarum medii aevi scriptores – Rolls Series (infra R.S.), t. 91/1,
Londres, 1888, p. 194 ; WILLIAM FITZ-STEPHEN († ca 1191), Vita et Passio sancti
Thomae, Cantuariensis archiepiscopi et martyris (1173-1174), éd. J.C. ROBERTSON,R.S.,
t. 67/3, Londres, 1877, p. 7 ; BENOÎT DE SAINT-MAURE, Chronique des ducs de
Normandie (ca 1175), éd. C. FAHLIN, t. 1, Uppsala, 1951, p. 10-11 ; WILLIAM DE
CANTERBURY,Vita et miracula sancti Thomae (fin XIIe s.), M.G.H., SS., t. 27,1885, p.
41 ; ROGER DE HOVEDEN († ca 1201), Chronica (1192-1201), Id., p. 147 et éd. W.
STUBBS,R.S., t. 51/2, Londres, 1869, p. 236.
XIIIe siècle :
PRÊTRE ANGLAIS LAYAMON,Brut (1204-1205), éd. F. MADDEN,R.S., t. 2, Londres,
1847, p. 525-526 ; MATHIEU PARIS (* ca 1200-† 1259), Chronica Maiora (1235-1259),
M.G.H., SS., t. 28,1888, p. 202,207,208,209,210,211,292 et 319 et éd. H.R. LUARD,
R.S., t. 57/3, Londres, 1876, p. 459-460 ; t. 57/4,1877, p. 92-93,112-114,386-389 ; t.
57/6,1882, p. 75,77-82,84 ; ID.,Historia Anglorum (1235-1259), M.G.H., SS., t. 28, p.
429 ; Annales monasterii de Waverleia (XIIIe s.), éd. H.R. LUARD,R.S., t. 36/2, Londres,
1865, p. 324-325 ; Continuation de la Gesta regum de GERVAISE DE CANTERBURY
(XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 27, p. 310 ; Annales Burtonenses (fin XIIIe s.), Id., p. 474 et
475 et éd.H.R. LUARD,R.S., t. 36/1, Londres, 1864, p. 271-275.
8. Chroniques d’Italie
Xe siècle :
LIUTPRAND DE CRÉMONE († 972), Antapodosis libri VI et la Relatio de legatione
Constantinopolitana (2e moitié Xe s.), M.G.H., SS., t. 3, p. 277,331 et 353.
XIe siècle :
PIERRE DAMIEN (* 1007-† 1072), Vita sancti Romualdi (ca 1040), M.G.H., SS., t. 4, p.
850 et 851 ; Annales Barenses (fin XIe-début XIIe s.), M.G.H., SS., t. 5, p. 653 et 654 ;
LÉON MARSICAN (* ca 1050-† 1115) et PIERRE DIACRE (* ca 1107/10-† 1159/64),
Chronica monasterii Casinensis (fin XIe-début XIIe s.), M.G.H., SS., t. 7, p. 640 et 652.
XIVe siècle :
PTOLÉMÉE DE LUCQUES,Annales (début XIVe s.), M.G.H., D.C.G.M.,n.s., t. 8,1930, p.
117.
[1]
Le présent article est tiré de ma thèse de doctorat, intitulée
Genèse et
développement de la représentation du monde « russe » en Occident (Xe-XVIe siècles), 3
vol., Bruxelles, Université Libre de Bruxelles, 2001. Elle a été éditée sous le titre
suivant : Orbis Russiarum.
Genèse et développement de la représentation du monde
« russe » en Occident à la Renaissance, Genève, 2003. J’utiliserai le nom
Russia,
abondamment employé dans les sources occidentales latines au Moyen Âge, pour
désigner le premier État commun des Slaves orientaux (Russes, Biélorusses et
Ukrainiens) formé autour de la ville de Kiev depuis le X
e jusqu’au XIII
e siècle. Il
permet d’éviter l’appellation « Russie » qui désigne aujourd’hui la Fédération de
Russie. Le choix du nom « Russie » pour appeler l’État kiévien heurte les
Ukrainiens et les Biélorusses, lesquels peuvent également revendiquer cet État
comme une partie de leur héritage.
[2]
Le terme « russe » est mis entre guillemets pour montrer qu’il s’agit des
habitants de l’ensemble de la
Russia et non des seuls Russes de la Fédération de
Russie.
[3]
Sur les relations entre la
Russia et l’Occident du X
e au XV
e siècles, voir
bibliographie en annexe I.
[4]
Le nom général « Slaves orientaux » sera utilisé pour désigner les
habitants de la
Russia médiévale, ancêtres communs des Russes, Biélorusses et
Ukrainiens.
[5]
On compte également une présence occidentale dans les villes de Kiev,
Smolensk, Polock, Pskov et Vladimir.
[6]
Parmi ces villes, citons Ratisbonne, Lübeck, Visby, Sigtuna et Riga.
[7]
D’autres facteurs semblent avoir joué un rôle important dans l’isolement
de la
Russia par rapport à l’Occident : ce sont d’une part le Schisme qui sépare
chrétiens latins et grecs depuis le XI
e siècle, dont les effets se font peu à peu sentir
au cours du XIII
e siècle en
Russia à la suite des attaques répétées des États latins
voisins (Pologne, Suède et Livonie), d’autre part l’expansion de la Lituanie,
dernier pays païen d’Europe, au XIV
e siècle qui fait écran entre la
Russia et
l’Occident.
[8]
Résultat obtenu à partir du dépouillement de : 1)
Monumenta Germaniae
historica. Scriptores (
infra M.G.H.,
SS.), Hanovre-Leipzig-Stuttgart, t. 1,1826 ; t. 3,
1839 ; t. 4-5,1841-1844 ; t. 6,1844, rééd. 1980 ; t. 7,1846 ; t. 9-14,1851-1883 ; t. 16-17,
1859-1861 ; t. 19-22,1866-1872 ; t. 23,1874, rééd. 1986 ; t. 24-30/2,1879-1934 ; t. 34,
1980 ; 2)
Monumenta Germaniae historica. Scriptores Rerum Germanicarum in usum
scholarum (
infra M.G.H.,
SS.R.G.), Hanovre-Leipzig-Berlin-Munich-Zurich, t. 18-20,
1880-1885 ; t. 42,1899 ; t. 50,1890 et
SS.R.G. nova series, t. 2-3,1923-1924 ; t. 8,1930 ;
t. 13,1967 ; t. 15,1991 ; t. 17,1994 ; 3)
Monumenta Germaniae historica. Deutsche
Chroniken und andere Geschichtsbücher des Mittelaters (
infra M.G.H.,
D.C.G.M.),
Hanovre-Leipzig, t. 1-3,1895-1900 ; t. 5-6,1890-1909 ; 4)
Ausgewählte Quellen zur
deutschen Geschichte des Mittelalters (
infra A.Q.D.G.M.), Berlin-Darmstadt, t. 9,1957 ;
t. 11-13,1961-1957 ; t. 15-17,1972-1965 ; t. 19,1963 ; t. 24-25,1975-1984 ; 5)
Monumenta
Poloniae historica (
infra M.P.H.), 6 vol., Lwów-Cracovie, 1864-1893, rééd. Paris-La
Haye-Varsovie, 1960-1961 ; 6)
Recueil des Historiens des Gaules et de la France (
infra
R.H.F.), t. 11, Paris, 1876 ; 7)
Monumenta Historica Norvegiae latine conscripta (
infra
M.H.N.), Oslo, 1880 ; 8)
DrevnejÅ¡ie isto²niki po istorii narodov SSSR [russe :
Les plus
anciennes sources historiques sur les peuples de l’U.R.S.S.], collection dont le nom a
changé en 1994 :
DrevnejÅ¡ie isto²niki po istorii vosto²noj Evropy [russe :
Les plus
anciennes sources historiques de l’Europe orientale]. Voir dans cette collection les
recueils suivants : V.I. MATUZOVA,
Anglijskie srednevekovye isto²niki IX-XIII vv. :
teksty, perevod, kommentarij [russe :
Les sources médiévales anglaises (IXe-XIIIe s.) :
textes, traduction et commentaire], Moscou, 1979 ; N.I.
Å +AVELEVA,
Pol'skie
latinojazy²nye srednevekovye isto²niki. : teksty, perevod, kommentarij [russe :
Les sources
médiévales polonaises en latin : textes, traduction et commentaire], Moscou, 1990 ; A.V.
NAZARENKO,
Nemeckie latinojazy²nye isto²niki IX-X vv. : teksty, perevod, kommentarij
[russe :
Les sources médiévales allemandes en latin (IXe-XIe s.) : textes, traduction et
commentaire], Moscou, 1993 ; voir également le recueil de M.B. SVERDLOV,
Latinojazy²nye isto²niki po istorii Drevnej Rusi : Germanija, t. 1,
IX-pervaja polovina XII
vv., t. 2,
Seredina XII-seredina XIII v., t. 3,
Bibliografija i ukazateli [russe :
Les sources latines
d’histoire de la Russia
ancienne : Germanie, t. 1,
IXe-1re moitié XIIe s., t. 2,
milieu XIIe-milieu
XIIIe s., t. 3,
Bibliographie et index], Moscou-Leningrad, 1989-1990 ; 9) articles de : A.V.
SOLOVIEV, Le nom byzantin de la Russie,
Musagetes, t. 3,1957, p. 1-54, rééd.
Byzance et
la formation de l’État russe, Londres, 1979, n° XI ; ID., Mare Russiae,
Die Welt der
Sla