Le Moyen Age
De Boeck Université

I.S.B.N.2-8041-4461-5
244 pages

p. 275 à 314
doi: en cours

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Tome CX 2004/2

2004 Le Moyen Age

Constitution et diffusion d’un savoir occidental sur le monde « russe » au Moyen Âge (fin Xe-milieu XVe siècle) (1re partie)

Stéphane Mund Université Libre de Bruxelles Wolfson College – Université de Cambridge
St. MUND, Constitution and diffusion of Western knowledge about the « Russian » world in the Middle Ages (end of the 10th-middle of the 15th centuries) (Part 1). This article is a synthesis of the knowledge about « Russian » culture in Western Europe between the end of the 10th century (when the Kievan Russia converted to christianity and its sovereigns established relationships with other Christian kings) and the middle of the 15th century (just before the Moscovite Russia, which had succeeded Kievan Rus’, joined the political and economic Western sphere). It presents a systematic survey of all Western European mediaeval sources about Russia over this long period. These are chronicles, sagas, encyclopaedias, travel narratives, maps, or chivalric literature. These sources are analysed according to a typological approach, i.e. focusing on the authors, their origin and educational background, on the characteristics of the texts and on the information they provide about Russia. This typological approach shows that an image of Russia emerged in medieval Western Europe, however partial and fragmentary it may have been. Not until the late 15th and the early 16th century was Russia really discovered by Western European diplomats and merchants.Keywords : Russia, Western world, representation, Eastern Slavs, typology of sources.
 
Introduction
 
 
Pays lointain situé aux confins de l’Europe et séparé de l’Occident par de vastes étendues marécageuses et d’épaisses forêts, la Russia médiévale appartient de surcroît à un ensemble culturel différent du monde occidental latin [1]. Car la décision du prince Vladimir de se convertir au christianisme de rite grec en 988 et d’imposer cette religion à ses sujets l’a fait entrer au sein du « commonwealth byzantin » pour reprendre la célèbre expression de D. Obolensky. On peut dès lors se demander dans quelle mesure l’Occident latin médiéval a connu le monde « russe » [2] et quelles informations il a transmises à son sujet. On peut dans la foulée s’interroger également sur sa perception d’un monde étranger par rapport au sien. Telles sont les questions dont je traiterai dans le présent article. Je m’intéresserai d’abord aux sources qui ont véhiculé des renseignements sur la Russia et en préciserai la nature. J’analyserai ensuite la représentation que l’on pouvait se faire de cet ensemble territorial à partir de ces sources. Enfin, je m’efforcerai de déterminer dans quelle mesure l’information a circulé en Occident. Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, il convient de faire un bref rappel historique des relations entre la Russia et l’Occident au cours de la période envisagée.
 
Bref aperçu des relations entre l’Occident et la Russia au Moyen Âge
 
 
Les relations entre l’Occident et le monde « russe » sont très anciennes : elles remontent au début même de l’histoire de la Russia [3]. Toutefois, elles ne s’intensifient qu’à partir de la fin du Xe et de la première moitié du XIe siècle, période qui correspond aux règnes des princes Vladimir (988-† 1015) et Jaroslav le Sage (1019-† 1054), fondateurs du premier État des Slaves Orientaux [4] centré autour de la ville de Kiev. Les premiers Occidentaux à nouer des contacts avec le monde « russe » sont les voisins de ce dernier, à savoir les Scandinaves, les Polonais, les Allemands et les Hongrois, auxquels il convient d’ajouter, à partir du XIIIe siècle, les Génois, les Vénitiens et les Catalans. Ces contacts sont essentiellement d’ordre économique et politique. Les contacts économiques consistent avant tout en échanges commerciaux qui concernent une grande variété de marchandises (fourrures, cire et miel de Russia, draps, sel et métaux d’Occident, produits de luxe de Byzance et d’Orient). Ces échanges s’effectuent beaucoup en Russia où les marchands occidentaux se rendent suivant plusieurs itinéraires qui partent de la mer Baltique, de la mer Noire et de l’Europe centrale et remontent les fleuves russes. Un des principaux centres du commerce entre la Russia et l’Occident est la ville de Novgorod, où les marchands scandinaves et allemands possèdent leur comptoir respectif [5]. Si les marchands occidentaux se rendent en Russia, les sources et l’archéologie attestent la présence à la même époque de marchands « russes » dans certaines villes occidentales [6]. En ce qui concerne les liens politiques, ils consistent principalement en unions matrimoniales et en alliances de circonstances contre un ennemi commun. Si l’on excepte le cas de Jaroslav le Sage qui a noué un réseau d’alliances matrimoniales dans toute l’Europe occidentale pour ses enfants, les princes « russes » entretiennent des relations politiques et organisent des mariages surtout avec les souverains des pays voisins (Pologne, Suède, Hongrie).
L’invasion des Tatars-Mongols qui soumettent la Russia entre 1237 et 1240 renforce dans un premier temps les liens politiques de cette dernière avec l’Occident à cause de leur besoin respectif de trouver une entente commune face au danger qui menace l’ensemble du monde chrétien. Plusieurs échanges diplomatiques entre souverains occidentaux et princes « russes » ont lieu au cours des années suivantes, lorsque le régime tatar-mongol n’est pas encore bien installé. Cependant à partir de la fin du XIIIe siècle, le renforcement de la domination tatare-mongole sur la Russia a pour effet d’isoler durablement ce pays [7]. Désormais l’attention des princes « russes » est d’abord portée vers la capitale de leur maître, le khan de la Horde d’Or, où des changements politiques et dynastiques peuvent avoir des conséquences sur leur propre pouvoir. Par ailleurs, les sources « russes » attestent qu’ils ne se marient presque plus avec des princesses issues de dynasties occidentales. Il faudra attendre la fin du XVe siècle et l’émancipation des terres « russes » du joug tatar-mongol sous l’égide des princes de Moscou pour que des liens politiques se nouent à nouveau avec l’Occident. Malgré la domination tatare-mongole, les contacts entre l’Occident et la Russia n’ont pas été totalement rompus durant cette longue période ; l’isolement de la Russia doit être relativisé. Les anciennes relations commerciales avec l’Occident se maintiennent, principalement dans les villes « russes » périphériques de l’ouest et du nord, et restent très actives aux XIVe et XVe siècles. La ville de Novgorod demeure le principal centre du commerce international de la Russia et continue d’être fréquentée par de nombreux occidentaux. C’est l’époque où les marchands de la Hanse détiennent une situation de quasi-monopole dans le commerce de cette cité avec l’Occident. En conclusion, l’examen des relations entre la Russia et l’Occident au Moyen Âge révèle que celles-ci sont continues, seuls leur intensité et leur caractère varient selon les époques.
 
Les sources primaires de la connaissance du monde « russe » en Occident
 
 
Bien que les relations entre la Russia et l’Occident soient anciennes, il faut cependant attendre les XIe et XIIe siècles pour que ce pays et son peuple apparaissent fréquemment dans les sources occidentales. Ces sources sont principalement des chroniques, des sagas, des encyclopédies, des récits de voyage, des mappemondes et des portulans. L’époque de l’émergence de la Russia dans les sources occidentales correspond à un nouvel épanouissement culturel en Occident, épanouissement permis par l’arrêt des invasions musulmanes, scandinaves et hongroises et par la constitution d’ensembles politiques stables (empire germanique, royaume capétien de France, royaume anglo-normand…).
De toutes les sources occidentales qui évoquent la Russia au Moyen Âge, les chroniques sont incontestablement les plus nombreuses, puisqu’on trouve des mentions de la Russia dans plus de deux cents d’entre elles de la fin du Xe au milieu du XVe siècle [8]. Si les premières mentions de la Russia dans les chroniques font leur apparition au Xe siècle [9], elles se multiplient à partir du début du XIe siècle et sont présentes dans un grand nombre de textes jusqu’au XIIIe siècle. En effet, durant cette période, la Russia est citée dans les chroniques de la plupart des pays occidentaux [10]. Les mentions les plus nombreuses apparaissent dans les chroniques de l’empire germanique, pays avec lequel les princes de la Russia ont noué des contacts politiques anciens. Mais on trouve également plusieurs mentions dans les chroniques de Pologne, de Livonie, de Hongrie, du Danemark, de Suède et de Norvège, c’est-à-dire des pays voisins ou proches de la Russia qui entretiennent avec elle divers liens politiques et économiques. La Russia est par ailleurs également citée dans quelques chroniques de France, d’Angleterre et d’Italie. Il convient cependant de ne pas exagérer l’importance de ces mentions. Même dans les chroniques où la Russia est le plus souvent nommée, elle n’a qu’une importance tout à fait secondaire dans le texte par rapport aux pays occidentaux. Par ailleurs, à partir de la fin du XIIIe siècle, on constate que les chroniques occidentales évoquant la Russia deviennent moins nombreuses. Cette évolution correspond à l’époque de la domination tatare-mongole qui isole durablement la Russia de l’Occident. Désormais, on trouve des informations sur cette dernière essentiellement dans les chroniques des pays voisins, notamment la Pologne et la Prusse-Livonie, ainsi que dans les chroniques des villes hanséatiques qui entretiennent de nombreux liens commerciaux avec Novgorod. Mais, ici encore, le pays des Slaves orientaux n’occupe pas beaucoup de place dans le texte [11].
Outre leur origine diverse, les chroniques occidentales mentionnant la Russia se caractérisent également par la grande variété de leur contenu : chroniques universelles, dont le but est de reporter tous les événements principaux de l’histoire de l’humanité à partir de la création du monde, chroniques relatant l’histoire d’un peuple depuis ses origines, chroniques de royaumes, de principautés, d’évêchés et de monastères ou encore biographies de souverains, d’évêques ou d’autres personnages illustres etc. Ces chroniques sont rédigées dans leur grande majorité en latin, langue de l’Église et de la culture occidentale au Moyen Âge. Cependant, à partir du XIIe siècle, on voit aussi apparaître des mentions de la Russia dans des chroniques composées dans les langues vulgaires, notamment le vieil allemand et le vieux français, situation qui devient de plus en plus fréquente au fur et à mesure qu’on avance dans le Moyen Âge. Souvent anonymes, les auteurs de ces chroniques sont en grande majorité des hommes d’Église, principalement des moines, des chanoines, des prêtres et des évêques, qui composent celles-ci dans des monastères, des chapitres et des écoles cathédrales.
Comme les chroniques ont pour objectif principal de fournir des informations de type événementiel, on ne sera pas étonné que les éléments de description du monde « russe » y soient rares. Lorsque les auteurs des chroniques s’intéressent à la Russia, c’est essentiellement pour faire allusion aux rapports entre ce pays et l’Occident : mariages entre princes « russes » et dynastes occidentaux, ambassades « russes » à la cour impériale, luttes de succession pour le trône de Kiev dans lesquelles interviennent à l’occasion les ducs de Pologne et les empereurs germaniques, conflits entre les princes « russes » et leurs voisins polonais, livoniens, hongrois et suédois, missionnaires latins en Russia etc. Les seules chroniques qui apportent des informations substantielles sur la Russia sont le Chronicon (1012-1018) de l’évêque Thietmar de Mersebourg (* ca 975-† 1018) et la Gesta Hammaburgensis ecclesiae Pontificum (1072-1076) de l’écolâtre Adam de Brême († ca 1081). Sans s’être jamais rendu en Russia, Thietmar fournit au sujet de ce pays les premiers renseignements consistants, qui vont au-delà des simples mentions. Il apporte des informations fiables sur Kiev, obtenues vraisemblablement auprès de soldats saxons qui ont pris part à la conquête de cette ville par l’armée du duc de Pologne Boleslas le Vaillant (992-† 1025) en 1018 [12]. Pour sa part, Adam de Brême fournit les premiers éléments de géographie générale sur la Russia dans le Livre IV de sa chronique consacré à une description chorographique de l’Europe septentrionale, terre de mission des archevêques d’Hambourg-Brême. Comme les sources antiques sur cette partie de l’Europe sont minces, Adam de Brême a été obligé de recourir aux témoignages de ses contemporains. Côtoyant à Brême des navigateurs, des marchands, des missionnaires et des diplomates familiers avec le monde de la mer Baltique, il a probablement entendu parler de l’existence d’un pays immense appelé la Russia qu’il évoque avec précision en quelques lignes [13].
Si les Norvégiens et les Danois ont laissé des mentions de la Russia dans quelques chroniques du XIIe siècle, la principale source d’information sur le pays des Slaves orientaux dans le monde scandinave à cette époque en réalité est constituée par les sagas [14]. Celles-ci forment un genre d’écrit particulier au contenu à la fois historique et épique, propre aux peuples nordiques, en particulier les Islandais. Parmi les différents types de sagas répertoriés par les spécialistes, les plus riches en informations sur la Russia sont les sagas islandaises des rois de Norvège (konungasögur), en particulier celles qui relatent les règnes d’Olaf Ier Tryggvason (995-† 1000), Olaf II Haraldsson le Saint (1014-† 1028), Magnus Ier le Bon (1035-† 1046) et Harald II Sigurdarson le Sévère (1046-† 1066) [15]. Car ces quatre souverains ont entretenu d’importantes relations dynastiques et politiques avec les princes de la Russia aux Xe et XIe siècles, relations dont les sagas se font l’écho [16]. Il importe à cet égard de constater l’importance du fonds historique dans les sagas des rois de Norvège proches des chroniques au niveau de leur contenu, même si la présentation des événements a tendance à y être enjolivée [17]. On trouve également des renseignements sur la Russia dans les sagas islandaises des Vikings appartenant à la catégorie des sagas des temps anciens (fornaldarsögur) [18], lesquelles sont considérées par les spécialistes comme beaucoup plus littéraires que les sagas des rois de Norvège et proches des épopées héroïques allemandes. Ces sagas relatent souvent les aventures de Vikings partis à la conquête des richesses dans des pays lointains, parmi lesquels figure la Russia [19]. Si les héros célébrés y sont le plus souvent légendaires, ils représentent néanmoins un prototype d’aventuriers répandu dans le monde viking à une certaine époque, tandis que l’évocation du cadre bien réel de leurs exploits montre les bonnes connaissances acquises par les Scandinaves au cours de leurs nombreux voyages et expéditions [20]. Si elles diffèrent au niveau de l’importance de leur contenu historique et littéraire, les sagas des rois de Norvège et les sagas des Vikings sont toutes composées, contrairement aux chroniques, dans la langue vernaculaire employée par les conteurs, à savoir le vieux norvégien et le vieil islandais, ce qui explique que leur notoriété a été longtemps limitée essentiellement au monde scandinave [21]. Les auteurs de ces sagas sont restés anonymes, tout au plus connaît-on les noms des personnes qui les ont mises par écrit. Celles-ci sont en général issues des milieux ecclésiastiques, comme la plupart des auteurs de chroniques.
Qu’ils soient authentiques ou plus ou moins légendaires, les renseignements fournis par les sagas sur le pays des Slaves orientaux sont avant tout de type événementiel. Ils ont probablement été obtenus par des Islandais qui ont séjourné en Russia ou dans les cours royales de Norvège et de Suède [22]. Ils concernent principalement les relations entre les princes de la Russia et les rois de Norvège et de Suède, ainsi que les diverses activités des Scandinaves dans le pays des Slaves orientaux [23]. Cependant, les sagas n’éclairent qu’une courte période de l’histoire de la Russia [24] – entre 975 et 1050 –, période qui correspond aux règnes des princes Vladimir et Jaroslav le Sage. Parmi les faits régulièrement mentionnés dans les sagas, figure le mariage, attesté historiquement, de Jaroslav le Sage avec Ingigerda de Suède († 1050). Les sagas nous apprennent que la jeune princesse a obtenu à cette occasion la ville de Ladoga [25] comme douaire et confié le gouvernement de celle-ci à un de ses parents suédois. Selon les sagas, Ladoga vit pendant quelques décennies sous le régime des jarls, nom donné aux gouverneurs territoriaux scandinaves [26]. Par ailleurs, les sagas mentionnent la présence de plusieurs groupes de Scandinaves dans le pays des Slaves orientaux. Les plus connus sont les rois de Norvège Olaf Tryggvason, Olaf Haraldson le Saint et Harald le Sévère déjà nommés, dont les séjours en Russia sont attestés historiquement [27]. Tous les trois ont vécu quelques temps à la cour de Vladimir et de Jaroslav le Sage à Novgorod parce qu’ils avaient dû s’enfuir de Norvège ou parce qu’ils étaient en quête d’aventure [28]. Outre les rois de Norvège, les sagas mentionnent à plusieurs reprises des Scandinaves dans l’entourage même de Vladimir et de Jaroslav le Sage : mercenaires installés à Novgorod, fonctionnaires exerçant des charges de gouverneurs dans certains territoires de la Russia (Ladoga et Polock) et collecteurs de tribut auprès des populations baltes vassales. Enfin les sagas évoquent des aventuriers qui viennent en Russia pour faire du pillage ou du commerce [29].
Une autre source de connaissance pour la Russia est constituée par les encyclopédies, dont la grande période d’élaboration est le XIIIe siècle [30]. Celles-ci se présentent comme des compilations qui rassemblent les connaissances de l’Antiquité et du Moyen Âge dans la tradition ouverte au VIIe siècle par Isidore de Séville. Elles sont en général plutôt pauvres en informations géographiques sur les régions du nord et de l’est de l’Europe mal connues en Occident. Souvent leurs auteurs se contentent des indications vagues et fabuleuses léguées par les auteurs romains [31]. Fidèles aux « Autorités » de l’Antiquité, plusieurs auteurs d’encyclopédies ignorent la Russia dans leur ouvrage [32]. Ils ne connaissent que la Scythie et la Sarmatie des Anciens qui s’étendent depuis le Caucase jusqu’aux confins de la Germanie. Celles-ci sont présentées comme des contrées couvertes de forêts impénétrables et riches en « merveilles », dans lesquelles il est dangereux de s’aventurer. Car on y rencontre des êtres cruels ou difformes et des animaux merveilleux ou terrifiants. Cependant certains encyclopédistes évoquent la Russia en intégrant dans leur compilation des informations récentes, sans toutefois pour autant renier l’héritage antique, ce qui aboutit parfois à des contradictions [33]. Parmi les encyclopédies, j’en retiendrai deux qui présentent de brèves descriptions originales de la Russia : les Otia imperialia (1209-1214) et le De proprietatibus rerum (achevé vers 1245). Leurs auteurs, le clerc Gervais de Tilbury (* ca 1155-† ca 1234) et le moine franciscain Barthélémy l’Anglais (* ca1190-† ca 1250), sont tous les deux des lettrés d’origine anglaise qui ont parcouru l’Europe à la découverte des grands foyers culturels de leur époque. À ces derniers, il convient d’ajouter l’intellectuel dominicain Vincent de Beauvais († 1264) et le philosophe et mathématicien franciscain Roger Bacon (* ca1214-†ca1292) [34]. Ces deux auteurs apportent également dans leurs encyclopédies, intitulées l’une le Speculum (1244-1258), l’autre l’Opus maius (1266-1268), des informations sur la Russia, mais contrairement aux deux auteurs précédents, celles-ci sont uniquement copiées d’autres sources.
Bien que les régions de la Russia soient parcourues par des voyageurs occidentaux depuis au moins le milieu du VIIIe siècle, ceux-ci sont peu nombreux à laisser des souvenirs écrits de leur passage. Dans l’état actuel des connaissances, seuls sept d’entre eux ont écrit un récit fournissant des informations sur la Russia [35]. Ces récits qui ont été rédigés entre le début du XIe et le milieu du XVe siècle sont l’Epistola ad Henricum regem (ca1008-1009) [36] de l’archevêque saxon Bruno de Querfurt (* ca 974-† 1009), l’Epistola de vita Tartarorum (1237) [37] du dominicain hongrois Julien de Hongrie (1re moitié XIIIe s.), l’Ystoria Mongalorum (1245-1246) [38] du franciscain italien Jean de Plan Carpin (* ca1182-† 1252), la Relatio (1245-1246) [39] du compagnon de voyage de ce dernier, le franciscain polonais Benoît de Pologne (dates inconnues), l’Itinerarium ad partes orientales (1255) [40] du franciscain flamand Guillaume de Rubrouck (* ca 1220-†ca 1293), Le Devisement du Monde (1298-1299) [41] du marchand vénitien Marco Polo (*1254-† 1324) et les Voyages et Ambassades (1399-1450) du chevalier flamando-hennuyer Guillebert de Lannoy (*1386-† 1462) [42]. À ces sept récits de voyage, il convient d’ajouter le cas particulier du Libro del conoscimiento de todos los reynos y tierras y señorios que son per el mundo, y de las señales y armas que han cada tierra y señorio (ca1348) [43]. Ce texte ne peut en effet être considéré à proprement parler comme un récit de voyage même s’il en revêt la forme. Son auteur, un franciscain anonyme castillan (* ca1305-† ?), semble n’avoir jamais quitté son cabinet de travail, mais il fait croire qu’il a parcouru le monde connu de son époque, alors qu’il s’appuie en réalité principalement sur les cartes, en particulier sur les portulans catalans évoqués plus loin [44]. Si le récit de Bruno de Querfurt date du début du XIe siècle, la majorité des autres textes cités est composée au XIIIe siècle. Deux phénomènes expliquent cette concentration : le premier est l’élan missionnaire vers de nouvelles terres de conversion, notamment la grande plaine eurasiatique [45]. C’est dans ce contexte que se situe la mission de Julien de Hongrie, parti à la recherche de la patrie originelle des Hongrois située entre les cours de la Volga et de la Kama à l’est de la Russia pour y nouer des contacts avec le rameau du peuple hongrois resté sur place lors de la grande migration des Hongrois vers l’Europe centrale et le convertir au christianisme. Le second est un événement historique majeur, à savoir la brusque invasion tatare-mongole, qui a frappé les milieux politiques, religieux et lettrés occidentaux [46]. Partagés entre la crainte d’être conquis par ces nouveaux « Barbares féroces » venus des profondeurs de l’Asie et l’espoir de les convertir au christianisme et de s’en faire des alliés, les Occidentaux cherchent à mieux les connaître. Dans ce but, ils multiplient les ambassades, les missions de reconnaissance et les missions religieuses en Asie centrale, parmi lesquelles figurent les voyages de Plan Carpin, Benoît de Pologne, Rubrouck et Marco Polo [47]. Pour ces voyageurs, la Russia apparaît comme la dernière étape avant l’entrée dans la vaste steppe eurasiatique et le dernier pays chrétien avant l’immensité païenne. Après le XIIIe siècle, la Russia disparaît à nouveau presque complètement des récits de voyage : on trouve un texte, celui du Franciscain anonyme, pour le XIVe siècle et un autre, celui de Guillebert de Lannoy, pour la première moitié du XVe siècle, alors que les voyages dans ce pays ne se sont pas interrompus. Ceux qui visitent le plus la Russia à l’époque sont, au sud, les marchands et les navigateurs génois, vénitiens et catalans depuis les comptoirs de Crimée et les ports de Moldavie, au nord, les marchands et les diplomates de la Hanse, dont la destination principale est la ville de Novgorod. Si les premiers nous ont laissé des portulans et des mappemondes évoqués plus loin, les seconds, en revanche, ne nous ont malheureusement légué aucun récit de voyage, ni aucune description du pays. Un tel silence peut paraître étonnant, d’autant que beaucoup de marchands de la Hanse effectuaient des séjours d’une année ou davantage à Novgorod et pratiquaient souvent fort bien la langue russe [48]. Pour M.L. Pelus, de multiples explications se présentent [49]. La première est tout d’abord la grande familiarité des Hanséates avec la Russia. Il leur paraît dès lors inutile de noter des faits que leur milieu connaît par des contacts directs, les récits oraux d’autres marchands, ou encore par des représentations iconographiques [50]. D’autre part, les marchands de la Hanse sont davantage portés par leur formation à tenir des livres de comptes qu’à écrire leurs mémoires ; enfin ils se sont probablement interdit de rédiger des écrits sur la Russia pour éviter de divulguer leurs connaissances auprès de leurs concurrents étrangers. Il faudra attendre la fin du XVe siècle pour que le monde slave oriental resurgisse dans les récits de voyage, mais à cette époque il n’est plus question de l’ancienne Russia kiévienne : l’intérêt des voyageurs se porte désormais principalement sur un nouvel État en pleine émergence chez les Slaves orientaux, à savoir la grande principauté de Moscou ou Moscovie.
Lorsqu’on examine le statut des huit auteurs de récits de voyage, on relève chez eux un certain nombre de points communs. Ce sont en majorité des clercs lettrés qui ont reçu une bonne formation intellectuelle et fréquentent les cercles du pouvoir, pour le compte duquel d’ailleurs certains effectuent leur voyage [51]. Par ailleurs, à l’exception du Franciscain anonyme, tous sont des habitués du voyage [52]. Si les huit auteurs évoquent la Russia plus ou moins longuement dans leur récit, seuls Bruno de Querfurt, Julien de Hongrie, Plan Carpin, Benoît de Pologne et Guillebert de Lannoy s’y sont rendus personnellement et peuvent en parler par expérience. Leur expérience est toutefois limitée dans l’espace et dans le temps car ils se contentent en général de traverser le pays le plus rapidement possible pour parvenir à la destination de leur voyage. La seule exception est constituée par Guillebert de Lannoy qui découvre la Russia en 1413 dans des circonstances particulières [53]. En effet, celui-ci est venu au départ en Livonie pour se battre aux côtés des chevaliers Porte-Glaive contre les Baltes toujours insoumis ou contre leurs voisins « russes » schismatiques. Mais il apprend à son arrivée à Riga qu’il n’y aura pas d’expédition organisée prochainement. C’est pourquoi il décide de sa propre initiative, mû par une envie de vëoir monde [54], de visiter les villes de Novgorod et de Pskov, situées à la frontière de l’État livonien et entretenant avec lui de nombreux rapports tantôt belliqueux, tantôt commerciaux. Il passe neuf jours à Novgorod, où il est fort bien accueilli par les autorités locales et a tout le loisir d’observer la vie quotidienne de la population. Ensuite il séjourne brièvement à Pskov sur le chemin du retour vers la Livonie. Si les auteurs des huit récits de voyage n’ont pas tous eu l’occasion de découvrir la Russia par eux-mêmes, ils ont, à l’exception du Franciscain anonyme, eu l’occasion d’en entendre parler auprès d’autres personnes. Ainsi Guillaume de Rubrouck a rencontré à plusieurs reprises des habitants de ce pays au cours de son séjour chez les Tatars-Mongols, notamment à la cour du grand khan où séjournaient de nombreux princes « russes » vassaux [55]. De même, Marco Polo exerçant des fonctions administratives pour le grand khan a pu glaner des informations sur les différents territoires soumis à ce dernier, parmi lesquelles figure la Russia. Précisons par ailleurs que la famille Polo était à l’époque active dans le commerce vénitien en Crimée où les contacts avec la Russia voisine étaient nombreux [56].
Comme pour les chroniques, les récits de voyage mentionnés sont majoritairement composés en latin. C’est le cas chez Bruno de Querfurt, Julien de Hongrie, Jean de Plan Carpin, Benoît de Pologne et Guillaume de Rubrouck. Si le choix du latin chez ces auteurs s’explique en partie par leur appartenance à l’Église, il peut être aussi interprété comme une volonté d’assurer à leur ouvrage une large diffusion parmi les élites occidentales [57]. En ce qui concerne les trois autres auteurs, Marco Polo, Guillebert de Lannoy et le Franciscain anonyme, leur récit est écrit en langue vernaculaire : le français pour Marco Polo et Guillebert de Lannoy et l’espagnol pour le Franciscain anonyme. Dans le cas de Marco Polo, il s’agit vraisemblablement du choix de Rustichello de Pise, auteur de deux romans de chevalerie écrits en français, à qui il a, selon la tradition, dicté ses souvenirs [58]. Quant à Guillebert de Lannoy et au Franciscain anonyme, ils emploient leur langue maternelle dans leurs récits de voyage à une époque où ces derniers sont de plus en plus fréquemment écrits dans les langues vernaculaires [59]. Par ailleurs, il convient de signaler l’existence de manuscrits au contenu différent pour certains des huit récits de voyages. Cette situation résulte soit de remaniements postérieurs du texte opérés par l’auteur lui-même (par exemple chez Plan Carpin et Benoît de Pologne), soit s’explique par l’existence de plusieurs textes composés à différentes époques par l’auteur lui-même ou par d’autres scribes (par exemple chez Marco Polo). Dans l’un et l’autre cas, l’existence de plusieurs versions a parfois des conséquences sur la connaissance de la Russia, comme le montrent les récits de Plan Carpin et de Marco Polo. Ainsi, en ce qui concerne l’Ystoria Mongalorum, il existe à l’heure actuelle deux versions : la première, plus courte, qui comporte huit chapitres descriptifs sur le monde tatar-mongol, semble avoir été achevée par Plan Carpin peu de temps avant son retour chez le pape Innocent IV à Lyon en 1246 ; la seconde, qui est augmentée d’un neuvième chapitre consacré à la narration du voyage, serait légèrement postérieure et représenterait une version retravaillée par l’auteur. Cette dernière contient des renseignements plus nombreux sur la Russia, ce qui a amené un historien soviétique à voir dans ces ajouts une preuve de l’intérêt particulier de la papauté pour le monde slave oriental [60]. L’interprétation la plus courante à propos de cette seconde version, dont M. Guéret-Laferté se fait le porte-parole, est que Plan Carpin a réécrit son texte à la suite de questions suscitées par les différents publics, devant lesquels il en faisait la lecture [61]. Si l’on en croit M. Guéret-Laferté, Plan Carpin considérait cette seconde version comme la version définitive de son récit et c’est précisément celle qui a connu la plus grande diffusion parmi le public [62]. Dans le cas de Marco Polo, nous possédons plusieurs versions différentes du Devisement du monde [63], dont certaines omettent notamment le chapitre consacré à la Russia [64]. Les versions les plus courantes sont celles liées au manuscrit franco-italien Fr. 1116 de la Bibliothèque Nationale de France ou à d’autres manuscrits franco-italiens disparus, proches de celui-ci, qui remontent les uns et les autres au travail de collaboration entre Marco Polo et Rustichello en 1298. Dans ces versions, le chapitre sur la Russia comporte seulement quelques lignes présentant une brève description générale du pays. Il n’en va pas de même pour une autre version du récit, qui est attestée seulement par deux manuscrits latins, datés l’un de 1470 à Tolède, l’autre de 1795 à Milan, ce dernier étant une copie du précédent. Selon J. Richard, il s’agirait d’une rédaction du livre de Marco Polo postérieure à celle de 1298 et comportant des renseignements nouveaux tirés de la mémoire de l’auteur ou des souvenirs de son père et de son oncle [65]. Dans cette version moins répandue, le chapitre sur la Russia est beaucoup plus développé : outre la description générale, on trouve une longue évocation de la rigueur du climat dans ce pays ainsi que la présentation de certaines mœurs particulières de ses habitants [66].
En ce qui concerne le contenu même des récits de voyage, on constate le peu d’importance accordé au voyage. En effet, si l’on excepte Rubrouck, les auteurs des autres récits parlent peu de leur voyage et font rarement part de leurs impressions et de leurs sentiments [67]. Leur ambition principale est, en général, d’apporter des éléments nouveaux à la connaissance du monde à partir de ce qu’ils ont vu de leurs propres yeux et entendu de la bouche d’interlocuteurs étrangers au cours de leur périple. Une telle attitude amène ces récits à ressembler plus à des descriptions de certaines régions du monde qu’à une narration des pérégrinations du voyageur [68]. La narration du voyage, accessoire par rapport à la description, sert, selon M. Guéret-Laferté, à attester dans l’esprit de l’auteur la véracité de cette dernière [69]. Dans ces récits descriptifs, la Russia occupe une place tout à fait secondaire : elle semble soit une terre de passage sur la route de la steppe (Bruno de Querfurt, Julien de Hongrie, Plan Carpin et Benoît de Pologne), soit une région de seconde zone dépendant de l’empire tatar-mongol (Rubrouck et Marco Polo), ce qu’elle est effectivement devenue au cours de la seconde moitié du XIIIe siècle, soit enfin une simple région décrite parmi toutes les autres existant dans le monde (Franciscain anonyme). Seul Guillebert de Lannoy constitue une exception en accordant à la Russia une place importante dans les Voyages et Ambassades. En effet, la description de son séjour à Novgorod et à Pskov occupe plusieurs paragraphes de son récit, dans lesquels sont abordés les différents aspects de ces deux villes russes qui ont retenu particulièrement son attention. Guillebert de Lannoy s’y révèle un homme curieux, désireux de récolter toutes espèces d’informations et doué d’une grande capacité d’observation. Il est vrai qu’il semble avoir joui durant son séjour d’une liberté de mouvement qui lui a permis d’observer tout à loisir la vie quotidienne des Slaves orientaux [70]. Si la place de la Russia, comparée à celle des régions du Proche et de l’Extrême Orient, est généralement secondaire dans les récits de voyage, les informations que ceux-ci donnent de ce pays sont néanmoins les plus importantes fournies par les sources occidentales du Moyen Âge. Les récits de voyage sont à cet égard les premières sources occidentales à fournir un embryon de description systématique de la Russia.
Une dernière source d’information sur la Russia en Occident au Moyen Âge est constituée par les mappemondes et les portulans [71]. D’origine très ancienne, les mappemondes fournissent jusqu’au XIIIe siècle une description plutôt schématique du monde présenté suivant la division en trois continents (Europe, Asie et Afrique) sous la forme d’un T inscrit dans un O [72]. Élaborées en grand nombre par des religieux en latin, elles n’ont aucune utilité pratique. Leurs auteurs n’ont pas pour but de donner un reflet du monde tel qu’il est mais se contentent d’énumérer les différents pays, villes et fleuves sans indications précises de distances ou autres. Ces mappemondes servent la plupart du temps de complément à des chroniques universelles, des encyclopédies, des bibles et des psautiers. Avant la fin du XIIIe siècle, rares sont les mappemondes qui évoquent la Russia [73]. Quand c’est le cas, les renseignements sur ce pays sont le plus souvent infimes et se limitent à une mention de son nom. Cela s’explique par le fait que les mappemondes sont généralement de petite dimension et que la Russia occupe à l’époque une place encore marginale dans l’attention des lettrés occidentaux. Les renseignements les plus intéressants à propos du pays des Slaves orientaux figurent sur deux célèbres cartes en T du XIIIe siècle, à savoir la mappemonde d’Ebstorf (ca 1234) et la mappemonde d’Hereford (ca1290) [74]. La première aurait été conçue par Gervais de Tilbury comme complément de son encyclopédie Otia imperialia, évoquée plus haut. La seconde a été dessinée par Richard de Haldingham sur base des informations fournies dans cette même encyclopédie. Outre le nom de la Russia, ces deux mappemondes contiennent des mentions de villes et de fleuves de ce pays. Par ailleurs, il convient de signaler l’existence, à la même époque, de textes géographiques scandinaves contenant plusieurs informations pratiques sur le pays des Slaves orientaux [75]. Il s’agit de trois descriptions anonymes du monde rédigées en langue vernaculaire : l’une, intitulée Quels pays se trouvent sur la terre [Hversu lönd liggia i veroldenni], a été rédigée durant la seconde moitié du XIIIe et le début du XIVe siècle ; les deux autres, qui n’ont pas de titre particulier, datent respectivement de la fin du XIIe et de la seconde moitié du XIIIe siècle. Ces descriptions ont la particularité de présenter un amalgame d’informations issues à la fois du savoir encyclopédique et des connaissances transmises par les voyageurs vikings. Mais, à l’instar des sagas, elles sont peu connues à l’époque en dehors du monde scandinave à cause de l’obstacle de la langue.
À partir de la fin du XIIIe siècle, la cartographie occidentale fait des progrès, en partie sous l’influence de la cartographie arabe plus avancée à l’époque, en partie à cause de la multiplication des voyages des Occidentaux. Cette avancée des connaissances géographiques se manifeste dans les mappemondes qui deviennent de plus en plus détaillées. Elle concerne notamment la Russia, au sujet de laquelle on trouve désormais des renseignements dans une dizaine de mappemondes [76]. Par ailleurs, on voit apparaître un nouveau type de cartes plus précis et plus performant, à savoir les portulans – ou cartes marines décrivant les côtes – dont le développement au XIVe siècle est lié aux progrès de la navigation maritime chez les Catalans et les Italiens. Les dessinateurs de portulans s’efforcent de reproduire le plus fidèlement possible le tracé des côtes et de fournir de nombreux détails tels que les noms de ports, de villes en bord de mer et toute une série d’informations utiles aux navigateurs. Contrairement aux mappemondes élaborées en latin, les portulans sont conçus dans la langue vernaculaire, puisqu’ils répondent à des objectifs pratiques. La Russia y occupe une place secondaire par rapport aux côtes de la mer Méditerranée, de la mer Noire et de l’océan Atlantique. Cependant, comme elle est connue des marchands italiens et catalans faisant du commerce en mer Noire et sur la Volga, elle apparaît dans une dizaine de portulans [77]. La quantité des renseignements fournis au sujet de la Russia dans les mappemondes et les portulans des XIVe et XVe siècles est très variable : chez certains, seul le nom de ce pays est mentionné, chez d’autres au contraire, on trouve plus de détails. C’est le cas en particulier des portulans catalans d’Angelino Dulcert et de l’anonyme de 1375, de la Carte Borgia, de la Mappemonde génoise et de la mappemonde de Fra Mauro († 1460). Les auteurs de ces portulans et mappemondes ne se contentent pas de situer la Russia de manière plus ou moins précise, ils reproduisent par exemple le réseau des principaux fleuves russes, situent l’un ou l’autre lacs, indiquent certaines routes commerciales et mentionnent les noms de quelques villes importantes construites le long de celles-ci [78]. Ces mappemondes et ces portulans constituent ainsi le meilleur reflet de la connaissance que le monde méditerranéen a du pays des Slaves orientaux.
 
ANNEXE I
 
 
Bibliographie des principaux travaux consacrés aux relations entre la Russia et l’Occident au Moyen Âge
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Materialy i issledovanija 1991 g., Moscou, 1994, p. 5-131 ; ID., O dinasti²eskikh svjazjakh synovej Jaroslava Mudrogo [russe : Au sujet des liens dynastiques des fils de Jaroslav le Sage], Ote²estvennaja istorija, n° 4/5,1994 ; ID., Russko-germanskie svjazi drevnejÅ¡ej pory (IX-X vv.) : sostojanie problemy [russe : Les relations russo-germaniques de l’époque la plus ancienne (IXe-Xe s.) : état de la question], Moscou, 1995 ; A.N. KIRPI+NIKOV, Ladoga VIII-X vv. i eë meždunarodnye svjazi [russe : Ladoga du VIIIe au Xe siècle et ses liens internationaux], Slavjano-russkie drevnosti, Lb. 3,1995 ; A. POPPE, Polityka Ottonów wobec Rusi Kijowskiej : Proba rewizji [polonais : La politique des Ottoniens à l’égard de la Russia : essai de révision], Katolicyzm w Rosji i PrawosÙawie w Polsce (XI-XX w.), 1997 ; A.V. NAZARENKO, L’empire ottonien et le baptême des Russes, Clovis. Histoire et mémoire : le baptême de Clovis, son écho à travers l’histoire, t. 2, Paris, 1997 ; ID., Pervye kontakty Å taufenov s Rusju (k istorii russko-nemeckikh otnoÅ¡enij v 30-e gody XII veka) [russe : Les premiers contacts des Staufen avec la Russia (histoire des relations russo-allemandes dans les années 30 du XIIe siècle)], Vosto²naja Evropa v istori²eskoj retrospektive. K 80-letiju V.T. PaÅ¡uto, 1999, p. 166-179 ; ID., Die älteste bayerisch-russischen Kontakte in historischer und sprachwissenschaftlicher Sicht, Bayern und Osteuropa : Aus der Geschichte der Beziehungen Bayerns, Frankens und Schwaben mit Russland, der Ukraine und Weissrussland, éd. H.BEYER-THOMAS, Wiesbaden, 2000 ; St. MUND, Les relations entre la Russia et l’Occident, une histoire ancienne (VIIIe-fin XIIIe siècle), Villers, t. 16, 2000, p. 17-24 ; A.V. NAZARENKO, Russko-nemeckie svjazi domongol’skogo vremeni (IX-seredina XIII vv.) : Sostojanie problemy i perspektivy dal’nejÅ¡ikh issledovanij [russe : Les relations russo-germaniques à l’époque pré-mongole (IXe-milieu XIIIe s.) : état du problème et perspectives de recherches futures], Slavjano-germanskie issledovanija, t. 1 et 2, Moscou ; ID.,Drevnjaja Rus’ na meždunarodnykh putjakh, meždisciplinarnye o²erki kul’turnykh, torgovykh, politi²eskikh svjazej IX-XII vekov [russe : La Russia ancienne sur les chemins internationaux, études interdisciplinaires des liens culturels, commerciaux, politiques du IXe au XIIe siècle], Moscou, 2001.
 
ANNEXE II
 
 
Les mentions de la Russia dans les chroniques occidentales
1. Chroniques de l’empire germanique
Xe siècle :
ADALBERT DE TRÈVES († 981), continuation de la chronique de Réginon de Prüm (2e moitié Xe s.), M.G.H., S.S.R.G., t. 50,1890, p. 170,172 et 177.
XIe siècle :
THIETMAR DE MERSEBOURG (* ca 975-† 1018), Chronicon (1012-1018), A.Q.D.G.M., t. 9,1957, p. 56,340,344,426,432,434,436,472 et 474 ; Annales Quedlinburgenses (début XIe s.), M.G.H., SS., t. 3,1839, p. 60 et 80 ; WIPO, Gesta Chuonradi II. imperatoris (ca 1040), A.Q.D.G.M., t. 12,1963, p. 588 et 562 ; Annales Hildesheimenses (ca 1050), M.G.H., SS., t. 1,1826, p. 60 et 69 ; Annales Altahenses Maiores (ca 1070), M.G.H., SS., t. 20,1868, p. 786 et 798 ; ADAM DE BRÊME († ca 1081), Gesta Hammaburgensis ecclesiae Pontificum (1072-1076), A.Q.D.G.M., t. 11,1961, p. 250, 254,270,274,292,340,396,446,450,452,456,458,460 et 480 ; Annolied (vie de saint en vers, 1076-1126), M.G.H., D.C.G.M., t. 1,1895, p. 128 ; LAMBERT DE HERSFELD (*ca 1025-† 1081), Annales (ca 1077), A.Q.D.G.M., t. 13, p. 30,32,44,262 et 300.
XIIe siècle :
FRUTOLF DE MICHELSBERG († 1103), Chronica (2e moitié XIe s.), A.Q.D.G.M., t. 15, 1972, p. 104 ; BRUNO, Saxonicum bellum (fin XIe s.), A.Q.D.G.M., t. 12, p. 208 ; SIGEBERT DE GEMBLOUX (* ca 1030-† 1112), Chronographia (XIe-XIIe s.), M.G.H., SS., t. 6,1844 (rééd. 1980), p. 347 et 362 ; Annales Augustani (1104), M.G.H., SS., t. 3,1839, p. 133 ; COSMAS DE PRAGUE († 1125), Chronica Boemorum (début XIIe s.), M.G.H., S.S.R.G., n.s., t. 2,1923, p. 41 et 44 et ses continuations par le CHANOINE DE VISEGRAD (XIIe s.), M.G.H., SS., t. 9,1851, p. 138, le MOINE DE SAZAVA (XIIe s.), Id., p. 148 et les CHANOINES DE PRAGUE (XIIe-XIIIe s.), Id., p. 170,184 et 185 ; EKKEHARD DE AURA, Chronicon Universale (début XIIe s.), A.Q.D.G.M., t. 15, p. 150 ; Annales Ottenburani (début XIIe s.), M.G.H., SS., t. 5,1844, p. 4 ; ALBERT D’AIX,Historia Hierosolymitana (ca 1121), p. 294 ; Genealogia Welforum (début XIIe s.), M.G.H., SS., t. 13,1881, p. 734 ; Translatio Godehardi episcopi Hildesheimensis (ca 1132), M.G.H., SS., t. 12,1856, p. 647 ; RODOLPHE, Vita Lietberti episcopi Cameracensis (ca 1133), M.G.H., SS., t. 30/2,1934, p. 850 ; ORTLIEB DE ZWIEFALTEN,Chronicon libri II. (ca 1135-1140), M.G.H., SS., t. 10,1852, p. 90,91 et 92 ; HERBORD († 1168), Vita Ottonis episcopi Babenbergensis (ca 1139), M.G.H., SS., t. 12, p. 775,776 et 777 ; ANNALISTE SAXON (ca 1139), M.G.H., SS., t. 6, p. 602,615,619,637,658,665,673,674,683,684,693,696, 721,730,737,745, et 770 ; Annales Gradicenses (1re moitié XIIe s.), M.G.H., SS., t. 17, 1861, p. 651 ; OTTO DE FREISING (* ca 1114/15-† 1158), Chronica sive historia de duabus civitatibus (1143-1146), A.Q.D.G.M., t. 16,1960, p. 536 ; MOINE DE SAINT-GRÉGOIRE D’ALSACE, Catalogus Pontificum Romanorum, Imperatorum et Regum Francorum (1153), M.G.H., SS., t. 24,1879, p. 87 ; MOINE DE SAINT-GILLES DE BRUNSWICK, Annales sancti Aegidii Brunsvicensium (milieu XIIe s.), M.G.H., SS., t. 30/1,1896, p. 13 ; OTTO DE FREISING, Gesta Frederici I. Imperatoris (1156-1158), continuée par RAHEWIN (1158-1177), A.Q.D.G.M., t. 17,1965, p. 174,176,180,192,398 et 400 ; HERBORD,Dialogus de vita Ottonis episcopi Babenbergensis (ca 1158), M.G.H., SS., t. 20, p. 725,726,762 et 763 ; VINCENT DE PRAGUE,Annales (1160-1170), M.G.H., SS., t. 17, p. 663 et 664 ; HELMOLD DE BOSAU (* ca 1120-† ca 1177), Chronica Slavorum (ca 1172), A.Q.D.G.M., t. 19,1963, p. 34,36,38,80 et 304 ; Vita beati Mariani (ca 1185), AA.SS.,Février, t. 2,1864, p. 369 ; ARNOLD DE LÜBECK,Chronica Slavorum (1172-1209), M.G.H., SS., t. 21,1869, p. 122 et 212 ; Vita Chunradi archiepiscopi Salisburgensis (ca 1177), M.G.H., SS., t. 11,1854, p. 74 ; Annales Magdeburgenses (2e moitié XIIe s.), M.G.H., SS., t. 16,1869, p. 149 et 188 ; Annales Floreffienses (XIIe s.), Id., p. 627 ; Annales Pegavienses (XIIe s.), Id., p. 235 et 241 ; RELIGIEUX DE RATISBONNE, Kaiserchronik (XIIe s.), M.G.H., D.C.G.M., t. 1,1895, p. 215,332,335 et 378 ; Detmar-Chronik (XIIe s.), mentionnée par KELLER, Konturen, p. 78 ; Gesta vel chronica archiepiscoporum Magdeburgensium (XIIe s.), M.G.H., SS., t. 14,1883, p. 381 ; S. Petri Erphesfurtensis auctarium et continuatio chronici Ekkehardi (XIIe s.), M.G.H., S.S.R.G., t. 42,1899, p. 30.
XIIe-XIIIe siècle :
Annales Colonienses Maximi (2e moitié XIIe-1re moitié XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 17, p. 795 et M.G.H., D.C.G.M., t. 18,1880, p. 142,280 et 290 ; Sächsische Weltchronik (fin XIIe-XIIIe s.), M.G.H., D.C.G.M., t. 2/1, p. 104,105,143,163,178,199,243,254 et 259 ; Chronica regia Coloniensis (fin XIIe s.) et sa Continuation (1238-1249), M.G.H., D.C.G.M., t. 18,1880, p. 142,280 et 290 ; Annales Scheftlarienses maiores (XIIe-XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 17, p. 341 ; Annales Sancti Rudberti Salisburgenses (XIIe-XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 9, p. 780 et 789 ; Continuatio Garstensis (XIIe-XIIIe s.), Id., p. 599 ; PRÊTRE MAGNUS, Chronicon (fin XIIe s.) et Chronicon Magni presbiteri continuatio (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 12, p. 501 et 533.
XIIIe siècle :
OLIVIER DE PADERBORN,Histoire de Damiette (début XIIIe s.), cité par A.D. VON DEN BRINCKEN,Die Nationes christianorum orientalium im Verständnis der lateinischen Historiographie von der Mitte des 12. bis in die zweite Hälfte des 14. Jhdts, Cologne-Vienne, 1973, p. 143 ; MINORITE D’ERFURT,Chronica minor (début XIIIe s.), M.G.H., S.S.R.G., t. 42, p. 619 ; Annales Frisacenses (1217-1300), M.G.H., SS., t. 24, p. 66 ; Continuatio Lambacensis (1212-1231), M.G.H., SS., t. 9, p. 559 et 560 ; ALBERT DE STADEN († 1264), Annales Stadenses (1re moitié XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 16, p. 317,319, 326,358 et 367 ; CONON D’ESTAVAYER (* ca 1200-† ca 1242), Notae (1re moitié XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 24, p. 783 ; Chronica Minor (1re moitié XIIIe s.) ; AUBRY DE TROIS-FONTAINES, Chronica (1re moitié XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 23,1874, p. 684,737,756, 834,881,885,911,921,930 et 935 ; CONRAD DE MURE,Clipearius (1246-1249), cité par SOLOVIEV,Reges, p. 165 ; Annales Sancti Pantaleonis Coloniensis (milieu XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 22,1872, p. 535 et 541 ; HERMANN,Annales Altahenses (milieu XIIIe s.),M.G.H., SS., t. 17, p. 402 ; Continuatio Praedicatorum Vindobonensium (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 9, p. 728 ; Continuatio Vindobonensis (XIIIe s.), Id., p. 716 ; Chronica Sancti Petri Erfordensis moderna (XIIIe s.), M.G.H., S.S.R.G., t. 42, p. 250 et 393 ; Liber cronicorum sive annalis Erfordensis (XIIIe s.), Id., p. 767 ; Chronicon Imperatorum et Pontificum Bavaricum (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 24, p. 221 ; Annales Neresheimenses (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 10, p. 23 ; CHANOINE DE SAINT-BLAISE DE BRUNSWICK, Chronica Boemorum (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 30/1, p. 40 et 41 ; JANSEN ENIKEL, Weltchronik (1276), M.G.H., D.C.G.M., t. 3,1900, p. 521,522,531,531 et 537 ; ID., Fürstenbuch,Id., p. 613 et 638 ; Annales Ryenses (2e moitié XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 16, p. 393,397 et 402 ; Braunschweigische Reimchronik (fin XIIIe s.), M.G.H., D.C.G.M., t. 2/2,1877, p. 490 ; HEINRICH HEIMBURG,Annales (fin XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 17, p. 718 ; ID.,Chronica domus Sarensis (ca 1300), M.G.H., SS., t. 30/1, p. 703 ; Continuatio Claustroneoburgensis I (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 9, p. 612 ; Id. II (XIIIe s.), Id., p. 624 ; Id. III (XIIIe-XIVe s.), Id., p. 636 ; Id. VI (XIIIe s.), Id., p. 743 ; Continuatio Sancrucensis I (XIIIe s.), Id., p. 627 ; Id. II (2e moitié XIIIe s.), Id., p. 640 ; Id. III (1307), Id., p. 734 ; CHEVALIER OTTOKAR,Österreichische Reimchronik (fin XIIIe-début XIVe s.), M.G.H., D.C.G.M., t. 5/1,1890, p. 33,35,89,201,279,281,284,295 et M.G.H., D.C.G.M., t. 5/2,1894, p. 1154,1155 et 1242 ; Österreichische Chronik von den 95 Herrschaften (fin XIVe-début XVesiècle), M.G.H., D.C.G.M., t. 6,1909, p. 8,115,133 et 138.
XIVe siècle :
HERMANN KORNER,Chronica novella et Rufus-Chronik (1395-1430), Ratschronick de la ville de Lübeck, et les continuations de la Detmar-Chronik, toutes trois citées par WIEGAND, Berichte, p. 21-32 ; Annales Osterhovenses (début XIVe s.), M.G.H., SS., t. 17, p. 555 ; SIFRID DE BALLHAUSEN,Compendium historiarum (début XIVe s.), M.G.H., SS., t. 25,1880, p. 702 ; Continuatio Zwetlensis III (1308), M.G.H., SS., t. 9, p. 662 ; Continuatio Florianensis (1310), Id., p. 749 ; Cronica Reinhardsbrunnensis (1340-1349), M.G.H., SS., t. 30/1, p. 527 et 622 ; JOHANN DE WINTERTHUR,Chronica (XIVe s.), M.G.H., S.S.R.G., n.s., t. 3,1924, p. 184 ; Cronica de ducibus Bavariae (XIVe s.), M.G.H., S.S.R.G., t. 19,1924, p. 151 ; Chronicon Moguntinum (XIVe s.), M.G.H., S.S.R.G., t. 20,1885, p. 4 et 31 ; Die Kölner Weltchronik (XIVe s.), M.G.H., S.S.R.G., n.s., t. 15,1991, p. 65 ; Chronica Austriae (XIVe s.), M.G.H., S.S.R.G.,n.s., t. 13,1967, p. 130,133,146,159,200,204 et 211.
XVe siècle :
ULRICH DE RICHENTAL,Chronik des Constanzer Concils (ca 1420-1430), éd. M.R. BUCH, Tübingen, 1882, p. 47-48,133,136,138-141,171,206 et 208 ; THOMAS EBENDORFER, Cronica Austrie (1re moitié XVe s.), M.G.H., S.S.R.G.,n.s., t. 13,1967, p. 130,133,146, 159,200,205 et 211 ; MOINE ALBERT,Die Weltchronik (XVe s.), M.G.H., S.S.R.G.,n.s., t. 17,1994, p. 179 et 211.
2. Chroniques de Pologne
XIIe siècle :
GALLUS ANONYMUS,Cronica et gesta ducum sive principum Polonorum (1113-1116), M.P.H., t. 1,1864 (rééd. 1960), p. 394,402,403,404,406,417,419,420,421,429,452, 453,455 et 467 ; Annales Cracovienses vetusti (1re moitié XIIe s.), M.G.H., SS., t. 19, 1866, p. 577, M.P.H., t. 2,1872 (rééd. 1961), p. 773 ; Annales capituli Cracoviensis (XIIe-XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 19, p. 586,588,592,594,598,600 et 602, M.P.H., t. 2, p. 793,804,805,808 et 815 ; Chronicon Hungarico-Polonicum (ca 1200), M.P.H., t. 1,1864 (rééd. 1960), p. 489 et 514.
XIIIe siècle :
Annales Kamenecenses (ca 1204), M.G.H., SS., t. 19, p. 581, M.P.H., t. 2, p. 778 ; WINCENTY KADRUBEK (* ca 1150-† 1223), Chronica Polonorum (1207-1218), M.G.H., SS., t. 29,1892, p. 479,496,498,499, M.P.H., t. 2, p. 279,280,286,291,292,294, 351, 352,354, 355,357,378,379,397, 407,415,416,418,421,433,437, 438,439,440 et 441 ; Vita Minor sancti Stanislai (1re moitié XIIIe s.), M.P.H., t. 4,1884 (rééd. 1961), p. 268 et 275, M.G.H., SS., t. 29, p. 504 ; DOMINICAIN WINCENTY,Vita Maior sancti Stanislai (1re moitié XIIIe s.), M.P.H., t. 4, p. 365, M.G.H., SS., t. 29, p. 508 ; BOGUCHWAR, Chronica Poloniae Maioris (1245-1253), continuée par GODYSRAW BASZKO (1253-1272), M.P.H., t. 2, p. 468,469,483,484,486,487,494, 508,509,515, 516,517, 521,523,526,530,533,534, 535,536,542,544,545, 546,547,552,553,556, 561,573,585,588 et 592 ; Annales Sanctae Crucis Polonici (ca 1270 avec ajouts XIVe-XVe s.), M.G.H., SS., t. 19, p. 679,680,681,682,683,684 et 687, M.P.H., t. 3,1878 (rééd. 1961), p. 62,66,70,71,72,73,75,76,77,78 et 86 ; Annales Cracovienses breves (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 19, p. 665 et 666 ; ANONYME (FRANCISCAIN DE CRACOVIE) Cronica Polonicalis (fin XIIIe s.), M.P.H., t. 3, p. 46,48,50 et 51 ; Miracula sancti Adalberti (XIIIe-XIVe s.), M.P.H., t. 4, p. 237, M.G.H., SS., t. 4,1841, p. 615-616.
XIVe siècle :
Chronicon Polono-Silesiacum (début XIVe s.), M.G.H., SS., t. 19, p. 558,559,561,562, 563 et 564, M.P.H., t. 3, p. 618,621,622,623,627,628,629,630,635,638 et 640 ; MIERZWA, Chronica Polonorum (1306-1320), M.P.H., t. 2, p. 164 et 189 ; ID., Continuation de la chronique de WINCENTY KADRUBEK,M.P.H., t. 2, p. 286,350, 355,357,378,379,390,397,407,414,416,430,437,438 et 439 ; Annales cisterciensium in Heinrichow (1re moitié XIVe s.), M.G.H., t. 19, p. 544 et 545, M.P.H., t. 3, p. 702 ; Catalogue des évêques de Cracovie (1re moitié XIVe s.), Id., p. 329 ; Vita et miracula sanctae Kyngae ducissae Cracoviensis (1re moitié XIVe s.), M.P.H., t. 4, p. 684 et 685 ; Annales Polonorum (versions de 1340-1341,1464,1471 et XVe s.), M.G.H., SS., t. 19, p. 618,619,621,622,623, 624,625,628,629,630,631, 636,637,638,644,645,646, 647,650,651,652, 654,655,661 et 662 et leurs continuations de 1330 à 1419 ; DOMINICAIN STANISRAW, De vita et miraculis sancti Iaccchonis (Hyacinthi) ordinis fratrum praedicatorum (milieu XIVe s.), M.P.H., t. 4, p. 854,857 et 858 ; Annales Cracovienses compilati (XIVe s.), M.G.H., SS., t. 19, p. 586,593,594,598,600, 602 et 605 ; Annales Miechovienses (XIVe-XVe s.), Id., p. 670,671,675 et 676, M.P.H., t. 2, p. 885 ; Annales Sandivogii (XIVe s.), Id., p. 878 et 879, M.G.H., SS., t. 29, p. 426, 427,428 et 429 ; Annales Capituli Posnaniensis (XIVe s.), Id., p. 450,460 et 462 ; Annales Posnanienses (XIVe s.), Id., p. 470 ; Annales Posnanienses (XIVe-XVe s.), M.P.H., t. 5,1888 (rééd. 1961), p. 882, M.G.H., SS., t. 29, p. 470 ; Annales de Kujawie (ca 1378), M.P.H., t. 3, p. 206 et 212 ; JAN DE CZARNKÓW (* ca 1320-† ca 1387), Cronica longa seu longa Polonorum (2e moitié XIVe s.), p. 620,621,622, 626,629,630,631, 643, 658,659,664, 665,677,678,680,697, 719,720,722,723,734, 735,738,739,744,748 et 750 ; Chronica principum Poloniae (1382-1398), M.P.H., t. 3, p. 438,440,441,447, 448,449,452,461,462,476, 479,483 et 485 ; Memorabilia de Przeworsk (XIVe-XVe s.), M.P.H., t. 3, p. 274.
XVe siècle :
Calendarii Cracoviensis notae historicae ad annorum dierumque ordinem redactae (XIIIe-XVe s.), M.P.H., t. 6,1893 (rééd. 1961), p. 649,665,667,669 et 672 ; Cronica conflictus Wladislai regis Polonie cum Cruciferis anno Christi 1410 (1410), M.P.H., t. 2, p. 902 ; De magna strage a. 1410 (1re moitié XVe s.), M.P.H., t. 4, p. 47 ; Ordo regum incliti regni Polonie (XVe s.), M.P.H., t. 3, p. 292 et 295 ; Catalogue des évêques de Cracovie III (XVe s.),Id., p. 348 ; Catalogue des évêques de Cracovie IV (XVe s.), Id., p. 363 ; Annales Silesiaci compilati (XVe s.), M.G.H., SS., t. 19, p. 538-540, M.P.H., t. 3, p. 676 et 678 ; Memorabilia Cracoviensia (XVe s.), Id., p. 240 ; Memorabilia de Bochnia (XVe s.), Id., p. 244 ; Memorabilia civitatis Lwów (XVe s.), Id., p. 251.
3. Chroniques de Prusse-Livonie
XIIIe siècle :
HENRI DE LIVONIE († ca 1259), Chronicon Lyvoniae (1225-1229), A.Q.D.G.M., t. 24, 1975, p. 4,22,28,44,46,48,54,56,58,60,62,80-84,96,100-104,108,110,116,120, 138,146,148,150,152,164, 168,170,172,180,200-214, 218,220-228,236,254,260, 268,270,272,274, 276,278,280,286,292, 296,298,300,304,306, 308,310,314,320, 322 et 304 ; Livländische Reimchronik (1290-1296), éd. F. PFEIFFER, Stuttgart, 1844, p. 4,5,18,44,52,56-62,175-176,179,180,181,183,193,204,204-209 et 241.
XIVe siècle :
CHANOINE DE SAMLAND, Annales (début XIVe s.), M.G.H., SS., t. 19, p. 704 et 706 ; BARTHOLOMÄUS HOENECKE,Jüngere livländische Reimchronik (1315-1348) ; PETER DE DUSBURG,Chronica terre Prussie (1326), A.Q.D.G.M., t. 25,1984, p. 98,284,298,300, 326,382,406,408 et 458 ; NICOLAUS VON JEROSCHIN,Kronike von Pruzinlant (1331-1340/1) ; HERMANN VON WARTBERGE,Chronicon Livoniae (apr. 1378) ; WIGAND DE MARBURG (apr. 1394).
4. Chroniques de Hongrie
XIIe siècle :
ANONYMUS,Gesta Hungarorum (1196-1203), mentionné par Å UÅ ARIN, Drevnerusskoe, p. 441-442.
XIIIe siècle :
Carmina de regno Ungariae destructo per Tartaros (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 29, p. 60 ; ROGER D’APULIE,Miserabile carmen super destructione Hungariae (ca 1242), Id., p. 551, 553,554,555 et 564 ; THOMAS DE SPLIT, Historia pontificum Salonitanorum et Spalatinorum (milieu XIIIe s.), Id., p. 585,586 et 591 ; SIMON KÉZAI,Gesta Ungarorum (fin XIIIe s.), Id., p. 532,527,536 et 540.
XIVe siècle :
MÁRKUS KALTY,Chronicon pictum (ca 1358), mentionné par Å UÅ ARIN, Drevnerusskoe, p. 432-434.
5. Chroniques des pays scandinaves
XIIe siècle :
Historia Norwegiae (ca 1170), M.H.N., 1880, p. 113,120 et 124 ; MOINE THEODRIC, Historia de antiquitate regum Norwagiensium (1177-1180), Id., p. 13,28,30,45 et 57, M.G.H., SS., t. 29, p. 250 ; WILHELM D’EBELHOLT (* ca 1112-† 1202), Genealogia Ingeborgis reginae (ca 1194), Id., p. 165 et 166 ; Acta Sancti Olavi regis et martyris (ca 1200), M.H.N., p. 130,142 et 143.
XIIIe siècle :
SAXO GRAMMATICUS,Gesta Danorum (ca 1180/90-ca 1210/20), M.G.H., SS., t. 29, p. 53,57,67,71 et 95 ; lslenzkir annálar [Annales Islandaises] (1re moitié XVe siècle) ; Chronica Danorum Sialandica (2e moitié XIIIe s.), Id., p. 212 ; DOMINICAIN SUÉDOIS, Annales recentiore tempore excerpta (XIIIe s.), Id., p. 235.
6. Chroniques de France
XIe siècle :
Annales S. Benigni Divionensis (Xe-XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 5, p. 49 ; ADÉMAR DE CHABANNES,Chronicon (1025-1028), éd. P. BOURGAIN, R. LANDES, G.PON, Turnhout, 1999, p. 152,153 et 174 ; RAOUL TORTAIRE, Miracula sancti Benedicti (fin XIe s.), R.H.F., t. 11,1876, p. 486 ; Genealogiae breves regum Francorum (XIe-XIIe s.), M.G.H., SS., t. 13, p. 249-250.
XIIe siècle :
Historia Francorum (1108-1110), R.H.F., t. 11, p. 161 ; HUGUES DE FLEURY,Liber qui modernorum regum Francorum continet actus (ca 1114), M.G.H., SS., t. 9, p. 388 ; ID. (?),Historia Francorum (début XIIe s.), R.H.F., t. 11, p. 159 ; Chronicon Sancti Petri Vivi Senonensis (début XIIe s.), éd. R.H. BAUTIER et M. GILLES, Paris, 1979, p. 122 ; MOINE BÉNÉDICTIN DENIS, Vita Mathildis (ca 1114), M.G.H., SS., t. 12, p. 380 ; ORDÉRIC VITAL (*1075-† ca 1141), Historiae Ecclesiasticae libri tredecim (1re moitié XIIe s.), éd. A. LE PREVOST, Paris, 1845, rééd. New York, 1965, t. 3, p. 158-159 et t. 4, p. 27 ; Abbreviatio gestorum Franciae Regum (1re moitié XIIe s.), R.H.F., t. 11, p. 213 ; L’Estoire de la Guerre Sainte (fin XIIe-début XIIIe s.) ; Annales Sancti Albini Andegavensis (XIIe-début XIIIe s.), Id., p. 29.
XIIIe siècle :
GEOFFROY DE VILLEHARDOUIN (* ca 1150-† ca 1213), La conquête de Constantinople (ca 1207), éd. E. FARAL, Paris, 1939, p. 26 ; Historia regum Francorum usque ad annum 1214 (début XIIIe s.), R.H.F., t. 11, p. 319 ; MOINE DE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS, Historia regum Francorum (début XIIIe s.), Id., p. 319 ; PHILIPPE MOUSKET († 1283), Chronique rimée (avant 1244), M.G.H., SS., t. 26,1882, p. 815 et 819 ; Chronique de Saint-Denis (ca 1274), R.H.F., t. 11, p. 409 ; Li Estoire de Jerusalem et d’Antioche (XIIIe s.),Recueil des Historiens des Croisades, Historiens occidentaux, t. 5,1895, p. 630.
XIVe siècle :
Chronique de Vézelay (début XIVe s.), R.H.F., t. 11, p. 384.
7. Chroniques du royaume anglo-normand
XIe siècle :
GUILLAUME DE JUMIÈGES,Historia Normannorum libri VIII (ca 1070), R.H.F., t. 11, p. 48.
XIIe siècle :
GEFFREI GAIMAR, Lestoire des Englès (1re moitié XIIe s.), éd. T.D. HARDY, C.T. MARTIN,Rerum britannicarum medii aevi scriptores – Rolls Series (infra R.S.), t. 91/1, Londres, 1888, p. 194 ; WILLIAM FITZ-STEPHEN († ca 1191), Vita et Passio sancti Thomae, Cantuariensis archiepiscopi et martyris (1173-1174), éd. J.C. ROBERTSON,R.S., t. 67/3, Londres, 1877, p. 7 ; BENOÎT DE SAINT-MAURE, Chronique des ducs de Normandie (ca 1175), éd. C. FAHLIN, t. 1, Uppsala, 1951, p. 10-11 ; WILLIAM DE CANTERBURY,Vita et miracula sancti Thomae (fin XIIe s.), M.G.H., SS., t. 27,1885, p. 41 ; ROGER DE HOVEDEN († ca 1201), Chronica (1192-1201), Id., p. 147 et éd. W. STUBBS,R.S., t. 51/2, Londres, 1869, p. 236.
XIIIe siècle :
PRÊTRE ANGLAIS LAYAMON,Brut (1204-1205), éd. F. MADDEN,R.S., t. 2, Londres, 1847, p. 525-526 ; MATHIEU PARIS (* ca 1200-† 1259), Chronica Maiora (1235-1259), M.G.H., SS., t. 28,1888, p. 202,207,208,209,210,211,292 et 319 et éd. H.R. LUARD, R.S., t. 57/3, Londres, 1876, p. 459-460 ; t. 57/4,1877, p. 92-93,112-114,386-389 ; t. 57/6,1882, p. 75,77-82,84 ; ID.,Historia Anglorum (1235-1259), M.G.H., SS., t. 28, p. 429 ; Annales monasterii de Waverleia (XIIIe s.), éd. H.R. LUARD,R.S., t. 36/2, Londres, 1865, p. 324-325 ; Continuation de la Gesta regum de GERVAISE DE CANTERBURY (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 27, p. 310 ; Annales Burtonenses (fin XIIIe s.), Id., p. 474 et 475 et éd.H.R. LUARD,R.S., t. 36/1, Londres, 1864, p. 271-275.
8. Chroniques d’Italie
Xe siècle :
LIUTPRAND DE CRÉMONE († 972), Antapodosis libri VI et la Relatio de legatione Constantinopolitana (2e moitié Xe s.), M.G.H., SS., t. 3, p. 277,331 et 353.
XIe siècle :
PIERRE DAMIEN (* 1007-† 1072), Vita sancti Romualdi (ca 1040), M.G.H., SS., t. 4, p. 850 et 851 ; Annales Barenses (fin XIe-début XIIe s.), M.G.H., SS., t. 5, p. 653 et 654 ; LÉON MARSICAN (* ca 1050-† 1115) et PIERRE DIACRE (* ca 1107/10-† 1159/64), Chronica monasterii Casinensis (fin XIe-début XIIe s.), M.G.H., SS., t. 7, p. 640 et 652.
XIVe siècle :
PTOLÉMÉE DE LUCQUES,Annales (début XIVe s.), M.G.H., D.C.G.M.,n.s., t. 8,1930, p. 117.
 
NOTES
 
[1] Le présent article est tiré de ma thèse de doctorat, intitulée Genèse et développement de la représentation du monde « russe » en Occident (Xe-XVIe siècles), 3 vol., Bruxelles, Université Libre de Bruxelles, 2001. Elle a été éditée sous le titre suivant : Orbis Russiarum. Genèse et développement de la représentation du monde « russe » en Occident à la Renaissance, Genève, 2003. J’utiliserai le nom Russia, abondamment employé dans les sources occidentales latines au Moyen Âge, pour désigner le premier État commun des Slaves orientaux (Russes, Biélorusses et Ukrainiens) formé autour de la ville de Kiev depuis le Xe jusqu’au XIIIe siècle. Il permet d’éviter l’appellation « Russie » qui désigne aujourd’hui la Fédération de Russie. Le choix du nom « Russie » pour appeler l’État kiévien heurte les Ukrainiens et les Biélorusses, lesquels peuvent également revendiquer cet État comme une partie de leur héritage.
[2] Le terme « russe » est mis entre guillemets pour montrer qu’il s’agit des habitants de l’ensemble de la Russia et non des seuls Russes de la Fédération de Russie.
[3] Sur les relations entre la Russia et l’Occident du Xe au XVe siècles, voir bibliographie en annexe I.
[4] Le nom général « Slaves orientaux » sera utilisé pour désigner les habitants de la Russia médiévale, ancêtres communs des Russes, Biélorusses et Ukrainiens.
[5] On compte également une présence occidentale dans les villes de Kiev, Smolensk, Polock, Pskov et Vladimir.
[6] Parmi ces villes, citons Ratisbonne, Lübeck, Visby, Sigtuna et Riga.
[7] D’autres facteurs semblent avoir joué un rôle important dans l’isolement de la Russia par rapport à l’Occident : ce sont d’une part le Schisme qui sépare chrétiens latins et grecs depuis le XIe siècle, dont les effets se font peu à peu sentir au cours du XIIIe siècle en Russia à la suite des attaques répétées des États latins voisins (Pologne, Suède et Livonie), d’autre part l’expansion de la Lituanie, dernier pays païen d’Europe, au XIVe siècle qui fait écran entre la Russia et l’Occident.
[8] Résultat obtenu à partir du dépouillement de : 1) Monumenta Germaniae historica. Scriptores (infra M.G.H.,SS.), Hanovre-Leipzig-Stuttgart, t. 1,1826 ; t. 3, 1839 ; t. 4-5,1841-1844 ; t. 6,1844, rééd. 1980 ; t. 7,1846 ; t. 9-14,1851-1883 ; t. 16-17, 1859-1861 ; t. 19-22,1866-1872 ; t. 23,1874, rééd. 1986 ; t. 24-30/2,1879-1934 ; t. 34, 1980 ; 2) Monumenta Germaniae historica. Scriptores Rerum Germanicarum in usum scholarum (infra M.G.H., SS.R.G.), Hanovre-Leipzig-Berlin-Munich-Zurich, t. 18-20, 1880-1885 ; t. 42,1899 ; t. 50,1890 et SS.R.G. nova series, t. 2-3,1923-1924 ; t. 8,1930 ; t. 13,1967 ; t. 15,1991 ; t. 17,1994 ; 3) Monumenta Germaniae historica. Deutsche Chroniken und andere Geschichtsbücher des Mittelaters (infra M.G.H., D.C.G.M.), Hanovre-Leipzig, t. 1-3,1895-1900 ; t. 5-6,1890-1909 ; 4) Ausgewählte Quellen zur deutschen Geschichte des Mittelalters (infra A.Q.D.G.M.), Berlin-Darmstadt, t. 9,1957 ; t. 11-13,1961-1957 ; t. 15-17,1972-1965 ; t. 19,1963 ; t. 24-25,1975-1984 ; 5) Monumenta Poloniae historica (infra M.P.H.), 6 vol., Lwów-Cracovie, 1864-1893, rééd. Paris-La Haye-Varsovie, 1960-1961 ; 6) Recueil des Historiens des Gaules et de la France (infra R.H.F.), t. 11, Paris, 1876 ; 7) Monumenta Historica Norvegiae latine conscripta (infra M.H.N.), Oslo, 1880 ; 8) DrevnejÅ¡ie isto²niki po istorii narodov SSSR [russe : Les plus anciennes sources historiques sur les peuples de l’U.R.S.S.], collection dont le nom a changé en 1994 : DrevnejÅ¡ie isto²niki po istorii vosto²noj Evropy [russe : Les plus anciennes sources historiques de l’Europe orientale]. Voir dans cette collection les recueils suivants : V.I. MATUZOVA, Anglijskie srednevekovye isto²niki IX-XIII vv. : teksty, perevod, kommentarij [russe : Les sources médiévales anglaises (IXe-XIIIe s.) : textes, traduction et commentaire], Moscou, 1979 ; N.I. Å +AVELEVA, Pol'skie latinojazy²nye srednevekovye isto²niki. : teksty, perevod, kommentarij [russe : Les sources médiévales polonaises en latin : textes, traduction et commentaire], Moscou, 1990 ; A.V. NAZARENKO, Nemeckie latinojazy²nye isto²niki IX-X vv. : teksty, perevod, kommentarij [russe : Les sources médiévales allemandes en latin (IXe-XIe s.) : textes, traduction et commentaire], Moscou, 1993 ; voir également le recueil de M.B. SVERDLOV, Latinojazy²nye isto²niki po istorii Drevnej Rusi : Germanija, t. 1, IX-pervaja polovina XII vv., t. 2, Seredina XII-seredina XIII v., t. 3, Bibliografija i ukazateli [russe : Les sources latines d’histoire de la Russia ancienne : Germanie, t. 1, IXe-1re moitié XIIe s., t. 2, milieu XIIe-milieu XIIIe s., t. 3, Bibliographie et index], Moscou-Leningrad, 1989-1990 ; 9) articles de : A.V. SOLOVIEV, Le nom byzantin de la Russie, Musagetes, t. 3,1957, p. 1-54, rééd. Byzance et la formation de l’État russe, Londres, 1979, n° XI ; ID., Mare Russiae, Die Welt der Sla