Le Moyen Age
De Boeck Université

I.S.B.N.2-8041-4462-3
285 pages

p. 539 à 593
doi: 10.3917/rma.103.0539

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Tome CX 2004/3-4

2004 Le Moyen Age

Constitution et diffusion d’un savoir occidental sur le monde « russe » au Moyen Âge (fin Xe-milieu XVe siècle) (2e partie)

Stéphane Mund Université Libre de Bruxelles
St. MUND, Constitution and diffusion of Western knowledge about the « Russian » world in the Middle Ages (end of the 10th-middle of the 15th centuries) (Part 2). This article is a synthesis of the knowledge about « Russian » culture in Western Europe between the end of the 10th century (when the Kievan Russia converted to christianity and its sovereigns established relationships with other Christian kings) and the middle of the 15th century (just before the Moscovite Russia, which had succeeded Kievan Rus’, joined the political and economic Western sphere). It presents a systematic survey of all Western European mediaeval sources about Russia over this long period. These are chronicles, sagas, encyclopaedias, travel narratives, maps, or chivalric literature. These sources are analysed according to a typological approach, i.e. focusing on the authors, their origin and educational background, on the characteristics of the texts and on the information they provide about Russia. This typological approach shows that an image of Russia emerged in medieval Western Europe, however partial and fragmentary it may have been. Not until the late 15th and the early 16th century was Russia really discovered by Western European diplomats and merchants.Keywords : Russia, Western world, representation, Eastern Slavs, typology of sources.
 
La représentation du monde « russe » à travers les sources occidentales
 
 
Si l’on rassemble les connaissances à propos du monde « russe » dispersées dans les différentes sources occidentales du Moyen Âge, on constate que celles-ci portent principalement sur les différents noms de la Russia, l’emplacement et le cadre géographique de ce pays, le mode de vie, la religion et le régime politique de ses habitants [1].
Lorsqu’ils mentionnent le pays des Slaves orientaux [2], les auteurs occidentaux l’appellent en général Russia, nom qui est attesté dans les sources dès le début du XIe siècle, mais qui peut s’écrire de différentes façons suivant l’origine des textes dans lesquels il figure [3]. Si à partir du XIIe siècle d’autres appellations font leur apparition, telles Rut(h)enia [4] et Ros(s)ia [5], elles ne supplantent toutefois pas le nom Russia qui est adopté dans les chroniques en langue vulgaire dès la fin du XIe siècle sous l’appellation Rous(s)ie [6] en vieux français, Rusie [7] en vieil anglais ou Riuzen [8] en vieil allemand. Le nom latin Russia existe également dans les textes scandinaves, mais il est beaucoup moins fréquent et est considéré comme une dénomination de lettrés [9]. Les noms les plus usités sont Garðar et Garðaríki [10], mots nordiques qui signifient « les bourgs » et « le royaume des bourgs ». Attestés respectivement dès les XIe et XIIe siècles, ils montrent que les voyageurs scandinaves ont dû être frappés par le nombre de bourgades en Russia [11].
En ce qui concerne l’emplacement de la Russia, ce pays apparaît dans les sources occidentales comme faisant partie de l’Europe [12]. Dans les textes scandinaves, elle est généralement située à l’est par rapport à la Scandinavie, comme l’attestent les expressions austr í Garða, austr í Garðaríki, Garða austr, austr í Gorðum, austan ór Garðaríki, qui signifient toutes « à l’est en Russia [13] ». Dans les autres textes occidentaux, elle est plutôt présentée comme une contrée de l’Europe septentrionale [14]. Certains auteurs soulignent l’immensité de ce pays. Le chroniqueur Adam de Brême notamment définit la Russia correctement comme la « dernière et la plus grande province des Slaves » au bout de la mer Baltique [15]. Les limites de ce pays apparaissent néanmoins approximatives dans les sources occidentales et sont généralement définies par rapport aux pays voisins [16]. De même, tributaires du savoir antique, certains auteurs croient encore faussement que la Russia a également pour voisins au nord des peuples étranges et cruels, aux formes parfois hybrides, tels les Amazones, les Cyclopes, les Cynocéphales et les Ymantopodes [17]. Pays du nord ou pays de l’est, la Russia est également associée à la Grèce et à la mer Noire, comme le suggèrent quelques auteurs. À titre d’exemple, l’auteur anonyme de la chronique française, Chronicon Sancti Petri Vivi Senonensis, évoquant l’ambassade envoyée par le roi Henri Ier de France auprès du prince de Kiev Jaroslav le Sage, qualifie ce dernier de « roi du pays de Russie aux confins de la Grèce ». Selon Gervais de Tilbury, la Russia s’étend en direction de la Grèce, en l’occurrence l’empire byzantin, sur une longueur de cent journées de marche [18]. De même, certains lettrés occidentaux appellent aux XIIe et XIIIe siècles la mer Noire mare Russiae, mare Rusciae ou Rucenorum mare, dénominations qui remontent en fait au Xe siècle lorsque les Varègues et les Slaves orientaux de la Russia sillonnaient la mer Noire et fondaient des établissements sur son littoral septentrional [19]. Si plusieurs auteurs occidentaux sont capables de situer la Russia plus ou moins correctement, il en existe aussi qui commettent parfois de grosses erreurs. Ainsi Barthélemy l’Anglais situe la Russia, qu’il appelle Ruthia ou Ruthena en un endroit tout à fait étonnant, à savoir la province romaine antique de Mésie habitée à son époque depuis longtemps par les Bulgares. Cette Ruthia porte parfois aussi, selon lui, le nom de Galacia, c’est-à-dire la région des Galates en Asie Mineure. Il confond probablement la Galatie, pays des Galates, avec la principauté « russe » de Galicie, située dans le sud-ouest de la Russia, dont les liens avec l’Occident sont importants à son époque [20].
Quand les auteurs occidentaux s’intéressent au cadre naturel de la Russia, trois éléments retiennent principalement leur attention : les forêts, les fleuves et le climat glacial. Si l’on se réfère à Guillaume de Rubrouck et à Guillebert de Lannoy, on apprend que la Russia est un pays couvert de forêts à perte de vue [21]. Guillebert de Lannoy présente la région de Novgorod où il a voyagé comme une contrée complètement déserte où seuls quelques villages isolés interrompent un paysage de vastes forêts, de marais, de lacs et de rivières. Pays boisé, la Russia recèle dans ses forêts de nombreuses richesses dont Marco Polo nous dresse l’inventaire le plus complet : « ils ont vraiment beaucoup de fourrures précieuses et de grande valeur : zibeline, hermine, vair, ercolin et renard en abondance, qui sont parmi les plus belles et les meilleures du monde. Ils ont bien de la cire. Et je vous dis qu’ils ont beaucoup de mines d’argent, d’où ils tirent assez d’argent [22] ». Selon Jean de Plan Carpin, Guillaume de Rubrouck et Marco Polo, les fourrures constituent la principale richesse de la Russia qui en possède une grande quantité, et ont plusieurs usages. Tout d’abord, les fourrures font l’objet d’un commerce actif de la part des habitants de la Russia. Guillaume de Rubrouck le remarque notamment dans le port de Soldaïa [actuellement Sudak] sur la côte orientale de la Crimée où il a débarqué au début de son voyage. D’après lui, cette ville constitue un important centre d’échanges : « et là se rassemblent tous les marchands, c’est-à-dire ceux venant de Turquie qui veulent aller dans les terres septentrionales et dans le sens inverse ceux venant de Russia et des terres septentrionales qui veulent aller en Turquie. Les uns apportent des toiles de coton, des tissus en soie et des épices, les autres apportent des peaux de vair, de petit-gris [23] et d’autres fourrures précieuses [24] ». En outre, les fourrures servent à payer le tribut régulièrement imposé à partir du XIIIe siècle par les Tatars-Mongols à leurs sujets « russes » : selon Jean de Plan Carpin, chaque habitant de la Russia « donne une peau d’ours blanc, un castor noir, une zibeline noire, une peau noire d’un animal qui a son repaire dans la terre [25] […] et une peau de renard noir [26] ». Enfin, les fourrures sont également utilisées en Russia comme monnaie d’échange dans les transactions de la vie quotidienne : Guillaume de Rubrouck note que « l’argent habituel des Ruthènes sont des petites peaux de vair et de petit-gris [27] ».
Les fleuves de la Russia évoqués dans les sources occidentales sont, d’ouest en est, le Dniestr, le Dniepr, le Don, la Dvina Occidentale, la Neva, le Volkhov, la Volga et la Kama [28]. Les renseignements concernant ces fleuves sont en général très restreints. Ils se limitent à leurs différents noms russe ou occidental [29], à une esquisse de leur cours dans les portulans et à la mention de l’une ou l’autre villes sur leurs rives. Seuls le Dniepr et la Volga retiennent un peu plus l’attention de quelques auteurs occidentaux qui soulignent leur taille immense et leur richesse en poissons. Ainsi, Guillaume de Rubrouck ne manque pas de raconter dans son récit combien la taille de la Volga l’a beaucoup impressionné : « l’Ethil est le plus grand fleuve que j’aie jamais vu, […] nous sommes parvenus le troisième jour jusqu’à ce fleuve et lorsque j’ai vu ses eaux je me suis étonné de voir une telle quantité descendre du nord ». Plus loin, il écrit que la Volga est d’après lui quatre fois plus grande que la Seine [30]. Toutefois, les fleuves de la Russia demeurent encore mal connus des lettrés occidentaux qui commettent à leur sujet des erreurs, dont certaines remontent à la tradition antique. À titre d’exemple, certains portulans font naître les fleuves russes dans des montagnes conformément à la géographie antique, alors que ceux-ci prennent en réalité leur source dans des plaines marécageuses [31]. De même, dans la mappemonde d’Ebstorf, Kiev est située faussement sur les bords de la Neva et non du Dniepr, tandis que dans le Libro del conoscimiento c’est Moscou qui est placée erronément sur les bords du Don et non de la Moskova. De semblables erreurs se reproduisent également chez des auteurs qui ont voyagé en Russia et franchi certains de ses fleuves. Ainsi, Jean de Plan Carpin affirme erronément, à l’instar du géographe grec Strabon, que le Dniepr, le Don et la Volga se jettent dans la mer Noire, alors qu’il a vu de ses propres yeux ces trois fleuves et a pu se renseigner à leur sujet en Russia et chez les Tatars [32]. De même, son compagnon de voyage, Benoît de Pologne, reprend de manière étonnante une affirmation d’Aristote selon laquelle la Volga et le Don sont un seul et même fleuve [33].
Le froid est le dernier élément du cadre naturel de la Russia qui retient l’attention de certains auteurs occidentaux, en l’occurrence Jean de Plan Carpin, Marco Polo et Guillebert de Lannoy. Il est vrai que deux d’entre eux, à savoir Jean de Plan Carpin et Guillebert de Lannoy, ont traversé la Russia en plein hiver et peuvent se targuer de l’expérience. Le premier parle de sa longue route en traîneau sur le Dniepr gelé en aval de Kiev durant le mois de février 1245. Le second évoque le chemin entre Narva à la frontière livonienne et Novgorod également parcouru en traîneau à cause des « grandes neiges et froidures » en automne 1413 [34]. Cependant Marco Polo qui n’a pas visité personnellement la Russia retient lui aussi la rigueur du climat comme un des éléments caractéristiques de son cadre naturel et n’est pas le moins loquace sur ce sujet : « Or sachez qu’il est tout à fait vrai qu’on trouve en Russia le climat le plus froid au monde, auquel on n’échappe qu’à grand’peine. On ne rencontre un froid aussi intense dans aucune autre région du monde ». La froidure du climat fait l’objet de quelques anecdotes piquantes propres à éclairer le lecteur en même temps qu’à susciter son intérêt par le pittoresque. Ainsi Marco Polo raconte que les habitants de la Russia se réchauffent en hiver dans les étuves et se servent de celles-ci, à l’en croire, comme relais lorsqu’ils voyagent par des températures glaciales : « Le froid est parfois si intense que des hommes, allant chez eux, ou d’un lieu à l’autre pour leurs affaires, après avoir quitté une étuve, sont quasi gelés avant d’être arrivés à la suivante, alors que ces étuves sont si fréquentes et si rapprochées qu’il n’y a pas, dit-on, entre elles une distance de plus de soixante pas. Ainsi donc, quand un homme quitte une étuve bien réchauffé, il est gelé à mesure qu’il avance vers l’autre ; il entre alors bien vite dans l’étuve et s’y réchauffe ; bien réchauffé, il repart et va jusqu’à la suivante où il se réchauffe de nouveau ; et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il soit arrivé chez lui, ou à l’endroit où il voulait aller. D’ailleurs, les gens courent toujours d’une étuve à l’autre, afin d’atteindre rapidement cette dernière sans avoir été trop gelés [35] ». Pour sa part, Guillebert de Lannoy raconte que lorsqu’on chevauche à travers les forêts de la Russia en hiver, on entend les arbres « craquer et se fendre complètement » à cause du gel. Il note également les conséquences de ce climat rigoureux sur la vie quotidienne des habitants. Ainsi à Novgorod, on ne trouve pas de marché public en hiver à cause du froid [36]. Le froid est à ce point rigoureux qu’il est dangereux de rester trop longtemps dehors. À en croire Marco Polo, « il arrive très souvent qu’un homme qui n’est pas bien vêtu, ou qui ne peut aller assez vite parce qu’il est vieux ou de constitution et de complexion plus faible que les autres, ou parce que sa maison est vraiment trop loin, tombe à terre, gelé par le trop grand froid avant d’avoir atteint l’étuve suivante, et se meurt là. Mais si des passants le ramassent, l’emmènent à une étuve et le dévêtent, ses fonctions se rétablissent à mesure qu’il se réchauffe et il revient à la vie [37] ». Quant à Guillebert de Lannoy, il raconte que si on doit dormir en plein air en hiver, le réveil est d’autant plus pénible que l’on a « sa barbe, ses sourcils et ses paupières complètement gelés […] et pleins de glaçons, de sorte qu’on parvient à peine à ouvrir les yeux ». Il rapporte encore une expérience personnelle, révélatrice selon lui de la rigueur du froid « russe » : un jour de grand froid, il avait creusé un trou dans la glace pour y puiser de l’eau et la verser dans deux tasses ; au moment où il s’apprêtait à boire, les tasses gelées ont commencé à lui coller aux doigts sous l’effet du froid [38]. En évoquant ainsi la rigueur de l’hiver russe, Marco Polo et Guillebert de Lannoy ne font qu’inaugurer une longue série de descriptions pittoresques dans les écrits occidentaux sur la Russie à partir du XVIe siècle [39].
Si la Russia médiévale compte un grand nombre de villes et de bourgades – l’historien soviétique M.N. Tikhomirov en a compté 238 –, les auteurs occidentaux n’en retiennent qu’un petit nombre. Elles apparaissent toujours dans le cadre des liens entre les Slaves orientaux et l’Occident et font en général l’objet de simples mentions [40]. Seules Kiev et Novgorod ont droit à quelques allusions un petit peu plus conséquentes, la première en tant que centre politique et religieux principal de la Russia (Xe-XIIIe s.) et la seconde en tant que plaque importante du commerce des Occidentaux avec le monde « russe [41] ».
Le premier lettré occidental à évoquer Kiev est Thietmar de Mersebourg [42]. Les informations substantielles qu’il fournit au sujet de cette ville sont dans l’ensemble correctes et montrent que le chroniqueur a été bien renseigné alors qu’il ne l’a jamais visitée [43]. Ainsi, il présente Kiev, qu’il appelle en latin Cuiewa ou Kitawa, comme la capitale du royaume de Russia [44]. Puissamment fortifiée, Kiev paraît une ville opulente, dont les richesses éblouissent, selons ses dires, les Polonais qui l’ont conquise provisoirement en 1018 [45]. Plus loin, Thietmar de Mersebourg la décrit comme une ville importante, dont les dimensions sont impressionnantes : « dans cette grande ville qui est la capitale de ce royaume, il y a plus de 400 églises et 8 marchés et la quantité de population est inconnue [46] ». Si ces chiffres sont peut-être exagérés [47], ils attestent néanmoins l’importance de Kiev comme métropole religieuse de la Russia – Thietmar de Mersebourg mentionne la présence à Kiev de reliques de saints et l’existence du métropolite qu’il appelle « archevêque de cette cité [48] » – et comme centre économique sur les bords du Dniepr. Quelle que soit la part d’exagération dans ces estimations, celles-ci constituent pour le lecteur un indice de la grandeur et de la richesse de la capitale de la Russia. L’opulence de Kiev semble d’ailleurs avoir retenu l’attention d’autres lettrés occidentaux, comme le montrent les exemples d’Adam de Brême, de Gallus anonymus (1113-1116) et de l’auteur de la Vita beati Mariani (ca1 185) qui font tous les trois l’éloge d’une ville qu’ils ne connaissent pourtant pas personnellement [49]. Le premier écrit qu’elle rivalise en beauté dans le monde byzantin avec Constantinople : « la capitale de ce pays est Kiev, rivale de l’impériale Constantinople et fleuron le plus brillant de la Grèce [50] ». Le deuxième la qualifie de grande et opulente capitale du royaume de Russia ; parmi les monuments, il mentionne la Porte d’Or, une des entrées principales de la ville, au nom évocateur [51]. Quant au troisième, il fait une brève allusion à la « très riche ville de Kiev » où l’on trouve des fourrures précieuses en abondance [52]. Kiev apparaît ainsi dans l’imaginaire occidental comme une ville d’une grande richesse, capable aux yeux de certains de rivaliser avec Constantinople, la métropole la plus prestigieuse du Moyen Âge. Sa destruction par les Tatars-Mongols en 1240 semble avoir frappé à cet égard les cercles dirigeants occidentaux, comme le révèlent des allusions faites par certains lettrés dans leurs chroniques [53]. Par ailleurs le souvenir de l’opulence de Kiev survivra longtemps, puisqu’il y est fait fréquemment allusion dans les textes de la Renaissance [54].
De toutes les villes de la Russia, Novgorod est certainement la mieux connue des sources scandinaves [55], où elle apparaît généralement sous le nom de Hólmgarðr (également Hulmka, HulmkarÞi sur des inscriptions runiques) dès le XIe siècle [56]. Dans une certaine mesure, on peut affirmer que toute la vie du pays « russe » évoquée dans les sagas se limite à cette seule cité [57]. Novgorod y apparaît comme une ville de grande renommée, voire la principale ville de Russia. Cette situation s’explique très probablement par l’importance qui lui était accordée dans le monde nordique, puisqu’elle était une étape essentielle des marchands scandinaves sur la route vers Constantinople. Premier signe de cette importance, Novgorod est présentée comme la résidence des souverains du Garðaríki, en l’occurrence les princes Vladimir et Jaroslav le Sage. Cette image de « résidence royale » n’est pas une invention des lettrés scandinaves, car elle est attestée historiquement dans les annales « russes » anciennes. Novgorod était en effet le siège d’une principauté au Moyen Âge et il est établi que Vladimir et Jaroslav le Sage y ont chacun séjourné pendant plusieurs années avant d’accéder au trône plus prestigieux de Kiev. Outre sa fonction de « résidence royale », Novgorod est aussi et surtout présentée comme une grande ville commerciale, ce dont témoignent les qualificatifs kaupbær,kauptún,kaupangr et kaupstadr utilisés dans les sagas. À plusieurs reprises, les sagas font allusion à un marché fréquenté par des Grecs et des gens venus d’autres pays. Ce marché est achalandé en étoffes précieuses qui proviennent de Constantinople. On peut également s’y fournir en fourrures d’exceptionnelle qualité, pierres précieuses, or et divers objets de luxe. Chaque année, nous apprennent les sagas, le marché de Novgorod est fréquenté par des marchands nordiques qui arrivent en été au moment de la belle saison après avoir traversé la mer Baltique [58]. Certains de ces marchands effectuent le trajet régulièrement, ce qui leur vaut d’être surnommés dans leur région d’origine « le Russe » (gerzkr) ou « le voyageur de Novgorod » (Holmgardsfari) [59]. D’après les sagas, la ville de Novgorod non seulement accueille les marchands de passage, mais abrite en permanence des groupes scandinaves. Dans certaines sagas, il est même précisé qu’il s’agit de mercenaires au service de Jaroslav le Sage qui ont été installés dans une résidence spécialement aménagée à leur intention [60]. Par ailleurs, quelques sagas indiquent l’existence à Novgorod d’une église scandinave dédiée à saint Olav et desservie par un prêtre latin [61]. Si le nom de ce seul édifice religieux a été retenu, alors qu’il y en avait à l’époque beaucoup d’autres à Novgorod, c’est parce qu’elle a été le cadre de deux miracles liés au culte de saint Olav. Après les sagas, il faut attendre le récit Voyages et Ambassades de Guillebert de Lannoy dans la première moitié du XVe siècle pour voir se renouveler les connaissances occidentales au sujet de Novgorod. Celui-ci consacre plusieurs paragraphes de son récit à présenter les principaux traits de la cité du Volkhov où il a séjourné pendant plusieurs jours [62]. Guillebert de Lannoy est le premier auteur occidental à donner une description physique de la ville : il décrit avec justesse Novgorod comme une « très grande ville, située dans une belle plaine entourée de grandes forêts et […] dans un pays plat couvert de marécages et de rivières ». Elle est traversée par « une très grosse rivière, nommée Volkhov [63] ». Il précise également que Novgorod est entourée par des remparts en bois et en terre et des tours construites en pierre, ce que confirme l’archéologie. Au centre de la cité, se trouve la forteresse (kremlin) dominée par la cathédrale Sainte-Sophie dont Guillebert de Lannoy a bien perçu qu’elle est la principale église de Novgorod : « un château construit au bord du dit fleuve (le Volkhov) à l’intérieur duquel est construite la cathédrale Sainte-Sophie qu’ils vénèrent ». Cette forteresse sert aussi de résidence à l’archevêque. Comme Thietmar de Mersebourg à propos de Kiev, Guillebert de Lannoy dénombre 350 églises à Novgorod, ce qui inclut très probablement les chapelles privées. Outre la géographie physique de Novgorod, il évoque plusieurs autres aspects de cette cité, à savoir sa structure sociale, les mœurs et la vie quotidienne de ses habitants, sa puissance militaire et son régime politique. La structure sociale et le régime politique semblent l’avoir particulièrement intéressé. Il a probablement dû obtenir ses informations grâce à des contacts avec des marchands hanséates résidant sur place. En ce qui concerne la structure sociale, Guillebert de Lannoy note qu’il y a à Novgorod « plusieurs grands seigneurs qu’ils appellent boyards. Et on y trouve des bourgeois extrêmement riches et puissants qui ont des biens fonciers longs de deux cents lieues [64] ». Il réalise parfaitement que les boyards et les riches marchands de la bourgeoisie constituent à Novgorod un groupe social très important. Même si ses estimations de la richesse novgorodienne semblent exagérées, elles mettent en évidence une prospérité que de nombreux voyageurs et cosmographes décriront encore au XVIe siècle. Guillebert de Lannoy consacre également quelques lignes à évoquer les structures politiques particulières de Novgorod dans la Russia du XVe siècle. Cet intérêt s’explique peut-être par le fait qu’il a découvert à Novgorod un régime politique qui lui rappelle par certains aspects celui des villes des Pays-Bas bourguignons, sans que cette comparaison n’apparaisse pour autant de façon explicite dans son récit. En effet, il note que Novgorod est « une ville franche et seigneurie de commune », terme qu’on emploierait a priori pour désigner le gouvernement des villes des Pays-Bas. Elle est effectivement dirigée à l’époque par le ve²e, assemblée de tous les chefs de famille libres qui élit chaque année les gouvernants de la cité, comme le remarque Guillebert de Lannoy : « ils ont deux officiers, un duc et un burgrave, gouverneurs de la dite ville qui sont renouvelés chaque année [65] ». Il souligne aussi le rôle fondamental de l’archevêque dans le gouvernement de la cité ainsi que le prestige de l’oligarchie des boyards et des grands bourgeois, semblable à celui des nobles et des familles lignagères dans les Pays-Bas [66].
Les habitants de la Russia retiennent en général peu l’attention des lettrés occidentaux qui se contentent la plupart du temps de mentionner uniquement leur nom. Comme le révèle le dépouillement des sources occidentales, ce nom a varié au cours du temps [67]. Ainsi, les Slaves orientaux ont commencé par être appelés Russi dans les textes latins, nom qui correspond au mot grec Ю̔ΓϾΗ΍Γ΍ utilisé dans la langue populaire à Constantinople et employé par quelques auteurs byzantins au Xe siècle pour désigner les habitants de la Russia [68]. Ce nom connaît en latin plusieurs orthographes suivant l’origine géographique des textes occidentaux où il apparaît [69], avant de passer à partir du XIIe siècle dans les sources en langue vulgaire, notamment en vieil allemand sous le nom R(i)uzen [70]. À partir de la seconde moitié du XIe siècle, les habitants de la Russia commencent à être désignés dans les sources latines par un nouveau nom, Rut(h)eni [71], dont l’origine est sujette à contestations [72]. Ce dernier qui se décline également selon plusieurs orthographes devient extrêmement fréquent et semble s’imposer au cours du XIIe siècle dans tout l’Occident latin [73]. En revanche, il n’apparaît pas dans les textes en langue vulgaire qui continuent de garder le premier nom [74].
Au-delà de la simple mention du nom, les lettrés occidentaux qui portent un certain intérêt pour les habitants de la Russia ne sont pas nombreux. Seuls Adam de Brême, Gervais de Tilbury, Barthélemy l’Anglais, Guillaume de Rubrouck, Marco Polo et Guillebert de Lannoy nous apportent quelques informations sur l’origine ethnique des habitants de la Russia, leur allure générale et certaines de leurs mœurs.
En ce qui concerne l’origine ethnique des habitants de la Russia, Adam de Brême et Barthélemy l’Anglais donnent des informations correctes. Tous deux notent que ce sont des Slaves qui parlent une langue slave. Le premier ajoute qu’ils sont de tous les peuples slaves la nation la plus éloignée géographiquement de l’Occident [75]. Le second est encore plus précis puisqu’il définit les habitants de la Russia dans le cadre d’une présentation générale des Slaves : « en effet on appelle Slaves les Bohémiens, les Polonais, les Metani (?), les Wendes (Slaves de l’Allemagne du Nord), les Russes, les Dalmates et les Carantaniens (actuels Slovènes), qui tous se comprennent mutuellement et sont semblables en beaucoup de choses tant par la langue que par les mœurs. Ils sont cependant différents par le rite. En effet certains jusqu’à présent conservent le culte des païens, d’autres au contraire maintiennent le rite des Grecs, d’autres encore celui des Latins [76] ». Toutefois cette identification des habitants de la Russia avec les autres peuples slaves n’est pas évidente pour tous les lettrés occidentaux. À titre d’exemple, si Guillaume de Rubrouck note correctement que les habitants de la Russia parlent une langue semblable à celle des Polonais, des Tchèques et des habitants de la Slavonie, il se trompe lorsqu’il souligne tout de suite après la parenté des Slaves avec les Vandales et les Huns et affirme, par fidélité au savoir antique répandu dans les encyclopédies médiévales, que la langue des Slaves est la même que celle des Vandales de l’Antiquité [77]. De même, Gervais de Tilbury assimile à tort les Rutheni, habitants de la Russia, avec une tribu gauloise antique du même nom installée dans la région de Rodez dans le sud-ouest de la France [78].
Le premier auteur à nous fournir des indications sur le physique des Slaves orientaux est Marco Polo qui a rencontré beaucoup de types différents au cours de son long séjour en Asie. Il les présente de la manière suivante : « ce sont des gens […] fort beaux, les hommes comme les femmes, car ils sont tout blancs et blonds [79] ». Le voyageur vénitien dresse ici un portrait caractéristique des hommes du nord. Pour sa part, Guillebert de Lannoy s’intéresse uniquement aux coiffures des Novgorodiens et des Pskoviens qui semblent l’avoir beaucoup intrigué. Il observe chez les premiers que les hommes comme les femmes ont des cheveux longs : « Item, les dames ont deux tresses qui pendent derrière leur dos, tandis que les hommes ont une tresse ». Chez les seconds, il note que les femmes laissent pousser « leurs cheveux longs et épars [80] ». Les habits des Slaves orientaux suscitent également l’intérêt. Guillaume de Rubrouck en fournit une description précise en se servant des Occidentaux comme référence en cette matière : « les femmes ruthènes se parent la tête comme les nôtres. Elles ornent leurs dessus de robe sur le côté extérieur de fourrures de martre et de petit-gris des pieds jusqu’aux genoux. Les hommes portent des manteaux comme les Allemands, mais sur la tête ils portent des chapeaux de feutre rendus pointus en leur sommet par une longue pointe [81] ». Quant à Guillebert de Lannoy, il se contente de relever que les Pskoviennes portent par coquetterie « un diadème rond derrière leur tête comme des saintes [82] ».
Lorsqu’ils s’intéressent aux mœurs des Slaves orientaux, les lettrés occidentaux en retiennent les aspects négatifs. Dans certaines chroniques, les Slaves orientaux de la Russia se voient accoler les épithètes peu flatteuses de barbari ou de pagani [83]. Dans l’esprit des lettrés du Moyen Âge, celles-ci sont attribuées à des peuples non chrétiens ou mauvais chrétiens, dont les mœurs sont rudes et cruelles. Les Slaves orientaux sont parfois qualifiés de la sorte parce qu’ils sont situés aux confins de l’Europe dans le septentrion, c’est-à-dire loin de la « civilisation » ; en outre, ils vivent au milieu de peuples sauvages et de races monstrueuses, dont certaines sont connues par la tradition antique [84]. Le regard des voyageurs n’est pas moins critique que celui des chroniqueurs. Ainsi Guillaume de Rubrouck retient des Slaves orientaux qu’ils sont des pillards professionnels qui n’ont pas facilité son voyage [85]. Bien qu’il ait été somptueusement reçu à Novgorod, Guillebert de Lannoy ne manque pas non plus de porter un regard critique à l’égard des habitants de cette ville. Si l’on en croit celui-ci, les Novgorodiens « ont un marché où ils vendent et achètent leurs femmes en toute légalité, contrairement à la loi chrétienne [86] ». Faut-il voir dans cette information une volonté délibérée de Guillebert de noircir les Novgorodiens pour justifier son soutien à la lutte menée régulièrement par l’Ordre livonien contre ces chrétiens schismatiques ? L’hypothèse est séduisante, mais sans réponse. De tous les auteurs occidentaux, Marco Polo est incontestablement celui qui porte le plus d’attention aux mœurs des Slaves orientaux, puisqu’il est le premier à consacrer quelques lignes dans son Devisement du monde à deux aspects fondamentaux de leur vie quotidienne, à savoir la fréquentation des bains publics et le penchant prononcé pour l’alcool. La fréquentation des étuves ou bains publics est une coutume qui en Russia remonte loin dans le Moyen Âge, car elle est adaptée à la rigueur du climat. De plus, elle exerce un rôle important dans la vie de la société « russe » (hygiène, purification du corps, célébration de certains rites de passage, tels que l’ablution de la jeune fille la veille du mariage, l’accouchement dans le bain...) [87]. En Occident où elle a en revanche été abandonnée à la fin de l’Antiquité, c’est une coutume qui est redécouverte au cours des XIIe et XIIIe siècles probablement à l’occasion des croisades. Cette nouveauté expliquerait en partie pourquoi Marco Polo consacre une large part de son chapitre sur la Russia à la description des étuves « russes » : « et s’il n’y avait pas les nombreuses étuves, les gens ne pourraient éviter de mourir de froid. Celles-ci, très nombreuses, sont construites pieusement par les nobles et les puissants, de même que les hôpitaux chez nous. Tous les gens peuvent se précipiter à ces étuves à tout moment si besoin est. […] Ces étuves sont bâties de la façon suivante : elles sont faites de grosses poutres placées en carré l’une au-dessus de l’autre et ajustées ensemble au point qu’on ne peut rien voir entre l’une et l’autre ; les joints sont très bien tamponnés avec de l’argile ou autre chose, de sorte que ni le vent ni le froid ne peuvent entrer nulle part. Dans la partie supérieure du toit, s’ouvre une fenêtre, par où sort la fumée quand on fait du feu pour réchauffer les gens. Ces étuves contiennent des bûches en grande abondance qui sont mises au feu en grandes piles ; et quand elles brûlent et font de la fumée, on ouvre la fenêtre d’en haut et la fumée sort par là. Mais quand elles ne font plus de fumée, on referme cette fenêtre avec un feutre très épais ; il demeure de grosses braises qui tiennent l’étuve très chaude. Plus bas, c’est-à-dire dans le mur de l’étuve, il y a une fenêtre fermée par un feutre très bon et très épais ; ils ouvrent cette fenêtre s’ils veulent avoir de la lumière et si le vent ne souffle pas ; mais si le vent souffle et s’ils veulent avoir de la lumière, ils ouvrent la fenêtre d’en haut. Quant à la porte par où l’on entre, elle est également de feutre. Telle est la manière dont ces étuves sont faites. Tout homme noble ou riche a sa propre étuve [88] ». Si le voyageur vénitien a bien saisi l’importance des étuves dans la vie quotidienne des Slaves orientaux, il n’a cependant pas compris toute la valeur symbolique attachée à cette dernière. Pour lui, l’usage des étuves en Russia est uniquement lié au climat glacial de ce pays. Son intérêt particulier pour cette coutume des Slaves orientaux est une façon de souligner encore une fois l’extrême froidure du climat en Russia. Une autre habitude des Slaves orientaux abondamment décrite par Marco Polo est leur penchant immodéré pour l’alcool [89]. Le voyageur vénitien commence par présenter à son lecteur la boisson habituelle des habitants de la Russia : « nous vous parlerons maintenant d’une certaine coutume qu’ils ont. Sachez qu’ils font avec du miel et du panic (sorte de millet) un vin très parfait qui est appelé cervoise ; et avec cette cervoise, ils organisent de grandes beuveries [...] [90] ». Cette « cervoise » est en réalité de l’hydromel qui est encore consommé de nos jours en Russie. Ensuite, Marco Polo raconte de façon détaillée une scène de beuverie qui associe les hommes comme les femmes dans le plaisir de la boisson : « ils se réunissent en grandes compagnies, hommes et femmes ensemble, surtout les nobles et les magnats, par trente, quarante, ou même cinquante, incluant maris, femmes et enfants. Chaque compagnie se donne un roi ou capitaine, et des règles : par exemple, si quelqu’un dit un mot inconvenant ou fait une chose contre la règle, il sera puni par le chef désigné. Et puis il y a des hommes qu’on peut bien nommer aubergistes, qui vendent cette cervoise. La compagnie va donc à la taverne, et passe toute la journée dans des beuveries nommées straviza [91]. Le soir, les aubergistes font le compte de la cervoise consommée, et chacun paye la part qui lui revient, ainsi que celle de sa femme et de ses enfants, s’ils étaient là. Et quand ils sont à ces straviza ou beuveries, ils se font avancer de l’argent sur leurs enfants par les marchands étrangers, notamment ceux de Crimée, de la ville de Soldaïa et d’autres lieux des environs. Ils dépensent cet argent à boire, et c’est ainsi qu’ils vendent leurs enfants. Les dames qui demeurent toute une journée à ces beuveries ne s’éclipsent pas pour aller uriner ; leurs suivantes leur apportent de grosses éponges et les leur glissent dessous si furtivement que les autres gens ne s’en aperçoivent pas. L’une d’elles semble causer avec sa maîtresse, tandis qu’une autre lui glisse l’éponge, et ainsi, la maîtresse urine assise dans l’éponge ; ensuite, la suivante retire l’éponge toute pleine. Et ainsi elles urinent n’importe où elles veulent [92] ». Le récit de Marco Polo est vivant et ne manque pas d’anecdotes grivoises qui en disent long sur la perception des mœurs des habitants de la Russia par les Occidentaux. Notons en passant que la remarque du voyageur vénitien sur les Slaves orientaux qui vendent leurs enfants pour payer leurs excès de boisson reparaît au XVIe siècle [93]. Elle fait partie des lieux communs propagés par les lettrés occidentaux sur la Russia. Le stéréotype du « Russe alcoolique », toujours d’actualité dans l’imaginaire occidental, plonge ses racines dans un passé lointain.
La religion des Slaves orientaux n’est guère mieux perçue que leurs mœurs. Outre l’épithète peu flatteuse de pagani déjà évoquée, les Slaves orientaux sont perçus depuis le XIIe siècle comme des « chrétiens schismatiques qui doivent être ramenés dans le droit chemin [94] ». À côté de ces qualificatifs non dénués de propagande, certains auteurs apportent des informations plus objectives sur la religion des Slaves orientaux [95]. Toutefois ces informations sont très fragmentaires, le christianisme des Slaves orientaux ne suscitant pas un grand intérêt de la part de nos auteurs. Quelques-uns se contentent en effet de faire une brève allusion à leur appartenance au christianisme grec et à leur soumission à l’autorité du patriarche de Constantinople [96]. Seul Guillaume de Rubrouck fait brièvement allusion à certaines coutumes religieuses des Slaves orientaux. Il raconte combien ils respectent scrupuleusement, à son grand étonnement, les interdits alimentaires en s’abstenant de boire du kumys [97] et de manger de la viande d’animaux sauvages ou domestiques tués par des Infidèles, c’est-à-dire les Tatars-Mongols, de peur d’être exclus de la communauté chrétienne. Il note aussi que, contrairement à d’autres groupes chrétiens d’Orient qu’il a rencontrés sur sa route, les Slaves orientaux emploient des cloches dans leurs églises [98].
Pas plus que la religion, le régime politique de la Russia ne sucite guère l’intérêt des auteurs occidentaux qui ne procèdent à aucune analyse de ses structures, mais se contentent la plupart du temps de mentions [99]. Nombreux sont les auteurs occidentaux qui définissent le pays des Slaves orientaux comme un royaume durant tout le Moyen Âge [100]. Ce royaume est appelé regnum Russorum ou regnum Russie en latin [101],Garðaríki dans les sources scandinaves [102] et royaume de Russie en vieux français [103].
Malgré cette grande continuité, les sources occidentales reflètent néanmoins l’évolution de la situation politique de la Russia au cours de cette longue période. Ainsi la Russia des Xe, XIe et XIIe siècles apparaît aux yeux de la grande majorité des auteurs occidentaux comme un royaume indépendant dont le souverain est qualifié du titre de « roi [104] » : rex en latin [105], konungr (aussi konongr) dans les sources scandinaves [106], künic (aussi koning,kunic,chünig) en vieil allemand [107],roy en vieux français [108] et king en vieil anglais [109]. Par ce statut politique, la Russia est considérée comme faisant partie des grands États de l’Europe médiévale au même titre que l’empire byzantin, l’empire germanique, la France ou l’Angleterre. En cela, sa situation diffère de celle de la Pologne qui est considérée à l’époque par les Allemands comme une entité dépendant de l’empire germanique. On voit du reste les mêmes chroniqueurs allemands qualifier la Russia de regnum et présenter la Pologne comme une terra ou uneprovincia vassale de l’empereur germanique [110]. D’autre part, la Russia est perçue comme un État unitaire dirigé par un seul roi dont la « capitale » est à Kiev [111]. Jusque dans la seconde moitié du XIIe siècle, les auteurs occidentaux semblent en effet complètement ignorer qu’elle constitue en réalité depuis la fin du Xe siècle un conglomérat de principautés qui deviennent au fil du temps de plus en plus autonomes par rapport au pouvoir de Kiev [112]. Cette vision de l’État unitaire chez les auteurs occidentaux change progressivement à partir de la fin du XIIe siècle, c’est-à-dire à une époque où le processus de morcellement de la Russia est bien entamé [113]. Les mentions de différentes principautés « russes » deviennent de plus en plus fréquentes dans les sources occidentales [114]. De même, plusieurs auteurs font désormais allusion aux regna Russie soulignant ainsi clairement le morcellement de l’État kiévien [115]. En outre, contrairement aux époques précédentes, les souverains de la Russia sont à partir du XIIIe siècle souvent appelés dux, princeps ou encore magnus dux, termes qui correspondent mieux que rex aux titres russes knjaz’ (en français « prince ») et velikij knjaz’ (en français « grand-prince ») employés en Russia au Moyen Âge [116]. Le titre royal ne disparaît pas pour autant des sources occidentales : on le trouve en effet encore employé à plusieurs reprises pour désigner les souverains des différentes principautés de la Russia [117]. Par ailleurs, au cours de la seconde moitié du XIIIe siècle, certains auteurs occidentaux utilisent les termes terra ou provincia pour désigner la Russia, ce qui montre qu’ils ont bien perçu le nouveau statut de vassalité de cette dernière à l’égard de l’empire tatar-mongol suite à la destruction de l’État Kiévien par les armées de Batu khan en 1238-1240 [118]. Cependant l’ancienne expression regnum Russie continue d’être utilisée dans les sources occidentales au cours des XIVe et XVe siècles. Désormais, elle s’applique souvent à une entité politique plus restreinte au sein de l’ancienne Russia kiévienne morcelée [119]. Elle désigne tantôt la Russia du sud-ouest dirigée jusqu’en 1340 par les princes Riourikides de Galicie-Volhynie, tantôt la Russia du nord-ouest conquise par les grands-princes de Lituanie à partir de la seconde moitié du XIIIe siècle, tantôt la Russia du nord-est en cours d’unification sous la houlette des grands-princes de Moscou à partir du début du XIVe siècle. Parfois, pour distinguer ces différentes Russia, les auteurs occidentaux ajoutent des qualificatifs au nom Russia. On voit ainsi apparaître les concepts « Russie Rouge », « Russie Noire » et « Russie Blanche » qui désignent différentes parties de la Russia dirigées respectivement par les princes de Galicie-Volhynie (Russia du sud-ouest), les grands-princes de Lituanie (Russia du nord-ouest) et les grands-princes de Moscou (Russia de l’Est) [120]. Ces désignations de couleur, d’origine orientale, qu’on trouve mentionnées dans quelques chroniques et portulans dès le XIVe siècle [121], seront appelées à une longue vie : elles seront en effet abondamment employées dans les sources à partir du XVIe siècle et servent encore aujourd’hui à désigner l’un des trois États slaves orientaux successeurs de l’U.R.S.S., à savoir la Biélorussie appelée parfois aussi « Russie Blanche » en français. Dans le récit de Guillebert de Lannoy, on trouve d’autres qualificatifs pour distinguer certaines parties de la Russia : ce dernier fait notamment allusion à une Grant Russie dirigée par le grand-prince de Moscou [122]. En adoptant cette terminologie, il ne fait que suivre un usage instauré par les patriarches de Constantinople qui ont dû accepter au début du XIVe siècle la division de l’ancienne métropolie de Russia entre le métropolite de « Petite Russie » siégeant en Galicie et le métropolite de « Grande Russie » siégeant à Vladimir puis bientôt à Moscou [123]. Ainsi aux XIVe et XVe siècles, on ne trouve plus l’emploi d’une même terminologie politique pour désigner les territoires de la Russia et leurs souverains [124].
 
La diffusion des connaissances
 
 
Si l’étude systématique des sources occidentales évoquant la Russia révèle que ce pays y est souvent mentionné et y fait même parfois l’objet de quelques paragraphes, il importe de savoir dans quelle mesure ces informations ont été diffusées. C’est dans cette perspective que je m’intéresserai à présent à la circulation des manuscrits, aux traductions et aux emprunts.
Lorsque l’on examine le nombre de manuscrits des textes médiévaux évoquant la Russia, on constate sans surprise qu’il est fort variable. À titre d’exemple, le De proprietatibus rerum de Barthélemy l’Anglais et le Devisement du monde de Marco Polo sont parmi les textes étudiés ceux qui ont connu la plus large diffusion : environ 250 manuscrits [125] pour l’un et 150 [126] pour l’autre répertoriés dans les grandes bibliothèques occidentales. De même, les Otia imperialia de Gervais de Tilbury et les deux versions de l’Ystoria Mongalorum de Plan Carpin ont également connu un succès important. Du premier, on a conservé 22 manuscrits rien qu’entre les XIIIe et XVe siècles [127], tandis que du second nous sont parvenus 16 manuscrits médiévaux [128]. Ajoutons en ce qui concerne Plan Carpin que la seconde version a aussi été intégrée dès avant 1254, sous une forme quelque peu abrégée dans le célèbre Speculum historiale de Vincent de Beauvais [129]. Or cette dernière œuvre est conservée dans un très grand nombre de manuscrits [130]. En revanche les chroniques de Thietmar de Mersebourg et d’Adam de Brême, de même que les récits de voyage de Julien de Hongrie, Guillaume de Rubrouck, le Franciscain anonyme et Guillebert de Lannoy ne sont attestés que par un petit nombre de manuscrits : 7 manuscrits conservés entre les XIIe et XVe siècles pour Adam de Brême [131], 7 manuscrits médiévaux pour Guillaume de Rubrouck [132], 3 manuscrits du dernier tiers du XVe siècle pour le Franciscain anonyme [133], 2 manuscrits pour Thietmar de Mersebourg (original et XIVe siècle) [134] et Julien de Hongrie (1284 et XIVe siècle) [135] et 1 manuscrit pour Guillebert de Lannoy (ca 1480) [136].
Si le nombre de manuscrits d’un texte constitue un indice du succès de ce dernier, cela ne signifie pas pour autant qu’il a exercé une influence particulière dans la diffusion des connaissances sur la Russia. Les exemples opposés de la chronique de Thietmar de Mersebourg et du récit de voyage de Marco Polo sont là pour en témoigner. Alors que les informations sur la Russia contenues dans la chronique de Thietmar auraient dû normalement passer inaperçues, elles font l’objet de copiages au Moyen Âge, contrairement au chapitre de Marco Polo sur la Russia pourtant plus complet et plus répandu. D’autre part, la version diffusée d’un texte n’est pas forcément celle qui contient le plus d’informations sur la Russia. L’exemple du Devisement du monde est là pour le rappeler puisque la version longue du chapitre sur la Russia n’est à l’heure actuelle attestée que dans un seul manuscrit médiéval rédigé vers 1470, alors que sa version brève figure dans presque tous les manuscrits.
Un autre indice de diffusion des ouvrages médiévaux est l’existence de traductions en langues vernaculaires. Par ce biais, des informations sur la Russia peuvent atteindre des publics plus larges. C’est le cas notamment de trois ouvrages latins parmi les plus intéressants pour la connaissance du pays des Slaves orientaux au Moyen Âge, à savoir les Otia imperialia de Gervais de Tilbury, le De proprietatibus rerum de Barthélemy l’Anglais et le Devisement du monde de Marco Polo [137].
Malgré leur faible quantité, les informations sur la Russia présentées par certains auteurs occidentaux ont fait l’objet d’emprunts. Ainsi le chroniqueur allemand surnommé l’Annaliste Saxon reproduit, parmi d’autres emprunts, les quelques lignes de Thietmar de Mersebourg sur la ville de Kiev [138]. De même, le chroniqueur allemand Helmold de Bosau emprunte à la chronique d’Adam de Brême quelques lignes où la Russia est brièvement évoquée [139]. Dans les deux cas, les copieurs ne font aucune allusion à l’auteur qu’ils copient et modifient aussi légèrement le contenu. Par exemple, l’Annaliste Saxon compte 300 églises à Kiev, alors que Thietmar citait le chiffre de 400. Le cas de Roger Bacon est différent de celui de l’Annaliste Saxon et de Helmold de Bosau. En effet, contrairement à eux, il n’hésite pas à citer ses sources lorsqu’il compose son encyclopédie l’Opus Maius. Parmi celles-ci figure le récit de voyage de Rubrouck qui est plusieurs fois mentionné. Comme il ne manque pas de le préciser, Bacon connaît personnellement son confrère franciscain et a lu son récit de voyage dont il estime à juste titre la grande valeur en tant qu’œuvre d’un témoin oculaire [140]. Mais il ne le fait pas systématiquement ; nombreuses sont ses informations sur la Russia qui ont été inspirées par Rubrouck sans pour autant être attribuées à leur auteur. Ces emprunts – reconnus ou non – peuvent être des citations littérales, mais aussi respecter le contenu du texte sans en restituer la forme. Parmi ces emprunts, citons notamment la localisation géographique de la Russia, la description de la Volga dont Bacon reprend même la comparaison avec la Seine à Paris, l’utilisation des cloches dans les églises « russes » et l’emploi de fourrures comme monnaie d’échange [141]. Si les copiages évoqués attestent la circulation d’informations sur la Russia, il convient de relativiser leur importance : non seulement ils sont peu nombreux, mais ils interviennent chez les copieurs au même titre que d’autres extraits de la source ; il faut donc se garder de déduire de ces mentions de la Russia sous la plume des copieurs que ces derniers éprouvent un intérêt particulier pour le pays des Slaves orientaux.
 
Conclusion
 
 
Malgré son éloignement géographique et culturel, la Russia médiévale est connue de l’Occident médiéval latin, comme en témoigne ma quête des sources. Une analyse typologique de celles-ci révèle la grande diversité des écrits dans lesquels la Russia est évoquée : récits de voyages, encyclopédies, chroniques, sagas, mappemondes et portulans. Si l’on prend en compte le nombre des allusions repérées, la palme revient assurément aux chroniques et aux sagas. Si l’on s’intéresse plutôt à l’importance de l’information transmise, on accordera la prééminence aux récits de voyage et aux encyclopédies. Par ailleurs, on constate également que le flux d’informations est continu entre le Xe et la fin du XIIIe siècle, les contacts politiques et commerciaux étant nombreux avec le monde « russe » à cette époque. C’est du reste au XIIIe siècle que sont rédigées les descriptions les plus conséquentes de celui-ci sous la plume de Guillaume de Rubrouck et de Marco Polo. En revanche, on assiste à partir du XIVe siècle à un ralentissement de ce flux du fait d’un relatif isolement de la Russia au moment où celle-ci subit la domination des Tatars-Mongols. Seules les villes de Novgorod et de Pskov, demeurées en contact régulier avec l’Occident, émergent, grâce au récit de voyage de Guillebert de Lannoy, de l’ombre dans lequel l’ensemble du monde « russe » est plongé en Occident. Si les sources occidentales évoquant la Russia sont variées, les auteurs de l’information, quand ils sont connus, proviennent en revanche majoritairement du même milieu. Ce sont en général des ecclésiastiques et en particulier des moines ; ils sont originaires de divers pays occidentaux, principalement de l’empire germanique, de la Pologne, de la France, de l’Angleterre et de la Norvège. Leurs œuvres sont dans l’ensemble rédigées en latin, langue de l’Église et de la culture de l’Occident, sauf les sagas qui sont composées selon la tradition scandinave soit en vieil islandais, soit en vieux norvégien.
À la dispersion des sources correspond une fragmentation de l’information et, par conséquent, une représentation parcellaire et disparate de la Russia. Sans doute est-il possible d’en dégager les grandes lignes, à condition toutefois d’admettre que le tableau ainsi réalisé est en quelque sorte virtuel. Car celui-ci se fonde sur une collecte de documents qui avaient peu de chance d’être rassemblés dans un même lieu durant le Moyen Âge. À cette réserve près, on retiendra que les auteurs médiévaux et leurs lecteurs voient dans la Russia un espace immense, au climat glacial en hiver, couvert de forêts et traversé par des grands fleuves, dans lequel se distinguent quelques villes importantes, dont Kiev et Novgorod. Ce territoire constitue selon les époques un « royaume » indépendant ou une « province » tatare, sous le gouvernement d’un ou de plusieurs « rois ». Il est peuplé de Slaves, chrétiens de rite grec, dont les mœurs apparaissent étranges et en tout cas excessives. L’ivrognerie russe est déjà mentionnée, à côté de l’utilisation du sauna et de la vente d’êtres humains. Si l’on rencontre déjà au Moyen Âge certains préjugés (barbares, ivrognes, chrétiens schismatiques…) à l’égard des habitants de la Russia ainsi que des informations erronées dues à une mauvaise compréhension de ce pays, il importe de souligner que dans l’ensemble les sources occidentales sur le monde « russe » sont correctes, même si elles sont rarement consistantes. Il est vrai qu’à l’époque la Russia occupe une place périphérique dans le jeu politique et économique occidental. L’attention des Occidentaux est plutôt focalisée, d’une part, sur le Proche-Orient à cause de Jérusalem et de la Terre Sainte, d’autre part sur l’Extrême-Orient, point de départ de la route de la soie et des épices.
Malgré la dispersion des sources et la brièveté de la majeure partie des informations véhiculées, on possède des indices suggérant la diffusion de certaines d’entre elles. Cette diffusion se vérifie à travers la mise en circulation de nombreux manuscrits contenant des œuvres à succès, l’existence de l’une ou l’autre traduction, et le recours à des emprunts d’un texte à l’autre, sans qu’un intérêt particulier pour la Russia justifie nécessairement une telle démarche. Par ailleurs, la diffusion des connaissances et d’une ébauche d’image du monde « russe » est attestée par les mentions de la Russia contenues dans de nombreuses œuvres littéraires, aux sujets profanes et rédigées en langue vulgaire : chansons de geste, épopées, romans de chevalerie et poèmes courtois. Consignées par écrit au cours des XIIe, XIIIe et XIVe siècles, ces œuvres proviennent essentiellement de France, de l’empire germanique, d’Angleterre et d’Italie. Toutefois, si leurs allusions au monde « russe » sont nombreuses, elles révèlent une approche des plus fantaisistes, qui transforme le territoire des Slaves Orientaux en un espace de rêve, où se meuvent troubadours, chevaliers héroïques et mécréants [142].
De cet ensemble d’éléments il ressort donc que la Russia médiévale n’est certes pas ignorée de l’Occident latin, mais qu’elle demeure cependant encore très mal connue à travers des informations parcellaires et disparates. Il faudra attendre la fin du XVe siècle et surtout le XVIe siècle pour que l’Occident commence à s’intéresser en profondeur au monde « russe » et pour qu’apparaissent les premières descriptions systématiques de ce dernier. Cet intérêt nouveau s’inscrit dans le cadre des grandes découvertes et de l’Humanisme. Mais ceci est une autre histoire.
 
ANNEXE I
 
 
Le nom de la Russia dans les sources occidentales du Moyen Âge
1.Russia,Ruscia,Rusia,Rucia,Ruzia,Ruzzia
XIe siècle :
Annales Quedlinburgenses (début XIe s.), M.G.H.,SS., t. 3,1839, p. 60,80 ; Annales Hildesheimenses (milieu XIe s.), Id., p. 60 ; THIETMAR DE MERSEBOURG, Chronicon, p. 56,340,344,472 ; PIERRE DAMIEN,Vita sancti Romualdi (ca 1040), M.G.H., SS., t. 4, 1841, p. 850 ; ADÉMAR DE CHABANNES,Chronicon, p. 152-153 ; WIPO,Gesta Chuonradi II., p. 588,562 ; FRUTOLF DE MICHELSBERG,Chronica, p. 104 ; ADAM DE BRÊME,Gesta Hammaburgensis ecclesiae, p. 254,270,274,292,340,396,446,450,452,458,460,480 ; LAMBERT DE HERSFELD,Annales, p. 30 ; Annales Altahenses Maiores (ca 1070), M.G.H., SS., t. 20,1868, p. 786 ; BRUNO,Saxonicum bellum (fin XIe s.), A.Q.D.G.M., t. 12,1963, p. 208.
XIIe siècle :
GALLUS ANONYMUS, Cronica, p. 394,404,406,417,429 ; ALBERT D’AIX, Historia Hierosolymitana (ca 1121), Recueil des historiens des Croisades – Historiens occidentaux, rééd., t. 4,1967, p. 294 ; COSMAS DE PRAGUE,Chronica Boemorum (début XIIe s.), M.G.H., SS.R.G. nova series, t. 2,1923, p. 41,44 et ses continuations par le CHANOINE DE VISEGRAD (XIIe s.), M.G.H., SS., t. 9,1851, p. 138, le MOINE DE SAZAVA (XIIe s.), Id., p. 148 et les CHANOINES DE PRAGUE (XIIe-XIIIe s.), Id., p. 184 ; HARTWIC, Vita maior Stephani regis Ungariae (début XIIe s.), M.G.H., SS., t. 11,1854, p. 232 ; EKKEHARD DE AURA, Chronica (début XIIe s.), A.Q.D.G.M., t. 15,1972, p. 150 ; Chronicon Sancti Petri Vivi Senonensis, p. 122 ; Annales Ottenburani (début XIIe s.), M.G.H., SS., t. 5,1844, p. 4 ; Translatio Godehardi episcopi Hildesheimensis (ca 1132), M.G.H., SS., t. 12,1856, p. 647 ; ORTLIEB DE ZWIEFALTEN,Chronicon libri II. (ca 1135-1140), M.G.H., SS., t. 10,1852, p. 91,92 ; ANNALISTE SAXON, p. 619,658,665,683, 696,721,730,737,745 ; Annales Cracovienses vetusti (1re moitié XIIe s.), M.P.H., t. 2, 1872 (rééd. 1961), p. 773 ; ORDERIC VITAL, Historiae Ecclesiasticae, t. 4, p. 351; t. 5, p. 220 ; Annales Gradicenses (1re moitié XIIe s.), M.G.H., SS., t. 17,1861, p. 651 ; Abbreviatio gestorum Franciae Regum (1re moitié XIIe s.), R.H.F., t. 11,1876, p. 213 ; S. Petri Erphesfurtensis auctarium et continuatio chronici Ekkehardi (XIIe s.), M.G.H., SS.R.G., t. 42,1899, p. 30 ; HERBORD, Vita Ottonis episcopi Babenbergensis (ca 1139), M.G.H., SS., t. 12, p. 775 ; ID.,Dialogus, p. 725 ; VINCENT DE PRAGUE,Annales (1160-1170), M.G.H., SS., t. 17, p. 663 ; Historia Norwegiae, p. 113,120,124 ; HELMOLD DE BOSAU, Chronica Slavorum, p. 36,38,80,304 ; THÉODRIC,Historia, p. 13,28,30,45,57 ; Vita beati Mariani (ca 1185), AA.SS.,Février, t. 2,1864, p. 369 ; Annales Floreffienses (XIIe s.), M.G.H., SS., t. 16,1869, p. 627 ; Annales Pegavienses (XIIe s.), Id., p. 235.
XIIe-XIIIe siècles :
ANONYMUS, Gesta Hungarorum ; ARNOLD DE LÜBECK, Chronica Slavorum, p. 122 ; ROGER DE HOVEDEN,Chronica,M.G.H., p. 147 et R.S., p. 236 ; WILHELM DE EBELHOLT, Genealogia Ingeborgis, p. 165 ; WILLIAM DE CANTERBURY, Vita et miracula sancti Thomae (fin XIIe s.), M.G.H., SS., t. 27,1885, p. 41 et éd. J.C. ROBERTSON,R.S., t. 67/1, Londres, 1875, p. 543 ; Annales Scheftlarienses maiores (XIIe-XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 7, 1846, p. 341 ; Annales Sancti Rudberti Salisburgenses (XIIe-XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 9, p. 789 ; Continuatio Garstensis (XIIe-XIIIe s.), Id., p. 599 ; Annales capituli Cracoviensis, p. 808.
XIIIe siècle :
SAXO GRAMMATICUS, Gesta Danorum, p. 53,57,71 ; Chronicon Hungarico-Polonicum (ca 1200), M.P.H., t. 1,1864 (rééd. 1960), p. 489,514 ; Acta sancti Olavi, p. 130,142, 143 ; WINCENTY KADRUBEK, Chronica Polonorum, p. 279,280,291,292,351,352,357, 397,407,416,418,437,439,441 ; Continuatio Lambacensis (1212-1231), M.G.H., SS., t. 9, p. 559,560 ; GERVAIS DE TILBURY,Otia imperialia, p. 242,244 ; HENRI DE LIVONIE, Chronicon Lyvoniae, p. 84,100,116,168,200,204,224, 226,236,254,272,274, 276, 278,280,296,298 ; Óláfssaga Tryggvasonar [Saga d’Olav Tryggvason] (version 1230-1250), éd. DŽAKSON I, p. 129,130 ; mappemonde d’Ebstorf ; AUBRY DE TROIS-FONTAINES,Chronica, p. 684,737,756,834,881,885,911,930 ; ALBERT DE STADEN, Annales Stadenses, p. 317,319,326,367 ; Vita Minor sancti Stanislai (1re moitié XIIIe s.),M.P.H., t. 4,1884 (rééd. 1961), p. 268,275 ; DOMINICAIN WINCENTY,Vita Maior sancti Stanislai (1re moitié XIIIe s.), M.P.H., t. 4, p. 365 ; CONON D’ESTAVAYER,Notae, p. 783 ; continuation de la Chronica regia Coloniensis, p. 280,290 ; MATHIEU PARIS, Chronica Maiora,R.S., t. 57/3, p. 460 ; t. 57/4, p. 92,386,387,389 ; t. 57/6, p. 75,77-80, 82,84 ; ID.,Historia Anglorum (1235-1259), M.G.H., SS., t. 28,1888, p. 429 ; ROGER D’APULIE,Miserabile carmen super destructione Hungariae (ca 1242), M.G.H., SS., t. 29, 1892, p. 553,554,555 ; BOGUCHWAR, Chronica Poloniae Maioris, continuée par GODYSRAW BASZKO, p. 484,486,487,508,509,515, 516,521,523,526,530,533,534, 535,536,544,545,547,552, 553,556,561,573,585,588,592 ; Annales Sancti Pantaleonis Coloniensis, p. 535,541 ; HERMANN,Annales Altahenses (milieu XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 17, p. 402 ; mappemonde islandaise (milieu XIIIe s.), éd. MEL’NIKOVA,Drevneskandinavskie geografi²eskie, p. 105 ; ROGER BACON,Opus Maius, t. 1, p. 358,359,360,370 ; Annales Frisacenses (1217-1300), M.G.H., SS., t. 24,1879, p. 66 ; Annales S. Benigni Divionensis (Xe-XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 5, p. 49 ; Chronica Sancti Petri Erfordensis moderna (XIIIe s.),M.G.H., SS.R.G., t. 42, p. 393 ; Carmina de regno Ungariae destructo per Tartaros (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 29, p. 601 ; continuation de la Gesta regum de GERVAISE DE CANTERBURY (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 27, p. 310 et R.S., t. 73/2, p. 179 ; Chronicon Imperatorum et Pontificum Bavaricum, p. 221 ; Annales Cracovienses breves (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 19,1866, p. 666 ; Annales Nereheimenses (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 10, p. 23 ; Chronica brevis Boemorum (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 30/1,1896, p. 40,41 ; Annales monasterii de Waverleia (XIIIe s.), éd. H.R. LUARD,R.S., t. 36/2, Londres, 1865, p. 324 ; DOMINICAIN SUÉDOIS,Annales (XIIIe s.),M.G.H., SS., t. 29, p. 235 ; Chronica Danorum Sialandica (2e moitié XIIIe s.), Id., p. 212 ; Annales Ryenses (2e moitié XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 16, p. 393,397, 402 ; mappemonde de Hereford ; Annales Burtonenses (fin XIIIe s.), éd.H.R. LUARD, R.S., t. 36/1, Londres, 1864, p. 272,273,275 ; Annales Sanctae Crucis, p. 65,66,71,75, 76,77,78,86 ; Continuatio Claustroneoburgensis I (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 9, p. 612 ; Id. III (XIIIe-XIVe s.), Id., p. 636 ; Continuatio Sancrucensis I (XIIIe s.), Id., p. 627 ; Id. II (2e moitié XIIIe s.), Id., p. 640 ; Id. III (1307), Id., p. 734 ; ANONYME (FRANCISCAIN DE CRACOVIE),Cronica Polonicalis, p. 48,50,51 ; HEINRICH HEIMBURC, Annales (fin XIIIe s.) et Chronica domus Sarensis (ca 1300), M.G.H., SS., t. 17, p. 718 ; Hauksbók [Le livre de Hauk] (2e moitié XIIIe-début XIVe s.), cité par DŽAKSON, Sýrnes i Gaðar, p. 74 ; Hversu lönd liggia i veroldenni [Quels pays se trouvent sur la terre], p. 62.
XIVe siècle :
Miracula sancti Adalberti (XIIIe-XIVe s.), M.P.H., t. 4, p. 237 ; MIERZWA, Chronica Polonorum (1306-1320), M.P.H., t. 2, p. 164,189 ; Hálfdanar Saga Eysteinssonar [Saga de Halfdan Eysteinsson] (début XIVe s.), éd. G.V. GLAZYRINA,Islandskie vikingskie, p. 60 ; TOLOMEO DE LUCQUES,Annales (début XIVe s.), M.G.H., D.C.G.M. nova series, t. 8,1930, p. 117 ; Chronicon Polono-Silesiacum,M.G.H., SS., t. 19, p. 558,561,562, 563,564 ; Annales Osterhovenses (début XIVe s.), M.G.H., SS., t. 17, p. 555 ; Hálfdanar Saga Eysteinssonar [Saga de Halfdan Eysteinsson] (début XIVe s.), éd. GLAZYRINA, Islandskie vikingskie, p. 60,86 ; PETER DE DUSBURG, Chronica terre Prussie (1326), A.Q.D.G.M., t. 25,1984, p. 98,326 ; MIERZWA, Continuation de la chronique de WINCENTY KADRUBEK, p. 350,357,390,397,407,416,437,439 ; Vita et miracula sanctae Kyngae, p. 684 ; Catalogue des évêques de Cracovie (1re moitié XIVe s.), M.P.H., t. 3,1878 (rééd. 1961), p. 329 ; Cronica de ducibus Bavariae (XIVe s.), M.G.H., SS.R.G., t. 19,1918, p. 151 ; Annales Cracovienses compilati (XIVe s.), Id., p. 593 ; Chronicon Moguntinum (XIVe s.), M.G.H., SS.R.G., t. 20,1885, p. 4 ; Annales Sandivogii (XIVe s.), p. 878 ; Annales capituli Posnaniensis, p. 450,460,462 ; Annales Mechovienses (XIVe-XVe s.), M.G.H.,SS., t. 19, p. 670,671 ; Annales Posnanienses (XIVe-XVe s.), M.P.H., t. 5,1888 (rééd. 1961), p. 882 ; Annales Polonorum (versions de 1340-1341,1464,1471 et XVe s.), M.G.H., SS., t. 19, p. 618,621,622,630,636,637,644,645,646,647,654, 655,661,663 ; Annales de Kujawie (ca 1378), M.P.H., t. 3, p. 206,212 ; JAN DE CZARNKÓW,Cronica longa, p. 620,621,622,626,631,664,678,680,719,720,722, 735 ; Chronica principum Poloniae (1382-1398), M.P.H., t. 3, p. 440,441,447,452,476, 479,483,485.
XVe siècle :
Ordo regum incliti regni Polonie (XVe s.), M.P.H., t. 3, p. 292 ; Catalogue des évêques de Cracovie IV (XVe s.), Id., p. 363 ; Annales Silesiaci compilati (XVe s.), Id., p. 676,678 ; THOMAS EBENDORFER,Cronica Austrie, p. 130,146,205 ; mappemonde d’ANDREAS WALSPERGER ; mappemonde Borgia ; MOINE ALBERT, Die Weltchronik (XVe s.), M.G.H., SS.R.G. nova series, t. 17,1994, p. 179 ; Memorabilia Cracoviensia (XVe s.), M.P.H., t. 3, p. 240 ; Memorabilia de Bochnia (XVe s.), Id., p. 244 ; Memorabilia de Przeworsk (XVe s.), Id., p. 274 ; Calendarii Cracoviensis notae historicae ad annorum dierumque ordinem redactae (XIIIe-XVe s.), M.P.H., t. 6,1893 (rééd. 1961), p. 667.
2.Rut(h)enia
XIIe siècle :
ÉVÊQUE DE CRACOVIE MATTHIEU († 1165), De suscipienda Ruthenorum conversione, éd. A. BIELOWSKI, M.P.H., Lwów, 1842, p. 15 ; OTTO DE FREISING, Gesta Friderici I, p. 192 ; HERBORD,Dialogus, p. 726,762,763.
XIIIe siècle :
GERVAIS DE TILBURY, Otia imperialia, p. 244 ; Continuation de la Chronica regia Coloniensis, p. 142 ; Annales Colonienses Maximi (2e moitié XIIe-1re moitié XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 17, p. 795 ; BARTHÉLEMY L’ANGLAIS, De proprietatibus, p. 74,77 ; THOMAS DE SPLIT, Historia pontificum Salonitanorum, p. 585 ; SIMON KÉZAI, Gesta Ungarorum, p. 527,540.
XIVe siècle :
Mappemonde de PETRUS VESCONTE ; Atlas Medici.
3.Rossia,Roxia
XIIe siècle :
OTTO DE FREISING, Gesta Frederici I., p. 176 ; WILHELM DE EBELHOLT, Genealogia Ingeborgis, p. 166 ; BENOIT DE SAINT-MAURE, Chronique des ducs de Normandie (ca 1175), éd. C. FAHLIN, t. 1, Uppsala, 1951, p. 10 ; L’Estoire de la Guerre Sainte (fin XIIe-début XIIIe s.).
XIIIe siècle :
GEOFFROY DE VILLEHARDOUIN,La conquête de Constantinople (ca1207), éd. E. FARAL, Paris, 1939, p. 26 ; Li Estoire de Jerusalem et d’Antioche (XIIIe s.), Recueil des Historiens des Croisades – Historiens Occidentaux, t. 5,1895, p. 630. Également attesté dans des chansons de geste et des romans de chevalerie français.
XIVe siècle :
Libro del conoscimiento ; Anonyme catalan de 1375 ; mappemonde d’ANDREA BIANCO ; mappemonde de FRA MAURO.
4. Roussie, Rousie, Rousye
XIIIe siècle :
PHILIPPE MOUSKET,Chronique rimée (ca 1244), M.G.H., SS., t. 26,1882, p. 815,819 ; Chronique de Saint-Denis (ca 1274), R.H.F., t. 11,1876, p. 400. Surtout répandu dans les œuvres littéraires : chansons de geste, poèmes épiques et romans courtois.
5.Riuzen
XIIe siècle :
Kaiserchronik (XIIe s.), M.G.H., D.C.G.M., t. 1,1895, p. 215,332,378 ; Sächsische Weltchronik, p. 105,143,178,199,259.
XIIIe siècle :
JANSEN ENIKEL,Weltchronik, p. 531,532 ; Livländische Reimchronik, p. 208 ; OTTOKAR, Österreichische Reimchronik, p. 33,201,279,281,284,1154,1155,1242 ; Österreichische Chronik von den 95. Herrschaften, p. 115,133,138. Également attesté dans plusieurs épopées allemandes.
6.Riuzinlanti,Riuzen lant et Riuzen lande
XIe-XIIe siècles :
Annolied (1076-1126), M.G.H., D.C.G.M., t. 1, p. 128.
XIIIe siècle :
JANSEN ENIKEL,Weltchronik, p. 521,537 ; Livländische Reimchronik, p. 4,57,59,60, 175,181,193,208,241.
7.Garðar,Gorðum,Gorðom,Garðaríki,KarÞa,KirÞu,KarÞum,KaÞum et KarÞum
Xe siècle :
HALLFREÐR VANDRÆÐASKÁLD,Óláfsdrápa (996), poème scaldique cité par DŽAKSON, O nazvanii, p. 134.
XIe siècle :
Inscription runique d’Ardre IV (île de Gotland, 1re moitié XIe s.), éd. MEL’NIKOVA, Skandinavskie runi²eskie, p. 62-63 ; inscription runique de Turinge (Sudermanie en Suède, 1re moitié XIe s.), Id., p. 82-83 ; inscription runique de Gårdby kyrkogård (île d’Öland, 1re moitié XIe s.), Id., p. 117-119 ; inscription runique de Låddersta (Uppland en Suède, ca 1020-1060), Id., p. 100-101 ; inscription runique de Hagstugan (Sudermanie, milieu XIe s.), Id., p. 86-87 ; inscription runique d’Innberga (Sudermanie, milieu XIe s.), Id., p. 75-76 ; inscription runique d’Alstad II (Norvège, 2e moitié XIe s.), Id., p. 47-50 ; inscription runique de Veda (Uppland en Suède, XIe s.), Id., p. 95-96.
XIIe siècle :
CLERC DE TRONDHEIM,Ágrip af Nóregs konunga sögum [Abrégé des sagas des rois de Norvège] (ca 1190), éd. DŽAKSON II, p. 33 ; Description de la terre I (ca 1170-1190), éd. MEL’NIKOVA, Drevneskandinavskie geografi²eskie, p. 76 ; Orkneyinga saga [Saga des Orcadiens] (ca 1190), éd. DŽAKSON III, p. 227,228.
XIIIe siècle :
Óláfs saga helga [La plus ancienne saga de saint Olav] (ca 1200), éd. DŽAKSON II, p. 37 ; Óláfssaga Tryggvasonar [Saga d’Olav Tryggvason] (version ca 1200), éd. DŽAKSON I, p. 142,143,144,145 ; Olafs saga hins helga [Saga légendaire de saint Olav] (début XIIIe s.), éd. DŽAKSON II, p. 40,41,42 ; III, p. 224 ; Fagrskinna [Le beau parchemin] (ca 1220), éd. DŽAKSON I, p. 152,153 ; II, p. 49,50 ; III, p. 77,78,107 ; SNORRI STURLUSON,Saga partielle de saint Olav (ca 1220-1230), éd. DŽAKSON I, p. 239 ; Morkinskinna [Le parchemin pourri] (ca 1220-1230), éd. DŽAKSON III, p. 48,52,53,95,96,97,98,99 ; SNORRI STURLUSON,Heimskringla [Orbe du monde] (ca 1230), éd. DŽAKSON I, p. 154, 155,156,157,158 ; II, p. 60,62,63,66,67,69 ; III, p. 81,84,85,110,111,112,170 ; Óláfssaga Tryggvasonar [Saga d’Olav Tryggvason] (version 1230-1250), éd. DŽAKSON I, p. 124,125,126,127,128,130,131,132 ; Óláfssaga Tryggvasonar [Saga d’Olav Tryggvason] (version milieu XIIIe s.), Id., p. 151 ; Knýtlinga saga [Saga des rois Knut] (milieu XIIIe s.), éd. DŽAKSON II, p. 137 ; III, p. 232,233,234,235,236 ; STURLA ÞÓRDARSON,Hákonar saga Hákonarsonar [Saga de Haakon Haakonarson] (1264-1265), éd. DŽAKSON III, p. 200 ; Hulda [Le parchemin caché] (ca 1268-1300), Id., p. 118,119, 120,121,122,172 ; Description de la terre III (2e moitié XIIIe s.), éd. MEL’NIKOVA, Drevneskandinavskie geografi²eskie, p. 94 ; Hauksbók [Le livre de Hauk] (2e moitié XIIIe-début XIVe s.), cité par DŽAKSON, Sýrnes i Gaðar, p. 74 ; Hversu lönd liggia i veroldenni [Quels pays se trouvent sur la terre], p. 62.
XIVe siècle :
Óláfs Saga Tryggvasonar en mesta [Grande saga d’Olav Tryggvason] (ca 1300), éd. DŽAKSON I, p. 165,166,167,168,169,170,171,172,173,174 ; II, p. 134,135 ; III, p. 225 ;Du peuplement de la terre par les fils de Noé (début XIVe), éd. MEL’NIKOVA, Drevneskandinavskie geografi²eskie, p. 134 ; Gripla (XIVe s.), Id., p. 158 ; JÓN ÞORDARSON et MAGNUS ÞÓRHALLSSON,Flateyjarbók [Le livre de Flatey] (1387-1394), éd. DŽAKSON II, p. 85,86,93,96,98,99,103,104 ; Sturlaugs Saga starfsama [Saga de Sturlaug Yngolfsson le Travailleur] (ca 1300), éd. GLAZYRINA, Islandskie vikingskie, p. 158,164,170 ; Hálfdanar Saga Eysteinssonar [Saga de Halfdan Eysteinsson] (début XIVe s.), Id., p. 82.
8.Ruzaland,Ryzaland,Russaland
XIIIe siècle :
Guta lag och Guta saga [Saga des Gotlandais] (1er quart XIIIe s.), éd. DŽAKSON I, p. 242 ; III, p. 252.
XIVe siècle :
Hálfdanar Saga Eysteinssonar [Saga de Halfdan Eysteinsson], éd. GLAZYRINA,Islandskie vikingskie sagi, p. 86.
 
ANNEXE II
 
 
Le nom des habitants de la Russia dans les sources occidentales du Moyen Âge
1.Russi,Rusi,Rusii,Ruzi,Ruzzi,Ruzeni,Ruszi,Rusci,Ruscii,Ruci et Ruti
Xe siècle :
LIUTPRAND DE CRÉMONE, Antapodosis libri VI et Relatio de legatione Constantinopolitana (2e moitié Xe s.), M.G.H., SS., t. 3, p. 277,331,353 ; Chronique de Corvey,M.G.H.,SS., t. 13,1881.
XIe siècle :
THIETMAR DE MERSEBOURG,Chronicon, p. 426,432,472 ; ADEMAR DE CHABANNES, Chronicon, p. 153 ; PIERRE DAMIEN, Vita sancti Romualdi, p. 851 ; Annales Hildesheimenses,M.G.H.,SS., t. 3, p. 69 ; LAMBERT DE HERSFELD,Annales, p. 32,44, 262,300 ; ADAM DE BRÊME,Gesta Hammaburgensis ecclesiae, p. 250,456 ; FRUTOLF DE MICHELSBERG,Chronica, p. 104 ; RAOUL TORTAIRE,Miracula sancti Benedicti (fin XIe s.),R.H.F., t. 11, p. 486.
XIe-XIIe siècle :
SIGEBERT DE GEMBLOUX,Chronographia, p. 347,362 ; Annales Barenses (fin XIe-début XIIe s.), M.G.H., SS., t. 5, p. 53,54 ; LÉON MARSICAN et PIERRE DIACRE,Chronica monasterii Casinensis (fin XIe-début XIIe s.), M.G.H., SS., t. 7, p. 652.
XIIe siècle :
HUGUES DE FLEURY,Liber, p. 388 ; HUGUES DE FLEURY (?), Historia Francorum, p. 159 ; Historia Francorum, p. 161 ; DENIS,Vita Mathildis (ca 1114), M.G.H., SS., t. 12, p. 380 ; RODOLPHE,Vita Lietberti, p. 850 ; ANNALISTE SAXON, p. 602,637,658,665,673,684, 693,737 ; Annales Magdeburgenses (2e moitié XIIe s.), M.G.H., SS., t. 16, p. 149 ; HELMOLD DE BOSAU,Chronica Slavorum, p. 34 ; WILLIAM FITZ-STEPHEN,Vita et Passio sancti Thomae, p. 7.
XIIe-XIIIe siècle :
Annales Sancti Albini Andegavensis (XIIe-début XIIIe s.), R.H.F., t. 11, p. 291 ; Continuation de la chronique de Cosmas de Prague par les chanoines de Prague (XIIe-XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 9, p. 185.
XIIIe siècle :
ANONYME (MOINE DE SAINT-GERMAIN-DES-PRES),Historia regum Francorum (début XIIIe s.), R.H.F., t. 11, p. 319 ; AUBRY DE TROIS-FONTAINES,Chronica, p.935 ; Cronica Reinhardsbrunnensis, p. 527.
XVe siècle :
Mappemonde d’ANDREAS WALSPERGER.
2.Rugi
Xe siècle :
ADALBERT DE TRÈVES, continuation de la chronique de RÉGINON DE PRÜM, p. 170, 172,177.
XIe siècle :
GUILLAUME DE JUMIÈGES,Historia Normannorum, p. 48.
XIIe siècle :
Gesta vel chronica archiepiscoporum Magdeburgensium (XIIe s.), M.G.H., SS., t. 14, 1883, p. 381 ; ANNALISTE SAXON, p. 615,619 ; Genealogia Welforum, p. 734.
3. Riuzen,Ruzen,Rûz
XIIe siècle :
Detmar-Chronik (XIIe s. ?) ; Kaiserchronik (XIIe s.).
XIIe-XIIIe siècle :
Sächsische Weltchronik, p. 163,243,254.
XIIIe siècle :
JANSEN ENIKEL,Weltchronik, p. 522 ; ID., Fürstenbuch,M.G.H., D.C.G.M., t. 3,1900, p. 613,638 ; Livländische Reimchronik, p. 5,18,44,56,57,58,59,60,61,62,175,176, 179,180,183,204,205,206,207,208,209 ; Braunschweigische Reimchronik (fin XIIIe s.),M.G.H., D.C.G.M., t. 2/2,1877, p. 490.
XIIIe-XIVe siècle :
OTTOKAR,Österreichische Reimchronik, p. 33,35,89,279,284,295 ; Österreichische Chronik von den 95. Herrschaften, p. 8.
4. Rutheni,Ruteni,Ruceni,Rusceni,Ruotheni,Ruthini,Rutini et Reuteni
XIIe siècle :
Annales Augustani,M.G.H.,SS., t. 3, p. 133 ; Genealogiae breves regum Francorum, p. 250 ; GALLUS ANONYMUS,Cronica, p. 402,403,406,419,420,421,452,453,455, 467 ; ORTLIEB DE ZWIEFALTEN,Chronicon, p. 90 ; ANNALISTE SAXON, p. 770 ; OTTO DE FREISING,Chronica, p. 536 ; Annales sancti Aegidii Brunsvicensium, p. 13 ; MOINE DE SAINT-GRÉGOIRE D’ALSACE,Catalogus Pontificum Romanorum, Imperatorum et Regum Francorum (1153), M.G.H., SS., t. 24, p. 87 ; OTTO DE FREISING et RAHEWIN,Gesta Frederici I., p. 174,180,398,400 ; HERBORD,Vita Ottonis, p. 776,777 ; ID.,Dialogus, p. 726,762,763 ; VINCENT DE PRAGUE, Annales, p. 664 ; HELMOLD DE BOSAU,Cronica Slavorum, p. 36 ; ARNOLD DE LÜBECK, Chronica Slavorum, p. 122 ; Vita Chunradi archiepiscopi Salisburgensis (ca 1177), M.G.H., SS., t. 11, p. 74 ; Annales Magdeburgenses, p. 188 ; Annales Pegavienses, p. 241 ; WILHELM DE EBELHOLT, Genealogia Ingeborgis, p. 165,166 ; GODEFROID DE VITERBE,Memoria seculorum (1185), M.G.H., SS., t. 22,1872, p. 100 ; ID., Pantheon (1186-1191), Id., p. 249 ; MAGNUS, Chronicon (fin XIIe s.), M.G.H., SS., t. 17, p. 501 ; ÉVÊQUE DE CRACOVIE MATTHIEU († 1165), De suscipienda, p. 15.
XIIe-XIIIe siècle :
Annales capituli Cracoviensis, p. 804,805 ; ANONYMUS,Gesta Hungarorum ;Annales Sancti Rudberti Salisburgenses (XIIe-XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 9, p. 780.
XIIIe siècle :
SAXO GRAMMATICUS, Gesta Danorum, p. 67,95 ; Annales Kamenecenses, p. 778 ; Continuation de la chronique de COSMAS DE PRAGUE par les chanoines de Prague, p. 170,184 ; ANONYME (MOINE DE SAINT-GERMAIN-DES-PRES), Historia regum Francorum ; WINCENTY KADRUBEK, Chronica Polonorum, p. 280,286,294,379,421, 433,437,440 ; GERVAIS DE TILBURY, Otia imperialia, p. 244 ; HENRI DE LIVONIE, Chronicon Lyvoniae, p. 28,56,58,60,62,78,80,82,84, 96,100,102,104,108,110,116, 120,146,148,150, 152,164,172,202,204,206,208,210, 212,214,218,220,222,224, 226,228,236,260, 268,272,274,278,280,286,292,296, 298,300,304,306,308,310, 314,320,322 ; JULIEN DE HONGRIE,Epistola, p. 174 ; MATHIEU PARIS,Chronica Maiora, R.S., t. 57/4, p. 113 ; t. 57/6, p. 82 ; ROGER D’APULIE,Miserabile carmen, p. 551,553, 564 ; JEAN DE PLAN CARPIN,Ystoria, p. 75,85,90,103,106,122,128 ; ALBERT DE STADEN, Annales Stadenses, p. 358 ; CONON D’ESTAVAYER,Notae, p. 783 ; MINORITE D’ERFURT, Chronica Minor (1re moitié XIIIe s.), M.G.H., SS.R.G., t. 42, p. 619 ; FRÈRE RICHARD De facto Ungarie Magne, p. 158,159,161 ; BARTHÉLEMY L’ANGLAIS, De proprietatibus, p. 78,79 ; CONRAD DE MURE, Clipearius, Anzeiger für Schweiz. Geschichte, N.F., t. 3,1880, p. 231 ; BOGUCHWAR,Chronica Poloniae Maioris, continuée par GODYSRAW BASZKO, p. 468,469,486,508,515,516,517,533,534,542,546,553, 556,585,588,592 ; GUILLAUME DE RUBROUCK,Itinerarium, p. 169,191,192,195,196, 198,209,210,212,219,229,271,280 ; THOMAS DE SPLIT, Historia pontificum Salonitanorum, p. 585,586,591 ; ROGER BACON,Opus Maius, t. 1, p. 199,204 ; SIMON KÉZAI,Gesta Ungarorum, p. 536 ; Chronica Sancti Petri Erfordensis moderna, p. 250 ; Liber cronicorum sive annalis Erfordensis (XIIIe s.), M.G.H., SS.R.G., t. 42, p. 767 ; Chronicon Magni presbiteri continuatio (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 17, p. 533 ; Continuatio Praedicatorum Vindobonensium (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 9, p. 728 ; Continuatio Vindobonensis (XIIIe s.), Id., p. 716 ; Chronicon Imperatorum et Pontificum Bavaricum, p. 221 ; Annales Cracovienses breves, p. 665,666 ; Annales Burtonenses, R.S., t. 36/1, p. 271,273 ; Continuatio Claustroneoburgensis II, p. 624 ; Id. III, p. 636 ; Id. VI, p. 743 ; Calendarii Cracoviensis notae historicae ad annorum dierumque ordinem redactae (XIIIe-XVe s.), M.P.H., t. 6, p. 648 ; Annales Sanctae Crucis, p. 62,66,70,72, 73,76,77,78,86 ; ANONYME (FRANCISCAIN DE CRACOVIE),Cronica Polonicalis, p. 46, 50.
XIVe siècle :
SIFRID DE BALLHAUSEN,Compendium historiarum (début XIVe s.), M.G.H., SS., t. 25, 1880, p. 702 ; Continuatio Zwetlensis III (1308), M.G.H., SS., t. 9, p. 662 ; Continuatio Florianensis (1310), Id., p. 749 ; MIERZWA, Chronica Polonorum, p. 189 ; ID., Continuation de la chronique de WINCENTY KADRUBEK, p. 286,350,379,430 ; PETER DE DUSBURG,Chronica terre Prussie, p. 284,298,300,382,406,408,458 ; Chronicon Polono-Silesiacum, p. 618,621,622,623,627,628,629 ; CHANOINE DE SAMLAND, Annales, p. 704,706 ; Cronica Reinhardsbrunnensis, p. 622 ; Annales cisterciensium in Heinrichow, p. 702 ; Annales Cracovienses compilati, p. 586,594,598,600,605 ; Annales Sandivogii, p. 878,879 ; Annales capituli Posnaniensis, p. 460,462 ; Annales Mechovienses,M.G.H.,SS., t. 19, p. 676 ; JOHANN DE WINTERTHUR,Chronica, p. 184 ; Chronicon Moguntinum, p. 31 ; Die Kölner Weltchronik, p. 65 ; Annales de Kujawie, p. 206 ; JAN DE CZARNKÓW,Cronica longa, p. 621,622,629,734 ; Chronica principum Poloniae, p. 438,440,441,448,449,461,462,476.
XVe siècle :
Ordo regum incliti regni Polonie (XVe s.), M.P.H., t. 3, p. 295 ; Catalogue des évêques de Cracovie III (XVe s.), Id., p. 348 ; Catalogue des évêques de Cracovie IV (XVe s.), Id., p. 363 ; THOMAS EBENDORFER,Cronica Austrie, p. 133,159,200,211 ; MOINE ALBERT, Die Weltchronik, p. 211 ; Annales Polonorum (versions de 1471 et XVe s.), p. 618,619, 623,624,625, 628,629,630,631,636,637,638,644, 645,650,651,652,654,655,661, 662.
 
NOTES
 
[1] Le présent article comprend les abréviations suivantes : A.Q.D.G.M. : Ausgewählte Quellen zur deutschen Geschichte des Mittelalters ; H.G. : Hansische Geschichtsblätter ; J.G.O. : Jahrbücher für Geschichte Osteuropas ; M.G.H., D.C.G.M. : Monumenta Germaniae historica. Deutsche Chroniken und andere Geschichtsbücher des Mittelaters ; M.G.H., SS. : Monumenta Germaniae historica. Scriptores ; M.G.H., SS.R.G. : Monumenta Germaniae historica. Scriptores Rerum Germanicarum in usum scholarum ; M.H.N. : Monumenta Historica Norvegiae latine conscripta ; M.P.H. : Monumenta Poloniae historica ; R.E.S. : Revue des Études slaves ; R.H.F. : Recueil des Historiens des Gaules et de la France ; R.S. : Rerumbritannicarum medii aevi scriptores ; S.S. : Skandinavskij sbornik ; Z.S. : Zeitschrift für Slawistik.
[2] Le nom de la Russia dans les sources occidentales a fait l’objet de nombreuses études : F. BRAUN, Das historische Russland in nordlichen Schrifttum, Festschrift für Eugen Mogk zum 70. Geburtstag, Halle, 1924, p. 192-196 ; A.V. SOLOVIEV, Belaja i ²ernaja Rus’ [russe : Russie Blanche et Russie Noire], Sbornik Russkago Arkheolog. Obš²estva, t. 3,1940, p. 29-66 ; ID., Velikaja, Malaja i Belaja Rus’ [russe : Grande Russie, Petite Russie et Russie Blanche], Voprosy istorii, 1947, p. 24-38 ; B.O. UNBEGAUN, Le nom des Ruthènes slaves, Annuaire de l’Institut de Philologie et d’Histoire orientales et slaves (Mélanges Henri Grégoire), t. 10,1950, p. 611-618 ; A.V. SOLOVIEV, Der Begriff « Russland » im Mittelalter, Studien zur älteren Geschichte Osteuropas. Festschrift für H.F. Schmid, éd. G.STÖKL, Graz-Vienne, 1956, p. 143-168 ; ID., Le nom byzantin de la Russie, Musagetes, t. 3,1957, p. 1-54, rééd. Byzance et la formation de l’État russe, Londres, 1979, n° XI) ; ID., Weiss-, Schwartz- und Rotreussen Versuch einer historisch-politischen Analyse, J.G.O., t. 7,1959, p. 1-33, rééd.Byzance, n° XII ; E.A. MEL’NIKOVA, Vosto²noevropejskie toponimy s kornem garð- v drevneskandinavskoj pis’mennosti [russe : Les toponymes d’Europe orientale avec la racine garð- dans la littérature scandinave ancienne], S.S., fasc. 22,1977, p. 199-210 ; G. SCHRAMM, Die normannischen Namen für Kiev und Novgorod, Russia Medievalis, t. 5,1984, p. 88-91,93-94 ; T.N. DŽAKSON, O nazvanii Garðar [au sujet du nom Garðar], Scando-Slavica, t. 30,1984, p. 133-143 ; ID., Sýrnes i Gaðar : zagadki drevneskandinavskoj toponimii Drevnej Rusi [russe : Sýrnes et Gaðar : énigmes de la toponymie scandinave ancienne dans la Russia ancienne], Id., t. 32,1986, p. 73-83 ; ID., Naimenovanie Drevnej Rusi i Novgoroda v drevneskandinavskoj pis’mennosti : o vozniknovenii toponimov Garðar i Hólmgarðr [russe : La dénomination de la Russia ancienne et de Novgorod dans la littérature scandinave ancienne : à propos de l’apparition des toponymes Garðar et Hólmgarðr], S.S., fasc. 30,1986, p. 85-96 ; O. PRITSAK, The Origin of the name RĀs/Rus’, Passé turco-tatar, présent soviétique. Études offertes à Alexandre Bennigsen, éd. C. LEMERCIER-QUELQUEJAY, Paris-Louvain, 1986, p. 45-65, trad. russe sous le titre Proiskhoždenie nazvanija RĀs/Rus’, Voprosy jazykoznanija, n° 6,1991, p. 115-131 ; E.A. MEL’NIKOVA, Drevneskandinavskie geografi²eskie so²inenija : teksty, perevod, kommentarij [russe : Les récits géographiques scandinaves anciens : textes, traduction, commentaire], Moscou, 1986, p. 45-50 ; Konstantin Bagrjarodnyj. Ob upravlenii imperii [russe : CONSTANTIN PORPHYROGENÈTE,De administrando imperio], éd. G.G. LITAVRIN et A.P.NOVOSELCEV, Moscou, 1989, p. 293-307 ; T.N. DŽAKSON,Islandskie korolevskie sagi o Vosto²noj Evrope (s drevnejšikh vremën do 1000 g.) : teksty, perevod, kommentarij [russe : L’Europe orientale dans les sagas royales islandaises (depuis les temps les plus anciens jusqu’à l’an 1000) : textes, traduction, commentaire], Moscou, 1993, p. 252-254 (infra DŽAKSON I) ; ID.,Islandskie korolevskie sagi o Vosto²noj Evrope (pervaja tret’ XI v.) : teksty, perevod, kommentarij [russe : Id. (premier tiers du XIe s.)], Moscou, 1994, p. 202-204 (infra DŽAKSON II) ; ID.,Islandskie korolevskie sagi o Vosto²noj Evrope (seredina XI-seredina XIII v.) : teksty, perevod, kommentarij [russe : Id. (milieu XIe-milieu XIIIe s.)], Moscou, 2000, p. 281-283 (infra DŽAKSON III) ; A.V. NAZARENKO, Imja « Rus’ » v drevnejšej zapadnoevropejskoj jazykovoj tradicii (IX-XII veka) [russe : Le nom de la Russia dans l’ancienne tradition linguistique occidentale], Drevnjaja Rus’ na meždunarodnykh putjakh, meždisciplinarnye o²erki kul’turnykh, torgovykh, politi²eskikh svjazej IX-XII vekov, éd. A.V.NAZARENKO, Moscou, 2001, p. 11-50.
[3] Le nom Russia connaît différentes orthographes : Russia, Ruscia, Rusia, Rucia,Ruzia,Ruzzia. Ces variantes s’expliquent souvent au départ, selon PRITSAK (The Origin, p. 45-65 et Proiskhoždenie, p. 115-131) et A.V. NAZARENKO (Ob imeni « Rus’ » v nemeckikh isto²nikakh IX-XI vv., Voprosy jazykoznanija, n° 5,1980, p. 46-57 et ID., Imja « Rus’ », p. 26-37), par l’origine des écrits dans lesquels elles figurent. Les formes Ruzia et Ruzzia sont attestées initialement plutôt en Allemagne du sud (Bavière et pays du Danube), Ruscia et Rucia en Saxe, et Russia dans la région rhénane. Progressivement cependant, il convient de constater que les formes Russia et Ruscia tendent à l’emporter sur les autres. Par ailleurs, il convient de remarquer que les lettrés utilisent fréquemment dans leurs écrits plusieurs orthographes du nom. Au sujet des nombreuses mentions du nom Russia et de ses variantes, voir annexe I.
[4]Le nom Ruthenia apparaît au milieu du XIIe siècle. Un des premiers exemples attesté de son emploi figure dans une lettre intitulée De suscipienda Ruthenorum conversione, écrite vers 1150 par l’évêque de CracovieMATTHIEU († 1165) à saint Bernard de Clairvaux (* 1090-† 1153). Cf. N.I. Š+AVELEVA, Poslanie episkopa krakovskogo Matveja Bernardu Klervoskomu ob obraš²enii russkikh [russe : Épitre de l’évêque de Cracovie Mathieu à Bernard de Clairvaux au sujet de la conversion des Russes], Drevnejšie gosudarstva na territorii SSSR, materialy i issledovanija 1975 g., Moscou, 1976, p. 113-121 ; ID., Pol'skie latinojazy²nye srednevekovye isto²niki : teksty, perevod, kommentarij [russe : Les sources médiévales polonaises en latin : textes, traduction et commentaire], Moscou, 1990, p.157-170. Cependant, le nom Ruthenia reste un terme savant peu employé durant tout le Moyen Âge, car les lettrés lui préfèrent le nom Russia (Cf. UNBEGAUN, Le nom, p. 614-615). Il ne figure que dans quelques chroniques (voir annexe I).
[5] La forme Ros(s)ia qui apparaît au début du XIIe siècle est d’origine grecque et provient de Byzance. D’après SOLOVIEV (Le nom, p. 9-19), elle aurait été découverte par les lettrés occidentaux à l’occasion des croisades. En effet, lors de leur passage dans l’empire byzantin, les hommes de la première croisade ont probablement entendu parler d’un grand pays slave, la Ȇ̔ΝΗϟ΅, dont les soldats servaient à l’époque comme auxiliaires dans l’armée du basileus. Par la suite on trouve les noms Rosia ou Rossia – le redoublement de la lettre « s » s’explique sans doute par l’influence de la forme latine – dans quelques chroniques. Mais c’est surtout dans les œuvres littéraires en vieux français que le pays des Slaves orientaux apparaît sous sa forme grecque, alors que celle-ci est ignorée dans les textes allemands médiévaux de la même époque. Faut-il attribuer cette fréquence au rôle prépondérant joué par les Français dans l’organisation des croisades ? Ce n’est pas impossible. Toujours est-il que les mentions de la Ros(s)ia ne sont pas rares dans les chroniques, les chansons de geste et les romans de chevalerie français. On en trouve également dans des mappemondes et portulans du XIVe siècle (voir annexe I).
[6] Dans les œuvres écrites en vieux français, la Russia est souvent appelée Roussie,Rousie,Rousye. On retrouve ces noms dans l’une ou l’autre chroniques. Mais il est surtout répandu dans les œuvres littéraires : chansons de geste, poèmes épiques et romans courtois (voir annexe I).
[7] Cf. LAYAMON,Brut (1204-1205), éd. F. MADDEN,R.S., t. 2, Londres, 1847, p. 526.
[8] En vieil allemand, la Russia est souvent appelée Riuzen. Ce nom apparaît dans un certain nombre de chroniques et plusieurs épopées. Les noms Riuzinlanti, Riuzen lant et Riuzen lande figurent également dans quelques œuvres. En revanche les formes Ruzen sont plus rares (voir annexe I).
[9] Cf. MEL’NIKOVA,Drevneskandinavskie geografi²eskie, p. 34. Le nom Russia qui fait son apparition dans les textes scandinaves à partir du XIIe siècle s’écrit de différentes façons : Rússía,Rússalandi,Rusiam et Ryza land.
[10] Cf. annexe I.
[11] Le nom Garðar est ancien, il figure sur des inscriptions runiques suédoises de la fin du Xe siècle et est employé notamment par des scaldes scandinaves qui ont séjourné en Russia en compagnie de leurs rois. Il s’agit probablement d’une déformation par les Scandinaves des mots slaves grad ou gorod employés par les habitants de la Russia pour désigner les bourgades fortifiées qui leur servaient d’habitat. Le nom Garðaríki en revanche serait une création plus tardive des lettrés qui ont mis par écrit les sagas dès le XIIe siècle. Dans ce nom, on retrouve le mot vieux-scandinave riki désignant un royaume et correspondant aux termes allemand Reich et néérlandais rijk. Par la suite, au cours du XIIIe siècle, Garðaríki apparaît de plus en plus fréquemment dans les écrits scandinaves et finit par supplanter Garðar. Au sujet de l’emploi de ces deux noms, voir les travaux de DŽAKSON : O nazvanii, p. 133-143 ; Sýrnes i Gaðar, p. 73-83 ; Naimenovanie Drevnej Rusi, p. 85-96 ; DŽAKSON I, p. 252-254 ; II, p. 202-204 ; III, p. 281-283.
[12] Quand elle est mentionnée dans les mappemondes, la Russia est en général située en Europe. C’est le cas notamment des mappemondes de HENRI DE MAYENCE (ca 1110), du Psautier de Londres (début XIIIe s.), d’Ebstorf (ca 1234), de Hereford (ca 1290) et de JOHN OF WALLINGFORD (milieu XIIIe s.). Voir L. BAGROW,A History of the cartography of Russia up to 1600, Wolfe Island, 1975, p. 19-26 et MEL’NIKOVA, Drevneskandinavskie geografi²eskie, p. 105 ; A.D. VON DEN BRINCKEN, Mappa mundi und Chronographia Studien zur imago mundi des abendländischen Mittelalters, Deutsches Archiv für Erforschung des Mittelalters, t. 24,1968, p. 163.
[13] Citons également comme autres variantes rencontrées souvent dans les textes les noms Austrvegr (apparu à partir du IXe s. dans la poésie scaldique), Austrlond (apparu à partir de la fin du Xe s. dans la poésie scaldique) et Austrríki (apparu à partir des XIe-XIIe s. dans la poésie scaldique et les inscriptions runiques). Ils se traduisent par « Route de l’est », « Terres de l’est » et « Royaume de l’est ». Ces termes vagues désignent les régions du sud-est de la mer Baltique, parmi lesquelles figure principalement la Russia. Pour une explication sur l’origine de ces trois noms, cf. e.a. T.N. DŽAKSON, Drevneskandinavskaja toponimija s kornem aust- [russe : La toponymie scandinave ancienne avec la racine aust], S.S., fasc. 31,1988, p. 140-145 ; DŽAKSON I, p. 246-248 ; II, p. 195-197 ; III, p. 274-276.
[14] Cf. HELMOLD DE BOSAU, Chronica Slavorum (ca 1172), A.Q.D.G.M., t. 19, 1963, p. 304 ; MARCO POLO,Il Milione, éd. L.F. BENEDETTO, Florence, 1928, p. 232-233
[15] ADAM DE BRÊME,Gesta Hammaburgensis ecclesiae Pontificum (1072-1076), A.Q.D.G.M., t. 12,1962, p. 452. Voir aussi MARCO POLO,Il Milione, p. 232-233.
[16] Les pays mentionnés comme voisins de la Russia dans les sources occidentales sont la Grèce, la Transylvanie, la Hongrie, la Pologne, la Prusse, la Lituanie, la Livonie, l’Estonie, la Suède (c’est-à-dire la Finlande), la Grande Hongrie (située entre la Volga et la Kama à l’ouest de l’Oural), la Bulgarie de la Volga, la Tartarie et la Coumanie. Cf. e.a. ADAM DE BRÊME,Gesta Hammaburgensis ecclesiae, p. 452 ; OTTO DE FREISING, Gesta Frederici seu rectius cronica (1156-58), continuée par RAHEWIN (1158-77), A.Q.D.G.M., t. 17,1965, p. 192,398,400 ; HERBORD,Dialogus de vita Ottonis episcopi Babenbergensis (ca1158), M.G.H.,SS., t. 20,1868, p. 725,726 ; GERVAIS DE TILBURY,Otia imperialia (1209-1214), éd. S.E. BANKS et J.W. BINNS, Oxford, 2002, p. 242,244 ; BARTHÉLEMY L’ANGLAIS, De proprietatibus rerum (ca 1245), éd. V.I. MATUZOVA, Anglijskie srednevekovye isto²niki IX-XIII vv. : teksty, perevod, kommentarij [russe : Les sources médiévales anglaises (IXe-XIIIe siècles : textes, traduction, commentaire], Moscou, 1979, p. 77 ; JEAN DE PLAN CARPIN, Ystoria Mongalorum (1245-1246), éd. A. VAN DEN WYNGAERT,Sinica Franciscana. Itinera et relationes fratrum minorum saeculi XIII et XIV, Rome, 1929, p. 72,111,112 ; GUILLAUME DE RUBROUCK, Itinerarium Willelmi de Rubruc (1255), Id., p. 195 ; ROGER BACON,Opus Maius (ca 1266-1268), éd. J.H. BRIDGES, t. 1, Londres, 1897, p. 358 ; MARCO POLO,Il Milione, p. 232-233 ; Hversu lönd liggia i veroldenni [Quels pays se trouvent sur la terre] (2e moitié XIIIe-début XIVe s.), éd. MEL’NIKOVA, Drevneskandinavskie geografi²eskie, p. 62 ; FRANCISCAIN ANONYME, Libro del conoscimiento, éd. C. MARKHAM,The Book of the knowledge of all the Kingdoms, Lands, and Lordships that are in the World, and the Arms and Devices of each Land and Lordship, or of the Kings and Lords who possess them written by a Spanish Franciscan in the Middle of the XIVth Century, Londres, 1912, p. 60-61. Voir également les mappemondes et portulans suivants : PETRUS VESCONTE (1311), Atlas Medici (1351), ANONYME CATALAN (1375), ANDREAS WALSPERGER (1448), mappemonde Borgia (milieu XVe s.), FRA MAURO (1460). Parfois certains auteurs donnent des limites précises à la Russia. Ainsi d’après Julien de Hongrie, une des limites de la Russia (finibus Ruscie) se situe sur les bords de la Volga et du Don et est constituée par les principautés de Suzdal’et de Rjazan’. Pour leur part, Barthélemy l’Anglais et Guillebert de Lannoy mentionnent la Narva comme frontière entre la Russia et la Livonie. Cf. JULIEN DE HONGRIE,Epistola de vita Tartarorum (1237), éd. H. DÖRRIE, Drei Texte zur Geschichte der Ungarn und Mongolen. Die Missionsreisen des fr. Julianus O.P. ins Ural-Gebiet (1234/5) und nach Russland (1237) und der Bericht des Erzbischofs Peter über die Tartaren, dans Nachrichten der Akademie der Wissenschaften in Göttingen Philologisch-Historische Klasse, 1956, p. 173-174 ; BARTHÉLEMY L’ANGLAIS, De proprietatibus, p. 79 et GUILLEBERT DE LANNOY, Œuvres, éd. Ch. POTVIN et J.C. HOUZEAU, Louvain, 1878, p. 32.
[17] Cf. e.a. ADAM DE BRÊME,Gesta Hammaburgensis ecclesiae, p. 450,452,456, 458,460.
[18] Chronicon Sancti Petri Vivi Senonensis (début XIIe s.), éd. R.H. BAUTIER et M. GILLES, Paris, 1979, p. 122 et GERVAIS DE TILBURY,Otia imperialia, p. 244.
[19] Cf. e.a. EKKEHARD DE AURA, Chronicon Universale (début XIIe s.), A.Q.D.G.M., t. 15,1972, p. 150 ; ANNALISTE SAXON (ca 1139), M.G.H.,SS., t. 6,1844 (rééd. 1980), p. 730 ; CONON D’ESTAVAYER,Notae (1re moitié XIIIe s.), M.G.H.,SS., t. 24,1879, p. 783. Sur cette dénomination de la mer Noire, voir e.a. A.V. SOLOVIEV, Mare Russiae, Die Welt der Slawen, t. 4,1959, p. 1-12, rééd. Byzance, n° XIII ; ID., Domination byzantine ou russe au Nord de la mer Noire à l’époque des Comnènes ?, Akten des XI. Internationalen Byzantinisten-Kongresses 1958, Munich, 1960, p. 572, rééd. Byzance, n° VII et V. VODOFF,Naissance de la Chrétienté russe. La conversion du prince Vladimir (988) et ses conséquences (XIe-XIIIe s.), Paris, 1988, p. 32. Les établissements « russes » sur le rivage septentrional de la mer Noire formaient la principauté de Tmutarakan’ située à cheval sur la Crimée et le détroit de Ker², lequel sert de voie d’accès de la mer d’Azov à la mer Noire. L’appellation « mer de Russie » a parfois également désigné la mer Baltique (Cf. GUILLEBERT DE LANNOY, Œuvres, p. 32) sillonnée par les marchands de la Russia qui disposaient de plusieurs établissements dans des villes occidentales riveraines de cette mer, notamment à Visby sur l’île de Gotland, à Sigtuna en Suède et à Riga en Livonie.
[20] BARTHÉLEMY L’ANGLAIS, De proprietatibus, p. 74,77. Sur l’erreur de Barthélemy l’Anglais, voir e.a. G. LOZINSKIJ, La Russie dans la littérature française du Moyen Âge, R.E.S., t. 9,1929, p. 257-258 et MATUZOVA,Anglijskie, p. 93 n. 79. Cependant, Barthélemy l’Anglais ne fournit pas uniquement des informations fantaisistes et embrouillées. Dans son encyclopédie, on trouve également à propos de la Russia des renseignements corrects. Décrivant les régions côtières de la mer Baltique, il n’ignore pas l’existence du pays des Slaves orientaux à l’est de l’empire germanique, comme en témoigne un passage de son encyclopédie puisé dans la rubrique Vironia (nom latin donné au Wierland ou pays de Virumaa sur la côte nord-orientale de l’actuelle Estonie). Ce passage évoque le fleuve Narva, dont Barthélemy l’Anglais écrit avec raison qu’il sépare la Vironia du pays de Novgorod. Ainsi il contredit sans s’en rendre compte ce qu’il a dit plus haut dans sa rubrique Ruthia.
[21] GUILLAUME DE RUBROUCK, Itinerarium, p. 181,195 et GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 32.
[22] MARCO POLO,Il Milione, p. 232. Le vair est un écureuil de Russie et de Sibérie, dont la fourrure est blanche sur le ventre et gris-bleu sur le dos. La zibeline est une martre de Sibérie à poil très fin, dont la fourrure brun foncé est une des plus précieuses.
[23] Le petit-gris est un autre écureuil dont la fourrure devient claire durant l’hiver.
[24] GUILLAUME DE RUBROUCK,Itinerarium, p. 166. Le commerce des fourrures de Russia est également évoqué par WILLIAM FITZ-STEPHEN,Vita et Passio sancti Thomae, Cantuariensis archiepiscopi et martyris (1173-1174), éd. J.C. ROBERTSON,R.S., t. 67/3, Londres, 1877, p. 7. D’après cet auteur, les habitants de la Russia vendent à Londres des fourrures précieuses de vair, de petit-gris et de zibeline. Quelques années plus tard, il est question dans la Vita beati Mariani (ca 1185, AA.SS.,Février, t. 2,1864, p. 368) d’un cadeau en fourrures d’un prix de cent marcs offert par le grand-prince de Kiev à un monastère de Ratisbonne. La valeur de ce cadeau était telle, nous dit l’auteur de la Vita, que les moines ont pu construire le toit et des bâtiments de leur monastère.
[25] Il s’agit du putois, dont la fourrure est recherchée.
[26] JEAN DE PLAN CARPIN, Ystoria, p. 85-86. Voir aussi GUILLAUME DE RUBROUCK,Itinerarium, p. 181.
[27] GUILLAUME DE RUBROUCK,Itinerarium, p. 271. Voir aussi MARCO POLO,Il Milione, p. 234 et GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 33.
[28] Les fleuves de la Russia font l’objet d’allusions notamment dans les sources suivantes : mappemonde d’HENRI DE MAYENCE (ca 1110) ; GERVAIS DE TILBURY, Otia imperialia, p. 244 ; mappemonde d’Ebstorf ; JULIEN DE HONGRIE, Epistola, p. 173-174 ; FRÈRE RICHARD De facto Ungarie Magne (1re moitié XIIIe s.), éd. DÖRRIE,Drei Texte, p. 151-161 ; AUBRY DE TROIS-FONTAINES, Chronica (1re moitié XIIIe s.), M.G.H.,SS., t. 3,1874 (rééd. 1986), p. 930 ; JEAN DE PLAN CARPIN,Ystoria, p. 107-108 ; BENOÎT DE POLOGNE, Relatio Fr. Benedicti Poloni (1245-1246), éd. VAN DEN WYNGAERT, Sinica Franciscana, p. 136 ; BARTHÉLEMY L’ANGLAIS, De proprietatibus, p. 72,74,76,79 ; GUILLAUME DE RUBROUCK,Itinerarium, p. 197,199,205,210 ; ROGER BACON,Opus Maius, t. 1, p. 322,357,360-361 ; mappemonde de Hereford ; Chronicon Imperatorum et Pontificum Bavaricum (XIIIe s.), M.G.H.,SS., t. 24,1879, p. 221 ; Les grandes rivières (traité scandinave, début XIVe s.) ; mappemonde du MINORITE PAOLINO (1320) ; FRANCISCAIN ANONYME, Libro del conoscimiento, p. 9,60 ; Atlas Medici ; portulan de Pizzigano (1367) ; mappemonde d’ALBERTINO DE VIRGA (ca 1411-1415) ; mappemonde d’ANDREA BIANCO (1436) ; GUILLEBERT DE LANNOY, Œuvres, p. 31-32 ; mappemonde d’ANDREAS WALSPERGER ; mappemonde Borgia ; mappemonde génoise (1457) ; mappemonde de FRA MAURO ; Kristni saga ; SNORRI STURLUSON, Edda ; Saga de Hervor ; Chanson de Hliod.
[29] À titre d’exemple, le Dniepr est appelé sous son nom russe plus ou moins déformé : fl. Danaper (mappemonde de Hereford), fluvium Nepre (AUBRY DE TROIS-FONTAINES),Nepr (SNORRI STURLUSON, Edda ; Kristni saga ; Saga de Hervor ; Chanson de Hliod), Aper (GERVAIS DE TILBURY), Neper (JEAN DE PLAN CARPIN, Chronicon Imperatorum et Pontificum Bavaricum), Nepere (BENOÎT DE POLOGNE). Il est aussi désigné sous ses noms turcs Lussom (portulan anonyme catalan de 1375) et Ozuch (mappemonde de FRA MAURO), son delta est nommé Erexe et son cours supérieur Branchicha, Brinacha ou Branacha (portulan de PIZZIGANO), noms qui seraient d’après L. Bagrow liés à la Berezina, un des principaux affluents du Dniepr sur la rive droite. La Volga est appelée sous son nom russe : Volga (JEAN DE PLAN CARPIN et BENOÎT DE POLOGNE),Vulga (FRA MAURO). Elle est aussi connue sous son nom turc employé par les peuples de la steppe Itil : Ethyl (FRÈRE RICHARD),Ethil (BENOÎT DE POLOGNE),Et(h)ilia (GUILLAUME DE RUBROUCK),Edil (portulans catalans), Idil (Libro del conoscimiento),Edilius (mappemonde Borgia), Otil (MINORITE PAOLINO).
[30] GUILLAUME DE RUBROUCK,Itinerarium, p. 199,205,210.
[31] De manière générale, les auteurs des portulans connaissent mieux le cours inférieur des fleuves russes, fréquenté par les navigateurs et les marchands occidentaux de la mer Noire et de la mer Caspienne, que leur cours supérieur, situé en Russia septentrionale. Voir à ce sujet BAGROW,A History, p. 21-33.
[32] JEAN DE PLAN CARPIN,Ystoria, p. 108. Cette erreur réapparaîtra dans une célèbre description de l’Europe Orientale de la Renaissance (Tractatus de duabus Sarmatiis Asiatica et Europiana et contentis in eis, Cracovie, 1517) composée par le savant polonais MACIEJ DE MIECHÓW, sans que l’on puisse dire si ce dernier l’a copiée de Plan Carpin.
[33] BENOÎT DE POLOGNE,Relatio, p. 136.
[34] GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 32 et JEAN DE PLAN CARPIN,Ystoria, p. 104.
[35] MARCO POLO,Il Milione, p. 233.
[36] GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 34,35.
[37] MARCO POLO,Il Milione, p. 233.
[38] GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 35.
[39] Cf. St. MUND, Guillebert de Lannoy, un observateur fiable de la réalité russe au début du XVe siècle, Hainaut et Tournaisis, regards sur dix siècles d’histoire. Recueil d’études dédiées à la mémoire de Jacques Nazet (1944-1996), Bruxelles, 2000, p. 191.
[40] Les villes de Ladoga, Toržok, Polock, Smolensk, Kostroma, Rostov, Tver’, Pereslavl’Zalesskij, Moscou, Suzdal’et Vladimir sur la Kljazma dans le nord de la Russia, celles de Vladimir (en Volhynie), L’vov, Gali², Bel’z, Brest Litovsk et Drogi²in dans le sud de la Russia sont mentionnées notamment dans les sources suivantes : ADAM DE BRÊME,Gesta Hammaburgensis ecclesiae, p. 254,450 ; Description de la terre I (ca 1170-1190), éd. MEL’NIKOVA,Drevneskandinavskie geografi²eskie, p. 76 ; Orkneyinga saga [Saga des Orcadiens] (ca 1190), éd. DŽAKSON III, p. 228 ; ARNOLD DE LÜBECK,Chronica Slavorum (1172-1209), M.G.H.,SS., t. 21,1869, p. 212 ; Annales capituli Cracoviensis (XIIe-XIIIe s.), M.P.H., t. 2,1872 (rééd. 1961), p. 815 ; Chronicon Hungarico-Polonicum (ca 1200), M.P.H., t. 1,1864 (rééd. 1960), p. 514 ; SAXO GRAMMATICUS, Gesta Danorum (ca 1180/90-ca 1210/20), M.G.H., SS., t. 29,1892, p. 53 ; WINCENTY KADRUBEK,Chronica Polonorum (1207-1218), M.P.H., t. 2, p. 397, 407,415,421,437,438,439,440 ; GERVAIS DE TILBURY,Otia imperialia, p. 244 ; Fagrskinna [Le beau parchemin] (ca 1220), éd. DŽAKSON I, p. 152 ; HENRI DE LIVONIE, Chronicon Livoniae (1225-1229), A.Q.D.G.M., t. 24,1975, p. 4,22,28,44,54,58,78, 108, 116,120,146,148,150, 152,168,200,202,204, 206,208,210,222,224,226, 228,236,254, 264,270, 272,274,276,278,286, 296,298,304,306,310, 314,316,320 ; SNORRI STURLUSON,Heimskringla [Orbe du monde] (ca 1230), éd. DŽAKSON I, p. 158 ; II, p. 62, 63; III, p. 81,83,112 ; mappemonde d’Ebstorf ; JULIEN DE HONGRIE, Epistola, p. 180 ; BOGUCHWAR, Chronica Poloniae Maioris (1245-1253), continuée par GODYSRAW BASZKO (1253-1272), M.P.H., t. 2, p. 494,508,509,530,533,534,535,536, 544,547 ; Óláfssaga Tryggvasonar [Saga d’Olav Tryggvason] (version 1250), éd. DŽAKSON I, p. 151 ; THOMAS DE SPLIT, Historia pontificum Salonitanorum et Spalatinorum (milieu XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 29, p. 585 ; STURLA ÞORDARSON, Hákonar saga Hákonarsonar [Saga de Haakon Haakonarson] (1264-1265), éd. DŽAKSON III, p. 198,201 ; Hulda [Le parchemin caché] (ca 1268-1300), Id., p. 121 ; SIMON KÉZAI, Gesta Ungarorum (ca 1270-1285), M.G.H.,SS., t. 29, p. 540 ; Livländische Reimchronik (1290-1296), éd. F. PFEIFFER, Stuttgart, 1844, p. 57,58,59,60,208,209 ; Description de la terre III (2e moitié XIIIe s.), éd. MEL’NIKOVA,Drevneskandinavskie geografi²eskie, p. 94 ; Hversu lönd liggia i veroldenni [Quels pays se trouvent sur la terre], p. 62 ; Hauksbók [Le livre de Hauk] (2e moitié XIIIe-début XIVe s.), cité par DŽAKSON, Sýrnes i Gaðar, p. 74 ; CHANOINE DE SAMLAND,Annales (début XIVe s.), M.G.H.,SS., t. 19, 1866, p. 704 ; Óláfs Saga Tryggvasonar en mesta [Grande saga d’Olav Tryggvason] (ca 1300), éd. DŽAKSON I, p. 89,174 ; MIERZWA, Continuation de la chronique de WINCENTY KADRUBEK,M.P.H., t. 2, p. 378,390,407,414,430,437,438,439,440 ; Chronicon Moguntinum (XIVe s.), M.G.H., SS.R.G., t. 20,1885, p. 31 ; FRANCISCAIN ANONYME, Libro del conoscimiento, p. 8-9,59-61 ; portulan de PIZZIGANO ; JAN DE CZARNKÓW, Cronica longa seu longa Polonorum (2e moitié XIVe s.), M.P.H., t. 2, p. 622,626,630,631,643,658,659,665 677,697,719 720,722,723,734,738,739,744, 748,750 ; ÞORDARSON et ÞÓRHALLSSON,Flateyjarbók [Le livre de Flatey] (1387-1394), éd. DŽAKSON II, p. 92,103,104 ; Continuatio annalium Polonorum (XIVe-XVe s.), M.G.H.,SS., t. 19, p. 661 ; Annales Miechovienses (XIVe-XVe s.), M.P.H., t. 2, p. 885 ; Cronica conflictus Wladislai regis Polonie cum Cruciferis anno Christi 1410 (1410), M.P.H., t. 2, p. 902 ; GUILLEBERT DE LANNOY, Œuvres, p. 36-37 ; mappemonde d’ANDREA BIANCO ; mappemonde Borgia ; mappemonde de FRA MAURO ; Memorabilia de L’vov (XVe s.), M.P.H., t. 3,1878 (rééd. 1961), p. 25 ; Calendarii Cracoviensis notae historicae ad annorum dierumque ordinem redactae (XIIIe-XVe s.), M.P.H., t. 6,1893 (rééd. 1961), p. 665,667,669,672. Les villes de Pskov, Polock, Smolensk, Toržok, Kostroma, Rostov, Tver’, Pereslavl’Zalesskij, Suzdal’et Vladimir sur la Kljazma font partie de l’actuelle Fédération de Russie. Pskov est située à environ 80 km à l’est de la frontière estonienne ; Tver’ est située au nord-ouest de Moscou ; Toržok est située au sud-est de Novgorod ; Pereslavl’Zalesskij, Suzdal’, Vladimir sur la Kljazma et Kostroma sont au nord-est de Moscou ; Smolensk sur le haut Dniepr est à l’est de la frontière biélorusse, tandis que Brest-Litovsk est une ville frontalière de Biélorussie située à côté de la Pologne. Les villes de Bel’z, L’vov, Vladimir en Volhynie et Gali² sont en actuelle Ukraine occidentale. Drogi²in est située dans l’est de l’actuelle Pologne.
[41] Les noms des villes de la Russia connaissent plusieurs orthographes dans les sources médiévales occidentales, comme le montrent notamment les exemples de Pskov, Polock, Suzdal’et Smolensk. Pskov est appelée Plicecowe,Plescekowe, Plocekowe,civitatem Plicekowe,Plecekowe,Pleskow et Plescovia en latin et Plezcouwe, Plezcowe et Plezcô en vieil allemand. Les différents noms de Polock sont Paltisca, Ploceke civitatem et Plosceke en latin, Palteskia,Pallteskia et Palteskja en vieil islandais. Suzdal’est appelée Susdalia, Sudal, civitatem maximam christianorum nomine Susdalium en latin, Susdal en vieil allemand, Suðrlaríki, Súr(s)dalar, Surtsdalar, Syðridalaríki,Syrgisdalar et Súrsdalr en vieil islandais. Smolensk apparaît sous les noms Smalenceka,Smalentike en latin, Smaleskia en vieil islandais. Sur les différents noms des villes de la Russia, voir e.a. B. KLEIBER, Zu einigen Ortsnamen aus Gardarike, Scando-slavica, t. 3,1957, p. 215-218 ; MEL’NIKOVA,Drevneskandinavskie geografi²eskie, p. 194-219 ; T.N. DŽAKSON, The North of Eastern Europe in early Nordic texts : the study of place-names, Särtryck ur Arkhiv för nordisk Filologi, t. 108, 1993, p. 38-45 ; DŽAKSON I, p. 244-259 ; II, p. 194-212 ; III, p. 273-291.
[42] THIETMAR DE MERSEBOURG, Chronicon (1012-1018), A.Q.D.G.M., t. 9,1957, p. 436,474. Les passages de la chronique de Thietmar de Mersebourg ont été édités et commentés par A.V. NAZARENKO,Nemeckie latinojazy²nye isto²niki IX-XI vv. : teksty, perevod, kommentarij [russe : Les sources médiévales allemandes en latin (IXe-XIe s.) : textes, traduction et commentaire], Moscou, 1993, p. 136-137. On trouve également des mentions de Kiev dans les sources suivantes : GALLUS ANONYMUS,Cronica et gesta ducum sive principum Polonorum (1113-1116), M.P.H., t. 1,1864 (rééd. 1960), p. 402, 419; ANNALISTE SAXON, p. 665,667 ; OTTO DE FREISING,Chronica sive historia de duabus civitatibus (1143-1146), A.Q.D.G.M., t. 16,1960, p. 536 ; Description de la terre I, p. 76 ; ANONYMUS,Gesta Hungarorum (1196-1203) ; SAXO GRAMMATICUS,Gesta Danorum, p. 53 ; Annales Kamenecenses (ca 1204), M.P.H., t. 2,1872 (rééd. 1961), p. 778 ; WINCENTY KADRUBEK,Chronica Polonorum, p. 279,433 ; GERVAIS DE TILBURY,Otia imperialia, p. 244 ; HENRI DE LIVONIE, Chronicon Livoniae, p. 280 ; mappemonde d’Ebstorf ; MATHIEU PARIS,Chronica Maiora (1235-1259), éd. H.R. LUARD,R.S., t. 57/4, Londres, 1877, p. 113 ; t. 57/6, Londres, 1882, p. 82 ; JEAN DE PLAN CARPIN, Ystoria, p. 71,103-104,127,128,129 ; BENOÎT DE POLOGNE, Relatio, p. 135 ; Vita Minor sancti Stanislai (1re moitié XIIIe s.), M.P.H., t. 4,1884 (rééd. 1961), p. 268,275 ; DOMINICAIN WINCENTY,Vita Maior sancti Stanislai (1re moitié XIIIe s.), Id., p. 365 ; BOGUCHWAR, Chronica Poloniae Maioris, p. 483,484,486,542 ; mappemonde islandaise (milieu XIIIe s.), E.A. MEL’NIKOVA, Drevneskandinavskie geografi²eskie, p. 105 ; Annales Sanctae Crucis Polonici (ca 1270 avec ajouts XIVe-XVe s.), M.P.H., t. 3,1878 (rééd. 1961), p. 62 ; SIMON KÉZAI,Gesta Ungarorum, p. 532 ; Eymundar Saga [Saga d’Eymund] (fin XIIIe s.), éd. DŽAKSON II, p. 92,103 ; Description de la terre III, p. 94 ; Chronicon Imperatorum et Pontificum Bavaricum, p. 221 ; Miracula sancti Adalberti (XIIIe-XIVe s.), M.P.H., t. 4, p. 237 ; Hauksbók [Le livre de Hauk] (2e moitié XIIIe-début XIVe s.), cité par DŽAKSON, Sýrnes i Gaðar, p. 74 ; Hversu lönd liggia i veroldenni [Quels pays se trouvent sur la terre], p. 62 ; Chronicon Polono-Silesiacum, M.P.H., t. 3, p. 618,619 ; Annales cisterciensium in Heinrichow (1re moitié XIVe s.), M.P.H., t. 3, p. 701 ; Vita et miracula sanctae Kyngae ducissae Cracoviensis (1re moitié XIVe s.), M.P.H., t. 4, p. 684,685 ; Annales Polonorum (1340-1341), M.G.H.,SS., t. 19, 1866, p. 586 ; DOMINICAIN STANISRAW, De vita et miraculis sancti Iaccchonis (Hyacinthi) ordinis fratrum praedicatorum (milieu XIVe s.), M.P.H., t. 4, p. 854,857, 858; Annales Cracovienses compilati (XIVe s.), M.G.H.,SS., t. 19, p. 586 ; Chronica principum Poloniae,M.P.H., t. 3, p. 440,444,449 ; mappemonde d’ANDREAS WALSPERGER ; mappemonde de FRA MAURO ; Annales Polonorum (XVe s.), M.G.H., SS., t. 19, p. 618,619,622.
[43] Ces renseignements d’une grande valeur ont fait l’objet d’analyses minutieuses de la part des historiens allemands, français, polonais, russes et soviétiques : cf. e.a. DONNERT, Studien zur Slawenkunde des deutschen Frühmittelalters, Wissenschaftliche Zeitschrift der Friedrich-Schiller-Universität Jena, t. 12, 1963, p. 207-208 ; ID., Die frühmittelalterlich-deutsche Slawenkunde und Thietmar von Merseburg, Z.S., t. 9,1964, p. 88 ; ID., Zur Entwicklung der deutschen Slawenkunde im frühen Mittelalter, Id., t. 18,1973, p. 257-258 [passages sur la Russia identiques à celui de 1963] ; M.B. SVERDLOV, Izvestija o Rusi v Khronike Titmara Merzeburgskogo [russe : Les informations sur la Russia dans le Chronicon de TM], Drevnejšie gosudarstva na territorii SSSR : materialy i issledovanija 1975 g., Moscou, 1976, p. 111-112 ; O.M. RAPOV et N.G. TKA+ENKO, Russkie izvestija Titmara Merzeburgskogo [russe : Les informations sur la Russia de TM], Vestnik Moskovskogo Universiteta. Serija 8 Istorija, n° 3,1980, p. 63-66 ; A. POPPE, The building of the church of St Sophia in Kiev, Journal of medieval History, t. 7,1981, rééd. The Rise of Christian Russia, Londres, 1982, n° IV, p. 16-20 ; M. KELLER, Konturen : Die Darstellung der Ostslawen in Chroniken und Annalen des 9.-13. Jhdt, Russen und Russland aus deutscher Sicht, Munich, 1985, p. 69-70 ; VODOFF,Naissance, p. 69,85,87-88,89-90, 99,187 ; NAZARENKO,Nemeckie, p. 177-179,184,187-191,199-202 ; L. LECJEWICZ, Kijv u perekazakh central’no-evropejs’kikh litopisciv XI i pervšoj polovini XII st. [ukrainien : Kiev dans les chroniques de l’Europe Centrale du XIe et de la première moitié du XIIe siècle], Istorija Rusi-Ukrajni (istoriko-arkhiologi²nij zbirnik), Kiev, 1998, p. 166-168.
[44] Kiev apparaît encore dans les sources occidentales sous les noms suivants : Chive,Chyo,Chyou, Chyona,Cleva,Cleva,Kygow,civitas Kyeu,civitas Kyo, Kiov,Kyv,Kyow,Kyyow,Kywa,Kywe,Kyovia,Kiovia,Kyoviensis civitas,Kiwen,Kiwe, Gigow,Cønogardia et Riona en latin, Kænugarðr,Kiænugarð(a)r,Kœnugarðr en vieil islandais, China,Chiua dans les portulans italiens et catalans.
[45] Selon l’historien russe NAZARENKO (Nemeckie, p. 184 n. 87), ces remparts désignent la forteresse (detinec) de Kiev, appelée aussi « ville de Vladimir », qui est située sur une colline surplombant le Dniepr. C’est à cet endroit qu’étaient bâties la résidence princière et l’église de la Dîme, laquelle avait été construite sous l’égide du prince Vladimir et dédiée à la Vierge.
[46] THIETMAR DE MERSEBOURG,Chronicon, p. 474. Parmi les nombreuses églises de Kiev, seules les deux principales retiennent l’attention de Thietmar de Mersebourg. Ce sont l’église de la Dîme, où ont été enterrés, selon le chroniqueur, le prince Vladimir et son épouse byzantine, et la cathédrale Sainte-Sophie, qui n’est à l’époque encore qu’un édifice en bois antérieur à celui construit en dur sous le règne de Jaroslav le Sage, en 1037-1046.
[47] Cf. e.a. M.A. ALPATOV,Russkaja istori²eskaja mysl’i Zapadnaja Evropa XII-XVII vv, Moscou, 1973, p. 83 ; H. RÜSS, Das Reich von Kiev, Handbuch der Geschichte Russlands, t. 1,1,1980, p. 347 et KELLER, Konturen, p. 69 et n. 20. D’après NAZARENKO,Nemeckie, p. 199 n. 107 et VODOFF,Naissance, p. 99, le grand nombre d’églises à Kiev évoqué par Thietmar de Mersebourg inclut selon toute probabilité non seulement les églises paroissiales mais aussi les chapelles privées des demeures nobles. Quant au huit marchés, ils correspondraient à la division de la ville de Kiev en huit quartiers (cf. NAZARENKO,Nemeckie, p. 200 n. 108).
[48] THIETMAR DE MERSEBOURG,Chronicon, p. 474. Il s’agit vraisemblablement du métropolite Jean Ier, dont le pontificat a dû commencer dans les dernières années du règne du prince Vladimir, et qui est désigné dans les sources russes mitropolit ou arkhiepiskop (cf. e.a. VODOFF,Naissance, p. 85 ; S. FRANKLIN et J. SHEPARD,The Emergence of Rus 750-1200, Londres-New York, 1996, p. 226). Comme reliques, Thietmar de Mersebourg mentionne avec justesse la présence du chef de saint Clément ramené en 989 par Vladimir à Kiev à la suite du pillage de la ville byzantine de Kherson en Crimée (cf. VODOFF, Naissance, p. 66 et NAZARENKO, Nemeckie, p. 189 n. 96).
[49] Kiev est également évoquée brièvement dans les Otia imperialia de GERVAIS DE TILBURY, p. 244. Ce dernier la situe assez curieusement près de la mer de Norvège (cuius ad mare Norveiae proxima). Selon moi, cette erreur pourrait être due à une mauvaise compréhension par Gervais de Tilbury des renseignements qui lui auraient été fournis par ses informateurs norvégiens. Les entendant parler de Kiev, il en aurait peut-être déduit que cette ville était proche de leur pays.
[50] ADAM DE BRÊME,Gesta Hammaburgensis ecclesiae, p. 254.
[51] GALLUS ANONYMUS,Cronica, p. 402.
[52] Vita beati Mariani, p. 369 (cité par A.V. SOLOVIEV,Reges et Regnum Russiae au Moyen Âge, Byzantion, t. 36,1966, p. 157, rééd. Byzance, n° VIII).
[53] À titre d’exemple, Mathieu Paris en parle au moins à deux reprises dans saChronica Maiora : « Kiev, la plus grande ville de ce même royaume, ayant été prise d’assaut et conquise, il laissa tout ce noble royaume dévasté dans la désolation [...] ». Plus loin il répète : « ils dévastèrent plusieurs terres parmi lesquelles vous connaissez la Russia en grande partie dévastée ; la ville de Kiev, et la forteresse qui se trouvait là a été détruite » (MATHIEU PARIS,Chronica Maiora, R.S., t. 57/4, p. 113 ; t. 57/6, p. 81-82). Notons que les sphères dirigeantes occidentales ont été rapidement mises au courant de la catastrophe, puisque dès 1245, un dignitaire de l’Église de Russia fait le récit de l’invasion de son pays devant l’assemblée du concile convoqué à Lyon par le pape Innocent IV. Par ailleurs, Plan Carpin décrit à son retour de voyage chez les Mongols l’état de ruine de Kiev après le passage des armées tatares-mongoles : « Aussi quand nous passions par ce pays, nous trouvions des crânes et des ossements innombrables dans la campagne. Car cette ville avait été fort grande et extrêmement peuplée, et la voilà maintenant presque anéantie. C’est à peine s’il y a deux cents maisons, et les gens sont tenus dans une rigoureuse servitude » (JEAN DE PLAN CARPIN,Ystoria, p. 72).
[54] Cf. G.V. BORJAK, Inozemni džerela pro Kyiv XIII-seredyny XVII st. [ukrainien : Les récits étrangers à propos de Kiev XIIIe-milieu XVIIe s.], Ukraïn’skij istori²nij Žurnal, n° 12,1981, p. 32-41.
[55] Précisons qu’après Novgorod la ville la plus souvent citée dans les sources scandinaves est Ladoga, où l’on retrouve aujourd’hui les traces les plus anciennes de la pénétration scandinave en Russia. Sur l’importance de Ladoga dans le monde scandinave, voir e.a. E.A. RYDZEVSKAJA, Svedenija o Staroj Ladoge v drevnesevernoj literature [russe : Les informations sur Staraja Ladoga dans l’ancienne littérature nordique], Kratkie soobš²enija o dokladakh i polevykh issledovanijakh Instituta material’noj kul’tury AN SSSR, fasc. 11,1945, p. 51-65 ; G.V. GLAZYRINA et T.N. DŽAKSON, Iz istorii Staroj Ladogi (na materialakh skandinavskikh sag) [russe : De l’histoire de Staraja Ladoga (sur base des sagas scandinaves)], Drevnejšie gosudarstva na territorii SSSR. Materialy i issledovanija 1985 g., Moscou, 1986, p. 108-115 ; G.V. GLAZYRINA, Svadebnyj dar Jaroslava Mudrogo švedskoj princesse Ingigerd (k voprosu o dostovernosti soobš²enija Snorri Sturlusona o pereda²e Al’dejg’juborga / Staroj Ladogi skandinavam) [russe : Le cadeau de noce de Jaroslav le Sage à la princesse suédoise Ingigerda (question de l’authenticité de l’information de Snorri Sturluson sur la cession d’Aldeigjuborg / Staraja Ladoga aux Scandinaves)], Drevnejšie gosudarstva na territorii SSSR. Materialy i issledovanija 1991 g., Moscou, 1994, p. 240-244 ; T.N. DŽAKSON, Islandskie sagi o roli Ladogi i Ladožskoj volosti v osuš²estvlenii russko-skandinavskikh torgovykh i politi²eskikh svjazej [russe : Les sagas islandaises à propos du rôle de Ladoga et de sa région dans l’établissement des liens commerciaux et politiques russo-scandinaves], Rannesrednevekovye drevnosti Severnoj Rusi i eë sosedej, Saint-Petersbourg, 1999, p. 20-25.
[56] Cf. e.a. Inscription runique d’Esta (Sudermanie en Suède, 1re moitié XIe s.), éd. E.A. MEL’NIKOVA,Skandinavskie runi²eskie nadpisi : teksty, perevod, kommentarij [russe : Les inscriptions runiques scandinaves : textes, traduction, commentaire], Moscou, 1977, p. 89-90 ; inscription runique d’Hallfreda (île de Gotland, milieu XIe s.),Id., p. 67 ; inscription runique de Sjustad (Uppland en Suède, 2e moitié XIe s.), Id., p. 113-115 ; CLERC DE TRONDHEIM,Ágrip af Nóregs konunga sögum [Abrégé des sagas des rois de Norvège] (ca 1190), éd. DŽAKSON I, p. 120,121 ; ANONYME ISLANDAIS, Orkneyinga saga [Saga des Orcadiens] (ca 1190), éd. DŽAKSON III, p. 227,228 ; MOINE ANONYME DU MONASTÈRE ISLANDAIS DE ÞINGEYRAR,Óláfs saga helga [La plus ancienne saga de saint Olav] (ca 1200), éd. DŽAKSON II, p. 37 ; Óláfs saga hins helga [Saga légendaire de saint Olav] (début XIIIe s.), Id., p. 41,42 ; ANONYME ISLANDAIS PROBABLEMENT ÉTABLI EN NORVÈGE,Fagrskinna [Le beau parchemin] (ca 1220), éd. DŽAKSON I, p. 152 ; II, p. 49 ; III, p. 105,106,107,165 ; ANONYME ISLANDAIS,Færeyinga saga [Saga des Féroïens] (ca 1220), éd. DŽAKSON I, p. 229,230 ; Morkinskinna [Le parchemin pourri] (ca 1220-1230), éd. DŽAKSON III, p. 97,98,99,164 ; Guta lag och Guta saga [Saga des Gotlandais] (1er quart XIIIe s.), éd. DŽAKSON II, p. 138 ; SNORRI STURLUSON,Heimskringla [Orbe du monde] (ca 1230), éd. DŽAKSON I, p. 155 ; II, p. 61, 62; III, p. 82,83,111,112,169 ; ANONYME ISLANDAIS (PROBABLEMENT ÓLÁFR ÞÓRÐARSON),Saga des rois Knut [Knýtlinga saga] (milieu XIIIe s.), Id., p. 232,234, 235; ANONYME (PROBABLEMENT STURLA ÞÓRÐARSON), Ágrip af sogu danakonunga [Abrégé des sagas des rois danois] (1261-1287), Id., p. 247 ; STURLA ÞORDARSON, Hákonar saga Hákonarsonar [Saga de Haakon Haakonarson] (1264-1265), Id., p. 200, 201; Hulda [Le parchemin caché] (ca 1268-1300), Id., p. 120,121,172 ; Hauksbók [Le livre de Hauk] (2e moitié XIIIe-début XIVe s.), cité par DŽAKSON, Sýrnes i Gaðar, p. 74 ; BERGR SOKKASON, ABBÉ ISLANDAIS DU MONASTÈRE DE MUNKATVER,Óláfs Saga Tryggvasonar en mesta [Grande saga d’Olav Tryggvason] (ca 1300), éd. DŽAKSON I, p. 89,166,168,170 ; Hálfdanar Saga Eysteinssonar [Saga de Halfdan Eysteinsson] (début XIVe s.), Id., p. 86 ; JÓN ÞORDARSON et MAGNUS ÞORHALLSSON,Flateyjarbók [Le livre de Flatey] (1387-1394), éd. DŽAKSON II, p. 86,92,93,103. Au sujet du nom Hólmgarðr, voir les travaux suivants : E.A. RYDZEVSKAJA, Kholm v Novgorode i drevnesevernyj Holmgarðr [russe : Le toponyme Holm à Novgorod et l’ancien toponyme nordique Holmgarðr], Izvestija Rossijskoj akademii istorii material’noj kul’tury, t. 2, Petrograd, 1922, p. 105-112 ; G. SCHRAMM, Die normannischen Namen für Kiev und Novgorod, Russia Medievalis, t. 5,1984, p. 76-102 ; T.N. DŽAKSON, Naimenovanie Drevnej Rusi i Novgoroda v drevneskandinavskoj pis’mennosti : o vozniknovenii toponimov Garðar i Hólmgarðr [russe : La dénomination de la Russia ancienne et de Novgorod dans la littérature scandinave ancienne : à propos de l’apparition des toponymes Garðar et Hólmgarðr], S.S., fasc. 30,1986, p. 85-96 ; T.N. DŽAKSON et A.A. MOL+ANOV, Drevneskandinavskoe nazvanie Novgoroda v toponimii puti « iz varjag v greki » [russe : L’ancien nom scandinave de Novgorod dans les toponymes de la route « des Varègues aux Grecs »], Vspomogatel’nye istori²eskie discipliny, fasc. 21,1989, p. 226-238 ; DŽAKSON I, p. 256-57 ; DŽAKSON III, p. 287-290. Novgorod apparaît parfois également dans les sources scandinaves sous le nom Nógarða.
[57] Sur l’importance de Novgorod dans les sagas, voir e.a. F. BRAUN, Das Historische, p. 170-171 ; A. STENDER-PETERSEN, Die vier Etappen der russisch-varägischen Beziehungen, J.G.O., t. 2,1954, p. 152-153 ; DŽAKSON III, p. 14-17. Novgorod est également mentionnée dans un certain nombre d’autres sources occidentales où elle apparaît sous les noms suivants : Ostrogard Ruzziae, Holmgardia,Holmegarder,Nogardia,civitas Nogardia,Norgadia,Novgardus en latin, Nogarden,Nogarten en vieil allemand, Nogorado,Nogardia,Nogerado,Unovo grado dans les portulans catalans et italiens. Cf. ADAM DE BRÊME,Gesta Hammaburgensis ecclesiae, p. 254,450 ; Historia Norwegiae (ca 1170), M.H.N., 1880, p. 113,120 ; HELMOLD DE BOSAU, Chronica Slavorum, p. 36 ; Acta Sancti Olavi regis et martyris (1200), M.H.N., p. 142,143 ; SAXO GRAMMATICUS,Gesta Danorum, p. 53 ; HENRI DE LIVONIE,Chronicon Livoniae, p. 108,146,168,204,208,210,222,224,226,236,254, 270,272,276,278,286,296,298,304,306,310,314,320 ; mappemonde d’Ebstorf ; BARTHÉLEMY L’ANGLAIS,De proprietatibus, p. 76,79 ; Livländische Reimchronik, p. 59, 60,209 ; Hversu lönd liggia i veroldenni [Quels pays se trouvent sur la terre], p. 62 ; FRANCISCAIN ANONYME, Libro del conoscimiento, p. 8,9,60,61 ; portulan de PIZZIGANO ; mappemonde d’ANDREAS WALSPERGER ; mappemonde de FRA MAURO.
[58] Sur le marché de Novgorod, sa fréquentation par les Scandinaves et les richesses de la Russia évoqués dans les sagas, cf. e.a. Óláfssaga Tryggvasonar [Saga d’Olav Tryggvason] (version ca 1200), éd. DŽAKSON I, p. 145 ; Olafs saga hins helga [Saga légendaire de saint Olav] (début XIIIe s.), éd. DŽAKSON II, p. 42 ; SNORRI STURLUSON, Heimskringla [Orbe du monde] (ca 1230), Id., p. 61 ; Óláfssaga Tryggvasonar [Saga d’Olav Tryggvason] (version 1230-1250), éd. DŽAKSON I, p. 125 ; Óláfs Saga Tryggvasonar en mesta [Grande saga d’Olav Tryggvason] (ca 1300), Id., p. 89 ; JÓN ÞORDARSON et MAGNUS ÞORHALLSSON,Flateyjarbók [Le livre de Flatey] (1387-1394), éd. DŽAKSON II, p. 86.
[59] Cf. e.a. SNORRI STURLUSON, Heimskringla [Orbe du monde] (ca 1230), éd. DŽAKSON II, p. 60. Voir aussi le commentaire 5 (Id., p. 149).
[60] Cf. e.a. JÓN ÞORDARSON et MAGNUS ÞORHALLSSON,Flateyjarbók [Le livre de Flatey] (1387-1394), éd. DŽAKSON II, p. 92-93,94. Voir aussi le commentaire 8 (Id., p. 165 n. 26).
[61] Cf. e.a. Olafs saga hins helga [Saga légendaire de saint Olav] (début XIIIe s.), éd. DŽAKSON II, p. 42 ; JÓN ÞORDARSON et MAGNUS ÞORHALLSSON,Flateyjarbók [Le livre de Flatey] (1387-1394), Id., p. 86. Voir aussi les commentaires 15,16 (Id., p. 189-192). Il s’agit très probablement de l’église de l’Hôtel des marchands de l’île de Gotland (en russe : Gotskij dvor).
[62] Pour une analyse de la description de Novgorod par Guillebert de Lannoy, voir A.V. SOLOVIEV, Le voyage de messire de Lannoy dans les Pays russes, Orbis scriptus. Festschrift für Dmitrij Tschižewskij zum 70. Geburtstag, Munich, 1966, p. 792-793 ; A.BERTRAND,Les « Voyages et Ambassades » de Guillebert de Lannoy (1399-1450), Mémoire de licence inédit, Université de Liège, 1986-1987, p. 47-50 ; ID., Un seigneur bourguignon en Europe de l’Est : Guillebert de Lannoy (1386-1462), Le Moyen Âge, t. 95,1989, p. 300,302 ; ID., Guillebert de Lannoy (1386-1462). Ses « Voyages et Ambassades » en Europe de l’Est, Publication du Centre européen d'études bourguignonnes (XIVe-XVIe s.). Rencontres de Middelburg-Bergen-op-Zoom (27 au 30 septembre 1990) : les sources littéraires et leurs publics dans l’espace bourguignon (XIVe-XVIe s.), t. 31,1991, p. 86 ; A. KAPPELER, Burgundskij rycar’ v Rossii (zametki ob ot²ete Gil’bera de Lannoa o poezdkakh v Novgorod i Pskov v na²ale XV v.) [russe : Un chevalier bourguignon en Russia (quelques remarques à propos des notes de GdL concernant son voyage à Novgorod et Pskov)], Isto²nikovedenie i kraevedenie v kul’ture Rossii. Sbornik k 50-letiju služeniia Sigurda Ottovi²a Šmidta Istoriko-arkhivnomu institutu, Moscou, 2000, p. 51 ; St. MUND, Guillebert, p. 186-190 ; ID., Opisanie Novgoroda i Pskova v memuarakh « Voyages et Ambassades » rycarja Gil’bera de Lannoa (1413) [russe : La description de Novgorod et Pskov dans les mémoires « Voyages et Ambassades » du chevalier GdL], Drevnjaja Rus’, t. 7 (1), 2002, p. 49-50.
[63] GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 32.
[64] GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 33.
[65] GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 33,34. Le « duc » et le « burgrave » désignent en réalité les deux officiers principaux du pouvoir exécutif à Novgorod, le posadnik et le tysiackij. Le posadnik est le principal adjoint du prince à Novgorod et le responsable de l’armée et de l’administration en l’absence de ce dernier. Le tysiackij commande la milice urbaine et arbitre les litiges commerciaux.
[66] GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 33. Dans un autre manuscrit du journal, il y a une phrase de plus : Et n’ont autre roy et seigneur que le grant roy de Musco, seigneur de la Grant Russye, lequel ilz retiennent pour seigneur quant ilz veullent, non. Cette observation est juste : malgré sa forte autonomie, la principauté de Novgorod reconnaît théoriquement pour suzerain le grand-prince résidant à Moscou qui est à l'époque de Guillebert de Lannoy Vasilij Ier.
[67] Le nom des habitants de la Russia dans les sources occidentales a fait l’objet de nombreuses études : UNBEGAUN, Le nom, p. 611-618 ; SOLOVIEV, Le nom, p. 1-54 ; G. ROWMIASSKI, Russy i rugi [russe : Russes et Rugi],Voprosy istorii, n° 9, 1971, p. 43-52 ; NAZARENKO, Ob imeni, p. 46-57 ; KELLER, Konturen, p. 57-83 ; ID., Perspektiven : Vorstellungen von « Riuzen » in der deutschen Literatur des Mittelalters, Russen und Russland aus deutscher Sicht, Munich, 1985, p. 84-109 ; PRITSAK, The Origin, p. 45-65, trad. russe Proiskhoždenie, p. 115-131 ; Konstantin Bagrjarodnyj. Ob upravlenii, p. 293-307 ; NAZARENKO, Imja « Rus’ », p. 11-50.
[68] Cf. e.a. UNBEGAUN, Le nom, p. 612-613 ; SOLOVIEV, Le nom, p. 12 ; PRITSAK, The Origin, p. 49-51, trad. russe Proiskhoždenie, p. 118. Notons que le plus ancien document mentionnant les « Russes » est une description géographique allemande de la fin du IXe siècle, intitulée Geographus Bavarus. Il y est fait allusion à des Ruzzi parmi les peuples de l’Europe Orientale.
[69] Les habitants de la Russia sont appelés Russi,Rusi,Rusii,Ruzi,Ruzzi, Ruzeni,Ruszi,Rusci,Ruscii,Ruci et Ruti (voir annexe II). Selon NAZARENKO (Ob imeni, p. 46-57) et PRITSAK (The Origin, p. 45-65), les formes Ruzzi,Ruzi,Ruszi et Ruzeni sont surtout attestées chez des auteurs originaires d’Allemagne du sud (Bavière et région danubienne), les formes Rusci et Ruci se rencontrent en revanche plutôt dans les régions d’Allemagne où l’on parle le vieux saxon. Quant aux formes Russi et Rusi, elles sont plus fréquentes dans les chroniques rhénanes. Cependant, comme ces chroniqueurs se copient beaucoup entre eux, les mélanges des différentes orthographes sont extrêmement fréquents. Notons encore que certains textes du Xe au XIIe siècle connaissent encore un autre nom pour les Slaves orientaux, plus rare, mais attesté dans quelques sources latines : Rugi. On le trouve mentionné pour la première fois dans les Tables de tonlieux de Raffelstetten en 904/906 pour désigner des marchands « russes ». Il apparaît dans quelques chroniques (voir annexe II). L’origine du nom Rugi est contestée et a fait l’objet de nombreuses interprétations. Voir à ce sujet UNBEGAUN, Le nom, p. 613-614; ROWMIASSKI, Russy, p. 43-52 ; N.S.TRUKHA+EV, Popytka lokalizacii Pribaltijskoj Rusi na osnovanii soobš²enij sovremennikov v zapadnoevropejskikh i arabskikh isto²nikakh [russe : Essai de localisation de la Russia des bords de la Baltique sur base des informations des contemporains dans les sources occidentales et arabes], Drevnejšie gosudarstva na territorii SSSR : materialy i issledovanija 1980g., Moscou, 1981, p. 159-175 ; PRITSAK, The Origin, p. 57-59, trad. russe Proiskhoždenie, p. 123-126.
[70] En vieil allemand – surtout en haut-allemand –, les Slaves orientaux sont appelés Riuzen ou Ruzen, et plus rarement Rûz (voir annexe II). Il est également attesté dans plusieurs œuvres littéraires en vieil allemand (cf. P.N. BERKOV, Das « russische Thema » in der mittelhochdeutschen Literatur, Z.S., t. 21,1976, p. 297-310 et KELLER, Perspektiven, p. 84-109). En revanche j’ai assez curieusement trouvé très peu de mentions du nom des Slaves orientaux dans les sagas scandinaves et les œuvres littéraires médiévales françaises alors qu’elles évoquent pourtant abondamment la Russia (Russes chez GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 33,41,56).
[71] On trouve une des premières mentions du nom Rut(h)enus à la fin du XIe et au début du XIIe siècle dans les Annales Augustani (achevées en 1104, M.G.H., SS., t. 3,1839, p. 133) et chez GALLUS ANONYMUS,Cronica (M.P.H., t. 1, p. 402,403, 406,419,420,421,452,453,455,467). Sur le nom Rut(h)enus, voir e.a. UNBEGAUN, Le nom, p. 611-618 ; SOLOVIEV, Le nom, p. 12 ; NAZARENKO, Ob imeni, p. 47,57 ; PRITSAK, The Origin, p. 61-65 (aussi Proiskhoždenie, p. 126-129) et Konstantin Bagrjarodnyj. Ob upravlenii, p. 303-304.
[72] D’après UNBEGAUN (Le nom, p. 614-615) et TRUKHA+EV (Popytka, p. 160-161,165), le nom Ruthenus serait la traduction en latin du mot vieux russe Rusin qui désignait le « Russe ». Cette hypothèse me paraît séduisante parce qu’elle établit un lien entre le nom Ruthenus et les sources « russes » anciennes. Elle serait renforcée, si l’on en croit B.O. Unbegaun, par le fait que certaines variantes de ce nom, à savoir Ruceni et Rusceni, sont les plus proches du nom vieux russe. UNBEGAUN (Le nom, p. 611-612) et PRITSAK (The Origin, p. 62-64 et Proiskhoždenie, p. 127-129) ont proposé une autre explication pour l’origine du nom Ruthenus. Tous deux ont en effet observé une confusion chez certains auteurs médiévaux entre les Rut(h)eni de la Russia et une population gauloise appelée du même nom dans l’Antiquité. Il s’agit en l’occurrence des Gaulois de la région de Rodez dans le midi de la France qui sont appelés par Strabon ̔ΓΙΘ΋ΑΓϟ et par Jules César Ruteni. B.O.UNBEGAUN explique cette confusion par le procédé, selon lui courant au Moyen Âge, qui consiste à employer un nom anciennement connu pour désigner un peuple nouveau (Cf. aussi STENDER-PETERSEN, Die vier Etappen, p. 154 et NAZARENKO, Imja « Rus’ », p. 42-45). PRITSAK (The Origin, p. 64 et Proiskhoždenie, p. 129) fournit encore une autre interprétation. Pour lui, il s’agit plutôt d’une adaptation latine des formes allemandes Ruz- et Ruzen- introduite par des auteurs français et anglo-normands qui connaissaient le nom antique.
[73] Les variantes du nom sont Rutheni, Ruteni, Ruceni, Rusceni, Ruotheni, Ruthini,Rutini et Reuteni (voir annexe II).
[74] Si Ruthenus désigne le plus souvent les Slaves orientaux dans les chroniques latines médiévales, il arrive parfois que ce nom soit appliqué à d’autres peuples. Le premier de ces peuples sont les Slaves de l’île de Rügen dans le nord de l’Allemagne. Elle n’est cependant pas fréquente, puisqu’on ne la trouve que dans les deux biographies d’Otton de Bamberg : la Vita Ottonis d’EBBON et la Vita Ottonis episcopi Babenbergensis (ca 1158) de HERBORD. Dans cette dernière œuvre, le nom Ruthenus est aussi bien appliqué aux Slaves de Rügen qu’à ceux de la Russia. La deuxième population appelée Ruthena dans certains textes latins médiévaux sont les habitants de la cité et du diocèse de Rodez (civitas Ruthena, Ruthenorum civitas,urbs Ruthena,Ruthenensis episcopatus) dans le sud-ouest de la France (cf. e.a. FLODOARD,Historia Remensis Ecclesiae,ca 960,M.G.H.,SS., t. 13, 1881, p. 452 ; RAOUL DE DICETO,Abbreviatio chronicarum, 2e moitié XIIe s., M.G.H., SS., t. 27,1885, p. 255 ; AUBRY DE TROIS-FONTAINES, Chronica, p. 922). Cette appellation plus fréquente que celle donnée aux Raniens de Rügen a pour origine une tribu gauloise de la région de Rodez. Le nom s’est maintenu au Moyen Âge et a subsisté comme appellation de la ville de Rodez en latin. Aujourd’hui encore les habitants de la ville de Rodez sont appelés Ruthénois. Il n’y a dans le cas présent aucun rapport entre les Rutheni habitants de Rodez et les Rutheni de la Russia, même s’il existe parfois des confusions à ce sujet chez certains auteurs comme Gervais de Tilbury. Enfin j’ajouterai un dernier emploi, plus tardif, de Rut(h)enus pour désigner encore une population et un territoire qui n’ont aucun rapport avec la Russia. On le trouve dans la chronique de Jacques de Guise, composée à la fin du XIVe siècle, dans laquelle il est précisé que la Ruthénie ou le territoire des Ruthènes se situait dans l’Antiquité en Flandre (Annales Hanoniae,M.G.H.,SS., t. 30/1,1896, p. 91,93,94,95,101,109,115).
[75] ADAM DE BRÊME, Gesta Hammaburgensis ecclesiae, p. 452. Voir aussi Chronicon Imperatorum et Pontificum Bavaricum, p. 221.
[76] BARTHÉLEMY L’ANGLAIS,De proprietatibus, p. 77,78.
[77] GUILLAUME DE RUBROUCK,Itinerarium, p. 219. Par ailleurs, d’autres auteurs comme Barthélemy l’Anglais et Roger Bacon n’hésitent pas à placer en Russia, outre les « Russes », une série de peuples barbares connus à travers la tradition antique, à savoir les Scythes, les Sarmates et les Alains (cf. BARTHÉLEMY L’ANGLAIS, De proprietatibus, p. 71-72,74,79 ; ROGER BACON,Opus Maius, t. 1, p. 374).
[78] Sur cette assimilation, voir plus haut, n. 75,78.
[79] MARCO POLO,Il Milione, p. 232.
[80] GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 34,37.
[81] GUILLAUME DE RUBROUCK,Itinerarium, p. 198.
[82] GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 37.
[83] Cf. Cronica Reinhardsbrunnensis (1340-1349), M.G.H., SS., t. 30/1,1896, p. 622. Sur ce thème, voir e.a. KELLER, Konturen, p. 60-62 et ID., Perspektiven, p. 92-93.
[84] Cf. e.a. KELLER, Konturen, p. 76-77. Adam de Brême évoque dans sa chronique la présence de cynocéphales en Russia (ADAM DE BRÊME, Gesta Hammaburgensis ecclesiae, p. 458).
[85] GUILLAUME DE RUBROUCK,Itinerarium, p. 103.
[86] GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 33.
[87] Sur l’importance du bain dans la culture russe et sa perception par les voyageurs étrangers, cf. G.KABAKOVA et A. STROEV, Les voyageurs aux bains russes, R.E.S., t. 69,1997, p. 505-518.
[88] MARCO POLO,Il Milione, p. 233.
[89] Gervais de Tilbury fait déjà très brièvement allusion à l’ivrognerie des Slaves orientaux qui les rend paresseux et l’objet du mépris général tant auprès des païens que des chrétiens (GERVAIS DE TILBURY,Otia imperialia, p. 244).
[90] MARCO POLO,Il Milione, p. 233.
[91] Du terme russe zdravica qui signifie « toast ».
[92] MARCO POLO,Il Milione, p. 233-234.
[93] Voir à ce sujet St. MUND, Orbis Russiarum. Genèse et développement de la représentation du monde « russe » en Occident à la Renaissance, Genève, 2003, p. 127, 433
[94] Cf. e.a. KELLER, Konturen, p. 75-76 et ID., Perspektiven, p. 100,106.
[95] Cf. A.D. VON DEN BRINCKEN,Die Nationes christianorum orientalium im Verständnis der lateinischen Historiographie von der Mitte des 12. bis in die zweite Hälfte des 14. Jhdts., Cologne-Vienne, 1973, p. 142-145.
[96] Cf. ADÉMAR DE CHABANNES,Chronicon, éd. P. BOURGAIN, R. LANDES, G. PON, Turnhout, Brepols, 1999, p. 153 ; HELMOLD DE BOSAU, Chronica Slavorum, p. 36 ; OLIVIER DE PADERBORN,Histoire de Damiette (début XIIIe s.), cité par VON DEN BRINCKEN, Die Nationes, p. 143 ; AUBRY DE TROIS-FONTAINES, Chronica, p. 885 ; BARTHÉLEMY L’ANGLAIS,De proprietatibus, p. 78 ; MATHIEU PARIS,Chronica Maiora, R.S., t. 57/3, p. 460 ; ROGER BACON,Opus Maius, t. 1, p. 360 ; MARCO POLO,Il Milione, p. 232 ; GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 33.
[97] Le kumys est une boisson des peuples de la steppe produite à base de lait de jument fermenté.
[98] Cf. GUILLAUME DE RUBROUCK, Itinerarium, p. 191,229. L’information concernant l’usage des cloches est reprise par ROGER BACON (Opus Maius, t. 1, p. 373). Citons également un copiste anonyme de l’Historiarum libri III d’Adémar de Chabannes mentionnant un évêque grec qui aurait converti une grande partie de la Russia et aurait introduit comme nouvel usage le port d’une longue barbe chez les Slaves orientaux (ADEMAR DE CHABANNES,Chronicon, p. 153).
[99] Seul Guillebert de Lannoy fait exception en consacrant quelques lignes de son récit, évoquées plus haut, à la description du régime politique particulier de Novgorod.
[100] La perception du régime politique de la Russia dans les sources occidentales a fait l’objet de plusieurs études : SOLOVIEV, Der Begriff, p. 143-168 ; V.P. ŠUSARIN, Drevnerusskoe gosudarstvo v zapadno- i vosto²no-evropejskikh srednevekovykh pamjatnikakh [russe : L’État russe ancien dans les sources médiévales de l’Europe Occidentale et Orientale], éd. A.P.NOVOSELCEV, V.T.PAŠUTO, L.V. +EREPNIN, V.P. ŠUSARIN et J.N. Š+APOV, Drevnerusskoe gosudarstvo i ego meždunarodnoe zna²enie, Moscou, 1965, p. 420-452 ; SOLOVIEV,Reges, p. 143-173. Elle est également évoquée dans les travaux suivants : M. HELLMANN, Vladimir der Heilige in der zeitgenössischen abendländischen Ueberlieferung, J.G.O., t. 7,1959, p. 397-412, rééd. Beiträge zur Geschichte des östlichen Europa im Mittelalter, Amsterdam, 1988, p. 127-142 ; RÜSS, Das Reich, p. 314 ; VODOFF,Naissance, p. 411 ; NAZARENKO,Nemeckie, p. 111 n. 9,149-150 n. 20.
[101] La Russia est appelée regnum Iarizlai, c’est-à-dire « le royaume de Jaroslav [le Sage] » (ANNALISTE SAXON, p. 673), Ruzziae regnum (ADAM DE BRÊME, Gesta Hammaburgensis ecclesiae, p. 452), regnum Russorum (SIGEBERT DE GEMBLOUX, Chronographia, fin XIe-début XIIe s., M.G.H., SS., t. 6,1980, p. 362), regnum [...] Rutenorum (Annales S. Aegidii Brunsvicensium, milieu XIIe s., M.G.H.,SS., t. 30/1, 1896, p. 13) et regnum Rusciam (SAXO GRAMMATICUS, Gesta Danorum, p. 53). Helmold de Bosau compte la Russia parmi les royaumes du nord au même titre que le Danemark, la Suède et la Norvège : regna aquilonis, Daniam, Suediam, Norwegiam, Ruciam (HELMOLD DE BOSAU, Chronica Slavorum, p. 304). La Russia est encore mentionnée comme regnum notamment dans les sources suivantes : THIETMAR DE MERSEBOURG,Chronicon, p. 474 ; LAMBERT DE HERSFELD, Annales (ca 1077), A.Q.D.G.M., t. 13, p. 262,300 ; GALLUS ANONYMUS,Cronica, p. 402,403,419 ; ROGER DE HOVEDEN,Chronica (1192-1201), M.G.H.,SS., t. 29,1892, p. 147 et éd. W. STUBBS, R.S., t. 51/2, Londres, 1869, p. 236 ; WILHELM DE EBELHOLT, Genealogia Ingeborgis reginae (ca 1194), M.G.H.,SS., t. 29, p. 165.
[102] Cf. e.a. Description de la terre I (ca 1170-1190), éd. MEL’NIKOVA, Drevneskandinavskie geografi²eskie, p. 76 ; Orkneyinga saga [Saga des Orcadiens] (ca 1190), éd. DŽAKSON III, p. 227,228 ; Óláfs saga helga [La plus ancienne saga de saint Olav] (ca 1200), éd. DŽAKSON II, p. 37 ; Óláfssaga Tryggvasonar [Saga d’Olav Tryggvason] (version ca 1200), éd. DŽAKSON I, p. 142,143,144,145 ; Olafs saga hins helga [Saga légendaire de saint Olav] (début XIIIe s.), éd. DŽAKSON II, p. 40,41 ; Fagrskinna [Le beau parchemin] (ca 1220), éd. DŽAKSON I, p. 152,153 ; II, p. 49,50 ; III, p. 77 ; Morkinskinna [Le parchemin pourri] (ca 1220-1230), Id., p. 48,52,53,95 ; SNORRI STURLUSON,Saga partielle de saint Olav (ca 1220-1230), éd. DŽAKSON I, p. 239 ; ID., Heimskringla [Orbe du monde] (ca 1230), Id., p. 154,155,156,157,158 ; éd. DŽAKSON II, p. 60,62,63,66,67,69 ; III, p. 81,84,85,110,111 ; Óláfssaga Tryggvasonar [Saga d’Olav Tryggvason] (version 1230-1250), éd. DŽAKSON I, p. 124, 125,126,127,128,130,131 ; Knýtlinga saga [Saga des rois Knut] (milieu XIIIe s.), éd. DŽAKSON II, p. 137 ; III, p. 232,233,235,236 ; STURLA ÞÓRDARSON, Hákonar saga Hákonarsonar [Saga de Haakon Haakonarson] (1264-1265), éd. DŽAKSON III, p. 200 ; Hulda [Le parchemin caché] (ca 1268-1300), Id., p. 118,122 ; Óláfs Saga Tryggvasonar en mesta [Grande saga d’Olav Tryggvason] (ca 1300), éd. DŽAKSON I, p. 165,166,167, 168,171,172,173,174 ; II, p. 134 ; III, p. 225 ;Description de la terre III (2e moitié XIIIe s.), éd. MEL’NIKOVA,Drevneskandinavskie geografi²eskie, p. 94 ; Hversu lönd liggia i veroldenni [Quels pays se trouvent sur la terre],Id., p. 62 ; Du peuplement de la terre par les fils de Noé (début XIVe),Id., p. 134 ; Gripla (XIVe s.), Id., p. 158 ; JÓN ÞORDARSON et MAGNUS ÞÓRHALLSSON,Flateyjarbók [Le livre de Flatey] (1387-1394), éd. DŽAKSON II, p. 85,86,93,96,98,99,103,104 ; Sturlaugs Saga starfsama [Saga de Sturlaug Yngolfsson le Travailleur] (ca 1300), éd. G.V. GLAZYRINA,Islandskie vikingskie sagi o Severnoj Rusi : teksty, perevod kommentarij [russe : Les sagas islandaises des Vikings sur la Russia septentrionale], Moscou, 1996, p. 164,170 ; Hálfdanar Saga Eysteinssonar [Saga de Halfdan Eysteinsson] (début XIVe s.), Id., p. 82.
[103] Cf. GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 36.
[104] Le souverain le plus fréquemment mentionné est le prince de Kiev qui occupe le rang le plus élevé dans la hiérarchie des princes Riourikides parce qu’il règne sur la métropole de la Russia kiévienne. Au sujet des renseignements sur les princes « russes » dans les sources occidentales, voir e.a. A.I. LJASCENKO, Saga pro Olafa Triggvasona i litopisne opoviddanja pro Ol’gu [ukrainien : La sage d’Olav Tryggvason et les informations des annales au sujet d’Olga], Ukrajna, 1926, Lb. 4, p. 3-23 ; ID., « Eymundar saga » i russkie letopisi [russe : La saga d’Eymund et les annales russes], Izvestija AN SSSR, 6e sér., t. 20,1926, p. 1061-1086 ; S.H. CROSS, Yaroslav the Wise in Norse Tradition, Speculum, t. 4,1929, p. 177-197 ; E.A. RYDZEVSKAJA, Legenda o knjaze Vladimire v sage ob Olave Trjuggvasone [russe : La légende du prince Vladimir dans la saga d’Olav Tryggvason], Trudy Otdela drevnerusskoj literatury Instituta russkoj literatury (Puškinskij dom) ANSSSR L, t. 2,1935, p. 5-20 ; ID., Jaroslav Mudryj v drevnesevernoj literature [russe : Jaroslav le Sage dans l’ancienne littérature nordique], Kratkie soobš²enija o dokladakh i polevykh issledovanijakh Instituta istorii material’noj kul’tury AN SSSR, fasc. 7,1940, p. 66-72; HELLMANN, Vladimir der Heilige, p. 397-412, rééd., p. 127-142 ; ŠUSARIN, Drevnerusskoe, p. 420-452 ; SOLOVIEV,Reges, p. 143-173 ; R. HALLU,Anne de Kiev, reine de France, Rome, 1973, p. 163-195 ; R.H.BAUTIER, Anne de Kiev et la politique royale au XIe siècle. Étude critique de la documentation, R.E.S., t. 57,1985, p. 539-564; G.V. GLAZYRINA, Svidetel’stva drevneskandinavskikh isto²nikov o brake Kharal’da Surovogo i Elizavety Jaroslavny [russe : Les témoignages des sources scandinaves anciennes à propos du mariage d’Harald le Sévère avec Élisabeth Jaroslavna], Vnešnaja politika Drevnej Rusi : Jubilejnye ²tenija posvjaš²enye 70-letiju so dnia roždenija ²lena-korrespondenta AN SSSR Vladimira Terent’evi²a Pašuto : Tezisy dokladov, Moscou, 1988, p. 14-16 ; A.POPPE, Vladimir, prince chrétien, Le Origini e lo sviluppo della cristianità slavo-bizantina, éd. S.W. SWIEKOSZ-LENART, Rome, 1992, p. 43-58 ; T.N. DŽAKSON, Ingigerd, žena knjazja Jaroslava Mudrogo, v izobraženii « Prjadi ob Ejmunde » [russe : Ingigerda, femme du prince Jaroslav le Sage, représentée dans la saga d’Eymund], Vosto²naja Evropa v drevnosti i srednevekov’e. Drevnjaja Rus’ v sisteme etnopoliti²eskikh i kul’turnykh svjazej. +tenija pamjati ²lena-korrespondenta AN SSSR Vladimira Terent’evi²a Pašuto : Tezisy dokladov, Moscou, 1994, p. 14-15 ; ID., Svedenija ob Aleksandre Nevskom v Sage o Khakone Khakonarsone [russe : Les informations sur Alexandre Nevskij dans la Saga de Haakon Haakonarson],Drevnij Pskov. Issledovanija srednevekovogo goroda. Materialy konferencii Sankt-Peterburg. 20-21.05.1992, Saint-Petersbourg, 1994, p. 124-126 ; ID., Elizaveta Jaroslavna koroleva norvežskaja [russe : Élisabeth Jaroslavna reine de Norvège], Vosto²naja Evropa v istori²eskoj retrospektive. K 80-letiju V.T. Pašuto, Moscou, 1999, p. 63-71.
[105] Plusieurs princes de Kiev du IXe au XIIe siècle sont nommés rex dans les sources latines : cf. e.a. LIUTPRAND DE CREMONE,Antapodosis libri VI (2e moitié Xe s.), M.G.H.,SS., t. 3,1839, p. 331 ; ADALBERT DE TREVES, continuation de la chronique de REGINON DE PRÜM (2e moitié Xe s.), M.G.H., D.C.G.M., t. 50,1890, p. 170 ; chronique de Corvey (Xe s.) ; THIETMAR DE MERSEBOURG,Chronicon, p. 426, 432,472 ; GUILLAUME DE JUMIEGES,Historia Normannorum libri VIII (ca 1070),R.H.F., t. 11,1876, p. 48 ; ADAM DE BREME,Gesta Hammaburgensis ecclesiae, p. 274, 292; LAMBERT DE HERSFELD, Annales, p. 262,300 ; FRUTOLF DE MICHELSBERG, Chronica (2e moitié XIe s.), A.Q.D.G.M., t. 15,1972, p. 104 ; RAOUL TORTAIRE,Miracula sancti Benedicti (fin XIe s.), R.H.F., t. 11,1876, p. 486 ; Annales Augustani, p. 133 ; GALLUS ANONYMUS, Cronica, p. 402,406,452 ; SIGEBERT DE GEMBLOUX,Chronographia, p. 347 ; HUGUES DE FLEURY,Liber qui modernorum regum Francorum continet actus (ca 1114), M.G.H.,SS., t. 9,1851, p. 388 ; Genealogiae breves regum Francorum (XIe-XIIe s.), M.G.H.,SS., t. 13,1881, p. 250 ; HUGUES DE FLEURY (?), Historia Francorum (début XIIe s.), R.H.F., t. 11,1876, p. 159 ; Historia Francorum (1108-1110), Id., p. 161 ; Abbreviatio gestorum Franciae Regum (1re moitié XIIe s.), Id., p. 213 ; ORDERIC VITAL,Historiae Ecclesiasticae libri tredecim (1re moitié XIIe s.), éd. M. CHIBNALL, t. 4, Oxford, 1973, p. 351 ; Chronicon Sancti Petri Vivi Senonensis, p. 122 ; Genealogia Welforum (1re moitié XIIe s.), M.G.H.,SS., t. 13,1881, p. 734 ; RODOLPHE, Vita Lietberti episcopi Cameracensis (ca 1153), M.G.H., SS., t. 30/2,1934, p. 850 ; ANNALISTE SAXON, p. 602,615,637,673,683,721 ; OTTO DE FREISING, Chronica, p. 536 ; Catalogus Pontificum Romanorum, Imperatorum et Regum Francorum (1153), M.G.H., SS., t. 24,1879, p. 87 ; HERBORD, Dialogus, p. 726 ; Historia Norwegiae, p. 124 ; MOINE THÉODRIC,Historia de antiquitate regum Norwagiensium (1177-1180), M.H.N., 1880, p. 13,45 ; WILHELM DE EBELHOLT, Genealogia Ingeborgis, p. 165 ; ROGER DE HOVEDEN,Chronica, M.G.H., p. 147 et R.S., p. 236 ; Acta Sancti Olavi, p. 130 ; SAXO GRAMMATICUS, Gesta Danorum, p. 67 ; AUBRY DE TROIS-FONTAINES, Chronica, p. 789.
[106] Au sujet des mentions des princes Vladimir et Jaroslav le Sage et d’autres princes « russes » dans les sources scandinaves, voir e.a. CLERC DE TRONDHEIM, Ágrip af Nóregs konunga sögum [Abrégé des sagas des rois de Norvège] (ca 1190), éd. DŽAKSON II, p. 33 ; III, p. 43 ; ANONYME ISLANDAIS, Orkneyinga saga [Saga des Orcadiens] (ca 1190), éd. DŽAKSON III, p. 227,228 ; MOINE ANONYME DU MONASTÈRE ISLANDAIS DE ÞINGEYRAR,Óláfs saga helga [La plus ancienne saga de saint Olav] (ca 1200), éd. DŽAKSON II, p. 37 ; Gamal norsk homiliebok [recueil norvégien ancien de sermons], Id., p. 131 ; Óláfs saga hins helga [Saga légendaire de saint Olav] (début XIIIe s.), éd. DŽAKSON I, p. 234 ; II, p. 40,41 ; III, p. 224 ; trois versions de l’Óláfssaga Tryggvasonar [Saga d’Olav Tryggvason] (ca 1200,1230-50 et 1250) traduites à partir de l’original latin du moine islandais ODDR SNORRASON, éd. DŽAKSON I, p. 124,125, 127,128,129,132,142,143 ; ANONYME ISLANDAIS PROBABLEMENT ÉTABLI EN NORVÈGE,Fagrskinna [Le beau parchemin] (ca 1220), éd. DŽAKSON I, p. 152,153 ; II, p. 49,50 ; III, p. 77,78,105,106,107,165 ; Morkinskinna [Le parchemin pourri] (ca 1220-30), éd. DŽAKSON III, p. 48,49,50,51,52,53,96,97,98,99 ; SNORRI STURLUSON, Heimskringla [Orbe du monde] (ca 1230), éd. DŽAKSON I, p. 154,155,156,157,158 ; II, p. 62,63,66,67,68 ; III, p. 81,82,110,111,112,169,170 ; ID., Óláfs saga helga [Saga partielle de saint Olav] (ca 1220-1230), éd. DŽAKSON I, p. 235,239 ; ANONYME ISLANDAIS (PROBABLEMENT ÓLÁFR ÞÓRÐARSON),Saga des rois Knut [Knýtlinga saga] (milieu XIIIe s.), éd. DŽAKSON III, p. 232,234,235,236 ; ANONYME (PROBABLEMENT STURLA ÞÓRÐARSON),Ágrip af sogu danakonunga [Abrégé des sagas des rois danois] (1261-1287), Id., p. 247 ; Hulda [Le parchemin caché] (ca 1268-1300), Id., p. 118,119, 120,121,172 ; BERGR SOKKASON, ABBÉ ISLANDAIS DU MONASTÈRE DE MUNKATVER, Óláfs Saga Tryggvasonar en mesta [Grande saga d’Olav Tryggvason] (ca 1300), éd. DŽAKSON I, p. 165,166,167,168,169,170,171,172,173,174 ; II, p. 134 ; JÓN ÞORDARSON et MAGNUS ÞORHALLSSON,Flateyjarbók [Le livre de Flatey] (1387-1394), éd. DŽAKSON II, p. 92,93,94,95,96,97,98,99,100,101,102,103,104.
[107] On trouve des mentions de « roi de Russia » dans quelques chroniques en vieil allemand : cf. e.a. Sächsische Weltchronik (fin XIIe-XIIIe s.), M.G.H., D.C.G.M., t. 2/1,1876, p. 178 ; JANSEN ENIKEL,Weltchronik (1277), M.G.H., D.C.G.M., t. 3,1900, p. 531,532 ; OTTOKAR,Österreichische Reimchronik (fin XIIIe-début XIVe s.), M.G.H., D.C.G.M., t. 5/1 et 2,1890,1894, p. 89,201,279,281,1154 ; Livländische Reimchronik, p. 59,60,61,62,175 ; Österreichische Chronik von den 95. Herrschaften, M.G.H., D.C.G.M., t. 6,1909, p. 115,133.
[108] Chronique de Saint-Denis (ca 1274), R.H.F., t. 11,1876, p. 410 ; Abrégé de l’histoire des rois de France (1re moitié XIVe s.) ; Miroir Historial (2e moitié XIVe s.), Id., p. 411.
[109] LAYAMON,Brut (début XIIIe s.), R.S., p. 132.
[110] Cf. SOLOVIEV, Der Begriff, p. 145 ; ŠUŠARIN, Drevnerusskoe, p. 424-425, 429,436 ; SOLOVIEV,Reges, p. 145,150,153,154,155,156 ; HELLMANN, Vladimir, p. 411 ; RÜSS, Das Reich, p. 314 ; VODOFF, Naissance, p. 107 et NAZARENKO, Nemeckie, p. 111 n. 9,149-150 n. 20. Cependant certains chroniqueurs qualifient parfois la Russia de provincia, terme général dont le sens est moins prestigieux que regnum et peut souligner une certaine forme de dépendance : cf. e.a. WIPO, Gesta Chuonradi II. (ca 1040), A.Q.D.G.M., t. 12,1963, p. 562 ; LAMBERT DE HERSFELD, Annales, p. 44 ; Acta sancti Olavi, p. 130.
[111] Cf. e.a. ŠUSARIN, Drevnerusskoe, p. 428,436,451-452. Kiev est désignée comme « capitale » de la Russia notamment dans les textes suivants : THIETMAR DE MERSEBOURG,Chronicon, p. 474 ; ADAM DE BRÊME,Gesta Hammaburgensis ecclesiae, p. 254 ; GALLUS ANONYMUS,Cronica, p. 402 ; JEAN DE PLAN CARPIN,Ystoria, p. 71-72, 104.
[112] Cf. e.a. RÜSS, Das Reich, p. 339.
[113] RAHEWIN (continuateur de la Gesta Friderici I d’OTTO DE FREISING, p. 492) est un des premiers chroniqueurs à faire allusion à des regulis Ruthenorum. Le chroniqueur HERBORD (Dialogus, p. 726) mentionne à côté du prince de Kiev les autres princes « russes » : Rex vero et omnes principes Ruthenorum. WILHELM DE EBELHOLT (Genealogia Ingeborgis, p. 166) précise que la Russia compte plusieurs « rois » : Habentur enim in Rosia reges plurimi. Le notaire hongrois ANONYMUS (Gesta Hungarorum) évoque beaucoup de princes et de principautés tant au nord qu’au sud de la Russia. Sont notamment mentionnés la principauté de Vladimir-Suzdal’ (terra [...] Ruscie, que vocatur Susdal), la principauté de Galicie (terra Galicie), un prince de Kiev (dux re Hyeu), un prince de Volynie (dux Lodomeriensis), les princes de Kiev et de Suzdal’(duces Ruthenorum, scilicet de Kyeu et Sudal) ainsi que d’autres princes « russes » (duces Ruthenorum).
[114] On trouve cités un rex Rucie de Plosceke (prince de Polock) chez ARNOLD DE LÜBECK (Chronica Slavorum, p. 212). HENRI DE LIVONIE (cf. Chronicon Livoniae, p. 4, 22,28,44,54,58,82,108,116,120,146,148,150,152,164,168,180,200,204,206, 208,210,212,220,222,224,226,270,272,276,278,280,296,298,300,304,306,310, 320) évoque plusieurs reges de tota Ruscia qui sont essentiellement des princes du nord-ouest de la Russia : rex de Plosceke (prince de Polock), rex magnus Nogardie (prince de Novgorod), rex de Plicecowe ou rex de Plescekowe (prince de Pskov), regno Galicie (principauté de Galicie), regnum Nogardense ou regno Nogardie (principauté de Novgorod), rex magnus [...] de Kywa (grand-prince de Kiev), rex Galatie (prince de Galicie), rex de Smalenceka (prince de Smolensk), rex de Susdalia,rex Susdalie et un magni regis de Susdalia (grand-prince de Vladimir-Suzdal’). MATHIEU PARIS raconte que les Mongols envahissant le nobile regnum de Russia ont tué XXV. duces in Ruscia potentissimos (Chronica Maiora,R.S., t. 57/4, p. 113 ; t. 57/6, p. 79). On trouve des mentions d’Alexandre Nevskij prince de Novgorod (Alexandrskong af Holmardi) et de son frère Andrej prince de Suzdal’(Andres kongr af Sursdollum) dans la saga de STURLA ÞORDARSON (Hákonar saga Hákonarsonar [Saga de Haakon Haakonarson], 1264-1265, éd. DŽAKSON III, p. 200,201).
[115] Cf. e.a. Continuation de la Chronica regia Coloniensis (1238-1249), M.G.H., D.C.G.M., t. 18,1880, p. 280 ; Annales Sancti Pantaleonis Coloniensis (milieu XIIIe s.), M.G.H.,SS., t. 22,1872, p. 535 ; Die Kölner Weltchronik (XIVe s.), M.G.H., SS.R.G. nova series, t. 15,1991, p. 65 et MOINE ALBERT,Die Weltchronik, p. 211.
[116] Cette situation s’observe en particulier dans les textes polonais et hongrois, dont les auteurs sont probablement plus au courant des titulatures princières employées en Russia, pays voisin du leur. Par exemple, WINCENTY KADRUBEK (Chronica Polonorum, p. 351,437) mentionne plusieurs princes « russes » : dux Galiciae ou princeps Galiciae (prince de Galicie), principibus Laodimiriensium cum Galiciensium praecipuis, duci Laodimirie, ducis de Wladimiria (prince de Vladimir [en Volynie] dans le sud-ouest de la Russia),principe Belsie (prince de Belz) et Drohicinensis princeps (prince de Drogi²in). Il s’agit ici de principautés du sud-ouest de la Russia avec lesquelles la Pologne partage une longue frontière. SIMON KÉZAI (Gesta Hungarorum, p. 527,540) mentionne la principauté de Suzdal’(Sosdaliam) et le prince de Vladimir [en Volynie] (duce Lodomerie). Le voyageur JULIEN DE HONGRIE (Epistola, p. 174,178,180) évoque les noms de quelques principautés de l’est de la Russia par où il est passé, ou à propos desquelles il a obtenu des renseignements au cours de son voyage. Il s’agit notamment de la principauté de Suzdal’(Sudal) dont il a rencontré le prince (dux de Sudal) et de la principauté de Rjazan’ (Risennie, quod est alius ducatus Rutenorum), la plus orientale de la Russia et par conséquent la plus exposée aux raids des Tatars-Mongols. Voir aussi Vita Minor sancti Stanislai (1re moitié XIIIe s.), M.P.H., t. 4,1884 (rééd. 1961), p. 275 ; BOGUCHWAR,Chronica Poloniae Maioris, continuée par GODYSRAW BASZKO, p. 508,509,515,534,535,536,544,585 ; Annales Cracovienses breves (XIIIe s.), M.G.H.,SS., t. 19,1866, p. 680,682,687 ; Annales Sandivogii (XIVe s.),M.P.H., t. 2,1872 (rééd. 1961), p. 428,429 ; Annales capituli Posnaniensis (XIVe s.), M.G.H.,SS., t. 29,1892, p. 460 ; Annales Sanctae Crucis, p. 65,70,75,86 ; ANONYME (FRANCISCAIN DE CRACOVIE),Cronica Polonicalis (fin XIIIe s.), M.P.H., t. 3,1878 (rééd. 1961), p. 46 ; Annales Posnanienses (XIVe s.), M.G.H.,SS., t. 29,1892, p. 470 ; Annales Polonorum (versions de 1471 et XVe s.), M.G.H.,SS., t. 19,1866, p. 630,631,636,637, 644,645,654,655,661.
[117] Cf. e.a. HERMANN,Altahenses annales (milieu XIIIe s.), M.G.H.,SS., t. 17, 1861, p. 402 ; Annales Sancti Pantaleonis, p. 541 ; CONRAD DE MURE,Clipearius (1246-1249), cité par SOLOVIEV (Reges, p. 165) ; Annales Frisacenses (1217-1300), M.G.H., SS., t. 24,1879, p. 66 ; HEINRICH HEIMBURG,Annales (fin XIIIe s.), M.G.H.,SS., t. 17, 1861, p. 718 ; ID., Chronica domus Sarensis (ca 1300), M.G.H., SS., t. 30/1,1896, p. 703 ; Annales capituli Posnaniensis, p. 462 ; Chronicon Polono-Silesiacum (début XIVe s.), M.P.H., t. 3,1878 (rééd. 1961), p. 618,629,630,635 ; JOHANN DE WINTERTHUR, Chronica (XIVe s.), M.G.H., SS.R.G. nova series, t. 3,1924, p. 184 ; Chronica Austriae (XIVe s.), M.G.H., SS.R.G. nova series, t. 13,1967, p. 130,133,146, 159,205 ; MOINE ALBERT, Die Weltchronik, p. 179 ; THOMAS EBENDORFER, Cronica Austrie (1re moitié XVe s.), M.G.H., SS.R.G. nova series, t. 13,1967, p. 130,133,146, 159,205. À partir du milieu du XIIIe siècle, la Russia est mentionnée dans plusieurs sources occidentales parmi les regna ou les terrae conquis par les Tatars-Mongols, au même titre que la Hongrie et la Pologne. C’est entre autres le cas dans les Annales Stadenses d’ALBERT DE STADEN (1re moitié XIIIe s., M.G.H.,SS., t. 16,1869, p. 367), une continuation de la Chronica regia Coloniensis (p. 280), les Annales Sancti Pantaleonis (p. 535), la Chronica Maiora de MATHIEU PARIS (R.S., t. 57/4, p. 113,387 ; t. 57/6, p. 77-78,81-82), les Annales Floreffienses (XIIIe s.), M.G.H., SS., t. 16,1859, p. 627, la continuation de la Gesta regum de GERVAISE DE CANTERBURY (XIIIe s.), M.G.H.,SS., t. 27,1885, p. 310, éd. W. STUBBS,R.S., t. 73/2, Londres, 1880, p. 179, et les Annales Burtonenses (fin XIIIe s.), M.G.H.,SS., t. 27, p. 474 et éd.H.R. LUARD, R.S., t. 36/1, Londres, 1864, p. 272-273, pour ne reprendre que quelques exemples...
[118] Cf. e.a. JEAN DE PLAN CARPIN, Ystoria, p. 71,95,103 ; GUILLAUME DE RUBROUCK,Itinerarium, p. 181 ; ROGER BACON,Opus Maius, t. 1, p. 370,374 ; MARCO POLO,Il Milione, p. 232.
[119] Cf. SOLOVIEV,Reges, p. 165-170.
[120] Au sujet de l’emploi des couleurs pour désigner les différentes parties de la Russia, cf. e.a. A.A. POTEBNAJA, Belaja Ruï (Etimologi²eskija zam »tki) [La Russia Blanche (remarques étymologiques)], Živaja starina, t. 1/3,1891, p. 118-119 ; V.I. LAMANSKIJ, B »laja Ruï [La Russia Blanche], id., p. 245-256 ; A.V. EKZEMPLJARSKIJ, B »laja Rus’, Enciklopedi²eskij slovar’, t. 5,1891, p. 173-174 ; SOLOVIEV, Belaja, p. 29-66 ; ID., Weiss-, Schwarz- und Rotreussen, p. 1-33 ; J.K. BEGUNOV, « Weisse Rus’», und Weissrussen in einer deutschen Chronik des 15. Jahrhunderts, Forschungen zur osteuropäischen Geschichte, p. 299-305.
[121] Cf. e.a. Vita et miracula sanctae Kyngae, p. 685 ; JAN DE CZARNKÓW,Cronica longa, p. 719 ; ULRICH DE RICHENTAL,Chronik des Constanzer Concils (début XVe s.), éd. M.R. BUCK, Tübingen, 1882, p. 47,50-51,136,139,159,171,191,207 ; mappemonde de FRA MAURO. Fra Mauro est le premier cartographe à opérer, au milieu du XVe siècle, une distinction entre les différentes Russia : sa mappemonde situe correctement au nord la Rossia negra lituanienne, au sud la Rossia rossa polonaise et à l’est la Rossia biancha moscovite. Au sujet de l’origine de l’emploi des couleurs, voir H. LUDAT, Farbenbezeichnungen in Völkernamen. Ein Beitrage zu asiatisch-osteuropäischen Kulturbeziehungen, Saeculum, t. 4,1953, p. 138-155.
[122] GUILLEBERT DE LANNOY, Œuvres, p. 33. Voir aussi la mappemonde d’ANDREA BIANCO (imperio rosie magna).
[123] Au sujet de la division Grande et Petite Russia, voir SOLOVIEV, Velikaja, p. 24-38 ; ID., Der Begriff, p. 155-157 ; ID., Le nom byzantin, p. 21-22.
[124] Cf. SOLOVIEV,Reges, p. 165-170.
[125] L’étude systématique des différents manuscrits conservé de l’encyclopédie de Barthélemy l’Anglais a été réalisée par H. MEYER, Die Enzyklopädie des Bartholomäus Anglicus. Untersuchungen zur Überlieferungs- und Rezeptionsgeschichte von De Proprietatibus rerum, Munich, 2000. Par ailleurs ce dernier consacre un chapitre de son livre à repérer les différents types de propriétaires de ces manuscrits. On y trouve sans surprise les couvents (bénédictins, cisterciens, augustins, dominicains, franciscains, chartreux, carmélites et ermites augustins), des écoles cathédrales et des universités, ainsi que certains particuliers (Id., p. 244-260).
[126] Cf. M.GUÉRET-LAFERTÉ,Sur les routes de l’empire mongol. Ordre et rhétorique des relations de voyqge aux XIIIe et XIVe siècles, Paris, 1994, p. 11. L’étude systématique des différents manuscrits conservés du récit de Marco Polo a été réalisée par L.F. BENEDETTO, dans MARCO POLO,Il Milione. Voir un résumé de ce long développement chez F.E. REICHERT,Begegnungen mit China. Die Entdeckung Ostasiens im Mittelalter, Sigmaringen, 1992, p. 154-165 et P.Y.BADEL,Marco Polo. La description du monde, Paris, 1998, p. 32-41.
[127] Cf. e.a. MATUZOVA,Anglijskie, p. 62-63 et A. DUCHESNE,Gervais de Tilbury. Le Livre des merveilles. Divertissement pour un Empereur (Troisième partie), Paris, 1992, p. 15. Cette dernière fait allusion à une trentaine de manuscrits conservés du texte de Gervais de Tilbury, sans toutefois donner d’indication sur les époques de leur rédaction.
[128] Cf. REICHERT,Begegnungen, p. 152.
[129] Cf. D. OSTROWSKI, Second-Redaction in Carpini’s Ystoria Mongalorum, Harvard ukrainian Studies, t. 14,1990, p. 523.
[130] Cf. J.B. VOORBIJ, Les mises à jour de la matière dominicaine dans le Speculum historiale, Lector et compilator. Vincent de Beauvais, frère prêcheur et son milieu au XIIIe siècle, Royaumont, 1997, p. 157. Selon J.B. Voorbij, on a retrouvé à ce jour plus de 250 manuscrits complets ou partiels du Speculum historiale.
[131] Cf. W.TRILLMICH,Magistri Adam Bremensis Gesta Hammaburgensis ecclesiae Pontificum,A.Q.D.G.M., t. 11,1961, p. 150-155.
[132] Cf. REICHERT,Begegnungen, p. 152 n. 81.
[133] Cf. MARKHAM,The Book of the Knowledge, p. VII.
[134] Cf. W. TRILLMICH,Thietmari Merseburgensis episcopi Chronicon,A.Q.D.G.M., t. 9,1957, p. XXVIII-XXIX.
[135] Cf. DÖRRIE,Drei Texte, 1956, p. 162-164.
[136] Cf. BERTRAND, Les « Voyages et Ambassades », p. 7-10. Il existe à la Bibliothèque Royale à Bruxelles un deuxième manuscrit – incomplet, car le séjour à Novgorod et à Pskov notamment n’y figure pas – du récit de Guillebert de Lannoy, daté de 1482. Son existence m’a été aimablement révélée par B. Van den Abeele (U.C.L.) qui en a fait la découverte. Cf. B.VAN DEN ABEELE, Deux manuscrits inconnus du Bestiaire de Pierre de Beauvais (ainsi qu’un nouveau témoin pour Jean Molinet et Guillebert de Lannoy), à paraître dans les Mélanges offerts à Cl. Thomasset.
[137] Le premier a fait l’objet de deux traductions françaises à la fin du XIIIe siècle et vers 1330, le deuxième a été traduit en français (1372), en anglais (1392), en italien (XIVe s.), en provençal (XIVe s.) et en espagnol (XVe s.). Quant au troisième, il a été traduit dans plusieurs langues et dialectes occidentaux (toscan, vénitien, tchèque, portugais, allemand, gaëlique, aragonais, néérlandais…) aux XIVe et XVe siècles. Cf. e.a. MATUZOVA,Anglijskie, p. 69 ; DUCHESNE,Gervais de Tilbury, p. 15 ; REICHERT, Begegnungen, p. 154-165 et BADEL, Marco Polo. La description, p. 33-40 ; MEYER,Die Enzyklopädie, p. 325-396.
[138] ANNALISTE SAXON, p. 674
[139] ADAM DE BRÊME, Gesta Hammaburgensis ecclesiae, p. 450 ; HELMOLD DE BOSAU,Chronica Slavorum, p. 36.
[140] « Et en ce qui concerne les régions septentrionales, je suivrai le frère susdit [Guillaume de Rubrouck], que le seigneur roi de France Louis a envoyé chez les Tartares en l’annéee du Seigneur 1253, qui a exploré les régions d’Orient et de l’Aquilon et les lieux annexes à ces régions au milieu du monde, et a écrit ces choses au roi illustre déjà nommé ; j’ai vu ce livre attentivement, j’ai échangé des propos avec son auteur, et semblablement avec beaucoup d’autres qui ont exploré ces lieux d’Orient et du Midi » (ROGER BACON,Opus Maius, t. 1, p. 304-305).
[141] ROGER BACON,Opus Maius, t. 1, p. 360,372,373.
[142] Sur la représentation de la Russia dans les œuvres littéraires médiévales, voir G. LOZINSKIJ, La Russie dans la littérature du Moyen Âge, R.E.S., t. 9,1929, p. 73-77,86-89,253-269 ; A.I.DOBRINSKIJ, Rus’ i Vosto²naja Evropa vo francuzskom srednevekovom epose [russe : La Russia et l’Europe Orientale dans les épopées médiévales françaises], Istori²eskie zapiski, t. 26,1948 ; BERKOV, Das « russische Thema », p. 297-310 ; KELLER, Perspektiven, p. 84-110. Seuls certains poèmes allemands, comme par exemple ceux de Peter Suchenwirt (* ca 1356-†ca 1395) et d’Oswald von Wolkenstein (* 1377-† 1445) évoquent la Russia comme un pays réel. Signalons, à titre d’exemple, que Peter Suchenwirt décrit en quelques vers les paysages désolés de la Russie Noire lituanienne, lorsqu’il raconte une campagne du duc Albert III d’Autriche contre les Lituaniens dans son poème Von hertzog Albrechts ritterschaft. Quant à l’intérêt d’Oswald von Wolkenstein pour la Russia, il se limite à quelques mentions du pays et à l’insertion de mots russes dans le récit en vers de son autobiographie (Cf. PETER SUCHENWIRT, Von hertzog Albrechts ritterschaft ; OSWALD VON WOLKENSTEIN,Es fügt sich, œuvres citées par KELLER, Perspektiven, p. 103-109).
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Le nom de la Russia dans les sources occidentales a fait l’...
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Le nom Ruthenia apparaît au milieu du XIIe siècle. Un des p...
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Dans les œuvres écrites en vieux français, la Russia est so...
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Cf. LAYAMON,Brut (1204-1205), éd. F. MADDEN,R.S., t. 2, Lon...
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En vieil allemand, la Russia est souvent appelée Riuzen. Ce...
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[9]
Cf. MEL’NIKOVA,Drevneskandinavskie geografi²eskie, p. 34. L...
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Le nom Garðar est ancien, il figure sur des inscriptions ru...
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Quand elle est mentionnée dans les mappemondes, la Russia e...
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Cf. HELMOLD DE BOSAU, Chronica Slavorum (ca 1172), A.Q.D.G....
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Chronicon Sancti Petri Vivi Senonensis (début XIIe s.), éd....
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Cf. e.a. EKKEHARD DE AURA, Chronicon Universale (début XIIe...
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BARTHÉLEMY L’ANGLAIS, De proprietatibus, p. 74,77. Sur l’er...
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GUILLAUME DE RUBROUCK, Itinerarium, p. 181,195 et GUILLEBER...
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MARCO POLO,Il Milione, p. 232. Le vair est un écureuil de R...
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Le petit-gris est un autre écureuil dont la fourrure devien...
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GUILLAUME DE RUBROUCK,Itinerarium, p. 166. Le commerce des ...
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Il s’agit du putois, dont la fourrure est recherchée. Suite de la note...
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JEAN DE PLAN CARPIN, Ystoria, p. 85-86. Voir aussi GUILLAUM...
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GUILLAUME DE RUBROUCK,Itinerarium, p. 271. Voir aussi MARCO...
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À titre d’exemple, le Dniepr est appelé sous son nom russe ...
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GUILLAUME DE RUBROUCK,Itinerarium, p. 199,205,210. Suite de la note...
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JEAN DE PLAN CARPIN,Ystoria, p. 108. Cette erreur réapparaî...
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BENOÎT DE POLOGNE,Relatio, p. 136. Suite de la note...
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MARCO POLO,Il Milione, p. 233. Suite de la note...
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GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 34,35. Suite de la note...
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Cf. e.a. SNORRI STURLUSON, Heimskringla [Orbe du monde] (ca...
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[60]
Cf. e.a. JÓN ÞORDARSON et MAGNUS ÞORHALLSSON,Flateyjarbók [...
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[61]
Cf. e.a. Olafs saga hins helga [Saga légendaire de saint Ol...
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[62]
Pour une analyse de la description de Novgorod par Guillebe...
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[63]
GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 32. Suite de la note...
[64]
GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 33. Suite de la note...
[65]
GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 33,34. Le « duc » et le « b...
[suite] Suite de la note...
[66]
GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 33. Dans un autre manuscrit...
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[67]
Le nom des habitants de la Russia dans les sources occident...
[suite] Suite de la note...
[68]
Cf. e.a. UNBEGAUN, Le nom, p. 612-613 ; SOLOVIEV, Le nom, p...
[suite] Suite de la note...
[69]
Les habitants de la Russia sont appelés Russi,Rusi,Rusii,Ru...
[suite] Suite de la note...
[70]
En vieil allemand – surtout en haut-allemand –, les Slaves ...
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[71]
On trouve une des premières mentions du nom Rut(h)enus à la...
[suite] Suite de la note...
[72]
D’après UNBEGAUN (Le nom, p. 614-615) et TRUKHA+EV (Popytka...
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[73]
Les variantes du nom sont Rutheni, Ruteni, Ruceni, Rusceni,...
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[74]
Si Ruthenus désigne le plus souvent les Slaves orientaux da...
[suite] Suite de la note...
[75]
ADAM DE BRÊME, Gesta Hammaburgensis ecclesiae, p. 452. Voir...
[suite] Suite de la note...
[76]
BARTHÉLEMY L’ANGLAIS,De proprietatibus, p. 77,78. Suite de la note...
[77]
GUILLAUME DE RUBROUCK,Itinerarium, p. 219. Par ailleurs, d’...
[suite] Suite de la note...
[78]
Sur cette assimilation, voir plus haut, n. 75,78. Suite de la note...
[79]
MARCO POLO,Il Milione, p. 232. Suite de la note...
[80]
GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 34,37. Suite de la note...
[81]
GUILLAUME DE RUBROUCK,Itinerarium, p. 198. Suite de la note...
[82]
GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 37. Suite de la note...
[83]
Cf. Cronica Reinhardsbrunnensis (1340-1349), M.G.H., SS., t...
[suite] Suite de la note...
[84]
Cf. e.a. KELLER, Konturen, p. 76-77. Adam de Brême évoque d...
[suite] Suite de la note...
[85]
GUILLAUME DE RUBROUCK,Itinerarium, p. 103. Suite de la note...
[86]
GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 33. Suite de la note...
[87]
Sur l’importance du bain dans la culture russe et sa percep...
[suite] Suite de la note...
[88]
MARCO POLO,Il Milione, p. 233. Suite de la note...
[89]
Gervais de Tilbury fait déjà très brièvement allusion à l’i...
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[90]
MARCO POLO,Il Milione, p. 233. Suite de la note...
[91]
Du terme russe zdravica qui signifie « toast ». Suite de la note...
[92]
MARCO POLO,Il Milione, p. 233-234. Suite de la note...
[93]
Voir à ce sujet St. MUND, Orbis Russiarum. Genèse et dévelo...
[suite] Suite de la note...
[94]
Cf. e.a. KELLER, Konturen, p. 75-76 et ID., Perspektiven, p...
[suite] Suite de la note...
[95]
Cf. A.D. VON DEN BRINCKEN,Die Nationes christianorum orient...
[suite] Suite de la note...
[96]
Cf. ADÉMAR DE CHABANNES,Chronicon, éd. P. BOURGAIN, R. LAND...
[suite] Suite de la note...
[97]
Le kumys est une boisson des peuples de la steppe produite ...
[suite] Suite de la note...
[98]
Cf. GUILLAUME DE RUBROUCK, Itinerarium, p. 191,229. L’infor...
[suite] Suite de la note...
[99]
Seul Guillebert de Lannoy fait exception en consacrant quel...
[suite] Suite de la note...
[100]
La perception du régime politique de la Russia dans les sou...
[suite] Suite de la note...
[101]
La Russia est appelée regnum Iarizlai, c’est-à-dire « le ro...
[suite] Suite de la note...
[102]
Cf. e.a. Description de la terre I (ca 1170-1190), éd. MEL’...
[suite] Suite de la note...
[103]
Cf. GUILLEBERT DE LANNOY,Œuvres, p. 36. Suite de la note...
[104]
Le souverain le plus fréquemment mentionné est le prince de...
[suite] Suite de la note...
[105]
Plusieurs princes de Kiev du IXe au XIIe siècle sont nommés...
[suite] Suite de la note...
[106]
Au sujet des mentions des princes Vladimir et Jaroslav le S...
[suite] Suite de la note...
[107]
On trouve des mentions de « roi de Russia » dans quelques c...
[suite] Suite de la note...
[108]
Chronique de Saint-Denis (ca 1274), R.H.F., t. 11,1876, p. ...
[suite] Suite de la note...
[109]
LAYAMON,Brut (début XIIIe s.), R.S., p. 132. Suite de la note...
[110]
Cf. SOLOVIEV, Der Begriff, p. 145 ; ŠUŠARIN, Drevnerusskoe,...
[suite] Suite de la note...
[111]
Cf. e.a. ŠUSARIN, Drevnerusskoe, p. 428,436,451-452. Kiev e...
[suite] Suite de la note...
[112]
Cf. e.a. RÜSS, Das Reich, p. 339. Suite de la note...
[113]
RAHEWIN (continuateur de la Gesta Friderici I d’OTTO DE FRE...
[suite] Suite de la note...
[114]
On trouve cités un rex Rucie de Plosceke (prince de Polock)...
[suite] Suite de la note...
[115]
Cf. e.a. Continuation de la Chronica regia Coloniensis (123...
[suite] Suite de la note...
[116]
Cette situation s’observe en particulier dans les textes po...
[suite] Suite de la note...
[117]
Cf. e.a. HERMANN,Altahenses annales (milieu XIIIe s.), M.G....
[suite] Suite de la note...
[118]
Cf. e.a. JEAN DE PLAN CARPIN, Ystoria, p. 71,95,103 ; GUILL...
[suite] Suite de la note...
[119]
Cf. SOLOVIEV,Reges, p. 165-170. Suite de la note...
[120]
Au sujet de l’emploi des couleurs pour désigner les différe...
[suite] Suite de la note...
[121]
Cf. e.a. Vita et miracula sanctae Kyngae, p. 685 ; JAN DE C...
[suite] Suite de la note...
[122]
GUILLEBERT DE LANNOY, Œuvres, p. 33. Voir aussi la mappemon...
[suite] Suite de la note...
[123]
Au sujet de la division Grande et Petite Russia, voir SOLOV...
[suite] Suite de la note...
[124]
Cf. SOLOVIEV,Reges, p. 165-170. Suite de la note...
[125]
L’étude systématique des différents manuscrits conservé de ...
[suite] Suite de la note...
[126]
Cf. M.GUÉRET-LAFERTÉ,Sur les routes de l’empire mongol. Ord...
[suite] Suite de la note...
[127]
Cf. e.a. MATUZOVA,Anglijskie, p. 62-63 et A. DUCHESNE,Gerva...
[suite] Suite de la note...
[128]
Cf. REICHERT,Begegnungen, p. 152. Suite de la note...
[129]
Cf. D. OSTROWSKI, Second-Redaction in Carpini’s Ystoria Mon...
[suite] Suite de la note...
[130]
Cf. J.B. VOORBIJ, Les mises à jour de la matière dominicain...
[suite] Suite de la note...
[131]
Cf. W.TRILLMICH,Magistri Adam Bremensis Gesta Hammaburgensi...
[suite] Suite de la note...
[132]
Cf. REICHERT,Begegnungen, p. 152 n. 81. Suite de la note...
[133]
Cf. MARKHAM,The Book of the Knowledge, p. VII. Suite de la note...
[134]
Cf. W. TRILLMICH,Thietmari Merseburgensis episcopi Chronico...
[suite] Suite de la note...
[135]
Cf. DÖRRIE,Drei Texte, 1956, p. 162-164. Suite de la note...
[136]
Cf. BERTRAND, Les « Voyages et Ambassades », p. 7-10. Il ex...
[suite] Suite de la note...
[137]
Le premier a fait l’objet de deux traductions françaises à ...
[suite] Suite de la note...
[138]
ANNALISTE SAXON, p. 674 Suite de la note...
[139]
ADAM DE BRÊME, Gesta Hammaburgensis ecclesiae, p. 450 ; HEL...
[suite] Suite de la note...
[140]
« Et en ce qui concerne les régions septentrionales, je sui...
[suite] Suite de la note...
[141]
ROGER BACON,Opus Maius, t. 1, p. 360,372,373. Suite de la note...
[142]
Sur la représentation de la Russia dans les œuvres littérai...
[suite] Suite de la note...