2004
Le Moyen Age
Écrire l’histoire économique de Byzance. À propos d’un ouvrage récent
[*]
Évelyne Patlagean
Université de Paris X – Nanterre
L’Economic History of Byzantium, qui paraît en deux versions, anglaise et grecque, avec
le soutien de la Banque Nationale de Grèce et de l’Association grecque des banques,
est le premier ouvrage non point à traiter de l’économie de Byzance mais à se donner
comme objet exclusif l’histoire économique complète de l’empire grec, sur toute la
durée de celui-ci, depuis un commencement fixé ici au VIIe siècle jusqu’à son terme
au XVe siècle. C’est un travail collectif, dirigé par A. Laiou, dont les études sur
l’époque des Paléologues se sont distinguées par leur ouverture méthodologique et
historique. Le comité scientifique comprenait outre elle-même un historien de même
facture, N. Oikonomidès, prématurément disparu depuis, dont la plupart des tra~vaux ont porté sur les VIIe-XIIe siècles, ainsi que trois spécialistes reconnus, C.
Morrisson pour la monnaie, Ch. Bouras pour l’architecture et l’urbanisme, C. Pitsakis
pour le droit. P. Toubert et J. Day ont été invités à ouvrir les perspectives méditerra~néennes.
Après une présentation d’A. Laiou, l’ouvrage commence par les fondements
matériels de tout ce qui va suivre. B. Geyer présente les grands traits de la géographie,
A. Laiou la variable démographique, mettant en garde au passage contre les estima~tions chiffrées, et A. Avramea les voies de communication terrestres et maritimes,
avec une note de G. Makris sur la typologie des bateaux. Des mises au point sont
ensuite consacrées à la production de base, matières premières, outillage, produits :
l’agriculture (A. Bryer), les mines (K.P. Matschke) et la métallurgie (M.K.
Papathanassiou), le marbre et les carrières (J.P. Sodini), le tissage, et la production de
la soie (A. Muthesius). Enfin, si le VIIe siècle était à l’évidence un commencement
raisonnable, et d’ailleurs classique, les responsables ont pourtant estimé qu’il fallait
en ouverture un tableau économique du siècle précédent, le grand VIe siècle de
Justinien, si clairement antique encore (C. Morrisson, J.P. Sodini) ; un tableau que les
auteurs élargissent aux dimensions de la Méditerranée en raison de la reconquête
byzantine en Italie et en Afrique.
Après cela, l’histoire économique de l’empire grec est traitée en trois volets, les
campagnes, les villes, et les échanges. Chacun fait l’objet de deux exposés de fond,
consacrés l’un aux VIIe-XIIe siècles, l’autre aux XIIIe-XVe siècles, et suivis de complé~ments. Les campagnes sont étudiées par J. Lefort et A. Laiou ; l’économie urbaine par
G. Dagron et Kl.P. Matschke, accompagnés de Ch. Bouras pour la ville byzantine
depuis le début de la reprise urbaine au VIIIe siècle, et de P. Magdalino pour la
capitale. Des études sur la production artisanale passent en revue construction (Ch.
Bouras), objets d’art et supports iconographiques (A. Cutler), matériaux pour l’écri~ture des documents et des livres (N. Oikonomidès), poterie et verre (V. François et
J.M. Spieser), enfin les poids (Ch. Entwistle). Des cas de ville sont présentés, où
l’investigation archéologique a couvert une période longue : Sardes (C. Foss et J. Ayer
Scott) et Pergame (K. Rheidt) en Asie Mineure, Thèbes (A. Louvi-Kizi), Athènes (M.
Kazanaki-Lappa) et Corinthe (G.D.R. Sanders, V. Penna) en Grèce, Cherson et sa
région (A. Bortoli et M. Kazanski), plus les villes bulgares de Preslav (I. Jordanov) et
Turnovo (K. Dochev). « L’échange, le grand commerce et les marchés » viennent
ensuite. A. Laiou pose le problème des catégories d’une telle analyse, et traite des VIIe-XIIe siècles, Kl.P. Matschke des XIIIe-XVe siècles. C. Morrisson et J.Cl. Cheynet
reprennent la question des prix, salaires et rentes. Le cas du commerce de
Monemvasie (H. Kalligas) et le témoignage des épaves (F. van Doorninck, Jr.)
illustrent cette partie.
L’État enfin est explicitement introduit avec la production et la circulation des
espèces monétaires (C. Morrisson), et une longue contribution de N. Oikonomidès
sur le rôle de l’État dans l’économie byzantine. Des études sur l’encadrement
juridique de celle-ci traitent de la propriété ecclésiastique, du droit de préemption, et
des rapports légaux entre activité économique et rang social (E. Papagianni) ; de
l’intérêt (D. Gofas) ; du financement du grand commerce (O. Maridaki-Karatza). La
conclusion générale revient à A. Laiou, qui aura présenté au préalable la pensée et
l’idéologie de Byzance en matière d’économie. L’ampleur de l’ouvrage obligera ici,
et c’est injuste, à s’en tenir au compte rendu des exposés majeurs.
Le livre donne d’emblée la mesure des progrès considérables de la documentation
depuis une trentaine d’années, et celle-ci est mise en œuvre dans toutes ses compo~santes. Ainsi, les peintures des manuscrits sont méthodiquement sollicitées pour les
outils et les gestes qu’elles montrent. Leur témoignage est inestimable si elles
reproduisent une réalité de leur temps et non un cahier de modèles ; mais il se peut
aussi que cette distinction soit sans objet si la permanence des solutions techniques
a répondu à celle des conditions naturelles : A. Bryer se livre sur ce point à une critique
brillante. Des photographies illustrent la présentation géographique de B. Geyer : la
plupart sont dues à J. Lefort, dont on sait l’intérêt pour l’histoire du paysage. L’apport
de l’archéologie est primordial, et renouvelle l’histoire du peuplement et de l’habitat ;
il est illustré ici par des photographies, des plans, et des reconstitutions. Les catalo~gues de monnaies et de sceaux et les publications de documents d’archives ont précisé
voire corrigé les perspectives. La cartographie a dû être reprise à d’autres ouvrages,
mais elle est abondante et éclairante.
L’esquisse de géographie historique de B. Geyer, associé à l’exploration de la
Bithynie médiévale conduite par J. Lefort, se réfère pour beaucoup au livre canonique
et déjà ancien de P. Birot et J. Dresch. L’inventaire de la culture matérielle de Byzance,
techniques, outillage et produits, est pour sa part totalement renouvelé, et constitué
dès lors en un tout historiquement significatif. On apprécie particulièrement l’envers
de l’« histoire de l’art », la construction selon Ch. Bouras, les mosaïques et les icônes
selon A. Cutler. Nous disposons là désormais d’un tableau de référence, qui restera
longtemps indépassable.
L’entreprise avait cependant à affronter deux difficultés. La première est inhérente
à toute étude d’une économie éloignée de nous dans le temps. Une fois décidé en effet
de distinguer la dimension économique d’une histoire, et de concentrer l’éclairage
sur elle, deux lectures possibles se présentent : l’une fondée sur les catégories
contemporaines de l’analyse économique aujourd’hui dominante, l’autre au con~traire sur la découverte et le déchiffrement d’un système autre ; l’une sur la mise à
proximité, l’autre sur la mise à distance. La première position, si l’on veut des noms,
aura été celle de grands ancêtres comme Henri Pirenne, la seconde irait de Marc Bloch
à Witold Kula. Ces deux partis procèdent évidemment de deux conceptions de
l’histoire et de son usage, et à la vérité l’une et l’autre se peuvent justifier. L’Economic
History of Byzantium choisit la mise à proximité, comme l’indique d’emblée la position
assignée dans le plan du livre à un État qui sera d’ailleurs invoqué sans être jamais
défini dans sa singularité historique.
Une seconde difficulté est propre à Byzance. Car si l’empire grec a changé au fil des
siècles, comme toute société historique, les changements économiques et les change~ments tout court ont pris place dans une longue durée structurelle et institutionnelle,
et plus précisément dans les cadres posés par les réformes à finalité fiscale de
Dioclétien et de Constantin, elles-mêmes issues du modèle royal hellénistique, et
fondées à sa suite sur la rente fournie par les campagnes. Paradoxe déroutant à
première vue, explicable peut-être par la continuité d’un appareil de lettrés laïques,
certainement par une adéquation fonctionnelle de la fiscalité, autrement dit de
l’exercice du pouvoir, aux structures productives ; plus conforme en tout état de
cause à la vérité de l’histoire qu’une inertie de Byzance si longtemps et si confortable~ment opposée à un Occident médiéval entreprenant et créateur.
Le VIe siècle de C. Morrisson et J.P. Sodini ne remplit pas dès lors le rôle qui devait
être le sien, et qui impliquait de marquer les bases structurelles posées dans l’Anti~quité tardive. Leur excellent état de question archéologique ne pouvait donner que ce
qu’il avait, c’est-à-dire en gros une histoire du peuplement, qui conclut à un essor
démographique. Encore peut-on y trouver à redire, car en dépit des mises en garde
d’A. Laiou citées plus haut C. Morrisson et J.P. Sodini tiennent à proposer des
estimations de populations urbaines, et vont jusqu’à mentionner, sans commentaire,
les chiffres de catastrophes de Malalas et de Procope (p. 174). Mais surtout les cadres
sociaux de longue durée, qui sont en fait des cadres fiscaux, ne sont pas mis en
lumière, notamment à propos des campagnes où leur importance demeure la plus
durable par la suite : la distinction entre cité et ville n’est pas faite, en sorte que les
auteurs présentent comme une nouveauté (« a new level », p. 179) les grosses
bourgades fiscalement responsables (mêtrokômiai), alors que le mot est attesté, rare~ment il est vrai, depuis le IIIe siècle, et que le fait remonte à l’époque hellénistique. Le
rapport entre cités (póleis), villages (kômai) et domaines n’est pas expliqué. Les biens
d’Église et l’essor monastique sont passés sous silence. Et la conclusion selon laquelle
le rôle de l’État dans cette période active « partook more of incentive than
dominance » fleure bon certains discours de la fin du XXe siècle.
Les dispositifs de l’Antiquité tardive sont pourtant nécessaires à l’intelligence de
toute la suite. G. Dagron remonte jusqu’à eux pour traiter des associations de métiers
avec droits, contraintes et services imposés, attestées jusqu’au premier quart du VIIe
siècle, et puis seulement au début du Xe siècle. C. Morrisson elle-même prend
nécessairement Dioclétien et surtout Constantin comme point de départ de son
histoire monétaire. J. Lefort définit très justement l’histoire des campagnes comme
celle des changements intervenus dans les rapports entre les deux modules que sont
« le domaine » et « le village », paysans tenanciers dans le premier cas, paysans
propriétaires dans le second : cette alternative est à la base déjà du système de
perception instauré à l’orée du IVe siècle, et de ses conséquences sociales. La référence
antique devait éclairer l’histoire du prélèvement fiscal, parce que les permanences de
celui-ci ne mettent que mieux en relief les changements sociaux. Un exemple parmi
d’autres : lorsqu’A. Laiou indiquera la part de la corvée dans l’exploitation directe des
grands domaines monastiques du XIVe siècle, le lecteur ne prend pas la mesure de
cette révolution parce que J. Lefort ne s’est pas arrêté au préalable sur les glissements
de la corvée (angareía) vers des prestations privées mais non encore agricoles à la fin
du XIe siècle, alors qu’elle était par définition limitée à l’utilité publique dans la pars
Orientis, héritière des gouvernements hellénistiques. Plus généralement, J. Lefort ne
marque pas combien toute cette structure demeure fidèle aux cadres posés par
l’Antiquité tardive, au Xe siècle encore et pendant une bonne partie du XIe, et cela
jusque dans le prélèvement fiscal, qu’il eût donc fallu prendre en compte, lui aussi,
comme facteur économique. Le manque de cette référence est particulièrement
sensible dans l’étude de N. Oikonomidès sur les interventions de l’État. S’il rappelle
bien que la solidarité fiscale de la commune rurale ou la nature publique de la corvée
sont antiques, il ne souligne pas pour autant la longue durée des bases posées dans
l’Antiquité tardive, tels le recensement périodique des terres et de la force de travail,
la commutation en espèces des exigences fiscales en nature ou en services, la
définition fiscale du service armé, la perception en or de l’impôt en espèces, l’immu~nité comme contrepartie de la prestation exigée d’une catégorie spécifique de
contribuables, et jusqu’aux transports fiscaux de grain vers la capitale que l’on
retrouve encore sous les Paléologues. Les fondations impériales du XIe siècle, la vente
des dignités et des charges, et même l’affermage direct par le fisc des terres abandon~nées inauguré sous Basile II, tout cela est à bien y regarder la mise à jour sociale et
politique de dispositifs anciens. Ce défaut de profondeur de champ ne nuit pas à
l’étude immédiate, mais bien à la mesure du changement historique.
Ceci dit, le propos est donc une histoire de l’économie. J. Lefort déclare en faire le
pari pour les campagnes en dépit de l’orientation institutionnelle que les sources
tendent à imposer. Il démolit avec une allégresse mêlée de quelque irritation le
répertoire des idées reçues, les unes depuis Ostrogorsky, les autres depuis Lemerle :
la jouvence slave des VII
e-VIII
e siècles, la dramatisation des lois du X
e siècle contre les
« puissants », dont on omet le contexte de rébellion aristocratique, « le féodalisme »,
qu’il ne définit pas et qu’il semble renvoyer à la vieille vulgate marxisante, enfin le
« blocage » et « l’immobilité » qui auraient mené tout droit l’empire à la catastrophe
de Mantzikert. J. Lefort substitue à ce dernier stéréotype l’idée simple que l’outillage
était de longue date adapté aux possibilités et aux contraintes de l’écologie, y compris
dans l’usage du fer. Il présente un tableau régional des produits de l’agriculture et de
l’
incultum, pâturages et forêts, et il attache une grande importance à l’accroissement
de la demande cher à Alan Harvey
[1]. L’histoire du paysage révèle en effet une
croissance continue de la population depuis le milieu du VIII
e siècle, fin des poussées
de peste, jusqu’au début du XIV
e; elle est confirmée par quelques documents
athonites, par les indices de la reprise urbaine, par la multiplication des évêchés. J.
Lefort place l’histoire de l’économie rurale dans son cadre indispensable, « l’organi~sation sociale de la production ». Le « village » (
xôríon désormais la plupart du
temps), clef des campagnes byzantines, est à la fois un habitat groupé, qui peut
comporter des écarts, et une commune paysanne. Celle-ci est fiscalement responsable
et donc indépendante si ses membres sont propriétaires, ou dans la dépendance d’un
domaine s’ils ne le sont pas. En réalité des paysans de l’une et l’autre condition y
cohabitent le plus souvent, et si le domaine peut employer des salariés et des esclaves,
l’essentiel de son exploitation repose sur les fermes des tenanciers. L’instabilité de
l’indépendance et la similitude pratique des deux conditions invitent en fait à traiter
les producteurs paysans comme un tout. J. Lefort distingue cependant les deux
modes de production, exploitation paysanne et domaine, et il fait de l’un et de l’autre
un tableau économique qui mérite de rester longtemps classique. Il confirme le
diagnostic des progrès de la forme domaniale, et observe que l’État qui combat les
empiètements des « puissants » du X
e siècle ira au contraire dans leur sens au siècle
suivant. Mais s’il note bien l’instabilité politique de la propriété domaniale, s’il
observe que certains preneurs de rente ne sont pas propriétaires de la terre dont ils
perçoivent les revenus, il ne soumet pas pour autant à une critique de fond la catégorie
même de la « grande propriété », toujours invoquée, faussement claire en réalité, et
pourtant cruciale pour comprendre le rôle de l’empereur et de la puissance publique
dans une histoire économique de l’empire. Après lui, A. Laiou ne s’attachera pas
davantage à la question.
La période des XIIIe-XVe siècles traitée par A. Laiou se présente tout autrement,
parce que l’empire centralisé éclate après 1204 et ne retrouve plus son unité même
après 1261, en sorte qu’il connaît désormais des histoires économiques régionales,
dont le seul point commun selon A. Laiou est la présence des partenaires italiens.
L’exposé privilégie la Macédoine, ce qui ne surprend pas en raison de son importance
historique prolongée, mais aussi du poids documentaire des archives athonites à
partir de Michel VIII Paléologue, encore accru du fait que le cartulaire de la
Lembiotissa près de Smyrne n’est pas publié dans son intégralité. Quant aux campa~gnes de Trébizonde, objet d’étude d’A. Bryer, elles sont passées sous silence. La
Macédoine donc n’atteste pas de rupture démographique avant le milieu du XIVe
siècle, où interviennent la peste et ses retours, et les dégâts des invasions. Son
économie agraire est clairement domaniale, et la documentation met l’accent sur
l’essor du grand domaine monastique, dont A. Laiou analyse la gestion, les produc~tions, les investissements techniques tels que moulins, ou boulangeries citadines, et
les rapports avec le marché. L’exploitation domaniale repose sur la corvée pour une
part, et sur les contrats de fermage. Les paysans propriétaires subsistent, tout comme
la dérivation de leurs impôts vers des maîtres du sol bénéficiaires de privilèges. A.
Laiou avance des évaluations chiffrées des revenus domaniaux et paysans. De la belle
histoire économique. Au total, elle bat en brèche pour sa part le stéréotype du déclin.
Elle souligne en particulier la prospérité du despotat de Morée. Elle n’en note pas
moins des symptômes inquiétants, comme l’achat par les Italiens de la soie brute qui
revient ensuite dans l’empire une fois tissée. P. Toubert conclut cette partie, en
montrant que le moment est venu de donner à Byzance la place qui lui revient dans
la civilisation agraire de la Méditerranée médiévale.
Au contraire des campagnes, l’histoire des villes byzantines est marquée par une
rupture, qui se place au VIIe siècle. La cité antique devient alors une ville médiévale,
selon la formule de G. Dagron, elle perd la primauté structurante et la civilisation
propre qui étaient encore les siennes au VIe siècle, d’autant plus que la conquête arabe
enlève en tout état de cause à l’empire des foyers urbains actifs. G. Dagron souligne
cependant que Constantinople doit toujours être considérée à part, et de même, dans
une moindre mesure, Thessalonique. Les villes participent de l’histoire démo~graphique générale et de son contrecoup économique : une période de dépression, où
leur espace rétrécit, où certaines même disparaissent ou entrent en éclipse, où leur
fonction se borne à être un refuge fortifié et un siège épiscopal ; une reprise dont les
étapes à dater des VIIe-VIIIe siècles varient dans le temps et l’espace, qui leur rend une
fonction économique, et qui s’affirme au point qu’après le milieu du XIe siècle
certaines villes débordent leur enceinte ; enfin, une dernière période où l’insécurité
substitue par exemple une ville nouvelle, Mistra, à Sparte dont le site de plaine est
abandonné. Laissant P. Magdalino faire le point sur Constantinople, Ch. Bouras
retrace ce mouvement aux variations régionales fortes, et la vie de l’espace urbain,
avec l’appui décisif de l’archéologie, et une vivacité convaincante ; on regrette
seulement de lui voir écrire (p. 523) que Byzance se distingue de « l’Europe médié~vale » par la résidence en ville des maîtres du sol et des autres « puissants » : c’est
réunir deux stéréotypes en un. G. Dagron rappelle de son côté l’évolution des villes,
et les arguments qui conduisent aujourd’hui à récuser un tournant négatif de
l’économie byzantine dans le dernier tiers du XIe siècle, et lui donnent au contraire sa
place dans la conjoncture haute du XIIe siècle méditerranéen. Les marchands italiens
sont ainsi dessaisis du rôle victorieux et catastrophique à la fois que leur assignait
l’historiographie traditionnelle.
En dépit de la fracture initiale dans l’histoire des villes, une composante de leur
activité économique retrouvée pose la question de la continuité : les associations de
métiers. G. Dagron leur consacre une étude qui est essentiellement documentée pour
la capitale, il le reconnaît, et orientée au premier chef par le célèbre Livre du Préfet en
date de 911-912. Il décrit ainsi les ateliers-boutiques, leur personnel, leurs gérants,
libres ou esclaves, leurs propriétaires, et leurs protecteurs haut placés. Il s’interroge
sur la position sociale occupée dans la capitale au XIe siècle par les « gens de la place
du marché » (agora), artisans et commerçants, qui forment un groupe aussi visible que
diversifié. Son tableau est du même coup celui des métiers, de la consommation
courante et de l’approvisionnement. S’agissant de la capitale, G. Dagron prend en
compte le contrôle de l’État sur ce dernier, ainsi que les ateliers impériaux. Avec
quelques indications prudentes sur les provinces, est-il fondé pour autant à parler
d’une « “guild” economy » (p. 426) ? Il eût fallu pour cela démontrer que l’adhésion
à une association de métier était obligatoire, ce qu’il ne fait pas, et ce qui n’était pas
le cas dans l’empire romain tardif ; et que la production de ces associations était
entièrement encadrée par un contrôle public. Faute de cela G. Dagron ne convainc pas
son lecteur que l’économie urbaine des Xe-XIe siècles est structurée par un tel
dispositif, et par deux « systèmes parallèles » qui menacent l’« équilibre » de ce
dernier du fait qu’ils ne subissent pas les mêmes contraintes, l’Église et les « maisons »
(oíkoi). Il souligne en effet, comme l’avait déjà fait P. Lemerle, l’importance que prend
au XIe siècle ce module économique qui n’est en lui-même pas neuf, l’oíkos, centre
urbain de gestion et de consommation d’une production domaniale, doté d’une
finalité pieuse : il est alors commun à l’aristocratie laïque, aux fondations pieuses, aux
églises et monastères, et à l’empereur même. G. Dagron passe rapidement en
revanche sur l’activité économique des clercs, les bornes canoniques qui lui sont
imposées, et la face urbaine de l’économie monastique.
La ville tardive de Kl.P. Matschke ne décline nullement si l’on entend par là sa
fonction politique et sociale et son activité de production et de consommation. Elle est
même extraordinairement animée, mais à une échelle désormais réduite, car sa
population baisse en proportion des coups de boutoir portés à la démographie du
XIVe siècle par l’état de guerre qui va s’aggravant, et à dater de 1347 par la peste. Kl.P.
Matschke ajoute à ces facteurs notoires l’attraction des terres sous domination
italienne, telles que la Crète ou Chalkis/Negroponte, où les grosses fortunes privées
trouvent leur meilleur refuge après le milieu du XIVe siècle, et plus généralement la
demande occidentale de travail qualifié, déjà notée pour sa part par Ch. Bouras. Kl.P.
Matschke trace de la ville tardive un tableau où les démarcations apparaissent
brouillées : son espace comprend des terrains cultivés, des jardins, des vignes, et sa
population de petits et grands propriétaires fonciers ; sa périphérie est ambivalente ;
les métiers se coudoient ; les Latins et les Juifs sujets de l’empire ou de Venise sont
présents. Rien de vraiment nouveau dans tout cela, si ce n’est que les aristocraties
locales entrent dans le mouvement des affaires ; que les activités financières, prêt à
intérêt et change, prennent leur essor ; et que des villes d’Asie Mineure comme
Dorylaeon/Eskisehir et Philadelphie/Alasehir commercent avec les Turcs proches.
En lisant ces pages si vivantes on voit que la catastrophe politique finale s’est produite
dans le cadre d’une ouverture économique générale, où Kl.P. Matschke donne tout
de même Byzance perdante. On ne peut souscrire cependant à son idée d’une
uniformité typologique et statutaire de villes qui ne se distingueraient à cette époque
que par leur taille. C’est négliger les privilèges négociés à la faveur de la première
guerre civile, dont Monemvasie donne précisément un exemple ; et aussi les positions
politiques et stratégiques, plus ou moins documentées il est vrai, d’Arta, Serrès,
Andrinople, et plus encore Trébizonde.
La question des échanges cristallisait la difficulté conceptuelle et méthodologique
qui était celle de toute l’entreprise. A. Laiou l’affronte dans une introduction à cette
partie du livre. Elle établit sa grille d’analyse en adaptant à son objet historique les
catégories de Karl Polanyi et de son école, plus exactement celles qui résultent du
débat que l’œuvre de Polanyi a suscité chez les historiens, particulièrement à propos
de l’antiquité romaine. A. Laiou se réfère aussi à M. Mauss et au rapport entre don et
hiérarchie sociale, à une étude pionnière de Ph. Grierson
[2], enfin au concept de « tied
trade » à l’aide duquel C.R. Whittaker a défini un commerce contrôlé par une pluralité
de centres, tels que l’Église ou le palais (p. 770). Pour sa part, elle prend acte d’une
économie où le profit n’est pas le seul moteur, et de la distinction entre le commerce
à proximité (« market ») ou à distance (« trade »)
. Elle distingue surtout le « non-economic exchange », qui n’est pas déterminé par le jeu de l’offre et de la demande,
et l’« exchange » proprement dit où celle-ci joue au contraire et donne lieu au marché.
Les opérations de l’État, pour assurer l’approvisionnement en grains par exemple,
entrent dans la première catégorie. Il s’agit donc de déterminer l’importance relative
de ces deux secteurs, selon les périodes et selon les régions.
Une première période s’étend de la dépression du VIIe siècle à la reprise du début
du IXe siècle : marchands de profession, foires et marchés, routes du grand commerce
relèvent de « l’échange » ; l’importance des envois diplomatiques et des cadeaux
impériaux illustre « l’échange non économique ». La réalité complique cependant les
définitions. A. Laiou souligne en particulier que l’« exchange » byzantin ne saurait se
concevoir à l’état pur, hors de toute intervention de l’État. Le cumul de charges
impériales et du négoce est pratiqué ; la soie, produit politique et contrôlé par
excellence, se faufile néanmoins sur le marché ; le blé s’y traite, à Constantinople du
moins, mais l’empereur peut intervenir en cas de disette. Le degré de monétarisation
des transactions et surtout du paiement de l’impôt reste une question ouverte. Aux
XIe-XIIe siècles une conjoncture démographique et politique favorable stimule les
activités d’échange, mais celles-ci se trouvent confrontées pour la première fois à
l’expansion italienne. Leur essor entraîne les répercussions sur la monnaie que C.
Morrisson a commentées dans des travaux antérieurs, et un besoin de capital qui
déclenche une montée des taux d’intérêt, et rapproche ceux-ci du revenu de la terre :
on peut dès lors se demander si l’aristocratie et l’Église prêtent, fût-ce bien entendu
par le moyen du prêt dissimulé, et entrent ainsi dans le mouvement des affaires. Le
marché est alors libre en principe, sauf un essai sans lendemain à Rodosto, débouché
du blé de Thrace. Alexis Comnène bloque l’évolution politique qui s’était dessinée au
cours du XIe siècle au profit des marchands comme des artisans. Et d’ailleurs, si les
marchands grecs sont partout, et même au-delà des frontières de l’empire, les Italiens,
en fait les Vénitiens, sont avantagés par les immunités dont ils bénéficient sur le
marché intérieur.
Kl.P. Matschke offre un exposé court mais substantiel sur les régions, les places et
les marchandises du commerce à l’époque des Paléologues, et sur les rapports entre
Italiens et Grecs, dans le contexte de la politique impériale et de l’avance turque. Il
montre que les agents grecs ne constituent ni une profession ni une nouvelle classe
sociale ; et que la nouveauté est l’entrée des élites de toujours dans les activités
commerçantes et financières au prix d’une transgression de leurs valeurs tradition~nelles. Pour autant, conclut Kl.P. Matschke, ni leur envergure ni leur arrière-plan
manufacturier ne mettent les Grecs au niveau précapitaliste qui est alors celui de leurs
partenaires occidentaux. Ajoutons que le tableau conserve des traits qui sont en fait
de longue durée : l’enrichissement du collecteur d’impôt que Kl.P. Matschke soup~çonne d’activités économiques latérales (p. 774) s’explique assez par la perception
elle-même, dans un cas de figure classique, et bien signalé dès la seconde moitié du
XIe siècle ; et à ce même moment déjà Alexis Comnène et les siens ont encouru le
reproche d’user des fonds publics comme s’ils étaient les leurs propres. C. Morrisson
et J.Cl. Cheynet ajoutent à ces deux études de précieux relevés de prix, de salaires
partiellement en espèces, de revenus attachés à des charges et dignités (rógai), et
d’autre part de rations. Ces dépouillements appartiennent à un travail en cours en
sorte que leur commentaire a été délibérément limité : on ne peut donc ici que les
signaler.
La dimension publique de l’économie byzantine est abordée avec la monnaie.
Celle-ci demeure toujours dans son principe la prérogative du pouvoir central et un
facteur d’unité du territoire, avec des ateliers provinciaux dont l’implantation varie
au fil de l’histoire. C. Morrisson place dans la perspective économique l’état de
question impeccable que l’on pouvait attendre d’elle, en excluant de son champ le
crédit, ce qui va de soi, mais aussi la thésaurisation, ce qui est discutable pour un
monnayage métallique traditionnel, si bien qu’elle-même sera conduite à l’invoquer.
Prenant comme point de départ évident le sou d’or constantinien elle montre que le
monnayage de Byzance a été apte à suivre la conjoncture, et même à surmonter une
crise, par sa combinaison d’une monnaie d’or plus ou moins proche de sa valeur
intrinsèque, d’une monnaie de billon qui joue un rôle fiduciaire, et par moments
d’une monnaie d’argent, légèrement surévaluée. En revanche les ressources minières
limitées et l’absence d’instruments de crédit ont rendu très difficile d’accroître le
volume de la circulation monétaire lorsque la conjoncture économique ou les besoins
de l’État le demandaient. L’État pouvait recourir alors, sous Heraklios comme sous
Alexis Ier Comnène, à la confiscation des objets précieux détenus par l’Église. C.
Morrisson expose la répartition des espèces entre impôt et transactions privées, entre
villes et campagnes, entre classes sociales. Le relevé des émissions par atelier montre
dès 550 et au VIIe siècle deux aires de circulation, à l’est et à l’ouest, et les discontinuités
monétaires observées sur les sites urbains confirment selon une chronologie régio~nale la dépression des VIIe-VIIIe siècles, puis la reprise du IXe siècle. L’éclatement de
1204 ouvre pour la première fois la possibilité politique de monnayages régionaux,
mais ceux-ci copient souvent le monnayage impérial, ce qui est logique, et significatif.
Au XIVe siècle enfin les monnaies étrangères pénètrent vraiment dans l’empire ; C.
Morrisson complète cette indication sans surprise par un bilan de la monnaie
byzantine hors des frontières, et un tableau de son cours. J. Day, à sa suite, confronte
brièvement les mécanismes monétaires de Byzance et ceux de l’Occident.
N. Oikonomidès choisit explicitement (p. 973) de mettre l’économie byzantine à
proximité plutôt qu’à distance. Il place en effet au premier plan le marché des
transactions libres, qui subit les interventions d’un État dont le numéraire d’or est à
la fois le monopole et la priorité, en sorte que le fil conducteur de cette histoire pourrait
être le rapport entre monétarisation du marché et monétarisation de l’État. Ce
dernier, appuyé sur un appareil dont N. Oikonomidès expose l’évolution, est montré
ici comme un acteur économique doté de moyens et d’objectifs spécifiques, mais
tributaire de la conjoncture. N. Oikonomidès distingue les VIIe-IXe, IXe-XIe, et XIIe-XVe
siècles. On retient pour la première période son commentaire sur la perception du
kommérkion, la taxe sur le moyen et grand commerce, et notamment la soie. Ses
collecteurs, les kommerkiárioi, commencent par être en même temps des entrepre~neurs, puis deviennent au cours du VIIIe siècle des agents de l’État exclusivement, ce
qui libère par contrecoup un commerce privé. Après cela N. Oikonomidès fait une
lecture au premier chef économique, et même monétaire, de l’histoire de l’État
byzantin. Rappelant que les campagnes demeurent l’assise première de l’impôt, et
que celui-ci est perçu en nature, en services et en espèces, il explique que l’État
conserve une préférence pour ces dernières et avant tout pour l’or, qui correspond à
ses besoins ; il poursuit donc une élaboration de l’impôt qui puisse accroître autant
que possible le retour vers lui de l’or indispensable à ses dépenses. Celles-ci compren~nent les salaires payés par la puissance publique, les coûts de la guerre et de la
diplomatie, mais aussi les rentes (rógai), qui sont toutefois le fruit d’un versement
initial par l’intéressé, ainsi que la pompe et les multiples générosités impériales. Car
l’acteur public est double en réalité : le fisc, l’empereur. N. Oikonomidès évoque cette
question cruciale sans y insister.
L’absence de réaction à l’aggravation de l’exigence fiscale au cours du XIe siècle
peut signifier qu’une croissance agricole se poursuivait dans le même temps. Cepen~dant, les besoins en or de l’État augmentent à dater du milieu du siècle, pour des
raisons militaires en particulier. N. Oikonomidès explique ainsi l’ouverture sociale
qui laisse alors entrer au Sénat de Constantinople artisans et commerçants de la
capitale, obligés d’acheter de ce fait la róga attachée à la dignité sénatoriale. Mais au
bout du compte l’emploi des procédés fiscaux tels que la ferme des impôts et des
terres fiscales – ou impériales – et le rachat des services dus par les contribuables ne
suffisent plus, d’autant que la demande de numéraire de l’économie urbaine a crû en
même temps. Le résultat est une dévaluation, ou plutôt deux suivant l’analyse due à
C. Morrisson, la première répondant à une croissance, la seconde, dans les années
1070, à la crise que termineront les réformes d’Alexis Ier. C’est aussi la faillite du
système des rógai.
N. Oikonomidès situe dans ce contexte monétaire la multiplication des privilèges
d’immunité fiscale octroyés à des laïcs ou à des institutions de l’Église, si frappante
dans le cours avancé du XIe siècle. Il en veut pour conséquences la libération du
numéraire rendu ainsi disponible au profit du secteur privé, et l’aggravation du
fardeau fiscal pour les paysans encore indépendants, qui sont poussés dès lors à la
recherche d’une dépendance protectrice. Antique, l’immunité fiscale est renforcée
alors par une innovation décisive, la dévolution directe à une personne du revenu
fiscal, et le cas échéant foncier, d’une ou plusieurs unités fiscales. Cette concession est
viagère, sauf privilège supplémentaire, et, en principe également, elle récompense
des services rendus ou à rendre. Un mode nouveau de rétribution des services
publics, et particulièrement militaires, est ainsi désormais en vigueur, la prónoia, plus
proche, note N. Oikonomidès, de la pratique féodale que de la róga de naguère. Les
rentrées comme les dépenses de l’État sont ainsi purement et simplement court~circuitées. Dans l’empire régionalisé des Paléologues ces dispositifs prennent une
ampleur telle qu’ils opèrent comme un facteur de dissolution d’un État impérial qui
continue cependant de se concevoir comme centralisé, alors que ces privilèges et ceux
des marchands étrangers acculent son budget à une réduction continue. Le grand
historien qu’était N. Oikonomidès n’a pu penser un instant que le facteur financier si
bien analysé par lui se suffisait, mais il s’est conformé à la règle du jeu proposée, et
le lecteur y trouve le bénéfice d’une mise au point lumineuse sur le système fiscal et
son évolution à partir du XIe siècle.
Une double conclusion revient à A. Laiou. Elle examine d’abord la pensée et
l’idéologie qui éclaireraient l’activité économique de Byzance : elle définit la première
comme impliquée dans la pratique productive et profitable, la seconde comme
jugeant cette pratique à l’aune d’une conception générale de la condition humaine et
de ses valeurs. L’examen est rendu difficile par les sources. À la différence de
l’Occident médiéval, Byzance n’a pas laissé une série d’œuvres théoriques explicite~ment consacrées à ces questions ; elles affleurent dans les textes, et surtout aux deux
extrémités, la période patristique et les XIVe-XVe siècles. De plus ce qui s’est écrit reste
modelé par la tradition classique et chrétienne en la matière ; c’est la production d’un
milieu social restreint, où se coudoyaient les lettrés, les rédacteurs du droit, et l’Église.
L’hagiographie permet dans une certaine mesure de voir au-delà. A. Laiou évoque
comme thèmes clés le profit et le surplus, la position reconnue au marchand, et la
vertu antique d’autosuffisance (autarkeía), dont la valeur persistante, au moins dans
les textes, de Kekaumenos à Pléthon, est évidemment le contraire de l’esprit d’entre~prise. Elle montre que la notion de juste prix est demeurée associée à la tutelle du
pouvoir politique, alors même que progressaient la liberté de l’échange économique,
et donc la notion de négociation libre. Un tel questionnaire est orienté, on le voit, vers
notre propre temps. A. Laiou se propose de poursuivre l’enquête, en particulier dans
les commentaires byzantins à l’œuvre d’Aristote, inexplorés à cet égard.
Dans sa conclusion générale, A. Laiou souligne la place qui revient à l’empire
fragmenté des XIIIe-XVe siècles dans le marché international que devient à cette
époque la Méditerranée orientale. Et elle exprime l’idée que, somme toute, l’économie
de Byzance aura été « an excellent example of the complementarity of state action and
market activities in the Middle Ages » (p. 1163), confirmant ainsi que la perspective
de l’entreprise était la mise à proximité de cette économie. Que le lecteur partage ou
non un tel choix, au terme de ces trois volumes si généreusement conçus et mis en
œuvre, son premier sentiment est la gratitude.
[*]
The Economic History of Byzantium : From the seventh through the fifteenth century, éd.
Angeliki LAIOU, Washington, Dumbarton Oaks, 2002 ; 3 vol. in-4°, 1 364 p. (
Dumbarton Oaks
studies, 39). ISBN : 0-88402-288-9. Prix : USD 180.
[1]
A. HARVEY,
Economic expansion in the Byzantine Empire, 900-1200, Cambridge, 1989.
[2]
Ph. GRIERSON, Commerce in the Dark Ages : A critique of the evidence,
Transactions of
the royal historical Society, 5
e sér., t. 9, 1959, p. 123-140.