Le Moyen Age 2006/3-4
Le Moyen Age
2006/3-4 (Tome CXII)
300 pages
Editeur
I.S.B.N. 2-8041-5168-9
DOI 10.3917/rma.123.0643
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Bibliographie

Vous consultezDire et faire la guerre au Moyen Âge

AuteurClaude Gaier du même auteur

Musée d’Armes de Liège

On assiste, depuis quelques années, à une prolifération d’études sur la polémologie et l’art militaire, en particulier au Moyen Âge. Jusque dans les années 1980, les travaux dans ce domaine étaient rares et les érudits versés en ces matières peu nombreux. Il n’en va plus de même aujourd’hui car, à côté des « pères fondateurs » de l’après-guerre, dont certains demeurent actifs, une nouvelle génération s’affaire, dans le monde atlantique, à prendre la relève. De sorte que l’on éprouve maintenant, en ces matières historiques, les mêmes difficultés que dans tant d’autres à appréhender au moins l’essentiel d’une production bibliographique désormais luxuriante et très dispersée. Aussi cette recension n’a-t-elle d’autre but que d’attirer l’attention sur quelques œuvres significatives, dont il serait vain de prétendre cependant qu’elles résument à elles seules l’état de la recherche actuelle.

2 Commençons donc par des ouvrages généraux, présentant des perspectives à long terme. L’étude des rites et des croyances qui s’attachent à l’état de belligérance, tant dans le chef des combattants que de la part des populations civiles, permet à D.S. Bachrach[1] [1] David S. BACHRACH, Religion and the conduct of war, c. 300-c. ...
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de montrer combien l’apport primitif d’un substrat romain évolue, surtout dès l’époque carolingienne, en se chargeant à la fois d’une légitimation chrétienne, mais aussi d’une notion de culpabilité que seuls peuvent absoudre des actes de pénitence et de contrition, bientôt relayés et renforcés par le concept de « guerre juste » et de « guerre sainte », qui engendre le sentiment d’impunité. Des signes religieux tangibles (reliques, bannières) et des manifestations de piété individuelle et collective (confessions, jeûnes, libéralités propitiatoires ou expiatoires, communion, messes, actions de grâce, culte des saints guerriers) accompagnent et caractérisent cette sacralisation progressive. Assurément, le mérite de ce livre ne réside pas seulement dans le travail de recherche qui le sous-tend, mais surtout dans une mise en perspective de ces pratiques chrétiennes évolutives – de Constantin au quatrième Concile du Latran – que l’on aurait sans doute trop tendance à considérer comme figées[2] [2] À l’appui du chapitre que l’A. consacre (p. 172-181)...
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.

3 Les quatorze articles de B.S. Bachrach, parus entre 1979 et 1994[3] [3] Bernard S. BACHRACH, Warfare and Military Organization...
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ramènent à la mémoire des spécialistes et à l’attention des néophytes une série de sujets que ce savant médiéviste américain avait traités naguère avec brio : la stratégie castrale et la tactique au temps de Foulque Nerra, une revalorisation de la guerre de siège au Moyen Âge, le sempiternel problème de la « continuité » et de l’influence de Végèce (thème qui, sous la plume de bien des auteurs, vire aujourd’hui à l’obsession), la logistique, la tactique et l’organisation anglo-saxonnes et anglo-normandes, le vocabulaire technique de la fortification en France, la cavalerie et le transport des chevaux… L’approche de ces matières demeure éclairante. Entre autres, le recours que cet A. pratique volontiers, ici et ailleurs, à des éléments matériels concrets (une « Sachkritik » comme disent les Allemands) permet d’obvier ou de mettre un terme à bien des errements qui déparent trop souvent encore l’évaluation contemporaine de la « civilisation matérielle » de ces temps anciens. On relira donc avec profit ces études qui, en aucun cas, ne devraient être oubliées dans le tourbillon des écrits qui nous ont entre-temps assaillis.

4 Spécialiste de l’histoire mérovingienne et professeur à l’Université d’York, G. Halsall nous livre une étude magistrale sur la guerre et la société dans les royaumes « barbares » d’Europe occidentale avant le Xe siècle[4] [4] Guy HALSALL, Warfare and Society in the Barbarian West,...
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. Rattachant intimement, comme il se doit, le fait militaire aux développements des structures sociales et politiques, il retrace l’évolution des armées et des conflits depuis la fin de l’Empire romain, dont il discerne des rémanences jusque l’an 600 environ. Tous les aspects militaires sont analysés : recrutement et composition des armées, tactique, armement, fortifications. Il en résulte que, contrairement aux pratiques avérées lors du Moyen Âge classique, la recherche de la bataille rangée et la rareté relative des sièges furent alors de règle. Par ailleurs, l’A. constate une assez grande homogénéité dans les usages militaires des entités politiques nées des migrations, y compris chez les Anglos-Saxons mais, en revanche, une originalité chez les Vikings, ce qui explique sans doute leurs succès initiaux et la nécessité, selon la thèse bien connue, de les contrer par le recours systématique à la fortification.

5 L’historiographie carolingienne bénéficie d’un éclairage nouveau sous la plume de Th. Scharff, de l’Université de Munster[5] [5] Thomas SCHARFF, Die Kämpfe der Herrscher und der Heiligen. ...
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. Traçant un parallèle entre l’image du chef d’État et du saint, triomphant tous deux de leurs ennemis, l’A. analyse la formulation du phénomène guerrier, depuis la version théocentrique de saint Augustin jusqu’aux préceptes pratiques de stratégie et de tactique hérités de l’Antiquité ou forgés au gré des circonstances nouvelles. Il sera difficile dès lors de traiter de la pensée militaire aux VIIIe et IXe siècles sans recourir à cet ouvrage dense et incisif.

6 Le recueil d’articles publiés sous la direction des deux professeurs californiens, W.C. Brown et P. Górecki concerne les situations conflictuelles au Moyen Âge et non pas le « phénomène guerre » en tant que tel. C’est pourquoi il ne retiendra qu’incidemment notre attention. Il s’agit plutôt ici d’anthropologie sociale et de science du comportement, faisant une large place à l’« école américaine », qui s’attache à l’étude des relations humaines au sein de la société civile médiévale[6] [6] Conflict in Medieval Europe. Changing Perspectives on Society...
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.

7 C’est également une initiative américaine que la création, par l’association « De Re Militari. The Society for Medieval Military Histor » d’un périodique tout entier consacré à l’histoire militaire du Moyen Âge : The Journal of Medieval Military History. Les ambitions chronologiques de cette publication sont larges et quelque peu insolites puisqu’elles embrassent l’histoire depuis le bas Empire romain jusqu’au milieu du XVIIe siècle. L’intention de discerner des continuités ou des ruptures dans le long terme est évidente et, en principe, louable tant il est vrai que la « périodisation » traditionnelle s’avère quelquefois contraignante sinon réductrice.

8 Les trois premiers numéros[7] [7] The Journal of Medieval Military History, éd. Bernard S. ...
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amènent une ample et riche moisson de sujets. Quatre articles sur les vingt-sept que comportent ces volumes sont largement consacrés à Végèce : ils disent assez l’importance que les membres de cette société savante, à la dénomination d’ailleurs évocatrice, attribuent à cette vénérable « Autorité ». Mais en cherchant à tout prix l’influence qu’elle a pu exercer sur la pratique militaire médiévale, ne risque-t-on pas de théoriser à l’excès et de verser dans les querelles d’école, à l’instar des « sorbonicoles » d’antan ! On relèvera aussi, dans l’ensemble, trois traductions, fort bien venues, d’articles anciens (1958,1981 et 1994) de J.F. Verbruggen. De façon plus particulière, le tome 1 contient des études de Ch. R. Bowlus et de St. Morillo sur la stratégie et les armées (pas plus de 20 000 hommes par levée) de Charlemagne, l’apport logistique (considérable) de la marine byzantine durant la première Croisade (B.S. Bachrach), le siège du château de Bedford en 1224 (E. Amt), le rôle d’Edmond de Langley, duc d’York, comme gardien du royaume d’Angleterre en 1399 (D. Biggs).

9 Dans le deuxième volume, on lira avec intérêt l’étude critique de K. DeVries sur l’historiographie de quelques faits militaires du XIVe siècle, ainsi que les contributions, pour la même époque, de Cl. J. Rogers au sujet de la campagne du comte de Derby (futur duc de Lancastre) en Gascogne ou de D.J. Kagay sur les fortifications espagnoles. Les XIIe et XIIIe siècles sont explorés par B.F Reilly avec le mercenariat du comte Armengol VI d’Urgel, les campagnes galloises de 1157 et 1165 (J.D. Hosler), la fabrication des premières arbalètes en Angleterre (D.Bachrach) et leur usage en Aragon (R.J. Burns). Enfin Th. M. Vann étudie la milice de Malte au XVe siècle ( 667 hommes en 1419), sous la couronne d’Aragon, et les raisons stratégiques qui expliquent le transfert de l’île à l’Ordre des Hospitaliers en 1530.

10 Enfin, le dernier numéro se caractérise tout autant par la variété des sujets que par leur spectre chronologique étendu. C. Gillmor explique l’inactivité militaire exceptionnelle de Charlemagne en 792-793 par la grave épizootie chevaline qui annihila une partie de sa cavalerie en 791, lors de l’expédition contre les Avars, aggravée par la sévère défaite subie sur la Weser, deux ans plus tard, aux mains des Saxons, par le comte Théodoric. Analysant les « vies de saints » du point de vue militaire, J. France constate leur faible apport à la connaissance de la guerre médiévale, mais souligne leur caractère éclairant quant à l’attitude des clercs à l’égard du phénomène, conclusion qui s’applique aussi, reconnaissons-le, à quantité de sources narratives d’origine ecclésiastique. V. Eads s’attache à définir, à travers la critique des sources, le rôle militaire – non négligeable – de Sichelgarita de Salerne, épouse du normand Robert Guiscard, dans l’Italie lombardo-byzantine du XIe siècle. La synthèse des réformes militaires d’Alphonse XI de Castille (1312-1350) est exposée par N. Agrait, qui tend à relativiser le côté novateur de ces mesures, tout en dégageant des similitudes avec des institutions contemporaines en vigueur dans d’autres pays. C’est à juste titre que, pour sa part, Cl. Rogers met en évidence le rôle majeur joué, durant la première phase de la guerre de Cent Ans, par Thomas Dagwood, dans le cadre du conflit breton. Car Crécy et Calais ne résument pas tout : les victoires anglaises de ce « brillant second » à Restellou (9 juin 1346) et surtout à La Roche-Derrien (20 juin 1347) furent aussi éclatantes. Et l’on ne parle pas ici de celles de Bergerac et d’Auberoche, sur un autre théâtre d’opération et sous le commandement du duc de Lancastre. Pour terminer la revue de ce troisième volume, on notera encore, sous la plume de S. Mantovani, l’édition, la traduction et les commentaires de quelques lettres du condottiere Ferrand d’Este (1498-1499), ainsi que la notice de K. DeVries sur l’approvisionnement des milices d’Ostende, en 1436, après l’échec du duc de Bourgogne devant Calais.

11 Le livre de J. Prestwich, qui vient d’être publié, est en fait, pour l’essentiel, une édition quasi anastatique des conférences inédites que le regretté professeur d’Oxford fit en 1983 à l’invitation de la Chaire James Ford[8] [8] John O. PRESTWICH, The place of war in English history...
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. L’ouvrage a ce mérite de présenter une vision cohérente de la pensée d’un érudit qui consacra, dans une carrière tout à l’enseignement, relativement peu de place à l’écrit. La thèse majeure qui éclaire la vision de Prestwich dans le présent florilège est que le système féodal n’a exercé qu’une influence secondaire sur le régime politique et militaire de l’Angleterre entre 1066 et 1215. Dès l’époque normande, la structure administrative perfectionnée, la centralisation royale, la gestion rationnelle de la guerre par les dirigeants ont généré une société prospère relativement épargnée par les conflits endémiques qui sévissaient sur le continent européen. Ce serait, certes, faire, à titre posthume, mauvais procès à l’A. que de disséquer ses arguments tels que les présente, de façon forcément sommaire et tronquée, ce recueil factice. On reconnaîtra néanmoins que l’historiographie récente lui donne raison à bien des égards.

12 C’est précisément en se basant sur l’exceptionnelle richesse des archives administratives de son pays, désormais traitées par l’informatique, qu’A.R. Bell, de l’Université de Reading, pénètre en profondeur dans les rouages et les motivations du recrutement aux armées à la fin du XIVe siècle[9] [9] Adrian R. BELL, War and the Soldier in the Fourteenth Century,...
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. Période moins faste pour les annales militaires anglaises, certes, marquée par les déboires du roi Richard II, mais non exempte de faits de guerre qui ont laissé de nombreuses traces écrites. Le titre, trop vague, du livre dissimule une analyse minutieuse, non seulement au plan quantitatif mais prosopographique, des forces militaires enrôlées au service de la Couronne, depuis les princes du sang jusqu’aux plus modestes archers. En ressortent nettement tant le professionnalisme des combattants, aux noms souvent récurrents dans les livres de compte, que l’importance des liens de dépendance personnels, géographiques ou familiaux. Bref, une véritable radiographie de l’armée anglaise au milieu de la guerre de Cent Ans.

13 Emmenés par A. Ayton et Ph. Preston, un groupe d’historiens publie un livre[10] [10] Andrew AYTON et Philip PRESTON, The Battle of Crécy, 1346,...
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sur la bataille de Crécy. Crécy ! On pourrait a priori se demander ce qu’une étude de plus sur la fameuse journée du 26 août 1346 serait encore à même de révéler, qui ne soit déjà connu, surtout depuis l’ouvrage classique (mais dépassé) d’A.H. Burne et ceux, plus récents, des DeVries, de Wailly et autres Nicolle. Pourtant, il n’en est rien. Car ce travail, important du point de vue de la critique historique, présente un double mérite. D’abord, faisant fi des affirmations triomphantes, il n’hésite pas à souligner les lacunes des sources historiques et archéologiques, tour à tour réexaminées. Le récit qu’il propose est une reconstitution plausible à partir des seuls éléments de certitude glanés au hasard des ressources documentaires partielles, partiales et lacunaires. Ici pas plus qu’ailleurs, on n’éludera le recours à l’« inherent military probablility », pour reprendre l’expression de Burne, à ceci près que dans le cas présent les A. n’en abusent pas. Et n’ont-ils pas raison de rappeler la boutade du duc de Wellington, orfèvre en ces matières : « écrire l’histoire d’une bataille est aussi difficile que d’écrire celle d’un bal », écho trivial et désabusé au célèbre paradoxe de Fabrice Del Dongo.

14 Seconde caractéristique de ce livre, les points de vue nouveaux, au nombre de deux essentiellement, qu’il met en avant. D’abord, Édouard III obéit à un plan délibéré, élaboré avant son débarquement : rechercher l’affrontement direct avec l’armée française, sur un terrain voulu par lui et connu de lui. Ce champ de bataille est situé dans le Ponthieu, acquis par la Couronne d’Angleterre depuis 1279. Son armée (environ 15 000 combattants, dont le tiers d’archers à cheval) est expérimentée (formée aux guerres écossaises), cohérente, bien organisée. Elle attend, à Crécy, celle du roi de France (15 à 20 000 hommes dont environ 12 000 hommes d’armes), qui arrive, fatiguée, au point de contact, à la fin d’une journée de marche et s’engouffre dans une étroite dépression, la « Vallée des Clercs ». Elle s’y trouve enserrée dans une véritable nasse, ceinturée d’escarpements d’où les archers et les gens d’armes démontés les assaillent et les accablent de projectiles. Il ne s’agit donc pas ici d’un simple choc frontal car, outre les particularités du terrain, qui n’a rien d’une rase campagne, les fronts des belligérants sont mobiles et évoluent au gré du combat. La défection, ou l’abstention, des arbalétriers génois n’est toujours pas expliquée. Elle restera un éternel mystère… Le positionnement précis des archers anglais et gallois n’est pas plus clair : qu’est-ce au juste que le dispositif « en herse » ? Au lieu d’être disposés sur les flancs des gens d’armes, comme on a tendance à l’affirmer, les gens de trait n’étaient-ils pas, au contraire, disséminés parmi eux ? Il n’empêche que ce livre, honnête dans ses incertitudes[11] [11] Remarques de détail : signalons que le chroniqueur...
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, ne peut que s’imposer dans ses questionnements comme dans ses apports nouveaux.

15 L’histoire militaire des anciennes principautés qui forment aujourd’hui la Belgique vient de s’enrichir d’une copieuse monographie. Après la Flandre et Liège, voici le Brabant, sous la plume de S. Boffa[12] [12] Sergio BOFFA, Warfare in Medieval Brabant. 1356-1406, Woodbridge,...
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. L’A. se limite – on peut le regretter – à la seconde moitié du XIVe siècle, mais tous les aspects de l’art de la guerre y sont minutieusement examinés. De ces recherches, il appert que le Brabant se distinguait surtout par l’effectif de ses hommes d’armes (en théorie 2 à 3 000 hommes) mais moins par la force de ses milices (moins de 10 000 combattants), à l’inverse de ses deux grands voisins et rivaux précités. On ne peut pas dire en tout état de cause que cette armée se soit particulièrement illustrée durant la période étudiée. Les deux seules batailles d’envergure se soldèrent par des défaites : Scheut (17 août 1356), à l’avantage des Flamands, et Baesweiler (22 août 1371), remportée par les ducs de Juliers et de Gueldre. Pour le reste, on trouve en Brabant les mêmes conditions, les mêmes contingences, les mêmes réflexes militaires que dans le reste de l’Europe nord-occidentale. Encore fallait-il le préciser. Grâce à ce livre, c’est chose faite, et bien faite.

16 Chercheur à Leipzig, U. Tresp publie, en un imposant volume, sa thèse de doctorat consacrée aux mercenaires tchèques durant le XVe siècle[13] [13] Uwe TRESP,Söldner aus Böhmen im Dienst deutscher Fürsten :...
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. Suite aux guerres hussites, en effet, un important mercenariat s’est développé en Bohème principalement, constitué de roturiers et de membres de la petite noblesse, louant leurs services aux princes d’Empire et d’Europe centrale. Composés essentiellement de fantassins, mais aussi de cavalerie légère, ils usaient – jusqu’à ce que celle-ci tombe en désuétude au début du XVIe siècle – d’une tactique défensive qui avait, en son temps, fait ses preuves. Ces soldats, dont les lansquenets furent, plus tard, de farouches concurrents, pouvaient constituer de véritables armées (on cite le chiffre de 6000 hommes, stipendiés par le duc de Saxe en 1447), incluant aussi, il est vrai, des éléments allochtones. Ce phénomène s’insère, faut-il le rappeler, dans la problématique plus générale du changement de la tactique, de la montée en puissance de l’infanterie et de la naissance des états-nations au crépuscule du Moyen Âge.

17 Comment, jadis, écrivait-on la guerre ? On touche ici à la valeur du témoignage mais aussi, de manière plus générale, au phénomène des mentalités. Quatre ouvrages, chacun à leur façon, apportent des réponses à cette question. Les deux premiers nous rappellent qu’il faut lire et relire les auteurs anciens. C’est la meilleure, et sans doute la seule façon de « se mettre à leur place ». Ainsi la réédition de la traduction anglaise du long poème d’Ulrich von Liechtenstein fournit l’occasion rafraîchissante de se replonger dans l’univers semi-mythique, semi-picaresque, des chevaliers errants du XIIIe siècle[14] [14] ULRICH VON LIECHTENSTEIN, The Service of Ladies, trad. ...
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. C’est vers 1250, âgé d’une cinquantaine d’années, que ce poète aventureux, originaire de Styrie, ministériel de l’archevêque de Salzbourg, rimaille en allemand le récit de ses anciens tournois, vrais ou imaginaires. Mais ce contemporain paisible de Guillaume le Maréchal semble avoir fréquenté la « chambre des dames » et les récits arthuriens plus que les champs de bataille.

18 Avec la réédition partielle de la traduction d’El Vitorial, une biographie du chevalier castillan Pero Niño, comte de Buelna, par son porte-étendard Gutierre Diaz de Gamez[15] [15] GUTIERRE DIAZ DE GAMEZ, The Unconquered Knight. A Chronicle...
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, on aborde l’histoire européenne au commencement du XVe siècle. Cette espèce de « Loyal Serviteur » avant la lettre décrit, sans s’effacer complètement, les faits, hauts et moins hauts, de son maître, grand bourlingueur des mers, qui combattit les Maures autant que les Anglais. On y découvre non seulement divers aspects, en somme largement partagés en Europe, de la vie aristocratique et guerrière d’un hidalgo, mais surtout cette vocation maritime spécifique de l’Espagne qui, en l’espace de deux générations, allait transformer ses chevaliers en conquistadores.

19 L’aspect littéraire ou en tout cas culturel de la littérature guerrière avait inspiré un colloque, organisé en Angleterre en 2001, à l’Université de Durham. Les communications présentées à cette occasion ont donné naissance aux articles, auxquels deux autres se sont ajoutés, qui font l’objet du recueil brièvement analysé ici[16] [16] Writing War. Medieval Literary Responses to Warfare, éd. ...
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. Chr. Allmand y explique que Végèce (encore lui !) a acquis une importance significative au Moyen Âge comme modèle, bien plus parce qu’il a mis en évidence la nécessité d’une défense organisée et « professionnelle » de la société politique que par les conseils pratiques qu’on a pu en tirer. Thèse à laquelle nous souscrivons plus volontiers. Témoin de la troisième croisade, le chroniqueur normand Ambroise intéresse M.J. Ailes à travers le processus d’héroïsation, que l’on trouve sous sa plume, de quelques personnages contemporains : Jacques d’Avesnes, Aubery Clément, André de Chauvigny et surtout Richard-Coeur de Lion. Le poème de Barbour sur Robert Bruce (vers 1375) va plus loin encore, car il fait de ce hors-la-loi un héros mythique et quasi messianique, propre à légitimer la dynastie écossaise qui en est issue (Th. Summerfield). Quant à l’œuvre de Rudolf von Ems, elle dépeint la vie et les mœurs chevaleresques et militaires de la première moitié du XIIIe siècle, en particulier à la cour des Staufen (W.H. Jackson). L’analyse des chroniqueurs et mémorialistes français et bourguignons du XVe siècle permet à G Le Brusque de discerner trois tendances dans leurs écrits : les uns, essentiellement parmi les « Bourguignons », qui idéalisent les prouesses militaires, ceux, émanant de clercs, qui dénoncent les horreurs de la guerre, par sympathie pour la paix et en raison de la commisération qu’ils éprouvent envers les victimes des conflits, ceux enfin – ce sont les chroniqueurs chevaleresques français – qui se contentent de décrire des actions ponctuelles, en précurseurs qu’ils sont des mémorialistes « factuels » du XVIe siècle. Contre toute attente, comme le montre Fr. LeSaux, le Livre des faits d’armes et de chevalerie de Christine de Pisan n’exalte en fait le sentiment guerrier que pour le réserver à des fins défensives. De la même façon, l’œuvre de Chaucer prend subtilement ses distances à l’encontre de l’idéologie chevaleresque et belliciste de son temps (S. Meecham-Jones), tout comme le cycle arthurien anglais reflète un penchant favorable à la paix (A. Lynch). De façon plus ambiguë cependant Le Morte de Arthur de Thomas Mallory véhicule un sens du tragique et de la destruction à travers les prouesses militaires, sans pour autant remettre celles-ci en cause (K.S. Whetter). On retrouve le même paradoxe dans les écrits anglais du Moyen Âge, où la femme représente la résistance à la guerre, ainsi que la souffrance et la pitié, mais également l’encouragement et le soutien au combattant (C. Saunders). Enfin, en relisant les « pastourelles » françaises, H. Cooper perçoit bien que la nostalgie de la paix, de l’ordre et de la sécurité qu’elles cultivent reflète un désir profond de celles et ceux qui pâtissent des violences de la guerre de Cent Ans.

20 Le dernier des quatre ouvrages ici recensés qui concernent des écrits à connotation guerrière est d’une exceptionnelle portée et d’une rare acuité. Historien israélien formé en Angleterre, Y.N. Harari étudie en profondeur les mémorialistes de la Renaissance[17] [17] Yuval Noah HARARI, Renaissance military memoirs. War, history...
suite
. Mais, que l’on y prenne garde, le titre de son livre est réducteur. En réalité, il scrute les habitudes, les mobiles et les mentalités des auteurs de souvenirs militaires depuis Geoffroy de Villehaudouin jusqu’aux vétérans des guerres récentes. Pour lui, les mémorialistes du XVIe siècle se situent dans la droite ligne de ceux du bas Moyen Âge et le terme de « mémoires » apparaît en Espagne à la fin du XIVe siècle, avant même son usage par Olivier de la Marche. Ces écrivains se caractérisent, jusque 1600 environ, par une approche qui se veut pragmatique et exempte de sentimentalisme personnel ou d’état d’âme. La guerre ne les émeut guère, voire les délecte. C’est une littérature commémorative d’exploits sélectionnés, et non exemplative. En outre, la politique ne la concerne pas en tant que telle; seuls comptent des événements dignes d’être rappelés. En somme, plus ou moins consciemment, ces mémorialistes écrivent pour glorifier la noblesse, détentrice du métier des armes, à travers les hauts faits qu’ils relatent. Mais ces histoires racontées commencent, après 1550 et surtout 1600, à céder le pas à la grande histoire, imposée par la vision nationale des souverains centralisateurs. Désormais, les mémorialistes n’auront plus la cote et se justifieront par le service du roi ou du prince. Par un retour des choses, à partir de la première Guerre mondiale, l’anecdote reprend le dessus sur les récits explicatifs. Même, surtout au cours du dernier demi-siècle, les souvenirs de guerre s’inscrivent parfois en faux contre l’histoire officielle, au nom de l’expérience vécue par le narrateur, présenté souvent non comme un héros mais comme une victime du système. Ce livre, éminemment instructif et original, et pas seulement pour le médiéviste, offre un éclairage nouveau sur l’évolution de la pensée individuelle et politique.

21 Dans un tout autre ordre d’idées, mais tellement pertinent pour les études du Moyen Âge, la castellologie se porte bien. M. Bur et son équipe nous livrent une histoire du château d’Épinal[18] [18] Michel BUR, Le château d’Épinal,...
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, qui dominait jadis de son imposante structure la cité vosgienne. Le castellum érigé, quant à lui, avant 984 par Thierry Ier, évêque de Metz, était probablement situé en contrebas, à l’emplacement de la « tour du voué ». Celui étudié dans ce livre date du XIIIe siècle, avec un donjon résidentiel et excentré. Modernisé par la suite, il fut détruit en 1670 par le Maréchal de Créqui. Les fouilles, entreprises de 1984 à 1992, livrent ici leurs données et leur matériel dans un ouvrage d’allure classique, splendidement illustré.

22 Travail remarquable que celui d’H. Mouillebouche sur les fortifications en Bourgogne du Nord[19] [19] Hervé MOUILLEBOUCHE, Les...
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. L’A. se base sur un corpus de 664 sites fortifiés relevés dans le département de la Côte-d’Or et, parmi ceux-ci, 360 qui furent des maisons-fortes. Encore faut-il s’entendre sur la terminologie castrale et les réalités qu’elle recouvre, notions développées ici de façon approfondie. La première partie de l’ouvrage résulte d’une étude de terrain étayée par les sources écrites et figuratives disponibles. La seconde partie est une approche socio-historique de la fonction castrale et de son rapport aux populations locales. Cette étude est, au total, un modèle du genre, où l’on puisera non seulement des notions générales sur le sujet, fondées sur des analyses fouillées, in situ s’entend, mais aussi une foule de renseignements matériels qu’il serait utile de mettre en parallèle avec des données recueillies dans d’autres régions d’Europe. Notons, signe des temps, que le livre est accompagné d’un double CD-rom configuré soit en système « Windows » soit en « Macintosh ».

23 De manière moins encyclopédique, mais tout aussi remarquable, A. Kersuzan étudie le rôle des châteaux de la Savoie dans le conflit particulièrement aigu qui opposa cet état au Dauphiné durant trois-quarts de siècle[20] [20] Alain KERSUZAN, Défendre la Bresse et le Bugey. Les châteaux...
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. Cette guerre fut tantôt larvée, tantôt ouverte, avec deux batailles seulement dignes de ce nom : Varey en 1325 et les Abrêts en 1354. Courses, pillages, sièges la caractérisent, comme c’est souvent le cas au Moyen Âge. Le réseau castral savoyard, en plus des bourgs ou villes remparés, ainsi que des maisons-fortes et des bastides, dont l’A. étudie la construction et le développement, ont joué un rôle attendu durant ces événements. La fonction défensive mais aussi offensive de ces points forts est mise en lumière, autant que leur conception architecturale et les moyens financiers et techniques déployés pour les construire, les entretenir et les équiper. C’est dire que, outre l’intérêt de sa vision globale, le livre abonde en informations détaillées, grâce en particulier à la richesse des sources comptables ici mises en oeuvre.

24 Relativement peu touchée par les grands événements de la guerre de Cent Ans, la région montagneuse du Haut-Dauphiné, que se partagent les évêchés de Gap, d’Embrun et, accessoirement, de Turin, vécut néanmoins dans l’insécurité, durant la seconde moitié du XIVe siècle, en raison du passage des routiers et des Provençaux ». La thèse d’histoire et d’archéologie médiévale de N.Nicolas[21] [21] Nathalie NICOLAS, La guerre et les fortifications du Haut-Dauphiné. ...
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étudie en profondeur les péripéties de ces conflits « de faible intensité » et les mesures prises pour en atténuer les effets. Possession de la couronne de France, mais depuis 1349 seulement, le lointain Dauphiné se trouva bientôt appauvri et dépeuplé par les ravages répétés de la peste noire et par une crise agricole frappant son économie, au demeurant peu porteuse dans l’environnement physique ingrat d’une large portion de son territoire. Nécessité faisant loi, il lui fallut encore mobiliser ses ressources humaines, quelques centaines d’hommes valides – écuyers à cheval surtout et une majorité de fantassins (les « clients ») et autres – autant que mettre en état de défense ses fortifications, plutôt archaïsantes, parfois réaménagées, rarement construites de neuf. On y ajoutera cette particularité régionale que sont les cols et les barrières naturelles renforcées, où il s’avère relativement facile de contenir la progression ennemie. Outre son intérêt pour l’histoire politique et sociale du terroir, l’examen minutieux des sources écrites et archéologiques auquel l’A. s’est livrée procure une véritable mine de renseignements sur les matériaux employés, les méthodes de construction, la main-d’œuvre, l’équipement, le financement, ainsi que sur la technique et la stratégie castrales. L’ouvrage, auquel un index onomastique fait cependant défaut, se termine par un utile glossaire d’une trentaine de pages relatif au vocabulaire de la construction et de l’armement, ainsi que par une bibliographie de 36 pages.

25 On ne peut que se réjouir, à la lecture de ces monographies sur la Bourgogne, la Savoie et le Dauphiné, de voir ainsi se réaliser la synthèse, tant désirée mais plus rarement atteinte, entre l’archéologie et l’histoire. Assurément une voie à explorer davantage…

26 L’histoire de l’armement fait évidemment partie du thème qui nous occupe dans ces pages. Un gros ouvrage d’anthropologie historique est né sous la plume de Chr. Raynaud, professeur à l’Université de Provence[22] [22] Christiane RAYNAUD, À la...
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. Pour reprendre l’expression de M. Pastoureau, son préfacier, c’est une « histoire totale » de la hache médiévale, à travers tous ses usages, civils et militaires. Ce dernier aspect occupe à lui seul plus de 250 pages du livre. L’évolution typologique de la hache d’armes, son emploi, son escrime particulière sont largement détaillés d’après les sources françaises. Une abondante bibliographie termine l’ouvrage : elle rendra d’éminents services aux chercheurs, bien qu’elle comporte quelques titres obsolètes repris sans doute dans un souci purement historiographique. L’analyse des sources iconographiques a tenu, dans cette étude, une place considérable. La liste en est fournie in fine. On regrettera cependant que les miniatures reproduites ne soient pas datées. Mais ce ne sont là que broutilles puisque le livre est important.

27 La place considérable de l’épée dans la pratique et l’idéologie guerrières des Vikings n’est plus à démontrer. L’étude typologique et métallographique de cette arme quasi mythique fut établie en 1919 par I. Petersen, auteur norvégien d’un livre de référence sur le sujet. Depuis lors, nombre d’ouvrages ont paru à ce propos. Mais il appartenait à I. Peirce, technicien de la forge, assisté du regretté E. Oakeshott († 2002), dont ce fut le dernier travail, de refaire le point sur le sujet en présentant de ces épées une classification actualisée et d’ailleurs judicieusement simplifiée. C’est maintenant chose accomplie dans cet ouvrage archéologique magnifiquement illustré d’exemples représentatifs de chaque catégorie et qui couvre la période du VIIIe au XIIe siècle[23] [23] Ian G. PIERCE, Swords of the Viking Age, introd. Ewart...
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.

28 Il est malaisé de rendre compte de la réédition des articles publiés entre 1987 et 1999 par K. DeVries[24] [24] Kelly DE VRIES, Guns and Men in Medieval Europe, 1200-1500. ...
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et réunis dans un volume des Variorum Collected Studies, tant leur diversité et leur richesse documentaire concernent un large éventail de sujets. Évoquons-en néanmoins brièvement les trois thèmes : tout d’abord celui des hommes avec l’explications providentielle de l’issue des batailles; la notion de déclaration de guerre, illustrée par l’exemple d’Otton IV ; la perception contemporaine (1340) de la bataille de l’Écluse[25] [25] Renvoyons ici à la n. 11 ci-dessus, à propos de l’article...
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et de l’échec d’Édouard III devant Tournai ainsi que de la perte de Calais par Philippe VI (1347); la carrière militaire de Jeanne d’Arc et, enfin, l’incapacité occidentale face à l’invasion turque, de Nicopolis (1396) à Mohacs (1526).

29 Le second thème, celui des armes à feu et de leur influence à la fin du Moyen Âge, se taille une large part : l’utilisation précoce et décisive de l’artillerie par les Gantois contre les Brugeois à la bataille de Beverhoutsveld (1382), son développement dans les combats terrestres aux XIVe et XVe siècle et ses conséquences multiples, militaires et autres, avec un article essentiel sur la puissance de feu des Turcs lors de la prise de Constantinople[26] [26] Quelques remarques à propos de l’article n° XII, p.  285-298 :...
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, l’artillerie navale et son usage anti-personnel avant 1500 environ[27] [27] Les articles nos XIV (p. 395) et XV (p. 822-823,828-829)...
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, la pratique chirurgicale en cas de blessure par balles.

30 Pour clore ce recueil, un seul article, placé sous le signe de la méthodologie, appelle à la prudence dans l’usage de notions relatives comme celle de révolution technologique ou d’arme-miracle.

31 La même collection réédite dix articles de D. Nicolle, parus de 1980 à 1999, en y ajoutant un onzième, inédit, consacré aux scènes de combat (milieu du XIIIe siècle) du baptistère de Parme[28] [28] David NICOLLE, Warriors and their weapons around the time...
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. On peut affirmer, au crédit de cet historien britannique, qu’il est le premier à avoir « cassé » l’ethnocentrisme dans l’étude de l’ensemble de l’armement médiéval. Avant lui, en simplifiant quelque peu, on examinait séparément le matériel de l’Europe occidentale, celui de l’Europe centrale et de l’Est, celui du Moyen Orient et du Maghreb et enfin celui de l’Asie, celui-ci émietté en une série de sous-groupes distincts (Asie centrale, Inde, Chine, Japon, etc.). Or, grâce à d’abondantes recherches de cet A. dans les sources historiques, archéologiques et iconographiques, dont il a livré le résultat à travers de nombreuses publications – et pas seulement celle dont il est ici question bien entendu – il est maintenant bien établi que de multiples influences mutuelles s’exercèrent entre ces diverses parties du globe. À plus ou moins long terme, l’armement de l’une a déteint, de proche en proche, sur celui de l’autre, à l’instar des temps plus récents ou encore, longtemps auparavant, à l’époque des grandes civilisations de l’Antiquité. Du même coup, D.N. a aussi révélé, et souvent fait reculer, les dates d’apparition de certains instruments guerriers, défensifs et offensifs, en même temps que leur usage. Il a également mis l’accent sur l’osmose économico-culturelle – il n’est pas vain de le répéter – qui n’a cessé de s’opérer à travers toute la période médiévale au sein du bassin méditerranéen, cette fontaine de vie de la civilisation occidentale. De sorte qu’à travers ce recueil, par ailleurs fort bienvenu, c’est l’œuvre novatrice d’un homme qui prend tout son sens.

32 Parlant du sud de l’Europe, on ne manquera pas d’attirer l’attention sur le travail important de plusieurs historiens militaires de langue latine que l’abondance des publications anglo-saxonnes reçues par Le Moyen Âge risquerait quelque peu d’oblitérer. Sans prétendre, ici encore, à l’exhaustivité, nous signalerons cette fois en premier lieu quelques ouvrages traitant de l’Espagne militaire. Le nord de la péninsule d’abord, avec les guerres de lignage au pays basque durant le bas Moyen Âge. L’introduction de J.A. Fernandez de Larrea, professeur à l’Université de Vitoria-Gasteiz, à un abondant recueil de documents du XIIIe au XVIe siècle, situe le rôle de la noblesse du Guipuzcoa dans le cadre des guerres privées, du mercenariat navarrais et de la rivalité entre les royaumes espagnol et français. La participation de l’A. à cet ouvrage collectif[29] [29] José Ángel LEMA PUEYO, Jon Andoni FERNÁNDEZ DE LARREA...
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fait écho à son livre, déjà ancien, sur la guerre en Navarre sous la dynastie d’Evreux[30] [30] Jon Andoni FERNANDEZ DE LARREA, Guerra y sociedad en Navarra...
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et à de nombreux articles parus entre-temps dans des revues savantes.

33 Nous avions signalé ici-même (t. 108,2002, p. 349) les travaux de Fr. Garci Fitz et en particulier sa thèse sur les affrontements entre la Castille et le León et l’Islam. Un nouveau livre revient sur le sujet, en particulier sur ses aspects politiques[31] [31] Francisco GARCÍA FITZ, Relaciones políticas y guerra. ...
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, tandis qu’un autre, d’une portée beaucoup plus générale et rejoignant en cela certaines études évoquées dans le cours de la présente recension, est consacré aux justifications religieuses et juridiques de la guerre médiévale[32] [32] Francisco GARCIA FITZ, La Edad Media. Guerra e ideologia. ...
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.

34 Concernant le Portugal, il est grand temps de mentionner ici le livre important de J. Gouveira Monteiro. Grâce à lui, il existe désormais une synthèse de poids sur l’art militaire lusitanien à la fin du Moyen Âge, où tous les aspects du sujet sont traités[33] [33] Joã Gouveia MONTEIRO, A guerra em Portugal nos finais...
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. Le même A., dont par ailleurs la production historiographique foisonne, aborde aussi la castellologie de son pays, à la même époque, et de façon aussi « globalisante ». S’y ajoute une petite brochure de vulgarisation, fort attrayante[34] [34] Joã Gouveia MONTEIRO, Os castelos Portugueses dos finais...
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.

35 Enfin, avant de conclure, on n’omettra pas le livre d’A.A. Settia, véritable almanach de la guerre médiévale[35] [35] Aldo A. SETTIA, Rapine, assedi, battaglie. La guerra nel...
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, où l’A. a rassemblé un florilège d’indications diverses sur les us et coutumes militaires, principalement puisées aux sources italiennes, fort riches comme chacun sait et au contenu souvent plus « progressiste » en l’occurrence que celles de l’Europe du Nord.

36 L’historiographie militaire médiévale est en expansion. Elle a, depuis un demi-siècle, acquis sa pleine maturité. Non seulement elle a étendu son champ d’investigation à des zones géographiques de plus en plus nombreuses, mais elle a accédé à des sources jusque là largement inexploitées. En outre, elle a enrichi la compréhension du sujet en l’imprégnant de toutes les disciplines et de tous les modes de pensée. Il ne reste plus aux érudits qu’à en assimiler les acquis. Puissent ces quelques impressions d’un praticien bienveillant et attentif les y aider un peu.

 

Notes

[ 1] David S. BACHRACH, Religion and the conduct of war, c. 300-c. 1215, Woodbridge, Boydell, 2003; 1 vol. in-8°, X-216 p. (Warfare in History). ISBN : 0851159443. Prix : USD 80; GBP 45. Retour

[ 2] À l’appui du chapitre que l’A. consacre (p. 172-181) aux pratiques religieuses des combattants de la principauté de Liège, on pourrait utilement consulter l’article de A. JORIS, Le Triomphe de Saint-Lambert à Bouillon (1141). Récit d’un témoin ou expression d’une mentalit ?, Publications de la section historique de l’Institut Grand-Ducal de Luxembourg, Luxembourg, 1981, p. 183-200. Par ailleurs, l’A. a raison de considérer que les chroniqueurs liégeois cherchent à déprécier les vaincus brabançons, en 1213, en stigmatisant leur irréligiosité. Le fait qu’ils les assimilent aux « Amalécites » de la Bible, ennemis d’Israël, renforce cet argument. Retour

[ 3] Bernard S. BACHRACH, Warfare and Military Organization in Pre-Crusade Europe, Aldershot, Ashgate-Variorum, 2002 ; 1 vol. in-8°, XII- 334 p. (Variorum Collected Studies Series, 720). ISBN : 0-86078-870-9. Prix : USD 124,95 ; GBP 67,50. Retour

[ 4] Guy HALSALL, Warfare and Society in the Barbarian West, 450-900, Londres-New York, Routledge, 2003 ; 1 vol. in-8°, XX-320 p. (Warfare and History). ISBN : 0415239397. Prix : GBP 65. Retour

[ 5] Thomas SCHARFF, Die Kämpfe der Herrscher und der Heiligen. Krieg und historische Erinnerung in der Karolingerzeit, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 2002 ; 1 vol. in-8°, X-334 p. (Symbolische Kommunikation in der Vormoderne. Studien zur Geschichte, Literatur und Kunst). Pri : € 44,90. Retour

[ 6] Conflict in Medieval Europe. Changing Perspectives on Society and Culture, éd. Warren C. BROWN et Piotr GÓRECKI, Aldershot, Ashgate, 2003; 1 vol. in-8°, X-334 p. ISBN : 0-7546-0954-5. Prix : USD 99,95; GBP 55. Retour

[ 7] The Journal of Medieval Military History, éd. Bernard S. BACHRACH, Kelly DE VRIES et Clifford J. ROGERS, Woodbridge, Boydell, 2002-2005; 3 vol. in-8°, X-170 p., 166 et 183 p. ISBN : 085115-909-5,184383-040-X et 184383-171-6. Prix : USD 85; GBP 50, USD 80 ; GBP 45, USD 85; GBP 50. L’association De Re Militari possède un site internet ( (www.deremilitari.org)où l’on trouve un relevé des livres et articles récents et actuels parus sur l’histoire militaire médiévale. Retour

[ 8] John O. PRESTWICH, The place of war in English history 1066-1214, éd. Michael PRESTWICH, Woodbridge, Boydell, 2004 ; 1 vol. in-8°, XXIV-140 p. (Warfare in History). ISB : 1-84383-098-1. Prix : GBP 45 ; USD 75. Retour

[ 9] Adrian R. BELL, War and the Soldier in the Fourteenth Century, Woodbridge, Boydell, 2004; 1 vol. in-8°, XIV-248 p. (Warfare in History). ISBN : 1-84383-103-1. Prix : USD 8; GBP 50. Retour

[ 10] Andrew AYTON et Philip PRESTON, The Battle of Crécy, 1346, Woodbridge, Boydell, 2005; 1 vol. in-8°, XII-392 p. (Warfare in History). ISBN : 1-84383-115-5. Prix : GBP 25. Retour

[ 11] Remarques de détail : signalons que le chroniqueur Jehan le Bel, qualifié à tort de Hainuyer (p. 139), était liégeois. À la bibliographie qui le concerne (p. 323) ajouter : Cl. GAIER, Les guerres d’Écosse et d’Angleterre vues par le chroniqueur liégeois Jehan le Bel (1326-1361), Armes et combats dans l’univers médiéval II, Bruxelles, 2004, p. 247-261. Retour

[ 12] Sergio BOFFA, Warfare in Medieval Brabant. 1356-1406, Woodbridge, Boydell, 2004; 1 vol. in-8°, XX-290 p. (Warfare in History). ISBN : 184383 0612. Prix : GBP 50; USD 85. Une version abrégée de ce livre est parue en français : ID., Art de la guerre et stratégie dans le duché de Brabant pendant la seconde moitié du XIVe siècle, Revue belge de Philologie et d’Histoire, t. 82,2004, p. 855-888. Retour

[ 13] Uwe TRESP,Söldner aus Böhmen im Dienst deutscher Fürsten : Kriegsgeschäft und Heeresorganisation im 15. Jahrhundert, Padeborn-Munich-Vienne-Zurich, Ferdinand Schöningh, 2004; 1 vol. in-8°, 524 p. (Krieg in der Geschichte (KriG), 19). ISBN : 3-506-71744-8. Prix : € 72,00. Retour

[ 14] ULRICH VON LIECHTENSTEIN, The Service of Ladies, trad. angl. J.W. THOMAS, introd. K. DE VRIES, Woodbridge, Boydell, 2004; 1 vol. in-8°, XIV-172 p. (First Person Singular). ISBN : 1-84383-095-7. Prix : GBP 14,99; USD 24,95. Destinée au grand public, cette édition n’en comporte pas moins, outre la préface, une liste bibliographique utile en vue d’un approfondissement du sujet. Retour

[ 15] GUTIERRE DIAZ DE GAMEZ, The Unconquered Knight. A Chronicle of the Deeds of Don Pero Niño, Count of Buelna, trad. Joan EVANS, rééd., Woodbridge, Boydell, 2004; 1 vol. in-8°, XV-232 p. (First person singular). ISBN : 1-84383-101-5. Prix : GBP 14,95 ; USD 24,95. Retour

[ 16] Writing War. Medieval Literary Responses to Warfare, éd. Corinne SAUNDERS, Françoise LE SAUX et Neil THOMAS, Cambridge, D.S. Brewer, 2004; 1 vol. in-8°, X-235 p. ISBN : 085991-8432. Prix : GBP 45 ; USD 75. Retour

[ 17] Yuval Noah HARARI, Renaissance military memoirs. War, history and identity, 1450-1600, Woodbridge, Boydell, 2004; 1 vol. in-8°, X-228 p. (Warfare in History). ISBN : 1-84383-064-7. Prix : GBP 50 ; USD 85. Retour

[ 18] Michel BUR, Le château d’Épinal, XIIIe -XIVe siècle, Paris, Éd. du C.T.H.S., 2002; 1 vol. in-4°, 280 p. (Ministère de l’Éducation nationale. Ministère de la Recherche. Comité des travaux historiques et scientifiques). ISBN : 2-7355-0500-6. Prix : € 30,00. Retour

[ 19] Hervé MOUILLEBOUCHE, Les maisons fortes en Bourgogne du nord du XIIIe au XVIe siècle, Dijon, Éditions Universitaires de Dijon, 2002; 1 vol. in-8°, 488 p., 2 CDRoms, ill. (Collection Sociétés). ISBN : 2-905965-57-6. Prix : € 45,00. Retour

[ 20] Alain KERSUZAN, Défendre la Bresse et le Bugey. Les châteaux savoyards dans la guerre contre le Dauphiné (1282-1355), Lyon, P.U. Lyon, 2005; 1 vol. in-8°, 434 p. (Collection d’Histoire et d’Archéologie Médiévales, 14). ISBN : 2-7297-0762-X. Prix : € 33,00. Retour

[ 21] Nathalie NICOLAS, La guerre et les fortifications du Haut-Dauphiné. Étude archéologique des travaux des châteaux et des villes à la fin du Moyen Âge, Aix-en-Provence, Publ. de l’Université de Provence, 2005 ; 1 vol. in-8°, 378 p., ill. ISBN : 2-85399-611-5. Prix : € 40,00. Retour

[ 22] Christiane RAYNAUD, À la hache ! » Histoire et symbolique de la hache dans la France médiévale (XIIIe - XVe siècles), Paris, Le Léopard d’Or, 2002; 1 vol. in-8°, II-700 p., ill. Prix : € 55,00. Retour

[ 23] Ian G. PIERCE, Swords of the Viking Age, introd. Ewart OAKESHOT, Woodbridge, Boydell, 2004; 1 vol. in-4°, VIII-152 p., ill. ISBN : 1-84383-089-2. Prix : GBP 25; USD 39,95. Retour

[ 24] Kelly DE VRIES, Guns and Men in Medieval Europe, 1200-1500. Studies in Military History and Technology, Aldershot, Ashgate, 200; 1 vol. in-8°, XIV-354 p. (Variorum Collected Studies Series, CS747). ISBN : 0-86078-886-5. Prix : GBP 59,50. Retour

[ 25] Renvoyons ici à la n. 11 ci-dessus, à propos de l’article n° III, p. 223 col. 2 où il est dit, à tort, que Jehan le Bel était hainuyer. De même, p. 232 col. 1, le chroniqueur Jean de Hocsem, certes francophone, mais qui écrivait, à Liège, en latin, est cité parmi les chroniqueurs français. Retour

[ 26] Quelques remarques à propos de l’article n° XII, p. 285-298 : l’existence de canons en fonte de fer avant le XVe siècle est peu probabl; le nom de la bombarde « Ath » se rapporte bel et bien à la ville belge du même nom ; le bombardement de Maastricht en 1407-1408 est le fait de l’artillerie liégeoise et non bourguignonne. Retour

[ 27] Les articles nos XIV (p. 395) et XV (p. 822-823,828-829) se réfèrent à la volonté, en 1445, d’installer à bord d’une galère du duc de Bourgogne, cinq veuglaires à charger par la culasse, dotées de chambres interchangeables, un équipement inconnu dans l’artillerie terrestre d’après l’A. Or ce type de canon – identique semble-t-il – était bel et bien employé à terre à cette époque ; cf. Cl. GAIER, Un cas précoce de normalisation des pièces d’artillerie : 1447, Le Musée d’Armes, n° 28, septembre 1980, p. 12-13. Dans ce cas, il s’agit de trente veuglaires, également de 4 pieds de long, fabriqués par le célèbre marchand d’artillerie Jehan Cambier, de Tournai. Retour

[ 28] David NICOLLE, Warriors and their weapons around the time of the Crusades. Relationships between Byzantium, the West and the Islamic World, Aldershot, Ashgate, 2002; 1 vol. in-8°, XIV-324 p., ill. (Variorum Collected Studies Series, CS756). ISBN : 0-86078-898-9. Prix : GBP 57,50. Retour

[ 29] José Ángel LEMA PUEYO, Jon Andoni FERNÁNDEZ DE LARREA ROJAS, Ernesto GARCÍA FERNÁNDEZ, José Antonio MUNITA LOINAZ, José Rámon DÍAZ DE DURANA ORTIZ DE URBINA, Los señores de la guerra y de la tierra : nuevos textos para el estudio de los parientes mayores guipuzcoanos (1265-1548), Saint-Sébastien, Diputación Foral de Gipuzkoa, Departamento de Cultura, Euskera, Juventud y Deportes, 2000 ; 1 vol. in-8°, 363 p., index (Archivo general de Gipuzkoa, Fuentes 2). Retour

[ 30] Jon Andoni FERNANDEZ DE LARREA, Guerra y sociedad en Navarra durante la Edad Media, Bilbao, Universidad del Pais Vasco-Servicio Editorial, 1992 ; 1 vol. in-8°, 152 p. Retour

[ 31] Francisco GARCÍA FITZ, Relaciones políticas y guerra. La experiencia castellano-leonesa frente al Islam. Siglos XI-XIII, Séville, Universidad de Sevilla, 2002; 1 vol. in-8°, 277 p., bibl. (Serie : Historia y Geografía, 70). Retour

[ 32] Francisco GARCIA FITZ, La Edad Media. Guerra e ideologia. Justificaciones religiosas y juridicas, Madrid, Silex Ediciones, 2003 ; 1 vol. in-8°, 227 p. (Serie Historia). Retour

[ 33] Joã Gouveia MONTEIRO, A guerra em Portugal nos finais da Idade Média, Lisbonne, Editorial Notícia, 1998 ; 1 vol. in-8°, 575 p. (Poliedro de História). L’ouvrage comporte in fine un petit glossaire portugais de l’armement médiéval. Retour

[ 34] Joã Gouveia MONTEIRO, Os castelos Portugueses dos finais da Idade Média. Presença, perfil, conservação, vigilância e comando, Lisbonne, Colibri, 1999; 1 vol. in-8°, 332 p., ill. (Faculté des Lettres de l’Université de Coimbra, Études, 29). En collaboration avec Maria Leonor PONTES, ID., Portuguese castles, Lisbonne, Ministère de la Culture, 2002; 1 vol. in-8°, 32 p. (Instituto Portugues do Patrimonio Arquitectonico. Coll. Themes. Heritage, 1).Retour

[ 35] Aldo A. SETTIA, Rapine, assedi, battaglie. La guerra nel Medioevo, Rome-Bari, Laterza, 2002; 1 vol. in-8°, 358 p. (Storia e Società).Retour


POUR CITER CET ARTICLE

Claude Gaier « Dire et faire la guerre au Moyen Âge », Le Moyen Age 3/2006 (Tome CXII), p. 643-655.
URL :
www.cairn.info/revue-le-moyen-age-2006-3-page-643.htm.
DOI : 10.3917/rma.123.0643.