2007
Le Moyen Age
Introduction
Frank Willaert
Universiteit Antwerpen
« Montrez-moi votre bibliothèque, et je vous dirai qui vous êtes. » Depuis de
longs mois, le supplément littéraire du quotidien auquel je suis abonné publie chaque semaine un article sur la bibliothèque d’un personnage connu :
un gourou de la publicité, un acteur célèbre, une créatrice de mode… Le but
est clair et le journaliste ne s’en cache pas : en présentant une collection de
livres, il vise à découvrir, derrière le personnage public, la véritable personnalité du propriétaire.
Il est fort probable que l’intérêt que porte l’historien aux bibliothèques
privées du Moyen Âge découle au moins en partie de ce même désir : faire la
rencontre d’un homme ou d’une femme, en savoir plus sur son caractère, ses
idées, ses goûts. Même si les propriétaires comptaient parmi les grands de ce
monde – comme c’était souvent le cas –, leur personnalité nous reste pourtant souvent inconnue. « Les chroniques nous renseignent sur des faits de
leurs vies et sur leurs actes de gouvernement. », écrivait jadis W.P. Gerritsen,
lorsqu’il étudiait l’inventaire des biens du comte Florent V de Hollande,
établi après son assassinat en 1296. « On peut étudier les chartes qu’ils ont
fait rédiger, les traités auxquels ils ont apposé leur sceau, on peut (avec un
peu de chance) exhumer de nombreuses données historiques – mais on ne
trouvera que rarement ou pas du tout la réponse à la question : quel genre
d’hommes étaient-ils ?
[1] »
L’inventaire dans lequel l’éminent spécialiste du moyen-néerlandais avait
mis tous ses espoirs ne répondait pas à ses attentes : parmi la vaisselle, la
literie, les jeux de table, les gants, les vêtements et les pièces d’armure, il était
seulement question d’un missel. Les premiers inventaires de bibliothèques
aristocratiques n’apparaissent en effet qu’un peu plus tard dans les anciens
Pays-Bas ; le plus ancien qu’on connaisse à ce jour est celui du comte Jean I
er
d’Avesnes, qui date de 1304. Comme le dit K. Busby dans son grand ouvrage
sur la transmission manuscrite de la littérature narrative en ancien français,
aller à la recherche de catalogues, d’inventaires et de testaments dans les
archives « would be extraordinarily interesting and equally intimidating ; it
would require a thorough investigation of huge amounts of unpublished
French, English, Flemish, and Italian archives
[2] ». Néanmoins, pour ce qui
est du territoire de la Belgique actuelle, le chercheur dispose d’un outil sans
pareil, le
Corpus Catalogorum Belgii, édité par une équipe sous la direction
d’A. Derolez, où sont reproduites toutes les listes de livres dressées au Moyen
Âge actuellement connues
[3].
Mais même quand on dispose de telles listes, il ne faut pas oublier que cel-les-ci n’ont pas été écrites pour nous et que leur interprétation reste des plus
ardues. C. Van Coolput-Storms nous le rappelle ici dans son analyse de l’inventaire des livres, assez impressionnant, du seigneur flamand et hennuyer
Godefroid de Naste († 1337). Le caractère laconique de ce document complique singulièrement l’identification de plusieurs titres et rend impossible
celle des manuscrits, qui n’ont d’ailleurs probablement pas survécu. Et toute
conclusion sur les préférences littéraires, les centres d’intérêt et la dévotion
de Godefroid doit tenir compte du fait que des livres peuvent lui avoir été
légués ou offerts et ne reflètent donc pas ses propres préférences, ou encore
que cette liste ne représente pas l’ensemble des livres qu’il possédait.
Ces réserves faites, l’image que C. Van Coolput-Storms nous donne des
goûts littéraires de ce petit noble est plutôt austère : nombre de livres de dévotion et d’ouvrages édifiants ; un désir très net de s’instruire sur l’histoire
et sur le monde ; un grand intérêt pour l’outremer, sans doute lié à l’esprit
de croisade. Par contre, peu de fiction : roman arthurien et chanson de geste
brillent par leur absence. Ce résultat, qui pourrait surprendre à première vue,
semble correspondre à ce qu’O. Collet constate à propos du manuscrit Paris,
Bibliothèque nationale de France, fr. 1553, qu’il qualifie – à juste titre, me sem-ble-t-il – de « recueil aristocratique ». Le médiéviste suisse voit ce manuscrit
comme une bibliothèque aristocratique en soi, où raison et
clergie prédominent : les textes historiques, bibliques, hagiographiques et encyclopédiques
l’emportent largement sur les narrations avant tout divertissantes (comme
les lais ou le
Roman de la Violette) ou grivoises (les fabliaux). Néanmoins, avant
de brosser du propriétaire (inconnu) un portrait où dominent le sérieux et
la dévotion, on doit se rendre compte que la chance de rencontrer dans un
manuscrit-recueil de ce type des « best-sellers » comme le
Roman de la Rose
ou le
Lancelot en prose est plutôt limitée, étant donné les dimensions de ces
Å“uvres ; tout jugement sur le profil du propriétaire reste donc extrêmement
fragile. Ceci dit, en lisant les articles de C. Van Coolput-Storms et d’O. Collet,
le germaniste que je suis ne peut s’empêcher de penser aux aristocrates de
Hollande et de Zélande qui furent les destinataires de l’
œuvre immense
du poète Jacob van Maerlant (deuxième moitié du XIII
e siècle). Avec ses
adaptations d’
œuvres latines, Maerlant voulait leur enseigner
nutscap ende
waer, l’utile et le vrai
[4]. Mais ses attaques véhémentes contre les ménestrels
et contre les mensonges « des poètes français, qui riment beaucoup mais ne
savent pas grand-chose » nous rappellent en même temps que ces nobles
avides de connaissances n’ont sans doute pas été insensibles aux charmes
d’une littérature où dominaient fiction et imagination.
Tout compte fait, leurs goûts littéraires les auront probablement orientés
vers les mêmes genres de textes que ceux que l’on voit apparaître, par exemple, dans l’inventaire des livres du comte Guillaume Ier (III) de Hainaut et
de Hollande, que maître Jean Ventura de Florence dressa vers le milieu des
années 1320 et qui est reproduit ici même dans la contribution de J. van der
Meulen. Outre la Bible, des traités moraux et religieux, des livres d’histoire
et des miroirs de prince, l’on y trouve aussi des Å“uvres narratives (comme
un romanch de Lanselot ou un romanch de Merlin) ainsi que deux chansonniers.
En prenant le ms. BnF, fr. 571 comme sujet de son article, J. van der Meulen
s’intéresse néanmoins avant tout à la section historique et politique de la
collection comtale. Le manuscrit en question, confectionné en 1325-1326
dans le cadre du mariage proche du futur Édouard III avec Philippa, fille du
comte, fut en effet conçu comme une sorte de manuel pour ce jeune couple,
qui était destiné à prendre en mains le gouvernement d’un royaume en crise.
Dans son article, J. van der Meulen peut prouver que le manuscrit fut presque
exclusivement composé de textes qui faisaient partie de la bibliothèque du
comte ou qui circulaient à sa cour.
Il est frappant de constater que ni l’inventaire des livres de Guillaume I
er
ni celui de son père Jean I
er ne mentionnent de livres en néerlandais, bien que
ces princes aient aussi été comtes de Hollande et que Melis Stoke, clerc à la
chancellerie comtale, ait dédié à Guillaume sa chronique rimée de Hollande
[5].
Il en était allé autrement en Hollande avant l’avènement des Avesnes : en
effet, tous les commanditaires des
Å“uvres de Jacob van Maerlant – parmi
lesquels le comte Florent V en personne – étaient issus de la haute aristocratie
hollandaise. Ces
Å“uvres ne semblent pas avoir suscité beaucoup d’intérêt
parmi les membres de la famille comtale flamande : dans les inventaires des
livres des comtes Gui de Dampierre et Robert de Béthune, par exemple, on
ne trouve pas un seul livre en néerlandais, seulement
une piel de parchemin
enrolee a ymagenees et escripture en flament
[6]. Et pourtant, celui que le clerc anversois Jan van Boendale appela plus tard « le père de tous les poètes thiois »
était lui-même originaire de Bruges ou de la région.
Il y a bien sûr quelques autres indications qui font présumer que la littérature néerlandaise ne leur était pas complètement inconnue, mais elles sont
minces. On a notamment évoqué les décorations marginales, visiblement
apparentées, représentant un lièvre lisant un livre entre les pattes d’un
renard, que l’on trouve dans le psautier de Gui de Dampierre (Bruxelles,
Bibliothèque royale de Belgique, 10607) et dans le manuscrit du
Lancelot
en prose New Haven, Yale University, Beinecke Library 229, commandité
par Guillaume de Termonde, son second fils
[7]. Ces illustrations doivent
avoir été inspirées par un passage qui ne se trouve que dans l’adaptation
en flamand de la première branche du
Roman de Renart. Les enlumineurs
auraient-ils peint cette scène, si leurs destinataires en ignoraient le sens ? Et
le fait que Jean de Flandre, un autre fils de Gui, prévôt de Saint-Donatien à
Bruges et futur évêque de Liège, a fait traduire en latin ce même
Vanden vos
Reynaerde, ne confirme-t-il pas l’hypothèse que ce chef-d’
Å“uvre de la littérature néerlandaise était connu et apprécié de la famille comtale
[8] ? S’agit-il
d’un cas exceptionnel ou peut-on en conclure que la littérature d’expression
néerlandaise avait tout de même une place (modeste) dans l’entourage des
Dampierre ?
Dans sa contribution, R. Sleiderink soulève la même question par rapport
à la cour des ducs de Brabant dans la seconde moitié du XIII
e et la première
moitié du XIV
e siècle. R. Sleiderink rejette l’idée selon laquelle la chronique
rimée sur la bataille de Woeringen de Jan van Heelu et les neuf chansons du
duc Jean I
er prouveraient que, sous le règne de ce dernier, la cour de Brabant
serait devenue un foyer des lettres néerlandaises
[9]. Selon lui, ce n’est qu’à
partir de l’avènement de Jean III que l’on assiste à l’essor d’une littérature
narrative en moyen-néerlandais, dont au moins une partie doit avoir été
écrite dans l’entourage du duc ou à la demande de nobles brabançons.
Cette floraison de textes en néerlandais qui célèbrent souvent un « nationalisme » brabançon serait à mettre en rapport avec la situation politique et
économique difficile dans laquelle se trouvait le duché et qui exigeait que
les Brabançons forment un front uni autour de la maison ducale. Quant aux
œuvres moralisatrices, didactiques et historiques du clerc anversois Jan van
Boendale, dédiées au duc ou à des nobles brabançons, celles-ci exprimeraient
avant tout le point de vue des élites urbaines et pourraient être considérées
comme « autant de tentatives de la ville d’influencer la politique et les options
culturelles » du duc
[10].
Pour les décennies autour de 1300, la notion de « bibliothèque aristocratique » s’avère donc un peu insaisissable. En effet, dans les trois articles
qu’on vient de discuter, seule la collection de livres de Godefroid de Naste
peut être qualifiée de « bibliothèque » dans l’acception habituelle de ce mot,
tandis qu’O. Collet applique ce terme à des textes divers recueillis dans un
seul manuscrit, et que R. Sleiderink, faute de données plus précises, doit se
contenter d’une approche globalisante ou se fier à des mentions de commanditaires ou à des dédicaces. Les trois autres articles par contre nous amènent
à ce que H. Wijsman appelle « l’âge d’or des bibliothèques nobiliaires », donc
à l’époque bourguignonne. Le médiéviste formule l’hypothèse que, dans
l’entourage des ducs Philippe le Bon et Charles le Téméraire, c’est toute une
génération de jeunes nobles – et non pas quelques collectionneurs fameux
que l’on voit fréquemment mentionnés – qui manifestent un goût pour la
bibliophilie et font exécuter des manuscrits richement enluminés. Plus que
jamais, la bibliothèque devient un moyen de se distinguer pour une élite
choisie que l’on peut pratiquement identifier aux membres de l’Ordre de la
Toison d’or. H. Wijsman étaye sa thèse en reconstruisant la bibliothèque de
l’un d’entre eux, Pierre de Luxembourg, qui n’était jusqu’ici associé qu’à un
seul manuscrit. Grâce à une étude minutieuse, il démontre que les marques
de propriété de ce seigneur (signature, monogramme, armoiries) ont quelquefois été modifiées ou escamotées par la suite et qu’au moins sept ou huit
manuscrits enluminés doivent avoir été réalisés à sa demande. Si l’on tient
compte du fait que celui-ci avait hérité d’au moins vingt et un volumes de
son père Louis, sa bibliothèque doit donc avoir pris des dimensions considérables pour l’époque.
La plupart des textes copiés dans ces manuscrits de luxe appartiennent
à un canon relativement bien délimité. Si H. Wijsman part à la recherche
de manuscrits afin de reconstituer une bibliothèque, A.M. Legaré suit pour
ainsi dire le chemin inverse en étudiant la réception, dans les bibliothèques
bourguignonnes, de deux de ces textes canoniques, le poème des Eschés
amoureux et son commentaire en prose, le Livre des Eschez amoureux moralisés.
Son enquête nous apprend que ces deux Å“uvres sont entrées très tôt dans la
collection ducale, et qu’elles ont fait leur apparition par après dans d’autres
bibliothèques aristocratiques, entre autres celles des Rolin, des Luxembourg,
des Orange-Nassau et des Croÿ.
On peut se demander si ces livres pour bibliophiles ont toujours été lus.
Les plus magnifiques ont sans doute surtout servi à faire la démonstration
de la richesse et du pouvoir de leurs propriétaires. Plusieurs ont été utilisés
comme cadeaux somptueux, marquant la reconnaissance du donateur pour
des services rendus ou sa volonté d’obliger le destinataire. Mais ce serait
certainement une erreur de généraliser. Dans sa contribution, V. Minet-Mahy
étudie le cas du manuscrit Bruxelles, Bibliothèque royale de Belgique, 10308,
un don de Philippe le Bon à son épouse Isabelle de Portugal, dans lequel le
Mortifiement de vaine plaisance de René d’Anjou apparaît en compagnie de
la Mendicité spirituelle de Jean Gerson ; elle se demande ce que cette juxtaposition peut nous apprendre sur la « cartographie mentale » de la lectrice.
Selon elle, dans le nouveau contexte de ce manuscrit, le texte de Gerson
qui était originairement destiné à la prédication pour des gens simples, des
béguines et des religieuses, s’inscrit maintenant dans une « spiritualisation »
de l’éthique aristocratique, dans laquelle la purification des désirs terrestres
et la quête spirituelle de Dieu occupent une place centrale.
Une librairie médiévale peut-elle nous éclairer sur la personnalité de son
propriétaire, comme l’espérait W.P. Gerritsen ? Sur la base des études réunies
ici, je serais tenté de dire : peut-être moins qu’on ne le souhaiterait. Même le
seigneur de Naste, dont nous espérions connaître les préférences littéraires,
s’est avéré un représentant typique d’une mentalité et d’une époque plutôt
qu’un individu bien concret. Dans le domaine des études médiévales, l’historien qui tente de sonder une bibliothèque afin de faire la rencontre d’un
individu, risque toujours de mettre le siège devant une forteresse désertée,
un « lieu vide
[11] ». Plus que sur des individus, ces collections nous renseignent
sur l’esprit d’un groupe, sur des aspirations politiques, sur un souci de dévotion ordinaire, bref sur tout le climat culturel dans lequel vivaient leurs
propriétaires et qui les façonnait.
À l’exception de la contribution de V. Minet-Mahy, tous les articles publiés
ici sont des adaptations de conférences, prononcées lors de la journée
d’étude organisée le 20 octobre 2006 au Palais des Académies à Bruxelles
par la section belge de la Société Internationale de Littérature Courtoise
(SILC), et placée sous le patronage de la Koninklijke Vlaamse Academie van
België voor Wetenschappen en Kunsten et l’Académie royale des Sciences,
des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique. Je voudrais remercier les deux
Académies, pour leur hospitalité et l’aide financière qu’elles nous ont apportée. Je tiens en particulier à exprimer ma reconnaissance à Mademoiselle
M. Tyssens, Présidente de l’Académie royale de Belgique, qui nous a offert
spontanément l’appui de son Académie et qui a bien voulu présider à nos
travaux. Lors du colloque, Messieurs A. Derolez, Membre de la Koninklijke
Vlaamse Academie van België et J.M. d’Heur, Président de la section belge
de la SILC, ont soutenu notre initiative en acceptant de prononcer une allocution au début de la journée. Une aide financière de la « Onderzoekseenheid
Literatuurwetenschap : Nederlandse literatuurstudie » (K.U.Leuven) a facilité la publication rapide des Actes. Je remercie aussi mes collègues du comité
organisateur, A. Faems (K.U.Leuven/FWO), V. Minet-Mahy (Université
catholique de Louvain/FNRS et Universiteit Antwerpen), R. Sleiderink
(Hogeschool-Universiteit Brussel), et surtout C. Van Coolput-Storms
(Université catholique de Louvain et Hogeschool-Universiteit Brussel) pour
l’ambiance amicale et enthousiaste dans laquelle nous avons pu organiser
cette journée d’étude. Mes remerciements vont enfin à la revue Le Moyen Âge
qui a offert aux Actes de cette journée d’étude la meilleure tribune qui soit et
à son énergique Directeur de la publication, Monsieur A. Marchandisse, qui
n’a cessé d’apporter aux éditrices son concours efficace et bienveillant.
[1]
W.P. GERRITSEN, Wat voor boeken zou Floris V gelezen hebben ?,
Floris V. Leven,
wonen en werken in Holland aan het eind van de dertiende eeuw. Acht voordrachten gehouden
tijdens een symposium te Muiderberg, 29 en 30 september 1978, La Haye, 1979, p. 71-86,
ici p. 74.
[2]
K. BUSBY,
Codex and Context. Reading Old French Verse Narrative in Manuscript,
t. 2, Amsterdam-New York, 2002, p. 637.
[3]
Corpus Catalogorum Belgii.
The Medieval Booklists of the Southern Low
Countries, éd. A. DEROLEZ
et AL., 4 vol., Bruxelles, 1994-2001. Le t. 5, qui présentera les
inventaires des livres des ducs de Bourgogne au XV
e siècle, est en cours d’achèvement. Il est un peu surprenant que K. Busby ne se réfère pas à ce travail dans son
livre pourtant très bien documenté.
[4]
Sur l’
œuvre de Jacob van Maerlant, voir le livre remarquable de F. VAN
OOSTROM,
Maerlants wereld, Amsterdam, 1996, maintes fois réimprimé.
[5]
Rijmkroniek van Holland (366-1305) door een anonieme auteur en Melis Stoke, éd.
J.W.J. BURGERS, La Haye, 2004, p. X.
[6]
Corpus Catalogorum Belgii, t. 3,
Counts of Flanders, Provinces of East Flanders,
Antwerp and Limburg, p. 21, n° 2 (inventaire de Robert de Béthune).
[7]
A.T. BOUWMAN,
Reinaert en Renart. Het dierenepos Van den vos Reynaerde vergeleken met de Oudfranse Roman de Renart, t. 2, Amsterdam, p. 567 n. 34 ; J.D. JANSSENS,
Marginaaltjes in het Gentse… ? Middelnederlandse literatuur als cultuurgeschiedenis,
Cultuurhistorische Caleidoscoop aangeboden aan Prof. Dr. Willy L. Braekman, éd.
C. DE BACKER, Gand, 1992, p. 313-342, en particulier p. 334-336 ; J. JANSSENS et R. VAN
DAELE,
Reinaerts streken. Van 2000 voor tot 2000 na Christus, Louvain, 2001, p. 57-59 ;
M. MEUWESE, The secret history of the fox and the hare in Trinity B.11.22,
Medieval
Manuscripts in Transition. Tradition and creative Recycling, éd. G.H.M. CLAASSENS et
W. VERBEKE, Louvain, 2006, p. 179-195. La même représentation se trouve dans un
troisième manuscrit dont la provenance flamande ne fait pas de doute : DUBLIN,
Chester Beatty Library, ms. 61, fol. 61 r°.
[8]
Notons toutefois que M. Meuwese (
ibid., p. 187-189) se montre plus prudente en affirmant que la représentation indique seulement que les enlumineurs
connaissaient le
Vanden vos Reynaerde flamand ou une version orale de l’épisode en
question, et qu’ils y trouvaient un vilain plaisir. Quant à savoir si les propriétaires
du manuscrit ont compris le sens de l’illustration, elle se limite à la constatation que
« unfortunately, it is almost impossible to tell whether such nodding references were
always understood by medieval readers, and what the response will have been ».
[9]
Pour la chronique, voir la démonstration de R. Sleiderink ici même. Quant
à la poésie lyrique de Jean I
er, qu’il me soit permis de renvoyer à mon article Entre
trouvères et Minnesänger : la poésie de Jean I
er, duc de Brabant,
Courtly Literature.
Culture and Context. Selected papers from the 5th Triennial Congress of the International
Courtly Literature Society, Dalfsen, The Netherlands, 9-16 August, 1986, éd. K. BUSBY et
E. KOOPER, Amsterdam-Philadelphie, 1990, p. 585-594, où j’ai essayé de démontrer
que ces chansons d’amour étaient destinées, non pas à la cour de Bruxelles, mais à
un public de nobles mosans et d’outre-Rhin, qui soutenaient la politique « lotharingienne » de Jean I
er.
[10]
Je cite ici le résumé en français du livre de R. SLEIDERINK,
De stem van de meester.
De hertogen van Brabant en hun rol in het literaire leven (1106-1430), Amsterdam, 2003,
p. 237. Cette publication est également disponible en ligne : h
http :// www. kubrussel.
ac.be/onderwijs/personeel/sleiderink/sleiderink_stem_van_de_meester.pdf
[11]
J’emprunte ici le titre d’un compte rendu du critique littéraire K. FENS, De
belegering van een leegte, paru dans
De Volkskrant du 4 mars 1996, du livre de F. VAN
OOSTROM sur Jacob van Maerlant, mentionné à la n. 4.