Le Moyen Age
De Boeck Université

I.S.B.N.9782804154684
330 pages

p. 473 à 479
doi: en cours

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Tome CXIII 2007/3-4

2007 Le Moyen Age

Introduction

Frank Willaert Universiteit Antwerpen
« Montrez-moi votre bibliothèque, et je vous dirai qui vous êtes. » Depuis de longs mois, le supplément littéraire du quotidien auquel je suis abonné publie chaque semaine un article sur la bibliothèque d’un personnage connu : un gourou de la publicité, un acteur célèbre, une créatrice de mode… Le but est clair et le journaliste ne s’en cache pas : en présentant une collection de livres, il vise à découvrir, derrière le personnage public, la véritable personnalité du propriétaire.
Il est fort probable que l’intérêt que porte l’historien aux bibliothèques privées du Moyen Âge découle au moins en partie de ce même désir : faire la rencontre d’un homme ou d’une femme, en savoir plus sur son caractère, ses idées, ses goûts. Même si les propriétaires comptaient parmi les grands de ce monde – comme c’était souvent le cas –, leur personnalité nous reste pourtant souvent inconnue. « Les chroniques nous renseignent sur des faits de leurs vies et sur leurs actes de gouvernement. », écrivait jadis W.P. Gerritsen, lorsqu’il étudiait l’inventaire des biens du comte Florent V de Hollande, établi après son assassinat en 1296. « On peut étudier les chartes qu’ils ont fait rédiger, les traités auxquels ils ont apposé leur sceau, on peut (avec un peu de chance) exhumer de nombreuses données historiques – mais on ne trouvera que rarement ou pas du tout la réponse à la question : quel genre d’hommes étaient-ils ? [1] »
L’inventaire dans lequel l’éminent spécialiste du moyen-néerlandais avait mis tous ses espoirs ne répondait pas à ses attentes : parmi la vaisselle, la literie, les jeux de table, les gants, les vêtements et les pièces d’armure, il était seulement question d’un missel. Les premiers inventaires de bibliothèques aristocratiques n’apparaissent en effet qu’un peu plus tard dans les anciens Pays-Bas ; le plus ancien qu’on connaisse à ce jour est celui du comte Jean Ier d’Avesnes, qui date de 1304. Comme le dit K. Busby dans son grand ouvrage sur la transmission manuscrite de la littérature narrative en ancien français, aller à la recherche de catalogues, d’inventaires et de testaments dans les archives « would be extraordinarily interesting and equally intimidating ; it would require a thorough investigation of huge amounts of unpublished French, English, Flemish, and Italian archives [2] ». Néanmoins, pour ce qui est du territoire de la Belgique actuelle, le chercheur dispose d’un outil sans pareil, le Corpus Catalogorum Belgii, édité par une équipe sous la direction d’A. Derolez, où sont reproduites toutes les listes de livres dressées au Moyen Âge actuellement connues [3].
Mais même quand on dispose de telles listes, il ne faut pas oublier que cel-les-ci n’ont pas été écrites pour nous et que leur interprétation reste des plus ardues. C. Van Coolput-Storms nous le rappelle ici dans son analyse de l’inventaire des livres, assez impressionnant, du seigneur flamand et hennuyer Godefroid de Naste († 1337). Le caractère laconique de ce document complique singulièrement l’identification de plusieurs titres et rend impossible celle des manuscrits, qui n’ont d’ailleurs probablement pas survécu. Et toute conclusion sur les préférences littéraires, les centres d’intérêt et la dévotion de Godefroid doit tenir compte du fait que des livres peuvent lui avoir été légués ou offerts et ne reflètent donc pas ses propres préférences, ou encore que cette liste ne représente pas l’ensemble des livres qu’il possédait.
Ces réserves faites, l’image que C. Van Coolput-Storms nous donne des goûts littéraires de ce petit noble est plutôt austère : nombre de livres de dévotion et d’ouvrages édifiants ; un désir très net de s’instruire sur l’histoire et sur le monde ; un grand intérêt pour l’outremer, sans doute lié à l’esprit de croisade. Par contre, peu de fiction : roman arthurien et chanson de geste brillent par leur absence. Ce résultat, qui pourrait surprendre à première vue, semble correspondre à ce qu’O. Collet constate à propos du manuscrit Paris, Bibliothèque nationale de France, fr. 1553, qu’il qualifie – à juste titre, me sem-ble-t-il – de « recueil aristocratique ». Le médiéviste suisse voit ce manuscrit comme une bibliothèque aristocratique en soi, où raison et clergie prédominent : les textes historiques, bibliques, hagiographiques et encyclopédiques l’emportent largement sur les narrations avant tout divertissantes (comme les lais ou le Roman de la Violette) ou grivoises (les fabliaux). Néanmoins, avant de brosser du propriétaire (inconnu) un portrait où dominent le sérieux et la dévotion, on doit se rendre compte que la chance de rencontrer dans un manuscrit-recueil de ce type des « best-sellers » comme le Roman de la Rose ou le Lancelot en prose est plutôt limitée, étant donné les dimensions de ces Å“uvres ; tout jugement sur le profil du propriétaire reste donc extrêmement fragile. Ceci dit, en lisant les articles de C. Van Coolput-Storms et d’O. Collet, le germaniste que je suis ne peut s’empêcher de penser aux aristocrates de Hollande et de Zélande qui furent les destinataires de l’Å“uvre immense du poète Jacob van Maerlant (deuxième moitié du XIIIe siècle). Avec ses adaptations d’Å“uvres latines, Maerlant voulait leur enseigner nutscap ende waer, l’utile et le vrai [4]. Mais ses attaques véhémentes contre les ménestrels et contre les mensonges « des poètes français, qui riment beaucoup mais ne savent pas grand-chose » nous rappellent en même temps que ces nobles avides de connaissances n’ont sans doute pas été insensibles aux charmes d’une littérature où dominaient fiction et imagination.
Tout compte fait, leurs goûts littéraires les auront probablement orientés vers les mêmes genres de textes que ceux que l’on voit apparaître, par exemple, dans l’inventaire des livres du comte Guillaume Ier (III) de Hainaut et de Hollande, que maître Jean Ventura de Florence dressa vers le milieu des années 1320 et qui est reproduit ici même dans la contribution de J. van der Meulen. Outre la Bible, des traités moraux et religieux, des livres d’histoire et des miroirs de prince, l’on y trouve aussi des Å“uvres narratives (comme un romanch de Lanselot ou un romanch de Merlin) ainsi que deux chansonniers. En prenant le ms. BnF, fr. 571 comme sujet de son article, J. van der Meulen s’intéresse néanmoins avant tout à la section historique et politique de la collection comtale. Le manuscrit en question, confectionné en 1325-1326 dans le cadre du mariage proche du futur Édouard III avec Philippa, fille du comte, fut en effet conçu comme une sorte de manuel pour ce jeune couple, qui était destiné à prendre en mains le gouvernement d’un royaume en crise. Dans son article, J. van der Meulen peut prouver que le manuscrit fut presque exclusivement composé de textes qui faisaient partie de la bibliothèque du comte ou qui circulaient à sa cour.
Il est frappant de constater que ni l’inventaire des livres de Guillaume Ier ni celui de son père Jean Ier ne mentionnent de livres en néerlandais, bien que ces princes aient aussi été comtes de Hollande et que Melis Stoke, clerc à la chancellerie comtale, ait dédié à Guillaume sa chronique rimée de Hollande [5]. Il en était allé autrement en Hollande avant l’avènement des Avesnes : en effet, tous les commanditaires des Å“uvres de Jacob van Maerlant – parmi lesquels le comte Florent V en personne – étaient issus de la haute aristocratie hollandaise. Ces Å“uvres ne semblent pas avoir suscité beaucoup d’intérêt parmi les membres de la famille comtale flamande : dans les inventaires des livres des comtes Gui de Dampierre et Robert de Béthune, par exemple, on ne trouve pas un seul livre en néerlandais, seulement une piel de parchemin enrolee a ymagenees et escripture en flament [6]. Et pourtant, celui que le clerc anversois Jan van Boendale appela plus tard « le père de tous les poètes thiois » était lui-même originaire de Bruges ou de la région.
Il y a bien sûr quelques autres indications qui font présumer que la littérature néerlandaise ne leur était pas complètement inconnue, mais elles sont minces. On a notamment évoqué les décorations marginales, visiblement apparentées, représentant un lièvre lisant un livre entre les pattes d’un renard, que l’on trouve dans le psautier de Gui de Dampierre (Bruxelles, Bibliothèque royale de Belgique, 10607) et dans le manuscrit du Lancelot en prose New Haven, Yale University, Beinecke Library 229, commandité par Guillaume de Termonde, son second fils [7]. Ces illustrations doivent avoir été inspirées par un passage qui ne se trouve que dans l’adaptation en flamand de la première branche du Roman de Renart. Les enlumineurs auraient-ils peint cette scène, si leurs destinataires en ignoraient le sens ? Et le fait que Jean de Flandre, un autre fils de Gui, prévôt de Saint-Donatien à Bruges et futur évêque de Liège, a fait traduire en latin ce même Vanden vos Reynaerde, ne confirme-t-il pas l’hypothèse que ce chef-d’Å“uvre de la littérature néerlandaise était connu et apprécié de la famille comtale [8] ? S’agit-il d’un cas exceptionnel ou peut-on en conclure que la littérature d’expression néerlandaise avait tout de même une place (modeste) dans l’entourage des Dampierre ?
Dans sa contribution, R. Sleiderink soulève la même question par rapport à la cour des ducs de Brabant dans la seconde moitié du XIIIe et la première moitié du XIVe siècle. R. Sleiderink rejette l’idée selon laquelle la chronique rimée sur la bataille de Woeringen de Jan van Heelu et les neuf chansons du duc Jean Ier prouveraient que, sous le règne de ce dernier, la cour de Brabant serait devenue un foyer des lettres néerlandaises [9]. Selon lui, ce n’est qu’à partir de l’avènement de Jean III que l’on assiste à l’essor d’une littérature narrative en moyen-néerlandais, dont au moins une partie doit avoir été écrite dans l’entourage du duc ou à la demande de nobles brabançons. Cette floraison de textes en néerlandais qui célèbrent souvent un « nationalisme » brabançon serait à mettre en rapport avec la situation politique et économique difficile dans laquelle se trouvait le duché et qui exigeait que les Brabançons forment un front uni autour de la maison ducale. Quant aux Å“uvres moralisatrices, didactiques et historiques du clerc anversois Jan van Boendale, dédiées au duc ou à des nobles brabançons, celles-ci exprimeraient avant tout le point de vue des élites urbaines et pourraient être considérées comme « autant de tentatives de la ville d’influencer la politique et les options culturelles » du duc [10].
Pour les décennies autour de 1300, la notion de « bibliothèque aristocratique » s’avère donc un peu insaisissable. En effet, dans les trois articles qu’on vient de discuter, seule la collection de livres de Godefroid de Naste peut être qualifiée de « bibliothèque » dans l’acception habituelle de ce mot, tandis qu’O. Collet applique ce terme à des textes divers recueillis dans un seul manuscrit, et que R. Sleiderink, faute de données plus précises, doit se contenter d’une approche globalisante ou se fier à des mentions de commanditaires ou à des dédicaces. Les trois autres articles par contre nous amènent à ce que H. Wijsman appelle « l’âge d’or des bibliothèques nobiliaires », donc à l’époque bourguignonne. Le médiéviste formule l’hypothèse que, dans l’entourage des ducs Philippe le Bon et Charles le Téméraire, c’est toute une génération de jeunes nobles – et non pas quelques collectionneurs fameux que l’on voit fréquemment mentionnés – qui manifestent un goût pour la bibliophilie et font exécuter des manuscrits richement enluminés. Plus que jamais, la bibliothèque devient un moyen de se distinguer pour une élite choisie que l’on peut pratiquement identifier aux membres de l’Ordre de la Toison d’or. H. Wijsman étaye sa thèse en reconstruisant la bibliothèque de l’un d’entre eux, Pierre de Luxembourg, qui n’était jusqu’ici associé qu’à un seul manuscrit. Grâce à une étude minutieuse, il démontre que les marques de propriété de ce seigneur (signature, monogramme, armoiries) ont quelquefois été modifiées ou escamotées par la suite et qu’au moins sept ou huit manuscrits enluminés doivent avoir été réalisés à sa demande. Si l’on tient compte du fait que celui-ci avait hérité d’au moins vingt et un volumes de son père Louis, sa bibliothèque doit donc avoir pris des dimensions considérables pour l’époque.
La plupart des textes copiés dans ces manuscrits de luxe appartiennent à un canon relativement bien délimité. Si H. Wijsman part à la recherche de manuscrits afin de reconstituer une bibliothèque, A.M. Legaré suit pour ainsi dire le chemin inverse en étudiant la réception, dans les bibliothèques bourguignonnes, de deux de ces textes canoniques, le poème des Eschés amoureux et son commentaire en prose, le Livre des Eschez amoureux moralisés. Son enquête nous apprend que ces deux Å“uvres sont entrées très tôt dans la collection ducale, et qu’elles ont fait leur apparition par après dans d’autres bibliothèques aristocratiques, entre autres celles des Rolin, des Luxembourg, des Orange-Nassau et des Croÿ.
On peut se demander si ces livres pour bibliophiles ont toujours été lus. Les plus magnifiques ont sans doute surtout servi à faire la démonstration de la richesse et du pouvoir de leurs propriétaires. Plusieurs ont été utilisés comme cadeaux somptueux, marquant la reconnaissance du donateur pour des services rendus ou sa volonté d’obliger le destinataire. Mais ce serait certainement une erreur de généraliser. Dans sa contribution, V. Minet-Mahy étudie le cas du manuscrit Bruxelles, Bibliothèque royale de Belgique, 10308, un don de Philippe le Bon à son épouse Isabelle de Portugal, dans lequel le Mortifiement de vaine plaisance de René d’Anjou apparaît en compagnie de la Mendicité spirituelle de Jean Gerson ; elle se demande ce que cette juxtaposition peut nous apprendre sur la « cartographie mentale » de la lectrice. Selon elle, dans le nouveau contexte de ce manuscrit, le texte de Gerson qui était originairement destiné à la prédication pour des gens simples, des béguines et des religieuses, s’inscrit maintenant dans une « spiritualisation » de l’éthique aristocratique, dans laquelle la purification des désirs terrestres et la quête spirituelle de Dieu occupent une place centrale.
Une librairie médiévale peut-elle nous éclairer sur la personnalité de son propriétaire, comme l’espérait W.P. Gerritsen ? Sur la base des études réunies ici, je serais tenté de dire : peut-être moins qu’on ne le souhaiterait. Même le seigneur de Naste, dont nous espérions connaître les préférences littéraires, s’est avéré un représentant typique d’une mentalité et d’une époque plutôt qu’un individu bien concret. Dans le domaine des études médiévales, l’historien qui tente de sonder une bibliothèque afin de faire la rencontre d’un individu, risque toujours de mettre le siège devant une forteresse désertée, un « lieu vide [11] ». Plus que sur des individus, ces collections nous renseignent sur l’esprit d’un groupe, sur des aspirations politiques, sur un souci de dévotion ordinaire, bref sur tout le climat culturel dans lequel vivaient leurs propriétaires et qui les façonnait.
À l’exception de la contribution de V. Minet-Mahy, tous les articles publiés ici sont des adaptations de conférences, prononcées lors de la journée d’étude organisée le 20 octobre 2006 au Palais des Académies à Bruxelles par la section belge de la Société Internationale de Littérature Courtoise (SILC), et placée sous le patronage de la Koninklijke Vlaamse Academie van België voor Wetenschappen en Kunsten et l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique. Je voudrais remercier les deux Académies, pour leur hospitalité et l’aide financière qu’elles nous ont apportée. Je tiens en particulier à exprimer ma reconnaissance à Mademoiselle M. Tyssens, Présidente de l’Académie royale de Belgique, qui nous a offert spontanément l’appui de son Académie et qui a bien voulu présider à nos travaux. Lors du colloque, Messieurs A. Derolez, Membre de la Koninklijke Vlaamse Academie van België et J.M. d’Heur, Président de la section belge de la SILC, ont soutenu notre initiative en acceptant de prononcer une allocution au début de la journée. Une aide financière de la « Onderzoekseenheid Literatuurwetenschap : Nederlandse literatuurstudie » (K.U.Leuven) a facilité la publication rapide des Actes. Je remercie aussi mes collègues du comité organisateur, A. Faems (K.U.Leuven/FWO), V. Minet-Mahy (Université catholique de Louvain/FNRS et Universiteit Antwerpen), R. Sleiderink (Hogeschool-Universiteit Brussel), et surtout C. Van Coolput-Storms (Université catholique de Louvain et Hogeschool-Universiteit Brussel) pour l’ambiance amicale et enthousiaste dans laquelle nous avons pu organiser cette journée d’étude. Mes remerciements vont enfin à la revue Le Moyen Âge qui a offert aux Actes de cette journée d’étude la meilleure tribune qui soit et à son énergique Directeur de la publication, Monsieur A. Marchandisse, qui n’a cessé d’apporter aux éditrices son concours efficace et bienveillant.
 
NOTES
 
[1]W.P. GERRITSEN, Wat voor boeken zou Floris V gelezen hebben ?, Floris V. Leven, wonen en werken in Holland aan het eind van de dertiende eeuw. Acht voordrachten gehouden tijdens een symposium te Muiderberg, 29 en 30 september 1978, La Haye, 1979, p. 71-86, ici p. 74.
[2]K. BUSBY, Codex and Context. Reading Old French Verse Narrative in Manuscript, t. 2, Amsterdam-New York, 2002, p. 637.
[3]Corpus Catalogorum Belgii. The Medieval Booklists of the Southern Low Countries, éd. A. DEROLEZ et AL., 4 vol., Bruxelles, 1994-2001. Le t. 5, qui présentera les inventaires des livres des ducs de Bourgogne au XVe siècle, est en cours d’achèvement. Il est un peu surprenant que K. Busby ne se réfère pas à ce travail dans son livre pourtant très bien documenté.
[4]Sur l’Å“uvre de Jacob van Maerlant, voir le livre remarquable de F. VAN OOSTROM, Maerlants wereld, Amsterdam, 1996, maintes fois réimprimé.
[5]Rijmkroniek van Holland (366-1305) door een anonieme auteur en Melis Stoke, éd. J.W.J. BURGERS, La Haye, 2004, p. X.
[6]Corpus Catalogorum Belgii, t. 3, Counts of Flanders, Provinces of East Flanders, Antwerp and Limburg, p. 21, n° 2 (inventaire de Robert de Béthune).
[7]A.T. BOUWMAN, Reinaert en Renart. Het dierenepos Van den vos Reynaerde vergeleken met de Oudfranse Roman de Renart, t. 2, Amsterdam, p. 567 n. 34 ; J.D. JANSSENS, Marginaaltjes in het Gentse… ? Middelnederlandse literatuur als cultuurgeschiedenis, Cultuurhistorische Caleidoscoop aangeboden aan Prof. Dr. Willy L. Braekman, éd. C. DE BACKER, Gand, 1992, p. 313-342, en particulier p. 334-336 ; J. JANSSENS et R. VAN DAELE, Reinaerts streken. Van 2000 voor tot 2000 na Christus, Louvain, 2001, p. 57-59 ; M. MEUWESE, The secret history of the fox and the hare in Trinity B.11.22, Medieval Manuscripts in Transition. Tradition and creative Recycling, éd. G.H.M. CLAASSENS et W. VERBEKE, Louvain, 2006, p. 179-195. La même représentation se trouve dans un troisième manuscrit dont la provenance flamande ne fait pas de doute : DUBLIN, Chester Beatty Library, ms. 61, fol. 61 r°.
[8]Notons toutefois que M. Meuwese (ibid., p. 187-189) se montre plus prudente en affirmant que la représentation indique seulement que les enlumineurs connaissaient le Vanden vos Reynaerde flamand ou une version orale de l’épisode en question, et qu’ils y trouvaient un vilain plaisir. Quant à savoir si les propriétaires du manuscrit ont compris le sens de l’illustration, elle se limite à la constatation que « unfortunately, it is almost impossible to tell whether such nodding references were always understood by medieval readers, and what the response will have been ».
[9]Pour la chronique, voir la démonstration de R. Sleiderink ici même. Quant à la poésie lyrique de Jean Ier, qu’il me soit permis de renvoyer à mon article Entre trouvères et Minnesänger : la poésie de Jean Ier, duc de Brabant, Courtly Literature. Culture and Context. Selected papers from the 5th Triennial Congress of the International Courtly Literature Society, Dalfsen, The Netherlands, 9-16 August, 1986, éd. K. BUSBY et E. KOOPER, Amsterdam-Philadelphie, 1990, p. 585-594, où j’ai essayé de démontrer que ces chansons d’amour étaient destinées, non pas à la cour de Bruxelles, mais à un public de nobles mosans et d’outre-Rhin, qui soutenaient la politique « lotharingienne » de Jean Ier.
[10]Je cite ici le résumé en français du livre de R. SLEIDERINK, De stem van de meester. De hertogen van Brabant en hun rol in het literaire leven (1106-1430), Amsterdam, 2003, p. 237. Cette publication est également disponible en ligne : hhttp :// www. kubrussel. ac.be/onderwijs/personeel/sleiderink/sleiderink_stem_van_de_meester.pdf
[11]J’emprunte ici le titre d’un compte rendu du critique littéraire K. FENS, De belegering van een leegte, paru dans De Volkskrant du 4 mars 1996, du livre de F. VAN OOSTROM sur Jacob van Maerlant, mentionné à la n. 4.
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