- Quand la peopolisation des hommes politiques a-t-elle commencé ?
- La télévision de l'intimité
- Marie-Antoinette, côté bling-bling et côté trash
Recherches récentes Mes recherches
Cet article.
Version électronique
| Quand la peopolisation des hommes politiques a-t-elle commencé ? par Christian Delporte |
5 € |
Version électronique : l'article est immédiatement accessible
en ligne en texte intégral.
Recevez des alertes automatiques relatives à cet article.
S'inscrire Alertes e-mail - Le Temps des médias Cairn.info respecte votre vie privéeL’utilisation en France de la vie privée à des fins de communication politique s’est systématisée depuis une trentaine d’années mais en réalité, c’est un phénomène beaucoup plus ancien, dont l’éclosion au xixe siècle coïncide avec la mise en place des modalités du journalisme moderne. L’émergence du reportage-interview et les progrès de l’illustration de presse favorisent un traitement journalistique se voulant plus proche de l’homme qui se cache derrière la fonction politique : les élus sont le plus souvent dépeints dans leur foyer, à travers leurs habitudes domestiques. Des échos mondains des grands quotidiens généralistes ou spécialisés (Gil Blas) des années 1880-1890, aux célèbres opérations séduction de Valéry Giscard d’Estaing, en passant par la vedettisation des dirigeants français ou étrangers dans les revues d’évasion de l’entre-deux-guerres, les médias français n’ont jamais vraiment hésité à mettre en scène la vie privée des hommes politiques. Cependant, cette tendance s’est largement renforcée à la fin de la IVe République, en raison d’une crise de la représentation propice à la recherche d’un homme fort, puis sous la Ve République, dont les institutions commandent désormais la personnalisation du pouvoir.
The promotion of politicians’ private lives may have increased in the past thirty years but the phenomenon dates in fact from the end of the 19th century when the hallmarks of modern journalism first appeared. The emergence of two genres, the interview and reportage, and advances in the visual techniques of newspaper make-up and lay-out enabled journalists to highlight the “the man behind the façade”, the domestic settings of those who wield power. From the gossip columns of general interest and specialist newspapers (Gil Blas), in the 1880s and 1890s, through to the well-known stage-managed communication stunts of Valéry Giscard d’Estaing, and including, during the inter-war years, the star-treatment given to French and foreign leaders in escapist magazines and reviews, the French media have never truly refrained from highlighting the private lives of top politicians. This trend increased as the fourth republic neared its end, because of the crisis in representative parliamentary democracy and the search for a providential father-figure, and during the fifht republic whose very institutions call for the personalisation of power-politics.