Le Temps des médias 2012/1
Le Temps des médias
2012/1 (n° 18)
280 pages
Editeur
I.S.B.N. 9782365833202
DOI 10.3917/tdm.018.0235
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Berna Günen, The European Press Coverage of the War in Bosnia-Herzegovina (La guerre en Bosnie-Herzégovine dans la presse européenne), Sciences Po Paris (dir. Maurice Vaïsse), 16 septembre 2011


Les études récentes sur les médias portent principalement sur la télévision et son impact sur le public et les décideurs politiques (l’« effet CNN », par exemple). Celles-ci ont presque unanimement confirmé que si la diffusion des nouvelles 24h/24 augmentait la quantité d’information, elle en compromettait toutefois la qualité. En effet, les journalistes de télévision, qui travaillent dans des délais serrés, ont de moins en moins de temps pour mener une enquête approfondie et analyser les événements. Les mêmes arguments ne peuvent cependant être maintenus pour la presse, qui n’a pas les mêmes ambitions. C’est en partie pour cette raison que ces études impliquent que, comparée à la télévision, la presse reste un média « intellectuel ».

2 C’est cette hypothèse que la thèse cherche à démystifier. En effet, comme l’illustre la couverture du conflit en Bosnie (1992-1995), lorsqu’il s’agit des « guerres des autres» qui nécessitent une connaissance solide de l’histoire des pays concernés, la presse peut devenir aussi irresponsable que la télévision.

3 Dans ce travail de doctorat, on a choisi d’analyser les éditoriaux et les commentaires rédigés par des chroniqueurs chevronnés, des intellectuels de renom et des universitaires, et publiés dans six quotidiens européens de référence, The Guardian, The Times, Le Figaro, Le Monde, Frankfurter Allgemeine Zeitung et Süddeutsche Zeitung.

4 Si, à l’époque, la presse européenne se montre horrifiée par les nouvelles alarmantes en provenance de Bosnie et milite en faveur d’une action internationale pour y rétablir la paix, cette agitation ne signifie pas nécessairement qu’elle comprend les causes du conflit et qu’elle appelle à l’action pour de bonnes raisons.

5 Dès le début du conflit, la presse européenne adopte un discours ethnique et impute la guerre aux trois communautés ethniques dans leur ensemble. Ce discours dépolitise la guerre qui n’est plus expliquée comme le résultat d’une collision entre des dynamiques internes et externes dans une conjoncture historique donnée (la crise de légitimité après la fin du communisme, la machination de Belgrade, la propagande serbe incitant à la haine interethnique, etc.), mais comme le résultat des haines ethniques ancestrales. Cette approche rend négligeable toute discussion sur les causes du conflit ; Miloševiæ est souvent présenté comme le catalyseur, et non comme l’instigateur. La presse européenne se concentre sur les symptômes de la guerre, surtout la misère humaine provoquée par le siège de Sarajevo.

6 L’équivalence morale est la conséquence logique du discours ethnique, et doit être renforcée à mesure que la guerre se prolonge, si bien que les journalistes finissent par s’habituer à rapporter des atrocités. En effet, le génocide de Srebrenica (juillet 1995) passe inaperçu, en tant que simple élément d’une violence interethnique désormais perçue comme routinière dans la région.

7 Cette approche eurocentriste est inspirée par des commentateurs largement influencés par des préjugés remontant au xixe siècle, qui les conduisent à se réfugier dans une interprétation tout aussi eurocentriste de la guerre, en un cercle vicieux. Puisque, d’après eux, la Bosnie est ethniquement trop hétérogène pour survivre à la désintégration de la Yougoslavie et qu’elle est donc vouée à la guerre civile, l’enjeu n’est plus d’y assurer une paix juste et durable, mais d’arrêter la guerre d’une façon ou d’une autre, de sorte que les organisations occidentales et internationales puissent sauver la face. L’eurocentrisme doit alors être compris comme un mécanisme de défense.

8 En dernière analyse, la couverture très intense mais confuse de la presse européenne aboutit à une caricature du conflit. La thèse confirme ainsi que le danger ne réside pas dans la médiatisation des événements, mais dans la caricature de ceux-ci.

9 Berna Günen

Delphine Le Nozach, Les insertions de produits et de marques dans le cinéma français contemporain. Du filmique au cinématographique, Université Nancy 2 (dir. Béatrice Fleury et Jean-Marc Lehu), 13 octobre 2010

10 La sphère de la publicité intègre fréquemment celle du cinéma. Des produits et des marques figurent dans les longs-métrages français. Cette recherche interroge ce phénomène incontestable qui, parfois, dérange par la coexistence de ces deux entités. La présence de produits et de marques publicitaires dans les fictions cinématographiques existe depuis l’invention du septième Art. Le premier film des frères Lumière, La sortie des usines Lumière à Lyon (1895), ouvre la voie à la technique d’insertion de produits et de marques filmiques soixante-dix ans avant qu’elle ne soit reconnue et rend compte du caractère intrinsèque de la présence publicitaire au cinéma. Depuis plus d’un siècle, les réalisateurs mettent en scène des produits et des marques dans leurs films et prouvent ainsi l’intérêt de cette pratique. Si les Sciences de gestion étudient le placement de produits au cinéma, forme exclusivement commerciale de la présence des produits et des marques filmiques, les études focalisées sur le cinéma, quant à elles, ignorent toute présence publicitaire dans les films alors que cette pratique est un usage courant pour les professionnels du cinéma.

11 À partir de cet impensé paradoxal et au-delà des aspects marketing, commerciaux et économiques de cette technique, la thèse adopte un point de vue innovant en examinant la place accordée aux produits et aux marques dans la création cinématographique française. L’analyse d’entretiens menés avec des réalisateurs français et l’étude de leurs films démontrent que les cinéastes pensent et maîtrisent le procédé d’insertions publicitaires filmiques et que les produits et les marques peuvent être des outils diégétiques, indépendamment de leur éventuelle visée publicitaire. En effet, selon les choix de réalisation, les insertions de produits ou de marques peuvent prendre la forme d’une simple figuration comme celle d’un ressort dramatique majeur. La thèse fonde alors une typologie des fonctions diégétiques des insertions publicitaires filmiques : elles remplissent une fonction contextuelle – les produits et les marques ancrent le film dans un univers diégétique déterminé –, elles occupent une fonction qualifiante – les produits et les marques caractérisent les personnages diégétiques –, elles satisfont une fonction comique – les produits et les marques provoquent le rire du public –, elles exercent une fonction narrative – les produits et les marques articulent le récit cinématographique. Moyen voire condition nécessaire à la création du film, les insertions publicitaires filmiques offrent donc au réalisateur la possibilité de s’approprier l’univers de valeurs identitaires d’une marque et de métamorphoser des produits en signifiants filmiques. In fine, la thèse élabore une définition originale de la présence publicitaire dans les films ; elle établit que les insertions de produits et marques filmiques constituent, certes, une technique marketing, mais qu’elles sont avant tout une technique de communication. Par les apports diégétiques des produits et des marques, les insertions publicitaires filmiques forment un dispositif symbolique efficient qui accède véritablement aux traits cinématographiques.

12 Originellement, les produits et marques marchands sont exogènes au cinéma. Néanmoins, lorsqu’ils sont intégrés aux longs-métrages de fiction dans le but de remplir une ou plusieurs des quatre fonctions diégétiques établies, les produits et les marques changent de statut et deviennent des éléments réellement endogènes au cinéma. Ainsi cette étude propose-t-elle de dépasser un antagonisme injustifié et d’admettre que les domaines de la publicité et du cinéma ne présentent en définitive aucune contradiction effective.

13 Delphine Le Nozach

Fanny Bugnon, La violence politique au prisme du genre à travers la presse française (1970-1994), Université d’Angers (dir. Christine Bard), 9 novembre 2011

14 À partir de la fin des années 1960, le recours à la violence apparaît à une frange de l’extrême gauche comme un moyen d’atteindre l’horizon révolutionnaire. À cette résurgence de la violence politique s’ajoute la présence remarquable et remarquée de femmes. Le phénomène, commun à la plupart des démocraties occidentales, demeure cependant peu étudié à partir de la France. Cette thèse contribue à éclairer cette double zone d’ombre de l’historiographie en interrogeant la construction du terrorisme comme catégorie médiatique et son inscription ou non dans la mémoire et dans l’histoire, c’est-à-dire questionner le rapport entre violence effective et violence perçue pendant près de 25 ans, de la réactivation de la violence dans la période de l’après-68 aux ultimes procès sanctionnant cette expérience jusqu’au milieu des années 1990. L’intérêt de cette approche, résolument interdisciplinaire, est notamment de croiser les dimensions politiques, sociales et culturelles recouvertes par un phénomène qui s’inscrit, à plusieurs niveaux, dans l’histoire récente de l’Hexagone. Dans cette perspective, la médiatisation est pensée et analysée comme un fait social et historique, à la fois source et objet d’histoire. Balayant le paysage éditorial à partir de cinq titres de la presse quotidienne nationale (France-Soir, Le Figaro, Le Monde, L’Humanité et Libération) et du plus important hebdomadaire d’actualité (Paris-Match), la thèse s’attache donc à penser le phénomène révolutionnaire violent dans sa dimension sexuée.

15 Interrogeant la notion de conflictualité politique à travers les cas des Groupes d’action révolutionnaire internationalistes (GARI), des Brigades internationales, des Noyaux armés pour l’autonomie populaire (NAPAP) et d’Action directe, la thèse détermine des cycles d’attention médiatique, la diversité et l’évolution des perceptions du recours à la violence politique dans le temps et l’espace, du point de vue du genre et des mécanismes de régulations sociales. Débordant du cadre classique des « longues années 68 », la violence politique s’affirme comme un héritage de 68, que cet héritage soit reconnu ou rejeté. Entre outre, les représentations de la violence se heurtent en partie à un processus d’amnésie et de déni d’antériorité, exprimé notamment par Libération, en raison de ses liens originels avec l’extrême gauche.

16 Elle souligne également que la presse française, par un jeu de miroir avec l’Allemagne et la Fraction Armée rouge (RAF), s’attelle à penser la violence politique comme un phénomène exogène, importé et contagieux. En raison du passé liant la France à son voisin d’outre-Rhin, la couverture médiatique est d’autant plus forte que le phénomène est inédit, aussi bien par sa forme que par son ampleur. L’événement (attentat, arrestation ou procès) apparaît ainsi comme un prétexte à la mobilisation de stéréotypes nationaux et historiques à l’égard d’un pays construit comme l’ennemi héréditaire, en dépit des rapprochements diplomatiques opérés. À partir de la crise de l’ « Automne allemand » (1977), le cas allemand détermine en outre en grande partie le traitement médiatique dont les organisations violentes hexagonales feront ensuite l’objet.

17 Enfin, la thèse met en lumière les spécificités d’un traitement médiatique genré à propos des femmes mises en cause dans les activités de la RAF en premier lieu, puis d’Action directe. Dépassant les clivages éditoriaux classiques, la violence féminine concentre un intérêt tout particulier en raison de la double transgression opérée, à la fois pénale et sexuée. Hésitant entre stigmatisation et relativisation, le traitement médiatique reflète notamment, sur le mode de l’affrontement idéologique, les enjeux soulevés par les profondes transformations des rapports entre les femmes et les hommes induites par le renouveau féministe de la deuxième vague.

18 À travers cette analyse, la presse apparaît ainsi comme révélatrice de l’état des mentalités au regard de la transgression, de la déviance et de la marginalité.

19 Fanny Bugnon

Laetitia Gonon, Le fait divers criminel dans la presse quotidienne française du xixe siècle. Enjeux stylistiques et littéraires d’un exemple de circulation des discours, Université Paris III – Sorbonne Nouvelle (dir. Gilles Philippe), 17 novembre 2011

20 Dans un xixe siècle où s’invente la presse de masse, le fait divers prend une importance croissante, surtout dans les journaux populaires ; le reportage naît d’ailleurs dans le dernier tiers du siècle. Mais si les grands reporters acquièrent une certaine notoriété, les petits faits-diversiers sont mal considérés, et leurs articles rarement signés – la rubrique est parfois entièrement composée par le secrétaire de rédaction. C’est la raison pour laquelle les faits divers sont souvent le résultat d’emprunts à d’autres discours, en particulier professionnels.

21 L’étude se fonde sur un corpus de 492 faits divers criminels relevés dans les quotidiens parisiens entre 1836 et 1881, ainsi que sur d’autres documents de l’époque comme journaux de province, bulletins de l’agence Havas ou rapports médico-légaux. Elle tend à montrer que le fait divers criminel est un assemblage de citations en provenance de différents lieux, mais qu’il est également l’objet de citations, de la part des médecins, des policiers ou des romanciers – la notion d’interdiscours[1][1] L’interdiscours désigne un fonds commun d’expressions...
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nourrit à ce titre la réflexion : les journalistes ont à leur disposition un petit nombre de modèles sur lesquels calquer leur fait divers. S’ils ne le recopient pas tel quel à partir d’un journal concurrent, ils imitent et reprennent le style propre à cette rubrique.

22 Mais la reprise d’interdiscours par le fait divers tend fatalement à le figer dans sa forme, ce qu’illustre aisément une analyse des collocations (groupes de mots tendant à apparaître ensemble dans un contexte donné, à l’image de « X baignait dans son sang » ou « La justice s’est transportée sur les lieux »). Les interdiscours que l’on lit en filigrane dans les faits divers peuvent être narratifs, en ce qu’ils reprennent un ordre chronologiquement figé, en ce qu’ils empruntent parfois aussi des procédés à la fiction romanesque – car les faits divers inventés sont nombreux, et les journalistes ne sont pas les derniers à commenter ces pratiques. Ces dernières peuvent être problématiques lorsque le fait-diversier reprend presque mot pour mot l’article d’un autre, en se l’appropriant par des modifications souvent très sommaires, qui distinguent son texte de sa source – car l’emprunt n’est pas toujours signalé et il arrive que le manque d’uniformisation entre texte cité et texte citant engendre certaines incohérences.

23 Les rapports médico-légaux et autres rapports de police également empruntés par les faits-diversiers peuvent en retour s’écrire sous l’influence journalistique. Le plus souvent cependant, c’est le fait divers qui copie ou imite la syntaxe et le lexique administratifs, témoignant par là d’une récriture parfois minimale de ses sources autant que de la justesse de ses informations : imiter, dans un fait divers, le discours policier ou médical permet de cautionner sa version des faits auprès du lecteur, d’autant plus passif qu’il est prompt à accepter l’autorité de ces interdiscours professionnels.

24 C’est la question de la position du journaliste qui est finalement posée, position qu’il adopte par rapport au texte qu’il cite ou qu’il imite, et devant lequel il peut s’effacer ou qu’il peut prendre entièrement en charge et s’attribuer ; mais également position par rapport aux romanciers, en particulier réalistes et naturalistes, qui tendent à refuser le style du fait divers alors même qu’ils s’inspirent des crimes qui paraissent dans le journal.

25 Il s’agit finalement, à travers la rubrique des faits divers, de la manière dont le journal se compose parfois plus qu’il ne s’écrit au xixe siècle, dont il influence la société et ses différents acteurs autant qu’il est influencé par eux, en somme de la façon dont les discours criminels circulent dans la société de l’époque, dans la presse et à travers la presse.

26 Laetitia Gonon

Marlène Loicq, Médias et Interculturalité : l’éducation aux médias dans une perspective comparative internationale (Australie, Québec, France), Université Paris III – Sorbonne Nouvelle (dir. Guy Lochard et Estelle Lebel (Université Laval, Québec), 1er décembre 2011

27 Cette thèse explore le potentiel interculturel des médias. Les médias ont la capacité de produire des circonstances où l’interaction de divers univers de définition s’envisage comme autant de rencontres interculturelles. Nous intégrons ainsi la question interculturelle comme axe central d’approche des médias pour nous enquérir de sa présence dans les projets d’éducation aux médias, dans une perspective comparative internationale de trois cas que sont l’Australie, le Québec et la France. Impulsée notamment par la présence et les fonctions accrues des médias dans nos sociétés, l’éducation aux médias est un domaine riche ayant pour objectif la compréhension de la configuration médiatique. Consignées dans ce projet éducatif fort d’une histoire, de pratiques et d’une formulation officielle, les connaissances sur les médias y sont datées, partagées et structurées en axes thématiques (institutions, genres, publics, réception, langages, technologies, etc.), mais leur prescription est très contextuelle. L’Australie s’est rapidement appropriée les théories des Cultural Studies pour une éducation aux médias tournée vers la communication et centrée sur la question du sens ; le Québec, au carrefour des influences françaises et anglo-saxonnes, propose un projet de pédagogie nouvelle partant de l’expérience médiatique des jeunes pour en questionner les fonctions socialisantes, autour de la question identitaire ; la France a développé une éducation à l’information portée par la presse et largement orientée vers la pratique citoyenne. Ce domaine est intégré (Australie), autonome (Québec) ou transversal (France) dans le système scolaire. Ces approches révèlent en cela la dynamique à l’œuvre dans les logiques de reconnaissance (Australie), de collaboration (Québec) ou de transformation des médias par l’école (France), qui en font donc respectivement une opportunité, une nécessité ou un défi pour la société. Considérés comme médiation (Australie), outil (Québec) ou filtre (France), les médias renvoient successivement à des projets de communication, d’éducation ou de protection.

28 Cette recherche associe plusieurs méthodes pour questionner les points de convergence de l’éducation aux médias et des problématiques interculturelles à travers l’étude comparative des situations politiques et des discours officiels relatifs à l’éducation aux médias prescrite dans ces trois contextes. Les études de cas, menées dans une démarche socio-anthropologique d’immersion, soutiennent une genèse historique de l’éducation aux médias en contexte, ainsi que l’établissement des profils socio-politiques de ces trois différents modèles (multiculturel, interculturel, républicain). Une analyse des discours institutionnels est menée sur un corpus diachronique composé des textes prescriptifs, programmatiques et normatifs des instances institutionnelles et légitimes. Accompagnée d’entretiens menés avec les acteurs du domaine, cette étude montre des logiques discursives et pragmatiques distinctes, et révèle divers imaginaires sociaux sur les médias, notamment dans leur rapport aux questions culturelles. En Australie, la connaissance des médias participe au partage des valeurs prônées par le multiculturalisme, avec lesquelles elle est en cohérence ; au Québec, la valorisation des expériences de vie associées aux pratiques médiatiques sert d’élément de définition du modèle interculturel ; en France, l’école a le rôle d’assimiler ces médias vécus comme des mises en danger du principe d’égalité et de citoyenneté imposé par le modèle républicain que ce projet sert à revaloriser. L’éducation aux médias pose donc les questions interculturelles de la même manière que le fait la société dans laquelle elle s’étudie. Ces discours sont en effet un lieu de convergence de l’éducation aux médias et des problématiques interculturelles, abordée dans la contrainte du modèle socio-politique national de gestion de la diversité culturelle. Enfin, la perspective internationale comparative a permis de repérer les dimensions transversales ou similitudes généralisables qui se présentent comme autant de piliers réflexifs pour envisager l’interculturalité des médias. À partir des questions de communication, de sens, d’identité et de citoyenneté, soulevées dans le cadre institué de l’éducation aux médias, nous proposons alors d’ouvrir la voie à une réflexion sur l’éducation interculturelle aux médias articulée autour d’une approche pluridisciplinaire du concept de représentation.

29 Marlène Loicq

 

Notes

[1] L’interdiscours désigne un fonds commun d’expressions sur un sujet particulier, la vulgate dans un domaine. Pour une introduction à cette notion, on pourra consulter le Dictionnaire d’analyse du discours, Patrick Charaudeau et Dominique Maingueneau dir., Seuil, 2002.Retour

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« Positions de thèses », Le Temps des médias 1/2012 (n° 18), p. 235-243.
URL :
www.cairn.info/revue-le-temps-des-medias-2012-1-page-235.htm.
DOI : 10.3917/tdm.018.0235.